Commémorations et monuments commémoratifs dans les poches de l’Atlantique
p. 295-310
Texte intégral
1Cet article, issu de la communication présentée au colloque de Saint-Nazaire, est le fruit d’un travail collectif qui a été mené au sein de l’Atelier de recherches historiques de l’université permanente de Nantes. Les signataires sont les porte-parole du groupe de travail qui a mené les recherches et avec qui a été mise au point la synthèse qui est présentée ici1.
2L’histoire de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale est un vaste domaine historique, mais dans ce champ l’histoire des commémorations et des monuments a peut-être été moins développée. Dans l’ouvrage collectif de l’Institut d’histoire du temps présent, La mémoire des Français. Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale, comme dans le livre de Serge Barcellini et Annette Wieviorka, Passant, souviens-toi ! Les lieux du souvenir de la Seconde Guerre mondiale en France2 figurent cependant des études de cas qui brossent un tour de la France commémorative et des lieux du souvenir. Mais on n’y trouve pas d’étude spécifique consacrée à tout ou partie des poches de l’Atlantique. Double avantage, nous a-t-il semblé, de disposer d’éléments de comparaison tout en ayant le champ libre pour présenter un objet historique encore peu étudié.
3Nous devons préciser que nous avons pris le mot « commémoration » au sens large en y incluant non seulement les cérémonies officielles mais tous les processus de célébration et de remémoration qui se développent à l’occasion des anniversaires, en particulier des anniversaires décennaux sur lesquels nous nous sommes particulièrement penchés. Nos sources sont surtout fournies par la presse régionale, mais aussi pour Saint-Nazaire par les dossiers consacrés aux commémorations dans les archives municipales et départementales. Nous y avons ajouté quelques entretiens avec des anciens combattants particulièrement impliqués dans les processus commémoratifs.
4Plusieurs questions nous ont guidés. Nous nous sommes demandé si, au-delà du déroulement type des commémorations que nous allons essayer de décrire, on pouvait constater en soixante-dix ans une évolution sensible ? Peut-on mettre en évidence des changements qualitatifs dans les pratiques commémoratives et des variations de leur intensité ? Peut-on parler d’un déclin, d’un maintien, ou d’un renforcement de ces pratiques ? Et dans quelle mesure cette courbe que nous pourrions tracer permet-elle de lire en creux une histoire du souvenir de la Seconde Guerre mondiale conforme à un modèle national ? Ou faut-il au contraire insister sur la spécificité des poches de l’Atlantique et des souvenirs qui les habitent ? Quel a été le rôle de la coïncidence, particulière aux poches, entre la date de la fin de la Seconde Guerre mondiale et celle de la Libération ? Privilégie-t-on dans les commémorations la dimension nationale ou la dimension régionale, voire locale ? Il faut aussi comparer les poches entre elles : peut-on parler d’un modèle commémoratif commun aux poches, ou bien, en fonction de leur histoire particulière, ne constate-t-on pas de fortes différences, avec des remémorations plus joyeuses, d’autres plus graves voire plus douloureuses ? Dans quelle mesure enfin voit-on se développer au moment des commémorations des revendications mémorielles, des divergences voire des conflits dans l’interprétation du passé ? Guidés par ces questions, nous nous efforcerons de tracer d’abord le cadre monumental et symbolique des commémorations et d’étudier ensuite les évolutions de la mémoire collective.
Le cadre monumental et symbolique des commémorations
Les lieux de mémoire principaux
5Nous en présentons ici la liste en les situant au sein des quatre poches qui ont fait l’objet de notre étude.
La poche de Lorient
6La stèle de la reddition à Caudan date d’octobre 1945. C’est un menhir de granit sur lequel est apposée une plaque rappelant la remise des armes du général allemand Fahrenbacher aux chefs des armées alliées le 10 mai 1945. Le monument est surmonté d’une croix de Lorraine. Le monument de la reddition allemande situé sur le cours de Chazelles à Lorient est, là encore, un menhir de granit érigé en 1970 sur lequel figure une inscription rappelant la reddition à Lorient des dernières unités allemandes : « Ici, le 10 mai 1945, à 16 heures, se sont rendus aux forces françaises les derniers éléments des troupes allemandes de la poche de Lorient. » Enfin, une plaque sur le café breton d’Étel rappelle la signature en ce lieu de la reddition allemande. L’habitude y est désormais établie de commencer les manifestations le 7 mai.
La poche de Saint-Nazaire
7Elle compte quatre principaux lieux de mémoire.
8Le monument (fig. 1) a été inauguré le 9 octobre 1949 en présence du général de Larminat sur le lieu de la reddition allemande le 11 mai 1945. C’est un imposant monolithe de granit portant en relief sur trois côtés une croix de Lorraine et un glaive sur la face. Une inscription figure sur la partie inférieure du monument : « Ici, le 11 mai 1945 devant les autorités françaises et alliées la garnison allemande de Saint-Nazaire capitula et la France entière fut libérée. »
Figure 1. – Le monument de Bouvron.

9Une plaque apposée sur la façade de la maison Moisan rappelle la signature de la reddition allemande le 8 mai 1945. Sur cette plaque on peut lire : « Devant cette maison, le 8 mai 1945, a été signé l’armistice qui, libérant la poche de Saint-Nazaire mit fin en Europe aux hostilités de la deuxième guerre mondiale » (fig. 2).

10Ce monument de la poche sud en pays de Retz (fig. 3) est situé à l’endroit où se sont rendus les Allemands le 9 mai 1945. Il a été inauguré le 30 juin 1946. C’est un monolithe octogonal en granit poli de 5,5 mètres de hauteur surmonté d’une croix de bronze. Une inscription figure sur la face du monument : « Le Pays de Retz aux victimes militaires et civiles tombées pour la libération de la poche sud. » On peut davantage parler ici d’un monument funéraire que pour les précédents.
Figure 3. – Monument de La Sicaudais, commune d’Arthon.

11Enfin, la ville de Saint-Nazaire est un lieu de mémoire sans monument jusqu’en 2005. La base sous-marine est alors, de fait, érigée en monument commémoratif.
La poche de La Rochelle
12Le « mémorial de la poche de La Rochelle » est un monument érigé en 2009 à Ferrières d’Aunis à l’initiative de l’association des anciens des maquis Bir’Hacheim Foch3. Il s’élève jusqu’à 13 mètres de hauteur. La base est constituée de huit sortes de granit venues des régions d’où étaient originaires les maquis assiégeant La Rochelle. Elle est surmontée d’une plateforme en marbre homogène symbolisant l’union des combattants puis d’une colonne qui monte vers le ciel comme une flamme (mais dont la forme évoquerait plutôt la fine quille d’un voilier), et qui représente l’élan patriotique et la fierté des combattants. Au sommet, une croix de Lorraine. À la base, sur les blocs de granit, des plaques égrainent les noms des unités combattantes. Sur la tranche de la plateforme figurent les dates de la poche, 13 septembre 1944-8 mai 1945. Ce monument a été construit à l’endroit où le 16 septembre 1944, 9 civils et 15 maquisards ont été tués. Les cérémonies rassemblent les autorités locales et les anciens combattants le deuxième samedi du mois de septembre, mais elles se déroulent aussi le 8 mai4.
La poche de Royan
13Il s’agit d’un cimetière militaire aménagé en 1947 (fig. 4). Le 3 mars 1950, il obtient le titre de nécropole nationale. 330 combattants français et alliés y sont inhumés et on y remarque 129 tombes musulmanes. Un mur de granit a été érigé face aux tombes. Il évoque le mur de l’Atlantique au centre duquel une brèche a été ouverte pour symboliser la liberté retrouvée. Une croix de guerre s’expose devant un mât où flottent les trois couleurs. Les noms des combattants décédés figurent au-dessous de l’inscription : « À ceux qui sont tombés en assiégeant puis en libérant Royan et Oléron. »
Figure 4. – La nécropole nationale de Rétaud.

Des lieux de mémoire spécifiques dispersés
14À ces lieux de mémoire principaux, dont l’importance est marquée par des monuments d’envergure, ou par une place essentielle dans les rituels commémoratifs, s’ajoutent de nombreux autres monuments, stèles, plaques, noms de rues et de places, panneaux explicatifs pédagogiques, qui parsèment de plus en plus le territoire des poches. Ils sont autant de jalons dans les chemins de mémoire que s’efforcent de mettre en œuvre des associations civiles et des associations d’anciens combattants et résistants. Ainsi, pour la poche de La Rochelle, l’association des anciens des maquis Bir’Hacheim Foch a-t-elle répertorié pour la zone du no man’s land entre les lignes allemandes et françaises où se sont déroulés les combats un parcours jalonné par 10 stèles et 6 plaques. Une plaque en bronze représentant le monument du mémorial de la poche a été par ailleurs scellée dans chacune des communes du no man’s land. Pour la poche de Saint-Nazaire également on a voulu matérialiser les lieux les plus marquants. Des stèles ou plaques rappellent la mort de combattants (Le Temple-de-Bretagne, La Sicaudais), mais aussi des catastrophes civiles (comme celle du Boivre à Saint-Brévin), ou même le lieu d’un échange de prisonniers allemands contre des Français et des alliés (La Rogère commune de La Bernerie), et le lieu de passage entre la poche et la France libérée (Cordemais). Ainsi, de stèles en panneaux se construisent des chemins de mémoire. Le mouvement de « mémorialisation » de l’espace, qui a été fort dans l’immédiat après-guerre, se poursuit activement aujourd’hui.
15Au total, ces « mémoires de pierre » et ce paysage commémoratif des poches de l’Atlantique frappent par leur abondance mais aussi par leur dépouillement, leur sobriété, une simplicité peut-être délibérée, même s’il faut tenir compte aussi de la fréquente faiblesse des moyens financiers. Certes, les deux monuments les plus considérables, ceux de Ferrières d’Aunis et de la nécropole de Rétaud sont chargés d’un sens symbolique assez complexe, mais on peut être frappé par leur relative modestie et par l’absence de représentation figurative humaine, si on les compare par exemple au monument à la mémoire des fusillés de Châteaubriant ou au mémorial de la Résistance de Chasseneuil (Charente) pour prendre deux exemples de monuments situés dans une zone géographique assez proche.
Les cérémonies rituelles sur les principaux lieux de mémoire
Les dates rituelles : flexibilité et fixation du calendrier commémoratif
16On constate au fil du temps une autonomisation du calendrier local par rapport au calendrier national et à la date du 8 mai, à l’exception de La Rochelle où la libération et l’armistice du 8 mai coïncident. Dans la poche de Royan, les cérémonies se déroulent à la nécropole de Rétaud entre le 16 et le 20 avril. Le cas de Lorient et Saint-Nazaire est très semblable. À partir de 1975 pour Lorient et 1985 pour Saint-Nazaire, les dates précises de la libération, respectivement le 10 mai et le 11 mai, s’imposent et éclipsent les manifestations plus discrètes du 8 mai. Dans la diversité locale des poches il existe d’autres dates que ces dates principales : septembre 1944 pour le combat de Ferrières d’Aunis ou le 5 janvier 1945 pour le bombardement de Royan, ou encore le 1er mai pour la libération d’Oléron.
Le cérémonial
17Les cérémonies officielles réunissent les élus locaux, les représentants de l’État, les autorités religieuses et militaires locales et régionales, les associations d’anciens combattants et de résistants munies de leurs drapeaux. À certains moments, les ministres des Anciens combattants président ces cérémonies auxquelles sont associés de plus en plus des enfants des écoles5. On y retrouve à quelques variantes près la liturgie mise en place dans l’entre-deux-guerres pour les cérémonies du 11 novembre6. Elles débutent souvent par des offices religieux, plus fréquents dans les zones les plus pratiquantes (comme le pays de Retz, la partie sud de la poche de Saint-Nazaire), mais attestés partout, la Résistance ayant, comme on sait, réuni « ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas ». Elles se poursuivent devant les monuments où des détachements militaires, français et parfois alliés, sont passés en revue et rendent les honneurs. Les personnalités présentes prononcent une allocution, décorent un certain nombre d’anciens combattants, déposent une gerbe de fleurs tandis que les porte-drapeaux forment une haie d’honneur autour du monument. La sonnerie aux morts et la minute de silence précèdent La Marseillaise et Le Chant des partisans. Ce dernier chant est un marqueur spécifique de la Résistance. Il y a dans chaque poche des circuits commémoratifs : ainsi Bouvron-Cordemais-Saint-Nazaire ou encore Étel-Caudan-Lorient.
18Quant aux cérémonies annuelles de Rétaud, elles ont une dimension militaire et religieuse marquée. Ainsi, le 1er mai 1965, la cérémonie présidée par le général Adeline en présence de l’évêque de La Rochelle célèbre quatre cultes, catholique, israélite, musulman, protestant. On rend les honneurs militaires et l’allocution du général Adeline rend hommage à la valeur des combattants.
19Le contenu des allocutions de ce type prononcées sur les lieux de mémoire évolue au fil du temps et c’est là une des dimensions de l’évolution de la mémoire collective que nous allons maintenant analyser.
Les évolutions de la mémoire collective
20Après les célébrations solennelles qui suivent la guerre, on perçoit un net fléchissement, voire un désintérêt de la société civile nettement constaté dans la presse au cours des années 1960 et 1970. Au contraire, à partir des années 1980, on assiste, notamment à Lorient et à Saint-Nazaire, à une remontée de l’intérêt, avec la floraison de manifestations festives, citoyennes, pédagogiques, érudites ou savantes, voire commerciales. Cette ère commémoratrice ne semble pas sur le point de s’achever à en juger par l’importance qu’ont prise les commémorations du 70e anniversaire en mai 2015.
Vers un essoufflement des commémorations (années 1960-1970)
21En 1955, la presse rend largement compte, souvent avec gravité, des commémorations officielles. Dix ans plus tard, les articles se font plus discrets et se perdent dans les pages intérieures. Dès le mois de mai 1960, la presse constate la désaffection du public pour les cérémonies du 8 mai. Le 11 mai 1960, le général de Gaulle préside à Saint-Nazaire le lancement du paquebot France. Dans son allocution, il n’évoque même pas la libération de la poche. En 1965, la presse met en avant les quarante ans de gestion socialiste du maire et fait passer au second plan la libération de la poche de Saint-Nazaire. À Lorient, le 15 mai 1965, le ministre des armées Pierre Messmer, venu présider le lancement du Suffren, ne parle pas de la libération de la ville.
221975 constitue un moment-charnière. La presse n’est pas unanime sur l’essoufflement des commémorations. Le journal Sud-Ouest du 9 mai évoque à propos de La Rochelle une « cérémonie d’une grande simplicité ne rappelant en rien la liesse d’une cité au lendemain d’un siège de cinq longues années ». À Lorient, Ouest-France parle de désaffection : « La population n’a pas massivement répondu à l’appel de la municipalité […] nous n’avons pas vu aux fenêtres les pavois aux couleurs alliées7. » Pourtant La Liberté du Morbihan, plus en phase avec la municipalité socialiste de Jean Lagarde, dit à peu près le contraire en écrivant : « Une ferveur commune marqua cette journée du souvenir à laquelle s’associa une grande partie de la population. Il y a certainement longtemps que l’on n’avait pas vu dans nos rues semblable participation à une commémoration de ce genre8. »
23Une telle contradiction est à mettre en rapport avec les débats suscités par la décision du président Giscard d’Estaing de ne plus célébrer le 8 mai. Elle provoque l’indignation des anciens combattants et des milieux politiques de gauche qui affirment ne pas renoncer à la célébration, une position qu’affirment au moment des célébrations les maires socialistes de Lorient et de Saint-Nazaire. À Lorient, au cours de la cérémonie qui se déroule en présence du ministre Christian Bonnet, la parole est donnée à Roger Le Hyaric, ancien chef des FTP de sensibilité communiste, dont le discours est particulièrement enflammé dans la dénonciation de la décision présidentielle.
24Sans qu’on puisse décider si cette mobilisation des gardiens de la mémoire en a été le déclic ou si on assiste surtout au début des années 1980 à une mutation en profondeur de la sensibilité nationale, on ne peut que constater que par la suite non seulement la décision du président a été remise en cause par l’alternance politique9, mais que son souhait et sa prévision de voir la France tourner le dos au passé pour regarder vers l’avenir ne se sont pas réalisés. Incontestablement en tout cas à partir des années 1980 les commémorations deviennent plus amples, multiples et festives.
Le tournant des années 1980 : l’ampleur de commémorations de plus en plus festives
25Sauf sans doute à Royan, le volet festif n’est pas absent des premières commémorations. Cette dimension festive a, semble-t-il, reculé dans les années 1960-1970. En février 1985, c’était une des remarques que faisait Antoine Prost lors de la table ronde de l’Institut d’histoire du temps présent consacrée à la commémoration de la Seconde Guerre mondiale. Il diagnostiquait une crise de la commémoration dans notre société beaucoup plus individualiste10. Ce diagnostic pessimiste ne s’est pas confirmé pour les commémorations de la libération des poches de l’Atlantique. On constate en effet à partir du 40e anniversaire une amplification et une multiplication des commémorations. Les maires socialistes de Lorient et Saint-Nazaire, Jean-Yves Le Drian et Joël Batteux, manifestent une volonté de donner à leur ville, qui fut dévastée par les bombardements, une forte identité reposant, précisément, sur l’histoire de la poche. À cet égard la déclaration de Jean-Yves Le Drian, le 10 mai 1995 est significative : « On ne construit pas une ville sans sa mémoire, on ne relève pas une ville contre son histoire11. »
26Ainsi, parallèlement aux cérémonies solennelles devant les monuments, les municipalités organisent des manifestations festives auxquelles les populations locales sont conviées : concerts, expositions, spectacles dont le plus symbolique et le plus grandiose a pour cadre la base de sous-marins de Saint-Nazaire en 2005. Dans toutes les poches les communes célèbrent de multiples manières la libération. Désormais les manifestations commémoratives ne se limitent plus à une ou deux journées. Pendant une, voire deux semaines, la population assiste et participe à des animations variées qui cherchent à la mobiliser pour lui faire revivre artificiellement l’atmosphère de la libération. Des défilés et des expositions de véhicules et de matériels militaires américains, des concerts de musique et de chants de l’époque, des défilés d’enfants en costumes des années 1940, des expositions sur la vie des « empochés », des magasins décorés de vêtements et de coiffures d’époque se succèdent. On rejoue même la reddition comme à Cordemais le 11 mai 1995. Et pour « faire plus vrai » on distribue du chewing-gum et du chocolat aux enfants tandis que retentissent des airs de swing et de jazz. Pendant que les élèves des écoles recueillent les témoignages des anciens de la poche ou que ces derniers viennent au mois d’avril 2005 à Saint-Nazaire, Arthon, Bouvron pour évoquer leurs souvenirs au cours de veillées, un tourisme de mémoire se met en place. Des visites guidées de la poche en car sont commentées par des anciens. Pour les plus sportifs, des parcours cyclotouristes permettent de découvrir les principaux sites du périmètre de la poche.
27À Lorient on observe le même phénomène. Le mot liberté sert de fil rouge aux célébrations des 40e, 50e et 60e anniversaires. Aux « Foulées de la Libération » qui relient Hennebont, Pont-Scorff, Guidel à Lorient en 1985, succède un « convoi de la liberté », un « grand bal de la libération » et un « chœur de la libération » en 1995. Enfin en 2005, la « fête du vent de la liberté » mobilise dans un défilé 2 500 élèves agitant 1 800 girouettes, avec également un « convoi de la liberté » composé de vieux véhicules militaires. La mer est aussi réquisitionnée pour une « régate de la liberté » et pour des baptêmes de yole. Comme à Saint-Nazaire, des expositions sur la poche de Lorient ou sur la vie quotidienne sous l’occupation sont organisées. Là encore, chorales, concerts, spectacles et bals donnent la dimension festive recherchée.
L’évolution du regard porté sur l’histoire des poches
28Ce regard a pu évidemment être différent selon les sensibilités politiques, mais on se contentera ici de signaler les tendances dominantes qui ressortent des journaux et des comptes rendus des commémorations. Au cours de la première décennie, c’est surtout la victoire sur l’ennemi allemand, dans la continuité de l’esprit patriotique de 1914-1918, qui est célébrée. La dimension nationale du combat est particulièrement exaltée comme le fait par exemple à Caudan en 1955 le colonel Morice, ancien commandant FFI du Morbihan, qui rend hommage à tous ses camarades qui ont souffert et sont morts pour la France, « et pour la France seule », n’ayant pas, insistait-il, « de dessein politique, mais un seul but, la libération de la France12 ».
29Nous avons l’impression, que devrait confirmer une étude plus exhaustive des cérémonies et des discours, qu’au fil du temps on a entendu de plus en plus dans les commémorations exprimer une interprétation plus universaliste des événements. Le sens du combat de la libération a été davantage associé à des idéaux transcendant les frontières, non seulement la liberté, la démocratie, les droits de l’homme, mais la lutte contre la barbarie, l’asservissement des peuples (réactualisée par exemple en 1995 pour Sarajevo et la Bosnie), et l’exaltation de la paix et de l’entente entre les peuples. On célèbre la victoire sur la barbarie nazie et non plus sur l’ennemi héréditaire, car le nazisme n’est plus assimilé à l’Allemagne. La réconciliation avec l’Allemagne dans la construction européenne est un fait acquis dans les années 1970 et est désormais évoquée dans la plupart des cérémonies officielles. L’ancien ennemi est devenu un allié, voire un ami dans le cadre des jumelages entre communes et des échanges scolaires. Le maire de Saarlouis, ville jumelée avec Saint-Nazaire, est ainsi invité aux célébrations de 2005 comme à celles de 2015. Cette évolution a changé le regard sur l’Allemand, celui d’aujourd’hui, mais peut-être même celui d’hier. Depuis 1975 la presse présente volontiers le témoignage et les souvenirs d’anciens soldats allemands des poches dans ses colonnes, le plus souvent sans jugements de valeur négatifs.
30Si le regard porté sur l’ennemi a changé, en est-il de même du regard porté sur les combattants français, les héros de la libération ? Pour l’essentiel la reconnaissance à leur égard perdure, et elle se fait aujourd’hui encore plus chargée d’émotions devant les derniers survivants. Néanmoins on pourrait se demander si on n’a pas assisté à un processus de « victimisation des héros ». Il nous a semblé qu’au cours du temps, dans la presse comme dans les discours, on insistait moins sur la gloire, davantage sur le sacrifice de ceux qui avaient donné leur vie. Les volontaires mal armés qui montent la garde autour des Poches pendant que les Français fêtent leur libération qu’évoque Ouest-France pour Saint-Nazaire en mai 2005 ne sont pas présentés comme des « va-nu-pieds superbes ». La rhétorique de « la mort glorieuse au champ d’honneur » n’est plus autant de mise. Le même journal titre même à propos de la poche de Lorient : « 9 mois de guerre en trop13 ».
31Parallèlement à cette « victimisation » des héros, et de manière plus frappante encore, on peut déceler un processus de mise en avant et même « d’héroïsation » des victimes, en particulier les populations civiles restées dans les poches, qui ont eu à subir une dramatique prolongation de l’occupation allemande entre l’automne 1944 et le printemps 1945. La frustration des « empochés » se sentant incompris, oubliés, voire calomniés et traités de collaborateurs par la France déjà libérée date des événements eux-mêmes. Elle a alimenté dès les lendemains de la Libération une revendication mémorielle qui s’est de plus en plus affirmée au fil du temps. De façon récurrente des livres et des articles de presse évoquent « la guerre oubliée » et « les oubliés de la poche » à qui ils tentent de rendre justice. L’histoire aurait été trop longtemps muette à leur sujet. En réalité dès 1955 les dures conditions de vie des empochés de Saint-Nazaire sont décrites dans la presse. Le sujet est à nouveau traité en 196514. Depuis, la vie des empochés occupe une place croissante dans les journaux lors des commémorations15.
32Mais la mémoire la plus conflictuelle et la plus douloureuse pour les souffrances des « empochés » est incontestablement celle de Royan, détruite par le bombardement allié de janvier 1945. Les cérémonies de la Libération dans la dernière semaine d’avril sont toujours marquées par la gravité de ton des orateurs qui n’oublient pas la population civile. Ainsi dès 1965 le ministre des Anciens combattants Jean Sainteny, reçu par son camarade de résistance, le député-maire de Royan Jean de Lipkowski, prononce selon le compte rendu de Sud-Ouest une allocution où « en termes particulièrement émouvants il dit le martyre de la cité et le courage de ses habitants qui refusèrent pour la plupart de quitter leur ville pour continuer leur œuvre de résistance16 ». Le ministre gaulliste n’hésitait pas, on le voit, à généraliser sans doute un peu au-delà des faits l’esprit de résistance, prenant implicitement le contre-pied de l’idée reçue des empochés collaborateurs, et satisfaisant ainsi une population traumatisée. Dans les anniversaires de la libération de Royan qui suivent c’est toujours l’impression de gravité qui domine, bien plus que dans les autres poches. Sud-Ouest du 28 avril 1975 explique en rendant compte de la Semaine de la Libération du 19 au 27 avril : « Royan ne peut pas comme bien d’autres villes commémorer la Libération, “sa” libération par des réjouissances. Royan a trop souffert. Royan compte trop de victimes civiles et […] a vu tomber sur son sol trop de jeunes et de moins jeunes, maquisards, résistants, militaires venant parfois de bien loin ou issus du territoire pour ne pas se recueillir en silence. » On retrouve ce ton grave dans le discours du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin le 16 avril 2005. Après avoir exalté la Résistance, il s’incline devant « les victimes civiles de ce combat sans merci », réunissant dans un même hommage « tous ceux, militaires, Résistants, civils qui sont morts pour la France17 ». Ces paroles illustrent de façon frappante le processus d’héroïsation des victimes.
33Si la libération de Royan a été commémorée dès le départ, celle du bombardement de la ville par la RAF le 5 janvier 1945 était plus problématique. On a célébré le souvenir des victimes comme l’indique Sud-Ouest dans un article du 3 mai 1965 qui publie des photos des destructions sans revenir sur les causes du drame. En 1985, le même journal titre « Royan n’oubliera jamais », mais se fait plus précis pour expliquer les circonstances de ce qu’il nomme « une tragique erreur18 ». Dans les anniversaires suivants la commémoration a pris toujours plus d’ampleur dans les cérémonies comme dans la presse, qui multiplie les reportages sur les événements. La volonté de faire du 5 janvier une date majeure a été pleinement assumée par le député-maire UMP de Royan, Didier Quentin qui a voulu que ce souvenir soit matérialisé pour le 70e anniversaire. Il a inauguré le 5 janvier 2015 sur le parvis de la cathédrale un vaste panneau exposant une vue panoramique de la ville en ruine avec l’inscription : « Vous qui passez ici devant cette “cathédrale de béton”, symbole de la renaissance de Royan, ayez une pensée pour les 442 victimes de l’inutile et tragique bombardement du 5 janvier 1945. » Sur l’historique de la poche paru sur le site de la mairie, les responsables français et alliés du bombardement sont condamnés, l’utilité de l’assaut d’avril 1945 est contestée, le pillage de la ville par certains soldats français au lendemain de sa libération est dénoncé19.
⁂
34Il nous semble que cet aperçu de l’histoire des commémorations dans les poches de l’Atlantique confirme de façon assez nette le développement des processus commémoratifs qu’on a constaté en France depuis la fin des années 1980. C’est en 1992 que Pierre Nora soulignait cette entrée dans « l’ère de la commémoration20 » et ses remarques contrastaient fortement avec le constat presque inverse qui avait été fait en 1985 à l’Institut d’histoire du temps présent à propos des commémorations de la Seconde Guerre mondiale. Il nous semble aussi que ce phénomène de croissance commémorative a dans le cas qui nous concerne quelque chose à voir avec « le passage d’une conscience nationale unitaire à une conscience de soi de type patrimonial21 ». Au sein de chacune des poches et de leur ville capitale, les commémorations ont en effet été de plus en plus associées à une histoire particulière, à une identité locale qu’il importait d’affirmer. On pourrait sourire de la façon dont les élus ont pu entrer en compétition pour affirmer, à Lorient et à Saint-Nazaire, que leur ville avait été la « dernière ville libérée ». C’est même la palme du martyr qui a pu être réclamée, comme le faisait Jean-Yves Le Drian en mai 1985 quand il affirmait : « Quarante ans après au prix d’un travail acharné deux générations ont redressé une ville [Lorient] qui fut sans doute celle d’Europe la plus sinistrée22. » C’était sans doute oublier Varsovie, Stalingrad, Dresde et bien d’autres villes encore, mais on comprend bien l’importance qu’a pu prendre dans les poches de l’Atlantique ce thème du nouveau départ, de la résurrection à partir d’un point zéro à la fois tragique et glorieux.
35Il y aurait donc bien, du fait de cette histoire particulière, une spécificité des commémorations de la fin de la Seconde Guerre mondiale dans les poches, qui sont certainement plus intenses que dans bien d’autres parties de France. En même temps il existe aussi des différences notables entre les poches, car la libération de 1945 n’est pas pour La Rochelle un moment zéro et ici des souvenirs d’un siège plus ancien pèsent davantage dans le patrimoine matériel et symbolique de la ville. Par ailleurs, si à Lorient et à Saint-Nazaire le moment zéro de la libération est perçu et commémoré de façon positive comme une vraie délivrance, le cas de Royan est plus complexe car la destruction de la ville en janvier 1945 ainsi que l’assaut final et ses suites en avril 1945 relèvent davantage du traumatisme.
36Ces situations particulières ont pesé sur les « politiques commémoratives » souvent mises en œuvre par les élus locaux, mais en interaction avec les représentants de l’État, avec les associations d’anciens résistants, et finalement avec l’ensemble de la population. Ces interactions ont pu aboutir au fil du temps à une « extension du domaine de la commémoration » en y intégrant des mémoires moins héroïques, plus ordinaires, voire moins légitimes par rapport au récit « canonique » qui constitue l’axe de la commémoration, et qui distribue les rôles de héros, de victimes, d’ennemis, de traîtres. Le double processus de victimisation des héros et d’héroïsation des victimes que nous avons cru déceler ne tend pas, sauf exception, à réviser le récit historique ou à brouiller les rôles, mais plutôt à les rapprocher, à les intégrer dans un continuum, un destin commun, une sorte de communauté du passé qui renvoie au besoin de faire corps dans le présent, d’unir les Royanais, les Nazairiens ou les Lorientais autour d’une histoire commune. C’est cela qui nous a frappés, davantage peut-être que les divisions politiques autour de l’interprétation du passé, des conflits de mémoire, qui existent bien, mais qui sont plus apparents dans le cas de grandes célébrations nationales.
37À mesure que les années passent et que les témoins des souffrances se raréfient, on voit cependant, et on verra peut-être davantage, décliner partout dans les pratiques commémoratives le tragique et l’épique, l’intérêt se portant de plus en plus sur le décor historique, la couleur du temps passé, avec ses gens ordinaires pris dans cette situation extraordinaire. Quel avenir peut-on prévoir pour les commémorations de la Seconde Guerre mondiale et plus particulièrement celles des poches de l’Atlantique ? Tout pronostic peut se révéler périlleux. Mais on peut simplement souligner que nous allons entrer dans une ère nouvelle. Nous n’avons plus désormais à côté de nous que les derniers représentants des acteurs des événements, qui ont été en même temps pendant 70 ans les gardiens vigilants et les diffuseurs militants de la mémoire, à la fois les organisateurs des commémorations et leur objet même, les héros qu’on honorait au même titre que leurs camarades défunts dont ils étaient les représentants et pour ainsi dire les passeurs. Pour les fêtes du cinquantenaire où la présence des résistants avait été particulièrement massive, l’édition d’Ouest-France de Lorient du 11 mai 1995 pouvait titrer pour rendre compte des cérémonies : « L’hommage de Lorient à ses libérateurs » et préciser : « Notre ville vous doit sa vie : 10 000 personnes ont fêté hier sur le cours de Chazelles 3 000 résistants du front de la poche de Lorient. » On ne peut plus désormais honorer que le dernier carré survivant de ces libérateurs. Sans doute les initiatives des associations et des passionnés de la société civile comme celles des élus locaux sont-elles en train de prendre le relais de cette génération résistante. Mais sans doute faudra-t-il aussi, si on veut éviter l’éclipse de la mémoire ou son enlisement dans le pittoresque et le folklorique, que les historiens continuent à travailler et à diffuser les connaissances, que la recherche et la réflexion historiques soient capables de faire comprendre la complexité et la dimension tragique de la Seconde Guerre mondiale, en même temps que d’éclairer le sens et la portée des engagements qu’elle a suscités.
Bibliographie
Archives municipales de Saint-Nazaire
326 W 11 Commémoration du 40e anniversaire de la libération de Saint-Nazaire.
107 W 924 50e anniversaire, interventions, discours, communiqués de presse. Communiqués de presse de J. Batteux.
224 W 49 Versement du service de communication du maire. Commémoration du 50e anniversaire et organisation 2004-2005 pour le 60e anniversaire.
350 W 18 Dossier de presse Commémoration du 60e anniversaire, 16 décembre 2004-20 mai 2005.
1 PER013 Ouest-France mai 1951, 1 PER023 1955 La Résistance de l’Ouest, Le Populaire de l’Ouest, Ouest-France, 1 PER037 1960 L’Éclair, La Résistance, 1 PER047 1965 L’Éclair, La Résistance, 1 PER065, 1975, Ouest-France.
Archives departementales de la Loire-Atlantique
2032 W 200 50e anniversaire de la libération de la poche de Saint-Nazaire.
270 W 470 Le monument commémoratif de Bouvron.
Archives municipales de Nantes
23 PRES9 La Résistance de l’Ouest mai 1951.
23 PRES17 idem mai 1955.
23 PRES6 mai et octobre 1949.
24 PRES2 mai 1965, 24 PRES57 mai juin 1975, 24 PRES117 mai 1985, 24 PRES215 mai 1995, 24 PRES335 mai 2005.
Archives départementales de la Charente-Maritime
Journal Sud-Ouest 5 mai 1955, 10 mai 1955, 3 mai 1965, 10 mai 1965, 3 janvier 1975, 21 avril 1975, 22 avril 1975, 9 mai 1975, 10 mai 1975, 2 mai 1985, 9 mai 1985, 17 avril 1995, 8 mai 1995, 9 mai 1995, 16 avril 2005, 4 mai 2005.
Archives municipales de Lorient
Journal Ouest-France (édition de Lorient), mai 1955, mai 1965, mai 1975, mai 1985, mai 1995, mai 2005.
Journal La liberté du Morbihan, mai 1955, mai 1975, mai 1985, mai 1995.
Journal Le Télégramme (édition de Lorient), mai 1975, mai 1985, mai 1995, mai 2005, 13 mai 2014.
Notes de bas de page
1Le groupe de travail comprenait en particulier Philippe Bouglé, Bernard Greffe, Josette Pengloan et Hervé Pichevin. Nos remerciements vont à l’ensemble des membres de L’Atelier de recherches historiques, à Daniel Sicard et Michel Mahé, ainsi qu’à Claude Le Dluz et Jérémie Coureaud pour leurs témoignages.
2Barcellini Serge et Wieviorka Annette, Passant, souviens-toi ! Les lieux du souvenir de la Seconde Guerre mondiale en France, Paris, Plon, 1995 ; Centre regional de publication de Paris (CNRS), Institut d’histoire du temps présent, La mémoire des Français. Quarante ans de commémorations de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Éditions du CNRS, 1986.
3Et notamment d’un de ses responsables, Claude Le Dluz.
4On peut également citer le monument de la Résistance de La Rochelle qui est constitué de deux stèles, l’une consacrée à la Résistance et l’autre à la déportation.
5Comme par exemple à Lorient en 2005 où existe un conseil municipal des enfants dont les élus fleurissent la stèle du cours de Chazelles avant de participer avec 2 400 enfants des écoles au « Défilé de la liberté ».
6Voir Prost Antoine, « Les monuments aux morts Culte républicain ? Culte civique ? Culte patriotique ? », dans Nora Pierre (dir.), Les lieux de mémoire, t. I : La République, Paris, Gallimard, 1984, p. 195-225. Les commémorations de la libération des poches sont toutefois moins exclusivement centrées sur un rituel funéraire.
7Ouest-France (Lorient), 12 mai 1975.
8La Liberté du Morbihan, 13 mai 1975.
9Le 8 mai est redevenu férié à la suite de la loi 23 septembre 1981.
10Centre régional de publication de Paris (CNRS), Institut d’histoire du temps présent, La mémoire des Français, op. cit., p. 28.
11Ouest-France, édition de Lorient, jeudi 11 mai 1995.
12La Liberté du Morbihan, 10 mai 1955.
13Ouest-France (Lorient), 7-8 mai 1965.
14Ouest-France des 7, 8, 9 mai 1965 consacre une série d’articles à la vie difficile des empochés.
15En 1995 Ouest-France publie un hors-série de 48 pages dans lequel la vie quotidienne des empochés est longuement développée.
16Sud-Ouest, 3 mai 1965.
17Déclaration de M. Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre, à l’occasion du 60e anniversaire de la libération de Royan, Royan le 16 avril 2005 [http://discours.vie-publique.fr].
18Sud-Ouest, 7 janvier 1985.
19[http://www.ville-royan.fr] rubrique culture/histoire de Royan/La poche de Royan.
20Nora Pierre, « L’ère de la commémoration », dans Nora Pierre (dir.), Les lieux de mémoire, t. III : Les France 3. De l’archive à l’emblème, Paris, Gallimard, 1992.
21Ibid., p. 992.
22La Liberté du Morbihan, 11-12 mai 1985, article intitulé : « 10 mai 1945-10 mai 1985 : le front du souvenir à Lorient ».
Auteurs
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Rémi Fabre
Université Paris-Est Créteil.
Rémi Fabre, né en 1950, est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université Paris-Est Créteil et membre du laboratoire CRHEC. Il a travaillé sur l’histoire du protestantisme français contemporain ainsi que sur celles du socialisme et des droits de l’homme. Il a publié notamment, Les protestants en France depuis 1789, Paris, La Découverte, 1999, et, Francis de Pressensé et la défense des Droits de l’Homme. Un intellectuel au combat, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2004. Il travaille aujourd’hui particulièrement sur l’histoire du pacifisme et de la défense de la paix. Dans cette perspective il a été l’organisateur du colloque international « Les défenseurs de la paix » tenu à Paris en janvier 2014, et le codirecteur de l’ouvrage qui en a été tiré, Fabre Rémi, Bonzon Thierry, Guieu Jean-Michel, Marcobelli Élisa et Rapoport Michel, Les défenseurs de la paix 1899-1917, Rennes, PUR, 2018.
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Yves Jaouen
Université permanente, Nantes.
Yves Jaouen est professeur honoraire d’histoire-géographie, université permanente, Nantes. C’est un spécialiste de l’histoire de Nantes pendant la Première Guerre mondiale. Il a publié récemment Le cauchemar de Maurice Digo, Éditions Opéra, 2014 ; Les Nantais en guerre, Éditions Opéra, 2014 ; La crise de 1917. Les trains de permissionnaires dans les gares de Nantes et de Loire-Inférieure, Éditions Opéra, 2014 ; La Grande Guerre des écoles publiques nantaises, Éditions Opéra, 2014.
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