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    Plan détaillé Texte intégral Introduction Personnel administratif Personnel religieux Personnel médical Personnel subalterne Présences proches Conclusion Notes de bas de page

    Hospices

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre II. Personnages

    p. 89-168

    Texte intégral Introduction Personnel administratif Le Conseil général des hospices et secours de Bruxelles « À Messieurs les membres de l’administration générale… » Directeurs et directrices Arbitres des normes et des pratiques Personnel religieux Configurations religieuses des hospices Un espace spécifique : les chapelles Des personnages spécifiques : aumôniers et religieuses La laïcisation des hospices au fil du siècle Des pensionnaires croyants Personnel médical Profils de médecins Points de rencontre La visite médicale Juge et expert au quotidien « Hors d’état de vaquer aux soins de son ménage » ou le transfert des pensionnaires Médecine d’hospices publics : entre soins et sciences ? La médicalisation de l’hospice de l’Infirmerie au microscope… Post-mortem, enjeux scientifiques des cadavres des vieux pensionnaires ? La médecine des pensionnaires Personnel subalterne Gens de peine : l’hospice de l’Infirmerie Profil de domestiques Conditions de travail Un personnel soignant ? Servantes : les hospices Pachéco et Hospices-Réunis Profil de servantes Conditions de travail Au service de bourgeoises ? Monnayer son service Pensionnaires domestiques : les refuges Sainte-Gertrude et Ursulines Concierge, un « entre-personnage » Présences proches Entourage Les sorties des pensionnaires Prendre congé Sortie définitive ? Les visites aux pensionnaires Mourir entouré Animaux domestiques, une présence proche ? Conclusion Notes de bas de page

    Texte intégral

    Introduction

    1Dans les déclinaisons de l’espace et pour mieux en comprendre toutes les dimensions, les personnages1 qui le peuplent constituent un pan indispensable à notre recherche. « Clés » au problème des fonctions de l’hôpital, les « groupes humains » étaient déjà au centre de l’analyse d’Olivier Faure2. La désormais incontournable « perspective du patient3 » dans les nouvelles manières d’appréhender l’asile et l’hôpital mais aussi l’hospice laisse souvent de côté les autres personnages qui habitent les institutions. Autour de ces « patients » pourtant se retrouvent les administrateurs, les directeurs, les médecins, les domestiques, les prêtres, les entourages. Certains sont l’objet de récits historiques plus nombreux comme les médecins, d’autres, comme le personnel domestique, sont, encore plus que les patients, absents des objets d’études4. Pourtant, tous ces personnages fabriquent, façonnent et influencent par leurs relations le lieu qu’ils habitent5 à travers « l’ajustement perpétuellement modifié6 » des intentions et des pratiques.

    2Les pensionnaires ne font dès lors pas l’objet d’un point particulier mais se retrouvent dans chacun des autres personnages afin d’aborder les relations qu’ils entretiennent avec eux. Asymétriques, hiérarchiques, émotionnelles, antagonistes, contextuelles… celles-ci sont complexes, jamais évidentes à retracer dans toute l’épaisseur de leurs multiples plis. Néanmoins, partir de celles-ci permet « de penser ce qui instaure des rapports de pouvoir et des possibilités de négociation […] en s’interrogeant sur la “capacité d’agir” des uns et des autres7 ». Le tableau d’ensemble permet alors quelques prises de conscience : mises en parallèle, les conditions de vie du personnel subalterne ressemblent largement à celles des pensionnaires. Ou encore, au carrefour des injonctions et de leur application, les directeurs jouent plus aux équilibristes sur le fil des arbitrages qu’ils ne tyrannisent par une toute-puissance les populations dont ils ont la charge. L’élargissement du champ des pensionnaires offre de mieux en comprendre les chemins de traverse et les impasses. La question des modalités de l’habiter et la lecture de l’hospice comme espace rendent, plus que celles du contrôle, toute leur importance aux habitants, qu’ils soient d’en bas et/ou d’en haut8.

    3Dans le chapitre qui suit, le découpage des personnages aurait pu être autre. Mais ce sont les catégories de l’époque qui ont été choisies, celles articulées par les règlements d’ordre intérieur. Celles qui distinguent les médecins des gens de peine que concerne pourtant une même relation de soin aux pensionnaires9. Celles qui rendent présents, et à juste titre, les représentants religieux. Celles qui mettent au centre, ce qui peut être contesté, l’autorité du directeur. Celles qui effacent, ce qui doit être révisé, la présence des entourages… Nous commencerons donc avec le personnel administratif, les membres du Conseil général des hospices et secours ainsi que les directeurs et directrices. Ensuite, nous poursuivrons avec le personnel religieux, les aumôniers et plus exceptionnellement les sœurs religieuses présentes au refuge des Ursulines. Le personnel médical, c’est-à-dire les médecins, constitue le troisième point. Le personnel subalterne, sous toutes ses formes, fait l’objet du quatrième. Finalement, les présences proches regroupent le cercle élargi et rarement défini des familles et amis, jusqu’aux animaux domestiques qui entourent les pensionnaires.

    4À noter, en filigrane de tous ces personnages, la mort des pensionnaires comme un mode de relation spécifique. Celle-ci par sa teneur dramatique rend particulièrement visibles les différents personnages et les liens qui les attachent aux pensionnaires. Administrateurs, prêtres, médecins, domestiques, entourages s’y rapportent chacun à leur manière et selon leurs considérations mais tous s’y voient confrontés, éclairant par là leurs relations aux pensionnaires.

    Personnel administratif

    Le Conseil général des hospices et secours de Bruxelles

    5Olivier Faure en axant sa recherche sur les « groupes humains10 » qui composent la vie de l’hôpital est un des rares auteurs à s’intéresser aux administrateurs de l’assistance publique. Ils apparaissent pourtant comme des personnages clés qui, en tant que membres du Conseil, influencent fortement sur l’expérience des vieillards en établissements et ce, à plusieurs niveaux. À Bruxelles, le Conseil général des hospices et secours est créé en 180311. Organisme distinct des deux organisations chargées de l’assistance aux pauvres à domicile ou en établissement, c’est-à-dire la commission des hospices civils et les bureaux de bienfaisance, il est créé pour en superviser l’administration et la comptabilité. Mais quelques années plus tard, il supplante ces deux organismes et se voit, sans les confondre, attribuer toutes leurs fonctions, sous la forme d’une entité administrative unique. Il s’agit là d’une exception dans le paysage de l’assistance belge12. De ce fait, l’organisation des secours aux indigents en sort renforcée grâce à une meilleure organisation interne, un patrimoine unifié et une répartition des secours plus équilibrée13. Le Conseil se compose de dix membres. Ceux-ci sont nommés par le conseil communal au moyen d’une double liste de candidats, présentée d’un côté par le Conseil lui-même et de l’autre par le Collège des Bourgmestre et Échevins. Ces membres sont renouvelés chaque année par cinquième et leur mandat dure cinq ans. Toutefois, ce renouvellement quinquennal n’empêche pas les membres d’occuper leurs fonctions indéfiniment14. Certains critères restreignent ou excluent l’exercice de cette fonction. Il faut être belge de naissance ou par naturalisation, avoir 21 ans et son domicile dans la commune. De plus, certaines fonctions ne sont pas cumulables comme les gouverneurs de province, les membres des députations permanentes ou les greffiers provinciaux15. Par ailleurs, il apparaît intéressant de souligner que la fonction de membre du Conseil se conçoit sur une base volontaire, personne n’étant tenu d’accepter les fonctions de membre d’une commission hospitalière16.

    6Dans la pratique, les 74 membres du Conseil répertoriés pour la période qui nous intéresse présentent des caractéristiques encore plus resserrées17. Il s’agit tous d’hommes d’âge mûr. En effet, ceux dont l’âge d’entrée en fonction est connu (23 membres) indique qu’ils sont âgés d’au moins 30 ans avec comme moyenne 44 ans. Dans les professions connues, le contingent des juristes est le plus important (25 membres) suivi des rentiers (20) avec en ordre d’importance décroissant industriels (9), négociants (5) et médecins (2). Par ailleurs, un tiers de ces personnalités exercent avant, pendant ou après leur mandat une ou plusieurs fonctions politiques au niveau communal, provincial ou central. Le système du suffrage censitaire qui régit jusqu’en 1893 le droit de vote et d’éligibilité en Belgique apparaît comme un signe supplémentaire du caractère d’élite politique et sociale à laquelle appartiennent les membres du Conseil. Peu d’informations quant aux orientations politiques de ces personnages nous sont parvenues. Mais les rares membres pour lesquels celle-ci est précisée affichent une tendance libérale18 (8 membres). La nomination des membres par le Collège des Bourgmestre et Échevins tenu sans interruption par des libéraux jusqu’en 1884, tout comme la description du Conseil dans le journal Le National comme « libéral homogène, de nuance plutôt modérée19 » confirment cette tendance. Cela étant, si l’on en croit Pascal Delwit, malgré la bipolarité de la vie politique belge entre catholiques et libéraux, « devant le “danger” que représentent ces classes [populaires], les ponts entre libéraux et catholiques sont vite établis. L’alliance des classes dominantes transcende les divisions philosophiques, éthiques et économiques20 ». La démission de cinq membres suite à la nomination en 1905 de Georges Delbastée, politicien socialiste à l’initiative de différentes réformes, laisse de même penser à un certain conservatisme des membres de cet organe21. Surtout, elle laisse apparaître les luttes politiques et personnelles dont le Conseil se fait le théâtre. Aux secours des pauvres s’ajoutent alors des enjeux de pouvoir, de carrière et de mainmise.

    7Pour autant, les membres du Conseil interviennent, par leurs missions, à plusieurs niveaux sur l’expérience des pensionnaires, au même titre que sur celles de l’ensemble des administrés de l’assistance publique. Le Conseil a pour principales attributions la « gestion des biens dont le produit est affecté à des asiles charitables », « l’admission et le renvoi des indigents » et « l’administration intérieure de ces établissements22 ». Si l’admission des indigents consiste la plupart du temps en l’apposition d’une signature à la fin d’une chaîne d’instances administratives diverses, elle peut aussi prendre la forme d’une rencontre entre les membres du Conseil et les postulants. C’est le cas notamment à l’hospice Pachéco où les pensionnaires, après une inspection à leur domicile, doivent se rendre auprès du Conseil afin que celui-ci vérifie l’exactitude des exigences requises23. De même, à leur échelle, les commissions administratives de Sainte-Gertrude et des Ursulines rencontrent aussi en personne les vieillards demandant à être admis. Dans ces cas, les administrateurs ne sont pas aussi inatteignables qu’ils y paraissent et sont même directement en contact avec les pensionnaires au moment décisif de leur admission. Par ailleurs, compris dans l’« administration intérieure de ces établissements » se retrouvent l’élaboration des règlements ainsi que la nomination de personnages clés comme les directeurs et médecins. Pour ce faire, le Conseil est tenu de se réunir régulièrement. En son sein, il élit un président et désigne un secrétaire chargé de la correspondance et des registres ainsi qu’un ordonnateur général chargé de la signature des mandats et payements. La prise de décision se fait en présence de la majorité des membres et à la majorité des voix.

    8Dans la pratique, le Conseil se réunit dans l’enceinte de l’hôpital Saint-Jean au boulevard du Botanique24. Ces séances sont très régulières : entre une et trois fois par semaine25. En interne, les membres se répartissent entre eux la surveillance plus particulière des différents établissements et services. Correspondants privilégiés des directions en place, ils se rendent aussi en personne dans les établissements en cas de plaintes ou problèmes afin de mener une enquête ou de dresser un rapport au Conseil en vue d’une résolution. Toutefois, une rotation de deux ans maximum s’observe quant à la gestion plus spécifique d’un même établissement par un même administrateur. Mais la longue durée des « carrières » des administrateurs entraîne une stabilité dans la gestion des établissements ainsi qu’une connaissance approfondie des différentes structures et de leurs gestions humaine et matérielle. En effet, la moyenne des durées de service s’élève à treize ans avec des présences particulièrement longues allant jusqu’à vingt ou trente ans26.

    « À Messieurs les membres de l’administration générale27… »

    9Énoncé dans les règlements, le recours au Conseil constitue pour les pensionnaires le seul moyen officiel de contourner, lors de désaccords, l’autorité des directions. Les échanges épistolaires deviennent alors le lieu de réclamations, éventuels signalements de dysfonctionnements28. Par ailleurs, le Conseil est aussi l’instance décisionnelle au plus haut niveau, appelé à trancher les cas sans précédent que les directions ne peuvent résoudre. Maltraitances de la part de domestiques, négligences de directeurs mais aussi qualité de la nourriture, demandes individuelles concernant des exceptions de visites, de vêtements, d’objets de coucher sont autant de sujets alimentant cette correspondance. Au vu de la rareté des écrits de pensionnaires retrouvés dans les archives29, il est impossible de tracer des grandes lignes sur le processus d’écriture et le traitement des réclamations des pensionnaires. Néanmoins, quelques impressions peuvent être exposées.

    10La première concerne la prépondérance des plaintes et requêtes des pensionnaires de Pachéco et des Réunis par rapport aux autres établissements30. Pratique de l’écriture et du français mais aussi exigence et sentiment de justice expliquent chez ces pensionnaires aux origines sociales particulières une capacité plus grande à se plaindre, demander, exiger. Les membres du Conseil sont d’ailleurs particulièrement prévenants à leur égard et soulignent à plusieurs reprises et à différents moments du siècle la nécessité d’adoucir les mesures les concernant. Ainsi l’administrateur Joseph Pootz, membre du Conseil de 1834 à 1846, signale à ses confrères un « abus » qu’il lui semble devoir être corrigé :

    « Vous avez pris dans le tems une résolution pour placer à l’Hospice de l’Infirmerie les Pensionnaires infirmes des Hospices réunis et du Pachéco, je crois me rappeller qu’il a été décidé que chaque Hospice aurait une chambre séparée avec désignation d’Infirmerie Hospice Pachéco, Infirmerie Hospice réuni cette résolution est tombée en desuetude et l’on a confondu de nouveau les pensionnaires Pachéco, Hospice réunis et les Indigents particulièrement recommandées de l’Infirmerie vous exigez pour l’hospice Pachéco, d’être issue des familles Noble ou de bonne famille dechue pour les hospices reunis, d’être de bonne famille bourgeoise toutes personnes qui sont censées avoir recu de l’education maintenant en les confondant ; avec d’autres Indigente braves femmes, anciennes servantes, cela les humilie lorsquelles recoivent des visites de leurs Parens ou amis qui voient avec peine qu’elle se trouvent confondues avec les autres Indigens31. »

    11Dans le mois qui suit, une résolution est prise au sein du Conseil afin de rétablir deux infirmeries bien distinctes pour ces pensionnaires particulières. De même, le Conseil accède à la demande des pensionnaires de Pachéco de modifier le nom de l’établissement au début du xxe siècle. Car « leur amour propre est froissé d’entendre dire et de devoir dire qu’elles résident à un hospice32. » Désormais, elles résideront à la « Fondation Pachéco ».

    12Une deuxième impression concerne l’importance de l’avis du directeur auquel le Conseil a systématiquement recours et qui est très souvent suivi. Directement saisi d’une requête individuelle ou collective émanant de pensionnaires, deux voies semblent, en effet, possibles au Conseil. D’une part, il peut après un bref débat interne la classer « sans suite ». D’autre part, il peut décider d’enclencher une prospection. Dans ce cas, l’avis du directeur constitue la première étape. La convergence des décisions est frappante et laisse penser à une connivence forte entre administrateurs du Conseil et employés de la direction des hospices, subordonnant aux avis des directeurs la prise en compte de l’avis et des expériences des pensionnaires. Toutefois, cette accointance ne se maintient pas outre mesure. Par exemple, la récurrence des plaintes des pensionnaires et du personnel de l’Infirmerie à l’encontre du directeur Léon Bovy entraîne ainsi en 1888 sa mutation moins d’un an après son entrée en fonction33.

    Directeurs et directrices

    13À la tête des établissements, les directeurs – mais aussi quelquefois des directrices en ce qui concerne les établissements pour femmes – sont nommés par le Conseil. Les différents dossiers de candidatures retrouvés dans les archives renseignent sur le processus de sélection. Avant même que la place soit devenue vacante à proprement dit, il arrive que des candidats s’adressent déjà au Conseil pour lui proposer leurs services. Parmi les arguments mis en avant par les demandeurs se retrouvent leurs capacités de gestionnaires, la présence d’une épouse ou d’une fille pouvant les assister dans leurs tâches, ou encore la précarité d’une situation présentant le nouvel emploi comme une planche de salut. Mais l’argument principal est celui d’une longue expérience au sein même de l’administration, à différents postes. De fait, la plupart des candidats sont connus du Conseil, qui oriente systématiquement son choix vers ses propres agents. Certains, d’ailleurs, ne se donnent pas de grandes peines pour se décrire. Déjà employé dans l’administration, Vermylen (directeur de l’hospice Pachéco de 1852 à 1875) formule de la manière suivante sa candidature au Conseil : « Comme j’ai l’honneur d’être connu par plusieurs de vous, Messieurs, je ne pense pas qu’il est nécessaire de vous assurer d’avantage que je saurai diriger cet établissement tel que vous le désirez. J’ai donc lieu d’espérer de votre bienveillance la faveur que je vous sollicite34 ». Le cas de la directrice Jeanne Verlé, en place aux Hospices-Réunis entre 1883 et 1923, est à ce titre exemplaire35. « Pur produit » de l’assistance publique, elle est placée à l’hospice des orphelines en 1865, à l’âge de sept ans. Une maladie l’empêchant de terminer sa formation d’institutrice, elle est placée « par les soins du Conseil » en qualité de lingère à l’hospice de l’Infirmerie à sa majorité. Deux ans après, elle prend la direction de la crèche de l’hospice des aveugles et en 1883, au très jeune âge de 25 ans, elle occupe les fonctions, « plus importantes », aux Hospices-Réunis. Elle en assure alors pendant quarante ans la direction.

    14Parmi les candidats, des mêmes personnes se présentent d’ailleurs aux postes de directeur des différents établissements indiquant la promotion professionnelle que constitue cette fonction pour les employés de l’administration. Ainsi, Désahuguet – dont la carrière au sein de l’administration commence en 1831 en tant qu’employé de bureau à Saint-Pierre – se porte candidat en 1843 pour les Réunis, en 1845 pour l’Infirmerie et en 1850 pour Pachéco. Il sera finalement nommé directeur de l’Infirmerie en 1850 suite au renvoi de son prédécesseur36. De même, une hiérarchie s’opère entre les différents établissements. La direction de l’hospice de l’Infirmerie s’assimile, par exemple, à celle des hôpitaux : plus importante et plus difficile. La place de directeur est alors considérée comme un avancement pour le directeur de la maternité qui en demande la charge en 188837. En miroir, il est intéressant de noter la présence de femmes à la tête de Pachéco et des Réunis. Hospices de moindre importance dont la population est exclusivement féminine, la direction peut, semble-t-il, être assurée par la gent féminine. Il n’en reste pas moins qu’elles deviennent, à ce titre, employées du Conseil et de l’administration des hospices assumant des fonctions de gestionnaires à l’instar de leurs collègues masculins.

    15Le poste de direction s’accompagne d’un traitement particulier. En argent, il constitue le plus gros traitement des employés des hospices et se proportionne selon l’importance de l’hospice, l’Infirmerie en tête. De manière flagrante, une différence de 600 francs par an s’observe entre les traitements des directrices de Pachéco et des Réunis dans les années 1880 étant donné la population plus nombreuse et plus difficile du second établissement alors même que la directrice des Réunis compte moins d’années de service que celle de Pachéco38. Mais le directeur ou la directrice dispose aussi d’un logement au sein des établissements. Sous le nom d’« appartement », il se compose la plupart du temps de trois ou quatre pièces de vie auxquelles s’ajoutent le feu, la lumière et la nourriture. Des pièces de tissus pour la confection de draps de lits et de vêtements complètent encore, du moins dans la première moitié du xixe siècle, les avantages liés à ce poste.

    16Mais si le traitement est le plus important, les tâches à accomplir le sont également. « À demeure », les directeurs et directrices le sont au même titre que les pensionnaires et que le personnel subalterne. La charge impose de n’être plus complètement libre de ses mouvements. Toute absence doit faire l’objet d’une demande de congé au Conseil afin d’assurer l’intérim par un collègue. Il s’agit ensuite d’allier différentes qualités pour assumer la direction d’établissement parmi lesquelles « zèle » et « probité » semblent les principales39. Simplement dit, le directeur a l’administration générale de tout l’établissement, il a « la surveillance générale sur tous les genres de service40 » : de l’approvisionnement matériel à la tenue des comptes et registres, de la gestion humaine du personnel et des pensionnaires au maintien de l’ordre. Cette globalité de tâches amène donc les personnes qui l’assument dans une pluralité d’activités, de la correspondance avec le Conseil à la vérification mensuelle de la propreté des draps de lit des pensionnaires aux Réunis41. Toutefois, il est à noter que les hommes sont rarement complètement seuls, à la différence des directrices de Pachéco et des Réunis42. En effet, la plupart des directeurs masculins sont assistés de leur épouse. Et ces épouses ne sont pas en reste. Leurs tâches, selon leur santé et leur aptitude, peuvent être très importantes comme l’enseigne, dans le rapport au Conseil, la description réalisée de l’épouse du directeur Bille à l’hospice de l’Infirmerie en début de période. La direction est d’autant mieux assurée si elle est double, mari et femme :

    « L’aide d’une femme qui partage en quelque sorte l’autorité est nécessaire dans un hospice comme celui qui nous occupe. En effet, de quel activité ne devra t’elle point être douée, celle qui sera chargée d’organiser le service des cuisines, de la lingerie et des femmes malades, établir & maintenir la propreté si nécessaire dans un hospice […] Son épouse, jeune & forte est douée d’une activité peu commune, née pour ainsi dire dans la direction d’un hospice, en connaît tous les détails, son caractère conciliant mais ferme a su bientôt faire cesser les querelles qui se renouvellaient sans cesse dans l’hospice dont son mari est directeur. À la tête du ménage elle vaut a elle seule quatre servantes, sa propreté est connue, puisqu’elle sait la maintenir dans un hospice de vieillards, qui par sa nature est le plus difficile à entretenir propre43. »

    17Au-delà de la situation conjugale, l’importance des services de l’Infirmerie attache à ce poste un commis aux écritures dès le début de l’établissement ainsi qu’un surveillant à partir des années 1870. « Homme intelligent, instruit, capable de transmettre constamment toutes les instructions et de veiller sous ma direction à leur prompte et parfaite exécution44 », il s’agit là d’un véritable adjoint à la direction.

    18Comme il a déjà été avancé ci-dessus dans le cadre des administrateurs, peu de cas de désaccords majeurs, de l’ordre de l’impasse, ont lieu au cours de la période étudiée entre les directeurs et le Conseil. La longueur de certaines carrières, en moyenne de treize ans, mais allant jusqu’à trente voire quarante ans, et la fréquence des sorties de service par le décès ou le départ à la pension attestent de la stabilité de cette fonction et ce, encore plus aux hospices Pachéco et Réunis. Seuls deux directeurs, Maeck et Bovy, sont respectivement renvoyé et muté de l’hospice de l’Infirmerie en 1851 et en 1888. En cause du renvoi du premier, la soustraction de biens appartenant à l’hospice ainsi qu’une mauvaise gestion des finances. En cause de la mutation du second, les plaintes répétées du personnel médical et domestique ainsi que des pensionnaires sur le comportement du directeur. Rapportés au Conseil45, les termes utilisés sont ceux de « brutalité », de « grossièreté » et d’« arrogance ». Léon Bovy est alors muté au bureau des frais d’entretien moins d’un an après son entrée en fonction. La gradation des sanctions montre alors clairement les préoccupations financières plus que sociales de l’administration qui renvoie le fraudeur mais déplace, dans une fonction comportant moins d’interactions sociales certes, un directeur agressif. Mais outre ces deux exceptions, seules quelques affaires d’abus de la part de domestiques ou de non-respect des libertés religieuses amènent le Conseil à formuler des reproches à l’égard de quelques directeurs ou directrices46. La pénalité la plus courante pour une mauvaise gestion ponctuelle consiste en une retenue sur le traitement. Ainsi le directeur Kestens se voit contraint de remédier à la malpropreté du quartier des officiers s’il ne veut pas voir son traitement diminué davantage47.

    Arbitres des normes et des pratiques

    19Au vu des tâches qui incombent à la direction et qui recouvrent l’ensemble de la vie des pensionnaires au sein des établissements, les relations entre directeur et pensionnaires sont nombreuses. Dans la quotidienneté de ces rapports, il est à supposer que la plupart des échanges sont oraux et informels, car peu de traces subsistent.

    20La relation entre pensionnaires et directeurs est strictement hiérarchique. Les premiers doivent respect et obéissance aux deuxièmes. C’est alors dans les punitions des pensionnaires que s’observe de manière la plus flagrante le caractère hiérarchique de ces relations ; caractère renforcé, au demeurant, par le truchement des archives qui rendent les cas conflictuels plus visibles. Généralement, le non-respect de l’autorité du directeur entraîne pour les pensionnaires de sévères remontrances allant de la punition à l’exclusion. Toutefois, il ne revient pas au directeur de prononcer la sanction ultime du renvoi de l’établissement. C’est au Conseil qu’il doit se rapporter, ultime instance décisionnelle.

    21Mais au-delà des cas de conflits, le terme d’« arbitrage48 » nous semble ici prendre tout son sens, tout comme cette description du métier de directeur qu’en fait un candidat à la direction de l’Infirmerie en 1888 : « la direction de l’Infirmerie n’est pas un poste facile ; on s’y trouve bien souvent dans des situations très délicates et très difficiles, dans lesquelles il faut user de beaucoup de tact et de beaucoup de prudence pour arranger les choses à la satisfaction de tout le monde49 ». Le personnage du directeur se retrouve en effet au carrefour de la théorie et de la pratique, des normes imposées par le Conseil et de l’organisation concrète de la vie quotidienne. Et si les convergences entre directions et Conseil s’observent souvent, les directeurs et directrices n’en sont pas moins à de nombreuses reprises les porte-paroles des pensionnaires, comme d’ailleurs, du personnel subalterne. Plus positif, dès lors, Van Merstraeten en fonction aux Réunis entre 1830 et 1843 déclare au moment de son départ : « j’ai été très flatté Messieurs, de voir dans votre dépêche du 25 juillet dernier, que j’ai rempli ma charge à la satisfaction du conseil et je ne suis pas moins heureux de pouvoir dire que j’ai quitté mes pensionnaires, en emportant leur estime et j’ose même dire leurs regrêts50 ».

    ⁂

    22Empreinte dès lors des visées philanthropiques, l’élite bourgeoise à la tête de l’assistance publique ne pense la relation aux assistés qu’en termes d’un paternalisme bienveillant pour des vieux pauvres qui en retour se doivent d’être méritants et reconnaissants. Choisis par eux, voire formés en leur sein, les directeurs et directrices assurent dans les lieux l’application de leurs principes et, à leur tour, revêtent la fonction du « meilleur des père de famille51 ». En attestent, au-delà du cadre réglementaire, le pronom possessif de Van Merstraeten, comme « la remontrance toute paternelle52 » adressée par les administrateurs aux pensionnaires s’étant plaints sans fondement de la qualité de la nourriture ou encore, la description comme « père et consolateur53 » que font certains vieillards de leur directeur.

    23Soulevée déjà par Edgar-André Montigny54, la question de l’âge des personnes à la tête des établissements, de même d’ailleurs que celui des membres du Conseil, pourrait renouveler la question des relations entre vieillards assistés et, mais sans jamais qu’ils soient nommés ainsi, les vieillards qui les administrent. En effet, vu la longueur de leur service, il n’est pas rare d’observer des sexagénaires, septuagénaires et même octogénaires aux postes de membres du Conseil ou de directeurs des établissements. Mais la frontière semble infranchissable entre administrateurs et administrés et les rapprochements générationnels inexistants. Les relations entre personnels administratifs et pensionnaires se lisent alors plus au prisme d’un paternalisme qui s’installe entre ceux qui assistent et ceux qui sont assistés, entre dépendance et soumission.

    Personnel religieux

    24En 1827, la première mention concernant la religion dans le règlement de l’hospice de l’Infirmerie signale qu’un « ecclésiastique du culte catholique est attaché à l’Hospice55 ». En 1860, le premier article concernant les pratiques religieuses déclare que « les secours de la religion sont à la libre disposition des malades et des pensionnaires, selon le culte qu’ils professent56 ». De leur perspective, les règlements témoignent dès lors de la laïcisation de l’assistance publique dans le but d’une liberté de conscience des assistés. Pour autant, cela ne signifie pas que la population des hospices se déchristianise. Si la place de l’homme d’Église catholique dans les deux règlements de l’hospice de l’Infirmerie évolue considérablement, elle pose plus largement la question de la présence de la religion dans les hospices du xixe siècle, celle imposée aux pensionnaires comme celle qui leur est propre. Elle pose également la question de l’importance des pratiques et des croyances qui peuplent les établissements d’assistance.

    25En effet, malgré l’émergence d’une critique du pouvoir et de la prédominance de l’Église au xviiie siècle, dont la Révolution française constitue l’apogée, le xixe siècle européen se caractérise globalement par une forte présence de la religion, tant dans les croyances que dans les pratiques57. À la ville comme à la campagne, l’industrialisation s’accompagne, selon Hannu Salmi, d’un intérêt croissant pour la vie intérieure et les expériences transcendantales de l’être humain. L’Église catholique, principalement, connaît un renouveau important58. À Bruxelles, Catherine Jacques note, pour le xixe siècle, comme un miroir grossissant de la situation nationale, un contraste important entre les autorités de la ville, incarnées par des hommes politiques libéraux jusqu’en 1884, et un terrain social investi principalement par les catholiques. Les congrégations religieuses et les clergés séculiers via les paroisses se multiplient à Bruxelles et par leurs actions diversifiées « exercent leur influence jusqu’au sein des ménages59 » ; entretenant dans la population une religiosité importante.

    26À leur échelle, les hospices de vieillards relayent les mêmes tensions que dans la société qui les entoure. D’autant plus que les soins de santé avec l’éducation et l’enseignement constituent les deux domaines où les oppositions politiques des catholiques et des libéraux s’expriment le plus clairement. Monopole d’associations privées le plus souvent catholiques, le personnel soignant ou éducatif est la plupart du temps religieux. Les membres de congrégations se retrouvent même au sein des deux hôpitaux publics de la ville où des sœurs hospitalières s’occupent des malades60. Les deux domaines font alors l’objet d’une reconquête des libéraux et ensuite des socialistes durant tout le siècle, à travers une laïcisation des personnels et des pratiques dans le but de garantir la liberté de conscience des individus.

    27Chacun des hospices étudiés ici se caractérise dans la première moitié du siècle par une situation originelle différente avec une présence plus ou moins importante de la religion catholique, qu’il s’agit tout d’abord de préciser. À nouveau, les modèles de prise en charge inégalement collectifs influencent une organisation interne du culte catholique plus ou moins développée : de la simple présence d’une chapelle à Pachéco et aux Réunis à celle d’un aumônier pour assurer prière quotidienne, office hebdomadaire, confession et sacrements à l’hospice de l’Infirmerie. Entre tous, le refuge des Ursulines présente un cas particulier puisque c’est le seul hospice où des religieuses assurent l’organisation interne61. Ensuite, l’étude des règlements des différents établissements montre la volonté de laïciser les hospices. Ils vont alors clairement dans le sens d’un retrait de la religion et principalement du culte catholique. Finalement, poser la question de la relation des pensionnaires au monde religieux – incarné par les aumôniers, les sœurs et les espaces et objets consacrés à la religion – permet de nuancer une laïcisation de façade et toucher aux croyances subjectives et individuelles des pensionnaires. Surtout, le moment de leur mort apparaît en filigrane de cette relation comme un point de tension aigu entre les différents acteurs ; le moment où se joue la relation qui les entremêle, où aboutissent les échanges posés en vue de ce but ultime.

    Configurations religieuses des hospices

    Un espace spécifique : les chapelles

    28Structurellement, les hospices sont organisés pour intégrer en leur sein le culte catholique. Tout d’abord, ils possèdent chacun une chapelle entre leurs murs62. Celles-ci sont dotées d’un mobilier particulier afin d’assurer le bon déroulement du service religieux. C’est d’ailleurs souvent dans ces espaces que se retrouvent des objets plus précieux comme des chandeliers en bronze ou des ciboires63 en argent64. Nappes, carpette, tapis, tableaux tout comme l’achat de fleurs artificielles à la fin du siècle à l’Infirmerie65 assurent à l’autel et aux parois de cette salle un certain décorum propre à la fonction particulière qu’elle assure. Celui-ci oppose un net contraste avec la blancheur du reste des murs des établissements.

    Fig. 6. – Chapelle de l’hospice de l’Infirmerie (1930).

    ACPASB, Infirmerie, Fonds Iconographique, « Hosp./Inf./34 », Chapelle, 1930.

    29À l’Infirmerie, la construction de la chapelle en 1825 pose quant à elle la question de la capacité d’accueil. Au-delà de la dimension architecturale, c’est la pratique de la religion chez les pensionnaires qui se retrouve au cœur du débat pour en déterminer l’espace nécessaire. Combien de pensionnaires assistent aux offices ? Quelle assiduité des vieux pensionnaires à prier Dieu ? Quelle prédominance du culte catholique au sein de la population hospiciée ? Les autorités supérieures devant avaliser les plans de construction souhaitent une chapelle plus grande, afin de permettre à tous les pensionnaires même infirmes d’assister aux offices « car il est trop bien connu […] que la plus grande consolation des personnes âgées est de consacrer entièrement la fin de leur carriere au service divin66 ». Le Conseil général des hospices et secours, quant à lui, tente de maintenir la chapelle déjà construite, dont la capacité d’accueil de 250 personnes pour 350 pensionnaires lui paraît tout à fait suffisante. L’incapacité de se mouvoir jusque dans la chapelle pour une part importante d’infirmes et d’incurables et la liberté des valides de se rendre dans des églises extérieures, notamment celle du béguinage, lui assurent un espace suffisant. Aussi, la chapelle ne servant qu’au culte catholique, le Conseil invoque une possible augmentation des pensionnaires non catholiques dans le futur en raison du libre exercice de tous les cultes récemment promulgué67. Finalement, la chapelle est maintenue dans son plan initial mais trois ouvertures sont toutefois aménagées pour assurer une communication plus aisée pour les pensionnaires. Une galerie réservée aux infirmes est aussi construite pour leur faciliter l’accès au service religieux68.

    30La chapelle apparaît alors clairement comme un espace particulier au sein de l’hospice. Mobilier et décoration la chargent d’un luxe inexistant par ailleurs au sein des établissements. Matériellement, les chapelles sont pensées, aménagées et construites afin de permettre au maximum de pensionnaires de pouvoir assister aux offices. En atteste le nombre de chaises équivalent au nombre des pensionnaires dans la chapelle de Pachéco69 ou les mesures particulières prises à l’Infirmerie pour en assurer l’accès aux pensionnaires moins mobiles. Même la condition des plus infirmes rentre dans les considérations architecturales de sa construction, assurant par là à cet espace spécifique une symbolique forte au sein de l’hospice.

    Des personnages spécifiques : aumôniers et religieuses

    31En plus de la chapelle, chacun des hospices s’arrange avec le clergé de la paroisse dans laquelle il s’inscrit pour y assurer le service du culte catholique. Principalement, le curé ou le vicaire s’occupent de l’administration des sacrements et du service divin en général. À l’hospice de l’Infirmerie, ce dernier se compose d’un office hebdomadaire ainsi que des confessions des habitants de l’établissement. Au début du siècle, l’aumônier doit aussi réciter une messe quotidienne. Les sacrements qui se pratiquent à l’hospice sont au nombre de trois : pénitence, eucharistie et onctions des malades. Ils servent à pardonner les péchés et à préparer le croyant à sa mort prochaine, et pour ce faire, doivent être posés avant la mort. Ces sacrements concernent davantage les mourants mais les malades, dans l’incertitude de leur état, n’en sont pas exemptés, multipliant par là les interventions des hommes d’Église dans les établissements. L’aumônier doit alors être disponible à tous moments en cas d’urgence et de danger de mort des pensionnaires. Il ne peut s’absenter de la ville sans avoir averti le directeur ni sans avoir désigné un prêtre remplaçant. Nommé et révocable par le Conseil, l’ecclésiastique ne peut exiger aucune rétribution de la part des pensionnaires pour l’exercice de ses fonctions. Pour cela, une indemnité est versée annuellement au clergé de la paroisse concernée. À l’Infirmerie, par exemple, elle s’élève à 423,28 francs en 1830, c’est-à-dire un peu moins que les médecins et chirurgien qui reçoivent chacun 500 francs70. En 1866, elle est majorée à 500 francs. Bien que sa présence soit régulière, voire quotidienne, l’aumônier de l’hospice n’est ni logé ni nourri en interne. En ce sens, il apparaît moins présent que dans les deux hôpitaux où un aumônier est entretenu complètement71.

    32Le refuge des Ursulines constitue alors une exception dans le paysage bruxellois des hospices pour vieillards puisque des sœurs s’y trouvent pour assurer le service dès les années 183072. Mais la présence des sœurs est loin d’être extraordinaire dans des établissements de soins et de bienfaisance, qu’ils soient publics ou privés73. À l’inverse, les quatre autres hospices publics bruxellois pour vieillards se révèlent exceptionnels par la laïcité précoce de leur personnel. Toutefois, la présence des sœurs aux Ursulines se révèle très limitée. Au nombre de trois au moment de leur introduction dans les années 1830, elles atteignent ensuite le chiffre de neuf en 1913. Mises en rapport avec le nombre de pensionnaires (entre 100 et 200 en 1830 et 347 en 1913)74, leurs fonctions apparaissent clairement se limiter à la gestion et s’apparentent à celles du directeur, qu’elles remplacent d’ailleurs75. Aux Ursulines, ceux qui s’occupent des tâches quotidiennes et des soins aux moins valides sont les pensionnaires eux-mêmes76. Toutefois, malgré ce nombre limité, la religion catholique semble être plus présente que dans les autres hospices77. Sans que l’on puisse attribuer cette situation à la seule présence des sœurs, le refuge Sainte-Gertrude, fondé par la même personne et suivant les mêmes principes, ne connaît pas les mêmes développements. Car aux Ursulines, en plus du service divin quotidien dans la chapelle de l’établissement78, une obligation journalière de récitation d’une prière par les pensionnaires est inscrite dans le règlement. La sœur Dorothée, en place à la fin des années 1830, se plaint du manque d’assiduité des pensionnaires. Réduit à partir de ce moment-là à « un gros quart d’heure », le déroulement de l’oraison du soir est redéfini et affiché dans le réfectoire :

    « Il est enjoint à tout individus quelconque habitant le Refuge d’assister à la prière du soir, laquelle se dira immédiatement après l’heure de clôture du Refuge. Tous ceux qui sont présents, à l’exclusion des infirmes, se mettront à genoux et demeureront dans cette attitude respectueuse vis à vis de l’image du Seigneur pendant tout le temps de la prière. Ceux ou celles qui manqueront à la prière ou qui arriveront trop tard, seront consignés pour huit jours et, en cas de récidive, pour quinze, tandis que ceux qui se refuseront d’y assister sans raison légitime seront congédiés du Refuge. Il sera établi un prie-Dieu sur lequel s’agenouillera la personne chargée de réciter la prière et celles qui occupent les premières fonctions dans le Refuge. M. Kips [l’économe] sera chargé de la police de l’oratoire et se tiendra agenouillé sur une chaise d’appui, derrière tous les autres afin de mieux voir ce qui s’y passe79. »

    33De même, la proximité avec le collège des jésuites, voisin de l’établissement, y renforce la présence religieuse. Ils célèbrent quotidiennement une messe dans la chapelle et entretiennent le culte de Sainte-Ursuline. Pourtant, la filiation entre un patronat de la sainte et le refuge est artificielle, se rattachant seulement à l’occupation de mêmes bâtiments entre l’hospice et les sœurs ursulines au xviiie siècle. Néanmoins, elle est exaltée dans l’ouvrage de Van Malderghem qui raconte comment depuis toujours « une adoration perpétuelle se célébrait au Refuge à la fête de la martyre80 » et comment dans les années 1850, le refuge se fait récipiendaire des reliques liées à la sainte. L’aura religieuse du refuge n’en est alors que plus renforcée. Un registre des punitions, conservé pour le refuge des Ursulines, renseigne d’ailleurs sur le fait qu’une série de comportements réprimés dans cet hospice touchent à la religion. Notamment, les manquements au service, plus nombreux dans la première moitié du siècle, ou encore les scandales et disputes dans la chapelle81, font l’objet de multiples punitions.

    La laïcisation des hospices au fil du siècle

    34Sur base des situations en présence, différentes pour chaque hospice, une évolution commune s’observe néanmoins pour tous dans la deuxième moitié du siècle. À travers les règlements des établissements se précise, en effet, la volonté de plus en plus affirmée du Conseil de laïciser le monde des soins. Dans ce domaine, Claire Dickstein-Bernard souligne l’influence sur le Conseil général des hospices et secours des libéraux progressistes qui siègent au Collège des Bourgmestre et Échevins de la ville de Bruxelles sans interruption jusqu’en 188482. Renforcée par des hommes politiques socialistes à la fin du siècle, la laïcisation des hôpitaux et des établissements de l’assistance publique constitue une des composantes caractéristiques de la politique hospitalière de la ville de Bruxelles.

    35Cités rapidement ci-dessus, les deux règlements de l’hospice de l’Infirmerie témoignent du passage en un peu plus de 30 ans d’un système où le culte catholique est prédominant à un système où la liberté de conscience et de culte apparaît primordiale. L’hospice de l’Infirmerie, le plus précoce en la matière, avance déjà dans son premier règlement en 1827 des dispositions particulières prises à l’égard des pensionnaires d’une autre religion que celle catholique83. Mais le règlement de 1860 dénote clairement d’une volonté de mettre au second plan l’homme d’Église catholique au sein de l’hospice. Plus généralement, il témoigne d’une réglementation stricte de tous les cultes pour en assurer la pluralité. Il est alors du ressort du directeur d’informer chaque pensionnaire de cette pluralité et de leur libre disposition en la matière. Bien qu’il continue à bénéficier d’une organisation collective au sein de l’hospice par la chapelle et la présence de l’aumônier, le culte catholique se voit nettement limité, spatialement et temporellement. Ses heures de service notamment sont subordonnées au service général de l’hospice, fixées non plus seulement par l’homme d’Église mais d’un commun accord entre celui-ci et le directeur84. Par ailleurs, à travers le son des cloches, c’est aussi dans les années 1860 que la religion catholique est obligée de se faire plus discrète. Dans les hôpitaux et à l’Infirmerie, les cloches sonnées à l’occasion des décès sont supprimées. L’argument y est alors plus médical que religieux dans le but de rendre la mort des autres moins effrayante85.

    36Même aux Ursulines, une laïcisation s’observe à travers les règlements. En effet, celui de 1877 contraste avec les précédents. Dans ces derniers, l’absence de toute réglementation relative à l’organisation du culte catholique laisse penser qu’il est tellement ordinaire dans cette première partie du siècle qu’il n’est pas nécessaire de le préciser. Par contre, en 1877, le nouveau règlement édité cette année-là présente un ensemble de mesures pour l’encadrer. La pluralité des cultes y est aussi mise en avant, première règle en la matière. De plus, la pratique courante pour les vieillards d’assister aux services funèbres des familles aisées afin de récolter à cette occasion des fonds pour le refuge subit une première secousse. « Usage établi86 » à Bruxelles, ces dons offerts au moment des funérailles des membres de riches familles constituent un revenu important pour le refuge des Ursulines. Mais la présence à ces services religieux s’oppose à la liberté de culte des pensionnaires. Ainsi, si le règlement de 1824 oblige simplement ceux en état de s’y rendre d’y assister, celui de 1877 reconnaît la liberté de culte des pensionnaires. Tout en considérant encore comme obligatoire la présence aux services funèbres, il la dissocie clairement d’un geste religieux87. Il s’agit là d’une ressource pour le refuge. C’est finalement en 1899 que l’article est remplacé définitivement88, libérant de cette obligation les pensionnaires qui ne consentent pas à assister à un service religieux89.

    37Cela étant, il est intéressant de noter le peu de critiques que soulève la présence des sœurs aux Ursulines contrairement à celle dans les deux hôpitaux publics de la ville à la fin du siècle90. Accusées d’ignorance, de prosélytisme, « plus attentives à l’âme qu’au corps91 », la critique des sœurs religieuses est présente durant tout le xixe siècle mais son intensité augmente à la fin du siècle. Pourtant, le nombre des sœurs religieuses a diminué dans les hôpitaux à partir de 185192. Dans la deuxième moitié du siècle, elles assurent dans les deux établissements les mêmes fonctions de surveillance et de gestion qu’aux Ursulines plutôt que le service complet aux pensionnaires. Il semble alors que la lutte politique des libéraux et socialistes contre catholiques se transpose dans les hôpitaux Saint-Pierre et Saint-Jean aux médecins et aux sœurs93. L’importance et la valorisation des progrès de la médecine sur l’accompagnement spirituel de l’Église y transparaissent beaucoup plus nettement94. L’absence de tensions concernant les sœurs religieuses aux Ursulines pose, en miroir, les hospices comme des lieux moins stratégiques de la lutte pour la laïcisation. Par extension, ils apparaissent comme des lieux où la médecine et ses exigences mettent plus de temps à s’implanter95.

    Des pensionnaires croyants

    38La volonté de plus en plus forte de l’assistance publique d’afficher une neutralité religieuse pour une liberté de conscience des assistés ne signifie pas pour autant que ceux-ci, à l’image de la religiosité ambiante du xixe siècle, abandonnent la religion.

    39En 1905, un inventaire des emblèmes religieux à l’hospice de l’Infirmerie en révèle la présence dans quasi toutes les salles. La religion catholique est partout, accrochée aux linteaux des portes :

    « Pour 21 salles, je releve 22 christ & 23 vierges. Au réfectoire des hommes il y a un christ & une vierge. A celui des femmes il n’y a rien. Au pavillon des cancéreuses il y a 12 chambres ; six possèdent un christ. Au dépôt mortuaire il y a un christ. Dans la salle des cérémonies funèbres il y en a un aussi. Mais celui-là est toujours enlevé lorsque le défunt n’appartient pas au culte catholique. Chez les dames des transférés de Pachéco, certaines en ont dans leur chambre d’autres pas. Ces christs ont été apportés par les dames elles-mêmes. Quatre salles possèdent simplement 1 Christ. Une salle une vierge. Une salle n’a aucun emblème. Dans la salle des transférées des Réunis presque toutes les dames ont apporté un christ ou une vierge96. »

    40Si certains objets religieux font partie du décor collectif, oubliés sur les murs des hospices, d’autres sont individuels. Ceux des pensionnaires transférées des Réunis notamment, sont emportés par elles, déjà au moment de leur admission dans leur hospice mais aussi lors de leur transfert à l’Infirmerie. Par ces petits objets, la religion catholique se matérialise partout dans les établissements. Et au regard de l’inventaire, même l’hospice de l’Infirmerie n’est pas en reste à la fin du siècle, malgré ses signes de laïcisation précoce. Difficiles à mesurer, les croyances des pensionnaires ne peuvent se réduire aux Christs accrochés aux murs ou aux Vierges posées sur les tables de nuit. L’attachement à ces objets de culte qui assurent une présence religieuse constitue néanmoins une piste pour mesurer leur importance. Car il perdure malgré l’anticléricalisme croissant de l’administration des hospices et la dépossession matérielle qui caractérise a priori les pensionnaires des hospices. D’autres cultes que le catholicisme sont aussi présents dans les hospices. En attestent les deux places pour des protestants fondées par M. Reuss à l’hospice de l’Infirmerie et aux Réunis. Cela étant, si les chiffres donnés pour les deux hôpitaux en 1878 valent pour les hospices, l’écrasante majorité de la population est catholique et cette proportion ne décroît pas avant 1908, date pour laquelle le détail des confessions est également mentionné dans les comptes moraux de l’assistance97. L’expérience et les pratiques du culte sont une réalité concrète pour la plupart des pensionnaires ou du moins, un paramètre du quotidien qui ne dérange pas, en accord avec leurs valeurs morales.

    41Cette omniprésence de la religion catholique chez les pensionnaires des hospices renforce alors l’idée de l’aumônier comme un acteur quotidien des établissements en lien avec la plupart d’entre eux. Appelé pour les malades et les mourants, sa présence au sein des hospices de vieillards y est journalière, comme en atteste la demande d’indemnisation formulée par le clergé de la paroisse dont dépendent les Hospices-Réunis en 1831 : « Cet établissement qui contient aujourd’hui plus de 150 personnes d’un âge avancé, donne une besogne extraordinaire à ces ecclésiastiques, puisqu’il se passe peu de jours qu’il n’y ait ou des administrations à faire ou des malades à visiter98. » Et si les dires du directeur de l’Infirmerie sont exacts en 1890, ces visites ne diminuent pas avec le siècle puisque le curé se rend « presque journellement à l’hospice99 ». Le rôle de ce personnel religieux auprès des pensionnaires dépasse alors largement les offices divins qui lui reviennent. En atteste le cas de Marie Josèphe M. en 1839. Pensionnaire difficile, l’aumônier est appelé auprès d’elle par le directeur pour essayer « de la ramener à des sentimens de modération100 ». Il intervient donc pour encadrer les comportements des pensionnaires. En 1890, l’affaire qui oppose l’aumônier et un domestique de l’hospice de l’Infirmerie illustre aussi, quant à elle, le rôle du personnel religieux au sein de l’hospice et le double aspect de ses relations aux pensionnaires101. En effet, en novembre 1890, l’aumônier rapporte au Conseil les mauvais traitements infligés aux pensionnaires par le domestique du quartier des gâteux. Face à ces accusations, celui-ci se défend et avance l’animosité du curé à son égard ; animosité principalement due à plusieurs épisodes ayant contrarié le bon déroulement de l’accomplissement des services religieux du prêtre. Ainsi, les préparatifs des derniers sacrements d’un pensionnaire n’avaient pas été accomplis faute de temps. Ou encore, le domestique rapporte qu’à l’invitation du curé de rester souvent dans la chambre d’un pensionnaire et d’y prier, il avait répondu, sèchement peut-être, « que le Directeur l’avait engagé pour travailler et non pour prier102 ». Sans pouvoir trancher dans un sens ni dans l’autre, cette affaire rend néanmoins bien claires la présence de l’aumônier et son importance pour les pensionnaires. D’une part confident et observateur extérieur, il peut servir d’alarme par la surveillance qu’il exerce, de sa perspective, dans l’hospice. D’autre part, héritier « d’une conception qui voit dans la maladie une épreuve divine103 » et convaincu de la nécessité de sauver l’âme plutôt que le corps, il applique un ordre des priorités parfois contraire au bon déroulement du service de l’hospice. Son agenda ne se retrouve pas toujours au diapason de certains domestiques et directeurs mais aussi pensionnaires.

    42C’est au seuil de la mort, où se trouvent par définition potentiellement tous les pensionnaires d’hospice que se nouent de manière la plus forte, en s’opposant ou en se rejoignant, pensionnaires et prêtres. Car c’est autour de la mort, du passage à l’au-delà que se joue, pour les croyants, la vie éternelle et par ailleurs le salut du prédicateur lui-même d’avoir gagné une âme supplémentaire au ciel104. Valérie Leclercq identifie une forme de communication propre aux personnages religieux en milieu hospitalier. À l’encontre du paternalisme des médecins qui veulent protéger les malades de la connaissance de la gravité de leur état, le paternalisme clérical prescrit, quant à lui, de communiquer aux malades, potentiels mourants, les risques qu’ils encourent. Ce faisant, il ne s’agit pas d’autonomiser le patient mais bien de lui permettre de sauver son âme comme il le faut. Car la procédure des derniers sacrements doit impérativement se réaliser avant la mort. Quelques affaires d’obsession de vieillards et de curés trop insistants auprès de pensionnaires mourants émaillent le xixe siècle mais aucune n’aboutit à des situations de rupture comme c’est parfois le cas dans les hôpitaux105. Classées la plupart du temps sans suite, elles témoignent sans doute plus de l’attention et de la prévention que suscite la question délicate de la laïcité au sein des établissements d’assistance publique. Toutefois, la dimension incontournable de la mort dans les hospices souligne davantage l’importance de ce moment et des acteurs y prenant part.

    ⁂

    43Malgré la laïcité des établissements d’assistance publique, la religion et plus principalement la religion catholique est omniprésente dans les hospices. Matériellement à travers les chapelles et les petits objets de culte individuels, spirituellement à travers les célébrations et le personnel religieux qui en assure l’organisation. Surtout, elle émane des pensionnaires eux-mêmes qui cultivent leur sentiment religieux à l’intérieur des hospices. De ce fait, les aumôniers principalement entretiennent une relation, si pas quotidienne, en tout cas régulière avec eux. Autour de la mort, ils assurent, aux uns dont les croyances l’exigent, un passage réussi dans l’au-delà, comme ils attisent les mécontentements des autres par un prosélytisme considéré déplacé. Dans les temps plus ordinaires, œil extérieur et confident des pensionnaires, ils peuvent se révéler des personnages ressource dont la voix porte mieux et plus fort.

    Personnel médical

    44Depuis les années 1960, les historiens tenants d’une histoire sociale de la médecine ont remis en cause la centralité des médecins que l’histoire traditionnelle – dans une perspective internaliste et progressiste – leur accordait106. À l’image d’une histoire politique par les grands noms, l’histoire des médecins, essentiellement présentés comme les auteurs de découvertes et de progrès scientifiques et thérapeutiques, a longtemps constitué l’historiographie dominante107. Placer au centre de notre histoire les vieillards participe dès lors à ces perspectives alternatives d’une histoire de la médecine « par en bas108 », prenant en compte les voix des moins bavards, les patients, qui dans notre cas sont des vieux pensionnaires d’hospices. Toutefois, dans ces lieux, la figure du médecin conserve des incontournables. Par l’autorité symbolique et les pouvoirs décisionnels qui leur sont conférés, ils y exercent tout au long du séjour des pensionnaires une autorité indéniable. Il apparaît important d’affiner, comme plusieurs auteurs l’ont déjà fait concernant les hôpitaux et les asiles109, leur ascendance dans le cadre des hospices. Par là, peut se lire la relation qu’ils entretiennent avec les vieillards et à travers celle-ci des particularités permettant de cerner plus avant cette population institutionnelle singulière.

    45La portée médicale des hospices est très variable. De ce point de vue, deux schémas très différents se mettent en place. C’est-à-dire que le critère de validité et d’invalidité des pensionnaires implique une présence différenciée des médecins dans les hospices. D’un côté, se retrouvent les deux refuges et les hospices Pachéco et Réunis. Pensés pour accueillir une vieillesse valide, la présence médicale y est très limitée. De l’autre côté, l’hospice de l’Infirmerie se spécialise clairement à partir de 1850 dans l’accueil des vieillards infirmes et des incurables, impliquant un service médical plus important. Cet établissement se dote en effet pour un temps au moins d’une infrastructure de soins beaucoup plus développée. L’évolution se lit de manière patente à travers les deux règlements de l’hospice. Alors que seulement un dixième des articles concerne le service sanitaire en 1827, c’en est un tiers qui en détaille minutieusement l’organisation en 1860110. Le personnel augmente d’ailleurs avec le siècle puisque de deux praticiens et un assistant en 1827, deux chefs de service assistés de deux élèves internes et de trois élèves externes s’y retrouvent en 1874111. De plus, dans la deuxième moitié du siècle, l’Infirmerie accueille différents services annexes à l’hospice proprement dit qui renforcent l’idée d’un établissement de soins même s’ils ne sont pas tous destinés exclusivement aux vieillards. Ainsi en 1869, un service de consultation gratuite assumé par les chefs de service se met en place. En 1871, des locaux sont attribués à l’organisation d’une succursale afin d’y accueillir les incurables et les infirmes des hôpitaux publics Saint-Pierre et Saint-Jean112. En 1872, un service d’ophtalmologie pour lequel un médecin supplémentaire sera nommé à partir de 1874 est installé dans le bâtiment. En 1890 finalement, un règlement commun aux deux hôpitaux et à l’Infirmerie concernant le service médical fait l’objet d’une publication indépendante. Elle est le signe d’un effort de coordination en ce domaine et témoigne d’une attention toujours plus grande donnée à la dimension médicale à laquelle participe l’hospice de l’Infirmerie.

    46Avec cette partition institutionnelle et la spécificité de l’Infirmerie établie, la relation des médecins aux pensionnaires peut être envisagée. Tout d’abord, il s’agit de brosser le profil des médecins présents dans les hospices et les conditions de leur nomination et de leur traitement. Ensuite, le détail des fonctions du médecin dans l’hospice le fait apparaître à toutes les étapes du séjour des pensionnaires et constitue un premier paramètre de cette relation ; de la visite médicale aux qualités d’expert, en passant par la décision de transfert des pensionnaires entre établissements. Par ailleurs, l’articulation entre science et thérapeutique que comprend la médecine hospitalière au xixe siècle apparaît comme un autre paramètre important de cette relation. D’autant plus dans le cadre des établissements d’assistance publique où la médecine universitaire s’enseigne, l’intérêt (ou le désintérêt) scientifique pour les vieillards et leurs maladies questionne la portée thérapeutique de l’acte médical. Toutefois, la relation entre médecins et vieillards ne peut se résumer à une domination sans nuance des premiers, avides de savoir, sur les seconds. Le dernier temps de ce point offre une perspective plus nuancée grâce à la prise en compte des pensionnaires eux-mêmes. Des bruyantes contestations aux plus silencieuses acceptations et indifférences, une attention portée à leurs attitudes face aux médecins dans le cadre de l’hospice laisse la place à leur capacité d’agir, donne une nouvelle profondeur aux relations qui lient médecins et vieux pensionnaires.

    Profils de médecins

    47La nomination, le traitement, les fonctions et l’organisation des médecins dans les établissements se précisent au cours du xixe siècle. Cette évolution suit celles plus larges de la professionnalisation et de la spécialisation de la médecine qui s’observent un peu partout en Europe à la même époque113. Le règlement général sur le service médical des hôpitaux et hospices de Bruxelles en 1890 constitue un point d’orgue qui vient confirmer et fixer les tendances du siècle en termes organisationnels114.

    48À Bruxelles, c’est le Conseil qui nomme et révoque, sous l’approbation du conseil communal, tout le personnel des hospices et hôpitaux de l’assistance publique de la ville. Les mandats sont fixés en 1850 à cinq ans, renouvelables deux fois115. Au début du siècle, la fonction de médecin fait ou non déjà l’objet d’un traitement et le montant de celui-ci semble alors défini selon les hospices. L’hospice de l’Infirmerie, par exemple, rémunère dès l’origine ses praticiens, qui bénéficient d’ailleurs en 1831 des appointements les plus élevés juste après le directeur116. Exercée, quant à elle, gratuitement au début du siècle, la fonction de médecin à l’hospice Pachéco ne devient l’objet d’un traitement qu’à la fin des années 1840117. Considéré alors comme « peu de chose118 », il s’élève annuellement à 360 francs en 1846. Aux Hospices-Réunis, à la population plus nombreuse, une rémunération est déjà présente au milieu des années 1830 et le médecin Georges alors en fonction obtient une augmentation au début des années 1840 avançant la difficulté du service du fait des chambres individuelles des pensionnaires et de la fréquence de ses visites, « jusqu’à deux et trois fois par jour119 ». Dans la deuxième moitié du siècle, l’hospice de l’Infirmerie voit ses médecins assimilés au traitement des chefs de service qui se standardise au sein de l’assistance publique pour s’élever à 1000 francs. Il augmente ensuite à 1200 francs au milieu des années 1870 afin d’être mis au niveau de celui des médecins des pauvres120. Cela étant, des hospices comme Pachéco et Réunis constituent une activité professionnelle beaucoup moins importante qui est souvent exercée, pour un traitement moins important, en même temps que plusieurs autres fonctions121.

    49Dans les hospices, le nombre de praticiens varie selon les différents types d’établissements. D’un côté, tous les hospices à destination de pensionnaires valides connaissent une présence limitée d’un ou deux médecins. De l’autre, l’hospice de l’Infirmerie constitue l’établissement le plus médicalisé en termes de personnel formé et spécialisé, d’instruments et d’espaces destinés à la médecine. Qui plus est, suivant les réformes au sein des hôpitaux de la ville, la dimension médicale au sein de cet hospice se renforce dans la deuxième moitié du siècle122. Le personnel médical s’étoffe et se compose en 1890 de chefs de service, médecins adjoints et élèves internes et externes. À l’inverse, les hospices Pachéco et Réunis connaissent une réduction de leur personnel médical dans la deuxième moitié du siècle lorsque les fonctions de médecin et de chirurgien sont réunies dans les mains d’un seul praticien123.

    Tableau 11. – Liste de médecins ayant travaillé dans différents établissements de l’assistance publique.

    Noms

    Fonctions

    Date

    Casse Joseph (1841-1915)

    Médecin des pauvres

    1867-1870

    Médecin à l’Infirmerie

    1875-1880

    Médecin à l’hôpital Saint-Pierre

    1881-1885

    Médecin à Middelkerke*

    s. d.

    Coppez Jean-Baptiste (1840-1930)

    Médecin à l’Infirmerie

    1871-1880

    Enseignement à l’université**

    1872-…

    Médecin à l’hôpital Saint-Jean

    s. d.

    Crocq Jean (1824-1898)

    Médecin des pauvres

    1848-1851

    Enseignement à l’université

    1849-1885

    Chirurgien à l’Infirmerie

    1855

    Médecin à Saint-Pierre

    1860

    Médecin à Saint-Jean

    1861-1865

    Médecin à Saint-Pierre

    1866-1870

    Médecin à Saint-Jean

    1871-1885

    Desmet Édouard (1842-1925)

    Médecin des pauvres

    1866-1869

    Enseignement à l’université

    1874-1902

    Médecin aux Réunis

    1871-1885

    Chirurgien adjoint à Saint-Pierre

    1871-1883

    Desmeth Joseph (1826-1903)

    Médecin des pauvres

    1872-1873

    Aide clinique à Saint-Pierre

    1873-1877

    Enseignement à l’université

    1874-1899

    Médecin à Pachéco

    1879-1880

    Médecin à l’Infirmerie

    1881-1885

    Guillery Hyppolite (1822-1911)

    Enseignement à l’université

    1849-1894

    Chirurgien à l’Infirmerie

    1861-1865

    Chirurgien à Saint-Pierre

    1861-1865

    Chirurgien à Saint-Jean

    1866-1870

    Chirurgien à Saint-Pierre

    1871-1885

    Houzé Émile (1848-1921)

    Médecin des pauvres

    1875-1877

    Médecin à l’Infirmerie

    1878-1885

    Enseignement à l’université

    1883-…

    Médecin à Saint-Jean

    1886-…

    Kufferath Édouard (1853-1909)

    Médecin des pauvres

    1877-1879

    Aide clinique à Saint-Pierre

    1880-1881

    Enseignement à l’université

    1880-…

    Médecin à la maternité***

    1881-…

    Médecin à Pachéco

    1881-1885

    Lequime Joseph (1802-1886)

    Médecin à Pachéco

    1836-…

    Médecin à Sainte-Gertrude

    1843-…

    Médecin aux Ursulines

    1843-…

    Médecin à l’Infirmerie

    1843-…

    Enseignement à l’université

    1843-…

    Médecin à l’hôpital Saint-Jean

    1844-…

    Max Henri

    Médecin des pauvres

    1865-1868

    Médecin à Pachéco

    1871-1880

    Médecin des pauvres

    1876-1885

    Pigeolet Arsène (1814-1902)

    Médecin des pauvres

    1842-1847

    Médecin à Pachéco

    1843-…

    Enseignement à l’université

    1850-…

    Rommelaere Guillaume (1836-1916)

    Médecin des pauvres

    1867-1869

    Médecin à l’Infirmerie

    1867-1870

    Enseignement à l’université

    1869-1908

    Médecin à Saint-Pierre

    1871-1885

    Sacré Joseph (1829-1915)

    Médecin des pauvres

    1858-1862

    Chirurgien à l’Infirmerie

    1858-1885

    Enseignement à l’université

    1868-1904

    Spehl Émile (1854-1947)

    Enseignement à l’université

    1886-…

    Médecin à l’Infirmerie

    1886-1891

    Médecin à Saint-Pierre

    1891-1901

    Stiénon Léon (1850-1945)

    Médecin des pauvres

    1874-1877

    Aide clinique à Saint-Pierre

    1877-1879

    Enseignement à l’université

    1877-…

    Médecin à Pachéco

    1881-1885

    Médecin à l’Infirmerie

    1881-1885

    Uytterhoeven Victor (1801-1873)

    Médecin à l’Infirmerie

    1845-1856

    Enseignement à l’université

    1845-…

    Van Volxem Toby

    Médecin des pauvres

    1858-1861

    Chirurgien à l’Infirmerie

    1863-1875

    Chirurgien à Saint-Jean

    1866-1870

    Chirurgien à Saint-Pierre

    1871-1885

    Vleminckx Victor

    Médecin des pauvres

    1861-1862

    Médecin à l’hospice des orphelins

    1861-1870

    Médecins aux Réunis

    1866-1870

    Médecin à l’Infirmerie

    1871-1875

    Médecin à Saint-Jean

    1871-1885

    * L’hôpital maritime Roger de Grimberghe à Middelkerke est construit en 1884 par le Conseil général des hospices et secours de Bruxelles avec le soutien financier du philanthrope Roger de Grimberghe afin d’y accueillir les enfants rachitiques ou scrofuleux de la capitale. L’hôpital maritime Roger de Grimberghe à Middelkerke, Brugge, Honimont, 1888.
    ** L’Université libre de Bruxelles est fondée en 1834 à l’initiative des milieux libéraux et de la franc-maçonnerie. Elle est la seule université de la ville de Bruxelles et est étroitement liée au Conseil général des hospices et secours concernant l’enseignement de la médecine. Université libre de Bruxelles [http://www.ulb.ac.be/ulb/presentation/hist.html (erreur en 2025), consulté le 15 décembre 2016.
    *** Sur l’histoire de la maternité : Leroy François et Deroover Jacques, « L’évolution des institutions hospitalières bruxelloises et l’individualisation progressive des services d’obstétrique », Revue médicale Bruxelles, no 28, 2007, p. 61-67.
    La plupart des informations proviennent du travail de Renaud Bardez. Bardez Renaud, La Faculté de…, op. cit., p. 393 et p. 400-423.

    50Il est intéressant de noter que le monde des médecins de l’assistance publique bruxelloise reste réduit. Ce sont les mêmes candidats qui se proposent pour les différents postes disponibles. Ainsi les vacances consécutives aux hospices Pachéco et Réunis en 1835 et 1836 entraînent une liste de postulants quasi identique124. Notons, par exemple, la carrière de Joseph Lequime qui passe de Pachéco aux Ursulines et à Sainte-Gertrude, puis par l’hospice de l’Infirmerie avant de finir à l’hôpital Saint-Jean125. Très loin d’être exhaustif, le tableau ci-dessus présente néanmoins une série de médecins ayant exercé dans un ou plusieurs hospices qui nous intéressent. Les mises en parallèle de leurs autres fonctions dans différents établissements ainsi que leur éventuelle pratique de l’enseignement universitaire laissent entrevoir la communauté restreinte d’individus tout comme leur implication scientifique et pédagogique.

    51D’un point de vue de la pratique, cette communauté resserrée se compose de médecins familiarisés avec les populations et l’environnement de l’assistance publique. Ne se limitant pas à un seul établissement, ceux-ci voyagent entre hôpitaux et hospices. Qui plus est, la plupart d’entre eux sont professeurs ou du moins enseignent aux étudiants de l’université. En effet, vu l’organisation hospitalo-centrée de l’apprentissage de la médecine, la fonction de chef de service est bien celle qui donne accès à l’enseignement clinique et qui « concède une position professionnelle supérieure à celle de professeur de l’université126 ». De ce point de vue, il s’agit de l’élite scientifique qui est en charge de soigner les pauvres de la ville. Dès lors, de l’ambition scientifique et carriériste au sentiment d’humanité, les motivations sont plurielles et le soin du patient n’est pas toujours la première.

    Points de rencontre

    La visite médicale

    52Parmi les fonctions des médecins dans les hospices, la visite médicale est la principale. Il s’agit d’un moment où se rencontrent en chair et en os les médecins et les pensionnaires. Dans les hospices pour valides, la visite médicale est quotidienne mais se limite à soigner des affections sans gravité, maladies ponctuelles même si courantes pour des corps fragilisés par l’âge. Pour les Réunis, certains documents précisent la durée des visites au début du xxe siècle. Le médecin reste à l’hospice entre dix et vingt minutes127. Même limité au nombre restreint des pensionnaires malades, le temps accordé à ces visites raconte à lui seul la présence, ou plutôt l’absence, des médecins dans ces hospices. Cette visite se déroule dans les infirmeries pour les refuges Sainte-Gertrude et des Ursulines où sont installés les pensionnaires malades de ces établissements. À Pachéco et aux Réunis, en revanche, les médecins se rendent dans les chambres des pensionnaires pendant la plus grande partie du xixe siècle. Aucun espace spécifique n’y est pensé pour accueillir la maladie des pensionnaires et l’acte médical de consultation du médecin. Toutefois, la ténuité de la présence médicale dans les hospices pour valides n’empêche pas qu’elle soit obligatoire et constante. Prévus dans les règlements, les cas d’absence des médecins sont réglementés et soumis à l’approbation du Conseil. Le remplacement par un collègue est obligatoire et systématiquement mis en place entre les établissements afin d’assurer la présence d’un médecin et la possibilité de celle-ci en dehors des horaires de visites dans les cas sérieux. Le manquement à ce service ne reste pas sans effet. En 1853 et 1875, il entraîne d’ailleurs l’interpellation de deux médecins à l’hospice Pachéco. Ceux-ci sont invités à s’expliquer sur les motifs de leur absence non justifiée128. Sans porter à conséquence, la quotidienneté de leur tâche leur est rappelée, même le dimanche, alors même que « l’état de santé d’aucune dame de l’hospice ne réclamait [de] soins129 ».

    53À l’hospice de l’Infirmerie, les prescriptions réglementaires à propos des fonctions du personnel sont beaucoup plus détaillées. La visite médicale doit être quotidienne, matinale et effectuée par les chefs de service, les maladies internes revenant au médecin et les cas chirurgicaux au chirurgien. La visite dure « le temps nécessaire pour que chaque malade soit soigneusement examiné et traité, suivant la double exigence de son état de maladie et de l’enseignement clinique à donner aux élèves130 ». Une division des tâches très claire de l’intervention médicale s’opère ensuite : aux spécialistes, la prise de décision par le diagnostic et les prescriptions ; à l’élève interne la coordination des soins et la gestion des informations concernant les malades ; aux pharmaciens la préparation des médicaments ; et finalement, au personnel subalterne l’application de soins et des régimes prescrits.

    Juge et expert au quotidien

    54Au-delà de la visite médicale, l’intervention et l’autorité des médecins s’observent à différents endroits de l’expérience des vieillards. En amont déjà, l’intervention d’un médecin, qui n’est pas toujours celui de l’établissement, est déterminante dans l’accès aux établissements. À l’hospice de l’Infirmerie, par la certification d’infirmités mais à l’inverse, dans les autres, par la confirmation de leur absence.

    55Plus avant, la qualité d’expert du médecin – dont la reconnaissance et la valorisation vont croissant au fil du xixe siècle131 – élargit ses domaines d’intervention. De la nourriture au modèle de lits, l’expertise médicale est sollicitée pour de nombreux sujets. Et si l’application et l’impact de ces appréciations sont difficiles à mesurer, la dimension médicale gagne certainement du terrain face aux dimensions économiques et sociales qui déterminent la prise de décision des établissements d’assistance du xixe siècle.

    56Par ailleurs, le pouvoir de catégorisation et de placement qui revient aux médecins influe grandement sur le déroulement des séjours des pensionnaires. En effet, se retrouver au quartier des gâteux ou à l’infirmerie ne constitue pas la même expérience de l’hospice. Du diagnostic à la catégorisation, les décisions des médecins portent comme conséquence la possibilité d’une « expérience de relégation132 » pour les pensionnaires. Relégation qui se joue à l’intérieur de l’établissement dans des espaces et conditions spécifiques, mais aussi dans les rapports à l’extérieur qui s’amoindrissent avec l’état maladif133.

    « Hors d’état de vaquer aux soins de son ménage » ou le transfert des pensionnaires

    57Plus spécifique au cas bruxellois, la pratique du transfert des établissements pour valides vers l’hospice de l’Infirmerie en cas d’incurabilité ou d’infirmité définitives illustre de manière éclairante une expérience de relégation dans laquelle le rôle du médecin est incontournable. En effet, le transfert d’établissement entraîne pour le médecin la responsabilité d’un changement radical de l’expérience des pensionnaires. Ce passage du statut de valide à invalide s’accompagne, en effet, d’un déménagement, bouleversement de lieux et des habitudes. Entre 24 heures et plusieurs mois, le temps qui s’écoule entre le transfert et la mort varie grandement selon les cas. Les périodes plus longues impliquent alors d’adapter l’ensemble des habitudes à un nouvel environnement. Plus profondément, mais sans que cela ne puisse se lire dans les archives, le changement de statut via le transfert devient le marqueur de la dégradation physique et/ou mentale des pensionnaires concernés. Annonciateur de la mort prochaine, l’avis « Hors d’état de vaquer aux soins de son ménage134 » fait du médecin son auteur.

    58Cette pratique du transfert place le médecin dans une position difficile, au croisement de volontés contraires : celle de l’administration et celle des pensionnaires des hospices pour valides. En effet, tout au long du siècle, les soucis d’économie par la limitation du personnel soignant dans les établissements autres que l’hospice de l’Infirmerie font préconiser à l’administration la pratique du transfert135. Mais celle-ci se heurte au désir des pensionnaires pour qui mourir « dans leur lit » entouré de leurs habitudes et de leurs objets familiers constitue le souhait le plus cher136. La résolution de cette opposition est alors laissée aux médecins. Conservée six mois à l’hospice Pachéco dans un état maladif avant d’y décéder, le cas de la Veuve B. en 1871 éclaire alors l’importance du rôle du médecin dans la possibilité d’atténuer ou non la dégradation physique via l’absence de transfert. En effet, dans le cas de la Veuve B., le médecin Max en fonction pensait avoir « le droit d’agir selon sa conscience, et en tenant compte […] des intérêts des malades137 ». Le règlement d’ailleurs lui laisse penser que des décès peuvent avoir lieu à l’hospice, puisque les formalités à remplir en cas de maladie sérieuse et de décès sont précisées dans le règlement. De plus, il lui apparaît très difficile de statuer sur la gravité de la maladie puisque « à l’âge où sont les pensionnaires de l’hospice Pachéco, le plus souvent ce sont des affections de poitrine, bronchite, pneumonie, etc. déterminées par un refroidissement qui viennent mettre un terme à leur existence ». C’est alors souvent « sous les apparences d’un rhume que s’annonce l’affection qui doit les conduire au tombeau ». Précisément, la Veuve B. s’est trouvée dans ce cas : « prise d’un rhume à la suite d’un froid, [Elle] s’est éteinte doucement avec sa pleine et entière connaissance, sans que rien par parenthèse pût me faire prévoir sa mort pour la veille, plutôt que pour le lendemain ».

    59Dans ce rapport à la mort qu’annoncent maladies et transferts, les médecins jouent donc un rôle clé dans les hospices par les pouvoirs décisionnels qui leur reviennent. Ils participent au premier plan à la gestion mais aussi et surtout, au vécu de celle-ci.

    Médecine d’hospices publics : entre soins et sciences ?

    60Une convention signée en 1834, au moment de la création de l’Université libre de Bruxelles, régit les relations entre le Conseil général des hospices et secours et l’université138. En substance, le premier met à la disposition de la seconde ses établissements d’assistance, « seul espace propice à l’acquisition d’une pratique délicate [et] lieu privilégié de formation de la profession médicale139 ». Le Conseil se réserve toutefois le droit de la nomination des professeurs : seuls les médecins chefs de service, dont la nomination revient au Conseil, pourront devenir professeur de clinique140. Si velléité scientifique et impératif social s’opposent tout d’abord souvent dans les visées des organismes dont les objectifs diffèrent, la fin de la deuxième moitié du xixe siècle voit s’affirmer, aux yeux de tous, l’importance de la science et de son enseignement dans les établissements hospitaliers. Dans cette configuration, les hôpitaux mais aussi, dans une moindre mesure, les hospices sont donc les lieux où s’enseigne et s’élabore la science médicale, dans sa recherche fondamentale comme dans sa portée thérapeutique.

    61La dimension scientifique de la pratique des médecins au sein des hospices apparaît alors comme un paramètre important de la relation des médecins aux pensionnaires. De ce point de vue, la position des médecins à l’hospice revêt cependant un caractère ambigu. Scientifiquement, elle permet l’observation jusqu’à la mort de maladies chroniques, ce que l’hôpital, par exemple, permet moins141. À Paris, les hospices de l’assistance publique sont très clairement le terrain de l’élaboration d’une médecine spécifique aux vieillards avec en tête Jean Martin Charcot142. Cependant, les maladies des vieillards et par extension les soins à leur accorder présentent la plupart du temps peu d’intérêt scientifique pour les médecins. Affections simples qui revêtent un caractère mortel au regard de la fragilité des corps des vieux pensionnaires, les maladies et leur traitement ne leur offrent guère de perspectives143. Leur position leur apparaît moins stimulante scientifiquement et professionnellement que celles des hôpitaux publics. Elle va jusqu’à représenter un exil social et professionnel sous la plume du médecin Alfred Lebrun, chirurgien à l’hospice de l’Infirmerie à la fin des années 1880. Il y dénonce l’impossibilité de la science : « L’hospice est un exil que l’on supporte dans l’espoir plus ou moins rapproché de la vie meilleure des hôpitaux, où jadis l’on se consolait par plusieurs intérimats dans la chirurgie active ; […] C’est pour moi l’exil complet, c’est me condamner à une inertie de douze mois par an144 ». D’autant plus qu’une logique administrative et organisationnelle, propre au paysage hospitalier bruxellois, semble faire obstacle au projet scientifique des médecins au sein de l’hospice de l’Infirmerie. Dès les années 1860, des demandes de matériel scientifique et d’autorisation pour des expériences et des observations attestent en effet de la volonté de certains médecins d’intégrer une démarche scientifique à leur pratique de soins145. Mais alors que l’hospice de l’Infirmerie constituait le troisième pôle d’un triangle d’établissements hospitaliers dans la première moitié du siècle aux côtés des deux hôpitaux Saint-Pierre et Saint-Jean et qu’il continue d’être associé à ceux-ci pour un grand nombre de décisions, une sorte de démédicalisation prend forme à la fin du xixe siècle. Les interventions chirurgicales, notamment, sont délocalisées dans les hôpitaux et les refus aux demandes des médecins de l’Infirmerie d’opérer se justifient par le fait que l’hospice n’a pas vocation à devenir un hôpital146. Dans le cas de l’Infirmerie, l’aube du xxe siècle amorce une évolution inédite : l’éloignement du modèle de l’hôpital et la démédicalisation de l’hospice au profit des hôpitaux. L’exemple du microscope illustre particulièrement bien l’évolution ambiguë de l’hospice de l’Infirmerie dans le développement scientifique et médical de l’époque.

    La médicalisation de l’hospice de l’Infirmerie au microscope…

    62La médecine européenne du xixe siècle connaît le développement d’une panoplie d’instruments qui viennent préciser les diagnostics mais aussi modifier la manière de les poser. Parmi ceux-ci, le microscope est celui dont les conséquences sont les plus importantes en ce qu’il permet l’histopathologie et l’avènement d’une médecine moderne où l’observation scientifique se situe au niveau le plus infime, les cellules147. Dans une certaine mesure, la volonté de médicalisation (et de démédicalisation) de l’hospice de l’Infirmerie peut se lire à travers la présence de cet objet aux implications multiples. À Bruxelles, la présence et la pratique du microscope mettent longtemps à entrer dans l’enseignement des étudiants en médecine148. Introduit par un professeur allemand, Gottlieb Gluge, dès les années 1840, l’objet rare et onéreux reste encore pour une vingtaine d’années le seul des établissements de l’assistance publique. Principalement, le manque de ressources financières empêche la démocratisation de cet instrument. Cependant, le « succès » du microscope entraîne une démocratisation et une généralisation au cours des années 1860-1870 à l’initiative notamment des médecins Paul Héger et Guillaume Rommelaere149.

    63À l’hospice de l’Infirmerie, c’est le médecin Jules d’Udekem qui en demande l’acquisition en 1863. Il avance l’indispensabilité du microscope dans un service d’incurables étant donné que « les cancer maladie si commune dans mon service ne peuvent se diagnostiquer sans le secours de cet instrument150 ». Devant l’importance de l’outil, l’achat aux frais de l’établissement est accordé alors même que depuis 1850, « les chirurgiens employés dans les établissements de l’administration ont à se pourvoir et à entretenir à leurs frais les instruments nécessaires à l’exercice de leur art151 ». Le Conseil en acquiert un deuxième sans que ces frais supplémentaires n’entraînent davantage de discussions face à l’impossibilité des deux chefs de service de s’entendre sur le partage de l’instrument152. L’apparition du microscope au début des années 1860 à l’hospice de l’Infirmerie ne semble donc pas tardive au regard du contexte bruxellois, signe que l’hospice se dote « à temps » du matériel nécessaire à l’exercice de la médecine moderne de son époque. Qui plus est, la possibilité pour le chirurgien d’en détenir un second dans les années 1880 atteste de la possibilité du développement d’une médecine expérimentale basée sur la recherche et l’analyse.

    64Cependant, moins de vingt ans plus tard, la situation semble complètement s’inverser. En effet, en 1903, le médecin en fonction formule une nouvelle demande pour le service de chirurgie dans lequel, depuis 1891, il ne se trouve plus de microscope. Mais celle-ci est alors catégoriquement refusée : « l’Infirmerie est un hospice et le conseil n’entend pas le transformer en hôpital153 ». Symbole de la médicalisation, le microscope se limite à un ustensile unique à l’hospice de l’Infirmerie au tournant des xixe et xxe siècles. Par là, un écart grandit entre établissements à vocation et moyens thérapeutiques différenciés.

    Post-mortem, enjeux scientifiques des cadavres des vieux pensionnaires ?

    65Largement décrite ailleurs154, l’importance des cadavres, de leur autopsie et ou de leur dissection dans le développement de l’anatomie-pathologique est un phénomène européen des hôpitaux publics au xixe siècle. De même, la condition d’indigence et le « contrat d’assistance » – abandonner son cadavre contre une prise en charge – qu’elle implique pour les populations pauvres s’observe aussi dans tous les établissements de l’assistance publique bruxelloise. Dans le cadre des hospices bruxellois, cette question du « corps vil155 » des pensionnaires participe à la relation des pensionnaires aux médecins dans un décor post-mortem. Celle-ci prend alors la forme de l’autopsie et de la dissection.

    66À Bruxelles, l’organisation d’un service d’autopsie date de 1878. Avant cela, les autopsies et les dissections étaient pratiquées aléatoirement par les chefs de service156. En 1878, par contre, les procédés se détaillent et se régularisent. Dans un premier temps, les autopsies et les dissections ne peuvent se pratiquer que sur les corps non réclamés. Toutefois, devant le manque de « matériel scientifique » à disposition des médecins et de leurs enseignements, la réclamation des corps doit respecter deux conditions. Elle doit avoir lieu dans un délai de 24 heures suivant le décès et être appuyée du payement par la famille des frais d’inhumation, c’est-à-dire du cercueil, du transport en corbillard et de la fosse157. Dans cette logique, la non-réclamation des corps ne consiste pas en un abandon ou une absence des familles mais bien en leur incapacité à payer et se révèle, dans le milieu de l’assistance publique, largement répandue158. Ainsi, un corps « non réclamé » implique un examen post-mortem pour définir les causes du décès mais aussi, bien que moins systématique, de servir comme matériel aux cours universitaires et en dernière instance pour les dissections. En effet, malgré la volonté de distinguer clairement autopsie (examen post-mortem pour définir les causes de la mort) et dissection (examen post-mortem pour une meilleure connaissance de l’anatomie impliquant la dissection du corps) dans le but de faire accepter la première par une population réticente aux manipulations des dépouilles, les mêmes règles semblent s’appliquer jusqu’en 1890 aux deux opérations. Ce faisant, ce devenir de corps se révèle majoritaire et concerne, entre beaucoup d’autres, les vieux pensionnaires. Toutefois, en 1890, les pratiques évoluent pour Bruxelles. Concernant la dissection, la famille au premier degré peut l’empêcher en formulant une réclamation sans pour autant se voir charger des frais d’inhumation. Dans un même mouvement, l’autopsie présentée comme « “plus humaine” [et] respectueuse de l’individualité du défunt et du sentiment des proches159 » se voit, quant à elle, appliquée à tout le monde, payants ou non160.

    67Dans ce dispositif institutionnel, le devenir du corps mort des vieux pensionnaires bruxellois revêt quelques particularités. Contrairement à ce qui est proposé dans le projet d’organisation en 1878, aucun service n’est mis en place à l’hospice de l’Infirmerie et ce malgré « des pièces du plus haut intérêt161 » qui peuvent s’y retrouver. Alors même que se pratiquent des autopsies avant cette date, les cadavres de l’hospice sont désormais systématiquement envoyés à l’amphithéâtre de l’hôpital Saint-Jean, seul établissement avec l’hôpital Saint-Pierre à être doté d’un tel service162. Le trajet des dépouilles s’effectue de leur lit au dépôt mortuaire de l’établissement et de ce dernier à « l’amphithéâtre » de l’hôpital Saint-Jean avant de pouvoir atteindre le cimetière163. Dans le rapport d’activités du service d’autopsie de l’année 1878-1879, le docteur en charge détaille la provenance des corps de l’amphithéâtre de l’hôpital Saint-Jean164. Sur 1 116 cadavres, 580 autopsies sont pratiquées. Il est impossible de savoir combien des 88 corps provenant de l’hospice de l’Infirmerie ce total concerne. Cependant, le nombre des décès à l’hospice de ces deux années, s’élevant à 125 individus, rend quasi systématique le détour par l’amphithéâtre Saint-Jean où elles se pratiquent. Le devenir des corps pour les quatre autres établissements de vieillards est beaucoup moins facilement traçable. Mais dans la mesure où une part importante des pensionnaires de tous les hospices décède à l’Infirmerie suite aux transferts entre établissements, il est fort possible que cette destination ait concerné la plupart des vieillards hospiciés.

    68L’article 5 du règlement du service d’autopsie de 1878 assure à n’importe quel chef de service le droit de pouvoir assister à l’autopsie du « malade mort dans son service165 ». Mais « malgré l’obligeance [du] chef de service des autopsies166 », le médecin Stiénon en fonction en 1881 expose l’impossibilité pour les médecins de l’hospice de l’Infirmerie d’assister à l’opération. De même, le temps que prend le transport des cadavres d’un établissement à l’autre entraîne une dégradation si importante des dépouilles de l’Infirmerie « que l’on perd son temps à vouloir retrouver dans des tissus en putréfaction, les modifications pathologiques qui l’intéressent167 ». À ce double titre, le devenir post-mortem dans le cadre de l’hospice apparaît de peu d’intérêt pendant une partie significative du siècle. La réfection du dépôt mortuaire en 1909 annonce l’amorce d’un changement168. À plus de vingt ans de distance, les arguments du docteur Vince alors en fonction sont les mêmes que ceux de Stiénon. À ceci près qu’ils sont entendus : la création d’une salle d’autopsie voit finalement le jour à l’hospice de l’Infirmerie.

    La médecine des pensionnaires

    69Du côté des pensionnaires, l’intervention médicale apparaît tout d’abord hautement significative en termes d’expérience corporelle. En effet, la rencontre entre médecin et pensionnaire agit sur deux niveaux. Premièrement, elle expose le corps des vieillards à la vue des praticiens169. Deuxièmement, elle peut déboucher sur des traitements directement axés sur le corps, que ce soit par la prise de substances ou la mise en place d’appareillages corporels tels que béquilles, prothèses, bandages, pessaires170, etc.171.

    70Acceptée dans le but de la guérison – ou du moins d’une amélioration – cette intervention quand elle dépasse ce cadre est alors l’objet de plaintes, à l’image de Mme B., pensionnaire de Pachéco en 1901. Celle-ci expose combien « 4 à 5 messieurs… [font] émoi chez des femmes déjà faibles ou fièvreuses et [empêchent] souvent la lucidité des réponses et même l’énoncé des souffrances, car, si vieilles qu’elle soient il reste toujours chez la femme un sentiment de pudeur qui proteste devant une exibition plus ou moins publique172 ! » Doublée de la question du genre (une seule vieille femme face à plusieurs hommes médecins), cette situation porte cependant en elle la question de la désincarnation du corps des pensionnaires ou plutôt de l’objectivation de ces corps par l’intervention médicale. La réaction de Mme B. avance alors l’idée que ces mêmes pensionnaires n’abandonnent pas leur corps et protestent pour leur défense. Cette contestation prend plusieurs formes. Tout d’abord, les pensionnaires consultent des praticiens extérieurs à l’établissement. Ce faisant, ils refusent, malgré l’interdiction, l’imposition d’un personnel médical qui ne leur convient pas. C’est le cas de la Veuve S. qui préfère aller se faire soigner chez son fils, « les médecins de l’établissement ne sont pas de son goût173 ». Ou celui de la demoiselle R., qui consulte en 1897 sans autorisation une femme médecin extérieure à l’hospice « ne voulant pas se faire explorer par un homme médecin174 ». Avançant l’argument du genre, elle refuse le toucher masculin des médecins nommés par l’administration. Une autre forme de contestation s’observe dans la confrontation directe avec les médecins. En effet, bien que le médecin Pigeolet, en fonction à Pachéco en 1849, observe que : « le plus grand nombre des affections ont revêtu la forme la plus bénigne, ce que l’on doit surtout attribuer à ce que les Dames […] se sont généralement soumises aux prescriptions de l’art dès le début de leurs maladies175 », soulignant l’attitude coopérative et docile des pensionnaires face à l’examen médical, celui-ci ne se déroule pas toujours sans heurt. Plus que la nécessité d’un espace propre à la maladie, les fréquentes « contestations », adressées par les pensionnaires au médecin, amènent la délimitation d’un espace propre à la visite médicale ainsi que la présence de la directrice pendant les visites aux Hospices-Réunis à partir de 1888176.

    71Il apparaît intéressant de noter que la contestation de l’autorité médicale s’observe principalement chez les plus aisées de l’assistance publique, celle des hospices Pachéco et Réunis177. Plusieurs raisons expliquent cette prépondérance. Parmi les indigents pris en charge par l’assistance publique, elles sont les plus à même au regard de leur statut social de formuler leur mécontentement à travers plaintes et revendications. Par ailleurs, dans ces mêmes hospices, la présence médicale est beaucoup moins développée. L’insatisfaction n’est dès lors pas seulement individuelle, mais peut-être bien structurelle si elle est due à un manque général d’offre de soins des établissements pour valides178.

    72Concernant les pensionnaires des autres hospices à propos desquels il subsiste moins de traces sur ce point, une autre interprétation possible du désintérêt scientifique des médecins se fait jour. Elle consiste en un vécu positif d’une moindre présence médicale : au suivi plus lâche s’accole une liberté plus grande laissée aux pensionnaires, une « sujétion » moins importante du pensionnaire patient face au médecin179. La désorganisation du service médical dénoncée par Stiénon en 1881 présente, en effet, en miroir, la liberté des pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie. Non astreints à une surveillance médicale, ils sont libres de leurs mouvements et de leurs allées et venues :

    « Actuellement il n’existe aucun classement médical des pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie : les malades et les infirmes sont dispersés dans les mêmes salles que les pensionnaires valides. […] Cette dissémination des pensionnaires malades au milieu des valides, présente de nombreux inconvénients, elle a pour effet que beaucoup de malades ne reçoivent pas les soins que leur état exige, que le médecin n’est souvent appelé à combattre des accidents qu’au moment où ceux-ci ont atteint un degré tout-à-fait alarmant, qu’enfin, il est impossible de recueillir chez ces pensionnaires une observation un peu suivie parce qu’ils jouissent de la même liberté que les valides et ne sont aucunement tenus de se trouver dans leurs salles au moment de la visite180. »

    73C’est aussi ce que raconte la description de la visite médicale quelques années plus tard, en 1887 :

    « Chaque fois qu’un pensionnaire quelconque est atteint d’une affection qui ne l’empêche pas de sortir, ou de se promener dans l’établissement, et qu’il désire consulter le médecin, il vient le trouver à l’heure de la visite (annoncée par la sonnerie) dans la salle des malades181. »

    74À la libre disposition des pensionnaires, ceux-ci choisissent de se soumettre ou non à la visite médicale. Celle-ci ne concerne d’ailleurs que les individus malades et ceux-ci, à l’exception de l’hospice de l’Infirmerie, ne constituent pas la majorité de la population des hospices. La décision de se soumettre à la visite médicale, à la vue et au toucher du médecin revient alors dans une certaine mesure aux vieillards eux-mêmes.

    ⁂

    75Dans le contexte particulier des établissements d’assistance publique, parmi lesquels les hospices de vieillards, la relation des pensionnaires aux médecins se décline sous différents aspects. L’organisation institutionnelle bruxelloise en réseau séparant d’abord les invalides des valides et privilégiant ensuite l’hôpital comme lieu d’enseignement et d’attraction scientifique, suggère une relation thérapeutique particulière, biaisée par le peu d’intérêt scientifique que représentent les vieillards et leurs maladies. Car comme le rappelle Valérie Leclercq, à l’encontre d’une vision manichéenne de la médecine opposant médecin puissant face aux patients victimes, si les malades avaient beaucoup à perdre dans la relation patient-médecin, ils avaient également beaucoup à gagner182, gain que ne peuvent espérer les vieillards étant donné la nature de leur affection et la place qui leur est laissée dans la médecine institutionnelle publique bruxelloise.

    76Pour autant, ce désintérêt suggère en même temps une sujétion parfois moins importante des pensionnaires des hospices à l’intervention médicale dans ses dimensions scientifiques et pédagogiques. À leur manière et de leur perspective, parmi lesquelles le statut social apparaît déterminant, les pensionnaires peuvent se montrer acteurs de leurs relations avec les médecins, pouvant contester les méthodes et le personnel imposé des établissements ou pouvant éviter la rencontre en tirant profit de la désorganisation des services.

    77Plus sourdement, la présence de la mort et l’angoisse qu’elle représente apparaissent comme une caractéristique incontournable de la relation des médecins et des pensionnaires d’hospices. Car jusque dans la mort, la relation des pensionnaires aux médecins se poursuit dans l’ultime rencontre imposée de l’autopsie.

    Personnel subalterne

    78À l’instar de leur organisation du personnel médical, les cinq établissements pour vieillards bruxellois organisent différemment leur personnel subalterne183. L’hospice de l’Infirmerie, qui accueille des pensionnaires invalides et par là, incapables d’entretenir eux-mêmes leur quotidien et leur environnement, nécessite une présence domestique beaucoup plus importante que les autres établissements. L’évolution de celle-ci est alors étroitement liée à celles, plus générales, que connaît l’établissement en termes de populations accueillies et d’organisation. Elle suit aussi, de manière plus proche, celles des deux hôpitaux de la capitale. Cela étant, c’est bien dans les décalages qui s’observent entre ces deux entités que se dessinent les spécificités (ou l’absence de spécificités) du personnel de l’Infirmerie. Aux hospices Pachéco et Réunis, un personnel beaucoup plus restreint encadre les pensionnaires qui doivent seules « vaquer aux soins de leur ménage184 ». Des conditions de travail plus favorables semblent aboutir à une plus grande stabilité. Aux deux refuges, il n’y a pas de traces de personnel subalterne. Les tâches des sœurs aux Ursulines se limitent aux fonctions de gestion, ce dont s’acquittent les administrateurs élus au refuge Sainte-Gertrude et le reste semble entièrement confié aux pensionnaires. La possibilité pour ces deux établissements d’accueillir selon les besoins des pensionnaires plus jeunes, précisément dans le but « de faire le service de la maison185 », confirme d’ailleurs cette organisation.

    79Les différences entre ces trois configurations entraînent de facto des particularités propres dans les relations qui en découlent entre les gens de peine et les pensionnaires : dépendance et répulsion, souvenirs des oppositions de classe, hiérarchisation interne… Malgré les différences qui éloignent les groupes, la question d’une sujétion partagée entre les murs des établissements paraît toutefois rapprocher ce petit peuple des hospices.

    Gens de peine : l’hospice de l’Infirmerie

    Profil de domestiques

    80Tout d’abord, il est possible d’observer une grande stabilité dans la partition hommes/femmes à l’hospice de l’Infirmerie, entre 1831 et 1906, Le personnel domestique se compose, sur l’ensemble de la période, pour deux tiers de femmes et pour un tiers d’hommes186.

    81Entre 1894 et 1898, des archives plus détaillées rendent compte d’une grande majorité d’individus âgés de moins de 30 ans187. La moyenne d’âge s’élève alors à 27 ans, mais le plus grand contingent se situe entre 20 et 24 ans. Plus globalement, la jeunesse semble caractériser le personnel de l’Infirmerie comme celui des deux hôpitaux sur l’ensemble du siècle188.

    82À la fin du siècle toujours, les lieux de naissance témoignent de l’écrasante majorité de l’origine provinciale des domestiques. L’importance de la Flandre, et tout particulièrement de la Flandre orientale, comme région pourvoyeuse en personnel domestique de l’Infirmerie est à souligner. Là encore, les chiffres de la fin du siècle la révèlent mais il s’agit d’une caractéristique propre à tout le xixe siècle. En effet, la crise économique que connaît la Flandre dans la première moitié du siècle pousse de nombreuses personnes à rechercher dans les villes un emploi pour subsister et les conséquences se mesurent à très long terme jusqu’à la fin du siècle.

    83De ce fait, la plupart des domestiques ne sont pas formés aux spécificités que requiert un établissement de prise en charge et ne détiennent d’ailleurs aucune formation. Il s’agit, pour l’essentiel, de ruraux poussés par les crises économiques à sortir de leur campagne189. Mais des grandes infrastructures comme l’hospice de l’Infirmerie ou les deux hôpitaux qui nécessitent un nombre très important de personnel, ne peuvent se permettre un tri trop sélectif.

    Tableau 12. – Âge des domestiques lors de leur entrée à l’hospice de l’Infirmerie [N = 160] (1894-1898).

    ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1894-1918) [hors inventaire], « Infirmerie », Mutations survenues dans le personnel domestique, 1894 et 1898.

    Tableau 13. – Lieux de naissance des domestiques de l’hospice de l’Infirmerie [N = 160] (1894-1898).

    ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements [hors inventaire], « Infirmerie », Mutations survenues dans le personnel domestique, 1894 et 1898.

    84À noter encore que la plupart d’entre eux sont célibataires, du fait peut-être de leur âge mais surtout de l’obligation d’internat. « À demeure », les domestiques sont logés et nourris sur place et voient leurs sorties réglementées, comme celle des pensionnaires. Le mariage en tant que tel pose d’ailleurs problème, du point de vue des mœurs, à l’administration qui le proscrit. Ce n’est qu’en 1906 que cette condition est officiellement levée190. L’interdiction n’empêche cependant pas quelques exceptions à l’instar des époux M. en 1830. Censés quitter immédiatement l’établissement du fait de leur mariage, le rapport positif du directeur à leur égard leur permet de conserver leur emploi191.

    85Parmi ceux dont la durée de service est connue, il est important de souligner la brièveté du service de la plupart d’entre eux. Au moins 70 % des cas pour lesquels la durée de service est connue ne restent pas plus d’un an à l’hospice.

    86Les avis concernant les départs de ces individus renseignent sur les motifs à l’origine de cette mobilité professionnelle très élevée. Il est intéressant de souligner l’importance du nombre de départs volontaires, à l’initiative des domestiques eux-mêmes. Sur 152 individus, 49 % quittent volontairement l’établissement et 28 % sont renvoyés192.

    87Ainsi si la subordination des domestiques apparaît a priori écrasante, notamment à la lecture des règlements, la possibilité pour ces derniers de quitter du jour au lendemain leur emploi nuance quelque peu leur sujétion hiérarchique au sein de l’établissement. Dans certains cas, les causes de départ des domestiques sont connues193. Ils invitent dès lors à relire une vision trop simpliste d’une domesticité à la merci de ses employeurs. En effet, des cas de mariages ou d’embauche pour un autre métier invitent à penser la marge de manœuvre dont disposent les domestiques. À l’arrivée en ville, l’hospice est utilisé comme un premier emploi, tremplin pour une situation meilleure, qu’elle soit conjugale ou professionnelle194. Mais surtout, les cas de refus de service indiquent la possibilité des domestiques d’exprimer leur mécontentement et de ne pas accepter les conditions de travail imposées. Charlotte M., servante, décide par exemple de quitter son service parce qu’un jour de congé lui est refusé. De même, Guillaume V., domestique, préfère quitter son emploi plutôt que de respecter le mois de consigne qui lui est imposé suite à une punition. C’est encore le cas de trois servantes qui refusent de prendre le service des gâteux pour lequel elles sont désignées195.

    Tableau 14. – Durées de service des domestiques de l’hospice de l’Infirmerie [N = 161] (1894-1898).

    ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1894-1918) [hors inventaire], « Infirmerie », Mutations survenues dans le personnel domestique, 1894 et 1898.

    88Âge, origines géographiques et sociales, absence d’éducation et de formation… En de nombreux points, la domesticité de l’hospice de l’Infirmerie recoupe les traits caractéristiques des domestiques au service de particuliers de la capitale dans ses formes les plus classiques. Seul le contingent masculin se révèle plus important que dans les ménages particuliers où la « bonne à tout faire » se généralise déjà tôt dans le siècle196. Même l’importante mobilité n’est pas une caractéristique propre du personnel subalterne de l’hospice puisqu’elle s’observe aussi de manière récurrente dans les foyers bourgeois197. Pour autant, les tâches à accomplir rendent le service à l’hospice particulier. Si des mêmes gestes se posent, l’aspect collectif de l’entité les diversifie. Le soin aux personnes concentre surtout les particularités que recouvre l’emploi dans un établissement de prise en charge.

    Conditions de travail

    89À l’hospice, la nomination tout comme le renvoi des gens de peine sont laissés au directeur de l’établissement. Sans en référer au Conseil, il peut engager ou renvoyer les individus au service de l’hospice198. À noter, l’évolution qui s’opère à partir de 1860 : les chefs de services de santé peuvent alors aussi demander le renvoi d’un domestique. En cas de désaccord entre ces deux autorités, le Conseil est appelé à trancher. Si l’article souligne l’importance croissante du médecin au sein de l’hospice, il témoigne également d’une double exigence sur la tête des domestiques. L’entretien et le service de l’hospice ne suffisent plus, des compétences d’ordre médical semblent devenir, du moins en théorie, une nécessité dont le médecin est désigné surveillant.

    90En 1831, l’état des employés mentionne une trentaine d’individus composant le personnel domestique. En 1895, il s’élève à une petite quarantaine. Mis en rapport avec le nombre de pensionnaires de ces années-là, ces états laissent paraître une augmentation sensible de l’encadrement au cours du siècle. Mais cette évolution se réalise en dent de scie. Particulièrement réduit à partir de 1885 par mesures d’économie, « le nombre de domestiques attaché à l’établissement n’est plus en rapport avec les soins qu’exige la marche régulière du service199 ». Alors qu’avant 1885, se trouvaient 16 domestiques et 22 servantes, les nécessaires et perpétuelles économies de l’administration réduisent le personnel à 10 domestiques et 22 servantes à partir de cette date200. En 1893, l’augmentation des consultations gratuites et, avec l’ouverture d’un nouveau quartier, l’augmentation du nombre de gâteux et de cancéreux (nécessitant plus de soins tout en ne pouvant rendre des services) obligent le directeur à réclamer plus de personnel. Il obtient à ce moment-là l’engagement de trois nouveaux domestiques.

    91Au niveau de la nourriture, le règlement du service alimentaire de 1877 détaille les menus et moments de repas de l’ensemble du personnel des hôpitaux et hospices. À l’Infirmerie, les domestiques sont ceux qui se lèvent le plus tôt, puisqu’ils déjeunent une première fois à 5 h du matin. Leur journée contient cinq repas : deux déjeuners, un dîner, un goûter et un souper. C’est plus que les autres employés mais la variété de leurs menus est moins riche. Ils ne bénéficient pas de plusieurs viandes ni d’aliments comme le fromage ou les fruits qui se retrouvent aux menus des médecins, pharmaciens et surveillants. La quantité de bière, par contre, est la plus élevée pour les domestiques masculins avec deux litres par jour. Et c’est sans compter les rations supplémentaires d’alcool – bière, vin ou liqueur – qui sont distribuées à certains domestiques, hommes et femmes, au regard de la pénibilité de leur tâche201.

    92Au niveau du logement, il est collectif à l’Infirmerie. Les espaces qui sont réservés aux domestiques déménagent en outre au gré des besoins de places de l’hospice. Dès 1827, un réfectoire commun aux deux sexes mais dont les tables sont séparées est mis à leur disposition202. De même, les domestiques sont logés dans des dortoirs séparés selon les sexes203. Dans les quartiers de pensionnaires nécessitant des soins constants, les domestiques infirmiers logent aux côtés des malades afin de parer à toute éventualité204. En 1877, des mesures sont prises pour que le personnel prenne un bain au moins une fois tous les quinze jours et un système de cartes est mis en place afin de s’assurer que les domestiques se plient bien à la règle. Au-delà de la question de l’hygiène des domestiques se pose en filigrane celle du contrôle dont ils sont l’objet. À ce titre, ils partagent avec les pensionnaires l’expérience d’une surveillance qui se marque sur les corps, jusqu’aux gestes les plus intimes de la toilette205.

    93Les tâches accomplies par ce personnel domestique sont très diverses, ce que ne recouvrent pas systématiquement les vocables génériques sous lesquels ils se trouvent désignés206. Dès lors, la spécialisation est avant tout d’ordre spatial. Attachés à un espace – la cuisine, la buanderie, l’infirmerie ou le pavillon des cancéreux par exemple –, les domestiques doivent y accomplir tout le nécessaire à l’entretien et au bon fonctionnement. Et si ces espaces comprennent des personnes de chair, ces tâches vont de l’entretien de l’espace aux soins des personnes, plus ou moins lourdes selon leurs infirmités ; c’est-à-dire de l’allumage des feux aux lavements des corps immobiles. Particulièrement, – et à l’image de ce que montre, ci-dessous, la plainte de domestiques en 1876 – le service des gâteux et des cancéreux est régulièrement décrit comme la fonction la plus pénible dans le contact sensible qu’il implique :

    « À la salle d’incurables ou de grand matin un domestique est exposer à toute les ordures possibles, attendu que la plus-part de ces malheureux font leurs ordures dans leur lit, ensuite il doit les enlever et placer chaque homme dans sa chaise, le laver et puis netoyer la place et refaire les lits et apres midi remettre tous ce memes hommes dans leurs lits207. »

    94Pire, le voisinage de ces corps en dégradation est perçu comme nuisant à la santé des domestiques. Tout au long du siècle, des plaintes de ceux-ci ou celles relayées par la direction font état des difficultés de la tâche208 auxquelles s’ajoute un service de garde de nuit tous les cinq jours en 1854 et tous les dix jours en 1899209.

    95Le traitement des domestiques se calcule alors de plus en plus à hauteur de la pénibilité de leur travail. Si en 1831, la répartition des salaires reste assez obscure, elle se révèle beaucoup plus lisible à la fin du siècle. Déjà, une série de mesures, commune aux deux hôpitaux et à l’hospice, harmonise les traitements entre les différents établissements mais aussi en comparaison avec les traitements offerts chez les particuliers. En effet, les gages sont fixés le plus bas possible, entre cinq et dix francs de moins par mois que pour les services en ville dans la deuxième moitié du xixe siècle210. Mais face à la pénurie de personnel, l’administration met en place, au cours des années 1860, un système de rétribution prenant en compte l’ancienneté du personnel pour l’inciter à rester. Et face aux réclamations conjointes des trois directeurs, elle accorde une augmentation générale des barèmes211. À partir de 1867, les hommes de peine et infirmiers sont payés au minimum 18 francs et maximum 25 francs par mois. Les femmes de peine et infirmières sont payées au minimum 13 francs et au maximum 20 francs par mois. Les services rendus ponctuellement et en raison de leur pénibilité font par ailleurs tout au long du siècle l’objet de gratifications personnelles. Infirmiers et infirmières des gâteux et des cancéreux ainsi que garçons d’amphithéâtre sont donc parmi les mieux rétribués avec la cuisinière. Une différence de salaire entre homme et femme caractérise la majeure partie du siècle. Mais en 1895, pour la première fois, les femmes sont mises sur pied d’égalité avec les hommes et la différenciation des gages se fait en fonction de tâches accomplies. Les distinctions entre domestiques se déplacent sur la fonction assumée : hommes et femmes de peine se retrouvent moins bien payés que les infirmiers et infirmières, parmi lesquels ceux attachés aux services les plus difficiles sont distingués212. Le personnel, désormais soignant, reçoit au minimum 25 francs et au maximum 40 francs par mois.

    96À noter encore un avantage non négligeable de l’emploi des domestiques au sein des établissements de soin, c’est celui de la gratuité des soins de santé en cas de maladie qui se met en place de manière informelle dès la deuxième moitié du xixe siècle et ensuite plus officiellement à la fin du siècle213.

    Un personnel soignant ?

    97La professionnalisation du métier d’infirmières et d’infirmiers à travers des écoles spécialisées ne se développe en Belgique qu’à partir des années 1880 pour les premières tentatives et 1907 pour un véritable élan professionnel214. Cependant, avant cela, des domestiques revêtent déjà cette appellation et ce dès le début du siècle. Attachés a priori au service des malades et des infirmes, la mixité des tâches à accomplir par ces infirmiers domestiques qui peuvent aussi très bien être de simples hommes et filles de peine, est connue et largement commentée pour la Belgique et ailleurs215.

    98Toutefois, dans le sillage des deux hôpitaux, une série de mesures mineures viennent affiner le recrutement du personnel domestique à l’Infirmerie dans la deuxième moitié du xixe siècle. En 1867, le Conseil demande notamment d’écarter « les domestiques ou servantes étrangers au Pays » et « des sujets sortant de l’un des établissements de l’administration, à moins qu’ils n’aient quitté ces établissements depuis plus d’un an216 ». Cela, afin d’éviter que des sujets inadéquats soient réengagés après un renvoi. Plus encore, dans les années 1890, l’engagement des domestiques est conditionné par la production d’un certificat de bonne conduite, vie et mœurs et par une « enquête officieuse de manière à ce que toute garantie quant à la parfaite honorabilité de la personne217 ». Il est de plus recommandé d’engager des domestiques connaissant aussi bien le français que le flamand218. En 1906, les domestiques sont priés de se soumettre à un examen médical219 et en 1908, les personnes atteintes de tuberculose ou autres maladies contagieuses ne peuvent être admises au sein du personnel domestique. En effet, la prise en charge des soins de santé des personnels de l’administration fait longtemps de l’hospice un lieu de refuge pour des personnes encore capables mais atteintes de maux difficiles à soigner. Dans la même idée, il est demandé aux différentes directions de ne plus user des appellations « d’homme et fille de peine » mais bien « d’homme et fille de service220 », mince tentative de transformation symbolique des choses par leur nom.

    99Pour autant, la décision en 1895 de ne pas élever à 30 francs les gages minimums des domestiques infirmiers et infirmières de l’hospice – mais bien d’égaliser hommes et femmes à 25 francs –, exclut toute possibilité d’engager un personnel formé. En effet, les élèves diplômés de la seule formation alors disponible – l’école professionnelle des Infirmiers et Infirmières laïques221 – « ne peuvent se placer que dans les établissements où il leur est accordé un gage minimum de 30 f. par mois222 ». Si la question est épineuse au sein des hôpitaux où la présence des religieuses oppose les opinions politiques autour des problématiques de soins223, l’absence de ces dernières à l’hospice de l’Infirmerie laisse la place à l’accueil de ces nouveaux acteurs. Cependant, aucune trace de débat ni de présence d’un nouveau personnel soignant formé ne s’y retrouve. De même, l’hospice de l’Infirmerie reste en dehors des premières tentatives de formation professionnelle qui se mettent en place au sein même des hôpitaux224. La professionnalisation du personnel domestique de l’hospice semble s’être faite en sourdine des luttes politiques qui trouvent leur écho au sein des hôpitaux, où les enjeux scientifiques, à nouveau, rendent peut-être plus aiguës les questions politiques et morales.

    100Les « infirmières avant les infirmières225 » sont alors pour la plupart « des servantes mal degrossies226 » et des hommes de peine sans aucune éducation qui se voient adresser les mêmes critiques qu’à la domesticité en général : ignorance, ivrognerie, analphabétisme, hygiène et morale douteuses, violence, etc.227. Pourtant, il n’en reste pas moins que ces individus assument, depuis l’origine des établissements, les soins aux personnes. Et ce, d’autant plus dans le contexte de l’hospice de l’Infirmerie où il n’y a pas de sœurs hospitalières. Ainsi, parmi d’autres, une description de deux salles de malades de l’hospice en 1887 détaille les appareils (« Verres à ventouses et scarrifications, Thermomètres, Feuilles d’observations et de température, Seringues à lavement, Ustensiles spéciaux à l’usage des malades, etc.228 ») et médicaments (« Teinture d’iode, Cérat229 et pommades diverses, Potion antispasmodique, Ether, Huile de ricin, Eau purgative (remplaçant l’humyadi), Pilules purgatives, Pilules d’opium, Farine de lin, Farine de moutarde, etc.230 ») desquels l’« infirmière » de la première salle et la « servante » de la seconde se servent avec habileté pour appliquer les ordonnances médicales. En plus de ces gestuelles et connaissances spécifiques, le médecin souligne leur capacité à identifier et renseigner l’évolution des états des malades entre ses visites231. S’il n’en va pas de même pour l’ensemble du personnel, l’apprentissage « sur le tas » peut néanmoins aboutir à la maîtrise d’un savoir satisfaisant pour les exigences médicales de l’époque.

    101Dans les termes, il est alors question de gens de peine ou de personnel subalterne. Filles et hommes de peine sont les expressions qui se retrouvent le plus souvent pour caractériser les personnes concernées. Les termes d’infirmier et infirmière sont utilisés pour désigner, parmi ceux-là, ceux plus spécialement attachés aux services de salles de pensionnaires. À nouveau, de nombreux points ne les éloignent pas de la domesticité classique en ce qui concerne les conditions de travail ; de l’impossible intimité aux difficultés et à la pénibilité des tâches232. Néanmoins, beaucoup d’améliorations se lisent en comparaison de ce qui se passe dans la capitale et la domesticité classique. Avec un temps de retard qui rend l’emploi en son sein moins attractif, l’hospice accuse le coup de la « crise de la domesticité233 » qui agite la société bruxelloise dès la deuxième moitié du xixe siècle. Il est forcé, au final, d’adopter les mêmes conditions que celles proposées dans la ville aux alentours. Notamment l’adoucissement de l’externat, du célibat et l’augmentation des gages sont présentés comme des conditions inévitables sous peine de voir les services désertés par des domestiques qui n’acceptent plus les conditions de travail offertes dans les établissements de soin, à l’hospice de l’Infirmerie et dans les deux hôpitaux.

    Servantes : les hospices Pachéco et Hospices-Réunis

    Profil de servantes

    102Le cas du personnel domestique à Pachéco et aux Réunis contraste autant que celui de leurs pensionnaires avec le modèle de l’hospice de l’Infirmerie. Pour l’essentiel, il n’est question que de femmes pour lesquelles le terme de servante est utilisé sans qu’il pose problème jusqu’à la fin de la période étudiée. Le nombre de ces servantes est relativement stable : entre deux et quatre à Pachéco et sept et neuf aux Réunis. Moins d’archives détaillées nous sont parvenues sur le profil des personnes concernées, mais plusieurs traits caractéristiques sont établis. Tout d’abord, dès la première moitié du siècle, le choix des servantes semble davantage se poser en vertu de qualités requises. Ainsi en 1809, Marie Françoise F. est choisie parmi d’autres candidates pour ses qualités de garde-malade et son expérience antérieure à l’hôpital Saint-Pierre. Entre autres, le directeur souligne ses capacités de « mettre des lavemens, de panser des playes d’appliquer des sangsues &a [etc.]234 ». De même, en 1819, la servante choisie possède plusieurs qualités à savoir : « un caractère heureux, sociable pacifique et bienfaisant […] etre fille ou veuve sans enfants, dans la vigueur de l’age parlant le français et le flamand d’etre de bonne conduite et sachant lire l’Ecriture235 ». Beaucoup plus tard, en 1900, Mélanie B. devient servante à Pachéco après un passage à l’Infirmerie où elle est qualifiée d’« une des meilleures servantes de cet établissement236 » indiquant par là le souci de qualité qui continue d’être encouragé dans cet hospice. Malgré une large part d’inconnu, Inès Moubax observe une provenance bruxelloise et brabançonne majoritaire237, ce qui, dans une certaine mesure, va de pair avec une meilleure éducation que les domestiques flamands238. Un âge plus avancé qu’à l’Infirmerie, entre 30 et 40 ans, semble finalement caractériser les femmes employées239.

    103Concernant la durée de service, tout au long du xixe siècle les servantes à Pachéco et aux Réunis restent longtemps dans les deux hospices et il n’est pas rare de compter en décennies le temps de leur service. Une différence s’observe néanmoins à la fin du siècle entre les deux établissements. En effet, les chiffres retrouvés à Pachéco pour les premières années du xxe siècle indiquent un changement dans les carrières de ces domestiques240. Celles-ci se révèlent beaucoup plus courtes à partir de 1890. La diminution de traitement qui s’opère en 1891 pour les servantes de l’hospice Pachéco semble alors être une explication pertinente.

    Conditions de travail

    104Les servantes de Pachéco et des Réunis sont en effet jusqu’à cette date rétribuées sur un même pied d’égalité. Pour toute la période, en plus de gages mensuels, elles bénéficient, au même titre que les pensionnaires, du logement, du feu et de la lumière. De même, elles doivent pourvoir elles-mêmes à leur nourriture et à leur blanchissage. Elles logent de ce fait, à l’instar des pensionnaires, dans des chambres individuelles qui sont, en revanche, déjà meublées des objets nécessaires à leur coucher et leur nourriture. À Pachéco, en 1875, elles ont par exemple chacune à leur disposition une table, quatre chaises, une commode ou armoire, un réchaud, un poêle et ses accessoires, un chandelier, un matelas, une paillasse, un traversin, un oreiller en plume, une couverture en laine et un crucifix. La situation est à peu de chose près identique aux Réunis241. Leur traitement mensuel suit alors une lente augmentation au fil du siècle de 25 à 35 francs en 1858, de 35 à 40 francs en 1868, de 40 à 45 francs en 1873 et de 45 à 60 francs en 1875242. De même qu’à l’hospice de l’Infirmerie, l’évolution de la domesticité classique et la difficulté de trouver des servantes « convenables243 » sont à chaque fois invoquées par les directions pour obtenir de l’administration les différentes augmentations salariales nécessaires à la bonne tenue de leur service. Mais le déménagement de l’hospice Pachéco dans l’enceinte de l’hospice de l’Infirmerie en 1888 transforme à plus d’un titre le service du premier établissement. Ce voisinage nouveau entraîne la possibilité de faire prendre aux servantes leur nourriture à l’hospice de l’Infirmerie. De ce fait, elles sont assimilées en 1891 au personnel féminin de cet hospice. À partir de ce moment, les nouvelles servantes sont donc engagées pour 20 francs par mois au lieu de 60 francs244. Comme un signe de la précarisation de leur situation, la durée de leur service se réduit pour la plupart à quelques mois et s’accompagne d’une augmentation de femmes employées à la journée pour compléter le service. La longueur du service observée auparavant et sa persistance aux Réunis – à l’instar de celui de la servante Sophie D. qui reste un peu plus de vingt ans entre 1885 et 1906 – supposent, en miroir, des conditions de travail particulièrement favorables pour l’ensemble du siècle dans ces deux établissements. Les gages des servantes dépassent d’ailleurs largement la rétribution reçue par les pensionnaires245.

    105Dans un premier temps jusqu’en 1837, les tâches à accomplir par ces servantes sont triples : soins aux malades et infirmes, entretien et nettoyage, ainsi que surveillance et prévoyance, notamment des biens acquis à l’hospice246. Les soins sont ensuite réduits, à partir de 1837, avec la mise en place du transfert entre établissements. De fait, puisque les pensionnaires infirmes doivent quitter ces deux hospices pour l’hospice de l’Infirmerie, seule la prise en charge de quelques maladies ponctuelles et temporaires revient aux servantes247. Toutefois, en raison du nombre de pensionnaires plus important aux Hospices-Réunis et à la demande du médecin « d’une infirmière connaissant bien son service, et qui soit spécialement affectée à aider les médecin et chirurgien248 », une servante est assignée spécialement à la fonction d’infirmière en 1844. Plus tard, en 1903, c’est une infirmière extérieure qui vient tous les jours ouvrables de 11 h 30 à 12 h 30 pour soigner les pensionnaires249. À Pachéco en revanche, le directeur déplore dès 1843 cette spécialisation suite à laquelle les servantes « ne sont plus que filles de peine chargées de la propreté des corridors, de la chapelle, et de fournir de l’eau aux pensionnaires250 » là où elles étaient aussi infirmières auparavant. La proximité avec l’hospice de l’Infirmerie à la fin du siècle permet à nouveau aux servantes de Pachéco d’assurer les fonctions de soins puisque des dispositions sont prises pour permettre aux pensionnaires de Pachéco de ne pas quitter leur chambre lors de maladies ou d’infirmités251. Pour l’ensemble, ces soins se déclinent en une assistance matérielle – feu, eau, lumière, commissions, nourriture, etc. – et une assistance soignante – application des prescriptions du médecin, veilles de nuit, etc.252.

    106La dimension du nettoyage et de l’entretien à Pachéco et aux Réunis est normalement allégée par la participation des pensionnaires à qui revient l’entretien de leur chambre. Toutefois, comme l’enseigne la description des tâches ménagères à accomplir à Pachéco à la fin du siècle, le travail reste conséquent et la part du travail de nettoyage des pensionnaires semble avoir été reportée sur les servantes. Ainsi, « il y a dans l’établissement 56 chambres de pensionnaires à nettoyer […] dans chaqu’une d’elle il y a 3 portes claires à entretenir : 85 fenêtres à laver plus 7 grandes portes vitrées et 5 petites ; les corridors à l’étage et les escaliers sont en bois blanc, ils doivent donc être récurer toutes les semaines253 ».

    107La troisième dimension de la fonction de servante à Pachéco et aux Réunis consiste à veiller à « la moindre soustraction254 » des objets appartenant aux pensionnaires par leur visiteur ou des pensionnaires elles-mêmes. Ceux-ci revenant à l’hospice et au regard du faste de certains trousseaux des pensionnaires, la tâche en est d’autant plus importante et ce, tout au long de la période étudiée.

    Au service de bourgeoises ?

    108À l’hospice Pachéco, les directeurs de la première moitié du siècle décrivent des relations conflictuelles entre pensionnaires et servantes. En 1819, le directeur Leerse décrit d’une part le service des servantes comme « négligé ou rendu par les infirmieres par prédilection ou par interet, de préférence aux une des Pensionnaires qu’aux autres qui en ont au moins un égal besoin255 ». Et d’autre part, les pensionnaires « s’appuiant sur la qualité de leur naissance et sur celle de Pensionnaire, se comportent envers les Infirmieres d’une maniere à les degouter de leur service en exigeant avec hauteur et sans discretion les soins dont elles sont chargées256 ». Aussi, il expose la nécessité de fixer, dans un règlement encore inexistant, les marges de manœuvre de chacune des deux parties afin de « déterminer le service des Infirmiere […] et contenir les Pensionnaires dans les bornes de la modération et de la discretion qui conviennent à leur état et à la place qu’elles occupent dans cet établissement257 ». Plus de vingt ans après, l’abbé Tiron, directeur entre 1835 et 1851, dresse le même constat. Mais plus particulièrement, il reproche aux pensionnaires de maltraiter le personnel domestique : « Elles sont très difficiles à l’égard des servantes […] les humilient en leur reprochant leur condition servile : langage peu chrétien, indigne même d’une bonne éducation258. »

    109Si postérieurement, la critique n’apparaît plus aussi lisiblement, les pensionnaires de Pachéco conservent néanmoins, au sein de l’assistance publique, un standing qu’aucun autre assisté ne connaît. Par là, les relations au personnel domestique de ces pensionnaires particulières prennent une tournure sociale très différente des autres établissements de prise en charge.

    Monnayer son service

    110L’ensemble du service du personnel domestique, ce qui vaut autant pour l’hospice de l’Infirmerie que pour les hospices Pachéco et Réunis, est normalement compris dans leur traitement. Et tous les règlements de spécifier qu’aucune transaction pécuniaire ne peut avoir lieu entre les différents employés et les pensionnaires259. Mais différentes affaires relayées par les archives signalent que les services domestiques ont aussi pu se monnayer dans les hospices260.

    111En 1868 par exemple, une grande enquête est menée aux Hospices-Réunis261. Elle concerne l’indemnité demandée par le porteur de houille aux pensionnaires pour réaliser le travail pour lequel il est déjà payé par l’administration. Qualifiée d’abus par le Conseil, l’affaire se clôture par le renvoi du porteur de houille et le rappel aux pensionnaires de l’interdiction de donner des pourboires.

    112Toutefois, les domestiques ne bénéficient pas seuls de ces échanges financiers. Autant ces derniers profitent des pensionnaires pour augmenter leur rétribution, autant il est possible d’observer que les pensionnaires profitent eux aussi des domestiques pour accroître leur confort au sein de l’hospice. L’exemple de l’enquête menée à l’hospice Pachéco suite à l’admission de la dame Veuve V. en 1850 illustre la duplicité de ces échanges. Cette dernière se plaint qu’une série de pourboires lui est exigée au moment de son admission. Des explications sont demandées au directeur qui expose alors les usages en cours. Il dément le payement de bienvenue au portier ainsi que celui des 50 centimes mensuels aux servantes pour recevoir tous les matins une cruche d’eau. Mais il reconnaît que moyennant 1,50 franc mensuel, les servantes nettoient tous les huit jours la chambre des pensionnaires et réalisent pour elles quelques commissions à faire dans les environs de l’hospice. Ce service se fait alors pour les pensionnaires « volontairement et d’après leur demande262 ».

    Pensionnaires domestiques : les refuges Sainte-Gertrude et Ursulines

    113Bruxelles à ce sujet ne fait pas figure d’exception puisque le travail des vieux pensionnaires se retrouve notamment en France dans les établissements d’assistance263. Dans le contexte bruxellois, les refuges des Ursulines et de Sainte-Gertrude ont comme particularité de ne reposer que sur leurs pensionnaires pour tous les aspects de leur quotidien. C’est en effet l’entièreté du service collectif qui leur revient dans ces deux hospices, de la cuisine à la lessive en passant par la fonction d’infirmier(e) ou de garde-malade264. Tous les pensionnaires sont concernés à l’exception des plus infirmes ne pouvant plus assumer de tâches. Parmi les plus méritants selon l’administration sont choisis ceux qui assument les fonctions les plus stratégiques de surveillants de dortoirs et de tables, de gardes-malade et de chefs d’ateliers265. Car ceux-là sont chargés, dans leurs attributions respectives, de veiller à l’exécution du règlement notamment en termes d’ordre et de propreté et doivent faire rapport à la direction des éventuelles infractions. Ils sont les relais de l’autorité dans les refuges266. Par ce système d’autogestion des pensionnaires, Sainte-Gertrude et les Ursulines sont alors régulièrement pris pour exemple de bonne gestion et d’économie, l’absence de personnel domestique réduisant notamment le prix de la journée267.

    114Il est à noter que les cas des pensionnaires domestiques ne se limitent pas aux deux refuges, ils se retrouvent aussi à l’hospice de l’Infirmerie. À l’hospice de l’Infirmerie, les tâches sont plus sujettes aux aléas des besoins des différents services. Le panel des travaux effectués par les pensionnaires couvre l’entretien courant comme aux refuges : « Les vieillards les plus valides s’occupent de travaux divers, tels que : menuiserie – plomberie – ferblanterie – peinture – serrurerie – cordonnerie – jardinage – tapisserie – nettoyage – couture. Certains sont chargés des commissions pour le bureau, d’autres sont préposés à la garde des portes d’accès à l’établissement, d’autres encore débitent le bois de chauffage268 ». Mais il s’étend également à des services plus spécifiques à cet hospice comme le service des bains, de massages ou d’infirmerie des gâteux et des cancéreux. En 1910, la plupart des pensionnaires domestiques travaillent quotidiennement au moins cinq heures. Les pensionnaires les mieux rétribués, à raison de 2 francs par semaine, travaillent tous les jours sauf le dimanche. Les autres, rétribués entre 1,25 et 1,75 franc par semaine ne travaillent ni le dimanche ni le jeudi269. Toutefois, cet hospice subit l’évolution de sa population. Plusieurs témoignages de la fin du siècle décrivent la difficulté de trouver des pensionnaires assez valides pour assumer les travaux les plus pénibles270. Plus généralement, la précarité de la santé des vieillards rend instable leur participation, engageant les directeurs à « en profiter immédiatement sous peine, de voir du jour au lendemain, tout le travail interrompu271 ».

    115Travailler dans les hospices en tant que pensionnaire ne signifie pas seulement s’occuper ou poursuivre des gestes connus mais bien « se rendre utile », rendre à l’établissement, dans la mesure de ses forces, la gratuité de son accueil. Matériellement, cela se traduit par une rétribution financière. Infime, elle suffit néanmoins à différencier les travailleurs des autres. À Sainte-Gertrude, les pensionnaires reçoivent ainsi un « supplément de don272 » aux 50 centimes hebdomadaires reçus par tous les pensionnaires. Le montant de ce supplément n’est pas précisé. Seuls les infirmiers et infirmières semblent avoir un statut fixe à raison de 4 francs par mois. À l’Infirmerie, le montant de la rétribution dépend du travail accompli et semble se décider au cas par cas. Ainsi, le pensionnaire assurant le service des massages voit le montant de sa paye augmenter de 2,5 francs à 5 francs par mois en 1893 grâce à l’intercession du médecin Lebrun en raison de la pénibilité de la tâche273. De même, le pensionnaire assigné au service de l’eau chaude, nécessaire aux travaux de nettoyage, travaille de 5 h 30 à 15 h et voit sa rétribution mensuelle augmenter de 8 à 12 francs en 1913274. La différence de traitement entre pensionnaires domestiques et gens de peine n’en reste pas moins très importante, alors même qu’ils exercent les mêmes tâches. En effet, les 4 francs mensuels des infirmiers de Sainte-Gertrude en 1864 se confrontent aux 13 ou 15 francs reçus par les infirmier(e)s non-pensionnaires de l’Infirmerie la même année. Indépendamment de la pénibilité des tâches – probablement plus importante à l’Infirmerie (population plus nombreuse, plus lourdement infirme, etc.) – l’écart qui sépare les deux sommes est énorme275.

    116Moins contrastées, les différences restent aussi importantes au sein de l’hospice de l’Infirmerie. Les pensionnaires reçoivent 15 francs par mois en 1905 pour remplacer le personnel manquant contre 25 francs minimum pour les servantes et domestiques276. Ces rétributions font alors l’objet de contestations et de négociations à la fin de la période. Le fait de travailler n’est pas remis en cause mais bien le montant de la rétribution. À ce titre, il apparaît important de rappeler les inégalités que l’hospice perpétue entre hommes et femmes concernant la répartition des tâches et leur rétribution. Les tricoteuses, par exemple, qui pourvoient l’hospice de l’Infirmerie et celui des enfants assistés en bas et en chaussettes, ne sont pas rémunérées pendant la plus grande partie du siècle. Cette occupation typiquement féminine est finalement rémunérée à hauteur de 15 centimes par bas de femme et de 10 centimes par bas d’homme en 1891277. De même, les lingères sont payées seulement 4,5 francs par mois en 1909 alors que les tailleurs sont payés 6 francs. Leur demande d’augmentation n’aboutit pas, mais elles accèdent au payement de la rétribution les jours de congé comme c’est alors déjà le cas pour tous les ouvriers de l’hospice278.

    117Au-delà de ces différences, la valorisation du travail entraîne pour tous les pensionnaires domestiques une reconnaissance et des avantages au sein de l’établissement. Ces différences de statut sont rendues plus visibles à l’Infirmerie où le travail est moins incontournable que dans les deux refuges. Ainsi, les pensionnaires travailleurs de ce premier établissement connaissent certains traitements de faveur en termes de largesses d’horaire et de possibilités de sortie279. Exercer des métiers particulièrement utiles permet même à deux pensionnaires, respectivement serrurier et forgeron, d’échapper aux punitions, voire à l’exclusion que leur « ivrognerie280 » aurait dû entraîner. Particulièrement en 1887, lors de la crise financière que connaît l’assistance publique281, les pensionnaires méritants et travailleurs sont mis à l’honneur. À côté de l’incurable, secourable à merci, ils incarnent un deuxième idéal de pensionnaire pour l’hospice, au contraire de l’indigent oisif profiteur d’assistance dont l’administration veut se défaire.

    Concierge, un « entre-personnage282 »

    118Chacun des hospices possède son gardien, surveillant du seuil, des entrées et des sorties. Portier ou concierge, ce personnage, indifféremment désigné, est à la croisée du personnel subalterne et administratif. Ainsi, il est nommé, contrairement aux domestiques, directement par le Conseil. Les lettres des postulants aux places vacantes laissent l’impression d’une position recherchée pour ses avantages. En effet, doté d’un logement individuel, feu et lumière compris, le poste de concierge s’accompagne d’un traitement mensuel plus élevé que le reste des gens de peine. Le détail du logement du concierge de l’Infirmerie laisse entrevoir le confort de cette fonction. En 1913, il dispose en tout de 5 pièces : « une place cuisine qui lui sert en même temps de loge, d’une chambre à coucher spacieuse (7 m 30 sur 2 m 80), d’un réduit annexe pour la préparation des repas. Une chambrette au-dessus du logement […] une autre située dans une autre aile du bâtiment ne servirait actuellement qu’au séchage du linge283 ».

    119Mais ne devient pas concierge n’importe qui. Le choix pour ce poste est posé sous conditions plus strictes que les domestiques. Lors du remplacement du concierge en 1864 à l’hospice Pachéco, le portrait du concierge idéal se dessine. Pour bien faire, il doit être de préférence marié, sans enfant mais dont la femme ne travaille pas à l’extérieur, afin qu’elle puisse elle aussi rendre des services à l’hospice. Idéalement, le concierge comme le directeur est double, mari et femme. Le fait de parler les deux langues, flamand et français, est un indéniable avantage. Par ailleurs, ni trop jeunes ni trop vieux, les deux candidats choisis ont 52 et 46 ans et « présente[nt] bien284 ». Les possibilités d’économies supplémentaires grâce à des aptitudes particulières de jardinier ou autre sont encore pour l’administration des avantages à prendre en compte. Si les horaires de travail sont étendus – de l’arrivée aurorale du laitier aux rentrées tardives entre 22 h et minuit – les tâches paraissent, en comparaison des deux hôpitaux publics Saint-Pierre et Saint-Jean, bien moindres à l’hospice de l’Infirmerie et a fortiori dans les autres établissements, plus petits. En effet, dans ce premier, « outre les pensionnaires dont les entrées et les sorties se font paisiblement et régulièrement, sans contrôle nécessaire285 », le personnel externe est plus restreint et les formalités administratives moins fastidieuses que dans les deux hôpitaux.

    120Plus encore que les critères de sélection, les fonctions qui lui reviennent placent le concierge dans un entre-deux. D’une part, il est chargé d’une partie du nettoyage comme c’est le cas à Pachéco où lui reviennent le balayage du vestibule et celui du pourtour extérieur de l’hospice286. Mais d’autre part, le concierge est investi de deux autres fonctions hautement significatives : la surveillance et la communication. Œil et pied des établissements, il regarde et transporte. Aussi bien les personnes que les biens, il doit s’assurer que rien de non autorisé ne rentre ni ne sorte. Par ailleurs, armé de cordon et de sonnette pour la communication interne, il relaye et transporte les informations. Au-delà de l’enceinte de l’hospice, à Pachéco notamment, il fait les commissions du directeur, porte la correspondance ou encore se rend à l’état civil et à l’église pour prévenir des décès de pensionnaires287.

    121À ces titres, le concierge est une figure incontournable de l’hospice et du quotidien des pensionnaires, devant laquelle ceux-ci sont amenés à passer tous les jours ou presque. Plus encore, malgré l’interdiction de ne se livrer à aucun commerce, les concierges sont souvent le centre de transactions diverses288. Boissons, nourriture mais aussi timbres et cartes postales… ils organisent leurs petites affaires. « Vivement sollicité tous les jours par les vieillards de leur donner comme par le passé, du caffé289 » le concierge de l’Infirmerie renseigne sur l’importance de sa distribution avant l’interdiction spécifique de débit de boissons en 1842. Beaucoup plus tard, en 1909, il s’avère que le concierge de Pachéco prépare à certaines dames de l’hospice leur repas de midi et que sa loge « était devenue un petit restaurant290 ». Plus que les abus craints par l’administration, ces échanges monétarisés ou non font du concierge une personne ressource pour les pensionnaires, porteur de facilités et de services.

    ⁂

    122Contrairement à une définition plus classique de la domesticité, une « condition sociale inférieure291 » ne caractérise pas le personnel subalterne des établissements d’assistance publique des individus qu’ils doivent servir. Entre pensionnaires et domestiques des hospices du xixe siècle, une même condition sociale traverse les groupes de ceux qui y travaillent pour subsister et de ceux, qui, ne le pouvant plus, s’y retrouvent pour y finir leur vie. À ce titre et face aux hiérarchies institutionnelles, des mêmes lignes conditionnent ces existences voisines : à demeure, en collectivité, encadrées par une discipline rigoureuse, marquant les esprits autant que les corps, une sujétion partagée les caractérise.

    123Pour autant, les relations entre ces personnages sont marquées par les différentes organisations des établissements. À l’hospice de l’Infirmerie, peu d’éléments les font se rassembler. D’un côté la brièveté du service, la jeunesse des intéressés et des langues parfois différentes, de l’autre la santé précaire, la lourdeur des soins compliquent les possibilités relationnelles. Le service aux plus infirmes, ingrat, se quitte rapidement sans que le traitement plus attractif ne puisse retenir les candidats. Dans les hospices pour valides, la situation est différente. Le service domestique partagé et la vie en commun, particulièrement longue, débouche sur un voisinage d’existences. Les servantes et pensionnaires de Pachéco et des Réunis se révèlent très proches les unes des autres. Et si les pensionnaires de Pachéco veulent se démarquer du lot, les directeurs n’ont de cesse de critiquer leur prétention et leur arrogance. Aux deux refuges, les pensionnaires et les domestiques sont en fait les mêmes personnes. Par là, ce système entraîne les relations entre pensionnaires dans des enjeux de pouvoirs et de hiérarchie puisque la surveillance des autres, et les privilèges qu’elle implique, revient à un nombre réduit de pensionnaires.

    Présences proches

    124Edgar-André Montigny appelait déjà dans les années 1990 à la remise en question de l’hospice comme refuge/mouroir d’une vieillesse abandonnée292. Parmi ses arguments, il soulignait pour le xixe siècle la portion congrue des personnes âgées placées en institution comparée à celles soutenues par leurs familles. De même, il avançait la solitude des vieillesses d’hospices, veufs et veuves sans enfants. Plutôt qu’un abandon des familles, l’hospice se révèle le lieu où se retrouvent ceux qui n’en ont pas ou plus. Plus avant, l’opposition institution/famille ne nous semble pas absolue. Des deux thèses de l’interdépendance des solidarités publiques et familiales, celle du « renforcement » a depuis longtemps supplanté celle du « remplacement » avec l’idée d’une imbrication étroite entre les différentes structures293. Ainsi, si famille et plus largement entourage294 il y a, l’hospice n’est pas synonyme d’abandon295. Il ne constitue pas d’office une rupture fondamentale entre les vieux pensionnaires et leurs proches. D’une part, dans le cas de Bruxelles, la proximité géographique des pensionnaires avec leur ancien lieu d’habitation et leurs familles rend poreuses les frontières de l’hospice296. D’autre part, bien que les pensionnaires des hospices soient pour la plupart veufs ou célibataires, au vu des critères d’admission et des rares listes détaillées retrouvées dans les archives, plusieurs éléments indiquent que les contacts avec leurs entourages se maintiennent au-delà de l’admission à l’hospice.

    125Dans un premier point, il s’agit de rendre visible l’entourage des pensionnaires. D’une part, au travers des sorties et des congés autorisés à ces derniers. En effet, dans le cas de Bruxelles au xixe siècle, les hospices, ancrés dans la ville, permettent aux pensionnaires, pendant leurs heures de sortie, de garder le contact avec leurs proches. Aux hospices Pachéco et Réunis, les pensionnaires peuvent en outre quitter l’établissement pour se rendre auprès de leur famille au cours de « congés » qui peuvent durer d’une semaine à plusieurs mois. D’autre part, les familles et les entourages sont aussi présents à l’intérieur des établissements, par les visites hebdomadaires et autour de moments clés comme la mort des pensionnaires. Dans un deuxième point, de manière plus limitée, les animaux de compagnie sont envisagés comme une possibilité de présences proches auprès des pensionnaires.

    Entourage

    Les sorties des pensionnaires

    126La question des sorties est liée à celle de la relation entre le dedans et le dehors que les hospices mettent en place. Dans le degré d’ouverture ou de fermeture, se joue la définition de l’hospice comme celle de ses habitants. Entre surveillance des pauvres et protection des vieux, les décisions du Conseil et directeurs sont ambiguës et ne cessent de rappeler à leurs vieux pensionnaires leur condition d’indigence.

    127L’évolution au long du xixe siècle tend cependant globalement vers une plus grande largesse et flexibilité de ces horaires, surtout en ce qui concerne les hospices Pachéco et Réunis. Les pensionnaires y obtiennent facilement le recul des heures de rentrée qui passent notamment de 20 h à 21 h 30 en hiver297. Mais à nouveau, l’évolution de ce paramètre se fait variation des établissements et des configurations de circonstance. La crise financière, que connaît l’assistance publique dans les années 1880298, entraîne à l’hospice de l’Infirmerie, déjà plus strict, une réduction des heures de sortie. Le but est clairement énoncé de faire quitter l’hospice, par ces mesures restrictives, aux vieillards valides pouvant se débrouiller en dehors de l’établissement à l’aide d’une petite pension. En revanche, le placement en subsistance des pensionnaires de Sainte-Gertrude à l’hospice de l’Infirmerie entre 1891 et 1898 fait s’adapter l’hospice aux horaires plus flexibles du refuge et voit momentanément étendre les heures de sortie des pensionnaires299. Malgré ces variations, la fin du siècle voit émerger une critique de la rigidité des horaires des hospices qui s’exprime à l’occasion de la limitation des horaires à la fin des années 1880. Que ce soit de la part des pensionnaires eux-mêmes qui réclament davantage de liberté300. Ou de la part de l’opinion publique, à travers un article du journal socialiste Le Peuple titré « Les prisonniers des hospices » :

    « Les malheureuses vieilles personnes emprisonnées à l’infirmerie ont été prévenues qu’à la moindre observation on les mettrait à la porte. Un règlement, qui rappelle celui affiché dans les cellules des pensionnaires des maisons de détention, a été placardé. Il est interdit aux prisonniers de l’hospice de l’Infirmerie de sortir avant 4 ½ heures de l’après-midi. Le jeudi seulement ils peuvent quitter l’établissement à 1 heure. Le dimanche ils sont libres de 8 heures du matin à 6 heures du soir. Les autres jours, ces malheureux sont retenus et sont obligés de se livrer, du matin au soir, à différents travaux301. »

    128Il est certain que les sorties sont fondamentales dans les relations que les pensionnaires peuvent maintenir avec leur entourage. Celui-ci est alors régulièrement mis en avant par les vieillards eux-mêmes comme argument pour étendre leur horaire de sortie :

    « Nous, vieillards pensionnaires, de l’Hospice de l’Infirmerie, rue du Canal no 12, sous votre haute direction, prenons la respectueuse liberté de vous adresser la présente supplique, sollicitant de votre bienveillance l’autorisation de pouvoir rester dehors jusqu’à huit heures du soir, au lieu de sept. Le plus grand nombre d’entre nous ont des enfants, de la famille travaillant jusqu’au soir et par conséquent rentrant assez tard chez eux, nous sommes donc actuellement privés de les voir et même de pouvoir rester souper avec eux, étant forcés, si nous voulons manger, de rentrer à l’Hospice avant six heures du soir, ce qui est un peu tôt pour s’enfermer, surtout pendant les beaux jours302. »

    129S’ils demandent plus de liberté, ce n’est, selon eux, pas pour aller boire aux cabarets voisins, comme le pense le directeur de l’Infirmerie en 1887, mais bien pour voir familles et amis. Fallacieux ou non, l’argumentaire des pensionnaires mobilise clairement leurs entourages et l’importance de les voir.

    Prendre congé

    130Les pensionnaires des hospices Pachéco et Réunis jouissent, quant à elles, d’un avantage important, celui de prendre congé de l’hospice. Pour « affaires de famille », « soigner » un proche parent, « passer du temps à la campagne », « être soignée »…, de nombreuses pensionnaires quittent l’hospice avec l’autorisation du directeur et du Conseil quelques jours ou plusieurs mois303. C’est par exemple avec les mots suivants que s’adresse la Veuve L. de Pachéco au Conseil afin d’obtenir un congé de trois mois :

    « Messieurs,
    Je viens solliciter de vos bontés la permission de faire une absence de trois mois. Des affaires de famille exigent ma présence dans le Luxembourg. Si elles sont termin
    ées avant le terme que j’ai fixé, je me ferai un devoir de revenir. Ma santé qui est très faible, demande aussi que je passe quelque tems à la campagne304. »

    131La question de la rétribution quotidienne des pensionnaires pose question pendant ces absences à l’hospice. Le Conseil semble, à différents moments, vouloir limiter ces absences dans la deuxième moitié du siècle par la suppression de la rétribution durant les congés. Sans doute le Conseil veut-il éviter les situations qu’a connues l’hospice au début du siècle où plusieurs pensionnaires, tout en bénéficiant de tous les avantages associés, ne logeaient pas à l’hospice305. Mais pour l’ensemble, la rétribution pécuniaire est accordée pendant le premier mois et supprimée pour la suite du congé laissant aux pensionnaires une ample latitude.

    132Il est intéressant de noter que les demandes de congés pour donner des soins à un proche parent ou un ami ne sont pas rares et renversent l’image de pensionnaires assistés. Du moins concernant les pensionnaires des Réunis et de Pachéco, ces vieilles dames entretiennent encore les relations d’entraide et de solidarité avec leur entourage. D’ailleurs, à Pachéco dans la première moitié du siècle, certaines pensionnaires logent même des parents306. Cette présence de proches au sein de l’hospice tend cependant à se réglementer dans la première moitié du siècle et n’apparaît plus après les années 1840. Mais en 1826 par exemple, la pensionnaire Veuve D. F. recueille sa petite-fille, âgée de 10 ans, dont la mère ne parvient pas à subvenir aux besoins ; la dame Veuve B. loge et nourrit dans sa chambre l’une de ses filles et son petit-fils de 7 ans et la Veuve D. C. vit avec sa fille âgée de 18 ans et son fils, âgé de 13 ans307. Si les autres cas présentent des situations inverses – où les personnes extérieures sont là pour assister les pensionnaires dans leurs infirmités – ces exemples-ci, de même que les motifs de congés ci-dessus, permettent de concevoir différemment la relation entre pensionnaires et entourages. Les premières peuvent alors aussi servir de ressource pour leurs proches par l’appui matériel d’un logement et de nourriture308.

    Sortie définitive ?

    133Un autre indice de l’existence d’entourages autour des pensionnaires réside dans les possibilités de sortie définitive de l’établissement. Les raisons en sont multiples et difficilement généralisables. Néanmoins, le phénomène s’observe. Sur les pensionnaires présents au 1er janvier à l’hospice de l’Infirmerie, on dénombre en moyenne 15 % de sorties309. Parmi les sorties, certaines sont « volontaires310 ». Il est quasi impossible de connaître les expériences que l’expression recouvre. Cependant, les sorties volontaires ayant lieu au cours de l’année de l’admission laissent imaginer une non-adaptation de certains pensionnaires à la vie en établissement et l’existence d’autres moyens de subsistance à leur disposition. En creux, ces sorties laissent entendre une certaine marge de manœuvre pour les pensionnaires, une possibilité du choix ainsi que des ressources, si pas économiques, en tout cas sociales à la disposition des pensionnaires qui décident de quitter les établissements311.

    Les visites aux pensionnaires

    134À l’hospice de l’Infirmerie, le règlement de 1827 autorise les visites aux pensionnaires une fois par semaine, le jeudi de 14 h à 16 h312. Aux Réunis, le premier règlement de 1843 fixe, lui aussi, les horaires de visite le jeudi mais quelque peu plus étendus, de 13 h à 16 h313. En 1895 seulement, ces horaires sont étendus à tous les jours de la semaine entre 12 h et 17 h et les dimanches et jours fériés entre 10 h et 18 h314. Aux Ursulines, les pensionnaires peuvent être visités le dimanche de 13 h à 17 h ou 19 h selon les saisons315. Plus libres, les visites à Pachéco sont permises tous les jours entre 13 h et 15 h316. Par ailleurs, tous les hospices donnent la possibilité aux familles de visiter quotidiennement leur parent en cas de maladie grave ou de mort certaine.

    135Mais les visites sont régulièrement dénoncées pour ramener une population aux mœurs peu désirables à l’intérieur de l’hospice. Selon les directions et administrations, elles désorganisent, troublent et volent les établissements317. Apportant avec eux toutes sortes de « vermines318 », ces visiteurs extérieurs sont associés au sens figuré de ce terme : « gueux, mendiants, filoux319 ». Les autorités des hospices participent alors à l’association d’idées courante au xixe siècle entre pauvreté et saleté320, accusant les visiteurs : « sous pretexte de rendre visite à leur parents se parpillent dans le local et prennent tout ce qui leur vient sous la main et y font jusqu’à leur besoin321 ». Ces associations entre vermine et entourage des pensionnaires des hospices relèvent, dans un même mouvement, d’une animalisation de l’indigence et de la pauvreté322. Le choix des insectes pour les représenter n’est ni neuf ni insignifiant323 : les métaphores qui lient pauvreté et insectes sont largement répandues en Europe. Dégoûtants et misérables aux yeux des élites du xixe siècle, les plus répugnants d’entre eux sont associés à la pauvreté, constituée par cette animalisation en altérité sociale324.

    136Pourtant, seule possibilité pour les pensionnaires immobiles de rester en contact avec leurs parents et amis, les visites ne peuvent être supprimées. Elles suivent donc toujours une stricte régulation qu’administration et direction tentent, tant bien que mal, d’imposer.

    Mourir entouré

    137Bien qu’elle soit fréquente au sein des hospices, la mort des pensionnaires se révèle un moment clé par le drame qu’elle recouvre325. En effet, si elle est régulière pour l’établissement, elle demeure unique pour les familles des pensionnaires qui la vivent. Aussi, si les entourages sont difficiles à pister au sein de l’hospice, ils sont souvent rendus visibles à travers cet événement. En règle générale, la famille est informée par la direction de l’état de santé des pensionnaires lorsqu’il s’aggrave, lors des éventuels transferts entre établissements et, le cas échéant, lors de la mort de leur proche. Dans ces moments précédant le décès, les visites sont permises à toute heure du jour. Dans les années 1850, un formulaire pré-imprimé sert de canevas à la rédaction de la nouvelle pour l’hospice de l’Infirmerie. Adressé « A la famille D. rue Saint-Pierre no 11326 », le document ci-dessus est un exemple de cette communication funéraire. En tout point formel, il sert plus à rappeler les obligations administratives pour dresser l’acte de décès.

    Fig. 7. – Annonce de décès à la famille d’une pensionnaire de l’hospice de l’Infirmerie (1853).

    ACPASB, Infirmerie, AG, 147, « DC Pensionnaires », Avis de décès de Sophie Rosalie D., 7 novembre 1853.

    138Mais à cette communication officielle, s’ajoutent celles des autres pensionnaires qui se font messagers aux familles. À l’occasion du décès de la Veuve E. en 1878, le directeur expose des informations précieuses sur la présence des proches aux derniers moments des pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie :

    « En ce qui concerne l’information donnée aux familles de la maladie et de la mort des pensionnaires, elle se fait toujours par l’intermédiaire d’un de leurs compagnons. Comme ceux-ci sortent tous les jours en ville, ils n’ont rien de plus empressé que d’aller immédiatement prévenir les parents non seulement de la mort mais même de la moindre indisposition de leurs camarades. C’est ainsi que je constate toujours par les permissions de visite que je délivre, que, lorsque ceux ci sont gravement malades, la famille est déjà plusieurs fois venue les voir ; cependant quand dans un cas exceptionnel et rare, je vois que les parents ne se présentent pas, un des pensionnaires est chargé de ce message auprès des enfants : aussi, il arrive pour beaucoup de décès qui ont lieu pendant le jour, que ces derniers assistent aux derniers moment du mourant. Je puis donc vous certifier, Monsieur le Secrétaire, que ces informations sont toujours transmises auprès des parents connus : en général, par des pensionnaires qui s’offrent pour ce service et s’en chargent spontanément, et, pour des cas exceptionnels par ceux que je commissionne à cet effet327. »

    139Le rôle des autres pensionnaires « compagnons », est intéressant à souligner. Pratique constante ou habitude passagère ? Selon la description du directeur, ils contribuent activement à la communication de l’événement. Ils participent, de leur propre chef ou sur demande, à l’attention et la communication particulière qui entourent la mort dans l’établissement. Le document témoigne alors de la présence, régulière si l’on en croit le directeur, de proches dans les derniers instants. Malheureusement pour la Veuve E. ou plutôt pour son fils, le décès n’a pu être communiqué à la famille. En effet, son décès provoque enquêtes et explications car le fils ne l’apprend qu’en se présentant à l’hospice pour rendre visite à sa mère six jours plus tard328. À sa décharge, le directeur de l’Infirmerie avance l’ignorance de l’existence de ce fils, la Veuve Van E. ayant répondu négativement « sur la question relativement à l’existence de descendans329 ». Ce genre de situation où l’information se perd entre les différentes instances administratives n’est pas exceptionnelle, comme le rappelle quelques années plus tard le cas du pensionnaire V. au refuge Sainte-Gertrude330. Transféré à l’hôpital Saint-Jean, le décès est communiqué par ce dernier établissement à la commission administrative du refuge mais non à la famille. Difficile à mesurer, la fréquence de tels manquements reste inconnue. Toutefois, l’administration multiplie les avis aux directeurs pour les éviter331.

    140Au-delà de l’accompagnement des proches durant les derniers instants, les funérailles sont encore une autre occasion d’illustrer la présence des familles autour des pensionnaires. La plupart, eu égard à l’indigence des pensionnaires comme de leurs familles, sont prises en charge par l’administration. Mais certaines familles, notamment au refuge Sainte-Gertrude où des individus moins pauvres composent la population de l’établissement, prennent elles-mêmes en charge les funérailles pour assurer un service plus faste que celui de dernière classe réservé aux indigents des hospices332. C’est le cas, par exemple, du pensionnaire Jean-Baptiste C., décédé à l’âge de 70 ans « qui a été même enterré avec un certain appareil par les soins de ses fils333 ». Le faire-part ci-dessus, dans la matérialité de sa double bordure, papier épais et présence d’une illustration, atteste de ces soins apportés par les enfants aux funérailles de leur père334.

    Fig. 8. – Faire-part de décès du pensionnaire Jean-Baptiste C. du refuge Sainte-Gertrude (1853).

    ACPASB, Sainte-Gertrude, AG, 243, « DC les secours divers alloués par le Conseil à ce refuge », Dossier concernant la fourniture de cercueils aux pensionnaires, Faire-part de décès de Jean-Baptiste C., 1853.

    141Dans un autre registre, la présence des familles autour de la mort des pensionnaires de Pachéco et des Réunis est rendue visible par la crainte de ces deux établissements de voir leurs pensionnaires mourantes dépouillées par ceux qui les assistent. Dans la première moitié du siècle surtout, une surveillance particulière est mise en place pour préserver les biens de ces pensionnaires à la faveur des hospices. Car la tâche n’est pas simple, semble-t-il, et les plaintes sont nombreuses concernant des cas de « spoliation de moribondes335 ». Plusieurs affaires dressent, les uns contre les autres, l’administration et les familles des pensionnaires336. C’est le cas notamment pour la Veuve P. que le directeur des Réunis scandalisé relate au Conseil :

    « Il est bien rare, Messieurs, qu’une pensionnaire meure sans qu’elle ne soit dépouillée par sa famille ou par des commères qui l’entourent, lorsque ce sont des parents éloignés ou des étrangers qui viennent exercer leurs rapines, cela peut se comprendre, mais quand on voit venir une propre fille, tenant un certain rang dans le monde, dépouiller sa mère moribonde au détriment de la bienfaisance qui s’est chargé du fardeau dont elle s’est débarrassée, une indélicatesse pareille passe les bornes, et c’est cependant ce qui arrive ici fréquemment et ce qui a eu lieu chez madame la veuve P. La veille de son décès, dans la matinée la fille de service vint me prévenir que Mad. B. était venue voir sa mère et qu’elle ramassait des [illisible] pour emporter je la fis venir aussitôt, elle déclara qu’elle n’avait pas l’intention d’emporter la moindre [illisible] que c’était un faux rapport de la fille de peine, mais contrairement à cette assertion, le même jour, vers le [illisible] elle fit rapporter chez la portière de l’établissement un paquet d’habillemens de sa mère, qui avait été dérobés l’avant veille, sans que la fille de peine s’en soit apperçue337. »

    142De même, le directeur de Pachéco livre une description précise de toutes les stratégies adoptées par les proches – familles, voisines ou amis – des pensionnaires mourantes :

    « Les parens, ou amis, qui soignent une dame en danger de mort, peuvent, avant le dernier moment, les jeter par les fenêtres à un homme apporté dans la rue pour les recevoir ; ou, si la chambre de la malade est du côté du boulevard, les passer en fraude à travers les grilles, à la faveur de l’obscurité. Ces objets ne pouvant être que des robes ou du linge, peuvent encore être emportés par une femme sous ses propres habits et sortir par la grande porte ; ces moyens seront toujours difficiles à supprimer338. »

    143Dans ces deux cas, la réaction du Conseil est immédiate. Le directeur des Réunis est ainsi invité à prendre des mesures « promptes et sévères » pour empêcher les « spoliations » des pensionnaires agonisantes ou décédées. Le personnel, et tout particulièrement la concierge, doit observer strictement ces mesures, sous peine de perdre leur emploi339. Entourage rapace ou administration comptable… ces enjeux autour de l’héritage des pensionnaires démultiplient les tensions. Il ne s’agit pas seulement de la mort d’un proche, mais de la perte d’un héritage matériel et peut-être symbolique non négligeable pour certains. Pour autant, si les motivations restent en partie obscures, il n’en demeure pas moins que ces pensionnaires sont loin d’être abandonnées par leur entourage au moment de leur décès.

    Animaux domestiques, une présence proche ?

    144Les règlements d’ordre intérieur interdisent la présence d’animaux dans les hospices. Une exception est toutefois faite pour les oiseaux aux hospices Pachéco et Réunis340. Cette présence incontestée témoigne et confirme le rôle acquis et répandu des volatiles comme animaux de compagnie au xixe siècle341. Dans ces deux hospices, ils se retrouvent alors parfois dans les effets délaissés par les pensionnaires décédées. Le canari de la pensionnaire Augustine G. est ainsi remis à sa filleule, de même qu’un tarin est remis à la famille de la Veuve D.342. Cependant, ces règlements prennent un certain temps à se mettre en place et pendant toute la première moitié du xixe siècle, la question reste ouverte aux situations de fait qui caractérisent les hospices dans lesquels plusieurs pensionnaires possèdent aussi chiens et chats. La mise en place de leur interdiction ne suit pas seulement la ligne des problèmes logistiques que comporte une présence animale au sein de l’hospice, mais touche aussi à la charge émotionnelle que les pensionnaires placent dans leurs compagnons à quatre pattes. Il paraît dès lors intéressant d’en suivre l’évolution et de poser la question de leur présence au sein du questionnement plus large des liens affectifs des pensionnaires.

    145À Pachéco, quatre chiens et deux chats sont ainsi recensés au début du siècle. Le directeur en fait la description suivante :

    « Celui de la Dame F., étant enfermé dans sa chambre lorsquelle sort, y hurle, et incommode les pensionnées voisines à cette chambre […] la chienne de Mme V., étant en chaleur, y attirait une quantité de chiens, qui s’y battaient, et laissaient des ordures dans le corridor […] [les deux chats] enfermé[s] dans leurs chambres […] occasionnent une puanteur insupportable et nuisible à la santé […] [et] cette puanteur se communique dans le corridor et incommode les pensionnées voisines343. »

    146Décrits exclusivement au prisme des questions logistiques et des désordres que ces animaux provoquent, la crainte de leur multiplication engage le directeur de Pachéco à formaliser, pour la première fois, l’interdit des animaux de compagnie à l’intérieur de l’hospice :

    « 1) qu’il soit défendu à toute personnes qui sera admise à la suite dans cet hospice d’y amener ou d’y tenir de chiens. 2) quil soit défendu de tenir de chiens, à toutes les pensionnées et aux filles de peine actuellement admises à cet hospice, les dites pensionnées F., V. et O. et la portiere provisoirement exceptées. 3) qu’il soit défendu à ces dernières pensionnées et à la portiere de prendre chez elles d’autres chiens, lorsque ceux quelles tiennent actuellement seront morts ou abandonnés par elles. 4) quil soit enjoint aux dites dames d’empecher que les inconveniens dont on s’est plaint par rapport à leurs chiens, n’aient plus lieu. 5) que si ces inconveniens se reproduisaient, telle des dites pensionnées, dont le chien y aura donné lieu, sera tenue de s’en défaire à l’instant sur l’invitation de l’econome de l’hospice344. »

    147À la lecture de ce premier règlement, l’exception s’applique donc concernant les chiens déjà présents dans l’hospice mais une hiérarchie très claire s’opère entre chiens et chats puisque les seconds sont exclus, les deux pensionnaires devant s’en « défaire », sous peine d’être privées des rétributions attachées à leur place345.

    148Cependant, cette plus grande tolérance à l’égard des chiens n’empêche pas le directeur de se plaindre à nouveau en 1826, puisqu’il réitère ses plaintes au Conseil. Outre la description des dégâts matériels occasionnés par les chiens encore présents, un nouvel argument apparaît dans son discours. Le directeur condamne l’attachement des pensionnaires à leurs quatre pattes d’« étrange » et de « déraisonnable346 ». Il comprend d’autant moins la relation à l’animal que les moyens à disposition des pensionnaires sont réduits et qu’elles se plaignent volontiers de « la médiocrité de leur ressources347 ». Il s’étonne alors qu’« elles [les pensionnaires] augmentent leur dépense par celle qu’exige la nourriture de ces animaux348 ». Il explique d’ailleurs le manque de réglementation sur le sujet « probablement parce qu’il [le Conseil] ne présumait pas que des personnes admises dans cette fondation comme étant dépourvues de moyens de subsister ailleurs, voudraient partager leur habitation resserrée et leur frugale nourriture avec des chiens349 ». À travers la présence du chien transparaît alors plus largement la question de la capacité à posséder, fondamentale dans le cadre de l’hospice. Le directeur ne conçoit le chien qu’en tant que gardien, c’est-à-dire inutile dans l’établissement, celui de la portière excepté. La possession d’un chien apparaît alors insensée, d’autant plus vu les frais qu’elle engage. Elle ne peut être liée qu’à une position économique et sociale particulière à laquelle les pensionnaires des hospices, par leur statut d’« assistées publiques », ne peuvent plus prétendre. En miroir de ce jugement, on peut imaginer à quel point la possession d’un animal de compagnie constitue, aux yeux de ces mêmes pensionnaires, une sorte de symbole, la marque d’un passé plus brillant et mieux pourvu, dont la possession de l’animal, comme celle du trousseau, garde encore la trace. L’obligation du célibat ou du veuvage comme critère d’admission entraîne aussi une certaine solitude des pensionnaires. La répétition des plaintes concernant la présence des chiens en regard même de la modicité des moyens d’existence, suppose alors, en plus de la question du droit à posséder, la possibilité d’un investissement émotionnel des vieilles femmes de l’hospice envers leurs animaux.

    ⁂

    149Visites, sorties, congés, derniers instants… les points de rencontres sont multiples entre les pensionnaires et leurs entourages. Loin d’un abandon trop simpliste, l’hospice recompose la relation. S’il est certain qu’elle devient moins aisée, au regard des règlements et des horaires stricts qui l’encadrent, elle n’en demeure pas moins existante. Même, elle peut s’inverser. Entre assistés et assistants, certaines pensionnaires jouent encore leur rôle dans les entraides familiales. Surtout, le moment de la mort des pensionnaires rend plus visibles ces présences proches. Entre une proximité recherchée pour les mourants et les malades et celle redoutée par les administrateurs pour le patrimoine des hospices, les derniers instants des pensionnaires sont l’occasion d’un rassemblement autour des pensionnaires que l’hospice n’empêche pas.

    150Par ailleurs, les animaux domestiques apparaissent comme de possibles présences proches pour certaines pensionnaires des hospices Pachéco et Réunis. Malgré les interdictions qui se mettent en place concernant chats et chiens, les oiseaux conservent jusqu’à la fin du siècle la qualité de compagnon dont la charge émotionnelle et affective ne peut être ignorée dans la restitution des possibilités relationnelles des pensionnaires du xixe siècle.

    Conclusion

    151À la lumière des personnages et au prisme des relations qui se déroulent dans les hospices, l’espace de la vieillesse continue de se construire et par lui, les expériences des vieux pensionnaires des hospices.

    152À travers le personnel administratif, les vieillards des hospices apparaissent des individus à encadrer. Leur entrée à l’hospice constitue une passation, pour ne pas dire une perte ou un abandon, de leur dernière instance décisionnelle. Assistés, les pensionnaires ne peuvent plus décider ; administrateurs et directeurs en pères de famille choisissent au mieux. À travers le personnel religieux, les pensionnaires paraissent des pauvres à soulager de leur misère, à consoler de leur malheur pour lesquels les secours de la religion, essentiellement catholique, se trouvent à disposition. Plus qu’avec nul autre, ils sont au seuil de leur mort qu’il s’agit d’anticiper pour la préparer. À travers les médecins, les pensionnaires des hospices deviennent objets de soins. La vieillesse, par ses fragilités, implique pour les établissements une prise en charge qui ne peut se limiter à l’hébergement puisque tous les hospices se dotent d’un volet médical, plus ou moins développé. Toutefois, celui-ci se révèle restreint, biaisé par la nature des affections des pensionnaires et la position, périphérique, des établissements pour vieillards au sein du développement scientifique de la médecine universitaire bruxelloise. À travers le personnel subalterne, les vieillards retrouvent, de manière prégnante, une possibilité d’affirmation identitaire. Un partage de conditions et une proximité de l’ordinaire permettent aux uns et aux autres de se départir de leur réserve respectueuse. Dans les cas de conflit, une opposition plus frontale éclaire les impossibilités, les inadéquations et les difficultés de la rencontre comme les cas d’entente laissent entrevoir de possibles solidarités. À travers les présences proches, certains pensionnaires des hospices se dessinent entourés d’un réseau familial et social que l’hospice n’empêche pas. Les rôles qu’ils endossent sont nombreux et peuvent aussi être celui de la prolongation. Entre assistés et assistants, la balance s’inverse même parfois : les vieux pensionnaires des hospices peuvent être une ressource pour leurs familles.

    153Au centre du nœud relationnel, les pensionnaires d’hospices se positionnent alors, autant qu’ils sont placés, de différentes manières face aux autres habitants. Soumission, dépendance, obéissance, reconnaissance, mais aussi autonomie, appropriation, contournement et résistance sont autant d’attitudes qui les caractérisent, ne les limitant pas à une trop simple sujétion disciplinaire. En dernière instance, la mort des pensionnaires éclaire tout particulièrement les différents rôles prêtés aux vieillards dans le cadre des hospices. Par l’inéluctabilité de sa présence dans des espaces dédiés aux fins de vie, elle rend plus lisible les enjeux auxquels sont confrontés les vieux pensionnaires des hospices et avec lesquels ils doivent composer.

    154Après les personnes qui les entourent, la dimension matérielle des hospices permet d’affiner encore plus avant la confrontation de ce qui est attendu et pensé des vieux pensionnaires avec ce qu’ils s’approprient et vivent comme expérience.

    Notes de bas de page

    1J’ai choisi le terme « personnage », inspiré de la métaphore théâtrale ou littéraire, pour rappeler la subjectivité du récit historique et rendre visible la structure narrative. Inspiré notamment de Ginzburg Carlo, Le fil et les traces. Vrai faux fictif, Verdier, Lonrai, 2010 (2006), p. 399.

    2Faure Olivier, Genèse de l’hôpital moderne. Les Hospices Civils de Lyon de 1802 à 1845, Lyon, Presses universitaires de Lyon ; Paris, Éd. du CNRS, 1982, p. 8-9.

    3Porter Roy, « The Patient’s View: Doing Medical History from below », Theory and Society, vol. 14, no 2, 1985, p. 175-198.

    4Majerus Benoît, « Surveiller, punir et soigner ? », Histoire, Médecin et Santé, no 7, 2015, p. 56.

    5Hamlett Jane, At Home in the Institution. Material Life in Asylums, Lodging Houses and Schools in Victorian and Edwardian England, Houndmills, Palgrave Macmillan, 2015, p. 8.

    6Faure Olivier, Genèse de l’hôpital…, op. cit., p. 9.

    7La citation se rapporte plus précisément aux relations de soins entre soignant et soignés mais j’ai considéré qu’elle pouvait être étendue aux différentes relations qui se déroulent dans les hospices. Jusseaume Anne, Marquis Paul et Rossigneux-Méheust Mathilde, « Le soin comme relation sociale : bilan historiographique et nouvelles perspectives », Histoire, Médecin et Santé, no 7, 2015, p. 13.

    8Hamlett Jane, Hoskins Lesley et Preston Rebecca (éd.), Residential Institution in Britain, 1725-1970, Londres, Pickering & Chatto, 2013, p. 8.

    9Jusseaume Anne, Marquis Paul et Rossigneux-Méheust Mathilde, « Le soin comme… », op. cit., p. 13.

    10Faure Olivier, Genèse de l’hôpital…, op. cit., p. 9.

    11Arrêté du préfet de la Dyle du 22 pluviôse an XI (11 février 1803) cité dans Moureaux-Van Neck Anne, « Assistance publique, 1856-1956 », in Arnould M.-A. et al., Recherches sur l’histoire des finances publiques en Belgique, (Acta historica Bruxellensia), Bruxelles, 1967, t. 1, p. 54-55.

    12Cette organisation exceptionnelle prend également place à Nivelles et à Louvain mais dans les autres localités belges, la commission des hospices civils d’une part et les bureaux de bienfaisance d’autre part conservent une gestion séparée. Moureaux-Van Neck Anne, « Assistance publique, 1856-1956… », op. cit. ; Dickstein-Bernard Claire, « L’initiative communale en matière hospitalière entre 1795 et 1940, et plus particulièrement à Bruxelles et dans les faubourgs de la capitale » in L’initiative publique des communes en Belgique, 1795-1940, 12e colloque international Spa, 4-7 sept. 1984 : actes, Bruxelles, Crédit Communal, 1986, p. 375-404 ; Pandectes belges. Encyclopédie de législation, de doctrine et de jurisprudences belges, Bruxelles, Larcier, 1889, t. 50, p. 179-380 ; Van Bemmel Eugène, Patria Belgica, Bruxelles, Bruylant-Christophe et Cie, 1873, t. 2, p. 125-150.

    13Van Bemmel Eugène, Patria Belgica…, op. cit., p. 136-137.

    14Pandectes belges. Encyclopédie…, op. cit., p. 257.

    15Ibidem, p. 255.

    16Ibidem, p. 258.

    17Il me faut remercier ici Tommy-Julie De Ganck et Valérie Leclercq sans qui la présentation de ces données n’aurait pas été possible. Le dépouillement des comptes moraux entre 1830 et 1908 relativement aux membres du Conseil général des hospices et secours s’est fait à six mains. ACPASB, CM, 1830-1908.

    18Au xixe siècle, le libéralisme se veut idéologiquement « une liberté en constante progression, que l’on ne peut arrêter dans sa marche », avec l’idée que « l’homme lui-même est capable de créer une société viable sans références divines ». En Belgique, cette tendance politique se place, au xixe siècle, dans la généalogie de la philosophie des lumières, à l’encontre d’une idéologie catholique souveraine. Elle se manifeste en une idéologie d’élite bourgeoise essentiellement urbaine dont Bruxelles est le centre nerveux. Witte Els, « La construction de la Belgique (1828-1847) », in Dumoulin Michel et al. (dir.), Nouvelle Histoire de Belgique, Bruxelles, Éditions Complexe, 2005, p. 146 et 157.

    19ACPASB, Personnel médical, « DC Georges Delbastée », Article du journal Le National, 20 novembre 1913.

    20Delwit Pascal, « La question sociale en Belgique après les émeutes de 1886 », in Rebérioux Madeleine (dir.), Fourmies et les premier mai, Ivry-sur-Seine, Les éditions de l’Atelier, 1994, p. 235.

    21ACPASB, CM, 1905.

    22Pandectes belges. Encyclopédie…, op. cit., p. 266.

    23Voir le chapitre i, p. 43.

    24Ludovic Saint-Vincent, Belgique charitable. Charité…, Bruxelles, Veuve Ferdinand Larcier Éditeur, 1893, p. 119.

    25En 1849, par exemple, le Conseil se réunit les 9, 12, 16, 19, 23, 26 et 30 janvier ainsi que les 2, 9, 13, 16, 20, 23 et 27 février. ACPASB, Registres des procès-verbaux du Conseil, 1849, vol. 1.

    26ACPASB, CM, 1830-1908 ; Classeur Administrateur [hors inventaire]. Dans l’ensemble, ces mêmes caractéristiques se retrouvent chez les administrateurs parisiens. Barillé Claire, Soigner et guérir. Des hôpitaux pour les travailleurs parisiens dans le second xixe siècle, thèse, université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, 2007, p. 150, citée dans Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et mourir en institution au xixe siècle : genèse d’une relation d’assistance, thèse, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2015, p. 63.

    27ACPASB, Pachéco, CC, 522/2, « Comptabilité 1852 », Lettre des pensionnaires au Conseil, 16 septembre 1852.

    28ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827, Article 52 ; Réunis, 1843, Article 12.

    29Seulement une petite soixantaine de lettres écrites par ou écrites à l’initiative des pensionnaires portant sur leur séjour dans les hospices ont été retrouvées lors de nos recherches. Des lettres de demande d’admission sont, quant à elles, plus nombreuses, notamment au refuge Sainte-Gertrude mais n’ont pas fait l’objet d’un recensement exhaustif. ACPASB, Sainte-Gertrude, SE, Boîtes 86 et 96, « Dossiers Individuels de pensionnaires ».

    30Sur les 57 réclamations de pensionnaires retrouvées dans les archives, 31 émanent des pensionnaires des hospices Pachéco et Réunis. Si la conservation des archives des Ursulines de Sainte-Gertrude explique leur maigre représentation, l’impermanence des corps et des voix, moyens d’expression des individus pauvres des xviiie et xixe siècles, nous retire sans doute une partie importante des pratiques de réclamations des pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie pour lesquels la pratique de l’écrit est loin d’être évidente. Farge Arlette, Effusion et tourment. Le récit des corps. Histoire du peuple au xviiie siècle, Paris, Odile Jacob, 2007.

    31ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « 1827-1859 », Lettre du membre du Conseil Joseph Pootz au Conseil, 26 mars 1846.

    32ACPASB, Pachéco, AG, 159, « DC demande de modifier le nom de l’HP », Rapport au Conseil, 15 octobre 1913.

    33ACPASB, Personnel administratif, « DC Léon Bovy ».

    34ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Personnel », Direction, Lettre du directeur au Conseil, s. d. [1852].

    35ACPASB, Personnel administratif, « DC Jeanne Verlé, Épouse Van Fraeckem ».

    36ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Personnel administratif, Directeurs, Note Désahuguet Édouard J. J., s. d.

    37ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Personnel an XIII-1855 », Personnel administratif, DC la place vacante de l’Infirmerie, Lettre du membre du Conseil Gustave Washer au Conseil, 3 mai 1888.

    38ACPASB, Pachéco, AG, 159, « DC les paiements de pensions mensuels par la Direction de l’HP », Rapport au Conseil, 4 octobre 1888.

    39ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Directeurs – Bille 1827-1845, Rapport au Conseil, 1er mai 1827.

    40ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827, Article 1.

    41ACPASB, Réunis, CC, 468, « DC Direction », Lettre du Conseil au directeur, 18 mars 1864.

    42Seule la directrice Jeanne Verlé se marie au cours de son service mais aucun document ne mentionne l’occupation de son mari au sein de l’hospice, ce qui est pourtant systématique concernant les directeurs masculins. ACPASB, Personnel administratif, « DC Jeanne Verlé, Épouse Van Fraeckem », Faire-part de mariage, 19 juillet 1905.

    43ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Directeurs – Bille 1827-1845, Rapport au Conseil, 1er mai 1827.

    44ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Salaire et augmentations (1865-1927) [hors inventaire], « DC des augmentations du salaire du personnel subalterne des Établissements », Lettre du directeur au Conseil, 29 mai 1873.

    45ACPASB, Personnel administratif, « DC Léon Bovy », Rapport au Conseil, 12 avril 1888.

    46ACPASB, Réunis, AG, 167, « DC l’enquête faite relativement à des faits reprochés à la directrice des HR », 1878 ; Infirmerie, Séance du Conseil, 19 juin 1846.

    47ACPASB, Personnel administratif, « DC Kestens Henri Timothée », Lettre du Conseil au directeur, 21 juin 1864.

    48À noter en écho le même terme utilisé par la sociologue Iris Loffeier dans son analyse d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) en France, renvoyant à la permanence de ce trait caractéristique ? Loffeier Iris, Panser des jambes de bois ? La vieillesse comme catégorie d’existence et de travail en maison de retraite, Paris, Presses universitaires de France, 2015, p. 87-91.

    49ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Personnel an XIII-1855 », Personnel administratif, DC la place vacante de l’Infirmerie, Lettre du directeur de l’hospice de la maternité à Gustave Washer membre du Conseil, 1er mai 1888.

    50ACPASB, Réunis, CC, 468, « DC Direction », DC à la nomination d’un Directeur aux hospices réunis en remplacement de M. Van Merstraeten, démissionnaire. 1843, Lettre du directeur au Conseil, 11 octobre 1843.

    51ACPASB, Sainte-Gertrude, 143, « DC la plainte formulée par le sieur V. pour le décès de son père », Lettre du Conseil d’administration du refuge au Conseil, 27 juin 1878.

    52ACPASB, Infirmerie, AG, 146 « Règlements – Direction Anciennes béguines – Pensionnaires An XIII-1861 », Rapport du membre du Conseil De Buisseret à Mr Thiefry membre du Conseil, le 11 mars 1847.

    53ACPASB, Alexiens, CC, 462, « Personnel », Lettre des pensionnaires au Conseil, 10 mai 1827.

    54Montigny Edgar-André, « Vieillesse et indigence. À propos des prémisses des historiens de la vieillesse au Canada », Lien social et Politiques, no 38, 1997, p. 24.

    55ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827.

    56ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1860, Article 4.

    57SALMI Hannu, Nineteenth-Century Europe. A Cultural History, Cambridge, Polity Press, 2008, p. 10.

    58Ibidem, p. 31.

    59Jacques Catherine, « Bruxelles : un bastion libéral, franc-maçon et… féministe ? Les réactions catholiques (fin xixe-première moitié du xxe siècle) », Archives de sciences sociales des religions, no 165, 2014, p. 65 [http://assr.revues.org/25747 ; DOI:10.4000/assr.25747], consulté le 20 août 2016.

    60Cocriamont Marie, « Soigner les corps et les âmes. Les sœurs Augustines des hôpitaux Saint-Jean et Saint-Pierre à Bruxelles au xixe siècle », Sextant, no 3 (Femmes et médecine), 1995, p. 19-38.

    61Au-delà de l’assistance publique, il apparaît intéressant de rappeler que l’assistance à la vieillesse, contrairement à toutes les autres formes d’assistance majoritairement investies par l’assistance privée, est caractérisée par une participation plus importante de l’assistance publique. Dupont-Bouchat Marie-Sylvie, « La lutte contre… », op. cit., p. 576. Voir également la note 3, p. 11.

    62Les chapelles se retrouvent sur les plans de tous les hospices à l’exception du refuge Sainte-Gertrude, ce qui n’exclut pas pour autant sa présence. ACPASB, Cartes et plans, Plans A – planche 14 ; Archives de la Ville de Bruxelles (AVB), PPN K35, Plans du refuge des Ursulines, 1830, 1865 et 1892.

    63Ciboire : Vase sacré en forme de calice couvert, fait de métal précieux, où sont déposées les hosties consacrées destinées à la communion des fidèles.

    64ACPASB, Pachéco, CC, 522/1, « Inventaire Général du Mobilier existant à l’hospice », 1857, 1867, 1875, 1888 et 1891.

    65ACPASB, Infirmerie, AG, 155, « DC la demande d’achat d’une garniture en fleurs artificielles pour le service de la chapelle et la demande d’autorisation de pouvoir faire arranger une vieille garniture », 1892.

    66ACPASB, Infirmerie, CC, 153-154, Boîte 1, Lettre de la Députation Permanente au Conseil, 5 avril 1825.

    67ACPASB, Infirmerie, CC, 153-154, Boîte 1, Lettre du Conseil à Sa Majesté, 3 août 1825.

    68Coekelberghs Denis et Loze Pierre (dir.), Un ensemble néo-classique à Bruxelles : Le grand hospice et le quartier du Béguinage, Bruxelles, Institut royal du patrimoine artistique et ministère de la Communauté française, 1983, p. 71-72.

    69ACPASB, Pachéco, CC, 522/1, « DC inventaire général du mobilier existant à l’hospice », Inventaire, 9 octobre 1875.

    70ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « DC augmentation de traitement accordée au clergé du béguinage pour le service du culte à l’hospice », Résolutions du Conseil, 8 juin 1830 et 1er juillet 1866.

    71Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 30.

    72Van Malderghem Robert, Le refuge des vieillards aux Ursulines à Bruxelles 1805-1905, Bruxelles, G. Van Oest et Cie, p. 85.

    73Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 19-20.

    74En 1818, le nombre des sœurs de la congrégation de Saint-Augustin s’élève à 32 à l’hôpital Saint-Jean pour 226 lits. Leur nombre se limite à cinq pour l’hôpital Saint-Pierre, où, comme c’est le cas aux Ursulines, elles exercent une mission de surveillance. Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 21.

    75Van Malderghem Robert, Le refuge des…, op. cit., p. 85.

    76Voir le chapitre ii, p. 147.

    77Il faut noter par ailleurs la présence de curés au poste de directeur avant l’arrivée des sœurs et plusieurs hommes d’Église parmi les membres de la commission administrative du refuge. Notamment l’archevêque de Malines au moment de la création du refuge ou encore le curé Willaert de la paroisse de Sainte-Catherine dans les années 1850. Van Malderghem Robert, Le refuge des…, op. cit., p. 85.

    78ACPASB, Règlements, Ursulines, 1877, Article 13.

    79Van Malderghem Robert, Le refuge des…, op. cit., p. 83-84.

    80Ibidem, p. 96.

    81ACPASB, Ursulines, SE, Registre des punitions, 1839-1840.

    82Dickstein-Bernard Claire, « L’initiative communale… », op. cit., p. 392-393.

    83ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827.

    84ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1860, Article 39.

    85Voir le chapitre iv, p. 253.

    86Vander Rest J.-F., Aperçu historique sur les établissements de bienfaisance de la ville de Bruxelles, Bruxelles, Bols-Wittouck, 1860, p. 206.

    87ACPASB, Règlements, Ursulines, 1877, Article 14.

    88Van Malderghem Robert, Le refuge des…, op. cit., p. 147.

    89ACPASB, Règlements, Ursulines, 1901, Article 14 modifié.

    90Une seule plainte concernant l’éventuel prosélytisme des sœurs a été retrouvée. Mais celle-ci aboutit à un non-lieu. ACPASB, Ursulines, AG, 239, « DC l’enquête faite au sujet de l’abus constaté au RU dont les pensionnaires sont astreints à suivre les offices religieux », 1891.

    91Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 30.

    92Un important conflit d’autorité à la fin des années 1840 aboutit au déménagement de la maison mère de la congrégation en dehors de l’hôpital Saint-Jean. Les sœurs hospitalières continuent d’être employées dans les deux hôpitaux publics à partir de cette date-là mais dans une bien moindre mesure. Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 25-27.

    93Ibidem, p. 32.

    94Ibidem, p. 37.

    95Voir le chapitre ii, p. 122.

    96ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC les emblèmes religieux dans les salles de l’Infirmerie », Lettre d’un conseiller communal au Conseil, 28 décembre 1905 ; Lettre du directeur au Conseil, 4 janvier 1906.

    97La très grande majorité des patients admis dans les deux hôpitaux se qualifient de catholiques en 1878 (98,9 %) et en 1908 (98,4 %). ACPASB, CM, 1878, p. 149 et 1908, p. 88. Je remercie Valérie Leclercq d’avoir attiré mon attention sur cette précieuse information.

    98ACPASB, Réunis, CC, 468, « Personnel », Vicaires de la Chapelle, Lettre des vicaires généraux du diocèse de Malines au Conseil, 27 décembre 1831.

    99ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « DC la plainte faite par le curé du béguinage à charge de l’infirmier du service des gâteux et des cancéreux », Rapport au Conseil, 21 novembre 1890.

    100ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « Petits dossiers », Marie Josèphe M. expulsée, Lettre du directeur au Conseil, 17 mars 1839.

    101ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « DC la plainte faite par le curé du béguinage à charge de l’infirmier du service des gâteux et des cancéreux », Rapport au Conseil, 21 novembre 1890.

    102ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « DC la plainte faite par le curé du béguinage à charge de l’infirmier du service des gâteux et des cancéreux », Rapport au Conseil, 21 novembre 1890.

    103Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 36.

    104Leclercq Valérie, Guérir, travailler, désobéir. Une histoire des interactions hospitalières avant l’ère du « patient autonome » (Bruxelles, 1870-1930), thèse, Université libre de Bruxelles, p. 135-142.

    105ACPASB, Infirmerie, AG, 155, « Culte », Culte. Chapelle. Aumônier, Plainte concernant les obsessions dont un vieillard aurait été l’objet pour avoir refusé les secours de la religion, 1859 ; Réunis, CC, 468, « Personnel », Vicaires de la Chapelle, 1831 et 1840 ; SE, Boîte 2, Lettre du Conseil à la directrice, 29 août 1890.

    106Voir notamment Huisman Frank et Warner Harley John (éd.), Locating Medical History. The Stories and Their Meanings, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 2004.

    107Shortt Samuel, « The New Social History of Medicine: Some Implications for Research », Archivaria, no 10, 1980, p. 5-22.

    108Porter Roy, « The Patient’s View: Doing Medical History from below », Theory and Society, vol. 14, no 2, 1985, p. 175-198 et pour une contextualisation et bilan : Bacopoulos-Viau Alexandra et Fauvel Aude, « The Patient’s Turn Roy Porter and Psychiatry’s Tales, Thirty Years on », Medical History, no 60, 2016 (1), p. 1-18 [10.1017/mdh.2015.65], consulté le 27 novembre 2016.

    109Voir notamment Porter Roy, « The Patient’s View… », op. cit. ; Shorter Edward, Doctors and Their Patients: A Social History, New Brunswick, Transaction Publishers, 1991 ; Reaume Geoffrey, Remembrance of Patients Past: Patient Life at the Toronto Hospital for the Insane, 1870-1940, Don Mills Ont. et New York, Oxford University Press, 2000 ; Majerus Benoît, Parmi les fous. Une histoire sociale de la psychiatrie au xxe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013.

    110ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1860, Articles 5, 42-48, 69, 71, 75, 77, 78.

    111Pour plus d’informations sur les statuts d’interne et externes à Bruxelles : Bardez Renaud, La Faculté de médecine de l’Université Libre de Bruxelles : entre création, circulation et enseignement des savoirs (1795-1914), thèse, Université libre de Bruxelles, 2016, p. 47-51.

    112ACPASB, CM, 1877, p. 200.

    113Voir notamment Weisz George, Divide and Conquer. A Comparative History of Medical Specialization, Oxford, Oxford University Press, 2005.

    114ACPASB, Règlements, Service médical des hôpitaux et hospices, 1890.

    115ACPASB, Registres des procès-verbaux du Conseil, Résolution du Conseil, 14 juin 1850.

    116En 1831, le directeur de l’hospice de l’Infirmerie reçoit annuellement 945 francs, les médecins 500 francs contre 54 francs pour les domestiques infirmiers et infirmières. ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Personnel subalterne An XIII-1854, Employés, gens de peine et Concierge, État nominatif des Employés et Gens de peine attachés au service du Nouvel hospice de l’Infirmerie, 28 septembre 1831.

    117ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Nomination de Mr Marinus, Médecin de l’établissement pour un nouveau terme de cinq ans (Résolution du 31 Xbre 1847)/Contestation Survenue par suite du Changement de domicile (extra-muros) de Mr Marinus/Mr Pigeolet nommé en remplacement (Résolution du 31 Mars 1848) », Gazette médicale belge, 30 avril 1848, p. 71.

    118Ibidem.

    119ACPASB, Réunis, CC, 468, « Service de santé », Dossier relatif à la demande faite par Mr Georges Médecin tendant à obtenir une augmentation de traitement, Lettre du médecin Georges au Conseil le 28 décembre 1842.

    120ACPASB, Réunis, SE, Boîte 1, Lettre du Conseil à la directrice, 21 novembre 1876.

    121Le régime en place aux deux refuges est moins bien connu. Il est fort à parier que ces fonctions aient été exercées gratuitement dans un esprit de philanthropie. Par ailleurs, l’exercice de la fonction de chirurgien à Sainte-Gertrude pendant plus de trente ans par le docteur Jules Félix (1873-1910) indique la longueur de la fonction. Van Holsbeek Henri, Histoire de l’hospice des vieillards de Sainte-Gertrude de Bruxelles, Bruxelles, Imprimerie et lithographie de A.-L. Baumeister, 1864, p. 21 et ACPASB, Sainte-Gertrude, AG, 244, « DC la demande de distinction civique pour M. M. les drs Félix et Corten du RSG », 1899.

    122Dickstein-Bernard Claire, « Les hôpitaux de Bruxelles au xixe siècle », Sextant, no 3 (Femmes et médecine), 1995, p. 14.

    123Vander Rest J.-F., Aperçu historique sur…, op. cit., p. 160 ; ACPASB, Registres des procès-verbaux, 1850, vol. 1, Résolutions du Conseil, 4 janvier 1850.

    124ACPASB, Réunis, CC, 468, « Service de santé », Demande pour la place de Médecin de l’hospice réunis, 1836 ; Pachéco, CC, 517, « Service de santé », Demandes pour la place de Médecin de l’hospice de Pachéco (Noms et adresses de 10 médecins), 1836.

    125Bardez Renaud, La Faculté de…, op. cit., p. 413.

    126Bardez Renaud, La Faculté de…, op. cit., p. 119.

    127ACPASB, Réunis, AG, 167, « DC la fixation de l’heure de la visite médicale aux HR », Résolution du Conseil, 11 juin 1909.

    128ACPASB, Pachéco, CC, 517, « DC Mr Ricquier Médecin », Lettre de Ricquier au Conseil, 29 avril 1853.

    129Ibidem ; ACPASB, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », Rapport au Conseil, 9 mars 1875.

    130ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1860, Article 45.

    131Dickstein-Bernard Claire, « Les hôpitaux de…, op. cit., p. 14.

    132Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 522.

    133Voir Encart 1, p. 29 et le chapitre iv, p. 238.

    134Cette formulation se retrouve sur la plupart des documents de médecins prononçant le transfert des pensionnaires de Pachéco et des Réunis. Voir entre autres ACPASB, Réunis, CC, 468, « Pensionnaires/Décès/Transfert/Congés ».

    135Voir notamment ACPASB, Réunis, CC, 468, « Service de Santé », Dossier relativement à la nomination d’un chirurgien aux hospices réunis en remplacement de Mr D’Allecourt, décédé, Lettre du Conseil aux médecins et chirurgiens, 19 décembre 1848 ; « Pensionnaires/Décès/Transfert/Congés », Avis de décès en 1852, Lettre du Conseil au directeur, 12 octobre 1852 ; Pachéco, AG, 158, Lettre du Conseil au directeur, 6 janvier 1860.

    136ACPASB, Pachéco, CC, 517, Lettre de V. au Conseil, 28 octobre 1855 ; AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC transferts de dames à l’Hospice de l’Infirmerie, Lettres des pensionnaires au Conseil, 5 mars 1869.

    137La référence concerne toutes les citations du paragraphe : ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC les instructions données au directeur et au médecin de l’HP concernant le transfert des pensionnaires à l’H Saint Pierre, Lettre du médecin au Conseil, 6 octobre 1871.

    138Bardez Renaud, La Faculté de…, op. cit., p. 198.

    139Ibidem, p. 196.

    140Ibidem, p. 197.

    141Lellouch Alain, « Gérocomie, gériatrie, gérontologie (1799-2000) : deux siècles d’histoire », in Voyage au pays de Gérousie. Le grand âge en institution, xixe-xxe siècles, catalogue de l’exposition organisée par le musée de l’Assistance publique – hôpitaux de Paris entre octobre 2007 et juin 2008, Paris, musée de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, 2007, p. 77.

    142Lellouch Alain, Jean Martin Charcot et les origines de la gériatrie, Paris, Payot, 1993, p. 231-258.

    143Un même constat est établi dans Benoît-Lapierre Nicole, Cevasco Rithée et Zafiropoulos Markos, Vieillesse des pauvres, les chemins de l’hospice, Paris, Éd. ouvrières, 1980, p. 152.

    144ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC les mesures proposées par M. le Dr Lebrun pour améliorer les installations et le service chirurgical, Lettre du médecin A. Lebrun au Conseil, 16 octobre 1887.

    145ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Affaires orthopédiques. bandages herniaires. Prothèses », 1869-1902 ; « Achats d’Instruments et d’appareils », 1862-1907.

    146ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC les mesures proposées par M. le Dr Lebrun pour améliorer les installations et le service chirurgical, Lettre du Conseil au directeur, 2 novembre 1887.

    147Lellouch Alain, Jean-Martin Charcot et…, op. cit., p. 249 et Bardez Renaud, La Faculté de…, op. cit., p. 165.

    148Bardez Renaud, La Faculté de…, op. cit., p. 163.

    149Ibidem, p. 167.

    150ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Achat d’instruments et d’appareils. 1864-1880 », Achat d’un microscope, d’un larynsoscope et d’un speculum du docteur Sim, Lettre du médecin Jules d’Udekem au Conseil, s. d. [circa 1863].

    151ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Achat d’instruments et d’appareils. 1864-1880 », Achat d’un microscope, d’un larynsoscope et d’un speculum du docteur Sim, Rapport au Conseil, 1er octobre 1863.

    152ACPASB, Infirmerie, AG, 155, « DC Achats divers », Lettre du directeur au Conseil, 21 avril 1887.

    153ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Achat d’instruments et d’appareils. 1864-1880 », DC l’achat de divers instruments demandés par Mr Le Dr Verhoogen, Lettre du médecin Verhoogen au Conseil, 12 février 1903.

    154Voir notamment laqueur Thomas, « Bodies, Death, and Pauper Funerals », Representations, no 1, 1983, p. 123-124.

    155Chamayou Grégoire, Les corps vils. Expérimenter sur les êtres humains aux xviiie et xixe siècles, Paris, La Découverte, 2008.

    156Leclercq Valérie, Guérir, travailler, désobéir…, op. cit., p. 200.

    157Ibidem.

    158Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 557.

    159Leclercq Valérie, Guérir, travailler, désobéir…, op. cit., p. 203.

    160À noter qu’en 2016, une autopsie ne se pratique qu’en cas de demande spécifique du médecin qui constate le décès. Entretien avec Laura Verstraeten, médecin généraliste, 15 septembre 2016. AVB, Bienfaisance publique, S. 104-1, Lettre du Conseil au Collège des Bourgmestre et Échevins, 17 avril 1895.

    161ACPASB, Autopsie, AG, 107, Rapport sur l’organisation du service des autopsies dans les hôpitaux de Bruxelles, s. d.

    162ACPASB, Autopsie, AG, 107, Rapport sur l’organisation du service des autopsies dans les hôpitaux de Bruxelles, s. d.

    163ACPASB, Autopsies, AG, 107, « DC l’organisation d’un service d’autopsie », Extrait du registre des procès-verbaux des séances du Conseil, 7 mai 1878.

    164ACPASB, Autopsies, AG, 107, « DC le rapport fait par M. le Dr Wehenkel sur le service des autopsies depuis sa création », Rapport de M. Wehenkel sur le fonctionnement du service des autopsies au Conseil, 28 décembre 1879.

    165ACPASB, Autopsies, AG, 107, « DC l’organisation d’un service d’autopsie », Extrait du registre des procès-verbaux des séances du Conseil, 7 mai 1878.

    166ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC les modifications du service de l’hospice de l’Infirmerie proposées par M. le Dr Stiénon 1881, Lettre du médecin Stiénon au Conseil, novembre 1881.

    167ACPASB, Infirmerie, Série Travaux (ST), Boîte 9, « DC l’aménagement d’un dépôt mortuaire plus décent que celui existant », Note pour le Conseil, 31 juillet 1909.

    168Ibidem.

    169Voir le chapitre iv, p. 249.

    170Pessaire : Dispositif introduit dans le vagin pour maintenir l’utérus dans sa position normale.

    171Voir le chapitre iii, p. 206.

    172ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC la plainte de Mme B., pensionnaire de Pachéco au sujet de la manière dont a lieu la visite médicale à l’établissement », Lettre de Mme B. au directeur, 6 mai 1901.

    173ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Pensionnaires – Affaires diverses – (ne concerne qu’une seule personne), Lettre du directeur au Conseil, 3 avril 1840.

    174ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC la réclamation de M. Dantz parce qu’une pensionnaire de l’HP a fait appel aux soins d’un praticien étranger », Lettre du médecin Dantz au Conseil, 13 janvier 1897.

    175ACPASB, Pachéco, CC, 522/2, « Comptabilité 1849 », Rapport médical, 1849.

    176ACPASB, Réunis, AG, 167, « DC la demande de M. le Dr Donckers pour que la directrice des HR soit présente à sa visite médicale », Séance du Conseil, 20 juin 1888.

    177ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Pensionnaires – Affaires diverses – (ne concerne qu’une seule personne), Lettre du directeur au Conseil, 3 avril 1840 ; « Service de santé », Médecins et Chirurgiens, Lettre du directeur au Conseil, 14 janvier 1830 ; 522/2, « Comptabilité 1850 », Lettre de la pensionnaire D. au Conseil ; AG, 158, « DC la plainte de Mme B., pensionnaire de P au sujet de la manière dont a lieu la visite médicale à l’établissement », 1901 ; Réunis, AG, 167, « DC la demande de M. le Dr Donckers pour que la directrice des HR soit présente à sa visite médicale », Séance du Conseil, 20 juin 1888.

    178Mathilde Rossigneux-Méheust arrive à la même conclusion concernant les différents établissements parisiens qu’elle étudie. Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 518.

    179Leclercq Valérie, Guérir, travailler, désobéir…, op. cit., p. 174-178.

    180ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC les modifications du service de l’hospice de l’Infirmerie proposées par M. le Dr Stiénon 1881, Lettre du médecin Stiénon au Conseil, novembre 1881.

    181ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC la visite médicale des pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie admises dans la catégorie des transférées de Pachéco et dans celle des transférées des Réunis », Lettre du directeur au Conseil, 29 novembre 1887.

    182Leclercq Valérie, Guérir, travailler, désobéir…, op. cit., p. 245.

    183Dans les archives, les expressions « personnel subalterne » et « gens de peine » désignent toutes deux le personnel domestique, expression moins utilisée à l’époque. Compris dans cet ensemble, « fille de peine » s’associe à « servante » pour désigner le personnel féminin et « homme de peine » à « domestique » pour le personnel masculin. Dans le texte qui suit, « domestique » désigne en même temps les individus masculins mais parfois l’ensemble de ce personnel.

    184ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC le chef de bureau de la Bienfaisance chargé de faire rapport trimestriellement sur les pensionnaires de l’HP dont l’état laisserait à désirer, Avis concernant la pensionnaire V. S., 27 avril 1868.

    185ACPASB, Règlements, Sainte-Gertrude, 1887, Article 14.

    186ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Personnel subalterne An XIII-1854 – Employés, gens de peine et Concierge, État nominatif des Employés et Gens de peine attachés au service du Nouvel hospice de l’Infirmerie, 28 septembre 1831 ; AG, Personnel subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC personnel domestique », DC la question des infirmiers. Salaire du personnel, État des gens de peine au service de l’Hospice, 20 août 1895 ; DC L’augmentation des gages du personnel domestique, Tableau du Personnel domestique dans divers établissements, 1er novembre 1906.

    187Un dossier concernant plus particulièrement l’hospice de l’Infirmerie dans les liasses sur le personnel subalterne contient des fiches reprenant les admissions et sorties mensuelles des domestiques ayant quitté l’établissement entre 1894 et 1898. Sans pouvoir connaître la représentativité de ce corpus, l’ensemble des fiches retrace le parcours de 160 individus. Je les ai considérés comme un échantillon digne d’attention. ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1894-1918) [hors inventaire], « Infirmerie », Mutations survenues dans le personnel domestique, 1894 et 1898.

    188Piette Valérie, « Des “infirmières” avant les infirmières. Le personnel soignant laïque dans les hôpitaux bruxellois au xixe siècle », Sextant, no 3 (Femmes et médecine), 1995, p. 39-59 ; Moubax Inès, Le « personnel subalterne » des hôpitaux et hospices bruxellois. Une contribution à l’histoire de la domesticité à Bruxelles au xixe siècle, mémoire, Université libre de Bruxelles, 2009.

    189Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 47-48.

    190ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Proposition d’augmentations (1865-1927) [hors inventaire], « DC l’autorisation d’engager des domestiques mariés », Lettre du Conseil aux directions des hospices de l’Infirmerie, Pachéco et Réunis, 18 septembre 1906.

    191ACPASB, AG, Infirmerie, 153, « DC Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Personnel subalterne An XIII-1854, DC Employés, gens de peine et Concierge, Lettre du directeur au Conseil, 16 août 1830.

    192Un dossier concernant plus particulièrement l’hospice de l’Infirmerie dans les liasses sur le personnel subalterne contient des avis sur les sorties des domestiques entre 1894 et 1904 et notamment les causes de leur départ. Sans pouvoir connaître la représentativité de ce corpus, l’ensemble de ces avis concerne le parcours de 152 individus (recoupant largement les individus repris dans les mutations mensuelles). Je les ai considérés comme un échantillon digne d’attention. ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1902-1904) [hors inventaire], « Infirmerie », Avis de sorties des domestiques, 1894 et 1904.

    193Seuls 29 avis de départ en précisent les causes. Parmi ceux-ci, onze cas concernent des mariages, onze des refus de service, six cas un nouvel emploi et un cas concerne une maladie qui oblige à quitter le service. ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1902-1904) [hors inventaire], « Infirmerie », Avis de sorties des domestiques, 1894 et 1904.

    194Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 47 et 59.

    195ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1902-1904) [hors inventaire], « Infirmerie », Avis de sorties des domestiques, 1894 et 1904.

    196Piette Valérie, Domestiques et servantes. Des vies sous condition. Essai sur le travail domestique en Belgique au xixe siècle, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2000, p. 169.

    197Ibidem, p. 172.

    198ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827, Article 10 ; 1860, Article 17.

    199ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC mesures prises pour l’engagement de nouveaux sujets », Lettre du directeur au Conseil, 4 septembre 1893.

    200ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC les réductions du personnel domestique dans les divers établissements. 1885 », Note concernant le personnel domestique de l’hospice de l’Infirmerie, 13 novembre 1885.

    201ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Personnel – An XIII-1900 », Personnel médical, Lettre du directeur au Conseil, 26 novembre 1808 ; Prescription de Faro à une infirmière, 7 mai 1852 ; Rapport du Conseil, 28 octobre 1850 ; Lettre du directeur au Conseil, 11 septembre 1907 ; Rapport au Conseil, le 28 octobre 1890.

    202ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827, Article 37 ; ACPASB, Infirmerie, CC, 507, « Projet pour l’établissement du gaz », 1849-1851.

    203Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 119. et ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « DC la plainte faite par le curé du béguinage à charge de l’infirmier du service des gâteux et des cancéreux », Rapport au Conseil, 21 novembre 1890.

    204Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 120 ; ACPASB, Infirmerie, CC, 482, « DC service de veille dans le pavillon des incurables », Lettre du directeur au Conseil, 25 novembre 1854.

    205Le même constat est dressé concernant les infirmières psychiatriques de l’hôpital Brugmann au xxe siècle. Majerus Benoît, Parmi les fous…, op. cit., p. 106-107.

    206Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 45.

    207ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Proposition d’augmentations (1865-1927) [hors inventaire], « DC les augmentations de salaires accordés au personnel domestique », Lettre des domestiques des deux hôpitaux et de l’hospice de l’Infirmerie au Conseil, s. d. (reçue le 12 mai 1876).

    208ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Personnel an XIII-1855 », Personnel subalterne An XIII-1854, Dossier des demandes à la place de Concierge vacante par le décès du nommé Pierre Joseph Houdar remplacé par le nommé Charles Piraux ; Lettre de l’infirmier Henri F., 9 avril 1844 ; Personnel Subalterne. Proposition d’augmentations (1865-1927) [hors inventaire], « DC les augmentations de salaires accordés au personnel domestique », Lettre des domestiques des deux hôpitaux et de l’hospice de l’Infirmerie au Conseil, s. d. (reçue le 12 mai 1876) ; Lettre du directeur au Conseil, 18 janvier 1877 ; Lettre anonyme au Conseil, 20 décembre 1876.

    209ACPASB, Infirmerie, CC, 482, « DC le service de veille dans le pavillon des incurables », 1854 ; AG, 149, « DC la question de l’organisation d’un service de garde à l’hospice de l’Infirmerie », 1899.

    210Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 115.

    211ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Salaires et augmentation (1865-1917) [hors inventaire], « DC personnel domestique », DC L’augmentation des gages du personnel domestique, Correspondances, 1867 ; Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 115-118.

    212ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC personnel domestique », DC la question des infirmiers. Salaire du personnel, État des gens de peine au service de l’Hospice, 20 août 1895.

    213Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 109.

    214Cette chronologie belge est plus tardive que les pays voisins anglais, suisse et allemand. Arguello Javier, « L’introduction du nursing laïque en Belgique (1882-1914). D’une vocation à l’émergence d’une profession », Sextant, no 3 (Femmes et médecine), 1995, p. 61-82.

    215Piette Valérie, « Des “infirmières” avant…, op. cit., p. 40 ; Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 94 ; Knibiehler Yvonne (dir.), Cornettes et blouses blanches. Les infirmières dans la société française (1880-1980), Paris, Hachette, 1984 ; Majerus Benoît, « Surveiller, punir et… », op. cit., p. 56-59.

    216Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 113.

    217ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC les instructions à M. les chefs d’établissements de conserver les certificats de moralité dont les domestiques doivent être porteurs », Lettre du Conseil au directeur, 12 septembre 1893.

    218ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC les directeurs des établissements doivent engager dans la mesure du possible des domestiques connaissant les deux langues », 1894.

    219ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC l’examen médical préalable à leur engagement des personnes qui se présentent pour faire partie du personnel de l’hospice de l’Infirmerie », 1906.

    220ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1894-1918) [hors inventaire], Note au crayon sur un avis d’admission, 28 octobre 1896.

    221L’école professionnelle des Infirmiers et Infirmières laïques est créée par César de Paepe à Bruxelles en 1887. À destination des classes populaires, la formation offre des leçons théoriques pour former des gardes-malades. Ceux-ci sont alors employés chez les particuliers et les hôpitaux de Schaerbeek, Laeken et Ixelles. Arguello Javier, « L’introduction du… », op. cit., p. 68 ; ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC la question des infirmiers », Rapport au Conseil, 8 août 1895.

    222ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC la question des infirmiers », Rapport au Conseil, 8 août 1895.

    223Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 34-36.

    224Arguello Javier, « L’introduction du… », op. cit.

    225Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 39.

    226« Discours de Depage sur les infirmières laïques au conseil communal de la ville de Bruxelles », Bulletin communal, 1909, t. 1, p. 1149. Cité dans Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 39-40.

    227Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 48.

    228ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC la visite médicale des pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie admises dans la catégorie des transférées de Pachéco et dans celle des transférées des Réunis ». Rapport au Conseil, 29 novembre 1887.

    229Cérat : Préparation à base de cire et d’huile, à usage externe, dont les propriétés diffèrent selon les substances qu’on y ajoute. Médicaments destinés à l’usage externe, équivalents des pommades, dans lesquels l’excipient gras est formé d’un mélange de cire et d’huile.

    230Ibidem.

    231ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC la visite médicale des pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie admises dans la catégorie des transférées de Pachéco et dans celle des transférées des Réunis ». Rapport au Conseil, 29 novembre 1887.

    232Piette Valérie, Domestiques et servantes…, op. cit., p. 147-239.

    233Ibidem, p. 327-448.

    234ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Personnel », Employés divers, gardes-malades, etc., Lettre du directeur au Conseil, 5 juin 1809.

    235ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Personnel », Employés divers, gardes-malades, etc., Lettre du directeur au Conseil, 10 août 1833.

    236ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC D. B. Mélanie. Il y a lieu de tenir compte de ses années de service à l’Hospice de l’Infirmerie pour la fixation de son salaire à l’HP », Lettre du directeur au Conseil, 5 mars 1900.

    237Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 47-48.

    238Au xixe siècle, les domestiques wallonnes sont d’ailleurs souvent plus recherchées et mieux payées que les flamandes. Piette Valérie, Domestiques et servantes…, op. cit., p. 161-163.

    239Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 44-46.

    240Ibidem, p. 44 et ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissement (1902-1904) [hors inventaire], « Pachéco », Avis de sorties des domestiques, 1903.

    241ACPASB, Pachéco, CC, 522/1, « DC inventaire général du mobilier existant à l’hospice », Inventaire, 9 octobre 1875 ; Réunis, CC, 470, « DC inventaire général du mobilier existant à l’hospice », Inventaire, 1er janvier 1858 et 1er mai 1871.

    242ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC servantes, filles de peine, concierge, Lettre du Conseil au Collège des Bourgmestre et Échevins, 30 mars 1858 ; Réunis, AG, 167, « DC l’augmentation de la rétribution pécuniaire et du salaire des servantes », Rapport au Conseil, 21 novembre 1867 ; SE, Boîte 1, Lettre du Conseil à la directrice, 5 septembre 1873 ; Lettre du Conseil à la directrice, 31 décembre 1875.

    243ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC servantes, filles de peine, concierge, Lettre du Conseil au Collège des Bourgmestre et Échevins, 30 mars 1858.

    244ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco », Lettre du Conseil à la directrice, 20 février 1891.

    245Pour rappel, les pensionnaires de Pachéco, qui sont les mieux rétribuées, reçoivent, de 1842 à 1872, 65 centimes par jour, soit 19,5 francs par mois et ensuite 75 centimes par jour, soit 22,5 francs par mois. Voir le chapitre i, p. 56.

    246ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Personnel », Employés divers, gardes-malades, etc., Lettre du directeur au Conseil, 29 septembre 1831 ; « DC Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements (25 mars 1853), Projet de Règlement pour les Infirmieres, la Portiere, et les Pensionnaires de l’hospice Pachéco, 15 avril 1819 ; « Affaires diverses », Séance du Conseil : Aperçu des principaux objets à fournir aux filles de service au nouvel hospice de Pachéco, 4 août 1835 ; AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », Lettre de la directrice au Conseil, 16 novembre 1890.

    247ACPASB, Règlements, Pachéco, Article 6.

    248ACPASB, Réunis, CC, 468, « DC Service de santé », Lettre du médecin Georges à la directrice, 1er octobre 1844.

    249ACPASB, Réunis, SE, Boîte 3, Composition du personnel infirmier et domestiques, s. d. [3 novembre 1903].

    250ACPASB, Pachéco, CC, 517, « DC Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements (25 mars 1853), Lettre du directeur au Conseil, 11 août 1843.

    251ACPASB, Pachéco, AG, 159, « DC les mesures à prendre pour l’entretien et la nourriture à l’H de l’Infirmerie des pensionnaires infirmes de l’HP », 1898.

    252ACPASB, Pachéco, CC, 517, « DC Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements (25 mars 1853), Projet de Règlement pour les Infirmieres, la Portiere, et les Pensionnaires de l’hospice Pachéco, 15 avril 1819.

    253ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », Lettre de la directrice au Conseil, 16 novembre 1890.

    254ACPASB, Règlements, Pachéco, 1853, Article 29 ; Réunis, 1843, Article 29.

    255ACPASB, Pachéco, CC, 517, « DC Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements (25 mars 1853), Projet de Règlement pour les Infirmieres, la Portiere, et les Pensionnaires de l’hospice Pachéco, 15 avril 1819.

    256Ibidem.

    257Ibidem.

    258ACPASB, Pachéco, AG, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements, Lettre du directeur au Conseil, 11 août 1843.

    259ACPASB, Règlements, Sainte-Gertrude, 1887, article 17 ; Infirmerie, 1860, Article 81 ; Pachéco, 1843, Articles 21-22.

    260ACPASB, Pachéco, AG, 159, « DC la plainte anonyme à charge des domestiques », Lettres des pensionnaires au Conseil, 1er et 13 décembre 1898 ; CC, 522/2, « Comptabilité 1849 », Rapport annuel du médecin, 1849 ; 517 « DC des abus à l’hospice », Rapport au Conseil, 24 avril 1850 ; Réunis, AG, 168, « DC le charbon délivré aux pensionnaires », Lettre du Conseil à la directrice, 1er décembre 1868.

    261ACPASB, Réunis, AG, 168, « DC le charbon délivré aux pensionnaires », Lettre du Conseil à la directrice, 1er décembre 1868.

    262ACPASB, Pachéco, CC, 517 « DC des abus à l’hospice », Rapport au Conseil, 24 avril 1850.

    263Au xixe siècle, il est en effet courant que les pensionnaires des hospices travaillent dans et pour leur établissement de prise en charge. Voir notamment Salaün Ramalho Françoise, « Entre obligation sociale et occupation thérapeutique : le travail des vieillards dans les hospices parisiens aux xixe et xxe siècles », in Voyage au pays…, op. cit., p. 92-104.

    264Van Holsbeek Henri, Histoire de l’hospice…, op. cit., p. 49.

    265ACPASB, Règlements, Sainte-Gertrude, 1887, Article 13.

    266Ibidem, Article 14.

    267ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC les réductions du personnel domestique dans les divers établissements. 1885 », Lettre du Conseil au directeur, 13 novembre 1885.

    268ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC les renseignements demandés par les hospices de Saint Josse au sujet de l’Hospice de l’Infirmerie », Lettre du directeur au Conseil, le 26 mars 1910.

    269Ibidem.

    270ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC l’indemnité mensuelle de 5 frs au pensionnaire chargé du service du massage de M. le Dr Lebrun, 1893.

    271ACPASB, Infirmerie, AG, 146 « Règlements – Direction Anciennes béguines – Pensionnaires An XIII-1861 », Lettre du directeur au Conseil, le 9 octobre 1880.

    272Van Holsbeek Henri, Histoire de l’hospice…, op. cit., p. 49.

    273ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC l’indemnité mensuelle de 5 frs au pensionnaire chargé du service du massage de M. le Dr Lebrun, 1893.

    274ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC l’indemnité à allouer par l’hospice de l’Infirmerie aux pensionnaires employées comme servantes en attendant l’engagement des filles de service », Lettre du directeur au Conseil, 21 février 1913.

    275À titre indicatif, le pain de ménage se vend en 1865 entre 28 et 29 centimes le kilogramme. Estimée à 1 kg par jour par adulte, la consommation de pain revient à une dépense mensuelle qui varie entre 8,4 et 8,99 francs. Bulletin communal de la ville de Bruxelles, t. 1, part. 6, 1865, p. 512 [http://www.bruxelles.be/Colossus/BulletinsCommunaux/Bulletins/Documents/Bxl_1865_Tome_II1_Part_6.pdf] (erreur en 2025), consulté le 15 décembre 2016.

    276ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC l’indemnité à allouer par l’hospice de l’Infirmerie aux pensionnaires employées comme servantes en attendant l’engagement des filles de service », 1905-1909 ; Personnel Subalterne. Salaire et augmentations (1865-1927) [hors inventaire], « DC des augmentations du salaire du personnel subalterne des Établissements », Lettre du Conseil au directeur de l’Infirmerie, 27 janvier 1905.

    277ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC la demande de pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie de voir modifier l’heure de rentrée », DC modifications au règlt de l’Infirmerie en ce qui concerne les heures de sortie des pensionnaires, Lettre du directeur au Conseil, 6 février 1891.

    278ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Dossier suite », DC la réclamation des pensionnaires repasseuses de l’Hce de l’Infirmerie, Lettre des pensionnaires de l’atelier de couture au Conseil, 23 juillet 1909.

    279ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Succursale des hôpitaux 1871-1911 », DC des autorisations de sorties accordées à des succursalistes, État des succursalistes qui rendent des services à l’établissement, 9 avril 1877.

    280ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Dossier concernant les punitions infligées à V. Emmanuel et D. François », Lettre du directeur au Conseil, 3 décembre 1888.

    281Dickstein-Bernard Claire, « L’initiative communale… », op. cit., p. 387-388.

    282« Entre-personnage » est une déclinaison librement interprétée de l’« entre-lieu » de Philippe Artières. À l’image des portes dont il est le gardien, le concierge se situe en marge du personnel domestique par ses fonctions et son statut particulier. Artières Philippe, Rêves d’histoire, Paris, Gallimard, 2014, p. 112-115.

    283ACPASB, Infirmerie, ST, Boîte 9, « DC Cour et entrée », DC l’examen de la situation du concierge Malderez de l’HI (1913), Rapport au Conseil, 9 août 1913.

    284ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC décès du Sr Antoine Dutilloeul, concierge à l’HP nomination de Vandevelde, Note au Conseil, 30 mai 1864.

    285ACPASB, Infirmerie, ST, Boîte 9, « DC Cour et entrée », DC l’examen de la situation du concierge Malderez de l’HI (1913), Rapport au Conseil, 9 août 1913.

    286ACPASB, Pachéco, CC, 517, « DC Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements (25 mars 1853), Projet de Règlement pour les Infirmieres, la Portiere, et les Pensionnaires de l’hospice Pachéco, 15 avril 1819.

    287ACPASB, Pachéco, CC, 522/2, « Comptabilité 1845 », Lettre du directeur au Conseil, s. d. [novembre 1845].

    288ACPASB, Règlements, Infirmerie, Sainte-Gertrude, Ursulines, Hospices-Réunis, Pachéco.

    289ACPASB, Infirmerie, AG, 151, « DC Correspondance relative à la demande faite pour pouvoir débiter du café, des liqueurs », Lette du concierge au Conseil, s. d. [1842].

    290ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC la plainte de Mme B. pensionnaire de l’hospice de l’Hospice Pachéco (question de dîner) », Lettre du directeur au Conseil, 15 avril 1909.

    291Pandectes belges. Encyclopédie…, op. cit. Cité dans Piette Valérie, Domestiques et servantes…, op. cit., p. 32.

    292Montigny Edgar-André, « The Decline in Family Care for the Aged in Nineteenth-Century Ontario : Fact or Fiction », CBMH/BCHM, no 11, 1994, p. 357-373.

    293Caradec Vincent, Sociologie de la vieillesse et du vieillissement, Paris, Armand Colin, 2008, p. 37.

    294Par les termes « entourage » et « présences proches », j’entends le cercle plus large que la seule famille resserrée qui entoure les vieux pensionnaires. Il peut, en effet, s’agir des voisins et amis. On retrouve un même choix dans Melling Joseph et Forsythe Bill, The politics of Madness. The state, insanity and society in England, 1845-1914, Abingdon, Routledge, 2006, p. 99-124.

    295De même, à Paris, l’hospice n’est pas synonyme d’abandon. Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 171-176.

    296Voir le chapitre iii, p. 176.

    297ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « Direction An XIII-1861 », Lettre du directeur au Conseil, 1812 ; « 1827-1859 », Lettre du directeur au Conseil, 1847.

    298À partir de 1877, les ressources de la Conseil général des hospices et secours deviennent de plus en plus insuffisantes. Un des principaux facteurs « provient de l’obligation faite aux hôpitaux d’accepter, outre les indigents bruxellois, tous ceux qui se trouvent “en état de nécessité” sur le territoire de la ville ». Pourtant il existe « une distorsion entre le coût réel de l’hospitalisation et le tarif du prix à la journée » remboursé par les communes. Les années 1880 semblent alors être celles d’un pic avec pour sommet les années 1886-1887 dans les problèmes financiers et il est demandé à tous les directeurs d’établissements de dresser la liste des économies possibles. Dickstein-Bernard Claire, « L’initiative communale… », op. cit., p. 387-389 ; ACPASB, Réunis, SE, Boîte 2, Lettre du Conseil à la directrice, 15 octobre 1886.

    299ACPASB, Sainte-Gertrude, SE, Boîte 11, Lettre du Conseil à la commission administrative du refuge de Sainte-Gertrude.

    300ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC la demande de pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie de voir modifier l’heure de rentrée », Lettre de pensionnaires au Conseil, 3 avril 1888.

    301KBR, Journaux, Volders Jean, « Les prisonniers des hospices », Le Peuple, 3 décembre 1887, p. 4.

    302ACPASB, Infirmerie, 150, « DC la demande de pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie de voir modifier l’heure de rentrée », Lettre des pensionnaires au Conseil, 17 août 1903.

    303ACPASB, Réunis, CC, 468, « Pensionnaires/Décès/Transfert/Congés », Congés accordés aux pensionnaires ; Pachéco, AG, 159, « DC congés accordés aux pensionnaires ».

    304ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Pensionnaires », Pensionnaires – Affaires diverses – (ne concerne qu’une seule personne), Lettre de la Veuve L. au Conseil, 4 mai 1838.

    305ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Pensionnaires qui ne logent point dans l’hospice, Correspondance entre le directeur et le Conseil, An 6 (1797)-1813.

    306ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Admissions et visites de personnes étrangères à l’établissement, Correspondance entre le directeur et le Conseil, 1810-1832.

    307ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Admissions et visites de personnes étrangères à l’établissement, Lettre du directeur au Conseil, 5 mai 1826.

    308Cette situation n’est pas propre à Bruxelles. Comme pour Pachéco, on retrouve à Paris les mêmes logiques inversées (et inattendues) dans des établissements accueillant des populations plus aisées. Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 222.

    309À noter l’exceptionnel pourcentage en 1869 à l’hospice de l’Infirmerie où presque un tiers des pensionnaires de l’hospice en sort (93 pensionnaires sur 342 au 1er janvier 1869). Les raisons expliquant ce taux anormal me sont restées inconnues.

    310ACPASB, AGP, Registre de placement aux Ursulines, 1859-1941 ; Registre de placement à Sainte-Gertrude, 1865-1935.

    311Mathilde Rossigneux-Méheust explique les possibilités de sortie comme la réversibilité du choix de l’entrée en hospice et par là, la possibilité laissée aux pensionnaires de choisir leur fin de vie. Par extension, elle lit à travers ce phénomène la liberté de manœuvre des usagers de l’hospice, plus ou moins grande selon leur origine sociale, et la distance qui s’opère entre eux et une population sans aucune ressource. Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 202-205.

    312ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827, Article 63.

    313ACPASB, Règlements, Réunis, 1843, Article 14.

    314ACPASB, AG, 9, « DC la question de la révision de divers règlements (Infirmerie-Pachéco-Réunis-Maternité) », Lettre de la directrice au Conseil, 14 mai 1897.

    315ACPASB, Règlements, Ursulines, 1877, Article 19.

    316ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Admissions et visites de personnes étrangères à l’établissement, Lettre du directeur au Conseil, 17 avril 1851.

    317ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « Direction an XIII-1861 », Lettre du directeur au Conseil, le 28 février 1812 ; « 1827-1859 », Lettre du directeur au Conseil, 1847 ; ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction –  Police de l’établissement », Admissions et visites de personnes étrangères à l’établissement, Lettre du directeur au Conseil, 17 avril 1851.

    318ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « Direction an XIII-1861 », Lettre du directeur au Conseil, le 28 février 1812.

    319La définition est tirée du Dictionnaire universel de la langue française avec le latin et l’étymologie, Paris, Firmin Didot Frères, 1851 (13e édition), p. 740.

    320Kalifa Dominique, Les bas-fonds : histoire d’un imaginaire, Paris, Seuil, 2013, p. 42-51.

    321ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « 1827-1859 », Lettre du directeur au Conseil, 23 novembre 1847.

    322ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « Direction an XIII-1861 », Lettre du directeur au Conseil, 28 février 1812 ; Résolution du Conseil, 23 novembre 1847. Ces mêmes associations sont retrouvées dans le cadre des hospices luxembourgeois vers la même époque : Archives Nationales Luxembourgeoises (ANL), Régime français, B-0611, « Administration de la Commission », Extrait du registre aux délibérations de la commission des Hospices civils, 10 prairial an XIII.

    323Voir notamment Castel Robert, « La discrimination négative. Le déficit de citoyenneté des jeunes de banlieue », Annales. Histoire, Sciences Sociales, no 4, 2006, p. 802-803 ; Clark John, Bugs and the Victorians, Londres, Yale University Press, 2009, p. 220.

    324À propos des logiques discursives de construction de l’altérité, voir notamment Huchard Cécile, « Figure animale et dissidence : quelques usages de l’altérité », Les Dossiers du Grihl, no 1, 2013 [https://dossiersgrihl.revues.org/5685], consulté le 20 décembre 2014 ; Mondada Lorenza, « La construction discursive de l’altérité », Traverse, no 3, 1996, p. 51-63.

    325Pour rappel, aux deux extrêmes des taux de mortalité, 84 pensionnaires meurent en moyenne par an à l’Infirmerie contre 2 pensionnaires décédées en moyenne par an à Pachéco.

    326ACPASB, Infirmerie, AG, 147, « DC Pensionnaires », Avis de décès de Sophie Rosalie D., 7 novembre 1853.

    327ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC Plainte à charge de M. le Directeur de l’hospice de l’Infirmerie, Dénonciation de M. Bochart, Décès de la pensionnaire V. Vve V. E. », Lettre du directeur au Conseil, le 28 février 1870.

    328ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC Plainte à charge de M. le Directeur de l’hospice de l’Infirmerie, Dénonciation de M. Bochart, Décès de la pensionnaire V. Vve V. E. », février 1870.

    329ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC Plainte à charge de M. le Directeur de l’hospice de l’Infirmerie, Dénonciation de M. Bochart, Décès de la pensionnaire V. Vve V. E. », Lettre du directeur au Conseil, 28 février 1870.

    330ACPASB, Sainte-Gertrude, 143, « DC la plainte formulée par le sieur V. pour le décès de son père », Lettre du Conseil d’Administration du refuge au Conseil, 27 juin 1878.

    331ACPASB, Sainte-Gertrude, 143, « DC la plainte formulée par le sieur V. pour le décès de son père », Lettre du Conseil au conseil d’administration du refuge, 30 juin 1878.

    332ACPASB, Inhumation, AG, 38, « DC le règlement communal sur les inhumations », Lettre du Collège des Bourgmestre et Échevins aux Bruxellois, 19 août 1881.

    333ACPASB, Sainte-Gertrude, AG, 243, « DC les secours divers alloués par le Conseil à ce refuge », Dossier concernant la fourniture de cercueils aux pensionnaires, Lettre du Comité de Charité au Conseil, 12 avril 1853.

    334Vovelle Michel, « Le deuil bourgeois. Du faire-part à la statuaire funéraire », Le Débat, no 12, 1981 (5), p. 60-82.

    335ACPASB, Réunis, CC, 468, Lettre du directeur au Conseil, 14 janvier 1839.

    336Voir notamment ACPASB, Pachéco, CC, 522, Lettre du directeur au Conseil, 5 fructidor an X (23 août 1802) ; Lettre du directeur au Conseil, 20 octobre 1812 ; CC, 517, « Abus à l’Hospice Pachéco », Correspondance relativement aux soustractions partielles d’effets mobilier des dames de Pachéco, Lettre du directeur au Conseil, 17 avril 1842 ; Affiches du Conseil pour l’hospice Pachéco, 25 mai 1842.

    337ACPASB, Réunis, CC, 468, « DC Pensionnaires/Affaires Diverses », Lettre du directeur au Conseil, 14 janvier 1839.

    338ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Abus à l’Hospice Pachéco », Correspondance relativement aux soustractions partielles d’effets mobilier des dames de Pachéco, Lettre du directeur au Conseil, 17 avril 1842.

    339ACPASB, Réunis, CC, 468, « Pensionnaires/Affaires Diverses », Résolution du Conseil, 25 janvier 1839.

    340ACPASB, Règlements, Pachéco, 1853, Article 20.

    341Malheureusement, aucune autre source que leur autorisation dans les règlements n’a été retrouvée concernant les hospices bruxellois. Pour une idée plus générale de la situation des oiseaux comme animal de compagnie voir entre autres Baldin Damien, Histoire des animaux domestiques : xixe-xxe siècles, Paris, Seuil, 2014, p. 53-57 ; Kete Kathleen, The Beast in the Boudoir. Petkeeping in Nineteenth-Century Paris, Berkeley, University of California Press, 1994, p. 56-75 ; Baratay Éric, Et l’homme créa l’animal : histoire d’une condition, Paris, Odile Jacob, 2003.

    342ACPASB, Réunis, SE, Boîte 2, Lettre de la directrice au Conseil, 2 octobre 1896 et 6 juillet 1911.

    343ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », DC Pensionnaires qui gardent des chiens dans l’hospice, Lettre du directeur au Conseil, 13 août 1813.

    344Ibidem.

    345Cette hiérarchisation opérée par le directeur de Pachéco rejoint les observations d’Éric Baratay et Damien Baldin à propos de la société du xixe siècle comme une société essentiellement cynophile. Baldin Damien, Histoire des animaux…, op. cit., p. 59-61. et Baratay Éric, Et l’homme créa…, op. cit., p. 343-351

    346ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », DC Pensionnaires qui gardent des chiens dans l’hospice, Lettre du directeur au Conseil, 25 avril 1826.

    347Ibidem.

    348Ibidem.

    349Ibidem.

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    1J’ai choisi le terme « personnage », inspiré de la métaphore théâtrale ou littéraire, pour rappeler la subjectivité du récit historique et rendre visible la structure narrative. Inspiré notamment de Ginzburg Carlo, Le fil et les traces. Vrai faux fictif, Verdier, Lonrai, 2010 (2006), p. 399.

    2Faure Olivier, Genèse de l’hôpital moderne. Les Hospices Civils de Lyon de 1802 à 1845, Lyon, Presses universitaires de Lyon ; Paris, Éd. du CNRS, 1982, p. 8-9.

    3Porter Roy, « The Patient’s View: Doing Medical History from below », Theory and Society, vol. 14, no 2, 1985, p. 175-198.

    4Majerus Benoît, « Surveiller, punir et soigner ? », Histoire, Médecin et Santé, no 7, 2015, p. 56.

    5Hamlett Jane, At Home in the Institution. Material Life in Asylums, Lodging Houses and Schools in Victorian and Edwardian England, Houndmills, Palgrave Macmillan, 2015, p. 8.

    6Faure Olivier, Genèse de l’hôpital…, op. cit., p. 9.

    7La citation se rapporte plus précisément aux relations de soins entre soignant et soignés mais j’ai considéré qu’elle pouvait être étendue aux différentes relations qui se déroulent dans les hospices. Jusseaume Anne, Marquis Paul et Rossigneux-Méheust Mathilde, « Le soin comme relation sociale : bilan historiographique et nouvelles perspectives », Histoire, Médecin et Santé, no 7, 2015, p. 13.

    8Hamlett Jane, Hoskins Lesley et Preston Rebecca (éd.), Residential Institution in Britain, 1725-1970, Londres, Pickering & Chatto, 2013, p. 8.

    9Jusseaume Anne, Marquis Paul et Rossigneux-Méheust Mathilde, « Le soin comme… », op. cit., p. 13.

    10Faure Olivier, Genèse de l’hôpital…, op. cit., p. 9.

    11Arrêté du préfet de la Dyle du 22 pluviôse an XI (11 février 1803) cité dans Moureaux-Van Neck Anne, « Assistance publique, 1856-1956 », in Arnould M.-A. et al., Recherches sur l’histoire des finances publiques en Belgique, (Acta historica Bruxellensia), Bruxelles, 1967, t. 1, p. 54-55.

    12Cette organisation exceptionnelle prend également place à Nivelles et à Louvain mais dans les autres localités belges, la commission des hospices civils d’une part et les bureaux de bienfaisance d’autre part conservent une gestion séparée. Moureaux-Van Neck Anne, « Assistance publique, 1856-1956… », op. cit. ; Dickstein-Bernard Claire, « L’initiative communale en matière hospitalière entre 1795 et 1940, et plus particulièrement à Bruxelles et dans les faubourgs de la capitale » in L’initiative publique des communes en Belgique, 1795-1940, 12e colloque international Spa, 4-7 sept. 1984 : actes, Bruxelles, Crédit Communal, 1986, p. 375-404 ; Pandectes belges. Encyclopédie de législation, de doctrine et de jurisprudences belges, Bruxelles, Larcier, 1889, t. 50, p. 179-380 ; Van Bemmel Eugène, Patria Belgica, Bruxelles, Bruylant-Christophe et Cie, 1873, t. 2, p. 125-150.

    13Van Bemmel Eugène, Patria Belgica…, op. cit., p. 136-137.

    14Pandectes belges. Encyclopédie…, op. cit., p. 257.

    15Ibidem, p. 255.

    16Ibidem, p. 258.

    17Il me faut remercier ici Tommy-Julie De Ganck et Valérie Leclercq sans qui la présentation de ces données n’aurait pas été possible. Le dépouillement des comptes moraux entre 1830 et 1908 relativement aux membres du Conseil général des hospices et secours s’est fait à six mains. ACPASB, CM, 1830-1908.

    18Au xixe siècle, le libéralisme se veut idéologiquement « une liberté en constante progression, que l’on ne peut arrêter dans sa marche », avec l’idée que « l’homme lui-même est capable de créer une société viable sans références divines ». En Belgique, cette tendance politique se place, au xixe siècle, dans la généalogie de la philosophie des lumières, à l’encontre d’une idéologie catholique souveraine. Elle se manifeste en une idéologie d’élite bourgeoise essentiellement urbaine dont Bruxelles est le centre nerveux. Witte Els, « La construction de la Belgique (1828-1847) », in Dumoulin Michel et al. (dir.), Nouvelle Histoire de Belgique, Bruxelles, Éditions Complexe, 2005, p. 146 et 157.

    19ACPASB, Personnel médical, « DC Georges Delbastée », Article du journal Le National, 20 novembre 1913.

    20Delwit Pascal, « La question sociale en Belgique après les émeutes de 1886 », in Rebérioux Madeleine (dir.), Fourmies et les premier mai, Ivry-sur-Seine, Les éditions de l’Atelier, 1994, p. 235.

    21ACPASB, CM, 1905.

    22Pandectes belges. Encyclopédie…, op. cit., p. 266.

    23Voir le chapitre i, p. 43.

    24Ludovic Saint-Vincent, Belgique charitable. Charité…, Bruxelles, Veuve Ferdinand Larcier Éditeur, 1893, p. 119.

    25En 1849, par exemple, le Conseil se réunit les 9, 12, 16, 19, 23, 26 et 30 janvier ainsi que les 2, 9, 13, 16, 20, 23 et 27 février. ACPASB, Registres des procès-verbaux du Conseil, 1849, vol. 1.

    26ACPASB, CM, 1830-1908 ; Classeur Administrateur [hors inventaire]. Dans l’ensemble, ces mêmes caractéristiques se retrouvent chez les administrateurs parisiens. Barillé Claire, Soigner et guérir. Des hôpitaux pour les travailleurs parisiens dans le second xixe siècle, thèse, université Paris-Ouest Nanterre-La Défense, 2007, p. 150, citée dans Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et mourir en institution au xixe siècle : genèse d’une relation d’assistance, thèse, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2015, p. 63.

    27ACPASB, Pachéco, CC, 522/2, « Comptabilité 1852 », Lettre des pensionnaires au Conseil, 16 septembre 1852.

    28ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827, Article 52 ; Réunis, 1843, Article 12.

    29Seulement une petite soixantaine de lettres écrites par ou écrites à l’initiative des pensionnaires portant sur leur séjour dans les hospices ont été retrouvées lors de nos recherches. Des lettres de demande d’admission sont, quant à elles, plus nombreuses, notamment au refuge Sainte-Gertrude mais n’ont pas fait l’objet d’un recensement exhaustif. ACPASB, Sainte-Gertrude, SE, Boîtes 86 et 96, « Dossiers Individuels de pensionnaires ».

    30Sur les 57 réclamations de pensionnaires retrouvées dans les archives, 31 émanent des pensionnaires des hospices Pachéco et Réunis. Si la conservation des archives des Ursulines de Sainte-Gertrude explique leur maigre représentation, l’impermanence des corps et des voix, moyens d’expression des individus pauvres des xviiie et xixe siècles, nous retire sans doute une partie importante des pratiques de réclamations des pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie pour lesquels la pratique de l’écrit est loin d’être évidente. Farge Arlette, Effusion et tourment. Le récit des corps. Histoire du peuple au xviiie siècle, Paris, Odile Jacob, 2007.

    31ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « 1827-1859 », Lettre du membre du Conseil Joseph Pootz au Conseil, 26 mars 1846.

    32ACPASB, Pachéco, AG, 159, « DC demande de modifier le nom de l’HP », Rapport au Conseil, 15 octobre 1913.

    33ACPASB, Personnel administratif, « DC Léon Bovy ».

    34ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Personnel », Direction, Lettre du directeur au Conseil, s. d. [1852].

    35ACPASB, Personnel administratif, « DC Jeanne Verlé, Épouse Van Fraeckem ».

    36ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Personnel administratif, Directeurs, Note Désahuguet Édouard J. J., s. d.

    37ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Personnel an XIII-1855 », Personnel administratif, DC la place vacante de l’Infirmerie, Lettre du membre du Conseil Gustave Washer au Conseil, 3 mai 1888.

    38ACPASB, Pachéco, AG, 159, « DC les paiements de pensions mensuels par la Direction de l’HP », Rapport au Conseil, 4 octobre 1888.

    39ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Directeurs – Bille 1827-1845, Rapport au Conseil, 1er mai 1827.

    40ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827, Article 1.

    41ACPASB, Réunis, CC, 468, « DC Direction », Lettre du Conseil au directeur, 18 mars 1864.

    42Seule la directrice Jeanne Verlé se marie au cours de son service mais aucun document ne mentionne l’occupation de son mari au sein de l’hospice, ce qui est pourtant systématique concernant les directeurs masculins. ACPASB, Personnel administratif, « DC Jeanne Verlé, Épouse Van Fraeckem », Faire-part de mariage, 19 juillet 1905.

    43ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Directeurs – Bille 1827-1845, Rapport au Conseil, 1er mai 1827.

    44ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Salaire et augmentations (1865-1927) [hors inventaire], « DC des augmentations du salaire du personnel subalterne des Établissements », Lettre du directeur au Conseil, 29 mai 1873.

    45ACPASB, Personnel administratif, « DC Léon Bovy », Rapport au Conseil, 12 avril 1888.

    46ACPASB, Réunis, AG, 167, « DC l’enquête faite relativement à des faits reprochés à la directrice des HR », 1878 ; Infirmerie, Séance du Conseil, 19 juin 1846.

    47ACPASB, Personnel administratif, « DC Kestens Henri Timothée », Lettre du Conseil au directeur, 21 juin 1864.

    48À noter en écho le même terme utilisé par la sociologue Iris Loffeier dans son analyse d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) en France, renvoyant à la permanence de ce trait caractéristique ? Loffeier Iris, Panser des jambes de bois ? La vieillesse comme catégorie d’existence et de travail en maison de retraite, Paris, Presses universitaires de France, 2015, p. 87-91.

    49ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Personnel an XIII-1855 », Personnel administratif, DC la place vacante de l’Infirmerie, Lettre du directeur de l’hospice de la maternité à Gustave Washer membre du Conseil, 1er mai 1888.

    50ACPASB, Réunis, CC, 468, « DC Direction », DC à la nomination d’un Directeur aux hospices réunis en remplacement de M. Van Merstraeten, démissionnaire. 1843, Lettre du directeur au Conseil, 11 octobre 1843.

    51ACPASB, Sainte-Gertrude, 143, « DC la plainte formulée par le sieur V. pour le décès de son père », Lettre du Conseil d’administration du refuge au Conseil, 27 juin 1878.

    52ACPASB, Infirmerie, AG, 146 « Règlements – Direction Anciennes béguines – Pensionnaires An XIII-1861 », Rapport du membre du Conseil De Buisseret à Mr Thiefry membre du Conseil, le 11 mars 1847.

    53ACPASB, Alexiens, CC, 462, « Personnel », Lettre des pensionnaires au Conseil, 10 mai 1827.

    54Montigny Edgar-André, « Vieillesse et indigence. À propos des prémisses des historiens de la vieillesse au Canada », Lien social et Politiques, no 38, 1997, p. 24.

    55ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827.

    56ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1860, Article 4.

    57SALMI Hannu, Nineteenth-Century Europe. A Cultural History, Cambridge, Polity Press, 2008, p. 10.

    58Ibidem, p. 31.

    59Jacques Catherine, « Bruxelles : un bastion libéral, franc-maçon et… féministe ? Les réactions catholiques (fin xixe-première moitié du xxe siècle) », Archives de sciences sociales des religions, no 165, 2014, p. 65 [http://assr.revues.org/25747 ; DOI:10.4000/assr.25747], consulté le 20 août 2016.

    60Cocriamont Marie, « Soigner les corps et les âmes. Les sœurs Augustines des hôpitaux Saint-Jean et Saint-Pierre à Bruxelles au xixe siècle », Sextant, no 3 (Femmes et médecine), 1995, p. 19-38.

    61Au-delà de l’assistance publique, il apparaît intéressant de rappeler que l’assistance à la vieillesse, contrairement à toutes les autres formes d’assistance majoritairement investies par l’assistance privée, est caractérisée par une participation plus importante de l’assistance publique. Dupont-Bouchat Marie-Sylvie, « La lutte contre… », op. cit., p. 576. Voir également la note 3, p. 11.

    62Les chapelles se retrouvent sur les plans de tous les hospices à l’exception du refuge Sainte-Gertrude, ce qui n’exclut pas pour autant sa présence. ACPASB, Cartes et plans, Plans A – planche 14 ; Archives de la Ville de Bruxelles (AVB), PPN K35, Plans du refuge des Ursulines, 1830, 1865 et 1892.

    63Ciboire : Vase sacré en forme de calice couvert, fait de métal précieux, où sont déposées les hosties consacrées destinées à la communion des fidèles.

    64ACPASB, Pachéco, CC, 522/1, « Inventaire Général du Mobilier existant à l’hospice », 1857, 1867, 1875, 1888 et 1891.

    65ACPASB, Infirmerie, AG, 155, « DC la demande d’achat d’une garniture en fleurs artificielles pour le service de la chapelle et la demande d’autorisation de pouvoir faire arranger une vieille garniture », 1892.

    66ACPASB, Infirmerie, CC, 153-154, Boîte 1, Lettre de la Députation Permanente au Conseil, 5 avril 1825.

    67ACPASB, Infirmerie, CC, 153-154, Boîte 1, Lettre du Conseil à Sa Majesté, 3 août 1825.

    68Coekelberghs Denis et Loze Pierre (dir.), Un ensemble néo-classique à Bruxelles : Le grand hospice et le quartier du Béguinage, Bruxelles, Institut royal du patrimoine artistique et ministère de la Communauté française, 1983, p. 71-72.

    69ACPASB, Pachéco, CC, 522/1, « DC inventaire général du mobilier existant à l’hospice », Inventaire, 9 octobre 1875.

    70ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « DC augmentation de traitement accordée au clergé du béguinage pour le service du culte à l’hospice », Résolutions du Conseil, 8 juin 1830 et 1er juillet 1866.

    71Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 30.

    72Van Malderghem Robert, Le refuge des vieillards aux Ursulines à Bruxelles 1805-1905, Bruxelles, G. Van Oest et Cie, p. 85.

    73Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 19-20.

    74En 1818, le nombre des sœurs de la congrégation de Saint-Augustin s’élève à 32 à l’hôpital Saint-Jean pour 226 lits. Leur nombre se limite à cinq pour l’hôpital Saint-Pierre, où, comme c’est le cas aux Ursulines, elles exercent une mission de surveillance. Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 21.

    75Van Malderghem Robert, Le refuge des…, op. cit., p. 85.

    76Voir le chapitre ii, p. 147.

    77Il faut noter par ailleurs la présence de curés au poste de directeur avant l’arrivée des sœurs et plusieurs hommes d’Église parmi les membres de la commission administrative du refuge. Notamment l’archevêque de Malines au moment de la création du refuge ou encore le curé Willaert de la paroisse de Sainte-Catherine dans les années 1850. Van Malderghem Robert, Le refuge des…, op. cit., p. 85.

    78ACPASB, Règlements, Ursulines, 1877, Article 13.

    79Van Malderghem Robert, Le refuge des…, op. cit., p. 83-84.

    80Ibidem, p. 96.

    81ACPASB, Ursulines, SE, Registre des punitions, 1839-1840.

    82Dickstein-Bernard Claire, « L’initiative communale… », op. cit., p. 392-393.

    83ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827.

    84ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1860, Article 39.

    85Voir le chapitre iv, p. 253.

    86Vander Rest J.-F., Aperçu historique sur les établissements de bienfaisance de la ville de Bruxelles, Bruxelles, Bols-Wittouck, 1860, p. 206.

    87ACPASB, Règlements, Ursulines, 1877, Article 14.

    88Van Malderghem Robert, Le refuge des…, op. cit., p. 147.

    89ACPASB, Règlements, Ursulines, 1901, Article 14 modifié.

    90Une seule plainte concernant l’éventuel prosélytisme des sœurs a été retrouvée. Mais celle-ci aboutit à un non-lieu. ACPASB, Ursulines, AG, 239, « DC l’enquête faite au sujet de l’abus constaté au RU dont les pensionnaires sont astreints à suivre les offices religieux », 1891.

    91Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 30.

    92Un important conflit d’autorité à la fin des années 1840 aboutit au déménagement de la maison mère de la congrégation en dehors de l’hôpital Saint-Jean. Les sœurs hospitalières continuent d’être employées dans les deux hôpitaux publics à partir de cette date-là mais dans une bien moindre mesure. Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 25-27.

    93Ibidem, p. 32.

    94Ibidem, p. 37.

    95Voir le chapitre ii, p. 122.

    96ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC les emblèmes religieux dans les salles de l’Infirmerie », Lettre d’un conseiller communal au Conseil, 28 décembre 1905 ; Lettre du directeur au Conseil, 4 janvier 1906.

    97La très grande majorité des patients admis dans les deux hôpitaux se qualifient de catholiques en 1878 (98,9 %) et en 1908 (98,4 %). ACPASB, CM, 1878, p. 149 et 1908, p. 88. Je remercie Valérie Leclercq d’avoir attiré mon attention sur cette précieuse information.

    98ACPASB, Réunis, CC, 468, « Personnel », Vicaires de la Chapelle, Lettre des vicaires généraux du diocèse de Malines au Conseil, 27 décembre 1831.

    99ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « DC la plainte faite par le curé du béguinage à charge de l’infirmier du service des gâteux et des cancéreux », Rapport au Conseil, 21 novembre 1890.

    100ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « Petits dossiers », Marie Josèphe M. expulsée, Lettre du directeur au Conseil, 17 mars 1839.

    101ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « DC la plainte faite par le curé du béguinage à charge de l’infirmier du service des gâteux et des cancéreux », Rapport au Conseil, 21 novembre 1890.

    102ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « DC la plainte faite par le curé du béguinage à charge de l’infirmier du service des gâteux et des cancéreux », Rapport au Conseil, 21 novembre 1890.

    103Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 36.

    104Leclercq Valérie, Guérir, travailler, désobéir. Une histoire des interactions hospitalières avant l’ère du « patient autonome » (Bruxelles, 1870-1930), thèse, Université libre de Bruxelles, p. 135-142.

    105ACPASB, Infirmerie, AG, 155, « Culte », Culte. Chapelle. Aumônier, Plainte concernant les obsessions dont un vieillard aurait été l’objet pour avoir refusé les secours de la religion, 1859 ; Réunis, CC, 468, « Personnel », Vicaires de la Chapelle, 1831 et 1840 ; SE, Boîte 2, Lettre du Conseil à la directrice, 29 août 1890.

    106Voir notamment Huisman Frank et Warner Harley John (éd.), Locating Medical History. The Stories and Their Meanings, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 2004.

    107Shortt Samuel, « The New Social History of Medicine: Some Implications for Research », Archivaria, no 10, 1980, p. 5-22.

    108Porter Roy, « The Patient’s View: Doing Medical History from below », Theory and Society, vol. 14, no 2, 1985, p. 175-198 et pour une contextualisation et bilan : Bacopoulos-Viau Alexandra et Fauvel Aude, « The Patient’s Turn Roy Porter and Psychiatry’s Tales, Thirty Years on », Medical History, no 60, 2016 (1), p. 1-18 [10.1017/mdh.2015.65], consulté le 27 novembre 2016.

    109Voir notamment Porter Roy, « The Patient’s View… », op. cit. ; Shorter Edward, Doctors and Their Patients: A Social History, New Brunswick, Transaction Publishers, 1991 ; Reaume Geoffrey, Remembrance of Patients Past: Patient Life at the Toronto Hospital for the Insane, 1870-1940, Don Mills Ont. et New York, Oxford University Press, 2000 ; Majerus Benoît, Parmi les fous. Une histoire sociale de la psychiatrie au xxe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2013.

    110ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1860, Articles 5, 42-48, 69, 71, 75, 77, 78.

    111Pour plus d’informations sur les statuts d’interne et externes à Bruxelles : Bardez Renaud, La Faculté de médecine de l’Université Libre de Bruxelles : entre création, circulation et enseignement des savoirs (1795-1914), thèse, Université libre de Bruxelles, 2016, p. 47-51.

    112ACPASB, CM, 1877, p. 200.

    113Voir notamment Weisz George, Divide and Conquer. A Comparative History of Medical Specialization, Oxford, Oxford University Press, 2005.

    114ACPASB, Règlements, Service médical des hôpitaux et hospices, 1890.

    115ACPASB, Registres des procès-verbaux du Conseil, Résolution du Conseil, 14 juin 1850.

    116En 1831, le directeur de l’hospice de l’Infirmerie reçoit annuellement 945 francs, les médecins 500 francs contre 54 francs pour les domestiques infirmiers et infirmières. ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Personnel subalterne An XIII-1854, Employés, gens de peine et Concierge, État nominatif des Employés et Gens de peine attachés au service du Nouvel hospice de l’Infirmerie, 28 septembre 1831.

    117ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Nomination de Mr Marinus, Médecin de l’établissement pour un nouveau terme de cinq ans (Résolution du 31 Xbre 1847)/Contestation Survenue par suite du Changement de domicile (extra-muros) de Mr Marinus/Mr Pigeolet nommé en remplacement (Résolution du 31 Mars 1848) », Gazette médicale belge, 30 avril 1848, p. 71.

    118Ibidem.

    119ACPASB, Réunis, CC, 468, « Service de santé », Dossier relatif à la demande faite par Mr Georges Médecin tendant à obtenir une augmentation de traitement, Lettre du médecin Georges au Conseil le 28 décembre 1842.

    120ACPASB, Réunis, SE, Boîte 1, Lettre du Conseil à la directrice, 21 novembre 1876.

    121Le régime en place aux deux refuges est moins bien connu. Il est fort à parier que ces fonctions aient été exercées gratuitement dans un esprit de philanthropie. Par ailleurs, l’exercice de la fonction de chirurgien à Sainte-Gertrude pendant plus de trente ans par le docteur Jules Félix (1873-1910) indique la longueur de la fonction. Van Holsbeek Henri, Histoire de l’hospice des vieillards de Sainte-Gertrude de Bruxelles, Bruxelles, Imprimerie et lithographie de A.-L. Baumeister, 1864, p. 21 et ACPASB, Sainte-Gertrude, AG, 244, « DC la demande de distinction civique pour M. M. les drs Félix et Corten du RSG », 1899.

    122Dickstein-Bernard Claire, « Les hôpitaux de Bruxelles au xixe siècle », Sextant, no 3 (Femmes et médecine), 1995, p. 14.

    123Vander Rest J.-F., Aperçu historique sur…, op. cit., p. 160 ; ACPASB, Registres des procès-verbaux, 1850, vol. 1, Résolutions du Conseil, 4 janvier 1850.

    124ACPASB, Réunis, CC, 468, « Service de santé », Demande pour la place de Médecin de l’hospice réunis, 1836 ; Pachéco, CC, 517, « Service de santé », Demandes pour la place de Médecin de l’hospice de Pachéco (Noms et adresses de 10 médecins), 1836.

    125Bardez Renaud, La Faculté de…, op. cit., p. 413.

    126Bardez Renaud, La Faculté de…, op. cit., p. 119.

    127ACPASB, Réunis, AG, 167, « DC la fixation de l’heure de la visite médicale aux HR », Résolution du Conseil, 11 juin 1909.

    128ACPASB, Pachéco, CC, 517, « DC Mr Ricquier Médecin », Lettre de Ricquier au Conseil, 29 avril 1853.

    129Ibidem ; ACPASB, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », Rapport au Conseil, 9 mars 1875.

    130ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1860, Article 45.

    131Dickstein-Bernard Claire, « Les hôpitaux de…, op. cit., p. 14.

    132Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 522.

    133Voir Encart 1, p. 29 et le chapitre iv, p. 238.

    134Cette formulation se retrouve sur la plupart des documents de médecins prononçant le transfert des pensionnaires de Pachéco et des Réunis. Voir entre autres ACPASB, Réunis, CC, 468, « Pensionnaires/Décès/Transfert/Congés ».

    135Voir notamment ACPASB, Réunis, CC, 468, « Service de Santé », Dossier relativement à la nomination d’un chirurgien aux hospices réunis en remplacement de Mr D’Allecourt, décédé, Lettre du Conseil aux médecins et chirurgiens, 19 décembre 1848 ; « Pensionnaires/Décès/Transfert/Congés », Avis de décès en 1852, Lettre du Conseil au directeur, 12 octobre 1852 ; Pachéco, AG, 158, Lettre du Conseil au directeur, 6 janvier 1860.

    136ACPASB, Pachéco, CC, 517, Lettre de V. au Conseil, 28 octobre 1855 ; AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC transferts de dames à l’Hospice de l’Infirmerie, Lettres des pensionnaires au Conseil, 5 mars 1869.

    137La référence concerne toutes les citations du paragraphe : ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC les instructions données au directeur et au médecin de l’HP concernant le transfert des pensionnaires à l’H Saint Pierre, Lettre du médecin au Conseil, 6 octobre 1871.

    138Bardez Renaud, La Faculté de…, op. cit., p. 198.

    139Ibidem, p. 196.

    140Ibidem, p. 197.

    141Lellouch Alain, « Gérocomie, gériatrie, gérontologie (1799-2000) : deux siècles d’histoire », in Voyage au pays de Gérousie. Le grand âge en institution, xixe-xxe siècles, catalogue de l’exposition organisée par le musée de l’Assistance publique – hôpitaux de Paris entre octobre 2007 et juin 2008, Paris, musée de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris, 2007, p. 77.

    142Lellouch Alain, Jean Martin Charcot et les origines de la gériatrie, Paris, Payot, 1993, p. 231-258.

    143Un même constat est établi dans Benoît-Lapierre Nicole, Cevasco Rithée et Zafiropoulos Markos, Vieillesse des pauvres, les chemins de l’hospice, Paris, Éd. ouvrières, 1980, p. 152.

    144ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC les mesures proposées par M. le Dr Lebrun pour améliorer les installations et le service chirurgical, Lettre du médecin A. Lebrun au Conseil, 16 octobre 1887.

    145ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Affaires orthopédiques. bandages herniaires. Prothèses », 1869-1902 ; « Achats d’Instruments et d’appareils », 1862-1907.

    146ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC les mesures proposées par M. le Dr Lebrun pour améliorer les installations et le service chirurgical, Lettre du Conseil au directeur, 2 novembre 1887.

    147Lellouch Alain, Jean-Martin Charcot et…, op. cit., p. 249 et Bardez Renaud, La Faculté de…, op. cit., p. 165.

    148Bardez Renaud, La Faculté de…, op. cit., p. 163.

    149Ibidem, p. 167.

    150ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Achat d’instruments et d’appareils. 1864-1880 », Achat d’un microscope, d’un larynsoscope et d’un speculum du docteur Sim, Lettre du médecin Jules d’Udekem au Conseil, s. d. [circa 1863].

    151ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Achat d’instruments et d’appareils. 1864-1880 », Achat d’un microscope, d’un larynsoscope et d’un speculum du docteur Sim, Rapport au Conseil, 1er octobre 1863.

    152ACPASB, Infirmerie, AG, 155, « DC Achats divers », Lettre du directeur au Conseil, 21 avril 1887.

    153ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Achat d’instruments et d’appareils. 1864-1880 », DC l’achat de divers instruments demandés par Mr Le Dr Verhoogen, Lettre du médecin Verhoogen au Conseil, 12 février 1903.

    154Voir notamment laqueur Thomas, « Bodies, Death, and Pauper Funerals », Representations, no 1, 1983, p. 123-124.

    155Chamayou Grégoire, Les corps vils. Expérimenter sur les êtres humains aux xviiie et xixe siècles, Paris, La Découverte, 2008.

    156Leclercq Valérie, Guérir, travailler, désobéir…, op. cit., p. 200.

    157Ibidem.

    158Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 557.

    159Leclercq Valérie, Guérir, travailler, désobéir…, op. cit., p. 203.

    160À noter qu’en 2016, une autopsie ne se pratique qu’en cas de demande spécifique du médecin qui constate le décès. Entretien avec Laura Verstraeten, médecin généraliste, 15 septembre 2016. AVB, Bienfaisance publique, S. 104-1, Lettre du Conseil au Collège des Bourgmestre et Échevins, 17 avril 1895.

    161ACPASB, Autopsie, AG, 107, Rapport sur l’organisation du service des autopsies dans les hôpitaux de Bruxelles, s. d.

    162ACPASB, Autopsie, AG, 107, Rapport sur l’organisation du service des autopsies dans les hôpitaux de Bruxelles, s. d.

    163ACPASB, Autopsies, AG, 107, « DC l’organisation d’un service d’autopsie », Extrait du registre des procès-verbaux des séances du Conseil, 7 mai 1878.

    164ACPASB, Autopsies, AG, 107, « DC le rapport fait par M. le Dr Wehenkel sur le service des autopsies depuis sa création », Rapport de M. Wehenkel sur le fonctionnement du service des autopsies au Conseil, 28 décembre 1879.

    165ACPASB, Autopsies, AG, 107, « DC l’organisation d’un service d’autopsie », Extrait du registre des procès-verbaux des séances du Conseil, 7 mai 1878.

    166ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC les modifications du service de l’hospice de l’Infirmerie proposées par M. le Dr Stiénon 1881, Lettre du médecin Stiénon au Conseil, novembre 1881.

    167ACPASB, Infirmerie, Série Travaux (ST), Boîte 9, « DC l’aménagement d’un dépôt mortuaire plus décent que celui existant », Note pour le Conseil, 31 juillet 1909.

    168Ibidem.

    169Voir le chapitre iv, p. 249.

    170Pessaire : Dispositif introduit dans le vagin pour maintenir l’utérus dans sa position normale.

    171Voir le chapitre iii, p. 206.

    172ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC la plainte de Mme B., pensionnaire de Pachéco au sujet de la manière dont a lieu la visite médicale à l’établissement », Lettre de Mme B. au directeur, 6 mai 1901.

    173ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Pensionnaires – Affaires diverses – (ne concerne qu’une seule personne), Lettre du directeur au Conseil, 3 avril 1840.

    174ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC la réclamation de M. Dantz parce qu’une pensionnaire de l’HP a fait appel aux soins d’un praticien étranger », Lettre du médecin Dantz au Conseil, 13 janvier 1897.

    175ACPASB, Pachéco, CC, 522/2, « Comptabilité 1849 », Rapport médical, 1849.

    176ACPASB, Réunis, AG, 167, « DC la demande de M. le Dr Donckers pour que la directrice des HR soit présente à sa visite médicale », Séance du Conseil, 20 juin 1888.

    177ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Pensionnaires – Affaires diverses – (ne concerne qu’une seule personne), Lettre du directeur au Conseil, 3 avril 1840 ; « Service de santé », Médecins et Chirurgiens, Lettre du directeur au Conseil, 14 janvier 1830 ; 522/2, « Comptabilité 1850 », Lettre de la pensionnaire D. au Conseil ; AG, 158, « DC la plainte de Mme B., pensionnaire de P au sujet de la manière dont a lieu la visite médicale à l’établissement », 1901 ; Réunis, AG, 167, « DC la demande de M. le Dr Donckers pour que la directrice des HR soit présente à sa visite médicale », Séance du Conseil, 20 juin 1888.

    178Mathilde Rossigneux-Méheust arrive à la même conclusion concernant les différents établissements parisiens qu’elle étudie. Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 518.

    179Leclercq Valérie, Guérir, travailler, désobéir…, op. cit., p. 174-178.

    180ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC les modifications du service de l’hospice de l’Infirmerie proposées par M. le Dr Stiénon 1881, Lettre du médecin Stiénon au Conseil, novembre 1881.

    181ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC la visite médicale des pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie admises dans la catégorie des transférées de Pachéco et dans celle des transférées des Réunis », Lettre du directeur au Conseil, 29 novembre 1887.

    182Leclercq Valérie, Guérir, travailler, désobéir…, op. cit., p. 245.

    183Dans les archives, les expressions « personnel subalterne » et « gens de peine » désignent toutes deux le personnel domestique, expression moins utilisée à l’époque. Compris dans cet ensemble, « fille de peine » s’associe à « servante » pour désigner le personnel féminin et « homme de peine » à « domestique » pour le personnel masculin. Dans le texte qui suit, « domestique » désigne en même temps les individus masculins mais parfois l’ensemble de ce personnel.

    184ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC le chef de bureau de la Bienfaisance chargé de faire rapport trimestriellement sur les pensionnaires de l’HP dont l’état laisserait à désirer, Avis concernant la pensionnaire V. S., 27 avril 1868.

    185ACPASB, Règlements, Sainte-Gertrude, 1887, Article 14.

    186ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Personnel subalterne An XIII-1854 – Employés, gens de peine et Concierge, État nominatif des Employés et Gens de peine attachés au service du Nouvel hospice de l’Infirmerie, 28 septembre 1831 ; AG, Personnel subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC personnel domestique », DC la question des infirmiers. Salaire du personnel, État des gens de peine au service de l’Hospice, 20 août 1895 ; DC L’augmentation des gages du personnel domestique, Tableau du Personnel domestique dans divers établissements, 1er novembre 1906.

    187Un dossier concernant plus particulièrement l’hospice de l’Infirmerie dans les liasses sur le personnel subalterne contient des fiches reprenant les admissions et sorties mensuelles des domestiques ayant quitté l’établissement entre 1894 et 1898. Sans pouvoir connaître la représentativité de ce corpus, l’ensemble des fiches retrace le parcours de 160 individus. Je les ai considérés comme un échantillon digne d’attention. ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1894-1918) [hors inventaire], « Infirmerie », Mutations survenues dans le personnel domestique, 1894 et 1898.

    188Piette Valérie, « Des “infirmières” avant les infirmières. Le personnel soignant laïque dans les hôpitaux bruxellois au xixe siècle », Sextant, no 3 (Femmes et médecine), 1995, p. 39-59 ; Moubax Inès, Le « personnel subalterne » des hôpitaux et hospices bruxellois. Une contribution à l’histoire de la domesticité à Bruxelles au xixe siècle, mémoire, Université libre de Bruxelles, 2009.

    189Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 47-48.

    190ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Proposition d’augmentations (1865-1927) [hors inventaire], « DC l’autorisation d’engager des domestiques mariés », Lettre du Conseil aux directions des hospices de l’Infirmerie, Pachéco et Réunis, 18 septembre 1906.

    191ACPASB, AG, Infirmerie, 153, « DC Infirmerie : Personnel an XIII-1855 », Personnel subalterne An XIII-1854, DC Employés, gens de peine et Concierge, Lettre du directeur au Conseil, 16 août 1830.

    192Un dossier concernant plus particulièrement l’hospice de l’Infirmerie dans les liasses sur le personnel subalterne contient des avis sur les sorties des domestiques entre 1894 et 1904 et notamment les causes de leur départ. Sans pouvoir connaître la représentativité de ce corpus, l’ensemble de ces avis concerne le parcours de 152 individus (recoupant largement les individus repris dans les mutations mensuelles). Je les ai considérés comme un échantillon digne d’attention. ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1902-1904) [hors inventaire], « Infirmerie », Avis de sorties des domestiques, 1894 et 1904.

    193Seuls 29 avis de départ en précisent les causes. Parmi ceux-ci, onze cas concernent des mariages, onze des refus de service, six cas un nouvel emploi et un cas concerne une maladie qui oblige à quitter le service. ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1902-1904) [hors inventaire], « Infirmerie », Avis de sorties des domestiques, 1894 et 1904.

    194Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 47 et 59.

    195ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1902-1904) [hors inventaire], « Infirmerie », Avis de sorties des domestiques, 1894 et 1904.

    196Piette Valérie, Domestiques et servantes. Des vies sous condition. Essai sur le travail domestique en Belgique au xixe siècle, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 2000, p. 169.

    197Ibidem, p. 172.

    198ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827, Article 10 ; 1860, Article 17.

    199ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC mesures prises pour l’engagement de nouveaux sujets », Lettre du directeur au Conseil, 4 septembre 1893.

    200ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC les réductions du personnel domestique dans les divers établissements. 1885 », Note concernant le personnel domestique de l’hospice de l’Infirmerie, 13 novembre 1885.

    201ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Personnel – An XIII-1900 », Personnel médical, Lettre du directeur au Conseil, 26 novembre 1808 ; Prescription de Faro à une infirmière, 7 mai 1852 ; Rapport du Conseil, 28 octobre 1850 ; Lettre du directeur au Conseil, 11 septembre 1907 ; Rapport au Conseil, le 28 octobre 1890.

    202ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827, Article 37 ; ACPASB, Infirmerie, CC, 507, « Projet pour l’établissement du gaz », 1849-1851.

    203Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 119. et ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « DC la plainte faite par le curé du béguinage à charge de l’infirmier du service des gâteux et des cancéreux », Rapport au Conseil, 21 novembre 1890.

    204Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 120 ; ACPASB, Infirmerie, CC, 482, « DC service de veille dans le pavillon des incurables », Lettre du directeur au Conseil, 25 novembre 1854.

    205Le même constat est dressé concernant les infirmières psychiatriques de l’hôpital Brugmann au xxe siècle. Majerus Benoît, Parmi les fous…, op. cit., p. 106-107.

    206Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 45.

    207ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Proposition d’augmentations (1865-1927) [hors inventaire], « DC les augmentations de salaires accordés au personnel domestique », Lettre des domestiques des deux hôpitaux et de l’hospice de l’Infirmerie au Conseil, s. d. (reçue le 12 mai 1876).

    208ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Personnel an XIII-1855 », Personnel subalterne An XIII-1854, Dossier des demandes à la place de Concierge vacante par le décès du nommé Pierre Joseph Houdar remplacé par le nommé Charles Piraux ; Lettre de l’infirmier Henri F., 9 avril 1844 ; Personnel Subalterne. Proposition d’augmentations (1865-1927) [hors inventaire], « DC les augmentations de salaires accordés au personnel domestique », Lettre des domestiques des deux hôpitaux et de l’hospice de l’Infirmerie au Conseil, s. d. (reçue le 12 mai 1876) ; Lettre du directeur au Conseil, 18 janvier 1877 ; Lettre anonyme au Conseil, 20 décembre 1876.

    209ACPASB, Infirmerie, CC, 482, « DC le service de veille dans le pavillon des incurables », 1854 ; AG, 149, « DC la question de l’organisation d’un service de garde à l’hospice de l’Infirmerie », 1899.

    210Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 115.

    211ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Salaires et augmentation (1865-1917) [hors inventaire], « DC personnel domestique », DC L’augmentation des gages du personnel domestique, Correspondances, 1867 ; Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 115-118.

    212ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC personnel domestique », DC la question des infirmiers. Salaire du personnel, État des gens de peine au service de l’Hospice, 20 août 1895.

    213Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 109.

    214Cette chronologie belge est plus tardive que les pays voisins anglais, suisse et allemand. Arguello Javier, « L’introduction du nursing laïque en Belgique (1882-1914). D’une vocation à l’émergence d’une profession », Sextant, no 3 (Femmes et médecine), 1995, p. 61-82.

    215Piette Valérie, « Des “infirmières” avant…, op. cit., p. 40 ; Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 94 ; Knibiehler Yvonne (dir.), Cornettes et blouses blanches. Les infirmières dans la société française (1880-1980), Paris, Hachette, 1984 ; Majerus Benoît, « Surveiller, punir et… », op. cit., p. 56-59.

    216Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 113.

    217ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC les instructions à M. les chefs d’établissements de conserver les certificats de moralité dont les domestiques doivent être porteurs », Lettre du Conseil au directeur, 12 septembre 1893.

    218ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC les directeurs des établissements doivent engager dans la mesure du possible des domestiques connaissant les deux langues », 1894.

    219ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC l’examen médical préalable à leur engagement des personnes qui se présentent pour faire partie du personnel de l’hospice de l’Infirmerie », 1906.

    220ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissements (1894-1918) [hors inventaire], Note au crayon sur un avis d’admission, 28 octobre 1896.

    221L’école professionnelle des Infirmiers et Infirmières laïques est créée par César de Paepe à Bruxelles en 1887. À destination des classes populaires, la formation offre des leçons théoriques pour former des gardes-malades. Ceux-ci sont alors employés chez les particuliers et les hôpitaux de Schaerbeek, Laeken et Ixelles. Arguello Javier, « L’introduction du… », op. cit., p. 68 ; ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC la question des infirmiers », Rapport au Conseil, 8 août 1895.

    222ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC la question des infirmiers », Rapport au Conseil, 8 août 1895.

    223Cocriamont Marie, « Soigner les corps… », op. cit., p. 34-36.

    224Arguello Javier, « L’introduction du… », op. cit.

    225Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 39.

    226« Discours de Depage sur les infirmières laïques au conseil communal de la ville de Bruxelles », Bulletin communal, 1909, t. 1, p. 1149. Cité dans Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 39-40.

    227Piette Valérie, « Des “infirmières” avant… », op. cit., p. 48.

    228ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC la visite médicale des pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie admises dans la catégorie des transférées de Pachéco et dans celle des transférées des Réunis ». Rapport au Conseil, 29 novembre 1887.

    229Cérat : Préparation à base de cire et d’huile, à usage externe, dont les propriétés diffèrent selon les substances qu’on y ajoute. Médicaments destinés à l’usage externe, équivalents des pommades, dans lesquels l’excipient gras est formé d’un mélange de cire et d’huile.

    230Ibidem.

    231ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC la visite médicale des pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie admises dans la catégorie des transférées de Pachéco et dans celle des transférées des Réunis ». Rapport au Conseil, 29 novembre 1887.

    232Piette Valérie, Domestiques et servantes…, op. cit., p. 147-239.

    233Ibidem, p. 327-448.

    234ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Personnel », Employés divers, gardes-malades, etc., Lettre du directeur au Conseil, 5 juin 1809.

    235ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Personnel », Employés divers, gardes-malades, etc., Lettre du directeur au Conseil, 10 août 1833.

    236ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC D. B. Mélanie. Il y a lieu de tenir compte de ses années de service à l’Hospice de l’Infirmerie pour la fixation de son salaire à l’HP », Lettre du directeur au Conseil, 5 mars 1900.

    237Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 47-48.

    238Au xixe siècle, les domestiques wallonnes sont d’ailleurs souvent plus recherchées et mieux payées que les flamandes. Piette Valérie, Domestiques et servantes…, op. cit., p. 161-163.

    239Moubax Inès, Le « personnel subalterne »…, op. cit., p. 44-46.

    240Ibidem, p. 44 et ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Par établissement (1902-1904) [hors inventaire], « Pachéco », Avis de sorties des domestiques, 1903.

    241ACPASB, Pachéco, CC, 522/1, « DC inventaire général du mobilier existant à l’hospice », Inventaire, 9 octobre 1875 ; Réunis, CC, 470, « DC inventaire général du mobilier existant à l’hospice », Inventaire, 1er janvier 1858 et 1er mai 1871.

    242ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC servantes, filles de peine, concierge, Lettre du Conseil au Collège des Bourgmestre et Échevins, 30 mars 1858 ; Réunis, AG, 167, « DC l’augmentation de la rétribution pécuniaire et du salaire des servantes », Rapport au Conseil, 21 novembre 1867 ; SE, Boîte 1, Lettre du Conseil à la directrice, 5 septembre 1873 ; Lettre du Conseil à la directrice, 31 décembre 1875.

    243ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC servantes, filles de peine, concierge, Lettre du Conseil au Collège des Bourgmestre et Échevins, 30 mars 1858.

    244ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco », Lettre du Conseil à la directrice, 20 février 1891.

    245Pour rappel, les pensionnaires de Pachéco, qui sont les mieux rétribuées, reçoivent, de 1842 à 1872, 65 centimes par jour, soit 19,5 francs par mois et ensuite 75 centimes par jour, soit 22,5 francs par mois. Voir le chapitre i, p. 56.

    246ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Personnel », Employés divers, gardes-malades, etc., Lettre du directeur au Conseil, 29 septembre 1831 ; « DC Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements (25 mars 1853), Projet de Règlement pour les Infirmieres, la Portiere, et les Pensionnaires de l’hospice Pachéco, 15 avril 1819 ; « Affaires diverses », Séance du Conseil : Aperçu des principaux objets à fournir aux filles de service au nouvel hospice de Pachéco, 4 août 1835 ; AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », Lettre de la directrice au Conseil, 16 novembre 1890.

    247ACPASB, Règlements, Pachéco, Article 6.

    248ACPASB, Réunis, CC, 468, « DC Service de santé », Lettre du médecin Georges à la directrice, 1er octobre 1844.

    249ACPASB, Réunis, SE, Boîte 3, Composition du personnel infirmier et domestiques, s. d. [3 novembre 1903].

    250ACPASB, Pachéco, CC, 517, « DC Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements (25 mars 1853), Lettre du directeur au Conseil, 11 août 1843.

    251ACPASB, Pachéco, AG, 159, « DC les mesures à prendre pour l’entretien et la nourriture à l’H de l’Infirmerie des pensionnaires infirmes de l’HP », 1898.

    252ACPASB, Pachéco, CC, 517, « DC Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements (25 mars 1853), Projet de Règlement pour les Infirmieres, la Portiere, et les Pensionnaires de l’hospice Pachéco, 15 avril 1819.

    253ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », Lettre de la directrice au Conseil, 16 novembre 1890.

    254ACPASB, Règlements, Pachéco, 1853, Article 29 ; Réunis, 1843, Article 29.

    255ACPASB, Pachéco, CC, 517, « DC Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements (25 mars 1853), Projet de Règlement pour les Infirmieres, la Portiere, et les Pensionnaires de l’hospice Pachéco, 15 avril 1819.

    256Ibidem.

    257Ibidem.

    258ACPASB, Pachéco, AG, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements, Lettre du directeur au Conseil, 11 août 1843.

    259ACPASB, Règlements, Sainte-Gertrude, 1887, article 17 ; Infirmerie, 1860, Article 81 ; Pachéco, 1843, Articles 21-22.

    260ACPASB, Pachéco, AG, 159, « DC la plainte anonyme à charge des domestiques », Lettres des pensionnaires au Conseil, 1er et 13 décembre 1898 ; CC, 522/2, « Comptabilité 1849 », Rapport annuel du médecin, 1849 ; 517 « DC des abus à l’hospice », Rapport au Conseil, 24 avril 1850 ; Réunis, AG, 168, « DC le charbon délivré aux pensionnaires », Lettre du Conseil à la directrice, 1er décembre 1868.

    261ACPASB, Réunis, AG, 168, « DC le charbon délivré aux pensionnaires », Lettre du Conseil à la directrice, 1er décembre 1868.

    262ACPASB, Pachéco, CC, 517 « DC des abus à l’hospice », Rapport au Conseil, 24 avril 1850.

    263Au xixe siècle, il est en effet courant que les pensionnaires des hospices travaillent dans et pour leur établissement de prise en charge. Voir notamment Salaün Ramalho Françoise, « Entre obligation sociale et occupation thérapeutique : le travail des vieillards dans les hospices parisiens aux xixe et xxe siècles », in Voyage au pays…, op. cit., p. 92-104.

    264Van Holsbeek Henri, Histoire de l’hospice…, op. cit., p. 49.

    265ACPASB, Règlements, Sainte-Gertrude, 1887, Article 13.

    266Ibidem, Article 14.

    267ACPASB, AG, Personnel Subalterne. Généralités (1875-1906) [hors inventaire], « DC les réductions du personnel domestique dans les divers établissements. 1885 », Lettre du Conseil au directeur, 13 novembre 1885.

    268ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC les renseignements demandés par les hospices de Saint Josse au sujet de l’Hospice de l’Infirmerie », Lettre du directeur au Conseil, le 26 mars 1910.

    269Ibidem.

    270ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC l’indemnité mensuelle de 5 frs au pensionnaire chargé du service du massage de M. le Dr Lebrun, 1893.

    271ACPASB, Infirmerie, AG, 146 « Règlements – Direction Anciennes béguines – Pensionnaires An XIII-1861 », Lettre du directeur au Conseil, le 9 octobre 1880.

    272Van Holsbeek Henri, Histoire de l’hospice…, op. cit., p. 49.

    273ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Organisation des services médicaux 1881-1893 », DC l’indemnité mensuelle de 5 frs au pensionnaire chargé du service du massage de M. le Dr Lebrun, 1893.

    274ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC l’indemnité à allouer par l’hospice de l’Infirmerie aux pensionnaires employées comme servantes en attendant l’engagement des filles de service », Lettre du directeur au Conseil, 21 février 1913.

    275À titre indicatif, le pain de ménage se vend en 1865 entre 28 et 29 centimes le kilogramme. Estimée à 1 kg par jour par adulte, la consommation de pain revient à une dépense mensuelle qui varie entre 8,4 et 8,99 francs. Bulletin communal de la ville de Bruxelles, t. 1, part. 6, 1865, p. 512 [http://www.bruxelles.be/Colossus/BulletinsCommunaux/Bulletins/Documents/Bxl_1865_Tome_II1_Part_6.pdf] (erreur en 2025), consulté le 15 décembre 2016.

    276ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC l’indemnité à allouer par l’hospice de l’Infirmerie aux pensionnaires employées comme servantes en attendant l’engagement des filles de service », 1905-1909 ; Personnel Subalterne. Salaire et augmentations (1865-1927) [hors inventaire], « DC des augmentations du salaire du personnel subalterne des Établissements », Lettre du Conseil au directeur de l’Infirmerie, 27 janvier 1905.

    277ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC la demande de pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie de voir modifier l’heure de rentrée », DC modifications au règlt de l’Infirmerie en ce qui concerne les heures de sortie des pensionnaires, Lettre du directeur au Conseil, 6 février 1891.

    278ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Dossier suite », DC la réclamation des pensionnaires repasseuses de l’Hce de l’Infirmerie, Lettre des pensionnaires de l’atelier de couture au Conseil, 23 juillet 1909.

    279ACPASB, Infirmerie, AG, 154, « Succursale des hôpitaux 1871-1911 », DC des autorisations de sorties accordées à des succursalistes, État des succursalistes qui rendent des services à l’établissement, 9 avril 1877.

    280ACPASB, Infirmerie, AG, 153, « Dossier concernant les punitions infligées à V. Emmanuel et D. François », Lettre du directeur au Conseil, 3 décembre 1888.

    281Dickstein-Bernard Claire, « L’initiative communale… », op. cit., p. 387-388.

    282« Entre-personnage » est une déclinaison librement interprétée de l’« entre-lieu » de Philippe Artières. À l’image des portes dont il est le gardien, le concierge se situe en marge du personnel domestique par ses fonctions et son statut particulier. Artières Philippe, Rêves d’histoire, Paris, Gallimard, 2014, p. 112-115.

    283ACPASB, Infirmerie, ST, Boîte 9, « DC Cour et entrée », DC l’examen de la situation du concierge Malderez de l’HI (1913), Rapport au Conseil, 9 août 1913.

    284ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC le règlement de l’hospice Pachéco (DIVERS) », DC décès du Sr Antoine Dutilloeul, concierge à l’HP nomination de Vandevelde, Note au Conseil, 30 mai 1864.

    285ACPASB, Infirmerie, ST, Boîte 9, « DC Cour et entrée », DC l’examen de la situation du concierge Malderez de l’HI (1913), Rapport au Conseil, 9 août 1913.

    286ACPASB, Pachéco, CC, 517, « DC Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Hospice Pachéco – Anciens règlements et projet de nouveaux règlements (25 mars 1853), Projet de Règlement pour les Infirmieres, la Portiere, et les Pensionnaires de l’hospice Pachéco, 15 avril 1819.

    287ACPASB, Pachéco, CC, 522/2, « Comptabilité 1845 », Lettre du directeur au Conseil, s. d. [novembre 1845].

    288ACPASB, Règlements, Infirmerie, Sainte-Gertrude, Ursulines, Hospices-Réunis, Pachéco.

    289ACPASB, Infirmerie, AG, 151, « DC Correspondance relative à la demande faite pour pouvoir débiter du café, des liqueurs », Lette du concierge au Conseil, s. d. [1842].

    290ACPASB, Pachéco, AG, 158, « DC la plainte de Mme B. pensionnaire de l’hospice de l’Hospice Pachéco (question de dîner) », Lettre du directeur au Conseil, 15 avril 1909.

    291Pandectes belges. Encyclopédie…, op. cit. Cité dans Piette Valérie, Domestiques et servantes…, op. cit., p. 32.

    292Montigny Edgar-André, « The Decline in Family Care for the Aged in Nineteenth-Century Ontario : Fact or Fiction », CBMH/BCHM, no 11, 1994, p. 357-373.

    293Caradec Vincent, Sociologie de la vieillesse et du vieillissement, Paris, Armand Colin, 2008, p. 37.

    294Par les termes « entourage » et « présences proches », j’entends le cercle plus large que la seule famille resserrée qui entoure les vieux pensionnaires. Il peut, en effet, s’agir des voisins et amis. On retrouve un même choix dans Melling Joseph et Forsythe Bill, The politics of Madness. The state, insanity and society in England, 1845-1914, Abingdon, Routledge, 2006, p. 99-124.

    295De même, à Paris, l’hospice n’est pas synonyme d’abandon. Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 171-176.

    296Voir le chapitre iii, p. 176.

    297ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « Direction An XIII-1861 », Lettre du directeur au Conseil, 1812 ; « 1827-1859 », Lettre du directeur au Conseil, 1847.

    298À partir de 1877, les ressources de la Conseil général des hospices et secours deviennent de plus en plus insuffisantes. Un des principaux facteurs « provient de l’obligation faite aux hôpitaux d’accepter, outre les indigents bruxellois, tous ceux qui se trouvent “en état de nécessité” sur le territoire de la ville ». Pourtant il existe « une distorsion entre le coût réel de l’hospitalisation et le tarif du prix à la journée » remboursé par les communes. Les années 1880 semblent alors être celles d’un pic avec pour sommet les années 1886-1887 dans les problèmes financiers et il est demandé à tous les directeurs d’établissements de dresser la liste des économies possibles. Dickstein-Bernard Claire, « L’initiative communale… », op. cit., p. 387-389 ; ACPASB, Réunis, SE, Boîte 2, Lettre du Conseil à la directrice, 15 octobre 1886.

    299ACPASB, Sainte-Gertrude, SE, Boîte 11, Lettre du Conseil à la commission administrative du refuge de Sainte-Gertrude.

    300ACPASB, Infirmerie, AG, 150, « DC la demande de pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie de voir modifier l’heure de rentrée », Lettre de pensionnaires au Conseil, 3 avril 1888.

    301KBR, Journaux, Volders Jean, « Les prisonniers des hospices », Le Peuple, 3 décembre 1887, p. 4.

    302ACPASB, Infirmerie, 150, « DC la demande de pensionnaires de l’hospice de l’Infirmerie de voir modifier l’heure de rentrée », Lettre des pensionnaires au Conseil, 17 août 1903.

    303ACPASB, Réunis, CC, 468, « Pensionnaires/Décès/Transfert/Congés », Congés accordés aux pensionnaires ; Pachéco, AG, 159, « DC congés accordés aux pensionnaires ».

    304ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Pensionnaires », Pensionnaires – Affaires diverses – (ne concerne qu’une seule personne), Lettre de la Veuve L. au Conseil, 4 mai 1838.

    305ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Pensionnaires qui ne logent point dans l’hospice, Correspondance entre le directeur et le Conseil, An 6 (1797)-1813.

    306ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Admissions et visites de personnes étrangères à l’établissement, Correspondance entre le directeur et le Conseil, 1810-1832.

    307ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Admissions et visites de personnes étrangères à l’établissement, Lettre du directeur au Conseil, 5 mai 1826.

    308Cette situation n’est pas propre à Bruxelles. Comme pour Pachéco, on retrouve à Paris les mêmes logiques inversées (et inattendues) dans des établissements accueillant des populations plus aisées. Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 222.

    309À noter l’exceptionnel pourcentage en 1869 à l’hospice de l’Infirmerie où presque un tiers des pensionnaires de l’hospice en sort (93 pensionnaires sur 342 au 1er janvier 1869). Les raisons expliquant ce taux anormal me sont restées inconnues.

    310ACPASB, AGP, Registre de placement aux Ursulines, 1859-1941 ; Registre de placement à Sainte-Gertrude, 1865-1935.

    311Mathilde Rossigneux-Méheust explique les possibilités de sortie comme la réversibilité du choix de l’entrée en hospice et par là, la possibilité laissée aux pensionnaires de choisir leur fin de vie. Par extension, elle lit à travers ce phénomène la liberté de manœuvre des usagers de l’hospice, plus ou moins grande selon leur origine sociale, et la distance qui s’opère entre eux et une population sans aucune ressource. Rossigneux-Méheust Mathilde, Vivre, vieillir et…, op. cit., p. 202-205.

    312ACPASB, Règlements, Infirmerie, 1827, Article 63.

    313ACPASB, Règlements, Réunis, 1843, Article 14.

    314ACPASB, AG, 9, « DC la question de la révision de divers règlements (Infirmerie-Pachéco-Réunis-Maternité) », Lettre de la directrice au Conseil, 14 mai 1897.

    315ACPASB, Règlements, Ursulines, 1877, Article 19.

    316ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », Admissions et visites de personnes étrangères à l’établissement, Lettre du directeur au Conseil, 17 avril 1851.

    317ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « Direction an XIII-1861 », Lettre du directeur au Conseil, le 28 février 1812 ; « 1827-1859 », Lettre du directeur au Conseil, 1847 ; ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction –  Police de l’établissement », Admissions et visites de personnes étrangères à l’établissement, Lettre du directeur au Conseil, 17 avril 1851.

    318ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « Direction an XIII-1861 », Lettre du directeur au Conseil, le 28 février 1812.

    319La définition est tirée du Dictionnaire universel de la langue française avec le latin et l’étymologie, Paris, Firmin Didot Frères, 1851 (13e édition), p. 740.

    320Kalifa Dominique, Les bas-fonds : histoire d’un imaginaire, Paris, Seuil, 2013, p. 42-51.

    321ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « 1827-1859 », Lettre du directeur au Conseil, 23 novembre 1847.

    322ACPASB, Infirmerie, AG, 146, « Direction an XIII-1861 », Lettre du directeur au Conseil, 28 février 1812 ; Résolution du Conseil, 23 novembre 1847. Ces mêmes associations sont retrouvées dans le cadre des hospices luxembourgeois vers la même époque : Archives Nationales Luxembourgeoises (ANL), Régime français, B-0611, « Administration de la Commission », Extrait du registre aux délibérations de la commission des Hospices civils, 10 prairial an XIII.

    323Voir notamment Castel Robert, « La discrimination négative. Le déficit de citoyenneté des jeunes de banlieue », Annales. Histoire, Sciences Sociales, no 4, 2006, p. 802-803 ; Clark John, Bugs and the Victorians, Londres, Yale University Press, 2009, p. 220.

    324À propos des logiques discursives de construction de l’altérité, voir notamment Huchard Cécile, « Figure animale et dissidence : quelques usages de l’altérité », Les Dossiers du Grihl, no 1, 2013 [https://dossiersgrihl.revues.org/5685], consulté le 20 décembre 2014 ; Mondada Lorenza, « La construction discursive de l’altérité », Traverse, no 3, 1996, p. 51-63.

    325Pour rappel, aux deux extrêmes des taux de mortalité, 84 pensionnaires meurent en moyenne par an à l’Infirmerie contre 2 pensionnaires décédées en moyenne par an à Pachéco.

    326ACPASB, Infirmerie, AG, 147, « DC Pensionnaires », Avis de décès de Sophie Rosalie D., 7 novembre 1853.

    327ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC Plainte à charge de M. le Directeur de l’hospice de l’Infirmerie, Dénonciation de M. Bochart, Décès de la pensionnaire V. Vve V. E. », Lettre du directeur au Conseil, le 28 février 1870.

    328ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC Plainte à charge de M. le Directeur de l’hospice de l’Infirmerie, Dénonciation de M. Bochart, Décès de la pensionnaire V. Vve V. E. », février 1870.

    329ACPASB, Infirmerie, AG, 148, « DC Plainte à charge de M. le Directeur de l’hospice de l’Infirmerie, Dénonciation de M. Bochart, Décès de la pensionnaire V. Vve V. E. », Lettre du directeur au Conseil, 28 février 1870.

    330ACPASB, Sainte-Gertrude, 143, « DC la plainte formulée par le sieur V. pour le décès de son père », Lettre du Conseil d’Administration du refuge au Conseil, 27 juin 1878.

    331ACPASB, Sainte-Gertrude, 143, « DC la plainte formulée par le sieur V. pour le décès de son père », Lettre du Conseil au conseil d’administration du refuge, 30 juin 1878.

    332ACPASB, Inhumation, AG, 38, « DC le règlement communal sur les inhumations », Lettre du Collège des Bourgmestre et Échevins aux Bruxellois, 19 août 1881.

    333ACPASB, Sainte-Gertrude, AG, 243, « DC les secours divers alloués par le Conseil à ce refuge », Dossier concernant la fourniture de cercueils aux pensionnaires, Lettre du Comité de Charité au Conseil, 12 avril 1853.

    334Vovelle Michel, « Le deuil bourgeois. Du faire-part à la statuaire funéraire », Le Débat, no 12, 1981 (5), p. 60-82.

    335ACPASB, Réunis, CC, 468, Lettre du directeur au Conseil, 14 janvier 1839.

    336Voir notamment ACPASB, Pachéco, CC, 522, Lettre du directeur au Conseil, 5 fructidor an X (23 août 1802) ; Lettre du directeur au Conseil, 20 octobre 1812 ; CC, 517, « Abus à l’Hospice Pachéco », Correspondance relativement aux soustractions partielles d’effets mobilier des dames de Pachéco, Lettre du directeur au Conseil, 17 avril 1842 ; Affiches du Conseil pour l’hospice Pachéco, 25 mai 1842.

    337ACPASB, Réunis, CC, 468, « DC Pensionnaires/Affaires Diverses », Lettre du directeur au Conseil, 14 janvier 1839.

    338ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Abus à l’Hospice Pachéco », Correspondance relativement aux soustractions partielles d’effets mobilier des dames de Pachéco, Lettre du directeur au Conseil, 17 avril 1842.

    339ACPASB, Réunis, CC, 468, « Pensionnaires/Affaires Diverses », Résolution du Conseil, 25 janvier 1839.

    340ACPASB, Règlements, Pachéco, 1853, Article 20.

    341Malheureusement, aucune autre source que leur autorisation dans les règlements n’a été retrouvée concernant les hospices bruxellois. Pour une idée plus générale de la situation des oiseaux comme animal de compagnie voir entre autres Baldin Damien, Histoire des animaux domestiques : xixe-xxe siècles, Paris, Seuil, 2014, p. 53-57 ; Kete Kathleen, The Beast in the Boudoir. Petkeeping in Nineteenth-Century Paris, Berkeley, University of California Press, 1994, p. 56-75 ; Baratay Éric, Et l’homme créa l’animal : histoire d’une condition, Paris, Odile Jacob, 2003.

    342ACPASB, Réunis, SE, Boîte 2, Lettre de la directrice au Conseil, 2 octobre 1896 et 6 juillet 1911.

    343ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », DC Pensionnaires qui gardent des chiens dans l’hospice, Lettre du directeur au Conseil, 13 août 1813.

    344Ibidem.

    345Cette hiérarchisation opérée par le directeur de Pachéco rejoint les observations d’Éric Baratay et Damien Baldin à propos de la société du xixe siècle comme une société essentiellement cynophile. Baldin Damien, Histoire des animaux…, op. cit., p. 59-61. et Baratay Éric, Et l’homme créa…, op. cit., p. 343-351

    346ACPASB, Pachéco, CC, 517, « Règlement – Instruction – Police de l’établissement », DC Pensionnaires qui gardent des chiens dans l’hospice, Lettre du directeur au Conseil, 25 avril 1826.

    347Ibidem.

    348Ibidem.

    349Ibidem.

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