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    Plan détaillé Texte intégral Un grand moment d’émotion Un néo-humanisme, une foi en l’avenir Le teilhardisme : le mot injurieux forgé par la presse intégriste Notes de bas de page

    Le teilhardisme

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre V. La réception du Phénomène humain en France

    p. 97-108

    Texte intégral Un grand moment d’émotion Un néo-humanisme, une foi en l’avenir Le concert de louanges du « teilhardisme officiel » L’enthousiasme de la presse Les articles qui osent la critique Le teilhardisme : le mot injurieux forgé par la presse intégriste Notes de bas de page

    Texte intégral

    1Une vague de commentaires sur la publication du Phénomène humain amorce sa montée au mois de novembre 1955 et décline doucement au fil de l’année 1956, relayée par de nouveaux rebondissements dans l’actualité teilhardienne. La publication de la première œuvre posthume de Teilhard constitue un événement sans précédent. Les premiers commentateurs ne tarissent pas d’éloges. Claude Cuénot, dans Combat, publie son article le 3 novembre. Connaissant de l’intérieur les méandres de l’édition et ayant déjà lu le livre, il n’a pas de mal à devancer tous les autres. André Billy, lecteur de polycopiés depuis le début des années 1950, le suit de près, avec un article dans Le Figaro. Certains se font remarquer par leur silence.

    « Suffert me dit que T[émoignage] C[hrétien] a reçu l’avis de ne pas parler du livre du P. Teilhard (Le Milieu humain)1. »

    2Cette note du père Congar pourrait expliquer le silence de Témoignage Chrétien au sujet de cette publication. Elle montre aussi au passage à quel point l’œuvre de Teilhard est mal connue en 1955. En effet, Congar croise Le Phénomène humain avec Le Milieu divin, les deux piliers de l’œuvre teilhardienne, et aboutit à un monstre : Le Milieu humain… Mais à cette première série d’articles vient vite lui succéder une deuxième, qui n’hésite pas à commenter de manière critique. Le Monde, Les Nouvelles littéraires et Le Figaro littéraire publient respectivement leurs chroniques au mois de décembre et jettent un nouveau regard sur cette publication. Sans être des détracteurs, ils ne sont pas non plus dans l’admiration béate de l’œuvre de Teilhard. La Nation française apporte la première forme d’opposition ferme à cette pensée et lutte pour se faire entendre. Un phénomène extraordinaire est en train de se produire : une œuvre, écrite vingt ans auparavant, semble avoir trouvé son public avant même d’être éditée.

    3La parution du livre est vécue comme un grand moment par les teilhardiens. Après l’émotion des premiers moments, très rapidement, deux thématiques émergent, avec plus ou moins de force selon le chroniqueur, et permettent de comprendre quelles sont les raisons du succès de cette œuvre dans le grand public : le nouvel humanisme proposé par Teilhard et la possibilité de croire en l’avenir qui découle de cette nouvelle conception de l’humanisme. Devant tant d’éloges, le cercle des intransigeants s’insurge. Tout ceci relève d’un système, le teilhardisme. Le mot est lancé, pure dénonciation. Le moment de l’illusion lyrique est de courte durée.

    Un grand moment d’émotion

    « Dès que, le vendredi 21 octobre, j’ai manié le premier exemplaire du Phénomène humain sorti des presses du Seuil, une joie mêlée de tristesse m’a étreint le cœur, joie devant cette réparation posthume que représente, pour le Père Teilhard de Chardin, ce volume à la sobre couverture gris-bleu, tristesse en pensant au bonheur que nous aurions eu, au cours d’une fête intime, à lui offrir cet in-8o carré, résultat de plus de deux ans de travail – 1938-1940 – qu’il avait lui-même complété en 1948 et que ses amis théologiens avaient lu et relu avec admiration2. »

    4Claude Cuénot fait jouer la corde sensible avant de commenter la sobriété de l’exemplaire. Le volume a dû surprendre ceux qui connaissaient la version polycopiée : quelques photographies accueillent le lecteur – dont un portrait de Teilhard au regard lointain, image du prêtre dans les années 1950 –, vient ensuite l’introduction rédigée par Wildiers puis, au fil des pages, de très nombreuses notes de bas de page complètent, voire interrompent, la lecture. Cuénot explique à tous ceux qui n’auraient pas suivi l’affaire de près, que, bien que publié en 1955, l’ouvrage date des années 1940 et, mention tout aussi importante, qu’il a été « lu et relu » par des théologiens. Ces précisions devraient justifier l’absence d’imprimatur.

    5André Billy pleure aussi sur cette édition arrivée trop tard : « Et maintenant il est mort sans avoir vu imprimé ce livre plein de son génie et de sa foi3. » Depuis la mort de Teilhard, Billy se considère comme l’un des siens, « comme un ami par les dépositaires de son héritage spirituel4 ». Un mois plus tard, à la veille de Noël, André Rousseaux ajoute aussi sa touche d’émotion : « Il a fallu la mort de son auteur, le jour de Pâques de cette année, pour que commence, avec ce premier volume, la divulgation d’une œuvre dont on connaissait l’importance sans qu’il fût permis d’en avoir aisément communication5. » Le chroniqueur revient à son tour sur l’histoire des polycopiés de Teilhard, fort nombreux, mais insiste sur la difficulté de se les procurer, réservés à « un petit cercle de lecteurs privilégiés ».

    6Cette publication devrait enfin sortir cette œuvre de l’ombre, espère Henri Rambaud dans le Journal musical du mois de janvier. L’homme était pourtant connu, « tenu par nombre d’assez considérables esprits pour un immense génie, vrai colosse de la pensée, certaines disaient le Pascal de notre temps ; et, par d’autres, généralement plus obscurs, du moins en France, pour le plus aventureux des théoriciens et tout juste le contraire d’un guide ». Mais qu’en est-il de l’œuvre ? « C’était le curieux de l’affaire, souhaitiez-vous de juger par vous-même, impossible, ou pour le moins bien difficile : les travaux du paléontologiste exceptés, point de publications de ce maître si ardemment suivi, si passionnément combattu, que trois ou quatre articles de revue, d’ailleurs importants. Son œuvre était considérable. Simplement, elle n’était pas dans le commerce ; mais elle n’était pas non plus ignorée6. » La publication aux Éditions du Seuil est un événement.

    7Le 22 février 1956, Daniel-Rops revient sur l’actualité teilhardienne avec un long article, « L’affaire Teilhard de Chardin7 », inspiré par sa lecture de La Civiltà Cattolica. Non, la pensée de Teilhard n’a pas été enterrée avec son auteur. Malgré les injonctions romaines, Le Phénomène humain est parvenu à passer. « Comment s’explique un tel intérêt ? » se demande Daniel-Rops. « Certainement par le fait que le P. Teilhard pose des problèmes que les hommes de ce milieu du siècle se posent, et qu’il leur donne des réponses susceptibles d’exalter leur intelligence et d’emporter leur imagination loin sur les ailes du rêve8. » Une pensée qui répond, en somme, au problème du moment : l’existence.

    8Les articles qui commentent l’ouvrage relient cette nouvelle expression de l’humanisme, voire du néo-humanisme, à la possibilité d’avoir foi en l’avenir.

    Un néo-humanisme, une foi en l’avenir

    9L’introduction du terme « néo-humanisme » revient à Claude Cuénot. Selon lui, la pensée de Teilhard part des notions du « Cosmique » et du « Christique » avant que le jésuite ne commence à considérer « l’Humain », au moment de la Première Guerre mondiale. Si l’idée de placer l’Homme au centre correspond à la définition classique de l’humanisme, on trouverait chez Teilhard un néo-humanisme, c’est-à-dire une vision dans laquelle l’homme, au lieu d’occuper une place statique dans l’Univers, devient « axe et flèche de l’Évolution9».

    10On ne relève aucune mention du terme chez Ambrosino ou chez Kemp, auteurs d’articles beaucoup plus critiques publiés quelques jours plus tard. Il faut attendre la prise de parole d’André Rousseaux, le 24 décembre, pour retrouver l’expression de Teilhard : « L’Homme, non pas centre statique du Monde, comme il s’est cru longtemps : mais axe et flèche de l’Évolution, – ce qui est bien plus beau10. » Si les dernières avancées scientifiques avaient ébranlé des certitudes, la lecture de l’œuvre de Teilhard de Chardin permettrait à l’homme de ne plus se laisser gagner par l’angoisse. Son livre est une vertigineuse ascension qui aboutit à un humanisme chrétien. C’est un humanisme, cette fois, dynamique, en accord avec l’esprit des années 1950.

    11De cette vision, les lecteurs ont vu émerger une nouvelle foi : la foi en l’avenir. La thématique revient sous toutes les plumes et, si certains y croient, d’autres aimeraient y croire.

    Le concert de louanges du « teilhardisme officiel »

    12Claude Cuénot met l’accent sur ce qui, à ses yeux, constitue le plus grand mérite de cette synthèse : ouvrir « les immenses perspectives de l’avenir11 ». Il fait partie de ce noyau qui défend l’orthodoxie teilhardienne. En ont-ils le monopole, ont-ils tout compris ? Teilhard n’est plus là pour le dire. Pour Cuénot, « s’il existe un sens de l’évolution », il est à relier à la « totalisation sociale actuelle », affirmant qu’elle ne peut pas être le fruit du hasard : « Le Monde ne fonctionnerait pas s’il n’existait, quelque part, en avant du temps et de l’espace, un point cosmique Oméga de synthèse totale12. » Ces vues traduisent l’optimisme teilhardien, l’accent étant mis « en avant du temps et de l’espace », sans jamais insister sur la chute et le Paradis perdu des origines. Le Christ serait au bout de ce chemin. Le nommer Oméga permet de ne pas limiter cette bonne nouvelle aux seuls chrétiens.

    13André Billy, tout dévoué à Jeanne Mortier et à son cercle, avoue son incapacité à synthétiser un tel ouvrage, une « vision éblouissante de l’évolution universelle aboutissant au phénomène chrétien13 ». Au bout de quelques paragraphes, il esquisse une forme de conclusion : « Puissé-je du moins avoir donné à ceux que tourmente le problème de la destinée l’envie de le lire ! Une grande lumière, peut-être une grande espérance les y attend14. » Le phénomène chrétien serait au bout du chemin. André Rousseaux rejoint ce chorus d’éloges dans son article du Figaro littéraire.

    « Sa vision nous ouvre l’avenir attendu par cet ordre en marche. La pensée et la science du P. Teilhard opposent un mouvement constructif à ce qui apparaît souvent aujourd’hui dans une perspective anarchique et inquiétante… Loin que l’humanité lui semble divisée de plus en plus contre elle-même, il la voit avancer vers son unité fondamentale15. »

    14Les deux thèmes, un nouvel humanisme et une foi dans l’avenir, seraient étroitement liés. C’est la confiance accordée à l’homme qui permet d’avoir foi en l’avenir. Ces lecteurs voient une œuvre qui arrive à son heure. Après une guerre mondiale qui s’est achevée par une catastrophe atomique, le besoin de croire à l’avenir est manifeste. Une forte volonté de tourner la page gagne la société française. L’avenir, celui que les planistes préparent, s’annonce radieux. Les progrès techniques y contribuent. Au cours de l’année 1955, en quelques mois, les Français ont pu profiter de nombreuses avancées, notamment dans le domaine de l’énergie, ce qui devrait permettre d’augmenter la production : la mise en place du barrage de Donzère-Mondragon, le jaillissement de pétrole dans les Landes, des locomotives qui battent des records de vitesse, les ingénieurs qui modernisent la SNCF… La machine administrative devra se mettre au diapason afin de financer la recherche scientifique qui ne cesse de se développer. La croissance est de 5 % par an, le revenu national a progressé de 25 % depuis 1952 et, pour la première fois depuis la guerre, le solde des échanges commerciaux est positif16. Tous ces signaux ne passent plus inaperçus. Au premier plan Monnet a succédé le plan Hirsch, en 1954. Cette impulsion donnée à l’économie permet de financer la politique sociale.

    15La publication du Phénomène humain coïncide, en cette année 1955, avec un moment de détente et d’espoir17. Il y a, bien sûr, des ombres. L’été 1955, la situation en Algérie s’aggrave. Les élections législatives de juin 1956 ont dû être avancées au 2 janvier. Mais les événements d’Algérie ne parviennent pas, pendant ce moment d’illusion lyrique, à étouffer ce fonds d’espoir.

    L’enthousiasme de la presse

    16Dans le journal auvergnat La Montagne, le chroniqueur est heureux d’annoncer qu’un compatriote vient de publier « un livre qui fera date dans l’Histoire des idées18 » et qui correspond complètement à ce que l’humanité traverse en ce moment : « Que la vie a progressé par bonds et par relais, par essais et tâtonnements, mais par tâtonnements dirigés. Il est clair que jamais Le Phénomène humain, l’évolution humaine ne s’est autant précipitée, autant accélérée qu’elle le fait de nos jours. » Cette idée du tâtonnement est bien teilhardienne. Le journal s’en empare et relie l’auteur du Phénomène humain aux théories de l’évolution. Teilhard accorde une grande confiance à l’Homme, « confiance dans l’avenir de l’humanité aux seules lumières de la science et mieux encore aux lumières conjuguées qui viennent du phénomène humain et du phénomène chrétien ». Le journal La Montagne soutiendra indéfectiblement Teilhard de Chardin posthume. Fondé à Clermont-Ferrand en octobre 1919 par le député socialiste Alexandre Varenne, il se situait à gauche par rapport à L’Avenir, plus conservateur, et face au Moniteur, journal radical19. Cette confiance en l’avenir les touche. « Foi et raison, raison et foi20 », poursuit l’auteur, et partant toujours de la synthèse teilhardienne, le chroniqueur termine son article en associant christianisme et communisme, « les grands mots, étiquettes d’à présent ». Cette vision du Phénomène humain s’encombre peu des considérations théologiques pour s’intéresser essentiellement aux visions d’avenir.

    17Le livre s’est déjà beaucoup vendu ; les nombreux articles qui commentent l’ouvrage vont attirer de nouveaux lecteurs. Cependant, tant de succès étonne certains observateurs, dont Louis Jugnet, connaisseur de l’existence de l’œuvre souterraine de Teilhard.

    « Pendant longtemps, l’œuvre du P. Teilhard est restée pratiquement inconnue du grand public. À peine certains savants connaissaient-ils ses travaux spécialisés, tandis qu’une portion restreinte du public catholique lisait avec admiration des opuscules ronéotypés, ou même dactylographiés par des amis complaisants. Puis, graduellement, la renommée de la pensée teilhardienne a fait tache d’huile, malgré cette semi-clandestinité, si ce n’est pas plutôt à cause d’elle21. »

    18Dans La Nation française du mois de février 1956, Jugnet s’étonne. Du temps des polycopiés, les écrits circulaient parmi les personnes intéressées. Tout change brusquement après la disparition de Teilhard et Jugnet se demande si la presse n’a pas fabriqué un événement.

    « Les éloges, déjà bien orchestrés dans la presse avant la mort du Père, se sont transformés après sa disparition en un concert de louanges admirablement synchronisées, allant du Figaro littéraire à La Table ronde, en passant par la curieuse Psyché de Mme Choisy, atteignant même des journaux qu’on eût pu croire spéculatifs, comme La Dépêche du Midi, et même… Samedi-Soir22 ! »

    19En effet, même la presse destinée au délassement publie son article sur Teilhard. Jugnet est perplexe. La vie posthume de Teilhard de Chardin devient un phénomène de société.

    Les articles qui osent la critique

    20Deux articles osent apporter un regard critique à la fresque teilhardienne. Autour du 15 décembre, Le Monde et Les Nouvelles littéraires se démarquent du concert d’éloges. Ils ne mettent pas en doute les qualités littéraires de l’auteur. « Il n’a pas la mélodie d’un Hugo. Mais il est poète23 », écrit Robert Kemp, pendant que Georges Ambrosino, sans lui refuser des éloges du même ordre, souligne l’usage de « néologismes regrettables24 ». Ambrosino s’attaque, immédiatement après ces remarques formelles, à la problématique que nul n’a encore osé aborder. Est-ce vraiment un ouvrage scientifique ?

    « Si le projet de l’auteur fut de composer une somme scientifique – ce qu’il affirme en plusieurs endroits, demandant qu’on lise son livre “non comme un traité de métaphysique, ni un essai théologique, mais comme un mémoire scientifique” –, alors il a échoué, et non pour des raisons de détail, comme par exemple l’emploi relâché du mot “énergie”, mais pour des raisons qui tiennent aux principes mêmes de la science25. »

    21Pour l’auteur de cet article, il ne suffit pas d’employer un vocabulaire scientifique pour recouvrir n’importe quelle réalité. « Mais qu’a besoin ce livre du prestige de la science ? », poursuit Ambrosino. Ces deux chroniqueurs n’ont pas besoin d’invoquer la science pour échapper une quelconque mise à l’Index. Leur démarche est fort éloignée de celle adoptée par les tenants du « teilhardisme officiel ». Mais, à vrai dire, ce qui paraît extraordinaire à Ambrosino est que ces vues propres du xixe siècle puissent toucher ses contemporains.

    « Au début du siècle toute une littérature prétendue scientifique traitait de la matière, de l’énergie, de la vie et concluait, elle aussi, au progrès et aux nobles destinées de l’homme, détruisant chemin faisant les superstitions religieuses, causes du mal universel. L’ouvrage du père Teilhard, qualité humaine mise à part, participe de la même conception, et par des arguments voisins il conduit aussi au progrès, mais cette fois la religion en est le plus ferme soutien. Devant cette divergence la science reste muette. La même erreur de méthode conduit le père, par sincérité intransigeante et dans les termes les plus respectueux, à envisager le christianisme en tant que phénomène biologique26. »

    22En d’autres termes, c’est une apologétique pour le xxe siècle. L’œuvre de Teilhard offrirait la possibilité tant attendue, pour ceux qui se consacrent à des études scientifiques, de concilier leurs recherches avec la foi. Non seulement les deux peuvent se concilier mais, avec cette vision teilhardienne, la foi elle-même conduit au progrès, de manière inéluctable, puisque tout est présenté comme un phénomène biologique. Ambrosino y voit de nombreuses qualités et termine son article avec ces mots : « Acceptons-le comme un mythe où le cœur d’un homme a caché, sous les traits du mystère, toute son expérience, son inquiétude, son inébranlable foi27. » Cette foi inébranlable a permis à Teilhard d’apporter une vision pleine d’espoir. C’est beau, affirme Ambrosino, mais ce n’est pas pour autant qu’on peut y adhérer. C’est aussi ce que Robert Kemp écrit quelques jours après dans Les Nouvelles littéraires. Teilhard semble sûr de sa foi ; ses éditeurs le sont beaucoup moins…

    « La foi du R. P. Teilhard n’est pas suspecte. Il lui faut, sans escamotage, sans abus de dialectique, sans ruse, composer sa foi et son savoir. […] La sérénité du Père n’est pas troublée par les obstacles. Celle des présentateurs de son œuvre posthume ne paraît pas aussi ferme. Ils ont eu recours à un théologien, pour rédiger l’avant-propos, N. M. Wildiers, qui écarte de son mieux l’inquiétude, l’indiscrétion des lecteurs28. »

    23Kemp soutient cette observation avec quelques exemples tirés du livre, dont voici le premier :

    « Il écrit par exemple que, dans la description de la réalité cosmique, telle qu’elle se présente aux yeux du savant Teilhard, “il va de soi que l’auteur suppose partout la présence d’un Dieu personnel et créateur, qui provoque et dirige l’évolution du monde”. Sans doute est-ce vrai. Que cela “aille de soi”, on a quelque peine à en convenir. Le docteur en théologie – qui devine que nous froncerons les sourcils quand le Père suivra l’évolution continue de la vie, de la molécule inerte à la cellule, et de là à l’homo sapiens – devra affirmer que le Père distingue totalement l’homme des autres mammifères et des primates en particulier… Nous aurons vraiment besoin qu’on nous avertisse qu’à un instant, non déterminé, une âme a animé ce corps, ce corps élu, unique, d’un souffle immortel. Aussitôt on nous signale une note au bas de la page 186, rassurante29. »

    24Les tenants du « teilhardisme officiel » n’ont pas pu s’empêcher d’insérer leur lecture de l’œuvre dans les notes de bas de page et dans les pages d’introduction, ce qui, à force, conduit certains lecteurs à y voir la défense d’une pensée systématisée. Ces barrières de sécurité dressées par un théologien n’ont pas convaincu. « De sorte que, le long de cette lecture ardue, souvent saisissante, j’avoue à ma honte que je n’ai pas trouvé les raisons de croire. Ce n’était pas le projet de l’auteur de nous en fournir. Mais nous les cherchons30. » Robert Kemp, malgré l’impression laissée par cet homme charismatique, ne parvient pas à adhérer à sa vision.

    « Optimisme ! Le P. Teilhard ignore où montera la spirale, quel sera son couronnement. Il croit au progrès, d’un cœur fervent tel qu’on y croyait au xixe siècle. Il plaint les désordres de ce siècle. Recul accidentel peut-être. Peut-être. Maudits que nous sommes d’avoir à traverser cette bosse, cette torsion, ce fragment impur de la spirale ! Mais l’humanité a un but à atteindre… En dépit des souffrances, des pleurs, des massacres, nous montons. Le cher P. Teilhard, dont je crois voir encore les beaux yeux clairs, le masque puissant creusé par le pouce brutal d’un Rodin, nous l’affirme. Je veux l’écouter ; je veux donner mon assentiment. Le puis-je ? Je m’arrête31. »

    25Qualifier de « bosses » les grandes catastrophes que traverse l’humanité, le dépasse. Que penser des bombes nucléaires et des menaces que la guerre froide fait planer sur le monde ? Il faut en effet la foi de Teilhard pour croire au progrès au cœur de ce xxe siècle torturé. « C’est un mystique qui surgit à la fin du livre. Mais peut-on l’accompagner ? Le savant nous a quittés. Le mystique nous laisse en arrière. Nous nous retrouvons seuls. Et en refermant un livre riche, houleux, entraînant, nous n’avons qu’à soupirer, pauvres raisonneurs que nous sommes, une fois de plus découragés32. »

    26Ces deux articles apportent un regard critique sur Le Phénomène humain et sur la pensée de Teilhard qui ne s’était pas jusqu’ici manifesté. Les tenants du « teilhardisme officiel » avaient devancé toutes les chroniques. Ils sont critiqués à leur tour pour avoir interrompu la lecture de ceux qui auraient aimé se faire une idée par eux-mêmes. Cependant, ce regard critique n’est pas complètement hostile, contrairement aux commentaires que viennent apporter ceux qu’on qualifie d’intégristes.

    Le teilhardisme : le mot injurieux forgé par la presse intégriste

    27C’est le moment de revenir à Louis Jugnet. Dans son article « Le Système du monde du P. Teilhard », Jugnet regrette l’impossibilité de critiquer Teilhard au milieu de cette ambiance où l’ensemble de l’opinion publique semble acquise à Teilhard. « Toute critique contre la pensée du P. Teilhard est jugée non seulement indésirable et choquante, mais illégitime et calomnieuse33. » Jugnet déplore cette intolérance et rappelle qu’elle a atteint son point culminant le soir du 23 mai 1955 lorsque le « jeune homme qui distribuait à la sortie d’une réunion des “Intellectuels catholiques” (en fait toujours les mêmes, – une poignée – et orientés, comme on sait…) un tract se bornant à reproduire une mise en garde de L’Osservatore Romano et un article de La Civiltà Cattolica sur le P. Teilhard se vit proprement enlever et jeter au ruisseau son paquet de papier, sous les injures de nos penseurs avancés34… »

    28Jugnet a vu juste. Ce sont toujours les mêmes qui se rendent aux réunions des intellectuels catholiques, ceux qui se reconnaissent dans la pensée de Teilhard, comme le montrait aussi la « Semaine des intellectuels catholiques » du mois de novembre 1955. Jugnet l’exprime à sa manière, avec un ton et une mise en forme caractéristiques de la presse intégriste : il fait un usage fréquent des points de suspension, ce qui laisse la possibilité au lecteur d’imaginer le pire. Par ailleurs, il utilise les guillemets de manière détournée, comme ici, lorsqu’il explique comment s’est constituée une société d’amis et intimes de Teilhard « pour interdire, fût-ce au prix de poursuites judiciaires, tout usage des inédits les plus répandus, et pour combattre énergiquement toute interprétation jugée “déformante” de la pensée teilhardienne35 ». Pourquoi entourer « déformante » de la sorte ? Il fallait comprendre quelque chose ? La pensée teilhardienne serait déjà difforme par nature ? Cet usage des signes de ponctuation a pour but d’augmenter l’effet produit par les critiques formulées. Jugnet ne veut plus se taire : « Disons donc bien clairement ce que nous pensons de la doctrine d’un homme qu’on a osé qualifier de “nouveau saint Paul”36. » Et il entreprend alors la critique du Phénomène humain, point par point.

    29Après avoir donné la liste des scientifiques qui ne défendent pas les théories de l’évolution, Jugnet franchit le pas et associe un « isme » à la pensée de Teilhard : « Une conclusion s’impose donc dès maintenant : le teilhardisme n’est pas fondé sur la Science37. » Tout comme Ambrosino et Kemp, Jugnet ne croit pas au système présenté par Teilhard. Cependant, Ambrosino et Kemp pouvaient comprendre que d’autres puissent y trouver réconfort tandis que Jugnet imprime un refus catégorique. Enfin, la pensée de Teilhard trouve ses racines dans le panpsychisme :

    « Le panpsychisme, ou l’attribution de la Pensée à tout être corporel, qu’il soit minéral ou plante aussi bien qu’animal. Cette idée n’est pas nouvelle. Elle ne doit rien aux sciences puisqu’on la rencontre chez les philosophes anciens et pré-scientifiques, tel Anaximène, etc. ; chez les Italiens de la Renaissance, imitateurs en cela des Stoïciens antiques, et chez bien d’autres, tel le fameux évolutionniste matérialiste Ernest Haeckel, le grand homme de la Libre Pensée jusqu’à une date récente. Simplement, le panpsychisme, comme toute attitude philosophique spontanée chez certains penseurs, prend pour illustration, pour thème, pour image, la Science de son temps38. »

    30L’article se termine par une petite note qui promet une prochaine étude détaillée de ce panpsychisme, élément qui semble être la clé de cette pensée. Les amis de Teilhard réagissent immédiatement. André Billy contre-attaque trois jours après39. Dans cette bataille entre « teilhardistes » et « antiteilhardistes », écrit Billy, il ne faut pas s’étonner de retrouver M. Jugnet, l’auteur de L’Évolution rédemptrice du P. Teilhard de Chardin. L’opuscule, publié par les éditions du Cèdre, lui est attribué depuis des années. Le Figaro littéraire publie quelques jours après un démenti. Jugnet est indigné. Il n’a jamais été l’auteur de ce texte mais, visiblement, il a le profil de l’emploi. Rappelons que, en 1948, il avait attaqué Teilhard dans La Pensée catholique, sous le pseudonyme de René Charnay, et que certaines de ses conclusions concordent avec celles qui s’expriment dans L’Évolution rédemptrice du P. Teilhard de Chardin40. Il nie. L’accusation le poursuivra durant des années.

    31L’article de Louis Jugnet marque la fin d’une première vague de commentaires sur une publication exceptionnelle : Le Phénomène humain. Si Jugnet n’est pas l’auteur de L’Évolution rédemptrice du P. Teilhard de Chardin, il est assurément le premier à introduire le mot « teilhardisme » dans la presse. Le phénomène n’avait pas encore été nommé. Avec cette prise de parole intégriste, le « teilhardisme » devient définitivement le vocable injurieux, le cercle auquel personne ne veut appartenir. Daniel-Rops s’en empare ouvertement dans son article, publié une semaine après, et systématise un teilhardisme en cinq points. Pour Daniel-Rops, il n’est pas question de condamner d’emblée ce nouvel « isme » mais de l’analyser. Pour la première fois, cet « isme » est théorisé, moins d’un an après la mort de Teilhard. Il y eut bergsonisme ; il y aura teilhardisme. Daniel-Rops, sachant que ce sujet passionne bon nombre de ses contemporains, se demande « si l’Église considérera que les arguments apologétiques qui se dégagent du teilhardisme sont plus utiles que ne sont nuisibles et dangereuses certaines de ses propositions41 ».

    32L’écrivain propose une réponse mitigée : l’ouvrage peut libérer les milieux scientifiques français de l’emprise marxiste mais, en même temps, il risque d’égarer des croyants. Avec le teilhardisme, Daniel-Rops semble avoir trouvé son sujet de prédilection. À plusieurs reprises, tout au long du mois de mars, il intervient tantôt pour le théoriser, tantôt pour en retracer l’histoire42. Les protestations de Jeanne Mortier portent peu43. Il continue de développer ses arguments et étudie le teilhardisme, notamment « sa suite de propositions en forme d’axiomes : l’Évolution est une loi générale et fatale ; elle est régie par une force qu’on peut identifier à l’Esprit ; elle tend à suivre une courbe ascendante ; elle aboutit à Dieu44 »…

    33« Du Walt Disney45 ! », s’écrie Louis Salleron dans Itinéraires. Loin d’alourdir l’ambiance, la presse intégriste apporte à ce moment un peu d’air frais. Toutes ces discussions commençaient à tourner en rond entre défenseurs et détracteurs de la pensée de Teilhard. André Frossard, prenant un peu de recul, publie une page dans le Bulletin de Paris et pointe du doigt le difficile après-guerre, un moment de l’histoire de France peuplé de contradictions. Le maître de l’ironie s’amuse à intituler son article « Cultivons notre Chardin46 ! »

    « On se demande comment tant de malheureux, abrutis par la lecture de saint Thomas d’Aquin ou de Simone Weil, peuvent encore mettre en doute les théories du père Teilhard de Chardin sur l’ascension spirituelle de l’humanité, devant les progrès fantastiques accomplis en moins de dix ans par les Français, les Russes, les Arabes et les Chinois, pour ne parler que des retardataires.
    Il y a dix ans, nous tondions les femmes et nous les promenions à coups de pied dans les reins à travers les rues avant d’aller les rosser à mort dans un coin sombre. Nous étions encore près du sinanthrope. Aujourd’hui, la seule idée de faire passer un assassin en jugement inflige d’épouvantables tortures à l’esprit de charité qui nous est venu sans effort, comme ça, par l’effet naturel de nos mérites antérieurs. Nous approchons de l’ange. […]
    Vous n’auriez pas trouvé, il y a dix ans, deux Chinois qui eussent la même opinion sur la vie et la mort. Ils sont cinq cents millions aujourd’hui, habillés de bleu, qui portent le même uniforme mental. Vous appréciez l’enjambée, fabuleuse, vers cette socialisation dont les prophètes s’accordent à prédire l’heureux et prochain avènement. […]
    Et un dirigeant du parti communiste russe ? Un pâle courtisan courbé devant Staline dans les humbles postures de l’adulation, jusqu’en 1953. Depuis 1956, un fier révolutionnaire, qui a vaincu Staline trois ans à peine après sa mort.
    Que vous faut-il de plus ? Quelle preuve exigerez-vous encore des foudroyants progrès spirituels du dirigeant russe ? Il a atteint d’un coup à de telles hauteurs qu’après avoir perdu à tort, il a le pouvoir de réhabiliter. Ainsi, tout concorde à démontrer que nous devenons, chaque jour, meilleurs. Et le plus beau est qu’il ne nous en coûte aucune peine, au contraire ! Quand on pense au mal que saint Vincent de Paul s’est donné pour se rendre moralement présentable ! »

    34André Frossard termine son article avec ces mots : « La sainteté nous vient toute seule, mes frères, c’est admirable : nous glissons vers la perfection. » Frossard, et avec lui la presse catholique de droite, demeure complètement hermétique à la vague de teilhardisme naissant. Son refus est encore plus fort car il vient d’un converti. L’adhésion au catholicisme est chez lui pleine et entière. Il était issu d’une famille juive qui entretenait les traditions sans pour autant être attachée à la pratique religieuse. Son grand-père fut le premier secrétaire général du PCF avant de devenir ministre sous le Front populaire. Son cursus le conduit tout d’abord à l’École des arts décoratifs. Ses articles sont bien souvent accompagnés de dessins issus également de sa plume. Autant journaliste que dessinateur, il publie régulièrement dans des journaux comme L’Aurore ou Le Figaro47. Bien qu’il ne souhaite pas se définir par rapport à une tendance politique – ce qui serait, à ses yeux, créer une division supplémentaire au sein de la religion catholique, « la vraie » – la lecture de son article rend particulièrement difficile de dire à quel moment sa position est politique ou religieuse tant les deux sont imbriquées. Ce pluralisme, accepté à gauche, demeure une éternelle cause de regrets à droite48.

    35Les lecteurs de Candide auront reconnu l’expression « cultivons notre jardin » avec laquelle Voltaire invite à l’action. Est-ce un clin d’œil à ce malicieux ancêtre de la famille de Chardin49 ? Ou une manière de regretter l’état du monde en 1956, pas si heureux que cela ? L’article regorge de sous-entendus et d’allusions à l’actualité : la question de l’épuration – dépassée mais pas si lointaine –, le triomphe du communisme en Chine en 1949, les palinodies de l’URSS depuis la mort de Staline en 1953… Face à tous les défis de la deuxième moitié du xxe siècle, la lecture de Teilhard apporterait-elle de quoi avoir foi en l’avenir ?

    ⁂

    36Après l’épuration, il a fallu reconstruire. La nécessité de survivre a été effacée par les effets de la relance économique, sensibles depuis 1953. La guerre froide amorce un moment de détente, le prestige de l’URSS est remis en question. La société raffole de tout ce qui est nouveau, comme la pensée de Teilhard qu’on vient de découvrir avec la publication du Phénomène humain. En seulement quelques mois, le teilhardisme a acquis droit de cité. Les traditionalistes en ont assez de lire dans la presse, tous les jours, depuis ce jour de Pâques, des éloges du jésuite-paléontologue. Ceux qui l’ont connu perpétuent l’image d’un homme toujours prêt à se plier aux contraintes fixées par son Ordre, à remettre ses publications à plus tard. Les tracts qui viendraient rappeler qu’il diffusait une pensée alors qu’il lui avait été recommandé plus de prudence, ne portent pas. Des « continuateurs de sa vocation » ont pris en charge la tâche de publier et ils donnent une nouvelle impulsion à cette œuvre de mémoire.

    37Le Phénomène humain est devenu le tome I des Œuvres. Lui accorder ainsi la première place, et insister sur son caractère scientifique, fige pour un moment l’image du jésuite. Jeanne Mortier, entourée par un comité, surveille tout commentaire et interdit les interprétations qui, à ses yeux, ne correspondraient pas à la pensée de Teilhard de Chardin. Cette défense acerbe la place à la tête du « teilhardisme officiel », celui qui défend quelle est la manière correcte d’interpréter l’œuvre. Elle est soutenue dans cette tâche, en toute discrétion, par les pères de Lubac et Solages pendant que les pères jésuites, en France, se trouvent dans une situation fort inconfortable, pris en tenaille entre leur désir de préserver la mémoire de leur confrère et les instructions qui leur parviennent de leur père général, depuis la Curie jésuite romaine. Mais c’est surtout la presse qui est acquise à Teilhard.

    38Les seules voix qui crient au scandale viennent toutes du même camp. La question du péché originel, en toile de fond, continue de soulever des interrogations dans les années 1950. Jeanne Mortier vient proposer la lecture orthodoxe de Teilhard mais, peut-on défendre cette pensée sans la systématiser ?

    Notes de bas de page

    1Yves Congar, Journal d’un théologien (1946-1956), Paris, Cerf, 2000, le 29 novembre 1955, p. 407.

    2Claude Cuénot, « Pierre Teilhard de Chardin ; Le Phénomène humain », Combat, 3 novembre 1955.

    3André Billy, « Le Phénomène humain du père Teilhard de Chardin enfin révélé au public », Le Figaro, 23 novembre 1955.

    4André Billy, « Pour ou contre le P. Teilhard de Chardin. La littérature “véritable” et l’autre », Le Figaro littéraire, 18 février 1956.

    5André Rousseaux, « Le Phénomène humain », Le Figaro littéraire, 24 décembre 1955.

    6Henri Rambaud, « Pierre Teilhard de Chardin : Le Phénomène humain », Journal musical, janvier 1956.

    7Daniel-Rops, « L’affaire Teilhard de Chardin », Carrefour, 22 février 1956.

    8Ibid.

    9Claude Cuénot, « Pierre Teilhard de Chardin : Le Phénomène humain », art. cité.

    10André Rousseaux, « Le Phénomène humain », art. cité.

    11Claude Cuénot, « Pierre Teilhard de Chardin : Le Phénomène humain », art. cité.

    12Ibid.

    13André Billy, « Le Phénomène humain du père Teilhard de Chardin enfin révélé au public », art. cité.

    14Ibid.

    15André Rousseaux, « Le Phénomène humain », art. cité.

    16Jean-Pierre Rioux, La France de la Quatrième République, t. II : L’expansion et l’impuissance (1952-1958), Paris, Seuil, 1980, p. 70.

    17Ibid., p. 73.

    18L. G., « Pierre Teilhard de Chardin propose une explication du monde recevable et persuasive », La Montagne, 29 novembre 1955.

    19Marc Martin, La Presse régionale. Des affiches aux grands quotidiens, Paris, Fayard, 2002, p. 225 et p. 299.

    20L. G., « Pierre Teilhard de Chardin propose une explication du monde recevable et persuasive », art. cité.

    21Louis Jugnet, « Le système du monde du P. Teilhard de Chardin », La Nation française, 15 février 1956.

    22Ibid.

    23Robert Kemp, « Nouveaux Vertiges », Les Nouvelles littéraires, 15 décembre 1955.

    24Ibid.

    25Georges Ambrosino, « Une théorie chrétienne de l’évolution. Le Phénomène humain », Le Monde, 13 décembre 1955.

    26Ibid.

    27Ibid.

    28Robert Kemp, « Nouveaux Vertiges », art. cité.

    29Ibid.

    30Ibid.

    31Ibid.

    32Ibid.

    33Louis Jugnet, « Le système du monde du P. Teilhard de Chardin », art. cité.

    34Ibid.

    35Ibid.

    36Ibid.

    37Ibid.

    38Ibid.

    39André Billy, « Pour ou contre le P. Teilhard de Chardin. La littérature “véritable” et l’autre », Le Figaro littéraire, 18 février 1956.

    40Cyrille Dounot, « Louis Jugnet et les réseaux intellectuels catholiques intransigeants. Ce que révèle sa correspondance inédite », Revue d’histoire de l’Église de France. Société d’histoire religieuse de France, 2015, no 101, p. 326 ; Jugnet a raison de se plaindre. Il n’a pas écrit ce pamphlet anti-teilhardien. La vérité ne sera pas connue avant longtemps, lorsque le véritable auteur de L’Évolution rédemptrice du P. Teilhard de Chardin avouera (Mercè Prats, Une parole attendue, op. cit.).

    41Daniel-Rops, « L’affaire Teilhard de Chardin », Carrefour, 22 février 1956.

    42Daniel-Rops, « Controverse sur un écrit posthume du père Teilhard de Chardin », Tribune de Genève, 10 mars 1956 ; Daniel-Rops, « Pourquoi parle-t-on tant du R. P. Teilhard de Chardin ? », L’Écho-Liberté de Lyon, 16 mars 1956.

    43Daniel-Rops, « L’affaire Teilhard de Chardin », Carrefour, 7 mars 1956.

    44Daniel-Rops, « Pourquoi parle-t-on tant du R. P. Teilhard de Chardin ? », art. cité.

    45Louis Salleron, « Post-scriptum sur le P. Teilhard de Chardin », Itinéraires, mai 1956.

    46André Frossard, « Cultivons notre Chardin ! », Bulletin de Paris, 3 mai 1956.

    47« Ils nous ont fait confiance : André Frossard », Le Figaro, 21 mars 2014.

    48René Rémond, « Droite et gauche dans le catholicisme français contemporain », Revue française de science politique, 1958, p. 529-544.

    49La mère de Pierre Teilhard de Chardin était une parente éloignée de Voltaire.

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    1Yves Congar, Journal d’un théologien (1946-1956), Paris, Cerf, 2000, le 29 novembre 1955, p. 407.

    2Claude Cuénot, « Pierre Teilhard de Chardin ; Le Phénomène humain », Combat, 3 novembre 1955.

    3André Billy, « Le Phénomène humain du père Teilhard de Chardin enfin révélé au public », Le Figaro, 23 novembre 1955.

    4André Billy, « Pour ou contre le P. Teilhard de Chardin. La littérature “véritable” et l’autre », Le Figaro littéraire, 18 février 1956.

    5André Rousseaux, « Le Phénomène humain », Le Figaro littéraire, 24 décembre 1955.

    6Henri Rambaud, « Pierre Teilhard de Chardin : Le Phénomène humain », Journal musical, janvier 1956.

    7Daniel-Rops, « L’affaire Teilhard de Chardin », Carrefour, 22 février 1956.

    8Ibid.

    9Claude Cuénot, « Pierre Teilhard de Chardin : Le Phénomène humain », art. cité.

    10André Rousseaux, « Le Phénomène humain », art. cité.

    11Claude Cuénot, « Pierre Teilhard de Chardin : Le Phénomène humain », art. cité.

    12Ibid.

    13André Billy, « Le Phénomène humain du père Teilhard de Chardin enfin révélé au public », art. cité.

    14Ibid.

    15André Rousseaux, « Le Phénomène humain », art. cité.

    16Jean-Pierre Rioux, La France de la Quatrième République, t. II : L’expansion et l’impuissance (1952-1958), Paris, Seuil, 1980, p. 70.

    17Ibid., p. 73.

    18L. G., « Pierre Teilhard de Chardin propose une explication du monde recevable et persuasive », La Montagne, 29 novembre 1955.

    19Marc Martin, La Presse régionale. Des affiches aux grands quotidiens, Paris, Fayard, 2002, p. 225 et p. 299.

    20L. G., « Pierre Teilhard de Chardin propose une explication du monde recevable et persuasive », art. cité.

    21Louis Jugnet, « Le système du monde du P. Teilhard de Chardin », La Nation française, 15 février 1956.

    22Ibid.

    23Robert Kemp, « Nouveaux Vertiges », Les Nouvelles littéraires, 15 décembre 1955.

    24Ibid.

    25Georges Ambrosino, « Une théorie chrétienne de l’évolution. Le Phénomène humain », Le Monde, 13 décembre 1955.

    26Ibid.

    27Ibid.

    28Robert Kemp, « Nouveaux Vertiges », art. cité.

    29Ibid.

    30Ibid.

    31Ibid.

    32Ibid.

    33Louis Jugnet, « Le système du monde du P. Teilhard de Chardin », art. cité.

    34Ibid.

    35Ibid.

    36Ibid.

    37Ibid.

    38Ibid.

    39André Billy, « Pour ou contre le P. Teilhard de Chardin. La littérature “véritable” et l’autre », Le Figaro littéraire, 18 février 1956.

    40Cyrille Dounot, « Louis Jugnet et les réseaux intellectuels catholiques intransigeants. Ce que révèle sa correspondance inédite », Revue d’histoire de l’Église de France. Société d’histoire religieuse de France, 2015, no 101, p. 326 ; Jugnet a raison de se plaindre. Il n’a pas écrit ce pamphlet anti-teilhardien. La vérité ne sera pas connue avant longtemps, lorsque le véritable auteur de L’Évolution rédemptrice du P. Teilhard de Chardin avouera (Mercè Prats, Une parole attendue, op. cit.).

    41Daniel-Rops, « L’affaire Teilhard de Chardin », Carrefour, 22 février 1956.

    42Daniel-Rops, « Controverse sur un écrit posthume du père Teilhard de Chardin », Tribune de Genève, 10 mars 1956 ; Daniel-Rops, « Pourquoi parle-t-on tant du R. P. Teilhard de Chardin ? », L’Écho-Liberté de Lyon, 16 mars 1956.

    43Daniel-Rops, « L’affaire Teilhard de Chardin », Carrefour, 7 mars 1956.

    44Daniel-Rops, « Pourquoi parle-t-on tant du R. P. Teilhard de Chardin ? », art. cité.

    45Louis Salleron, « Post-scriptum sur le P. Teilhard de Chardin », Itinéraires, mai 1956.

    46André Frossard, « Cultivons notre Chardin ! », Bulletin de Paris, 3 mai 1956.

    47« Ils nous ont fait confiance : André Frossard », Le Figaro, 21 mars 2014.

    48René Rémond, « Droite et gauche dans le catholicisme français contemporain », Revue française de science politique, 1958, p. 529-544.

    49La mère de Pierre Teilhard de Chardin était une parente éloignée de Voltaire.

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    Prats, M. (2025). Chapitre V. La réception du Phénomène humain en France. In Le teilhardisme. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14y5t
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    Prats, Mercè. « Chapitre V. La réception du Phénomène humain en France ». Le teilhardisme, Presses universitaires de Rennes, 2025, https://doi.org/10.4000/14y5t.

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    Prats, M. (2025). Le teilhardisme. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14y66
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