Chapitre XI. Faveurs ducales et usage de la fortune
p. 297-320
Texte intégral
1Le service du duc est astreignant voire éventuellement risqué car l’officier n’est jamais à l’abri d’un revers de fortune, d’une maladresse ou d’une ferme surpayée, mais la fonction offre aussi quelques avantages certains. La fréquentation du prince ou de ses proches permet de glaner des informations toujours utiles dans les affaires et permet dans le meilleur des cas de profiter d’une bonne opportunité. Si le service est bien fait ou que l’officier entretient de bonnes relations avec sa hiérarchie, il peut même compter sur un legs ou un cadeau car les ducs savent récompenser les services éminents. De plus, le serviteur peut compter pour lui ou ses proches sur l’appui d’un prince écouté à la cour de France autant qu’à Rome, ce qui peut accélérer une carrière et arrondir des bénéfices ecclésiastiques. Reste à savoir ensuite ce que les officiers font de leur fortune et dans quelle mesure leur métier favorise ou non leur décollage social.
Quelques cadeaux bien venus
2Les serviteurs du duc touchent des gages pour leur service comme la centaine de livres que peut espérer le sénéchal de Tréguier début xive siècle ou la trentaine versée aux meuniers1. Ils peuvent aussi compter sur des « robes », sous forme de vêtements ou d’argent versé directement à l’intéressé2. Les chevaux crevés au service du prince sont remboursés ou remplacés. On en possède de nombreux exemples mais le sens qu’a gardé l’expression « vieux cheval de retour » indique clairement qu’il ne faut pas surestimer les avantages financiers de cette pratique3…
Petits cadeaux entre amis
3En plus de ses gages et de ses robes, l’officier peut compter sur quelques petits cadeaux et le règlement de notes de frais. Le testament de Jean II montre bien que le service ducal, en dehors des avantages classiques, permet aussi d’espérer un legs, pour certains tout à fait rentable, comme les 200 £ perçues par Jean de Maure et Étienne de La Grange en 13054. À la fin de l’année 1305, Jean de Maure, « le père notre chevalier reçoit son legs », et rend compte pour des sommes très importantes : « nous avons regardé sur les demandes que monsieur Jehan de Maure le Père laissait tant pour le voyage d’Outremer où il fût par l’espace de quatre ans. Premièrement 970 £ ; item pour les dépenses qu’il fît en une maladie où il fût puisque Monseigneur le restrait devers soi 120 £ ; item pour le premier voyage de Flandre 300 £. Toutes sommes de 1390 £ sans son service qui doit être délivré par les aumôniers5 ». S’il n’y a aucun doute que Jean de Maure a dépensé de l’argent au service du duc, on peut penser qu’il en a été largement remboursé6. S’y ajoutent de petits cadeaux comme les chevaux offerts au prieur des Carmes le jour de l’enterrement de Jean II7.
4Le cumul de fonctions peut aussi être très rentable et offrir l’occasion d’accroître ses bénéfices. C’est sans doute ce qui pousse Michel Costentin à investir tous azimuts comme fermier des revenus du Trégor8 (1288). Tout en fréquentant les marchands bayonnais (1289), il participe à des adjudications9 (1291), commerce avec l’Espagne et l’Angleterre10 (1296), manie l’argent ducal par centaines de livres11, dirige toutes sortes de travaux à Pontrieux, La Roche-Derrien, Guingamp12, etc., sans jamais perdre de vue ce qui se passe à la Cour13 tout en spoliant de temps à autre ses administrés14 et en tardant à payer ses dettes15. Le service du duc permet aussi d’être au bon endroit au bon moment. En 1274, un acte de Jean le Roux rappelle que Pierre de Kergorlay, sans doute le fils d’un sénéchal de Cornouaille et de Poher, lui-même serviteur du duc, profite de l’extinction de la lignée de seigneurs de Lanvaux pour arrondir ses biens16. On peut aussi penser que la proximité du pouvoir et la fréquentation de ceux qui contrôlent les comptes permettent de bien choisir les fermes rentables et les fonctions utiles mais c’est une dimension qui nous échappe en grande partie.
5C’est manifestement à partir du règne d’Arthur II, vers 1306-1307, que les ducs se mettent à donner des cadeaux à leurs serviteurs. C’est peut-être l’application du testament de Jean II qui leur en a donné l’idée. Les Dreux rompent alors avec une habitude de gestion « sans cadeaux » de leurs biens. Le premier à en bénéficier est Pierre de Bretagne qui profite de la succession de son père pour régler ses dettes17. Puis, viennent les proches. Le 14 avril 1307, le duc Arthur II fait don à Renaud de Montbourcher, son bachelier et son chambellan, de la moitié de son « chambellenage » et de tous les profits et émoluments pour tant et si longtemps qu’il lui plairait, en considération de ces services18. Il faut croire que les services sont importants car on enregistre en septembre de la même année un autre don « à son amé et féal chevalier Regnaud de Montbourcher et à ses hoirs » du droit d’usage de ses forêts de Rennes et de Saint-Aubin-du-Cormier et dans leurs landes pour son manoir du Bordage, tant pour réparer que pour faire du neuf ou pour le chauffage, avec droit de pâturage et de litière, et avec le consentement de Jean (III) son fils19. En 1312, toujours avec l’accord de Jean (III), Arthur II lui donne 30 £ de rentes dont il lui fait assiette sur le Bois-Édeline et environs suivant le prisage fait par Simon des Granges, châtelain de Saint-Aubin-du-Cormier, et Bertrand de Tixué, valet du duc, à foi et hommage20. Un peu plus tard, c’est son frère cadet Aufray qui reçoit de Jean III en juin 1314, à la prière de Jean de Bretagne, comte de Richemont, l’usage du bois de ses forêts de Rennes et de Liffré, tant pour chauffage qu’à merrain pour les bâtiments de son hôtel de Tizé-Moulin, et « pesseau21 » de ses vignes pour lui et ses successeurs22.
6Cette même année 1314, c’est au tour d’Olivier de La Chapelle de bénéficier des faveurs du nouveau duc. Jean III lui donne ainsi qu’à ses héritiers ses droits sur les moulins de Montertelot et leurs pêcheries et sa part des revenus tant des coutumes et trépas de la ville de Ploërmel que de la foire de Saint-Armel. Il lui fait remise des services que lui et les autres co-détenteurs des coutumes et trépas devaient au duc pendant son séjour au manoir de La Chaussée près de Ploërmel et lui rétrocède les 58 soudées de rentes qu’Olivier avait assises au défunt duc Arthur sur le Clos-Pipeleu et sur une maison23. Les années 1330 sont l’occasion d’une nouvelle série de cadeaux dont bénéficient Jean de La Motte, avoué ducal24, Sylvestre de La Feillée25 et Jean de Derval26. Enfin, la nature de certains dons à l’Église mérite d’être posée. En effet, l’abbé de Prières est un proche et un serviteur des Dreux, au moins dans les années 1260-1270 et 1300-1305. Les dons faits à l’abbaye pourraient bien être des remerciements pour services rendus mais il n’y a pas moyen de le préciser.
7La faveur ducale peut aussi permettre des nouveautés symboliques. La famille de Derval blasonne en 127627 d’argent à deux fasces de gueules puis en 1282 en écartelé aux 1 et 3 de Bretagne coupé de Dreux et aux 2 et 4 d’argent à deux fasces de gueules28. La reprise en écartelé des armes ducales dénonce peut-être un cadet voire un bâtard de la maison de Dreux, mais plutôt la faveur du duc, avérée par des dons dans les années 1330 comme on vient de le voir. Toute aussi symbolique, la nouvelle chevalerie de Geoffroy Le Voyer alias Le Veier. Si le nouveau « bacheler » peut compter sur quelques avantages en argent (rentes et remise de dettes) et en nature (chevaux), il accède au titre envié de chevalier à une époque où il se fait de plus en plus rare. Son service comme clerc du duc n’est certainement pas étranger à cet honneur29.
De quelques faveurs religieuses
8Une fois ses relations avec le clergé breton apaisées, c’est-à-dire sous Jean II, le duc entretient des relations assez bonnes avec la papauté30. Les échanges sont assez réguliers et permettent d’aplanir les quelques difficultés qui peuvent se poser entre le duché de Bretagne et l’Église. Ces missions de bons offices sont parfois pour les proches du duc d’obtenir quelques bénéfices ou privilèges.
La belle carrière de Thomas d’Anast
9La carrière de Thomas d’Anast est édifiante en ce qui concerne le rôle du duc dans une carrière ecclésiastique. Une des premières mentions de la famille d’Anast remonte au règne de Pierre de Dreux. Dans les années 1230-1234, Thomas d’Anast et Guillaume, son fils aîné, font partie, avec des membres de la famille de Lohéac et de Guignen, des nobles qui envahissent le régaire de Beignon, diocèse de Saint-Malo. Ils chassent le bailli de l’évêque, exigent un serment de fidélité des habitants, rançonnent les prêtres et pillent les églises dans les années31. Les terres de la famille d’Anast relèvent de l’évêché de Saint-Malo. Difficile de ne pas y voir une réaction vis-à-vis de l’évêque digne de celle de Pierre de Dreux vis-à-vis de ses prélats32.
10Thomas arrive sans doute dans l’entourage ducal par le biais de Jean de Maure33. Il appartient à un cercle influent autour de Jean II34 et d’Arthur II35 dont il est exécuteur testamentaire. Il sert aussi Jean III mais il y a sans doute eu une période de froid car en février 1314, le pape délègue Geoffroy du Plessis pour enquêter au sujet de la plainte de Jean III contre les exécuteurs testamentaires de son père, dont les deux d’Anast, Thomas et Geoffroy36. L’affaire est sans doute de courte durée car on le retrouve l’année suivante à Paris s’occupant de l’affaire Yolande de Dreux et par la suite d’autres problèmes37. Il doit sa carrière ecclésiastique à la faveur ducale. Le 6 avril 1304, il devient officiellement doyen d’Angers, sur requête du duc. Deux ans plus tard, à la demande d’Arthur II, il est autorisé par le pape à cumuler les canonicats d’Angers, Nantes et Saint-Brieuc avec un nouveau bénéfice38. Le duc n’est sans doute pas étranger à son transfert sur le siège épiscopal de Quimper en décembre 132139. Il ne profite pas très longtemps de sa fonction et meurt le 19 juin 132240.
11Le 5 juillet 1322, plusieurs évêques adressent à la Chambre apostolique le revenu des bénéfices laissés vacants après la nomination (en réalité le décès intervenu entre-temps) de l’évêque de Quimper Thomas d’Anast pour qu’il soit consacré à soulager les chrétiens d’outre-mer. Ce document permet de faire le point sur sa réussite en matière de cumul. Il tient dans le diocèse d’Angers le doyenné, le canonicat et la prébende d’Angers et la chapellenie de Briolays ; dans celui de Nantes un canonicat, une prébende et l’écolâtrie de Nantes, ainsi que le prieuré d’Énedol et la grange d’Aitz. Dans chacun des diocèses de Saint-Brieuc et de Saint-Malo, il possède un canonicat et une prébende et le prieuré de Saint-Séglin (Saint-Malo) ; dans l’évêché de Vannes le prieuré d’Hennebont ; dans celui de Chartres un canonicat et une prébende à Saint-Jean de Nogent-le-Rotrou et la chapelle de Saint-Nicolas de Aquila de Palatii dans celui d’Évreux41.
12Les étapes de cette carrière bien remplie sont l’occasion de faire profiter parents et amis de quelques bonnes places. Le 18 février 1310, Guillaume d’Anast, chapelain de Yolande de Dreux, est autorisé à cumuler ce bénéfice et la cure de Guer avec une dignité du même chapitre pourvu qu’elle ne soit pas la principale après l’épiscopale. Les exécuteurs ne sont autres qu’Yves, évêque de Rennes, et Thomas d’Anast, doyen d’Angers42. Quand il devient évêque, sa charge de scolastique de Nantes, un canonicat et une prébende sont donnés à Mathieu Le Bart, un autre serviteur du duc43. Géraud de La Bestor, chanoine de Limoges grâce au duc de Bretagne, associé par le duc à Geoffroy du Plessis et à Thomas d’Anast pour enquêter et régler un conflit sur les revenus des pêcheries d’Ouessant (1319-1320) et procureur en curie de Thomas d’Anast, devient doyen d’Angers quand Thomas prend la route de Quimper44. Celui que les papes désignent comme « familier du duc et de son frère Guy de Bretagne » est ensuite chargé de préparer une croisade mais sans grand succès. Cela ne nuit pas à son avancement puisqu’il est chapelain apostolique et nonce de Jean XXII en Bretagne en 1333 et commissaire apostolique dans les provinces de Sens et de Tours en 133545.
Bonabes de Rochefort et les filles de Simon des Granges
13Bonabes de Rochefort46 offre aussi le cas d’une carrière bien réussie grâce à l’entremise du duc. Le 6 juillet 1317, il est pourvu, en considération de Jean, duc de Bretagne, d’un canonicat avec expectative d’une prébende dans l’église du Mans, quoiqu’il soit chanoine prébendé de Nantes et de Léon et recteur de Cléder. Deux ans plus tard, il est nommé chanoine de Léon et bénéficie au passage de quelques autres bénéfices47 avant de devenir chanoine de Nantes et d’Angers, puis évêque de Nantes en 1338. Pour Pocquet du Haut-Jussé, il est élu par le chapitre de Nantes parce que c’est un « candidat agréable au duc48 ». Le cas des filles de Simon des Granges est tout aussi édifiant. Simon alias Simonet des Granges est au service de Jean II dès 1288, châtelain de Saint-Aubin-du-Cormier l’année suivante, charge qu’il occupe au moins jusqu’en 131249. Cette année-là, toujours châtelain de Saint-Aubin, on le voit priser les terres qu’Arthur II donne à Renaud de Montbourcher50. Il doit être particulièrement apprécié des ducs. Un acte de Jean III (1316), concernant ses filles, est explicite puisqu’un don est fait pour le service que « leur père nous à faict et à noz ancestres au temps passés et faict uncores de jour en jour ». En 1309, le duc donne à Perrote et Honorée, filles de Simon des Granges, religieuses à Saint-Sulpice de Rennes, 10 £ de rente viagère à prendre sur ses revenus rennais. En 1316, ce cadeau est complété par une autre rente de 25 £ assise sur les revenus de la cordonnerie51. On retrouve Perrote abbesse de Saint-Sulpice de Rennes en 134052.
14Au vu des cas que nous venons de citer, il est clair que la faveur ducale est un puissant moteur d’ascension sociale, y compris dans l’Église. Le prince a tout intérêt à contrôler le plus possible de structures ecclésiastiques, bien conscient de la lutte redoutable que lui livre en sous-main le roi de France. Pour le contrer et asseoir son pouvoir, il favorise la carrière de ceux qui lui sont fidèles, selon une logique bien connue à la fin du Moyen Âge.
Privilèges bretons53
15Plus original, l’officier peut aussi espérer une pratique religieuse sur mesure, ce qui doit lui permettre de vivre plus facilement sa foi et d’augmenter, pense-t-il, ses chances de gagner plus rapidement le paradis. Ducs et duchesses sont les premiers à en profiter. En 1288, Jean II et Yolande de Dreux bénéficient de quelques privilèges comme celui de faire célébrer la messe avant l’aurore et à faire célébrer l’office divin pour eux et les gens de leur maison même dans les lieux interdits. Le duc peut aussi se confesser à un confesseur de son choix (un frère mendiant par exemple), qui peut l’absoudre des cas réservés à un évêque mais pas au pape. Enfin, il reçoit licence de fonder dans les cathédrales et collégiales de son duché trois chapellenies dotées, en se réservant la présentation du desservant. Dans ces conditions, on imagine facilement les facilités de promotion pour les clercs qui le servent. Une nouvelle série de privilèges est accordée dans les années 1300-1310 : protection contre l’excommunication54, indult d’autel portatif, droit d’entendre la messe avant le jour et dans les lieux interdits, ainsi que dix jours d’indulgences à ceux qui prieront pour le duc ou la duchesse. Isabeau de Castille reçoit au passage l’indult de confesseur. Une fois de plus, les serviteurs ne sont pas oubliés dans la distribution. Le 19 mai 1304, Jean II est autorisé à nommer un chanoine dans chacun des chapitres d’Angers, du Mans et d’Avranches et le 24 janvier 1306, Arthur II est autorisé par le pape à nommer deux chanoines, l’un à Vannes, l’autre à Quimper, avec mission au scolastique du Mans de les faire recevoir.
16Les privilèges concernent aussi la famille ducale comme Aliénor de Bretagne, moniale à Fontevrault (1297), Blanche de Bretagne, veuve de Philippe d’Artois (1302, 1307 et 1309), Jean de Richemont (1306), Pierre de Bretagne (1307), Jean avant qu’il ne devienne Jean III (1307), Guy de Bretagne (1316), etc. Les hommes des uns et des autres peuvent compter sur un flot de cadeaux : droit de nommer un chanoine de Dol et dispense de résidence pour trois clercs de la suite de Pierre de Bretagne, droit de nommer trois chanoines dont un à Saint-Brieuc et une dispense de résidence pour trois clercs de sa suite pour le futur Jean III, etc.
17Cette manne s’étend aux serviteurs, agrémentée de formules comme « en considération » ou « à la prière » du duc ou de la duchesse55. Dès le 23 mai 1264 (la date est particulièrement précoce pour ce genre de faveur), Geoffroy de Saint-Nicolas, clerc de Jean le Roux, reçoit un canonicat au Mans, à charge à Pierre Harnoi, chanoine de Dol, de faire appliquer la décision. En septembre 1288, c’est au tour de Guillaume de Ruis et Jean de La Motte, exécuteurs testamentaires de Jean le Roux, d’être exemptés de résidence pendant trois ans, décision renouvelée trois ans plus tard pour six autres religieux, non désignés, sans doute des clercs de l’Hôtel. En septembre 1307, Olivier de Brech, clerc d’Arthur II, neveu de maître Droon, recteur de Brech, est pourvu de cette paroisse par résignation de son oncle. L’année suivante, le pape casse la nomination du neveu de l’abbé de Redon au prieuré de Sainte-Croix de Josselin pour y placer Nicolas de Tréal56. En 1309, même cas de figure avec le transfert par le souverain pontife à la demande de Jean de Richemont de Jeanne de Saint-Lou, de l’abbaye bénédictine de Saint-Sulpice de Rennes vers le monastère de Jouarre57 ou encore pour quelques avantages donnés à Geoffroy de Bistin en 1318 et 132558.
18Mais le record en matière d’obtention de grâces tient sans doute à la visite qu’Arthur III rend au pape en juillet 1306. Six clercs de sa suite bénéficient alors de privilèges, génériques comme une dispense de résidence pour cinq ans, et l’autorisation de réciter les heures canoniales selon l’usage de Rome, plus intéressants pour le duc qui reçoit le droit de nommer qui il veut à la trésorerie de l’évêché de Dol et à un canonicat de Guérande. Les serviteurs ne sont pas oubliés : Mathieu Le Bart reçoit un canonicat à Dol ; Philippe du Chastel, un canonicat à Nantes ; Olivier de Machecoul reçoit une expectative au diocèse d’Angers ; Raoul de Machecoul, un canonicat à Lisieux ; Marguerite de Machecoul peut quitter Saint-Jean alias Saint-Maur de Verdun (dont le climat ne lui convient pas) pour Notre-Dame d’Angers ; Pierre de Kaer est fait chanoine de Saint-Brieuc. Un an plus tard, d’autres retombées autorisent Guillaume Le Borgne à fonder une maison-Dieu sur ses terres59.
19On l’a vu, autant du point de vue spirituel que temporel, le service du duc est un bienfait pour les clercs qui savent en profiter. La Bretagne n’échappe pas aux pratiques de favoritisme religieux qui se mettent en place fin xiiie/début xive siècle et qui semblent se multiplier avec le temps.
Intérêt de la fonction et usages de la fortune
20L’examen de certaines carrières montre qu’au-delà des avantages ponctuels, des familles profitent des offices pour s’élever dans la société. Le service du duc peut être un puissant moteur d’ascension sociale, soit individuelle, soit lignagère. Fortune faite, l’investissement des gains peut se faire dans des biens matériels, en particulier châteaux et forteresses, soit dans la préparation de l’au-delà. Dans les deux cas, les officiers ne font finalement que copier un exemple venu d’en haut.
Un tremplin social ?
Tableau 38. – Nombres d’occurrences des noms de famille parmi les serviteurs attestés.
deux fois | 30 |
trois fois | 5 |
quatre fois | 2 |
21Les listes nominatives permettent, avec beaucoup de prudence, de repérer les anthroponymes qui apparaissent à plusieurs reprises60. On remarque qu’une trentaine de familles compte au moins deux membres au service du duc, ce qui est assez peu au vu des centaines de noms figurant dans le corpus61. Les trios sont nettement moins nombreux62 et on trouve deux quatuors63. Un nom de famille apparaît six fois (Morel) mais il semble que ce soit un mélange de plusieurs familles avec Pierre Morel et son fils à Nantes, Élie et Éon Morel en Trégor/Penthièvre, Jean au Gâvre et un incertain64. Ce phénomène indique que le recrutement se fait sans doute en partie en famille avec, à la clef, une formation sur le tas et une bonne connaissance du pays et de sa langue. Cependant, rapporté au nombre de serviteurs repérés, le phénomène est assez marginal. L’administration des ducs de la maison de Dreux, tatillonne, a sans doute veillé à ne pas favoriser les risques de collusions et surveillé de près la qualité des officiers. Si quelques familles ont pu s’imposer pendant un moment, c’est certainement par la qualité des services rendus et non par l’effet d’un laisser-aller favorisant le népotisme.
22Dans cet ordre d’idée, les familles dont plus de trois membres servent le duc sont intéressantes à plus d’un titre. Certaines n’offrent pas de liens très sûrs. C’est le cas des Maillart de Nantes et des Roussel. Brient Maillart est un bourgeois nantais qui donne son nom à un des ports de la cité ligérienne65 mais il est aussi sénéchal de Nantes en 122666 et il est difficile de ne pas l’imaginer fermier de quelque revenu. On ne connaît pas son lien avec Pierre Maillart qui est peut-être fermier dans les années 126067 ni avec Étienne et Gilet Maillart qui sont associés dans une ferme collective au début du xive siècle68. Le même genre d’incertitudes pèse sur la famille Roussel. Geoffroy Roussel de Hillion est sénéchal de Lamballe dans les années 122069. Amaury Roussel exerce ses talents dans les fermes du secteur de Lannion dans les années 130070 pendant que maître Jean Roussel, sans doute un prêtre, reçoit sa pension du duc à la même époque71.
23Le cas de la famille de Baden est plus clair. C’est peut-être lors de la croisade de 1270 que se nouent les liens qui unissent Sylvestre de Baden à Jean le Roux, s’ils ne se connaissaient pas avant du fait de la proximité de Baden avec quelques grandes résidences ducales du Vannetais72. Il est sans doute le père de Sylvestre, Pierre et Guillaume, tous trois au service de Jean II et d’aussi d’Arthur II et Jean III pour ce dernier. Le même genre de commentaires peut-être fait pour la famille d’Arradon avec Alain, châtelain de Huelgoat et ses fils ou frères Jean, écuyer ou sergent et Morice, messager73, et la famille Gouzillon, possessionnée dans le secteur de Saint-Vougay, avec un clerc d’Arthur II, Maître Henri74, un serviteur du même duc, Hervé75, et un fermier du sceau des contrats de Lesneven76. Dans ces trois cas, nous avons affaire à des familles de petite noblesse qui servent le duc, sans doute pour arrondir les revenus d’une petite seigneurie, et dont les premières occurrences correspondent à ce métier, signe du rôle qu’il joue dans leur ascension sociale.
24La situation des Gouyon diffère car les origines de la famille remontent au xie siècle mais est assez proche tout de même car le lignage ne commence à faire vraiment parler de lui qu’avec le service ducal77. C’est manifestement Étienne, qualifié en 1249 de « premier chambellan de Bretagne » dans une charte de Saint-Jacut relative à une fondation à Matignon, qui fait entrer la famille dans l’orbite ducale78. Les références du milieu et de la fin du siècle sont floues mais on repère un Jégo, sénéchal de Goëlo pour les Avaugour et un Geoffroy dans le compte des moulins à foulon d’Auray mais la référence est vague79. Guillaume, chevalier, figure dans des comptes mais sans que l’on soit certain de son rôle80. En revanche, Alain est châtelain de Carnoët dans les années 1280 et sert le duc au moins jusqu’à la fin du règne de Jean II81. Ce sont les Montbourcher qui fournissent le plus de serviteurs.
25L’hérédité ne semble pas se développer énormément dans la Bretagne des Dreux. On trouve quelques lignées ou familles de serviteurs mais finalement assez peu, quelques cousinages ou tandems fraternels mais rien de scandaleux. Les ducs de la maison de Dreux semblent être assez vigilants sur le recrutement de leurs hommes. On en a pourtant quelques cas bien établis. Jean de Maure, évolue dans l’entourage de Jean le Roux au début de son règne. Il est le père de Jean de Maure, sénéchal de Jean de Bretagne en Angleterre et qui sert le duc à l’occasion82, et le grand-père d’un troisième Jean, conseiller, chambellan et exécuteur testamentaire de Jean II. Il est clair que l’hérédité joue un rôle essentiel dans la promotion de la famille. En revanche, on note que le dernier Jean de la période n’entre pas au service du duc pour des raisons qui nous échappent. Il est possible que ce soit ces hommes qui fassent entrer les d’Anast dans le monde des officiers ducaux mais ce n’est pas certain. En revanche, comme l’autre, la famille d’Anast s’implante durablement à l’ombre des Dreux puisqu’on trouve ses membres au service du duc des années 1230 aux années 1320, à peu près dans les mêmes limites que les Maure. Fraternité et cousinage offrent aussi quelques possibilités de se caser. Auberi de Baudement arrive de Champagne en Bretagne pour servir Jean II et il amène avec lui son frère ou son cousin Perrin alias Perrinet, clerc aussi, mais dont la carrière est beaucoup plus discrète83.
26Le service du duc entraîne manifestement l’envol de quelques lignées. C’est très net avec les familles Québriac, Sorel, Kergorlay, Mordelles. Normand de Québriac arrive sans doute dans les fourgons de Pierre de Dreux. On serait tenté de l’imaginer Normand au vu de son prénom, très rare en Bretagne au Moyen Âge, on imagine facilement pourquoi. Il se fait surtout connaître par les exactions qu’il commet comme maréchal de Bretagne contre les ennemis du duc en 123584. C’est le fondateur d’une lignée qui dure en ligne directe jusqu’au xvie siècle85. Cette famille fournit un autre serviteur aux Dreux en la personne de Thomas qui sert Jean II et Arthur II dans les années 1300-130786. Il en va de même au même moment avec son complice Robert Sorel qui est lui aussi nommé dans l’enquête de l’évêque de Dol contre Pierre de Dreux et dans d’autres témoignages. Il s’installe dans le secteur de Comblessac et la famille y fait souche au moins jusqu’au xvie siècle87. C’est aussi le cas des Kergorlay. Cette famille noble est discrète jusqu’à Pierre de Kergorlay, chevalier, que l’on repère comme sénéchal de Cornouaille et Poher en 125888. À Kergorlay, en Motreff, on distingue les restes d’un donjon quadrangulaire. Le statut du fondateur de la lignée n’est sans doute pas étranger à la possession de cette forteresse. La famille Kergorlay s’installe dès lors dans la durée, même si la branche aînée tombe en quenouille dès le xive siècle.
27Le cas des Mordelles est un peu différent. D’après Pol Potier de Courcy, ce lignage apparaît en 1032 avec le don d’une terre par Alain III à Auffroy, fils Aanan89. Cette ancienneté est confirmée par la possession d’un château, Castel-Goëllo. Les chartes de Beauport signalent que c’est en 1238 que ce fief passe aux mains d’une dame Havoise qui l’apporte en mariage à Olivier de Mordelles90. Le premier seigneur de Mordelles qui sort un peu de l’ombre s’appelle Olivier et doit sa fortune à son épouse Havoise qui lui apporte dans la première moitié du xiiie siècle seigneurie et château. On trouve ensuite trois Pierre. Le premier est sénéchal de Penthièvre et Dinan en 1241, le deuxième sénéchal aussi mais seulement de Penthièvre dans les années 127091. Le troisième exerce au service du duc dans les années 1280-1306, comme alloué au rachat de la vicomté de Dinan (1281), alloué de Vannes (1294) puis alloué au rachat de la vicomté de Rohan92 (1305). On repère aussi dans les sources ducales deux Guillaume (1260 et 1303) et un Olivier de Mordelles (1303) mais rien n’indique clairement qu’ils sont au service du duc93. Une chose est sûre, le service ducal offre à cette famille le tremplin qui accélère son décollage social.
Forteresses et châteaux
28On ne garde pas trace de faveur ducale en matière de château. Tout au plus peut-on rappeler que le droit de construire des châteaux appartient au duc et qu’il est assez strictement appliqué, ce qui explique d’ailleurs en partie la non-prolifération des châteaux de pierre à la fin du Moyen Âge94. Les châtelains qui servent les Dreux peuvent s’appuyer sur leur forteresse pour dominer le pays, mais ils le font dans un cadre bien précis et l’examen des carrières montre plus à l’œuvre des gestionnaires que des guerriers. On repère, malgré tout, quelques puissants personnages au service du duc. Le plus souvent héritiers d’une lignée aristocratique, ils sont à la fois officier et seigneur. Dans ces conditions, il est quasi impossible de faire le tri entre ce qui tient de leur travail de seigneur et les avantages qu’ils tirent de leur office pour renforcer leur position. Cette partie n’a donc pour objet que d’évoquer le cadre de vie de quelques officiers tout en remarquant de temps à autre quelques éléments troublants qui permettent d’entrevoir les avantages qu’un officier peut tirer de ses fonctions pour se doter d’une belle et puissante résidence.
29D’après M. Jones, c’est « sans doute sur les conseils de Pierre Mauclerc » qu’Olivier de Tournemine se voit accorder divers domaines à Pléhérel, Landébia et Lanmeur, pour affaiblir les Penthièvre. C’est vers 1220 que commence la construction du château de La Hunaudaye95. C’est aussi assez net à Kergorlay comme on vient de le voir. Les choses sont plus claires dans le cas de Jean de La Motte96, avoué de Jean III qui lui donne, le 5 novembre 1330, 20 £ de rentes assises dans la paroisse de Cléguer pour compléter le don du château de Tronchastel et de 200 £ de rente qu’il lui avait fait et l’autorise à en disposer en faveur de ses héritiers en ligne directe97. Enfin, c’est aussi un très beau cadeau que fait Jean III à Jean de Derval deux ans plus tard en lui donnant en perpétuel héritage la seigneurie de Pontcallec avec ses dépendances, et ce qu’il possède dans les paroisses de Bubry, Quistinic, Inguiniel, Berné, Plouay, Cléguer, Caudan, Calan, Saint-Caradec près d’Hennebont, Lomellec, Jans ainsi que l’étang de Kernascléden. Il se réserve toute de même le « peçoy » de la mer, la garde des églises et des chemins, et le port d’Hennebont98. Le service du prince est donc bien l’occasion de renforcer son pouvoir et son héritage à une époque où la demeure est un instrument essentiel de pouvoir.
30Les autres cas sont moins nets mais ils montrent que les officiers représentent une force certaine dans la société des xiiie et xive siècles. La famille de Maure, par exemple, qui tire son nom de sa paroisse d’origine, y possède un château, « qui devait remonter au xiiie siècle ». Il s’agit d’un vaste rectangle entouré d’un double talus et d’une large douve99. Les Montbourcher, très bien en cours au xive siècle, possèdent eux aussi une forteresse, La Roche-Montbourcher ou La Roche-l’Espine100. Le château fort, dont on voit encore les ruines actuellement, succède à une construction de terre élevée sur une avancée de terrain qui surplombe un méandre à la jonction de deux ruisseaux. Le château primitif est construit par la famille L’Espine, puis passe dans la famille Montbourcher par mariage de Julienne avec Guillaume, sire de Montbourcher. Le château aurait été attaqué en 1233 par Rondel, lieutenant de Pierre Mauclerc, sans résultat. L’ensemble se compose actuellement d’un château, d’une basse-cour, le tout fortifié et entouré de fossés, et d’un courtil. On peut voir les restes d’une tour quadrangulaire et d’une tour ronde. L’architecture et l’absence d’aménagement pour l’artillerie datent les restes de la fin du xive siècle et de la première moitié du xve siècle, époque de Bertrand de Montbourcher, grand écuyer de Bretagne101. On peut enfin évoquer la famille Mordelles qui possède le château de Castel-Goëllo depuis le mariage d’Havoise avec Olivier de Mordelles. On voit encore une enceinte elliptique entourée de profonds fossés, de 187 sur 130 mètres de côté102.
Un exemple venu d’en haut
31Mais l’usage de la fortune ne se limite pas aux biens matériels. Comme le duc, les puissants du bas Moyen Âge investissent dans l’au-delà, espérant que leurs fondations et aumônes leur permettent de passer au mieux les étapes post mortem. À tout seigneur tout honneur, les ducs donnent beaucoup à l’Église, sans doute autant dans un but religieux et personnel que pour des raisons politiques de contrôle de l’Église de Bretagne et de leur territoire. Les fondations ne sont pas que le fruit du hasard et l’on remarque trop de binôme résidence ducale/abbaye ou couvent pour que ce soit le fruit du hasard103.
32Pierre de Dreux indemnise beaucoup (Saint-Sulpice de Rennes104, Le Ronceray de Nantes105), et avec sa femme confirme beaucoup de dons des règnes précédents106. Il donne aussi à des abbayes comme Saint-Melaine de Rennes107, Sainte-Croix de Quimperlé108, à Boquen109, etc. Il joue certainement un rôle dans la fondation des couvents mendiants de Quimper (1232, Franciscains) et Morlaix (1236, Dominicains) mais son rôle ne semble pas crucial110. Tout en poursuivant cette politique de dons aux établissements religieux, Jean le Roux et son épouse Blanche sont bien plus intervenants en fondant les abbayes cisterciennes de La Joie111 (1250) et Prières112 (1258) ainsi que les couvents de Dominicains de Quimperlé113 (1254) et de Franciscains de Vannes114 (1260). Leurs successeurs sont moins actifs et l’on relève par la suite des fondations comme le couvent des Carmes de Ploërmel sous Jean II115 et des Augustins de Lamballe (1317) sous Jean III116, mais leur politique est bien moins ambitieuse. Dans le même temps, les ducs n’oublient pas de donner des aumônes ou de contribuer à l’encadrement spirituel de leur principauté, s’inscrivant ainsi dans une tradition pluriséculaire117. Cette charité est bien ordonnée et certains comme Jean le Roux se font une spécialité de l’échange de biens avec les abbayes118, sans oublier d’en tirer avantage d’un point de vue symbolique en y inscrivant leurs armoiries comme sur les hautes vitres de Saint-Sauveur de Redon119.
Des aumônes à géographie variable
Des dons et des aumônes
33Leurs serviteurs leur emboîtent le pas. Juhel de Mayenne apparaît en Bretagne après son mariage avec Gervaise de Dinan120. Sa sœur Mathilde épouse en premières noces André de Vitré. Il est au service du duc de Bretagne dès l’extrême fin du xiie siècle puisqu’il sert Arthur Ier, ce pour quoi Philippe Auguste le remercie en lui donnant des terres121. Il finit sa carrière comme sénéchal de Bretagne122. Il semble ne porter ce titre que peu de temps, vers 1210, ou lui préférer celui de seigneur de Mayenne et de Dinan. C’est peut-être l’œil du roi dans la Bretagne de Guy de Thouars dont Philippe Auguste semble douter de la fidélité… Il meurt vers 1220. Avec son épouse, il donne des terres et des rentes à de nombreuses abbayes : Savigné (1190), Saint-Magloire de Léhon123 (1198, 1209), Boquen124 (1213), Saint-Maudet et Beaulieu125 (1208, 1212), La Vieuxville126 (1210, 1212, 1213), Fontaine-Daniel127 (1212), Le Tronchet128 (1212), Saint-Aubin des Bois129 (1215), au prieuré de Bécherel130 (1218), sa veuve Gervaise au prieuré de Léhon131 (1223). On remarque, mais il faut rester prudent, un glissement sur la fin vers des prieurés et non plus des abbayes.
34Les officiers ducaux, pour ce qu’on peut entrevoir, font des dons plus limités. Geoffroy, voyer de Minibriac et sénéchal de Guingamp fait en 1223 un don de terres à l’abbaye de Saint-Aubin-des-Bois132. Guillaume de La Motte, sénéchal de Penthièvre, donne à l’abbaye de Montfort (1233), puis avec son frère à Saint-Magloire de Léhon (1242)133. Proches de Pierre de Dreux, Guillaume de Derval et son épouse Aliénor, donnent au prieuré de Saint-Martin de Josselin une rente de 5 mines de seigle, mesure de Ploërmel, mais c’est pour réparation des dommages causés au prieuré (1239)134. Guillaume de Derval sait par ailleurs ce que donnent ses proches puisqu’il apparaît comme témoin des donations de Thibaud de Rochefort (1244) puis Bonabes de Rougé, alors gravement infirme (vers 1252) à l’abbaye de Meilleray135. Lors d’un échange de moulins conclu en juin 1262 entre le prieuré de Saint-Sauveur et le duc, il est fait mention d’une rente anciennement offerte par Pierre de Kergorlay, chevalier, sénéchal ducal en Cornouaille et Poher136. Julienne de L’Espine, veuve de Guillaume de Montbourcher (chevalier de Pierre de Dreux), fait une donation à l’abbaye de la Vieuxville avec l’accord de son fils Geoffroy (1259)137, puis une concession au prieuré de Combourg (1263)138. Ces aumônes ont toutes en commun d’être faites à des abbayes ou prieurés dans l’attente de prières pour le salut de l’âme du donateur. Il est aussi possible que pour les proches de Pierre de Dreux, elles visent à faire oublier des méthodes de gouvernement un peu brutales vis-à-vis de l’Église.
35Il arrive aussi que les héritiers ne soient pas convaincus de l’intérêt d’une aumône paternelle. En 1271, Geoffroy de Montbourcher, chevalier, et Guillaume, son fils aîné, reconnaissent que leurs ancêtres avaient donné aux moines de l’abbaye de Saint-Melaine la chapelle de Montbourcher appelée L’Hôtellerie, en la paroisse de Vignoc, avec des dîmes de blé, la mouture d’un moulin, des terres, prairies et un hébergement. Pleins de repentir, les deux seigneurs avouent qu’ils se sont saisis injustement de tous ces biens… Ils les restituent à Saint-Melaine et ne demandent à l’abbaye que des messes pour eux et leurs ancêtres139. Quant à Jean de Maure, conseiller et chambellan de Jean II, mort le 18 mars 1307, il est inhumé à Paimpont avec sa mère, sa femme Raymonde et son frère Robert. Pour le remède de leurs âmes, il donne et lègue à l’abbaye et aux chanoines de saint Augustin 12 £ de rente140.
Des fondations
36La nature des dons à l’Église semble changer au début du xive siècle, signe d’une nouvelle approche de la mort comme de l’efficacité du don. Dilué parmi d’autres, le don à une abbaye risque toujours d’être oublié ou traité un peu vite. De plus, le temps érode les mémoires et fait passer les donateurs les plus récents devant les anciens. C’est sans doute une des raisons qui poussent les officiers ducaux à investir pour l’éternité par des fondations. Enfin, on ne peut négliger l’influence ducale. Les courtisans s’inspirent certainement de ce que fait leur maître.
37Le premier dans l’ordre chronologique à rompre avec la tradition est Robin Raguenel, sénéchal de Rennes. Par un long acte en latin daté de juillet 1304, il fonde à Saint-Pierre de Rennes une chapellenie Notre-Dame du Pilier, « pro nobis et uxore nostra […] aut haeres noster ». Il donne pour cela 60 s de rente annuelle au chapitre de Rennes pour qu’on dise une messe pour lui et son épouse. Il donne au chapelain les dîmes qui lui appartiennent sur les paroisses de Saint-Erblon, Ploigné et Pacé. Il se réserve la présentation et le patronage, la collation pour l’évêque de Rennes. La dédicace est faite en l’honneur de la sainte Trinité et de la Vierge Marie141.
38Guillaume Le Borgne, conseiller d’Arthur II et son ambassadeur vers le pape, se lance dans une démarche plus importante. Le 26 juin 1309, le pape l’autorise à fonder dans sa terre, paroisse de Tréal, diocèse de Vannes, une maison-Dieu avec un oratoire dédié à saint Jean-Baptiste et à sainte Lefeline, patronne de la paroisse. Elle est desservie par un chapelain avec une indulgence de 100 jours aux pèlerins142. Cette faveur est à mettre en lien avec l’ambassade de 1308. Quant à Thibaud de Rochefort, chevalier, vicomte de Donges, il imite le duc en fondant en 1318 le couvent des Carmes de Nantes. Confronté aux plaintes des Franciscains et des Dominicains qui estiment que le nouvel établissement est trop près des leurs, il leur donne le 3 février 1327 une maison qui doit servir de chapelle143. Le parallèle avec les fondations ducales est criant tant dans le choix de la ville que dans celui de l’ordre. On ne peut s’empêcher de penser au couvent des Carmes de Ploërmel, fondé vers 1300 par Jean II, qui devient à la fin de la période qui nous intéresse la nécropole ducale. C’est d’ailleurs ces Carmes de Ploërmel que Jean de Derval couvre de dons dans son testament (1338) pour deux messes par jour pour lui, sa femme Jeanne de Léon, sa mère Aliénor de Châteaubriant et Bonabes son frère144.
39Les officiers ducaux, pour le peu que l’on peut entrevoir, donnent à l’Église comme leurs contemporains, tout en s’inspirant de ce que fait leur maître pour les plus proches du prince et les plus fortunés. On notera tout de même l’absence des officiers de rang modeste ou intermédiaire comme les châtelains. Il y a un fort risque que la trace de leurs dons se soit perdue, en particulier pour raison de la modestie des cadeaux. Cependant, on peut poser la question d’une différence d’appréhension de l’Église et de l’au-delà selon que l’on est laborieux ou puissant, sans toutefois pouvoir y répondre.
⁂
40Même si les Dreux ne semblent pas dilapider leurs biens en fondations et en cadeaux, ils n’oublient pas de remercier leurs serviteurs et de les appuyer quand c’est utile. C’est une pratique de gouvernement qui ne peut qu’encourager à mieux servir, qui renforce l’émulation attendue pour ses hommes par le pouvoir. Dans le même ordre d’idée, le pouvoir ducal ne brade pas les recrutements et s’attache à ne pas trop jouer la carte de l’hérédité. Des traces de népotisme existent mais elles sont discrètes et manifestement, les hommes retenus font bien leur travail. Cependant, beaucoup utilisent leur influence pour essayer de faciliter leur passage dans l’autre monde. Il est probable que l’exemple ducal influe sur les officiers et l’on remarque que la nature des investissements sur l’au-delà varie, passant de l’aumône classique à la fondation, au moins pour les plus riches.
Notes de bas de page
1ADIV, 1 F 618/1, compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray.
2Les « robes » font partie à la fois des gages et des avantages du service du prince un peu partout en Occident. C’est le cas, par exemple, à la cour pontificale où Jean XXII dépense annuellement 7 000 à 8 000 florins dans ce chapitre. Deux fois par an, au printemps et à l’automne, on distribue aux serviteurs du souverain pontife des uniformes neufs. Pour son compte, le pape dépense en fourrures et brocarts des sommes considérables, Origo Iris, Le marchand de Prato : Francesco di Marco Datini, Paris, Albin Michel, 1959, p. 29.
3Les mises qui suivent l’exécution du testament de Jean II en comportent de nombreux exemples, DM I 1196-1200.
4DM I 1185-1191.
5DM I 1197.
6En revanche, le don du rachat fait à un serviteur semble assez rare. Il faut dire que l’institution est récente. On a quelques exemples ambigus (Lohéac, 1305) pour des serviteurs ducaux mais le cadeau est bien attesté chez les Rohan. Le 19 juin 1264, à Noyal, exemption de rachat pour les juveigneurs de la maison de Trégarantec, tige des seigneurs de la maison de Pengréal, accordée par Alain, vicomte de Rohan, à Raoul de Trégarantec et à Alain son frère, et à leurs héritiers, Rosenzweig Louis, op. cit., acte 320. Alain de Trégarantec est alloué de Rohan de 1261 à 1278.
7DM I 1197.
8La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, p. 261, 271.
9Geslin de Bourgogne Jules et Barthélemy Anatole de, op. cit., t. III, p. 289.
10La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., p. 66, art. 4, et 68-69, art. 11.
11La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., p. 93, art. 23, p. 99, art. 63, et « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 181.
12ADIV, 1 F 618/1, compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray.
131305 (août-décembre) : compte d’Auberi de Baudement : « à un mesagé envoïé à Michel Costentin et au sénéchal de Léon o lettres, 10 s ». « Au valeit qui avoit lonc temps dous des somiers de mestier s’en alant et portant lectres à Michel Costentin, 30 s », La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., p. 110, art. 10, et p. 146, art. 239.
141306-1308 : Alain Le Diorne, de La Roche-Derrien, apparaît dans le compte de Roland Le Lombard. Michel Costentin lui a « tollit » sa maison et l’a vendue à quelqu’un d’autre (25 £), Alain Henriot, Jacques et Adelice de Lesernent apparaissent dans le compte de Roland Le Lombard parce que Michel Costentin leur a pris du poisson salé et l’a vendu, La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., p. 166-189, chap. 77, 81-82.
151308 (9 janvier) : Jean de Knech Gordiffen, clerc, comme héritier de Nicolas, jadis trésorier du chapitre de Tréguier, reconnaît avoir reçu 40 £ de Michel Constantin que le duc devait au trésorier, La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., no XLVII (215).
16Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., acte 104.
171306 (22 juillet, Suscinio) : Pierre de Bretagne prie les exécuteurs testamentaires de son père : Me Alain de Châteaugiron, archidiacre de Rennes ; monsour Geoffroy de Guignan ; monsour Robin Raguenel et les autres, de payer 73 £ à son clerc Jean de Beaumont, « lesquelles nous li devons » ; 50 £ à Pierre des Fourneaux, « que nous li devons », ADIV, 1 F 618, pièces diverses ; 1306 (19 octobre) : Pierre de Bretagne demande aux exécuteurs testamentaires de Jean II de payer en faible monnaie 197 £ à sire Pierre Le Flament ; à Guillaume de Guynan 70 £ ; à Nicolas Chrétien 20 £ pour délivre une « peinne de gros vair à couvertouer » ; 10 £ à la femme Colet Marcé pour le cheval de Jean Le Clerc. Cet argent doit être rabattu des 6 000 £ prévu pour payer les dettes de Pierre de Bretagne, ADIV, 1 F 618, pièces diverses.
18Cette lettre est scellée par Thibaud de Rochefort et Thibaud de La Feillée. Renaud de Montbourcher a la garde des sceaux du duc, ADIV, 1 F 616, no 3.
19ADIV, 1 F 616/4.
20ADIV, 1 F 616/5 et 6.
21Sic, pour « peçoy » sans doute.
22Paz Augustin du, op. cit., p. 790-791 ; Ogée Jean-Baptiste, op. cit., art. « Cesson ».
23Fawtier Robert (dir.), Registres du Trésor des chartes…, acte 2273. L’acte est vidimé par le roi le mois suivant.
241330 (5 novembre) : Jean, duc de Bretagne vicomte de Limoges, donne à Jean de La Mote son avoué 20 £ de rentes en la paroisse de Cléguer pour compléter le don du château de Tronchastel en de 200 £ de rente qu’il lui avait fait et l’autorise à en disposer en faveur de ses héritiers en ligne directe, Viard Jules et Vallée Aline, op. cit., acte 1693.
251331 (23 février) : Jean, duc de Bretagne, donne à Sylvestre de La Feuillée (sic), bachelier, en récompense de ses services, 100 £ de rente à héritage, à tenir avec haute justice à Tuonaubarz et dans les paroisses voisines de Saint-Hernin et de Spézet, au diocèse de Cornouaille, Viard Jules et Vallée Aline, op. cit., acte 1087.
261332 (27 novembre) : lettres de Jean, duc de Bretagne, par lesquelles, en récompense des services que lui rendit, ainsi que ses prédécesseurs, Jean, sire de Derval, chevalier, il lui donne en perpétuel héritage la seigneurie de Pontcallec avec ses dépendances, et ce qu’il pouvait posséder dans les paroisses de Bubry, Quistinic, Inguiniel, Berné, Plouay, Cléguer, Caudan, Calan, Saint-Caradec près d’Hennebont, Lomellec, l’étang de Kernascléden et ce qu’il pouvait avoir dans la paroisse de Jans. Il se réserve dans cette donation le « peçoy » de la mer, la garde des églises et des chemins, et le port d’Hennebont, DL II 477 ; Viard Jules et Vallée Aline, op. cit., acte 1639.
27DM I, sceaux, nos XC et XCII.
28Potier de Courcy Pol, Nobiliaire et armorial de Bretagne, op. cit., art. « Derval », armoiries connues par un sceau. Une contestation s’étant élevée au bas Moyen Âge, la famille a fourni une fausse déclaration solennelle « en Parlement » du duc Jean II, « par la grâce de Dieu duc et prince de Bretagne », datée du 30 avril 1302 à Nantes, qui décerne avec l’assentiment des « États » rassemblés à Nantes à Bonabes, sire de Derval, le droit de porter dans son écu et comme ses ancêtres, deux plein quartiers d’hermines à raison de sa parenté avec Salomon, comte de Nantes, fait attesté par les principaux seigneurs présents. DM I 1177-1178 ; ADLA, inventaire Léon Maître. Les formules employées, typiques du bas Moyen Âge, trahissent la forgerie.
291338 (26 juillet) ; ADIV, 1 F 617 ; DM I 1344 ; Jones Michael, Recueil des actes de Charles de Blois et de Jeanne de Penthièvre, op. cit., acte 11 ; ms. fr. 22338, fo 88 ; Fichou Marine, Les Blancs-Manteaux et l’histoire de la Bretagne. Documents inédits (1213-1341), op. cit., p. 124, d’après un registre du parlement de Paris.
30Rappelons que c’est en se rendant à un couronnement pontifical que Jean II trouve la mort à Lyon en 1305.
31Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 90.
321262 : Guillotin de Corson Amédée, « Les évêques de Saint-Malo dans leur baronnie de Beignon », RBV, 1876, p. 360-371, p. 364. On notera au passage que les familles de Lohéac et de Guignen apparaissent au service des Dreux, dans les années 1240-1260 pour les premiers, à la fin du xiiie siècle pour les seconds.
33Les deux familles sont originaires de la même paroisse de Maure, 1294, Livre des Ostz, DM I 1112.
341302-1305 ; avec l’abbé de Prières, les gardiens des Franciscains de Nantes et de Vannes, le prieur des Carmes de Ploërmel, Jean de Maure, Étienne de La Grange, Robin Raguenel et Geoffroy de Guignen. S’y ajoutent les clercs Alain de Châteaugiron, Geoffroy d’Anast, Jacques de Saint-Lou et Auberi de Baudement, Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 143.
351312 (9 novembre, Rennes, Saint-Melaine) : les exécuteurs testamentaires d’Arthur II sont Jean Le Parisy (1312-1339), évêque de Vannes ; Amaury, seigneur de Craon du diocèse d’Angers ; Thibaud, seigneur de Rochefort ; Geoffroy d’Anast, du diocèse de Saint-Malo ; Thomas d’Anast, doyen d’Angers ; Auberi de Baudement, chanoine du Mans ; le gardien des frères mineurs de Nantes ; le gardien des frères mineurs de Vannes. Ils donnent procuration à Olivier de Laré, chanoine de Saint-Brieuc, et maître Vincent de Châtillon, leurs procureurs en cour pontificale, pour répondre des accusations lancées contre eux par Jean III. Les témoins sont Bertrand de Hanseya, chanoine de Tréguier ; Étienne Mercier, de Nogent ; Philippe Balu. Le notaire est Denis Yvon, DM I 1242.
36DM I 1247.
37Guérout Jean, op. cit., t. II, acte 42. En juin 1319, dans la querelle qui oppose le duc et l’évêque de Léon au sujet des pêcheries d’Ouessant, ce sont Geoffroy du Plessix et Thomas d’Anast qui sont choisis par le pape pour enquêter sur l’affaire, Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 186.
381306 (20 février) ; Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 148 et 180.
39Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 173 ; Gallia christiana, t. XIV, col. 594 ; Peyron Paul, « Actes du Saint-Siège », art. cité, acte 118-119. Le 19 juillet 1322, il est remplacé après son décès, acte 121.
40Sa plaque tombale était visible dans l’église de Maure en 1623, avec une effigie de cuivre émaillé, entourée d’écussons d’émail, Kerviler René, op. cit., art. « Anast ».
41Peyron Paul, Actes du Saint-Siège concernant les évêchés de Quimper et du Léon des xiiie, xive, xve siècles, op. cit., acte 120.
42Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 159.
43Peyron Paul, Actes du Saint-Siège concernant les évêchés de Quimper et du Léon des xiiie, xive, xve siècles, op. cit., acte 114.
44Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 184-187.
451317 (6 juillet). Sur la carrière de G. de La Bestor, Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 173-175.
46Fils puîné de Thibaud de Rochefort et d’Anne de La Rochediré, Kersauson Joseph-Marie de, « L’épiscopat nantais à travers les siècles », art. cité, p. 581.
47Peyron Paul, Actes du Saint-Siège concernant les évêchés de Quimper et du Léon des xiiie, xive, xve siècles, op. cit., actes 91 et 108.
48DM I 7 et Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 178 et 189. Ce n’est pour autant que sa vie est facile. Le 21 juin 1334, Philippe du Chastel, doyen de Nantes, « occupé des affaires politiques du duché », subdélègue un problème entre Yves de Boisboissel, évêque de Saint-Malo, et Pierre du Tertre, à Bonabes de Rochefort. Quand celui-ci vient à Saint-Malo, il est agressé alors que l’évêque cite Philippe du Chastel devant son tribunal, puis l’excommunie comme contumace. L’affaire s’arrange l’année suivante grâce à Jean d’Avaugour, évêque de Dol.
49La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, p. 261, 268, 277 et 284, et « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 164 et 179.
50ADIV, 1 F 616/5.
51Anger Pierre, op. cit., acte XXIII.
52Kerviler René, op. cit., art. « Des Granges ».
53L’essentiel de ce paragraphe est puisé au travail de Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 156-160.
541300 (28 septembre) : le duc ne peut être excommunié par un délégué ou un subdélégué du pape, Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 157. Le roi avait reçu un privilège identique en 1255.
55Le phénomène est bien connu ailleurs à la même époque. Le service du roi permet par exemple à Marigny de glaner quelques privilèges. Le 31 mai 1307, date de la première rencontre de Marigny et du pape, il obtient le droit d’entrer dans les monastères de femmes et sa femme dans les monastères d’hommes. Le 9 avril 1308, le chambellan de Philippe le Bel obtient le privilège d’autel portatif, ce qui lui permet de faire célébrer la messe par son chapelain où il le désire, et même, en cas de nécessité, avant le lever du soleil. Le 29 décembre 1312, le pape Clément V accorde à Enguerrand et son épouse le droit de choisir leur confesseur. Ce prêtre, peut-être un mendiant, a le droit d’absoudre son maître de toutes les peines y compris l’excommunication. Favier Jean, Un conseiller de Philippe le Bel : Enguerran de Marigny, op. cit., p. 23.
56Sans doute le frère ou le cousin du sénéchal de Nantes Éon de Tréal. Nicolas de Tréal est abbé de La Chaume (1321) puis abbé de Saint-Melaine et vicaire général de Rennes en 1329, ADIV, 1 F 587 ; Guillotin de Corson Amédée, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, op. cit., t. I, p. 134 ; Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, actes 129 et 130 ; Gallia christiana, t. XIV, col. 852.
57Difficile de ne pas faire le lien avec Jacques de Saint-Lou, chapelain et exécuteur testamentaire de Jean II, DM I 1185-1191.
58Un homonyme, peut-être son grand-père, est sénéchal de Rennes dans les années 1260 et dans les années 1300, Jean et Alain de Bistin figurent dans les comptes rendus au duc.
59Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 153. Cette faveur est à mettre en lien avec l’ambassade de 1308 ; Guillaume de Baden et Jean de Bretagne obtiennent aussi des faveurs papales.
60La base de travail a été la liste des serviteurs attestés, c’est-à-dire ceux dont on est certain du statut. Ces chiffres donnent une indication mais ne peuvent être retenus pour des pourcentages car le fichier mélange des hommes de conditions très différentes comme les fermiers, serviteurs mercenaires occasionnels pour la plupart, mais pas tous, et des officiers soldés par le duc. De plus, il a fallu filtrer le document de départ en enlevant, par exemple, ceux qui ne sont connus que par leur prénom, ceux qui portent un nom de fonction (Le Clerc, Le Meunier…), d’origine (Le Lombard, L’Allemand, L’Anglais), ce qui perturbe toute tentative de calculer des pourcentages, ainsi que les tandems qui comptent uniquement deux fermiers. De plus, rien ne dit que les six Morel de la liste sont parents, pas plus que les du Chastel. Enfin, les cousinages et liens par l’intermédiaire des belles-familles nous échappent pour ainsi dire complètement.
61Les tandems : Anast, Baudement, Bistin, Bosco, Chavaigne, Chevrel, Coëtivy, Costerez, Dognoal, Du Chalonge, La Chapelle, La Feillée, Le Bart, Louvedat, Maubec, Monteville, Mordelles, Morin, Oultre en Oultre, Penmur, Perrot, Piedevache, Piron, Quelennec, Raguenel, Rimou, Rondel, Roson, Tournemine, Vigier.
62Aradon, Baden, Gouzillon, Maillard et Roussel.
63Gouyon et Montbourcher.
64Morel (Élie), alloué du sénéchal de Penthièvre ; Morel (Éon), fermier de la cohue de Guingamp ; Morel (Jean) ; receveur ou fermier du Gâvre ; Morel (Jean), serviteur ; Morel (Pierre), fermier de la pêcherie de Nantes et son fils, sergent.
65Il donne son nom à un pont de Nantes, nom attesté dès 1270. Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., acte 95.
66Guivarc’h Laëtitia, Les tombeaux de la collection Gaignères, op. cit., no 11.
67Renaudin Yves, op. cit., p. 321, comptes de 1263-1267.
681306-1308 : Maurice de Saint-Aignan, Pierre du Port, Pierre Grégoire et Jeanne La Normande, fille de Simon Le Pontonnier, Étienne Maillart, Gilet Maillard son frère, apparaissent collectivement pour 100 £ dans le compte de Roland Le Lombard à titre d’indemnisation pour ce qui était dû à leurs prédécesseurs pour le pont entre la ville de Nantes et Pirmil, La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., p. 166-189, chap. 16.
69DM I 853 ; Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. IV, p. 315.
70La Borderie Arthur de, « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 171 et 181 ; ADIV, 1 F 618/1.
71On relève aussi un Eudes Roussel Roger, alloué de Rohan dans les années 1270-1280. DM I 1045 et Rosenzweig Louis, op. cit., acte 417.
721270 (24 août) : chevalier ; il apparaît dans les comptes rendus à Jean le Roux lors de la croisade d’Égypte. DM I 1006-1010.
73DM I 1196-1200 ; La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, p. 261, 275, 279, etc., et « Derniers jours et obsèques de Jean II, duc de Bretagne (1305) », art. cité, p. 43, 48.
74ADIV, 1 F 618/1 ; DM I 1237, 1328 et 1349.
75DM I 1199 et 1230.
76Rosenzweig Louis, op. cit., acte 507.
77La prudence est toutefois de mise dans la mesure où cela correspond à la période de la révolution documentaire et que le service du duc, du fait de ses archives, est une bonne façon de laisser sa marque dans l’histoire.
78Couffon de Kerdellec’h Alexandre de, op. cit., t. I, p. 419.
79Geslin de Bourgogne Jules et Barthélemy Anatole de, op. cit., t. IV, p. 151 ; Oheix André, op. cit., p. 184 ; Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, « Le plus ancien rôle des comptes du duché (1262). Document inédit », art. cité, art. 43.
80DM I 1006-1010 ; La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., p. 166-189, chap. 32.
81La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, p. 270, et « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 174, 191 ; DM I 1185-1191, 1194 et 1196-1200.
82DM I 1065 ; Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 137 ; Le Corre Kévin, op. cit., p. 25 et 166.
83DM I 1185-1191 et 1193-1200 ; La Borderie Arthur de, « Derniers jours et obsèques de Jean II, duc de Bretagne (1305) », art. cité, p. 44 et 46.
84Il est mentionné dans les enquêtes concernant les opérations militaires livrées par ses hommes dans le secteur de Dol. Il amène quantité de Français prisonniers à Dol, il rompt les portes de la ville, comble les fossés, détruit les portes, fenêtres et la chaire de l’évêque. Ses hommes emportent le plomb des gouttières et saccagent la ville de Dol. Il mène au moins deux chevauchées sur les terres de l’abbaye de la Vieuxville et il y cantonne trente soldats. Ceux-ci extorquent de l’argent aux moines et en prennent en otages contre rançon, etc., DM I 889 ; La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., no IV.5, V.1, VI.2, VII.1, etc. ; Couffon de Kerdellec’h Alexandre de, op. cit., t. I, p. 395.
85Potier de Courcy Pol, Nobiliaire et armorial de Bretagne, op. cit., art. « Québriac ».
86La Borderie Arthur de, « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 167 ; ADLA, E 22, no 107 ; ADIV, 1 F 616 ; DM I 1233-1234. Il est enterré dans l’abbaye Saint-Jacques de Monfort-sur-Meu. Le dessin de sa pierre tumulaire est dans Gaignières. Potier de Courcy Pol, « Montfort-sur-Meu », RBV, 1863, p. 417-428, p. 426.
87La Borderie Arthur de, Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) ; Couffon de Kerdellec’h Alexandre de, op. cit., t. II, p. 107 ; Potier de Courcy Pol, Nobiliaire et armorial de Bretagne, op. cit., art. « Sorel ».
88Amiot Christophe, « Les donjons quadrangulaires du duché de Bretagne avant les guerres de Succession (1050-1350) », art. cité, p. 72. « Miles senescallus tunc temporis domini comitis Britanniae in Cornubia et in Pocaer », Geslin de Bourgogne Jules et Barthélemy Anatole de, op. cit., t. VI, p. 185-186 ; Mousset Albert, op. cit., p. 7, doc. III.
89Potier de Courcy Pol, Nobiliaire et armorial de Bretagne, op. cit., art. « Kergorlay » et « Mordelles ».
90Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. V, p. 52-53.
91DM I 1006-1010 ; Geslin de Bourgogne Jules et Barthélemy Anatole de, op. cit., t. III, p. 238 ; t. IV, p. 105 et La Bretagne féodale et militaire, t. V, p. 52-53. Le vide chronologique entre 1241 et 1270 laisse penser qu’il s’agit de deux personnages différents, sans doute le père et le fils.
92Rosenzweig Louis, op. cit., actes 390, 443 ; DM I 1118, 1138, 1193 ; La Borderie Arthur de, « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 178-9 ; id., « Derniers jours et obsèques de Jean II, duc de Bretagne (1305) », art. cité, p. 48 ; ADIV, 1 F 618/1, compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray.
93ADLA, H 75, no 45, abbaye de Melleray ; La Borderie Arthur de, « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 184 et 191.
94Rappelons l’autorisation donnée par Jean III en juin 1332 aux moines de Saint-Mathieu de fortifier leur abbaye, après enquête de Guillaume de Baden, chevalier, son maître d’hôtel, ADIV, 1 F 587 ; ADLA, inventaire Léon Maître ; DM I 1358-1359.
95Jones Michael, « La vie quotidienne de trois nobles bretons au treizième siècle d’après leur testament », MSHAB, 1983, p. 19-33, p. 23-24.
96Son nom est, dans ce domaine, tout un programme !
97Viard Jules et Vallée Aline, op. cit., acte 1693.
981332 (27 novembre) : DL II 477 ; Viard Jules et Vallée Aline, op. cit., acte 1639.
99Il est déjà ruiné au xviie siècle, Maupillé Léon, « Notices historiques et archéologiques sur les paroisses des deux cantons de Fougères », BMSAIV, 1873, p. 213-409. La chapelle de Roz, située au-dessus des ruines du château de Maure, devait être la chapelle privée des sires de Maure. Abandonnée en 1884. On peut y voir une pierre tombale armoriée aux armes de la famille de Maure, accolé d’une lance et d’une épée. La forme de l’écu plaide pour les xiiie-xive siècles, Guillotin de Corson Amédée, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, op. cit., t. V, p. 161 ; Le patrimoine des communes d’Ille-et-Vilaine, Paris, Flohic, 2000, p. 931.
100Commune de Cuguen.
101Amiot Christophe, Châteaux de la Bretagne médiévale. Comté de Rennes partie nord et comté de Penthièvre, op. cit., p. 150-168 ; Guillotin de Corson Amédée, « Combour », BMSAIV, 1899, p. 25-155, p. 49-50 ; Le patrimoine des communes d’Ille-et-Vilaine, op. cit., art. « Cuguen » et « Vignoc », p. 445 et 741. Jerôme Cucarull a décrit les ruines du château du bas Moyen Âge, « Un château et son environnement du Moyen Âge à l’époque moderne, La Roche-Montbourcher à Cuguen », MSHAB, 2000, p. 205-245.
102Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. V, p. 52-53.
103Par exemple Touffou et La Villeneuve ; Carnoët et Saint-Maurice ; Suscinio et Rhuys ; Ploërmel et les Carmes de Ploërmel ; Morlaix et les Dominicains ; Quimper et les Franciscains.
1041213-1221 : Pierre Mauclerc et Alix sa femme font construire à Saint-Sulpice de Rennes sur une pièce de terre nommée Verger-le-Compte, près du monastère, un manoir. Au début du xive siècle, on ne sait plus si les religieuses ont reçu une compensation pour la perte du terrain, Anger Pierre, op. cit., acte XXIII.
1051213-1237 : lettres du duc Jean Ier (1246) ratifiant les concessions du lieu du Châtelier, à Nantes, près la nouvelle église Saint-Cyr et du cellier des moines de Redon, consenti par le duc Pierre Mauclerc aux religieuses du Ronceray pour les indemniser de la perte des édifices qu’il détruisit hors des murs de Nantes, ADLA, H 351. ADLA, inventaire Léon Maître, p. 11.
1061217 : Pierre de Dreux et Alix confirment aux Templiers les donations faites par Conan, Hoël, Conan, Geoffroy et Constance, en y ajoutant Messac ainsi que les hospites réclamé par eux à Castrolini (Châteaulin), Castronovo (Châteauneuf), Lemnon (Lannion), Montreleis (Morlaix), Jugonem (Jugon) et Montem Contoris (Moncontour), Arch. dép. Vienne ; Geslin de Bourgogne Jules et Barthélemy Anatole de, op. cit., t. VI, p. 158 ; Levron Jacques, op. cit., no 43 ; BnF, nouv. acq. fr. 5908 f ; Halgouët Hervé du, op. cit. ; DM I 836, cité par Guillotin de Corson Amédée, Les Templiers et les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem dits Chevaliers de Malte en Bretagne, op. cit., p. xix.
1071214 (mars NS, Rennes, par la main du chancelier Renaud) : Pierre Mauclerc donne à l’abbaye de Saint-Melaine la dîme du poisson préparé pour ses repas et un four à Guingamp. Original scellé d’un grand sceau équestre sur double queue et d’un contresceau aux armes de Dreux-Bretagne. La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1885, p. 412-413 ; Geslin de Bourgogne Jules et Barthélemy Anatole de, op. cit., t. VI, p. 154 ; Levron Jacques, op. cit., no 9 ; ADLA, inventaire Léon Maître, p. 95 (daté mars 1213).
1081214 (Carhaix) : Pierre, duc de Bretagne, et Alix sa femme concèdent à l’abbé et au couvent de Sainte-Croix de Quimperlé le lieu-dit le Vieux-Château. Témoins : A., archidiacre de Quimper ; E., prieur de Carhaix ; Simon de Presse ; Guillaume de Derval ; K., fils de Bernard, notre sénéchal de Cornouaille, Levron Jacques, op. cit., no 22 ; texte en français dans Le Duc dom Placide, op. cit., p. 247-248.
1091217 (mars ns, Ploërmel) : Pierre de Dreux, duc de Bretagne, comte de Richemont, et Alix sa femme, donnent, pour le salut de leur âme et de celle de la duchesse Constance, le domaine de Ranlastre à l’abbaye Sainte-Marie de Bocquen avec tous les droits qui y sont attachés, Geslin de Bourgogne Jules et Barthélemy Anatole de, op. cit., t. III, p. 232 ; Levron Jacques, op. cit., no 36.
110Le couvent franciscain de Quimper est fondé par l’évêque de Quimper Renaud, chancelier de Pierre de Dreux. Le couvent des Dominicains de Morlaix est fondé sur des terres données par Pierre de Dreux. Le Grand Albert, op. cit., p. 136* et 263*.
111En 1250, la duchesse Blanche de Navarre fonde l’abbaye de la Joie près d’Hennebont. La première abbesse est sa nièce Sybille de Boisgency qui arrive du monastère de saint Antoine de Paris. Le Grand Albert, op. cit., p. 110* ; sur La Joie, Le Mené Joseph-Marie, « Abbaye de La Joie », art. cité, p. 129.
112Albert Le Grand rappelle p. 109* que Prières est une fondation de Jean Ier le Roux, en 1248, pour les cisterciens, à l’embouchure de la Vilaine, « pour prier Dieu pour les âmes de ceux qui feraient naufrage en cette côte ». Nota : compte tenu de la date, on ne peut s’empêcher de mettre cette vocation en lien avec la croisade et les voyages ultramarins. Sur Prières, Piéderrière abbé, « Étude sur l’ancienne abbaye de Prières, au diocèse de Vannes », BSPM, 1861, p. 3-15.
113Le Grand Albert, op. cit., p. 112* et 137*.
114DM I 980.
115Jean II est enterré dans le chœur du couvent des Carmes qu’il avait fondé, Le Grand Albert, op. cit., p. 25*.
1161317 (7 juillet, Avignon) : Jean XXII autorise Jean III à fonder un couvent d’Augustins à Lamballe et le relève au passage de son excommunication car il avait donné aux Augustins les biens des frères sachets, Mollat Guillaume, « Études et documents sur l’histoire de Bretagne (xiiie-xvie siècle) », AB, 1909, p. 672-721, p. 676-678 (texte latin in extenso).
117Arthur II fonde l’hôpital du Roset ou de la Chaussée-du-Roset, paroisse de Plessé. Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, « Note sur le pèlerinage à N.-D. de Cran », BSPM, 1925, p. 24-27 ; 1312-1341 : le duc Jean III fonde en l’église de Cornouaille un anniversaire pour le salut de l’âme de son père le lendemain de la Saint-Denis, à célébrer par les chanoines et prêtres de l’église ; dotation de 40 s de rente à prélever sur les rentes et fermes du port de Quimper, Blanchard René, op. cit., acte 1683 ; 1334 (17 janvier) : mort de Jean, comte de Richemont. Il demande à être inhumé en Bretagne au couvent des frères mineurs de Nantes auquel il laisse une croix d’or enfermant « une bonne part » de la Vraie Croix, Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 172.
118Nombreux exemples dans Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., nos 65 (Saint-Sulpice de Rennes, 1260), 69 (Saint-Martin de Lamballe, 1260), 77 (Saint-Sauveur de Guingamp, 1262), etc.
119Héliot Pierre, « Le chevet de Saint-Sauveur à Redon », art. cité, p. 34 : un document de 1633 mentionne pour Redon les marques de plusieurs bienfaiteurs de l’abbaye dont les ducs Jean Ier et Jean II « peints en priants en une haute vitre du chœur ». Pierre Héliot signale en note qu’il n’a trouvé nulle mention de dons faits par ces princes dans les documents ducaux publiés (nota : qui sont bien maigres…), p. 50-51 : l’abbaye de Redon est en partie ravagée par un incendie en 1230 puis ruinée au milieu du siècle. C’est certainement après 1256 que le chevet de l’abbaye est renouvelé, travaux qui se poursuivent sans doute jusqu’au début du xive siècle puisqu’on trouve dans une des chapelles rayonnantes le tombeau et les armes de l’abbé Jean de Guipry mort en 1307. Pour l’auteur, les verrières de Jean Ier et de Jean II ont été posées à la fin du xiiie siècle ou au début du xive siècle. Voir aussi Bonnet Philippe et Rioult Jean-Jacques, op. cit.
120Pour les généralités, voir Guyard de La Fosse Jean-Baptiste, Histoire des seigneurs de Mayenne et de ce qui s’est passé de considérable dans cette ville, Le Mans, Monnoyer, 1850, et surtout Renoux Annie, « Le roi Jean, “s’il avait capturé le comte Robert d’Alençon et le sire Juhel de Mayenne, il l’aurait gagnée sa guerre” (1203) », dans Aurell Martin et Tonnerre Noël-Yves (dir.), Plantagenêts et Capétiens : confrontations et héritages, Turnhout, Brepols, 2006, p. 227-265, généalogie et cartes.
1211199 (mai) : concession par Philippe Auguste et Arthur de Bretagne, duc de Bretagne, comte d’Anjou et de Richemont, des châtellenies de Gorron, Ambrières, Châteauneuf-sur-Colmont, La Chartre et la forêt de Fosselouvain à Juhel de Mayenne, Guyard de La Fosse Jean-Baptiste, op. cit., p. 40 ; Everard Judith et Jones Michael, op. cit., p. 119, acte A 5.
1221210 : suivant d’Argentré, il est sénéchal de Bretagne sous le comte Henri d’Avaugour, « futur duc de Bretagne » par suite de son mariage avec Alix, héritière du duché. Couffon de Kerdellec’h Alexandre de, op. cit., t. I, p. 393 ; 1212 : dans un acte en faveur de l’abbaye de Beaulieu (et contre les habitants de Plumaudan), Juhel de Mayenne s’intitule : « Juhellus de Meduana, dominus Dinani, senescallus Britanniae », Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. VI, p. 151.
123Geslin de Bourgogne Jules et Barthélemy Anatole de, op. cit., t. IV, p. 364.
124Sans date, Geslin de Bourgogne Jules et Barthélemy Anatole de, op. cit., t. III, p. 228-229 et Paz Augustin du, op. cit., les vicomtes de Dinan, p. 126.
125Everard Judith et Jones Michael, op. cit., p. 155, acte Gu 17.
126DM I 817-818, 820-821 ; Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. VI, p. 151 et 153.
127DM I 821.
128Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. VI, p. 152.
129Ibid., t. III, p. 51. Cette donation est confirmée par Gervaise de Dinan en 1235. Ibid., t. III, p. 81-82.
130DM I 839.
1311223 (Léhon) : Gervaise de Dinan fait une donation au prieuré de Léhon pour la paix des âmes de Jeanne, Isabelle et Marguerite ses filles, et de Juhel, Geoffroy et Richard ses maris, DM I 851.
132DM I 851-852.
133Geslin de Bourgogne Jules et Barthélemy Anatole de, op. cit., t. IV, p. 124-125, 369.
134Rosenzweig Louis, op. cit., acte 271.
135Rochefort : 50 s de rente sur la coutume de la cohue de Rochefort. L’acte est scellé à sa demande par son demi-frère Guillaume de Derval, ADLA, H 75, p. 38. Rougé : les témoins sont ses fils Geoffroy de Teil et Olivier de Rougé ; Yves de Tallia ; Guillaume Mabon ; Renaud de La Chapelle ; Guillaume de Saint-Aubin ; Geoffroy Bâtard ; Geoffroy de Fercé ; Geoffroy Roussel ; Guillaume de Derval, ADIV, 1 F 473.
136Geslin de Bourgogne Jules et Barthélemy Anatole de, op. cit., t. VI, p. 189 ; Mousset Albert, op. cit., p. xv ; Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., acte 77. Un des moulins ducaux de Pontézer avait anciennement appartenu à Pierre de Kergorlay.
137Amiot Christophe, « Le château de La Roche-Montbourcher », MSHAB, 1994, p. 381-409, p. 383.
138Elle scelle avec le sceau de son fils Geoffroy, DM I 990.
139BnF, ms. fr. 22325, fo 88 ; Fichou Marine, Les Blancs-Manteaux et l’histoire de la Bretagne. Documents inédits (1213-1341), op. cit., p. 88 ; Guillotin de Corson Amédée, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, op. cit., t. III, p. 363-364.
140Paz Augustin du, op. cit., p. 632.
141ADIV, 1 F 65 (fonds Hévin, cathédrale de Rennes, famille Raguenel) ; DM I 1183-1185 et Paz Augustin du, op. cit., p. 144.
142Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 153.
143Les témoins sont frère Nicolas Groton, du monastère de Greneteria ; maître Pierre de Séverac ; Philippe de Pontchâteau ; Jean d’Auberey, clerc. Le notaire qui enregistre l’acte est Raoul Barbaton le 12 juillet 1327, DM I 1345-1346. Récit détaillé dans le Registre des Carmes, publié par Dubuisson-Aubenay François-Nicolas, op. cit., p. 599-607. Confronté ensuite aux tracasseries de l’évêque et du chapitre, les Carmes tardent à s’installer et Thibaud de Rochefort, décédé entre-temps, est inhumé à Blanche-Couronne, abbaye bénédictine fondée en 1160 par sa famille.
144La Borderie Arthur de, « Histoire des Carmes en Bretagne », BMSAIV, 1897, p. 193-239, p. 197 ; Rosenzweig Louis, op. cit., acte 344.
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