Les archives CGT du séquestre de novembre 1940
Histoire(s), traitement et exploitation d’un fonds d’origine syndicale
p. 135-142
Texte intégral
1Depuis 1982, l’Institut CGT d’histoire sociale développe un travail singulier. En effet, la CGT lui confie le traitement de ses archives et, par des initiatives multiples, l’association se charge de leur valorisation. À cet égard, le cas spécifique des archives du séquestre de novembre 1940 est un parfait exemple de la politique et des pratiques archivistiques de l’IHS-CGT.
Présentation de l’IHS-CGT
2L’association, régie par loi 1901, a été créée en 1982 à l’initiative de Georges Séguy, président d’honneur jusqu’à son récent décès. Elle a pour but la valorisation de l’histoire du mouvement ouvrier et notamment le rôle de la CGT, de favoriser le travail de recherche entre universitaires, syndicalistes et plus largement entre tous ceux qui s’intéressent à cette histoire. Il est à noter que la CGT est la seule organisation dans le paysage syndical qui peut s’appuyer sur un réseau d’instituts locaux (professionnels et départementaux) pour faire connaître à ses syndiqués et militants mais aussi aux salariés l’histoire du mouvement social1.
3Responsable du centre d’archives confédéral, l’IHS-CGT a pour objet le traitement et la valorisation des archives de la confédération – missions proches voire identiques à celles d’un service d’archives publiques passant par la collecte, le classement, la conservation et la communication des archives confédérales. En 1999, il s’est également doté d’une photothèque afin de rassembler, fédérer et préserver l’ensemble des collections photographiques de la CGT, de ses organisations et de ses publications. Ce sont ainsi plusieurs milliers de clichés qui ont été numérisés et sont aujourd’hui communicables2.
4Pour revenir aux archives syndicales, il faut reconnaître qu’à la différence d’autres « producteurs », elles sont particulièrement fragiles. En effet, elles sont soumises aux aléas de l’activité militante individuelle et collective, à la dispersion, plus généralement aux scissions et déménagements divers. Elles souffrent également de la négligence des militants et parfois chez les responsables d’une confusion entre archives personnelles et archives de l’organisation. Bien entendu les archives rapatriées de Moscou n’échappent pas à l’une ou l’autre de ces fragilités.
Historique des fonds spoliés et de leur restitution
5Saisis au siège de la CGT, 211-213 rue de Lafayette dans le 10e arrondissement de Paris, c’est la quasi-intégralité des fonds de l’entre-deux-guerres de la CGT (réunifiée en 1936) qui ont été spoliés. Jusqu’en 1940, la confédération centralisait les archives de la confédération et de ses fédérations, ce qui n’est plus le cas désormais. C’est donc l’ensemble de ces archives qui a été saisi par les Allemands. Cette précision est importante car au moment de la restitution, il y a eu « malentendu » sur le contenu des archives restituées. Il ne s’agissait pas des archives de la CGTU (unitaire) comme initialement annoncé mais bien celles de la CGT confédérée puis réunifiée.
6Au moment de la restitution, le ministère des Affaires étrangères avait ainsi arbitrairement scindé les fonds en deux versements distincts, ce qui donna lieu à quelques incompréhensions. Le premier versement (114 boîtes) était supposé contenir les archives de la CGTU, ce qui, après examen, ne correspondait en rien avec la réalité. Le second lot (457 boîtes), censé contenir les archives de la CGT confédérée, était destiné selon le ministère à Force Ouvrière. La CGT contesta cette répartition et fut obligée d’opérer un recours juridique qui lui donna finalement raison. Parallèlement, le ministère avait demandé l’avis d’experts et d’historiens qui reconnurent que ces archives devaient revenir en intégralité à la CGT. Il n’est d’ailleurs pas certain que FO ait réclamé ces archives, puisqu’à aucun moment elle ne s’est manifestée au cours de la procédure. Le premier versement a donc eu lieu le 23 mars 2000, puis le second le 8 octobre 2004.
Traitement archivistique
7Sur les 571 boîtes restituées par le ministère des Affaires étrangères, il reste à ce jour 138 boîtes à dépouiller. Lors de la première réception des 114 premiers cartons en mars 20003, l’archiviste-militant de l’époque a dépouillé tous les cartons afin de connaître le contenu exhaustif des archives restituées. Il les a ensuite reclassées en fonction de plans de classement thématiques, calqués sur le fonctionnement et les activités de la CGT.
8Lors du deuxième versement, la question s’est posée de savoir s’il fallait traduire les inventaires russes, restitués en même temps que les fonds. Mais devant les coûts de traduction et les retours d’expériences négatifs de certains centres ayant eux aussi récupéré des fonds revenus de Moscou (par exemple des descriptions erronées qui rendaient les inventaires traduits inutilisables), il a été décidé de procéder comme pour le premier versement. Les inventaires russes ont donc été considérés comme des « objets historiques » liés à l’histoire des fonds et à leurs pérégrinations et non pas comme des « outils archivistiques ».
9La deuxième restitution d’archives concerne les archives de treize fédérations (divisées en 23 fonds). Aujourd’hui, il reste à dépouiller l’Union professionnelle des employés et agents de l’administration des PTT (124 boîtes) et de la confédération des travailleurs intellectuels (24 boîtes). Pour l’instant, la cotation attribuée par les Soviétiques a été conservée dans l’attente de l’établissement d’un classement répondant aux normes ISAD-G.
10Il n’en reste pas moins que ces archives sont à présent communicables et communiquées. Les inventaires ne sont pas encore mis en ligne mais l’opération est en cours et n’empêche pas de constater un nombre toujours croissant de demandes de communication4.
Tableau récapitulatif des archives revenues de Moscou. État du classement en novembre 2016.
No de l’inventaire | Nombre de boîtes | Intitulé | Dates | Inventaires |
38 | 4 | Union professionnelle des employés et agents de l’administration des PTT | 1921-1939 | À classer |
67 | 38 | Fédération de l’habillement | 1910-1940 | Inventaire tapé + Inventaire aux AD93 |
68 | 47 | Fédération de l’éclairage et des forces motrices, gaz et électricité | 1921-1940 | Inventaire tapé |
69 | 19 | Syndicats des techniciens des PTT | 1929-1940 | À classer |
70 | 74 | Syndicat national des agents des PTT | 1901-1940 | À classer |
71 | 14 | Syndicat national des agents des PTT | 1920-1940 | À classer |
72 | 13 | Fédération nationale des travailleurs des postes, télégraphes et téléphones | 1920-1940 | À classer |
73 | 38 | Fédération des syndicats des ouvriers de la métallurgie | 1919-1940 | Inventaire tapé |
74 | 12 | Fédération des syndicats des ouvriers des mines | 1916-1940 | Inventaire tapé |
76 | 20 | Fédération des syndicats des ouvriers et employés de l’industrie pharmaceutique et des pharmacies | 1903-1940 | Inventaire tapé |
78 | 11 | Fédération des syndicats des ouvriers du spectacle | 1927-1940 | Inventaire tapé |
79 | 75 | Fédération des syndicats des ouvriers des services sociaux et de la santé | 1890-1940 | Inventaire tapé |
80 | 19 | Fédération des syndicats des ouvriers du transport | 1919-1940 | Inventaire manuscrit |
83 | 14 | Fédération des syndicats des commis voyageurs et représentants de commerce | 1925-1940 | Inventaire manuscrit |
84 | 7 | Fédération des syndicats de marins | 1913-1940 | Inventaire manuscrit |
85 | 4 | Fédération des syndicats des ouvriers du bâtiment et de la menuiserie | 1932-1940 | Inventaire manuscrit |
86 | 9 | Fédération des syndicats des ouvriers des ports et docks | 1931-1938 | Inventaire tapé |
88 | 7 | Fédération des syndicats des industries et du commerce du tabac et des allumettes | 1925-1939 | Inventaire manuscrit |
89 | 3 | CGTU | 1921-1939 | Inventaire tapé |
149 | 2 | Fédération des industries textiles | 1925-1940 | Inventaire manuscrit |
153 | 10 | Confédération internationale des travailleurs intellectuels | 1902-1940 | À classer |
157 | 14 | Institut international de coopération intellectuelle | 1897-1940 | À classer |
173 | 3 | Fédération nationale unitaire des employés et des ouvriers des services publics, hospitaliers de l’éclairage et des forces motrices | 1923-1938 | Inventaire tapé |
97 CFD | 55 | CGT – Archives confédérales | 1914-1940 | Inventaire tapé |
98 CFD | 7 | CGT – Relations avec les FD | 1920-1940 | Inventaire tapé |
99 CFD | 13 | CGT – Relations avec les UD | 1922-1940 | Inventaire tapé |
77 | 39 | Confédération générale du travail | 1910-1940 | À classer |
Total : 571 boîtes.
Apports et pistes de recherche
11Ce fonds est exceptionnel à plus d’un titre et devrait favoriser l’ouverture ou la prolongation de travaux historiques. Sur l’organisation d’abord, au-delà des connaissances nouvelles sur l’activité et le fonctionnement du syndicat5, la correspondance des responsables confédéraux et fédéraux permet de mieux appréhender le rôle des individus en révélant, par exemple, les dissensions entre dirigeants sur la stratégie syndicale. La même focale peut être poursuivie à l’échelle locale grâce à la correspondance des Unions départementales avec la confédération, même s’il reste nécessaire de les croiser avec d’autres sources pour pouvoir mener à bien des études micro-historiques.
12Ce fonds offre également de nouvelles perspectives pour l’étude de l’activité non revendicative de la CGT durant cette période et particulièrement celle du syndicalisme à bases multiples ou syndicalisme de service6. Les archives des organismes tels que Tourisme et Vacances pour Tous ou l’Institut d’étude et de prévention des maladies professionnelles (quasiment inconnus de l’historiographie syndicale) sont en effet des sources totalement nouvelles qui ont déjà permis d’entamer des recherches inédites7 et d’en envisager d’autres, autour de la mise en place de services syndicaux qui ne touchent plus uniquement au milieu professionnel mais au champ social de manière plus générale8. Le lot consacré aux assurances sociales et particulièrement aux caisses « Le Travail » de la CGT peut compléter certaines études déjà entreprises sur le sujet depuis plusieurs années concernant la protection sociale9.
13Un scénario identique se présente pour le Centre confédéral d’éducation ouvrière (CCEO) avec le retour de ses archives10 alors que jusqu’ici les écrits de Georges Lefranc11, ancien dirigeant du CCEO, ainsi que son fonds personnel déposé au Centre d’histoire sociale du xxe siècle constituaient quasiment les seules sources sur le sujet. De même, les archives du Comité d’accueil aux enfants d’Espagne et le fonds photographique qui s’y rattache12 constituent des éléments de travail aidant à mieux appréhender l’élan de solidarité qu’a connu la France pendant la guerre d’Espagne13.
14Pour ce qui concerne la base documentaire dédiée au volet international, elle offre l’opportunité de réévaluer le poids et le rôle de CGT dans la FSI (à l’instar de celui du PCF au sein du Komintern au même moment), alors même que l’histoire des organisations syndicales internationales se développe depuis le début des années 200014. De même, elle devrait augurer du prolongement des études comparatives européennes déjà engagées15.
15Enfin ce fonds devrait également contribuer à ouvrir des perspectives pour l’histoire du genre. Même si, contrairement à la CFTC, la CGT s’est toujours refusée à organiser les femmes dans des structures différentes de celles des hommes et que le résultat archivistique de ce choix organisationnel se limite quatre-vingts ans plus tard à trois chemises de documents sur la main-d’œuvre féminine des années 1920, des pistes de recherche sont toutefois ouvertes. D’abord parce que l’engagement des femmes dans les syndicats n’occupe, de manière générale, qu’une place mineure dans l’histoire du genre16. Ensuite car les travaux qui ont intégré cette problématique ont davantage porté sur le xixe siècle17 ou la seconde moitié du xxe siècle18 que sur la période de l’entre-deux-guerres19.
16Aussi les archives de la CGT relatives à l’action revendicative, au volet juridique du droit du travail et aux travaux des organismes gouvernementaux consultatifs où siègent des représentants syndicaux (le Conseil national économique, le Conseil national de la main-d’œuvre, la Commission d’hygiène industrielle ou le Conseil supérieur du travail) peuvent apporter de nouveaux éléments de réponse. Sans compter que le fonds complémentaire (98 CFD) consacré à la correspondance de la CGT avec ses fédérations d’industries, très riche, autorise une prospection des secteurs très féminisés, comme l’habillement et le textile, et permet quelques découvertes à l’instar du Cartel de défense des travailleurs et travailleuses à domicile de la CGT, mis en place en 1938 et qui, derrière une dénomination mixte, s’attache principalement à défendre les conditions particulières de travail faites aux ouvrières à domicile20.
Conclusion (et limites)
17Nous ne pouvons énumérer ici la liste exhaustive des travaux s’étant appuyés sur ce fonds mais ces archives consultables depuis une dizaine d’années demeurent une source d’information récente et de premier ordre permettant le renouvellement ou l’actualisation de nos connaissances sur le syndicalisme confédéré pour la période de l’entre-deux-guerres et même au-delà du seul champ de l’histoire du mouvement ouvrier21. Malgré le volume et la richesse de ces fonds22, certaines espérances peuvent toutefois être déçues. Tout d’abord, on constate un véritable déséquilibre entre les années 1920 et 1930, les premières étant inexplicablement sous-représentées dans le corpus par rapport aux secondes. Les années 1930 présentent cependant aussi des lacunes, en particulier la quasi-absence d’archives portant sur le mouvement social de mai-juin 1936 ou sur les effectifs précis de la CGT durant ces années de « ruée syndicale23 ». Il n’est pas interdit de penser que des éléments de réponse pourront être trouvés au niveau des fédérations mais toutes leurs archives ne sont pas encore disponibles. Les inventaires déjà établis ne laissent cependant guère d’espoir. Enfin les débuts de la Seconde Guerre mondiale et de l’Occupation n’ont pas laissé beaucoup de traces, mais cette situation s’explique plus aisément puisque la CGT est dissoute en novembre 1940 par le gouvernement de Vichy24.
Notes de bas de page
1Michel Pigenet, « L’Institut CGT d’histoire sociale (1982-2002) : entre exigences historiennes, impératifs d’organisation et démarche identitaire », dans Claire Andrieu, Marie-Claire Lavabre et Danielle Tartakowsky (dir.), Usages politiques du passé dans la France contemporaine, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, 2006, p. 241-251.
2Aurélie Mazet, « Les archives du séquestre de 1940 à l’Institut CGT d’histoire sociale », dans Alexandre Sumpf et Vincent Laniol (dir.), Saisies, spoliations et restitutions. Archives et bibliothèques au xxe siècle, Rennes, PUR, 2012, p. 357-370.
3Fonds no 77, Confédération générale du travail, 1910-1940, 114 cartons, 23 mars 2000. Sources de la Direction des archives du ministère des Affaires étrangères.
4Élyane Bressol, Myriam Goncalves et Aurélie Mazet, « Valorisation de l’histoire du mouvement social, notamment celle de la Confédération générale du travail (CGT) et de ses archives : les objectifs de l’Institut CGT d’histoire sociale », La Gazette des archives, 2011, no 221, p. 21-32.
5Morgan Poggioli, La CGT du Front populaire à l’État français (1934-1940). De la réunification à la scission, de la scission à la dissolution, thèse de doctorat, université de Bourgogne, 2005 et La CGT du Front populaire à Vichy. De la réunification à la dissolution (1934-1940), Montreuil, Éditions IHS-CGT, 2007.
6Michel Dreyfus, « Le débat sur le syndicalisme à bases multiples à travers les archives du Profintern et quelques autres », dans Serge Wolikow (dir.), Une histoire en révolution ? Du bon usage des archives de Moscou et d’ailleurs, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 1996.
7Hugues Pollastro, Tourisme, Vacances Pour Tous, une association de tourisme populaire de la CGT, 1937-1939, mémoire de maîtrise, université Paris 8, 2001 ; Morgan Poggioli, « L’institut d’étude et de prévention des maladies professionnelles de la CGT (1937-1939) », Sociologie Santé, no 24, juin 2006, p. 242-253.
8Laura Lee Downs, Les colonies de vacances en France, 1880-2005, Paris, Perrin, 2009.
9Michel Dreyfus (dir.), Les assurances sociales en Europe, Rennes, PUR, 2009 et Liberté, égalité, mutualité, Paris, Éditions de l’Atelier, 2001.
10Morgan Poggioli, « Entre éducation populaire et propagande syndicale : les cours radiophoniques de la CGT sous le Front populaire », Le Mouvement social, no 235/2, avril-juin 2011, p. 39-52.
11Georges Lefranc, Essais sur les problèmes socialistes et syndicaux, Paris, Payot, 1970.
12Le fonds est constitué de 81 pièces, tirages papier argentiques, noir et blanc, de différents formats, couvrant la période 1936-1939. On y trouve des photographies des enfants accueillis, des centres d’accueil, des militants et des éducateurs travaillant auprès des enfants ainsi que des scènes de la vie quotidienne. Il s’agit d’un fonds inédit. Retrouvées dans une enveloppe parmi les archives du séquestre de 1940, ces photographies ont été intégrées en mai 2002 au fonds de la photothèque. Elles sont conservées dans la boîte portant le numéro 0004.
13Celia Keren, L’évacuation et l’accueil des enfants espagnols en France : cartographie d’une mobilisation transnationale (1936-1940), thèse de doctorat, Centre de recherches historiques de l’EHESS, 2014.
14Geert Van Goethem, The Amsterdam International. The World of the International Federation of Trade Unions (IFTU), 1913-1945, Aldershot, Ashgate, 2006 ; Anthony Carew, Michel Dreyfus et Geert van Goethem (dir.), The International Confederation of Free Trade Unions, Berne, Peter Lang, 2000 ; Reiner Tosstorf, Die Rote Gewerkschafts-Internationale, 1920-1937, thèse de doctorat, université de Mayence, 1999 ; sans oublier le précurseur Susan Milner, The Dilemnas of Internationalism: French Syndicalism and the International Labour Movement 1900-1914, New York, Berg, 1990.
15Jean-Louis Robert, Friedhelm Boll et Antoine Prost (dir.), L’invention des syndicalismes. Le syndicalisme en Europe occidentale à la fin du xixe siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 1997 et Michel Pigenet, Patrick Pasture et Jean-Louis Robert (dir.), L’Apogée des syndicalismes en Europe occidentale (1960-1985), Paris, Publications de la Sorbonne, 2005.
16Laura Frader, « Femmes, genre et mouvement ouvrier en France aux xixe et xxe siècles : Bilan et perspectives de recherche », Clio. Histoire, femmes et sociétés, no 3, 1996.
17Michelle Perrot, Les ouvriers en grève. France 1871-1890, Paris, Mouton, 1974 ; Madeleine Guilbert, Les femmes et l’organisation syndicale avant 1914, Paris, CNRS Éditions, 1966.
18Marie-Hélène Zylberberg-Hocquard, Féminisme et syndicalisme, Paris, Anthropos, 1978 ; Janine Olmi, Les femmes dans la CGT 1945/1985. Stratégie confédérale et implication départementale, thèse de doctorat, université de Nancy, 2005.
19Christine Bard (dir.), Les Féministes de la première vague, Rennes, PUR, 2015.
20Morgan Poggioli, « À travail égal, salaire égal » ? La CGT et les femmes au temps du Front populaire, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2012.
21Entre autres : Annick Lacroix, Une histoire sociale et spatiale de l’État dans l’Algérie colonisée : l’administration des Postes, Télégraphes, Téléphones du milieu du xixe siècle à la Seconde Guerre mondiale, thèse de doctorat, ENS Cachan, 2014 et Alice Campetti, L’application concrète de la loi sur la semaine de 40 heures dans le textile et la métallurgie dans la région parisienne (1936-1939), thèse en cours, université Paris 8.
22Pour plus de détails sur le contenu du fonds confédéral, nous nous permettons de renvoyer à Morgan Poggioli, « Les sources pour faire l’histoire du syndicalisme. Le cas de la CGT : le fonds rapatrié de Moscou pour l’entre-deux-guerres », Histoire@Politique. Politique, culture, société, no 12, septembre-décembre 2010, [https://www.histoire-politique.fr/index.php?numero=12&rub=sources&item=15] (erreur en 2025), consulté le 15 décembre 2016.
23Antoine Prost, La CGT à l’époque du Front populaire : 1934-1939 : essai de description numérique, Paris, Armand Colin, 1964, et « Les grèves de mai-juin 1936 revisitées », dans Autour du Front populaire, Paris, Seuil, 2006, restent donc les références sur ces questions.
24De plus, le bibliothécaire du CCEO, Henri Vieilledent, revenu à Paris après la défaite, aurait caché une partie des archives de la CGT dans la cage du treuil de l’ascenseur de l’ancien immeuble confédéral, rue Lafayette, et une autre à la Bibliothèque nationale. Voir Bernard Georges, Denise Tintant et Marie-Anne Renauld, Léon Jouhaux dans le mouvement syndical français, Paris, PUF, 1979, p. 269.
Auteurs
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Joël Hedde
Joel Hedde a été secrétaire général de la Fédération de l’éducation, de la recherche et de la culture (FERC-CGT) de 1985 à 1995, secrétaire général de l’IHS-CGT de 1995 à 2002, président de l’IHS-CGT 2002-2005. Il a codirigé, entre autres, La CGT dans les années 1950 (Rennes, PUR, 2005) et Histoire de la CGT (Paris, Éditions de l’Atelier, 2015).
-
Morgan Poggioli
Université de Bourgogne ; Centre Georges-Chevrier (UMR CNRS 7366).
Morgan Poggioli, docteur en histoire contemporaine, est ingénieur d’études à l’université de Bourgogne et chercheur associé au Centre Georges-Chevrier (UMR CNRS 7366). Ses travaux portent sur le syndicalisme durant l’entre-deux-guerres. Il a notamment publié « À travail égal, salaire égal » ? La CGT et les femmes au temps du Front populaire (Éditions universitaires de Dijon, 2012).
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