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    Plan détaillé Texte intégral Réactions immédiates : en rire et y remédier Perceptions et ressentis de la laideur Notes de bas de page Auteur

    Laideurs grecques

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Signes de laideur et artifices de beauté

    Attitudes antiques face à la laideur

    Maria Patera

    p. 153-170

    Résumé

    Cet article pose la question de la laideur à travers celle de la recherche de la beauté. Par un examen des traits de laideur et des artifices de beauté correspondants évoqués dans les sources, et plus précisément des traits corporels caractérisant la personne au premier abord, ses dimensions et son enveloppe charnelle et pileuse, il s’agit de déterminer les attitudes immédiates, au premier degré, adoptées devant la laideur : le dénigrement et la tentative d’y remédier. Dans un second temps, il s’agit d’esquisser les perceptions et les fonctions de la laideur, les réflexions qu’elle provoque, les ressentis qu’elle inspire, les stratégies mises en œuvre pour l’exclure ou l’inclure, la vaincre ou la nier. On abordera ainsi les questions du rire et du ridicule, de la honte et des subterfuges, de la beauté et de la laideur intérieures ou apparentes.

    Entrées d’index

    Mots-clés : artifices de beauté, chevelure, état pondéral, peau, pilosité, raillerie, remède, stature, vieillesse

    Texte intégral Réactions immédiates : en rire et y remédier L’état pondéral La stature La peau Pilosité et chevelure Perceptions et ressentis de la laideur Perceptions et fonctions de la laideur Attitudes et ressentis provoqués par la laideur Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La notion de laideur n’est pas aisément définissable : elle réside dans le regard de l’autre ou de soi-même, tant notre regard dépend des notions esthétiques de notre milieu socio-culturel et du temps historique auquel on appartient. Aussi fugace que la notion de beauté, elle peut néanmoins être examinée au travers des réactions et des réflexions qu’elle suscite. Dans les pages qui suivent, il sera d’abord question des réactions provoquées par la laideur appréhendée au premier degré, par lesquelles soit on dénigre soit on cherche à corriger ce qui est immédiatement perçu et accepté comme laid, à savoir les attitudes moqueuses et les artifices de beauté. Ensuite, on tentera de dégager ce que la réaction immédiate nous apprend sur les manières de percevoir la laideur, sur les réflexions qu’elle provoque, sur les attitudes des Anciens face aux défauts corporels, enfin sur les fonctions qu’elle remplit.

    Réactions immédiates : en rire et y remédier

    2Les artifices de beauté nous informent sur les défauts physiques précis qui étaient considérés comme laids par les Grecs, ou du moins sur les caractéristiques physiques considérées comme insuffisamment attirantes et susceptibles d’être corrigées. Ainsi, au ive-iiie siècle av. J.-C., le poète comique Alexis énumère les artifices en usage chez les courtisanes : selon les cas, elles remédient à leur petitesse par des chaussures surélevées, à leur grande taille par des chaussures plates et une attitude penchée, au manque de hanches par des postiches cousus sous les vêtements, au gros ventre par des fausses poitrines permettant au vêtement de dissimuler l’estomac, aux sourcils roux par du noir de fumée, au teint trop mat par du blanc de céruse, au teint trop blanc par de l’incarnat1. Cette énumération, loin d’être exhaustive, divise l’aspect de la personne en parts distinctes (poids, taille, pilosité, peau) qu’on peut corriger à souhait. Ces traits corporels caractérisent au premier abord l’aspect général d’une personne, ses dimensions ainsi que son enveloppe charnelle et pileuse.

    L’état pondéral

    3Notons d’abord que pour les Grecs le corps idéal est celui qui présente l’eusarkia, qui est « charnu », « bellement charnu » ou « correctement en chair ». Pour Galien, un beau corps, bien proportionné, n’est « ni gros, ni maigre2 » : la beauté se trouve dans la proportion ; la laideur consiste en la disproportion d’une ou de plusieurs parties du corps. En accord avec ce point de vue, une épigramme attribuée à Rufin met les hommes en garde d’embrasser « une femme soit trop maigre (ischnên liên), soit trop grasse (pacheian) : c’est le milieu (tên mesotêta) entre ces deux excès qu’on doit préférer3 ».

    4La maigreur, autant chez les femmes que chez les hommes, est fortement dépréciée. Déjà, la femme-guenon de Sémonide d’Amorgos n’a que la peau sur les os, à tel point qu’on ne voit que ses membres (autokôlos)4. Chez les Grecs, le singe était en effet considéré comme d’une laideur archétypale5. Chez Aristophane, la vieille qui poursuit un jeune homme de ses assiduités dans l’Assemblée des femmes est qualifiée de « singe plein de céruse6 » (donc maquillé au blanc de céruse). Cela ferait non seulement référence à sa laideur, mais aussi à son corps trop maigre et décharné ; elle est qualifiée de « flétrie » (sapra) à plusieurs reprises, un terme qui fait allusion à la réduction du poids et de la chair des personnes âgées, connue par les traités hippocratiques7. La maigreur est d’ailleurs une caractéristique de la vieillesse8. D’autre part, les auteurs anciens ne manquent pas de railler également la maigreur masculine, signe d’effémination9, notamment celle des philosophes et autres intellectuels10. Le poète Philétas de Cos (ive-iiie siècle) était, disait-on, si maigre que, lors des vents forts, il dépendait pour sa survie de poids en plomb attachés à ses pieds11. L’homme politique athénien Philippidès resta célèbre pour sa maigreur car il fut l’objet des moqueries répétées de ses contemporains12.

    5À l’autre bout de l’échelle, l’on trouve une condamnation morale de l’excès de poids : le vice incarné en femme, Kakia, qui se trouve sur la route d’Héraclès en même temps que la vertu (Aretê), est caractérisé par la polusarkia (les chairs abondantes)13. L’excès de chair est associé à une vie molle et dédiée aux plaisirs, indiquée par le ventre protubérant ou l’obésité dus aux excès attribués à certains hommes de pouvoir, tels le tyran Denys d’Héraclée, le roi Magas de Cyrène, Ptolémée VIII et Ptolémée X14. Il faut entendre ces récits moins comme « des descriptions réalistes du corps que des commentaires politiques et moralisateurs caractéristiques à la littérature antique15 ». Par ailleurs, du moins en ce qui concerne les souverains hellénistiques et notamment les Lagides, il faut tenir compte de l’idéologie royale s’opposant au topos littéraire : ils y avaient incorporé la truphê, la vie dédiée à la satisfaction des plaisirs, en la connotant positivement en tant qu’expression de la splendeur et de la magnificence de leur autorité. Ptolémée VIII notamment a transformé son corps inhabituellement obèse en un instrument de pouvoir politique et idéologique : l’excès de chair, dans son cas, serait approprié tant à son pouvoir royal qu’à la richesse de son royaume16, ce qui n’empêchait pas les Alexandrins de le traiter de Phuskôn, « le Ventru ou le Bouffi » et de le considérer comme un souverain tyrannique17. L’embonpoint excessif semble approprié au pouvoir tyrannique : déjà Alcée présentait son ennemi, le tyran Pittacos de Mytilène, comme ventru/bouffi et pansu (phuskôn et gastrôn)18.

    6La surcharge pondérale est également associée au manque de virilité19, lui-même lié à l’inhabileté militaire : chez Aristophane, la Pauvreté (Penia) explique qu’elle vaut mieux que la Richesse (Ploutos) qui rend les citoyens « podagres, ventrus, épais de cuisses » (podagrôntes, gastrôdeis, pachuknêmoi) et « insolemment gras » (piones aselgôs), tandis qu’elle construit des hommes aptes à la bataille, « minces (ischnoi), à la taille de guêpe (sphêkôdeis) et fâcheux pour les ennemis (tois echthrois aniaroi)20 ». Le général thébain Épaminondas aurait mené une guerre systématique aux obèses (tois polusarkois epolemei) et en aurait même chassé un de son armée21. Ainsi, l’excès de chair limiterait la capacité des soldats à se battre22. Ce point de vue est partagé par les Lacédémoniens : selon la loi, il leur était interdit d’avoir des rondeurs et les éphores exerçaient un contrôle à cet effet tous les dix jours sur les éphèbes ; ceux qui présentaient de la graisse et des signes de manque d’exercice étaient frappés et condamnés en justice23, car ceux qui manquent d’exercice, les aponoi (les « sans labeur » ou les « sans peine ») paraissent soufflés (pephusêmenoi), laids et faibles (aischroi kai astheneis) à Lacédémone24. Pour paraphraser la belle expression de Florence Gherchanoc, dans les cas susmentionnés, « la citoyenneté » et, pourrait-on ajouter, la qualité guerrière, « est incorporée25 », elle est immédiatement inscrite sur le corps.

    7Outre la condamnation morale, l’excès de chair suscite aussi le rire et les railleries26. Certains hommes de pouvoir auraient tenté de dissimuler leur obésité, tel Denys d’Héraclée qui cachait son corps derrière un coffre lorsqu’il donnait audience, ou Ptolémée VIII qui portait une robe longue jusqu’aux pieds et jusqu’aux poignets – du moins selon Athénée qui valorise un idéal de minceur et insiste sur la honte que doit provoquer une grosseur maladive27. Toutefois, cette robe couvrante pourrait également être une allusion au costume de Dionysos ou encore un signe d’effémination28. Au contraire, Justin insiste sur le vêtement transparent que portait le roi, justement pour afficher sa truphê29. Nous avons vu que selon Alexis, les courtisanes pansues s’évertuaient à cacher ce défaut. Socrate, lui, annonce qu’il entreprend de réduire son ventre proéminent par l’activité physique30. Il existait également des traitements amincissants ou grossissants selon le cas, prescrits par les médecins31 et même des produits « miraculeux » pour faire disparaître l’obésité, comme les excréments de phoque32.

    La stature

    8La stature était un autre marqueur de laideur ou de beauté. La petite taille surtout était signe d’une « beauté avortée » selon l’expression de Marco Vespa : la trop petite femme qu’épouse le roi de Sparte Archidamos ne sera capable d’engendrer que des roitelets selon les éphores qui condamnent le roi à une amende33. Thersite, « l’homme le plus laid qui soit venu sous Ilion », est lui aussi trapu et aux épaules étroites, petit de taille et aux membres recourbés : c’est par ces traits que l’on explique sa qualification de pithêkomorphos, « à l’aspect simiesque34 ». Les Pygmées aussi, caractérisés par leur petite taille, constituent des modèles de laideur35, comme Priape, le dieu amorphos, petit et trapu36. Pour corriger ce défaut, on utilisait des chaussures surélevées : non seulement les courtisanes d’Alexis en mettaient pour paraître plus grandes, mais également la petite femme d’Ischomaque, ce que ne manque pas de lui reprocher son mari qui la préfère « au naturel37 ».

    9Enfin, la grande taille peut également être un marqueur de laideur : Aristophane se moque du philurinos (« de tilleul ») Cinésias, un poète dithyrambique athénien tellement grand et mince qu’il devait attacher son corps à une planche de tilleul pour ne pas être plié en deux : c’est du moins l’explication du terme donnée par Athénée38. Quant aux courtisanes trop grandes d’Alexis, elles usaient de chaussures à mince semelle et d’un port de tête penché pour donner l’illusion d’être plus petites.

    La peau

    10La peau constitue un critère de beauté ou de laideur immédiatement perceptible donc primordial. De par sa fragilité, elle est sujette à toutes sortes de vicissitudes, comme les rides, les cicatrices, les taches ou les grains de beauté39. La peau uniforme et lisse, indemne et au grain unifié, est valorisée par opposition à celle possiblement marquée et tatouée des esclaves40. Toutefois, il faut y ajouter un beau teint, le mauvais étant un marqueur de laideur et de maladie41. Le teint blafard et jaunâtre (ôchros) signale la mauvaise santé et même la malnutrition42. Non seulement les disciples de Socrate en sont affectés, mais également des sophistes, des philosophes, des poètes et des hommes politiques43. Le terme philurinos qui qualifie Cinésias chez Aristophane est aussi expliqué par « qui a la couleur du bois de tilleul », c’est-à-dire une couleur jaune verdâtre, indice d’un teint maladif44. Quant aux femmes, elles se doivent d’arborer un teint blanc, celui qui signale une femme « bien », restant dans sa maison, portant un voile à l’extérieur et usant de blanc de céruse. Les filles des citoyens qui faisaient office de canéphores à la procession des Panathénées, se faisaient protéger le teint par des parasols45.

    11D’autres marques de laideur de la peau sont les rides qui seraient dues à l’assèchement du corps qui survient avec l’âge46, comme l’atteste Archiloque : « Tu n’épanouis plus ta peau délicate comme avant : déjà elle se dessèche et le sillon de l’affreuse vieillesse fait des ravages47. » Toutefois, cet assèchement était aussi attribué à une activité sexuelle trop importante, selon Anacréon : « Déjà je deviens ridée, comme un fruit trop mûr, sous l’effet de ta débauche48. »

    12Les femmes avaient à leur disposition une quantité de remèdes et d’artifices pour corriger les défauts et la couleur de leur peau. On pouvait par exemple cacher ses rides et corriger son teint en se maquillant de blanc (de céruse) et de rouge (phukos), à l’instar de certaines vieilles femmes dont se moque Aristophane49. L’utilisation des fards, comme celle des parfums, était en effet considérée comme une pratique inappropriée pour les femmes vieillissantes50. Le maquillage en général était considéré comme un savoir-faire féminin et trompeur51 : il était opposé à la vraie beauté qui n’en a pas besoin. Ischomaque, dans l’Économique de Xénophon, tance sa jeune épouse pour avoir utilisé du maquillage. Chez Alciphron, un mari campagnard interdit l’usage des fards à son épouse52. Dans certaines situations, il est inapproprié ou même interdit de se farder, comme lors d’un deuil – où il convient de nuire à sa beauté53 – ou dans certains cultes54. Il va sans dire que l’usage des fards par les hommes était décrié à l’unanimité, même si Démétrios de Phalère avait la réputation de s’en servir55.

    13Parfois, la divinité intervient pour guérir les imperfections de la peau : Aphrodite sauve la jeune Aspasie de Phocée, une future courtisane qui deviendra fameuse, d’une tumeur au menton, au moyen de poudre de roses séchées auparavant offertes à son sanctuaire56. Il existait aussi toute une série de remèdes : pour se lisser la peau du visage et s’éclaircir le teint, les femmes raffinées usaient d’une substance coûteuse, la fiente de petits crocodiles rampants57. Les Cyranides prescrivent l’utilisation du foie de mouton bouilli pour obtenir un beau visage et un beau teint, ou encore celle du fiel de serran qui donnerait un visage florissant et soignerait les éruptions58. Contre les cicatrices, les boutons, les taches de rousseur et les marques, on pouvait utiliser selon le cas, des excréments de crocodile terrestre59, du fiel de taureau, de la cendre de coquille d’escargot marin ou terrestre etc.60.

    Pilosité et chevelure

    14En ce qui concerne la peau des femmes, on haïssait en général « l’inégal, le rugueux, le velu, le hérissé, le grenu, le sombre ». La recherche de la blancheur ne concernait pas que le teint, mais comprenait également une « chasse au poil noir61 ». Ainsi, parmi les soucis esthétiques des femmes, l’épilation tenait une place de choix : elles se devaient d’avoir une belle chevelure, et une peau glabre, partout62. En revanche, les hommes qui s’appliquaient à rester glabres étaient considérés comme des efféminés, tel les Cléonyme, Clisthène et d’autres qu’Aristophane raillait systématiquement63.

    15Une femme velue ressemblant à un homme64 est par conséquent considérée comme laide. Plusieurs techniques d’épilation sont attestées pour y remédier : la lampe pour passer les poils à la flamme, le rasoir, les pincettes ou le bout des doigts, des emplâtres de cire ou de résine65 et, enfin des onguents destinés soit à supprimer les poils, soit à les empêcher de repousser. Aussi, plusieurs recettes de substances dépilatoires sont connues des sources antiques. Parmi elles, on peut mentionner le psilothrôn, qui signifie « dépilatoire » mais qui est aussi le nom de la vigne blanche aux propriétés dépilatoires fameuses lorsqu’elle est utilisée en onguent et le drôpax, l’emplâtre de poix66.

    16Si la pilosité corporelle doit être intégralement supprimée – du moins chez les femmes mariées67 – la chevelure doit au contraire être soigneusement traitée. Elle constitue en effet un marqueur de beauté très important chez les Grecs68 (et inversement, son absence, un très important marqueur de laideur). Plusieurs personnages littéraires, mythiques ou historiques, pas nécessairement vieux mais dits expressément laids, comme Thersite, les silènes et les satyres, les Pygmées, les nains, les centaures, Ésope et Socrate, sont caractérisés par la calvitie, signe également de la vieillesse69. Nombre d’entre eux sont aussi caractérisés par un sexe démesuré. Il est un lien traditionnel, établi, entre chevelure ou pilosité et sexualité : par exemple Aristote et, à sa suite, Pline, considèrent qu’une trop grande activité sexuelle provoque une calvitie prématurée en raison du dessèchement dû à la consommation irraisonnée de liquides corporels70. D’autre part, la croissance des poils qui apparaissent avec la puberté est favorisée par l’activité sexuelle et les hommes les plus velus seraient le plus portés à l’amour71.

    17Les railleries étaient dirigées aussi bien contre les chauves que contre les hirsutes : Aristophane, absolument de mauvaise foi, se défend de provoquer un rire facile en se moquant des chauves72. Ainsi la chute des cheveux était un souci important que l’on pouvait, selon Galien, heureusement combattre par la fiente de crocodile ou de chat73. Plusieurs recettes des Cyranides sont destinées à soigner le même mal : elles utilisent des ingrédients tels que la tête du rat domestique, la bouse de taureau, le ladanum provenant de la barbe des boucs, la tête de phoque, la fiente de moineau, l’oursin en pommade et plusieurs sortes de poissons74. Le cas échéant, lorsqu’il n’y avait plus rien à faire, l’on pouvait encore utiliser des komai prosthetoi, des perruques75.

    18Un autre souci d’ordre capillaire était celui de la couleur, les Grecs ayant une prédilection pour les cheveux blonds76 : le brun était considéré comme trop banal et le roux avait une réputation douteuse77. Le pire était la canitie, un marqueur à la fois de vieillesse, de laideur et un sujet de railleries78. Préventivement, on pouvait empêcher cette décoloration, en employant en pommade de la cendre de vers de terre mélangée à de l’urine de vierge79. Si les cheveux étaient déjà blanchis, on pouvait les teindre pour tenter de paraître plus jeune80. Néanmoins, comme l’application des fards et l’épilation, la teinture capillaire était mal vue lorsqu’elle était pratiquée par des hommes81. Plusieurs recettes des Cyranides ont comme but de noircir les cheveux blancs par l’emploi d’ingrédients tels que le sang d’un taureau noir, l’œuf mâle d’une chouette, les œufs de cigogne et la fiente d’hirondelle82. Les teintures capillaires étaient également utilisées pour corriger la couleur naturelle, même sur des cheveux non blanchis83. Seulement, il fallait en user avec précaution : on risquait de devenir chauve à force de se teindre les cheveux84.

    Perceptions et ressentis de la laideur

    19L’examen qui précède est forcément incomplet, laissant de côté plusieurs marqueurs de laideur ou artifices servant à la contrer : ainsi les barbes et les poitrines85 étaient objets d’attentions, alors qu’il n’y avait rien à faire contre les cous trop courts86, les jambes torses87, les gibbosités88, les nez camus89 et les lèvres épaisses90. D’autres signes de laideur, s’adressant à d’autres sens que la vue, sont également mentionnés, comme les odeurs nauséabondes91 ou l’aphonie92.

    20Les artifices examinés traitent chaque défaut séparément. Il existait pourtant des recettes d’approche globale de la laideur prescrites par les Cyranides, où il ne s’agit pas de traiter individuellement chaque partie laide du corps, mais le tout. Ainsi, on y prescrit les entrailles et la fiente de paon pour écarter toute laideur et même toute folie. Le paon est par ailleurs qualifié de très beau et son cœur, porté sur soi, procure la beauté et le succès. Le cœur de l’alcyon aussi, porté en amulette, rend son porteur beau, aimé et désiré. Enfin, plus simplement, pour être beau, on peut manger du pinson, le joli petit oiseau qui vit dans les champs93. Le but de ces recettes est aussi de procurer la santé mentale, le succès et l’amour : elles visent donc simultanément la transformation externe et interne de la personne et celle du regard porté sur elle.

    21Familiarisés avec ces quelques traits de laideur examinés, nous tenterons dans les pages qui suivent d’appréhender pourquoi la laideur est « bonne à penser » en suivant les diverses perceptions de la laideur, les attitudes qu’elle provoque et les ressentis qu’elle engendre.

    Perceptions et fonctions de la laideur

    22« Le jugement esthétique comporte presque toujours des évaluations qui reflètent des rapports de pouvoir, des rhétoriques plus ou moins partagées sur la nature du corps et une attention, esthétique et éthique, au “devoir être” du corps idéal94. » La laideur distingue certaines catégories sociales et professionnelles. De plus, elle ne concerne pas uniquement l’aspect extérieur, mais notamment le caractère et le comportement. En effet, les Grecs pensaient que l’état corporel de l’être humain avait une part consentie, la laideur physique rendant compte de la laideur morale95.

    23La laideur signale des types spécifiques de personnes, caractérisés par l’effronterie comme Thersite96, la ruse comme Dolon97, la méchanceté comme la femme-guenon de Sémonide, ou la lâcheté comme les tresantes spartiates98. Les vieilles femmes de la comédie, notamment chez Aristophane, associent la laideur corporelle et la vilénie morale : représentées vulgaires, ivrognes et indécentes, doublement laides, physiquement et moralement, elles suscitent l’aversion et le mépris99.

    24La double laideur externe et interne caractérise certaines catégories professionnelles. L’image théorique de l’artisan à l’époque classique est celle d’un homme au corps déformé, qui mène une vie de reclus dans son atelier : à son corps amolli par la sédentarité correspondrait une âme lâche et dégradée100, en opposition parfois à la combinaison corps/âme des intellectuels. Poètes et philosophes n’échappent pas aux railleries : ils sont souvent décrits comme aveugles, boiteux, muets et, surtout, laids, comme Socrate101. Toutefois, ce motif fréquent du défaut ou du handicap physique compenserait en quelque sorte leur charisme intellectuel qui les mettrait dans une position liminale, en marge de la société102. Leur laideur externe cacherait une incroyable beauté intérieure, comme dans le cas d’Ésope, dont la laideur saisissante, représentée sur toutes les parties de son corps, se combinait en plus à son aphonie103.

    25Selon Robin Nadeau, « la description des corps s’effectue souvent à partir de critères moraux, esthétiques et médicaux104 ». Mais les corps marquent aussi « naturellement » des positions, des rôles et des hiérarchies dans la société105, le corps idéal se construisant en opposition à celui dont les défauts physiques sont associés aux catégories sociales inférieures. Les hiérarchies économiques aussi se lisent sur les corps : la maigreur est en général associée à la pauvreté et au manque de nourriture, alors que l’embonpoint à la richesse106. Dans le cas du pharmakos, recruté parmi le « rebut de la société » selon le mot de Jean-Pierre Vernant, la laideur est même un critère de sélection, puisque c’est l’homme le plus laid qu’on puisse trouver qui sera lapidé pour purifier la cité107.

    26La laideur peut donc être interprétée de deux façons : soit comme le reflet exact du monde interne du personnage soit comme le masque sous lequel se cache ce monde interne : il s’agit en tous les cas autant d’aspect extérieur que de moi intérieur. Toutefois, d’autres lectures sont encore possibles : la laideur révèle des valeurs qui touchent à la position de l’humain dans le monde, médiane entre la divinité et l’animal. Sur l’échelle de perfection du corps, qui va de la perfection de celui des divinités (avec des exceptions tout-de-même notables, comme Héphaïstos ou Priape108) au corps nauséabond des animaux, l’humain est au milieu : il se rapproche soit du divin (lorsqu’il se trouve dans la fleur de sa jeunesse ou lorsqu’il est kalos kagathos), soit de l’animal, lorsqu’il lui ressemble109. Par exemple, la comparaison de l’humain au singe que nous avons rencontrée à plusieurs reprises, visant à ridiculiser et insistant sur la déformation de l’aspect physique et la laideur, relève de la caricature, une accentuation des défauts physiques, intellectuels et/ou moraux110.

    Attitudes et ressentis provoqués par la laideur

    27L’attitude adoptée la plus commune devant ce qui était perçu et accepté comme laid était d’en rire, d’un rire méchant, qui rabaisse et dénigre, du rire de la moquerie111. Aristote définit le risible (geloion) comme une partie du laid ou comme un défaut et une laideur sans douleur ni dommage112. Il s’agit là d’une attitude facilement observable, presqu’évidente pour le lecteur de comédie. La calvitie, la bouche édentée, la gibbosité, la petite taille, la maigreur et l’obésité caractérisent les héros des pièces comiques113.

    28Seulement les attitudes et les ressentis ne sont pas immuables. Ces derniers sont plus facilement traçables, lorsqu’on examine le corps âgé, particulièrement déprécié dans les sources, qui témoignent d’une conception de la vieillesse n’ayant pas part à la beauté114. En effet, les signes du grand âge115, sont ceux qui marquent aussi le changement le plus commun de l’aspect du corps humain et également le changement des attitudes adoptées envers ce corps. Lorsqu’Athéna annonce à Ulysse rentré à Ithaque qu’elle va le transformer pour qu’il ne soit pas reconnu des prétendants, elle décrit notamment des signes liés à l’âge : flétrissement de la peau, calvitie, éraillement des yeux – et haillons – sont combinés afin qu’il paraisse hideux116. Ainsi la vieillesse cruelle (argaleon) et laide (amorphon) rend l’homme détestable (echthron) et méconnaissable (agnôston)117, même à ses propres yeux118. L’amour qui disparaît lorsque les belles vieillissent ou la tentative vouée à l’échec de retenir une beauté fuyante est un sujet littéraire courant119. Le vieillissement inexorable, dont la laideur ne constitue que l’un des paramètres, le plus immédiatement visible et risible, change la perception et les ressentis envers le corps des autres et de soi-même120.

    29Ce changement d’attitude concerne aussi les relations humaines et les émotions. Notons à ce propos une inscription sur un ostracon datée de 450-400 : il est marqué Astyage kakos (laid), Epigenês kalos (beau). Ce qui est intéressant, c’est que le nommé Astyage était d’abord kalos, avant d’être corrigé en kakos121. Le graveur s’est-il fait éconduire par Astyage ? Ce dernier a-t-il trop grandi122 ? En tous les cas, le regard du graveur sur l’aspect de son ancien amour est transformé. Il ne s’agit probablement pas seulement de l’aspect extérieur, puisque kakos signifie aussi « mauvais ». On voit ici, inscrit sur la terre-cuite, le changement émotionnel de la personne affectée envers un ancien objet de désir remplacé par un nouveau.

    30La laideur est parfois infligée, on le sait, justement pour changer la manière dont on appréhende l’autre ou dont on en est appréhendé. L’incongruité de l’aspect des tresantes spartiates correspond à leur comportement inapproprié sur le champ de bataille. Dans une situation plus courante, celle du deuil, l’aspect extérieur enlaidi est aussi de mise. Non seulement l’usage du fard était-il interdit, mais l’on y ajoutait l’ablation capillaire ce qui affectait les femmes dans le marqueur primordial de leur féminité : Hélène, toujours coquette, qui n’a, selon Électre, « pas changé » afin de garder sa beauté intacte, ne coupe qu’une pointe de ses cheveux devant le tombeau de sa sœur Clytemnestre123. Le traitement enlaidissant du corps devait ainsi indiquer l’état émotionnel de la personne affectée et le rendre immédiatement perceptible au spectateur.

    31Tout le long de cette étude nous avons suivi des topoi littéraires et des partis pris esthétiques. Dans ce parcours, obstinément tourné vers la laideur humaine, nous avons néanmoins parfois effleuré des notions telles que l’animalité ou la maladie. Deux fonctions principales de la laideur semblent ressortir : elle sert d’abord de faire-valoir à la beauté, que celle-ci soit externe ou interne. La laideur incroyable d’Ésope réhausse à la fois la beauté des esclaves qui sont vendus à ses côtés et sa propre beauté interne124. Ainsi, celle des sages prend une valeur didactique comparable à celle de leur enseignement125. La deuxième fonction importante de la laideur est l’exclusion facile des autres, de tous ceux qui n’entrent pas dans le moule du corps et du caractère idéal défini par les normes esthétiques – basées sur les diverses hiérarchies – de chaque société donnée. Ce risque d’être exclu amène à une angoisse face à sa propre laideur, considérée comme un sujet de honte, qu’il faut à tout prix corriger, dont témoignent tant les recettes et les artifices de beauté, que les sources mettant en scène les ressentis. Cette angoisse correspond par ailleurs à la peur qu’expriment les jeunes gens aux prises avec les vieilles lubriques d’Aristophane126 : il semble que la peur devant sa propre laideur et celle devant les personnes dont la beauté s’est évanouie ne soient que les deux faces d’une même médaille. Ce qui expliquerait le rire railleur qui sert à se démarquer de la personne ainsi exclue et peut-être à exorciser sa propre angoisse. Toutefois, ce n’est là qu’une solution temporaire : la beauté est fugace et sa recherche vaine, comme le soulignent justement les railleries des comiques ou des épigrammes, ou encore les moralisateurs comme l’Ischomaque de Xénophon. La vanité de la recherche de la beauté peut même amener à la vacuité de l’existence comme l’atteste chez Antiphane un mari médusé par le quotidien de son épouse :

    « Elle va, elle revient sur ses pas, elle s’approche, elle s’en retourne, elle est là, la voici : elle se nettoie, elle s’approche, elle se frictionne la peau, elle se peigne, elle vient de faire un pas, elle se frotte [ou elle étale du fard : entribetai], elle s’examine, elle s’habille, elle se parfume, elle se pare, elle se pommade127. »

    Notes de bas de page

    1Alexis, La juste mesure, fr. 103, 7-18 (éd. C. Austin et R. Kassel).

    2Galien, Art médical, XIV, 6 (éd. V. Boudon) ; Sur les tempéraments, 1, 6 (éd. C. G. Kühn, I, 541, 6-7). Voir également Lucien, De la danse, 75 ; Anacharsis, 25, 17-18. R. Nadeau, « Mensuration », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), Dictionnaire du corps dans l’Antiquité, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019, p. 401-402 ; « Obésité », op. cit., p. 439-441 ; F. Prost, « Canon », op. cit., p. 120-122 ; K. Karila-Cohen, « Les gourmands grecs sont-ils bien en chair ? », in K. Karila-Cohen et F. Quellier (dir.), Le corps du gourmand, Rennes/Tours, Presses universitaires de Rennes/Presses universitaires François-Rabelais, 2012, p. 109-132.

    3Anthologie palatine, V, 37 (trad. P. Waltz). Voir encore Alciphron, Lettres de pêcheurs, de paysans, de parasites et d’hétaïres, IV, 14, 5.

    4Sémonide, fr. 7, 71-82 (éd. M. L. West). Pour le texte, voir l’article de Véronique Mehl, « “Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve (Baudelaire)”. Lecture sensible de la laideur », p. 98-99.

    5Par exemple, Platon, Hippias majeur, 289a-b. F. Lissarrague, « L’homme, le singe et le satyre », in B. Cassin et J.-L. Labarrière (dir.), L’animal dans l’Antiquité, Paris, Vrin, 1997, p. 455-472, 458.

    6Aristophane, L’Assemblée des femmes, 1072 et scholie 1072a (éd. R. F. Regtuit).

    7M. Vespa, « La forme animale : maigreur des bêtes et norme esthétique en Grèce ancienne », in E. Galbois et S. Rougier-Blanc (dir.), Maigreur et minceur dans les sociétés anciennes. Grèce, Orient, Rome, Bordeaux, Ausonius, 2020, p. 95-112, 108-109 et n. 52 pour les références. Pour des représentations de vieilles femmes aux traits simiesques, N. Bernard, « La laideur comme emblème de la vieillesse féminine ? Aristophane et l’émergence d’un modèle comique », Synthèses et hypothèses, 2, 2022, en ligne, § 13.

    8Pour Lucien, De la danse, 75, un corps mince à l’excès paraîtrait squelettique (skeletôdes) et cadavérique (nekrikon).

    9G. Nisbet, « A Sickness of Discourse: The Vanishing Syndrome of λεπτοσύνη », Greece & Rome, 50/2, 2003, p. 191-205, 197-198.

    10C. Laes, « Fatness and Thinness in Graeco-roman Antiquity », Medicina nei secoli, 28/2, 2016, p. 583-658, 599-604, 611. Voir aussi F. Gherchanoc, « De beaux corps, “ni trop maigres”, “ni trop gras”, en Grèce ancienne », in E. Galbois et S. Rougier-Blanc (dir.), op. cit., p. 113-124, 114, 118.

    11Athénée, Banquet des sophistes, XII, 552b.

    12Pour les attaques contre Philippidès (rassemblées par Athénée, Banquet des sophistes, XII, 552d-f), ainsi que pour d’autres exemples de raillerie des maigres, voir C. Laes, « Fatness and Thinness », art. cité ; G. Nisbet, art. cité, p. 192-195.

    13Xénophon, Mémorables, II, 1, 22. Sur les termes polusarkia et hupersarkia, voir K. Karila-Cohen, art. cité.

    14Ces cas sont rassemblés par Athénée, Banquet des sophistes, XII, 549a-550c, qui cite Nymphis (FGrHist 432, fr. 10 : Denys d’Héraclée), Agatharchide (FGrHist 86, fr. 7 : Magas), et Posidonios (FGrHist 87, fr. 6 : Ptolémée VIII ; fr. 26 : Ptolémée X). Pour l’image négative de ces hommes de pouvoir chez Athénée, voir R. Nadeau, « L’obésité chez Athénée : représentation du pouvoir royal à l’époque hellénistique », in C. Grandjean, A. Heller et J. Peigney (dir.), À la table des rois. Luxe et pouvoir dans l’œuvre d’Athénée, Rennes/Tours, Presses universitaires de Rennes/Presses universitaires François-Rabelais, 2013, p. 67-85.

    15R. Nadeau, « Obésité », art. cité, p. 440.

    16P. Christodoulou, « Ptolémée VIII Évergète II – le roi qui aimait son corps », in A. Gangloff et G. Gorre (dir.), Le corps des souverains dans les mondes hellénistique et romain, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022, p. 331-353.

    17Ibid., p. 339-340. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, XXXIII, 22, 1 ; Strabon, Géographie, XVII, 1, 12, 34-38.

    18Alcée, fr. 429 (éd. G. Liberman). Pour l’excès pondéral du tyran ou de l’autocrate, une image négative courante dans la littérature antique, voir R. Nadeau, « L’obésité chez Athénée », art. cité, p. 69, 82-83.

    19R. Nadeau, « Corpulence », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 167-168.

    20Aristophane, Ploutos, 558-561 (trad. H. van Daele).

    21Plutarque, Apophtegmes des rois et des généraux, 192c-d. Pour d’autres exemples d’hommes inaptes au service militaire en raison de leur poids excessif, consulter C. Laes, « Fatness and Thinness », art. cité, p. 605-606.

    22Platon, République, VIII, 556d.

    23Agatharchide, FGrHist 86, fr. 10 et 11 ; Élien, Histoire variée, XIV, 7. Tous deux mentionnent un certain Naukleidês qui aurait été chassé de l’assemblée spartiate et même menacé d’exil en raison de son obésité.

    24Xénophon, Constitution des Lacédémoniens, V, 8.

    25F. Gherchanoc, « Des beaux corps », art. cité, p. 119.

    26Par exemple, Aristophane, Les Grenouilles, 1089-1098.

    27Athénée, Banquet des sophistes, XII, 549c, e. Pour la notion de honte, consulter R. Nadeau, « L’obésité chez Athénée », art. cité, p. 70-71, 74.

    28H. Heinen, « Aspects et problèmes de la monarchie ptolémaïque », Ktèma, 3, 1978, p. 177-199, 189-191 et n. 29.

    29Justin, Abrégé des Histoires Philippiques de Trogue Pompée, 38, 8, 8-11.

    30Xénophon, Le Banquet, II, 17-19. Toutefois, pour Platon (République, V, 452a-b), les vieillards qui s’exercent encore au gymnase, ridés et désagréables à voir, sont ridicules, comme le seraient des femmes et surtout des vieilles femmes. Notons que les acteurs comiques portaient des costumes rembourrés qui exagéraient les rondeurs : R. Nadeau, « Maigreur », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 365-367 ; A. Piqueux, « Rembourrages et image du corps dans la comédie ancienne et moyenne : témoignages archéologiques et textes comiques », in F. Prost et J. Wilgaux (dir.), Penser et représenter le corps dans l’Antiquité, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006, p. 133-150.

    31Voir les sources que mentionne C. Laes, art. cité, p. 625-627. Pour les traitements amincissants, voir H. Christopoulou-Aletra et N. Papavramidou, « Methods Used by the Hippocratic Physicians for Weight Reduction », World Journal of Surgery, 28, 2004, p. 513-517 ; « Greco-Roman and Byzantine Views on Obesity », Obesity Surgery, 17, 2007, p. 112-116 ; « Management of Obesity in the Writings of Soranus of Ephesus and Caelius Aurelianus », Obesity Surgery, 18, 2008, p. 763-765. Notons que l’excès de poids n’était pas toujours critiqué par les médecins : J. Wilkins, « Le corps gourmand dans la comédie attique », in K. Karila-Cohen et F. Quellier (dir.), op. cit., p. 247-254.

    32Cyranides, II, 41, 26-27 (éd. D. Kaimakis).

    33M. Vespa, art. cité, p. 103. Plutarque, Vie d’Agésilas, II, 3. Selon Héraclide de Lembos, fr. 2 (FHG), la femme était laide (aischra) et riche.

    34Homère, Iliade, II, 216 (trad. P. Mazon, CUF) ; pithêkomorphos chez Eustathe, Commentarii ad Homeri Iliadem, I, 317, 23 (éd. M. van der Valk). Pour d’autres sources associant Thersite au singe ou qualifiant des personnes de petite taille de « singes », voir M. Vespa, art. cité, p. 103, n. 29.

    35V. Dasen, « Nains et Pygmées. Figures de l’altérité en Égypte et Grèce anciennes », in F. Prost et J. Wilgaux (dir.), op. cit., p. 95-113, 102.

    36Pour les sources, consulter S. Dalmon, « Priape », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 520-521 ; M. Olender, « La laideur d’un dieu », Les Cahiers du Centre de recherches historiques, 24, 2000, en ligne ; « Priape le mal taillé », in C. Malamoud et J.-P. Vernant (dir.), Corps des dieux, Paris, Gallimard, 1986, p. 519-539.

    37Xénophon, Économique, X, 2-3.

    38Aristophane, Les Oiseaux, 1377 ; Athénée, Banquet des sophistes, XII, 551d. C. Laes, art. cité, p. 600.

    39L. Bodiou et V. Mehl, « Peau », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 473-474. A. Grand-Clément, La fabrique des couleurs. Histoire du paysage sensible des Grecs anciens (viiie s.-début du ve s. av. n. è.), Paris, De Boccard, 2011, p. 35.

    40L. Renaut, « Marquage tégumentaire », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 382-385. A. Grand-Clément, « Teint », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 607-611.

    41F. Gherchanoc, « La carnation naturelle et “jaunâtre” de Phryné. Du bon teint en Grèce ancienne », in V. Boudon-Millot et M. Pardon-Labonnelie (dir.), Le teint de Phrynè. Thérapeutique et cosmétique dans l’Antiquité, Paris, De Boccard, 2018, p. 181-196, 192.

    42Alexis, fr. 167, 8-9 (éd. C. Austin et R. Kassel).

    43Par exemple, Aristophane, Les Nuées, 1016-1020, 1112. Pour d’autres instances, voir F. Gherchanoc, « La carnation », art. cité, p. 185, n. 14. Notons toutefois que certains philosophes, dont Socrate, étaient réputés pour leur santé florissante : N. Davieau, « Philosophe », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 488-490.

    44Scholies à Aristophane, Les Oiseaux, 1378 (éd. D. Holwerda). En effet, Lysias, fr. 195 (éd. C. Carey), mentionne que Cinésias souffrait d’une maladie chronique. C. Laes, art. cité, p. 600.

    45P. Brulé, Le sens du poil (grec), Paris, Les Belles Lettres, 2015, p. 411-413. Pour les canéphores : Aristophane, Les Oiseaux, 1549-1551 et scholies 1551a-b (éd. D. Holwerda).

    46P. Birchler Émery, « Entre vieux sages et mendiants émaciés : la mise en images de la vieillesse en Grèce archaïque », Cahiers des études anciennes, 55, 2018, p. 37-64, 61 et « Du vieillard au satyre : une histoire tirée par les cheveux », Mediterranean Archaeology, 27, 2014, p. 31-36, 36 ; A. Grand-Clément, op. cit., p. 209-211.

    47Archiloque, fr. 188 (éd. M. L. West) ; trad. A. Grand-Clément, op. cit., p. 210, légèrement modifiée. Voir également Sapphô, fr. 58, 13-14 (éd. E. Lobel et D. L. Page).

    48Anacréon, fr. 432a-b (éd. D. L. Page) ; trad. P. Birchler Émery, « Vieillards et vieilles femmes en Grèce archaïque : de la calvitie et des rides », in V. Dasen et J. Wilgaux (dir.), Langages et métaphores du corps dans le monde antique, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 61-72, p. 65, n. 13.

    49Par exemple, Aristophane, L’Assemblée des femmes, 878, 904, 929, 1072. Galien (Médicaments composés selon les lieux, I, 3, éd. C. G. Kühn, XII, 446-447), mentionne les chapitres que Criton – le médecin de Trajan – avait consacrés aux traitements contre les rides et aux illuminateurs de teint dans ses quatre livres sur la cosmétique. Sur les sources antiques traitant des produits cosmétiques, voir É. Prioux, « Fards et cosmétiques dans les sources littéraires antiques », in I. Bardiès-Fronty, M. Bimbenet-Privat et P. Walter (dir.), Le bain et le miroir. Soins du corps et cosmétiques de l’Antiquité à la Renaissance, Paris, Gallimard, 2009, p. 35-40. Sur la composition des produits de maquillage, consulter P. Walter et al., « Les matières de la beauté », Le bain et le miroir, op. cit., p. 41-46.

    50N. Bernard, art. cité, § 10 ; B. Grillet, Les femmes et les fards dans l’Antiquité grecque, Paris, Éditions du CNRS, 1975, p. 102-103. Pour les parfums, par exemple, Archiloque, fr. 237 (éd. F. Lasserre) ; N. Kei, « Onction », in L. Bodiou, V. Mehl (dir.), op. cit., p. 447-449.

    51F. Gherchanoc, « Fard », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 247. Pour l’artifice trompeur du maquillage qui ne produit qu’une beauté empruntée : Platon, Gorgias, 465b.

    52Xénophon, Économique, X, 2-8. Alciphron, Lettres de pêcheurs, de paysans, de parasites et d’hétaïres, II, 8. Clément d’Alexandrie, Le Pédagogue, III, 2, 6, 2, qui cite un fragment de Ménandre (fr. 679 [éd. A. Körte et A. Thierfelder]), selon lequel la teinture capillaire ne convient pas à une honnête femme, ajoute qu’il ne lui convient pas non plus de se farder. Pour la mauvaise réputation des fards et de celles qui les utilisaient, voir B. Grillet, op. cit., p. 100-101. Pourtant, dans un épisode célèbre, la belle courtisane Phrynè se distingue justement de ses camarades parce qu’elle n’use pas de fard : Galien, Exhortation à l’étude de la médecine, X, 7-8 (éd. V. Boudon). Notons, toutefois, que les femmes « honnêtes » en faisaient également usage (B. Grillet, op. cit., p. 103-105). Les canéphores, des jeunes filles de citoyens en âge d’être mariées, ont les visages blanchis de poudre chez Aristophane, L’Assemblée des femmes, 732.

    53Lysias, Sur le meurtre d’Ératosthène (I), 14. Voir P. Brulé, op. cit., p. 229, 233, et la contribution de Véronique Mehl (« Les formes s’effaçaient… »), dans cet ouvrage, p. 105, n. 62.

    54Voir F. Gherchanoc, « Maquillage », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 371-373.

    55Douris de Samos, FGrHist 76, fr. 10.

    56Élien, Histoire variée, XII, 1, 1-23 (éd. R. Herscher). Sur cette histoire, consulter la contribution de Typhaine Haziza, p. 65-66. Pour les anomalies cutanées : V. Dasen, « Anomalie cutanée », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 46-49. Pour un remède destiné à combattre les cicatrices et les taches de la peau, voir Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXXIII, 110. En effet, les cicatrices situées au visage assimilaient leur porteur aux esclaves marqués : C. Baroin, « Cicatrice », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 141-144 ; supra, n. 40.

    57Dioscoride, Matière médicale, II, 80, 6 ; Galien, Facultés des médicaments simples, X, 29 (éd. C. G. Kühn, XII, 308). A. Ricciardetto, « L’utilisation thérapeutique et cosmétique des produits tirés des crocodiles », in V. Boudon-Millot et M. Pardon-Labonnelie (dir.), op. cit., p. 51-75, 60.

    58Cyranides, ΙΙ, 33, 17-18 et IV, 2, 2-3 (éd. D. Kaimakis).

    59Il s’agit de petits lézards, le stellion ou le varan : A. Ricciardetto, « L’utilisation thérapeutique », art. cité, p. 52, qu’on consultera également sur l’utilisation de cet ingrédient par les médecins antiques contre divers types de dermatose (p. 58-59).

    60Cyranides (éd. D. Kaimakis), II, 22, 12-13 (crocodile) ; II, 39, 3-5 (taureau) ; IV, 36, 8 (escargot) ; autres ingrédients : III, 37, 17-19 ; 39, 12-13.

    61P. Brulé, op. cit., p. 415 et p. 413.

    62P. Brulé, « Poil », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 501-503. Aristophane (L’Assemblée des femmes, 721-724), note l’inégalité sociale entre femmes libres et esclaves : ces dernières ne devraient s’épiler le pubis que pour des esclaves ; P. Brulé, op. cit., p. 425. D. Lavergne (« L’épilation féminine en Grèce ancienne », in L. Bodiou et al., Parures et artifices : le corps exposé dans l’Antiquité, Paris, L’Harmattan, 2011, p. 99-110, 106), interprétant le passage différemment, considère que les épouses réclament un monopole sur l’épilation.

    63P. Brulé, « Les codes du genre et les maladies de l’andréia : rencontres entre structure et histoire dans l’Athènes classique », La Grèce d’à côté. Réel et imaginaire en miroir en Grèce antique, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007, p. 103-120, 105-110 ; Le sens du poil, op. cit., p. 107-108 ; D. Lavergne, « Épilation », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 221-224.

    64P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 411.

    65Par exemple, Aristophane, L’Assemblée des femmes, 12-13 (lampe) ; 60 (rasoir) ; Lysistrata, 89 et 151 (doigts) ; Pollux, Onomasticon, VII, 165 (emplâtre de poix). Pour les diverses techniques, consulter P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 426-428.

    66P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 425-426. Plusieurs recettes de substances dépilatoires sont mentionnées par Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXVIII, 111 ; XXXII, 136. Pour une recette destinée à empêcher les poils arrachés de repousser, voir les Cyranides, IV, 61, 6-7 (éd. D. Kaimakis).

    67D. Lavergne (« L’épilation féminine », art. cité, p. 106-107), suggère que l’épilation du pubis était requise pour les femmes mariées, mais ni pour les jeunes filles nubiles ni pour les hétaïres.

    68Voir des termes comme kalliplokamos, « aux belles boucles » (Hésiode, fr. 26, 10 ; 129, 18 ; 180, 7 [éd. R. Merkelbach et M. L. West]), ou poluthrix, « à la chevelure abondante » (Anthologie palatine, VI, 276). Les beaux paides (comme Narcisse) devaient avoir une chevelure abondante, comme les femmes : Philostrate, La Galerie des tableaux, I, 23, 5 ; P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 443-444. Négliger sa chevelure est un signe de laideur associé au deuil : Artémidore, La Clef des songes, I, 19 (27), considère que les cheveux longs et négligés vus en rêve annoncent la mort et le chagrin (pour l’ablation capillaire lors du deuil, consulter P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 229-230, 232-233). D’autre part, la fréquentation trop assidue des boutiques des barbiers serait un signe d’oisiveté et peut-être aussi d’effémination : L. Bodiou et V. Mehl, « Barbier », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 85-86.

    69La calvitie des poètes, philosophes ou artisans marquerait plutôt leur appartenance à une génération plus ancienne et leur expérience : P. Birchler Émery, « Du vieillard au satyre », art. cité, p. 31-32.

    70Cela serait d’ailleurs corroboré par le fait que les eunuques ne deviennent jamais chauves ni aucune personne avant le commencement de sa vie sexuelle : Aristote, Histoire des animaux, III, 11, 518a29-31 et IX, 50, 632a4 ; Pline, Histoire naturelle, XI, 131. Pour les satyres, notons le jeu de mots entre phallos et phalakros (qui désigne le chauve mais qui peut aussi être compris comme l’akron, l’extrémité du phallus) : P. Voelke, Un théâtre de la marge. Aspects figuratifs et configurationnels du drame satyrique dans l’Athènes classique, Bari, Levante editori, 2001, p. 213-214 ; F. Lissarrague, La cité des satyres. Une anthropologie ludique, Paris, Éditions de l’EHESS, 2013, p. 55. P. Birchler Émery (« Entre vieux sages et mendiants émaciés », art. cité, p. 48-49), considère que la perte de la puissance sexuelle et procréatrice entraînait la perte du pouvoir social ; sur ce schéma contredit par les images, voir la contribution de Dimitris Paléothodoros, p. 116-117 ; consulter également N. Bernard, Être vieux dans le monde grec de Solon à Philopœmen, vie-iie siècles a.C., Bordeaux, Ausonius, 2023, p. 221-262.

    71Aristote, Histoire des animaux, III, 11, 518b24-25 ; De la génération des animaux, IV, 5, 774a35-774b3 ; Problèmes, IV, 18 et 31.

    72Aristophane, Les Nuées, 540. P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 104-105.

    73Galien, Médicaments composés selon les lieux, I, 2 (éd. C. G. Kühn, XII, p. 408, 10 ; 416, 9-10). Sur les recettes rapportées par Galien pour l’épaississement des cheveux et contre la calvitie, consulter V. Boudon-Millot, « Fards et teintures capillaires : la médecine galénique entre cosmétique et commôtique », in L. Pardon-Labonnelie (dir.), La coupe d’Hygie. Médecine et chimie dans l’Antiquité, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2013, p. 17-32, 23-24.

    74Cyranides (éd. D. Kaimakis), II, 26, 3-4 (rat) ; II, 39, 25-26 (taureau) ; II, 38, 15-16 (bouc) ; 41, 5-6 (phoque) ; III, 33, 4-5 (moineau) ; IV, 17, 6-7 (oursin). Poissons : ibid., IV, 24, 3-4 ; 41, 2-3 ; 63, 2-5 ; 69, 3. Certains ingrédients étaient même utilisés contre les pellicules (III, 34, 6-7 ; IV, 69, 3), ou pour faire repousser les cheveux (IV, 55, 4-6).

    75Ésope, Fables, 343 ; Anthologie palatine, VI, 211 ; Lucien, Dialogues des courtisanes, V, 3. N. Matthieu, « Calvitie », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 112-114. Pour les perruques particulièrement appréciées à l’époque romaine et les empereurs qui en portaient, consulter D. Lavergne, « Perruque », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 481-482 ; E. Bartman, « Hair and the Artifice of Roman Female Adornment », American Journal of Archaeology, 105/1, 2001, p. 1-25, 15.

    76Pour Galien, Art médical, XIV, 5 (éd. V. Boudon), les cheveux blonds et moyennement frisés caractérisent le tempérament justement équilibré. Pour le rapport entre la couleur des cheveux et le tempérament du cerveau chez Galien, voir V. Boudon-Millot, « Fards et teintures capillaires », art. cité, p. 19-20. Le beau Ganymède était blond (Hymne homérique à Aphrodite, I, 202-203), tout comme Achille, Athéna, Artémis, les Charites et les Heures, Éros, etc. : P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 440, 450-451, 456 ; A. Grand-Clément, op. cit., p. 306-316 ; D. Lavergne, La chevelure sacrée : pilosité, religion et société dans l’antiquité, thèse de doctorat, université Aix-Marseille 1 – université de Provence, 2006, vol. 1, p. 88-97. Notons encore que les masques des dieux étaient garnis de cheveux blonds selon Pollux, Onomasticon, IV, 136.

    77D. Lavergne, « Blond », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 102-103. Notons la laideur de Cléon, un roux à l’odeur nauséabonde (Aristophane, La Paix, 754-760 ; Les Guêpes, 1030-1036), puanteur justement renforcée par sa rousseur (V. Mehl, « Puanteur », in L. Bodiou et V. Mehl [dir.], op. cit., p. 528-529). Chez le Pseudo-Aristote (Physiognomonica, 812a, 16), les roux sont considérés comme malfaisants. Il existait pourtant des faux cheveux roux : Anthologie palatine, VI, 211 (épigramme de Léonidas de Tarente, iiie siècle av. J.-C.).

    78Par exemple, Anacréon, fr. 358, 6-7 (éd. D. A. Campbell) ; Aristote, De la génération des animaux, V, 4, 784b19-21. Il existait pourtant des amants qui n’étaient pas détournés par quelques cheveux blancs : Anthologie palatine, V, 48 (épigramme de Rufin).

    79Cyranides, II, 8, 11-12 (éd. D. Kaimakis).

    80Anthologie palatine, XI, 408. Pour les recettes de teintures capillaires chez Galien, voir V. Boudon-Millot, « Fards et teintures capillaires », art. cité, p. 23-26. Sur la composition des teintures, consulter P. Walter et al., « Les matières de la beauté », art. cité.

    81Élien, Histoire variée, VII, 20.

    82Cyranides (éd. D. Kaimakis), II, 40, 29-30 (taureau) ; III, 10, 6-7 (chouette) ; III, 36, 30-31 (cigogne) ; III, 50, 27 (hirondelle).

    83Éros lui-même usait de teintures capillaires : Euripide, Danaé, fr. 322 (éd. A. Nauck). Selon Photius, s.v. thapsos, Sapphô (fr. 210 [éd. E. Lobel et D. L. Page]) connaissait déjà le fustet (thapsos, Rhus cotinus), qui permettait de teindre en jaune tant la laine que les cheveux (voir également Hésychius, s.v. thapsinon). La blondeur embellit, d’où le verbe xanthizesthai, « blondir, embellir sa chevelure » : Hésychius, s.v. ; Souda, s.v. ; Photius, s.v. Toutefois, selon Ménandre (fr. 679 [éd. A. Körte et A. Thierfelder]), une femme honnête ne devrait pas teindre ses cheveux en blond. Consulter D. Lavergne, « Teinture », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 611-612.

    84Anthologie palatine, XI, 398.

    85Pour les soins de la barbe, voir P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 11, 432. Pour une recette destinée à redresser les poitrines tombantes : Cyranides, III, 38, 13-15 (éd. D. Kaimakis).

    86M. Vespa, art. cité, p. 102, n. 26, 103-104.

    87Pour les jambes torses, boiteuses ou cagneuses provoquant les railleries, voir par exemple Aristote, Rhétorique, III, 12, 1413a13 ; Homère, Iliade, I, 599-600 ; Platon le Comique, fr. 200 (éd. C. Austin et R. Kassel). J. Peigney, « Boiterie », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 104-105 ; F. Yche-Fontanel, « Les boiteux, la boiterie et le pied dans la littérature grecque ancienne », Kentron, 17/2, 2001, p. 65-90, 87-89.

    88C. Husquin, « Gibbosité », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 293-294.

    89Dans la scholie à Aristophane, L’Assemblée des femmes, 617 (éd. R. F. Regtuit), les phauloterai kai simoterai, « les plus insignifiantes et les plus camardes », sont expliquées par « les laides » (amorphoi). Anasimon, « au nez camus et retroussé vers le haut », est également expliqué par amorphon (ibid., 940 ; Souda, s.v.). Marco Vespa (« La forme animale », art. cité, p. 108), associe nez camards et traits simiesques.

    90L’un des traits enlaidissant Socrate selon Xénophon, Le Banquet, V, 7, qui avait aussi un nez camus (ibid., V, 6).

    91V. Mehl, « Puanteur », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 528-529 ; « Des Lemniennes à Philoctète : puanteurs, punitions divines et châtiment social en Grèce ancienne », in L. Bodiou, V. Mehl et M. Soria (dir.), Corps outragés, corps ravagés. Regards croisés de l’Antiquité au Moyen Âge, Turnhout, Brepols, 2011, p. 263-278. Voir l’article de Petra Pakkanen dans ce volume, p. 79-92.

    92Une caractéristique d’Ésope : infra, n. 103.

    93Cyranides (éd. D. Kaimakis), III, 42, 8-9 (paon) ; 2, 14-18 (alcyon) ; 40, 2 (pinson).

    94M. Vespa, « La forme animale », art. cité, p. 95.

    95Dans les traités de physiognomonie l’on tenait compte de chaque marqueur de laideur, les défauts physiques révélant les troubles de l’âme : J. Wilgaux, « Physiognomonie », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 493-496 ; « La physiognomonie antique : bref état des lieux », in V. Dasen et J. Wilgaux (dir.), op. cit., p. 185-195.

    96A. Delahaie, « Thersite », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 613-616.

    97Iliade, X, 317.

    98Plutarque, Vie d’Agésilas, XXX, 4 : les « trembleurs » qui s’étaient montrés lâches à la bataille, étaient obligés de se raser un seul côté de la barbe, ainsi que de porter une tenue sale et misérable, pour manifester par leur aspect leur déchéance civique.

    99N. Bernard, « Âge disqualifiant. Incidences du vieillissement féminin dans la comédie ancienne », in M. Daumas et N. Mékouar-Hertzberg (dir.), La Misogynie. Des vestiges du passé aux combats d’aujourd’hui, Berne/Berlin, Peter Lang, 2016, p. 41-61.

    100Xénophon, Économique, IV, 2-3 ; Platon, République, VI, 495d-e ; Aristophane, L’Assemblée des femmes, 385-387. Notons toutefois que l’image négative du corps artisan véhiculée par les intellectuels ne correspond pas à celle des représentations figurées : N. Kei, « Artisan (Grèce) », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 57-59 ; P. Birchler Émery, « Du banausos au technitês », in M. Seifert (dir.), Komplexe Bilder, Berlin/Bâle, Leonhard/Hurneysser, 2008, p. 29-33, 29.

    101Sur le portrait de Socrate, représenté comme un satyre, chauve, au nez camus et au visage épaté, consulter P. Zanker, The Mask of Socrates: The Image of the Intellectual in Antiquity, Berkeley/Los Angeles/Oxford, University of California Press, 1995, p. 32-39 ; F. Lissarrague, « Socrate », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 575-577. Voir aussi, dans ce volume, la contribution de Philippe Borgeaud, p. 51-52.

    102A. Tsakmakis, « Miracles in Greek Biography », in M. Gerolemou (dir.), Recognizing Miracles in Antiquity and Beyond, Berlin/Boston, De Gruyter, 2018, p. 327-351, 332.

    103Ésope est en effet décrit comme bedonnant, cagneux, camus, courtaud, etc. : C. Jouanno, « Ésope, ou le portrait d’un anti-héros ? », Kentron, 19, 2003, p. 51-69 ; F. Lissarrague, « Aesop, Between Man and Beast: Ancient Portraits and Illustrations », in B. Cohen (dir.), Not the Classical Ideal. Athens and the Construction of the Other in Greek Art, Leyde/Boston/Cologne, Brill, 2000, p. 132-149.

    104R. Nadeau, « Mensuration », art. cité, p. 401.

    105Notons par exemple l’exigence d’intégrité corporelle et de bonne santé pour les prêtres : J. Wilgaux, « Hugiês kai holoklaros. Le corps du prêtre en Grèce ancienne », in P. Brulé (dir.), La norme en matière religieuse en Grèce ancienne, Kernos, suppl. 21, 2009, p. 231-242 ; « Intégrité », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 337-338 et « Norme », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 427-430. En effet, tout défaut physique serait associé à un manquement envers les dieux et empêcherait l’accomplissement correct des rituels.

    106Aristophane, Ploutos, 558-561.

    107Tzetzès, Chiliades, 729. J.-P. Vernant, « Ambiguïté et renversement. Sur la structure énigmatique d’Œdipe-Roi », in J.-P. Vernant et P. Vidal-Naquet, Œdipe et ses mythes, Paris, Complexe, 1988, p. 40.

    108Sur Priape, consulter la contribution de Philippe Borgeaud dans ce volume, p. 41-59.

    109V. Mehl, « Échelle de perfection », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 203-204. Sur le rôle puissamment normatif joué par les animaux dans la structuration esthétique, voir M. Vespa, « La forme animale », art. cité, p. 96. Notons que selon les traités de physiognomonie, les humains qui ressemblent à tel animal possèdent aussi son caractère : J. Wilgaux, « Physiognomonie », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 493-496 et « Gourmands et gloutons dans les sources physiognomoniques antiques », in K. Karila-Cohen et F. Quellier (dir.), op. cit., p. 23-36.

    110Le cas du singe est particulier, car il était lui-même considéré comme une caricature de l’humain : J. Trinquier, « Les animaux, caricatures de l’homme ? Le cas exemplaire du singe », in A. Gangloff, V. Huet et C. Vendries (dir.), La notion de caricature dans l’Antiquité, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2021, p. 91-138. Ainsi, selon Valérie Huet (« Caricature », in L. Bodiou et V. Mehl [dir.], op. cit., p. 122-124, 122), « caricaturer un homme en singe revient en quelque sorte à proposer une double caricature de l’homme ».

    111J.-N. Allard, « Rire (Grèce) », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 547-549.

    112Aristote, Poétique, V, 1449a33-35.

    113J.-N. Allard, « Rire », art. cité, p. 548-549.

    114Pour Démocrite, fr. 68 B 294 (éd. H. Diels et W. Kranz), « la force et la beauté sont les biens de la jeunesse ».

    115La canitie, la calvitie, les rides, le dos voûté, l’extrême maigreur ou l’embonpoint : P. Birchler Émery, « Entre vieux sages et mendiants émaciés », art. cité, p. 41 et « Vieillards et vieilles femmes », art. cité, p. 62.

    116Homère, Odyssée, XIII, 397-402, 429-433.

    117Mimnerme, fr. 5 (éd. M. L. West).

    118Ainsi, des hétaïres vieillissantes, ne supportant plus leur propre reflet, consacrent-t-elles leurs miroirs à Aphrodite dans quelques épigrammes tardives de l’Anthologie Palatine, VI, 18-20.

    119Par exemple, Anthologie palatine, XI, 66-69, 374, 408 ; supra, n. 49. N. Bernard, « Âge disqualifiant », art. cité, p. 42, 52.

    120Notons qu’il existait même des traitements holistiques contre l’âge : Galien (Du marasme, 2, éd. C. G. Kühn, VII, 670-671) mentionne un philosophe, son contemporain, qui aurait écrit un ouvrage sur la façon de rester exempt de vieillesse (agêrôs) pour toujours. Voir V. Boudon-Millot, « La vieillesse est-elle une maladie ? Le point de vue de la médecine antique », Cahiers des études anciennes, 55, 2018, p. 97-127, 110-112.

    121N. C. Stampolidis et I. D. Fappas (dir.), Κάλλος, Η υπέρτατη ομορφιά, catalogue d’exposition, Athènes, musée d’Art cycladique/ministère de la Culture et de l’Athlétisme, 2021, p. 359, no 10. L’ostracon lui-même date de la fin du vie siècle av. J.-C. (musée d’Amphipolis, no inv. C 379).

    122Pierre Brulé (Le sens du poil, op. cit., p. 463-467) montre très bien comment l’apparition de la pilosité sur le corps des garçons est le moment sans retour où ils ne peuvent plus être éromènes.

    123Euripide, Oreste, 126-129. Pour les louanges de la chevelure féminine, consulter P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 387, 407-408. Sur l’ablation capillaire féminine infligée comme punition, voir la contribution de Marco Vespa dans ce volume, p. 185.

    124Voir l’introduction de Véronique Mehl et Maria Patera, p. 12, n. 4.

    125Pour l’opposition imagée de la beauté et de la laideur sur le même support, notons une série de vases qui commencent à être produits vers la fin du vie siècle av. J.-C. représentant d’un côté une personne incarnant la beauté et parfois expressément dite belle par des inscriptions, et de l’autre une personne incarnant la laideur (voir par exemple le vase décrit par Dimitris Paléothodoros dans ce volume, p. 128, n. 81).

    126Par exemple, supra, n. 6.

    127Antiphane, fr. 148 (éd. T. Kock) ; trad. B. Grillet, op. cit., p. 103-104.

    Auteur

    • Maria Patera

      Université de Thessalie.

      Maria Patera est maîtresse de conférences en histoire ancienne à l’université de Thessalie et membre associé de l’UMR 8210 ANHIMA (Anthropologie et histoire des mondes antiques). Ses études s’inscrivent dans l’histoire sociale, religieuse et culturelle de Grèce antique abordant des sujets variés, tels les croyances et les rituels. Dans l’histoire des émotions, elle a notamment codirigé La peur chez les Grecs. Usages et représentations de l’Antiquité à l’ère chrétienne, paru aux Presses universitaires de Rennes en 2023, et écrit Figures grecques de l’épouvante de l’antiquité au présent. Peurs enfantines et adultes, paru chez Brill en 2015 ainsi que « Reflections on the Discourse of Fear in Greek Sources », in A. Chaniotis et P. Ducrey (dir.), Unveiling Emotions, t. II : Emotions in Greece and Rome. Texts, Images, Material Culture, Stuttgart, Franz Steiner, 2013, p. 109-134. D’autres études portent sur l’habillement et diverses croyances (« superstitions », signes divins, etc.). Enfin, elle a participé avec la notice « Laideur » au Dictionnaire du corps dans l’Antiquité, dirigé par L. Bodiou et V. Mehl, paru en 2019 aux Presses universitaires de Rennes.

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    Maria Patera

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    Véronique Mehl et Maria Patera

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    1Alexis, La juste mesure, fr. 103, 7-18 (éd. C. Austin et R. Kassel).

    2Galien, Art médical, XIV, 6 (éd. V. Boudon) ; Sur les tempéraments, 1, 6 (éd. C. G. Kühn, I, 541, 6-7). Voir également Lucien, De la danse, 75 ; Anacharsis, 25, 17-18. R. Nadeau, « Mensuration », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), Dictionnaire du corps dans l’Antiquité, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2019, p. 401-402 ; « Obésité », op. cit., p. 439-441 ; F. Prost, « Canon », op. cit., p. 120-122 ; K. Karila-Cohen, « Les gourmands grecs sont-ils bien en chair ? », in K. Karila-Cohen et F. Quellier (dir.), Le corps du gourmand, Rennes/Tours, Presses universitaires de Rennes/Presses universitaires François-Rabelais, 2012, p. 109-132.

    3Anthologie palatine, V, 37 (trad. P. Waltz). Voir encore Alciphron, Lettres de pêcheurs, de paysans, de parasites et d’hétaïres, IV, 14, 5.

    4Sémonide, fr. 7, 71-82 (éd. M. L. West). Pour le texte, voir l’article de Véronique Mehl, « “Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve (Baudelaire)”. Lecture sensible de la laideur », p. 98-99.

    5Par exemple, Platon, Hippias majeur, 289a-b. F. Lissarrague, « L’homme, le singe et le satyre », in B. Cassin et J.-L. Labarrière (dir.), L’animal dans l’Antiquité, Paris, Vrin, 1997, p. 455-472, 458.

    6Aristophane, L’Assemblée des femmes, 1072 et scholie 1072a (éd. R. F. Regtuit).

    7M. Vespa, « La forme animale : maigreur des bêtes et norme esthétique en Grèce ancienne », in E. Galbois et S. Rougier-Blanc (dir.), Maigreur et minceur dans les sociétés anciennes. Grèce, Orient, Rome, Bordeaux, Ausonius, 2020, p. 95-112, 108-109 et n. 52 pour les références. Pour des représentations de vieilles femmes aux traits simiesques, N. Bernard, « La laideur comme emblème de la vieillesse féminine ? Aristophane et l’émergence d’un modèle comique », Synthèses et hypothèses, 2, 2022, en ligne, § 13.

    8Pour Lucien, De la danse, 75, un corps mince à l’excès paraîtrait squelettique (skeletôdes) et cadavérique (nekrikon).

    9G. Nisbet, « A Sickness of Discourse: The Vanishing Syndrome of λεπτοσύνη », Greece & Rome, 50/2, 2003, p. 191-205, 197-198.

    10C. Laes, « Fatness and Thinness in Graeco-roman Antiquity », Medicina nei secoli, 28/2, 2016, p. 583-658, 599-604, 611. Voir aussi F. Gherchanoc, « De beaux corps, “ni trop maigres”, “ni trop gras”, en Grèce ancienne », in E. Galbois et S. Rougier-Blanc (dir.), op. cit., p. 113-124, 114, 118.

    11Athénée, Banquet des sophistes, XII, 552b.

    12Pour les attaques contre Philippidès (rassemblées par Athénée, Banquet des sophistes, XII, 552d-f), ainsi que pour d’autres exemples de raillerie des maigres, voir C. Laes, « Fatness and Thinness », art. cité ; G. Nisbet, art. cité, p. 192-195.

    13Xénophon, Mémorables, II, 1, 22. Sur les termes polusarkia et hupersarkia, voir K. Karila-Cohen, art. cité.

    14Ces cas sont rassemblés par Athénée, Banquet des sophistes, XII, 549a-550c, qui cite Nymphis (FGrHist 432, fr. 10 : Denys d’Héraclée), Agatharchide (FGrHist 86, fr. 7 : Magas), et Posidonios (FGrHist 87, fr. 6 : Ptolémée VIII ; fr. 26 : Ptolémée X). Pour l’image négative de ces hommes de pouvoir chez Athénée, voir R. Nadeau, « L’obésité chez Athénée : représentation du pouvoir royal à l’époque hellénistique », in C. Grandjean, A. Heller et J. Peigney (dir.), À la table des rois. Luxe et pouvoir dans l’œuvre d’Athénée, Rennes/Tours, Presses universitaires de Rennes/Presses universitaires François-Rabelais, 2013, p. 67-85.

    15R. Nadeau, « Obésité », art. cité, p. 440.

    16P. Christodoulou, « Ptolémée VIII Évergète II – le roi qui aimait son corps », in A. Gangloff et G. Gorre (dir.), Le corps des souverains dans les mondes hellénistique et romain, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2022, p. 331-353.

    17Ibid., p. 339-340. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, XXXIII, 22, 1 ; Strabon, Géographie, XVII, 1, 12, 34-38.

    18Alcée, fr. 429 (éd. G. Liberman). Pour l’excès pondéral du tyran ou de l’autocrate, une image négative courante dans la littérature antique, voir R. Nadeau, « L’obésité chez Athénée », art. cité, p. 69, 82-83.

    19R. Nadeau, « Corpulence », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 167-168.

    20Aristophane, Ploutos, 558-561 (trad. H. van Daele).

    21Plutarque, Apophtegmes des rois et des généraux, 192c-d. Pour d’autres exemples d’hommes inaptes au service militaire en raison de leur poids excessif, consulter C. Laes, « Fatness and Thinness », art. cité, p. 605-606.

    22Platon, République, VIII, 556d.

    23Agatharchide, FGrHist 86, fr. 10 et 11 ; Élien, Histoire variée, XIV, 7. Tous deux mentionnent un certain Naukleidês qui aurait été chassé de l’assemblée spartiate et même menacé d’exil en raison de son obésité.

    24Xénophon, Constitution des Lacédémoniens, V, 8.

    25F. Gherchanoc, « Des beaux corps », art. cité, p. 119.

    26Par exemple, Aristophane, Les Grenouilles, 1089-1098.

    27Athénée, Banquet des sophistes, XII, 549c, e. Pour la notion de honte, consulter R. Nadeau, « L’obésité chez Athénée », art. cité, p. 70-71, 74.

    28H. Heinen, « Aspects et problèmes de la monarchie ptolémaïque », Ktèma, 3, 1978, p. 177-199, 189-191 et n. 29.

    29Justin, Abrégé des Histoires Philippiques de Trogue Pompée, 38, 8, 8-11.

    30Xénophon, Le Banquet, II, 17-19. Toutefois, pour Platon (République, V, 452a-b), les vieillards qui s’exercent encore au gymnase, ridés et désagréables à voir, sont ridicules, comme le seraient des femmes et surtout des vieilles femmes. Notons que les acteurs comiques portaient des costumes rembourrés qui exagéraient les rondeurs : R. Nadeau, « Maigreur », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 365-367 ; A. Piqueux, « Rembourrages et image du corps dans la comédie ancienne et moyenne : témoignages archéologiques et textes comiques », in F. Prost et J. Wilgaux (dir.), Penser et représenter le corps dans l’Antiquité, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006, p. 133-150.

    31Voir les sources que mentionne C. Laes, art. cité, p. 625-627. Pour les traitements amincissants, voir H. Christopoulou-Aletra et N. Papavramidou, « Methods Used by the Hippocratic Physicians for Weight Reduction », World Journal of Surgery, 28, 2004, p. 513-517 ; « Greco-Roman and Byzantine Views on Obesity », Obesity Surgery, 17, 2007, p. 112-116 ; « Management of Obesity in the Writings of Soranus of Ephesus and Caelius Aurelianus », Obesity Surgery, 18, 2008, p. 763-765. Notons que l’excès de poids n’était pas toujours critiqué par les médecins : J. Wilkins, « Le corps gourmand dans la comédie attique », in K. Karila-Cohen et F. Quellier (dir.), op. cit., p. 247-254.

    32Cyranides, II, 41, 26-27 (éd. D. Kaimakis).

    33M. Vespa, art. cité, p. 103. Plutarque, Vie d’Agésilas, II, 3. Selon Héraclide de Lembos, fr. 2 (FHG), la femme était laide (aischra) et riche.

    34Homère, Iliade, II, 216 (trad. P. Mazon, CUF) ; pithêkomorphos chez Eustathe, Commentarii ad Homeri Iliadem, I, 317, 23 (éd. M. van der Valk). Pour d’autres sources associant Thersite au singe ou qualifiant des personnes de petite taille de « singes », voir M. Vespa, art. cité, p. 103, n. 29.

    35V. Dasen, « Nains et Pygmées. Figures de l’altérité en Égypte et Grèce anciennes », in F. Prost et J. Wilgaux (dir.), op. cit., p. 95-113, 102.

    36Pour les sources, consulter S. Dalmon, « Priape », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 520-521 ; M. Olender, « La laideur d’un dieu », Les Cahiers du Centre de recherches historiques, 24, 2000, en ligne ; « Priape le mal taillé », in C. Malamoud et J.-P. Vernant (dir.), Corps des dieux, Paris, Gallimard, 1986, p. 519-539.

    37Xénophon, Économique, X, 2-3.

    38Aristophane, Les Oiseaux, 1377 ; Athénée, Banquet des sophistes, XII, 551d. C. Laes, art. cité, p. 600.

    39L. Bodiou et V. Mehl, « Peau », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 473-474. A. Grand-Clément, La fabrique des couleurs. Histoire du paysage sensible des Grecs anciens (viiie s.-début du ve s. av. n. è.), Paris, De Boccard, 2011, p. 35.

    40L. Renaut, « Marquage tégumentaire », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 382-385. A. Grand-Clément, « Teint », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 607-611.

    41F. Gherchanoc, « La carnation naturelle et “jaunâtre” de Phryné. Du bon teint en Grèce ancienne », in V. Boudon-Millot et M. Pardon-Labonnelie (dir.), Le teint de Phrynè. Thérapeutique et cosmétique dans l’Antiquité, Paris, De Boccard, 2018, p. 181-196, 192.

    42Alexis, fr. 167, 8-9 (éd. C. Austin et R. Kassel).

    43Par exemple, Aristophane, Les Nuées, 1016-1020, 1112. Pour d’autres instances, voir F. Gherchanoc, « La carnation », art. cité, p. 185, n. 14. Notons toutefois que certains philosophes, dont Socrate, étaient réputés pour leur santé florissante : N. Davieau, « Philosophe », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 488-490.

    44Scholies à Aristophane, Les Oiseaux, 1378 (éd. D. Holwerda). En effet, Lysias, fr. 195 (éd. C. Carey), mentionne que Cinésias souffrait d’une maladie chronique. C. Laes, art. cité, p. 600.

    45P. Brulé, Le sens du poil (grec), Paris, Les Belles Lettres, 2015, p. 411-413. Pour les canéphores : Aristophane, Les Oiseaux, 1549-1551 et scholies 1551a-b (éd. D. Holwerda).

    46P. Birchler Émery, « Entre vieux sages et mendiants émaciés : la mise en images de la vieillesse en Grèce archaïque », Cahiers des études anciennes, 55, 2018, p. 37-64, 61 et « Du vieillard au satyre : une histoire tirée par les cheveux », Mediterranean Archaeology, 27, 2014, p. 31-36, 36 ; A. Grand-Clément, op. cit., p. 209-211.

    47Archiloque, fr. 188 (éd. M. L. West) ; trad. A. Grand-Clément, op. cit., p. 210, légèrement modifiée. Voir également Sapphô, fr. 58, 13-14 (éd. E. Lobel et D. L. Page).

    48Anacréon, fr. 432a-b (éd. D. L. Page) ; trad. P. Birchler Émery, « Vieillards et vieilles femmes en Grèce archaïque : de la calvitie et des rides », in V. Dasen et J. Wilgaux (dir.), Langages et métaphores du corps dans le monde antique, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 61-72, p. 65, n. 13.

    49Par exemple, Aristophane, L’Assemblée des femmes, 878, 904, 929, 1072. Galien (Médicaments composés selon les lieux, I, 3, éd. C. G. Kühn, XII, 446-447), mentionne les chapitres que Criton – le médecin de Trajan – avait consacrés aux traitements contre les rides et aux illuminateurs de teint dans ses quatre livres sur la cosmétique. Sur les sources antiques traitant des produits cosmétiques, voir É. Prioux, « Fards et cosmétiques dans les sources littéraires antiques », in I. Bardiès-Fronty, M. Bimbenet-Privat et P. Walter (dir.), Le bain et le miroir. Soins du corps et cosmétiques de l’Antiquité à la Renaissance, Paris, Gallimard, 2009, p. 35-40. Sur la composition des produits de maquillage, consulter P. Walter et al., « Les matières de la beauté », Le bain et le miroir, op. cit., p. 41-46.

    50N. Bernard, art. cité, § 10 ; B. Grillet, Les femmes et les fards dans l’Antiquité grecque, Paris, Éditions du CNRS, 1975, p. 102-103. Pour les parfums, par exemple, Archiloque, fr. 237 (éd. F. Lasserre) ; N. Kei, « Onction », in L. Bodiou, V. Mehl (dir.), op. cit., p. 447-449.

    51F. Gherchanoc, « Fard », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 247. Pour l’artifice trompeur du maquillage qui ne produit qu’une beauté empruntée : Platon, Gorgias, 465b.

    52Xénophon, Économique, X, 2-8. Alciphron, Lettres de pêcheurs, de paysans, de parasites et d’hétaïres, II, 8. Clément d’Alexandrie, Le Pédagogue, III, 2, 6, 2, qui cite un fragment de Ménandre (fr. 679 [éd. A. Körte et A. Thierfelder]), selon lequel la teinture capillaire ne convient pas à une honnête femme, ajoute qu’il ne lui convient pas non plus de se farder. Pour la mauvaise réputation des fards et de celles qui les utilisaient, voir B. Grillet, op. cit., p. 100-101. Pourtant, dans un épisode célèbre, la belle courtisane Phrynè se distingue justement de ses camarades parce qu’elle n’use pas de fard : Galien, Exhortation à l’étude de la médecine, X, 7-8 (éd. V. Boudon). Notons, toutefois, que les femmes « honnêtes » en faisaient également usage (B. Grillet, op. cit., p. 103-105). Les canéphores, des jeunes filles de citoyens en âge d’être mariées, ont les visages blanchis de poudre chez Aristophane, L’Assemblée des femmes, 732.

    53Lysias, Sur le meurtre d’Ératosthène (I), 14. Voir P. Brulé, op. cit., p. 229, 233, et la contribution de Véronique Mehl (« Les formes s’effaçaient… »), dans cet ouvrage, p. 105, n. 62.

    54Voir F. Gherchanoc, « Maquillage », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 371-373.

    55Douris de Samos, FGrHist 76, fr. 10.

    56Élien, Histoire variée, XII, 1, 1-23 (éd. R. Herscher). Sur cette histoire, consulter la contribution de Typhaine Haziza, p. 65-66. Pour les anomalies cutanées : V. Dasen, « Anomalie cutanée », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 46-49. Pour un remède destiné à combattre les cicatrices et les taches de la peau, voir Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXXIII, 110. En effet, les cicatrices situées au visage assimilaient leur porteur aux esclaves marqués : C. Baroin, « Cicatrice », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 141-144 ; supra, n. 40.

    57Dioscoride, Matière médicale, II, 80, 6 ; Galien, Facultés des médicaments simples, X, 29 (éd. C. G. Kühn, XII, 308). A. Ricciardetto, « L’utilisation thérapeutique et cosmétique des produits tirés des crocodiles », in V. Boudon-Millot et M. Pardon-Labonnelie (dir.), op. cit., p. 51-75, 60.

    58Cyranides, ΙΙ, 33, 17-18 et IV, 2, 2-3 (éd. D. Kaimakis).

    59Il s’agit de petits lézards, le stellion ou le varan : A. Ricciardetto, « L’utilisation thérapeutique », art. cité, p. 52, qu’on consultera également sur l’utilisation de cet ingrédient par les médecins antiques contre divers types de dermatose (p. 58-59).

    60Cyranides (éd. D. Kaimakis), II, 22, 12-13 (crocodile) ; II, 39, 3-5 (taureau) ; IV, 36, 8 (escargot) ; autres ingrédients : III, 37, 17-19 ; 39, 12-13.

    61P. Brulé, op. cit., p. 415 et p. 413.

    62P. Brulé, « Poil », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 501-503. Aristophane (L’Assemblée des femmes, 721-724), note l’inégalité sociale entre femmes libres et esclaves : ces dernières ne devraient s’épiler le pubis que pour des esclaves ; P. Brulé, op. cit., p. 425. D. Lavergne (« L’épilation féminine en Grèce ancienne », in L. Bodiou et al., Parures et artifices : le corps exposé dans l’Antiquité, Paris, L’Harmattan, 2011, p. 99-110, 106), interprétant le passage différemment, considère que les épouses réclament un monopole sur l’épilation.

    63P. Brulé, « Les codes du genre et les maladies de l’andréia : rencontres entre structure et histoire dans l’Athènes classique », La Grèce d’à côté. Réel et imaginaire en miroir en Grèce antique, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007, p. 103-120, 105-110 ; Le sens du poil, op. cit., p. 107-108 ; D. Lavergne, « Épilation », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 221-224.

    64P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 411.

    65Par exemple, Aristophane, L’Assemblée des femmes, 12-13 (lampe) ; 60 (rasoir) ; Lysistrata, 89 et 151 (doigts) ; Pollux, Onomasticon, VII, 165 (emplâtre de poix). Pour les diverses techniques, consulter P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 426-428.

    66P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 425-426. Plusieurs recettes de substances dépilatoires sont mentionnées par Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXVIII, 111 ; XXXII, 136. Pour une recette destinée à empêcher les poils arrachés de repousser, voir les Cyranides, IV, 61, 6-7 (éd. D. Kaimakis).

    67D. Lavergne (« L’épilation féminine », art. cité, p. 106-107), suggère que l’épilation du pubis était requise pour les femmes mariées, mais ni pour les jeunes filles nubiles ni pour les hétaïres.

    68Voir des termes comme kalliplokamos, « aux belles boucles » (Hésiode, fr. 26, 10 ; 129, 18 ; 180, 7 [éd. R. Merkelbach et M. L. West]), ou poluthrix, « à la chevelure abondante » (Anthologie palatine, VI, 276). Les beaux paides (comme Narcisse) devaient avoir une chevelure abondante, comme les femmes : Philostrate, La Galerie des tableaux, I, 23, 5 ; P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 443-444. Négliger sa chevelure est un signe de laideur associé au deuil : Artémidore, La Clef des songes, I, 19 (27), considère que les cheveux longs et négligés vus en rêve annoncent la mort et le chagrin (pour l’ablation capillaire lors du deuil, consulter P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 229-230, 232-233). D’autre part, la fréquentation trop assidue des boutiques des barbiers serait un signe d’oisiveté et peut-être aussi d’effémination : L. Bodiou et V. Mehl, « Barbier », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 85-86.

    69La calvitie des poètes, philosophes ou artisans marquerait plutôt leur appartenance à une génération plus ancienne et leur expérience : P. Birchler Émery, « Du vieillard au satyre », art. cité, p. 31-32.

    70Cela serait d’ailleurs corroboré par le fait que les eunuques ne deviennent jamais chauves ni aucune personne avant le commencement de sa vie sexuelle : Aristote, Histoire des animaux, III, 11, 518a29-31 et IX, 50, 632a4 ; Pline, Histoire naturelle, XI, 131. Pour les satyres, notons le jeu de mots entre phallos et phalakros (qui désigne le chauve mais qui peut aussi être compris comme l’akron, l’extrémité du phallus) : P. Voelke, Un théâtre de la marge. Aspects figuratifs et configurationnels du drame satyrique dans l’Athènes classique, Bari, Levante editori, 2001, p. 213-214 ; F. Lissarrague, La cité des satyres. Une anthropologie ludique, Paris, Éditions de l’EHESS, 2013, p. 55. P. Birchler Émery (« Entre vieux sages et mendiants émaciés », art. cité, p. 48-49), considère que la perte de la puissance sexuelle et procréatrice entraînait la perte du pouvoir social ; sur ce schéma contredit par les images, voir la contribution de Dimitris Paléothodoros, p. 116-117 ; consulter également N. Bernard, Être vieux dans le monde grec de Solon à Philopœmen, vie-iie siècles a.C., Bordeaux, Ausonius, 2023, p. 221-262.

    71Aristote, Histoire des animaux, III, 11, 518b24-25 ; De la génération des animaux, IV, 5, 774a35-774b3 ; Problèmes, IV, 18 et 31.

    72Aristophane, Les Nuées, 540. P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 104-105.

    73Galien, Médicaments composés selon les lieux, I, 2 (éd. C. G. Kühn, XII, p. 408, 10 ; 416, 9-10). Sur les recettes rapportées par Galien pour l’épaississement des cheveux et contre la calvitie, consulter V. Boudon-Millot, « Fards et teintures capillaires : la médecine galénique entre cosmétique et commôtique », in L. Pardon-Labonnelie (dir.), La coupe d’Hygie. Médecine et chimie dans l’Antiquité, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2013, p. 17-32, 23-24.

    74Cyranides (éd. D. Kaimakis), II, 26, 3-4 (rat) ; II, 39, 25-26 (taureau) ; II, 38, 15-16 (bouc) ; 41, 5-6 (phoque) ; III, 33, 4-5 (moineau) ; IV, 17, 6-7 (oursin). Poissons : ibid., IV, 24, 3-4 ; 41, 2-3 ; 63, 2-5 ; 69, 3. Certains ingrédients étaient même utilisés contre les pellicules (III, 34, 6-7 ; IV, 69, 3), ou pour faire repousser les cheveux (IV, 55, 4-6).

    75Ésope, Fables, 343 ; Anthologie palatine, VI, 211 ; Lucien, Dialogues des courtisanes, V, 3. N. Matthieu, « Calvitie », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 112-114. Pour les perruques particulièrement appréciées à l’époque romaine et les empereurs qui en portaient, consulter D. Lavergne, « Perruque », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 481-482 ; E. Bartman, « Hair and the Artifice of Roman Female Adornment », American Journal of Archaeology, 105/1, 2001, p. 1-25, 15.

    76Pour Galien, Art médical, XIV, 5 (éd. V. Boudon), les cheveux blonds et moyennement frisés caractérisent le tempérament justement équilibré. Pour le rapport entre la couleur des cheveux et le tempérament du cerveau chez Galien, voir V. Boudon-Millot, « Fards et teintures capillaires », art. cité, p. 19-20. Le beau Ganymède était blond (Hymne homérique à Aphrodite, I, 202-203), tout comme Achille, Athéna, Artémis, les Charites et les Heures, Éros, etc. : P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 440, 450-451, 456 ; A. Grand-Clément, op. cit., p. 306-316 ; D. Lavergne, La chevelure sacrée : pilosité, religion et société dans l’antiquité, thèse de doctorat, université Aix-Marseille 1 – université de Provence, 2006, vol. 1, p. 88-97. Notons encore que les masques des dieux étaient garnis de cheveux blonds selon Pollux, Onomasticon, IV, 136.

    77D. Lavergne, « Blond », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 102-103. Notons la laideur de Cléon, un roux à l’odeur nauséabonde (Aristophane, La Paix, 754-760 ; Les Guêpes, 1030-1036), puanteur justement renforcée par sa rousseur (V. Mehl, « Puanteur », in L. Bodiou et V. Mehl [dir.], op. cit., p. 528-529). Chez le Pseudo-Aristote (Physiognomonica, 812a, 16), les roux sont considérés comme malfaisants. Il existait pourtant des faux cheveux roux : Anthologie palatine, VI, 211 (épigramme de Léonidas de Tarente, iiie siècle av. J.-C.).

    78Par exemple, Anacréon, fr. 358, 6-7 (éd. D. A. Campbell) ; Aristote, De la génération des animaux, V, 4, 784b19-21. Il existait pourtant des amants qui n’étaient pas détournés par quelques cheveux blancs : Anthologie palatine, V, 48 (épigramme de Rufin).

    79Cyranides, II, 8, 11-12 (éd. D. Kaimakis).

    80Anthologie palatine, XI, 408. Pour les recettes de teintures capillaires chez Galien, voir V. Boudon-Millot, « Fards et teintures capillaires », art. cité, p. 23-26. Sur la composition des teintures, consulter P. Walter et al., « Les matières de la beauté », art. cité.

    81Élien, Histoire variée, VII, 20.

    82Cyranides (éd. D. Kaimakis), II, 40, 29-30 (taureau) ; III, 10, 6-7 (chouette) ; III, 36, 30-31 (cigogne) ; III, 50, 27 (hirondelle).

    83Éros lui-même usait de teintures capillaires : Euripide, Danaé, fr. 322 (éd. A. Nauck). Selon Photius, s.v. thapsos, Sapphô (fr. 210 [éd. E. Lobel et D. L. Page]) connaissait déjà le fustet (thapsos, Rhus cotinus), qui permettait de teindre en jaune tant la laine que les cheveux (voir également Hésychius, s.v. thapsinon). La blondeur embellit, d’où le verbe xanthizesthai, « blondir, embellir sa chevelure » : Hésychius, s.v. ; Souda, s.v. ; Photius, s.v. Toutefois, selon Ménandre (fr. 679 [éd. A. Körte et A. Thierfelder]), une femme honnête ne devrait pas teindre ses cheveux en blond. Consulter D. Lavergne, « Teinture », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 611-612.

    84Anthologie palatine, XI, 398.

    85Pour les soins de la barbe, voir P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 11, 432. Pour une recette destinée à redresser les poitrines tombantes : Cyranides, III, 38, 13-15 (éd. D. Kaimakis).

    86M. Vespa, art. cité, p. 102, n. 26, 103-104.

    87Pour les jambes torses, boiteuses ou cagneuses provoquant les railleries, voir par exemple Aristote, Rhétorique, III, 12, 1413a13 ; Homère, Iliade, I, 599-600 ; Platon le Comique, fr. 200 (éd. C. Austin et R. Kassel). J. Peigney, « Boiterie », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 104-105 ; F. Yche-Fontanel, « Les boiteux, la boiterie et le pied dans la littérature grecque ancienne », Kentron, 17/2, 2001, p. 65-90, 87-89.

    88C. Husquin, « Gibbosité », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 293-294.

    89Dans la scholie à Aristophane, L’Assemblée des femmes, 617 (éd. R. F. Regtuit), les phauloterai kai simoterai, « les plus insignifiantes et les plus camardes », sont expliquées par « les laides » (amorphoi). Anasimon, « au nez camus et retroussé vers le haut », est également expliqué par amorphon (ibid., 940 ; Souda, s.v.). Marco Vespa (« La forme animale », art. cité, p. 108), associe nez camards et traits simiesques.

    90L’un des traits enlaidissant Socrate selon Xénophon, Le Banquet, V, 7, qui avait aussi un nez camus (ibid., V, 6).

    91V. Mehl, « Puanteur », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 528-529 ; « Des Lemniennes à Philoctète : puanteurs, punitions divines et châtiment social en Grèce ancienne », in L. Bodiou, V. Mehl et M. Soria (dir.), Corps outragés, corps ravagés. Regards croisés de l’Antiquité au Moyen Âge, Turnhout, Brepols, 2011, p. 263-278. Voir l’article de Petra Pakkanen dans ce volume, p. 79-92.

    92Une caractéristique d’Ésope : infra, n. 103.

    93Cyranides (éd. D. Kaimakis), III, 42, 8-9 (paon) ; 2, 14-18 (alcyon) ; 40, 2 (pinson).

    94M. Vespa, « La forme animale », art. cité, p. 95.

    95Dans les traités de physiognomonie l’on tenait compte de chaque marqueur de laideur, les défauts physiques révélant les troubles de l’âme : J. Wilgaux, « Physiognomonie », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 493-496 ; « La physiognomonie antique : bref état des lieux », in V. Dasen et J. Wilgaux (dir.), op. cit., p. 185-195.

    96A. Delahaie, « Thersite », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 613-616.

    97Iliade, X, 317.

    98Plutarque, Vie d’Agésilas, XXX, 4 : les « trembleurs » qui s’étaient montrés lâches à la bataille, étaient obligés de se raser un seul côté de la barbe, ainsi que de porter une tenue sale et misérable, pour manifester par leur aspect leur déchéance civique.

    99N. Bernard, « Âge disqualifiant. Incidences du vieillissement féminin dans la comédie ancienne », in M. Daumas et N. Mékouar-Hertzberg (dir.), La Misogynie. Des vestiges du passé aux combats d’aujourd’hui, Berne/Berlin, Peter Lang, 2016, p. 41-61.

    100Xénophon, Économique, IV, 2-3 ; Platon, République, VI, 495d-e ; Aristophane, L’Assemblée des femmes, 385-387. Notons toutefois que l’image négative du corps artisan véhiculée par les intellectuels ne correspond pas à celle des représentations figurées : N. Kei, « Artisan (Grèce) », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 57-59 ; P. Birchler Émery, « Du banausos au technitês », in M. Seifert (dir.), Komplexe Bilder, Berlin/Bâle, Leonhard/Hurneysser, 2008, p. 29-33, 29.

    101Sur le portrait de Socrate, représenté comme un satyre, chauve, au nez camus et au visage épaté, consulter P. Zanker, The Mask of Socrates: The Image of the Intellectual in Antiquity, Berkeley/Los Angeles/Oxford, University of California Press, 1995, p. 32-39 ; F. Lissarrague, « Socrate », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 575-577. Voir aussi, dans ce volume, la contribution de Philippe Borgeaud, p. 51-52.

    102A. Tsakmakis, « Miracles in Greek Biography », in M. Gerolemou (dir.), Recognizing Miracles in Antiquity and Beyond, Berlin/Boston, De Gruyter, 2018, p. 327-351, 332.

    103Ésope est en effet décrit comme bedonnant, cagneux, camus, courtaud, etc. : C. Jouanno, « Ésope, ou le portrait d’un anti-héros ? », Kentron, 19, 2003, p. 51-69 ; F. Lissarrague, « Aesop, Between Man and Beast: Ancient Portraits and Illustrations », in B. Cohen (dir.), Not the Classical Ideal. Athens and the Construction of the Other in Greek Art, Leyde/Boston/Cologne, Brill, 2000, p. 132-149.

    104R. Nadeau, « Mensuration », art. cité, p. 401.

    105Notons par exemple l’exigence d’intégrité corporelle et de bonne santé pour les prêtres : J. Wilgaux, « Hugiês kai holoklaros. Le corps du prêtre en Grèce ancienne », in P. Brulé (dir.), La norme en matière religieuse en Grèce ancienne, Kernos, suppl. 21, 2009, p. 231-242 ; « Intégrité », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 337-338 et « Norme », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 427-430. En effet, tout défaut physique serait associé à un manquement envers les dieux et empêcherait l’accomplissement correct des rituels.

    106Aristophane, Ploutos, 558-561.

    107Tzetzès, Chiliades, 729. J.-P. Vernant, « Ambiguïté et renversement. Sur la structure énigmatique d’Œdipe-Roi », in J.-P. Vernant et P. Vidal-Naquet, Œdipe et ses mythes, Paris, Complexe, 1988, p. 40.

    108Sur Priape, consulter la contribution de Philippe Borgeaud dans ce volume, p. 41-59.

    109V. Mehl, « Échelle de perfection », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 203-204. Sur le rôle puissamment normatif joué par les animaux dans la structuration esthétique, voir M. Vespa, « La forme animale », art. cité, p. 96. Notons que selon les traités de physiognomonie, les humains qui ressemblent à tel animal possèdent aussi son caractère : J. Wilgaux, « Physiognomonie », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 493-496 et « Gourmands et gloutons dans les sources physiognomoniques antiques », in K. Karila-Cohen et F. Quellier (dir.), op. cit., p. 23-36.

    110Le cas du singe est particulier, car il était lui-même considéré comme une caricature de l’humain : J. Trinquier, « Les animaux, caricatures de l’homme ? Le cas exemplaire du singe », in A. Gangloff, V. Huet et C. Vendries (dir.), La notion de caricature dans l’Antiquité, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2021, p. 91-138. Ainsi, selon Valérie Huet (« Caricature », in L. Bodiou et V. Mehl [dir.], op. cit., p. 122-124, 122), « caricaturer un homme en singe revient en quelque sorte à proposer une double caricature de l’homme ».

    111J.-N. Allard, « Rire (Grèce) », in L. Bodiou et V. Mehl (dir.), op. cit., p. 547-549.

    112Aristote, Poétique, V, 1449a33-35.

    113J.-N. Allard, « Rire », art. cité, p. 548-549.

    114Pour Démocrite, fr. 68 B 294 (éd. H. Diels et W. Kranz), « la force et la beauté sont les biens de la jeunesse ».

    115La canitie, la calvitie, les rides, le dos voûté, l’extrême maigreur ou l’embonpoint : P. Birchler Émery, « Entre vieux sages et mendiants émaciés », art. cité, p. 41 et « Vieillards et vieilles femmes », art. cité, p. 62.

    116Homère, Odyssée, XIII, 397-402, 429-433.

    117Mimnerme, fr. 5 (éd. M. L. West).

    118Ainsi, des hétaïres vieillissantes, ne supportant plus leur propre reflet, consacrent-t-elles leurs miroirs à Aphrodite dans quelques épigrammes tardives de l’Anthologie Palatine, VI, 18-20.

    119Par exemple, Anthologie palatine, XI, 66-69, 374, 408 ; supra, n. 49. N. Bernard, « Âge disqualifiant », art. cité, p. 42, 52.

    120Notons qu’il existait même des traitements holistiques contre l’âge : Galien (Du marasme, 2, éd. C. G. Kühn, VII, 670-671) mentionne un philosophe, son contemporain, qui aurait écrit un ouvrage sur la façon de rester exempt de vieillesse (agêrôs) pour toujours. Voir V. Boudon-Millot, « La vieillesse est-elle une maladie ? Le point de vue de la médecine antique », Cahiers des études anciennes, 55, 2018, p. 97-127, 110-112.

    121N. C. Stampolidis et I. D. Fappas (dir.), Κάλλος, Η υπέρτατη ομορφιά, catalogue d’exposition, Athènes, musée d’Art cycladique/ministère de la Culture et de l’Athlétisme, 2021, p. 359, no 10. L’ostracon lui-même date de la fin du vie siècle av. J.-C. (musée d’Amphipolis, no inv. C 379).

    122Pierre Brulé (Le sens du poil, op. cit., p. 463-467) montre très bien comment l’apparition de la pilosité sur le corps des garçons est le moment sans retour où ils ne peuvent plus être éromènes.

    123Euripide, Oreste, 126-129. Pour les louanges de la chevelure féminine, consulter P. Brulé, Le sens du poil, op. cit., p. 387, 407-408. Sur l’ablation capillaire féminine infligée comme punition, voir la contribution de Marco Vespa dans ce volume, p. 185.

    124Voir l’introduction de Véronique Mehl et Maria Patera, p. 12, n. 4.

    125Pour l’opposition imagée de la beauté et de la laideur sur le même support, notons une série de vases qui commencent à être produits vers la fin du vie siècle av. J.-C. représentant d’un côté une personne incarnant la beauté et parfois expressément dite belle par des inscriptions, et de l’autre une personne incarnant la laideur (voir par exemple le vase décrit par Dimitris Paléothodoros dans ce volume, p. 128, n. 81).

    126Par exemple, supra, n. 6.

    127Antiphane, fr. 148 (éd. T. Kock) ; trad. B. Grillet, op. cit., p. 103-104.

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    Patera, M. (2026). Signes de laideur et artifices de beauté. In V. Mehl & M. Patera (éds.), Laideurs grecques. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/16936
    Patera, Maria. « Signes de laideur et artifices de beauté ». In Laideurs grecques, édité par Véronique Mehl et Maria Patera. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2026. doi:10.4000/16936.
    Patera, Maria. « Signes de laideur et artifices de beauté ». Laideurs grecques, édité par Véronique Mehl et Maria Patera, Presses universitaires de Rennes, 2026, https://doi.org/10.4000/16936.

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    Mehl, V., & Patera, M. (éds.). (2026). Laideurs grecques. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/1693d
    Mehl, Véronique, et Maria Patera, éd. Laideurs grecques. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2026. doi:10.4000/1693d.
    Mehl, Véronique, et Maria Patera, éditeurs. Laideurs grecques. Presses universitaires de Rennes, 2026, https://doi.org/10.4000/1693d.
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