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    Plan détaillé Texte intégral Les Osttruppen : recrutement et affectations dans les poches Actions de combat, exactions et désertions Le sort des prisonniers Notes de bas de page Auteur

    Les poches de l’Atlantique 1944-1945

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Les troupes de l’Est dans les poches de l’Atlantique

    Frédéric Dessberg

    p. 191-202

    Texte intégral Les Osttruppen : recrutement et affectations dans les poches Actions de combat, exactions et désertions Le sort des prisonniers Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Dans un rapport de synthèse de renseignements rédigé par le 2e bureau des Forces françaises de l’Ouest, en date du 15 février 1945, les troupes étrangères servant dans la Wehrmacht font l’objet de la remarque suivante : « Les étrangers sont l’objet de mesures particulières de méfiance, tantôt ils sont désarmés et maintenus comme manœuvres dans les régions d’où il leur est difficile de s’échapper (Le Verdon, Belle-Île), tantôt, lorsque les effectifs combattants sont insuffisants, ils sont répartis par petits paquets dans des unités allemandes où une étroite surveillance s’exerce sur eux1. » Cette observation générale reflète assez fidèlement l’image qu’ont laissée les troupes auxiliaires de l’Est (Osttruppen) enfermées dans les poches de l’Atlantique de Lorient, de Saint-Nazaire, de La Rochelle et de Royan, entre la fin de l’été 1944 et mai 1945. Ces soldats, souvent identifiés à l’époque sous le terme générique erroné de « Russes blancs », ont la réputation d’être des soldats « de second choix2 ». Bloqués à des milliers de kilomètres de chez eux, ils sont peu fiables car souvent recrutés à leur corps défendant. Astreints au service d’une cause perdue, ils sont supposés ne songer qu’à déserter. Pour compléter cette image peu flatteuse pour des combattants, il faudrait ajouter une réputation d’indiscipline et de brutalité. Les exactions commises contre la population civile, en dehors de la lutte menée par ces hommes contre les maquisards, entretiennent en effet chez les Français de l’époque et, à plus long terme, dans la mémoire collective, le souvenir effrayé de soldats de l’Est plus redoutables encore que les troupes allemandes.

    2Ces considérations reflètent indubitablement une réalité. Elles dissimulent toutefois des situations et des comportements très variables en fonction des lieux et des circonstances de la guerre. L’essentiel réside en effet dans le fait que les troupes de l’Est sont loin de constituer un ensemble homogène, les soldats appartenant à des nationalités différentes. Ils ne sont donc pas tous russes, ni même citoyens soviétiques et n’ont pas été recrutés dans les mêmes conditions. La situation de ces soldats constitue autant de particularités (faible valeur militaire supposée, manque de cohésion autant que de motivation, absence de témoignages a posteriori de la part de ces troupes vaincues) qui rendent difficile toute histoire des troupes de l’Est dans les poches de l’Atlantique, à moins de l’englober dans une histoire plus générale des bataillons de l’Est. Par ailleurs, l’historiographie des poches de l’Atlantique, principalement construite par des historiens locaux, donne une vision forcément fragmentée de ces troupes supplétives, en faisant la part belle aux faits bruts et aux caractères décrits plus haut.

    3Il est cependant possible, en s’appuyant sur les archives des Forces françaises de l’Ouest déposées au Service historique de la Défense, de reconstruire une histoire, certes également fragmentée, mais qui permet au moins de retracer quelques parcours collectifs et individuels, depuis le recrutement dans l’armée allemande et le transfert sur le littoral atlantique, jusqu’aux actions menées lors du siège des poches. Ces archives3 permettent en effet d’identifier assez clairement l’origine de ces soldats de l’Est, de préciser leur action derrière les lignes de défense, et d’éclairer des comportements individuels jusqu’au moment de la reddition des poches.

    Les Osttruppen : recrutement et affectations dans les poches

    4Les troupes auxiliaires de l’Est engagées dans la Wehrmacht et globalement qualifiées de russes sont également composées de Biélorusses, d’Ukrainiens et de Cosaques. Une bonne partie d’entre eux est issue des nationalités du Caucase. Ce sont des Géorgiens, des Arméniens, des Azéris, également des Kalmouks pour le Nord-Caucase. Sont également présents des Tatars de la Volga, ou encore des Lettons. On peut ajouter, car ils sont nombreux dans les poches de l’Atlantique, en particulier dans celles de La Rochelle et de Royan, la présence de Polonais de Silésie, de Poméranie ou de Posnanie. Ces derniers, comme les Tchèques, n’entrent pas dans la catégorie des Osttruppen, ce sont des « malgré nous » enrôlés dans l’armée allemande depuis 1939.

    5En ce qui concerne les effectifs provenant de l’Union soviétique, les historiens des poches de l’Atlantique s’accordent généralement pour considérer qu’il s’agit pour moitié d’anciens soldats de l’armée dite « Vlassov », du nom de ce général soviétique défenseur de Moscou et de Leningrad qui avait rallié l’armée allemande après avoir été capturé en 1942. Il avait été nommé au début de 1945 à la tête de l’Armée de libération Russe (ROA : Ruskaïa Osvoboditel’naïa Armïya)4. Pour l’autre moitié, il s’agit d’anciens prisonniers de guerre engagés comme auxiliaires volontaires (Hilfswilligen ou Hiwis, appelés ensuite Freiwilligen) dans l’armée allemande, dont la motivation principale était initialement d’échapper à la rigueur impitoyable de leur condition de prisonnier soviétique dans les camps d’Europe orientale. Il est difficile de confirmer l’exactitude de cette division en deux catégories sensiblement égales. Il est toutefois possible de distinguer des effectifs combattants composant les bataillons de l’Est (notamment des non-Russes recrutés lors de l’offensive allemande vers le Caucase) et les auxiliaires destinés au départ à des fonctions non combattantes, à des travaux de génie et de construction de forteresses5. Enfin, des civils de diverses nationalités ayant travaillé à la construction du mur de l’Atlantique sont également présents dans les poches.

    6Les effectifs des supplétifs de l’Est sont nombreux sur le front de l’Ouest en 1944. Les hommes portent l’uniforme allemand, en dépit d’un avis initial négatif d’Adolf Hitler. Pour une partie d’entre eux, ils arborent sur leur manche l’écusson ROA, ce qui ne signifie nullement qu’ils proviennent de l’armée de Vlassov6. Ils sont regroupés en unités nationales, au niveau du bataillon, à l’intérieur desquels ils sont généralement commandés par des officiers allemands à partir du grade de capitaine. Parmi les officiers, outre des lieutenants, on trouve toutefois des chefs de bataillon d’origine russe.

    7À la suite de l’échec de l’offensive allemande dans le saillant de Koursk, à l’été 1943, et de la défection d’unités dites russes, une cinquantaine de ces Ostbataillonen sont envoyés sur le front de l’Ouest en échange de bataillons allemands de la couverture atlantique, qui doivent quant à eux garnir le front de l’Est7. Ils sont désormais placés sous le haut commandement allemand à l’ouest (OB West)8. À la veille du débarquement, la 7e armée allemande aurait comporté 33 bataillons de l’Est, soit un sixième des bataillons d’infanterie et, en tout, près d’un quart de l’effectif. Le 84e corps en Normandie et en Bretagne aurait regroupé 8 bataillons d’Osttruppen sur 45 bataillons de fusiliers9. Les estimations des historiens évaluent le nombre total de troupes de l’Est en France à un minimum de 200 000 hommes, ce qui est difficilement vérifiable. Elles évoquent 70 000 hommes pour l’Ouest au moment du débarquement de Normandie. Ce sont donc ces effectifs qui évoluent en France au milieu des troupes allemandes. Elles sont souvent utilisées à la chasse aux maquisards, qu’elles mènent avec une efficacité redoutable. On les mentionne également à de multiples reprises, au printemps et à l’été 1944, comme prisonniers des maquisards. Certains sont exécutés ou emprisonnés, comme dans le cas des Géorgiens geôliers de Vannes, au début d’août 1944. D’autres rejoignent le maquis et combattent les Allemands.

    8La répartition dans les poches de l’Atlantique a fait l’objet de recherches et peut être évaluée à la lumière des archives militaires françaises. Après la reddition allemande de Brest, il ne reste plus en Bretagne que les poches de Lorient et de Saint-Nazaire qui organisent leur défense, respectivement sous les ordres du général Fahrmbacher et du général Jung. L’effectif de l’armée allemande dans la poche de Lorient en juin 1944 est d’environ 25 000 hommes10, principalement basés autour du port et de la base sous-marine. Les forces allemandes sont sensiblement équivalentes dans la poche de Saint-Nazaire, mais sur une aire et une ligne de front plus étendues. Entre La Rochelle et la pointe de Grave plusieurs poches sont établies sur une centaine de kilomètres : la pointe de Grave, défendue par environ 4 000 hommes, celle de Royan, avec plus de 4 000 hommes et celle de La Rochelle avec 14 000 hommes, dont une partie occupe les îles de Ré et d’Oléron. L’effectif des défenseurs est également d’environ 25 000 hommes11.

    9La proportion des troupes de l’Est dans l’effectif total est loin d’être négligeable. Dans la poche de Lorient, elles représentent environ 10 % de l’armée allemande mais les troupes étrangères dans leur ensemble constituent, quant à elles, 25% de la totalité12. Le général Fahrmbacher évoque, dans ses Mémoires, le nombre approximatif de 2 000 Ukrainiens, Russes, Géorgiens, Cosaques et Arméniens ayant « monté la garde sur le mur de l’Atlantique » et ayant « bravement combattu […] sur les lignes avancées de Lorient13 ». La consultation des archives militaires de Vincennes permet d’identifier partiellement les formations de l’Est basées en Bretagne au sein des divisions allemandes. Parmi elles, dans la poche de Lorient, on peut notamment citer les 633e, 634e, 636e et 752e bataillons de l’Est, auxquels il faut ajouter le 285e groupement cycliste et le 798e bataillon géorgien14. On trouve également un escadron de cavalerie ukrainien, ainsi qu’une compagnie de cyclistes ukrainiens, les deux étant chargés d’assurer la liaison entre les différents observatoires et d’effectuer des patrouilles. Les archives militaires fournissent également, à côté des numéros d’unités, les noms des officiers reconnus15. Ainsi, le 634e bataillon, placé dans le secteur ouest de la poche de Lorient, est commandé par le lieutenant-colonel Botcharov. Le 636e bataillon du commandant Poteryaiko est provisoirement stationné au nord de Port-Louis. D’après les renseignements acquis par les forces françaises, en février 1945, les effectifs du 634e s’élèvent à 300 hommes, ceux des 281e (cosaque), 285e bataillons russes et du 256e à 400 hommes chacun répartis en compagnies de 100 hommes16. De nombreux ouvriers russes sont également employés dans la marine ou sont cantonnés à l’arrière dans des unités de travailleurs.

    10La proportion des supplétifs de l’Est est plus importante dans les îles bretonnes de Groix et de Belle-Île. Environ 500 Géorgiens et Polonais sont ainsi cantonnés dans l’île de Groix, où ils constituent la moitié de l’effectif, d’après ce que l’on sait du côté français dès octobre 1944. Ces hommes auraient été placés en situation d’isolement dans cette île principalement parce que les Allemands les considéraient comme des éléments douteux, ayant même refusé de combattre à leurs côtés. Deux cents hommes du 688e Ost Bataillon sont quant à eux cantonnés à Belle-Île. Les îles anglo-normandes sont également défendues, à côté des Allemands, par des Russes et des Géorgiens, ainsi que par des Polonais et des Autrichiens. C’est le cas à Guernesey, où se trouvent 800 Géorgiens, et à Aurigny17.

    11Dans la poche de Royan, appelée Festung Gironde Nord depuis qu’elle a été érigée en forteresse, l’effectif placé sous le commandement du colonel Pohlman a été bouleversé depuis le débarquement. Un régiment de cosaques, cantonné à Royan, a été envoyé en août 1944 pour réduire le maquis de la région de Bergerac. Les unités de cosaques du Don et du Kouban, présentes dans la région de Royan depuis la fin de 1943, principalement dans le Médoc, ont donc été déplacées. Toutefois, les renseignements que l’on possède sur le régiment de Royan sont révélateurs de leur activité avant la formation des poches. Les cosaques, commandés par des officiers allemands, marquent le paysage par leurs démonstrations visibles. Les entraînements et les cérémonies sont l’occasion pour les soldats de revêtir l’uniforme traditionnel et de parader à cheval18. Mais pour la période qui nous concerne, à Royan et à La Rochelle, les éléments étrangers les plus nombreux sont les Polonais. Des Russes sont toujours présents mais ils demeurent mal identifiés car notés justement sous le terme générique de Russes. Ce sont plus certainement des Ukrainiens employés dans la Marineartillerie19.

    12Il serait cependant exagéré de penser que les troupes sont systématiquement réparties en fonction de leur nationalité dans les petites unités. Les bulletins de renseignements français notent ainsi que des soldats polonais et russes ont été amalgamés aux Allemands, ainsi qu’aux autres contingents étrangers, dans l’île d’Oléron et dans l’île de Ré. Un rapport des FFO du 16 janvier 1945, portant sur le camp retranché de La Rochelle, indique : « La proportion d’étrangers de toute race (Autrichiens, Sudètes, Italiens, Polonais, Tchèques, Géorgiens) est d’environ 30 %. Les Polonais y sont en majorité20. » Des informations plus détaillées mentionnent, par exemple, qu’une centaine de Russes et de Polonais sont disséminés dans l’île d’Oléron, au sein des unités allemandes affectées dans les différents blockhaus : 30 Allemands et seulement 2 Russes sont stationnés au blockhaus de la Cotinière, avec un canon de 75. À la pointe de Chassiron, 80 Allemands et 4 Russes servent quatre pièces de 155 et deux mitrailleuses lourdes. En revanche, à la batterie de la Perroche, 17 Russes et 30 Polonais sont placés aux côtés de 60 Allemands. Cette dernière situation laisse espérer, mais en vain, que les supplétifs seront en mesure de « neutraliser » leurs camarades allemands. Il est vrai que dans l’île, l’effectif étranger (surtout des Italiens, des Russes et des Polonais) ne s’élève qu’à environ 10 % des troupes21.

    13En dehors de ces informations chiffrées sur la localisation des effectifs, les archives militaires laissent apparaître quelques parcours individuels, retracés au cours des interrogatoires de déserteurs et de prisonniers. Là encore, ces archives ne fournissent que des échantillons. Les exemples ne peuvent donner qu’une idée du destin commun des recrues de l’Est. Pour en donner une illustration, citons le cas d’Anton Waloczyk et de Johann Kolodziej, un mineur et un ouvrier, tous les deux originaires de Silésie. Incorporés dans l’armée allemande en février 1944, ils sont envoyés avec leur bataillon à La Roche-sur-Yon, puis à Royan, en juin 1944. Ils désertent ensemble en janvier 1945. Autre exemple, des Russes faits prisonniers en 1942, ont été enrôlés au 636e bataillon. En garnison en Biélorussie en août 1943, ils traversent ensuite le continent jusqu’à Soissons, où ils arrivent en octobre de la même année, puis Vannes, où ils restent jusqu’en février 1944, Carnac et Hennebont jusqu’en août et enfin Plouhinec, d’où ils désertent22.

    14Toutes ces informations, même incomplètes, indiquent que les troupes de l’Est ne constituaient guère qu’une force d’appoint peu fiable et dont la mission n’était pas le combat. De fait, les tâches qui leur étaient confiées étaient variables. Leur présence et leur action ont par ailleurs pu représenter aussi bien une gêne qu’une aide pour les troupes allemandes retenues dans les poches.

    Actions de combat, exactions et désertions

    15La relégation des supplétifs en retrait des lignes de défense, leur cantonnement dans des tâches autres que le combat, le désarmement, parfois, de certaines unités, sont autant de mesures qui indiquent la méfiance des officiers allemands envers les Osttruppen, méfiance connue des forces françaises assiégeantes et dont font état les historiens. Une tendance historiographique très minoritaire vise toutefois à réévaluer le rôle important des supplétifs dans les combats. Elle souligne bien sûr l’efficacité et la férocité observée dans la traque des maquisards mais aussi les aptitudes dans la défense des poches. Le général Fahrmbacher a particulièrement insisté sur l’efficacité des unités de l’Est dans la lutte contre la Résistance, mais aussi sur leur valeur au combat (ce qui est pour lui un moyen de valoriser les officiers allemands qui les commandaient) et, finalement, sur leur loyauté, en dépit des désertions. Le chef allemand de la poche de Lorient reconnaît cependant explicitement que ces unités ne pouvaient en aucun cas être employées en première ligne23. L’interprétation historique valorisant le rôle des supplétifs de l’Est insiste sur les capacités manœuvrières de l’infanterie dite russe, le rôle d’observation des patrouilles mobiles, la compétence et la fidélité globale des effectifs. Elle voit dans leur présence un atout pour la résistance allemande dans les poches, grâce aux avantages de l’amalgame et aux compétences militaires des soldats de l’Est24.

    16Dans le contexte particulier des poches de l’Atlantique, c’est-à-dire dans celui d’une résistance désespérée de dernière heure au sort inéluctable de la guerre, la question des qualités militaires des effectifs de l’Est nous semble légèrement déplacée et, en tout cas, très secondaire. Certes, les hommes combattent lorsqu’il le faut, même s’il faut rappeler que dans le contexte de la guerre de siège, les combats ne sont pas si fréquents. Surtout, les études historiques sur les comportements des hommes au combat, comme ceux de Paul Fussell, ont montré que les motivations des combattants sont avant tout, fort logiquement, de rester en vie25. C’est surtout la question du moral des troupes qui prime. Les renseignements provenant des poches confirment la méfiance allemande envers les troupes de l’Est, pour qui le combat n’est pas une motivation26, de même qu’il ne l’est pas forcément toujours non plus parmi les soldats allemands. La volonté de combattre est cependant plus forte parmi les officiers que parmi les soldats. À cet égard, l’attitude des officiers, parfois animés par leur zèle idéologique27, ou bien simplement imbus de leur mission, tranche avec l’attitude de soldats démoralisés et voués à la défaite, à la mort ou à la captivité. Les renseignements obtenus par le 2e bureau des FFO lors des interrogatoires de prisonniers indiquent que si certaines compagnies combattent, comme la 3e compagnie du 636e Ostbataillon, « entièrement composée de Russes » et intégrée à un bataillon allemand placé en ligne de défense arrière de la poche de Lorient, d’autres, plus nombreuses, comme la 4e compagnie, exécutent simplement des travaux de construction et de voirie.

    17L’ardeur au combat doit être artificiellement soutenue. Informées et prenant leur parti de la défaite allemande28, les troupes de l’Est ne tiennent généralement que par la stricte discipline qui leur est imposée. Elles sont contraintes à un appel effectué plusieurs fois par jour et, surtout, les soldats vivent dans la crainte constante d’être fusillés avant la reddition29. Ce genre de sanction semble survenir fréquemment. Entre 150 et 200 soldats russes et polonais auraient subi ce sort peu de temps avant la reddition allemande de la poche de Lorient30. La crainte de la désertion ou de l’insoumission, ainsi que les graves exactions commises contre la population sont les principales raisons pour lesquelles des unités de l’Est sont désarmées et reléguées à l’arrière. Les scènes de pillages, de viols et de meurtres émaillent les récits des témoins de ces événements. Ces actes d’indiscipline poussent parfois les Allemands à interner les supplétifs en forteresse ou dans des camps, comme celui de Montoir, au début de 1945, où les prisonniers travaillent et dont ils ne peuvent sortir que sous escorte allemande31.

    18Un autre souci de l’encadrement est le moral des troupes, décrit de très nombreuses fois comme particulièrement bas dans les témoignages des déserteurs et au travers des renseignements reçus. Le rationnement, l’isolement expliquent largement ce « cafard » propice à la désertion, que les Allemands essaient d’endiguer, comme nous l’avons mentionné, en affectant les unités de l’Est à la défense d’îles ou de fortifications et en renforçant la discipline32. L’interrogatoire de Paul Czyz, un soldat polonais de 28 ans à Saintes, à la fin de novembre 1944, décrit un réel abattement moral des troupes, qu’accentue le manque de nouvelles du pays. L’encadrement allemand promet aux hommes que leurs lettres partent de l’aérodrome de Laleu, à La Rochelle, mais ils n’obtiennent jamais de réponse. La tentation de la désertion est grande, son augmentation prévisible, c’est pourquoi, le colonel Pohlmann, décidé à ne pas se rendre, tente de l’endiguer à force de notes menaçantes à l’encontre des familles des éventuels déserteurs. Cette méthode fonctionne, paraît-il, sur les plus jeunes qui redoutent les représailles exercées contre leurs parents. Toutefois, les Allemands ne peuvent que difficilement freiner l’inflation des désertions chez les Polonais à partir du moment où, au début de 1945, la progression de l’Armée rouge leur permet de ne plus craindre ces représailles contre leur famille33. De la même manière que beaucoup de « Russes » s’étaient engagés dans l’armée allemande pour échapper à la famine des camps, la faim peut les pousser à déserter les poches. On déserte alors individuellement, comme cet Ukrainien, Grigori Isaiev, utilisé comme bûcheron près de Lorient, qui parvient à s’évader grâce aux indications que lui fournissent des villageois34. On s’enfuit également par petits groupes, comme ces deux Russes, Motchinski et Volanski, qui fuient Aurigny, en mars 1945, sur un bateau qu’ils ont construit eux-mêmes35. Les exemples sont nombreux.

    19Comme nous l’avons vu, le meilleur moyen d’atténuer le manque de combativité et de loyauté des supplétifs de l’Est reste, pour les autorités allemandes, le confinement à l’arrière ou dans les îles. Ainsi, les Polonais de la poche de La Rochelle sont regroupés dans l’île de Ré dès février-mars 1945. Ces mesures, ainsi que la propagande et l’intimidation ne garantissent cependant pas une plus grande loyauté. Certains franchissent le pas d’une opposition clandestine à l’armée allemande. C’est le cas dans l’île d’Oléron où, comme l’affirme un rapport français, des éléments étrangers (russes, polonais et italiens) sont en contact avec les résistants locaux qu’ils ravitaillent en pistolets et en grenades36. Les Forces françaises espèrent alors que certains, comme ils semblent le promettre, tournent leurs armes contre leurs camarades allemands, à l’intérieur de ces unités dans lesquelles ils sont minoritaires, mais cela ne se produit apparemment pas. Une répression s’abat au contraire sur eux en avril 1945.

    20L’étape suivant parfois la désertion, est celle du passage dans le camp adverse. Elle n’est pas rare, elle est mentionnée à plusieurs occasions, mais elle demeure en limite de l’histoire des poches de l’Atlantique. C’est par exemple le cas d’une quinzaine de Géorgiens qui assistent les FFI à Ferrières, près de La Rochelle ou encore à la veille de la libération de Vannes, lorsque des Géorgiens éliminent leurs cadres dans la presqu’île de Rhuys, mais dans le même temps, près de Marzan, d’autres Géorgiens repoussent les FFI37. Les cas de supplétifs de l’Est rejoignant la Résistance française sont loin en tout cas d’être des cas isolés dans l’ensemble de la moitié sud de la France.

    Le sort des prisonniers

    21Il apparaît globalement que les « Russes ou assimilés » qui se sont distingués par leur brutalité contre les résistants ont été bien moins nombreux que les éléments réfractaires au combat ou jugés peu fiables. L’écrasante majorité des supplétifs termine la guerre dans un camp de prisonniers, qu’ils aient déserté leur poste ou pas.

    22Avant la reddition des poches, les soldats ayant été faits prisonniers sont systématiquement interrogés. Leur récit est précieux pour les assiégeants qui recensent les informations sur la position et les effectifs des compagnies ennemies, la localisation des champs de mines, la relève des troupes stationnées sur la ligne de front et sur le moral des troupes assiégées. À partir de la fin de novembre 1944, la procédure inquisitoriale est uniformisée. Une note administrative précise en effet à l’intention des officiers de SR des régiments une liste de questions destinées, pour une douzaine d’entre elles, à identifier le prisonnier et son unité et, pour une poignée d’autres, à recevoir des renseignements divers sur l’effectif, le moral et le matériel ennemis38. Mis à disposition des Forces françaises de l’Ouest, les prisonniers sont ensuite livrés aux régions militaires, dans lesquelles ils sont internés. En Bretagne, un camp sous administration américaine est situé à Rennes. Un autre, tenu par les Français, se trouve à Theix, dans le Morbihan39. Certains prisonniers sont cependant conservés dans les poches pour participer à divers travaux, comme c’est le cas à Lorient40.

    23Les prisonniers citoyens de l’Union soviétique et les prisonniers polonais ne sont pas traités de la même manière. En fonction d’une note du 26 novembre 1944, produite dans la perspective d’une augmentation des désertions, les Polonais s’étant évadés des poches de l’Atlantique sont informés qu’il leur sera demandé d’assister les forces françaises en cas d’assaut, en échange d’un traitement « moins rigoureux » à leur encontre. Il s’agit en effet surtout de profiter de leur connaissance de l’emplacement des mines. Ceux qui refusent sont dirigés vers un camp et voient leur mauvaise volonté notifiée dans leurs documents41. À partir de mars 1945, les prisonniers polonais subissent de plus un interrogatoire de la part d’un officier polonais spécialement détaché à l’état-major des FFO. Il est chargé (il s’agit en l’occurrence, pour La Rochelle et Royan, d’un certain capitaine Morawski) de tester la sincérité de leur patriotisme. S’il est satisfait des réponses et estime que les prisonniers demeurent loyaux à leur pays, il les oriente vers le centre de rassemblement de Parthenay. Dans le cas contraire, le soldat interrogé demeure considéré comme un prisonnier42. C’est certainement dans cette deuxième catégorie qu’est entré Paul Czyz, mentionné plus haut, puisqu’il a déclaré n’avoir aucunement l’intention de rejoindre l’armée polonaise, étant fatigué de la guerre depuis sa mobilisation quatre ans plus tôt43.

    24Pour les prisonniers issus des nationalités de l’Union soviétique, les FFO doivent se contenter de suivre les directives ministérielles, ce qui signifie qu’ils leur échappent complètement. Une note signée du ministre de la Guerre du GPRF, André Diethelm, du 11 octobre 1944 précise que les « Russes » doivent être examinés par des représentants du gouvernement soviétique qui fixent la destination à leur donner44. Ils tombent ensuite sous le coup d’un accord franco-soviétique de réciprocité, signé le 29 juin 1945, qui prévoit l’échange de prisonniers nationaux, le GPRF étant soucieux de rapatrier les Français se trouvant en territoire soviétique. Les prisonniers soviétiques sont donc rassemblés dans des camps en France, sous l’action du Comité militaire d’action (COMAC) et des comités départementaux de Libération (CDL). Le plus important de ces camps est celui de Beauregard, près de Versailles, administré par les Soviétiques45. L’ambassade soviétique à Paris a ensuite la charge de rapatrier les prisonniers en Union soviétique, où ils peuvent subir le sort de la captivité et de la mort mais où ils peuvent également regagner leur foyer. Des milliers ont pu rejoindre les groupes de la Résistance ou faire croire qu’ils l’ont fait. Certains échappent au camp mais la plupart sont également rapatriés46.

    ⁂

    25Le cas des troupes de l’Est dans l’armée allemande pose finalement des interrogations communes à celles que l’on peut se poser sur les forces supplétives étrangères de n’importe quelle armée, à n’importe quelle époque. Il s’agit des interrogations sur leur compétence militaire et sur leur loyauté. Dans le cas précis des poches de l’Atlantique, c’est-à-dire dans le contexte d’une résistance parfaitement inutile, de même que, peut-être, dans celui d’attaques tout aussi inutiles, sinon politiquement, du moins militairement, les troupes de l’Est font figure de soldats usés, démoralisés et démotivés. Plus qu’un soutien, ces hommes sont une préoccupation pour un encadrement allemand ligoté dans son obsession d’obéissance aux ordres, qui doit davantage réagir aux problèmes que posent les supplétifs que réfléchir au meilleur moyen de les utiliser. Ces soldats sans gloire, effacés de la mémoire collective, accentuent le caractère d’effondrement de la dernière et vaine résistance allemande.

    Notes de bas de page

    1SHD/Terre, 7 P 151, effectifs des troupes allemandes des poches de l’Atlantique et de Dunkerque, 15 février 1945, synthèse de renseignements, FFO. Voir également 10 P 427, FFSO (Forces françaises du Sud-Ouest), renseignements Royan et La Rochelle. Le Verdon désigne ici la poche de la pointe de Grave sur la rive sud de la Gironde.

    2Desquennes Rémy, 1940-1944. L’histoire secrète du mur de l’Atlantique, de l’organisation Todt au débarquement en Normandie, Fécamp, Éditions des Falaises, 2003, p. 173.

    3SHD/Terre. Elles sont principalement disponibles dans les sous-séries 7 P et 10 P de la série P 1940-1946.

    4Coudry Georges, Les camps soviétiques en France. Les « Russes » livrés à Staline en 1945, Paris, Albin Michel, 1997, p. 20.

    5C’est précisément cette catégorie, qualifiée du diminutif de Hiwis, que l’on retrouve comme auxiliaires non combattants sur le mur de l’Atlantique. Voir Philippe Lamarque, op. cit., p. 103.

    6Coudry Georges, Les camps soviétiques…, op. cit., p. 20.

    7Ibid., p. 108.

    8Coudry Georges, « Soldats de Vlassov et détachements soviétiques en France (1943-1945) », dans Matériaux pour l’histoire de notre temps, 1995, no 39-40, Lendemains de libération, lendemains de guerre, p. 8-12.

    9Harrison Gordon A. (éd.), US Army in World War II. European Theater Operations, Cross-Channel Attack, Center of Military History, 1951, p. 146.

    10SHD/Terre, 7 P 151, Effectifs des troupes allemandes des poches de l’Atlantique et de Dunkerque. Forces françaises de l’Ouest, 28 février 1945, synthèse de renseignements sur la situation des Allemands dans le secteur de Lorient.

    11Ibid., p. 704-705.

    12SHD/Terre, 7 P 151, FFO, synthèse de renseignements du 28 février 1945.

    13Fahrmbacher Wilhelm, Souvenirs de la base Keroman, 1940-1945, Le Faouët, Liv’éditions, 2012, p. 145 et 188.

    14SHD/Terre, 10 P 357, FFO DAATL (Forces françaises de l’Ouest, détachement de l’armée de l’Atlantique), 2e bureau, synthèses de renseignements, août 1944-mai 1945, Lorient, février 1945 ; Lamarque Philippe, op. cit., p. 25 et 103.

    15SHD/Terre, 10 P 358, FFO DAATL. Renseignements généraux sur l’ennemi. Dans ce carton figure aussi une liste des membres de la Légion des volontaires français (LVF).

    16SHD/Terre, FFO DAATL, 2e bureau, Lorient, février 1945.

    17SHD/Terre, 7 P 151, 14 octobre 1944, 28 février 1945, 13 mars 1945.

    18Chazette André et Reberac François, Royan-Pointe de Grave. Poches de l’Atlantique, op. cit., p. 49-54.

    19SHD/Terre, 10 P 427, FFSO, renseignements Royan et La Rochelle, 14 janvier 1945.

    20SHD/Terre, 10 P 427, renseignements Royan et La Rochelle, 16 janvier 1945.

    21SHD/Terre, 10 P 357, FFO, DAATL, 2e bureau, synthèses de renseignements, août 1944-mai 1945, 3 décembre 1944.

    22SHD/Terre, 10 P 423, DAATL, renseignements sur l’ennemi à Lorient et à La Rochelle.

    23Fahrmbacher Wilhelm, op. cit., p. 145.

    24Lamarque Philippe, op. cit., p. 76.

    25Fussell Paul, À la guerre. Psychologie et comportements pendant la Seconde Guerre mondiale, Paris, Seuil, 1992.

    26En février 1945, il est par exemple fait mention de soldats russes désarmés par crainte de trahison et rassemblés dans des unités de travailleurs en arrière des lignes, à l’ouest de Lorient. SHD/Terre, 7 P 151, FFO, rapport du 28 février 1945.

    27SHD/Terre, 10 P 357, FFO DAATL, Lorient, février 1945. Le lieutenant Dolgoi, de la 4e compagnie du 636e bataillon, est ainsi qualifié de « russe blanc » et de « propagandiste nazi pour les troupes russes ». La 3e compagnie est commandée par le capitaine Gregoriev, le déserteur Ivan Maratkanov le décrit comme « un chef très dur et dévoué aux Allemands ». Pour ce témoignage, voir SHD/Terre, 10 P 423, FFO, DAATL, 2 février 1945. Il faut noter, à titre de contre-exemple, l’action décisive qu’aurait joué le colonel Potiereyka (le même que le commandant Poteryaiko cité plus haut ?) dans la libération des habitants de Pornic en août 1944. Sur ce sujet, voir l’avis de Gautier Michel, « Qui a sauvé les Pornicais ? », 25 août 2014 [http://www.ouest-france.fr/qui-sauve-les-pornicais-2781201], consulté le 27 avril 2015.

    28SHD/Terre, 7 P 151, Nantes, 28 février 1945.

    29En témoignent les interrogatoires menés sur des prisonniers russes : SHD/Terre, 10 P 358, FFO DAATL, renseignements généraux sur l’ennemi, Lorient, 7 mars 1945.

    30Rondel Éric, Les poches de l’Atlantique, op. cit., p. 77 ; Leroux Roger, Le Morbihan en guerre, 1939-1945, op. cit., p. 624.

    31SHD/Terre, 7 P 151, Angers, 8 mars 1945.

    32Les mesures prises par le commandement allemand contre l’augmentation du nombre de désertions parmi les soldats polonais consistent à les retirer des lignes à Royan, et à les concentrer dans l’île de Ré, en ce qui concerne La Rochelle. SHD/Terre, 9 P 173, EM 18e RM, bulletins de renseignements sur les opérations dans les poches, 5 mars 1945.

    33SHD/Terre, 10 P 427, FFSO, renseignements Royan et La Rochelle, Saintes, 27 novembre 1944, rapport du capitaine Pasquet.

    34SHD/Terre, 10 P 423, décembre 1944.

    35SHD/Terre, 7 P 151, Rouen, 29 mars 1945.

    36SHD/Terre, 10 P 357, 3 décembre 1944.

    37Leroux Roger, op. cit., p. 42 ; Coudry Georges, Les camps soviétiques en France, op. cit., p. 125 et 132.

    38SHD/Terre, 10 P 427, Saintes, note du 30 novembre 1944.

    39Ibid., chef d’état-major des FFSO au général commandant l’Antenne nord, 10 mars 1945 ; Coudry Georges, « Soldats de Vlassov et détachements soviétiques en France (1943-1945) », op. cit., p. 12.

    40SHD/Terre, 10 P 358, Lorient, 7 mars 1945.

    41SHD/Terre, 10 P 427, FFSO, 26 novembre 1944.

    42Ibid., rapport du chef de l’EM du 10 mars 1945.

    43Ibid., Saintes, rapport du capitaine Pasquet du 27 novembre 1944.

    44Coudry Georges, Les camps soviétiques en France, op. cit., p. 32 et 35 ; SHD/Terre, 10 P 427, 10 mars 1945.

    45Ibid., p. 39, et « Soldats de Vlassov et détachements soviétiques en France », op. cit., p. 9.

    46Desquenes Rémy, op. cit., p. 186.

    Auteur

    • Frédéric Dessberg

      Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

      Frédéric Dessberg, maître de conférences en histoire contemporaine de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, détaché aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan. Responsable du pôle « Défense et sécurité européennes » du CREC et directeur du GIS Europe de Rennes. Ses travaux portent principalement sur la politique de la France en Europe orientale entre les deux guerres mondiales. Il a publié dernièrement Les Européens et la guerre, Paris, Publications de la Sorbonne, 2014, avec Antoine Marès et Isabelle Davion, Militaires et diplomates français face à l’Europe médiane, Paris, Eur’orbem Éditions, 2017, et avec Armaël Cattaruzza, L’Européanité en Europe médiane, Paris, Honoré Champion, 2018.

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    1SHD/Terre, 7 P 151, effectifs des troupes allemandes des poches de l’Atlantique et de Dunkerque, 15 février 1945, synthèse de renseignements, FFO. Voir également 10 P 427, FFSO (Forces françaises du Sud-Ouest), renseignements Royan et La Rochelle. Le Verdon désigne ici la poche de la pointe de Grave sur la rive sud de la Gironde.

    2Desquennes Rémy, 1940-1944. L’histoire secrète du mur de l’Atlantique, de l’organisation Todt au débarquement en Normandie, Fécamp, Éditions des Falaises, 2003, p. 173.

    3SHD/Terre. Elles sont principalement disponibles dans les sous-séries 7 P et 10 P de la série P 1940-1946.

    4Coudry Georges, Les camps soviétiques en France. Les « Russes » livrés à Staline en 1945, Paris, Albin Michel, 1997, p. 20.

    5C’est précisément cette catégorie, qualifiée du diminutif de Hiwis, que l’on retrouve comme auxiliaires non combattants sur le mur de l’Atlantique. Voir Philippe Lamarque, op. cit., p. 103.

    6Coudry Georges, Les camps soviétiques…, op. cit., p. 20.

    7Ibid., p. 108.

    8Coudry Georges, « Soldats de Vlassov et détachements soviétiques en France (1943-1945) », dans Matériaux pour l’histoire de notre temps, 1995, no 39-40, Lendemains de libération, lendemains de guerre, p. 8-12.

    9Harrison Gordon A. (éd.), US Army in World War II. European Theater Operations, Cross-Channel Attack, Center of Military History, 1951, p. 146.

    10SHD/Terre, 7 P 151, Effectifs des troupes allemandes des poches de l’Atlantique et de Dunkerque. Forces françaises de l’Ouest, 28 février 1945, synthèse de renseignements sur la situation des Allemands dans le secteur de Lorient.

    11Ibid., p. 704-705.

    12SHD/Terre, 7 P 151, FFO, synthèse de renseignements du 28 février 1945.

    13Fahrmbacher Wilhelm, Souvenirs de la base Keroman, 1940-1945, Le Faouët, Liv’éditions, 2012, p. 145 et 188.

    14SHD/Terre, 10 P 357, FFO DAATL (Forces françaises de l’Ouest, détachement de l’armée de l’Atlantique), 2e bureau, synthèses de renseignements, août 1944-mai 1945, Lorient, février 1945 ; Lamarque Philippe, op. cit., p. 25 et 103.

    15SHD/Terre, 10 P 358, FFO DAATL. Renseignements généraux sur l’ennemi. Dans ce carton figure aussi une liste des membres de la Légion des volontaires français (LVF).

    16SHD/Terre, FFO DAATL, 2e bureau, Lorient, février 1945.

    17SHD/Terre, 7 P 151, 14 octobre 1944, 28 février 1945, 13 mars 1945.

    18Chazette André et Reberac François, Royan-Pointe de Grave. Poches de l’Atlantique, op. cit., p. 49-54.

    19SHD/Terre, 10 P 427, FFSO, renseignements Royan et La Rochelle, 14 janvier 1945.

    20SHD/Terre, 10 P 427, renseignements Royan et La Rochelle, 16 janvier 1945.

    21SHD/Terre, 10 P 357, FFO, DAATL, 2e bureau, synthèses de renseignements, août 1944-mai 1945, 3 décembre 1944.

    22SHD/Terre, 10 P 423, DAATL, renseignements sur l’ennemi à Lorient et à La Rochelle.

    23Fahrmbacher Wilhelm, op. cit., p. 145.

    24Lamarque Philippe, op. cit., p. 76.

    25Fussell Paul, À la guerre. Psychologie et comportements pendant la Seconde Guerre mondiale, Paris, Seuil, 1992.

    26En février 1945, il est par exemple fait mention de soldats russes désarmés par crainte de trahison et rassemblés dans des unités de travailleurs en arrière des lignes, à l’ouest de Lorient. SHD/Terre, 7 P 151, FFO, rapport du 28 février 1945.

    27SHD/Terre, 10 P 357, FFO DAATL, Lorient, février 1945. Le lieutenant Dolgoi, de la 4e compagnie du 636e bataillon, est ainsi qualifié de « russe blanc » et de « propagandiste nazi pour les troupes russes ». La 3e compagnie est commandée par le capitaine Gregoriev, le déserteur Ivan Maratkanov le décrit comme « un chef très dur et dévoué aux Allemands ». Pour ce témoignage, voir SHD/Terre, 10 P 423, FFO, DAATL, 2 février 1945. Il faut noter, à titre de contre-exemple, l’action décisive qu’aurait joué le colonel Potiereyka (le même que le commandant Poteryaiko cité plus haut ?) dans la libération des habitants de Pornic en août 1944. Sur ce sujet, voir l’avis de Gautier Michel, « Qui a sauvé les Pornicais ? », 25 août 2014 [http://www.ouest-france.fr/qui-sauve-les-pornicais-2781201], consulté le 27 avril 2015.

    28SHD/Terre, 7 P 151, Nantes, 28 février 1945.

    29En témoignent les interrogatoires menés sur des prisonniers russes : SHD/Terre, 10 P 358, FFO DAATL, renseignements généraux sur l’ennemi, Lorient, 7 mars 1945.

    30Rondel Éric, Les poches de l’Atlantique, op. cit., p. 77 ; Leroux Roger, Le Morbihan en guerre, 1939-1945, op. cit., p. 624.

    31SHD/Terre, 7 P 151, Angers, 8 mars 1945.

    32Les mesures prises par le commandement allemand contre l’augmentation du nombre de désertions parmi les soldats polonais consistent à les retirer des lignes à Royan, et à les concentrer dans l’île de Ré, en ce qui concerne La Rochelle. SHD/Terre, 9 P 173, EM 18e RM, bulletins de renseignements sur les opérations dans les poches, 5 mars 1945.

    33SHD/Terre, 10 P 427, FFSO, renseignements Royan et La Rochelle, Saintes, 27 novembre 1944, rapport du capitaine Pasquet.

    34SHD/Terre, 10 P 423, décembre 1944.

    35SHD/Terre, 7 P 151, Rouen, 29 mars 1945.

    36SHD/Terre, 10 P 357, 3 décembre 1944.

    37Leroux Roger, op. cit., p. 42 ; Coudry Georges, Les camps soviétiques en France, op. cit., p. 125 et 132.

    38SHD/Terre, 10 P 427, Saintes, note du 30 novembre 1944.

    39Ibid., chef d’état-major des FFSO au général commandant l’Antenne nord, 10 mars 1945 ; Coudry Georges, « Soldats de Vlassov et détachements soviétiques en France (1943-1945) », op. cit., p. 12.

    40SHD/Terre, 10 P 358, Lorient, 7 mars 1945.

    41SHD/Terre, 10 P 427, FFSO, 26 novembre 1944.

    42Ibid., rapport du chef de l’EM du 10 mars 1945.

    43Ibid., Saintes, rapport du capitaine Pasquet du 27 novembre 1944.

    44Coudry Georges, Les camps soviétiques en France, op. cit., p. 32 et 35 ; SHD/Terre, 10 P 427, 10 mars 1945.

    45Ibid., p. 39, et « Soldats de Vlassov et détachements soviétiques en France », op. cit., p. 9.

    46Desquenes Rémy, op. cit., p. 186.

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    Dessberg, F. (2019). Les troupes de l’Est dans les poches de l’Atlantique. In M. Catala (éd.), Les poches de l’Atlantique 1944-1945. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14qbp
    Dessberg, Frédéric. « Les troupes de l’Est dans les poches de l’Atlantique ». In Les poches de l’Atlantique 1944-1945, édité par Michel Catala. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2019. doi:10.4000/14qbp.
    Dessberg, Frédéric. « Les troupes de l’Est dans les poches de l’Atlantique ». Les poches de l’Atlantique 1944-1945, édité par Michel Catala, Presses universitaires de Rennes, 2019, https://doi.org/10.4000/14qbp.

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    Catala, M. (éd.). (2019). Les poches de l’Atlantique 1944-1945. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14qcz
    Catala, Michel, éd. Les poches de l’Atlantique 1944-1945. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2019. doi:10.4000/14qcz.
    Catala, Michel, éditeur. Les poches de l’Atlantique 1944-1945. Presses universitaires de Rennes, 2019, https://doi.org/10.4000/14qcz.
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