Un monument qui se mérite
La colonne Louis XVI à Nantes (1788-1823)
p. 405-410
Texte intégral
1L’hiver 1784 fut terrible. Les chutes de neige abondantes, le gel persistant et la rigueur des températures plongèrent dans la désolation de nombreuses familles réduites à la misère, vulnérables aux morsures du froid, de la faim et de la maladie1. C’est à Paris qu’une partie de ces malheureux espérèrent recevoir quelques secours et trouver de la chaleur et du pain. Alexandre Dumas, dans son roman Le collier de la reine, a saisi en quelques lignes tout à la fois cette souffrance et cet espoir en peignant, pour le riche, le beau décor que constituent des arbres noirs se dégageant du sol blanchi et du ciel gris quand ceux-ci sont pour les pauvres comme l’annonce fatale de leur sépulcre et le fouet cinglant pressant leurs pas vers un havre qu’ils désespèrent de trouver2. Il a décrit aussi dans la capitale du royaume les efforts du roi et de la reine pour pallier l’impuissance des autorités municipales dépassées par l’afflux de ces milliers de misérables. Dans une ville dépeinte comme emmurée et assiégée de l’intérieur par la neige devenue, l’instant d’un dégel un peu plus long avant que le froid ne la saisisse de nouveau, un entrelacs de rivières engloutissant les chevaux et menaçant de ses eaux glacées et boueuses les hommes, le romancier montre le roi aux prises avec « ce monstre » impitoyable et inflexible dévorant son peuple. Ses efforts quoiqu’insuffisants pour le soulager tout entier lui gagnèrent son surnom de Bienveillant et touchèrent cependant le cœur des Parisiens3. Fidèle en cela au mémorialiste de la Correspondance littéraire secrète, Alexandre Dumas dépeint les manifestations de reconnaissance de ces affligés sensibles à la piété et à la miséricorde, à la charité et la bienveillance de leur monarque. Fragiles et humbles, des monuments de neige et de glace conjuguées furent ainsi édifiés dans les rues, sur les carrefours et dans les places de la ville pour chanter ses louanges.
« Comme, autrefois, les soldats érigeaient des trophées au général vainqueur, avec les armes de l’ennemi dont le général les avait délivrés, les Parisiens, sur le champ de bataille même où ils luttaient contre l’hiver, élevèrent donc au roi et à la reine des obélisques de neige et de glace. Chacun y concourut : le manœuvre donna ses bras, l’ouvrier son industrie, l’artiste son talent, et les obélisques s’élevèrent élégants, hardis et solides, à chaque coin des principales rues, et le pauvre homme de lettres que le bienfait du souverain avait été chercher dans sa mansarde apporta l’offrande d’une inscription rédigée plus encore par le cœur que par l’esprit4. »
2Dans sa Nouvelle description des curiosités de Paris, publiée pour la première fois en 1785, Jacques-Antoine Dulaure ajoute ce commentaire à son évocation de l’histoire et de l’architecture du palais du Louvre :
« Nous n’oublierons pas un trait qui honore la bienfaisance du Roi qui nous gouverne, et la reconnaissance de ses sujets. Après que Louis XVI eut porté du secours à ceux de son peuple, que les rigueurs de l’hiver de 1784 avoient jetté dans la misere, on éleva, proche le Louvre, au passage du Coq, un Obélisque de neige dédié à Louis XVI. Chacun, à l’envi, venoit payer le tribut de sa gratitude et de sa sensibilité, en attachant des Inscriptions où on lisoit l’expression du cœur des François. Ce Monument de neige étoit plus éloquent, plus glorieux, que le marbre et le bronze érigé par la flatterie. Parmi le nombre prodigieux d’inscriptions qui le couvroit, on remarquoit ce quatrain : Louis, les indigens que ta bonté protège/Ne peuvent t’élever qu’un Monument de neige ;/Mais il plaît davantage à ton cœur généreux,/Que le marbre payé du pain des malheureux5. »
3Il faut imaginer la scène de ces autels précaires, de ces obélisques fragiles et de ces monuments incertains élevés aux mérites du roi et, dans le même temps, entendre ce que les contemporains disent alors de la glorification monarchique, du grand art d’apparat des monuments royaux et de l’éloquence mercenaire de la statuaire dressant au-dessus du peuple, ici, un royal cavalier de bronze, là, un souverain de marbre élevé au-dessus des nations et soumettant des esclaves. Louis-François Mettra, l’un des principaux rédacteurs de la Correspondance littéraire secrète évoquée plus haut, précisa que ce « concours libre et public », désintéressé, avait suscité une éloquence qui n’existait plus dans les académies car « l’adulation, la bassesse et la mauvaise foi » l’avaient rendue inaudible6. La réception de la dernière statue royale parisienne, celle équestre de Louis XV réalisée par Edme Bouchardon sur l’actuelle place de la Concorde, montre combien était désormais vacillante et suspecte la démonstration monumentale de l’autorité et de la gloire monarchiques et combien semblait plus sincère la modestie de ces hommages éphémères que l’adulation commandée des thuriféraires de la monarchie7. Cette prévention rend compte de la lacune que constitue dans l’histoire des rois Bourbons l’absence d’un art statuaire public de Louis XVI8. Si l’on peut recenser une cinquantaine de projets, seul Port Vendres vit l’érection en 1782 d’un obélisque à la gloire du roi et ce n’est qu’à la fin de l’année 1788 que le projet conçu par l’architecte voyer de la ville de Nantes, Mathurin Crucy, fut présenté à la municipalité pour être réellement achevé que 34 ans plus tard lors de son inauguration en août 1823.
4Ces deux réalisations, imaginées donc durant le règne du roi, et non nées du désir de ses successeurs de « renouer la chaîne des temps », pour reprendre ici le préambule de la Charte de 1814, ont pour commune origine la volonté de célébrer non pas le roi victorieux ni même le souverain pacifique mais le monarque sous le règne duquel le peuple bénéficia de ses soins paternels et de sa bienveillance de souverain éclairé. Pour le port roussillonnais, c’est le creusement ordonné par le roi d’une grande darse d’eau profonde pour commercer avec l’Europe entière qui est la cause de cette démonstration de reconnaissance décidée en 1780. Pour le port ligérien, c’est la somme des transformations urbaines réalisées sous son règne qui doit à Louis XVI ce même témoignage de reconnaissance de sa bienveillance. C’est bien ce dernier mot qui est à l’origine, pour ne parler ici que l’un des projets entretenant avec le monument nantais une proximité tant chronologique régionale, de la proposition, arrêtée le 10 décembre 1784, par les États de Bretagne de dresser une statue pédestre du roi en bronze9. Le 17 janvier 1785, Nantes réclama l’honneur d’accueillir ce monument disputant à Rennes la gloire d’ériger en son sein cette manifestation de la reconnaissance et de l’amour des Bretons envers leur roi. Si la capitale de la province défend ses prérogatives, la statue équestre de Louis XIV qu’elle a obtenue concurremment à Nantes et celle, pédestre, de Louis XV, installée en 1754 dans une niche de la façade de son hôtel de ville, peuvent asseoir la légitimité de sa demande comme défendre l’idée, au contraire, d’une plus juste répartition des honneurs entre les deux villes. C’est cette dernière idée que défend la députation de la ville de Brest, le 28 mars 1785, pour réclamer à son bénéfice cet embellissement de son port, faisant valoir, par ailleurs, qu’à Nantes, le commerce saura prendre l’initiative d’élever un tel monument10. Convaincu par les arguments de son maire, Louis XVI fait le choix, en juin 1785, de la ville de Brest pour accueillir cette statue. Mais dès 1787, l’aménagement du port par la Marine contrarie totalement les plans initiaux de l’architecte Claude Jean-Baptiste Jallier de Savault pour recevoir le monument11.
5Ce n’est pas du « Commerce », comme l’avaient imaginé les Brestois, mais de la compagnie des architectes de la ville que l’idée d’élever à Nantes un monument aux mérites de Louis XVI fut reprise en novembre 1788. Lorsqu’il présenta au conseil de la ville ce projet, Mathurin Crucy se faisait le porte-parole d’une profession qui souhaitait honorer par ce geste un souverain sous le règne duquel la ville avait connu un embellissement sans nul autre pareil12. Sans que l’on y trouve, comme dans d’autres villes du royaume, l’influence directe de l’appareil étatique – intendance, académie royale d’architecture, conseil du roi etc. –, les Nantais peuvent renvoyer à la royauté le bénéfice des considérables transformations de leur ville en reconnaissant son œuvre dans la formidable prospérité commerciale dont jouit alors la cité ou à travers la confiance accordée par les bureaux parisiens à l’architecte voyer Jean-Baptiste Ceineray (dont le plan d’urbanisme était approuvé par le conseil royal en 1766) puis à son successeur, à partir de 1780, le Nantais Mathurin Crucy. Reprenant les motifs mis en avant par les États de Bretagne à la fin de l’année 1784 – l’heureuse conclusion des traités de Paris et de Versailles en 1783, la bienveillance du roi manifestée lors de l’hiver et du printemps 1784, l’abolition des dernières traces du servage en 1779 –, l’architecte voyer nantais pouvait ajouter au mérite du roi les transformations de la ville que son règne avait permises en assurant les conditions de la liberté des mers et de l’élan commercial. Sous la direction de Crucy, Nantes connaît en effet peut-être sa plus décisive mutation urbanistique du xviiie siècle qui, pour reprendre l’analyse proposée par Daniel Rabreau, « tient lieu d’une véritable métamorphose “à l’antique” de la ville neuve en gestation et qui justifie, sur le plan de l’imaginaire, l’adoption du concept de migration de l’esprit hellénisant13 ». En reprenant la liste qu’il établit des réalisations dues à Crucy, on compte ainsi en 1783 la halle aux poissons et le quai à l’est de l’île Feydeau, entre 1784 et 1787, le grand théâtre et les immeubles de la place Graslin qui le bordent, en 1786, la halle aux blés, en 1788, la place Royale, et commencés en 1786 les immeubles de la place de la chambre des comptes et l’hôtel Montaudoin (un immeuble de rapport en fait). S’y ajoutent l’achèvement de l’hospice des enfants trouvés et l’aménagement des cours à l’est de la ville sur les anciennes fortifications.
6C’est précisément à la jonction de ces deux cours – celui tendant vers l’Erdre (le cours Saint-André) et celui descendant vers la Loire (le cours Saint-Pierre) – et face à la porte Saint-Pierre que Mathurin Crucy choisit de dresser la colonne de la reconnaissance des Nantais à l’égard de leur bienveillant et méritant monarque. Mais ces qualités ne sont plus alors celles que les députés de la province reconnaissent à leur souverain. Sa décision de suspendre en effet la session des États provinciaux contrarie l’image libérale et bienfaitrice d’un règne éclairé et la prudence fait retomber l’enthousiasme de Mathurin Crucy qu’une lettre de son neveu, Mathurin Peccot, présent à Rennes, avait averti, au mois de janvier 1789, du caractère inopportun de l’initiative. Quand le monument se plaçait dans une perspective commémorative, l’actualité brouillait la perspective laudative et exposait la colonne à un hiatus intempestif.
7Remis à des jours meilleurs, le projet est présenté à nouveau en janvier 1790 pour célébrer l’âge de la liberté et les vertus de la monarchie constitutionnelle : le monument devient l’expression esthétique des principes politiques fondant le nouveau régime : le piédestal représentant la nation, la colonne, la loi (comme expression de la souveraineté du peuple représenté par ses députés), la statue, le roi comme figure de l’autorité exécutive. La dédicace du monument associe alors Louis XVI le bienfaisant et restaurateur de la liberté, l’Assemblée nationale, les citoyens de Nantes qui avaient présenté la première requête au corps municipal, les 11 citoyens députés pour présenter cette requête au roi, les vainqueurs de la Bastille et, enfin, tous les bons citoyens de Nantes amis de la constitution. La municipalité prolonge cette inflation référentielle en choisissant d’organiser les célébrations de la pose de la première pierre du monument lors de la fête prévue, le 24 juin 1790, pour commémorer le pacte fédératif juré ce même mois de janvier. En habits de sacre, Louis XVI devait être représenté, selon les dessins de Crucy, tenant dans sa main le texte de la Constitution.
8Sa trahison par le roi lors de l’aventure désastreuse de Varennes (juin 1791) vient stopper net la réalisation de la statue du monarque dont le financement n’avait pas encore été réuni quand la colonne elle, haute de 24 mètres, avait été achevée dès la fin de l’année 179014. Il est donc substitué au roi parjure une allégorie de la liberté, bonnet phrygien sur la tête et pique à la main. Les péripéties révolutionnaires et les temps impériaux ne sont pas davantage favorables à l’achèvement du monument : la statue de la liberté ne fut pas terminée et c’est un aigle aux ailes déployées que l’on installe temporairement au sommet de la colonne lors de la visite de Napoléon à Nantes en août 1808. La Restauration voit dès les premiers mois du nouveau régime la reprise du projet initial mais la statue, commandée à Joseph de Bay, est de nouveau compromise avec le retour de Napoléon moins d’un an plus tard : le sculpteur remettant à la ville son modèle en mars 1815 quand Louis XVIII a quitté le royaume en se réfugiant à Gand le 23 de ce mois.
9Il faut attendre le mois d’août 1823 pour que le monument soit enfin inauguré avec, à son sommet, la statue de Louis XVI réalisée par Dominique Molknecht. Si le roi tient toujours un texte à la main, ce n’est plus le texte de la constitution mais son testament. Changement considérable. L’œuvre est réalisée dans un contexte politique qui est alors celui du triomphe de l’ultracisme – Villèle est le maître du gouvernement depuis 1822, année de la commande de la statue par la municipalité nantaise – et les mérites qui sont dès lors célébrés à l’été 1823 sont moins ceux, rétrospectivement, de la bienveillance d’un règne que ceux dont le « martyre » du roi peuvent faire bénéficier, dans une perspective eschatologique, à la France pécheresse à l’image de la référence aux mérites des saints et de ceux de l’Église15. La cérémonie de l’inauguration ne se fait-elle pas en présence de la duchesse d’Angoulême, Marie-Thérèse Charlotte de France, qui avait introduit à Rome, en 1817, la cause de la béatification de son père et que le refus du pape, trois ans plus tard, n’avait pas découragé ?
10Le roi méritant de 1788, celui de l’urbanisme des Lumières et de la bienveillance éclairée, ne pouvait, par ailleurs, pas prendre place en 1823 dans un environnement monumental célébrant désormais les mérites d’une France médiévale et les figures du vieux duché féodal avec les statues, placées au bout des cours, de Bertrand du Guesclin, d’Olivier de Clisson, d’Anne de Bretagne et du duc Arthur III. Ce décalage, cette impossible concordance des temps, ne sont-ils pas alors à l’image d’une commémoration insoluble que met comme en scène à Nantes, un peu plus loin, au-delà du cours des Cinquante Otages, une place Royale sans statue de monarque ?
Notes de bas de page
1Petitfils Jean-Christian, Louis XVI, Paris, Perrin, 2005, p. 466.
2Dumas Alexandre, Le Collier de la Reine, Lausanne, Éditions Rencontre, 1967 (1849-1850), t. 1, p. 75-81.
3C’est cette image de son frère que met en avant Louis XVIII en commandant au peintre Louis Hersent un tableau, achevé en 1817, représentant le roi faisant l’aumône aux victimes d’un autre rigoureux hiver, celui de 1788 (Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon).
4Dumas Alexandre, op. cit., p. 79-80.
5Dulaure Jacques-Antoine, Nouvelle description des curiosités de Paris […] qui peuvent intéresser les Étrangers et les Habitans de cette Ville, à Paris, chez Lejay, 1787, in-8o, 2e partie, p. 176-177 ; Pigaillem Henri, L’obélisque de neige et autres récits de Noël, Paris, L’Archipel, 2011.
6Merrick Jeffrey, « Politics on Pedestals. Royal Monuments in Eighteenth-Century France », French History, vol. 5, no 2, 1991, p. 254.
7Ibid., p. 250-251 ; McClellan Andrew, « The Life and Death of a Royal Monument: Bouchardon’s Louis XV », Oxford Art Journal, vol. 23-2, 2000, p. 1-28 ; Chastel-Rousseau Charlotte, « La figure du prince au xviiie siècle : monument royal et stratégies de représentation du pouvoir monarchique dans l’espace urbain », in Gady Alexandre et Pérouse de Montclos Jean-Marie (dir.), De l’esprit des villes. Nancy et l’Europe urbaine au siècle des Lumières, 1720-1770, Nancy, Artlys, 2005, p. 96-102 ; Clay Richard, « Bouchardon’s Statue of Louis XIV ; Iconoclasm and the Tranformation of Signs », in Boldrick Stacy et Clay Richard (éd.), Iconoclasm. Contested Objects, Contested Terms, Ashgate, Aldershot, 2007, p. 93-122 ; Rabreau Daniel, « Du laurier à l’olivier. La gloire de Louis XV touchée par les Lumières », Sociétés & Représentations, no 26, 2008-2, p. 133-151 ; Gaehtgens Thomas W., « Du Parnasse au Panthéon : la représentation des hommes illustres et des grands hommes dans la France du xviiie siècle », in Gaehtgens Thomas W. et Wedekind Gregor (dir.), Le culte des grands hommes, 1750-1850, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2009, p. 135-171 ; Scherf Guilhem, Pigalle. Voltaire nu, Paris, Somogy, 2010 ; Chastel-Rousseau Charlotte (dir.), Reading the Royal Monument in Eighteenth-Century Europe, Ashgate, Farnham, 2011 (principalement les contributions d’Étienne Jollet, de Daniel Rabreau et de Godehard Janzing, p. 11-37, 39-54 et 55-70) ; Rickert Yvonne, « Une célébration du roi ? Pierre Patte et ses Monuments érigés en France à la gloire de Louis XV », Les cahiers de Framespa, « Célébrer le Roy. De François Ier à Louis XV », Debuiche Colin et al. (coord.), no 11, 2012.
8Deming Marc K., « Louis XVI en l’Île. Contribution à l’étude des places royales parisiennes à la fin de l’Ancien Régime », Revue de l’art, no 83, 1989, p. 86-92 ; Cleary Richard L., The Place Royale and Urban Design in the Ancien Régime, Cambridge, Cambridge University Press, 1999 ; Gady Alexandre, « Les places royales en France au xviiie siècle », in Gady Alexandre et Pérouse de Montclos Jean-Marie (dir.), op. cit., p. 63-69.
9Stein Henri, « Les projets d’érection d’une statue de Louis XVI à Brest », Annales de Bretagne, t. 23, no 2, 1907, p. 217-246.
10Ibid., p. 229.
11Jollet Étienne, « Between Allegory and Topography: the Project for a Statue to Louis XVI in Brest (1785-1786) and the Question of the Pedestal in Public Statuary in Eighteenth Century France », The Oxford Art Journal, t. 23, no 2, 2000, p. 49-78.
12L’histoire de ce monument bénéficie de nombreuses études en commençant par celle de Jean-Charles Renoul, publiée seulement trente-cinq ans après l’érection du monument définitif, jusqu’aux pages que lui consacrent Gilles Bienvenu dans sa thèse soutenue en 2013 et André Perron dans sa notice du Dictionnaire de Nantes publié cette même année 2013, en passant par les travaux de Claude Cosneau, de Daniel Rabreau et d’Alain Delaval sur Mathurin Crucy et la synthèse de Pierre Lelièvre. Renoul Jean-Charles, « Colonne de la place Louis XVI », Annales de la Société académique de Nantes et du département de la Loire-Inférieure, t. 29, 1859, p. 29-58 ; Cosneau Claude (éd.), Mathurin Crucy (1749-1826). Architecte nantais néo-classique, Nantes, musée Dobrée, 1986, p. 63-69 ; Lelièvre Pierre, Nantes au xviiie siècle. Urbanisme et architecture, Paris, Picard, 1988 (1942), p. 176-181 ; Delaval Alain, Le Théâtre Graslin à Nantes, Nantes, Éditions Joca Seria, 2004 ; Rabreau Daniel, « L’œuvre de Mathurin Crucy à Nantes. Une nouvelle Athènes sur la Loire : migrations et mutations architecturales (1780-1820) », in Le Pichon Philippe et Orain Arnaud (dir.), Jean-Joseph-Louis Graslin (1727-1790). Le temps des Lumières à Nantes, Rennes, PUR, 2008, p. 273-289 ; Bienvenu Gilles, De l’architecte voyer à l’ingénieur en chef des services techniques. Les services d’architecture et d’urbanisme de la ville de Nantes du xviiie siècle au xxe siècle, thèse d’histoire de l’architecture, dactyl., dir. Gérard Monnier, université Paris-Sorbonne-Paris I, 2013, t. 1, p. 347-355 ; Perron A, « Louis XVI », in Amouroux Dominique et al. (dir.), Dictionnaire de Nantes, Rennes, PUR, 2013, p. 599-600.
13Rabreau Daniel, « L’œuvre de Mathurin Crucy à Nantes », art. cité, p. 278 ; sur l’embellissement nantais, Saupin Guy, « Graslin et les pouvoirs publics à Nantes à la fin de l’Ancien Régime », in Le Pichon Philippe et Orain Arnaud (dir.), op. cit., p. 191-208, et dans ce même volume les contributions de Philippe Le Pichon et d’André Delaval (p. 241-271 et p. 233-239) ; également Bienvenu Gilles, « De la ville fortifiée à la ville moderne, architecture et urbanisme », Nantes, Paris, Éditions Bonneton, 1990, p. 68-115 ; plus largement et pour singulariser l’expérience nantaise, Harouel Jean-Louis, L’embellissement des villes. L’urbanisme français au xviiie siècle, Paris, Picard, 1993.
14Pour suppléer l’insuccès de la souscription publique, la municipalité venait, à la fin du mois de mars 1791, de décider de financer la réalisation de la statue confiée à Jacques Lamarie.
15En 1821, est publié à Paris le premier volume d’une série intitulée « Le martyrologue royal », avec une Vie de Louis XVI par Antoine Jean Cassé de Saint-Prosper. Sur le « martyre » de Louis XVI, Boutry Philippe, « Le roi martyr. La cause de Louis XVI devant la Cour de Rome (1820) », Revue d’histoire de l’Église de France, t. 76, 1990, p. 51-71 ; Fureix Emmanuel, La France des larmes. Deuils politiques à l’âge romantique (1814-1840), Seyssel, Champ Vallon, 2009, p. 172-177 et 202-209, et les contributions de Bernard Hours, d’Annie Duprat et de Paul Chopelin dans Chopelin Paul et Édouard Sylvène (dir.), Le sang des princes. Cultes et mémoires des souverains suppliciés (xvie-xxie siècle), Rennes, PUR, 2014, p. 105-114, 147-161 et 281-295.
Auteur
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Yann Lignereux
Université de Nantes.
Yann Lignereux est professeur d’histoire moderne, Centre de recherches en histoire internationale et atlantique (CRHIA-EA 1163), université de Nantes.
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