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    Plan détaillé Texte intégral Les services de renseignement allemand et austro-hongrois : une collaboration étroite et un plan de deception vis-à-vis des Italiens Les services de renseignement français et la bataille de Caporetto L’exploitation du renseignement italien : les divergences d’appréciation Notes de bas de page Auteur

    1917

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    Table des matières

    Surprise inévitable ou bataille prévisible ?

    Les services de renseignement et la bataille de Caporetto (1917)

    Gérald Sawicki

    p. 85-96

    Texte intégral Les services de renseignement allemand et austro-hongrois : une collaboration étroite et un plan de deception vis-à-vis des Italiens Les services de renseignement français et la bataille de Caporetto L’exploitation du renseignement italien : les divergences d’appréciation Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Le 24 octobre 1917, trois armées austro-allemandes enfonçaient les positions italiennes de l’Isonzo. En quelques heures, plusieurs lignes de tranchées bétonnées, bien organisées, considérées comme imprenables étaient enlevées. L’avance ennemie ne put être enrayée que sur la Piave à 100 km plus à l’Ouest, au prix de l’une des plus grandes déroutes de la Première Guerre mondiale. La Vénétie était envahie, Udine prise et Venise menacée. Les pertes italiennes s’élevaient à 40 000 tués ou blessés, 300 000 prisonniers et 400 000 déserteurs. Un matériel considérable fut également perdu dont la moitié de l’artillerie de campagne italienne (plus de 3 000 canons).

    2La bonne préparation de l’attaque, la valeur des troupes assaillantes, les nouvelles techniques de combat d’infanterie1, l’utilisation des gaz de combat ne suffisaient pas à expliquer ce succès foudroyant. La surprise fut aussi une des conditions réunies de cette victoire austro-allemande. Cette surprise était-elle inévitable ? Aucun indice, aucun renseignement suffisamment précis et digne de foi n’avait-il été donné pour permettre d’être mis en garde ? Quel rôle jouèrent à cet effet les différents services de renseignement (SR) tant des Empires centraux qu’alliés ?

    Les services de renseignement allemand et austro-hongrois : une collaboration étroite et un plan de deception vis-à-vis des Italiens

    3Pour obtenir la surprise, les hauts commandements allemand et austro-hongrois cherchèrent à tromper l’adversaire italien sur le lieu et la date de l’attaque grâce à une série de moyens qu’on pourrait appeler aujourd’hui de deception (désinformation). La mission de dissimulation des intentions des Empires centraux incomba à l’Abteilung (département) III b, le SR militaire du GQG allemand dirigé par le major Nicolaï et à l’Evidenzbureau, le SR austro-hongrois commandé par le colonel Ronge.

    4Cette entreprise exigeait en effet « un travail énorme, étudié jusque dans les moindres détails et dont seules une organisation rigoureuse et une judicieuse division du travail pouvaient assurer le succès ». Les mesures consistaient en effet à détourner des transports de troupes, à fermer les frontières neutres, à arrêter les lettres et télégrammes, à intensifier le contre-espionnage ou à transmettre des nouvelles tendancieuses2.

    5Le 11 septembre 1917, le général Otto von Below et la XIVe armée allemande étaient officiellement chargés de l’offensive sur Tolmino. Dès le lendemain 12 septembre, le major Nicolaï et le colonel Ronge se réunirent une première fois à Bade au GQG autrichien puis plus tard à Kreuznach au GQG allemand3. Ils mirent alors en place un plan approfondi d’intoxication et de deception à l’encontre du commandement et du SR italien.

    6Celui-ci s’appuyait d’abord sur un ensemble de mesures classiques de contre-espionnage. Pour masquer les préparatifs et dissimuler les transports de troupes, certaines d’entre elles furent déplacées de part et d’autre du front occidental et oriental. Les frontières neutres germano-suisses et austro-suisses furent rigoureusement fermées4. Pour éviter les fuites, des lettres et télégrammes furent arrêtés : un blocus postal fut ainsi décrété au sud-ouest de la ligne Salzburg-Bruck-Agram (Zagreb)5.

    7Des méthodes actives furent également employées afin de fixer l’attention sur une autre partie du front (Trentin et Tyrol) : campagnes de fausses nouvelles dans la presse allemande ou suisse6, déplacement d’un corps d’armée allemand transporté d’abord dans le Tyrol avec la consigne de se montrer le plus possible en première ligne7. Ainsi à la mi-septembre 1917, deux bataillons bavarois y défilèrent dans les rues au son des tambours et des clairons, après quoi des autocars les transportèrent de nuit à l’autre extrémité du Tyrol. Pendant le combat de Carzano, un des bataillons bavarois, qui se trouvait par hasard dans les environs, fut immédiatement amené sur le front, participa à l’opération de reprise des lignes et fut maintenu sciemment dans la région pendant quelques jours encore8. Enfin, plusieurs autres bataillons d’assaut allemands prirent part avec ostentation à quelques opérations de peu d’importance9.

    8Plus remarquable encore, ces opérations de désinformation s’accompagnèrent de l’installation de 21 stations radios allemandes dans le Trentin dans le but de simuler le trafic radio d’unités inexistantes10. Un détachement de TSF fut envoyé à Botzen (Bolzano) dans le Tyrol autrichien et transmit toutes sortes d’ordres et de directives à des formations allemandes imaginaires11. De même, une grande attention fut accordée aux interceptions radiotélégraphiques italiennes pour lesquelles fut implantée une station pour la XIVe armée allemande12. Parallèlement, l’activité des postes téléphoniques austro-hongrois installés en face de la 3e armée italienne, qui était encore très grande au début de septembre 1917, se réduisit « bientôt à zéro ou à presque rien13 ». Enfin, de faux déserteurs furent envoyés dans les lignes italiennes et un réseau d’informateurs fut utilisé aux dépens des Italiens, ce qui permit aux Austro-allemands « d’évoluer sur le terrain avec une grande sécurité14 ».

    9Dans ce plan d’intoxication, l’empereur Charles Ier d’Autriche et son chef d’État-major général, le général Arz von Straußenburg jouèrent un certain rôle en effectuant plusieurs voyages de diversion. À la mi-septembre 1917, Charles Ier s’affichait ostensiblement pendant 3 jours dans la ville de Trente et cette attitude coïncidait avec le transit des troupes bavaroises dans le Trentin pour tromper les Italiens sur la direction de l’attaque15. Le 8 octobre, l’empereur était signalé en Volhynie faisant croire à une prochaine offensive contre les Russes16. Vers le milieu du mois, il se rendit à Botzen toujours dans le but d’attirer les Italiens dans une fausse direction. Ce voyage fut longuement relaté dans les journaux, qui annoncèrent également la présence du général von Cramon, représentant allemand du GQG allemand au GQG austro-hongrois17. Cette campagne de fausses nouvelles fut d’ailleurs poursuivie quelques jours après le début de l’offensive le 24 octobre afin de faire croire encore que cette dernière n’était qu’une feinte et que la véritable attaque se déroulerait à partir du front tyrolien18.

    10Parallèlement à ces mesures, le SR autrichien se préoccupait de rechercher ce que les Italiens pouvaient avoir appris des intentions autrichiennes et quelles allait être leur réaction. Ainsi l’Evidenzbureau s’empara le 20 septembre 1917 d’intéressants documents comme un code de signalisation optique et d’un code télégraphique19.

    11De même, les SR des Empires centraux montèrent diverses opérations de « guerre psychologique ». L’une d’elles put avoir contribué à l’effondrement du 4e corps d’armée italien. À la fin août, de sérieuses émeutes de la faim avaient éclaté à Turin, émeutes qui furent violemment réprimées et firent de très nombreuses victimes. Les Allemands réussirent par le canal de leurs agents en Suisse à se procurer leurs noms et adresses et les firent soigneusement imprimer. Ils rédigèrent des proclamations que leurs avions jetèrent dans les lignes à Caporetto où se trouvait le corps d’armée de Turin : « Vos femmes et vos enfants sont assassinés chez vous, voici leurs noms (suivait la liste détaillée des civils qui avaient été victimes de l’émeute). Pourquoi continuer à combattre sur un sol étranger, alors que vous êtes trahis chez vous, etc.20. »

    12Une variante à cette opération semble avoir existé avec l’impression en Autriche de copies de certains journaux d’Italie du Nord très connus donnant le compte rendu exact et non censuré des émeutes de Turin. Ces faux journaux furent alors distribués par la voie des airs sur les lignes tenues par les Piémontais21.

    13Le SR austro-hongrois employa également des agents de propagande et de démoralisation comme ce maître d’hôtel du nom de Joseph Kreutz, qui, immédiatement avant la percée de Caporetto, se trouvait en service à un endroit stratégique, à la tête de pont de Tolmino près de Santa Lucia. Il parlait aux soldats italiens d’une grande offensive projetée par les Autrichiens unis aux Allemands. Ils y emploieraient un gaz nouveau « d’une effroyable efficacité, qui tuerait tout être humain sur une surface très étendue et dont aucun masque ne pouvait protéger ». Kreutz leur conseillait de fuir non vers l’arrière mais vers les Autrichiens qui les recevaient le mieux du monde : « De fait, dès les premiers coups de canon qui annoncèrent la grande bataille, des compagnies entières se rendirent en accourant à nous22. »

    14Le colonel von Watzel, qui fut pendant 14 années officier de renseignement de l’Evidenzbureau, avançait également que la « propagande socialiste » organisé par le SR en direction de l’Italie produisait son effet. Dès l’été 1917, on avait constaté un relâchement de la discipline parmi les troupes italiennes et les désertions se multipliaient23.

    15Un autre aspect de la préparation de la bataille fut le camouflage de la marche d’approche des troupes austro-allemandes sur le front de l’Isonzo. Pour celle de la XIVe armée allemande, très difficile en raison de l’étroitesse des routes de montagne, les formations d’artillerie et de lance-mines ainsi que les grandes quantités munitions précédèrent les divisions d’infanterie amenées qu’en dernier lieu24. Pour préserver le secret et tromper les Italiens, la mise en place de ces divisions ne s’effectua qu’au cours de la dernière semaine. Certains bataillons allemands de première ligne furent même dotés du fez bosniaque ou du casque autrichien25. Ainsi le lieutenant en premier Erwin Rommel, qui faisait partie du 14e bataillon de montagne du Wurtemberg affecté au Corps alpin commença sa marche d’approche dans les Alpes Juliennes vers le front à partir du 18 octobre, souvent sous des pluies torrentielles et par des nuits particulièrement sombres, pour échapper à la détection des patrouilles aériennes italiennes. Chaque étape devait être atteinte avant l’aube : les hommes et les animaux devaient être dissimulés dans des abris inconfortables26.

    Les services de renseignement français et la bataille de Caporetto

    16Aussi raffinée que fût cette opération d’intoxication austro-allemande, des SR français l’avaient décelée. En fait, la bataille de Caporetto ne fut jamais mieux annoncée que par le SR de Belfort dirigé depuis 1913 par le commandant Andlauer. À la mi-octobre 1917, l’ensemble des renseignements recueillis lui permettait d’affirmer de plus en plus nettement son opinion. Il était d’abord certain « à 100 % » que dans l’obligation de relever leur allié défaillant, les Allemands avaient décidé d’intervenir sur le front italien. Pour cette offensive, ils prêtaient à l’armée austro-hongroise le concours de plusieurs divisions « spécialement choisies, entraînées et équipées » pour les combats en montagne. Il put déterminer le départ du front occidental pour le front italien des 12e et 26e divisions allemandes alors positionnées en Alsace ainsi que des bataillons de chasseurs prélevés dans diverses grandes unités. De plus, il se rendit compte que le front oriental russo-roumain avait probablement fourni le Corps alpin et la 200e division. 4 à 5 divisions allemandes avaient déjà été repérées sur les 7 au total. Il se convint aussi progressivement que le point d’application de ces forces ne se situerait pas dans le Tyrol mais sur l’Isonzo27.

    17Pour aboutir à ces déductions, il s’appuyait sur de nombreuses sources variées, y compris des lettres de soldats28. Parmi les sources d’agents, deux étaient excellentes et d’origine alsacienne. La première était le docteur Jules Wallart29, directeur de l’hôpital militaire de Saint-Louis (Haute Alsace) jusqu’en 1915. En sa qualité de médecin, il pouvait circuler dans le Sundgau30 avec facilité31 et des amis l’aidaient dans l’observation des transports de troupes par chemin de fer.

    18Les comptes rendus de renseignement (CR) du SR de Belfort des 28 septembre et 1er octobre 1917 témoignaient de son activité. Dans le premier, le docteur Wallart annonçait que la 12e division allemande avait commencé à quitter le Sundgau dans la nuit du 23 au 24 septembre à destination du front italien. Les soldats avaient reçu un équipement de montagne et les voitures régimentaires avaient été remplacées par des voitures légères32. Dans le second, il affirmait que l’État-major de la 12e division était passé à Vienne (Autriche) à une date très récente et que quelques éléments de la division se trouvaient encore dans le Sundgau le 28 septembre mais qu’ils s’attendaient à partir d’un moment à l’autre : « On ne peut pas encore préciser la destination de la 12e division (Carso ou Macédoine) ; Il semble en tout cas que le Tyrol doive être dès maintenant exclu (souligné dans le texte) ; pour la Macédoine, douteux (?)33. »

    19Le docteur en médecine Léon Blum était la seconde source excellente d’Andlauer. Natif de Fegersheim (Bas-Rhin), il devint après-guerre professeur à la faculté de médecine de Strasbourg et un savant de premier ordre, d’une réputation mondiale. Il avait déjà rendu des services signalés au SR en lui faisant parvenir « des renseignements militaires de la plus haute importance », notamment en l’avertissant des préparatifs allemands en vue de la bataille de Verdun (février 1916)34.

    20Le CR du 8 octobre 1917 était en tout point remarquable : « On parle beaucoup, depuis une dizaine de jours, dans les hautes sphères militaires de Strasbourg, d’une offensive qui sera dirigée sous peu contre l’Italie, avec une mise en œuvre de moyens très importants ; on cite notamment le front de l’Isonzo. La 26e division a quitté la région de Saverne fin septembre, à destination du front italien (Isonzo, disait-on). La 12e division est partie du Sundgau, à la même époque, pour l’Isonzo également35. »

    21Ces renseignements étaient parfaitement exacts. Ils étaient puisés à bonne source car mobilisé à Strasbourg, Léon Blum soignait plusieurs officiers de l’État-major du groupe d’armées Herzog Albrecht von Württemberg. Cet État-major était installé à la Robertsau, un quartier de la capitale alsacienne. Or, de mars à début septembre 1917, le chef d’État-major de ce groupe d’armées ne fut autre que le général Krafft von Dellmensingen, un ancien commandant de l’Alpenkorps en Roumanie. Nommé chef d’État-major du général von Below, commandant la XIVe armée allemande sur le front de l’Isonzo, il fut l’un des principaux concepteurs du plan de la bataille de Caporetto. Et bien entendu, les officiers de Strasbourg étaient toujours en relation avec leur ancien chef36.

    22De fait, si objectivement, à la mi-octobre 1917, Andlauer affectait encore une probabilité de 75 chances sur 100 pour une attaque sur le front Isonzo-Carso, ses dernières hésitations disparurent bientôt complètement, en raison des fausses nouvelles orchestrées par le SR allemand de Nicolaï, qui lui rappelait fortement ce qui s’était déjà produit avant Verdun37.

    23De plus, en dehors de Belfort, d’autres SR français furent prévenus de l’offensive austro-allemande. Le commandant Ladoux, ancien chef du service de centralisation du renseignement (contre-espionnage) reçut le 5 ou 7 octobre 1917 un renseignement important d’une informatrice italienne, épouse d’un banquier allemand vivant en Suisse, qui confirmait le plan d’offensive dont les agents d’Alsace signalaient déjà d’inquiétants indices38. La fermeture de la frontière suisse couvrait de très gros passages de troupes allemandes, notamment le transport sur le front italien d’un des corps alpins allemands. Le 10 octobre, les détails étaient d’une telle précision qu’il décida à alerter le GQG français39.

    24Une autre source provenait du colonel Denvignes, attaché militaire français à Madrid. Dans des audiences accordées à ce dernier, le roi d’Espagne Alphonse XIII s’attachait à relever les services rendus par lui à la France : renseignements donnés particulièrement sur l’évolution des affaires autrichiennes. Huit jours avant Caporetto, Alphonse XIII annonça l’attaque et la déroute probable des Italiens40.

    25Le colonel Thomas, attaché militaire français en Suède obtint également des renseignements précis d’un agent rémunéré, un journaliste scandinave spécialiste des affaires militaires travaillant pour un quotidien « nettement germanophile ». Invité par les Allemands à visiter le front, ce dernier attira l’attention sur l’Italie. Ainsi à Munich, il avait vu plusieurs trains de troupes appartenant au Corps alpin. Quelques jours plus tard, à Innsbruck, il en avait repéré à nouveau appartenant au même corps et un officier général ne lui avait pas caché qu’il était en route pour le front italien. Enfin, des conversations avec le personnel des chemins de fer lui permettaient d’affirmer que ce courant de transport était important et coïncidait avec une accumulation de moyens en face de ce front41.

    26Or, tous ces renseignements ne furent pas exploités à leur juste valeur par le haut commandement. Selon Andlauer et Ladoux, la responsabilité en incombait principalement au chef du 2e bureau du général Foch, chef d’État-major général des armées françaises, dont les services au 4 bis boulevard des Invalides à Paris étaient chargés de la centralisation des renseignements sur la situation des armées alliés et éventuellement de la coordination des opérations du front français avec celles des autres fronts42. Dans une moindre mesure, la responsabilité était aussi partagée par le 2e bureau du QGQ à Compiègne. Ces bureaux prétendaient qu’il s’agissait de simples renforts allemands envoyés aux Autrichiens pour les rassurer contre l’éventualité d’une attaque italienne ou bien que ces troupes étaient dirigées soit en Roumanie, soit contre l’armée Sarrail du front d’Orient43. Ainsi, 6 jours avant l’attaque, le 18 octobre, la carte du 2e bureau du GQG relative à l’emplacement des divisions allemandes admettait bien le départ du front français des 12e et 26e divisions mais ne les situait encore nulle part : une simple flèche indiquait qu’elles avaient pris une direction x44. Au 2e bureau de Foch, l’attention fut fixée jusqu’au bout sur le front russo-roumain, sur une offensive projetée par Ludendorff en Moldavie, offensive bien renseignée, semble-t-il, par une « documentation particulièrement impressionnante » reçue des Alliés ou d’autres SR45. Cette croyance était d’ailleurs assez plausible car Ludendorff avait effectivement d’abord envisagé une opération en Moldavie. Son abandon lui avait été « pénible » car elle lui paraissait avoir plus d’importance qu’une opération en Italie à laquelle il ne montra pas au début « beaucoup d’enthousiasme46 ».

    27D’une manière générale, plusieurs raisons expliquaient la mauvaise exploitation des renseignements, due notamment à la méfiance et au scepticisme du haut commandement à l’égard des renseignements d’agents47. À propos de Caporetto, le colonel Zopff, chef du SR du GQG, en fit l’aveu à titre privé au commandant Ladoux : « Je crois que vous avez raison, mais jamais on ne veut croire aux renseignements d’agents – on n’a confiance que dans les renseignements du front – c’est-à-dire dans ceux qu’on recueille auprès des prisonniers et des déserteurs, alors que les troupes sont déjà en position. On ne remuera jamais une division sur des renseignements d’agents48. »

    28De même, parmi les officiers généraux ou d’État-major, nombreux semblaient penser qu’il était impossible de se reconnaître dans le fouillis des renseignements vagues, confus ou contradictoires et qu’on trouvait dans les bulletins de SR des arguments en faveur de toutes les hypothèses49.

    29En fait, dans le cas présent, la raison principale était que les 2e bureaux français se reposèrent en grande partie sur l’avis des autorités militaires italiennes. Plusieurs témoignages allaient dans ce sens. Ainsi, par exemple, on demanda à un agent qui opérait en Italie de recouper les renseignements de Ladoux et celui-ci les infirma. C’était un professeur de faculté français « aussi méthodique que hardi » mais qui tenait ses principales informations des Italiens eux-mêmes50. Ladoux passa outre et avertit le ministre de la Guerre Painlevé, le colonel Olivari, attaché militaire commercial de France à Rome, alors de passage à Paris ainsi que le colonel Brancaccio, attaché militaire d’Italie en France51. Ce dernier prévint le général Cadorna, commandant en chef italien mais celui-ci déclara qu’une telle offensive était « hors de la logique52 ». De même, deux jours avant Caporetto, le 22 octobre au matin, le commandant Andlauer insistait toujours. Il « hurlait sa conviction » au chef du 2e bureau de Foch en lui disant qu’ils allaient « vers la surprise de Verdun renouvelée ». La réponse fut sans appel : « Mais non ! Mon bon ami, soit tranquille ! D’ailleurs les Italiens – ils sont très très forts en matière de renseignements – les Italiens n’annoncent rien. Viens me voir au 4 bis demain matin ; je te donnerai tout apaisement. »

    30Le lendemain 23, changement de décor, la mine était défaite et le ton catastrophique. Dans la nuit, en effet, le chef du 2e bureau avait reçu un télégramme du SR italien d’après lequel un lieutenant autrichien de nationalité roumaine, déserteur, venait d’être trouvé porteur d’un ordre relatif à une attaque projetée contre la montagne Kolovrat au centre du dispositif de l’Isonzo. Il était question dans cet ordre de la présence, dans la conque de Tolmino, de la 12e division allemande, appuyée de la 50e division autrichienne. Il signalait aussi l’existence de la XIVe armée allemande sous les ordres de von Below et précisait la présence du général von Stein, commandant le IIIe corps bavarois, de la 200e division et de l’Alpenkorps : « Les Italiens n’y coupent pas !!! C’est imminent !!! Et nous leur avons retiré récemment les bouches à feu de gros calibres que nous leur avions prêtées pour leur offensive de fin août53 ! »

    31Pendant ce temps, à Stockholm, l’attaché militaire français avait reçu un « télégramme narquois » de Paris où on lui faisait savoir que « rien ne permettait de tenir pour exact » les renseignements qu’il avait transmis. Mais bientôt, un communiqué radio allemand lui parvenait, qui annonçait « urbi et orbi » la victoire de Caporetto54 !

    L’exploitation du renseignement italien : les divergences d’appréciation

    32On pourrait donc croire à une défaillance voire une faillite du renseignement italien avant la bataille. En fait, encore une fois, la réalité fut beaucoup plus complexe et les responsabilités réelles ne se trouvaient pas seulement à ce niveau. Certes, le service de renseignement italien, le Servizio Informazioni del Commando Supremo présentait alors de nombreuses lacunes organisationnelles. Des rivalités préjudiciables opposaient le bureau du renseignement de Udine au Bureau des Situations et des Opérations, qui mettait au point l’ordre de bataille ennemi. Il ne semble pas non plus que le 2e bureau italien ait alors « une compétence professionnelle indiscutable » car il interpréta assez mal les renseignements qu’il recueillit avant la bataille55. De plus, tous les codes italiens « jusqu’aux plus difficiles et aux plus secrets » furent cassés par les Austro-Hongrois56. Néanmoins, les renseignements parvenus grâce à diverses sources permirent de se rendre compte de manière plus précise qu’une offensive austro-allemande était projetée sur l’Isonzo à la fin octobre 1917.

    33Dès le 18 septembre, le général Cadorna, chef d’État-major général de l’armée italienne ordonnait de prendre une attitude défensive sur tout le front à cause de l’apparition croissante d’unités autrichiennes provenant de Russie. Le 27 septembre, le centre de renseignements de l’Aia signala que des troupes allemandes se concentraient entre Ljubljana et Trieste57. Le 10 octobre, Cadorna affirmait « qu’une attaque autrichienne serait imminente avec l’appui de l’artillerie allemande (ceci est sûr) et vraisemblablement d’infanterie concentrée dans le Trentin (ceci n’est pas absolument confirmé)58 ». Les indices (changement dans le régime des tirs d’artillerie et dans la manière d’opérer de l’aviation) et les vérifications (interceptions téléphoniques, constatation d’une concentration à l’est de Bainsizza) se multiplièrent jusqu’au 22 octobre, date à laquelle deux officiers autrichiens d’origine roumaine indiquèrent le plan de l’attaque ennemi et la date à laquelle elle devait se produire59. Mais le report de l’offensive du 22 au 24 octobre, à la suite du mauvais temps et à un retard dans l’arrivée de munitions, put faire une dernière fois douter de l’exactitude du renseignement. Seul un renforcement d’artillerie dans le bassin de Flitch fut observé par le SR austro-hongrois60.

    34En fait, plus qu’une question de collecte de renseignements se posait encore celle de son exploitation par le haut commandement. Il semble bien que les relations difficiles existant entre le général Cadorna et le général Capello, commandant la 2e armée italienne appelée à soutenir l’essentiel du choc le 24 octobre, aient contribué à aggraver la situation. De fait, les deux généraux s’opposèrent « sur l’analyse de la menace d’une éventuelle attaque ennemie61 ». Négligeant les ordres de Cadorna d’adapter son dispositif et de retirer son artillerie, Capello crut même profiter de l’attaque austro-allemande pour préparer une vigoureuse contre-offensive mais avec des moyens totalement insuffisants. Le 21 octobre, le général Egidi, chef de l’état-major de la 2e armée écrivait que pour diverses raisons « nous sommes très contents qu’ils nous attaquent. Nous avons en main leur ordre d’opérations62 ».

    35De même, bien que Cadorna le démentît, il semble que la désinformation des SR des Empires centraux ait opéré en partie sur lui, ou du moins que la menace sur le Trentin ait toujours créé « dans son âme l’indécision63 ». Ce fut ainsi que même après le début de la bataille, le lieu de débarquement et de concentration des troupes françaises envoyées en Italie fut modifié pour être reporté plus en arrière que la Piave et vers le Nord, à proximité du Trentin, sur la demande expresse du général italien64. Il est vrai que déboucher du Tyrol pouvait avoir pour résultat la destruction ou la dislocation de toute l’armée italienne dans la grande cuvette de Vénétie. Sur aucun des fronts, cette situation stratégique n’offrait, selon Hindenburg, « de conditions plus favorables à un grand succès65 ».

    36Quoi qu’il en soit, Cadorna avait sa propre conception du renseignement. Selon lui, l’expérience même de la guerre conseillait « de ne point accorder une confiance trop absolue aux renseignements reçus » : « Il est facile de dire après coup que nous devions attendre l’attaque que dans la région Plezzo-Tolmino : celui qui dirige les opérations doit raisonner dans le présent. Il se base sur les réalités et sur les possibilités qu’il connaît de l’ennemi soit par ses organes d’information, soit par son propre raisonnement. Celui-ci intervient en dernière analyse pour déterminer la valeur des inconnues ou des incertitudes qui sont les plus nombreuses à la guerre. C’est précisément pour cela que l’art de la guerre est, de tous, le plus difficile66. »

    37De son côté, Ludendorff écrivait en 1918 : « Au combat, celui qui tâtonne le plus dans l’obscurité est désavantagé. La précaution de dissimulation de ses mesures et de tromperie de l’ennemi peut ainsi se révéler décisive. » À Caporetto, renseignements et déception déterminèrent plus que jamais les opérations. La victoire austro-allemande lors la 12e bataille de l’Isonzo fut menée à bonne fin grâce au facteur surprise67. Cette surprise se déroula tant sur le plan tactique que sur le plan stratégique68.

    38Néanmoins, le SR italien fut sérieusement réorganisé début 1918 et bénéficia de l’expertise et de l’apport des services secrets alliés, notamment britannique69. De fait, la bataille défensive du 15 juin 1918 sur la Piave racheta en partie les précédentes erreurs du renseignement et du commandement italien. Les Italiens connurent « à quelques minutes près » le déclenchement de la dernière offensive autrichienne70. Les opérations de désinformation de l’Evidenzbureau eurent beaucoup moins de réussite, « surtout en ce qui concernait la présence de la participation allemande à l’offensive ». Dans un secteur d’attaque, le tir de contre-préparation de l’artillerie italienne surprit même des troupes austro-hongroises, qui se désagrégèrent71. Enfin, concernant le SR de Belfort et ses agents alsaciens, ils jouèrent encore un grand rôle en 1918. Si le SR ne fut pas vraiment cru en ce qui concernait Verdun et Caporetto, il le fut pleinement pour la dernière offensive allemande du 15 juillet en Champagne (Friedensturm). « Celle-ci fut annoncée avec certitude dès le début du mois72. »

    Notes de bas de page

    1En particulier les principes tactiques d’infiltration développés à Riga sur le front russe par le général von Hutier.

    2Bosc capitaine H. von, « Ruses de guerre et camouflage », in L’espionnage et le contre-espionnage pendant la guerre mondiale d’après les archives du Reich, t. II, Paris, Payot, 1934, p. 93-94.

    3Ronge général Max, Espionnage. Douze années au service des renseignements, Paris, Payot, 1932, p. 244.

    4Service historique de la Défense, Archives de la Guerre (SHD GR), 1K173, Fonds Andlauer, Caporetto (vu de Belfort), 28 février 1934, p. 32 et 44.

    5Ronge général Max, op. cit., p. 244.

    6SHD, GR 1K173, op. cit., p. 40-44.

    7Ronge général Max, op. cit., p. 244.

    8Watzel colonel von, Un service d’espionnage. Souvenirs de quatorze années au service des renseignements austro-hongrois, 1905-1918, Paris, Payot, 1935, p. 70.

    9Cramon Général A. von, Quatre ans au GQG austro-hongrois pendant la guerre mondiale comme représentant du GQG allemand, Paris, Payot, 1922, p. 216.

    10Massignani Alessandro, « Le service de renseignements de l’armée de terre italienne de 1900 à 1920 », in Guelton colonel Frédéric et Bicer lieutenant Abdil (dir.), Naissance et évolution du renseignement dans l’espace européen (1870-1940). Entre démocratie et totalitarisme, quatorze étude de cas, Paris, Service historique de la Défense, 2006, p. 90.

    11Cramon général A. von, op. cit., p. 216-217.

    12Ronge général Max, op. cit., p. 245.

    13Idem, Les maîtres de l’espionnage 1914-1918, Paris, Payot, 1935, p. 220.

    14Massignani Alessandro, op. cit., p. 90.

    15Ibid.

    16SHD, GR 1K173, op. cit., p. 41-42.

    17Cramon général A. von, op. cit., p. 216.

    18SHD, GR 1K173, op. cit., p. 49-51.

    19Ronge général Max, Espionnage. Douze années…, op. cit., p. 244-245.

    20Tuohy capitaine Ferdinand, Les mystères de l’espionnage pendant la guerre 1914-1918, Paris, L’Édition française illustrée, s. d., p. 89-90.

    21Rowan Richard W., L’évolution de l’espionnage moderne (spy and counter-spy), Paris, Édition Nouvelle revue critique, 1935, p. 161.

    22Orosel général Egon, « L’espionnage sur le front des Empires centraux », in L’espionnage et le contre-espionnage…, t. I, Paris, Payot, 1934, p. 240-241.

    23Watzel colonel von, op. cit., p. 153.

    24Ludendorff Erich, Souvenirs de guerre, t. II, Paris, Payot, 1920, p. 109.

    25Porte Rémy, Les secrets de la Grande Guerre, Paris, Vuibert, 2012, p. 238.

    26Rommel Erich, L’infanterie attaque. Enseignements et expérience vécue, Nancy, Éditions Le Polémarque, 2012, p. 279-280.

    27SHD, GR 1K173, op. cit., p. 39-40.

    28Ibid., p. 38.

    29Jules Wallart (1870-1944) fut maire de Saint-Louis de 1919 à 1925 et président du conseil général du Haut-Rhin de 1924 à 1928.

    30Partie sud de l’Alsace, à proximité de Bâle et de la frontière suisse.

    31SHD, GR 1K173, op. cit., p. 25-26.

    32Ibid., p. 32.

    33Ibid., p. 33-34.

    34Archives départementales du Bas-Rhin, 121AL129, Rapport concernant Léon Blum proposé pour la Légion d’honneur par le chef de bataillon Andlauer, 24 juin 1919.

    35SHD, GR 1K173, op. cit., p. 35.

    36Ibid., p. 35 et 40.

    37Ibid., p. 40-41.

    38Ladoux commandant, La guerre secrète en Alsace, Paris, Éditions du Masque, 1934, p. 169-170.

    39Ibid., Les chasseurs d’espions. Comment j’ai fait arrêter Mata-Hari, Paris, Éditions du Masque, 1932, p. 208.

    40Nicot Jean et Waksman Pierre, « Les relations franco-espagnoles et la politique extérieure d’Alphonse XIII en 1917 », in Actes du 94e congrès national des sociétés savantes, Pau, 1969. Section d’histoire moderne et contemporaine, t. I : Les relations franco-hispaniques, Paris, Bibliothèque nationale, 1971, p. 476.

    41SHD, GR 1K95, Fonds du général Georges, carton 1, « En Scandinavie pendant la Grande Guerre 1916-1918. Souvenirs » du colonel Lucien Thomas, p. 132-134.

    42SHD, GR 1K173, op. cit., p. 24.

    43Ladoux commandant, La guerre secrète…, op. cit, p. 174.

    44SHD, GR 1K173, op. cit., p. 45.

    45Ibid., p. 46.

    46Ludendorff Erich, op. cit., p. 90. Cramon général A. von, op. cit., p. 213-214.

    47Lahaie Olivier, Renseignement et services de renseignements en France pendant la guerre de 1914-1918 (2e et 5e bureau de l’EMA) ; 2e bureau du GQG. Section de Renseignement/Section de Centralisation du Renseignement, thèse de doctorat, université Paris 4 – Sorbonne, 2006, p. 802-803 et 901-902.

    48Ladoux commandant, La guerre secrète…, op. cit., p. 175-176.

    49SHD, GR 1K173, Lettre au colonel Andlauer, 21 mai 1934.

    50Ladoux commandant, Les chasseurs d’espions…, op. cit, p. 208.

    51Ibid., p. 209 et La guerre secrète…, op. cit., p. 174.

    52Navarre Henri, Le service de renseignements 1871-1944, Paris, Plon, 1978, p. 22.

    53SHD, GR 1K173, op. cit., p. 47-48.

    54SHD, GR 1K95, op. cit., p. 135.

    55Conquet colonel, La bataille de Caporetto, dans le cadre des opérations sur le front italien, Paris, Plon, 1937, p. 279-280.

    56Ronge général Max, Espionnage. Douze années…, op. cit., p. 249.

    57Massignani Alessandro, op. cit., p. 90.

    58Les Armées françaises dans la Grande Guerre, t. V, 2e vol., Paris, Imprimerie nationale, 1937, p. 1137.

    59SHD, GR 16N3060, EMGA, Groupe de l’avant, 3e bureau, Situation générale en Italie, 13 novembre 1917.

    60Ronge général Max, Espionnage. Douze années…, op. cit., p. 245. Cramon général A. von, op. cit., p. 217.

    61Porte Rémy, op. cit., p. 239-240.

    62Massignani Alessandro, op. cit., p. 92.

    63Conquet colonel, op. cit., p. 282.

    64SHD, GR 1K173, op. cit., p. 51-52.

    65Hindenburg Generalfeldmarschall von, Aus meinem Leben (ma vie), Paris, Lavauzelle, 1921, p. 249.

    66Mémoires du général Cadorna. La guerre sur le front italien jusqu’à l’arrêt sur la ligne de la Piave et du Grappa (24 mai 1915-9 novembre 1917), Paris, Lavauzelle, 1924, p. 330.

    67Bosc capitaine H. von, op. cit., p. 93.

    68Conquet colonel, op. cit., p. 19.

    69Boudas Emmanuel, L’Italie et les Alliés de 1914 à 1919 : indépendance ou subordination ?, thèse de doctorat, vol. 1, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2009, p. 389-390.

    70Orosel général Egon, « Espionnage et trahison », in L’espionnage et le contre-espionnage…, op. cit., t. I, p. 280.

    71Massignani Alessandro, op. cit., p. 94.

    72Navarre général, op. cit., p. 21.

    Auteur

    • Gérald Sawicki

      Université de Lorraine.

      Gérald Sawicki, professeur agrégé et docteur en histoire contemporaine, est chercheur associé au centre de recherche universitaire lorrain d’histoire (CRULH) de l’université de Lorraine. Il est l’auteur de plusieurs articles de revue et d’ouvrages collectifs sur le thème du renseignement et des relations franco-allemandes entre 1871 et 1914. Sa thèse porte sur Les services de renseignements à la frontière franco-allemande (1871-1914). Il prépare un livre sur l’affaire Schnæbelé (avril 1887).

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    1En particulier les principes tactiques d’infiltration développés à Riga sur le front russe par le général von Hutier.

    2Bosc capitaine H. von, « Ruses de guerre et camouflage », in L’espionnage et le contre-espionnage pendant la guerre mondiale d’après les archives du Reich, t. II, Paris, Payot, 1934, p. 93-94.

    3Ronge général Max, Espionnage. Douze années au service des renseignements, Paris, Payot, 1932, p. 244.

    4Service historique de la Défense, Archives de la Guerre (SHD GR), 1K173, Fonds Andlauer, Caporetto (vu de Belfort), 28 février 1934, p. 32 et 44.

    5Ronge général Max, op. cit., p. 244.

    6SHD, GR 1K173, op. cit., p. 40-44.

    7Ronge général Max, op. cit., p. 244.

    8Watzel colonel von, Un service d’espionnage. Souvenirs de quatorze années au service des renseignements austro-hongrois, 1905-1918, Paris, Payot, 1935, p. 70.

    9Cramon Général A. von, Quatre ans au GQG austro-hongrois pendant la guerre mondiale comme représentant du GQG allemand, Paris, Payot, 1922, p. 216.

    10Massignani Alessandro, « Le service de renseignements de l’armée de terre italienne de 1900 à 1920 », in Guelton colonel Frédéric et Bicer lieutenant Abdil (dir.), Naissance et évolution du renseignement dans l’espace européen (1870-1940). Entre démocratie et totalitarisme, quatorze étude de cas, Paris, Service historique de la Défense, 2006, p. 90.

    11Cramon général A. von, op. cit., p. 216-217.

    12Ronge général Max, op. cit., p. 245.

    13Idem, Les maîtres de l’espionnage 1914-1918, Paris, Payot, 1935, p. 220.

    14Massignani Alessandro, op. cit., p. 90.

    15Ibid.

    16SHD, GR 1K173, op. cit., p. 41-42.

    17Cramon général A. von, op. cit., p. 216.

    18SHD, GR 1K173, op. cit., p. 49-51.

    19Ronge général Max, Espionnage. Douze années…, op. cit., p. 244-245.

    20Tuohy capitaine Ferdinand, Les mystères de l’espionnage pendant la guerre 1914-1918, Paris, L’Édition française illustrée, s. d., p. 89-90.

    21Rowan Richard W., L’évolution de l’espionnage moderne (spy and counter-spy), Paris, Édition Nouvelle revue critique, 1935, p. 161.

    22Orosel général Egon, « L’espionnage sur le front des Empires centraux », in L’espionnage et le contre-espionnage…, t. I, Paris, Payot, 1934, p. 240-241.

    23Watzel colonel von, op. cit., p. 153.

    24Ludendorff Erich, Souvenirs de guerre, t. II, Paris, Payot, 1920, p. 109.

    25Porte Rémy, Les secrets de la Grande Guerre, Paris, Vuibert, 2012, p. 238.

    26Rommel Erich, L’infanterie attaque. Enseignements et expérience vécue, Nancy, Éditions Le Polémarque, 2012, p. 279-280.

    27SHD, GR 1K173, op. cit., p. 39-40.

    28Ibid., p. 38.

    29Jules Wallart (1870-1944) fut maire de Saint-Louis de 1919 à 1925 et président du conseil général du Haut-Rhin de 1924 à 1928.

    30Partie sud de l’Alsace, à proximité de Bâle et de la frontière suisse.

    31SHD, GR 1K173, op. cit., p. 25-26.

    32Ibid., p. 32.

    33Ibid., p. 33-34.

    34Archives départementales du Bas-Rhin, 121AL129, Rapport concernant Léon Blum proposé pour la Légion d’honneur par le chef de bataillon Andlauer, 24 juin 1919.

    35SHD, GR 1K173, op. cit., p. 35.

    36Ibid., p. 35 et 40.

    37Ibid., p. 40-41.

    38Ladoux commandant, La guerre secrète en Alsace, Paris, Éditions du Masque, 1934, p. 169-170.

    39Ibid., Les chasseurs d’espions. Comment j’ai fait arrêter Mata-Hari, Paris, Éditions du Masque, 1932, p. 208.

    40Nicot Jean et Waksman Pierre, « Les relations franco-espagnoles et la politique extérieure d’Alphonse XIII en 1917 », in Actes du 94e congrès national des sociétés savantes, Pau, 1969. Section d’histoire moderne et contemporaine, t. I : Les relations franco-hispaniques, Paris, Bibliothèque nationale, 1971, p. 476.

    41SHD, GR 1K95, Fonds du général Georges, carton 1, « En Scandinavie pendant la Grande Guerre 1916-1918. Souvenirs » du colonel Lucien Thomas, p. 132-134.

    42SHD, GR 1K173, op. cit., p. 24.

    43Ladoux commandant, La guerre secrète…, op. cit, p. 174.

    44SHD, GR 1K173, op. cit., p. 45.

    45Ibid., p. 46.

    46Ludendorff Erich, op. cit., p. 90. Cramon général A. von, op. cit., p. 213-214.

    47Lahaie Olivier, Renseignement et services de renseignements en France pendant la guerre de 1914-1918 (2e et 5e bureau de l’EMA) ; 2e bureau du GQG. Section de Renseignement/Section de Centralisation du Renseignement, thèse de doctorat, université Paris 4 – Sorbonne, 2006, p. 802-803 et 901-902.

    48Ladoux commandant, La guerre secrète…, op. cit., p. 175-176.

    49SHD, GR 1K173, Lettre au colonel Andlauer, 21 mai 1934.

    50Ladoux commandant, Les chasseurs d’espions…, op. cit, p. 208.

    51Ibid., p. 209 et La guerre secrète…, op. cit., p. 174.

    52Navarre Henri, Le service de renseignements 1871-1944, Paris, Plon, 1978, p. 22.

    53SHD, GR 1K173, op. cit., p. 47-48.

    54SHD, GR 1K95, op. cit., p. 135.

    55Conquet colonel, La bataille de Caporetto, dans le cadre des opérations sur le front italien, Paris, Plon, 1937, p. 279-280.

    56Ronge général Max, Espionnage. Douze années…, op. cit., p. 249.

    57Massignani Alessandro, op. cit., p. 90.

    58Les Armées françaises dans la Grande Guerre, t. V, 2e vol., Paris, Imprimerie nationale, 1937, p. 1137.

    59SHD, GR 16N3060, EMGA, Groupe de l’avant, 3e bureau, Situation générale en Italie, 13 novembre 1917.

    60Ronge général Max, Espionnage. Douze années…, op. cit., p. 245. Cramon général A. von, op. cit., p. 217.

    61Porte Rémy, op. cit., p. 239-240.

    62Massignani Alessandro, op. cit., p. 92.

    63Conquet colonel, op. cit., p. 282.

    64SHD, GR 1K173, op. cit., p. 51-52.

    65Hindenburg Generalfeldmarschall von, Aus meinem Leben (ma vie), Paris, Lavauzelle, 1921, p. 249.

    66Mémoires du général Cadorna. La guerre sur le front italien jusqu’à l’arrêt sur la ligne de la Piave et du Grappa (24 mai 1915-9 novembre 1917), Paris, Lavauzelle, 1924, p. 330.

    67Bosc capitaine H. von, op. cit., p. 93.

    68Conquet colonel, op. cit., p. 19.

    69Boudas Emmanuel, L’Italie et les Alliés de 1914 à 1919 : indépendance ou subordination ?, thèse de doctorat, vol. 1, université Sorbonne Nouvelle – Paris 3, 2009, p. 389-390.

    70Orosel général Egon, « Espionnage et trahison », in L’espionnage et le contre-espionnage…, op. cit., t. I, p. 280.

    71Massignani Alessandro, op. cit., p. 94.

    72Navarre général, op. cit., p. 21.

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    1917

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    Sawicki, G. (2019). Surprise inévitable ou bataille prévisible ?. In M. Barey & J. Bourcart (éds.), 1917. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14cnl
    Sawicki, Gérald. « Surprise inévitable ou bataille prévisible ? ». In 1917, édité par Morgane Barey et Jean Bourcart. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2019. doi:10.4000/14cnl.
    Sawicki, Gérald. « Surprise inévitable ou bataille prévisible ? ». 1917, édité par Morgane Barey et Jean Bourcart, Presses universitaires de Rennes, 2019, https://doi.org/10.4000/14cnl.

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    Barey, M., & Bourcart, J. (éds.). (2019). 1917. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14cny
    Barey, Morgane, et Jean Bourcart, éd. 1917. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2019. doi:10.4000/14cny.
    Barey, Morgane, et Jean Bourcart, éditeurs. 1917. Presses universitaires de Rennes, 2019, https://doi.org/10.4000/14cny.
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