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    Plan détaillé Texte intégral Les services spéciaux militaires et la construction d’un récit résistancialiste après la guerre Les révélations de l’existence d’archives à Moscou et leur intégration dans le récit mémoriel Les surprises de l’ouverture des archives et leur exploitation historique : la résilience du récit résistancialiste Notes de bas de page Auteur

    Les « fonds de Moscou »

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    Table des matières

    Récit résistancialiste et révélations des archives

    L’histoire des services spéciaux de Vichy à la lumière des sources rapatriées de Moscou

    Claude d’Abzac-Epezy

    p. 99-120

    Texte intégral Les services spéciaux militaires et la construction d’un récit résistancialiste après la guerre Les révélations de l’existence d’archives à Moscou et leur intégration dans le récit mémoriel Les surprises de l’ouverture des archives et leur exploitation historique : la résilience du récit résistancialiste Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les archives rapatriées de Moscou permettent-elles d’écrire l’histoire des services spéciaux de Vichy ? Si l’on en croit Paul Paillole, l’ancien chef du service de contre-espionnage en métropole entre 1940 et 1942, il n’en est rien. Dans un ouvrage publié en 1995, il affirme : « Nous avons détruit par le feu, de 1940 à 1942, tout ce qui pouvait être considéré d’actualité et susceptible d’exploitation par l’ennemi en cas de saisie de ces archives1. » Par cette déclaration, publiée en 1995 au moment où la perspective d’un retour des fonds conservés en URSS se profilait, il invitait l’historien à minimiser l’apport éventuel de ces nouvelles sources et à se référer en priorité aux témoignages des anciens pour retracer l’histoire de ces services pendant la guerre. Pourtant, l’ouverture et le premier tri des cartons de Moscou émanant du 2e bureau de l’état-major de l’armée – à laquelle j’ai eu la chance de participer – réservait des surprises. Même si une grande partie des dires des témoins et de Paul Paillole lui-même est confirmée2, il semble intéressant dans cette étude d’insister sur les divergences entre le récit reconstruit après-guerre et les informations données par les papiers revenus d’Union soviétique. Ces divergences amènent à se poser une question fondamentale : les récits des anciens avaient-ils pour but de faire œuvre d’histoire, de révéler « cette sacrée Vérité » comme se plaisaient à le répéter les titres des articles parus dans le bulletin de l’Association des anciens des service secrets de la défense nationale (AASSDN)3, ou, de manière plus subtile et, somme toute, cohérente avec la mission des hommes de l’ombre : préserver quelques secrets importants et éviter à tout prix que certains faits ne soient révélés ? Une approche chronologique de l’historiographie permettra de mesurer les changements que l’arrivée des archives de Moscou a pu apporter à l’histoire des services de renseignements de Vichy, auparavant fondée surtout sur les témoignages. On pourra ainsi se demander s’il y a eu vraiment une réécriture de l’histoire de ces services à la lumière des documents arrivés de Russie et plus largement, s’il est possible de faire accepter socialement les révélations issues de nouvelles sources lorsqu’un récit mémoriel s’est déjà constitué.

    Les services spéciaux militaires et la construction d’un récit résistancialiste après la guerre

    2Il faut tout d’abord revenir rapidement sur l’organisation des services dits « spéciaux » – c’est-à-dire englobant tout ce qui concerne la recherche du renseignement, la lutte contre l’espionnage ennemi et l’exploitation de ces mêmes renseignements. Avant 1939, dans les états-majors des trois armées, les 2e bureaux s’occupent de l’exploitation du renseignement, la recherche du renseignement militaire est effectuée par les sections recherche (SR)4 tandis que le contre-espionnage est assuré par une section de centralisation de renseignement (SCR) dépendant de l’état-major qui agit à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire5. Dépendant de l’état-major de l’armée, l’ensemble SR/SCR est dirigé par le colonel Rivet. Il faut noter que depuis l’affaire Dreyfus, les militaires n’ont plus le droit de réprimer l’espionnage sur le sol français, cette fonction étant dévolue à la Sûreté, mais ils continuent de centraliser le renseignement. La SCR dispose ainsi d’une très importante documentation dont l’essentiel est constitué de dizaines de milliers de dossiers individuels connectés entre eux par un fichier central.

    3Les armistices de Rethondes et Villa Incisa de juin 1940 permettent l’existence d’une armée de Vichy et les accords de Wiesbaden qui en fixent les modalités ne suppriment pas tous les services spéciaux : seule la recherche de renseignement, ou la répression de l’espionnage concernant l’Allemagne et l’Italie sont interdites. Les deuxièmes bureaux survivent officiellement mais doivent camoufler les sections « armées allemandes et italiennes » ; les sections recherches, parfois désignées sous le nom de « services de renseignement » (SR Guerre « Kléber », SR Air et SR Marine) poursuivent leur activité dissimulés sous couvert des 2e bureaux des états-majors. Le contre-espionnage se scinde en deux : une partie officielle, les Bureaux des menées antinationales (BMA) chargée de la lutte contre les opposants du régime de Vichy et la protection du moral, et les « Travaux ruraux », nom dissimulant un organisme dirigé par le commandant Paillole qui a pour mission la lutte contre l’espionnage ennemi. Organisé autour d’une « Centrale » située à Marseille, et d’une dizaine de postes en France, en Afrique du Nord ou même à l’étranger, les TR doivent entretenir les liens avec les agents, honorables correspondants (HC) ou agents doubles (W) pour réunir des renseignements mais aussi pourchasser et livrer à la justice militaire des agents ennemis. Pour remplir cette tâche, les TR ont également la responsabilité des archives de la SCR, qu’ils doivent régulièrement mettre à jour6.

    4De nombreux écrits destinés à révéler l’action de ces unités durant l’Occupation sont diffusés ou publiés entre la Libération et la fin des années soixante-dix. Dans les dix années qui suivent la fin de la guerre, ils restent confinés à un cercle restreint et visent avant tout à appuyer l’assimilation officielle des services à la France combattante7. Puis, à partir des années 1960 et surtout 1970, les récits touchent un public beaucoup plus large8. Tous ces écrits et témoignages démontrent que les services spéciaux sont bien des réseaux de résistance : recréés clandestinement après l’armistice, ils ont continué la lutte contre l’Axe et ses alliés et n’ont fait que poursuivre leur tâche d’avant la guerre, c’est-à-dire la recherche de renseignement sur les armées ennemies et la lutte contre l’espionnage en France. À cet égard, leurs personnels se revendiquent comme les premiers Résistants de France car ils ont, dès l’armistice, capturé et exécuté des espions allemands opérant en France et transmis des informations aux services secrets alliés. Cette version des faits n’est que peu contredite, à l’exception notable de deux témoignages, celui de l’ancien patron de la DST, Roger Wybot, et d’un ancien agent, Robert Terres9.

    5Il faut replacer la construction de ce récit dans son contexte : les années 1945-1970 sont celles de l’élaboration d’une mémoire résistancialiste permettant à tous les Français, hormis « une poignée de misérables », de participer à l’épopée de la Résistance et de recréer ainsi l’unité de la Nation. Juste après la Libération, il s’agit de faire connaître l’action de résistance des militaires restés en activité ou placés en congés d’armistice : les principes de l’épuration adoptés par le CFLN et le GPRF prévoient d’exclure tous les officiers de l’armée de Vichy qui ne pourront apporter la preuve de leurs actions de résistance10. Compte tenu de cet enjeu, il semble normal que les personnels concernés élaborent des argumentaires permettant de démontrer leur action antiallemande en occultant tous les liens avec l’administration de Vichy. Lorsqu’il s’agit d’évaluer l’activité de tout un service, le récit est le plus souvent collecté par la hiérarchie, incarnée par quelques personnalités qui prennent en charge la mémoire du groupe11. C’est l’objet du rapport du lieutenant-colonel Paillole intitulé « Résumé de l’action des services de contre-espionnage militaires français de juillet 1940 à novembre 194412 » dans lequel il fait le point sur action antinazie remarquablement efficace des services de contre-espionnage, dissimulés dans la clandestinité sous l’étiquette des « Travaux ruraux » : ils ont livré les renseignements recueillis à l’Intelligence Service et pourchassé les agents à la solde de l’Allemagne. Le rattachement de ces unités à la hiérarchie de l’état-major de l’armée – ils dépendent très officiellement du 2e bureau de l’EMA localisé à Royat, à qui ils doivent rendre compte – fait que leur caractère clandestin doit être relativisé. Les rédacteurs insistent pourtant largement sur le terme « clandestinité », ce qui renforce l’analogie avec les réseaux et mouvements de résistance gaullistes et communistes qui se sont opposés autant au gouvernement de Vichy qu’à l’occupant allemand. Paul Paillole, dans Notre espion chez Hitler, écrit : « Le 1er juillet 1940, trois réseaux de résistance sont constitués avec l’aide de nos réservistes et de nos honorables correspondants. Sous la direction du colonel Louis Rivet, fonctionnent à partir de cette date : un réseau de renseignements issu de la Section de recherches (SR) avec Perruche (réseau Kléber)13, un réseau de contre-espionnage (CE) dont je prends la direction (réseau SSM/F/TR) et un réseau aviation (AV) avec le colonel Ronin. Ils seront officiellement homologués comme tels au titre des Forces françaises combattantes (FFC)14. »

    6Dans les années soixante-dix, le contexte est bien différent : c’est la période que Henry Rousso qualifie de « retour du refoulé15 ». En 1971 et 1972 éclatent les premières polémiques autour du film Le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophuls tandis que Paul Touvier est gracié par le président Pompidou qui appelle à la « réconciliation nationale ». En 1973, des débats houleux ont lieu autour du livre de l’historien américain Robert Paxton, La France de Vichy, qui soutient que la collaboration a été recherchée par le gouvernement de Vichy et non imposée par l’Allemagne ; la décennie s’achève en 1978 et 1979 avec les affaires Faurisson, Darquier de Pellepoix ou Leguay. Dans ce climat de révélations et de condamnation de l’action de l’État français, les témoignages des anciens des services spéciaux tendent à réaffirmer leur action antiallemande, résistante et clandestine ainsi que leurs liens avec la France combattante, l’Intelligence service, l’OSS. Ils n’informent pas ou peu sur leur place dans les forces militaires de Vichy. Ce récit est rendu d’autant plus crédible que les témoignages se recoupent et sont régulièrement publiés, en particulier dans le bulletin de l’AASSDN qui a pour objectif de dévoiler la Vérité – toujours avec un grand V et parfois en majuscules. Cette vérité est rendue très solide par le consensus social qui l’accompagne, et par les anciens qui la défendent, réunissant une communauté soudée autour du souvenir des trois cent vingt héros des services spéciaux militaires morts pour la France, honorés par le mémorial de Ramatuelle inauguré en 195916.

    7Il est possible d’avancer l’hypothèse selon laquelle le réseau qui se rassemble autour de ce récit résistancialiste constitue un « système mémoriel ». On peut entendre par système un ensemble social cohérent, stable, reconnu et hiérarchisé, adhérant à un corpus de vérités consensuelles, où chaque partie concourt à l’équilibre de l’ensemble. Le récit devient, de ce fait, l’élément clef de la cohésion d’un groupe de personnes qui sont en mesure de le défendre et donc d’imposer leur vérité par argument d’autorité et le respect qu’ils inspirent. On peut les appeler les gardiens du temple17 : ils sont structurés comme une confrérie et forment une sorte de glacis impénétrable autour d’une mémoire combattante dont ils assurent le culte tout en gravant dans le marbre le discours qui en fait partie intégrante18. Ce processus – que l’on pourrait appeler calcification du récit originel – s’explique par un phénomène identifié par le grand spécialiste français de l’information François-Bernard Huygue qu’il appelle « la bulle d’isolement cognitif », c’est-à-dire « la tentation d’adopter la version de la réalité la plus simple, celle qui flatte le mieux nos stéréotypes ou nos conceptions idéologiques, celle que partage notre groupe, notre famille intellectuelle, celle où chacun peut se renforcer dans ses convictions avec ceux qui pensent comme lui19 ». Cette conception ne peut qu’être heurtée par les exigences critiques de l’histoire scientifique qui doit évaluer les sources en fonction du contexte de leur production et toujours en chercher de nouvelles afin de trouver « ce qui s’est réellement passé » dans un récit sans cesse reconstruit. Or, à la fin de l’année 1991, c’est bien l’espoir de pouvoir bientôt utiliser ces nouvelles sources qui agite soudain la communauté des historiens.

    Les révélations de l’existence d’archives à Moscou et leur intégration dans le récit mémoriel

    8En novembre 1991 paraissent les premiers articles affirmant qu’une quantité très importante d’archives françaises sont conservées à Moscou depuis 1945 et que le fonds le plus important, 20 tonnes en 200 caisses, provient des archives du deuxième bureau de l’EMA20. Ces révélations sur l’existence de ces archives pouvaient-elles fragiliser ce système mémoriel construit autour de Paul Paillole et de l’AASSDN ? Il faut se souvenir qu’en 1991 René Bousquet, ancien ami du président François Mitterrand, est le premier Français inculpé pour « crimes contre l’humanité » ; il est assassiné en 1993 avant sa condamnation. En 1995, Jacques Chirac reconnaît la responsabilité de la France pour les actes commis par Vichy ; en 1998 enfin, après un long procès ayant amené de nombreuses dépositions et de témoins d’historiens, Maurice Papon est condamné à dix ans de réclusion criminelle. C’est dans ce contexte de tourmente qu’il faut examiner la façon dont Paul Paillole communique : le président national de l’AASSDN préserve la mémoire des deuxièmes bureaux en affirmant qu’aucune révélation sur la période des années noires ne pourra être faite à partir des archives rapatriées de Moscou car elles ne comportent aucune pièce postérieure à 1940.

    9Paillole est en effet le mieux placé pour parler de ces archives. Alors que les papiers du Grand Quartier général ont été saisis en juin 1940 en gare de La Charité-sur-Loire21, les services spéciaux militaires ont réussi à transférer les leurs dans le sud de la France. En juin et septembre 1940, lorsque le colonel Rivet décide que les services de renseignements continueront la lutte contre l’occupant malgré les clauses de l’armistice22, il confie au service de contre-espionnage camouflé « Travaux ruraux » ou TR, dont Paillole est le chef, la garde des archives du deuxième bureau de l’EMA et des services rattachés, dont l’imposante documentation du contre-espionnage23. En septembre 1940, elles sont entreposées villa Éole, à Marseille, au siège du service TR dénommé « La Centrale », ou « Cambronne ».

    10Les archives sont en effet au cœur de la mission des services spéciaux, l’instrument sans lequel aucune tâche de renseignement ni de contre-espionnage n’est possible. Paul Paillole a signalé l’importance de celles-ci dans son ouvrage de 1975 lorsqu’il relate la reconstruction du contre-espionnage militaire dans les années d’avant-guerre :

    « J’ai appris que l’un des secrets de l’efficacité du contre-espionnage est la centralisation totale et le classement méthodique des renseignements. Le nom de notre service (Section de centralisation des renseignements – SCR) dit bien ce qu’il devrait en être. Malheureusement, chacun travaille pour soi. […] La Sûreté nationale (SN) a un fichier général dont je ne suis pas certain qu’il englobe le fichier particulier que s’est constitué la Surveillance du territoire. La préfecture de police (PP) a son fichier. […] Le nôtre […] est à la fois plus précis que les autres en ce qui concerne les agents de l’étranger, et moins complet en ce qui concerne la masse d’individus de tous acabits où les Services spéciaux ennemis vont parfois puiser leurs collaborateurs24. »

    11Toujours dans le même ouvrage, Paillole précise que chaque demande d’information concernant un suspect exige de rassembler des pièces venant de la Sûreté nationale, de la préfecture de Police, de la Légion étrangère, de la Gendarmerie ou de l’administration des douanes. La constitution et la communication d’archives sont donc une mission primordiale du contre-espionnage. En 1938, deux archivistes, les capitaines Garnier et Piroulas, s’y consacrent totalement, aidés d’une petite équipe, renforcée à la mobilisation par des réservistes et des gendarmes. Les archives dont Paillole a la garde rassemblent donc des pièces émanant de tous ces services. Le chef des TR indique aussi qu’il fait rédiger des synthèses et que l’ensemble est « très confidentiel en raison des sources à préserver25 ».

    12Que deviennent ces archives au moment de la débâcle ? Paul Paillole raconte, avec force détails et beaucoup de talent, l’épopée du transfert des archives vers Marseille. À chaque étape, Garnier tente d’alléger le fardeau en éliminant les pièces inutiles, « comme les interminables tractations entre la France et ses voisins pour rectifier des frontières26 », à tel point que les quarante tonnes parties de Paris n’en sont plus que trente à l’arrivée à Marseille. Dans le même ouvrage, le chef des TR signale aussi que son service aura pour mission de traiter les archives des Bureaux des menées antinationales dont le but est de « centraliser voire même contrôler les affaires d’atteintes à la Sûreté extérieure de l’État soumises par la police aux tribunaux militaires27 ». Il insiste également sur le fait que les archives des deuxièmes bureaux n’ont pas été saisies par l’occupant en 1940, contrairement à celles du GQG et de nombreuses autres administrations de l’État abandonnées dans un wagon à La Charité-Sur-Loire28.

    13Il est donc important de noter que ce sont les Travaux ruraux qui ont la charge de l’ensemble des archives des SR, des BMA ainsi qu’une partie de celles des deuxièmes bureaux29. L’activité est suffisamment importante pour employer sept archivistes qui, sous la direction du capitaine Garnier, fournissent des renseignements à la demande de l’État-major de l’armée ou des autres services ; ils sont chargés aussi de conserver de nouvelles pièces. Les services secrets gardent donc des archives « vivantes », indispensables à leur fonctionnement, et c’est aussi la raison pour laquelle elles ne sont pas transférées en Afrique du Nord30. Il faut noter également qu’avant 1991, le récit mémoriel, si prolixe sur tant d’autres péripéties, garde le silence absolu sur un épisode qui prouve que les TR ont échoué dans leur mission de sauvegarder toutes ces archives. Le 20 juin 1943, en effet, un commando du SD accompagné par le chef de la Gestapo à Vichy, Hugo Geissler, saisit 200 caisses d’archives, soit 20 tonnes, qui avaient été camouflées à Lédenon près de Nîmes.

    14Cet événement n’est connu qu’en novembre 1991. Il convient de relater ici les circonstances de cette révélation pour comprendre la façon dont Paul Paillole a communiqué sur cette affaire, réussissant avec brio à préserver le récit résistancialiste. Le 21 novembre 1991, Anatoli Prokopenko, vice-président des archives de Russie, révèle à la presse française, dans un entretien à Thierry Wolton pour L’Express, que les archives des deuxièmes bureaux français, que l’on croyait éparpillées ou disparues, étaient en Union soviétique depuis la fin de la guerre31. Le général Philippe Rondot du Cabinet du ministre de la Défense Pierre Joxe demande donc à Paillole des explications sur le sort des archives des services de renseignement. Paillole lui répond le jour même32 et raconte leurs tribulations dans un numéro du bulletin de l’AASSDN, relayé par plusieurs articles dans la grande presse quotidienne et dans un ouvrage publié en 199533. Son témoignage est corroboré par des comptes rendus manuscrits de plusieurs agents, les capitaines Piroulas, Challan-Belval et le gendarme Maurice Saint-Jean34.

    15Ces archives, après avoir été évacuées de Paris en juin 1940, ont fait escale à Montrichard, La Courtine, La Réole, Bon-Encontre, Brax, Roquefort et enfin Marseille. Paillole révèle qu’entre octobre 1940 et janvier 1941, dans l’espoir de les faire passer en Afrique du Nord, elles sont stockées dans la prison militaire de Toulon, mais suite au refus de l’amiral Darlan elles reviennent à Marseille35 ; en janvier 1941 elles sont donc entreposées villa Éole, « PC Cambronne », le poste central clandestin des services des Travaux ruraux ; elles y restent près de deux ans et sont donc complétées par la documentation émanant des TR, des SR et des BMA. Au printemps 1942, cependant, l’arrestation et la libération suspecte du responsable du poste TR de Paris, le lieutenant Martineau36, alerte les services car il connaît l’emplacement du « PC Cambronne ». Par mesure de sécurité, ce poste central des TR est transféré de la villa Éole à Marseille à la villa Olive à Montolivet en juin 194237. Les témoignages ne permettent pas de savoir avec précision si toutes les archives ont été aussi déménagées vers ce nouveau PC à ce moment-là. Mais Paillole signale qu’elles ont été réparties en plusieurs lots à partir de juillet 194238. Le plus gros lot représentant « le reliquat des fameuses vingt tonnes d’archives expurgées » ; le deuxième composé des renseignements récents, « quelque mille kilos, et même davantage, d’archives constituées la période de juillet 1940 à juillet 1942. Pendant ces deux années-là, nous avions beaucoup travaillé ! Nous avions recueilli sur les activités de la Wehrmacht, de l’Abwehr, du Sichereitsdienst, des auxiliaires, de l’Allemagne, de l’OVRA (les services secrets italiens), etc., des masses d’informations39 » ; le troisième lot composé des archives les plus secrètes comprenant « la liste de nos agents, des honorables correspondants et des camarades qui travaillaient pour nous, etc.40 ».

    16Le transfert de la plus grosse partie des archives vers la propriété d’un honorable correspondant des TR, à Lédenon dans le Var (à 30 km au Nord de Nîmes), a lieu les 8 et 9 novembre 1942. Dès le 6 novembre, les agents dont Pfister, Bernard, Piroulas, Challan-Belval, Saint-Jean, travaillent jour et nuit pour placer ces quelque 12 à 13 tonnes de fichiers dans des caisses à munitions et se trouvent très gênés par le manque de clous ; il faut quatre ou cinq voyages d’un « camion Éclair conduit par Pfister » pour transporter le chargement41. Suivant Paillole, le deuxième lot – 1 000 kg – a été camouflé à Eyguières près de Salon-de-Provence, dans la propriété du docteur Recordier, et le troisième « qui représentait trois à quatre cents kilos comprenant les listes de nos agents, les moyens de les joindre, etc., […] chez l’un de nos camarades qui avait une petite propriété en Auvergne42 ».

    17Il faut noter ici une légère divergence entre le témoignage de Paillole et celui de ses agents quant au volume des archives. Le fonds de Lédenon est effectivement le plus important : il faut plusieurs navettes de camion pour le transporter. Les agents ne parlent pas d’une tonne d’« archives plus récentes » transportées à Eyguières mais d’une beaucoup plus petite quantité : une cantine de documents extrêmement sensibles y a été déménagée dès le printemps 1942 et le reste en un seul voyage automobile dans la nuit du 8 au 9 novembre 1942. Challan-Belval précise qu’il a assuré lui-même le transport – « le tout tenait dans une 11 CV normale43, siège arrière enlevé » – et que les pièces transportées comprenaient « le fichier TR des agents et HC des suspects et les archives TR (synthèse des services spéciaux ennemis notamment) ». Ce même témoin parle d’une cantine, confiée au commandant Johannes, qui aurait effectivement été camouflée en Auvergne44. L’AASSDN, quant à elle, a mis en ligne un tableau concernant les tribulations des archives où il est précisé que deux lots de ces documents sensibles auraient été conservés intacts malgré les arrestations de leurs détenteurs45. Autre divergence de détail : Paillole indique que les archives ont été enfouies dans le jardin de la propriété de l’honorable correspondant, Favre de Thierrens, à Lédenon alors que les agents précisent qu’elles ont été murées dans une pièce au rez-de-chaussée à gauche en entrant46. Avec l’arrivée des Allemands en zone libre, le personnel du poste de Marseille est dispersé et il ne reste, dans la propriété de Lédenon, que le capitaine Garnier et le gendarme Maurice Saint-Jean, transformés pour l’occasion en « domestique » et « jardinier », affectés à la garde des archives47.

    18Après novembre 1942, les agents des SR et des TR, désormais dans la clandestinité totale et traqués par l’Abwehr et le Sicherheitsdienst (SD), tentent de maintenir leurs réseaux dans la France entièrement occupée et de rétablir les liens avec la direction des services de renseignements et de sécurité militaire (DSR-SM) qui se reconstitue à Alger sous l’égide du colonel Rivet48. Les coups portés par l’ennemi sont alors terribles et touchent tous les réseaux de résistance. Ainsi, la découverte d’une seule boîte aux lettres amène l’arrestation de près de 120 agents des Mouvements unis de résistance (MUR) en mars 194349. Le SR Guerre (réseau Kléber) et les TR sont eux aussi attaqués : durant l’année 1943, les agents camouflés dans les organes liquidateurs de l’armée d’armistice ou dans les forces armées maintenues, tout comme ceux qui sont entrés dans la clandestinité totale, subissent une succession d’arrestations menées pour l’essentiel par le SD50. Celles-ci s’accompagnent de saisies d’archives liées parfois à des révélations faites par des agents français arrêtés et retournés. La première a lieu le 8 janvier 1943, lorsque le SD investit la « villa des Songes » à Vichy qui était le PC de la direction du SR Guerre dépendant du 2e bureau de l’EMA. Son personnel, qui, en attente de démobilisation, travaillait officiellement pour l’« Organe liquidateur de l’armée d’armistice », est raflé au complet ainsi qu’une partie des documents51. Cependant, suivant le témoignage du colonel Bernard, cette rafle ne permet pas de saisir les hommes de la direction du SR Guerre ni leurs archives car ils se sont repliés en novembre 1942 au poste P4 de Lyon, qui abritait depuis 1940 les activités anti-allemandes et anti-italiennes du SR Guerre, camouflés sous l’appellation de « firme Technica52 ». Le répit n’est que de courte durée : le mois d’après, en février 1943, le SD investit à Lyon les locaux de cette firme Technica entraînant la saisie des archives, de nombreuses arrestations et la chute des postes P1 (Vichy) et P4 (Lyon). Les postes P3 (Limoges) et P2 (Vichy) doivent se mettre en sommeil, tandis que seuls les postes P5 (Marseille) et P6 (Toulouse) peuvent continuer d’opérer jusqu’à la Libération53.

    19Les archives sous la garde des postes TR ne sont saisies qu’au début de l’été à la suite d’une trahison. Les quinze tonnes de dossiers des SCR murées dans une pièce du château de Lédenon ne sont gardées que par le capitaine Garnier. Le gendarme, Maurice Saint-Jean, a été affecté à Volvic. En mars 1943, un agent du TR, Duplan, est arrêté à Nîmes avec sur lui une lettre adressée à Paillole par le capitaine Garnier dans lequel l’archiviste demande des instructions à son chef car des soldats allemands ont pris garnison dans le château54. Les Allemands forcent Duplan à coopérer afin de trouver les archives et l’agent retourné n’a aucun mal à mettre en confiance Saint-Jean qu’il rencontre « par hasard » le 15 juin 1943 à Beaucaire. Sans se douter de rien, le gendarme lui donne l’adresse de Garnier à Lédenon. Le 16 juin, Saint-Jean est arrêté en gare de Nîmes. Cinq jours plus tard, le 20 juin 1943, un commando du SD accompagné par le chef de la Gestapo à Vichy, Hugo Geissler, investit le château de Lédenon et met la main sur les archives55.

    20Il y a donc eu plusieurs saisies d’archives : celles du SR Guerre ont été prises à Vichy et Lyon en janvier et février 1943, tandis que les plus importantes en volume, qui étaient sous la garde des services TR du colonel Paillole, ont été saisies le 20 juin 1943 à Lédenon. On peut comprendre que le colonel Paillole n’ait pas voulu rendre publiques, avant 1991, la trahison d’un des membres de son service et la maladresse d’un autre ayant amené la découverte de la cache de Lédenon. Le rôle des associations d’anciens résistants est aussi de respecter la mémoire de tous, y compris ceux qui ont été contraints par la torture et la menace à livrer des secrets. Mais, ce qui est le plus surprenant, c’est son insistance à affirmer, durant les années 1991 et jusqu’à sa mort en 2002, que les archives saisies ne contiennent aucune pièce postérieure à 1940 et que ni les Allemands, ni les Soviétiques n’ont pu y trouver aucune matière à exploitation. Il considère que les archives dont parle Anatoli Prokopenko sont « les archives d’avant-guerre du 2e bureau (SR-SCR) », « des dossiers individuels relatifs à certaines de ces personnes – notamment celles ayant fait l’objet d’une attention particulière en raison de leurs activités d’espionnage, de sabotage ou de propagande avant 194056 » ; il ajoute dans son ouvrage de 1995 : « ils embarquent les deux hommes avec les archives dans un premier temps pour Vichy. Puis de là, les archives, avec leurs gardiens, sont transférées en train jusqu’en Tchécoslovaquie, dans un camp SS où l’Abwehr tente de les exploiter. Après avoir vu qu’il s’agissait d’archives historiques n’ayant aucun intérêt immédiat, les Allemands referment le tout et le laissent sur place avec Garnier57 ». Si on l’en croit, l’ouverture des archives ne devrait être d’aucun intérêt pour l’historien intéressé par les services spéciaux de Vichy. Or il s’avère que ce n’est pas le cas.

    Les surprises de l’ouverture des archives et leur exploitation historique : la résilience du récit résistancialiste

    21L’histoire est connue : après plusieurs missions d’expertise par les responsables de la Direction des archives de France, un accord est signé le 12 novembre 1992 qui prévoit le rapatriement des sept mille mètres linéaires d’archives françaises récupérées pendant la guerre. La restitution commence en décembre 1993, mais elle est interrompue en mai 1994 par les bouleversements de la politique intérieure russe : en juin 1994, un embargo de la Douma accuse Boris Eltsine de brader le patrimoine russe. Les restitutions sont donc stoppées ; elles ne reprennent qu’en décembre 199958. On a donc eu deux arrivages successifs que l’on a appelés « Moscou I » et « Moscou II ».

    22Compte tenu de l’importance des papiers militaires, le château de Vincennes, qui abrite les trois services historiques (Terre, Air, Mer), devient l’un des principaux centres de destination de ces archives. Le fonds « Moscou I » arrive à Paris entre décembre 1993 mai 199459. Le Service historique de l’armée de terre (SHAT), qui récupère toutes les pièces interarmées, les classe en trois ans (1994-1997) et les intègre dans les fonds de la série N qui désigne les organes dépendant de l’administration centrale du ministère de la Défense et des états-majors de la IIIe République jusqu’en juin 194060. Il est donc intéressant de noter que le reclassement d’une partie de ces archives dans la série P – qui rassemble les archives de Vichy et du second conflit mondial – ne semble pas avoir été envisagé à ce stade. Le discours de Paillole sur l’absence de pièces postérieures à 1940 et l’idée que ces archives étaient composées essentiellement des papiers saisis en juin 1940 à La Charité-sur-Loire ont-ils justifié ces choix de classement ? Une part importante de ce fonds « Moscou I » constitué par des dossiers des sections de recherche et de la section de centralisation du renseignement (SR/SCR) est pourtant entreposée à part et ne fait pas l’objet d’un inventaire publié. Ce fonds immense (1 300 cartons) est appelé 7 NN SCR/SR. Il comprend plus de 20 564 dossiers et un fichier de près de 20 000 noms. Il est décrit dans un tableur informatique dont la consultation n’est possible alors que sur rendez-vous, ce qui n’empêche pas son utilisation immédiate par les historiens.

    23L’analyse de ce tableau qui décrit succinctement les 20 564 dossiers que comporte ce fonds permet de voir qu’il comprend :

    • 17 947 dossiers de la section de centralisation de renseignement (SCR) ;

    • 587 dossiers émanant du 5e bureau de l’EMA entre septembre 1939 et mai 194061 ;

    • 1 534 dossiers émanant des bureaux des menées antinationales (1940-1942) ;

    • 244 dossiers émanant des services secrets militaires (SSM) ou des TR – pour la plupart des dossiers de suspects d’espionnage entre 1940 et 1942.

    24Il est donc aisé de constater que 2 345 dossiers proviennent de services créés à partir de 1939 ou 1940. Mais la SCR, beaucoup plus ancienne puisqu’elle a été créée le 25 mai 191562, rassemble également dans ses archives de nombreuses pièces postérieures à 1939. Ses dossiers regroupent en effet des renseignements recueillis sur le long terme et concernant des individus, des organisations, des entreprises ou des affaires particulières. On ne s’étonnera donc pas d’y trouver des pièces d’origine et de dates diverses : rapports de gendarmerie, de la Sûreté, demandes d’information de la part du gouvernement, demandes d’autorisation de voyager, réponses apportées, offres de services des agents ou futurs agents, enquête sur des publications, des usines, analyses et demandes d’informations, etc. Le but du SCR est bien, comme son nom l’indique, de centraliser des renseignements sur des personnes ou des groupes afin de pouvoir informer rapidement l’armée ou le gouvernement. Un système complexe de numérotation permet de relier ces dossiers à un fichier et rend possible ainsi les recherches croisées rapides63. Or les pièces venant enrichir ces dossiers sont classées au fur et à mesure des besoins dans un processus que n’interrompt pas la défaite. On remarque ainsi que les papiers les plus anciens présents dans les dossiers SCR datent de 1910 et les plus récents de 1942. Sur les 17 947 dossiers SCR, 8 431 comprennent ainsi des pièces postérieures à 1941. Au total, plus de la moitié du fonds 7 NN SSM/SCR (10 776 dossiers sur 20 564) est constituée de dossiers comprenant des papiers datés des années 1941 ou 1942, ce qui en fait une remarquable source pour l’histoire de la France sous l’Occupation. Les dates limites, le volume impressionnant ainsi que la présence d’une majorité de dossiers SCR donnent à penser, sans risque d’erreur, qu’il vient en grande partie des archives saisies à Lédenon le 20 juin 1943.

    25Ce fonds est complété, entre décembre 1999 et mai 2000, par l’arrivée d’un deuxième fonds, « Moscou II », qui comprend 626 dossiers émanant du 2e bureau de l’EMA sous Vichy64. On y trouve des documents provenant des grandes sections du 2e bureau :

    • la section du service courant qui rassemble le courrier (dont la collection des bulletins de renseignements et des notes d’information) (2/EMA/SC) ;

    • la section du chiffre, qui rassemble les collections de télégrammes déchiffrés (2/EMA/CH) ;

    • la section des internés et prisonniers de guerre (2/EMA/IC) chargée d’exploiter et d’évaluer tous les renseignements émanant des personnes capturées ;

    • la section des armées étrangères ou section d’examen des informations (2/EMA/SOP) où l’on trouve tous les renseignements militaires sur les armées étrangères émanant le plus souvent des sections de recherche65 ;

    • la section des missions ou section des attachés militaires 2/EMA/SM qui rassemble les papiers parvenus par la voie diplomatique sur les pays étrangers ;

    • la section des affaires musulmanes (ou section d’outre-mer) chargée de rassembler et exploiter tous les renseignements venant de l’outre-mer mais aussi du Proche-Orient, d’Iran et d’Afghanistan (2/EMA/SAM) ;

    • la section du matériel de guerre (2/EMA/Mg) qui s’occupe des questions techniques et économiques.

    26L’examen de ces papiers, les timbres des producteurs, ainsi que leurs dates limites permettent d’affirmer qu’il y a là une majorité d’archives du 2e bureau de l’EMA, probablement celles saisies à Vichy et à Lyon et peut-être d’autres prises durant l’année 1943, qui n’ont pas été relatées par les témoins.

    27Ces deux versements des archives des services spéciaux – que nous appellerons Moscou 1, 7 NN SCR/SR pour le premier et Moscou 2, 2e bureau EMA pour le second – n’ont pas encore été totalement classés et inventoriés et leur exploitation n’a été possible jusqu’à présent que sur la base de tableaux descriptifs qui ne sont en rien définitifs. Il est important de constater qu’ils se complètent l’un l’autre : les informations issues du travail des BMA, des TR et des SR étaient en effet une des matières premières des analyses faite par le deuxième bureau de l’EMA pour la rédaction de synthèses qui prenaient la forme de notes et de bulletins de renseignement. On dispose ainsi d’une série discontinue de bulletins et comptes rendus mensuels d’arrestations pour espionnage émanant des BMA permettant de couvrir treize mois complets d’activité entre le 1er mars 1941 et le 31 mars 194266.

    28Une très grande partie du fonds 7 NN SR/SCR est constituée de dossiers individuels de renseignement concernant des personnes diverses, étrangères, suspectes, susceptibles de fournir des informations, voire agents, honorables correspondants et agents doubles, qui sont identifiés par un W rouge sur le dossier. Un rapide coup d’œil à l’intérieur d’un carton permet de mesurer la diversité de ces informations collectées sur une durée parfois longue67. Pour camoufler les activités de renseignement et de contre-espionnage dirigées contre l’Allemagne et l’Italie, les services adoptent des critères de classement destinés à brouiller les pistes. Ainsi peuvent être interprétés l’usage de papiers pelure de couleur ou un certain codage des numéros d’enregistrement qui doivent par exemple commencer par 10 000 pour toute la correspondance avec le poste central des TR de Marseille68. Les postes de renseignements sur l’étranger sont désignés par des pictogrammes et des pseudonymes qui changent régulièrement. Un poste nommé « Dehon » 49, 52, 2 231, ou encore désigné par un pictogramme représentant un grand dièse, livre des informations générales de première importance concernant l’Allemagne provenant d’une « source M ». Cette source – non identifiée à ce jour – renseigne, dès le 16 octobre 1940, sur l’utilisation d’un « gaz bleu » pour éliminer les élites en Pologne, les vieillards et les malades mentaux en Allemagne69. On doit remarquer que la circulation de l’information est maintenue jusqu’à la fin de l’année 1942 entre les différents postes TR, BMA ou SR et les services de l’état-major de l’Armée, situés à Royat, dont les archives doivent conserver la « collection des pelures », c’est-à-dire la copie de la correspondance, des télégrammes secrets et des synthèses de renseignement70.

    29Il semblait donc bien difficile, voire impossible, que les agents des TR aient pu, même avec la meilleure volonté, éliminer toutes les pièces postérieures à 1940 en faisant un tri sélectif à l’intérieur de plus 20 000 dossiers et, de fait, ces pièces sont bien présentes dans les archives rapatriées de Moscou. De la même façon, envisager le transfert en Afrique du Nord de ces archives dès octobre 1940 aurait signifié renoncer à toute activité de contre-espionnage et de renseignement sur le territoire métropolitain car ces missions ne peuvent être remplies qu’avec l’appui d’une administration qui collecte et transmet les informations sur les individus recherchés. Jusqu’en 1991, Paul Paillole et les anciens des services spéciaux ont donc maintenu le secret sur l’existence de ces documents et sur leur saisie. Après la révélation de 1991 et les premiers retours, ils ont continué dans cette voie en informant de façon partielle sur ces archives et en affirmant qu’elles ne pouvaient contenir aucune pièce susceptible d’intéresser l’Allemagne.

    30On peut donc se demander si l’exploitation de ces archives a abouti à ternir le récit résistancialiste porté par les anciens des services spéciaux. En fait, les historiens qui ont été les premiers à travailler sur ces archives les ont d’abord utilisées pour des travaux sur la Première Guerre mondiale, l’entre-deux-guerres et la préparation du second conflit mondial. Pendant les années 1990 et 2000, le renseignement devient un objet important de l’histoire contemporaine, principalement sous l’impulsion des professeurs Maurice Vaïsse, Georges-Henri Soutou, Jacques Frémeaux, Olivier Forcade et Sébastien-Yves Laurent ainsi que de Bertrand Warusfel et Frédéric Guelton. Des colloques et ouvrages collectifs71, ouvrages de recherche72, publications et rééditions de témoignages ou d’archives73, plusieurs thèses de doctorat ou de HDR74 ainsi que des dizaines de mémoires, surtout de Paris IV Sorbonne et de l’ESM Saint-Cyr Coëtquidan75, montrent l’intérêt nouveau des historiens. Au même moment, une collecte de témoignages oraux sur les services de renseignement est effectuée au SHAT avec le concours de Sébastien-Yves Laurent76. Nombreux sont les travaux qui utilisent ou citent ainsi les sources SR/SCR de la série 7 NN avant même qu’elle ne soit totalement classée et inventoriée.

    31Plus rares sont les historiens qui ont exploité ces archives pour analyser la politique de l’État français et l’activité de renseignement et de répression menée par le 2e bureau de Vichy et les organismes rattachés. Peut-être cette exploitation heurte-t-elle des mémoires encore à vif ? Simon Kitson, dans son ouvrage intitulé Vichy et la chasse aux espions nazis, rend pourtant justice à l’action anti-allemande des services secrets lorsqu’il écrit : « On peut même affirmer sans risque de contradiction que toute étude fondée sur le dépouillement des archives des services spéciaux aboutira forcément à la conclusion que c’est l’espionnage allemand qui est la principale cible et de loin77. » Il note cependant la curieuse absence de toute mention concernant les autres activités du contre-espionnage français dans les archives privées : « Comment se fait-il que dans le “fonds Paillole” se trouvent rapportées les conférences tenues sur le contre-espionnage anti-allemand mais pas celles qui concernent la défense contre les menées gaullistes ou alliées ? […] Cela ne veut pas dire que ces collections privées soient sans intérêt mais qu’il faut tenir compte des intentions du collecteur78. » Kitson met en lumière le paradoxe de l’appartenance de ces agents à l’armée de Vichy et le caractère sélectif de leur mémoire. Cet ouvrage fait l’objet d’un dossier publié dans Le Figaro79 qui suscite une réaction indignée du colonel Henri Debrun, président de l’AASSDN accusant l’auteur, tout comme le journaliste du Figaro et l’historien Jean-Pierre Azéma, de « faire bien peu de cas des membres des services spéciaux arrêtés, martyrisés, déportés ou fusillés et morts pour la France au bout d’un chemin indicible de souffrances80 ».

    32Il est incontestable que ces deux fonds révèlent la réalité de l’activité anti-allemande des services. Pourtant, même si la chasse aux espions allemands est la principale cible, dans la droite ligne de l’action des services de renseignement jusqu’à la défaite, ce n’est bien évidemment pas la seule. Les renseignements portent aussi sur tous les autres pays (avec une grande partie des sources provenant des attachés militaires). On y trouve aussi une importante documentation concernant le renseignement technique. Mais surtout, la principale révélation de ces archives c’est que les BMA, tout comme la SCR d’avant-guerre, jouent un rôle important de surveillance du territoire. Sous couvert d’une lutte contre les menées antinationales pouvant affecter l’armée de l’armistice, ils combattent tout ce qui peut menacer l’État français : les gaullistes, les communistes, les collaborationnistes, les étrangers. Au nom de cette mission, le BMA réunit des renseignements extrêmement détaillés sur l’état d’esprit de la population. Il donne systématiquement son avis sur tous les dossiers de naturalisation, sur les demandes de passage de la ligne, examine les dénonciations, les écoutes téléphoniques, surveille les usines et leurs dirigeants. Il ne s’agit pas seulement d’une activité de renseignement et de contre-espionnage, mais bien de répression politique : les personnes suspectées de menées antinationales sont signalées à la police qui procède à leur arrestation et elles sont ensuite déférées devant les tribunaux militaires. Les archives de la justice militaire sont donc le complément indispensable de ces archives des SCR/SR.

    33Les synthèses mensuelles d’activité des services de renseignement et de contre-espionnage montrent bien cette activité « tous azimuts » : une étude de la collection incomplète des treize rapports mensuels de janvier à septembre 1941, puis isolés (décembre 1941, janvier 1942, avril 1942, juin 1942) permet d’élaborer des statistiques qui ont valeur de sondage81 : on y comptabilise 1606 arrestations demandées par le BMA, dont 698 pour « espionnage » (43,9 %), 390 pour « gaullisme » (24 %), et 516 pour « communisme » (32 %) ; les services de contre-espionnage demandent à la police de procéder à ces arrestations, les suspects sont ensuite déférés devant les tribunaux militaires qui prononcent les condamnations. Toujours suivant cette collection partielle de treize rapports mensuels, on comptabilise 889 condamnations, dont 224 agents de l’Allemagne (23,5 %), 4 agents de l’Espagne, 27 agents de l’Italie, 4 agents de l’Intelligence service, 3 « interalliés », mais aussi 173 « gaullistes (19,66 % des condamnations) et 443 « communistes » (soit 53,33 % des condamnations). Celles-ci vont jusqu’à la peine de mort : trente agents de l’Allemagne, mais aussi un de l’Espagne, un de l’Italie et un de l’Angleterre dont condamnés au châtiment suprême, sort partagé par trois gaullistes et trois communistes pour la période considérée82.

    34Le respect pour les grands anciens, la nécessité d’établir une relation de confiance pour collecter des témoignages et accéder à leurs fonds privés, le refus de heurter de front une mémoire qui est aussi un culte des héros de la lutte secrète contre l’Allemagne expliquent peut-être le faible nombre d’études qui révèlent la face obscure des services spéciaux dépendant du gouvernement de Vichy et leur rôle dans la répression83. Il est intéressant de voir comment un système mémoriel constitué et défendu par un groupe nombreux et soudé peut s’imposer socialement et générer une forme d’autocensure chez ceux qui souhaiteraient refuser l’injonction de répétition du récit héroïque. Cette autocensure peut être renforcée par les réactions à la presse84, voire les risques de procès : en 2004, les héritières du colonel Paillole ont poursuivi l’amiral Philippe de Gaulle en justice pour avoir qualifié leur père de « Vichyssois » dans son livre De Gaulle, mon père ; elles ont été déboutées par le tribunal correctionnel de Paris pour erreur de procédure85.

    ⁂

    35Au terme de cette étude, à la question : les archives de Moscou ont-elles écorné le récit mémoriel sur les services de renseignement de Vichy ? La réponse est : très peu. Le colonel Paillole, tout comme les généraux Rivet et Navarre et l’AASSDN, a constitué précocement un récit originel présentant la face glorieuse des services spéciaux pendant la guerre et occultant leur rôle dans la répression intérieure. Les retards pris dans la mise en valeur du fonds par le SHD, l’absence d’ouverture des archives de la Justice militaire, qui auraient permis de recouper les informations, ont peut-être concouru au maintien de ce récit résistancialiste qui faisait toujours autorité dans les années 2000 et 2010. Les choses changent un peu aujourd’hui et des ouvrages, films ou expositions grand public parlent moins des services secrets de Vichy ou les présentent sous un jour différent ; on peut ainsi lire dans la chronologie de l’exposition « Guerres secrètes » qui s’est tenue en 2016 aux Invalides : « 22 juin 1940, Paul Paillole est placé à la tête du contre-espionnage militaire offensif du gouvernement de Vichy. Ce service, qui prend le nom d’une entreprise de Travaux Ruraux (TR), cible les espions de l’Axe, les agents britanniques, les gaullistes et les communistes86. »

    Notes de bas de page

    1Paul Paillole, L’homme des services secrets, entretiens avec Alain-Gilles Minella, Paris, Juillard, 1995, p. 123.

    2Frédéric Guelton écrit en 2011 parlant de Paul Paillole : « il est vrai que les travaux des historiens publiés depuis lors se sont souvent appuyés sur lui et ont régulièrement confirmé, davantage qu’infirmé, ses dires à travers l’étude des archives » (Paul Paillole, Notre espion chez Hitler, 2e édition préfacée par Frédéric Guelton, Paris, Nouveau Monde éditions, 2011, p. 7).

    3Une rubrique du bulletin de l’AASSDN (version électronique) s’intitule : « Pages d’histoire et “Sacrée vérité” », site de l’AASSDN, [http://www.aassdn.org/xl001s01.html], consulté le 10 novembre 2016. La collection des Bulletins de liaison de l’Association est disponible au SHD, GR 1 K 545, dossiers 1655 à 1656, et une grande partie est en ligne sur le site de l’AASSDN.

    4Pour l’armée de Terre et la Marine ; l’Air n’aura son propre SR que sous Vichy. Voir Claude d’Abzac-Epezy, « Les services de renseignement clandestins : l’exemple du SR Air », dans L’année 42. Le Tournant, Caen, Centre de recherches en histoire quantitative-Mémorial de Caen, 1993, p. 117-131, repris dans la Revue historique des armées, no 195, 1994/2, p. 58-67.

    5Olivier Forcade, La République secrète. Histoire des services spéciaux français de 1918 à 1939, Paris, Nouveau Monde éditions, coll. « Le grand Jeu », 2008, p. 159-161.

    6Claude d’Abzac-Epezy, « Armée et secrets, 1940-1942. Le contre-espionnage de l’armée de Vichy », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, 2012/2, no 36, p. 45-56.

    7Dès 1946, Paul Paillole écrit un « Résumé de l’action des services de contre-espionnage militaire français de juillet 1940 à novembre 1944 » (octobre 1946, 92 p. dact.), SHD, GR 1 K 545 dossier 23 (le document, reproduit en plusieurs exemplaires, est aussi disponible en AI 3 D 6). La première publication sur les réseaux de contre-espionnage clandestins de Vichy a été faite en 1947 par Pierre Nord, Mes camarades sont morts (Paris, Librairie des Champs-Elysées, 1947) mais les réseaux ne sont mentionnés que sous leur pseudonyme de l’« Agence immobilière ». Ils sont aussi cités dans les mémoires de grands témoins, ainsi du général Weygand : « Dès le premier jour le Service de renseignements prévint l’ordre de dissolution qu’il savait fatal, en opérant sa suppression officielle, non sans s’être assuré la fidélité pour les tâches à venir, de tous les officiers de l’active ou de la réserve faisant partie du service. Une création visible servit de voile à l’action clandestine, ce fut le bureau MA (menées antinationales) chargé de préserver le moral de l’armée. Pendant quatre ans le SR mènera son combat sans trêve et au prix de pertes sévères » (Maxime Weygand, Mémoires - Rappelé au service, Paris, Flammarion, 1950, p. 323). À partir de 1953, une amicale d’anciens est créée et publie de nombreux témoignages et précisions historiques dans le Bulletin de l’Amicale des anciens membres des services de Sécurité militaire et des réseaux TR.

    8Dans les années 1960, plusieurs ouvrages font la synthèse de ces différents récits : Georges A. Groussard, Services secrets, 1940-1945, Paris, La Table ronde, 1964 ; Philip John Stead, Le 2e bureau sous l’occupation, Paris, Fayard, 1966 ; Michel Garder, La guerre secrète des services spéciaux français, 1935-1945, Paris, Plon, 1967. En 1975, à l’occasion du trentième anniversaire de la Libération, Paul Paillole témoigne dans les colloques ou les ouvrages : « Participation des services spéciaux de la Défense nationale à la préparation de l’insurrection nationale », colloque international La Libération de la France, 1974, Paris, CNRS Éditions, 1976, p. 593-665 ; Services spéciaux (1935-1945), Paris, Robert Laffont, 1975 ; son récit, essentiellement centré sur les services de contre-espionnage, est complété en 1978 par l’ouvrage de Henri Navarre, ancien chef du 2e bureau (et un groupe d’anciens membres du SR), Le service de renseignement 1871/1944, Paris, Plon, 1978 ; Henri Navarre poursuit en publiant ses mémoires, Le Temps des Vérités (1940-1954), Paris, Plon, 1979. Cette série de témoignages est complétée au même moment par l’histoire des services de renseignements de l’armée de l’Air (Jean Bézy, Le SR Air, Paris, France-Empire, 1979) et de la Marine (Maurice Pasquelot, Les dossiers secrets de la Marine, Londres Vichy, 1940-1944, Paris, Nouvelles éditions latines, 1977). Après cette succession rapide de publications dans les années 1970, les années 1980 sont plus calmes, avec néanmoins une autre parution remarquée de Paul Paillole, Notre espion chez Hitler, Paris, Robert Laffont, 1985.

    9Philippe Bernert, Roger Wybot et la DST, Paris, Presses de la Cité, 1975 (cf. p. 21) ; Robert Terres, Double jeu pour la France, Paris, Grasset, 1977.

    10Sur ce sujet voir Claude d’Abzac-Epezy, « Edmond Michelet et la réorganisation des forces armées », dans Edmond Michelet, homme d’État, Brive, Centre national d’études de la Résistance et de la déportation Edmond Michelet, 2000, p. 61-86.

    11Ces rapports constituent les premiers éléments à partir desquels s’est fondée l’histoire de la résistance au sein de l’armée de l’armistice. Certains ont été ultérieurement publiés, d’autres non. Quelques exemples : Marcel Vernoux (général), Wiesbaden 1940-1944, Paris, Berger-Levrault, 1954 ; Maurice Catoire, La direction des services de l’armistice à Vichy, Paris, Berger-Levrault, 1955.

    12« Résumé de l’action des services de contre-espionnage militaire français de juillet 1940 à novembre 1944 », SHD, GR 1 K 545, dossier 23.

    13Le SR Guerre, qui est dénommé réseau Kléber après novembre 1942, est organisé en six postes : P1 et P2 (Vichy), P3 (Limoges), P4 (Lyon), P5 (Marseille), P6 (Toulouse). Voir « Les postes SR en territoire national, ce qu’il faut en savoir », Documents et synthèses (s. d.) mises en ligne sur le site de l’AASSDN (tableaux signés Bertrand J. C. Petermann ASSDN), et synthèses d’après l’ouvrage de Henri Navarre, Le service de renseignement, op. cit. ; [http://www.aassdn.org/POSTES.pdf], consulté le 10 janvier 2017.

    14Paul Paillole, Notre espion chez Hitler, Paris, Nouveau Monde éditions, 2011, préface par Frédéric Guelton, p. 221 et note 179. Après guerre, la liquidation des réseaux SSM et TR est confiée à Paul Paillole qui est ainsi habilité à valider le parcours de résistance des anciens agents et leur intégration dans les Forces françaises combattantes avec un effectif total de 977 membres actifs. L’amicale des anciens des services spéciaux de la défense nationale (AASSDN), née en 1953, est d’abord constituée autour des cadres du contre-espionnage (SSM et TR) sous l’autorité de Paul Paillole, auxquels s’adjoignent du service de renseignements (SR), De nombreuses pièces portant le tampon « Chef et liquidateur national, réseau des FFC SSMF-TR » ont été conservées dans le fonds privé en dépôt au SHD, GR 1 K 545 – je tiens à remercier le bureau de l’association de m’avoir aimablement accordé l’autorisation d’utiliser ce fonds.

    15Henry Rousso, Le syndrome de Vichy de 1944 à nos jours, Paris, Le Seuil, 1990 ; Eric Conan et Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, Paris, Fayard, 1994 ; Henry Rousso, Vichy, l’événement, la mémoire, l’histoire, Paris, Gallimard, coll. Folio histoire, 2001 ; Henry Rousso, « Vichy, le grand fossé », Vingtième siècle, no 5, janvier-mars 1985, p. 55-79.

    16Amicale des anciens des services spéciaux de la défense nationale, Livre d’or du Mémorial de Ramatuelle 1939-1945, Paris, Jean-Pierre Taillandier, 2005, et Marie Gatard, La Pierre qui parle, Sceaux, L’Esprit du livre, 2008.

    17Terminologie empruntée à Marie-Anne Lescourret, Pierre Bourdieu, vers une économie du bonheur, Paris, Flammarion, 2008.

    18Des journalistes invités aux assemblées générales de cette association ont rédigé des articles qui les décrivent, ainsi Christophe Cornevin, « Plongée dans la mémoire des services spéciaux », Le Figaro, 2 juin 2010.

    19François-Bernard Huygue, « S’informer à l’ère numérique, introduction à un cours sur la veille », article mis en ligne le 25 septembre 2014 sur le site [http://www.huyghe.fr/actu_1250.html], consulté le 9 janvier 2015, et Désinformation : les armes du faux, Paris, Armand Colin, 2016.

    20Interview d’Anatoli Prokopenko par Thierry Wolton, « L’histoire de France dormait à Moscou », L’Express, 21 novembre 1991, relayé par Le Monde du 22 novembre 1991. Le sujet revient régulièrement dans la presse : « Les archives secrètes du 2e bureau sont demandées une nouvelle fois à la Russie par Paris », Le Monde, 13 février 1992 ; Jacques Isnard et Michel Tatu, « Moscou accepte de restituer 20 tonnes de documents des deuxièmes bureaux », Le Monde, 14 novembre 1992 ; Jacques Isnard, « Après l’accord entre M. Dumas et son homologue M. Kozyrev, les anciens des services spéciaux s’interrogent sur les archives françaises aux mains des Russes », Le Monde, 1er décembre 1992, p. 11 ; « Avis au public. Recherches concernant les archives françaises se trouvant à Moscou (Russie) », Le Monde, 27 décembre 1994.

    21Henri Koch-Kent, « À propos des archives secrètes françaises tombées aux mains des Allemands en gare de La Charité-sur-Loire », Bulletin AASSDN, no 152 (1991/IV).

    22Note du 27 juin 1940, texte reproduit en annexe de l’ouvrage de Henri Navarre, Le Service de Renseignement, 1871-1944, Paris, Plon, 1978, p. 329 ; et note d’organisation manuscrite du 27 septembre 1940 (SHD, EMA/2/SSM, fonds 2e bureau « Moscou 2 », 7-3-30, classement provisoire 1117).

    23Paillole relate la conversation entre Rivet, d’Alès et lui-même au séminaire de Bon-Encontre : « À ce point de nos réflexions, d’Alès intervient : – Paillole, je crois qu’il vous appartient de prendre la charge de l’organisation clandestine et la responsabilité de notre fichier et de nos archives. Ils ne doivent en aucun cas tomber dans les mains de l’ennemi » (Paul Paillole, Services spéciaux, op. cit., p. 213).

    24Paul Paillole, Services spéciaux, op. cit., p. 75.

    25Ibid., p. 75.

    26Ibid., p. 218.

    27Ibid., p. 213.

    28Ibid., p. 207, note 1. Les révélations sur les archives saisies à La Charité-Sur-Loire surviennent peu de temps après la guerre, car une partie de ces archives, exploitées par les Allemands et utilisées pour leur propagande dès 1940, sont découvertes en janvier 1945 par des prisonniers français et récupérées en Thuringe dès le 14 avril 1945 d’où elles sont ramenées à Paris. Sur ce sujet, voir commandant Pierre Lyet, « Des documents secrets voyagent. Vincennes, Briare, La Charité-sur-Loire, Berlin, Glocau en Haute-Silésie, Ebersdorf en Thuringe », Paris, juin 1940-mai 1945, Revue historique de l’armée, no 3, 4e année, 1948, p. 92-95. Les services spéciaux de Vichy avaient la preuve de leur utilisation par l’Allemagne comme en témoigne un dossier dans les archives récupérées de Moscou : « Publication de Auswärtiges Amt : Les documents secrets de l’État-major général français », Berlin, 1941 (SHD, GR 7 NN 2711, dossier 7-5-304).

    29Même si ces derniers « cinq ou six personnes dans chaque ville » conservent « dans une grosse armoire en fer » les pièces « qui deviennent vite explosives » nécessaires à leur activité (Paul Paillole, Services spéciaux, op. cit., p. 215).

    30Les Bureaux des menées antinationales d’Afrique du Nord, tout comme ceux de métropole, reçoivent le double des dossiers pouvant intéresser leur activité, ce qui a pu entretenir l’idée d’un transfert d’archives des services secrets en AFN, mais celui-ci est limité. Ainsi, l’amiral Lacoste dans préface de l’ouvrage de Paul Paillole (L’homme des services secrets, op. cit., p. ii) écrit-il : « Les tribulations des archives du SR français pendant la débâcle de 1940, leur camouflage en zone libre et l’expédition de leur double en Afrique du Nord avant l’occupation totale du territoire en novembre 1942 ont permis au service de reprendre efficacement ses activités à partir d’Alger. »

    31L’Express, 21 novembre 1991, op. cit. ; révélations reprises par Le Monde daté du 22 novembre 1991.

    32Lettre du colonel Paul Paillole au ministère de la Défense (général Ph. Rondot) au sujet des archives du 2e bureau SR-SCR (Paris, 21 novembre 1991), 2 p. dact., signature manuscrite, SHD 1 K 545, dossier 1526.

    33Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 152-154.

    34GR 1 K 545, pièces no 1538, compte rendu manuscrit de M. Challan-Belval, daté du 1er mai 1974 (tampon du chef et liquidateur national réseau des FFC SSMF TR) au sujet du transfert des archives des services spéciaux de septembre 1940 à novembre 1942 annotations en rouge du colonel Paillole ; SHD, GR 1 K 545, dossier 1528, lettre de Maurice Saint Jean à Paul Paillole, 15 avril 1985, 6 pages ; GR 1 K 545, dossier 1539, compte rendu du capitaine Piroulas, adjoint au chef du service archives du CE (Paris) puis Marseille (Cambronne), 3 p. dact. (s. d.).

    35Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 152-154.

    36Témoignage de Challan-Belval, op. cit., et Jean-Marc Berlière, « Un grand nombre d’exécutions mystérieuses », site « Chemin de la Mémoire », [http://cheminsdememoire.gouv.fr/fr/un-grand-nombre-dexecutions-mysterieuses], consulté le 10 janvier 2017.

    37Aujourd’hui dans le 12e arrondissement de Marseille, cf. SHD, GR 1 K 545, pièces no 1538, compte rendu manuscrit de M. Challan-Belval, daté du 1er mai 1974 ; il indique d’ailleurs qu’il a pris une photo des membres du PC Cambronne, villa Olive, qu’il a transmise à Paillole pour une exposition sur la Résistance ; il est donc possible que la seule photo de groupe des membres des TR présente sur le site de l’AASSDN et reproduite dans le numéro spécial d’Historia, « Les archives secrètes de la Seconde Guerre mondiale », janvier-février 2017, p. 28, ait été prise villa Olive et non villa Éole.

    38Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 152.

    39Ibid., p. 153.

    40Ibid.

    41Rapports et lettres de Challan-Belval, SHD, GR 1 K 545, pièces nos 1537 et 1538.

    42Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 152.

    43Une Citroën « Traction ».

    44Cantine comprenant les comptes rendus au commandement, « qui a été emmenée à Royat le 11 et remise à Johannes, lui-même l’a camouflé à Murols chez son oncle, le commandant Claudel, cantine récupérée par Johannes en 1945 à son retour de déportation », rapport de Challan-Belval, SHD, GR 1 K 545, pièce no 1538.

    45Un tableau (s. d.) signé J. C. Petermann ASSDN, disponible sur le site de l’association, indique : « Le 3e lot “C” Archives du Service central, première partie à Médérolles, abbé H. Vorage et H. Mortier. Sous la menace des recherches de la Gestapo, elles seront camouflées par l’abbé dans le Massif central avant son arrestation et celle de Mortier. Deuxième partie la plus importante : confiées le 10 novembre 1942 au Cdt Marandet qui les cachera près de chez lui dans les environs de Roanne. Le tout sera récupéré à la Libération. Le colonel Bergeat, pour sa part, se réfugie dans les Alpes avec l’or et les devises du SR qui seront récupérées et remises à la DGSS par le Gal Gustave Bertrand », Archives, sélection de pièces mises en ligne sur le site de l’AASSDN, [http://www.aassdn.org/2%20B%20SR.pdf], consulté le 10 janvier 2017.

    46GR 1 K 545, no 1539, compte rendu du capitaine Piroulas.

    47Compte rendu de Challan-Belval : « Garnier et St Jean ont vécu à Lédenon sous la couverture de gardien et de jardinier de la propriété de Jacques Favre de Thierrens. »

    48Sébastien-Yves Laurent, « Alger-Londres. La Guerre des Services », Historia, no spécial : « Les archives secrètes de la Seconde Guerre mondiale », janvier-février 2017, p. 46-49.

    49Philip John Stead, Le 2e bureau sous l’occupation, op. cit., p. 214.

    50D. Cluseau, « L’arrestation par les Allemands du personnel du 2e bureau français », Revue d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 8e année, no 29, janvier 1958, p. 32-48, [http://www.jstor.org/stable/25731758], consulté le 10 janvier 2017.

    51Celles de la section des affaires musulmanes suivant le témoignage du colonel Bernard, « Avec la Résistance héroïque du capitaine Henri Mercier (1) et (2) », Bulletin de l’AASSDN, no 162, 1994, reproduit sur le site de l’AASSDN, [http://www.aassdn.org/xlde11624.htm], consulté le 10 janvier 2017.

    52Colonel Bernard, op. cit.

    53Olivier Forcade, « Services spéciaux militaires », dans Dictionnaire de la Résistance, Paris, Robert Laffont, 2006, p. 211-213 ; « Quand Vichy espionnait le Reich », Historia, no spécial : « Les archives secrètes de la Seconde Guerre mondiale », janvier-février 2017, p. 26-28.

    54Lettre-témoignage de l’ex-gendarme Saint-Jean au sujet des archives des Services et de son arrestation adressée au colonel Paillole (Ners, 15 avril 1985), SHD, GR 1 K 445, no 1528.

    55L’épisode est raconté par Paul Paillole, L’Homme des services secrets, op. cit., p. 153.

    56SHD, GR 1 K 445, no 1526, lettre du colonel Paul Paillole au ministère de la Défense (21 novembre 1991). L’argumentaire est repris dans plusieurs lettres reproduites sur le site de l’AASSDN, Archives, sélection de pièces mises en ligne sur le site de l’AASSDN, [http://www.aassdn.org/2%20B%20SR.pdf], consulté le 10 janvier 2017, dans Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 152-154, et dans quelques articles du bulletin de l’AASSDN dont Paul Paillole, « Moscou et nos archives » (no 152).

    57Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 154.

    58Claire Sibille, « Les archives du ministère de la Guerre récupérées de Russie », La Gazette des Archives, no 176, 1998, p. 64-78 ; Claire Sibille, avec la collaboration de François Cuinier, Claude Ponnou et Alain Guéna, Inventaire des archives de la Guerre. Supplément de la série N (1872-1940), 4 tomes, Vincennes, SHAT, 1991-1997 ; Sophie Cœuré, Frédéric Monier et Gérard Naud, « Le retour de Russie des archives françaises. Le cas du fonds de la Sûreté », Vingtième siècle, no 45, janvier-mars 1995, p. 133-138 ; « De l’ombre à la lumière. Les archives françaises de retour de Moscou (1940-2002) », dans Archives secrètes, secret d’archives, Paris, CNRS Éditions, 2003, p. 133-148 ; Ninon Seguin, Historique des fonds rapatriés de Moscou, Moscou 1 et 2, Vincennes, SHAT, 2004.

    59Ninon Seguin, op. cit., p. 13.

    60Jean Nicot et le lieutenant-colonel Gilbert Bodinier, Inventaire des archives de la Guerre. Série N (1920-1940), t. I, Vincennes, SHAT, 1995 ; Inventaire des archives de la guerre. Supplément de la série N (1872-1940), op. cit.

    61En temps de guerre, les sections recherche des 2e bureaux sont intégrées dans des 5e bureaux.

    62Olivier Forcade, La République secrète, op. cit., p. 161.

    63À condition de trouver la clef de cette correspondance entre le fichier et les 20 000 dossiers.

    64J’ai modestement contribué – parmi plusieurs dizaines de personnes – à trier ce fonds. Voir également Solène Bournier, sous la direction d’Hélène Guillot, Archives rapatriées de Russie, 2e bureau de l’État-major de l’armée, attachés militaires 1898-1942, sous-série GR 7 NN 2, Service historique de la Défense, Vincennes, 2016.

    65Cette section, la plus importante, est divisée en quatre domaines géographiques, la section allemande ou « groupe Nord » ou « Gruss », qui rassemble les informations secrètes sur l’armée allemande (firme Technica) ; la section anglaise (ou extérieure, ou Rudolf, ou Beauvais, Ext, Rf ou Bs) qui rassemble les informations concernant les armées anglo-saxonnes ; la section Méditerranée ou Sud, ou Bègue qui rassemble les renseignements sur les armées concernant l’Italie, l’Espagne et le Portugal ; la section Ht qui rassemble les renseignements sur les armées des pays de l’Est et de l’URSS.

    66Fiches de renseignements, comptes rendus d’arrestation pour espionnage, 1er mars-31 juillet 1941 (dossier 7-1-1874) ; 1er août-17 octobre 1941 (dossier 7-1-1875, SHD, GR 7 NN 2446), 31 décembre 1941-31 mars 1942 (dossier 7-1-1865, SHD, GR 7 NN 2443).

    67Ainsi les cartons GR 7 NN 2425 et GR 7 NN 2426 comprennent les dossiers de renseignement suivants : Albert Koerber, journaliste et homme de lettres, agent allemand (novembre 1934-juin 1942) (dossier 7-2-11332) ; Otto Katz, agent italien, Geoffroy Fraser, communiste, en relations avec le SR allemand et l’Intelligence Service (avril 1933-juillet 1942) (dossier 7-2-11334) ; affaire d’espionnage Bruyneel et consorts, correspondance échangée avec le BENE (décembre 1938-août 1941) (dossier 7-2-11336) ; Adalbert Alberti, photographe à Meknès, ressortissant allemand, ancien légionnaire, suspect au point de vue national (janvier 1939-décembre 1941) (dossier 7-2-11341) ; Fritz Schroeder, agent allemand (novembre 1937-février 1941) (dossier 7-2-11345) ; Jacques Bianconi, agent du consulat italien à Toulouse, et M. Tamburini, consul général d’Italie à Toulouse (janvier 1928-juillet 1942) (dossier 7-2-11350) ; renseignements sur José Gallart Folch, directeur à Barcelone de la société Hispano-Suiza, Miguel Pla Martuy et Francisco Quintana, de nationalité espagnole, expulsés en janvier 1938 (dossier 7-2-11153) ; renseignements sur Arno Klarsfeld, sujet roumain, suspect au point de vue national (septembre 1938-septembre 1942) (dossier 7-2-11170, 1).

    68EMA/2/Vichy, réorganisation des services de renseignement de l’EMA français après l’armistice : notes, projet de réorganisation, changement de nom des sections, tableaux de correspondance entre les anciennes sections de l’EMA/2 d’avant 1940 et les nouvelles sections, camouflage de la section allemande à Lyon, modèle de classement du renseignement destiné aux attachés militaires (1942), liste des postes de renseignements avec les pictogrammes, Moscou 2-2e bureau EMA, classement provisoire 1117.

    69Renseignement Dehon no 52/13, « très bonne source : M. », du 16 octobre 1940, folio russe 493 puis 5, Moscou 2-2e bureau EMA, classement provisoire, cité dans Nicole Jordan, « Révélations sur les prémices de la Shoah », article traduit de l’américain par Thierry Sarmant, Historia, « Les archives secrètes de la Seconde Guerre mondiale », janvier-février 2017, p. 34-39.

    70Directives techniques pour les officiers SM de DM, SSM – CE no 261 – SM-F/Org Cab Princ V, JR 9 42, ex 46/70, 17 septembre 1942, 7 pages et annexes, signée « Le commandant Paillole, chef du SSM », Moscou 2-2e bureau EMA, classement soviétique 7-3 30, classement provisoire SHD 5043.

    71Maurice Vaïsse (dir), Cahiers du CEHD, no 1, Addim, 1996, reprenant les travaux de la commission d’histoire du renseignement du CEHD dirigée par Bertrand Warusfel, rééditée et enrichie en 1998 sous le titre Il n’est point de secrets que le temps ne révèle. Études sur l’histoire du renseignement, Panazol, Lavauzelle, 1998 ; Amiral Pierre Lacoste (dir.), Le Renseignement à la française, Paris, Economica, 1998 ; Olivier Forcade et Georges-Henri Soutou (dir.), L’Exploitation du renseignement, actes du colloque international tenu aux écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan les 3 et 4 juin 1998, Paris, Economica, 2001 ; Sébastien Yves Laurent (dir.), Archives « secrètes », secrets d’archives. L’historien et l’archiviste face aux archives sensibles, Paris, CNRS Éditions, 2003 ; Olivier Forcade et Sébastien Yves Laurent, Secrets d’État. Renseignement et pouvoirs dans le monde contemporain, Paris, Armand Colin, 2005 ; Frédéric Guelton et Abdil Bicer (dir.), Naissance et évolution du renseignement dans l’espace européen (1870-1940). Entre démocratie et totalitarisme, quatorze études de cas, Paris, Service historique de la Défense, 2006 ; Bertrand Warusfel (dir.), Le renseignement. Guerre, technique et politique (xixe-xxe siècle), Panazol, Lavauzelle, 2007.

    72Peter Jackson, France and the Nazi Menace, Intelligence and Policy Making, 1933-1939, Oxford, Oxford University Press, 2000 ; Simon Kitson, Vichy et la chasse aux espions nazis, Paris, Autrement, 2005.

    73Olivier Forcade, « Louis Rivet (1883-1958), une carrière d’officier dans le demi-siècle », Carnets du chef des services secrets, 1936-1944, Paris, Nouveau Monde éditions, 2010 ; Paul Paillole, Notre espion chez Hitler, 2e édition préfacée par Frédéric Guelton, Paris, Nouveau Monde éditions, 2011.

    74Les services spéciaux militaires, le renseignement et l’État en France, 1919-1939, dossier d’habilitation à diriger les recherches d’Olivier Forcade présenté sous la direction de Georges-Henri Soutou à l’université Paris 4-Sorbonne en 2005, publié en 2008 (La République secrète. Histoire des services spéciaux français de 1918 à 1939, Paris, Nouveau Monde éditions). La même année, Olivier Lahaie soutient une thèse de doctorat d’histoire intitulée Renseignements et services de renseignement en France pendant la guerre de 1914-1918 (2e et 5e bureaux de l’EMA, 2e bureau du GQG, section de renseignement et section de centralisation de renseignement). Évolutions et adaptations, sous la direction de Georges-Henri Soutou, université Paris 4-Sorbonne, 2005. En 2007, Sébastien-Yves Laurent consacre son mémoire d’habilitation à diriger des recherches à la formation du renseignement public en France : L’État secret, l’information et le renseignement en France au xixe siècle, sous la direction de Jean-François Sirinelli, Sciences Po Paris. En 2011, Georges Vidal soutient une habilitation sous le titre Ennemi intérieur, enjeux stratégiques et politique de sécurité : l’armée française et le problème bolchevik de la révolution russe au régime de Vichy (octobre 1917-novembre 1942), université Montpellier 3.

    75François Delalez, Le service des menées antinationales, 1940-1942, mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, 1998 ; Alexis de Roffignac, Le Service de renseignement intercolonial, mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, 1998 ; Olivier Lamoril, La SR-SCR 2e bureau, face à l’URSS et au Kominern de 1935 à 1939, mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, mai 1999 ; Claude Michel Roure, D’une guerre à l’autre : rivalités franco-britanniques et renseignements dans les territoires sous mandat (1916-1939), mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, 1999 ; Jérôme Bernède, La Section de centralisation des renseignements – 2e bureau et les affaires d’espionnage (1915-1918), mémoire des écoles de Coëtquidan sous la direction d’Olivier Forcade, 1999 ; Olivier Minvielle, Le deuxième bureau SR-SCR face à l’Italie dans les années 1920-1930, mémoire de maîtrise sous la direction de Jacques Frémeaux, université Paris 4-Sorbonne, 1999 ; Henri Dulong de Rosnay, Le renseignement français en Pologne pendant l’entre-deux-guerres, mémoire de DEA sous la direction de Georges-Henri Soutou, 1999 ; Olivier Zajec, Travaux ruraux, le contre-espionnage clandestin de l’armée d’armistice, 1940-1942, mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, 1999 ; Matthieu Novotny, La SR-SCR et la Tchécoslovaquie démembrée : des accords de Munich à la guerre, mémoire de maîtrise sous la direction de Georges-Henri Soutou, 2000 ; Harold Perez, Le 2e bureau face au Japon, 1934-1940, mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, mai 2001 ; Abdil Bicer, Le service de renseignement français en Grèce de 1915 à 1922. Création, organisation, perspective et personnels, mémoire de DEA sous la direction de Jacques Frémeaux, université Paris 4-Sorbonne, 2002 ; Michaël Bourlet, Le bureau inter-alliés de renseignement de l’EMA (1915-1919). Création, activités et évolution, personnels, mémoire de DEA sous la direction de Jacques Frémeaux, université Paris 4-Sorbonne, 2002 ; Pierre-Arnaud Drouvin, Le terrorisme international en France 1934-1939, mémoire de master 1 sous la direction d’Olivier Forcade, université de Picardie – Jules Verne, 2006.

    76Sébastien Laurent, Jonathan Bertout, Olivier Buchbinder et al., Histoire orale, t. I : Inventaire analytique des sous-séries 3K et TO, Vincennes, SHD, 2011 ; Hervé Lemoine, Sébastien Laurent et Stéphane Simonet, Histoire orale, Inventaire analytique des sous-séries 3K et 4K, t. II, Vincennes, SHD, 2001 ; Sébastien Laurent, Hervé Lemoine et al., Histoire orale, Inventaire analytique de la sous-série GR 3K, t. III, SHD, 2005.

    77Simon Kitson, Vichy et la chasse aux espions nazis, 1940-1942, op. cit., p. 71.

    78Ibid., p. 8.

    79Jacques de Saint-Victor, « Dossier : Vichy et ses espions perdus », Le Figaro, 13 janvier 2005.

    80« Un point d’histoire », courrier électronique du colonel Henri Debrun, Le Figaro, 23 mai 2005.

    81SHD, GR 7 NN 503 et 7 NN 2440.

    82Ces bulletins mensuels ont été exploités statistiquement par François Delalez, Le service des menées antinationales 1940-1942, mémoire ESM, 1998, (SHD, bibliothèque, TU 815, p. 88 et 120).

    83À l’exception notable de George Vidal, op. cit.

    84Comme celle du colonel Debrun dans Le Figaro, art. cité.

    85Dépêche AFP du 3 novembre 2004.

    86Christophe Bertrand, David Guillet, Carine Lachèvre, François Lagrange et Emmanuel Ranvoisy, Guerres secrètes, catalogue de l’exposition du musée de l’Armée, 12 octobre 2016-20 janvier 2017, Paris, Somogy, 2016, p. 25.

    Auteur

    • Claude d’Abzac-Epezy

      UMR SIRICE ; Lycée Louis-le-Grand à Paris.

      Claude d’Abzac-Epezy, professeur agrégée et docteur en histoire, est chercheuse associée à l’UMR SIRICE (Sorbonne, identités, relations internationales en Europe) et enseigne en classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Louis-le-Grand à Paris. Elle a été auparavant chargée de recherches au Service historique de l’armée de l’Air (SHAA), puis au Centre d’études d’histoire de la défense (CEHD) à Vincennes. Spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, des après-guerres et de l’aéronautique, elle a participé en 2007 au classement des archives rapatriées de Russie (papiers Gamelin et archives du deuxième bureau).

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    1Paul Paillole, L’homme des services secrets, entretiens avec Alain-Gilles Minella, Paris, Juillard, 1995, p. 123.

    2Frédéric Guelton écrit en 2011 parlant de Paul Paillole : « il est vrai que les travaux des historiens publiés depuis lors se sont souvent appuyés sur lui et ont régulièrement confirmé, davantage qu’infirmé, ses dires à travers l’étude des archives » (Paul Paillole, Notre espion chez Hitler, 2e édition préfacée par Frédéric Guelton, Paris, Nouveau Monde éditions, 2011, p. 7).

    3Une rubrique du bulletin de l’AASSDN (version électronique) s’intitule : « Pages d’histoire et “Sacrée vérité” », site de l’AASSDN, [http://www.aassdn.org/xl001s01.html], consulté le 10 novembre 2016. La collection des Bulletins de liaison de l’Association est disponible au SHD, GR 1 K 545, dossiers 1655 à 1656, et une grande partie est en ligne sur le site de l’AASSDN.

    4Pour l’armée de Terre et la Marine ; l’Air n’aura son propre SR que sous Vichy. Voir Claude d’Abzac-Epezy, « Les services de renseignement clandestins : l’exemple du SR Air », dans L’année 42. Le Tournant, Caen, Centre de recherches en histoire quantitative-Mémorial de Caen, 1993, p. 117-131, repris dans la Revue historique des armées, no 195, 1994/2, p. 58-67.

    5Olivier Forcade, La République secrète. Histoire des services spéciaux français de 1918 à 1939, Paris, Nouveau Monde éditions, coll. « Le grand Jeu », 2008, p. 159-161.

    6Claude d’Abzac-Epezy, « Armée et secrets, 1940-1942. Le contre-espionnage de l’armée de Vichy », Bulletin de l’Institut Pierre Renouvin, 2012/2, no 36, p. 45-56.

    7Dès 1946, Paul Paillole écrit un « Résumé de l’action des services de contre-espionnage militaire français de juillet 1940 à novembre 1944 » (octobre 1946, 92 p. dact.), SHD, GR 1 K 545 dossier 23 (le document, reproduit en plusieurs exemplaires, est aussi disponible en AI 3 D 6). La première publication sur les réseaux de contre-espionnage clandestins de Vichy a été faite en 1947 par Pierre Nord, Mes camarades sont morts (Paris, Librairie des Champs-Elysées, 1947) mais les réseaux ne sont mentionnés que sous leur pseudonyme de l’« Agence immobilière ». Ils sont aussi cités dans les mémoires de grands témoins, ainsi du général Weygand : « Dès le premier jour le Service de renseignements prévint l’ordre de dissolution qu’il savait fatal, en opérant sa suppression officielle, non sans s’être assuré la fidélité pour les tâches à venir, de tous les officiers de l’active ou de la réserve faisant partie du service. Une création visible servit de voile à l’action clandestine, ce fut le bureau MA (menées antinationales) chargé de préserver le moral de l’armée. Pendant quatre ans le SR mènera son combat sans trêve et au prix de pertes sévères » (Maxime Weygand, Mémoires - Rappelé au service, Paris, Flammarion, 1950, p. 323). À partir de 1953, une amicale d’anciens est créée et publie de nombreux témoignages et précisions historiques dans le Bulletin de l’Amicale des anciens membres des services de Sécurité militaire et des réseaux TR.

    8Dans les années 1960, plusieurs ouvrages font la synthèse de ces différents récits : Georges A. Groussard, Services secrets, 1940-1945, Paris, La Table ronde, 1964 ; Philip John Stead, Le 2e bureau sous l’occupation, Paris, Fayard, 1966 ; Michel Garder, La guerre secrète des services spéciaux français, 1935-1945, Paris, Plon, 1967. En 1975, à l’occasion du trentième anniversaire de la Libération, Paul Paillole témoigne dans les colloques ou les ouvrages : « Participation des services spéciaux de la Défense nationale à la préparation de l’insurrection nationale », colloque international La Libération de la France, 1974, Paris, CNRS Éditions, 1976, p. 593-665 ; Services spéciaux (1935-1945), Paris, Robert Laffont, 1975 ; son récit, essentiellement centré sur les services de contre-espionnage, est complété en 1978 par l’ouvrage de Henri Navarre, ancien chef du 2e bureau (et un groupe d’anciens membres du SR), Le service de renseignement 1871/1944, Paris, Plon, 1978 ; Henri Navarre poursuit en publiant ses mémoires, Le Temps des Vérités (1940-1954), Paris, Plon, 1979. Cette série de témoignages est complétée au même moment par l’histoire des services de renseignements de l’armée de l’Air (Jean Bézy, Le SR Air, Paris, France-Empire, 1979) et de la Marine (Maurice Pasquelot, Les dossiers secrets de la Marine, Londres Vichy, 1940-1944, Paris, Nouvelles éditions latines, 1977). Après cette succession rapide de publications dans les années 1970, les années 1980 sont plus calmes, avec néanmoins une autre parution remarquée de Paul Paillole, Notre espion chez Hitler, Paris, Robert Laffont, 1985.

    9Philippe Bernert, Roger Wybot et la DST, Paris, Presses de la Cité, 1975 (cf. p. 21) ; Robert Terres, Double jeu pour la France, Paris, Grasset, 1977.

    10Sur ce sujet voir Claude d’Abzac-Epezy, « Edmond Michelet et la réorganisation des forces armées », dans Edmond Michelet, homme d’État, Brive, Centre national d’études de la Résistance et de la déportation Edmond Michelet, 2000, p. 61-86.

    11Ces rapports constituent les premiers éléments à partir desquels s’est fondée l’histoire de la résistance au sein de l’armée de l’armistice. Certains ont été ultérieurement publiés, d’autres non. Quelques exemples : Marcel Vernoux (général), Wiesbaden 1940-1944, Paris, Berger-Levrault, 1954 ; Maurice Catoire, La direction des services de l’armistice à Vichy, Paris, Berger-Levrault, 1955.

    12« Résumé de l’action des services de contre-espionnage militaire français de juillet 1940 à novembre 1944 », SHD, GR 1 K 545, dossier 23.

    13Le SR Guerre, qui est dénommé réseau Kléber après novembre 1942, est organisé en six postes : P1 et P2 (Vichy), P3 (Limoges), P4 (Lyon), P5 (Marseille), P6 (Toulouse). Voir « Les postes SR en territoire national, ce qu’il faut en savoir », Documents et synthèses (s. d.) mises en ligne sur le site de l’AASSDN (tableaux signés Bertrand J. C. Petermann ASSDN), et synthèses d’après l’ouvrage de Henri Navarre, Le service de renseignement, op. cit. ; [http://www.aassdn.org/POSTES.pdf], consulté le 10 janvier 2017.

    14Paul Paillole, Notre espion chez Hitler, Paris, Nouveau Monde éditions, 2011, préface par Frédéric Guelton, p. 221 et note 179. Après guerre, la liquidation des réseaux SSM et TR est confiée à Paul Paillole qui est ainsi habilité à valider le parcours de résistance des anciens agents et leur intégration dans les Forces françaises combattantes avec un effectif total de 977 membres actifs. L’amicale des anciens des services spéciaux de la défense nationale (AASSDN), née en 1953, est d’abord constituée autour des cadres du contre-espionnage (SSM et TR) sous l’autorité de Paul Paillole, auxquels s’adjoignent du service de renseignements (SR), De nombreuses pièces portant le tampon « Chef et liquidateur national, réseau des FFC SSMF-TR » ont été conservées dans le fonds privé en dépôt au SHD, GR 1 K 545 – je tiens à remercier le bureau de l’association de m’avoir aimablement accordé l’autorisation d’utiliser ce fonds.

    15Henry Rousso, Le syndrome de Vichy de 1944 à nos jours, Paris, Le Seuil, 1990 ; Eric Conan et Henry Rousso, Vichy, un passé qui ne passe pas, Paris, Fayard, 1994 ; Henry Rousso, Vichy, l’événement, la mémoire, l’histoire, Paris, Gallimard, coll. Folio histoire, 2001 ; Henry Rousso, « Vichy, le grand fossé », Vingtième siècle, no 5, janvier-mars 1985, p. 55-79.

    16Amicale des anciens des services spéciaux de la défense nationale, Livre d’or du Mémorial de Ramatuelle 1939-1945, Paris, Jean-Pierre Taillandier, 2005, et Marie Gatard, La Pierre qui parle, Sceaux, L’Esprit du livre, 2008.

    17Terminologie empruntée à Marie-Anne Lescourret, Pierre Bourdieu, vers une économie du bonheur, Paris, Flammarion, 2008.

    18Des journalistes invités aux assemblées générales de cette association ont rédigé des articles qui les décrivent, ainsi Christophe Cornevin, « Plongée dans la mémoire des services spéciaux », Le Figaro, 2 juin 2010.

    19François-Bernard Huygue, « S’informer à l’ère numérique, introduction à un cours sur la veille », article mis en ligne le 25 septembre 2014 sur le site [http://www.huyghe.fr/actu_1250.html], consulté le 9 janvier 2015, et Désinformation : les armes du faux, Paris, Armand Colin, 2016.

    20Interview d’Anatoli Prokopenko par Thierry Wolton, « L’histoire de France dormait à Moscou », L’Express, 21 novembre 1991, relayé par Le Monde du 22 novembre 1991. Le sujet revient régulièrement dans la presse : « Les archives secrètes du 2e bureau sont demandées une nouvelle fois à la Russie par Paris », Le Monde, 13 février 1992 ; Jacques Isnard et Michel Tatu, « Moscou accepte de restituer 20 tonnes de documents des deuxièmes bureaux », Le Monde, 14 novembre 1992 ; Jacques Isnard, « Après l’accord entre M. Dumas et son homologue M. Kozyrev, les anciens des services spéciaux s’interrogent sur les archives françaises aux mains des Russes », Le Monde, 1er décembre 1992, p. 11 ; « Avis au public. Recherches concernant les archives françaises se trouvant à Moscou (Russie) », Le Monde, 27 décembre 1994.

    21Henri Koch-Kent, « À propos des archives secrètes françaises tombées aux mains des Allemands en gare de La Charité-sur-Loire », Bulletin AASSDN, no 152 (1991/IV).

    22Note du 27 juin 1940, texte reproduit en annexe de l’ouvrage de Henri Navarre, Le Service de Renseignement, 1871-1944, Paris, Plon, 1978, p. 329 ; et note d’organisation manuscrite du 27 septembre 1940 (SHD, EMA/2/SSM, fonds 2e bureau « Moscou 2 », 7-3-30, classement provisoire 1117).

    23Paillole relate la conversation entre Rivet, d’Alès et lui-même au séminaire de Bon-Encontre : « À ce point de nos réflexions, d’Alès intervient : – Paillole, je crois qu’il vous appartient de prendre la charge de l’organisation clandestine et la responsabilité de notre fichier et de nos archives. Ils ne doivent en aucun cas tomber dans les mains de l’ennemi » (Paul Paillole, Services spéciaux, op. cit., p. 213).

    24Paul Paillole, Services spéciaux, op. cit., p. 75.

    25Ibid., p. 75.

    26Ibid., p. 218.

    27Ibid., p. 213.

    28Ibid., p. 207, note 1. Les révélations sur les archives saisies à La Charité-Sur-Loire surviennent peu de temps après la guerre, car une partie de ces archives, exploitées par les Allemands et utilisées pour leur propagande dès 1940, sont découvertes en janvier 1945 par des prisonniers français et récupérées en Thuringe dès le 14 avril 1945 d’où elles sont ramenées à Paris. Sur ce sujet, voir commandant Pierre Lyet, « Des documents secrets voyagent. Vincennes, Briare, La Charité-sur-Loire, Berlin, Glocau en Haute-Silésie, Ebersdorf en Thuringe », Paris, juin 1940-mai 1945, Revue historique de l’armée, no 3, 4e année, 1948, p. 92-95. Les services spéciaux de Vichy avaient la preuve de leur utilisation par l’Allemagne comme en témoigne un dossier dans les archives récupérées de Moscou : « Publication de Auswärtiges Amt : Les documents secrets de l’État-major général français », Berlin, 1941 (SHD, GR 7 NN 2711, dossier 7-5-304).

    29Même si ces derniers « cinq ou six personnes dans chaque ville » conservent « dans une grosse armoire en fer » les pièces « qui deviennent vite explosives » nécessaires à leur activité (Paul Paillole, Services spéciaux, op. cit., p. 215).

    30Les Bureaux des menées antinationales d’Afrique du Nord, tout comme ceux de métropole, reçoivent le double des dossiers pouvant intéresser leur activité, ce qui a pu entretenir l’idée d’un transfert d’archives des services secrets en AFN, mais celui-ci est limité. Ainsi, l’amiral Lacoste dans préface de l’ouvrage de Paul Paillole (L’homme des services secrets, op. cit., p. ii) écrit-il : « Les tribulations des archives du SR français pendant la débâcle de 1940, leur camouflage en zone libre et l’expédition de leur double en Afrique du Nord avant l’occupation totale du territoire en novembre 1942 ont permis au service de reprendre efficacement ses activités à partir d’Alger. »

    31L’Express, 21 novembre 1991, op. cit. ; révélations reprises par Le Monde daté du 22 novembre 1991.

    32Lettre du colonel Paul Paillole au ministère de la Défense (général Ph. Rondot) au sujet des archives du 2e bureau SR-SCR (Paris, 21 novembre 1991), 2 p. dact., signature manuscrite, SHD 1 K 545, dossier 1526.

    33Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 152-154.

    34GR 1 K 545, pièces no 1538, compte rendu manuscrit de M. Challan-Belval, daté du 1er mai 1974 (tampon du chef et liquidateur national réseau des FFC SSMF TR) au sujet du transfert des archives des services spéciaux de septembre 1940 à novembre 1942 annotations en rouge du colonel Paillole ; SHD, GR 1 K 545, dossier 1528, lettre de Maurice Saint Jean à Paul Paillole, 15 avril 1985, 6 pages ; GR 1 K 545, dossier 1539, compte rendu du capitaine Piroulas, adjoint au chef du service archives du CE (Paris) puis Marseille (Cambronne), 3 p. dact. (s. d.).

    35Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 152-154.

    36Témoignage de Challan-Belval, op. cit., et Jean-Marc Berlière, « Un grand nombre d’exécutions mystérieuses », site « Chemin de la Mémoire », [http://cheminsdememoire.gouv.fr/fr/un-grand-nombre-dexecutions-mysterieuses], consulté le 10 janvier 2017.

    37Aujourd’hui dans le 12e arrondissement de Marseille, cf. SHD, GR 1 K 545, pièces no 1538, compte rendu manuscrit de M. Challan-Belval, daté du 1er mai 1974 ; il indique d’ailleurs qu’il a pris une photo des membres du PC Cambronne, villa Olive, qu’il a transmise à Paillole pour une exposition sur la Résistance ; il est donc possible que la seule photo de groupe des membres des TR présente sur le site de l’AASSDN et reproduite dans le numéro spécial d’Historia, « Les archives secrètes de la Seconde Guerre mondiale », janvier-février 2017, p. 28, ait été prise villa Olive et non villa Éole.

    38Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 152.

    39Ibid., p. 153.

    40Ibid.

    41Rapports et lettres de Challan-Belval, SHD, GR 1 K 545, pièces nos 1537 et 1538.

    42Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 152.

    43Une Citroën « Traction ».

    44Cantine comprenant les comptes rendus au commandement, « qui a été emmenée à Royat le 11 et remise à Johannes, lui-même l’a camouflé à Murols chez son oncle, le commandant Claudel, cantine récupérée par Johannes en 1945 à son retour de déportation », rapport de Challan-Belval, SHD, GR 1 K 545, pièce no 1538.

    45Un tableau (s. d.) signé J. C. Petermann ASSDN, disponible sur le site de l’association, indique : « Le 3e lot “C” Archives du Service central, première partie à Médérolles, abbé H. Vorage et H. Mortier. Sous la menace des recherches de la Gestapo, elles seront camouflées par l’abbé dans le Massif central avant son arrestation et celle de Mortier. Deuxième partie la plus importante : confiées le 10 novembre 1942 au Cdt Marandet qui les cachera près de chez lui dans les environs de Roanne. Le tout sera récupéré à la Libération. Le colonel Bergeat, pour sa part, se réfugie dans les Alpes avec l’or et les devises du SR qui seront récupérées et remises à la DGSS par le Gal Gustave Bertrand », Archives, sélection de pièces mises en ligne sur le site de l’AASSDN, [http://www.aassdn.org/2%20B%20SR.pdf], consulté le 10 janvier 2017.

    46GR 1 K 545, no 1539, compte rendu du capitaine Piroulas.

    47Compte rendu de Challan-Belval : « Garnier et St Jean ont vécu à Lédenon sous la couverture de gardien et de jardinier de la propriété de Jacques Favre de Thierrens. »

    48Sébastien-Yves Laurent, « Alger-Londres. La Guerre des Services », Historia, no spécial : « Les archives secrètes de la Seconde Guerre mondiale », janvier-février 2017, p. 46-49.

    49Philip John Stead, Le 2e bureau sous l’occupation, op. cit., p. 214.

    50D. Cluseau, « L’arrestation par les Allemands du personnel du 2e bureau français », Revue d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale, 8e année, no 29, janvier 1958, p. 32-48, [http://www.jstor.org/stable/25731758], consulté le 10 janvier 2017.

    51Celles de la section des affaires musulmanes suivant le témoignage du colonel Bernard, « Avec la Résistance héroïque du capitaine Henri Mercier (1) et (2) », Bulletin de l’AASSDN, no 162, 1994, reproduit sur le site de l’AASSDN, [http://www.aassdn.org/xlde11624.htm], consulté le 10 janvier 2017.

    52Colonel Bernard, op. cit.

    53Olivier Forcade, « Services spéciaux militaires », dans Dictionnaire de la Résistance, Paris, Robert Laffont, 2006, p. 211-213 ; « Quand Vichy espionnait le Reich », Historia, no spécial : « Les archives secrètes de la Seconde Guerre mondiale », janvier-février 2017, p. 26-28.

    54Lettre-témoignage de l’ex-gendarme Saint-Jean au sujet des archives des Services et de son arrestation adressée au colonel Paillole (Ners, 15 avril 1985), SHD, GR 1 K 445, no 1528.

    55L’épisode est raconté par Paul Paillole, L’Homme des services secrets, op. cit., p. 153.

    56SHD, GR 1 K 445, no 1526, lettre du colonel Paul Paillole au ministère de la Défense (21 novembre 1991). L’argumentaire est repris dans plusieurs lettres reproduites sur le site de l’AASSDN, Archives, sélection de pièces mises en ligne sur le site de l’AASSDN, [http://www.aassdn.org/2%20B%20SR.pdf], consulté le 10 janvier 2017, dans Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 152-154, et dans quelques articles du bulletin de l’AASSDN dont Paul Paillole, « Moscou et nos archives » (no 152).

    57Paul Paillole, L’homme des services secrets, op. cit., p. 154.

    58Claire Sibille, « Les archives du ministère de la Guerre récupérées de Russie », La Gazette des Archives, no 176, 1998, p. 64-78 ; Claire Sibille, avec la collaboration de François Cuinier, Claude Ponnou et Alain Guéna, Inventaire des archives de la Guerre. Supplément de la série N (1872-1940), 4 tomes, Vincennes, SHAT, 1991-1997 ; Sophie Cœuré, Frédéric Monier et Gérard Naud, « Le retour de Russie des archives françaises. Le cas du fonds de la Sûreté », Vingtième siècle, no 45, janvier-mars 1995, p. 133-138 ; « De l’ombre à la lumière. Les archives françaises de retour de Moscou (1940-2002) », dans Archives secrètes, secret d’archives, Paris, CNRS Éditions, 2003, p. 133-148 ; Ninon Seguin, Historique des fonds rapatriés de Moscou, Moscou 1 et 2, Vincennes, SHAT, 2004.

    59Ninon Seguin, op. cit., p. 13.

    60Jean Nicot et le lieutenant-colonel Gilbert Bodinier, Inventaire des archives de la Guerre. Série N (1920-1940), t. I, Vincennes, SHAT, 1995 ; Inventaire des archives de la guerre. Supplément de la série N (1872-1940), op. cit.

    61En temps de guerre, les sections recherche des 2e bureaux sont intégrées dans des 5e bureaux.

    62Olivier Forcade, La République secrète, op. cit., p. 161.

    63À condition de trouver la clef de cette correspondance entre le fichier et les 20 000 dossiers.

    64J’ai modestement contribué – parmi plusieurs dizaines de personnes – à trier ce fonds. Voir également Solène Bournier, sous la direction d’Hélène Guillot, Archives rapatriées de Russie, 2e bureau de l’État-major de l’armée, attachés militaires 1898-1942, sous-série GR 7 NN 2, Service historique de la Défense, Vincennes, 2016.

    65Cette section, la plus importante, est divisée en quatre domaines géographiques, la section allemande ou « groupe Nord » ou « Gruss », qui rassemble les informations secrètes sur l’armée allemande (firme Technica) ; la section anglaise (ou extérieure, ou Rudolf, ou Beauvais, Ext, Rf ou Bs) qui rassemble les informations concernant les armées anglo-saxonnes ; la section Méditerranée ou Sud, ou Bègue qui rassemble les renseignements sur les armées concernant l’Italie, l’Espagne et le Portugal ; la section Ht qui rassemble les renseignements sur les armées des pays de l’Est et de l’URSS.

    66Fiches de renseignements, comptes rendus d’arrestation pour espionnage, 1er mars-31 juillet 1941 (dossier 7-1-1874) ; 1er août-17 octobre 1941 (dossier 7-1-1875, SHD, GR 7 NN 2446), 31 décembre 1941-31 mars 1942 (dossier 7-1-1865, SHD, GR 7 NN 2443).

    67Ainsi les cartons GR 7 NN 2425 et GR 7 NN 2426 comprennent les dossiers de renseignement suivants : Albert Koerber, journaliste et homme de lettres, agent allemand (novembre 1934-juin 1942) (dossier 7-2-11332) ; Otto Katz, agent italien, Geoffroy Fraser, communiste, en relations avec le SR allemand et l’Intelligence Service (avril 1933-juillet 1942) (dossier 7-2-11334) ; affaire d’espionnage Bruyneel et consorts, correspondance échangée avec le BENE (décembre 1938-août 1941) (dossier 7-2-11336) ; Adalbert Alberti, photographe à Meknès, ressortissant allemand, ancien légionnaire, suspect au point de vue national (janvier 1939-décembre 1941) (dossier 7-2-11341) ; Fritz Schroeder, agent allemand (novembre 1937-février 1941) (dossier 7-2-11345) ; Jacques Bianconi, agent du consulat italien à Toulouse, et M. Tamburini, consul général d’Italie à Toulouse (janvier 1928-juillet 1942) (dossier 7-2-11350) ; renseignements sur José Gallart Folch, directeur à Barcelone de la société Hispano-Suiza, Miguel Pla Martuy et Francisco Quintana, de nationalité espagnole, expulsés en janvier 1938 (dossier 7-2-11153) ; renseignements sur Arno Klarsfeld, sujet roumain, suspect au point de vue national (septembre 1938-septembre 1942) (dossier 7-2-11170, 1).

    68EMA/2/Vichy, réorganisation des services de renseignement de l’EMA français après l’armistice : notes, projet de réorganisation, changement de nom des sections, tableaux de correspondance entre les anciennes sections de l’EMA/2 d’avant 1940 et les nouvelles sections, camouflage de la section allemande à Lyon, modèle de classement du renseignement destiné aux attachés militaires (1942), liste des postes de renseignements avec les pictogrammes, Moscou 2-2e bureau EMA, classement provisoire 1117.

    69Renseignement Dehon no 52/13, « très bonne source : M. », du 16 octobre 1940, folio russe 493 puis 5, Moscou 2-2e bureau EMA, classement provisoire, cité dans Nicole Jordan, « Révélations sur les prémices de la Shoah », article traduit de l’américain par Thierry Sarmant, Historia, « Les archives secrètes de la Seconde Guerre mondiale », janvier-février 2017, p. 34-39.

    70Directives techniques pour les officiers SM de DM, SSM – CE no 261 – SM-F/Org Cab Princ V, JR 9 42, ex 46/70, 17 septembre 1942, 7 pages et annexes, signée « Le commandant Paillole, chef du SSM », Moscou 2-2e bureau EMA, classement soviétique 7-3 30, classement provisoire SHD 5043.

    71Maurice Vaïsse (dir), Cahiers du CEHD, no 1, Addim, 1996, reprenant les travaux de la commission d’histoire du renseignement du CEHD dirigée par Bertrand Warusfel, rééditée et enrichie en 1998 sous le titre Il n’est point de secrets que le temps ne révèle. Études sur l’histoire du renseignement, Panazol, Lavauzelle, 1998 ; Amiral Pierre Lacoste (dir.), Le Renseignement à la française, Paris, Economica, 1998 ; Olivier Forcade et Georges-Henri Soutou (dir.), L’Exploitation du renseignement, actes du colloque international tenu aux écoles militaires de Saint-Cyr Coëtquidan les 3 et 4 juin 1998, Paris, Economica, 2001 ; Sébastien Yves Laurent (dir.), Archives « secrètes », secrets d’archives. L’historien et l’archiviste face aux archives sensibles, Paris, CNRS Éditions, 2003 ; Olivier Forcade et Sébastien Yves Laurent, Secrets d’État. Renseignement et pouvoirs dans le monde contemporain, Paris, Armand Colin, 2005 ; Frédéric Guelton et Abdil Bicer (dir.), Naissance et évolution du renseignement dans l’espace européen (1870-1940). Entre démocratie et totalitarisme, quatorze études de cas, Paris, Service historique de la Défense, 2006 ; Bertrand Warusfel (dir.), Le renseignement. Guerre, technique et politique (xixe-xxe siècle), Panazol, Lavauzelle, 2007.

    72Peter Jackson, France and the Nazi Menace, Intelligence and Policy Making, 1933-1939, Oxford, Oxford University Press, 2000 ; Simon Kitson, Vichy et la chasse aux espions nazis, Paris, Autrement, 2005.

    73Olivier Forcade, « Louis Rivet (1883-1958), une carrière d’officier dans le demi-siècle », Carnets du chef des services secrets, 1936-1944, Paris, Nouveau Monde éditions, 2010 ; Paul Paillole, Notre espion chez Hitler, 2e édition préfacée par Frédéric Guelton, Paris, Nouveau Monde éditions, 2011.

    74Les services spéciaux militaires, le renseignement et l’État en France, 1919-1939, dossier d’habilitation à diriger les recherches d’Olivier Forcade présenté sous la direction de Georges-Henri Soutou à l’université Paris 4-Sorbonne en 2005, publié en 2008 (La République secrète. Histoire des services spéciaux français de 1918 à 1939, Paris, Nouveau Monde éditions). La même année, Olivier Lahaie soutient une thèse de doctorat d’histoire intitulée Renseignements et services de renseignement en France pendant la guerre de 1914-1918 (2e et 5e bureaux de l’EMA, 2e bureau du GQG, section de renseignement et section de centralisation de renseignement). Évolutions et adaptations, sous la direction de Georges-Henri Soutou, université Paris 4-Sorbonne, 2005. En 2007, Sébastien-Yves Laurent consacre son mémoire d’habilitation à diriger des recherches à la formation du renseignement public en France : L’État secret, l’information et le renseignement en France au xixe siècle, sous la direction de Jean-François Sirinelli, Sciences Po Paris. En 2011, Georges Vidal soutient une habilitation sous le titre Ennemi intérieur, enjeux stratégiques et politique de sécurité : l’armée française et le problème bolchevik de la révolution russe au régime de Vichy (octobre 1917-novembre 1942), université Montpellier 3.

    75François Delalez, Le service des menées antinationales, 1940-1942, mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, 1998 ; Alexis de Roffignac, Le Service de renseignement intercolonial, mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, 1998 ; Olivier Lamoril, La SR-SCR 2e bureau, face à l’URSS et au Kominern de 1935 à 1939, mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, mai 1999 ; Claude Michel Roure, D’une guerre à l’autre : rivalités franco-britanniques et renseignements dans les territoires sous mandat (1916-1939), mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, 1999 ; Jérôme Bernède, La Section de centralisation des renseignements – 2e bureau et les affaires d’espionnage (1915-1918), mémoire des écoles de Coëtquidan sous la direction d’Olivier Forcade, 1999 ; Olivier Minvielle, Le deuxième bureau SR-SCR face à l’Italie dans les années 1920-1930, mémoire de maîtrise sous la direction de Jacques Frémeaux, université Paris 4-Sorbonne, 1999 ; Henri Dulong de Rosnay, Le renseignement français en Pologne pendant l’entre-deux-guerres, mémoire de DEA sous la direction de Georges-Henri Soutou, 1999 ; Olivier Zajec, Travaux ruraux, le contre-espionnage clandestin de l’armée d’armistice, 1940-1942, mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, 1999 ; Matthieu Novotny, La SR-SCR et la Tchécoslovaquie démembrée : des accords de Munich à la guerre, mémoire de maîtrise sous la direction de Georges-Henri Soutou, 2000 ; Harold Perez, Le 2e bureau face au Japon, 1934-1940, mémoire de l’ESM de Saint-Cyr sous la direction d’Olivier Forcade, mai 2001 ; Abdil Bicer, Le service de renseignement français en Grèce de 1915 à 1922. Création, organisation, perspective et personnels, mémoire de DEA sous la direction de Jacques Frémeaux, université Paris 4-Sorbonne, 2002 ; Michaël Bourlet, Le bureau inter-alliés de renseignement de l’EMA (1915-1919). Création, activités et évolution, personnels, mémoire de DEA sous la direction de Jacques Frémeaux, université Paris 4-Sorbonne, 2002 ; Pierre-Arnaud Drouvin, Le terrorisme international en France 1934-1939, mémoire de master 1 sous la direction d’Olivier Forcade, université de Picardie – Jules Verne, 2006.

    76Sébastien Laurent, Jonathan Bertout, Olivier Buchbinder et al., Histoire orale, t. I : Inventaire analytique des sous-séries 3K et TO, Vincennes, SHD, 2011 ; Hervé Lemoine, Sébastien Laurent et Stéphane Simonet, Histoire orale, Inventaire analytique des sous-séries 3K et 4K, t. II, Vincennes, SHD, 2001 ; Sébastien Laurent, Hervé Lemoine et al., Histoire orale, Inventaire analytique de la sous-série GR 3K, t. III, SHD, 2005.

    77Simon Kitson, Vichy et la chasse aux espions nazis, 1940-1942, op. cit., p. 71.

    78Ibid., p. 8.

    79Jacques de Saint-Victor, « Dossier : Vichy et ses espions perdus », Le Figaro, 13 janvier 2005.

    80« Un point d’histoire », courrier électronique du colonel Henri Debrun, Le Figaro, 23 mai 2005.

    81SHD, GR 7 NN 503 et 7 NN 2440.

    82Ces bulletins mensuels ont été exploités statistiquement par François Delalez, Le service des menées antinationales 1940-1942, mémoire ESM, 1998, (SHD, bibliothèque, TU 815, p. 88 et 120).

    83À l’exception notable de George Vidal, op. cit.

    84Comme celle du colonel Debrun dans Le Figaro, art. cité.

    85Dépêche AFP du 3 novembre 2004.

    86Christophe Bertrand, David Guillet, Carine Lachèvre, François Lagrange et Emmanuel Ranvoisy, Guerres secrètes, catalogue de l’exposition du musée de l’Armée, 12 octobre 2016-20 janvier 2017, Paris, Somogy, 2016, p. 25.

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    d’Abzac-Epezy, Claude. « Récit résistancialiste et révélations des archives ». Les « fonds de Moscou », édité par Bertrand Fonck et al., Presses universitaires de Rennes, 2019, https://doi.org/10.4000/14dlw.

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