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    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Préparer la guerre, faire la guerre (1914-1919) La mise en administration de la préparation militaire après-guerre (1920-1926) Le déclin relatif du mouvement préparatiste jusqu’aux années 1930 Notes de bas de page

    Préparer le soldat de demain

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre III. La préparation militaire à l’épreuve de la guerre (1914-années 1930)

    p. 69-90

    Texte intégral Préparer la guerre, faire la guerre (1914-1919) Le choc de la guerre : une complète désorganisation du mouvement préparatiste Une nécessité de guerre ? Une nouvelle tentative de structuration Le retour contrasté des préparatistes La mise en administration de la préparation militaire après-guerre (1920-1926) L’échec de l’instauration de l’obligation : une défaite politique des préparatistes Vers la création d’un Haut-Commissariat à l’éducation physique La création de services départementaux Le déclin relatif du mouvement préparatiste jusqu’aux années 1930 Une reconfiguration conflictuelle du réseau associatif et fédéral Une crise du mouvement préparatiste face aux coupes budgétaires (1924-1926) Quel rattachement ministériel pour le sous-secrétariat de l’éducation physique ? Notes de bas de page

    Texte intégral

    Préparer la guerre, faire la guerre (1914-1919)

    Le choc de la guerre : une complète désorganisation du mouvement préparatiste

    1La guerre des préparatistes est paradoxale. Un mouvement associatif s’est lentement construit, pendant plusieurs décennies, dans le but explicite de militariser la jeunesse, pour augmenter la valeur défensive du pays dans le cas d’un éventuel conflit. Or quand survient la déflagration mondiale, alors que la mise à l’épreuve semble arrivée, l’activité semble se réduire à peau de chagrin. Les sources deviennent si peu nombreuses, en comparaison avec la profusion de documentation pour les années 1900-1910, qu’elles donnent l’impression d’un mouvement quasiment à l’arrêt dans les premiers mois de la guerre. Pourtant, çà et là, des initiatives individuelles, locales, désorganisées, tentent de le faire perdurer. Il est vrai que l’administration militaire a d’autres objectifs plus prioritaires, en pleine bataille de la Marne, à un cheveu de la déroute, que de songer à la formation des classes de conscrits suivantes. Des initiatives ministérielles apparaissent plus tard, notamment à partir de 1916-1917, quand le recrutement devient un problème central dans la conduite de la guerre. D’autre part, le mouvement associatif est, d’une manière générale, complètement désorganisé par la mobilisation, puisque les forces vives, et notamment les instructeurs, partent rejoindre leur régiment. Il ne reste que les plus âgés. La réintégration des fusils par l’armée, prévue de longue date, pose également des difficultés matérielles souvent insurmontables pour les sociétés1. Se pose l’autre difficulté de la pénurie de munitions.

    2Les fédérations sont globalement mises en sommeil, même si la parution d’un bulletin, des initiatives de lobbying et quelques évènements spectaculaires organisés çà et là donnent l’apparence d’une activité continuée. L’USTF lance une enquête à l’été 1916 : sur 2 100 questionnaires envoyés, l’Union ne reçoit que 1 098 réponses de sociétés qui fonctionnent donc encore, au moins administrativement ; seules 692 affirment être capables de donner des cours de préparation militaire, ce qui montre toute l’étendue de la désorganisation du réseau associatif, qui tente malgré tout de persévérer2. Un des éléments qui subsiste est l’organisation de défilés dans la capitale. Le général Galliéni passe en revue les sociétés de préparation militaire à l’École militaire le 5 novembre 1914. L’USPMF maintient sa traditionnelle fête-défilé le 20 juin 1915, aux Tuileries. Les « poilus de demain », venus en 1916 de plusieurs régions (Bordeaux, Bayonne, Troyes, Châlons-sur-Marne), défilent sous l’objectif des caméras de Pathé-Gaumont3, et font la une du journal Excelsior4 :

    Fig. 6. – « Revue des sociétés de préparation militaire ».

    Excelsior, 22 mai 1916.

    3Le 20 mai 1917, le conseil municipal passe en revue un groupe de l’Union de plus de 1 800 élèves, tandis que la fête des Tuileries de juin 1917, sous la présidence du sous-secrétaire de la Guerre Besnard, rassemble une foule importante, selon le bulletin fédéral, dont 3 000 spectateurs dans les tribunes ainsi que 3 000 jeunes5. Mais vu l’ampleur de la guerre, ces défilés sont plutôt une affaire de symbole et de maintien du moral de la population qu’une activité ayant une quelconque utilité pratique. On peut effectivement se demander en quoi la préparation de quelques centaines de recrues aurait pu « modifier le comportement au feu d’une armée moderne6 ».

    4L’entrée en guerre est aussi le moment de la mobilisation de l’école, qui ne fait en réalité que prolonger le mouvement préparatiste d’avant-guerre, en l’adaptant aux conditions du conflit. Des initiatives locales ont lieu en milieu scolaire. L’USPMF organise ainsi dans les lycées parisiens, en plus de la traditionnelle gymnastique, des cours de préparation militaire, dispensés par des moniteurs des pompiers7. Le grand concours de tir scolaire organisé chaque année par l’USTF a également bien lieu en 1915, mais avec seulement 400 écoles participantes contre 2 600 avant le conflit8. Mais « l’effort immédiat, massif et délibéré pour mobiliser les masses enfantines9 » ne semble pas se traduire par la mise en œuvre une politique de préparation militaire spécifique à grande échelle, orchestrée dès le début du conflit par les ministères de l’Instruction et de la Guerre. C’est ce qui ressort de l’organisation du brevet d’aptitude militaire pendant la guerre. Malgré une décision, dès la fin de 1914, de maintenir le brevet, sur le programme initial de l’instruction de 190810, il n’y a pas de BAM normal pour les classes 1915 et 1916, puisque l’un des avantages principaux pour les lauréats – la nomination plus rapide comme sous-officier – rentre en contradiction avec la décision de conditionner la promotion au grade de caporal à un passage préalable au front11. Une décision du ministre de la Guerre en 1915 prévoit, dans le même ordre d’idées, un examen du BAM pour la classe 191712, en précisant bien que le choix de l’arme n’est pas garanti. Le brevet du temps de guerre, passable le deuxième mois de l’incorporation mais sans avantage sur la promotion, est donc un brevet au rabais13. Il est aussi largement diminué dans son ampleur numérique. L’USPMF revendique ainsi, au plus fort de la guerre totale, environ 1 500 brevets pour les années 1915-1916-1917, à mettre en comparaison avec les près de 10 000 lauréats revendiqués pour la seule période allant de janvier à juillet 191414.

    Une nécessité de guerre ? Une nouvelle tentative de structuration

    5Il semble pourtant que l’année 1916 marque une reprise en main de la question de la préparation militaire avec l’arrivée de Galliéni au ministère de la Guerre. Dans le contexte du « moment Verdun15 », étape importante dans le processus de totalisation du conflit par l’ampleur de la bataille, de nouveaux problèmes se posent, du point de vue sanitaire et du point de vue du recrutement. Dès janvier 1916, un document de travail circule à la direction de l’infanterie pour envisager l’instauration de « l’éducation physique obligatoire16 », en s’appuyant sur les associations préparatistes. L’obligation concerne tous les jeunes gens valides âgés de plus de seize ans, sur la base d’exercices « donnés au moins pendant deux jours de la semaine à raison de une heure par jour et le dimanche pendant deux heures », sous la direction d’anciens sous-officiers, d’instituteurs ou de gendarmes. Des contraventions sont prévues pour les jeunes récalcitrants. Les réflexions des services ministériels, en coordination avec le milieu associatif, aboutissent au dépôt d’un projet de loi au Sénat au printemps 1916, en particulier via l’initiative d’Henry Chéron, qui s’affirme encore davantage comme un personnage central sur ces questions17. Le texte prévoit que « la préparation militaire est obligatoire pour tous les jeunes Français valides âgés de seize ans révolus. Ils reçoivent cette préparation jusqu’à leur incorporation », avec « pour préliminaire le développement physique de la jeunesse avant 16 ans ». Cette formation doit avoir lieu notamment dans les établissements scolaires, les sociétés agréées et à défaut « dans des centres d’instruction, organisés par le ministre de la Guerre dans chaque subdivision de région, en nombre suffisant pour mettre la préparation militaire à la portée de tous18 ». Les débats ont lieu au Sénat dès juillet 1916. « En orientant les jeunes gens vers les sports », déclare Henry Chéron, « nous sommes sûrs que nous les éloignons de la débauche et de l’alcoolisme ». Il évoque longuement le développement d’une politique de préparation militaire dans le camp allemand19. Le texte est voté à l’unanimité20. Une commission ministérielle est nommée, regroupant sous la direction de militaires tous les dirigeants préparatistes et sportifs (CNS, UVF, USFSA), pour travailler à la préparation du décret d’application. Elle se réunit dans des séances bihebdomadaires de juillet à novembre 191621.

    6Il faut mesurer l’ampleur d’un tel projet – des adolescents contraints chaque semaine à des exercices physiques et militaires – qui semble faire consensus, au moins sur le principe. La guerre semble un moment opportun pour concrétiser ce projet qui circule depuis plusieurs décennies. Néanmoins, si la proposition de loi est déposée à la Chambre, elle est manifestement enterrée et jamais soumise au vote22. Une note pour le cabinet du ministre datée de janvier 1916 éclaire les raisons de ce choix. Le projet est présenté comme utile, et « s’adapte exactement à l’organisation actuelle de la préparation militaire », mais c’est l’impossibilité pratique de le mettre en œuvre qui fait obstacle. Le document pointe notamment les problèmes posés par l’éloignement des centres d’instruction pour les jeunes ruraux, le manque d’instructeurs, le rôle essentiel des jeunes hommes non mobilisés dans les travaux des champs, et la « répercussion financière très considérable23 » estimée à une dizaine de millions de francs. En revanche, l’instruction physique, comme l’affirme la direction de l’infanterie dans un document, « répond à un des besoins essentiels de l’armée » et devient un enjeu crucial dans le contexte plus large du manque de troupes. Une commission technique pour améliorer la préparation militaire est ainsi nommée le 9 juillet 1916. Trois circulaires parues en 1917 résultent de cette réorganisation. L’école de Joinville joue un grand rôle dans ce processus de renouvellement. Elle avait fermé ses portes en août 1914, faute de personnel. L’école rouvre néanmoins le 8 mai 1916 sous le nom de Centre d’instruction physique (CIP). Deux instructions ministérielles de 1917 définissent précisément le rôle de Joinville et des 22 CIP régionaux qui sont créés. Des directions régionales de l’instruction physique sont rattachées aux commandants des régions militaires, pour organiser et encourager la préparation militaire24. Des Centres régionaux de rééducation physique et militaire (CRPM) sont également mis en place, pour prendre en charge les blessés. En 1920, il existe 30 structures de ce type, au moins une par région militaire25.

    7Sur le terrain, le contact avec la guerre moderne produit un renouvellement des pratiques. Un nouveau « guide pratique d’éducation physique » est publié fin 1916 à Joinville26. L’intérêt accru de l’armée française pour le sport, sur le modèle britannique, est manifeste. Il y a un véritable tournant en septembre 1917, quand l’armée commande 5 000 ballons de football27. Cet élan sportif des militaires se poursuit après la guerre, comme le montre l’action du colonel Sée à Joinville en 1919, qui organise la préparation des 120 athlètes pour les jeux interalliés, et met en place des démonstrations sportives28. Une note du ministère de la Guerre du 15 mars 1920 intitulée « éducation et instruction physique dans les corps de troupe » recommande la formation d’officiers à Joinville, puis dans les régiments : « tous les lieutenants et sous-lieutenants, tous les sous-officiers devront être aptes à remplir les fonctions de capitaine d’équipe de foot-ball et à diriger l’équipe de leur section ou demi-section dans les divers championnats ou concours29 ». Un décret du 20 février 1920 institue une section d’instruction physique au ministère de la Guerre. En août, une circulaire vise à encourager les sports et les jeux régionaux dans l’armée, puisque « nos alliés nous ont conquis à la pratique de certains de leurs jeux et sports spéciaux » ; mais, précise le texte, « l’introduction de ces jeux étrangers ne doit pas conduire à délaisser les sports et jeux français jadis en honneur dans chacune de nos provinces. Nés des besoins physiologiques de la race ou adaptés à ces besoins, ils constituent une partie des traditions qui lui donne un caractère propre30 ».

    8Cette inflexion athlétique de l’instruction physique dans l’armée se traduit par une réforme du brevet de préparation militaire, qui se transforme progressivement à partir de 1916. Un nouveau « Certificat de préparation militaire » (CPM) est institué, ainsi que des brevets de spécialités31. En réalité, il est scindé en deux niveaux – l’application de cette mesure divisait les milieux préparatistes depuis le début des années 1900. Au certificat de préparation au service militaire (CPSM), peut s’ajouter un des brevets de spécialités (BS), comme celui de grenadier classé, d’éclaireur-agent de liaison, de cycliste, de gymnaste classé, ou du brevet de sports athlétiques (sur des épreuves de 100 m, 1 500 m, 200 m-haies, lancer de poids). Il est aussi créé un diplôme de moniteur (DM) pour former des soldats capables ensuite de devenir eux-mêmes des moniteurs dans les régiments. 12 des 16 épreuves du CPSM relèvent de l’instruction physique : une marche, quatre sauts, deux courses, un grimper, un lancer, un lever, une nage facultative et une épreuve de tir. Les candidats passent enfin quatre autres épreuves théoriques, une « d’éducation morale » et trois épreuves d’éducation militaires élémentaires.

    Le retour contrasté des préparatistes

    9La guerre a donc un aspect paradoxal pour les préparatistes, puisque la préparation militaire a été largement mise en sommeil pendant le conflit, malgré des tentatives de réorganisation. Mais la victoire leur donne une nouvelle légitimité :

    « Les préparatistes, les gymnastes, les tireurs ont la satisfaction de pouvoir penser, devant ce résultat qui renouvelle la France, que le laurier de la victoire étend son ombre glorieuse sur leurs efforts d’autrefois32. »

    10La fin de la guerre donne aussi l’occasion aux fédérations préparatistes d’organiser de grandes manifestations pour célébrer l’armistice. La fête fédérale de l’USGF se tient symboliquement à Nancy le 30 juin 1919. Pour l’occasion, une statue du « gymnaste de la victoire » est inaugurée33 – statue qui s’effondre dans les jours suivants à cause d’un défaut de conception34. Cette célébration de la victoire en général et des mérites des préparatistes en particulier, se traduit également par une certaine reconnaissance publique, déjà largement acquise avant-guerre, mais qui semble s’amplifier. Le congrès de l’USGF de 1920 est ainsi présidé par le maréchal Pétain lui-même35. L’USPMF, transformée en « Union des sociétés d’éducation physique et de préparation au service militaire » (USEPPSM), est reconnue d’utilité publique par un décret du 2 août 192236. La fédération Lattès, lors de ses congrès annuels dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, peut se targuer de recevoir, le 29 décembre 1918, en plus de Poincaré, les présidents des deux Chambres, trois ministres, une dizaine d’ambassadeurs, une dizaine de parlementaires, le gouverneur militaire de Paris, et toute l’élite des fédérations sportives et préparatistes37. La fête suivante, le 6 février 1921, regroupe trois ministres, les présidents des deux Chambres, une douzaine de parlementaires, le maréchal Joffre et plus d’une trentaine de généraux38.

    11Malgré cette aura nouvelle, la guerre a été une épreuve pour les préparatistes. Il a fallu tenir son rôle, à l’image Charles Cazalet, qui sort de la guerre couvert de décorations malgré son âge, tout en ayant perdu au front son fils unique. Adolphe Chéron, plus jeune, vit une guerre en demi-teinte, puisqu’il est affecté à l’arrière avant d’être fait prisonnier en 1915, ce qui ne l’empêche pas d’être élu député en 1919. Le mouvement préparatiste est aussi décimé par le conflit, comme c’est le cas, plus largement, d’une bonne partie des mouvements associatifs. La mémoire de la guerre est donc omniprésente au retour des préparatistes et se ritualise peu à peu. Les cérémonies aux monuments aux morts deviennent des éléments centraux de la vie associative, dans les villages comme à Paris : la tombe du soldat inconnu devient un passage obligé pour les grandes fêtes fédérales annuelles. Les anciens combattants sont aussi régulièrement intégrés aux sociétés, afin de profiter de leur expérience, même s’ils n’en faisaient précédemment pas partie. La mémoire de guerre devient un outil pédagogique, qui fonctionne particulièrement sur le ressort de la culpabilisation. Le directeur général de l’USEPPSM en appelle aux adhérents pour organiser la grande fête fédérale annuelle en 1921 : « allons, chers amis, le poilu, du haut de son dernier observatoire, a les yeux fixés sur vous ; il vous voit, et vous dit : ai-je hésité moi39 » ?

    La mise en administration de la préparation militaire après-guerre (1920-1926)

    L’échec de l’instauration de l’obligation : une défaite politique des préparatistes

    12Avec l’élection de la Chambre « bleu horizon », en 1919, les préparatistes du Parlement et du mouvement associatif nourrissent l’espoir de faire aboutir l’organisation d’une préparation militaire étatisée et obligatoire, en prolongeant la dynamique initiée durant le conflit. Une forte activité législative se déploie dans les années 1919-1922, animée notamment par les députés Henry Paté et Adolphe Chéron, et par Henry Chéron au Sénat. Un premier projet de loi sur l’obligation de l’éducation physique est déposé à la Chambre le 23 mai 1919 par Henry Paté. Il ne s’agit pas seulement de la préparation au service militaire, mais d’un élément d’une politique hygiéniste plus large : « pas de bataillons scolaires ! mais du grand air, de l’hygiène, du sport, de l’exercice qui trempe le corps ». « S’il n’y avait plus d’armée le problème continuerait à se poser », affirme le projet. « L’éducation physique a pour but de donner à chaque français l’équilibre physique et moral40. » Dès décembre 1919, la proposition votée au Sénat en 1916 est déposée une nouvelle fois à la Chambre41. Dans le même temps, un projet de loi sur l’organisation de l’éducation physique nationale est préparé à la direction de l’infanterie au début de l’année 1920. Dans une note, le personnel du ministère de la Guerre constate d’emblée que « l’expérience de la guerre a bouleversé toutes les théories sur le dressage du soldat en vue du combat ». Le document préconise de voter séparément des mesures sur l’éducation physique. L’obligation de la préparation militaire serait « inopérante », faute de personnel et d’infrastructures, et la note estime qu’il faudrait une vingtaine d’années avant de l’envisager, d’où une recommandation simple : « ni obligation, ni sanction, mais une organisation », notamment à l’école42.

    13Un projet de loi est néanmoins présenté au Sénat le 14 avril 1920 par Henry Chéron, pour instituer l’obligation de l’éducation physique et de la préparation militaire43, tandis que le gouvernement dépose un projet de loi concurrent44. Les deux textes sont fondus en un texte transactionnel45. Les débats ont lieu au Sénat en juillet 192046. Le projet de loi est de nouveau voté à l’unanimité47. Le texte est déposé à la Chambre le 24 juillet 192048, et débattu en mars 192149. Adolphe Chéron, qui est le rapporteur, souligne qu’il « est bien entendu qu’il n’est pas question de caporaliser la jeunesse. Il ne peut pas déplaire au pays de voir les mesures que nous proposons préciser le rôle social de l’armée, qui est d’améliorer la race ». Lors de la deuxième séance, le général Maud’huy affirme que « la préparation physique est l’essentiel, la préparation militaire n’est que le dessert, l’accessoire » et propose de supprimer le tir du programme. Finalement, le projet est voté avec modifications50 et déposé au Sénat pour la deuxième lecture51, mais il semble une nouvelle fois enterré. La formation du gouvernement de Raymond Poincaré, en janvier 1922, et la réorientation des politiques dans un contexte de réduction des dépenses, peut fournir des explications. Le texte lui-même n’est pas consensuel, comme le montre un débat au Sénat en 1922, lorsque le président de la commission de l’enseignement rappelle qu’il « y a une loi sur l’éducation physique et la préparation militaire qui attend depuis un an bientôt d’être votée », et qu’un sénateur lance : « tout le monde ne le voterait pas ». Le sous-secrétaire d’État avance quant à lui l’argument que le texte a été renvoyé en commission car il ne « paraissait pas absolument au point52 ». Le projet est relancé, en juin 1924, lorsque le président du Sénat le transmet à nouveau à l’Assemblée fraîchement réélue, sans plus de succès53.

    Vers la création d’un Haut-Commissariat à l’éducation physique

    14Ces initiatives parlementaires inabouties s’inscrivent dans une phase de réflexion sur la place de l’éducation physique. De nouveaux espaces apparaissent au lendemain de la guerre, dans l’orbite du Parlement et des ministères, comme le « comité national de l’éducation physique, sportive et de l’hygiène sociale » dirigé par Henry Paté. Un comité technique consultatif est convoqué en 1919 par le colonel Lagrue, de la direction de l’infanterie, pour examiner le projet de règlement général d’éducation physique, en présence des représentants des fédérations préparatistes54. Une commission au ministère de l’Hygiène et de la prévoyance sociale est chargée de rechercher les meilleurs moyens de développer le goût et la pratique des sports55. Au ministère de l’Instruction, la création d’un comité consultatif de l’éducation physique et sportive est annoncée en 192256. Au ministère de la Guerre, une commission des sports dans l’armée est réunie, avec Adolphe Chéron, Henry Paté mais aussi Frantz Reichel, qui sont tous les trois photographiés lors d’une visite à Joinville57. Une autre commission sur la préparation militaire est instituée : tous les représentants du ministère de la Guerre et des fédérations préparatistes sont présents, en plus de certaines fédérations sportives (aviron, club alpin, boxe, UVF, natation). À la première réunion, le président Henry Paté affirme que « ce n’est pas, certes, dans un esprit de militarisme, dans un esprit de conquêtes que nous préparons la jeunesse française », mais qu’il faut « parer à la crise de quantité par une qualité meilleure de notre jeunesse française. Les jeunes gens qui fréquentent nos sociétés », assure-t-il, « n’acquièrent pas seulement la vigueur physique, mais aussi une excellente éducation morale58 ».

    15La multiplication de ces cercles de réflexion va surtout aboutir à la création d’un « comité consultatif pour l’éducation physique », renommé en 1923 « comité consultatif de l’éducation physique, des sports et de la préparation militaire », rattaché au ministère de la Guerre, et placé sous la présidence de l’omniprésent Henry Paté. Les travaux sont divisés en quatre sections spécialisées, « éducation physique et préparation au service militaire », « sports dans l’armée », « sports dans les sociétés agréées et dans les sociétés scolaires », « éducation physique, sports et préparation au service militaire dans les colonies ». Ce comité réunit tous les dirigeants associatifs, tant préparatistes que sportifs, des parlementaires, des militaires, et quelques médecins (Boigey, Bellin du Coteau, Latarjet, Tissié59). Ce groupe est actif au moins jusqu’en 192660, et produit en particulier des recommandations sur le format du brevet.

    16Ces réflexions aboutissent peu à peu à la centralisation du traitement des questions de préparation militaire et des questions sportives. Ce rôle était jusque-là plus ou moins joué par la direction de l’infanterie, sous l’autorité du sous-secrétaire d’État à la Guerre, avec un objectif militaire, depuis les années 1900-1910. Mais ce rôle s’autonomise. Henry Paté est « chargé au ministère de la Guerre de mission temporaire non rétribuée, concernant l’Éducation physique et la préparation militaire » dans le ministère d’Aristide Briand, en 192161. Il est reconduit dans ce rôle à plusieurs reprises jusqu’en 192462. Pendant une courte période, du 11 janvier au 29 mars 1924, Henry Paté est, sous Poincaré, commissaire général au ministère de la Guerre, puis haut-commissaire, chargé des établissements de la guerre, de l’éducation physique, des sports et de la préparation militaire63. L’arrêté précise le rôle de Paté, qui doit superviser l’instruction physique avant et après le régiment, les relations avec les « fédérations et sociétés agréées », étant entendu que la partie proprement militaire reste sous l’autorité de l’État-major64.

    Fig. 7. – Henry Paté inaugure le stand de tir de l’USEPPSM avec Adolphe Chéron.

    Photographie, le Soldat de demain, no 16, 1922.

    17Même si Gaston Vidal devient dans le même temps sous-secrétaire d’État à l’Instruction, chargé de l’enseignement technique mais aussi chargé de l’éducation physique et des sports65, il faudrait donc plutôt y voir la fin d’un monopole militaire qu’une complète émancipation civile du sport, tant l’armée garde une grande partie de ses attributions par le biais d’Henry Paté.

    La création de services départementaux

    18Sur le terrain, le contexte de restructuration de l’après-guerre entraîne la création en 1920 des services départementaux d’éducation physique et de préparation au service militaire, avec des officiers dédiés dans chaque corps d’armée66. Les centres régionaux sont aussi réorganisés, avec le maintien de 26 centres, plus deux à Rabat et à Bizerte, divisés en CRIP (instruction physique), CRRP (rééducation physique) et CRIRP (instruction et rééducation physique)67. Plusieurs textes montrent une reprise en main des sociétés agréées en 1920-1923, avec une mise à jour des listes68. Le brevet est également réformé. Le BAM d’avant-guerre devient le Certificat de préparation au service militaire (CPSM) en 1921. À la suite du vote de la loi de recrutement militaire en 1923, qui institue le service militaire de 18 mois, le CPSM se transforme en Brevet de préparation militaire élémentaire (BPME)69. La préparation militaire est pleinement institutionnalisée et réorientée vers une éducation physique moins militarisée, et par un effort particulier pour former des cadres et des techniciens aux compétences adaptées à la guerre moderne, dans la continuité de ce qui avait été amorcé pendant le conflit. C’est ce que montre le programme du Brevet élémentaire et des brevets de spécialité70. Les épreuves d’éducation physique se rapprochent de l’athlétisme moderne : saut en hauteur et en longueur avec élan, course de 100 mètres et course de 1 500 mètres (en 6 minutes 30 au maximum), lancer de poids (7,257 kilos, soit le poids standard de l’épreuve olympique), associées à des pratiques d’inspiration plus hébertiste de grimper à la corde, de lever et de porter de charges. Les brevets de spécialités, qui s’ajoutent au brevet élémentaire, ajoutent aux spécialités anciennes des compétences plus en phase avec la guerre moderne (grenadier classé, topographe, aviron, chars de combat, lecteur au son, sapeur mineur, sapeur de chemin de fer, opérateur manipulant télégraphiste). Enfin, le conflit a fait naître une réflexion sur l’encadrement, qui pousse le gouvernement à créer une préparation militaire supérieure, en particulier à destination des élèves des grandes écoles et des universités, dans le but de former des officiers. Les bases en sont jetées en 1921-192271, mais le système est véritablement mis en œuvre après la loi de recrutement de 192372. Parallèlement, l’instruction et la préparation militaire aux colonies est mise en avant, « par suite de la diminution de la natalité en France », et « il ne s’agit donc de rien de moins que de la sauvegarde des races coloniales et des intérêts essentiels de la défense française73 ».

    19C’est dans ce contexte de prise en charge croissante de la question par l’État que sont créées en 1924 les commissions départementales d’agrément par Paul Bénazet, devenu Commissaire général à la Guerre dans le gouvernement d’Édouard Herriot74. Le préfet, l’inspecteur d’académie, l’officier du service de l’instruction physique, et trois conseillers généraux y siègent de droit, et sont chargés de veiller à la gestion de l’agrément. Il est question de mettre à jour les listes des SAG. En réalité, le gouvernement radical relance la tentative de limiter le mouvement catholique, qui se développe d’autant plus que l’agrément a été largement accordé à des patronages catholiques à la sortie de la guerre, dans une logique d’Union sacrée. Malgré tout, l’intégration de ces sociétés semble trop avancée pour qu’un retour en arrière soit possible, et il ne semble pas que le statut de société agréée ait été massivement retiré aux patronages catholiques. En revanche de l’ordre de 1 500 sociétés inactives, catholiques ou non, sont dissoutes75. Haut-commissaire dans tous les gouvernements du cartel des gauches, Paul Bénazet cumule ce rôle avec celui de sous-secrétaire à l’Instruction publique pendant quelques mois en 192576. Le décret précise qu’il est en charge de « l’enseignement technique et professionnel, ainsi que des enseignements postscolaires et conserve dans ses attributions l’éducation physique et la préparation au service militaire ». Il fait ainsi le lien entre les deux composantes de l’éducation physique, militaire et scolaire, puisque les deux ministres peuvent lui confier « toutes les missions spéciales ». Néanmoins cette fusion est éphémère, et le rapprochement entre le monde scolaire et la préparation militaire, essentielle dans les années 1900-1905, tend plutôt à devenir marginale dès la fin de la guerre. Pour le cours préparatoire, 1 h 45 d’éducation physique est prévue, puis 2 heures dans les niveaux suivants, pour les filles et des garçons. La gymnastique militaire et les exercices de tir à 10 mètres disparaissent, au profit d’une nouvelle pédagogie plus soucieuse d’hygiène77. Une éducation physique scolaire démilitarisée se développe donc dès le début des années 1920, ce qui n’est pas synonyme, pour autant, de la disparition totale de la préparation militaire en milieu scolaire. Il s’agit plutôt d’une évolution composée à la fois de l’abandon de pratiques anciennes (manœuvres, tir), de l’apparition de pratiques nouvelles (éducation physique renouvelée et indépendante de l’armée), et de la réorientation de la préparation militaire en périphérie de l’école (préparation militaire supérieure, activités postscolaires).

    Le déclin relatif du mouvement préparatiste jusqu’aux années 1930

    Une reconfiguration conflictuelle du réseau associatif et fédéral

    20Dans le même, temps, le réseau associatif se reforme difficilement après la guerre : d’après la comparaison des annuaires du Soldat de demain de 1913 et de 1923, ce sont près de la moitié des sociétés adhérentes qui ont disparu. Mais le mouvement se reconstitue rapidement, se renouvelle, et prend de l’ampleur. L’USEPPSM revendique en 1923, suite à une enquête menée sur la demande du Haut-Commissariat, 1 766 sociétés, plus de 300 000 membres honoraires et actifs, dont environ 50 000 élèves des cours de préparation militaire et 80 000 sportifs, qui participent aux exercices physiques sans suivre les cours techniques de topographie ou de tir78. Henry Paté, alors qu’il est haut-commissaire à la Guerre, mentionne en 1922 le chiffre de 7 500 sociétés de gymnastique, de tir ou de préparation militaire, avec plus d’un million de membres (ce qui semble largement exagéré)79. Les estimations données par les services de l’Instruction physique en 1920-1921, à l’occasion du rapport sur le budget du ministère de la Guerre, sont plus modestes : 137 200 jeunes gens recevant une instruction par un moniteur militaire dans 3 320 SAG80. Suite à une enquête diligentée par le Commissaire Bénazet en 1925, la presse sportive fait fuiter l’approximation de 5 700 sociétés préparatistes actives (USTF, 2 000 ; USGF, 1 600 ; FGSPF, 1 600 ; Union Chéron, 500)81. On peut donc estimer le nombre de pratiquants entre 100 000 et 250 000. Des données encore plus restrictives sont publiées l’année suivante par L’Auto, qui dit se fonder sur des informations émanant du cabinet du sous-secrétariat. Une mise au point est alors en cours, pour lutter contre les affiliations multiples : seules 3 900 sociétés préparatistes se réclament d’une affiliation principale à l’une des grandes fédérations préparatistes (USTF, 1804 ; USGF, 1165 ; Union Chéron, 671, Union Lattès et Trousselle, respectivement 128 et 101)82.

    21Quoi qu’il en soit des chiffres exacts, l’ordre d’idée est celui d’au moins 4 000 sociétés préparatistes actives au lendemain de la guerre et jusqu’au milieu des années 1920. Même si le réseau reste important, le recul des effectifs préparatistes est net, d’autant qu’il faut le replacer dans le contexte d’intense essor associatif du début des années 1920. Par exemple, plus de 3 000 clubs sont affiliés à la fédération de football dès 1925-1926, et le seuil des 100 000 licenciés est dépassé dès la saison 1928-192983. La préparation militaire ne disparaît donc pas, puisqu’un réseau déjà bien constitué continue de fonctionner, mais le dynamisme est clairement du côté sportif. Ces clubs nouveaux, largement démilitarisés, ne semble pourtant pas remplacer totalement les anciennes sociétés, mais s’y ajouter : il s’agit moins d’une transition que d’une accumulation.

    22Au-delà de la question des effectifs, les pratiques préparatistes changent. Des voix s’élèvent pour dénoncer avec une force inédite la militarisation des exercices physiques à destination de la jeunesse : durant les années 1900-1910, les critiques de ce genre restaient mesurées, au moins à la Chambre. Mais lors des débats du 30 novembre 1922, pour la discussion du budget de la Guerre – alors qu’il est question du relèvement des subventions pour l’éducation physique de 7,75 millions à 9,25 millions – le député d’Alger Gabriel Abbo, du groupe républicain socialiste, se montre le plus explicite, applaudi par la gauche, lorsqu’il demande des garanties de « démilitarisation de la culture physique » :

    « Nous qui insistons, d’accord avec l’opinion publique française, pour la réduction du service militaire, nous ne voulons pas que nos enfants soient soldats à l’école, à partir de l’âge de 8 ou 10 ans ; nous ne voulons pas qu’on donne à la France l’allure d’une nation militarisée84. »

    23En 1924, Henry Paté affirme quant à lui que « le terme de préparation militaire est impropre. Je ne l’ai jamais employé ainsi. Il faut dire éducation physique, sports et préparation au service militaire », et le haut-commissaire Bénazet se déclare « entièrement d’accord85 ».

    24Cette inflexion des discours parlementaires accompagne sans doute un glissement dans les milieux sportifs et préparatistes, et dans l’opinion de manière plus générale. Cet infléchissement se traduit également dans les pratiques préparatistes, à l’image de la transformation de l’USPMF en USEPPSM, qui met en avant l’éducation physique. Les activités de l’Union se modernisent. La préparation à la cavalerie, très valorisée avant 1914, malgré de fortes contraintes pratiques, est quasiment abandonnée. À l’inverse, la préparation aux armes nouvelles est accentuée. Adolphe Chéron se passionne pour la formation des pilotes aériens et tente de populariser dès 1922 un sport nouveau, « le vol plané86 » au nom de sa « valeur morale et athlétique87 » : il s’agit de s’élancer du haut d’une colline avec un engin léger, qui flotte quelques secondes. Il crée même un « stade aérien » à Romainville, sans grand succès88. Dans le même ordre d’idées, le lancer de grenade devient un élément central des activités préparatistes, pour s’adapter aux réalités de la guerre moderne. L’exercice est même repris dans les concours nationaux de l’USGF. Par exemple en 1927, les gymnastes doivent effectuer trois lancers réglementaires de chaque main, en plus des épreuves traditionnelles à la barre fixe et aux barres parallèles89. En revanche, les entraînements aux manœuvres disparaissent presque complètement, comme les défilés en armes, pourtant courants avant 1914. En ce qui concerne les exercices physiques, la gymnastique traditionnelle et rigide est raillée, ringardisée par l’essor de la pratique sportive, mais défendue par les dirigeants des unions préparatistes qui y ont été formées dès leur plus jeune âge : Adolphe Chéron a lui-même une barre fixe et des anneaux dans son jardin90. Mais ces fédérations s’ouvrent de plus en plus aux pratiques nouvelles, hébertistes et sportives, même si la méfiance reste manifeste. Les rivalités sont en effet exacerbées dans un contexte d’essor du sport dans le cadre de multiples fédérations – sur fond d’éclatement de l’USFSA – et de tentative de rationalisation de la préparation militaire.

    25Il est question, dans l’immédiat après-guerre, et jusqu’à la crise du CNS en 1925-1926, de rapprochements entre fédérations. L’Union Chéron tente d’établir un projet d’entente avec la Fédération française d’athlétisme, pour organiser en commun des évènements de cross-country. Mais les pourparlers sont finalement abandonnés lorsque la FFA invoque des désaccords sur certaines règles, dont le respect de l’amateurisme, ce qui ressemble plutôt à une excuse qu’à un véritable argument, puisque l’Union Chéron n’a aucun rapport avec le sport professionnel91. Les tentatives d’accord initiales se changent en rapports tendus, qui font même l’objet d’un rappel à l’ordre lors d’une réunion du CNS92. Il est aussi question de la fusion des unions préparatistes, sous la pression du ministère de la Guerre, à des fins de rationalisation, mais ces démarches n’aboutissent pas davantage. Le problème des doubles affiliations devient alors un enjeu central et produit des rivalités très fortes, à cause de l’enjeu de l’attribution des subventions. Une circulaire du Commissariat général pour établir des règles à ce sujet met le feu aux poudres93. Adolphe Chéron publie une lettre en première page du Soldat de demain : « le sport n’est pas un but. L’athlétisme n’est qu’un moyen. Vouloir une place prépondérante pour l’athlétisme national est une ambition moins noble que celle d’améliorer la race94 ». Dans le même temps, les concurrences entre l’USGF et l’Union Chéron sont manifestes, les deux groupements s’accusant mutuellement d’essayer de débaucher leurs sociétés adhérentes95. La presse sportive attise ces tensions, en dénonçant le poids trop important donné aux fédérations préparatistes au détriment du sport émergent. Les critiques deviennent de plus en plus dures : dans un article intitulé « passez les sous ! », L’Auto dénonce les collusions entre les dirigeants préparatistes et les milieux parlementaires, faisant même allusion à un possible favoritisme, puisque Lattès, bien implanté dans les réseaux radicaux, est le beau-frère de René Renault, ministre de la Justice96. À cette concurrence accrue s’ajoutent de fortes tensions à l’intérieur même des fédérations. À l’USGF, des tensions dans les instances dirigeantes émergent sur fond de succession à Charles Cazalet qui a dépassé les 75 ans97. Au sein de la fédération Lattès, un conflit termine même devant les tribunaux en 192898.

    Une crise du mouvement préparatiste face aux coupes budgétaires (1924-1926)

    26Ces tensions surgissent dans un contexte de baisse des subventions. Au lendemain immédiat de la guerre, le volontarisme en matière d’éducation physique se traduit par le vote d’importants moyens financiers. Les budgets atteignent des sommets, avec près de 10 millions de francs annuels ; même s’il faut garder en tête l’inflation, c’est une somme considérable, qui n’avait jamais été atteinte. Pour le budget 1922, la discussion porte sur le relèvement du crédit à 8,36 millions de francs, en plus du million de francs spécifiquement dédié à l’instruction physique dans l’armée99. Mais les difficultés rencontrées par le gouvernement Poincaré (1922-1924) imposent des mesures d’économie drastiques. Le volontarisme de l’immédiat après-guerre fait alors place à une diminution constante du budget. En 1926, lors de la réunion du comité consultatif de préparation militaire, le général Échard déclare que « l’ère des économies étant ouverte », il faut réfléchir à diminuer les dépenses. Adolphe Chéron, Lattès et Carnot (successeur de Mérillon à la tête de l’USTF) demandent à préserver les fédérations préparatistes, « car il s’agit de la sécurité nationale100 ». En effet, les difficultés financières consécutives aux baisses des subventions ne tardent pas à se manifester. Dès 1925, l’Union Chéron a évité le déficit « à grand’peine » et se trouve « dans l’impossibilité de faire face aux besoins de sa propagande et de son activité101 ». Les dirigeants sont obligés, en 1926, d’organiser une souscription exceptionnelle pour lever la somme de 100 000 francs en vue d’organiser la fête annuelle aux Tuileries, faute de quoi la fédération aurait fini l’année en déficit102. Le milieu des années 1920 marque donc le début d’une véritable crise pour le mouvement préparatiste.

    27Cette crise des financements s’accompagne de surcroît d’une crise d’attractivité du brevet, avec une réduction constante des avantages accordés aux lauréats, à cause de considérations stratégiques. La permission supplémentaire de 10 jours (instituée par l’instruction de 1917) est supprimée103. Le choix du régiment devient de plus en plus aléatoire, par peur de l’administration militaire de dégarnir les régiments de l’Est. Le député Ybernagaray se plaint que « dans la plupart des recrutements, ces jeunes gens sont envoyés aussi loin que les autres » ; « si l’on n’apporte à ces jeunes gens que des paroles encourageantes, ici, on en aura bientôt fini avec le CPSM104 ». Les conséquences sur le recrutement sont immédiates : « depuis le début de 1923 », reconnaît un article du Soldat de demain, « les sociétés d’éducation physique et de préparation militaire traversent une crise qu’il serait maladroit de méconnaître105 ». Le maximum d’inscrits au brevet, 29 471 en 1923, tombe ainsi à 27 500 en 1926106. Pour la première fois depuis les années 1900, les avantages donnés à la préparation militaire sont ainsi sur une phase descendante.

    Quel rattachement ministériel pour le sous-secrétariat de l’éducation physique ?

    28Les préparatistes sont aussi affaiblis d’un point de vue plus institutionnel. Si le poids de l’armée reste important dans le champ des activités physiques et sportives, les mentalités changent, et l’influence globale des militaires décline. L’émergence d’un secteur largement démilitarisé, à l’école et dans les stades, fait que le sport échappe en partie au contrôle du ministère de la Guerre. Un sport proprement antimilitariste se développe même avec la croissance de la Fédération sportive du travail (FST) communiste. Des « logiques concurrentielles » apparaissent alors entre les ministères de la Guerre, de l’Instruction et de la Santé pour s’approprier le domaine de l’éducation physique, avec plusieurs conceptions antagonistes107. Les débats sur le rattachement de l’éducation physiques sont constants, et la préparation militaire se trouve au cœur du problème, puisque c’est un des arguments essentiels pour justifier la mainmise de l’armée. Une discussion sur un éventuel transfert du budget de l’éducation physique au ministère de l’Instruction a lieu au Sénat dès avril 1925108. En 1926, Henry Paté défend à la Chambre la même idée109. Adolphe Chéron joue au contraire de toute son influence pour laisser l’éducation physique dans le giron de l’armée, avec un certain succès110. Mais le cumul des fonctions de haut-commissaire à la Guerre et de sous-secrétaire d’État au ministère de l’Instruction publique assuré par Paul Bénazet en 1925-1926 sonne comme une défaite, en actant en partie le rattachement à ce second ministère. Il ne faut pas en conclure que les militaires disparaissent du champ sportif : le fait que l’attribution des subventions aux sociétés dépende du budget du ministère de l’Instruction n’a, concrètement, que des effets limités. La valse des ministères fait entre outre repasser rapidement l’éducation physique dans le giron du ministère de la Guerre, via la figure de Painlevé.

    29Il y a en effet une inflexion avec le retour de Poincaré au pouvoir : le Haut-Commissariat, attribué à Bénazet pendant les gouvernements de cartel des gauches, est supprimé. La continuité est assurée par un rattachement du service « de l’instruction physique, des sports et de la préparation militaire » au cabinet du ministre de la Guerre Paul Painlevé en 1926111. Le général Échard prend la tête des services, tandis que Jean Bourguignon, directeur du cabinet de Painlevé, est chargé de faire le lien entre les fédérations et le parlement, ainsi que d’assurer la communication entre l’administration du général Échard et le ministère de la Guerre lui-même112. Une note présente les missions et le fonctionnement du Haut-Commissariat pour les nouveaux directeurs113 : « s’il fallait donner en peu de mots une idée de cette organisation, on pourrait la définir ainsi : un organe civil de direction qui met en œuvre des moyens militaires ». La direction civile est explicitement citée comme une garantie pour éviter la « militarisation du mouvement qui porte de nos jours la jeunesse de France vers la pratique méthodique et raisonnée de l’éducation physique ». Le budget total disponible est de 11,4 millions de francs114.

    30Cette réorganisation ministérielle se double d’une relance de la politique de préparation militaire par Painlevé, qui se préoccupe de la question en vue du passage au service militaire d’un an. Ce volontarisme se traduit par une réorganisation administrative du système préparatiste et par le dépôt de plusieurs projets de loi (1926, 1928). Un projet de loi sur l’organisation de l’éducation physique est présenté en 1926 conjointement avec le ministre de l’Instruction115. Le projet vise à créer une direction de l’éducation physique, unifiée et relativement autonome vis-à-vis des deux ministères. Le texte prévoit également la séparation entre sociétés sportives et préparation militaire d’une part, éducation physique scolaire et féminine d’autre part, avec une dotation d’environ un million de francs ouverte au budget de l’Instruction. Cette idée est entérinée par l’instruction du 14 avril 1927, qui marque le passage des sociétés scolaires et féminines de l’autorité du ministère de la Guerre à celui de l’Instruction publique116, et interdit l’emploi de moniteurs militaires dans les sociétés scolaires et les écoles, à cause du manque de cadres dans l’armée. Mais une circulaire annule rapidement cette disposition, faute de personnel civil compétent117. Le ministre Painlevé est en parallèle au centre des trois réformes militaires importantes en 1927-1928, qui fondent le système de défense français des années 1930, autour de la ligne Maginot et du service militaire d’un an. Il est en effet ministre de la Guerre dans les gouvernements successifs entre novembre 1925 et juillet 1929, presque sans interruptions118. Il valorise la préparation militaire comme un instrument efficace pour compenser la réduction du temps d’apprentissage technique sous les drapeaux. Mais encore une fois, cette idée ancienne ne reçoit pas des réalisations à la hauteur des ambitions affichées. La préparation militaire fait l’objet de plusieurs discussions parlementaires, intégrées dans les débats plus généraux sur la réforme militaire en cours. Un projet « tendant à organiser l’éducation physique de la jeunesse et à assurer la préparation militaire des cadres et des spécialistes indispensables à la réalisation du service court terme dans la nation armée » est déposé à la Chambre par Paul Bénazet en juin 1927119. Il est aussi question de la préparation militaire autour des discussions sur la réforme de l’armée au printemps-été 1927. De son côté, Henry Chéron continue son long travail d’influence au Sénat en faveur de la préparation militaire, avec le dépôt d’une nouvelle proposition de loi au début de l’année 1928. Le texte repose sur l’idée d’une préparation militaire à trois degrés, avec le principe de l’obligation, mais limitée dans le temps120. Le texte ministériel de Painlevé est présenté au Sénat le mois suivant, en mars 1928121, mais il est enterré, une nouvelle fois, à cause du coût introduit par le principe de l’obligation.

    Notes de bas de page

    1Le Tir national, 8 août 1914.

    2Ibid., 19 août 1916.

    3SDD, no 1 spécial, 1er juin 1916 et no 2 spécial, 20 juillet 1916.

    4Excelsior, 22 mai 1916.

    5SDD, no 6 spécial, 15 novembre 1917.

    6Spivak Marcel, Éducation physique, op. cit., 1983, p. 501-502.

    7SDD, no 1 spécial, 1er juin 1916.

    8USTF, Annuaire de l’USTF, op. cit., 1923.

    9Pignot Manon, Allons enfants de la patrie : génération Grande Guerre, Paris, Éditions du Seuil, 2012, p. 58-59.

    10Le Tir national, 21 novembre 1914.

    11SDD, no 1 spécial, 1er juin 1916.

    12Le Tir national, 10 juillet 1915.

    13Ibid., 26 juin 1915.

    14SDD, no 6 spécial, 15 novembre 1917.

    15Prochasson Christophe, « Un moment Verdun ? », Mil neuf cent. Revue d’histoire intellectuelle, no 33, 2015, p. 119-127.

    16S.H.D. 5 N 270, Organisation de l’éducation physique et de la préparation militaire (1916, 1920).

    17Rapport no 257 du 30 juin 1916 fait au nom de la commission de l’armée, par M. Henry Chéron sénateur.

    18A.N. F/9/1433, préparation militaire ; S.H.D. 5 N 270.

    19JO, Sénat, 18 juillet 1916, p. 676-685.

    20Ibid., 20 juillet 1916, p. 692-695.

    21Le Tir national, 22 juillet 1916, 19 août 1916, 18 novembre 1916.

    22A.N. F/9/1433.

    23S.H.D. 5 N 270, Organisation de l’éducation physique et de la préparation militaire (1916, 1920).

    24Les textes sont reproduits dans Leroux Commandant Camille, L’élève soldat : certificat de préparation au service militaire, diplôme de moniteur, brevets de spécialité (pour toutes les armes) (21e édition), Paris, H. Charles-Lavauzelle, 1918.

    25« Mobilisation des personnels de l’instruction physique. Note pour l’État-major de l’armée (1er bureau) », 28 octobre 1920. S.H.D. 7N 4237, Bureau des écoles. Section d’instruction physique.

    26Texte cité dans l’instruction du 5 décembre 1917.

    27Dietschy Paul, Le sport et la Grande Guerre, Paris, Chistera, 2018, p. 270.

    28Spivak Marcel, « L’École supérieure d’éducation physique de Joinville-le-Pont 1852-1939 », Revue historique des armées, no 158, 1985, p. 37-47.

    29S.H.D. 7N 4237, Bureau des écoles. Section d’instruction physique.

    30Ibid., no 53, juillet-août 1920. Sur les questions des circulations transnationales, voir Saint-Martin Jean, L’éducation physique à l’épreuve de la nation : 1918-1939, Paris, Vuibert, 2005.

    31SDD, no 4 spécial, 1er janvier 1917.

    32SDD, no 9 spécial, janvier 1919.

    33USGF, Annuaire, 1927, p. 10.

    34Le gymnaste de la victoire à Nancy, 1919. Archives municipales de Nancy, 8 Fi 297-304.

    35USGF, Annuaire, 1927.

    36SDD, 20 septembre 1922.

    37Vers l’armée, no 23, mars 1919.

    38Ibid., no 56, janvier 1921.

    39SDD, 15 février 1921.

    40JO, documents parlementaires, Chambre des députés, séance du 23 mai 1919, annexe no 6184, p. 1626.

    41Projet de loi du 8 décembre 1919, no 27, Chambre des députés. S.H.D. GR 6N 401, préparation militaire (1919-1936).

    42Document daté de février 1920. S.H.D. 5 N 270, Organisation de l’éducation physique et de la préparation militaire (1916, 1920).

    43Renvoyé à la commission de l’armée. JO, Sénat, 14 avril 1920, p. 477.

    44Projet no 188, JO, 27 avril 1920, p. 526-527.

    45Rapport supplémentaire au Sénat par H. Chéron (no 254), annexe au procès-verbal de la séance du 18 juin 1920. S.H.D. GR 6N 401.

    46JO, Sénat, 8 juillet 1920, p. 1125-1140.

    47S.H.D. GR 6N 401.

    48Déposé sous le no 1381, ibid.

    49JO, Chambre, 22 mars 1921, p. 1375 sq., 23 et 24 mars 1921.

    50JO, Chambre, 24 mars 1921, p. 1422-1430.

    51Projet de loi adopté par le Sénat, adopté avec modifications par la chambre des députés sur l’éducation physique et la préparation militaire obligatoires, no 254, annexe au procès-verbal de la 2e séance du 13 avril 1921.

    52JO, Sénat, 8 juillet 1922, p. 1160.

    53Proposition de loi, no 34, annexe au procès-verbal du 4 juin 1924. S.H.D. GR 6N 401.

    54SDD, nos 18-19, novembre 1919.

    55Rapport d’Adolphe Chéron, no 1792, 1920, p. 16.

    56Arrêté du 6 avril 1922, nomination par arrêté du 14 avril 1922.

    57SDD, 5 août 1922.

    58Ibid., janvier 1923.

    59Reproduit dans Vers l’armée, no 78, février 1924.

    60SDD, novembre 1926.

    61Arrêté du 22 juillet 1921. JO, 29 juillet 1921, p. 8918.

    62Arrêtés des 13 mars 1922, 4 avril 1922, 18 juillet 1922, 17 janvier 1923, 11 janvier 1924. SDD, 1922-1924.

    63Jean Jolly, Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940, base Sycomore.

    64Arrêté du 26 septembre 1921 reproduit dans SDD, 15 septembre 1921.

    65JO, 18 janvier 1921, p. 1002.

    66« Organisation de l’instruction physique au bénéfice de la nation ». Reproduit dans Lassus Marianne, Jeunesse et sports : l’invention d’un ministère (1928-1948), Paris, Insep-éditions, 2017, p. 493-501.

    67Circulaire du 3 décembre 1920. Ibid., p. 81.

    68Circulaire no 7002 II/II du 10 septembre 1920. S.H.D. 7N 4237, Bureau des écoles. Section d’instruction physique.

    69SDD, 15 septembre 1921, 1er novembre 1923 et 5 octobre 1925 ; Bulletin des sociétés d’éducation physique et de préparation militaire des Vosges, no 12, 11 septembre 1921.

    70Instruction ministérielle du 3 août 1923. SDD, 1er novembre 1923 et 5 octobre 1925.

    71Circulaire du 19 juillet 1921. Spivak Marcel, Éducation physique, op. cit., 1983, p. 1085. Instruction du 28 janvier 1922. SDD, 20 octobre 1922 ; instruction du 10 octobre 1922, ibid., 5 octobre 1925.

    72Circulaire du 17 mai 1923. JO, 29 mai 1923, p. 5087-5090.

    73SDD, 10 juillet 1923. Dumont Jacques, « Joinville et l’éducation physique aux colonies dans les années 1930 », Staps, no 1, vol. 71, 2006, p. 85-97.

    74Bulletin officiel du ministère de l’Intérieur, no 10, octobre 1924, p. 302-303 ; A.N. 313AP/281, archives de Jean Bourguignon directeur du cabinet de l’Éducation physique, des sports et de la préparation militaire.

    75Selon Henry Paté. SDD, mai 1929.

    76JO, 12 octobre 1925, p. 9839.

    77JO, 25 février 1923, p. 1857-1859.

    78USEPPSM, Annuaire du Soldat de Demain, op. cit.

    79La France militaire, 8 décembre 1922, reproduit dans Vers l’armée, no 69, novembre 1922.

    80JO, documents parlementaires, Chambre, annexe nos 3833-3834, rapport du budget de la Guerre. Cité dans Spivak Marcel, Éducation physique, op. cit., 1983, p. 1037.

    81Le Figaro, 15 août 1925 ; L’Auto, 13 août 1925.

    82« La lumière est faite. Les effectifs réels des fédérations et unions de gymnastique et de préparation militaire sont connus. La fin d’un bluff ». L’Auto, 15 janvier 1926.

    83L’Auto, 4 août 1929, p. 3.

    84JO, Chambre, 30 novembre 1922, p. 3659-3660.

    85Ibid., 13 décembre 1924, p. 4466.

    86« Un sport nouveau : le planer », Le Radical, 28 août 1922.

    87SDD, 20 octobre 1922.

    88Ibid., 1er juillet 1924.

    89A.N. 313AP/282-284, archives de Jean Bourguignon. Fêtes organisées par les fédérations, les sociétés (1927-1928).

    90SDD, janvier 1925.

    91Ibid., 15 décembre 1922.

    92SDD, janvier 1926.

    93Circulaire du 20 avril 1925. Ibid., avril 1925.

    94Ibid., mars 1925.

    95Ibid., avril 1925.

    96L’Auto, 6 décembre 1925.

    97« Le 102e congrès de l’union de Gymnastique sera le théâtre de discussions passionnées ». L’Auto, 23 novembre 1929.

    98A.N. 313AP/285, archives de Jean Bourguignon. Affaires générales, correspondance avec les sociétés (1926-1928).

    99JO, Chambre, 8 décembre 1921, p. 4802-4803.

    100Vers l’armée, no 100, octobre 1926.

    101SDD, mai 1926.

    102Ibid., août 1926.

    103Ibid., janvier-février 1921 et 1er mars 1921.

    104JO, Chambre, 30 novembre 1922, p. 3659.

    105SDD, juillet 1924.

    106Rapport du 22 mai 1925. S.H.D. GR 6N 401, préparation militaire (1919-1936).

    107Callède Jean-Paul, « Les politiques du sport en France », L’Année sociologique, no 2, vol. 52, 2002, p. 437-457.

    108SDD, avril 1925.

    109JO, Chambre, 31 décembre 1925, p. 4932.

    110Ibid., 23 avril 1926, p. 1984.

    111JO, 21 août 1926, p. 9534.

    112SDD, octobre 1926.

    113Document sans date précise, vraisemblablement de fin 1925 ou début 1926, émanant du ministère de l’Instruction publique, avec la mention manuscrite « M. Bougrat », probablement auteur du rapport.

    114A.N. 313AP/272, archives de Jean Bourguignon. Services de l’Instruction physique.

    115Projet de loi déposé à la Chambre, annexe no 2894. Ibid. ; SDD, mai 1926.

    116SDD, juin 1927.

    117Ibid., octobre 1927.

    118Anizan Anne-Laure, Paul Painlevé : science et politique de la Belle Époque aux années trente, Rennes, PUR, 2012, p. 361-388.

    119Proposition de loi no 4501, annexe au procès-verbal de la séance du 2 juin 1927. S.H.D. GR 6N 401.

    120Proposition de loi au Sénat, no 184, 28 février 1928. Ibid.

    121Projet de loi du 13 mars 1928, no 345. Ibid.

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    1Le Tir national, 8 août 1914.

    2Ibid., 19 août 1916.

    3SDD, no 1 spécial, 1er juin 1916 et no 2 spécial, 20 juillet 1916.

    4Excelsior, 22 mai 1916.

    5SDD, no 6 spécial, 15 novembre 1917.

    6Spivak Marcel, Éducation physique, op. cit., 1983, p. 501-502.

    7SDD, no 1 spécial, 1er juin 1916.

    8USTF, Annuaire de l’USTF, op. cit., 1923.

    9Pignot Manon, Allons enfants de la patrie : génération Grande Guerre, Paris, Éditions du Seuil, 2012, p. 58-59.

    10Le Tir national, 21 novembre 1914.

    11SDD, no 1 spécial, 1er juin 1916.

    12Le Tir national, 10 juillet 1915.

    13Ibid., 26 juin 1915.

    14SDD, no 6 spécial, 15 novembre 1917.

    15Prochasson Christophe, « Un moment Verdun ? », Mil neuf cent. Revue d’histoire intellectuelle, no 33, 2015, p. 119-127.

    16S.H.D. 5 N 270, Organisation de l’éducation physique et de la préparation militaire (1916, 1920).

    17Rapport no 257 du 30 juin 1916 fait au nom de la commission de l’armée, par M. Henry Chéron sénateur.

    18A.N. F/9/1433, préparation militaire ; S.H.D. 5 N 270.

    19JO, Sénat, 18 juillet 1916, p. 676-685.

    20Ibid., 20 juillet 1916, p. 692-695.

    21Le Tir national, 22 juillet 1916, 19 août 1916, 18 novembre 1916.

    22A.N. F/9/1433.

    23S.H.D. 5 N 270, Organisation de l’éducation physique et de la préparation militaire (1916, 1920).

    24Les textes sont reproduits dans Leroux Commandant Camille, L’élève soldat : certificat de préparation au service militaire, diplôme de moniteur, brevets de spécialité (pour toutes les armes) (21e édition), Paris, H. Charles-Lavauzelle, 1918.

    25« Mobilisation des personnels de l’instruction physique. Note pour l’État-major de l’armée (1er bureau) », 28 octobre 1920. S.H.D. 7N 4237, Bureau des écoles. Section d’instruction physique.

    26Texte cité dans l’instruction du 5 décembre 1917.

    27Dietschy Paul, Le sport et la Grande Guerre, Paris, Chistera, 2018, p. 270.

    28Spivak Marcel, « L’École supérieure d’éducation physique de Joinville-le-Pont 1852-1939 », Revue historique des armées, no 158, 1985, p. 37-47.

    29S.H.D. 7N 4237, Bureau des écoles. Section d’instruction physique.

    30Ibid., no 53, juillet-août 1920. Sur les questions des circulations transnationales, voir Saint-Martin Jean, L’éducation physique à l’épreuve de la nation : 1918-1939, Paris, Vuibert, 2005.

    31SDD, no 4 spécial, 1er janvier 1917.

    32SDD, no 9 spécial, janvier 1919.

    33USGF, Annuaire, 1927, p. 10.

    34Le gymnaste de la victoire à Nancy, 1919. Archives municipales de Nancy, 8 Fi 297-304.

    35USGF, Annuaire, 1927.

    36SDD, 20 septembre 1922.

    37Vers l’armée, no 23, mars 1919.

    38Ibid., no 56, janvier 1921.

    39SDD, 15 février 1921.

    40JO, documents parlementaires, Chambre des députés, séance du 23 mai 1919, annexe no 6184, p. 1626.

    41Projet de loi du 8 décembre 1919, no 27, Chambre des députés. S.H.D. GR 6N 401, préparation militaire (1919-1936).

    42Document daté de février 1920. S.H.D. 5 N 270, Organisation de l’éducation physique et de la préparation militaire (1916, 1920).

    43Renvoyé à la commission de l’armée. JO, Sénat, 14 avril 1920, p. 477.

    44Projet no 188, JO, 27 avril 1920, p. 526-527.

    45Rapport supplémentaire au Sénat par H. Chéron (no 254), annexe au procès-verbal de la séance du 18 juin 1920. S.H.D. GR 6N 401.

    46JO, Sénat, 8 juillet 1920, p. 1125-1140.

    47S.H.D. GR 6N 401.

    48Déposé sous le no 1381, ibid.

    49JO, Chambre, 22 mars 1921, p. 1375 sq., 23 et 24 mars 1921.

    50JO, Chambre, 24 mars 1921, p. 1422-1430.

    51Projet de loi adopté par le Sénat, adopté avec modifications par la chambre des députés sur l’éducation physique et la préparation militaire obligatoires, no 254, annexe au procès-verbal de la 2e séance du 13 avril 1921.

    52JO, Sénat, 8 juillet 1922, p. 1160.

    53Proposition de loi, no 34, annexe au procès-verbal du 4 juin 1924. S.H.D. GR 6N 401.

    54SDD, nos 18-19, novembre 1919.

    55Rapport d’Adolphe Chéron, no 1792, 1920, p. 16.

    56Arrêté du 6 avril 1922, nomination par arrêté du 14 avril 1922.

    57SDD, 5 août 1922.

    58Ibid., janvier 1923.

    59Reproduit dans Vers l’armée, no 78, février 1924.

    60SDD, novembre 1926.

    61Arrêté du 22 juillet 1921. JO, 29 juillet 1921, p. 8918.

    62Arrêtés des 13 mars 1922, 4 avril 1922, 18 juillet 1922, 17 janvier 1923, 11 janvier 1924. SDD, 1922-1924.

    63Jean Jolly, Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940, base Sycomore.

    64Arrêté du 26 septembre 1921 reproduit dans SDD, 15 septembre 1921.

    65JO, 18 janvier 1921, p. 1002.

    66« Organisation de l’instruction physique au bénéfice de la nation ». Reproduit dans Lassus Marianne, Jeunesse et sports : l’invention d’un ministère (1928-1948), Paris, Insep-éditions, 2017, p. 493-501.

    67Circulaire du 3 décembre 1920. Ibid., p. 81.

    68Circulaire no 7002 II/II du 10 septembre 1920. S.H.D. 7N 4237, Bureau des écoles. Section d’instruction physique.

    69SDD, 15 septembre 1921, 1er novembre 1923 et 5 octobre 1925 ; Bulletin des sociétés d’éducation physique et de préparation militaire des Vosges, no 12, 11 septembre 1921.

    70Instruction ministérielle du 3 août 1923. SDD, 1er novembre 1923 et 5 octobre 1925.

    71Circulaire du 19 juillet 1921. Spivak Marcel, Éducation physique, op. cit., 1983, p. 1085. Instruction du 28 janvier 1922. SDD, 20 octobre 1922 ; instruction du 10 octobre 1922, ibid., 5 octobre 1925.

    72Circulaire du 17 mai 1923. JO, 29 mai 1923, p. 5087-5090.

    73SDD, 10 juillet 1923. Dumont Jacques, « Joinville et l’éducation physique aux colonies dans les années 1930 », Staps, no 1, vol. 71, 2006, p. 85-97.

    74Bulletin officiel du ministère de l’Intérieur, no 10, octobre 1924, p. 302-303 ; A.N. 313AP/281, archives de Jean Bourguignon directeur du cabinet de l’Éducation physique, des sports et de la préparation militaire.

    75Selon Henry Paté. SDD, mai 1929.

    76JO, 12 octobre 1925, p. 9839.

    77JO, 25 février 1923, p. 1857-1859.

    78USEPPSM, Annuaire du Soldat de Demain, op. cit.

    79La France militaire, 8 décembre 1922, reproduit dans Vers l’armée, no 69, novembre 1922.

    80JO, documents parlementaires, Chambre, annexe nos 3833-3834, rapport du budget de la Guerre. Cité dans Spivak Marcel, Éducation physique, op. cit., 1983, p. 1037.

    81Le Figaro, 15 août 1925 ; L’Auto, 13 août 1925.

    82« La lumière est faite. Les effectifs réels des fédérations et unions de gymnastique et de préparation militaire sont connus. La fin d’un bluff ». L’Auto, 15 janvier 1926.

    83L’Auto, 4 août 1929, p. 3.

    84JO, Chambre, 30 novembre 1922, p. 3659-3660.

    85Ibid., 13 décembre 1924, p. 4466.

    86« Un sport nouveau : le planer », Le Radical, 28 août 1922.

    87SDD, 20 octobre 1922.

    88Ibid., 1er juillet 1924.

    89A.N. 313AP/282-284, archives de Jean Bourguignon. Fêtes organisées par les fédérations, les sociétés (1927-1928).

    90SDD, janvier 1925.

    91Ibid., 15 décembre 1922.

    92SDD, janvier 1926.

    93Circulaire du 20 avril 1925. Ibid., avril 1925.

    94Ibid., mars 1925.

    95Ibid., avril 1925.

    96L’Auto, 6 décembre 1925.

    97« Le 102e congrès de l’union de Gymnastique sera le théâtre de discussions passionnées ». L’Auto, 23 novembre 1929.

    98A.N. 313AP/285, archives de Jean Bourguignon. Affaires générales, correspondance avec les sociétés (1926-1928).

    99JO, Chambre, 8 décembre 1921, p. 4802-4803.

    100Vers l’armée, no 100, octobre 1926.

    101SDD, mai 1926.

    102Ibid., août 1926.

    103Ibid., janvier-février 1921 et 1er mars 1921.

    104JO, Chambre, 30 novembre 1922, p. 3659.

    105SDD, juillet 1924.

    106Rapport du 22 mai 1925. S.H.D. GR 6N 401, préparation militaire (1919-1936).

    107Callède Jean-Paul, « Les politiques du sport en France », L’Année sociologique, no 2, vol. 52, 2002, p. 437-457.

    108SDD, avril 1925.

    109JO, Chambre, 31 décembre 1925, p. 4932.

    110Ibid., 23 avril 1926, p. 1984.

    111JO, 21 août 1926, p. 9534.

    112SDD, octobre 1926.

    113Document sans date précise, vraisemblablement de fin 1925 ou début 1926, émanant du ministère de l’Instruction publique, avec la mention manuscrite « M. Bougrat », probablement auteur du rapport.

    114A.N. 313AP/272, archives de Jean Bourguignon. Services de l’Instruction physique.

    115Projet de loi déposé à la Chambre, annexe no 2894. Ibid. ; SDD, mai 1926.

    116SDD, juin 1927.

    117Ibid., octobre 1927.

    118Anizan Anne-Laure, Paul Painlevé : science et politique de la Belle Époque aux années trente, Rennes, PUR, 2012, p. 361-388.

    119Proposition de loi no 4501, annexe au procès-verbal de la séance du 2 juin 1927. S.H.D. GR 6N 401.

    120Proposition de loi au Sénat, no 184, 28 février 1928. Ibid.

    121Projet de loi du 13 mars 1928, no 345. Ibid.

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    Pabion, Lionel. « Chapitre III. La préparation militaire à l’épreuve de la guerre (1914-années 1930) ». In Préparer le soldat de demain. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2025. doi:10.4000/1519k.
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