Les peuples exotiques et les missions dans Feiz ha Breiz (1865-1884)
p. 87-101
Note de l’auteur
Cet article est un condensé des axes d’étude que j’ai développés dans ma thèse, dirigée par Gwendal Denis, (Rennes 2, 2009) et publiée sous le titre : Le chouan et le sauvage, Rennes, TIR, 2011, 639 p.
Texte intégral
1Feiz ha Breiz, dont le nom claque comme un slogan : « Foi et Bretagne », était un hebdomadaire de huit pages entièrement rédigé en langue bretonne entre 1865 et 1884. Né de l’initiative de Léopold de Léséleuc (1814-1873), sous le patronage de Mgr Sergent, évêque de Quimper et de Léon, le titre fut confié à Arsène de Kerangal, imprimeur officiel de l’évêché et par ailleurs propriétaire du journal légitimiste, L’Impartial du Finistère. La rédaction, quant à elle, fut confiée à Goulven Morvan (1819-1891) dont Léopold de Léséleuc avait pu apprécier les qualités lorsqu’il l’avait eu comme élève au séminaire de Quimper.
2Les dix-neuf ans d’existence de Feiz ha Breiz se situent chronologiquement à une époque de fort développement des missions catholiques outre-mer et au début de l’expansion coloniale de la France du Second Empire puis de la IIIe République. Feiz ha Breiz ouvrant volontiers ses pages aux nouvelles lointaines, l’étude de cet hebdomadaire nous éclaire sur les dispositions du clergé breton à l’égard des peuples exotiques et des missions.
Un outil de propagande dans un monde en mutation
Feiz ha Breiz et la presse de son temps
3Avant d’entrer dans le vif du sujet, il est important de replacer Feiz ha Breiz dans le contexte de la presse de son temps. La fin du Second Empire voit, en effet, un développement très important de la presse catholique et notamment des Semaines religieuses. Profitant de l’assouplissement des lois régissant la presse, l’Église de France s’empare de cet outil qui était, jusqu’alors, l’arme favorite de ses détracteurs. Si Feiz ha Breiz s’apparente à ces Semaines religieuses, du moins aux meilleures d’entre elles, ce journal s’en différencie assez nettement et se rapproche de la presse populaire de son temps (L’Ouvrier). Alors que ses homologues, rédigés en français, ne traitent en général que de la vie religieuse de leurs diocèses, Feiz ha Breiz, comme son sous-titre l’indique, entend donner à ses lecteurs bretonnants des nouvelles de tous les pays et leur offrir des leçons sur tout : « Kelou a bep bro ha kenteliou var bep tra digaset bep sul da gement Christen a gomz brezounek. » Notons dès à présent que le mot kentel peut signifier aussi bien leçon que morale.
4Tout comme son frère d’armes, L’Impartial du Finistère, Feiz ha Breiz se veut le défenseur de la religion catholique et du monarchisme. Ultramontain et légitimiste, la première page de ce journal n’a été cernée d’un liseré noir que deux fois : au décès de Pie IX (1878) et à celui du comte de Chambord (1883), mort sans laisser d’héritier. Privé de champion et faisant face à une situation financière délicate, Arsène de Kerangal saborde les deux journaux en 1884.
5On peut déceler deux périodes dans les dix-neuf ans de la vie de Feiz ha Breiz : dix ans de croissance et neuf ans de déclin. Pendant les dix premières années, Feiz ha Breiz, rédigé par Goulven Morvan, était très généraliste puisque son objectif était l’instruction et l’édification de son lectorat. Bien que nous n’ayons pas retrouvé de listes d’abonnés, on peut estimer leur nombre entre 1 500 et 2 000 à la fin de cette période. La lecture étant alors une activité familiale et les journaux circulants de maison en maison, on peut légitimement multiplier le nombre des abonnés par 10 voire 15 pour avoir une idée de l’importance réelle du lectorat. Par la suite, le nombre des abonnés ne cesse de décroître et le journal n’en compte guère plus de 200 à sa disparition. On peut esquisser rapidement ici les causes de ce déclin.
6À partir de 1875, l’espoir d’une restauration monarchique s’éloigne et la République laïque qui s’installe est lourde de menaces pour le clergé. Le contenu et le ton rassembleurs du journal changent alors sensiblement. Une bonne partie du lectorat s’est sans doute lassée de la virulence des diatribes antirépublicaines qui remplissent les colonnes du journal et ne laisse plus guère de place pour des articles instructifs ou distrayants. Même le talentueux Gabriel Milin (1822-1895), appelé au chevet du journal, de mai 1883 jusqu’à la disparition du titre en avril 1884, ne parvint pas à redresser la barre.
7Les sources d’information dont dispose Feiz ha Breiz au sujet de l’outre-mer sont diverses et variées. Il s’agit tout d’abord des lettres de missionnaires qui soit lui sont directement adressés, soit sont reprises des Annales de la propagation de la foi ou de leurs adaptations en breton qu’offrent les Liziri Breuriez ar Feiz. Il s’agit ensuite de la presse française et étrangère par le truchement de L’Impartial du Finistère, journal très bien informé. Ce deuxième canal d’information est cependant difficile à évaluer puisque Feiz ha Breiz ne cite que très peu ses sources, contrairement à son alter ego francophone.
Une étape dans l’histoire de la langue bretonne
8Léopold de Léséleuc, en plus d’être un bretoniste convaincu, était bien conscient que seul un journal en langue bretonne permettrait de toucher efficacement les populations rurales encore largement monolingues. Le public visé par Feiz ha Breiz était en effet la paysannerie (assez aisée pour se payer un abonnement), les recteurs de campagne, la petite bourgeoisie des bourgs, les hobereaux passés par les établissements d’enseignement religieux et attachés à la religion ainsi qu’au légitimisme.
9Mais qu’est-ce que le bretonisme ? Le plus simple est de reprendre ici la définition de Michel Lagrée :
« Sous ce terme générique, je retiendrai ici l’ensemble des attitudes qui vont au-delà de l’utilisation de la langue comme simple outil de communication et confère à cette utilisation une signification idéologique avec la dimension d’un engagement. À l’usage simplement véhiculaire se superpose en effet une volonté commune d’apologie et de défense de la langue bretonne, dont l’intérêt pour mon propos tient aux liens, souvent étroits avec l’apologie et la défense de la foi catholique1. »
10La création d’un journal en langue bretonne pose avec urgence la question de la norme orthographique et de la conception de la langue qui doit y primer. Les défenseurs du « brezhoneg beleg » (breton de prêtres : un breton truffé de mots français dont la syntaxe et l’orthographe se rapprochent le plus possible de cette dernière langue), s’opposent aux réformateurs du breton qui, à la suite de le Gonidec, prônent un breton « plus celtique » servi par une orthographe « scientifique ». Les premiers avaient remporté une victoire sur les seconds en 1855 lorsque le chanoine Alexandre avait remplacé l’abbé Henri à la tête de Liziri Breuriez ar Feiz. Dix ans plus tard, le rapport des forces s’est inversé car le bretonisme a fait son chemin dans les séminaires. Bretoniste lui-même mais pragmatique, Goulven Morvan a su trouver le juste milieu entre la rénovation de la langue par le purisme et la nécessité de se faire comprendre sans peine de son lectorat peu lettré. Il propose donc, dans son journal, une synthèse heureuse entre les canons d’une langue littéraire et son parler maternel de La Forest-Landerneau. Voulant parler de tout en breton, Goulven Morvan a fait sortir cette langue de son milieu naturel et a forgé un outil à la fois apte à décrire des situations inédites et facilement compréhensible par une population paysanne dont il est lui-même issu.
L’appel du large
Un monde dominé par l’Europe
11Les dix-neuf années de la publication de Feiz ha Breiz (1865-1884) sont celles des prémices de l’expansion coloniale française. Le monde est alors dominé par l’Europe grâce à une avance technologique qui la porte à croire en la supériorité de sa civilisation. En effet, rares sont les peuples qui peuvent s’opposer à la puissance maritime et militaire des États européens.
12À défaut de pouvoir déplacer les montagnes, la technologie, l’argent et les armes de l’Europe creusent le canal de Suez, jettent des fils télégraphiques à travers les océans, mettent l’Empire du Milieu à genoux, explorent et s’approprient les zones jusqu’alors blanches des cartes de géographie…
Un décentrement salutaire
13L’Église ne peut évidemment pas rester en marge de ce processus historique puisqu’elle se veut catholique et apostolique. Après avoir passé plus d’un demi-siècle à reconstituer son clergé et à reprendre l’ascendant sur ses ouailles après le traumatisme de la période révolutionnaire, les évêchés bretons bénéficient d’un surplus de vocations religieuses dont une partie s’oriente vers les missions extérieures.
14Pour Feiz ha Breiz, l’expansion catholique outre-mer permet de relativiser ses revers en Europe : épineuse question des États pontificaux et montée des nouvelles idéologies (nationalisme, républicanisme, socialisme, anticléricalisme…).
15De plus, à l’universalité des droits de l’homme proclamée par la Révolution, répond, pour les catholiques, l’universalité des droits de Dieu. Feiz ha Breiz présente le monde comme un immense champ de bataille où le Diable et le bon Dieu s’affrontent pour la possession des âmes. Si le catholicisme perd du terrain en Europe, il gagne des âmes par millions outre-mer. Les succès remportés dans les missions extérieures permettent à Feiz ha Breiz de faire espérer ses lecteurs en la victoire finale du bien sur le mal, de Dieu sur le Diable.
16Le mouvement missionnaire étant strictement encadré par Rome et au cœur de la politique pontificale de Pie IX et surtout de Léon XIII, il est l’un des vecteurs principaux de l’ultramontanisme. Le pape est donc à la fois, pour Feiz ha Breiz, un roi malheureux, assiégé dans son palais du Vatican par les ennemis de la foi, mais aussi le général en chef qui mène les armées de Dieu à la victoire. L’Église est donc non seulement catholique et apostolique mais elle reste romaine2.
Les typologies de Feiz ha Breiz
Les ethnonymes
17Missions et colonisation ont fait entrer nombre de peuples dans l’univers mental des Bretons. L’étude de Feiz ha Breiz est ici fort intéressante puisqu’elle permet d’appréhender la façon dont se sont construites les représentations mentales autour des peuples exotiques. Depuis Aristote, la première étape de la connaissance est d’en nommer les objets. Le choix des ethnonymes s’avère crucial dans la démarche épistémologique, quel que soit son niveau, puisqu’il engendre une typologie et, partant, une taxinomie. La lexicométrie est ici d’un précieux secours car elle permet non seulement de comptabiliser le nombre d’occurrences d’un nom mais aussi de mettre en évidence ses conditions d’utilisation.
18Si certains ethnonymes sont bien et anciennement connus des Bretons (Turc, Arabe, Chinois…), d’autres n’apparaissent qu’en contexte colonial ou missionnaire (Kabyle, Annamite, Kroumir…). L’objectif de Feiz ha Breiz n’étant pas d’offrir à ses lecteurs des descriptions ethnographiques poussées, même si cela arrive parfois comme dans le cas des Kabyles, les généralisations abusives y sont légions. Ainsi, des ethnonymes comme Turc ou Arabe peuvent souvent désigner l’ensemble des musulmans.
19En regard du nombre des toponymes cités, celui des ethnonymes est faible. En effet, Feiz ha Breiz ne voyant le monde que sous l’angle de la religion, les articles ont bien souvent la même forme : après avoir donné le nom du pays dont il est question, on ne parle que des chrétiens de ce pays, de ses païens, de ses infidèles, de ses sauvages ou demi-sauvages. Les Noirs sont eux invariablement qualifiés du nom de « morianed » (nègres) qui n’a pas a priori de connotation négative dans Feiz ha Breiz.
De l’origine des « races humaines »
20La question de l’origine des différents types humains est clairement posée dans Feiz ha Breiz. S’opposant aux théories darwiniennes réduites à leur vulgate (l’homme descend du singe) et au polygénisme (il existe plusieurs races d’hommes) professées par des savants athées et républicains voire francs-maçons comme Paul Broca et surtout Ernest Renan3, Feiz ha Breiz réaffirme la véracité du récit de la Genèse. Adam et Ève puis les lignées issues des différents patriarches (Noé, Abraham, Ismaël, etc.) sont censées expliquer à la fois l’unité et la diversité humaine. Les différences constatées dans le développement sociétal s’expliquent, quant à elles, par le poids du péché originel. Chassées du paradis terrestre, certaines populations sont tombées dans un état de dépravation plus ou moins bas selon la gravité des vices auxquels elles se sont adonnées. Seul le sacrifice du fils de Dieu sur une croix pour le salut de l’humanité a permis de rompre, selon Feiz ha Breiz, cette descente aux confins de l’animalité.

21Alors que les anthropologues et des scientifiques du xixe siècle réfléchissent en termes de race, Feiz ha Breiz n’emploie le mot « gouenn » que dans un sens très peu biologisé. Il y est en effet utilisé en concurrence et comme synonyme de lignée. On n’y trouve par exemple aucun équivalent à « race noire ».
22Jésus s’étant sacrifié sur la croix pour le salut de tous les hommes sans distinction de peuples ni de race, Feiz ha Breiz montre, récits de missionnaires à l’appui, que par le baptême, le pire sauvage peut devenir aussi intelligent et vertueux que n’importe quel chrétien d’Europe. La différence entre l’homme sauvage et l’homme civilisé n’est donc pas de nature mais bien de culture.
Le racialisme des descriptions
Du poids de l’hérédité
23Si les tenants du monogénisme biblique s’opposent de façon irréductible aux tenants du polygénisme « scientifique », tous se retrouvent sur la notion d’hérédité. D’Hippolyte Taine à Émile Zola, les penseurs, les historiens, les anthropologues et les écrivains du xixe siècle s’accordent sur le poids de l’hérédité. Vertus et vices sont censés se transmettre et s’accentuer de génération en génération. C’est ainsi que s’explique, pour les catholiques de Feiz ha Breiz, la déchéance de certains peuples. Les enfants héritent et cultivent les vices de leurs parents depuis le péché originel. C’est la raison pour laquelle voisinent dans Feiz ha Breiz des baptêmes décrits comme des métamorphoses et des récits de missionnaires qui racontent, dans le détail, les difficultés que ces derniers rencontrent pour faire sortir les pauvres infidèles du vice et de la barbarie. Cependant, la capacité de tous les hommes à entendre la bonne nouvelle est sans cesse réaffirmée. Si ce n’était pas le cas, à quoi servirait-il que les Bretons désargentés donnent tant pour sauver les âmes de « leurs frères ensevelis dans les ténèbres du péché ».
24En conséquence, la domination des missionnaires sur les indigènes convertis devra cesser dès qu’aura été formé un clergé indigène suffisamment nombreux et qualifié. À l’inverse, pour les colonialistes qui usent de l’argument humanitaire (faire sortir les indigènes de la barbarie), la domination coloniale est pérenne puisque les indigènes ne pourront jamais parvenir au niveau de leurs « bons maîtres4 ».
Un européocentrisme assumé
25Au-delà de l’indignation et de l’effroi que peuvent susciter certaines pratiques jugées barbares (absence de charité, cannibalisme, dépravation des mœurs, violence des persécutions contre les chrétiens, etc.), le ton que prend Feiz ha Breiz au sujet des peuples non chrétiens est celui de la commisération (ces pauvres païens). Ces peuples sont en effet considérés comme des victimes du Malin qui les maintient sous son joug. Or, celui qui exprime de la commisération est le plus souvent empreint de la conscience de sa propre supériorité. Le contexte de suprématie européenne sur le monde n’est sans doute étranger ni à ce sentiment de supériorité ni aux théories racialistes qui en découlent. Bien que combattues par l’Église, elles s’insinuent de plus en plus profondément dans la conscience collective des chrétiens d’Europe.
26De ce fait, les descriptions que donne Feiz ha Breiz des peuples exotiques ne diffèrent pas beaucoup de ce que l’on peut trouver dans la littérature coloniale. Les stéréotypes sont les mêmes et seul le héros diffère. Le conquérant et l’aventurier y sont en effet remplacés par le missionnaire qui, lui, ne tue pas le sauvage mais l’éduque et le sauve. Cependant, dans les deux cas, pour que le héros soit vraiment un héros, le sauvage doit être vraiment sauvage. On retrouve donc dans la littérature missionnaire, à laquelle Feiz ha Breiz participe, les stéréotypes de la littérature coloniale : le nègre fainéant, proche de l’animalité et parlant « petit nègre » ; l’arabe voleur, cruel et hypocrite ; le chinois obséquieux, cupide mais industrieux… Au fond, la seule différence, mais elle est de taille, entre la littérature coloniale et la littérature missionnaire, est que ces catégories sont considérées comme définitives dans le premier cas alors que la conversion au catholicisme et par conséquent l’accession à la civilisation (entendez européenne) sont non seulement considérées comme souhaitables mais aussi comme possibles.
L’exotisme comme procédé littéraire
Distraire le lecteur
27Au-delà de la description des peuples exotiques et du bienfait que sont pour eux les missions, Feiz ha Breiz utilise l’exotisme comme un procédé littéraire afin de distraire son public. Plus que les plaisanteries douteuses sur la couleur incongrue des Noirs5 et sur les superstitions idiotes des Chinois, c’est le dépaysement de trames narratives bien connues qui frappe le lecteur de Feiz ha Breiz. En les plaçant dans des décors et en les revêtant d’habits orientaux, proches de ceux des contes des mille et une nuits, les rédacteurs de Feiz ha Breiz recyclent des contes et des histoires bien connus du public breton. S’appuyant sur les stéréotypes développés par l’orientalisme et étudiées par Edward Saïd6, ces contes se trouvent réactualisés et plus crédibles que dans leur forme originelle.
Morale et catéchisme
28L’objectif premier de Feiz ha Breiz étant non seulement de distraire sainement son lectorat mais aussi de l’édifier, les récits de missionnaires qui y sont publiés ressemblent bien souvent dans leur composition aussi bien que dans leur ton à des chapitres de la Vie des Saints. Tous contiennent une morale, parfois implicite, parfois explicite.
29Feiz ha Breiz se délecte tout particulièrement des histoires de petites esclaves africaines rachetées par de bons missionnaires à leurs méchants maîtres musulmans. Le lecteur peut suivre de semaine en semaine les progrès de ces « petites négresses » confiées aux bons soins des religieuses, il peut les suivre dans l’apprentissage des vertus et de la foi chrétienne. Notons que la méthode est habile puisqu’elle permet aux prêtres qui écrivent dans Feiz ha Breiz de donner, sans en avoir l’air, un cycle complet de révision du catéchisme à leurs lecteurs.
« Hors de l’Église, point de Salut »
Des peuples abusés par Satan
30La Révolution ayant ramené la religion au rang de simple opinion7, l’adhésion au catholicisme ne va plus de soi. En réaction, se développe l’idée que résume la formule : « Hors de l’Église, point de Salut. » Par le biais de cet axiome, prend forme une conception du monde proche du manichéisme : le Diable et le Bon Dieu sont aux prises pour savoir lequel d’entre eux possédera le plus d’âmes. Le Malin, appelé « père du mensonge », a créé les « fausses religions » pour détourner les hommes du chemin du paradis. Satan, appelé aussi « singe de Dieu », pour tromper les hommes et les mener en enfer, copie les Œuvres que Dieu et son fils ont mises en place pour assurer leur salut. Les infidèles ne sont donc pas présentés dans Feiz ha Breiz comme des gens mauvais par nature mais bien comme des victimes, des pauvres gens abusés par Satan. Pour Feiz ha Breiz, il ne fait aucun doute que c’est Satan qui pousse les infidèles à se vautrer dans le vice et la barbarie. Ainsi, lors des persécutions, missionnaires et nouveaux chrétiens prient pour, qu’à la vue de leur exemple, leurs bourreaux ouvrent les yeux à la vérité et soient, eux aussi, sauvés.
Les nouveaux infidèles
31Feiz ha Breiz, qui voit le Diable derrière toutes les atteintes à la religion et au pouvoir de l’Église, n’a de cesse que de dénoncer ceux qui entendent laïciser la vie publique. Le départ de Goulven Morvan de Feiz ha Breiz coïncide à peu près avec l’installation définitive de la IIIe République après l’échec de la restauration monarchique. Feiz ha Breiz devient d’autant plus politique et virulent que les menaces se précisent. Si nous reprenons le schéma proposé plus haut, nous constatons que les flèches simples et les flèches pointées sont parallèles quand elles indiquent l’idée de progrès de la sauvagerie vers la civilisation chrétienne mais qu’elles divergent ensuite. En effet, pour Feiz ha Breiz, la civilisation ne s’améliora qu’à condition d’affermir sa soumission à la loi divine, c’est-à-dire à l’Église. En revanche, pour les républicains, la religion doit céder la place à la science pour mener l’humanité sur la voie du progrès.
32Feiz ha Breiz voit derrière les lois de laïcisation de l’enseignement, la loi sur le divorce et le refus de nommer des aumôniers pour assister les militaires et les marins, autant de lois scélérates inspirées par le Diable lui-même. Il s’agit de détourner la France, « fille aînée de l’Église », de sa mission qui est, depuis Clovis, de défendre l’Église et d’aider à la propagation de la foi. Du point de vue de Feiz ha Breiz, il ne fait aucun doute que les valets de Satan, que sont les républicains, cherchent à atteindre cet objectif en ramenant les Français au niveau des sauvages, en les privant de leurs guides spirituels et en sapant la base de l’organisation sociale qu’est la famille. Voyant dans les malheurs du temps les signes annonciateurs de la colère divine, les accents apocalyptiques ne sont pas absents de Feiz ha Breiz. La traumatisante défaite de Sedan semblant confirmer les prophéties de Notre-Dame de la Sallette, Feiz ha Breiz en appelle au recueillement national. Autrement, la France risque de connaître le sort de peuples autrefois puissants et prospères comme les Kabyles qui, en raison de leur conversion à l’islam et de la dépravation de leurs mœurs, risquent de disparaître.
Le missionnaire, héros de son temps
Une Bretagne riche en vocations
33La Bretagne, surtout dans sa partie orientale où sont fortement implantés des bastions du catholicisme, ayant réussi à reconstituer son clergé plus rapidement que d’autres provinces après la quasi-absence d’ordinations pendant la période révolutionnaire, elle connaît un excédent de vocations qui, dès les années 1850, préfère s’orienter vers les missions extérieures plutôt que de s’agréger à d’autres diocèses français. Bien que les évêques préféreraient garder auprès d’eux certains de ces éléments très dynamiques, le mouvement s’amplifie. Les élèves des établissements religieux d’enseignement et des séminaires s’enflamment en écoutant les conférences données par des missionnaires dont ils lisent les exploits dans les Annales de la propagation de la foi ou Liziri Breuriez ar Feiz. Beaucoup n’aspirent qu’à suivre un frère, un oncle ou un cousin car la vocation missionnaire est souvent une affaire de famille. Ces missionnaires se recrutent surtout dans l’Argoat et dans la frange occidentale de la Haute-Bretagne où les Frères des Écoles de Ploërmel sont le mieux implantés8.
Les nouveaux apôtres
34La représentation des missionnaires et de leur action dans Feiz ha Breiz est presque toujours la même et seul le changement de cadre géographique et l’insistance sur un point plutôt qu’un autre apportent de la variété au discours que l’on peut résumer ainsi : à la suite du Christ, de ses disciples et des apôtres, les missionnaires doivent continuer l’œuvre de l’Église qui ne s’achèvera que lorsque la Bonne Nouvelle aura été portée et entendue partout dans le monde. Abandonnant tout (pays, famille, amis) les missionnaires s’en vont vers des contrées inconnues et bien souvent inhospitalières avec la Bible et la foi pour seules armes. Afin de mener à bien leur apostolat, ils doivent apprendre les langues et être, au milieu de populations pécheresses, des exemples de sainteté et de dévouement. Ce n’est qu’à ce prix, en incarnant l’amour de Dieu, que les missionnaires et les sœurs peuvent gagner les cœurs les plus durs. Or, parti prêcher l’amour de Dieu et de son prochain, le missionnaire ne trouve souvent sur place que la haine, la persécution et parfois le martyre.
Une spiritualité du martyre
La mémoire de la Révolution
35L’expérience de la clandestinité pendant la période révolutionnaire a été à l’origine de la vocation de la plupart des fondateurs ou des refondateurs de congrégations missionnaires. En effet, dans ces moments de trouble et de danger permanent, les choix personnels prennent une importance capitale. La persécution et la perspective d’une mort prochaine posent au chrétien la question de son salut de manière urgente : « Je n’ai qu’une seule âme et je dois la sauver. » La plupart des missionnaires, dont les Annales de la propagation de la foi racontent les exploits et les tourments, étaient nés pendant ou juste après la Révolution. Discours missionnaire et discours anti-révolutionnaire étaient donc intimement liés. Ainsi, dans les colonnes de Feiz ha Breiz, les exploits ou les malheurs des chouans et des prêtres réfractaires côtoient ceux des missionnaires. Il n’est dès lors pas étonnant que se soit développée, dans la jeunesse catholique bretonne, l’aspiration à vivre sa foi de façon extrême et ceci, jusqu’au martyre9.
Les graines de chrétienté
36L’étude de Feiz ha Breiz nous mène à des conclusions proches de celles développées par Jean-Frédéric Schaub sur le livre d’Aphra Behn10. Les non-chrétiens, quels qu’ils soient, n’étant pas différents de nous par nature mais se situant à un degré inférieur sur l’échelle du progrès, leur situation peut être comparée à celle de nos ancêtres. De cette perspective à la fois synchronique et diachronique, se dessine un triangle explicatif, suggéré par J.-F. Schaub, dont les pointes sont : nous, nos ancêtres, nos contemporains (voir schéma page suivante). L’avantage de cette représentation graphique est qu’elle peut être adaptée à quasiment toutes les situations de comparaisons historiques à partir du moment où l’on n’accepte l’idée, aujourd’hui plus que contestable, que le progrès a la même signification pour tous et que la civilisation européenne est un aboutissement. Feiz ha Breiz étant dans ce cas, on ne s’étonnera pas de voir les ancêtres des Bretons qualifiés de sauvages et comparés aux anthropophages îles Fidji. Par glissement, les anticléricaux peuvent être comparés aux païens qui persécutent les chrétiens en Corée ou ailleurs.
37Ainsi, les missionnaires étant comparés aux apôtres des premiers temps de l’Église, les nouveaux chrétiens des missions sont comparés aux chrétiens de l’empire romain.

38Tirant de l’histoire de l’Église la conclusion que c’est dans le sang des martyrs que germent les graines de chrétiens, les persécutions sont considérées comme un mal nécessaire à l’établissement de nouvelles chrétientés. Afin d’appuyer cette idée, Feiz ha Breiz décrit, avec un luxe de détails aux limites du supportable, les différentes techniques en usage de par le monde pour persécuter et martyriser les chrétiens. Le lecteur breton de la fin du xixe siècle ne pouvait manquer d’établir une analogie avec les martyres relatés dans la Vie des Saints.
Yann Vrezhoneger et l’effort missionnaire
Une sensibilité humanitaire
39On pleure beaucoup dans Feiz ha Breiz, que l’on soit paysan, prêtre et même pape. L’élargissement des horizons et la prise de conscience de la dimension mondiale de l’Église font naître au sein de la population une nouvelle sensibilité humanitaire. Le respect et la charité dus aux pauvres ne sont certes pas une nouveauté dans la Bretagne rurale du xixe siècle mais l’aumône se faisait dans une proximité physique et culturelle. Feiz ha Breiz nous permet d’assister au développement de campagnes de charité en faveur de populations lointaines. Il s’agit tout d’abord de secourir les victimes de la famine en Algérie à la fin des années 1860 et plus particulièrement d’aider les orphelinats créés par Mgr Lavigerie. Il s’agit ensuite, dix ans plus tard, de venir en aide à l’Inde. On peut, sans faillir, parler de développement de cette sensibilité humanitaire puisque les dons versés par les lecteurs de Feiz ha Breiz sont plus importants lors de la deuxième campagne que lors de la première, alors que la proximité avec l’Algérie est beaucoup plus grande.
40Afin d’augmenter les dons à l’Œuvre de la Propagation de la Foi et à l’Œuvre de la Sainte Enfance, Feiz ha Breiz suscite la commisération en n’hésitant pas à jouer de la corde sensible dans ses articles. L’odieuse réalité de la traite négrière orientale, qui perdure au xixe siècle, est l’objet de nombreux articles et beaucoup insistent sur les rapts d’enfants sous les yeux éplorés de leur mère. Et que dire des articles sur ces orphelinats chinois où les religieuses et les missionnaires recueillent les enfants abandonnés ou jetés dans les rivières ?
41Feiz ha Breiz n’est probablement pas étranger au succès de l’Œuvre de la Propagation de la Foi en Basse + Bretagne même si cette dynamique concerne toute la province et doit être replacée dans le cadre français puisque la France verse, à elle seule, plus de la moitié des dons recueillis par cette Œuvre dans le monde entier et fournit les deux tiers des missionnaires catholiques.
Une assurance Salut
42Le premier argument utilisé par Feiz ha Breiz afin que les Bretons s’impliquent dans l’Œuvre de la Propagation de la Foi est qu’il s’agit là de la meilleure façon de remercier Dieu de les avoir fait naître dans un pays catholique, loin de la barbarie des infidèles, et par conséquent de leur permettre d’assurer plus facilement leur salut. La défaite de Sedan, selon Feiz ha Breiz, a rendu évidente la colère de Dieu contre la France et son bras pourrait à nouveau s’abattre sur ce pays s’il ne revient pas sur le droit chemin. L’Œuvre de la Propagation de la Foi étant celle qui plaît le plus à Dieu, y investir son argent constitue la meilleure assurance Salut que l’on puisse trouver. Dans leurs lettres, les missionnaires ne cessent de remercier ceux qui les aident à accomplir leur difficile tâche en les assurant qu’ils sont payés en retour par leurs prières et celles des nouveaux chrétiens.
43Vendant ainsi une assurance Salut, Feiz ha Breiz prend bien soin de discréditer la concurrence : les protestants. En effet, ces courtiers (les missionnaires protestants) ne vendent que du vent, puisque seule la religion catholique permet d’accéder au paradis. Qui plus est, ils sont plus soucieux de faire des affaires que d’aider les malheureux infidèles. Pour montrer que le protestantisme est un très mauvais placement, Feiz ha Breiz insiste régulièrement sur le coût faramineux des missions protestantes par rapport au nombre de conversions qu’elles enregistrent et ceci en comparaison avec les missions catholiques si efficaces et dont les membres ne prennent quasiment rien pour eux.
Missions et colonisation
L’alliance du sabre et du goupillon
44Cette opposition au protestantisme se retrouve aussi dans les liens qu’entretiennent missions et colonisation. En effet, le protestantisme est associé à l’Angleterre alors que le catholicisme est associé à la France, fille aînée de l’Église. Missions catholiques et colonisation française semblent donc intimement liées. Depuis François Ier, la France se veut la protectrice des missions catholiques et des chrétiens d’Orient. Dans la continuité, la politique extérieure du Second Empire est en grande partie assise sur cette revendication. À l’exception notable du « royaume arabe », cher à Napoléon III, la France utilisera continuellement ce rôle comme le levier de sa diplomatie et la IIIe République laïque n’y dérogera pas.
45« L’alliance du sabre et du goupillon » ne repose cependant que sur une communauté d’intérêts à un moment donné de l’histoire. En effet, l’Église catholique avait été échaudée par l’expérience du patronato, c’est-à-dire la délégation aux royautés ibériques de la charge d’évangéliser les populations conquises. Les indigènes avaient certes été évangélisés mais ils avaient surtout été décimés et souvent réduits en esclavage. C’est la raison pour laquelle avait été créée la Congrégation pour la propagation de la foi (Congregatio de Propaganda Fide) en 1622. L’objectif devient alors d’envoyer des missionnaires de par le monde afin de christianiser des royaumes en dehors de toute conquête par un État européen.
46Lors de la reprise de l’expansion européenne outre-mer au xixe siècle, l’Église entend conserver sa liberté d’action même si elle a besoin du soutien logistique des puissances européennes et notamment de la France. De leur côté, les républicains français ont tout intérêt à soutenir les missions qui, grâce à leurs écoles, forment à peu de frais les relais indigènes dont les autorités coloniales ont besoin. Même s’ils sont eux-mêmes athées et pratiquent, en France, une politique anticléricale, les républicains ne voient pas non plus d’inconvénient à ce que les missionnaires civilisent (entendons christianisent) les indigènes et leur inculquent une religion qui prône le respect des hiérarchies et de l’ordre établi. « L’anticléricalisme n’est pas un produit d’exportation », disait Gambetta à Mgr Lavigerie11.
Le paradoxe du missionnaire
47Les missionnaires, à partir des années 1880, se trouvent donc dans une situation paradoxale. D’un côté, ils sont chassés par les lois de laïcisation d’une France dont ils réprouvent l’évolution vers le scientisme et le matérialisme et d’un autre côté, ils doivent leur succès outre-mer au fait qu’ils enseignent sa culture auréolée du prestige de la domination. En effet, les indigènes envoient leurs enfants dans les écoles des missionnaires en espérant comprendre et capter la puissance du colonisateur. De plus, en contexte colonial, les missionnaires ont tendance à moins respecter les cultures autochtones puisqu’ils partagent avec le colonisateur les mêmes références culturelles à défaut d’avoir les mêmes idées politiques. Ainsi, et bien qu’ils se défendent de vouloir transformer les indigènes en Européens, les missionnaires sont des coloniaux puisqu’ils colonisent les imaginaires en évangélisant.
48Cependant, il serait tout à fait exagéré de réduire les missions catholiques à de simples auxiliaires de la colonisation française. Les frictions sont en effet nombreuses entre les missionnaires et les autorités coloniales : utilisation des langues vernaculaires dans la liturgie et l’enseignement, dénonciation du travail forcé, des mauvais traitements, hypocrisie du discours sur les droits de l’homme…
Conclusion
49Les populations autochtones ne semblent pas avoir fait cette confusion puisque lors du mouvement des indépendances, les missionnaires ne sont pas repartis dans les fourgons de l’envahisseur mais sont bien restés sur place. Les missionnaires, débarrassés du cadre colonial, des confusions et des compromissions qu’il pouvait engendrer, ont pu, encouragés aussi par les conclusions de Vatican II, aider à la naissance de véritables Églises indigènes, capables à terme de se passer d’eux. Feiz ha Breiz a, malheureusement pour les bretonnants et les historiens, cessé sa publication à la veille des grands débats sur la colonisation et de la conférence de Berlin qui donne le départ d’une véritable course aux colonies. Cependant, comme nous avons pu le constater à la lecture de Feiz ha Breiz, les bases du racialisme républicain et colonialiste sont déjà en place. Si la Shoah et la décolonisation ont déconsidéré ce racisme scientifique, il a profondément marqué l’inconscient européen et a durablement influencé un racisme ordinaire difficilement extirpable. En effet, on ne naît pas antiraciste, on le devient. Par ailleurs, l’imaginaire missionnaire n’a pas complètement disparu mais a mué en imaginaire humanitaire comme le souligne Rony Brauman dans son étude du discours de certaines organisations caritatives12.
Notes de bas de page
1Lagrée M., Religion et culture en Bretagne, Paris, Fayard, 1992, p 233.
2Prudhomme C., Stratégie missionnaire du Saint-Siège sous Léon XIII (1878-1903), Rome, École française de Rome, 1994
3Reynaud-Paligot C., La République raciale. Paradigme racial et idéologie républicaine (1860-1930), Paris, PUF, 2006.
4Todorov T., Nous et les autres. La réflexion française sur la diversité humaine, Paris, Le Seuil, 1989.
5Ruscio A., Le credo de l’homme blanc, Bruxelles, Complex, 2002.
6Saïd E., L’orientalisme. L’Orient créé par l’Occident, Paris, Le Seuil, 1980 (VO en 1978).
7Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789. « Article 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. »
8Michel J., Missionnaires bretons d’outre-mer aux xixe et xxe siècles, Rennes, PUR, 1997.
9Cholvy G. (dir.), L’éveil des catholiques français à la dimension internationale de leur foi, Montpellier, Centre régional d’histoire des mentalités, université Paul Valéry, 1996.
10Schaub J.-F., Oroonoko prince et esclave. Roman colonial de l’incertitude, Paris, Le Seuil, 2008.
11Prudhomme C., Missions chrétiennes et colonisation, Paris, Cerf, 2004.
12Brauman R., « Mission civilisatrice, ingérence humanitaire », Le Monde diplomatique, septembre 2005, p. 2.
Auteur
-
Cédric Choplin
Docteur en breton et celtique, professeur certifié de breton et d’histoire-géographie au lycée Jean Macé de Rennes et chargé de cours à l’université Rennes 2, membre associé du Centre de recherche bretonne et celtique (université européenne de Bretagne, F-35000 Rennes, France ; université Rennes 2, CRBC, ÉA 4451, F-35000 Rennes, France), groupe de recherche Ermine (Équipe de recherche sur les minorités nationales et les ethnicités).
Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Devenir sujet de recherche
L’expérience des malades du cancer en essai clinique
Benjamin Derbez
2021
Comment rester soi-même dans les affres et délices du vivre-ensemble ?
Manuel psychosocial d’autodéfense intellectuelle
François Le Poultier
2023
Comment voguer avec discernement sur des mers encombrées d’imposteurs ?
Manuel psychosocial d’autodéfense intellectuelle - Tome 2
François Le Poultier
2022
Nuit Debout
Des citoyens en quête de réinvention démocratique
Christine Guionnet et Michel Wieviorka (dir.)
2021
L’attention médicamentée
La Ritaline à l’école
Luciana Vieira Caliman, Yves Citton et Maria Renata Prado Martin (dir.)
2023
