Chapitre IX. Sénéchaux et châtelains
p. 231-262
Texte intégral
1Si l’on repère très tôt des sénéchaux, à Rennes dès la seconde moitié du xie siècle, il semble que l’institutionnalisation de la fonction soit plus tardive. Dans une charte de 1166, Conan IV s’adresse à « tous ses barons, vicomtes, prévôts, justiciers, ministres, baillis et tous les hommes fidèles1 », mais le terme de baillis (baillivis) est flou car il peut aussi faire référence aux bailliffs, officiers subalternes plus proches de l’alloué que du sénéchal. On trouve une formule plus explicite dans un acte d’Henri II, vers 1181, dans lequel le roi s’adresse à ses « justiciers, vicaires, sénéchaux, prévôts, tous ses baillis et fidèles2 ». La période Plantagenêt joue un rôle important car il semble que c’est alors que se systématisent les postes de sénéchaux de baillies. Assistés par des officiers subalternes hérités des temps féodaux comme les prévôts, ils gèrent le duché au quotidien. Sous le règne de Jean le Roux, sans doute face aux difficultés de gestion liées à l’étendue des circonscriptions, chaque baillie est divisée en châtellenies, ce qui assure un quadrillage très solide du duché. Cette structure administrative à la fois simple et rigoureuse permet au prince de surveiller et de gérer efficacement son domaine, tout en assurant le contrôle de ses vassaux. Les officiers, en plus de la délégation de pouvoir dont ils bénéficient, peuvent compter sur la puissance des murailles du château ou de la ville où ils résident et dans une moindre mesure sur le soutien de leurs adjoints. Si ces derniers sont certainement très actifs au service de leur maître, ils ne sont pas pour autant très nombreux… Au quotidien, tous administrent leur ressort, encaissent et dépensent l’argent public, à l’occasion rendent la justice et défendent le patrimoine ducal.
Les sénéchaux
2Dans le royaume, le bailli est le supérieur des autres officiers, comme le prévôt. Il a des fonctions militaires, comme la garde du château du bailliage et il est responsable de l’ost qu’il contrôle et mène au lieu de rassemblement. Il rend la justice et assure l’ordre dans sa circonscription. Il a également des compétences judiciaires : sa cour se réunit tous les deux mois. Elle se compose du bailli, de son lieutenant, du procureur, de quelques conseillers clercs ou laïques (chevalier, prud’hommes, notaires…). Il assure aussi l’appel des officiers royaux ou seigneuriaux. Il exerce également des fonctions plus politiques car il doit recevoir les hommages et limiter la vendetta. Il prononce encore un grand nombre d’accords, nominations, conventions, amortissements, affranchissements. Dans le domaine financier, il assure la levée des impôts, reçoit des biens confisqués, vend des biens en déshérence et assure le versement des aumônes royales. Les choses changent au début du xive siècle. À partir de 1320, les sénéchaux délèguent une bonne partie de leur pouvoir financier aux receveurs mais ils continuent tout de même à contrôler les prévôts et bayles et vont chaque année à la chandeleur compter leurs recettes extraordinaires à Paris3.
Le métier de sénéchal
3Les choses ne semblent pas vraiment différentes en Bretagne encore qu’il soit difficile de se faire une idée exacte de leur travail au tout début de la période. Ils représentent le duc et sont chargés de faire appliquer les décisions ducales, mais ils sont aussi témoins des actes rédigés dans leur baillie. Sous le règne de Pierre de Dreux, la gestion des sénéchaux semble être empirique. On en trouve des sédentaires dans une circonscription, mais aussi d’autres pour une seule ville qui sont sans doute des officiers délégués momentanément, n’ayant pas de siège fixe, à comparer aux juges itinérants d’Angleterre. Le vocabulaire n’est pas encore vraiment fixé et dans un acte de juillet 1219 et dans un autre d’octobre 1220, les termes « bailli » et « sénéchal » sont employés indifféremment concernant le même personnage, Lambert de Dreux. À deux reprises, Pierre de Dreux évoque dans ses lettres ses « baillis et sénéchaux4 ». Avec le temps, les choses se précisent. Représentants du duc dans leur baillie, les sénéchaux sont des hommes à tout faire. Ils doivent enquêter, juger, assurer la justice de paix et la juridiction gracieuse, gérer le patrimoine de leur maître et justifier de leurs rentrées et sorties d’argent. On remarque cependant que certaines prérogatives leur échappent, comme presque tout ce qui relève de la sphère militaire, et qu’avec le temps, de nouveaux officiers viennent mordre sur leurs prérogatives comme les châtelains, les receveurs et les clercs.
Enquêter
4Un des rôles du sénéchal est de s’informer, pour lui ou pour son maître. En 1226, le sénéchal de Rennes procède à une enquête sur le nombre de chevaliers dus par l’évêque de Dol à l’ost ducal. En novembre 1245, Renier de Seint Liz, sénéchal de Nantes, fait une enquête au sujet des alloués du Pilon qui ont parfois pris ou fait couper du bois de chauffage pour le four ducal dans des landes qui relèvent de Buzay. À la suite de l’enquête, le duc règle le problème5. En 1260, Raoul Harel enregistre un accord entre Conan Le Clerc, chevalier, et le recteur d’Yvias. Il a dû enquêter en écoutant des témoins et en reprenant les archives. Il peut alors rendre son verdict, avec le conseil de prud’hommes et sous l’autorité du « seigneur comte6 ». En 1316, l’affaire est plus compliquée et Jean III ordonne à Alain, évêque de Rennes, et à Rolland de Kerbervé, sénéchal de Rennes, d’enquêter sur les dédommagements que Pierre de Dreux n’aurait pas donnés à l’abbaye Saint-Sulpice de Rennes suite à la construction d’un manoir et de l’annexion d’un verger près de l’abbaye. Finalement, le duc consent à leur rendre sous condition le verger. La décision a été prise « du conseil des dicts enquêteurs et dames prodes homes7 ». Tous les officiers ducaux peuvent être amenés à enquêter mais dans les cas évoqués plus haut, le rang des protagonistes est assez élevé et les affaires « sensibles », engageant à l’occasion la parole du duc. Cependant, selon Levron, la juridiction du sénéchal de Rennes est plus étendue que celle des autres sénéchaux. Il évoque devant sa cour des problèmes concernant des régions autres que la Bretagne, comme la Normandie, et on le charge d’enquêtes importantes. Sa position de sénéchal frontalier y est sans doute pour quelque chose et il n’est pas exclu que son homologue nantais se charge des mêmes travaux quand ils concernent les marges du comté nantais8. Il est probable que tous les documents que génèrent les activités des sénéchaux sont conservés. On a vu Raoul Harel fouiller dans ses archives et en 1297, Hamon de Cucé, sénéchal d’Henri d’Avaugour, dit avoir vu un acte enregistré en 1218 par Geoffroy Prégent, sénéchal ducal à la cour de Dinan9.
Conseiller et arbitrer
5En assurant la juridiction gracieuse, le sénéchal valide les actes que lui soumettent ses administrés10. Le 15 janvier 1235 à Lamballe, Guillaume du Breuil, sénéchal de Penthièvre, souscrit un acte au nom de Pierre, duc de Bretagne qui stipule que R. de Hillion emprunte à l’abbaye de Saint-Aubin-des-Bois 60 £ de monnaie courante pour s’acquitter envers les juifs et engage pour ce prêt à l’abbaye toutes les dîmes de la paroisse de Pludeliau11. De la même façon, c’est devant Pierre Prieur, sénéchal de Broërech et de Ploërmel, que les Rohan concluent, devant la cour du « comte » au château de Josselin, un accord concernant des biens situés dans la paroisse de Noyal12. Ils sont soulagés de ce travail de juridiction gracieuse par les clercs qui s’en chargent dans les années 1260 lorsqu’apparaissent les sceaux des contrats.
6Le sénéchal joue un rôle judiciaire essentiel. Son intervention se situe d’abord à un niveau « infra judiciaire » et vise à régler les différends avant qu’ils ne dégénèrent. Les mentions d’arbitrages et de conseils sont très fréquentes dans les sources. Le cas le plus simple est celui d’un accord enregistré sous l’autorité du sénéchal, pour éviter sans doute toutes contestations futures. C’est le cas en janvier 1276, lorsque Girard Chabot s’engage devant Rialan du Temple, sénéchal de Nantes, au sujet des terres qu’il donne à sa fille lors de son mariage avec Jean de Coché, fils d’Olivier de Machecoul13. La situation peut être plus compliquée quand il s’agit pour le sénéchal d’arbitrer un conflit déjà en cours. C’est semble-t-il le cas le plus fréquent. L’officier ducal joue alors pleinement son rôle de « lieutenant » du duc. On en trouve de multiples exemples comme ce conflit sur la chasse qui oppose Geoffroy d’Ancenis et Geoffroy de Châteaubriand (1284)14 ou la paix conclue en 1272 sous l’égide de Pierre de Mordelles, sénéchal de Penthièvre et de Dinan, entre Pierre et Geoffroy L’Écuyer, et Guillaume Chaton qui ont fait la guerre (guerreaverant) à l’abbaye de Saint-Aubin-des-Bois15. Si le médiateur ne peut pas suivre le dossier jusqu’au bout, celui-ci peut être envoyé à un de ses collègues16.
7Parfois, il fait appel à des prud’hommes. C’est ce que fait Riallen du Temple quand il appelle à son aide en 1274 Payen de Malestroit et Guillaume de Rochefort, vicomte de Donges, pour donner plus de poids à sa décision et couvrir ses arrières dans l’affaire qui oppose Riwallon, abbé de Prières, et Eudes, valet, seigneur de La Roche-Bernard17. Deux ans plus tard, ce sont trois personnages, qui gravitent de près (Riallen du Temple, Bonabes de Derval) ou de loin (Brient Le Bœuf) dans l’entourage ducal, qui sont prévus pour arbitrer des problèmes éventuels concernant le mariage de la fille Girard Chabot avec le fils d’Olivier de Machecoul18.
8Dans ces cas, le sénéchal s’emploie à régler des différends opposant de puissants personnages à d’autres (évêques, abbés, vicomte de Rohan…)19. Les affaires qui engagent des personnes de moindre volée sont traitées quant à elles à un niveau inférieur.
9Quand la situation paraît inextricable ou concerne de près ou de loin le royaume, c’est le duc et son conseil qui prennent l’affaire en main. Plus simplement, les parties ou le sénéchal peuvent demander à ce que le sénéchal de Bretagne, voire le duc, scelle la décision de l’officier pour lui donner plus de poids. C’est ce qui se passe en septembre 1270, quand Olivier de Machecoul s’engage à remettre à Rainier, sénéchal de Nantes, et à Hamon Chenu quinze jours après qu’ils en auront été requis, le traité passé par lui avec Maurice de Belleville et sa défunte femme, afin qu’ils le fassent transcrire au mieux et loyalement. Olivier y apposera son sceau de même que Girard Chabot et sa femme Eustachie, et Jean, duc de Bretagne, sera prié d’y mettre le sien20.
10Le sénéchal peut aussi être amené à régler des conflits opposant le duc à un tiers. En 1259, Renier de Seint-Lys est choisi avec l’archidiacre Eudes, pour régler le différend qui oppose le duc et l’évêque de Nantes. Ils rétablissent la paix au sujet des murs de Nantes et de la seigneurie commune sur la ville21. Dans certains cas, l’affaire traitée par le sénéchal peut même être renvoyée devant le Parlement de Paris. C’est ce qui est prévu dans un accord passé à Paris le 27 août 1262 entre le « comte » de Bretagne et Girard Chabot, seigneur de Rays, en vertu duquel Hélie de Muscelyen, Silvestre de Rezé, Geoffroy de Bintin, Geoffroy Lebarc (Le Bart ?), Raoul de Sen…, chevaliers, et Rainier, sénéchal de Nantes, après avoir prêté serment, examineront et jugeront avant la Toussaint les débats qui existent entre le comte et Girard22. Renier a le droit à une mention spéciale : il doit prêter serment qu’« il tiendra bon droit et loial et sans nul délay23 ».
11Son rôle de conseiller est reconnu par les Bretons. En février 1252, Pierre Prieur, sénéchal de Broërech, fait part qu’il intervient à propos un problème survenu entre les habitants de l’île d’Arz et le prêtre d’Illur, uniquement pour prodiguer un conseil, à la prière de l’abbesse de Saint-Georges de Rennes24, et non pour exercer des fonctions qui sont en dehors de sa juridiction25. Au-delà de l’accord, il peut prendre des gages comme la cohue de Machecoul, mise sous la garde d’Alain de Keranguer, sénéchal de Nantes, le temps que la transaction entre Girard Chabot et l’abbé de Fontenelle à son sujet soit réglée26.
Juger
12Le sénéchal rend la justice au nom du duc en évoquant les procès et en tranchant les différends entre particuliers, mais contrairement à ce qu’affirme Levron au sujet des sénéchaux de Pierre de Dreux, il ne semble pas recevoir les appels des tribunaux inférieurs. En tout cas, la documentation est muette à ce sujet à l’époque des ducs de la maison de Dreux. Leur activité de juge à proprement parler est assez discrète par rapport au reste de leur travail, mais notre vision des choses est peut-être faussée par la disparition (si tant qu’il y en ait eu) des archives judiciaires. On relève toutefois quelques affaires tranchées par un sénéchal. En 1250, Jean de Déliec rend un verdict concernant Guillaume Le Bouteiller, accusé d’agression contre le chapitre de Rennes27 et en février 1268, c’est Geoffroy de Bistin, sénéchal de Ploërmel, qui rend un verdict concernant le vicomte de Rohan28. Les sénéchaux doivent rendre la justice honnêtement. C’est l’engagement que prend Arnaud de Lerac le 23 avril 1269 quand il reçoit de Girard Chabot, sire de La Mothe-Achard et de La Maurière, les sénéchaussées de ces deux seigneuries, offices qu’il promet d’exercer sans violence, en rendant devant Girard bonne justice à tous, sous peine de perte desdites sénéchaussées et même de ses biens meubles et immeubles29. En 1289, quand le duc accorde des privilèges de justice au monastère de Redon, il spécifie que désormais, l’abbaye, ses biens et ses hommes relèveront du duc ou de son sénéchal de Rennes, et uniquement à Rennes. L’ajournement devant le tribunal se fera par lettres closes scellées du sceau du duc ou du sénéchal30.
13Les cinq lettres du Formulaire de Tréguier, compilé au début du xive siècle, qui mentionnent le travail du sénéchal le font apparaître à la fois comme un enquêteur et un juge. La première est écrite par un homme qui demande la saisie des biens de Guillaume Cisidic qui lui doit de l’argent et ne le rembourse pas. L’emprunt a été scellé du sceau ducal des contrats. C’est d’ailleurs peut-être la raison pour laquelle le plaignant s’adresse au sénéchal. Le deuxième document est à nouveau une plainte, cette fois-ci d’un marchand dont les biens ont été volés lors de la foire de La Roche-Derrien. C’est au représentant du seigneur, en l’occurrence le duc, que s’adresse le marchand, plus qu’à l’officier ducal. L’acte 38 est la réponse du sénéchal qui explique qu’il va sévir. Le document suivant est une lettre écrite à un seigneur accusé d’accorder sa protection à des bandits qui se livrent à toutes sortes de crimes : vols, rapts, viols, meurtres, etc. Il demande au seigneur de sévir. Le dernier document est la réponse du noble qui se disculpe et souhaite l’arrestation des criminels. Il semble que les textes soient plus littéraires qu’administratifs. Ce sont des modèles mais qui semblent d’une seule et même main. Cependant, ils éclairent l’historien sur le travail quotidien du sénéchal, en particulier sur ses rapports avec les sujets du duc, aspect qui nous échappe dans le reste de la documentation31.
Au conseil ducal
14Même s’ils ne semblent pas y jouer un rôle important, arrivant en bonne fin des listes des témoins dans les actes, les sénéchaux s’effacent assez vite dans l’entourage ducal. S’ils semblent jouer un rôle important au temps de Pierre de Dreux, ce n’est plus le cas sous Jean le Roux, ne jouant plus alors qu’un rôle plutôt subalterne, supplantés semble-t-il qu’ils sont par les gens de l’Hôtel.
15Si l’on remonte à la fin du xiie siècle, on trouve deux sénéchaux parmi les dix-huit témoins des « États de Saint-Malo-de-Beignon », qui se tiennent vers 1194-1196. Sont présents Juhel de Mayenne, sénéchal de Bretagne, et Geoffroy de Châteaubriant, sénéchal de La Mée, mais sans doute plus en leur qualité d’aristocrates que pour les fonctions qu’ils occupent32. En 1202, dans des conditions assez similaires, ne sont présents que les sénéchaux de Rennes et Cornouaille, cités bons derniers des quarante-six signataires de l’acte33. C’est sous le règne de Pierre de Dreux que les sénéchaux semblent occuper la meilleure place dans l’entourage ducal. Il faut dire que comme le duc s’est fâché avec la noblesse et les évêques, il peut assez facilement dénombrer ses partisans dans les élites bretonnes… En avril 1214, un accord conclu à Carhaix entre le duc et l’abbé de Sainte-Croix de Quimperlé donne une liste de témoins : Ollivier de Guttignac ; Guillaume, sénéchal de Rennes ; Eudon de Beaumont, chambellan de Bretagne ; Henri, fils de Bernard, sénéchal de Cornouaille et de Poher34. À l’occasion de l’enquête réalisée le 24 mai 1220, par Thierry de Galard, sénéchal du Poitou, agissant au nom du roi de France pour connaître les droits des ducs de Bretagne sur la vente du sel à Nantes, on trouve une longue liste de témoins dont la plupart sans doute serviteurs du duc. On trouve dans l’ordre du texte, les chevaliers Geoffroy de Châteaubriant [sénéchal de La Mée35] ; Guillaume de Montfort ; Hervé de Beaumortier ; Geoffroy de Turre ; Pierre Judicaël, sénéchal de Bretagne ; Guillaume, sénéchal de Rennes ; Olivier de Cacou [sénéchal de Nantes, 1219] ; Garon de Casson. Viennent ensuite les non-chevaliers : Lambert de Dreux [sénéchal de Nantes, 1220] ; Guillaume Giraud ; Brient Maillart [futur sénéchal de Nantes, 1226] ; Martin Arabs ; Renaud vetus ; Geoffroy Auvre ; Bertrand Houssin. S’ajoutent à la liste : le prieur de Pirmil ; Judicaël, moine cistercien ; le maître du Temple à Nantes36. En revanche, ils ne sont que deux, les sénéchaux de Cornouaille et de Rennes, dans le long inventaire des soixante et un témoins de la fondation de Saint-Aubin-du-Cormier en 122537. En 1231, c’est Foucaud, sénéchal de Cornouaille, qui figure dans la liste des garants quand le duc dédommage le chapitre de Rennes suite à des destructions, par la main de Gérard, « notre clerc38 ».
16Par la suite, les sénéchaux se font très discrets dans l’entourage proche des ducs et le testament très détaillé de Jean II rédigé au tout début du xive siècle fait la part belle aux gens de l’Hôtel. Les sénéchaux en sont absents alors que les châtelains y figurent en bonne place. Les temps ont changé et les hommes avec qui vit le duc ne sont plus ni les grands aristocrates, ni les officiers d’importance mais bien les serviteurs du quotidien. Cet état des lieux assez tardif est l’aboutissement d’un processus d’effacement des sénéchaux dans l’entourage ducal, sensible dès le règne de Jean le Roux.
Gérer, administrer et défendre le Domaine
17Dans les comptes des années 1262-1267, le rôle financier du sénéchal apparaît clairement. Les sénéchaux défilent tous devant le duc pour présenter encaisses et dépenses, tout comme les châtelains, fermiers, forestiers et autres serviteurs du duc. Geoffroy de Bistin, sénéchal de Rennes, brasse par exemple plus de 426 £. Il concentre en ses mains les revenus de plusieurs recettes, tout comme Jean de Monteville, sénéchal de Tréguier en 1262-1267 dont les recettes proviennent des circonscriptions de Guingamp, Lannion, Lanmeur et Morlaix39. De la même façon, Olivier de Plumaugat à la même époque gère les revenus de Châteaulin, Quimper, Fouesnant, Concarneau et Rosporden40 et Luc de La Roncière, sénéchal de Rennes, reçoit entre autres de l’argent des Cahorsins et des fermiers de Rennes.
18Il doit aussi convertir en argent sonnant et trébuchant des rentes en nature. C’est au sénéchal de Guérande qu’il revient de vendre les bois de Montfaucon41. C’est aussi le sénéchal qui assure la saisie des biens en cas de rentes impayées. En tant que représentant de l’autorité ducale, il procède aux « appropriances de bannies ». Ce mode d’aliénation des biens est spécifique à la Bretagne. Quand un contrat est conclu entre particuliers, il doit, pour être valable, être banni trois fois en public, en général le dimanche sur la place du bourg où habitent les gens concernés. Cette pratique permet au retrait lignager de s’exercer, le cas échéant, à condition d’être exprimé dans ce délai imparti. Une telle opération a lieu à Combourg en 1220.
19Il doit faire appliquer les décisions ducales qui ont des conséquences financières. Le 23 avril 1242, Jean le Roux échange les droits que les moniales de Saint-Sulpice possèdent sur la cohue et les moulins d’Auray contre 42 £ et 10 s de revenus annuels, à percevoir chaque année sur le minage ducal et sur la coutume ducale sur le pain perçus à Rennes. Le minage est affermé mais l’argent est collecté par « notre bailli ». Il arrive que les droits ne soient pas affermés ; dans ce cas le texte sous-entend que c’est alors le « bailli » (en fait le sénéchal) qui se charge de verser l’argent (et sans doute de le prélever). Onze ans plus tard, Jean le Roux échange avec l’abbaye de Fontevraud un droit de bouteillage et les autres revenus qu’il perçoit à Guingamp contre 20 £ annuelles, assignées sur la prévôté de Nantes. C’est le prévôt qui doit se charger de verser l’argent, à peine de 5 s d’amende. Si la prévôté était démembrée ou aliénée ou dans l’incapacité de verser l’argent, c’est le sénéchal de Nantes qui s’en chargerait42. Il doit enfin assurer la mise en vente des biens saisis. En 1267, le sénéchal de Ploërmel est chargé de vendre les biens de Geoffroy d’Hennebont qui doit 300 £ au vicomte de Rohan, somme assise sur des terres en Noyal. Personne n’étant venu à la bannie devant la cour ducale de Ploërmel, ils sont adjugés au vicomte de Rohan par sentence de la sénéchaussée ducale de Ploërmel43. Le rôle financier du sénéchal qui semble essentiel dans les années 1260 paraît ensuite s’atténuer car dans les comptes plus tardifs, les châtelains et fermiers rendent directement leurs comptes au duc, ce qui laisse penser que les sénéchaux ont perdu une partie de leurs prérogatives financières.
20Au-delà de la simple gestion du Domaine, c’est au sénéchal qu’il revient de représenter le duc, d’administrer et de défendre ses biens. C’est d’autant plus évident que c’est celui qui connaît le mieux les subtilités des situations locales. Les droits des abbayes semblent être au cœur des préoccupations et des problèmes. Les ducs donnent beaucoup aux établissements religieux, souvent sous forme de revenus à percevoir dans leur domaine. Pour peu que l’acte de donation ne soit pas clair ou contesté par le successeur du duc ou de l’abbé, c’est au sénéchal de régler le problème tout en respectant les droits des uns et des autres. La procédure commence par une enquête comme en juin 1238 quand un problème de partage des revenus de la cohue de Quimperlé apparaît entre le couvent de Sainte-Croix et l’administration ducale. Elle permet de préciser les droits judiciaires des deux parties et de régler le différend entre l’abbé et le duc. Le problème est pendant depuis un moment car le sénéchal a laissé la moitié de la cohue découverte sous prétexte que les droits du duc n’étaient pas respectés44. Quelquefois, ça ne réussit pas. C’est ainsi que Guillaume, sénéchal de Rennes, réclame un droit de procuration aux moines de Saint-Exupère de Gahard (dépendant de Marmoutier) mais il est éconduit et doit y renoncer. Toutefois, par esprit de paix et de charité, et pour jouir au besoin du conseil et du pouvoir du sénéchal, l’abbé lui donne 40 £t, ce qu’approuve et confirme Pierre de Fougères, évêque de Rennes45. Il n’est pas sûr qu’un tel accord ne cache pas quelques malversations…
21À l’inverse, il est parfois nécessaire au sénéchal de réparer ses errements ou ceux des officiers ducaux. En 1233, le sénéchal de Cornouaille Bernard Kerdenier doit réparer les dommages qu’il a causés à la communauté de Locmaria46. En 1245, c’est à Renier de Seint-Liz qu’il appartient de faire une enquête car les alloués du Pilon ont pris ou fait couper du bois de chauffage pour le four ducal dans des landes qui relèvent de Buzay. Le duc règle ensuite le problème47.
22En revanche, on a l’impression que la fonction militaire lui échappe totalement. Il est fort probable que ce sont les sénéchaux qui ont dressé la liste des nobles appelée Livre des ostz (août 1294), responsable chacun de sa baillie et de ses hommes mais si c’est bien le cas, le duc a fait appel à leur qualité d’administrateur, pas de chef de guerre. En dehors d’une mention où il est question de Jehan de Beaumont qui reconnaît devant le sénéchal de Rennes devoir deux chevaliers au duc, les aspects militaires de la fonction sont inexistants dans la documentation48. Dans le royaume sous le règne de Philippe V, les fonctions militaires du sénéchal consistent à maintenir l’ordre public, réunir des troupes si nécessaire et réprimer les révoltes, assurer les convocations à l’ost, entretenir les châteaux forts49. Leurs homologues bretons ont peut-être des responsabilités similaires mais elles ne semblent pas les occuper beaucoup, au contraire de leurs tâches judiciaires et financières.
23Il lui arrive de voir passer le duc et sa suite quand celui-ci quitte ses résidences favorites comme en août 1294 lorsque Jean II est à Ploërmel pour la rédaction du Livre des ostz, contrainte que subissent aussi les châtelains comme celui de Châteauneuf-du-Faou en 1306 ou celui du Gâvre en 1322. Le sénéchal doit aussi à l’occasion héberger sa hiérarchie. C’est ainsi que celui de La Mée voit les contrôleurs de ses comptes s’installer chez lui dans les années 1260, le temps de vérifier sa comptabilité50.
Le recrutement et les carrières
Recrutement
24L’origine géographique de 31 sur 73 sénéchaux a pu être déterminée51. Quinze d’entre eux ne sont pas originaires de la baillie dans laquelle ils exercent. Cependant, si l’on s’en tient à la cohérence linguistique, les baillies bas-bretonnes ont habituellement des Bas-Bretons comme sénéchaux. Le Cornouaillais Rieux de Penros est nommé en Léon et on peut légitimement penser qu’il comprend la langue de ses administrés. En revanche, on relève deux exceptions notables : Olivier de Plumaugat, originaire du diocèse de Saint-Malo, est affecté en Cornouaille dans les années 1260 et le Vannetais Jean de Monteville est nommé à Tréguier à la même époque. Ce dernier doit sans doute entendre le breton car la paroisse de Guégon, dont il est originaire, est située à cette époque dans la zone limite de l’emploi des deux langues.
25Sur ces 73 hommes, 18 sont chevaliers52 soit un quart de l’effectif, presque tous au xiiie siècle. Les autres sont écuyers et certains sans doute bourgeois, mais la documentation nous trahit. Brient Maillard, sénéchal de Nantes, en 1226 est certainement un bourgeois de cette ville. Il est probable que ceux qui ne sont connus que sous leur prénom sont de petite extraction, mais rien ne vient le confirmer53. Il semble que Guale ou Gualon, sénéchal de La Mée vers 1230, est un armateur originaire de Nantes. Il s’entremet à plusieurs reprises auprès d’Henri III lors de son passage à Nantes pour obtenir des sauf-conduits assurant le libre commerce entre la Bretagne et l’Angleterre. Cette demande originale pourrait être s’expliquer par l’origine même de Gualon54. Quant à Renier de Seint-Lys, il est qualifié dans un acte de 1251 de citoyen de Nantes55.
26On peut légitimement penser qu’ils savent tous lire et écrire. Ils ont sans doute fait des études, au moins pour certains. Si l’on en croit Marcel Planiol, ce sont au moins deux sénéchaux qui sont à l’origine de la mise par écrit de la Très ancienne coutume de Bretagne, Pierre Coupu, chevalier, sénéchal de Rennes en 1340 et Éon de Tréal, sénéchal de Rennes en 1337-133856. Dans ces deux cas, il est clair qu’ils sont passés par l’université où ils ont fait leur droit, avant de faire carrière au service du duc.
27On repère certains sénéchaux dans l’administration ducale avant qu’ils ne prennent leurs fonctions. En 1257, Rieux de Penros signe un acte comme alloué « du seigneur comte » en Cornouaille au sujet de Sainte-Croix de Quimperlé, dix ans avant de devenir sénéchal, tout comme en 1321, Éon de Tréal, alloué de Nantes, sénéchal quinze ans plus tard57. Même si les actes ne sont pas clairs et qu’il faille plutôt y voir un nom de famille qu’une fonction, on notera que Geoffroy, sénéchal de Guingamp, est appelé viguier de Minibriac, « domini Gaufridi vigerii de Minihy Briach, tunc temporis senescalli de Guingampo et de Trecoria et de Godelin58 ». S’il n’est pas viguier, tout laisse penser qu’il appartient à une famille qui sert déjà le duc.
28L’hérédité est relativement discrète. On trouve bien deux Coëtivy59 en Léon et deux Monteville60 en Trégor et en Broérech, mais le phénomène semble très limité61. Le duc n’a aucun intérêt à voir une famille monopoliser une fonction aussi importante et la rotation assez rapide des officiers, sauf quelques exceptions, va tout à fait dans ce sens, de même d’ailleurs que le caractère de Pierre de Dreux et de Jean le Roux, très attentifs à renforcer leur domaine tout en bridant évêques et aristocrates. On les imagine assez mal laissant une famille prendre le contrôle d’une baillie.
Carrières
29Les carrières que l’on voit se dessiner dans les comptes des années 1260 laissent penser que les sénéchaux sont relativement stables dans leur poste. Rieux de Penros fait ses classes comme alloué du duc en Cornouaille avant de devenir sénéchal de Léon. Il apparaît à de nombreuses reprises, signe de sa stabilité dans l’office, et reste sans doute en fonction une dizaine d’années (1263-1273). On connaît quelques rares cas de changement de postes comme le passage d’Olivier de Cacou de Machecoul (1214) à Nantes (1220) ou celui de Geoffroy de Bistin de Ploërmel (1260-1268) vers Rennes (1268-1270). Dans le même ordre d’idée, Le Bart fait ses armes comme sénéchal seigneurial de Dinan avant d’être récupéré par le duc (1258) et de devenir sénéchal de Broërech et Ploërmel (1260-1262). Guillaume Freslon est sénéchal de Penthièvre et Dinan (1262-1267) puis de Hédé (1272). Rivallon du Temple est sénéchal de Guérande puis de Nantes62, quant à Pierre Coupu, il est sénéchal de Rennes en 1340 avant de devenir sénéchal de Cornouaille en 1347. On connaît aussi un cas possible de « régression » dans l’ordre hiérarchique, avec Jean de Talensac, sénéchal de Broërec dans les années 1260 que l’on retrouve en septembre 1270 comme châtelain de Saint-Aubin-du-Cormier. Plusieurs explications sont plausibles. Une homonymie père/fils est possible mais on perd ensuite sa trace, ce qui ne va guère dans ce sens. Il a peut-être fait une erreur et sa hiérarchie l’a rétrogradé à moins que l’âge venant, il ait demandé ou on lui ait affecté un poste moins contraignant.
30Globalement, les carrières semblent courtes, au moins vues à la lueur des sources qui nous sont parvenues. Sur les 79 sénéchaux ou personnages ayant droit à ce titre et dont la carrière est renseignée un minimum, plus de la moitié n’est connue que pour un an (40). Suivent 11 autres personnages qui ne sont attestés que pour 2 ou 3 ans de fonction ; 8 entre 4 et 5 ans ; 8 entre 6 et 7 ans ; 2 ont des carrières de 8 ans. S’ajoutent à ce panel six personnages dont la carrière est longue voire très longue : Guillaume du Breil, sénéchal de Penthièvre : 1227-1238 : 12 ans ; Riallen du Temple, sénéchal Nantes, Guérande et La Mée pendant 13 ans ; Geoffroy de Bistin, sénéchal de Ploërmel puis de Rennes pendant 16 ans ; Henri fils de Bernard, sénéchal de Cornouaille et du Poher durant 23 ans ; Jean Foucaud, sénéchal de Cornouaille pendant 32 ans. Le recordman toutes catégories est Renier de Seint-Liz, sénéchal de Nantes qui commence sa carrière en 1240 pour la terminer en 1295, soit 56 ans de bons et loyaux services mais interrompus par moments63. Le fait que plus de la moitié des sénéchaux ne soient connus que pour une année d’exercice pose problème. On ne peut que regretter les lacunes de la documentation et attribuer à cette faiblesse l’insuffisance des renseignements.
31Cependant, certaines baillies dont mieux renseignées que d’autres (Nantes, Penthièvre, Ploërmel et Rennes) et l’impression est la même : on trouve trois noms à Nantes en 1216 et 122064 ; quatre en Penthièvre entre 1246 et 125565 ; six à Ploërmel entre 1251 et 127566 ; quatre à Rennes entre 1237 et 125367. Cela confirme la rotation assez rapide des sénéchaux, au moins dans les années 1230-1270. Cette impression est renforcée par les cumuls temporaires constatés sous le règne de Jean le Roux pour certains postes qui pourraient s’expliquer par l’affermage de la fonction ou par des changements annuels comme à Ploërmel où Geoffroy La Vache est sénéchal en 1273 alors que Bouteville l’ait avant et après. On trouve la même chose à Rennes avec Guillaume, sénéchal de Rennes de 1189 à 1226, attesté en 1220, mais avec insertion de Ruellan de Daier en 1219-1221, attesté lui aussi en 1220. Rien n’empêche enfin de penser que certains postes particulièrement rentables ont pu être affermés alors que dans le même temps, des baillies pour lesquelles il n’y avait pas de volontaires étaient confiées à des officiers.
32L’imbrication des postes de Renier de Seint-Liz, Maurice Guignet et Rivallon du Temple comme sénéchaux de Nantes montre que la fonction de sénéchal n’est pas toujours linéaire dans le temps. Rien n’indique les raisons pour lesquelles Saint-Liz, dont la carrière est d’une exceptionnelle longévité, est amené à se faire remplacer temporairement par le premier puis le second. Dans le même ordre d’idée, plusieurs sénéchaux vivent et produisent des actes après avoir été sénéchaux et sans en porter le titre. Le sénéchal peut être un officier révocable ou un fermier. Pour d’autres, l’accession à la fonction arrive après (ou pendant) une carrière déjà bien entamée au profit du duc comme pour Robin Raguenel, sénéchal de Rennes (1297-1298) et qui se poursuit ensuite. Enfin, on notera qu’au milieu du règne de Jean le Roux, il semble y avoir un flottement dans l’usage du titre : des hommes qui semblent plutôt être des châtelains portent le titre de sénéchaux : Jugon (1220 ; 1249, 1257-1259), La Roche-Derrien (1262-1267), Rhuys (1265), Hédé (1268). On a peut-être affaire à des baillies éphémères, à un poste de châtelain au pouvoir temporairement renforcé à moins qu’il ne s’agisse plus simplement d’une confusion de scribe.
Entourage et adjoints
33On peut imaginer que le sénéchal est le supérieur hiérarchique des hommes du duc dans sa baillie. Certes, au moins dans la première moitié du xive siècle, le sénéchal et le receveur de Nantes reçoivent le serment des prévôts, clercs et sergents, gardes et receveurs de la prévôté de Nantes de ne pas frauder68. Mais les actes de la pratique nous donnent une vision moins tranchée car nombreux sont les fermiers qui rendent directement leurs comptes au duc, sans passer par le sénéchal et rien ne dit qu’avant 1331 et hors de la prévôté de Nantes, il en va de même. On note tout de même un certain nombre de coopérations.
34Ils doivent avoir l’occasion et même l’habitude de travailler entre eux. C’est sans doute ainsi que s’assurent les passations de pouvoir, élément nécessaire pour être au fait des particularités de la sénéchaussée et pour l’apprentissage du métier, « sur le tas ». On a un bon exemple de travail collectif si l’on en croit Marcel Planiol qui attribue (avec pertinence) la mise par écrit de la Très ancienne coutume de Bretagne à deux sénéchaux, Pierre Copu, Éon de Tréal assisté d’un troisième, Mahé le Léal, sans doute proche du pouvoir ducal69. En mai 1257, les sénéchaux de Ploërmel et de Jugon coscellent un acte70. Issus du même monde et faisant le même travail, ils se rencontrent lors des « accompz » et lors de leurs déplacements. On connaît aussi un vice-sénéchal à l’époque de Guy de Thouars, Robert de Bazille, mais cela semble être conjoncturel car ce titre semble bien être un hapax71.
35Le sénéchal peut travailler avec un prévôt. En 1208, le sénéchal Rivallon cosigne avec le prévôt Geoffroy Derrien un acte concernant une terre à Quiberon. On trouve son frère Pierre parmi les témoins de l’acte. Les autres ne sont pas connus comme étant des serviteurs du duc mais on note la présence d’un Mathieu, clerc72. En juillet 1265, Maurice Guignet, sénéchal de Nantes, cosigne un acte avec Jean Mirothe, prévôt de la ville73. Quand la baillie est très étendue, il peut s’appuyer sur des alloués comme Guyon de La Courbe, qui a pour alloués Olivier Le Veir (Le Voyer ?) en Trégor et Tugdual (Tutguall) en Goëlo74. Quand Renier, sénéchal de Nantes dans les années 1260, vient présenter ses comptes, dans lesquels sont inclus ceux de maître Pierre de Cahors, sans doute représentant des Cahorsins de Nantes75, il est accompagné de Jean Le Clerc, sénéchal de Guérande ; de Guillaume Rimou, sans doute sergent ; d’Olivier de Sure ; de Jean le Clerc « de Gâvre ». À la même époque, Henri Robert, sénéchal de Poher, peut compter sur le travail de ses receveurs76. Comme le duc et les autres serviteurs ducaux, il peut aussi faire appel à des prud’hommes pour débloquer une situation comme Hervé de Bouteville confronté à l’acquisition par le vicomte de Rohan de terres appartenant à Geoffroy de Lanvaux77. Enfin, on sait que messagers et valets vont de la cour vers les sénéchaux et les châtelains et font circuler les nouvelles78.
36En revanche, on ne trouve nulle part la belle structure qui aide le sénéchal de l’évêque de Rennes, avec mention de son chambellan, son meunier, son fourrier et son prieur79, pas plus que celle qui accompagne pour Hervé de Léon « son sénéchal ou son alloué ou son lieutenant80 ». Le duc doit être plus regardant sur la dépense, à moins que ce ne soient les sénéchaux eux-mêmes. En revanche, il peut à l’occasion requérir la coopération d’un sénéchal privé. C’est ce que fait Pierre de Kergorlay, sénéchal de Cornouaille et Poher, en juillet 1258 quand il demande à Olivier, sénéchal de la vicomté de Rohan, d’apposer son sceau au bas d’une transaction passée par Alain du Bois et consorts avec Bon-Repos81.
Gages et fortune
37On ne trouve presque rien sur les gages des sénéchaux, ce qui va dans le sens de l’affermage de la fonction. On relève parfois quelques mentions mais peu claires comme ces 20 £ qu’Henri Robert, sénéchal de Poher, garde « pour lui-même » dans les années 126082. En novembre 1306, Michel Costentin compte à Guyon de La Courbe, sénéchal de Tréguier, 50 £ pour la moitié de ses gages83, et un peu plus tard Roland Le Lombard, lui alloue 40 £ pour ses gages du temps qu’il fut sénéchal de Tréguier84. Reste la possibilité qu’ils prélèvent une part sur les actes qu’ils délivrent ou les revenus qu’ils encaissent mais elle nous échappe. En revanche, comme dans le royaume depuis les enquêtes de moralisation de Louis IX, les sénéchaux bretons ne peuvent profiter de leur situation pour exploiter leurs « administrés ». La Très ancienne coutume est formelle sur ce point : « Notas que les seneschaulx doivent faire residence en leurs seneschaussies et ne doibvent manger avec leurs subgetz85. »
38Le testament de Guillaume Le Borgne, sénéchal de Goëlo pour le seigneur d’Avaugour est très intéressant pour mesurer la fortune d’un officier. En 121586, il prévoit de laisser à sa femme Stéphanie 100 £, la moitié des troupeaux de son manoir, la moitié de sa retenue et les obligations qu’avait laissées son père Guillaume Le Chien. Il donne 150 £ à Beauport pour le salut de son âme, de celles de ses parents et de son seigneur le comte Alain d’Avaugour, puis fait une série de dons à des églises, des ponts et à la léproserie de Châtelaudren. Il laisse aussi un don de 40 £ à sa fille bâtarde, et un autre à ses frères. Il engage ses biens pour assurer ses dons, dont les 650 £ (13 000 sous angevins) qu’il a prêtées au comte Alain d’Avaugour. Pour une autre dette de 50 £ (1 000 sous), Geslin et Henri d’Avaugour lui ont abandonné des redevances de toutes sortes dans la baillie de Quintin, revenus qui lui sont versés par Étienne, fils d’Inisien, alors sénéchal de Quintin87. Il laisse un fils mineur et son frère, le chanoine maître Lucas, pour en être le tuteur88.
39Suite à des conflits avec son maître, les fonctions et les revenus du sénéchal de Rohan sont bien mieux connus que ceux des sénéchaux ducaux. Alain, vicomte de Rohan, et Olivier, son sénéchal de juin 1248 au 9 septembre 1289 d’après la documentation, arrivent à un accord, puis à la définition précise du rôle de l’officier héréditaire suite à un conflit qui concerne la nomination par Rohan d’un alloué pour tenir les plaids, situé hiérarchiquement au-dessus du sénéchal89. Le sénéchal obtient, pour lui ou son alloué, de pouvoir tenir les plaids de l’après-midi si l’alloué n’a pas réussi à les faire tenir le matin. De la même façon, si l’alloué est absent, c’est au sénéchal de tenir les plaids. Olivier accepte la nomination d’un alloué moyennant le versement par le vicomte d’une rente annuelle de 20 £, assise sur le fief de « Deles » entre Oust et Blavet, à l’exception de ce que Sylvestre de La Feillée détient dans le secteur. Le sénéchal reçoit aussi le fief de Villa Christi90 sous réserve qu’il n’y ait pas de problème avec Rivallon de La Forêt. Olivier aura sa sénéchaussée dans la paroisse de Noyal. Le texte précise que le sénéchal n’a aucun droit sur les forêts vicomtales. Le second document détaille les droits et devoirs du sénéchal de Rohan, suite à une enquête. Quand la vicomtesse entre dans la vicomté pour la première fois, le sénéchal peut garder ses vêtements, « jusqu’à la chemise », et son palefroi avec le harnachement. Lors des Grands Jours, il peut garder la moitié des peaux des bêtes venues pour l’occasion, l’autre moitié allant à la vicomtesse. Il prélève annuellement dans toute la vicomté une mesure d’avoine. Les fermiers et les fermiers de la taille doivent prévenir le sénéchal ou son alloué quand ils opèrent, et ce n’est qu’ensuite que les fermiers peuvent encaisser leurs revenus. Il engrange ensuite 20 ou 12 deniers sur les revenus des aides, des tailles et des fermes. Il peut aussi s’assurer des cautions nécessaires et doit mettre les fermes aux enchères. Le sénéchal a des obligations de service à la table du vicomte lors des Grands Jours de Rohan. Il doit faire les prisées et toutes les proclamations. Les relations du vicomte de Rohan ne doivent pas trop s’améliorer après ces deux actes. En septembre 1289, à Auray en Parlement, le duc doit juger sur ses différends avec le vicomte de Rohan91.
Trois carrières
40Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la plupart des fiches prosopographiques des sénéchaux sont assez sommaires quand elles ne sont pas réduites à une occurrence92. Trois personnages, dont la carrière est mieux documentée, méritent que l’on s’arrête sur leur cas : Renier de Seint-Liz, Riallen du Temple et Robin Raguenel.
Renier de Seint-Liz
41Rien n’indique l’origine géographique de Renier de Seint-Liz93. Il est sénéchal d’emblée en 1240 et occupe cette fonction au moins jusqu’en 1262. On a ensuite un hiatus jusqu’en 1270, date à laquelle Renier réapparaît jusqu’en 129594. Comme il a un fils, il est possible qu’il lui ait succédé mais il faudrait pour cela que les deux hommes portent le même prénom et que le plus jeune ait repris la place de son père, ce qui semble assez inhabituel chez les sénéchaux ducaux. Si c’est le même homme, on tient sans doute un des records de longévité du service dans l’administration bretonne médiévale. Les actes qu’il a laissés rappellent son travail quotidien. En 1245, il règle les problèmes liés aux abus des alloués du Pilon95. En 1251, il intervient à nouveau après des violences commises à Carquefou par deux frères, Mathieu96 et Guillaume de Beauveau. Le domaine de Pellan, appartenant à l’Église de Nantes, a été dévasté et le sénéchal estime les dégâts à 15 £97. Comme les autres, il arbitre, rétablit la paix, valide des échange, vend des biens saisis au profit du duc98. À l’occasion, on attend un peu plus du sénéchal que des autres. Dans un accord passé à Paris en 1262 entre le duc et Girard Chabot, sous l’égide du roi de France, il a le droit à une mention spéciale. Il doit prêter serment qu’« il tiendra bon droit et loial et sans nul délay99 ». Rappelons qu’aux yeux de Philippe de Beaumanoir, rédacteur de la Coutume de Beauvaisis, et surtout à ceux de son royal maître, Louis IX, la loyauté et l’honnêteté font partie des valeurs attendues du bailli idéal. S’il s’agit bien du même homme, on constate un « blanc » dans la documentation, entre 1270 et 1284. Cette année-là, il scelle en juin un accord entre les seigneurs Geoffroy d’Ancenis et Geoffroy de Châteaubriand concernant les paroisses de Joué et de Vioreau et la chasse dans ce même secteur. Le document ne précise pas à quel titre il intervient, sans doute comme sénéchal ducal100. Son nom réapparaît en 1295, comme sénéchal de Nantes, puis il disparaît ensuite101. On notera qu’il a un fils, Brient, qui semble servir le duc si l’on en croit la seule mention qui nous apprend son existence, mais sur lequel on n’a pas d’autres renseignements102.
Riallen du Temple
42Riallen103 du Temple est sénéchal de Nantes dans les années 1260-1280, titre auquel il ajoute ceux de Guérande et La Mée104. Paul de Berthou émet l’hypothèse qu’il tire son nom de la paroisse du Temple-Maupertuis, à peu de distance de Nantes sur le chemin de Vannes105. Nous sommes plutôt tenté d’y voir un Templier passé au service du duc. Ce n’est sans doute pas le seul puisqu’en 1303, Durand du Temple est prévôt de Nantes106. Il cumule son emploi de sénéchal avec celui de bailli de Guillaume de La Roche, au moins en 1267-1272107. Il lui arrive fréquemment de rendre service à son deuxième employeur, par exemple en enregistrant une vente entre Berthelot de La Roche et Alain et Typhaine de Bozgat sa femme108. En octobre 1275, il cautionne un accord entre Riallen, abbé de Prières, et Éon de La Roche-Bernard, valet, concernant des litiges portant sur la capture d’un homme et de navires dans le port de La Roche-Bernard, « par le gré de monseigneur Payen de Malestroit et de monseigneur Guillaume de Rochefort, vicomte de Donges109 ». Comme ses confrères, il enregistre des accords110, valide des projets de mariages111, gère le sceau des contrats112, s’associe à d’autres sénéchaux comme arbitre113. Il lui arrive d’avoir à régler des problèmes plus complexes. Vers 1268, des « séditieux » forcent l’église de Guérande, alors sous interdit, pour y enterrer un mort. L’évêque demande la punition des coupables mais le sénéchal ne met pas beaucoup d’empressement à les poursuivre. L’évêque le menace de l’excommunier s’il ne fait pas punir les coupables. L’affaire ne semble pas avoir été plus loin, ce qui laisse penser que Riallen du Temple s’en est finalement occupé114. Il figure pour la dernière fois en mai et à la Toussaint 1288 dans le compte des exécuteurs testamentaires de Jean le Roux, pour le sceau des contrats (sans doute de Nantes) et pour le minage du seigneur de Rieux115. Sa carrière est assez révélatrice de celle de bon nombre de sénéchaux qui exercent cette fonction toute leur vie.
Robin Raguenel
43La carrière de Robin Raguenel est un peu plus complexe que celle de Riallen du Temple. Chevalier, il est issu d’une famille possessionnée dans les évêchés de Rennes et de Nantes. Il épouse Eustachie de Châteloger qui doit être l’héritière de la famille Oger car leur fils Robin Raguenel le Jeune est seigneur de Châteloger116. Son nom apparaît dans les titres de Saint-Pierre, Saint-Melaine et Saint-Georges de Rennes117. On le repère pour la première fois en 1294 lorsqu’Arthur, fils du duc de Bretagne, nomme quatre commissaires pour juger un différend entre Henri d’Avaugour et Alain de Rohan : Raoul Le Tort, Geoffroy de Guignen, Jean de Maure et Robin Raguenel, tous chevaliers118. Il figure d’emblée dans un cercle très proche du pouvoir. Si le premier est assez discret dans la documentation et ne semble pas avoir beaucoup servi le duc, le deuxième, qui figure aussi pour la première fois au service des Dreux, est appelé à devenir un proche de Jean II qui le choisit comme exécuteur testamentaire, quant à Jean de Maure, c’est aussi un proche de Jean II119. Il est sénéchal de Rennes trois ans plus tard et le duc lui donne des responsabilités comme cette procuration en 1298 pour régler un problème concernant la seigneurie de Thorigny, située dans le baillage de Cotentin120 ou en le chargeant de veiller à l’application d’une sentence ducale intégrant définitivement la vicomté de Léon au Domaine121.
44Il n’est pas dit qu’il reste sénéchal de Rennes très longtemps car on le trouve plus tard à lever les fermes de pêcheries de Châteaulin (60 £ par an)122. La confiance que lui accorde Jean II est telle qu’il en fait un de ses exécuteurs testamentaires123. En 1305, il apparaît plusieurs fois dans le compte d’Auberi de Baudement124, qualifié de « Vieill », ce qui sous-entend que son fils Robin « le Jeune » est à son tour passé au service du duc. Après la mort de Jean II, il se rend à Tours, à la rencontre du corps du duc et en 1306, il est toujours occupé à régler la succession ducale125. Il meurt vers 1320-1321126. Lui et sa femme ont préparé leur mort en fondant en avril et juillet 1304 des obit dans la cathédrale Saint-Pierre de Rennes. Ils donnent les dîmes qui lui appartiennent sur les paroisses de Saint-Erblon, Ploigné et Pacé, soit 60 s de rente annuelle au chapitre de Rennes, pour qu’on dise une messe pour lui et son épouse. C’est la chapellenie Notre-Dame-du-Pilier. Il s’en réserve la présentation et le patronage, la collation étant pour l’évêque de Rennes. La dédicace est faite en l’honneur de la sainte Trinité et de la Vierge Marie. Dans l’acte, il s’intitule « dominus de Castello-Orgeru », seigneur de Chastel-Oger, paroisse de Saint-Erblon, et « miles senior127 ».
45Placés très haut dans la hiérarchie administrative, les sénéchaux ont un rôle important en matière de justice mais cela ne les empêche pas de gérer le Domaine tout en surveillant le petit personnel ducal. Contrôlés par l’administration, ils rendent régulièrement des comptes. Assez économes, les ducs de la maison de Dreux ne veulent pas laisser s’installer la gabegie dans leur principauté. À la fin du règne de Pierre de Dreux, alors que les sénéchaux jouent encore un rôle important, on voit apparaître ceux qui vont devenir leurs subalternes directs, les châtelains.
Les châtelains
46Le châtelain est un homme commis à la garde d’un château, payé pour son service, mais il n’est pas le maître de sa forteresse. On peut penser qu’il est le chef d’une petite garnison128. Son travail consiste surtout à administrer sa châtellenie, exerçant au niveau local un travail assez proche de celui du sénéchal à l’échelon supérieur. L’apparition de cette fonction dans la première moitié du xiiie siècle doit être comprise comme un effort de mieux administrer le duché en rapprochant les officiers des sujets du duc.
Une administration décentralisée
47Si l’on en croit la documentation bretonne, le premier châtelain breton est Guillaume Maxence à Jugon en 1234. La fonction tarde à se généraliser mais c’est chose faite dans les années 1260. Cette nouveauté est à mettre en lien avec la politique de Jean le Roux de mieux administrer le duché en renforçant le quadrillage et en structurant le monde des bas officiers.
Statut
48La faiblesse du corpus de châtelains ne permet pas de dresser un portrait type du châtelain mais la quarantaine de noms permet malgré tout de se faire une idée d’ensemble. Si rien n’indique que ces hommes appartiennent à la noblesse, on peut légitimement penser que le duc confie ses forteresses à des serviteurs qui ont une expérience militaire. On relève d’ailleurs des noms de familles bien connues dès le xiiie siècle (Saint-Pern) ou promises à un bel avenir (Goyon, Bellouan, Arradon129). La famille d’Arradon mérite une mention particulière car trois frères ou cousins sont au service du duc dans les années 1300, Alain (châtelain de Beffou en 1306), Jean et Morice, tous deux messagers ou valets en 1305. Plus curieusement, on relève le nom de fonction de Du Chastel avec Renaud, garde du Bouffay, et Hervé, « capitaine » de Brest, et une série de personnes seulement nommées : Brohes, Prosset, Dognoal, Lorriz et Guibes, sans prénom. Cette pratique désigne habituellement à l’époque des serviteurs d’assez basse condition, ce qui ne donne pas une très haute idée de la fonction de châtelain.
49Il faut enfin relever le problème de Châteauceaux et L’Isle dont plusieurs châtelains ont le droit au titre de « messire » et apparaissent dans la documentation sous le nom de chapelain comme Dognoal, prêtre, en 1288 et 1290130. Ces deux châtellenies ont pu être remises à l’Église à une époque indéterminée et leurs titulaires sont à la fois prêtres et châtelains. La confusion des genres montre une fois de plus le statut assez bas de cette fonction. Malgré cela, les châtelains sont très présents dans le testament de Jean II (L’Isle, Carnoët, Pirmil, Penmur plus Rivaut de La Porte de Suscinio) et leur fonction est précisée alors que les sénéchaux sont absents. On peut expliquer cette curiosité par le fait que le duc a eu affaire aux châtelains lors de ses séjours dans ses résidences alors qu’il ne dut pas beaucoup côtoyer ses sénéchaux.
50Reconstituer une carrière s’avère très difficile. Il est pratiquement certain que Riou de La Bouteillerie, châtelain de Carnoët en 1306, est issu de l’Hôtel ou fils d’un de ses membres. Alain Le François semble être châtelain de Beffou (1300) avant de passer à Huelgoat (1306), carrière exactement inverse de celle d’Alain d’Arradon qui quitte Huelgoat pour Beffou. Hamon Bagues, issu d’une famille noble131, est châtelain de Minibriac au moins d’avril 1300 à novembre 1306 ; Geoffroy de Kerdreis est châtelain de Suscinio au moins de 1300 à 1307 mais le record de longévité attestée est détenu par Simon des Granges qui est attesté comme châtelain de Saint-Aubin-du-Cormier de la Toussaint 1288 à 1312. Les ducs Jean II, Arthur II et Jean III ont une attention particulière pour ses deux filles, Perrote et Honorée, religieuses à Saint-Sulpice de Rennes. En 1316, Jean III assoit une rente de 25 £ en faveur de Saint-Sulpice sur la cordonnerie et d’autres revenus rennais et il rappelle au sujet des deux sœurs le service que « leur père nous à faict et à noz ancestres au temps passés et faict uncores de jour en jour132 », soit 28 ans de bons et loyaux services. Maître Yves, sans doute un prêtre, commence par émarger comme clerc à la Chambre ducale (1302)133. En décembre 1306, il est châtelain de Nostang et à ce titre, il scelle un acte des exécuteurs testamentaires de Jean II134. À la même époque, on le trouve aussi châtelain de Spinefort (sans doute le temps d’un bail) alors qu’il dépense 12 £ pour nourrir une pauvre pucelle dont le duc l’a chargé135. Il est possible qu’il passe d’un poste à l’autre à moins qu’il ne cumule les deux châtellenies. Éon Bodard est pour sa part châtelain de Minibriac en 1288 et on le retrouve neuf ans plus tard prévôt de Nantes136.
Les hommes du châtelain
51Même s’il semble assez seul, le châtelain peut s’appuyer sur quelques auxiliaires dans son travail quotidien. La documentation mentionne, par exemple, un sergent, Perionou, qui perçoit du châtelain d’Auray 60 s en novembre 1306 pour avoir été « cueillir » un voleur137. Guillaume Bertrand, châtelain de Coëtlou, verse 9 £ pour ses gages d’un an à Quinefoul, un de ses hommes dont on ignore hélas le rôle exact138. Quant à Geoffroy de Kerdreis, il peut compter sur Rivaut, garde de la porte de « Suche » (Suscinio), qui reçoit en legs de Jean II la somme de 10 £139. Ils veillent aussi sur des portiers et des « harasseurs », c’est-à-dire les responsables des écuries du château ou des chevaux du parc140.
Gages, revenus et droits divers
52Il est difficile de se faire une idée précise de leurs revenus car il faut ajouter aux gages toutes sortes de prélèvements en nature ou d’avantages divers (le logement, par exemple), sans parler des épices perçues plus ou moins légalement. Dans les années 1260, Brohes, châtelain de Carnoët, perçoit 10 £ de gages annuels, mais son collègue de Châteauceaux reçoit trois fois plus pour la même durée, somme versée à la Chandeleur141. En 1306, Rouault de Kerisoit touche au moins 20 £ de gages annuels de bonne monnaie valant 60 £ de faible monnaie142. Il y ajoute 11 s pour ses dépenses. C’est sur la même somme que Prosset, châtelain de Concarneau, peut compter143. À la même date, Alain Le François perçoit 30 £ pour ses gages d’un an et 10 £ supplémentaires pour accroissement de ses gages144. Les différences de salaire peuvent aussi s’expliquer par la taille plus ou moins importante du ressort. Même si la fonction est identique, le travail ne doit pas être le même dans la modeste châtellenie de Coëtlou et dans celle de Saint-Aubin-du-Cormier, par exemple. Si les châtelains en titre semblent correctement payés, il n’en va pas de même pour les vacataires. À Hamon de Caudan, qui remplace le châtelain défaillant de Pontcallec pendant quatre mois ne touche que la modique somme de 60 s, soit 3 £, ce qui, rapporté à l’année, donne le salaire assez modeste de 9 £145.
53Le châtelain peut aussi compter sur certaines productions de son ressort. En février 1249, un accord passé entre le duc et Sainte-Marie de Boquen au sujet de la forêt de l’abbaye prévoit que le châtelain ducal de Jugon est autorisé à prélever deux charretées par semaine de bois pour son chauffage et sa défense146. La fonction permet de se faire rembourser ce qui a été prélevé par le duc pour son usage. C’est à ce titre qu’Azelis, la femme de Rouaud de Kerisoit, reçoit quittance de 60 £ pour son mari, sans doute récemment décédé, châtelain d’Auray, pour une couverture, deux linceuls, une courtepointe et deux « baisez » (sic) portés à Pontcallec « à l’usage du duc147 ». Enfin, il peut bénéficier d’un legs ducal comme Guibes, châtelain de Pirmil, pour qui Jean II prévoit par testament un legs de 60 £, si tant est que ce ne soit pas pour compenser l’oubli d’un de salaire… Alain Gouyon, châtelain de Carnoët, ne figure pour sa part que pour 30 £ dans le testament ducal148.
Travailler au château
Un officier polyvalent
54Pour les temps de paix, la documentation montre un officier très polyvalent. D’un point de vue pratique, il lui revient de superviser les travaux faits sur son château et l’on sait que les ducs de la maison de Dreux sont très attentifs à ce problème149. Les sommes peuvent être importantes comme cette quittance de 576 £ des exécuteurs testamentaires de Jean II pour des travaux exécutés à Suscinio et pour son service par Geoffroy de Kerdreis150. Le compte des exécuteurs testamentaires de Jean II montre d’ailleurs que Kerdreis ne chôme pas, aménageant Suscinio comme on l’a vu mais aussi renforçant le château d’Auray151 alors que des travaux importants continuent à avoir lieu à Suscinio152. C’est manifestement le quotidien de ces hommes que de surveiller des travaux et de les payer puisque les responsables de Minibriac, Huelgoat et Concarneau aussi sont au même moment engagés dans des travaux de charpentage153. Il faut aussi veiller sur l’état du domaine et engager des travaux sur les moulins, les maisons et tout ce qui relève de l’administration domaniale154.
55Certains doivent en plus veiller sur un parc. En effet, quelques forteresses comme Suscinio, Châteaulin, Duault, Coëtlou, Carnoët, etc. sont adossées à un parc dans lequel le gibier est protégé à la fois pour le plaisir de la chasse mais aussi pour assurer le ravitaillement de l’Hôtel en venaison. Les kilomètres de murs de ces ensembles fermés doivent faire l’objet de toutes les attentions si l’on ne veut pas avoir à engager de coûteux travaux de réfection ou bien assister impuissant au pillage de la ressource cynégétique par les riverains, sans parler du bois, vert ou tombé… On trouve de nombreuses mentions des parcs dans le compte du Lombard de novembre 1306. Alain Férie, châtelain de Duault, dépense 21 £ pour tenir le parc de Duault en état, ainsi que 13 £ 7 s 8 d pour des dépenses sur les maisons, le parc et pour portage de venaison. Guillaume Bertrand, châtelain de Coëtlou, engage lui aussi des dépenses mais ce n’est rien par rapport à Riou de La Bouteillerie qui investit pas moins de 299 £ 8 s pour œuvres faites environ le « manoir de Carnoyt » et pour soutenir le parc en état, ainsi que pour portage de venaison. Hamon Bagues, plus économe, n’engage que 9 £ pour faire transporter un peu de gibier, et Guillaume de Penmur encore plus avec la modique somme 45 s pour faire porter de la viande de la forêt du Gâvre à Suscinio. Châtelain de Châteaulin puis du Gâvre, il ne s’embarrasse pas de formalité et dépense 47 £ 6 s, « menues mises faites sans lettres environ Châteaulin et son parc ». Il faut dire à sa décharge qu’il doit tout faire comme assurer la survie des chiens de madame de Châteaubriant qui ont été capturés dans la forêt du Gâvre et qu’il faut garder « en prison155 »…
Un homme d’argent
56En temps de paix, il a semble-t-il un rôle d’agent domanial. Les comptes des années 1300 mentionnent à de nombreuses reprises des prélèvements en argent et en nature que l’administration ducale compte et réclame à ses serviteurs. Le 10 avril 1300 à Muzillac, le châtelain de Pontcallec déclare 148 £ 6 s 3 d 1 ob en argent et des mesures de froment, d’avoine, de seigle, de mil, prélevées sur les moulins de Cléguer et de Tihenri en Plouay, ainsi que des gélines et 4 £ dues par la veuve de Philippe de Plouay. Le même jour, Alain d’Aradon, châtelain de Huelgoat, détaille le même genre de revenus, tout comme Geoffroy de Kerdreis, sans doute déjà châtelain de Suscinio, qui se charge en plus de grandes quantités de vin (12 tonneaux et une pipe de vin breton), ainsi que des six ancres, trois à Suscinio, deux à Houat et une à Benestier156.
57Il lui appartient aussi de percevoir des amendes ou de vendre des biens confisqués par le duc. C’est à ce titre que le châtelain de Châteauceaux lève 75 £ de Guillaume de La Houssaie et assurer la vente de 400 £ de la terre de Jacques de Landemont157. Il doit aussi prélever (et sans doute estimer) les rachats quand un fermier n’est pas délégué pour ce travail158. Il doit assurer sur les revenus de sa châtellenie la charité ducale. Lorsque Arthur II donne à La Joie, c’est « par la main nostre chastellain d’Auray » que sont versés 18 quartiers et 4 tiercelées de froment, 11 quartiers et 5 tiercelées de seigle, à prendre sur la censive de sa châtellenie d’Auray, le tout estimé 67 £, somme qui sera déduite des 100 £ de rente qu’il doit à cette abbaye159. L’opération est renouvelée par la suite avec le don, toujours par Arthur II de 430 £ d rente en blés ; 50 £ sont à verser par sa main ou par « noz fermiers160 ».
58Le châtelain de Suscinio et le garde de la Tour-Neuve ont le rôle de dépositaires du trésor ducal. Il leur faut contrôler les valeurs dont ils ont la garde. On peut dès lors imaginer qu’ils peuvent compter sur un personnel plus étoffé et sur le renfort de leurs confrères. C’est le cas à la Tour-Neuve le 18 juin 1303 quand le duc en personne, assisté de tous ses hommes de confiance (Maure, Saint-Lou, Mantes…), en présence de Guignart, garde de la vaisselle, contrôle son trésor161. C’est à la même opération que se livre deux ans plus tard Geoffroy de Kerdreis à Suscinio en établissant une liste de l’argenterie ducale162. Plus simplement et périodiquement, les châtelains doivent rendre des comptes. En 1265, bien avant les mentions régulières des « accomps » de la fin du siècle, les châtelains doivent venir déclarer revenus et dépenses comme celui de Suscinio qui vient compter à Carnoët, sans doute à un moment où le duc et sa suite s’y trouvent163. On peut aussi leur demander d’expédier du matériel manquant d’une résidence ducale à l’autre164.
59Il doit prélever sur ses revenus pour assurer des dépenses ordonnées par le duc comme ces 5 000 £ que le duc Arthur ordonne aux exécuteurs testamentaires de son père de prélever sur les revenus de la châtellenie de Touffou, à payer en deux fois à l’Assomption de la Vierge venant et la suivante. La semaine précédente le versement, Pierre du Biele, châtelain de Touffou, atteste réception de la lettre du duc concernant cette somme importante165. Il leur faut aussi verser de l’argent à l’échelon supérieur. L’administration connaît son calendrier et demande par exemple à Simon des Granges, châtelain de Saint-Aubin, de payer 500 £ à la Pentecôte car c’est le terme de la vente du bois166.
60Il arrive que la hiérarchie se montre méfiante. Les religieuses de Saint-Sulpice se plaignent devant la cour, en la présence de Jean de La Lande, le châtelain, et des forestiers de Saint-Aubin-du-Cormier, que l’on ne les laissait pas jouir de leurs droits dans les forêts. Après enquête, le châtelain est contraint de se soumettre à la volonté des sœurs167. Il peut aussi être amené à enquêter à la demande du duc comme Alain Gouyon, de Carnoët, en 1300 pour une raison que l’on ignore168.
Des compétences reconnues
61Un châtelain peut voir ses compétences mises à profit. C’est sans doute sa qualité de châtelain ou d’ancien châtelain qui explique que Guillaume de Penmur se retrouve à garder la Tour-Neuve pendant trois semaines après la mort la mort de Jean II169. Il s’assure enfin des capacités militaires de ses hommes et sans doute aussi des vassaux de son maître, au point qu’à la fin du xiiie siècle, le vicomte de Rohan se plaint des « montres ou inspections170 ». Il est possible qu’il soit chargé d’organiser le tour de garde des vassaux sur ses murs mais rien dans la documentation ne vient le confirmer. Nous sommes tout aussi mal renseignés sur le temps de guerre mais on peut facilement imaginer qu’il doit assurer l’intégrité de sa forteresse, la mobilisation de ses hommes et leur engagement au combat si nécessaire.
62Il reste à dire un mot de la fonction de capitaine. Il semble qu’elle n’apparaisse qu’avec la guerre de Succession. On n’en trouve aucune mention dans la documentation et les seules occurrences doivent être prises avec prudence. Ogée, par exemple, mentionne Gauthier de Clisson, établi capitaine de Brest par Jean III en 1340, tué l’année suivante en défendant Brest contre Montfort171. Bourdeaut évoque le capitaine-chapelain qui administre Châteauceaux mais il s’agit en fait d’un châtelain qui est à la fois prêtre, comme à L’Île172. Enfin, un généalogiste du xviie siècle fait d’Hervé du Chastel un « capitaine » de Brest mais là aussi, le document est de seconde main et il faut certainement lire châtelain173.
63Au vu de tout cela, il est assez facile de peindre un tableau général du travail de châtelain. En temps de paix, il doit préserver l’intégrité de sa châtellenie et de son parc quand il y en a un, s’assurer que tout s’y passe bien et enquêter quand ce n’est pas le cas, faire des travaux, répondre aux demandes variées de sa hiérarchie, encaisser et gérer l’argent du Domaine. Il ne peut compter que sur un personnel assez modeste qui semble constitué essentiellement de quelques sergents, gardiens, et valets d’écurie. Son rôle est somme toute assez proche par certains aspects de celui du fermier mais il semble avoir plus de responsabilité et il est officier, donc soldé, et non fermier.
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64Sénéchaux et châtelains assurent le contrôle du duché au profit du duc. Polyvalents, issus du monde de la petite noblesse voire du groupe des non-nobles, ils administrent un duché en paix pendant près d’un siècle et demi, encaissant les revenus du domaine, assurant les versements nécessaires à son fonctionnement ou voulus par le duc. Il leur arrive aussi souvent d’enquêter, de juger et ils assurent plus simplement la juridiction gracieuse au profit des sujets du prince. Sans doute soldés, parfois fermiers, ils bénéficient d’un statut d’une grande stabilité et rien dans la documentation ne permet de dire qu’ils font mal leur travail. Ils sont sans doute pour beaucoup dans la grande stabilité de la Bretagne sous les ducs de la maison de Dreux.
Notes de bas de page
1DL II 206. Un Simon de Montbourcher apparaît parmi les témoins de l’acte, issu d’une famille sans doute déjà au service du duc et dont les descendants sont très actifs comme officiers aux siècles suivants.
2Geoffroy reprend la formule quelques années plus tard, écrivant à tous ses « sénéchaux, prévôts, voyers et baillis », DL II 315-316.
3Lehugeur Paul, op. cit., p. 259-275.
4Sohier Mari-Anna, op. cit., p. 95-100 ; Levron Jacques, op. cit., p. 10-11. Il n’est d’ailleurs pas exclu que le bailliff de Morlaix soit à l’origine un sénéchal qui aurait perdu une partie de ses prérogatives avec le temps, pour n’être finalement qu’un prévôt.
5Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., acte 28.
6Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. IV, p. 156-157 ; Oheix André, op. cit., p. 184.
7Anger Pierre, op. cit., acte XXIII ; Oheix André, op. cit., p. 179 avec date ancien style.
8Toutefois il est difficile de suivre Levron Jacques, op. cit., p. 10-11, quand il écrit que « Rennes est la capitale politique du duché », affirmation d’où il fait découler le rôle plus important du sénéchal de Rennes. L’affirmation est anachronique pour le xiiie siècle.
9DM I 838.
10Rappelons que les notaires ne commencent à être vraiment actifs dans le duché qu’à partir des années 1270. On lira sur ce sujet Jones Michael, « Les origines du notariat dans la Bretagne à la fin du Moyen Âge », art. cité, p. 5-27, en particulier p. 6-10 pour l’époque qui nous intéresse.
11Levron Jacques, op. cit., no 216.
121251 (17 octobre) ; Rosenzweig Louis, op. cit., acte 279. Autres exemples en 1263, 1340, etc. Le Duc dom Placide, op. cit., p. 615 ; DM I 1407-1408.
13Il donne en particulier à sa fille Eustachie tout ce que sa défunte sœur Belle-Assez a reçu en dot lors de son mariage avec Brient Le Bœuf à Port-Durand et aux environs, dans le fief de l’évêque de Nantes, à Couëron, Saint-Michel Chef-Chef et ailleurs dans le fief du duc. Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 67. Il n’est pas exclu que les liens qui unissent les Machecoul à la famille ducale n’y soient pas pour quelque chose.
141284 (le samedi après la pentecôte au mois de juin), ADLA, E 249/1.
15Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. III, p. 153.
161301, le sénéchal de Rennes est médiateur en cas de problème lors du règlement d’un traité de mariage entre Guillaume de Léon et Catherine de La Roche-Bernard, à défaut le sénéchal de Ploërmel, DM I 1176.
17ADIV, 1 F 73/1-2, fonds Hévin, abbaye de Prières.
1830 janvier 1276, Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 68.
19Multiples exemples dans la documentation : 1272, accord entre Berthelot de La Roche et le prieur de Montonac, Berthou Paul de, Cartulaire de Notre-Dame de Montonac, op. cit., p. 94-95 ; 1275 (17 octobre) : accord entre l’abbé de Prières et Éon de La Roche-Bernard, Rosenzweig Louis, op. cit., acte 364 ; 1285 (samedi après la Pentecôte, Montcontour) ; Alain de Keranguer est « arbitre communaulment éleu » entre Alain vicomte de Rohan et Thomas de Beaumer, DM I 1075…
20Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 60. 1245 : le sénéchal de Rennes règle un différend opposant Saint-Melaine à Alain de Verriers, seigneur du Plessix. Pierre de Verriers, sénéchal de Bretagne, appose son sceau en bas de l’acte pour une plus grande confirmation. ADIV, 1 F 77 ; BnF, ms. fr. 22325, fo 89 ; Fichou Marine, Les Blancs-Manteaux et l’histoire de la Bretagne. Documents inédits (1213-1341), op. cit., p. 70.
21Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 123.
22Autrement, le procès qui avait été retiré de la cour du Parlement, à sa séance de l’Assomption, y serait porté à la session de la Toussaint. Même cas de figure en septembre 1270 : Olivier de Machecoul, chevalier, s’engage à remettre à Rainier, sénéchal de Nantes, et à Hamon Chenu quinze jours après qu’ils en auront été requis, le traité passé par lui avec Maurice de Belleville et sa défunte femme, afin qu’ils la fassent transcrire au mieux et loyalement. Olivier y apposera son sceau de même que Girard Chabot et sa femme Eustachie, et Jean, duc de Bretagne, sera prié d’y mettre le sien. Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 60.
23Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 36 ; Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., acte 78.
24Agnès d’Erbrée, 1250-1270.
25La Bigne de Villeneuve Paul de, « Le cartulaire de Saint-Georges de Rennes », art. cité, acte XXXII ; Rosenzweig Louis, op. cit., acte 283.
261280 (décembre), Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 84.
27Guillaume Le Bouteiller s’empare des dîmes appartenant au chapitre de Dol et des biens de ses serviteurs, le tout estimé à 200 £. Les chanoines se plaignent au duc et au roi qui chargent le sénéchal Jean Le Déliec d’instruire l’affaire. Il fait sommer l’accusé de comparaître devant lui à Rennes. Après plusieurs défauts, objets d’autant de sentences, il est jugé que Guillaume réparera le dommage qu’il a causé et dont la preuve restait à la charge du chapitre. Enfin, après un certain délai, le sénéchal appelle les parties à la barre pour faire cette preuve. Cette fois, Guillaume vient en personne et les chanoines prouvent par procureur que le délit est de 188 £. DM I 946-7 ; Texier Ernest, op. cit., p. 67.
28DM I 1011, « postea vero fuit judicatum judicio curiae nostrae mediante ».
29Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 58.
30DM I 1087-1089.
31Prigent René, « Le formulaire de Tréguier », art. cité, actes 36-40. Guillaume de La Villeneuve, commissaire du sénéchal de Tréguier et juge est mentionné dans l’acte 150 de 1314 ; il donne une procuration.
32La Borderie Arthur de, Histoire de Bretagne, op. cit., t. III, p. 287, note 1, d’après Pierre Le Baud.
33Les États de 1202. Cf. La Borderie Arthur de, Histoire de Bretagne, op. cit., t. III, p. 292, note 3, d’après Pierre Le Baud.
34Acte en français dans Le Duc dom Placide, op. cit., p. 247-248. Planiol Marcel, Histoire des institutions de la Bretagne, op. cit., t. III, p. 440-448.
35Entre crochets ceux dont la fonction n’est pas précisée dans le document original.
36DM I 846-847 ; Levron Jacques, op. cit., no 67 ; Jones Michael, Le premier inventaire du trésor des chartes des ducs de Bretagne (1395), op. cit., acte 200.
37DM I 854-855.
38Le chapitre avait reçu en garantie : Georges Villicus, Raoul de Saint-Agidio, Guillaume de Montgermont chevalier, Foucaud notre serviteur [sénéchal de Cornouaille], Pierre fils d’Arnulphe et Durand Tourneur. La Borderie Arthur de, Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles), op. cit., acte CV.
39Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, « Le plus ancien rôle des comptes du duché (1262). Document inédit », art. cité, art. 2 et 50.
40La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, acte CXXXVI, p. 193.
41Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, « Le plus ancien rôle des comptes du duché (1262). Document inédit », art. cité, art. 12-13, 18, 37 et 48.
421271 (avril), Nantes, en l’occurrence les biens d’Eudes de La Roche-Bernard endetté vis-à-vis de l’abbaye de Blanche-Couronne ; Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., actes 20, 22, 49 et 97.
43Rosenzweig Louis, op. cit., acte 332.
44Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., no 6. Le texte fait bien apparaître la différence de rang entre le viguier qui assure des fonctions de receveur et de police basiques et le sénéchal de Cornouaille qui lui représente les intérêts du duc. L’abbé de Sainte-Croix paraît être particulièrement à cheval sur ses droits. Déjà le 21 avril 1214, un accord avait été conclu à Carhaix, entre le duc et l’abbé de Sainte-Croix de Quimperlé, sous l’égide de l’archevêque de Tours de Guéthénoc, évêque de Vannes et de Vital, évêque de Quimper ; cet accord faisait suite à la construction, par Guy de Thouars, d’une maison forte qui empiétait sur les droits de l’abbé. Les témoins sont Ollivier de Guttignac ; Guillaume, sénéchal de Rennes ; Eudon de Beaumont, chambellan de Bretagne ; Henri, fils de Bernard, sénéchal de Cornouaille et de Poher, Le Duc dom Placide, op. cit., p. 247-248.
451215 (février ns, Rennes), DM 1 825 ; Guillotin de Corson Amédée, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, op. cit., t. II, p. 400-401.
46Anger Pierre, op. cit., acte CXII.
47Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., acte 28 ; La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, p. 168-169.
48DM I 1111.
49Lehugeur Paul, op. cit., p. 259-275.
50« Die istius compoti remanserunt in domo senescalli » (baillie de La Mée). Comptes de 1263-1267, Renaudin Yves, op. cit., p. 315.
51Les familles nobles ont été localisées grâce aux indications de Pol Potier de Courcy.
52Il est possible que le nombre soit plus important mais la documentation est souvent floue sur le statut précis des hommes.
53Hervé en Broérech, 1269 ; Henri en Cornouaille, 1225-1232 ; B., Geoffroy et Pierre, à Tréguier, 1219, 1224 et 1230.
54Levron Jacques, op. cit., p. 10-11.
55ADLA, 14 J 18 (47) ; Maître Léon, Inventaire sommaire des archives de la Loire-Inférieure, Nantes, V. Forest et E. Grimaud, 1898, G 199.
56DM I 1407-1408 ; Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. III, p. 317.
57Planiol Marcel, La très ancienne coutume de Bretagne, op. cit., p. 10, et Guillotin de Corson Amédée, Pouillé historique de l’archevêché de Rennes, op. cit., t. I, p. 134 ; Le Duc dom Placide, op. cit., p. 608.
58Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. IV, p. 81 ; Oheix André, op. cit., p. 184.
59Il s’agirait, si l’on en croit Levot et Moréri, d’un grand-père et de son petit-fils, un dénommé Alain venant s’insérer entre eux.
60Ils peuvent être père et fils, frères ou cousins car ils exercent en même temps, dans les années 1260.
61Ce qui n’est pas le cas chez les sénéchaux seigneuriaux où l’on peut avoir des successions comme les deux Mauny et les deux La Motte à Dinan, le deux Le Gouz au diocèse de Dol, voire des dynasties comme les Fraval en Rohan. Il faut souligner dans ce cas qu’il s’agit de sénéchaux féodés, ce qui sous-entend une succession héréditaire masculine.
62Il n’est pas certain que ce soit dans ce sens car les comptes ne sont pas suffisamment bien datés pour que l’on soit sûr que c’est dans le sens Guérande/Nantes et non le contraire.
63Seint-Liz (Renier de), sénéchal de Nantes : 1240-1295 (1240, 1245, 1251, 1254, 1259, 1260, 1262, 1270, 1295) ; Guignet (Maurice), sénéchal de Nantes : 1265 ; Du Temple (Riallen/Rivallon), sénéchal de Nantes, Guérande et La Mée : 1265-1268, 1271-1277.
64Aufrez (Guillaume), sénéchal de Nantes : 1216 ; Cacou ou de Cacho (Olivier de), sénéchal de Nantes : 1219 ; Dreux/Droes (Lambert de), sénéchal de Nantes : 1220.
65Bocenit (Olivier de), sénéchal de Penthièvre : 1246 ; Chinon (Hugues de), sénéchal de Penthièvre : 1251 ; L’Argentaye (Guy de), sénéchal de Penthièvre : 1252 ; La Motte (Guillaume de), sénéchal de Penthièvre : 1255.
66Prieur (Pierre), sénéchal de Broërech et de Ploërmel : 1251-1252 ; Piedevache (Eustache), sénéchal de Ploërmel et de Broérech : 1257 ; Costeres (Pierre), sénéchal de Ploërmel : 1259 ; Bistin (Geoffroy), sénéchal de Ploërmel : 1260 ; Le Bart (Geoffroy), sénéchal de Broérech et Ploërmel : 1260-1262, Bouteville (Hervé de) ; sénéchal de Ploërmel et Broërech : 1268-1275.
67Guernier (Olivier), sénéchal de Rennes : 1237 ; Blandus (Blondel/Blandin ?) (Geoffroy), sénéchal de Rennes : 1241 ; Lohéac (Egidius/Gilles de), sénéchal de Rennes : 1245 ; Deliec, Delioc ou Deliouc (Jean de), sénéchal de Rennes : 1250-1253.
681331 (12 novembre, Vannes), sur ordre de Jean III, La Nicollière-Teijeiro Stéphane de, Privilèges de la ville de Nantes, op. cit., p. 1-3 ; Planiol Marcel, La très ancienne coutume de Bretagne, op. cit., p. 355 ; Leguay Jean-Pierre, Un réseau urbain au Moyen Âge. Les villes du duché de Bretagne aux xive et xve siècles, p. 32.
69Planiol Marcel, La très ancienne coutume de Bretagne, op. cit., p. 10.
70Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. III, p. 248.
71Chédeville André et Tonnerre Noël-Yves, op. cit., p. 104-111.
721208 (20 juin, Auray, dans le cloître de Saint-Gildas), Maître Léon et Berthou Paul de, Cartulaire de l’abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé (Finistère), Paris, Lechevallier, 1896, p. 152, acte LIII ; Planiol Marcel, Histoire des institutions de la Bretagne, op. cit., t. III, p. 440-448.
73DM I 996.
74Août 1305, Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. IV, p. 218.
75En 1273, Lombards et Cahorsins se partagent des fermes dans certaines villes : Lombards à Guingamp, Quimper, Quimperlé, Nantes ; Cahorsins à Rennes, DM I 1006-1010. Il est possible que dans les années 1260, ce soient les Cahorsins qui tiennent aussi les fermes de Nantes.
76Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, « Le plus ancien rôle des comptes du duché (1262). Document inédit », art. cité, art. 11-12, 33.
771270 (septembre), il déclare avoir entendu les raisons du vicomte de Rohan devant la cour ducale et avoir pris sa décision avec le conseil d’hommes probes et prudents, DM I 1022 ; Rosenzweig Louis, op. cit., acte 340.
781305, compte d’Auberi : à un valet allant au sénéchal de Tréguier et pour s’en retourner, 8 s. La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., p. 114, art. 30.
79Livre des ostz, DM I 1111.
801310, accord entre Hervé de Léon et les moines du Relecq ; les témoins sont Guillaume Le Voyer, Robert Le Voyer et Guillaume le Baillif du Relecq « ou temps ». DM I 1229.
81Mousset Albert, op. cit., p. 8, doc. IV.
82Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, « Le plus ancien rôle des comptes du duché (1262). Document inédit », art. cité, art. 34.
83Compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray. ADIV, 1 F 618/1.
84La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., p. 166-189, chap. 35.
85Planiol Marcel, La très ancienne coutume de Bretagne, op. cit., p. 508 : art. 37 des « notas ». Les notas sont un ensemble d’articles d’origine angevine, sauf quelques numéros dont le 37 sur les sénéchaux. On peut légitimement penser qu’ils datent au plus tard de la première moitié du xive siècle.
86Pour une raison inconnue, Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules donne le testament à la date de 1225 alors que dom Morice donne 1215.
87Sans doute aussi sénéchal pour les Avaugour.
88Ce maître Lucas, chanoine de Tréguier, est sans doute le chanoine et sénéchal de Tréguier qui enregistre en 1220 une donation à Beauport. Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. IV, p. 76 et 84 ; Yves Renaudin en fait un sénéchal ducal.
89Accord entre Alain, vicomte de Rohan, et son sénéchal, janvier 1256 ns, et droits et devoirs du sénéchal de la vicomté de Rohan, le lundi après Pâques 1258, DM I 962-963 et 968-969.
90Kergrist ?
91DM I 1020 et 1090.
92C’est, par exemple, le cas de Geoffroy Blandus (Blondel/Blandin ?), pourtant sénéchal de Rennes, attesté en 1241. Oheix André, op. cit., p. 118 ; Barthélemy Anatole de et Geslin de Bourgogne Jules, op. cit., t. IV, p. 369.
93On trouve une commune du Languedoc, Saint-Lyz, à 14 kilomètres de Muret mais dont le nom semble postérieur à la Révolution. La régularité de l’orthographe permet d’écarter Senlis. Rien n’indique donc l’origine précise de Rainier.
94Oheix André, op. cit., p. 180-181.
95La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, p. 168-169 ; 1245 (28 novembre), Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., acte 28.
96Théodore Hersart de La Villemarqué en profite pour en faire un des personnages de la gwerz du Clerc de Rohan, Le Barzaz Breiz, rééd. Paris, 1963, p. 173-183. Partant de cet argument, il date le chant du xiiie siècle. L’argument est un peu léger car seul le nom de Mathieu de Beauveau permet de rattacher la gwerz au temps des Dreux. De plus, Mathieu de Beauveau est qualifié du titre « homme puissant d’Italie », ce qui nous amène au plus tôt à la fin du xve siècle.
97ADLA, 14 J 18 (47) ; Maître Léon, Inventaire sommaire des archives de la Loire-Inférieure, op. cit., G 199.
98Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., acte 42 ; DM I 972-973 ; DM I 975 ; Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédé, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 123 ; Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 34.
99Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 36 ; Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., acte 78.
100ADLA, E 249/1.
101Oheix André, op. cit., p. 180-181 ; 1303 (7 avril) : sa femme figure dans les comptes rendus au duc à Muzillac. La Borderie Arthur de, « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 190.
102« Renier de Seint-Lys par Brient son fils », Comptes de 1263-1267, Renaudin Yves, op. cit., p. 395.
103Alias Riallain ou Rivallon.
104Oheix André, op. cit., p. 180-181 ; Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, « Le plus ancien rôle des comptes du duché (1262). Document inédit », art. cité, art. 35. Le compte des années 1262-1267 n’étant pas très clair, il est sénéchal en 1265 mais peut-être avant et la dernière apparition de son nom se situe en 1288.
105Berthou Paul de, Cartulaire de Notre-Dame de Montonac, op. cit., p. 94-97.
1061303 (comptes rendus à Pâques), il reçoit 340 £ 11 s sur lesquels il doit payer à madame Aliénor 200 £ « et ensin li devra l’en sus la ferme dou temps avenir ». Delaporte Raymond, op. cit., p. 131 ; La Borderie Arthur de, « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 182. Au xiiie siècle, le roi lui-même confie son trésor aux Templiers, jusqu’à ce que Philippe le Bel en décide autrement.
107DL II 410.
1081273 (janvier ns, sl), Berthou Paul de, Cartulaire de Notre-Dame de Montonac, op. cit., p. 100-101.
109ADIV, 1 F 73/2 ; Rosenzweig Louis, op. cit., acte 364. L’analyse du texte donnée par Rosenzweig diffère de façon assez nette avec le document original.
110Nombreux exemples : Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 47 ; BnF, ms. fr. 22319, fo 231 ; Fichou Marine, Les Blancs-Manteaux et l’histoire de la Bretagne. Documents inédits (1213-1341), op. cit., p. 85 ; Berthou Paul de, Cartulaire de Notre-Dame de Montonac, op. cit., p. 104-105 ; ADIV, 1 F 73/1, fonds Hévin, abbaye de Prières, etc.
1111271 (28 octobre), charte d’Olivier de Machecoul concernant le projet de mariage de son fils Jean de Coché avec Eustachie, fille de Girard Chabot. Cette charte est passée présence de Lucas de Saint-Aignan, chevalier, et de Rialan du Temple, sénéchal de Nantes, arbitres nommés pour l’exécution dudit mariage, Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 62.
1121288 (Toussaints), il apparaît dans le compte des exécuteurs testamentaires de Jean le Roux, pour les sceaux des contrats, lieu non précisé. La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, p. 269.
1131276 (30 janvier), charte de Girard Chabot concernant le mariage de sa fille avec le fils d’Olivier de Machecoul. En cas de problème, arbitrage de Brient le Bœuf, chevalier, Rialan du Temple, sénéchal de Nantes auxquels, en cas de partage, s’adjoindra Bonabes de Derval, Marchegay Paul, « Cartulaire des sires de Rays avec notice, tables analytique et alphabétique », art. cité, acte 68.
114Ogée Jean-Baptiste, op. cit., art. « Nantes ».
115La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, p. 261.
116Guillotin de Corson Amédée, « Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne comprises dans l’actuel territoire du département d’Ille-et-Vilaine », art. cité, p. 147.
117Du Paz le mentionne d’après des actes en 1293, 1295, 1303, 1304, 1314 et 1317. Il est mort avant 1321. Paz Augustin du, op. cit., p. 143-145.
118DM I 1116.
119Il figure en tête de ceux qui reçoivent un legs du duc, en l’occurrence la très belle somme de 250 £. DM I 1188.
120DM I 1126-1127 et Le Corre Kévin op. cit., p. 61-2 ; Oheix André, op. cit., p. 178 (avec date as). Il porte alors le titre de sénéchal de Rennes.
121DM I 1127-1128.
1221300 (10 avril), La Borderie Arthur de, « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 170 et Le Corre Kévin, op. cit., p. 73.
1231302, avec l’abbé de Prières, les gardiens des franciscains de Nantes et de Vannes, le prieur des carmes de Ploërmel, Jean de Maure, Étienne de La Grange et Geoffroy de Guignen. S’y ajoutent les clercs Alain de Châteaugiron, Geoffroy et Thomas d’Anast, Jacques de Saint-Lou et Auberi de Baudement, Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, Les papes et les ducs de Bretagne. Essai sur les rapports du Saint-Siège avec un État, op. cit., p. 143.
124La Borderie Arthur de, « Derniers jours et obsèques de Jean II, duc de Bretagne (1305) », art. cité, p. 43, 47, 59.
125ADIV, 1 F 618, pièces diverses.
126Potier de Courcy Pol, op. cit. ; Guillotin de Corson Amédée, « Les grandes seigneuries de Haute-Bretagne comprises dans l’actuel territoire du département d’Ille-et-Vilaine », p. 146.
127Paz Augustin du, op. cit., p. 144, 145 et 841 ; Levot, Biographie bretonne, recueil de notices sur tous les Bretons qui se sont fait un nom… depuis le commencement de l’ère chrétienne jusqu’à nos jours, Vannes, Cauderan, 1852-1857, art. « Raguenel ». ADIV, 1 F 65, cathédrale de Rennes, famille Raguenel ; DM I 1183-1185.
128Dans le royaume, la garnison est souvent limitée à un ou deux hommes d’armes, Favier Jean, Dictionnaire de la France médiévale, op. cit., art. « Châtelain ».
129Nous renvoyons vers Pol Potier de Courcy pour plus de détails sur ces lignages.
130La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, p. 275 et 283.
131Pol Potier de Courcy mentionne un Jean Bages, bailli du vicomte de Rohan en 1217, pour l’évêché de Vannes ; 1305 (novembre-décembre) : Hamon Bagues apparaît dans les versements supplémentaires du testament de Jean II, pour 140 £, pour son service et celui de son père en Flandre. DM I 1196.
1321316 (8 août, Châteauneuf-du-Faou), Anger Pierre op. cit., acte XXIII.
133DM I 1185-1191 ; 1194 ; La Borderie Arthur de, « Derniers jours et obsèques de Jean II, duc de Bretagne (1305) », art. cité, p. 46.
134ADIV, 1 F 618, pièces diverses.
1351306-1308, La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., p. 166-189, chap. 127.
136La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, p. 261, 273 ; 1297 (14 octobre) : Éon Bodard, valet, prévôt de Nantes, vidime une lettre ducale. Durville Georges, « Chartes françaises de Jean II, duc de Bretagne, avec le sceau de la prévôté de Nantes au xiiie siècle. Document inédit tiré des archives du chapitre de Nantes », BSAN, 1900, p. 86-89.
137ADIV, 1 F 618/1.
1381306 (novembre), compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray, ADIV, 1 F 618/1.
139DM I 1185-1191.
1401306 (novembre) : pour les gages des portiers et des « haraceurs » de Châteaulin, 35 £ 4 s 8 d ; pour ses œuvres, 38 s, compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray ; par le compte d’Alain Férie, châtelain de Duault, pour gages des portiers du terme de l’Ascension avant les « acompz », 9 £ ; pour les gages des portiers du terme de la Toussaint avant les « acompz », 9 £, compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray, ADIV, 1 F 618/1.
141Pocquet du Haut-Jussé Barthélemy-Amédée, « Le plus ancien rôle des comptes du duché (1262). Document inédit », art. cité, art. 7 et 16.
142On est alors en pleine période de mutations monétaires dans le royaume ; tout indique que le duc fait aussi fluctuer sa monnaie. Il n’a en fait pas vraiment le choix s’il veut éviter de voir sa monnaie, restée de qualité, disparaître vers le royaume en contrepartie d’espèces dévaluées.
1431306 (novembre) : par le compte de Prosse (ou Prosset) avant châtelain de Conc pour ses gages de demi-an, 10 £, compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray, ADIV, 1 F 618/1.
144ADIV, 1 F 618/1, compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray.
1451306 (novembre), compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray, ADIV, 1 F 618/1.
146Lémeillat Marjolaine, Les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286), op. cit., acte 36. L’abbaye est située sur l’actuelle commune de Plénée-Jugon (22).
1471306, DM I 1205.
148DM I 1185-1191.
149Nombreux exemples en 1306-1308, quand le duc indemnise des habitants de Dinan, Guingamp, Montcontour, Lamballe, pour des travaux fait sur les châteaux ; cf. le compte de Roland Le Lombard, La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., p. 166-189.
15017 avril 1306, Vannes, DM I 1205 ; Rosenzweig Louis, op. cit., acte 461.
1511306 (13 décembre), dépense 6 £ pour une maison que Geoffroy de Kerdreis avait pris pour renforcer (« adober ») le château d’Auray. La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., no XXXIII (201).
1521307 (28 avril), quittance de 50 £ à Alain de Tressay, Guillaume de Porzou et Jean, fils de Conan Le Floc’h pour du bois fourni aux ouvriers qui travaillaient à Suscinio. 28 avril 1307. Le bois a été acheté à « Donnouant d’o le seigneur de Kadoudal ». L’argent a été versé en deux temps, 20 £ de faible monnaie de la main de Rolland Le Lombard et 30 £ de la main de Geoffroy de Kaerdreys, châtelain au temps de Suscinio. Il s’agissait de « merrein » et de chevrons. Rosenzweig Louis, op. cit., acte 469 ; La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., acte XXXVII.
1531306 (novembre), pour œuvres faites au château de Minibriac par lettres de maître Audri Le Joué charpentier 235 £ 17 s 6 d ; pour œuvres faites sur les moulins et le château de Huelgoat 75 £ 17 s ; pour une porte à Conc, 25 s ; compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray, ADIV, 1 F 618/1.
154Nombreux exemples, très répétitifs, dans le compte de 1306.
155Compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray, ADIV 1 F 618/1.
156La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., acte XX (188), chap. 7-16, 69 et 96-101.
1571303 (7 avril), La Borderie Arthur de, Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et princes de Bretagne (xiiie et xive siècle), op. cit., p. 91, art. 5.
1581273 (11 mai), le châtelain de Champtoceaux encaisse les rachats des terres de messire André Dore et de messire de Lineres, DM I 1006-1010.
1591309 (19 mai, Suscinio), ADLA, inventaire Léon Maître ; Rosenzweig Louis, op. cit., acte 479 ; Jones Michael, Recueil des actes de Jean IV, duc de Bretagne, op. cit., acte 409 n.
1601311 (5 février), Rosenzweig Louis, op. cit., acte 483.
161ADIV, 1 F 618, pièces diverses.
162DM I 1203.
163La Borderie Arthur de, « Recueil d’actes inédits des ducs et princes de Bretagne (xie, xiie, xiiie siècles) », art. cité, 1889, acte CXXXVI, p. 195.
1641306, la femme du châtelain d’Auray reçoit quittance de 60 £ pour son mari pour une couverture, deux linceuls, une courtepointe et deux « baisez » (sic) portés à Pontcallec « à l’usage du duc », DM I 1205.
1651311 ; ADIV, 1 F 616.
166La Borderie Arthur de, « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 179.
1671335 (20 septembre) ; Anger Pierre, op. cit., actes VII et VIIbis.
168La Borderie Arthur de, « Nouveau recueil d’actes inédits des ducs de Bretagne et de leur gouvernement (xiiie et xive siècle) », art. cité, 1892, p. 174.
1691306 (novembre), compte de Rolland Le Lombard rendu à Auray, ADIV, 1 F 618/1.
1701291 (27 novembre), Rosenzweig Louis, op. cit., no 430.
171Ogée Jean-Baptiste, op. cit., art. « Brest ».
172Bourdeaut Arthur, « Les origines féodales de Châteauceaux », BSAN, 1913, p. 203-417, p. 248.
173Gouyon Charles, « Brief discours de la vie de madame Claude du Chastel par son mari Charles Gouyon, baron de La Moussaye », Vallée G. et Parfouru P. (éd.), AB, 1898-1899, p. 315-366, p. 322, note 1.
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