Renouvellement des activités et des identités insulaires : l’île de Batz face aux bouleversements économiques et sociaux (1850-1914)
p. 275-283
Texte intégral
1Dans la deuxième moitié du xixe siècle, les îles bretonnes connaissent des bouleversements sociaux et économiques d’envergure. Désormais desservies de manière plus régulière grâce à la mise en place de liaisons assurées par des vapeurs, objets d’une curiosité aiguisée de la part de visiteurs en nombre croissant qui les érigent au rang de paysages exemplaires, elles voient également la composition de leurs populations se transformer sous l’effet d’une immigration d’origine continentale grandissante et assistent au renouvellement des activités économiques, des métiers et des pratiques. Batz1 constitue à cet égard un cas particulier. Alors que nombre d’îles, à l’exemple de Groix, Belle-Île, Molène et Sein, développent l’exploitation de la pêche, elle se trouve confrontée, entre 1850 et 1914, au déclin des activités maritimes et à l’essor de l’agriculture. Les recensements quinquennaux, en dépit des réserves inhérentes à leur exécution, se révèlent particulièrement éloquents. Le recensement de 18662 laisse entrevoir l’importance de l’agriculture et de la marine, qui emploient respectivement, si l’on considère l’ensemble de la population, 41 % et 30 % des habitants. La pêche ne concerne qu’un pour cent des insulaires, le commerce et les métiers liés au bâtiment et à l’habillement sont, quant à eux, le fait de 9 % de la population. En 1891, la répartition se révèle sensiblement modifiée3. L’agriculture et la marine occupent désormais 47 % et 30 % des insulaires, le commerce et les métiers « industriels » 9 % de la population. Le déclin des professions maritimes au profit de l’agriculture apparaît plus manifeste encore à la lecture des listes électorales. En 1849, 62 % des électeurs sont marins, 10 % sont qualifiés de cultivateurs, 13 % relèvent de l’industrie et du commerce, 15 % enfin correspondent à différentes fonctions administratives et religieuses4. En 1910, la répartition se révèle sensiblement différente. Si les marins constituent toujours 62 % des électeurs, les cultivateurs représentent quant à eux 23 %, le bâtiment et le commerce 4 %, les charges administratives et religieuses 11 %5. Cette évolution professionnelle trouve son origine non seulement dans la crise de l’armement au commerce, qui contraint nombre de marins à quitter l’île pour trouver des embarquements au Havre ou à Boulogne, mais aussi dans l’immigration de populations issues de communes rurales du Léon composées pour la plupart de cultivateurs. Elle implique des mutations au niveau de la pluriactivité. Rappelons en effet que Batz, à l’image des autres îles et plus généralement du littoral breton, renferme de multiples activités, juxtaposées, entremêlées, imbriquées, qui obéissent à des logiques de contrainte ou à des stratégies d’indépendance, qui conduisent à un entrelacement de mondes différents et à l’établissement de modes de vie spécifiques.
2Dès lors, il importe d’envisager les formes successives que revêt la pluriactivité, de s’interroger sur son évolution au cours de ce qui apparaît comme une période de transition, d’analyser les discours que livrent les observateurs extérieurs et les populations insulaires, relevant ou occultant, selon les cas, une réalité sociale souvent complexe. La définition même du terme de pluriactivité, couramment admise, invite à distinguer la pluriactivité individuelle et la pluriactivité familiale.
Une pluriactivité individuelle souvent occultée, parfois relevée
3Dans la deuxième moitié du xixe siècle, la pluriactivité individuelle peut se décliner sous différentes formes, dont certaines persistent, alors que d’autres subissent des métamorphoses. Son étude se heurte aux obstacles mis en évidence par les historiens des campagnes6. Les recensements quinquennaux, les listes nominatives et les listes électorales ne se révèlent guère éloquents. La liste nominative de 1851 ne comprend ainsi que deux dénominations « mixtes », à savoir « meunier fermier » et « propriétaire, capitaine au commerce7 ». Celle de 1901 n’en renferme aucune8. La rareté de la double terminologie prolonge les silences constatés à l’égard des communautés littorales au xviiie siècle9, mais aussi de bien des communes rurales du xixe siècle10. De fait, les administrateurs s’emploient rarement à relever la juxtaposition des activités. Leur attitude illustre la difficulté qu’ils éprouvent à cerner un phénomène peu visible lors d’une stricte opération de recensement. Elle traduit également leur indifférence à l’égard de pratiques considérées probablement comme secondaires, dont l’existence même ne relève pas de leur champ de préoccupation. Il est possible, enfin, qu’elle s’explique par les représentations des insulaires que les contemporains proposent et sur lesquelles il convient de s’attarder.
4Rappelons en premier lieu que la seconde moitié du xixe siècle voit se multiplier les témoignages sur les îles. Les administrateurs, mais aussi voyageurs, les écrivains, les sociologues et les géographes se rendent dans les îles dont ils livrent des descriptions approfondies11. Cette période coïncide également avec le moment où les habitants de Batz forgent, sinon affirment, le sentiment d’une identité insulaire, soulignant la spécificité de leur espace et la singularité de leur condition. Si les sources restent à cet égard limitées, réduites principalement aux correspondances échangées avec les autorités administratives et aux délibérations municipales, elles laissent néanmoins entrevoir quelques bribes d’un discours de soi. Elles permettent ainsi de cerner la présentation d’eux-mêmes que les insulaires, tout au moins une partie d’entre eux, estiment la plus efficace dans un contexte donné. Il importe donc de définir ces regards, que l’on pourrait qualifier d’extérieurs et d’intérieurs, dont les logiques sont différentes, les intérêts dissemblables, les finalités divergentes.
5De fait, face à une pluriactivité contrastée et complexe, qui se révèle loin d’être immuable dans le temps, les observateurs extérieurs et les insulaires livrent des discours qui paraissent non seulement ambivalents, exacerbant l’importance de certaines activités professionnelles, en délaissant d’autres, mais aussi, à bien des égards, figés et stéréotypés. Les observateurs s’emploient généralement à mettre en évidence l’unicité professionnelle qui prévaut à Batz comme dans les autres îles. Ils soulignent la prépondérance des professions maritimes, louant l’excellence professionnelle des hommes, voire même leur vocation maritime. Les insulaires constituent ainsi, de manière indifférenciée, des « hommes de mer12 », des « hardis pêcheurs13 » ou encore des marins dont « l’intrépidité14 » est soulignée. Dans ce cadre, les autres métiers masculins, mais aussi les différentes formes de pluriactivité ainsi que les mutations que cette dernière peut connaître, ne sont guère relevés. Les insulaires semblent partager largement ces points de vue globalisants, réducteurs et mettent en avant une identité professionnelle unique. Prolongeant la promotion de leur utilité sous l’Ancien Régime, ils vantent, en des termes proches des expressions employées par les visiteurs, la qualité, voire l’excellence de leur population « composée de marins15 ». Cette présentation d’eux-mêmes paraît s’accompagner d’un mépris envers ceux qui exercent le métier d’agriculteurs. Ainsi, en 1880, alors que la coupe du goémon est rendue plus aisée pour les continentaux depuis le décret de 1868, entraînant une immigration croissante16, les insulaires déplorent « l’irruption d’étrangers venus de toutes les communes rurales environnantes et n’ayant […] pour la plupart de paysan que le nom17 ». Si la critique ne porte pas de manière explicite sur la profession même d’agriculteurs, elle n’en suggère pas moins une appréciation négative. Une évolution se fait toutefois sentir dans les propos. En 1898, les insulaires se présentent désormais sous les traits d’un ensemble hétéroclite formé de « marins, pêcheurs, petits cultivateurs18 ». Ce réaménagement timide des représentations traduit les bouleversements professionnels et plus largement sociaux que connaît la population de l’île au cours de la seconde moitié du xixe siècle. Il illustre notamment la modification de la composition du conseil municipal dont l’incidence sur les propos doit être supposée. En 1884, la part des professions maritimes est de 75 %, aucun cultivateur ne figure parmi les élus. En 1896, les marins et autres capitaines représentent désormais 67 % des membres, les agriculteurs 25 %. En 1912, la différence entre les deux parties s’atténue encore. Les premiers composent désormais 58 % du conseil, les seconds 42 %19. En dépit de ce changement timide de présentation, les insulaires n’en livrent pas moins des discours qui, à l’instar des images extérieures, prêtent peu d’attention tant aux professions autres que « maritimes » qu’à la pluriactivité masculine.
6Certaines sources laissent toutefois entrevoir des activités enchâssées, des temporalités imbriquées, des espaces terrestres et maritimes souvent liés. Les registres de l’inscription maritime regorgent d’exemples de marins qui conjuguent, au cours de leurs carrières, des professions plurielles, obéissant à des parcours qui entremêlent marine d’État, marine marchande et pêche20, comptabilisant par exemple pour l’un 237 mois de service dans la marine marchande et dix-sept mois de pêche21, pour l’autre 87 mois de marine marchande, neuf mois de pêche, 32 mois de marine d’État22. En outre, même si les registres consultés n’en font pas état, il paraît probable qu’entre deux embarquements nombre de marins s’adonnent à la pêche, et ce d’autant plus que les intervalles s’allongent avec la crise de l’armement à la fin du xixe siècle23. Il paraît également vraisemblable que les hommes, de retour pour quelques temps dans l’île, aident leurs femmes aux travaux des champs ou dans la récolte du goémon. Il convient également de souligner que certains insulaires, marins ou commerçants, investissent dans la terre, à l’exemple des capitaines au long cours qui forment le sommet de la hiérarchie sociale de Batz24. Enfin, nombre de cultivateurs, principalement issus des communes continentales, sont également goémoniers. Si la pluriactivité masculine ne présente guère d’originalité en regard des pratiques constatées dans les autres îles et plus généralement dans les communes littorales, il n’en demeure pas moins malaisé d’évaluer l’intensité de cette double activité masculine, d’en discerner son évolution, d’en établir la répartition temporelle, notamment journalière et hebdomadaire.
7Les sources administratives rendent l’étude des activités féminines plus délicate encore et relèvent rarement, par exemple, le fait que nombre de cultivatrices s’emploient dans le même temps à récolter du goémon ou que des commerçantes possèdent des terres25. En revanche, il est possible de trouver nombre de témoignages dans les observations que livrent les voyageurs. Ces derniers, à l’exemple de Yung26, Ardouin-Dumazet27 ou de Lalaing28, se nourrissent des mêmes logiques qui président à l’appréciation des professions masculines et tendent à démontrer l’unicité professionnelle des femmes. Ils ne s’attachent ainsi à dépeindre que deux activités, à savoir l’agriculture et la récolte du goémon. Il convient de souligner que, pour ces observateurs extérieurs comme pour les insulaires, l’estran compose un ensemble qui relève du domaine terrestre, du territoire communautaire. Dès lors, les représentations visent à présenter ces activités comme les deux versants d’une même pratique fondamentalement liée et exclusivement féminine. Certains observateurs s’inspirent à cet égard des portraits brossés au cours du xviiie siècle, tel Baudrillart dont la description reprend la mise en scène de l’inversion sociale et de la confusion sexuelle dessinée par Cambry29 :
« Cette femme, dont l’énergie dépasse souvent celle des hommes, n’en a pas fini avec le travail quand le soleil se couche. Pendant les nuits d’hiver, au milieu des tempêtes, dans une obscurité profonde, sur un rocher glissant, et comme suspendu sur l’abîme, elle saisit avec un râteau le goémon que la mer apporte30. »
8En dépit de l’atmosphère inquiétante qui émane de cette description, les différents tableaux des pratiques professionnelles féminines s’inscrivent généralement dans la volonté de présenter les îliennes comme les gardiennes d’une civilisation. Signalons enfin que les insulaires se montrent peu prolixes à l’égard des professions exercées par leurs femmes.
Une pluriactivité familiale valorisée, interprétée, revendiquée
9En regard des difficultés que soulève l’étude des multiples activités individuelles, il paraît plus facile de cerner les contours de la pluriactivité familiale, qui ne présente souvent guère d’originalité en regard des autres îles bretonnes, à l’exception toutefois d’une évolution qui se dessine au cours de la seconde moitié du xixe siècle.
10Le schéma classique, que l’on retrouve dans bien des communes insulaires et continentales, associe un marin et sa femme, cultivatrice. En 1851, si l’on considère les professions des chefs de ménages et de leur conjoint, 28,3 % des ménages présentent cette configuration31. En 1901, leur part baisse et constitue désormais 11 %32. La pluriactivité familiale revêt également d’autres formes dont l’importance se révèle grandissante au cours de la seconde moitié du xixe siècle. En 1851, au sein de 21 % des ménages, des professions administratives, industrielles, commerciales et agricoles se côtoient. L’île de Batz renferme ainsi un aubergiste et sa femme cultivatrice, un meunier et une cultivatrice, un capitaine de commerce et une commerçante, un préposé aux douanes et une cultivatrice, quatre aubergistes et leurs épouses cultivatrices, deux tailleurs de pierre dont les conjointes sont cultivatrices, deux charpentiers mariés à des cultivatrices33. En 1901, la part de ces ménages augmente et représente désormais 27 % des cas34. Outre les exemples précédemment cités, de nouvelles situations se font jour, tels un cordonnier et sa femme cultivatrice, un gardien de phare et une couturière, un boulanger et une couturière.
11Il importe de souligner que la pluriactivité se révèle plus complexe encore si l’on envisage les professions des descendants, des ascendants ou des collatéraux qui composent les ménages. La part de ces ménages où plusieurs activités se côtoient représente ainsi 64 % de l’ensemble des ménages en 1851 et 35,4 % en 190135. De manière classique, dans nombre de familles, la mère, ses filles et ses sœurs se livrent à l’agriculture, tandis que les hommes, père, fils et gendre, sont marins. Cette forme de pluriactivité paraît toutefois connaître une certaine baisse au cours de la seconde moitié du xixe siècle36. Bien d’autres cas de figure se révèlent également présents. Retenons notamment cette famille où, en 1851, le chef de ménage est aubergiste, sa femme cultivatrice, son fils marin, sa fille cultivatrice et son gendre gardien de phare. À la même date, citons également l’exemple de ces ménages formés d’un maçon, dont la femme est cultivatrice, les deux fils marins et la fille cultivatrice, ou d’un ancien marin et aubergiste, dont la femme et l’une de ses filles exercent la même profession que lui, dont les trois fils sont marins et les deux autres filles sont lingères37.
12Ces différentes formes de pluriactivité connaissent cependant une évolution au cours de la seconde moitié du xixe siècle. L’importance de la monoactivité tend en effet à croître. La part des ménages où le chef et son épouse sont cultivateurs se révèle stable du milieu du xixe siècle au début du xxe siècle. Elle est de 11 % en 1851 et de 8 % en 190138. Une analyse plus approfondie montre cependant une augmentation des ménages dont le chef, ainsi que ses descendants et collatéraux, sont cultivateurs. Si l’on prend en considération les ménages composés d’au moins deux personnes en âge d’exercer une profession, leur part est de 19 % en 1851 et de 27,7 % en 190139. Des lignées d’agriculteurs sont ainsi constituées, à l’exemple de cette famille où, en 1901, le père, le fils, la belle-fille et le neveu exercent cette profession, ou de ce ménage, dont la mère, le gendre, les deux filles et le fils sont cultivateurs. Cette monoactivité agricole, qui reste le fait d’une partie de la population, se révèle loin d’être exclusive à plus long terme40. Si elle apparaît spécifique par rapport à la situation des autres îles bretonnes dont certaines, telles Groix et Belle-Île voient se développer une monoactivité « maritime » du fait du développement des conserveries, elle ne fait que refléter la spécialisation du littoral, notamment de la région de Roscoff, auquel Batz fait face.
13Les sources administratives laissent ainsi entrevoir des formes de pluriactivité familiale qui ne renferment guère de spécificités, à l’exception du développement de la monoactivité agricole, et suggèrent l’imbrication de mondes et d’espaces qui sont loin d’être cloisonnés41. Les voyageurs et les géographes se révèlent également éloquents à l’égard de cette juxtaposition d’activités dont ils livrent de longues descriptions. Ils ne retiennent là encore que certains aspects et obéissent au principe d’une dualité professionnelle, attribuant aux hommes les métiers de la mer, assignant aux femmes les activités agricoles. À leurs yeux, l’équilibre immuable de ces deux parties distinctes, voire hermétiques, permet de maintenir une cohésion sociale rassurante. Par leur sédentarité et l’exploitation de petites propriétés, grâce au fait qu’elles insufflent aux marins l’amour du pays natal, les îliennes apaisent les craintes quant à la mobilité extrême de ces derniers. En outre, l’organisation sociale de l’île traduit la survivance, certes provisoire, d’une économie fondée sur l’autosubsistance, héritée de l’Ancien Régime. Elle permet ainsi d’abonder dans le sens d’une société archaïsante, réceptacle et conservatoire de traditions singulières, que l’on retrouve également dans les représentations des autres îles bretonnes.
14Rares sont ceux qui relèvent les conséquences de la crise de l’armement au commerce et constatent une évolution timide dans cette répartition des tâches. Baudrillart remarque ainsi que « la diminution de la marine […] ramène les hommes vers le sol42 » et rend par conséquent plus rare, dans l’ensemble des îles bretonnes, ce mode d’organisation familiale. Il livre toutefois ce constat « sans regret43 » dans la mesure où cette distribution des activités est loin de constituer, à ses yeux, une situation exemplaire. À l’inverse, un sentiment d’amertume s’empare des insulaires qui, sans mettre en évidence l’existence d’une pluriactivité familiale, notent toutefois, dès 1879, la disparition progressive de leur organisation sociale et signalent par exemple :
« Quand la navigation rapportait des bénéfices, chaque marin au retour d’un voyage fructueux achetait à des prix élevés une portion de terre44. »
15En dépit de ces divergences d’appréciation quant à l’évolution de la pluriactivité familiale, visiteurs et insulaires se rejoignent dans la promotion d’un ordre communautaire, symbole d’harmonie de la société, dont l’évanouissement est d’autant plus redouté qu’il s’annonce proche.
***
16Les pluriactivités individuelle et familiale, présentes dans l’île de Batz, ne revêtent ainsi guère de spécificités en comparaison avec la situation des autres îles bretonnes. Seul le développement d’une monoactivité agricole, qui reflète l’évolution des communes continentales du Léon, se révèle singulier. Paradoxalement, au cours de cette période où coexistent et se renouvellent des organisations complexes, des stratégies familiales parfois contraires, les regards extérieurs et intérieurs tranchent par leur aspect réducteur et globalisant, figé et stéréotypé, édifiant le tableau d’une société où hommes et femmes composent deux mondes antinomiques mais complémentaires.
Notes de bas de page
1L’île de Batz, d’une superficie de 357 hectares, est située à quatre kilomètres de Roscoff, dans le Finistère.
2Arch. dép. du Finistère, 6 M 70.
3Arch. dép. du Finistère, 6 M 74.
4Arch. dép. du Finistère, 3 M 148.
5Idem.
6Notamment par Garrier (Gilbert), Hubscher (Ronald) (dir.), Entre faucilles et marteaux. Pluriactivités et stratégies paysannes, Lyon/Paris, Presses universitaires de Lyon/Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme, 1988, 242 p.
7Arch. dép. du Finistère, 6 M 333.
8Idem.
9Le Bouëdec (Gérard), « La pluriactivité dans les sociétés littorales xviie-xixe siècle », Annales de Bretagne et des pays d’Ouest, t. 109, 2002, n° 1, p. 61-89.
10Hubscher (Ronald), « Une nouvelle clé de lecture des sociétés rurales : l’exemple du Nord de la France », dans Garrier (Gilbert), Hubscher (Ronald), op. cit., p. 41.
11Salomé (Karine), Les représentations des îles bretonnes (1750-1914). Étude comparée du regard de l’autre et du regard sur soi, Thèse de doctorat d’histoire, Université de Paris 1, 2002.
12Yung (E.), Sous le ciel breton, Paris, Fischbacher, 1894, p. 23.
13Heredia (Jose Maria de), Les trophées, Paris, Belles Lettres, [1893], 1984, p. 171.
14Joanne (P.), Itinéraire général de la France. Bretagne, Paris, Hachette, 1873, p. 442.
15Arch. dép. du Finistère, E dépôt, délibérations municipales de Batz, 13 août 1859.
16En 1872, la part des non-insulaires est de 11,1 % de la population ; en 1906, elle est de 13,9 %.
17Arch. dép. du Finistère, E dépôt, délibérations municipales de Batz, 19 octobre 1880.
18Arch. dép. du Finistère, 3 Z 59, Lettre du maire au sous-préfet, 22 février 1898.
19Arch. dép. du Finistère, 3 M 526.
20Il convient de souligner que certaines carrières de marins se caractérisent par leur unicité. Les registres de l’Inscription maritime renferment des exemples où pendant plus de vingt ans, un même marin navigue dans la Marine d’État.
21Service historique du port de Brest, Syndicat de Roscoff, 6 P3 392, Inscrits définitifs, Yves Castel, 1910.
22Service historique du port de Brest, Syndicat de Roscoff, 6 P3 116, Inscrits définitifs, Jacques Le Gall, 1864.
23Les registres consultés renferment ainsi l’exemple d’un marin de commerce d’Ouessant, « disparu en mer […] étant à lever ses casiers », Service historique du port de Brest, syndicat d’Ouessant, 2 P3 295, Inscrits définitifs, Pierre Mazéas, décédé en 1864.
24Patrick Le Guirriec signale la suprématie d’une quarantaine de capitaines au long cours, propriétaires en 1872. « Mariages de raison et spéculation d’intérêt. Marins et cultivateurs à l’île de Batz de 1870 à 1970 », Anthropologie sociale et ethnologie de la France, Actes du colloque du centre d’ethnologie française et du musée des Arts et traditions populaires, Louvain-la-neuve, Peeters, 1990, tome 2, p. 239-251.
25Les recensements et les listes nominatives font généralement état des professions des femmes lorsque ces dernières vivent seules, moins lorsqu’elles sont mariées.
26Yung (E.), Sous le ciel breton, op. cit.
27Voyage en France, Paris, Berger-Levrault, 1896, t. 5.
28De Cherbourg à Saint-Nazaire par la plage, Lille, J. Lefort, 1888.
29Voyage dans le Finistère ou état de ce département en 1794-1795, Brest, Cercle social, 1799, tome 1, p. 105.
30Les populations agricoles de la France. Normandie et Bretagne, passé et présent, Paris, Hachette, 1885, p. 512.
31Arch. dép. du Finistère, 6 M 333, Liste nominative de 1851. Si l’on considère les seuls ménages composés de couples mariés, soit 142 ménages sur 254, la part est de 49 %.
32Arch. dép. du Finistère, 6 M 333, Liste nominative de 1901. La proportion est supérieure si là encore les seuls couples mariés, c’est-à-dire 137 ménages sur 279, sont pris en considération, à savoir 19 %.
33Arch. dép. du Finistère, 6 M 333, liste nominative de 1851.
34Arch. dép. du Finistère, 6 M 333, liste nominative de 1901. Si l’on prend en compte les seuls couples mariés, l’évolution est là encore plus spectaculaire. La part de ces ménages est de 18 % en 1851 et de 47 % en 1901. Il faut toutefois se méfier des chiffres obtenus en 1901 dans la mesure où les professions des femmes ne semblent pas être relevées de manière systématique.
35Arch. dép. du Finistère, 6 M 333, La même réserve, évoquée dans la note précédente, doit entourer le chiffre de 1901.
36La part de ces ménages représente plus de 51 % en 1851 et 20 % en 1901. Il convient à nouveau d’être prudent dans l’analyse. Il est possible que nombre de femmes cultivatrices n’aient pas été comptées en 1901. Il convient de souligner que dans certaines îles comme Molène et Sein, la part de ce type de ménage est tout aussi forte. En 1861, à Sein, plus de 69 % de l’ensemble des ménages sont constitués d’hommes marins et de femmes cultivatrices. À la même date, à Molène, la part est de 49 %.
37Arch. dép. du Finistère, 6 M 333.
38Arch. dép. du Finistère, 6 M 333, listes nominatives de 1851 et de 1901.
39Idem.
40Patrick Le Guirriec a ainsi montré qu’entre 1870 et 1970 certaines familles, composées essentiellement de cultivateurs issus du continent, s’unissent avec des insulaires et voient leurs descendants s’engager dans la marine, op. cit.
41Jean-Luc Mayaud souligne cette dimension induite par la pluriactivité dans son ouvrage La petite exploitation rurale triomphante en France au xixe siècle, Paris, Belin, 1999.
42Ibidem, p. 513.
43Ibid.
44Arch. dép. du Finistère, E dépôt, délibérations municipales de l’île de Batz, 7 novembre 1879.
Auteur
-
Karine Salomé
Docteur agrégée en histoire Université de Paris 1
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