La tradition médiévale et son épuisement
p. 27-34
Texte intégral
1Depuis que le corpus de légendes arthuriennes a débordé son cadre insulaire au Moyen Âge, il a bénéficié d’une expansion et d’une faculté d’assimilation à peu près unique dans son genre qui ont servi à le répandre aux quatre coins de l’Europe. Ce phénomène peut être considéré, en partie, comme normal : la forme épique que prenaient ces légendes en faisait une suite logique aux chansons de gestes inspirées de l’épopée carolingienne – à la Matière de France répondait la Matière de Bretagne. La forme actualisée de ces légendes que l’on retrouve chez Geoffroi de Monmouth, Chrétien de Troyes ou, bien plus tard, Sir Thomas Malory, incarnait un idéal dans lequel pouvaient se reconnaître l’aristocratie de leur temps. Les romans de la Table Ronde demeurent pour beaucoup, à notre époque, la voie d’accès idéale vers une compréhension de la société médiévale et surtout de son idéologie. Cependant, si l’on peut noter une fois de plus l’importance évocatrice de ces légendes, en revanche, la nostalgie d’un certain Moyen âge n’explique pas à elle toute seule l’intérêt que la Matière de Bretagne suscite de nos jours, surtout en pays anglophone.
2Le propre de toute la littérature moderne inspirée de ces légendes est justement sa grande diversité, malgré l’appartenance formelle de nombre de ces nouvelles sources premières au roman historique. A cheval sur plusieurs genres, la littérature arthurienne moderne tient sa multiplicité de vision de la gamme variée des textes originaux. L’on ne saurait expliquer la présence d’Arthur dans la fiction, l’histoire, le cinéma, la bande dessinée, l’ésotérisme etc. à notre époque, ainsi que ses contradictions, sans en référer au caractère extraordinairement composite du corpus médiéval et à l’ampleur de son extension géographique. Au sein des légendes, il y a plusieurs Arthur, ou, plus exactement, il y a une tradition primitive du héros et de ses personnages annexes qui a fait boule de neige, accaparant des traditions légendaires qui lui étaient étrangères à l’origine, à un degré qui n’a de parallèle nulle part ailleurs. Arthur servait en quelque sorte de raison d’être ou d’introduction à des « gestes » qui n’ont finalement que peu de rapport avec le point de départ.
3Il convient de présenter ces sources en quelques grandes catégories pouvant servir de points de repère. Ainsi reconnaît-on l’Arthur historique des Annales Cambriae et de l’Historia du moine Nennius ; l’Arthur celtique du Mabinogion, des Triads et des Vitae des saints ; l’Arthur du cycle romanesque de la Table Ronde, sous leur forme anglaise ou française ; les textes relatifs au Graal à proprement parler ; le cas particulier de Tristan et Iseut.
4Exception faite de la première catégorie, toutes ces versions sont plus ou moins contemporaines sous leur forme écrite, faisant dire à Roland Marx que : « La légende arthurienne a connu au Moyen âge une vogue et une diffusion à peu près uniques dans l’histoire et cette vague paraît à première vue presque soudaine1. » L’avatar définitif de la tradition sous sa forme anglaise est composé par Sir Thomas Malory à la fin du xve siècle.
5Déjà au viie siècle, Aneirin, l’auteur de l’épopée des Gododdin, ces trois cents guerriers bretons du Nord qui se lancèrent dans une expédition sans espoir contre les Saxons à Catraeth (Catterick), évoque un chef qui « rassasie les corbeaux par le nombre d’ennemis qu’il abat, bien qu’il ne fût pas Arthur. » C’est le moine Nennius qui, au début du ixe siècle, brode sur les annotations contenues dans une chronique plus ancienne dans son Historia Brittonum. Arthur y figure comme un personnage à peine esquissé, Dux Bellorum plutôt que roi, il bat les envahisseurs saxons dans douze batailles, dont la plus grande est celle de Badon, où il porte l’image de la Vierge « sur son épaule ». Nombre de ces batailles semblent s’être déroulées près de l’actuelle frontière de l’Écosse. On trouve quelques interpolations dont la légende du chien d’Arthur, Cabal, celle du sanglier Troit que le héros part chasser, celle du fils d’Arthur « le soldat », Anir, que son propre père occit puis enterra, et dont la tombe a la propriété de s’élargir ou de rétrécir. Au milieu du xe siècle les Annales Cambriae situent la victoire de Badon en l’an 516 et la chute d’Arthur en 537 à la bataille de Camlann, où il tombe en compagnie de Medraut (ou Mordred)2.
6L’exégèse de ces lambeaux de textes cryptiques relatifs à Arthur, à Badon, à Medraut, tient une place importante dans la recherche d’un Arthur historique et dans toute la fiction qui s’en réclame. Relevons un élément de première importance, les dates relatives à ce personnage qui le situent incontestablement au début du vie siècle.
7L’Arthur des traditions celtiques, ces récits qu’on réunit sous le titre du Mabinogion, ou des Triades semble appartenir à un tout autre univers, ni dux romain, ni souverain mythique des romans courtois, parfois amherawdr, autrement dit, imperator ! Il part à l’assaut de la forteresse du Roi de l’Autre monde pour conquérir un chaudron magique dans les Dépouilles d’Annwn (xe siècle). Ses compagnons sont le sénéchal Keu et l’échanson Bedwyr ainsi que des personnages mythologiques comme Mabon fils de Modron, et Manawyddan fils de Llyr (le Livre noir de Carmarthen du xiiie siècle) Le premier grand texte arthurien, Kulhwch et Olwen (fin xie-début xiie siècle) illustre un thème déjà fort prisé des bardes irlandais du cycle de Leister, le chef chasseur et son compagnonnage, dieux, héros, guerriers, qui se lancent dans une Quête des Objets merveilleux.
8Les hagiographes monastiques gallois laissent entrevoir un Arthur curieusement ambigu dans les Vitae des Saints, comme si l’homme-dieu qui chevauchait en compagnie des antiques divinités celtiques du Mabinogion n’était pas à sa place en pays chrétien : accompagné d’une puissante bande de guerriers, il passe pour l’adversaire cupide et violent du saint en question mais reçoit, chaque fois, une leçon percutante de la part du favori de Dieu. Cet Arthur négatif, désigné dans la Vie de Saint Padarn comme « un certain tyrannus » est à l’image de ces rois gallois fustigés par Gildas dans son De Excidio au vie siècle, « prodigue en aumônes, bien davantage encore en péchés ». Hostilité de l’église envers les conteurs gallois, trop imprégnés de traditions païennes ? Images du héros juxtaposées, voire contradictoires, qu’on trouverait dans la formation de maints cycles légendaires ? Nous avons déjà relevé la mention cryptique chez Nennius d’un Arthur assassin de son propre fils. Devant de telles représentations contrastées d’Arthur, il n’est pas inintéressant de noter que l’historien William de Malmesbury, dans la Gesta Regum Anglorum qu’il rédigea en latin en 1125, à l’orée de la plus importante explosion de textes arthuriens, plaida la cause de l’Arthur historique, qui mériterait que sa vie soit retracée dans des livres sérieux et non pas dans les fables des Bretons, car il galvanisa son peuple et repoussa les barbares3. Ce cri du cœur anticipe avec huit siècles d’avance celui de nos romanciers actuels, mais rappelons quand même que William apporte lui aussi sa pierre à l’édifice mythique en signalant qu’on n’a jamais retrouvé la tombe d’Arthur, sans ajouter pour autant qu’il serait mal avisé de la rechercher, comme l’affirme le auteur anonyme du Livre noir de Carmarthen4.
9Disséminée par des conteurs et des mercenaires gallois, la légende avait gagné l’Europe toute entière : la Cathédrale de Modène conserve encore les traces d’une variante de la légende qu’incarnent les sculptures de l’archivolte du portail nord où l’on assiste à l’enlèvement de Winlogee, femme d’Artus de Bretania. L’Italie disposait déjà d’une tradition arthurienne qui donnera un jour une de ses plus éclatantes manifestations picturales quand Pisanello, à la fin du xve siècle, réalisera ses fresques au Palais ducal de Mantoue. C’est à ce rayonnement que fait allusion Peter Vansittart quand le narrateur de son Parsifal rappelle que : « On se souvenait du Chef-Ours5. De la ville de York à la Bretagne armoricaine, du Pays de Galles à l’Anjou et à la Toscane, les poètes et les troubadours se le rappelaient, mais dans l’inexactitude6. »
10C’est alors que « Geoffroi vint », ce Geoffroi de Monmouth qui compose en 1137 son Historia Regum Britanniae où il donne, à cette date, la plus complète narration des exploits du Roi Arthur ainsi que la description de sa cour et de son empire. Geoffroi se dit historien, et sous sa plume se mélangent inventions pures (les Britanniques seraient la progéniture de « Brut » et de ses Troyens) et souvenirs confus de faits historiques véritables. Ainsi retrouve-t-on les usurpateurs romains Maxime, Constantin, les chefs bretons Ambrosius « dernier des Romains », Vortigern le Celte qui fit entrer les Saxons en son royaume par amour immodéré de la fille de leur roi, Uther Pendragon, père d’Arthur. Geoffroi fait rayonner le nom d’Arthur, joignant à sa légende celle de l’enchanteur Merlin. En 1155, pièce centrale dans le corpus à venir, la Table ronde fait son apparition grâce au poète Wace, auteur du Roman de Brut.
11Sur le Continent, où un certain Gallois nommé Bledhri aurait narré ces histoires à la cour des Comtes de Poitiers, Chrétien de Troyes s’inspira du corpus arthurien grandissant pour créer un genre nouveau, rédigé en français, dans ses romans7. Serviteur fidèle de Marie de Champagne, fille d’Aliénor d’Aquitaine, Chrétien se consacra entre 1168 et 1190 à deux thèmes majeurs, introduisant dans le corpus le « Meilleur des chevaliers » Lancelot (Le Chevalier de la Charrette ou Lancelot en vers), ainsi que le Graal (Le Conte du Graal, appelé Perceval)8. Décédé – ou victime du blocage de l’écrivain ? – après avoir écrit le vers 9234 du Perceval le Gallois, Chrétien fut relayé par des continuateurs qui témoignent de l’influence d’un autre modèle. Au début du xiiie siècle, Robert de Boron, un Franc-comtois ayant séjourné en Angleterre, livra un Perlesvaus puis un Lancelot en prose qui offre une vision ecclésiastique et christianisée du Graal, écuelle de la Cène ou Vase où fut recueilli le sang du Christ9.
12Dans ces romans, les personnages de la cour commencent à s’individualiser d’un éclat particulier : chaque chevalier devient héros et Arthur s’estompe lui-même pour devenir le garant quasi-permanent d’une féodalité idéale qui n’est même plus soumise à des normes temporelles, voire même un « roi fainéant » au pouvoir et à la personnalité fort réduits, un calife des Mille-et-une-nuits en quelque sorte.
13Le Moyen Âge finissant nous laisse un de ses plus insignes monuments lorsque Sir Thomas Malory, rassemblant de nombreuses sources tant anglaises que françaises (les Lancelot, Merlin, Tristanen prose ; Morte d’Arthur allitérative), les harmonise dans son The Whole Book of King Arthur and of His Noble Knights of the Round Table en huit livres qu’il complète en 1470 et que William Caxton imprime en 1485 sous le titre de Le Morte d’Arthur. Malgré la variété de ses sources, Malory réalise un véritable roman (le premier, en langue anglaise, pour John Steinbeck). C’est une œuvre sombre, à forte teneur morale, qui reflète la violence, les retournements de situation et les traîtrises de l’époque de la Guerre des Roses. Trois siècles ont passé depuis Geoffroi, Chrétien et les romans courtois, et Malory adapte son œuvre aux exigences de son temps, comme le font du reste les architectes des cathédrales tout au long du Moyen Âge. Notons aussi, dans la perspective de nos romanciers modernes, que Malory insiste sur les ambitions impériales d’Arthur (absentes des romans français), redonnant à son personnage une certaine historicité : il est décrit comme « Noble Kynge Arthure that was Emperoure », quant à sa généalogie, « all his trew auncettry es sauff his fadir Uther were Emperoures of Rome10. »
14L’œuvre de Malory donne au cycle arthurien en langue anglaise sa forme définitive, incarnant la tradition d’un Arthur, roi médiéval, et de sa Table Ronde, remplaçant les œuvres plus anciennes, émergeant, après un sommeil de deux siècles, comme la référence arthurienne par excellence aux xixe et xxe siècles, car les deux voix les plus puissantes (et les plus médiatiques) Tennyson et White, ont trouvé chez Malory leur partition d’origine.
15Les légendes du Graal ainsi que celle de Tristan appartiennent bien évidemment au cycle médiéval. Toutefois, elles portent l’empreinte de sources variées qui ne relèvent pas, à proprement parler, du cycle arthurien tel qu’il nous apparaît dans Geoffroi de Monmouth. De surcroît, ces légendes illustrent des valeurs spécifiques qui peuvent être totalement dissociées du contexte du Roi légendaire et de sa cour. Dans le cas du Graal, l’on peut prétendre en outre que Chrétien de Troyes, Boron, et Wolfram Von Eschenbach, qui s’inspirait à la fois de Chrétien et du Provençal Kyot pour créer son Parzival en allemand au début du xiiie siècle, transmettaient les éléments d’une initiation rituelle, issue à la fois de l’ésotérisme chrétien et de traditions préchrétiennes. De même, dans un tout autre domaine, Tristan illustre une notion d’amour-passion non spécifiquement « arthurienne » quoique certainement d’essence celtique Les formes écrites ; œuvre de Béroul, Thomas, Gottfried de Strasbourg, auraient, selon Denis de Rougement, qui leur consacra son œuvre maîtresse, des origines multiples :
Un fonds celtique de légendes religieuses – d’ailleurs très anciennement commun au Midi languedocien et ibérique et au Nord irlandais et breton ; des coutumes de chevalerie féodale ; des apparences d’orthodoxie chrétienne ; une sensualité parfois très complaisante ; enfin la fantaisie individuelle des poètes : tels sont donc en fin de compte les éléments sur lesquels la doctrine hérétique de l’Amour, profon manichéenne dans son esprit, opéra les transmutations. Ainsi naquit le mythe de Tristan11.
16En tout cas, la spécificité de ces deux dernières catégories leur a valu une postérité toute particulière, par opposition aux thèmes d’Arthur, de Guenièvre et de leurs compagnons d’origine, lors de la renaissance de sujets d’inspiration arthurienne dans la deuxième moitié du xixe siècle avec Alfred, Lord Tennyson, pour le versant poétique et Richard Wagner pour le versant musical ce qui justifie que nous les traitions à part dans le contexte de cette étude.
17A la fin du xvie siècle, les thèmes arthuriens deviennent conte moral à la gloire d’Élisabeth I – The Fairy Queen de Spenser – mais on peut affirmer qu’aucun vent créateur (à part l’opéra de Purcell, King Arthur, au xviie siecle) ne soufflera à travers la forêt de Brocéliande avant l’époque victorienne12.
18Arthur n’est qu’en sommeil – Purcell se souvient de lui pour son opéra et il compte toujours parmi les Neuf Preux des îles britanniques (voir la History of the Nine Worthies de Nathaniel Crouch en 1687) ; il est l’ancêtre présumé des Tudor et des Stuart, et le souvenir de l’expédition montée par Henry II à la fin du xiie siècle pour retrouver la sépulture d’Arthur à Glastonbury et s’investir de sa légitimité perdure chez les chroniqueurs. Cependant, en un rapport intéressant avec notre problématique, c’est l’Arthur historique qui inspire historiens et créateurs, surtout lorsque le vogue médiéviste se déclenche au milieu du xviiie siècle, au détriment des romans qu’on juge peu fiables13. En effet, antiquarians – ces amateurs éclairés, historiens, collectionneurs, écrivains parfois qui sont l’âme du médiévisme, de l’orientalisme et du fantastique britanniques au xviiie siècle – et historiens se réfèrent volontiers à Nennius, aux Triades celtiques, à Geoffroi de Monmouth, aux traditions topographiques pour conserver l’image du chef militaire qui livra bataille plusieurs fois aux envahisseurs, même si sa stature royale s’en trouve diminuée sous l’œil implacable des Lumières. Ainsi Thomas Carte dans A General History of England (1747-1755), s’il rejette les fictions « senseless » à la manière de William de Malmesbury, fustigeant les « nugae Brittonum », insiste sur les talents militaires d’Arthur auxquels même le sceptique David Hume trouve « quelque fondation ». Surtout, en un prélude au phénomène littéraire de la deuxième moitié du xxe siècle, la recherche d’un Arthur historique un siècle et demi plus tôt aura un effet marquant sur la poésie et la fiction de ce qu’on est en droit d’appeler la « Renaissance arthurienne ».
Notes de bas de page
1 MARX, Jean. La légende arthurienne et le Graal. Paris : PUF, 1952, p. 1.
2 Voir LOT, Ferdinand. Nennius et l’« Historia Brittonum ». Paris, 1934.
3 Hic est Arthur de quo Britonum nugae hodieque delirant, dignus plane quem non fallaces somniarent fabulae, sed veracem predicarent historiae. STUBBS, T. I, p. 11-12.
4 Anoeth bid bet y Arthur affirme le barde dans le Chant des Tombes qui retrace les lieux de sépulture de nombre de héros.
5 Le nom ARTOS signifiant « ours » en gallois, il est tentant d’en faire l’animal tutélaire d’Arthur, Arth Gwyr – l’Homme-Ours étant le double celtique d’Artorius, le nom latin qui fut celui d’un officier romain, stationné effectivement en Grande Bretagne, au iiie siècle. Poussons plus loin les analogies, et rappelons que l’étoile polaire s’appelle Arktos.
6 VANSITTART, Peter. Parsifal. London : Peter Owen, 1988, p. 88.
7 Le schéma si séduisant pour notre démonstration d’un historien (Geoffroi) qui se voit relayé par un romancier (Chrétien) a ses limites : « […] nonobstant le fait que Geoffroi de Monmouth présente son œuvre comme de l’histoire et Chrétien de Troyes, s’agissant de la sienne, parle de fiction, un roman, la distinction de genre chez ses auteurs et, par extension, pour leur public, étaient bien plus brouillées à l’époque que maintenant. » MOORMAN, op. cit. p. 190-191.
8 On relève, pour Chrétien, les romans Erec, Cligès, le Chevalier à la Charrette (Lancelot), Yvain ou le Chevalier au Lion (1177-1181) ; Perceval ou le Conte du Graal (avant 1190). Parmi les continuateurs, citons le « Pseudo-Wauchier », Première et Deuxième Continuations ; Manessier (1225), Troisième Continuation qui témoigne de l’influence d’une version britannique parallèle à celle de Chrétien de Troyes.
9 Le Lancelot en Prose (1215-1235) contient l’Histoire du Saint Graal, Merlin, le Livre d’Artus, Lancelot (Galehaut, Charrette, Agravain) ; la Quête du Graal, la Mort Artu.
10 Même lorsque l’iconographie et la thématique sont parfaitement médiévales, il est à noter que Malory maintient une datation qui situe l’action résolument à l’époque romaine : par exemple, la quête du Graal commence quatre cent cinquante-quatre ans après la Crucifixion.
11 S’agissant de la légende originelle, De Rougement relève (op. cit. p. 353) que « Dans les Mabinogion […] on ne trouve que cette seule indication très brève sur la légende originelle : ‘Drystan, fils de Tallwch, gardien des porcs de Markh, amant d’Essylt.’ » Sur le terrain en Cornouaille une pierre énigmatique marque la tombe d’un « Drustanus fils de Cunomorus ».
12 L’œuvre allégorique de Spenser, qui passe pour illisible et ennuyeux aux yeux du lecteur moderne, a inspiré néanmoins un roman baroque et fantastique de Michael Moorcock : Gloriana or The Unfulfill’d Queen en 1978, qui n’est pas, à proprement parler, un roman arthurien, et se rattache, dans son inspiration, à la trilogie de Gormenghast de Mervyn Peake.
13 Ainsi, s’il n’y eut aucune réédition de Malory entre 1634 et 1816, les récits présumés historiques de Geoffroi de Monmouth furent traduits en anglais dès 1718.
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