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    Plan détaillé Texte intégral Les FFI charentais sur le front de l’Atlantique La presse résistante met en évidence le rôle des FFI Un temps fort de l’histoire de la Résistance Notes de bas de page Auteur

    Les poches de l’Atlantique 1944-1945

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Les FFI charentais sur le front atlantique, vus par la presse résistante locale

    Hugues Marquis

    p. 175-190

    Texte intégral Les FFI charentais sur le front de l’Atlantique À l’origine des unités : les maquis charentais La Charente, libérée par les FFI La transformation en unités de l’armée régulière Le siège des poches de Royan et La Rochelle : la guerre de position La libération et la fin de la guerre La presse résistante met en évidence le rôle des FFI La presse charentaise de la Résistance Origines et développement de la presse FFI charentaise Un temps fort de l’histoire de la Résistance L’armée nouvelle L’esprit maquisard Un but : chasser l’occupant du territoire national Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1L’été 1944 met en évidence la place de la résistance armée dans la libération du territoire. La lutte contre l’occupant se poursuit jusqu’au printemps 1945 avec le siège des poches allemandes de l’Atlantique. Sur les secteurs de Royan – La Rochelle, ce sont essentiellement des soldats d’origine charentaise, FFI intégrés dans l’armée régulière, placés sous le commandement du général de Larminat, qui assurent cette mission. Cette étude, qui s’appuie sur la presse résistante locale, porte sur les motivations qui animent ces hommes. Il s’agit de montrer comment se manifeste l’esprit de résistance chez les engagés volontaires charentais à travers l’expérience du front atlantique. Ainsi, présentée dans le contexte de l’engagement des FFI charentais, l’analyse de la presse résistante et en particulier la presse des unités combattantes met en évidence que la guerre qui se poursuit entre octobre 1944 et mai 1945 est pensée et vécue par ces combattants comme un temps fort de l’histoire de la Résistance.

    Les FFI charentais sur le front de l’Atlantique

    À l’origine des unités : les maquis charentais

    2Les FFI charentais dont il est question sont les volontaires des maquis constitués en Charente, mais aussi les volontaires charentais qui sont en grand nombre dans les maquis des départements proches1.

    3Le maquis FTP Bernard, dit aussi « maquis de Pressac », déployé sur la Haute-Vienne et la Charente, est constitué le 31 mai 19442. À l’origine de ce maquis se trouvent des groupements de réfractaires installés en Haute-Vienne, à la limite de la Charente limousine puis, à partir de septembre 1943, dans la forêt du Chambaud, dans le nord-est de la Charente. En juin 1944, le regroupement s’effectue par compagnies, entre Blond et Bellac en Haute-Vienne, d’une part, et à Pressignac en Charente au sud-ouest de Chabanais, d’autre part. Le château de Pressac devient le quartier général du maquis du secteur C de l’inter-région B de la R5 des FTPF. D’abord dirigée par Marc Beaulieu jusqu’au 15 juillet 1944, la formation passe ensuite sous l’autorité de Bernard Le Lay, d’où le nom de maquis Bernard ou régiment Bernard.

    4Le maquis Foch est fondé en 1944. À son origine se trouvent plusieurs groupes établis dans le nord Charente autour de Ruffec, Confolens, Champagne-Mouton et Saint-Coutant3. Il prend le nom de Foch après le débarquement et réalise l’unification des groupes du nord Charente en juillet 1944. Commandé par le colonel Auger et le commandant Gary, il est rattaché à l’Armée secrète (AS 15).

    5Le maquis Bir’Hacheim se développe dans le nord-est de la Charente4. Les premiers éléments d’un groupe se constituent à Cherves-Châtelars, à l’est de Chasseneuil, en octobre 1943. Baptisé « Bir’Hacheim » en février 1944 lors de la visite du délégué militaire régional Claude Bonnier, il intègre par la suite d’autres éléments dont le maquis de Négret (Saint-Claud). Dirigé par André Chabanne, il est rattaché à l’Armée secrète en juin 1944, sous le numéro de maquis AS 18. C’est le plus gros maquis charentais avec 3 000 hommes à la fin de l’été 1944.

    6La Section spéciale de sabotage (SSS) est à l’origine un petit groupe crée par le capitaine Jacques Nancy, adjoint de Claude Bonnier, constitué en février 1944 à Bouëx, à proximité de la ligne de démarcation à l’est d’Angoulême5. Après le débarquement les effectifs grossissent et la SSS se divise en trois groupes centrés sur Ruffec, la forêt d’Horte et la Charente-Maritime. Le 22 juillet 1944, installée au château de Puycharnaud en Dordogne, la SSS compte 70 hommes. La formation est aussi liée au Groupe autonome de sabotage, constitué en juin 1944 en forêt d’Horte. Pendant l’été 1944, les hommes de la SSS sont intégrés dans la brigade Rac (AS 18), formation constituée en Dordogne nord, autour de Rodolphe Cézard, dit Rac.

    7Ces unités participent toutes à la libération de la Charente avant d’être dirigées vers le front atlantique, sur les secteurs de Royan et de La Rochelle.

    La Charente, libérée par les FFI

    8La libération de la Charente, à la fin de l’été 1944, s’inscrit dans le cadre des opérations de harcèlement de l’armée allemande du Sud-Ouest et du Centre, en repli vers le nord, en conséquence des débarquements alliés en Normandie puis en Provence. Développant leur emprise d’abord dans le nord-est du département de la Charente (le Confolentais), là où leur implantation est la plus solide, les maquis prennent possession des localités charentaises à la faveur de la retraite allemande. Les FFI charentais bénéficient pour cela de l’aide de formations venues de la Dordogne voisine (brigade Rac, maquis Soleil, groupe Ricco). Le temps fort est la libération d’Angoulême le 31 août 1944, marquée par la participation des formations précédemment citées. Au sud et à l’ouest du département, Barbezieux, Cognac et Châteauneuf sont libérées par les maquisards locaux avec l’aide de FFI venus des Pyrénées (colonne Soulé). Après l’accrochage des Adjots dans le nord du département, les derniers Allemands quittent le sol charentais le 2 septembre. Des éléments des groupes combattants qui ont libéré la Charente marchent vers l’ouest et libèrent une partie de la Charente-Maritime (Saintes le 4 septembre, Rochefort le 12 septembre), avant d’être confrontés aux retranchements allemands autour de La Rochelle et de Royan. Après la libération de leur département, la plupart des maquisards charentais vont donc poursuivre les combats en Charente-Maritime.

    9Au 11 septembre 1944, à l’exception des poches de résistance allemandes du littoral, la région est contrôlée par les maquis : le commandement est assuré pour la Charente par le colonel Bernard et pour la Charente-Maritime par le colonel Chabanne, tous sous le commandement du colonel Driant qui commande la région B. Le colonel Bernard assure aussi les opérations de nettoyage des départements des Deux-Sèvres et de la Vienne.

    La transformation en unités de l’armée régulière

    10Élément essentiel du retour de la légalité républicaine dans la France libérée, les décrets des 19 et 20 septembre 1944 mettent en place l’intégration des FFI à l’armée régulière. Elle passe par leur rattachement aux unités existantes ou par la création d’unités nouvelles. Les Forces françaises du Sud-Ouest (FFSO) sont créées le 14 octobre 1944. Elles deviennent plus tard Détachement de l’armée de l’Atlantique en mars 1945 (DAA), dirigées par le général de Larminat nommé le 14 octobre 1944.

    11Le processus d’intégration est long à mettre en place. Le maquis Bir’Hacheim devient 6e régiment d’infanterie au 1er décembre 1944. La brigade Rac et la SSS forment le 50e RI le 1er janvier 1945. Le maquis Foch devient régiment Foch dont l’essentiel constitue, le 1er décembre 1944, le 123e RI. Le régiment Bir’Hacheim, la brigade Rac et le régiment Foch forment en février 1945 avec la demi-brigade de l’Armagnac et le bataillon Rolland, la 23e division d’infanterie. Le régiment Bernard devient 107e RI. Ces unités rassemblent l’essentiel des combattants présents sur le front atlantique Royan-La Rochelle entre octobre 1944 et mai 19456. Ce sont ces unités qui participent aux opérations conduites contre les noyaux de résistance allemands du Sud-Ouest atlantique.

    Le siège des poches de Royan et La Rochelle : la guerre de position

    12La poche de Royan est constituée de deux zones. La principale, avec la ville de Royan et la presqu’île d’Arvert, s’étend sur la rive gauche de la Seudre depuis le sud de l’île d’Oléron jusqu’à l’entrée de l’estuaire de la Gironde. L’autre zone est de l’autre côté de l’estuaire, englobant l’extrémité nord du Médoc, de la pointe de Grave à Saint-Vivien de Médoc. La poche de La Rochelle est formée de la ville de La Rochelle, de la base sous-marine de La Pallice, de l’île de Ré et de la majeure partie de l’île d’Oléron.

    13Les opérations de siège sont d’abord dirigées par le colonel Adeline, ancien responsable des FFI de Dordogne, puis par le général de Larminat. Adeline devient commandant du secteur de Royan et le colonel Chêne, ancien chef de maquis de la Vienne, commandant du secteur de La Rochelle.

    14Les unités charentaises assiègent les réduits allemands durant tout l’hiver 1944-1945. Foch et Bir’Hacheim se positionnent devant La Rochelle. Les hommes de Foch participent aux combats du Gué d’Alleré le 15 décembre 1944 et de Marans les 15 et 20 janvier 1944. Transféré au sud, le régiment Foch est à l’attaque sur Royan les 14 et 15 avril 1945. Il remonte ensuite sur le secteur de Fouras jusqu’à la reddition de La Rochelle le 9 mai 19457. Rac et le régiment Bernard (107e RI) se positionnent devant Royan. Bir’Hacheim est engagé au nord de Rochefort.

    15Les sièges de Royan et La Rochelle sont marqués par des attaques ponctuelles lancées depuis les garnisons allemandes, destinées principalement à assurer la ligne de front et le ravitaillement. Elles font de nombreux morts et aussi des prisonniers dans les rangs français8. Les pertes sont aussi provoquées par des accrochages lors de patrouilles.

    La libération et la fin de la guerre

    16La libération des dernières parcelles du territoire français occupées par les Allemands se déroule en avril et mai 1945. À La Rochelle, le 7 mai, après avoir appris que le haut commandement allemand a accepté la capitulation du Reich sans conditions, l’amiral allemand Schirlitz négocie sa reddition. Grâce à l’accord conclu avec le commandant Meyer, La Rochelle, intacte, est libérée le 9 mai. Sous les ordres du commandant Ardouin, les zouaves débarquent sur l’île de Ré et désarment la garnison. La Marine prend possession de la base de La Pallice. La libération de Royan est lancée par l’opération Vénérable le 15 avril 1945. Le général de Larminat veut vaincre l’ennemi dans une bataille en règle. Un nouveau bombardement de la ville par les airs, la mer et la terre, est suivi d’une offensive terrestre9. D’intenses combats conduisent à la reddition du contre-amiral Michahelles le 17 avril 1945. Le 20 avril 1945, les forces françaises du Médoc commandées par le colonel de Milleret, obtiennent la capitulation des forces allemandes de la pointe de Grave. Après Royan, le commandement lance un débarquement sur l’île d’Oléron (opération Jupiter), dont la garnison se rend le 30 avril 1945.

    17La libération annonce aussi la démobilisation, puisque les engagements ont été contractés pour la durée de la guerre et trois mois. La grande majorité des FFI charentais rentre chez elle. Beaucoup d’unités sont dissoutes, comme le 107e RI (Bernard) le 1er juin 1945 ou le 6e RI (Bir’Hacheim) qui, après avoir été dirigé vers l’Allemagne, se disloque le 15 novembre 1945. Les chefs retournent aussi à la vie civile. André Chabanne est élu député à la Constituante en octobre 1945. Bernard le Lay est un temps cultivateur, avant de retourner à Paris où il reprend son travail de typographe. Rac (Rodolphe Cézard), militaire de carrière, demande la réintégration dans son arme d’origine l’artillerie, mais éconduit, choisit de rentrer dans la vie civile où il exerce divers métiers. Jacques Nancy est démobilisé en août 1945 avec le grade de capitaine. Le capitaine Fred, chef du bataillon Violette de la brigade Rac, s’occupe de créer un bureau de reclassement des démobilisés. En effet, le général de Larminat a obtenu deux cents emplois réservés (Ponts et Chaussées, douanes, chemins de fer, etc.).

    La presse résistante met en évidence le rôle des FFI

    18Le lien avec le département de la Charente est assuré par la presse qui suit les opérations sur le front atlantique. Nous avons retenu pour cette étude les deux quotidiens charentais issus de la Résistance, et surtout plusieurs titres des formations FFI charentaises.

    La presse charentaise de la Résistance

    19Les deux quotidiens généralistes issus de la Résistance sont La Charente libre et La Liberté en armes. Le premier numéro de La Charente libre sort le 2 septembre 1944. Aux premiers jours de la libération, c’est en quelque sorte le journal officiel du département. La Charente libre est aussi l’organe du Comité de libération de la Charente. La Liberté en armes paraît à partir du 10 septembre 1944, et devient La Liberté des Charentes, quotidien communiste publié à Angoulême, le 30 juillet 1945.

    20Ces quotidiens rendent compte d’abord de l’actualité de la guerre dans leur Une, les autres pages étant consacrées à l’actualité locale. De fait, si l’on examine la place occupée par les nouvelles du front de l’Atlantique dans les deux journaux, elle est assez réduite sur l’ensemble de la période (septembre 1944 à juin 1945), du moins jusqu’en avril 1945. Les mentions en Une sont assez irrégulières, mais néanmoins présentes. Citons à titre d’exemples quelques occurrences pour les mois de septembre et octobre 1944 : « La lutte pour la libération se poursuit – les opérations des FFI en Charente-Maritime10 », « L’incorporation dans l’armée des Forces françaises de l’Intérieur », dans La Charente libre, ou de courts comptes rendus sur « Les opérations en Charente-Maritime11 » dans La Liberté en armes.

    21En dehors de ces références à l’actualité de la guerre à l’Ouest, les deux quotidiens publient aussi des articles sur les unités ou sur les chefs. Par exemple, dans La Charente libre, un portrait du « général de Larminat, commandant en chef des troupes françaises de l’Atlantique », dans une série « Nos grands soldats12 », ou un portrait du colonel Bernard13. Les articles sur les unités, souvent rétrospectifs, sont centrés sur leur rôle dans la libération de la Charente. L’histoire du maquis Foch est racontée dans La liberté en armes du 20 septembre. Ce quotidien publie le 1er novembre un « Grand reportage » sur le front de l’Atlantique. Le même journal signale à plusieurs reprises, en octobre-novembre les défilés à Angoulême des unités qui rejoignent le front de Royan.

    22À partir d’avril 1945, les titres rendent compte des succès remportés sur le front atlantique. Le 16 avril 1945 La Charente libre fait sa première page sur « la guerre en Europe virtuellement terminée » avec deux titres : « la chute imminente de Berlin » et « les forces alliées de l’Atlantique lancent une grande offensive contre Royan et la pointe de Grave ». Le numéro des 9 et 10 mai annonce « La Rochelle libérée » dans sa Une dont le titre principal est la proclamation du général de Gaulle : « c’est la victoire des Nations unies, c’est la victoire de la France ».

    23Ces deux quotidiens issus de la Résistance reprennent les informations de l’AFP. La Charente libre produit aussi les nouvelles de ses correspondants. La Liberté en armes envoie sur le front de l’Atlantique des reporters à plusieurs reprises. Outre l’actualité de la guerre sur le front atlantique, les deux journaux rendent compte de l’état d’esprit des troupes.

    Origines et développement de la presse FFI charentaise

    24Deux des titres retenus commencent à paraître pendant l’été 1944. Le titre le plus ancien est le journal du maquis Bir’Hacheim. Il paraît pour la première fois fin juillet. Il ne s’agit pas vraiment de presse clandestine dans la mesure où la région est, à cette date, passée sous l’emprise des maquis. « Ce journal n’a pas été visé par la censure de Vichy, il ne s’en porte pas plus mal… », dit un des premiers numéros de Bir’Hacheim14. Le no 1 de Forces françaises est daté du 13 août 1944. Il est alors « l’organe hebdomadaire du secteur nord de la Dordogne des forces françaises de l’intérieur ». Il change cinq fois de sous-titre jusqu’à janvier 1945, devenant le journal « édité par l’ex Brigade Rac (Dordogne nord)15 ».

    25Les deux autres titres de journaux FFI « charentais » sont lancés à la fin de l’année 1944, c’est-à-dire pendant les opérations sur le front atlantique. On peut alors véritablement parler de presse régimentaire. Foch, bulletin hebdomadaire du 123e RI paraît à partir du 3 décembre 194416. Sans Culotte, bulletin bi-mensuel du 107e régiment d’infanterie sort son premier numéro le 8 décembre 1944. En parallèle avec la parution de Forces françaises, un autre titre est lancé par les hommes du 50e RI : Le Rac déchaîné, avec un premier numéro en décembre 1944. Il est annoncé comme un « organe exclusivement réservé à usage interne ».

    26Cette presse présente des caractères spécifiques. Deux journaux FFI sont édités en Charente. À partir du 10 janvier 1945, Forces françaises a ses bureaux (rédaction-administration), boulevard Thiers à Angoulême, après avoir été édité à Périgueux de juillet 1944 à janvier 1945. Sans-Culotte est édité à Hiersac, près d’Angoulême. Foch est géré au « bureau du capitaine Tixier » et imprimé à Niort puis à Saintes. Forces françaises, « le grand hebdomadaire régional édité par le régiment Rac », « en vente partout », fait sa publicité dans la presse locale17. Chacun de ces titres compte entre deux et huit pages, bien que cette pagination évolue dans un même journal. La périodicité est généralement hebdomadaire ou bi-hebdomadaire. Elle est mensuelle pour Le Rac déchaîné.

    27Les rédacteurs des journaux FFI sont présents aux côtés des combattants. Ils écrivent généralement sous des pseudos (« le général » dans le journal Sans-Culotte, « l’observateur » dans Forces françaises), ou signent les articles par le nom du journal (Foch ou FF) : « Il est indispensable que tous les lecteurs y collaborent » annonce le premier numéro du Rac déchaîné : « chaque groupe, chaque section, chaque compagnie doit nous envoyer des articles, des échos, des dessins, des histoires, des suggestions18 ». Les journaux FFI donnent largement la parole aux acteurs. Le général de Larminat, lui-même, confie à Forces françaises, qui le présente comme un « éminent collaborateur du journal », ses vues sur le rôle futur de l’armée dans la nation19. On connaît cependant les noms de certains contributeurs, rédacteurs ou illustrateurs. Marcel Breton écrit dans le journal du régiment Foch. Forces françaises est dirigé et animé par les sous-lieutenants Pierre et Sven Sainderichin, jumeaux d’origine suédoise qui feront une grande carrière dans la presse par la suite. Les illustrations sont celles d’André Léonard, photographe de Forces françaises ou du dessinateur Jan Maky20.

    28La presse FFI, présente l’actualité de la guerre sur tous les fronts (front français, front de l’Est, Pacifique, guerre aérienne, etc), des articles sur la vie du régiment, les actions conduites par les différentes unités engagées, des biographies des chefs. Pendant l’été 1944, le journal Bir’Hacheim publie aussi des communiqués de l’état-major du maquis AS 18 : avis aux maires du secteur contrôlé par le maquis, prix d’achat des fruits et des légumes, listes des membres des comités de libération du secteur…

    Un temps fort de l’histoire de la Résistance

    29C’est l’esprit de résistance qui motive l’action des FFI. Même transformés en unités régulières, les maquisards charentais souhaitent conserver et conservent un certain nombre de caractères qui leur sont spécifiques.

    L’armée nouvelle

    30Pour la presse résistante, l’armée des FFI est « l’armée nouvelle ». La référence à la Révolution française, au volontaire de Valmy et au soldat-citoyen, au soldat de l’an II, est fréquente : « Les Français de 1944 ont prouvé qu’ils sont dignes de leurs aînés de 1792 ou de la Marne. Mal vêtus, ils ont libéré de grandes portions du territoire21. » Le journaliste de la Liberté en armes écrit sur les nouveaux chefs des régiments formés en septembre 1944 : « comme aux jours glorieux de 92, les événements exceptionnels de ces dernières années ont fait jaillir des couches profondes de notre pays, du peuple de notre pays, des hommes dont les noms se placeront demain à côté de ceux des Hoche, des Marceau, des Kléber22 ». Cette mobilisation n’est pas sans rappeler la mobilisation armée des Charentais contre l’insurrection vendéenne en 1793, d’autant que les FFI se revendiquent de la figure du citoyen soldat qui émerge avec la Révolution française, particulièrement à travers le soldat de l’an II.

    31Comme en 1792-93, l’armée nouvelle est réorganisée sur le principe de l’amalgame. Alors que la Révolution a regroupé dans les mêmes unités soldats de l’armée royale et volontaires, en 1944-1945, l’amalgame réunit anciens maquisards, volontaires contractant un engagement à partir de l’automne 1944 et autres unités de l’armée française non FFI. Le colonel Bernard insiste sur la nécessité d’une étroite fusion entre les éléments constituant les diverses unités, qu’ils soient d’anciens maquisards ou bien plus récemment venus. L’amalgame semble réussi : « sur le front de l’Aunis, où des soldats nord-africains en uniformes de l’armée américaine ont rejoint les FFI, “les « maquisards” et les tirailleurs veillent côte à côte » ; « C’est la Fraternité d’armes » titre Forces françaises en janvier 194523.

    32L’armée nouvelle est l’armée du peuple. Pour le colonel Bernard : « c’est du peuple que sont sorties les formations armées de patriotes qui ont constitué les FFI […] que sont sortis leurs chefs » et « c’est avec les forces issues du peuple que doit être reconstituée une grande armée française profondément unie24 ». Elle est formée de volontaires qui n’ont pas attendu d’être appelés « pour sauver leur patrie et sauvegarder leur liberté25 ». Volontaires quand ils ont rejoint les maquis, volontaires à partir de l’automne 1944, puisque les modalités d’intégration prévoient la signature d’un engagement pour la durée de la guerre. Les diverses contraintes liées à l’engagement expliquent aussi qu’entre 20 % et 25 % d’entre eux quittent leurs formations à l’automne 194426. Il faut donc combler les départs. Une annonce est passée dans le numéro de Forces françaises des 4-11 octobre 1944 : « engagez-vous dans les FFI au régiment Rac. Adressez-vous à nos bureaux cantonaux ».

    33Au moment de la formation des régiments de l’armée régulière, on ne manque pas de rappeler les origines de ces troupes. Dans un article intitulé « les vaillants FFI ont reformé le glorieux 107e RI », La Liberté en armes rappelle que le 107e RI a pris naissance en Charente dans le vieux château de Pressac : « Ces soldats ont laissé leur père, mère, femme, enfants, fiancées et n’ont pas hésité à prendre les armes contre l’envahisseur teuton ou milicien27. » L’intégration des unités à l’armée régulière est présentée de façon positive. Foch prend acte du changement :

    « L’épopée quasi fabuleuse du maquis du groupe Foch, combattant isolément, par ses propres moyens, avec des liaisons presque inexistantes avec les groupements voisins, […] est terminée. Le Régiment est devenu une unité de l’armée régulière FFI, unité endivisionnée […]. Les membres de Foch sont désormais en liaison avec des troupes amies qui les épauleront28. »

    34Que change l’intégration ? C’est d’abord une discipline plus rigoureuse : « cette discipline militaire sans laquelle une troupe, si brave soit-elle, n’est plus qu’une bande exposée aux pires avatars de la part d’un ennemi puissamment armé, supérieurement organisé et parfaitement discipliné29 ». La presse FFI montre d’ailleurs que les anciens maquisards sont disciplinés. Des photos de revues à Gémozac et Angoulême sont publiées dans Sans-Culotte avec la légende : « un sans-culotte, ça défile, aussi bien qu’avant guerre30 ».

    35Les FFI souffrent pourtant d’un manque de reconnaissance. Sans-Culotte évoque « cette tâche obscure que vous aurez accomplie et que peut-être personne ne remarque31 ». Les FFI manifestent aussi des regrets sur le manque de considération dont ils jouissent : « si nous sommes déçus du présent, nous nous serrons les coudes pour l’avenir, que […] nous voulons et pour lequel nos martyrs sont morts », écrit le lieutenant Henry Bordage32. C’est pourquoi la nomination du lieutenant-colonel Frugier du maquis Bernard, par le général de Larminat, « rejaillit sur le régiment tout entier et équivaut à une reconnaissance implicite du 107e RI, hommes et cadres, comme régiment régulier de l’armée française33 ». C’est pourquoi aussi, il est fait un large écho à la citation du groupe Foch à l’ordre de la division par le général de Larminat le 10 mars 1945, ce qui vaut à cette formation l’attribution de la croix de guerre34.

    36Un malaise est cependant perceptible dès septembre 1944. À cette date, Bernard conteste la méthode qui consiste à vouloir disloquer les FFI et les combattants de l’intérieur dans l’armée française au moyen d’engagements individuels. Cette méthode traduirait une méfiance envers les FFI et d’un ostracisme à l’égard des officiers FFI. Se pose en effet la question de l’homologation des grades FFI. On dénonce, dans les colonnes des journaux résistants les « resquilleurs de gloire », officiers qui ont applaudi Pétain et rallié de Gaulle à la libération : « fiers des titres et des galons enlevés à la foire d’empoigne ou obtenus par surprise. Ils ont l’audace de solliciter l’admiration des foules mal renseignées ». Mais, dit Forces françaises : « il n’y a pas moyen de se tromper. Vêtus de bric ou de broc, ou porteurs de l’uniforme régulier, l’ancien maquisard et l’homme de front se reconnaissent à des tas de riens qui font un ensemble inimitable35 ».

    37Politiquement La Liberté en armes et Sans-Culotte sont communistes. La Charente libre est radical-socialiste. Les autres journaux FFI n’ont pas d’orientation politique marquée. Tous montrent leur volonté d’union face à l’ennemi. Ils soulignent que les divisions politiques sont effacées dans l’union réalisée par les FFI. La priorité est de battre l’adversaire hitlérien. « Foin des rivalités partisanes, foin des querelles de clocher. Les premiers jeunes qui sont entrés dans le maquis ont donné la note », dit Bir’Hacheim36. « Fraternellement groupées pour le combat, faisant front côte à côte, les troupes de l’AS et des FTP poursuivent des opérations de grande envergure dans le secteur-Nord, après avoir libéré Angoulême. À l’exemple des FFI, il faut que tous les Français s’unissent pour la libération complète du sol national », dit Forces françaises37.

    38Les maquis se sont formés autour de personnalités fortes, dont on a mis en évidence, dans la mémoire de la Résistance, le caractère charismatique. Même intégrés dans l’armée régulière, les FFI conservent un fort attachement à leurs chefs. Dans la presse FFI, beaucoup d’articles dressent leurs portraits. Sans-Culotte publie une série intitulée « nos chefs », dans laquelle on retrouve naturellement « le colonel Bernard » : « Régiment Bernard ! C’est le nom connu partout dans la Haute-Vienne, la Charente, la Charente-Maritime. C’est un nom glorieux, un nom qui rappelle l’odeur des bois, l’odeur de la poudre et l’éclatement des grenades38. » L’aura de Bernard dépasse le cadre local puisque L’Humanité lui consacre un long article dans une série « les chefs de l’armée nouvelle » : « typo à notre équipe en 39… Libérateur du Limousin en 44, voici le lieutenant-colonel Bernard39 ». Si La Liberté en armes, quotidien communiste, propose un texte sur le même modèle, « l’armée nouvelle et ses chefs : le colonel Bernard40 », La Charente libre présente aussi « une belle figure du maquis, le colonel Bernard […] au profil de gladiateur romain41 ». Les unités charentaises intégrées gardent leurs chefs historiques. Au 6e RI (Bir’Hacheim), le commandement est confié au lieutenant-colonel Chambre, adjoint du colonel Chabanne qui commande la subdivision militaire de la Charente-Maritime. Bernard Le Lay reçoit le commandement de la subdivision militaire d’Angoulême tout en suivant son régiment aux prises avec l’ennemi sur le front de Royan. À la brigade Rac, les principaux chefs du maquis (dont le capitaine Jacques fondateur de la SSS), sont confirmés à la tête des unités : par décision du 7 novembre 1944 du colonel commandant la région, le commandant Rac est promu lieutenant-colonel au titre des FFI. Les capitaines Vieugeot, Violette, Plassard et Ulman sont nommés chefs de bataillon42. Cet attachement au chef demeure, malgré le remplacement progressif des officiers dans le premier semestre de l’année 1945. Les unités FFI se distinguent également par la place occupée par les officiers issus de la réserve ou du corps des sous-officiers d’active qui ont fait leur preuve dans l’organisation des maquis et les combats de l’été 1944. Ils sont de ce fait très respectés par leurs hommes, plus que certains officiers imposés par l’état-major appelés par les anciens maquisards les « naphtalinés », envers lesquels les journaux FFI sont souvent irrévérencieux43.

    L’esprit maquisard

    39Pour beaucoup, « l’armée fortement organisée d’aujourd’hui risque de faire oublier le maquis de naguère44 ». Même si tous les volontaires FFI présents sur le front atlantique n’ont pas connu le maquis en raison des engagements contractés à l’automne 1944, les unités ont conservé l’état d’esprit des maquisards. La plupart des hommes ont passé plus d’un an au milieu des bois, vivant une vie de hors-la-loi, de traqués, dont il est resté quelque chose : « Les plus jeunes y auront fait l’expérience un peu rude de la lutte pour la vie […] les vétérans auront envisagé la société sous un autre angle45. » Le maquis a marqué les mentalités. L’esprit maquisard, c’est d’abord la camaraderie, l’entraide. Voilà ce qui a « épaté » un capitaine officier de carrière, qui répond à l’enquête, « Ce que j’ai découvert dans le maquis », lancée par Forces françaises en décembre 194446.

    40Cette proximité explique l’hommage appuyé rendu aux morts au combat. Sans Culotte tient une rubrique « à nos chers disparus ». Foch consacre un numéro entier aux victimes du régiment tuées à la bataille du 15 décembre 1944. Ces hommages permettent de rappeler le sens de l’engagement des FFI. « Que c’est beau cette union, intime, cette amitié fraternelle plus profonde encore dans une armée toute de volontaires engagés librement comme la vôtre que dans une armée recrutée par la mobilisation » dit l’aumônier divisionnaire au lendemain de l’affaire du gué d’Alléré47.

    41L’esprit maquisard est entretenu par tout un « folklore », pour reprendre le titre d’une rubrique du journal Foch qui publie poèmes et chansons écrits par les FFI ou reçus par les FFI. Dans Forces françaises, une rubrique du même type s’intitule « La muse au maquis ». Par leurs paroles, toutes ces chansons entretiennent l’esprit de résistance. « Nous sommes tous des enfants de la Résistance », dit le refrain de la chanson de Foch48. « Puis un beau jour tous ensemble plein de courage, ils prirent des fusils pour chasser tous leurs tyrans » dit une chanson du caporal Caillaud49.

    42L’humour et la dérision, qui caractérisent la presse clandestine sous l’occupation, sont une composante forte de l’esprit maquisard. C’est aussi un moyen de faire face aux difficultés matérielles et à la peur. Le ton du Rac déchaîné est volontairement satirique. L’humour, le second degré, sont fortement présents dans les journaux FFI, dans beaucoup d’articles, mais aussi à travers des rubriques spécifiques comme « perdus trouvés » dans le bulletin Foch : « Il a été également perdu par un nommé Hitler (Adolphe) toute confiance en la victoire, mais cela ne lui sera pas rendu par aucun FFI quelle que soit la récompense promise50. » C’est aussi dans le souci de conserver « l’esprit maquisard », que les mots et expressions spécifiques au maquis sont recensés dans une rubrique régulière de Forces françaises, le « Dictionnaire du maquis » qui explique les origines et l’usage de « bidule », « toutime », ou encore « il y a de la tintamarre dans la boîte aux mouches51 ».

    43Les conditions de vie sur le front de l’Atlantique, sont proches de celles des maquis clandestins de 1943 et 1944. Les uniformes sont hétéroclites et mélangent vêtements militaires et civils. L’équipement est généralement insuffisant. On manque en particulier de quoi affronter la rigueur de l’hiver dans des secteurs marécageux. Les hommes dorment sur de la paille, souvent sans installations sanitaires. Les sentinelles du front sont appelées « ceux des gourbis52 », expression qui fait directement référence au premier cantonnement du maquis Bir’Hacheim pendant l’été 1943 : le « gourbi » des bois de Fougères près de Cherves-Châtelars en Charente. « Les conseils du toubib », dans le bulletin Foch, cherchent à prévenir les nombreuses maladies affectant les hommes vivant dans ces difficiles conditions53. Ces conditions de vie invitent une fois de plus au rapprochement avec les soldats de l’an II. Cependant les troupes nées dans le maquis tiennent à conserver leur identité. La disparité des équipements et des uniformes en est une. Ils raillent les soldats d’Afrique du Nord, vêtus de l’uniforme américain, se déplaçant en jeep : « Ils font grosse impression, car on les prend pour des Américains54. »

    Un but : chasser l’occupant du territoire national

    44Pourquoi se bat-on ? Dans La Charente libre du 24 septembre 1944, un texte communiqué par Foch explique les origines de cette formation en 1941, ce qu’a été l’action du maquis jusqu’à la libération de Ruffec le 2 septembre 1944 et annonce que « le régiment Foch […] est prêt pour de nouvelles opérations militaires aux côtés de ses camarades des FTP et Bir’Hacheim […]. Fier de son passé, il continuera en silence, la seule tâche qu’il s’est fixée : chasser le boche du sol français55 ». « Si tu veux chasser le boche. Engage-toi dans le Régiment Foch56 », lit-on encore dans le bulletin Foch en décembre 1944. « Il faut que nous libérions Royan et La Rochelle comme nous avons libéré Limoges et Angoulême », écrit le lieutenant Brian dans Sans-Culotte en février 194557. D’où la volonté d’en découdre, de se battre, ce qui semble difficile en raison de la nature des opérations (guerre de siège) : « Si au moins les Boches se montraient un peu, dit un homme de RAC, ça passerait le temps58. » Ce combat s’inscrit donc clairement dans la continuité de ceux de l’été 1944.

    45Au-delà de cette libération du territoire, se lit aussi l’espoir de construire une France nouvelle, aspiration qui rejoint le programme du Conseil national de la Résistance intitulé « Les jours heureux » dans sa première édition. Il faut, dit le colonel Bernard à ses troupes le 30 septembre 1944, « travailler à rassembler tous les Français pour l’insurrection nationale qui libérera la France, […] travailler à grandir la France dans la guerre, pour qu’elle puisse retrouver demain sa liberté, son indépendance et sa grandeur, travailler à la rénovation de notre patrie ». Ce sont les FFI, « dont la grande ambition est d’être parmi les meilleurs dans le combat libérateur » qui contribueront « par leur labeur, leurs souffrances et leur sang […] à la marche en avant vers l’émancipation humaine, vers la conquête du bonheur59 ».

    ⁂

    46La presse FFI, par son fonctionnement et son contenu incarne la Résistance. Elle met en évidence le sens de l’engagement des combattants du front atlantique. Cette analyse, peu perceptible dans les archives officielles des régiments (journaux de marches, rapports, historiques des unités), est cependant confirmée par les nombreux témoignages rédigés après la guerre60.

    47Les FFI de l’armée de Larminat se considèrent comme des hommes ayant participé à la Résistance, en dépit du décret du 24 avril 1951 qui ne reconnaît la qualité de combattant volontaire de la Résistance qu’aux FFI ayant appartenu à une organisation pendant trois mois au moins, avant le 6 juin 1944, dans une zone occupée par l’ennemi61. Après la guerre, beaucoup de demandes d’attribution de la carte de Combattant volontaire de la Résistance effectuées par des engagés pendant l’été 1944 et même après, ont été rejetées, accentuant sans doute le manque de reconnaissance ressenti par les FFI après septembre 1944 et plus particulièrement par les « oubliés » du front de l’Atlantique.

    Notes de bas de page

    1Sur la formation, l’organisation et l’histoire des maquis charentais, voir La Barre de Nanteuil, général de, Histoire des unités combattantes de la Résistance, 1940-1944, Charente, Charente-Maritime, Château de Vincennes, 1973, et historique des maquis et mouvements de résistance en Charente, dossiers rédigés par Roger Beillard, capitaine du maquis Bir’Hacheim et membre du Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, archives départementales de la Charente (ADC), 104J 4.

    2Colonel Bernard, Rapport des FTP de la Charente, ADC, 18J 31.

    3ADC, 18J 30, historique du bataillon Foch. Couturier Lucien et Faugerat Jacques, Bataillon Foch, Angoulême, Sajic, 1977.

    4ADC, 104J 4, historique et ordre de bataille du maquis Bir’Hacheim.

    5Leproux Marc, Nous les terroristes, journal de la section spéciale de sabotage, réédition Paris, Sépulchre, 1983, et ADC, 18J 22, archives de la Section spéciale de sabotage dans le fonds Leproux.

    6Près de 48 000 volontaires FFI sont passés sur le front des trois poches allemandes du Sud-Ouest (La Rochelle, Royan et pointe de Grave) de septembre 1944 à mars 1945. Weiss Stéphane, « Quotidien et moral des combattants volontaires des sièges de la pointe de Grave, de Royan et de La Rochelle en 1944-1945 », Écrits d’Ouest, 2011, no 19, p. 127-146.

    7ADC 18J 30, historique du bataillon Foch, fos 3 à 6.

    8Weiss Stéphane, « Quotidien et moral… », art. cité. 200 tués au combat dans le Sud-Ouest côté français d’octobre 1944 au 31 mars 1945.

    9La ville a déjà subi un raid massif en janvier.

    10Dernier titre de la Une de La Charente libre (CL), 24 octobre 1944.

    11Par exemple dans les numéros du 11 ou du 16 octobre.

    12CL, 3 novembre 1944.

    13CL, 25 octobre 1944.

    14Bir’Hacheim (BH), no 5, 12 août 1944.

    15BH, no 22, 10 janvier 1945.

    16Foch, no 1, 3 décembre 1944.

    17CL, 12 octobre 1944.

    18Le Rac déchaîné, no 1, décembre 1944.

    19Forces françaises (FF), no 18.

    20A.B.C. du petit chef d’infanterie au combat mortiers…, dessins de Jan Maky, texte du capitaine Thenoz, 1947.

    21BH no 10, 30 août 1944.

    22La Liberté en armes, 5 décembre 1944.

    23FF, no 22.

    24Colonel Bernard, La Liberté en armes, 30 septembre 1944.

    25Ibid., 8 janvier 1945.

    26Décret du 19 septembre 1944 qui rend obligatoire la signature d’un engagement, avec des limites de professions et d’âge. La mesure est mise en œuvre sur le front de l’Atlantique à partir de la mi-novembre.

    27La Liberté en armes, 8 janvier 1945.

    28Foch, no 1, décembre 1944.

    29Ibid.

    30Sans-Culotte (SC), 23 février 1945.

    31Ibid.

    32SC, 8 décembre 1944.

    33SC, 23 février 1945.

    34ADC, 108W 148, l’histoire du maquis Foch par le commandant Gary.

    35FF, no 22, janvier 1945.

    36Bir’Hacheim, no 10, 30 août 1944.

    37FF, no 4, 9-10 septembre 1944.

    38SC, 8 novembre 1944.

    39L’Humanité, 24-25 septembre 1944.

    40La Liberté en armes, 5 décembre 1944.

    41CL, 25 octobre 1944.

    42FF, no 16, novembre 1944.

    43Foch, 17 mars 1945.

    44FF, no 2, 20 août 1944.

    45FF, supplément de Noël, décembre 1944.

    46Ibid.

    47Foch, no 4, décembre 1944.

    48Ibid.

    49Foch, no 20, 14 avril 1945.

    50Foch, no 1, 3 décembre 1944.

    51FF, no 22, janvier 1945.

    52FF, no 17, décembre 1944.

    53Foch, no 1, décembre 1944.

    54FF, no 22, janvier 1945.

    55« Un maquis charentais : le régiment Foch », CL, 23-24 septembre 1944.

    56Foch, no 1, décembre 1944.

    57SC, no 5, 23 février 1945.

    58FF, no 22, janvier 1945.

    59La Liberté en armes, 30 septembre 1944.

    60Publiés ou non publiés comme le « Journal d’une jeune fille du régiment Foch », manuscrit conservé aux ADC (18J 30). Parmi les principaux témoignages publiés : Leproux M., op. cit. ; Capitaine Fred, La Brigade RAC. Armée secrète Dordogne nord, Imprimerie Fabrègue, Saint-Yrieix, Limoges, 1977 ; Couturier L. et Faugerat J., op. cit. ; ou encore Troussard R., Le maquis charentais « Bir Hacheim », 1943-1945, Angoulême, Sajic, 1981.

    61JORF, 26 avril 1951.

    Auteur

    • Hugues Marquis

      Université de Poitiers.

      Hugues Marquis, professeur agrégé à l’ESPE (université de Poitiers), est docteur en histoire et chercheur associé au CRIHAM (EA 4270). Ses recherches portent sur les guerres à l’époque moderne et contemporaine. Il a récemment publié sur ce thème : Les Agents de l’ennemi. Les espions à la solde de l’Angleterre dans une France en révolution, Paris, Vendémiaire, 2014 ; avec Jacques Baudet, La Charente dans la guerre (1939-1945), Paris, De Borée, 2014 ; « L’école primaire de la Charente dans la Grande Guerre : un aspect de l’effort de guerre par la mobilisation patriotique », dans Les écoles dans la guerre. Acteurs et institutions éducatives dans les tourmentes guerrières (xviie-xxe siècles), édité par Jean-François Condette, Presses universitaires du Septentrion, coll. « Histoire et civilisations », 2014.

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    1Sur la formation, l’organisation et l’histoire des maquis charentais, voir La Barre de Nanteuil, général de, Histoire des unités combattantes de la Résistance, 1940-1944, Charente, Charente-Maritime, Château de Vincennes, 1973, et historique des maquis et mouvements de résistance en Charente, dossiers rédigés par Roger Beillard, capitaine du maquis Bir’Hacheim et membre du Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, archives départementales de la Charente (ADC), 104J 4.

    2Colonel Bernard, Rapport des FTP de la Charente, ADC, 18J 31.

    3ADC, 18J 30, historique du bataillon Foch. Couturier Lucien et Faugerat Jacques, Bataillon Foch, Angoulême, Sajic, 1977.

    4ADC, 104J 4, historique et ordre de bataille du maquis Bir’Hacheim.

    5Leproux Marc, Nous les terroristes, journal de la section spéciale de sabotage, réédition Paris, Sépulchre, 1983, et ADC, 18J 22, archives de la Section spéciale de sabotage dans le fonds Leproux.

    6Près de 48 000 volontaires FFI sont passés sur le front des trois poches allemandes du Sud-Ouest (La Rochelle, Royan et pointe de Grave) de septembre 1944 à mars 1945. Weiss Stéphane, « Quotidien et moral des combattants volontaires des sièges de la pointe de Grave, de Royan et de La Rochelle en 1944-1945 », Écrits d’Ouest, 2011, no 19, p. 127-146.

    7ADC 18J 30, historique du bataillon Foch, fos 3 à 6.

    8Weiss Stéphane, « Quotidien et moral… », art. cité. 200 tués au combat dans le Sud-Ouest côté français d’octobre 1944 au 31 mars 1945.

    9La ville a déjà subi un raid massif en janvier.

    10Dernier titre de la Une de La Charente libre (CL), 24 octobre 1944.

    11Par exemple dans les numéros du 11 ou du 16 octobre.

    12CL, 3 novembre 1944.

    13CL, 25 octobre 1944.

    14Bir’Hacheim (BH), no 5, 12 août 1944.

    15BH, no 22, 10 janvier 1945.

    16Foch, no 1, 3 décembre 1944.

    17CL, 12 octobre 1944.

    18Le Rac déchaîné, no 1, décembre 1944.

    19Forces françaises (FF), no 18.

    20A.B.C. du petit chef d’infanterie au combat mortiers…, dessins de Jan Maky, texte du capitaine Thenoz, 1947.

    21BH no 10, 30 août 1944.

    22La Liberté en armes, 5 décembre 1944.

    23FF, no 22.

    24Colonel Bernard, La Liberté en armes, 30 septembre 1944.

    25Ibid., 8 janvier 1945.

    26Décret du 19 septembre 1944 qui rend obligatoire la signature d’un engagement, avec des limites de professions et d’âge. La mesure est mise en œuvre sur le front de l’Atlantique à partir de la mi-novembre.

    27La Liberté en armes, 8 janvier 1945.

    28Foch, no 1, décembre 1944.

    29Ibid.

    30Sans-Culotte (SC), 23 février 1945.

    31Ibid.

    32SC, 8 décembre 1944.

    33SC, 23 février 1945.

    34ADC, 108W 148, l’histoire du maquis Foch par le commandant Gary.

    35FF, no 22, janvier 1945.

    36Bir’Hacheim, no 10, 30 août 1944.

    37FF, no 4, 9-10 septembre 1944.

    38SC, 8 novembre 1944.

    39L’Humanité, 24-25 septembre 1944.

    40La Liberté en armes, 5 décembre 1944.

    41CL, 25 octobre 1944.

    42FF, no 16, novembre 1944.

    43Foch, 17 mars 1945.

    44FF, no 2, 20 août 1944.

    45FF, supplément de Noël, décembre 1944.

    46Ibid.

    47Foch, no 4, décembre 1944.

    48Ibid.

    49Foch, no 20, 14 avril 1945.

    50Foch, no 1, 3 décembre 1944.

    51FF, no 22, janvier 1945.

    52FF, no 17, décembre 1944.

    53Foch, no 1, décembre 1944.

    54FF, no 22, janvier 1945.

    55« Un maquis charentais : le régiment Foch », CL, 23-24 septembre 1944.

    56Foch, no 1, décembre 1944.

    57SC, no 5, 23 février 1945.

    58FF, no 22, janvier 1945.

    59La Liberté en armes, 30 septembre 1944.

    60Publiés ou non publiés comme le « Journal d’une jeune fille du régiment Foch », manuscrit conservé aux ADC (18J 30). Parmi les principaux témoignages publiés : Leproux M., op. cit. ; Capitaine Fred, La Brigade RAC. Armée secrète Dordogne nord, Imprimerie Fabrègue, Saint-Yrieix, Limoges, 1977 ; Couturier L. et Faugerat J., op. cit. ; ou encore Troussard R., Le maquis charentais « Bir Hacheim », 1943-1945, Angoulême, Sajic, 1981.

    61JORF, 26 avril 1951.

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    Marquis, H. (2019). Les FFI charentais sur le front atlantique, vus par la presse résistante locale. In M. Catala (éd.), Les poches de l’Atlantique 1944-1945. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14qbk
    Marquis, Hugues. « Les FFI charentais sur le front atlantique, vus par la presse résistante locale ». In Les poches de l’Atlantique 1944-1945, édité par Michel Catala. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2019. doi:10.4000/14qbk.
    Marquis, Hugues. « Les FFI charentais sur le front atlantique, vus par la presse résistante locale ». Les poches de l’Atlantique 1944-1945, édité par Michel Catala, Presses universitaires de Rennes, 2019, https://doi.org/10.4000/14qbk.

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    Catala, M. (éd.). (2019). Les poches de l’Atlantique 1944-1945. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14qcz
    Catala, Michel, éd. Les poches de l’Atlantique 1944-1945. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2019. doi:10.4000/14qcz.
    Catala, Michel, éditeur. Les poches de l’Atlantique 1944-1945. Presses universitaires de Rennes, 2019, https://doi.org/10.4000/14qcz.
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