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    Plan détaillé Texte intégral Les débuts de la République anticléricale au Portugal L’intervention portugaise L’Ange du Portugal La « belle Dame » de la Cova da Iria L’Affaire La Danse du soleil Conséquences de Fatima sur la vie politique portugaise Le Portugal sur les fronts de la guerre et de la paix Le développement du pèlerinage de Fatima La Russie et le mystère de Fatima Notes de bas de page Auteur

    1917

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    Table des matières

    Les apparitions de Fatima (mai-octobre 1917)

    Une manifestation de religiosité populaire dans un pays désorienté par la guerre

    Jean-Noël Grandhomme

    p. 149-166

    Texte intégral Les débuts de la République anticléricale au Portugal L’intervention portugaise L’Ange du Portugal La « belle Dame » de la Cova da Iria L’Affaire La Danse du soleil Conséquences de Fatima sur la vie politique portugaise Le Portugal sur les fronts de la guerre et de la paix Le développement du pèlerinage de Fatima La Russie et le mystère de Fatima Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1« Le canon est un prédicateur à la voix puissante1. » Cette affirmation de l’abbé Weber, officier au 21e d’infanterie de 1914 à 1919, nous rappelle que le temps de la guerre, temps de la souffrance et de la mort, pousse les soldats et les civils à s’interroger sur les « fins dernières » et à scruter le Ciel en vue d’en obtenir des réponses2. Le conflit de 1870 offre plusieurs exemples de phénomènes merveilleux sur fond de défaite de la France et d’effondrement des États pontificaux3. Le 2 décembre 1870 la Vierge vient réconforter le général de Sonis sur le glacial champ de bataille de Loigny4 ; le 17 janvier 1871 elle apparaît à des enfants à Pontmain (Mayenne)5 ; et à partir de juillet 1872 à d’autres à Neubois, en Basse-Alsace6. Pendant la Première Guerre mondiale, l’Ange de Mons en août 19147 ou encore la Vierge de la Marne en septembre8 ont fait couler beaucoup d’encre ; mais le seul phénomène dont la postérité mémorielle s’étend sur des décennies est Fatima (Fàtima)9. Les apparitions à trois bergers portugais s’inscrivent dans la droite ligne des mariophanies qu’a connues, en particulier, la France au xixe siècle10, avec la Rue du Bac (1830), La Salette (1846) – où une dimension prophétique et apocalyptique (non reconnue par l’Église) est ajoutée par la suite à l’apparition initiale11 –, Lourdes (1858), Pontmain et Pellevoisin (1876). À bien des égards elles concluent un cycle que l’historien doit appréhender dans le contexte de la lutte entre la réaction et le libéralisme, si ce n’est la révolution – lutte qui connaît au Portugal des développements plus tardifs que dans la plupart des autres pays européens. Le chercheur scientifique n’a pas à s’interroger sur la réalité des apparitions, mais il est bien dans son rôle lorsqu’il en étudie les effets.

    2Après avoir présenté l’état de la société portugaise avant et pendant la Grande Guerre, nous en viendrons aux événements de 1917, avant d’en appréhender les conséquences pour le pays ; puis nous verrons le développement international du culte de la Vierge de Fatima et l’utilisation qui en est fait dans la lutte du « monde libre » contre le communisme. Nous nous demanderons ainsi si Fatima a pu jouer, aux côtés d’autres éléments idéologiques, un certain rôle de catalyseur dans le combat mené pendant la guerre froide des deux côtés du Mur contre un totalitarisme dont le matérialisme était l’un des piliers.

    Les débuts de la République anticléricale au Portugal

    3La péninsule ibérique apparaît, au début du xxe siècle, comme le finistère déshérité et instable de l’Europe occidentale. Toutefois, alors que l’aventure coloniale de l’Espagne s’achève par une guerre désastreuse contre les États-Unis en 1898, le Portugal, au contraire, renforce son emprise sur l’Angola, le Mozambique, la Guinée, les Açores, Madère, le Cap-Vert, São Tomé e Principe, Goa, Timor et Macao12. À l’intérieur, l’anticléricalisme s’impose comme le point fédérateur du mouvement républicain. La Génération de 1870, emmenée notamment par Teófilo Braga, considère le catholicisme comme « l’ennemi de la tolérance et de toute instruction veritable13 ». En même temps, la politique de prestige et la mauvaise gestion du budget de l’État plongent le pays dans une situation financière dangereuse. L’humiliation de 1890, quand la Grande-Bretagne oblige le gouvernement portugais à lui céder une partie de ses territoires d’Afrique australe, contribue à détériorer une situation politique sclérosée par le rotativisme, alternance au pouvoir des conservateurs et des libéraux, issus de la même caste.

    4Encouragés par la proclamation de la République au Brésil en 1889, les républicains portugais s’enhardissent. Le 31 janvier 1891 un soulèvement militaire est écrasé à Porto. Le pays plonge dans une sorte de guerre civile larvée, qui atteint son paroxysme le 1er février 1908 avec l’assassinat du roi Charles Ier et du prince héritier Louis-Philippe. Le 4 octobre 1910 le croiseur Adamastor, ancré dans l’estuaire du Tage, bombarde le palais royal et le roi Manuel II, âgé de 20 ans, s’enfuit à Gibraltar14. Le lendemain la République est proclamée. Le Gouvernement provisoire de Braga décrète l’expulsion des religieux. Le 26 mars 1911 Afonso Costa, l’un des idéologues du mouvement, proclame : « Dans deux générations, le catholicisme sera complètement éliminé15. » En avril intervient la séparation de l’Église et de l’État, puis la laïcisation du personnel enseignant et l’interdiction de l’instruction religieuse à l’école. Les biens de l’Église sont nationalisés, y compris les lieux de culte, où les sermons sont encadrés. Cinq séminaires seulement peuvent continuer à fonctionner. En 1912 tous les évêques de la métropole sont l’objet de tracasseries administratives, voire déposés ou exilés. En 1913 les relations diplomatiques entre le Portugal et le Saint-Siège sont rompues. La République peut compter sur le soutien d’une partie des classes moyennes, au sein desquelles la franc-maçonnerie possède une grande influence16. Toutefois, les mesures antireligieuses, poursuivies tout au long de la présidence de Manuel de Arriaga (1911-1915), heurtent profondément la paysannerie, surtout dans le Nord. Déjà en butte à de nombreuses contradictions internes, le nouveau gouvernement doit affronter trois menaces à la fois : les débordements de l’extrême-gauche ouvrière ; les bombes des anarchistes ; et les rébellions monarchistes, en 1911, 1912 et octobre 1914.

    5C’est donc dans un contexte troublé que le Portugal, presque exclu du jeu politique européen, est confronté à la guerre17. En dépit de l’affront de 1890, il reste un allié indéfectible de la Grande-Bretagne, en raison des ambitions de l’Allemagne en Afrique. Pourtant, même s’il proclame sa neutralité le 7 août, les Allemands attaquent le 24 août le poste de Maziúa, au Mozambique ; et, au milieu de septembre, un incident éclate à Naulila, en Angola18. Le 23 novembre le Parlement vote une loi qui autorise le gouvernement à déclarer la guerre dès qu’il le jugera nécessaire ; mais la société reste divisée : les conservateurs, qui, certes, sont des admirateurs de l’ordre germanique, expriment surtout une opinion de politique intérieure. Comment, en effet, pourraient-ils s’engager aux côtés d’une France maçonnique et athée, d’une Grande-Bretagne mercantiliste et anti-papiste, et d’une Russie schismatique ? Surtout, comment pourraient-ils épouser le point de vue du persécuteur Costa, se rallier à lui dans une entreprise patriotique commune, et pour finir contribuer à renforcer son régime ?

    6En janvier 1915 un cabinet militaire, dirigé par le général Pimenta de Castro, devient de facto la tête dictatoriale du pays, groupant derrière lui tous les adversaires des démocrates. Les campagnes contre l’Église sont suspendues et la guerre semble s’éloigner puisqu’une circulaire du 31 mars allège les mesures de mobilisation prises en novembre 1914. Cet éphémère gouvernement est abattu par un sanglant soulèvement survenu à Lisbonne le 14 mai 1915. Alors qu’une junte révolutionnaire est mise en place, Arriaga démissionne, remplacé par Braga, puis par Antonio Machado, le 6 août ; en novembre, Costa retrouve la présidence du Conseil. La contre-révolution a donc échoué et les interventionnistes sont revenus aux affaires. Le 24 février 1916 le Portugal cède finalement aux pressions de la Grande-Bretagne et confisque les bâtiments allemands qui ont trouvé refuge dans ses ports.

    L’intervention portugaise

    7Le 9 mars l’Allemagne réagit en déclarant la guerre à la République portugaise, avec laquelle l’Autriche-Hongrie rompt ses relations diplomatiques une semaine plus tard19. À Lisbonne est mis en place un gouvernement d’Union sacrée a minima, sans les monarchistes et sans le soutien des syndicats. Costa cède la présidence du Conseil à António José de Almeida, avant de la reprendre en avril 1917. Le 7 août 1916 le Parlement décide que la participation du Portugal à la guerre sur le front occidental sera effective20 ; rude tâche pour un pays d’environ six millions d’habitants, qui ne dispose que d’une armée très réduite. Les missions militaires britannique du général Bernardiston et française du colonel Paris arrivent au Portugal, tandis que le ministre de la Guerre, le général José Norton de Matos21, met sur pied, en moins d’un an, le corps expéditionnaire portugais (Corpo Expedicionário Português – CEP22), dont le général Tamagnini de Abreu e Silva prend le commandement23. Les premiers soldats embarquent pour Brest le 26 janvier 1917 et prennent position dans le secteur britannique du front. C’est dans ce contexte trouble, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, alors que les catholiques portugais sont profondément désorientés et aigris par les événements des dernières années, qu’entre dans l’histoire le bourg de Fatima, dans le district de Santarém, à peu de distance du sanctuaire de Batalha, symbole de l’indépendance nationale, et du couvent de Tomar, citadelle des Templiers pendant la Reconquista.

    L’Ange du Portugal

    8Les pastoureaux au cœur de l’événement qui va provoquer l’afflux vers ce lieu déshérité de millions de pèlerins venus du monde entier sont nés dans le hameau d’Aljustrel : l’aînée, Lúcia dos Santos, le 22 mars 1907 ; ses cousins, Francisco et Jacinta Marto, les 11 juin 1908 et 10 mars 191024. Lúcia a fait plusieurs récits de ce qu’elle appelle les apparitions ; en dehors des procès-verbaux d’interrogatoires, il s’agit de la seule source les concernant. S’agissant de faits que seules trois personnes déclarent constater, il ne faut pas s’en étonner. Les écrits de Lúcia sont à l’origine de ce qu’on peut appeler la « vulgate » de Fatima, dont nous donnons maintenant les grandes lignes afin de pouvoir en évaluer ensuite les conséquences.

    9En 1916 Lúcia surveille les troupeaux en compagnie de ses cousins. Un jour de printemps, « un vent assez fort secoua les arbres, écrit-elle, et nous fit lever les yeux pour voir ce qui se passait, car la journée était belle. Nous vîmes alors au-dessus des oliviers, et se dirigeant vers nous, [une figure qui] avait l’apparence d’un jeune homme de quatorze ou quinze ans, plus beau que la neige, que le soleil rendait transparent comme s’il était en cristal, et d’une grande beauté. En arrivant près de nous, il nous dit : “N’ayez pas peur ! Je suis l’Ange de la Paix. Priez avec moi !” ».

    10Au cours de l’été, le personnage apparaît25 à nouveau au fond du jardin de la maison des parents de Lúcia. Alors que les enfants sont en train de jouer, l’Ange leur dit : « Que faites-vous ? Priez, priez beaucoup. Les Saints Cœurs de Jésus et de Marie ont sur vous des desseins de miséricorde. Offrez constamment au Très-Haut des prières et des sacrifices. […] Attirez ainsi la paix sur votre Patrie. Je suis son Ange gardien, l’Ange du Portugal. Surtout, acceptez et supportez avec soumission les souffrances que le Seigneur vous enverra26. » Cette fois la vision s’est nommée, se présentant comme le protecteur du pays. L’Ange de la Patrie (Anjo de Portugal) est un personnage objet de dévotion depuis le xiie siècle27.

    11À l’automne de 1916, alors qu’ils sont agenouillés et prient, les bergers voient pour la troisième et dernière fois l’Ange qui, raconte Lúcia, « tenait dans sa main gauche un calice, sur lequel était suspendue une hostie de laquelle tombaient quelques gouttes de sang dans le calice. L’Ange laissa suspendu en l’air le calice et s’agenouilla près de nous […]. Ensuite, il se releva et prit dans ses mains le calice et l’hostie. Il me donna la sainte hostie, et le sang du calice, il le partagea entre Jacinta et Francisco en disant : “Prenez et buvez le corps et le sang de Jésus-Christ horriblement outragé par les hommes ingrats. Réparez leurs crimes et consolez votre Dieu”28 ».

    12L’Ange du Portugal décrit par les enfants de Fatima diffère beaucoup du Matamore de la Reconquista. Son message ne contient aucun accent guerrier ; il n’évoque qu’à mots couverts le conflit qui vient de commencer et ne prononce que des paroles de paix, appelant à la prière, comme la Vierge de Pontmain, et à la pénitence, comme à Lourdes.

    La « belle Dame » de la Cova da Iria

    13Au printemps de 1917 le frère de Lúcia, en cela représentatif de beaucoup de jeunes Portugais, qui ne comprennent pas les raisons du sacrifice qu’on exige d’eux, s’inquiète pour son avenir car il est en âge d’être appelé sous les drapeaux. Pour beaucoup la solution est l’émigration. Alors, precise Lúcia, le parrain de son frère « s’employa auprès du médecin inspecteur », et obtint son exemption29.

    14Le 13 mai les trois pastoureaux font paître leurs brebis au lieu-dit a Cova da Iria.

    « Soudain, raconte Lúcia, nous vîmes comme un éclair. [… Puis] sur un petit chêne-vert, une Dame, toute vêtue de blanc, plus brillante que le soleil […]. Nous nous arrêtâmes, surpris par cette apparition. […] Alors Notre-Dame nous dit : “N’ayez pas peur, je ne vous ferai pas de mal. — D’où venez-vous, Madame ?, lui demandai-je. — Je suis du Ciel. — Et que voulez-vous de moi ? — Je suis venue vous demander de venir ici pendant six mois consécutifs, le 13, à cette même heure. Ensuite, je vous dirai qui je suis et ce que je veux. Après je reviendrai encore ici une septième fois30. […] Voulez-vous vous offrir à Dieu pour supporter toutes les souffrances qu’il voudra vous envoyer, en acte de réparation pour les péchés par lequel il est offensé, et de supplication pour la conversion des pécheurs ? — Oui, nous le voulons. — Vous aurez alors beaucoup à souffrir, mais la grâce de Dieu sera votre réconfort. […] Récitez le chapelet tous les jours, afin d’obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre.” Ensuite, elle commença à s’élever doucement, en direction du levant, jusqu’à disparaître dans l’immensité du ciel31. »

    15Jacinta, la plus jeune, ne peut s’empêcher de raconter l’histoire en famille et la nouvelle se répand rapidement dans le village. Les moqueries et les quolibets deviennent le lot quotidien des enfants. Le curé, Manuel Marques Ferreira, et la mère de Lúcia, se montrent particulièrement contrariés par les « affabulations » des enfants. Le 13 juin une cinquantaine de personnes les accompagnent pourtant à la Cova da Iria, où la Dame se montre à nouveau. Lúcia lui adresse la parole en ces termes : « Je voudrais vous demander de nous emmener au Ciel. — Oui, Jacinta et Francisco, je les emmènerai bientôt, mais toi, tu resteras ici pendant un certain temps. Jésus veut se servir de toi afin de me faire connaître et de me faire aimer. Il veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé32. »

    16Le 13 juillet – au milieu de plusieurs centaines de personnes – Lúcia dit à la Dame33 : « Je voudrais vous demander de nous dire qui vous êtes, et de faire un miracle afin que tous croient que vous nous apparaissez. — Continuez à venir ici tous les mois. En octobre, je dirais qui je suis, ce que je veux et je ferai un miracle que tous verront pour croire. […] Sacrifiez-vous pour les pécheurs […]. » Les enfants ont ensuite une vision, conforme aux représentations médiévales, de l’enfer, où brûlent les pécheurs, tourmentés par des démons.

    « Effrayés, poursuit Lúcia, comme pour demander secours, nous avons levés les yeux vers Notre-Dame qui nous dit avec bonté et tristesse : — Vous avez vu l’enfer où vont les âmes des pauvres pécheurs34. Afin de les sauver, Dieu veut établir dans le monde la dévotion à mon Cœur Immaculé. Si vous faites ce que je vous dis, beaucoup d’âmes seront sauvées et vous aurez la paix. La guerre va finir. Mais, si on ne cesse d’offenser Dieu, sous le règne de Pie XI [1922-1939], il en commencera une autre, pire encore. Lorsque vous verrez une nuit éclairée par une lumière inconnue35, sachez que c’est le grand signe que Dieu vous donne, qu’il va punir le monde de ses crimes, par le moyen de la guerre, de la famine et de persécutions contre l’Église et le Saint-Père. Afin de l’empêcher, je viendrai demander la consécration de la Russie à mon Cœur Immaculé36 et la communion réparatrice des premiers samedis37. Si on écoute mes demandes, la Russie se convertira, et on aura la paix. Sinon, elle répandra ses erreurs à travers le monde, provoquant des guerres et des persécutions contre l’Église. Les bons seront martyrisés, le Saint-Père aura beaucoup à souffrir, plusieurs nations seront anéanties. À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. Le Saint-Père me consacrera la Russie, qui se convertira, et un certain temps de paix sera accordé au monde. Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi38… Ceci, ne le dites à personne. À Francisco, vous pouvez le dire39. »

    17L’apparition du 13 juillet, dont les éléments sont ensuite l’objet de nombreux développements, supputations et instrumentalisations, est donc au cœur du récit de Fatima. Selon une certaine conception du catholicisme – encore à l’œuvre pour la construction de la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre après la Commune – la guerre est présentée comme un châtiment consécutif aux péchés des hommes.

    L’Affaire

    18Depuis plusieurs mois la guerre et la nécessité de la cohésion nationale ont fait passé au second plan les querelles religieuses. Lors du mois de Marie, en mai 1916, de nombreux officiers ont paru à la messe en uniforme dans les églises de Lisbonne. Par décret du 30 novembre suivant des aumôniers ont été autorisés à accompagner le CEP en France40. Toutefois, la presse anticléricale se déchaîne immédiatement contre « les prétendues visions » de Fatima. C’est le 23 juillet 1917 qu’O Século, le grand quotidien républicain de Lisbonne, les évoque pour la première fois en des termes définitifs : « Le cas nous paraît ridicule au plus haut degré41. » L’article tourne en dérision « cette nouvelle fabrique de miracles, que les prêtres – et pourquoi pas les Jésuites ? – ont l’intention d’ouvrir dans la lande de Fatima, pour empocher l’argent du peuple stupide et sans défiance42 ». En même temps, le rédacteur ne manque pas de s’inquiéter de ce regain inattendu de la piété populaire, après des années de gouvernement éclairé.

    19À Fatima l’administration locale est dirigée par Artur de Oliveira Santos, franc-maçon notoire, pour qui il n’est pas question de tolérer une résurgence de la « superstition » dans le concelho (canton). Aussi, le 11 août, convoque-t-il Lúcia et son père pour exiger que la fillette lui révèle le secret dont tout le monde parle ; mais elle refuse catégoriquement, malgré les menaces. Le 13 août les trois enfants sont emmenés au chef-lieu, Vila Nova de Ourém. À la Cova da Iria la foule gronde contre l’administrateur et ceux qu’elle considère comme ses complices : le curé et le regedor (maire).

    20Les enfants passent la nuit chez Oliveira Santos, qui les assomme de questions le lendemain, sans obtenir d’eux une rétractation. Alors, il les fait incarcérer dans la prison publique, où les gardiens les menacent en vain de les faire frire dans une chaudière d’huile bouillante43. Le 15 août ils sont relâchés et le 19 ils voient aux Valinhos la Vierge qui leur demande la construction d’une chapelle et leur réitère sa promesse de faire un miracle en octobre. Le rédacteur en chef du journal O Mundo, organe officieux de la franc-maçonnerie, José do Alvade, entreprend de son côté de démonter le mythe des apparitions ; et il organise à Fatima un rassemblement de tous les esprits libres du canton, à l’issue de la messe du dimanche.

    21Le 13 septembre les trois voyants ont toutes les peines du monde à gagner le lieu des apparitions, envahi par plusieurs milliers de personnes. Le site originel a été presque intégralement dévasté par les pèlerins avides de reliques. « Les routes étaient pleines de monde, raconte Lúcia. Tous voulaient nous voir et nous parler. » On amène des malades dans l’espoir d’une guérison. « Continuez de dire le chapelet afin d’obtenir la fin de la guerre », recommande la Vierge44. De nombreuses personnes croient remarquer une diminution momentanée de la lumière solaire. D’autres disent voir tomber une pluie de pétales irisés, qui disparaissent avant de toucher terre. D’autres encore ne perçoivent rien du tout.

    La Danse du soleil

    22Le Portugal tout entier est désormais au courant des événements de Fatima. Le 13 octobre Avelino de Almeida, rédacteur en chef du Século, ancien séminariste, dénonce une nouvelle fois la crédulité des partisans des enfants et met toute cette agitation sur le compte du désespoir des populations, en une période de guerre et de crise. Sur place, la journée est attendue avec appréhension. « Oh, Lúcia ! lui dit sa mère ; il vaut mieux aller nous confesser. On dit que nous allons mourir à la Cova da Iria… Si Notre-Dame ne fait pas le miracle, on nous tue45 ! » Le bruit a aussi couru, écrit Lúcia, « que les autorités avaient décidé de faire exploser une bombe près de nous, au moment de l’apparition. Je n’en ressentis aucune crainte, et parlant de cela avec mes cousins, nous disions : “Quelle joie si nous obtenions la grâce de monter avec Notre-Dame vers le Ciel46.” » L’existence de ces rumeurs en dit long sur l’atmosphère dans laquelle baigne le Portugal en dépit de l’Union sacrée.

    23Une foule stationne dans les prés d’Aljustrel, transformés en bourbier par la pluie qui tombe sans discontinuer. « Je veux te dire que l’on fasse ici une chapelle en mon honneur, déclare l’apparition à Lúcia. Je suis Notre-Dame du Rosaire. Que l’on continue toujours à réciter le chapelet tous les jours. La guerre va finir et les militaires retourneront bientôt chez eux47. »

    24Alors se produit le prodige rapporté ensuite par tous les journaux, dont O Século du 15 octobre, où Avelino de Almeida, témoin direct, ne peut cacher son trouble, ce qui provoque la colère de ses amis anticléricaux. D’après O Dia, daté du 19 octobre,

    « à une heure de l’après-midi (heure solaire), la pluie s’arrêta. Le ciel avait une teinte cendrée, gris perle, et une clarté étrange se répandait sur l’étendue aride et tragique de ce paysage triste, et qui en paraissait plus triste encore. Il y avait, devant le soleil, comme un voile de gaze transparente, qui permettait de le fixer. Le ton gris perle du ciel se transforma, pour devenir celui d’une plaque d’argent, qui s’étendait peu à peu, jusqu’à ce que les nuages se déchirèrent tout à fait, et que le soleil, de teinte argentée lui aussi, et comme enveloppé de cette gaze légère, de teinte cendrée, dont j’ai parlé, parut tourner sur lui-même, et tout autour du cercle des nuages qui s’étaient dissipés ».

    25À un moment, il semble même tomber sur la foule à une vitesse vertigineuse48.

    26À l’issue du phénomène, qu’aucun observatoire astronomique n’a enregistré, tout le monde se retrouve complètement sec. Miracle (O Milagre do Sol) ou illusion collective ? Et comment expliquer le fait que le prodige ait été visible à plusieurs dizaines de kilomètres à la ronde ? Le poète Afonso Lopes Vieira y assiste du balcon de sa résidence de São Pedro de Muel ; tandis qu’à Albiturel, à une vingtaine de kilomètres de Fatima, se souvient Inácio Lourenço, « tout le monde pleurait, attendant la fin du monde d’un instant à l’autre49 ». Les événements ne laissent personne indifférent. Par la suite ils donnent lieu à de nombreuses tentatives d’interprétation rationnelle : phénomène météorologique rare (parhélie), problèmes ophtalmiques (persistance rétinienne), OVNI50. Plusieurs scientifiques ont travaillé sur la question, notamment le climatologue Stewart Campbel51, le physicien Auguste Meessen52 ; ainsi que le journaliste spécialiste du paranormal Kevin McClure53. Aucun argument ne fait l’unanimité54.

    Conséquences de Fatima sur la vie politique portugaise

    27La Danse du soleil n’éteint donc pas les passions. Le 19 octobre le journal républicain A Capital réclame l’arrestation du « farceur qui fabrique cette affreuse carnavalade55 ». Dans la nuit du 23 au 24 octobre des membres de la Loge de Santarém coupent ce qu’ils croient être le chêne-vert des apparitions (en réalité, l’arbre a déjà été presque réduit en miettes par les curieux). Quand les libres-penseurs organisent une exposition sacrilège, ainsi qu’un simulacre de procession, un notable catholique, Almeida Ribeiro, exprime au ministre de l’Intérieur son indignation du fait que « les litanies de la Vierge, dont le nom est l’espérance et le réconfort de nos soldats qui se battent en ce moment comme des héros sur les champs de bataille, (so)nt entonnées par les voix moqueuses et avinées des énergumènes qui compos(ent) cette satanique bacchanale56 ». La guerre religieuse est relancée. Si O Século se désolidarise des blasphémateurs, des tracts sont distribués par l’Association du mariage civil et la Fédération portugaise de la Libre-Pensée, qui dénoncent « la suggestion collective d’une apparition supposée de la Vierge, mère de Jésus de Nazareth, à trois enfants suggestionnés ou dressés pour servir de comparses à cette odieuse spéculation, à la fois mercantile et clérico-réactionnaire57 ».

    28Alors que les catholiques veulent prouver que le Ciel est de leur côté, la gauche cherche un bouc émissaire sur fond de rationnement. Les 20 et 21 mai 1917, une semaine après la première apparition de Fatima, des émeutes font vingt-deux morts à Lisbonne. « Les provinces portugaises sont très diversement touchées par les difficultés de ravitaillement, écrit le 15 juin le consul de France à Porto : les unes n’ont qu’insuffisamment du mauvais pain, tandis que d’autres en ont du presque blanc, et n’en ont jamais manqué, parce que les paysans s’opposent à l’expédition des céréales58. » Les crises conjuguées plongent le pays dans une agitation permanente. « L’opinion reste très divisée au sujet de la guerre, poursuit le consul ; il faut signaler toutefois l’attitude plus favorable d’une partie du milieu monarchiste et religieux, jusqu’ici très germanophile ou plutôt très hostile à toute la politique du gouvernement républicain. » Pour l’opposition, qui apparaît ainsi à l’extérieur comme une force responsable, le temps de la reconquête commence, difficile : les évêques de Porto, Lisbonne, Braga et Évora sont à nouveau bannis. Comme l’a montré Alphonse Dupront dans son étude anthropologique, les autorités ecclésiastiques s’appuient dans le long xixe siècle sur des éléments ostentatoires pour relancer la foi : missions, calvaires, statues monumentales de la Vierge et du Sacré-Cœur, pèlerinages, culte des saints, apparitions59. À la Cova da Iria le défilé des pèlerins ne cesse pas. Bientôt des malades affirment avoir été guéris. Les sanglantes journées des 5, 6 et 7 décembre portent au pouvoir le major Sidónio Pais, ancien ministre du Portugal à Berlin60. Personnalité charismatique, Pais s’arroge des pouvoirs dictatoriaux et il instaure la Nouvelle République (República Nova), qui suscite dans un premier temps une véritable adhésion populaire.

    Le Portugal sur les fronts de la guerre et de la paix

    29Pendant que la métropole connaît ces convulsions, les forces armées portugaises se battent sur plusieurs théâtres d’opérations. En Afrique orientale elles participent à la lutte contre l’insaisissable général allemand Lettow-Vorbeck – qui tient en haleine les forces alliées du 2 août 1914 au 23 novembre 191861. En Angola elles mènent, en août 1915, une campagne de pacification contre les tribus du Sud. Au total, 34 600 soldats portugais et 19 500 soldats indigènes prennent part au conflit en Afrique62, où leur intervention est celle qui suscite le moins d’opposition car le Portugal y défend son bien.

    30En revanche, celle sur le front occidental est impopulaire et Pais se montre désireux de réduire la participation portugaise. Les nouvelles de France n’engagent certes pas à la confiance. En Flandre les troupes portugaises sont confrontées à une guerre moderne à laquelle elles ne sont pas du tout préparées. Malgré tout, après la visite de Machado et de Costa en France du 8 au 25 octobre, le CEP se voit attribuer, le 6 novembre, un secteur du front, comme un corps d’armée français ou britannique63.

    31Avec le coup d’État du 5 décembre, les artisans de l’entrée du Portugal dans la guerre disparaissent de la scène politique. Beaucoup se demandent ouvertement si le pays n’aurait pas intérêt à conclure une paix séparée avec l’Allemagne avant de lier irrémédiablement son sort à ceux dont la cause peut sembler perdue à la fin d’une année 1917 marquée par les désastres du Chemin des Dames, de Passchendaele et de Caporetto. Officiellement, Pais déclare que le Portugal ne se retirera pas du conflit avant « la victoire de ceux qui combattent pour la bonne cause, la cause de la Justice, la cause des Alliés64 » ; mais, dans les faits, la relève des unités n’est plus assurée et le moral des soldats du CEP s’effondre65. Dès lors, les Allemands n’éprouvent aucune peine à percer les lignes portugaises, cinq jours plus tard, au cours de l’offensive Georgette. Cette Batalha do Lys est restée longtemps dans les mémoires comme un jour de deuil national : 7 000 soldats et plus de 300 officiers sont tués, blessés ou faits prisonniers66. Touché dans son amour-propre après cette déroute, Pais envoie enfin des secours en France, tandis que le général Garcia Rosado67 remplace Tamagnini et que les débris du CEP sont intégrés de facto à l’armée britannique.

    32Le Portugal est essentiellement entré en guerre pour conserver son empire, un résultat acquis au moment de l’Armistice. Le 9 avril 1921, anniversaire de la bataille de la Lys – désormais jour férié à l’égal d’une victoire –, le navire Porto paraît à l’embouchure du Tage, apportant de France le corps du Soldat inconnu, solennellement déposé à Batalha au côté de celui du Soldat inconnu d’Afrique68.

    Le développement du pèlerinage de Fatima

    33Sous la présidence de Pais, l’Église connaît un certain répit. Les évêques exilés regagnent triomphalement leurs diocèses. L’évêché de Leiria, dont dépend Fatima, est restauré par Rome le 17 janvier 1918 (mais pourvu d’un titulaire en mai 1920 seulement). La loi de séparation est adoucie par le Parlement le 23 février 1918 et les relations diplomatiques avec le Saint-Siège sont rétablies le 23 juin. Le 29 avril le pape Benoît XV attribue l’amélioration du sort de l’Église portugaise à « un secours extraordinaire » de la Vierge, allusion évidente aux apparitions69. Toutefois, Pais déçoit rapidement ses partisans car la situation sociale ne s’améliore pas et la dictature se raidit ; il est finalement assassiné le 14 décembre, et les républicains anticléricaux reviennent au pouvoir. En dépit des obstacles officiels, une petite chapelle (Capelinha) est tout de même élevée en avril 1919 à l’endroit des apparitions.

    34La grippe espagnole, qui fait au moins 60 000 morts au Portugal, est fatale à Francisco, qui meurt à Aljustrel le 4 avril 1919, après avoir adressé un dernier salut à sa cousine : « Adieu, au Ciel70 !… » Jacinta est quant à elle emportée le 20 avril 1920, dans un hôpital de Lisbonne, par une pleurésie consécutive à la tuberculose. Béatifiés le 13 mai 2000 par Jean-Paul II, Jacinta et Francisco sont canonisés le 13 mai 2017, lors de sa visite à Fatima pour le centenaire des apparitions, par le pape François71. Entrée chez les Sœurs Dorothées à Pontevedra (Galice) en 1925, Lúcia se fait carmélite en 1948 à Coimbra, où elle décède le 13 février 2005 (son procès en béatification est ouvert en 2008). Elle affirme avoir été favorisée de plusieurs apparitions encore au cours de sa vie.

    35La renaissance chrétienne, le désir de retrouver des repères dans une période troublée se manifestent dans toutes les couches de la société au lendemain de la guerre. L’imposant dispositif dissuasif mis en place par les autorités le 13 mai 1920 n’empêche pas le pèlerinage à la Capelinha, où est installée une statue. La bombe qui fait sauter le toit de la chapelle dans la nuit du 6 mars 1922 provoque un mouvement d’opinion contre les auteurs de l’attentat. Le 13 mai 1923 un pèlerinage de réparation nationale réunit 60 000 personnes sur les lieux du sacrilège.

    36Avec le coup d’État du 28 mai 1926, qui renverse la Ire République, et l’arrivée au pouvoir, un peu plus tard, d’António de Oliveira Salazar, Fatima est élevé au rang de sanctuaire national, dont l’Estado novo fait l’un des piliers du régime (Fàtima, futebol, fado). Le 13 octobre 1930 l’évêque de Leiria, Mgr José Alves Correia da Silva reconnaît officiellement les apparitions et le miracle de 1917. Une église blanche est achevée en 1953 grâce aux dons reçus du monde entier. La statue Notre-Dame de Fatima est solennellement couronnée le 13 mai 1946 par le légat du pape Pie XII. Chaque année près de cinq millions de pèlerins et de touristes se rendent à Fatima. L’esplanade accueille des foules immenses : un million de personnes le 13 octobre 1951 pour la clôture de l’Année sainte, entre 500 000 et deux millions les 13 mai 1967, 13 mai 1982, 13 mai 1991, 13 mai 2000, 13 mai 2010 et 13 mai 2017, lors des visites des papes Paul VI, Jean-Paul II – avec Sœur Lucie –, Benoît XVI et François – qui n’est pas considéré comme un pape conservateur, ce qui montre le grand rayonnement des apparitions au sein de l’Église72. Depuis 1947 la « statue pèlerine » de Notre-Dame de Fatima visite les cinq continents. La dévotion pour la Vierge de Fatima est particulièrement vive dans les pays lusophones73. Avec la guerre civile en Espagne (1936-1939), le culte de Notre-Dame de Fatima dépasse véritablement les frontières. Pendant la Seconde Guerre mondiale il devient international. C’est pourquoi, explique le sociologue Émile Poulat, l’orientation politique initiale de Fatima « ne doit pas réduire le phénomène à cet aspect et cacher ses autres dimensions74 ».

    La Russie et le mystère de Fatima

    37À la suite des rationalistes portugais, les libres-penseurs du monde entier ont fait de Fatima un objet de critique, même si cette littérature est infiniment moins abondante que les écrits apologétiques. En France l’écrivain occultiste Gérard de Sède (1921-2004) a voulu démonter le « mythe de Fatima75 ». Dans cet ouvrage, écrit Poulat, « quatre parties : Fatima avant Fatima, c’est-à-dire comment fut-ce possible ; l’opération Fatima, c’est-à-dire ce qui s’est passé ; Fatima parure de l’Estado Novo, c’est-à-dire ce que le Portugal de Salazar en a tiré ; la déesse de l’intégrisme, c’est-à-dire comment Fatima a servi les intérêts du Vatican76 ». Selon Sède, « Lucie est stupide, menteuse, manipulée par le clergé, une mythomane77 !… »

    38Pour les partisans de Fatima, en revanche, les apparitions de 1917 dépassent largement le cadre de la Grande Guerre car elles sont liées à un autre événement, contemporain : la révolution bolchevique. Le communisme se trouve bien au centre du message du 13 juillet 1917, comme il se trouve au centre de l’histoire du xxe siècle. En 1946, au début de la Guerre froide, Sœur Lúcia affirme que si l’on n’écoute pas les demandes de Marie à Fatima, « les bolcheviks sans-Dieu s’empareront de tous les pays du monde sans exception78 ». Le marxisme est considéré par une très large frange des catholiques comme l’incarnation du Mal absolu – terminologie reprise en 1980 par le président des États-Unis Ronald Reagan, qui parle de l’Empire du Mal (Evil Empire), à propos de l’URSS79. Si les messages de Fatima embarrassent les chrétiens progressistes, qui reprennent parfois contre les apparitions les arguments des athées, ils sont très lus dans les milieux conservateurs et largement répandus chez les fidèles. Une association forte de plusieurs millions de membres, l’Armée bleue de Notre-Dame du Rosaire de Fatima, devenue l’Apostolat mondial de Fatima, diffuse le message. Si la plupart des croyants s’en tiennent à ce qui concerne la prière et la conversion, d’autres se sont passionnés pour le « troisième secret », sur lequel quantité d’articles et de livres ont été écrits jusqu’à ce qu’il soit révélé, le 26 juin 200080. Toutefois, la « version officielle » du Saint-Siège fait l’objet de contestation, essentiellement de la part de cercles complotistes et sédévacantistes81.

    39Dans les milieux catholiques, et non pas seulement traditionnalistes ou intransigeants, on fait remarquer à propos de Fatima des coïncidences troublantes82. Le 13 mai 1981, moins d’un an après la naissance du syndicat libre Solidarité, le pape polonais Jean-Paul II est en effet victime d’un attentat, sans doute téléguidé par Moscou, sur la place Saint-Pierre de Rome. Très grièvement blessé par le terroriste turc Mehmet Ali Ağca, il attribue lui-même sa survie à l’intervention de Notre-Dame de Fatima83 et il tient à aller la remercier sur place le 13 mai 1982. Au cours de la cérémonie, le pape est victime d’un second attentat, attaqué à la baïonnette par un prêtre intégriste espagnol, Juan María Fernández y Krohn, qui voit en lui un agent communiste84. En manifestant de manière si ostensible son attachement au message de Fatima, Jean-Paul II le propose explicitement non pas comme un article de foi, mais en tout cas comme une dévotion naturelle et conseillée.

    40Un autre 13 mai, en 1984, commence une série de trois jours d’explosions en chaîne au dépôt de munitions d’Okolnaya, près de la base navale de Severomorsk, QG de la flotte soviétique du Nord, dans la région de Mourmansk, sur laquelle le plus grand mystère plane encore. Le désastre aurait fait entre 200 et 300 morts et il aurait rendu inutilisable une partie du potentiel d’attaque soviétique contre l’Occident. En cette période de « regel », la catastrophe aurait rendu caduque toute option militaire et conduit les dirigeants soviétiques vers la voie de la Perestroïka, tentative désespérée, et finalement vaine, de sauvetage du communisme. Cet événement, mentionné par la presse de l’époque85, est aussitôt considéré comme un signe des temps par les catholiques conservateurs. Le message de Fatima serait donc, pour ses zélateurs, le fil conducteur de l’histoire du xxe siècle86, à la fois adressé personnellement à chaque croyant et doté d’une dimension collective. Évoquant les tragédies du xxe siècle, Sœur Lúcia écrit au pape le 12 mai 1982 : « Et ne disons pas que c’est Dieu qui ainsi nous punit ; au contraire, ce sont les hommes qui préparent eux-mêmes leur châtiment. Dans sa sollicitude, Dieu nous avertit et nous incite à prendre le bon chemin, respectant la liberté qu’il nous a donnée ; c’est pourquoi les hommes sont responsables87. » Une chose est certaine, la phrase répétée par Lucie : « À la fin mon Cœur Immaculé triomphera », a constitué un formidable encouragement pour les foules de l’Est, en Pologne surtout, dans les années 198088.

    41Pour beaucoup de catholiques, 1989 apparaît donc comme la conclusion d’un cycle commencé en 1789. L’effondrement, en Europe du moins, du plus puissant système matérialiste jamais imaginé – terrassé, certes, par l’économie de marché, mais aussi par les forces spirituelles89 et nationales qui étaient censées péricliter d’elles-mêmes, et qu’on avait tout fait pour anéantir – consacrerait ainsi la fin des idéologies de sortie du divin, « la volonté programmée d’effacer Dieu dans le monde de la pensée humaine90 ». « Peut-être, écrit l’essayiste néoconservateur Joseph Bottum, que la personne la plus importante dans la longue lutte menée au xxe siècle contre le communisme ne fut pas Ronald Reagan. Peut-être que ce ne fut pas Karol Wojtyla ou Margaret Thatcher, Lech Wałęsa ou Václav Havel, Alexandre Soljenitsyne ou Mikhail Gorbachev. Peut-être que ce ne fut aucun de ceux dont les noms viennent spontanément à l’esprit des combattants de la guerre froide – parce que la figure la plus importante de ce long et obscur affrontement pourrait avoir été une fillette de dix ans, Lúcia dos Santos91. » Cette citation témoigne du fait que le combat contre le communisme a pris chez beaucoup, en Occident, et particulièrement aux États-Unis, une connotation métaphysique, que l’on retrouve de l’autre côté du Mur, en particulier chez Lech Wałęsa en Pologne, Vytautas Landsbergis en Lituanie ou chez la dissidente gréco-catholique Doina Cornea en Roumanie.

    42Lors du premier conflit mondial on assiste à une utilisation de la foi religieuse à des fins partisanes. Ce n’est certes point la première, ni la dernière fois, que le message évangélique se voit ainsi détourné. La guerre étant totale, pourquoi ne pas essayer d’obtenir le concours de toutes les forces, y compris célestes, en vue de la victoire ? Ainsi les Allemands, persuadés de leur bon droit, arborent-ils le Gott mit uns à leur ceinturon, les Britanniques combattent-ils for God, King and Country et les Russes pour Dieu et pour le Tsar. Dans le même temps la présentation du conflit comme une lutte eschatologique entre deux visions du monde, l’incertitude quant au sort d’êtres chers, la souffrance, la blessure, la faim, la maladie, l’omniprésence de la mort prédisposent les esprits à être réceptifs à des phénomènes sortant de la sphère rationnelle. Une société fracturée, une guerre impopulaire en dehors des milieux qui soutiennent le gouvernement, voici le contexte des apparitions de Fatima. Le peuple portugais, passé en l’espace de six ans de la monarchie et du catholicisme d’État à la République anticléricale et à la guerre, a de quoi être déboussolé. Fatima est l’un des symptômes et l’expression de ce désarroi. Pour les catholiques le récit des trois enfants est la preuve de la sollicitude du Christ et de la Vierge pour un pays aimé (« Au Portugal se conservera toujours le dogme de la foi ») et un encouragement à lutter contre le régime abhorré et contre « sa » guerre. Pour les républicains il s’agit seulement du dernier soubresaut d’un monde en train d’agoniser. Selon eux, l’affaire a été fabriquée de toutes pièces par les milieux conservateurs92. Cependant, si, en France, la Grande Guerre a définitivement enraciné la République, au Portugal elle a au contraire entraîné sa mise entre parenthèses pendant près de quarante ans. Fatima se distingue de beaucoup de phénomènes merveilleux du temps de guerre par sa dimension mondiale, son aura et sa longévité. « Fatima est sans aucun doute la plus prophétique des apparitions modernes », écrit en 2000 le cardinal Josef Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, dans son commentaire du « troisième secret93 ». En dehors du cercle des historiens et des catholiques traditionnalistes, qui se souvient de la Vendéenne Claire Ferchaud94, qui demanda au président de la République Raymond Poincaré d’inscrire l’image du Sacré-Cœur dans le blanc du drapeau français ? Les noms de Lúcia, Jacinta et Francisco parlent encore, en revanche, à des centaines de millions de personnes, sur tous les continents.

    Notes de bas de page

    1Weber Jean Julien, Sur les pentes du Golgotha. Un prêtre dans les tranchées, Strasbourg, La Nuée bleue, 2001, p. 123.

    2On consultera avec profit à ce propos l’ouvrage, controversé cependant, de Becker Annette, La Guerre et la foi : de la mort à la mémoire, 1914-1930, Paris, A. Colin, 1994 et la synthèse de Boniface Xavier, Histoire religieuse de la Grande Guerre, Paris, Fayard, 2014.

    3Voir Multon Hilaire, Les Temps sont proches : prophétisme politique et culture apocalyptique dans le catholicisme français et italien (1859-1878), thèse, université Paris-Est, 2002 et Biriau Paul, L’Église et l’Apocalypse du xixe siècle à nos jours, Paris, Berg International, 2000.

    4Voir Dessaigne Francine, Sonis, mystique et soldat, Paris, Nouvelles éditions latines, 1988 et Bedel Gérard, Le Général de Sonis, Versailles, Via Romana, 2012.

    5Voir Laurentin René et Durand Albert, Pontmain, histoire authentique, Paris, Apostolat des éditions, 1970.

    6Lameire Gilles, Apparitions en Alsace. Notre-Dame de Neubois, autoédition, 1978 ; Breynaert Françoise, Les Apparitions de Neubois Frankenbourg, Onet-le-Château, Rassemblement à Son Image Éditions, 2017.

    7Voir Clarke David, The Angel of Mons: Phantom Soldiers and Ghostly Guardians, Hoboken, Wiley, 2005.

    8Voir Le Courrier de la Manche, le 9 janvier 1917.

    9Une littérature considérable existe sur Fatima, voir par exemple : Chiron Yves, Fatima vérités et légendes, Perpignan, Artège, 2017 et Bouflet Joachim, Fátima – 1917-2017, Paris, Éditions du Cerf, 2017. Elle est en général apologétique : Costelle Daniel, Apparitions à Fatima, Paris, Presses du Châtelet, 2007 ; Duchâteau Véronique, À Fatima, un rendez-vous avec le Ciel, 1917-2017, Paris, Téqui, 2016. Les sources en sont les écrits de la principale voyante, mais aussi les enquêtes menées par les autorités ecclésiastiques et administratives, la presse de toute obédience, les essais des partisans des apparitions et des opposants.

    10Voir Bouflet Joachim et Boutry Philippe, Un Signe dans le ciel : les apparitions de la Vierge, Paris, Grasset, 1997.

    11Voir Stern Jean, La Salette, Documents authentiques, Paris, Desclée De Brouwer, 1980-1991, 3 vol. et Laurentin René et Corteville Michel, Découverte du secret de la Salette, Paris, Fayard, 2002.

    12Voir Clarence-Smith William G., The Third Portuguese Empire, 1825-1975: a Study in Economic Imperialism, Manchester, Manchester University Press, 1985 ; Madureira Arnaldo, A colonização portuguesa em África, 1890-1910, Lisbonne, Horizonte, 1986 et Oliveira Marques António H. de, Histoire du Portugal et de son empire colonial, Paris, Karthala, 1998.

    13Atkinson W. C., Histoire de l’Espagne et du Portugal, Paris, Payot, 1965, p. 373.

    14Voir Rocha Martins Francisco da, D. Manuel II, História do seu Reinado e da Implantação da República, Lisbonne, Edição Portuguesa ABC, 1931.

    15Barthas chanoine C., Fatima, merveille du xxe siècle, Toulouse, Fatima éd., 1952, p. 256.

    16Voir Simões Raposo et Carvalhão Duarte, A Maçonaria e a Implantação da República, Lisbonne, Grémio Lusitano, 2009.

    17Voir Afonso Aniceto et Matos Gomes Carlos de, Portugal e a Grande Guerra 1914-1918, Lisbonne, Quidnovi, 2010 ; Fraga Luís Alves de, Portugal e a Primeira Grande Guerra. Os objetivos Políticos e o Esboço da Estratégia Nacional 1914-1916, Lisbonne, Universidade Técnica, 1990 et Soares Martínez Pedro, A República Portuguesa e as Relações Internacionais (1910-1926), Lisbonne, Verbo, 2001.

    18Peres Damião (dir.), História de Portugal, Porto, Portucalense Editora, suppl. 1954, p. 53. Voir aussi Arrifes Marco Fortunato, A Primeira Grande Guerra na África Portuguesa: Angola e Moçambique (1914-1918), Lisbonne, Cosmos, 2004 ; Costa Gomes da, A Guerra nas Colónias (1914-1918), Lisbonne, Portugal/Brésil, 1936 et Nhancale Gonzaga Amós Hilário, As campanhas militares portuguesas em Moçambique durante a 1ª Guerra Mundial, mémoire, Academia Militar, Lisbonne, 2011.

    19Cidade Hernâni, « Portugal na Guerra mondial », in Peres D. (dir.), op. cit., vol. 7, 1935, p. 502.

    20Fraga Luís Alves de, « A Participação de Portugal na Grande Guerra », in Medina João (dir.), História Contemporânea de Portugal, Primeira República, Lisbonne, Amigos do Livro, 1985, t. II, p. 34-53 ; Camacho Manuel Brito, Portugal na Grande Guerra, Lisbonne, Impr. Lucas, 1936 ; Ferreira Martins Luís Augusto (général), Portugal na Grande Guerra, Lisbonne, Atica, 1934 ; Pestana Marques Isabel, Os Portugueses nas trincheiras. Um quotidiano de guerra, Lisbonne, Comissão portuguesa de historia militar, 2002 ; Pingaud Albert, « L’Intervention portugaise dans la Guerre mondiale », Revue d’histoire diplomatique, juillet-septembre 1935 ; Teixeira Nuno Severiano, L’Entrée du Portugal dans la Grande Guerre, Paris, Economica, 1998.

    21Voir ses Memórias e trabalhos da minha vida, Lisbonne, ed. Marítimo Colonial, 1944-1945, 4 vol.

    22Voir Pyles Jesse, The Portuguese Expeditionary Corps in World War I: From Inception to Combat Destruction, 1914-1918, Master of Arts, Denton, University of North Texas, 2012.

    23Voir Pestana Marques Isabel, Memórias do General Fernando Tamagnini (1915-1919): ‘‘Os Meus Três Comandos”, Viseu, Sacre-Fundação Mariana Seixas-Coelho, 2004.

    24Voir Carmel de Coimbra, Un Chemin sous le regard de Marie. Biographie de Sœur Lúcia de Fatima, Hauteville, Le Parvis, 2016 et Balayn Bernard, Les Bergers de l’Aurore, Les jeunes voyants de Fatima, Paris, Téqui, 1994 (ouvrages hagiographiques).

    25Pour des raisons de commodité, nous n’employons pas en permanence le conditionnel.

    26Sœur Lúcia, Mémoires, Fatima, Vice-Postulação dos Videntes, 1980, p. 64.

    27Castelbranco J. C., Le Prodige inouï de Fatima, Paris, Téqui, 1958, p. 69-70.

    28Sœur Lúcia, op. cit., p. 66.

    29Ibid., p. 68.

    30Sœur Lúcia raconte avoir vu la Vierge à Cova da Iria le 15 juin 1921, avant son départ pour le collège de Vilar, à Porto.

    31Sœur Lúcia, op. cit., p. 164-167.

    32Ibid., p. 168.

    33Ibid., p. 172-173.

    34C’est le « premier secret », révélé par Lucia le 31 août 1941 dans une lettre à l’évêque de Leira.

    35Sœur Lúcia a vu dans l’aurore boréale du 25 janvier 1938 le signe annoncé par Marie.

    36C’est le « deuxième secret », révélé par Lucia le 8 décembre 1941. Cette consécration a été faite par Pie XII en 1942, Paul VI en 1965, Jean-Paul II en 1982, 1983, 1984 et François en 2013.

    37Une dévotion explicitée lors d’une apparition de la Vierge à l’Enfant à Lúcia, alors novice à Pontevedra (Galice), le 10 décembre 1925.

    38C’est ici que se place le « troisième secret », rédigé le 3 janvier 1944, placé dans une enveloppe scellée, sur laquelle Sœur Lucia a écrit : « Ne peut être ouverte qu’après 1960. » Paul VI, en mars 1965 ; et Jean-Paul II, en juillet 1981, en ont pris connaissance.

    39En effet, si Francisco voit l’apparition, il ne l’entend pas.

    40Barthas C. chanoine, op. cit., p. 257.

    41Ibid., p. 140.

    42Marchi John de, Témoignages sur les apparitions de Fatima, Grafica de Coimbra, 1979, p. 126.

    43Sœur Lúcia, op. cit., p. 37.

    44Ibid., p. 176-178.

    45Ibid., p. 184.

    46Ibid., p. 83-84.

    47Ibid., p. 179-180.

    48Marchi John de, op. cit., p. 197-198.

    49Ibid., p. 205.

    50Voir Bennett Jeffrey S., When the Sun Danced: Myth, Miracles, and Modernity in Early Twentieth-Century Portugal, Charlottesville, Univ. of Virginia Press, 2012 ; Pinon Gilles, Fatima, un ovni pas comme les autres ?, s. l., Osmondes, 2001 ; Simons Paul, « Weather Secrets of Miracle at Fátima », The Times, 17 février 2005 et Wirowski Arthur, « Modelling of the Phenomenon Known as ‘‘the Miracle of the Sun” as the Reflection of Light from Ice Crystals Oscillating Synchronously », Journal of Modern Physics, vol. 3, 3, 2012, p. 282-289.

    51« The Miracle of the Sun at Fatima », Journal of Meteorology, vol. 14, 142, 1989.

    52« Apparitions and Miracles of the Sun » [http://www.meessen.net/AMeessen/MirSun.pdf].

    53Mc Clure Kevin, The Evidence for Visions of the Virgin Mary, New York, Aquarian Press, 1983.

    54Pour une approche plus globale, voir Bouflet Joachim, Une Histoire des miracles : du Moyen Âge à nos jours, Paris, Seuil, 2008.

    55Barthas C. chanoine, op. cit., p. 147.

    56Marchi John de, op. cit., p. 225.

    57Ibid., p. 228.

    58Service historique de la Défense, Vincennes, 7 N 678, Bulletin d’information de quinzaine, 29 juin 1917.

    59Dupront Alphonse, Du sacré. Croisades et pèlerinages. Images et langages, Paris, Gallimard, 1987.

    60Veloso Ventura Vasco Manuel, Sidónio Pais e a encenação do poder durante a República Nova, Tese de Mestrado, Universidade de Lisboa, 2013.

    61Voir Mirão Cardoso, Kináni? (Quem vive?). Crónica de Guerra no Norte de Moçambique, 1917-1918, Lisbonne, Horizonte, 2001.

    62Cidade Hernâni, op. cit., p. 521.

    63Voir les témoignages suivants : Casimiro Augusto, Nas trincheiras da Flandres, Porto, Renascença Portuguesa, 1918 et Cortesão Jaime, Memorias da Grande Guerra, Porto, Renascença Portuguesa, 1919.

    64Cidade Hernâni, op. cit., p. 507.

    65Voir Fraga Luís Alves de, Do intervencionismo ao sidonismo: os dois segmentos da política de guerra na 1a República, 1916–1918, Universidade de Coimbra, 2010.

    66Voir Henriques Mendo Castro et Leitão António Rosas, La Lys, 1918. Os Soldados Desconhecidos, Lisbonne, Prefácio, 2001.

    67Voir Fraga Luís Alves de, General Tomás Garcia Rosado: o outro comandante do CEP, França 1918-1919, Lisbonne, Prefácio, 2006.

    68Peres, op. cit., p. 298-301.

    69Barthas C. chanoine, op. cit., p. 258.

    70Sœur Lúcia, op. cit., p. 152.

    71[http://www.ktotv.com/articles/2017/5/12/canonisation-de-francois-et-jacinthe-a-fatima].

    72Voir Balayn Bernard, Les Grandes heures de Fatima, du pape Benoît XV à François. Le centenaire, 1916-2017, Hauteville, Le Parvis, 2016.

    73Voir Silva de Moura Carlos André, « “Não tenhas medo”: a formação de uma cultura visionária em Portugal e as suas práticas e representações no Brasil (1917-1940) », Topoi, 17 (33), 2016, p. 561-585.

    74Archives de sciences sociales des religions (ASSR), 45-2, 1978, p. 300.

    75Fatima – Enquête sur une imposture, Paris, Alain Moreau, 1977.

    76ASSR, op. cit., p. 300.

    77[http://fatima.be/fr/fatima/opposant/index.php] (erreur en 2025).

    78Castelbranco J. C., op. cit., p. 77.

    79Discours devant l’Association nationale des évangéliques (National Association of Evangelicals) à Orlando le 8 mars 1983.

    80Le texte évoque les persécutions subies par l’Église au cours de ce qui a été appelé le « siècle des martyrs » (xxe siècle) et l’assassinat du pape.

    81Voir Tosatti Marco, Il Segreto Non Svelato, Hong-Kong/Rome, 2002 et 2017 ; Socci Antonio, Il Quarto Segreto di Fátima, Padoue, BUR, 2006 et Ferrara Christopher A., The Secret Still Hidden, Pound Ridge, Good Counsel Publications Inc., 2008.

    82Voir par exemple Borelli Machado Antonio Augusto et Babinet Guillaume, Fatima, message de tragédie ou d’espérance ?, Paris, Société française pour la défense de la tradition, 1987 et Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la vérité sur Fatima, t. I : La Science et les faits, Suresnes, Renaissance catholique, 1986 ; t. II : Le Secret et l’Église (1917-1942), 1987 ; t. III : Le Troisième secret, Saint-Parres-lès-Vaudes, La Contre Réforme catholique, 1986.

    83Labo Sebastian, L’Attentat contre le Pape à la lumière de Fatima et à l’ombre de la Révolution d’octobre 1917, Hauteville, Le Parvis, 1984.

    84D’après Stanisław Dziwisz, alors secrétaire particulier du pape, puis archevêque de Cracovie, celui-ci fut légèrement blessé à cette occasion [http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/10/17] (erreur en 2025).

    85Voir The New York Times, 11 juillet 1984.

    86Sœur Lúcia a elle-même donné son point de vue à ce sujet : Le Message de Fatima. Comment je vois le message à travers le temps et les événements, Fatima, Secretariado dos Pastorinhos, 2006.

    87[http://blog.croix-glorieuse.org/la-troisieme-partie-du-secret-la-vision-de-lavenir-de-leglise].

    88Voir Lecomte Bernard, La Vérité l’emportera toujours sur le mensonge : comment le pape a vaincu le communisme, Paris, Lattès, 1991.

    89C’est le point de vue défendu par l’abbé René Laurentin dans Comment la Vierge Marie leur a rendu la liberté, Paris/Argenteuil, Oeil – F. Bréchant, 1992 et Les Chrétiens détonateurs des libérations à l’Est, Paris, F-X de Guibert, 1991.

    90Jean-Paul II, « Homélie prononcée à Fatima le 13 mai 1982 », in Tindal Robertson Timothy, Fatima, la Russie et Jean-Paul II, Paris, Téqui, 1993, p. 181.

    91« What Happened at Fatima », The Weekly Standard, 7 mars 2005.

    92Le procès en béatification de l’un des principaux promoteurs de Fatima, le chanoine Formigão (1883-1958) a été ouvert en 2000. Voir Torgal Luís Filipe, « Manuel Nunes Formigão: The Hidden Promoter of the Work of Fátima », Portuguese Journal of Social Science, 13 (3), 2014, p. 287-295.

    93[http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents] (erreur en 2025).

    94Voir ses Notes autobiographiques, Paris, Téqui, 1997, 2 vol. et Le Naour Jean-Yves, Claire Ferchaud, la Jeanne d’Arc de la Grande Guerre, Paris, Hachette, 2007 (rationnaliste) et Mouton-Raimbault Claude, Présence de Claire Ferchaud. Réfutation d’un livre trompeur, Chiré-en-Montreuil, DPF-éditions de Chiré, 2007 (apologétique).

    Auteur

    • Jean-Noël Grandhomme

      Université de Lorraine à Nancy.

      Jean-Noël Grandhomme, est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Lorraine à Nancy. Il est membre du Centre de recherche universitaire lorrain d’histoire (CRULH), conférencier au Collège militaire royal du Canada à Kingston (Ontario) et membre des comités scientifiques du Mémorial de Verdun, du Mémorial de l’Alsace-Moselle et du musée de Gravelotte.

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    1Weber Jean Julien, Sur les pentes du Golgotha. Un prêtre dans les tranchées, Strasbourg, La Nuée bleue, 2001, p. 123.

    2On consultera avec profit à ce propos l’ouvrage, controversé cependant, de Becker Annette, La Guerre et la foi : de la mort à la mémoire, 1914-1930, Paris, A. Colin, 1994 et la synthèse de Boniface Xavier, Histoire religieuse de la Grande Guerre, Paris, Fayard, 2014.

    3Voir Multon Hilaire, Les Temps sont proches : prophétisme politique et culture apocalyptique dans le catholicisme français et italien (1859-1878), thèse, université Paris-Est, 2002 et Biriau Paul, L’Église et l’Apocalypse du xixe siècle à nos jours, Paris, Berg International, 2000.

    4Voir Dessaigne Francine, Sonis, mystique et soldat, Paris, Nouvelles éditions latines, 1988 et Bedel Gérard, Le Général de Sonis, Versailles, Via Romana, 2012.

    5Voir Laurentin René et Durand Albert, Pontmain, histoire authentique, Paris, Apostolat des éditions, 1970.

    6Lameire Gilles, Apparitions en Alsace. Notre-Dame de Neubois, autoédition, 1978 ; Breynaert Françoise, Les Apparitions de Neubois Frankenbourg, Onet-le-Château, Rassemblement à Son Image Éditions, 2017.

    7Voir Clarke David, The Angel of Mons: Phantom Soldiers and Ghostly Guardians, Hoboken, Wiley, 2005.

    8Voir Le Courrier de la Manche, le 9 janvier 1917.

    9Une littérature considérable existe sur Fatima, voir par exemple : Chiron Yves, Fatima vérités et légendes, Perpignan, Artège, 2017 et Bouflet Joachim, Fátima – 1917-2017, Paris, Éditions du Cerf, 2017. Elle est en général apologétique : Costelle Daniel, Apparitions à Fatima, Paris, Presses du Châtelet, 2007 ; Duchâteau Véronique, À Fatima, un rendez-vous avec le Ciel, 1917-2017, Paris, Téqui, 2016. Les sources en sont les écrits de la principale voyante, mais aussi les enquêtes menées par les autorités ecclésiastiques et administratives, la presse de toute obédience, les essais des partisans des apparitions et des opposants.

    10Voir Bouflet Joachim et Boutry Philippe, Un Signe dans le ciel : les apparitions de la Vierge, Paris, Grasset, 1997.

    11Voir Stern Jean, La Salette, Documents authentiques, Paris, Desclée De Brouwer, 1980-1991, 3 vol. et Laurentin René et Corteville Michel, Découverte du secret de la Salette, Paris, Fayard, 2002.

    12Voir Clarence-Smith William G., The Third Portuguese Empire, 1825-1975: a Study in Economic Imperialism, Manchester, Manchester University Press, 1985 ; Madureira Arnaldo, A colonização portuguesa em África, 1890-1910, Lisbonne, Horizonte, 1986 et Oliveira Marques António H. de, Histoire du Portugal et de son empire colonial, Paris, Karthala, 1998.

    13Atkinson W. C., Histoire de l’Espagne et du Portugal, Paris, Payot, 1965, p. 373.

    14Voir Rocha Martins Francisco da, D. Manuel II, História do seu Reinado e da Implantação da República, Lisbonne, Edição Portuguesa ABC, 1931.

    15Barthas chanoine C., Fatima, merveille du xxe siècle, Toulouse, Fatima éd., 1952, p. 256.

    16Voir Simões Raposo et Carvalhão Duarte, A Maçonaria e a Implantação da República, Lisbonne, Grémio Lusitano, 2009.

    17Voir Afonso Aniceto et Matos Gomes Carlos de, Portugal e a Grande Guerra 1914-1918, Lisbonne, Quidnovi, 2010 ; Fraga Luís Alves de, Portugal e a Primeira Grande Guerra. Os objetivos Políticos e o Esboço da Estratégia Nacional 1914-1916, Lisbonne, Universidade Técnica, 1990 et Soares Martínez Pedro, A República Portuguesa e as Relações Internacionais (1910-1926), Lisbonne, Verbo, 2001.

    18Peres Damião (dir.), História de Portugal, Porto, Portucalense Editora, suppl. 1954, p. 53. Voir aussi Arrifes Marco Fortunato, A Primeira Grande Guerra na África Portuguesa: Angola e Moçambique (1914-1918), Lisbonne, Cosmos, 2004 ; Costa Gomes da, A Guerra nas Colónias (1914-1918), Lisbonne, Portugal/Brésil, 1936 et Nhancale Gonzaga Amós Hilário, As campanhas militares portuguesas em Moçambique durante a 1ª Guerra Mundial, mémoire, Academia Militar, Lisbonne, 2011.

    19Cidade Hernâni, « Portugal na Guerra mondial », in Peres D. (dir.), op. cit., vol. 7, 1935, p. 502.

    20Fraga Luís Alves de, « A Participação de Portugal na Grande Guerra », in Medina João (dir.), História Contemporânea de Portugal, Primeira República, Lisbonne, Amigos do Livro, 1985, t. II, p. 34-53 ; Camacho Manuel Brito, Portugal na Grande Guerra, Lisbonne, Impr. Lucas, 1936 ; Ferreira Martins Luís Augusto (général), Portugal na Grande Guerra, Lisbonne, Atica, 1934 ; Pestana Marques Isabel, Os Portugueses nas trincheiras. Um quotidiano de guerra, Lisbonne, Comissão portuguesa de historia militar, 2002 ; Pingaud Albert, « L’Intervention portugaise dans la Guerre mondiale », Revue d’histoire diplomatique, juillet-septembre 1935 ; Teixeira Nuno Severiano, L’Entrée du Portugal dans la Grande Guerre, Paris, Economica, 1998.

    21Voir ses Memórias e trabalhos da minha vida, Lisbonne, ed. Marítimo Colonial, 1944-1945, 4 vol.

    22Voir Pyles Jesse, The Portuguese Expeditionary Corps in World War I: From Inception to Combat Destruction, 1914-1918, Master of Arts, Denton, University of North Texas, 2012.

    23Voir Pestana Marques Isabel, Memórias do General Fernando Tamagnini (1915-1919): ‘‘Os Meus Três Comandos”, Viseu, Sacre-Fundação Mariana Seixas-Coelho, 2004.

    24Voir Carmel de Coimbra, Un Chemin sous le regard de Marie. Biographie de Sœur Lúcia de Fatima, Hauteville, Le Parvis, 2016 et Balayn Bernard, Les Bergers de l’Aurore, Les jeunes voyants de Fatima, Paris, Téqui, 1994 (ouvrages hagiographiques).

    25Pour des raisons de commodité, nous n’employons pas en permanence le conditionnel.

    26Sœur Lúcia, Mémoires, Fatima, Vice-Postulação dos Videntes, 1980, p. 64.

    27Castelbranco J. C., Le Prodige inouï de Fatima, Paris, Téqui, 1958, p. 69-70.

    28Sœur Lúcia, op. cit., p. 66.

    29Ibid., p. 68.

    30Sœur Lúcia raconte avoir vu la Vierge à Cova da Iria le 15 juin 1921, avant son départ pour le collège de Vilar, à Porto.

    31Sœur Lúcia, op. cit., p. 164-167.

    32Ibid., p. 168.

    33Ibid., p. 172-173.

    34C’est le « premier secret », révélé par Lucia le 31 août 1941 dans une lettre à l’évêque de Leira.

    35Sœur Lúcia a vu dans l’aurore boréale du 25 janvier 1938 le signe annoncé par Marie.

    36C’est le « deuxième secret », révélé par Lucia le 8 décembre 1941. Cette consécration a été faite par Pie XII en 1942, Paul VI en 1965, Jean-Paul II en 1982, 1983, 1984 et François en 2013.

    37Une dévotion explicitée lors d’une apparition de la Vierge à l’Enfant à Lúcia, alors novice à Pontevedra (Galice), le 10 décembre 1925.

    38C’est ici que se place le « troisième secret », rédigé le 3 janvier 1944, placé dans une enveloppe scellée, sur laquelle Sœur Lucia a écrit : « Ne peut être ouverte qu’après 1960. » Paul VI, en mars 1965 ; et Jean-Paul II, en juillet 1981, en ont pris connaissance.

    39En effet, si Francisco voit l’apparition, il ne l’entend pas.

    40Barthas C. chanoine, op. cit., p. 257.

    41Ibid., p. 140.

    42Marchi John de, Témoignages sur les apparitions de Fatima, Grafica de Coimbra, 1979, p. 126.

    43Sœur Lúcia, op. cit., p. 37.

    44Ibid., p. 176-178.

    45Ibid., p. 184.

    46Ibid., p. 83-84.

    47Ibid., p. 179-180.

    48Marchi John de, op. cit., p. 197-198.

    49Ibid., p. 205.

    50Voir Bennett Jeffrey S., When the Sun Danced: Myth, Miracles, and Modernity in Early Twentieth-Century Portugal, Charlottesville, Univ. of Virginia Press, 2012 ; Pinon Gilles, Fatima, un ovni pas comme les autres ?, s. l., Osmondes, 2001 ; Simons Paul, « Weather Secrets of Miracle at Fátima », The Times, 17 février 2005 et Wirowski Arthur, « Modelling of the Phenomenon Known as ‘‘the Miracle of the Sun” as the Reflection of Light from Ice Crystals Oscillating Synchronously », Journal of Modern Physics, vol. 3, 3, 2012, p. 282-289.

    51« The Miracle of the Sun at Fatima », Journal of Meteorology, vol. 14, 142, 1989.

    52« Apparitions and Miracles of the Sun » [http://www.meessen.net/AMeessen/MirSun.pdf].

    53Mc Clure Kevin, The Evidence for Visions of the Virgin Mary, New York, Aquarian Press, 1983.

    54Pour une approche plus globale, voir Bouflet Joachim, Une Histoire des miracles : du Moyen Âge à nos jours, Paris, Seuil, 2008.

    55Barthas C. chanoine, op. cit., p. 147.

    56Marchi John de, op. cit., p. 225.

    57Ibid., p. 228.

    58Service historique de la Défense, Vincennes, 7 N 678, Bulletin d’information de quinzaine, 29 juin 1917.

    59Dupront Alphonse, Du sacré. Croisades et pèlerinages. Images et langages, Paris, Gallimard, 1987.

    60Veloso Ventura Vasco Manuel, Sidónio Pais e a encenação do poder durante a República Nova, Tese de Mestrado, Universidade de Lisboa, 2013.

    61Voir Mirão Cardoso, Kináni? (Quem vive?). Crónica de Guerra no Norte de Moçambique, 1917-1918, Lisbonne, Horizonte, 2001.

    62Cidade Hernâni, op. cit., p. 521.

    63Voir les témoignages suivants : Casimiro Augusto, Nas trincheiras da Flandres, Porto, Renascença Portuguesa, 1918 et Cortesão Jaime, Memorias da Grande Guerra, Porto, Renascença Portuguesa, 1919.

    64Cidade Hernâni, op. cit., p. 507.

    65Voir Fraga Luís Alves de, Do intervencionismo ao sidonismo: os dois segmentos da política de guerra na 1a República, 1916–1918, Universidade de Coimbra, 2010.

    66Voir Henriques Mendo Castro et Leitão António Rosas, La Lys, 1918. Os Soldados Desconhecidos, Lisbonne, Prefácio, 2001.

    67Voir Fraga Luís Alves de, General Tomás Garcia Rosado: o outro comandante do CEP, França 1918-1919, Lisbonne, Prefácio, 2006.

    68Peres, op. cit., p. 298-301.

    69Barthas C. chanoine, op. cit., p. 258.

    70Sœur Lúcia, op. cit., p. 152.

    71[http://www.ktotv.com/articles/2017/5/12/canonisation-de-francois-et-jacinthe-a-fatima].

    72Voir Balayn Bernard, Les Grandes heures de Fatima, du pape Benoît XV à François. Le centenaire, 1916-2017, Hauteville, Le Parvis, 2016.

    73Voir Silva de Moura Carlos André, « “Não tenhas medo”: a formação de uma cultura visionária em Portugal e as suas práticas e representações no Brasil (1917-1940) », Topoi, 17 (33), 2016, p. 561-585.

    74Archives de sciences sociales des religions (ASSR), 45-2, 1978, p. 300.

    75Fatima – Enquête sur une imposture, Paris, Alain Moreau, 1977.

    76ASSR, op. cit., p. 300.

    77[http://fatima.be/fr/fatima/opposant/index.php] (erreur en 2025).

    78Castelbranco J. C., op. cit., p. 77.

    79Discours devant l’Association nationale des évangéliques (National Association of Evangelicals) à Orlando le 8 mars 1983.

    80Le texte évoque les persécutions subies par l’Église au cours de ce qui a été appelé le « siècle des martyrs » (xxe siècle) et l’assassinat du pape.

    81Voir Tosatti Marco, Il Segreto Non Svelato, Hong-Kong/Rome, 2002 et 2017 ; Socci Antonio, Il Quarto Segreto di Fátima, Padoue, BUR, 2006 et Ferrara Christopher A., The Secret Still Hidden, Pound Ridge, Good Counsel Publications Inc., 2008.

    82Voir par exemple Borelli Machado Antonio Augusto et Babinet Guillaume, Fatima, message de tragédie ou d’espérance ?, Paris, Société française pour la défense de la tradition, 1987 et Frère Michel de la Sainte Trinité, Toute la vérité sur Fatima, t. I : La Science et les faits, Suresnes, Renaissance catholique, 1986 ; t. II : Le Secret et l’Église (1917-1942), 1987 ; t. III : Le Troisième secret, Saint-Parres-lès-Vaudes, La Contre Réforme catholique, 1986.

    83Labo Sebastian, L’Attentat contre le Pape à la lumière de Fatima et à l’ombre de la Révolution d’octobre 1917, Hauteville, Le Parvis, 1984.

    84D’après Stanisław Dziwisz, alors secrétaire particulier du pape, puis archevêque de Cracovie, celui-ci fut légèrement blessé à cette occasion [http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/10/17] (erreur en 2025).

    85Voir The New York Times, 11 juillet 1984.

    86Sœur Lúcia a elle-même donné son point de vue à ce sujet : Le Message de Fatima. Comment je vois le message à travers le temps et les événements, Fatima, Secretariado dos Pastorinhos, 2006.

    87[http://blog.croix-glorieuse.org/la-troisieme-partie-du-secret-la-vision-de-lavenir-de-leglise].

    88Voir Lecomte Bernard, La Vérité l’emportera toujours sur le mensonge : comment le pape a vaincu le communisme, Paris, Lattès, 1991.

    89C’est le point de vue défendu par l’abbé René Laurentin dans Comment la Vierge Marie leur a rendu la liberté, Paris/Argenteuil, Oeil – F. Bréchant, 1992 et Les Chrétiens détonateurs des libérations à l’Est, Paris, F-X de Guibert, 1991.

    90Jean-Paul II, « Homélie prononcée à Fatima le 13 mai 1982 », in Tindal Robertson Timothy, Fatima, la Russie et Jean-Paul II, Paris, Téqui, 1993, p. 181.

    91« What Happened at Fatima », The Weekly Standard, 7 mars 2005.

    92Le procès en béatification de l’un des principaux promoteurs de Fatima, le chanoine Formigão (1883-1958) a été ouvert en 2000. Voir Torgal Luís Filipe, « Manuel Nunes Formigão: The Hidden Promoter of the Work of Fátima », Portuguese Journal of Social Science, 13 (3), 2014, p. 287-295.

    93[http://www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/documents] (erreur en 2025).

    94Voir ses Notes autobiographiques, Paris, Téqui, 1997, 2 vol. et Le Naour Jean-Yves, Claire Ferchaud, la Jeanne d’Arc de la Grande Guerre, Paris, Hachette, 2007 (rationnaliste) et Mouton-Raimbault Claude, Présence de Claire Ferchaud. Réfutation d’un livre trompeur, Chiré-en-Montreuil, DPF-éditions de Chiré, 2007 (apologétique).

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    Grandhomme, J.-N. (2019). Les apparitions de Fatima (mai-octobre 1917). In M. Barey & J. Bourcart (éds.), 1917. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14cnj
    Grandhomme, Jean-Noël. « Les apparitions de Fatima (mai-octobre 1917) ». In 1917, édité par Morgane Barey et Jean Bourcart. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2019. doi:10.4000/14cnj.
    Grandhomme, Jean-Noël. « Les apparitions de Fatima (mai-octobre 1917) ». 1917, édité par Morgane Barey et Jean Bourcart, Presses universitaires de Rennes, 2019, https://doi.org/10.4000/14cnj.

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    Barey, M., & Bourcart, J. (éds.). (2019). 1917. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14cny
    Barey, Morgane, et Jean Bourcart, éd. 1917. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2019. doi:10.4000/14cny.
    Barey, Morgane, et Jean Bourcart, éditeurs. 1917. Presses universitaires de Rennes, 2019, https://doi.org/10.4000/14cny.
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