• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16501 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16501 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • ›
  • Histoire
  • ›
  • La Résistance pionnière en France au pri...
  • ›
  • Troisième partie. Variations régionales ...
  • ›
  • Que faire ? Partir ? Rester ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • Presses universitaires de Rennes
    Presses universitaires de Rennes
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Premières initiatives Naissance d’une résistance plus ou moins organisée Comment participer au combat ? Rejoindre les Britanniques ou la France libre Qui sont les candidats au départ ? La prison maritime de Toulon Qu’est-ce qu’un résistant ? Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    La Résistance pionnière en France au prisme des archives de la répression

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Que faire ? Partir ? Rester ?

    Les débuts de la Résistance dans la région marseillaise

    Jean-Marie Guillon

    p. 193-208

    Texte intégral Premières initiatives Naissance d’une résistance plus ou moins organisée Comment participer au combat ? Rejoindre les Britanniques ou la France libre Qui sont les candidats au départ ? La prison maritime de Toulon Qu’est-ce qu’un résistant ? Bibliographie Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1La région de Marseille occupe une place privilégiée dans cette période des commencements, elle a vu passer à peu près tout ce qui compte dans la future Résistance en « zone libre », elle est donc un bon observatoire tant pour en connaître les interrogations que pour tenter de mesurer ce que police et justice pouvaient en savoir, puisqu’elles sont à l’origine de la plus grande partie des sources utilisées.

    2Évoquer des débuts, c’est choisir dans ces sources un certain nombre d’actes – individuels ou de (petits) groupes – constitutifs d’un phénomène en devenir. Ils participent de l’« invention » d’une Résistance qui reste à construire. Cette période apparaît comme celle de la « préhistoire de la Résistance », expression contestable mais choisie pour bien marquer qu’il n’y a pas de Résistance avant juin 1940 et surtout que rien n’est clair durant les premiers mois sinon l’hostilité aux vainqueurs pour ceux et celles qui ne se résignent pas à la défaite1.

    3Le « que faire ? » se pose tout particulièrement en zone non occupée. Beaucoup de ceux qui entendent agir se demandent s’il n’est pas préférable de quitter la métropole. Dès lors, Marseille qui est l’une des seules portes de sortie de France tient pour eux une place majeure. Mais, avant d’y venir, commençons par examiner les caractéristiques du mouvement en train de se cristalliser en Résistance, du moins telles que les sources de la répression nous permettent de l’entrevoir.

    Premières initiatives

    4Les premières réactions repérées concernent les villes du littoral, puisque c’est là que les possibilités d’action sont les plus grandes et que les contacts se nouent. C’est là aussi que la police se trouve et qu’elle signale écoute de la BBC, distribution de papillons et autres textes, lacération d’affiches, graffitis, etc. Ces actes ne sont en rien spécifiques et je ne m’y attarderai donc guère.

    5L’écoute de la BBC est, dans cette région très éloignée du Royaume-Uni, aussi précoce et diffuse qu’ailleurs. Le premier appel du général de Gaulle a été répercuté par la presse locale, ce qui a certainement contribué à cette audience. Les premiers papillons trouvés sur la côte, à Saint-Raphaël, le 25 juin 1940, incitent à l’écoute de Londres2. Dès le 25 septembre 1940, à Toulon, le préfet maritime interdit l’écoute de ses émissions en français dans les lieux publics, ce que vient confirmer Vichy quelques semaines après3. Hors propagande communiste, la diffusion de tracts ou des premières feuilles d’opposition commence petitement. Elle est d’autant plus difficile à mesurer qu’elle se fait principalement par envoi postal ou dépôt dans les boîtes aux lettres et très peu par jet sur la voie publique. Parmi les tout premiers textes diffusés, ceux qui émanent de la « Légion française de Gaulle » doivent être mis en évidence. Rappelant que la guerre continue, ils sont datés des 5 et 19 octobre et circulent presque tout le dernier trimestre 1940. Outre plusieurs villes du Var (Toulon, Hyères, Draguignan), on sait qu’il en circule à Marseille jusque dans les bureaux de la préfecture et certainement ailleurs4. Leur provenance intrigue. La police suppose – ce qui est peu vraisemblable – qu’ils ont été largués par avion. Le fait que l’un des tracts ait été donné par des marins en instance de démobilisation et que, fin novembre, l’on découvre de la propagande venant de Londres chez de jeunes officiers de marine à Toulon laisse penser à une filière militaire de rapatriés du Royaume-Uni5. En tout cas, écoute de la BBC et découverte de tels tracts, a fortiori à Toulon, fief de la Marine, plus la présence d’un courant gaulliste précoce dans les établissements secondaires de la région, montrent que l’effet Mers el Kébir, pour non négligeable qu’il ait été, s’est dissipé dans une partie de la population.

    6Comme ailleurs, graffitis et inscriptions hostiles au régime et aux occupants prennent une relative ampleur au premier semestre 1941 avec la campagne de V, qui, comme le souligne Jean-Louis Crémieux-Brilhac6, confirme l’influence acquise par la BBC. Quant au contenu de ces inscriptions, si le « Vive de Gaulle » est fréquent, le « Vivent les Anglais » l’est tout autant et les deux se confondent. Si Laval et Darlan sont voués aux gémonies, il est rare que Pétain le soit. Mais les inscriptions au goudron ou à la peinture visent souvent les sièges d’organisations pétainistes ou les maisons de légionnaires connus. À ces actes, s’ajoutent l’exhibition de symboles tels que la Croix de Lorraine, des dégradations de véhicules des commissions d’armistice, des cris et des chants hostiles au régime ou aux occupants. Ces gestes qui sont souvent le fait de groupes de jeunes gens ne concernent plus seulement les villes mais aussi des localités plus petites. L’hostilité à l’Allemagne et à l’Italie, qui constitue le dénominateur commun à toutes ces initiatives, s’exprime ouvertement lorsque Pierre II de Yougoslavie et son armée mettent fin à une régence trop favorable à l’Axe. Les manifestations des 28 et 29 mars 1941 à Marseille – les premières du genre ici – ne répondent à aucun appel de Londres ou d’une quelconque organisation, elles sont l’expression d’un courant d’opinion qui ne se résigne pas. Elles confirment la place que tient la jeunesse estudiantine et lycéenne comme foyer de contestation7. Elles prennent les autorités de court. Les dix personnes que la police interpelle sont en majorité des réfugiés de zone occupée8. Ce groupe et les jeunes occupent une place notable dans cette phase des débuts, ce qui, là encore, n’est pas propre à la région.

    7La plupart de ces gestes relève d’initiatives individuelles. Les chaînes par où circulent les tracts sont informelles avant, éventuellement, de se cristalliser. Exemple parmi d’autres, l’affaire de diffusion de tracts « Légion française de Gaulle » que la police découvre à Toulon à l’automne 1940 : le texte est remis par des marins en instance de démobilisation à un contremaître de l’arsenal qui le fait passer à ses partenaires de belote, dont un le montre à son fils, facteur à la gare du PLM, qui le fait lire sur son lieu de travail et le polycopie à dix exemplaires avec un camarade et une secrétaire sous les yeux de leur chef qui n’y trouve rien à redire. Quatre protagonistes de cette chaîne improvisée sont inculpés, seul le principal responsable de la reproduction du document est écroué9. En général, dans la répression de tels actes, la police ne semble pas faire de zèle, la sanction judiciaire est l’amende et, pour les faits considérés comme les plus graves, un ou deux mois de prison, en général avec sursis, soit des peines bien moins lourdes que pour la propagande communiste.

    Naissance d’une résistance plus ou moins organisée

    8La police découvre parfois des embryons d’organisation à l’existence éphémère. Le jeune Édouard Tollard, repéré en septembre 1940 en se rendant au consulat des États-Unis à Marseille, est arrêté le 5 décembre car il cherche à s’embarquer pour l’Afrique du Nord avec l’intention de rejoindre l’Angleterre. Porteur de documents pour la France libre et pour l’armée polonaise, il est lié à un groupement, « Impossible n’est pas français », qui aurait été créé par un fonctionnaire travaillant à Vichy10. À Hyères, dans la nuit du 28 au 29 juin 1941, deux jeunes gens sont surpris en train de coller des papillons « Français ! Résistez à l’oppression ». Leur petit groupe – cinq garçons et une fille – a pris le nom de Mouvement d’action gaulliste. L’un de ses responsables projette de partir rejoindre les Britanniques, via l’Espagne11.

    9Certains de ces noyaux sont promis à un meilleur avenir. Le littoral de Montpellier à Nice, avec Marseille comme pivot, tient une place majeure dans la naissance des mouvements clandestins. Maurice Chevance-Bertin a écrit de Marseille qu’elle était la « première capitale de la Résistance12 ». Au-delà de sa facilité, l’expression a pour intérêt de signaler le rôle de cette ville et de ses voisines comme le principal lieu d’incubation de la Résistance organisée en zone Sud avant que Lyon ne devienne en 1942 sa « capitale ». Ce glissement de la périphérie sud vers le Nord se prolongera en 1943 vers Paris, non sans que cette « colonisation » sudiste ne soulève l’irritation de responsables d’organisations de l’ex-zone occupée, comme Jacques Lecompte-Boinet13. Ce glissement, c’est aussi celui qu’opère Jean Moulin, recueillant principalement à Marseille, durant les premiers mois de 1941, les éléments du rapport qu’il va remettre au général de Gaulle en octobre, s’installant à Lyon à son retour en France et préparant le déplacement de la Délégation à Paris en 194314.

    10C’est sur la côte, à Fréjus-Saint-Raphaël où se trouvent d’importants camps militaires et à Marseille où il est affecté, qu’Henri Frenay crée son Mouvement de libération nationale (MLN) à partir de l’automne 1940. C’est à Cannes que le général Cochet lance son premier appel, le 6 septembre 1940. C’est entre Antibes et Marseille que D’Astier de la Vigerie implante des éléments de sa « Dernière colonne » fin 1940. C’est à Marseille qu’est tiré le journal Liberté, dont l’origine est surtout montpelliéraine. Marseille est la base sud de l’importante filière d’évasion du réseau Pat O’Leary. C’est à Marseille que le capitaine Fourcaud prend contact au début de 1941 avec un groupe de socialistes qui seront à l’origine du réseau Brutus et Saint-Raphaël est le point de départ du réseau Mithridate, dont les premiers éléments se confondent avec le MLN. C’est enfin sur le littoral (Marseille, Toulon, Nice) que les officiers polonais ont installé auparavant des éléments essentiels du réseau de renseignements Interallié/F2, réseau dont la répression dévoilera à l’automne 1941 ses liens étroits avec certains noyaux du MLN ou de Liberté, démontrant, s’il en était besoin, combien la distinction réseau/mouvement reste encore floue. En fait, dans ces villes, la nébuleuse des organisations naissantes constitue un petit monde non cloisonné, où certains se connaissent et participent à plusieurs d’entre elles.

    11Pourtant, si l’on s’en tenait aux seules sources policières et judiciaires, jusqu’au printemps 1941, rien ne pourrait laisser soupçonner le rôle majeur de la région dans cette structuration. Hormis la « Dernière colonne » qui ne s’en relèvera pas après les arrestations de Nîmes, aucune de ces organisations n’est sérieusement affectée par la répression : Édouard Corniglion-Molinier est interpellé le 5 janvier 1941 à Marseille non pour sa participation à la « Dernière colonne », mais parce qu’il est suspecté de recruter des officiers pour le Royaume-Uni15, Gaston Havard, l’un des pivots de F2 à Toulon, est arrêté au même moment à la suite des aveux d’un informateur imprudent, mais il s’en tire avec six jours de détention et le réseau naissant n’en souffre pas16. Durant plusieurs mois, la police saisit très peu des premières feuilles clandestines alors que certaines sont reproduites à Marseille (notamment Liberté à partir de janvier 1941). Le seul exemplaire repéré du « Manifeste » d’Henri Frenay est signalé presque un an après sa première rédaction, non par la police, mais par un responsable légionnaire17. Les méthodes de diffusion plutôt confidentielles de ces feuilles, leur tirage limité, mais aussi les relations nouées avec des policiers peuvent l’expliquer, mais l’improvisation ou les fréquentes imprudences dont leurs diffuseurs font preuve auraient pu en faire (et en feront quelques mois après) des cibles faciles. La lecture des dépositions devant la police surprend parfois par l’apparente naïveté avec laquelle les interpellés évoquent leur activité, du moins ce qu’ils estiment avouable et qui concerne leur volonté de lutter contre l’Axe. Par ailleurs, jusqu’au printemps 1941, certains d’entre eux estiment qu’elle est conforme aux vœux du chef de l’État. Le 25 avril, le représentant du général Cochet à Toulon, Me Holtzer, un avocat, est perquisitionné par la police qui saisit tous les textes du général depuis celui du 6 septembre 1940 et ceux du mouvement Liberté. Il est accusé de les avoir diffusés et d’avoir essayé de créer un corps franc. Secrétaire général de la Société coopérative pour le retour à la terre, membre de la Légion française des combattants, introduit auprès de sa direction à Vichy, antiallemand, antianglais, évidemment non gaulliste, il a prospecté le milieu « national » du Var, ce qui n’a pas été apprécié du côté de la Marine et qui lui a valu d’être dénoncé par un avoué de Toulon. Il s’en tire avec un internement administratif à Saint-Paul-d’Eyjaux18. Georges Broussine, qui est arrêté pour avoir diffusé Liberté, s’étonnera dans ses souvenirs de la facilité avec laquelle il a été libéré (après, malgré tout, plusieurs semaines de détention), ce qu’il attribue, non sans quelque exagération, à une propagande qui « ménageait ostensiblement Pétain et même le régime de Vichy », ajoutant : « On a dit et écrit plus tard que c’était pour le bon motif : éviter une attitude répressive de Vichy pendant la période d’organisation de la Résistance. Je ne suis nullement convaincu par cette explication19. »

    12En fait, ces groupes ne constituent pas encore une priorité pour la répression. En revanche, les autorités s’inquiètent davantage des départs outre-mer, en particulier de militaires, et c’est par ricochet comme on l’a vu à propos de Corniglion-Molinier, que les organisations naissantes peuvent être menacées.

    Comment participer au combat ?

    13Il a souvent été dit que la Résistance de « zone libre » n’avait pas de vocation militaire et se consacrait surtout à l’action politique. C’est une erreur d’appréciation. La reprise ou la participation au combat constitue bien une priorité. Mais l’heure reste à la recherche de contacts et pas encore à la mise sur pied de l’Armée secrète (AS) ou de groupes d’action, bien que, comme on le voit avec le mouvement Cochet, cette option n’est pas absente. En attendant, la propagande, la recherche de renseignements, l’aide aux évadés et réfugiés étanchent en partie la soif d’action. Quant à l’action politique, elle s’impose à partir du moment où ceux qui ménageaient le Maréchal s’en éloignent (les accords de Paris en mai 1941 accélérant cette prise de distance) et que le recrutement de groupes s’élargit dans la gauche non communiste qui, en particulier dans la région, devient majeure, y compris au sein du MLN. Cette évolution entraîne d’ailleurs certaines séparations comme celle du responsable MLN du secteur de Marseille resté maréchaliste20.

    14Réfugiés, étrangers et français, ont afflué sur le littoral. Beaucoup tentent de s’y installer à la recherche d’une possibilité de départ et, en attendant, fournissent des éléments aux groupes de non-résignés. Si nombre de réfugiés cherchent à quitter le continent pour se mettre à l’abri, d’autres veulent agir contre l’Axe. La plupart de ceux-ci veulent rejoindre le Royaume-Uni et souvent la France libre. Ils espèrent le faire via l’Algérie ou le Maroc, puis passer de là à Gibraltar. La région de Marseille est donc le principal lieu de ces départs, d’abord à cause des liaisons que le port assure en particulier avec l’Afrique du Nord et des facilités que l’on pense y trouver, y compris si l’on est en situation irrégulière. C’est ce qu’écrit Henri Danon-Boileau qui vient de déserter avec son ami Georges Broussine : « Tout le monde estimait que le port de Marseille, avec sa réputation de combines et son milieu interlope était le lieu rêvé pour trouver un bateau et s’embarquer en direction de Gibraltar21. » L’autre raison de cette attraction est la présence des consulats, en particulier celui des États-Unis, certains consuls se montrant très accommodants (Tchécoslovaquie, Brésil, Canada, etc.) pour l’attribution des visas indispensables au départ. De plus, les associations d’aide aux réfugiés s’y sont installées. Si certaines s’en tiennent à l’action humanitaire légale, d’autres n’ont pas ces scrupules et transgressent les règles, la mieux connue d’entre elles étant le Centre américain de secours de Varian Fry22. Les hommes et les femmes qui s’engagent dans ce type d’action participent pleinement de cette Résistance des débuts. Cette activité n’échappe pas à la vigilance des autorités qui semblent obsédées par d’éventuelles « agences » de recrutement pour l’armée britannique. Le consulat des États-Unis, régulièrement suspecté à Vichy de cacher l’une de ces « officines », est particulièrement surveillé puisque beaucoup de candidats au départ commencent par s’y présenter et sont dépités d’être refoulés.

    15Entre septembre 1940 et le printemps 1941, d’assez nombreuses tentatives de départs par la voie maritime sont signalées ou déjouées par les services de police (Surveillance du territoire, police spéciale, police d’État). Leurs auteurs sont déférés, soit devant la justice ordinaire (tribunal correctionnel), soit devant la justice militaire (tribunal militaire de la XVe région ou tribunal maritime de Toulon), sans que l’on puisse discerner comment s’effectue le partage des tâches entre ces juridictions. Dans un premier temps, ces départs concernent surtout des militaires étrangers démobilisés dans la région, principalement polonais, dans une moindre mesure tchèques, et les Britanniques placés en résidence surveillée. Les premières filières sont organisées dès juin-juillet 1940 par les Polonais. Les Tchèques ont mis en place la leur vers Casablanca (ou les établissements Bata servent de points de chute). Les Britanniques organisent à l’automne ce qui deviendra le réseau Pat. La première façon de procéder a été de s’emparer d’un bâtiment. Plusieurs militaires polonais sont arrêtés pour tentative de vol de yachts à Marseille ou dans les petits ports voisins (Cassis, Bandol). En même temps, ces filières achètent des bateaux et, dans ce cas, s’unissent avec certaines organisations d’assistance comme le comité Fry ou des groupes politiques – les antifascistes italiens notamment. L’affaire la mieux documentée est celle de La Bouline, yacht arraisonné dans le golfe de Fos par suite de tempête le 6 octobre 1940. Il transporte vingt-deux passagers, tous étrangers (militaires et réfugiés dont quatre socialistes allemands, « clients » de Fry), mis à part un lieutenant de vaisseau français cherchant à rejoindre la France libre23. Les projets de ce genre passent par des intermédiaires plus ou moins fiables et souvent peu scrupuleux. Le comité Fry qui a laissé de l’argent dans certaines de ces affaires est échaudé24. Ces déboires et une surveillance plus serrée des embarcations par les diverses polices font abandonner ces modes opératoires, ce que note le chef de la Surveillance du territoire : « Contrairement à ce qui se faisait les derniers mois de l’année 1940, au cours desquels les étrangers essayaient de partir en empruntant des moyens de fortune (yacht, embarcations légères), les départs ont lieu à bord de paquebots ou de cargos des lignes régulières vers l’Afrique du Nord25. » Ce rapport considère dès lors qu’ « actuellement tout départ inopiné clandestin paraît pratiquement impossible », en précisant toutefois « surtout en nombre », ce qui ne signifie pas l’arrêt total de ces embarquements clandestins.

    Rejoindre les Britanniques ou la France libre

    16À partir de novembre 1940, les Français paraissent prendre le pas sur les étrangers dans les affaires d’embarquement que la police découvre. Les départs ont commencé en juin dans le contexte particulier des jours précédant l’armistice, personne ne sachant alors comment les choses allaient tourner. Dans la confusion du moment, ils semblent avoir connu un temps d’arrêt en juillet-août, dû peut-être à Mers el Kébir et à la possibilité que le Royaume-Uni cesse le combat. En tout cas, c’est à partir de septembre que la police locale, toujours stimulée par les demandes émanant de Vichy, s’inquiète de départs de Français. Le 23 septembre, le chef de la Sûreté, qui surveille le consulat des États-Unis, indique que de « nombreuses personnes » s’y sont présentées, mais douze seulement ont été interceptées dont quatre étrangers26. Sur les huit Français, sept ont entre 18 et 20 ans, le huitième est un aviateur sans doute plus âgé. Cette présence est intéressante puisque le journal du PPF, L’Émancipation nationale, signale le 28 septembre le recrutement de techniciens de l’aviation pour le Royaume-Uni. L’enquête suscitée par cet article n’aboutit pas (ce qui est fréquent), mais, en octobre, un industriel qui cherche à faire partir des aviateurs est interpellé27. Ce recrutement de militaires est redouté par les autorités. Dès septembre, le général Dentz, qui commande la XVe région, recommande de surveiller les officiers28. Pourtant, ce sont des jeunes, sans expérience militaire, qui semblent surtout chercher à partir. Le phénomène concerne toutes les villes du littoral, Marseille étant l’étape obligée. Le 3 octobre, un jeune Niçois en instance d’embarquement vers Oran, s’y trouve avec une douzaine de jeunes, « bien décidés29 ». De Marseille à Nice, règne dans certains établissements secondaires, mais aussi parmi les apprentis de l’arsenal de Toulon et dans certains camps des Compagnons de France, le « climat antiallemand et anglophile » que le sous-préfet d’Aix-en-Provence évoque à propos des étudiants et lycéens de sa ville30. Pendant le premier semestre 1941, plusieurs affaires attestent de départs ou de tentatives de départs de jeunes gens depuis Toulon. Le 17 mars 1941, quatre garçons sont arrêtés à La Ciotat dans une voiture volée ; ils allaient à Marseille faire établir de faux papiers pour eux et trois autres de leurs camarades afin d’embarquer. Originaires de la zone occupée sauf un, ils sont en instance d’engagement dans la Marine. Une semaine auparavant, ils s’étaient réunis à une trentaine pour évoquer le projet31. Nombre de tentatives avortent32. Ces affaires, souvent découvertes à la suite de propos imprudents, de fugues, de petits délits, inquiètent les autorités alors que la police tend plutôt à relativiser les choses. Mais des filières s’organisent, dont les possibilités sont grossies par les rumeurs. Toutes sont sous-tendues par l’économie parallèle dont l’ancrage se trouve dans les cafés et les hôtels autour des ports, celui de Marseille au premier chef. D’après Guillain de Bénouville, les intermédiaires qui négocient là les départs sont des employés des compagnies de navigation à la retraite qui achètent « pour des prix exorbitants » la complicité de collègues en activité qui, eux-mêmes, s’entremettent avec des marins. Il ajoute que « ces intermédiaires cupides simulaient, bien entendu, le patriotisme le plus pur33 ». Les candidats qui empruntent ces filières, plus âgés que les précédents, ont souvent participé à la guerre et se sont parfois évadés de camp de prisonniers. La plupart d’entre eux viennent des zones occupées alors que le recrutement est plus local chez les plus jeunes.

    17L’un des moyens les plus fréquents est de prendre les lignes régulières avec de faux certificats de démobilisation, de faux livrets militaires, de fausses permissions pour l’Algérie. Robert Burgass, arrêté en avril 1941, prétend avoir fait passer ainsi deux cents recrues dans les premiers mois de 194134. L’autre moyen utilisé est l’embarquement clandestin avec, comme il se doit, la complicité de membres de l’équipage. La filière à laquelle participent Pierre de Bénouville et Michel de Camaret procède ainsi. La police n’est pas forcément dupe et signale les voyageurs suspects aux ports de destination, Oran et Alger où de Bénouville est arrêté à son arrivée35. Il arrive que les clandestins soient découverts à bord, ainsi des huit passagers, tous français, du Janine que le capitaine trouve le 24 février 1941 en allant charger du charbon à Port-de-Bouc avant de filer vers l’Algérie. Embarqués le 22 février avec la complicité d’un marin du bâtiment, d’un hôtelier qui avait voulu « rendre service » à deux clients et d’un intermédiaire, un coiffeur repris de justice36, ils ont entre 21 et 27 ans et leurs origines témoignent d’une relative diversité géographique (trois Bretons, deux Parisiens, un Lyonnais) et sociale (médecine, commerce-industrie, ouvriers). Ce même mélange social se retrouve avec les douze passagers du chalutier Poitou sur lesquels je m’attarderai un peu.

    18Ce chalutier, basé à Toulon, s’apprêtait à partir pour une campagne de pêche au large du Maroc37 lorsque la Sûreté navale informe la police d’un projet d’embarquement clandestin. Les organisateurs ont été repérés dans les bars – le Bar breton surtout – et certains protagonistes comme John Mentha, futur chef régional de Franc-Tireur, recruteur dont le nom est cité dans plusieurs affaires toulonnaises, sont surveillés. Les passagers, embarqués de nuit, sont cueillis au petit matin du 14 mai 1941 avant le départ du bateau. Il y a là neuf Brestois, dont le matelot du Poitou qui les a fait monter à bord. Sept sont des ouvriers de l’arsenal de Brest qui ont passé la ligne de démarcation, deux par deux, quelques semaines auparavant, sachant qu’ils trouveraient de la famille ou des amis à Toulon, ainsi que du travail dans ou pour l’arsenal. Toulon est une étape vers Casablanca, puis, pour certains, vers le Royaume-Uni. Les organisateurs de l’embarquement, outre Mentha en arrière-plan, sont deux jeunes hommes, Alain Fleuriot, employé de banque, fils d’un contrôleur général de la marine, venant de Brest mais hébergé par un oncle, colonel, à Toulon, et Raymond Durrmeyer, étudiant toulonnais, fils d’un général de division. Ils se sont procuré des revolvers car le projet est de neutraliser l’équipage et de prendre le contrôle du chalutier une fois en mer. S’est joint à ce groupe originel, deux autres volontaires qui n’ont pu partir par Marseille et ont été avisés d’un départ possible par Toulon, un menuisier nantais, prisonnier évadé, et René Hardy, cadre parisien de la SNCF, trouvé porteur de correspondance codée38. Tous les prévenus, sauf un plus jeune, ont entre 23 et 30 ans. Ils ont été mobilisés pendant la guerre, ils ont quitté la zone occupée car ne voulant pas travailler pour les occupants ; ils ont eu, parfois, maille à partir avec eux, comme René Hardy, grillé à Paris39, ou le marin du Poitou. Plusieurs, comme ce dernier, se sont évadés de camps ou de prison. Le tribunal maritime de Toulon les condamne à des peines de trois ans à six mois de prison40. Hardy a écopé de quinze mois. Les peines de quelques mois de prison correspondent à celles que l’on trouve pour des actes comparables tant du côté des tribunaux correctionnels de Toulon et Marseille que du côté du tribunal militaire de la XVe région. Elles sont souvent assorties du sursis comme les condamnations pour propagande. Elles sont dans l’ensemble assez légères, en tout cas bien plus légères que celles que les communistes encourent et elles ne sont jamais suivies ou accompagnées par un internement administratif.

    Qui sont les candidats au départ ? La prison maritime de Toulon

    19Il est impossible de mesurer l’ampleur des départs par voie maritime à partir des ports de Méditerranée et de cerner la population qu’ils concernent. Cependant, les détenus de la prison maritime de Toulon constituent un corpus dont on peut tirer quelques enseignements.

    20La logique judiciaire de la répression interroge puisque plusieurs juridictions interviennent pour des délits identiques, mais, depuis fin 1940, les inculpations pour embarquement clandestin paraissent toutes renvoyées au tribunal maritime de Toulon. C’est en tout cas ce qui ressort du registre de la prison maritime utilisé pour cette étude41.

    21Les premiers écroués pour appareillage clandestin y arrivent mi-décembre 1940. À partir de là, les affaires de ce type, sous des qualifications variées (pénétration illicite, infraction au code maritime, passage clandestin, tentative pour rejoindre une armée étrangère, vol d’embarcation, etc.), constituent le plus gros contingent des inculpations hors délits de droit commun. De décembre 1940 à octobre 1941, on en compte 173 plus 28 pour complicité, soit 60,8 % des 331 emprisonnés hors droit commun42. Le deuxième contingent – 59 prisonniers, soit 18 % – est constitué par des communistes de Toulon et de Marseille43. Le reste s’y trouve pour « complot contre l’autorité du capitaine » (29 soit 9 % qui peuvent cacher des tentatives de détournement), « trahison » (25, soit 7,5 %, essentiellement espionnage au profit de l’Axe) ou « propos antinationaux » et « propagande gaulliste » (3,3 %). Les candidats au départ proviennent surtout de Marseille et des ports voisins, mais le ressort du préfet de la IIIe région maritime s’étendant à tout le littoral méditerranéen, certains sont arrêtés dans le Languedoc (le Dr Guérisse futur Pat O’Leary44) ou en Algérie comme de Bénouville. Celui-ci donne de la population incarcérée une image quelque peu déformée, mais néanmoins intéressante :

    « Les inculpés de cette prison n’étaient pas du type commun. Outre une poignée de marins déserteurs ou voleurs, il n’y avait que des officiers gaullistes, des soldats qui avait tenté d’aller reprendre les armes et des militants de tous les groupements politiques, mais qui tous appartenaient à la grande armée de la Résistance45. »

    22Les éléments de sociologie qui concernent ces candidats malheureux au départ renvoient à celle des passagers du Poitou46. La plupart sont français (27 étrangers dont 13 Polonais et 10 Libanais) ; près de 75 % d’entre eux proviennent des zones occupées, d’abord, à égalité, de la région parisienne et de la Bretagne (20,5 %), puis du Nord-Pas-de-Calais-Somme (11,5 %), de la Normandie et du Grand Est (7,7 pour chaque) ; 9 % résident à Marseille et autant à Toulon et Nice. La majorité des Français – 51 % – sont des ouvriers (20 % de la métallurgie) et des employés ; les marins de commerce représentent 11 %, mais leur part est grossie par les écroués pour complicité d’embarquement clandestin (20 marins sur 25). Avec les étudiants (près de 13 % de l’effectif) et les 13 % de cadres, professions intellectuelles et libérales, on touche par là des milieux plus bourgeois47. La place des étudiants dans les départs est significative, d’autant que les plus jeunes ne sont pas renvoyés devant la justice maritime. Certains de ces étudiants, originaires de Paris, ont peut-être participé à la manifestation du 11 novembre48.

    23Lorsque de Bénouville sort de prison en août 1941, la question « Partir ou rester ? » se pose encore. Comme beaucoup de ses camarades pris en tentant de rejoindre la France libre ou les Britanniques, il ne paraît pas avoir renoncé au départ, mais, désormais et plus encore au fil des mois, l’option d’agir en métropole ne relève plus du faute de mieux ou de la solution d’attente. Finalement, Bénouville comme Hardy, avec qui il s’est lié en prison d’une amitié qui ne se démentira plus et qui est libéré au printemps 1942, va rester en France et accéder aux responsabilités que l’on sait. Au même moment, d’autres persistent dans leur projet, ainsi Henri Danon-Boileau et Georges Broussine. Ils s’étaient intégrés au petit monde gravitant à Marseille autour de Liberté, des Petites Ailes et de F2 après avoir été refoulés d’Algérie. Ils sont arrêtés dans le cadre du vaste coup de filet qui le démantèle en octobre 1941, mais, dès leur libération au début de 1942, ils prennent le chemin des Pyrénées49. C’est celui de Londres que Simone Weil, réfugiée à Marseille, emprunte, via les États-Unis, en mai 1942 car assister les internés ou diffuser Témoignage Chrétien ne lui suffit pas. Elle a tenté de partir, un an auparavant, par la filière Burgass, en le justifiant ainsi :

    « Je désire ardemment aller en Angleterre, non seulement parce que je souhaite passionnément la victoire anglaise pour le bien de la France, de l’Europe et de l’humanité entière, mais aussi parce que je veux avoir part aux dangers et aux souffrances des gens qui luttent pour une cause que je regarde comme la mienne50. »

    24Pour ceux qui choisissent de partir, le « vrai » combat reste celui du champ de bataille et ils ne considèrent pas que la France en soit un, quitte, comme Simone Weil, à le regretter lorsqu’elle apprend l’ampleur de la manifestation du 14 juillet 1942 à Marseille.

    Qu’est-ce qu’un résistant ?

    25Les gestes et les parcours que je viens d’évoquer sont-ils « engagements » dans une Résistance qui, comme je l’ai dit, n’existe pas ou à peine ? Que sont devenus les hommes et les rares femmes qui apparaissent dans les affaires que les polices découvrent ? J’ai essayé d’y répondre à partir des sources locales et du site Mémoire des hommes qui fournit une base de données de première importance. Les conclusions que l’on peut tirer sont fragiles pour des raisons faciles à comprendre. Il n’en ressort pas moins que les trois-quarts d’entre eux n’apparaissent plus nulle part. On ne sait donc pas s’ils ont prolongé les gestes qui leur ont valu d’être sanctionnés. Ce constat est confirmé par des échantillons plus réduits. Il en va ainsi pour les passagers clandestins du Poitou. Sur les treize concernés, six sont repérés dans les rangs des FFL ou des résistants, dont Hardy et les deux chevilles ouvrières de l’affaire, Fleuriot qui participera au réseau Mithridate et Durrmeyer que l’on retrouvera dans le service du colonel Paillole en métropole51. Mais les autres ? Je ne retrouve aucun des passagers du Janine, très peu des jeunes postulants marins arrêtés en mars 1941, très peu des lycéens ou apprentis interpellés en cherchant à partir et un seul des six membres du Mouvement d’action gaulliste. Alors, résistants ? Pas résistants ? Que les parcours des individus n’aient rien de linéaire trouble peut-être l’image que l’on se fait de la Résistance. Mais pourquoi vouloir étiqueter ? Ce qui est assuré, n’est-ce pas qu’ils ont participé à un moment de la construction de ce qui, peu à peu, devenait la Résistance ?

    26L’historiographie de la Résistance reste trop souvent l’héritière des premiers historiens de la Résistance, qui en avaient été et qui avait toute légitimité à prétendre distinguer les « vrais » résistants et les autres, les premiers et ceux qu’ils considéraient comme plus tard venus. Les légendaires de la Résistance, gaulliste et communiste en particulier, ont poussé dans ce sens, les engagés de juin 1940 dans la France libre étant parés chez les premiers d’une aura compréhensible. La mémoire collective – on l’a vérifié encore récemment – en a été et en reste marqué. Il ne s’agit pas de paraître relativiser leur choix ou de jeter un quelconque doute sur la force de leur engagement, mais partir ne relevait pas de la seule volonté ; il fallait encore en avoir la possibilité et d’autres choix étaient possibles qui avaient leur légitimité. Dans son dernier ouvrage, La Victoire en pleurant, une interrogation de Daniel Cordier va encore plus loin quant au jugement que l’on peut porter sur les comportements des uns ou des autres dans les premiers jours. Sa sincérité touche d’autant plus qu’il avait paru distinguer, dans de précédentes interventions, entre les résistants qui, comme lui, étaient partis dès juin 1940 et les autres et hiérarchiser entre ceux qui avaient rejoint de Gaulle et ceux qui étaient restés en France. Son interrogation est la suivante :

    « Si j’étais resté en France et dans mon milieu, quelle aurait été mon attitude durant l’Occupation ? Après avoir revu ma famille et mes amis qui n’ont pas changé durant la guerre, puis-je croire que j’aurais été différent d’eux ? Compte tenu de mon caractère, je doute m’être cantonné à l’attentisme. Je me vois plutôt dans la peau d’un milicien finissant comme mon camarade Ters52. »

    27Rien n’est simple quand rien n’est écrit d’avance et, en l’occurrence, rien ne l’était dans cette période qu’après coup, nous pouvons qualifier de « début ».

    Bibliographie

    Général Chevance-Bertin, Vingt mille heures d’angoisse, Paris, Robert Laffont, 1990.

    Fry Varian, « Livrer sur demande… », Quand les artistes, les dissidents et les Juifs fuyaient les nazis (Marseille, 1940-1941), Marseille, Agone, 2008.

    Bénouville Guillain de, Le sacrifice du matin, Paris, Robert Laffont, 1945.

    Guillon Jean-Marie, La Résistance dans le Var. Essai d’histoire politique, Aix-en-Provence, université Aix-Marseille I, 1989.

    Mencherini Robert, Résistance et occupation (1940-1944), t. 3 de Midi rouge, ombres et lumières, Paris, Syllepse, 2011.

    Notes de bas de page

    1Je laisserai de côté la question des communistes, même si je les considère comme partie prenante de cette phase de tâtonnements.

    2Pour le Var, voir ma thèse, La Résistance dans le Var. Essai d’histoire politique, Aix-en-Provence, université Aix-Marseille I, 1989, 1re partie, chapitre 1 – C [http://www.var39-45.fr].

    3Le Petit Var, 26 septembre 1940. L’interdiction par Vichy intervient le 28 octobre suivant.

    4Mencherini Robert, Résistance et occupation (1940-1944), t. 3 de Midi rouge, ombres et lumières, Paris, Syllepse, 2011, p. 124.

    5Arch. dép. Var (ADV) 1 W 79, rapport du 27 novembre 1940 ; quatre enseignes de vaisseau et un ingénieur principal de la Marine sont mis en cause. La police découvre chez l’un d’eux un numéro de La France libre d’août 1940, des extraits de discours du général de Gaulle et des exemplaires de tracts.

    6Cremieux-Brilhac Jean-Louis, La France libre, Paris, Gallimard, 1996, p. 219.

    7Sur le déroulé de ces manifestations, Mencherini Robert, Résistance…, op. cit., p. 161-163.

    8Arch. dép. Bouches-du-Rhône (AD BdR) 76 W 136, compte rendu du chef de la Sûreté : deux réfugiées du Nord, quatre originaires d’Alsace-Lorraine, plus l’épouse britannique de Daniel Bénédite, le bras droit de Varian Fry, au Centre américain de secours.

    9ADV 1 W 79 et 3 Z 4 33, Police spéciale, 22 novembre 1940. Une diffusion du même type est découverte presque au même moment à Saint-Raphaël. Ses auteurs, un couple d’opinion socialiste, sont condamnés à une amende (AD BdR 3 W 141).

    10Mencherini Robert, Résistance…, op. cit., p. 38. Tollard, futur chef départemental des groupes francs des MUR, sera arrêté et déporté en 1944.

    11ADV 1 W 79, rapport du 30 juin 1941.

    12Général Chevance-Bertin, Vingt mille heures d’angoisse, Paris, Robert Laffont, 1990, p. 99.

    13Lecompte-Boinet Jacques, Mémoires d’un chef de la Résistance, Paris, Éd. du Félin, 2021 (édition établie par Bruno Leroux).

    14Voir ma contribution « Jean Moulin et la Résistance de zone Sud », Histoire et Défense. Les cahiers de Montpellier, 2001, « Jean Moulin enfant du Languedoc et de la Provence », p. 33-51.

    15Rapport sur son arrestation par le commissaire de police de Nice, 13 janvier 1941 (Arch. dép. Alpes-Maritimes 616 W 0239 et museedelaresistanceenligne.org). Il avait été signalé le 30 novembre 1940 (AD BdR 76 W 117). Voir aussi Douzou Laurent, La désobéissance. Histoire du mouvement Libération-Sud, Paris, Éd. Odile Jacob, 1995, p. 37 sqq.

    16Sur Havard, syndicaliste CFTC, voir notice du Dictionnaire Maitron Mouvement ouvrier 1919-1939 par Jacques Girault et mon article « Catholiques varois et Résistance », Provence historique, janvier-juin 1992, p. 421-436.

    17Il a été rédigé entre Sainte-Maxime et Marseille, été-automne 1940. Il est signalé à Saint-Raphaël en mai 1941 (Arch. dép. Var 1 W 79). Voir ma thèse, op. cit., p. 72 et ma correspondance à ce sujet avec Cordier Daniel, Jean Moulin, l’inconnu du Panthéon, Paris, Jean-Claude Lattès, 1993, t. 3, annexes, p. 1290 sqq.

    18ADV 3 Z 4 33, Police spéciale, 26 avril 1941. Par contrecoup le général Cochet va être assigné à résidence à Vals-les-Bains.

    19Broussine Georges, L’évadé de la France libre, Paris, Tallandier, 2000, p. 53.

    20Celui-ci, directeur de la Banque ottomane de Marseille, se sépare du groupe vers juillet 1941 (entre autres témoignages, Frenay Henri, La nuit finira, Paris, Robert Laffont, 1973, p. 117).

    21Danon-Boileau Henri, Journal de guerre d’un obstiné, Paris, Odile Jacob, 2015, p. 80.

    22Outre le témoignage de Fry Varian, « Livrer sur demande… », Quand les artistes, les dissidents et les Juifs fuyaient les nazis (Marseille, 1940-1941), Marseille, Agone, 2008, voir Benedite Daniel, Un chemin vers la liberté sous l’Occupation. De Varian Fry au débarquement en Méditerranée, Paris, Éditions du Félin, 2017.

    23AD BdR 1 W 630. Cet officier, Louis Ploix, avait pris une identité polonaise. Les autres passagers étaient polonais (9), belges (7), allemands (4) plus un Italien. Sur les Allemands tirés du camp du Vernet par le comité Fry, voir Bénédite Daniel, Un chemin vers la liberté… op. cit., p. 96-97.

    24Bénédite Daniel, op. cit., p. 98 sq.

    25AD BdR 76 W 117 2, rapport à la direction générale, 14 novembre 1940 et Mencherini Robert, Résistance… op. cit., p. 48.

    26AD BdR 76 W 117 2, rapport au commissaire central, 23 septembre 1940.

    27AD BdR 76 W 117 cité par Mencherini Robert, Résistance… op. cit., p. 37. Le fils de cet industriel est en Angleterre. Il possède un relais à Oran.

    28Dentz refuse d’aider le général polonais Kleeberg dans l’exfiltration des militaires polonais et le menace (Richards, Brooks, Flotilles secrètes, Le Touvet, MDV, 2001, p. 507), mais Marseille reste pour les Polonais « le centre évident » des départs par mer.

    29AD BdR 75 W 117, Police d’État de Nice, 9 octobre 1940, lettre d’Alexis Scarella, 20 ans, à ses parents. Parti avec un camarade, il est passé auparavant par Sète et Nîmes.

    30Rapport au préfet du 8 avril 1941, cité par Mencherini Robert, Résistance… op. cit., p. 166.

    31ADV 1 W 79, Police spéciale, 17 mars 1941.

    32Voir le témoignage de Poirier Jacques, La girafe a un long cou…, Périgueux, Fanlac, 1992, p. 23-24 : alors lycéen, il projette de partir avec trois amis avec une vedette repérée dans le port de Cannes, avant de renoncer, tandis que son père et des officiers de l’armée de l’Air lorgnent sur un hydravion de l’étang de Berre avant de renoncer eux aussi.

    33Bénouville Guillain de, Le sacrifice du matin, Paris, Robert Laffont, 1945, p. 78.

    34AD BdR 8 W 22, interrogatoire 25 avril1941. Le personnage possède des contacts sérieux. Burgass avoue avoir fait aussi du renseignement. Il projetait également de créer des groupes d’action. Il mourra en prison. Voir notice de Mencherini Robert dans le Maitron des fusillés en ligne et sa Résistance…, op. cit., p. 58-59.

    35Bénouville Guillain de, op. cit., p. 81 sqq. Il a été caché dans le Gouverneur-Général Grévy avec un groupe de Belges et d’Espagnols. De Camaret est arrêté peu après à Oran.

    36AD BdR, 1 W 1337 (attendus du jugement) et, surtout, 1 W 2869 (procédure).

    37À défaut d’avoir pu consulter le dossier de justice militaire au SHD du Blanc, j’utilise celui des ADV 2 W 4 qui contient les premiers interrogatoires des inculpés.

    38René Hardy précise dans Derniers mots (Paris, Fayard, 1984, p. 156-157) qu’il était mandaté – par qui ? – pour faire la liaison entre Vichy et Londres. Les documents codés émanaient de responsables militaires de Vichy pour le général de Larminat.

    39Hardy René, op. cit., p. 156-157.

    40Le plus lourdement condamné est le marin responsable de l’embarquement.

    41SHD antenne de Toulon, registres 90 160 à 90 162. Ils couvrent les incarcérations du 24 juin 1940 au 13 juillet 1942, soit 1 603 dont 740 ne relèvent pas de délits commis par des marins, des salariés de l’arsenal ou des fournisseurs (vols et détournements, désertions, coups, etc.).

    42Sur un total de 738, tout délits confondus.

    43Inculpés pour activité ou propagande communiste ou atteinte à la sûreté extérieure de l’État.

    44Sur son arrestation à Cerbère le 26 avril 1941, voir Richards Brooks, op. cit., p. 523.

    45Bénouville Guillain de, op. cit., p. 100.

    46Le registre est renseigné de façon aléatoire. Le lieu de naissance est indiqué pour 81, le lieu de résidence pour 78, l’âge pour 67 et la profession pour 117.

    47On notera la présence de sept agriculteurs, mais cinq militaires seulement.

    48La police spéciale soupçonne un Alsacien de participer à une filière permettant à ces étudiants de partir en Tunisie (AD BdR 76 W 117, 30 janvier 1941).

    49Voir les souvenirs de Danon Henri, déjà cités et ceux de Broussine Georges, op. cit.

    50« Demande pour être admise en Angleterre » (AD BdR 8 W 22 Affaire Robert Burgass). Voir Mencherini Robert, « Simone Weil à Marseille et la “Demande pour être admise en Angleterre” », Cahiers Simone Weil, t. XVII, no 4, décembre 1994, p. 327-362.

    51Fleuriot condamné à deux ans de prison sera un agent « occasionnel » du réseau (ADV 1970 W 55, dossier CVR). Durrmeyer, condamné à un an, n’a pas suivi son frère aîné, Michel, futur Compagnon de la Libération à titre posthume, qui passera en Afrique du Nord en novembre 1942, avec Yves, le cadet de la fratrie, qui a fourni à Fleuriot deux des armes saisies sur le bateau, mais qui n’a pas été inculpé.

    52Cordier Daniel, La Victoire en pleurant. Alias Caracalla 1943-1946, Paris, Gallimard-Témoins, 2021, p. 185.

    Auteur

    • Jean-Marie Guillon

      Université Aix-Marseille.

      Jean-Marie Guillon est professeur émérite, université Aix-Marseille.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0

    Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de chapitres

    La Résistance au village

    Jean-Marie Guillon

    Jean Moulin

    Né le 20 juin 1899 à Béziers (Hérault), décédé probablement le 8 juillet 1943 à Metz (Moselle)

    Jean-Marie Guillon

    Entre contre-révolution et révolution

    Les élites politiques en France méridionale (1939-1945)

    Jean-Marie Guillon

    La Provence en politique, une propension aux extrêmes ?

    Jean-Marie Guillon

    Retournement électoral et fin d’un cycle politique en Provence (1983-1986)

    Jean-Marie Guillon

    Préface

    Jean-Marie Guillon

    Regard décentré sur l’histoire de la Résistance en France

    Jean-Marie Guillon

    Société française et Résistance. Idées reçues et débats

    Jean-Marie Guillon

    Postface. À la recherche des élites politiques « méditerranéennes »

    Jean-Marie Guillon

    Les ménagères, du combat quotidien à la Résistance

    Jean-Marie Guillon

    Administrer une ville ingouvernable : Marseille (1938-1946)

    Jean-Marie Guillon

    Introduction générale

    Jalons pour une histoire des villes françaises dans les années de guerre

    Jean-Marie Guillon

    Voir plus de chapitres
    1 / 12

    La Résistance au village

    Jean-Marie Guillon

    Jean Moulin

    Né le 20 juin 1899 à Béziers (Hérault), décédé probablement le 8 juillet 1943 à Metz (Moselle)

    Jean-Marie Guillon

    Entre contre-révolution et révolution

    Les élites politiques en France méridionale (1939-1945)

    Jean-Marie Guillon

    La Provence en politique, une propension aux extrêmes ?

    Jean-Marie Guillon

    Retournement électoral et fin d’un cycle politique en Provence (1983-1986)

    Jean-Marie Guillon

    Préface

    Jean-Marie Guillon

    Regard décentré sur l’histoire de la Résistance en France

    Jean-Marie Guillon

    Société française et Résistance. Idées reçues et débats

    Jean-Marie Guillon

    Postface. À la recherche des élites politiques « méditerranéennes »

    Jean-Marie Guillon

    Les ménagères, du combat quotidien à la Résistance

    Jean-Marie Guillon

    Administrer une ville ingouvernable : Marseille (1938-1946)

    Jean-Marie Guillon

    Introduction générale

    Jalons pour une histoire des villes françaises dans les années de guerre

    Jean-Marie Guillon

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Rennes
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1Je laisserai de côté la question des communistes, même si je les considère comme partie prenante de cette phase de tâtonnements.

    2Pour le Var, voir ma thèse, La Résistance dans le Var. Essai d’histoire politique, Aix-en-Provence, université Aix-Marseille I, 1989, 1re partie, chapitre 1 – C [http://www.var39-45.fr].

    3Le Petit Var, 26 septembre 1940. L’interdiction par Vichy intervient le 28 octobre suivant.

    4Mencherini Robert, Résistance et occupation (1940-1944), t. 3 de Midi rouge, ombres et lumières, Paris, Syllepse, 2011, p. 124.

    5Arch. dép. Var (ADV) 1 W 79, rapport du 27 novembre 1940 ; quatre enseignes de vaisseau et un ingénieur principal de la Marine sont mis en cause. La police découvre chez l’un d’eux un numéro de La France libre d’août 1940, des extraits de discours du général de Gaulle et des exemplaires de tracts.

    6Cremieux-Brilhac Jean-Louis, La France libre, Paris, Gallimard, 1996, p. 219.

    7Sur le déroulé de ces manifestations, Mencherini Robert, Résistance…, op. cit., p. 161-163.

    8Arch. dép. Bouches-du-Rhône (AD BdR) 76 W 136, compte rendu du chef de la Sûreté : deux réfugiées du Nord, quatre originaires d’Alsace-Lorraine, plus l’épouse britannique de Daniel Bénédite, le bras droit de Varian Fry, au Centre américain de secours.

    9ADV 1 W 79 et 3 Z 4 33, Police spéciale, 22 novembre 1940. Une diffusion du même type est découverte presque au même moment à Saint-Raphaël. Ses auteurs, un couple d’opinion socialiste, sont condamnés à une amende (AD BdR 3 W 141).

    10Mencherini Robert, Résistance…, op. cit., p. 38. Tollard, futur chef départemental des groupes francs des MUR, sera arrêté et déporté en 1944.

    11ADV 1 W 79, rapport du 30 juin 1941.

    12Général Chevance-Bertin, Vingt mille heures d’angoisse, Paris, Robert Laffont, 1990, p. 99.

    13Lecompte-Boinet Jacques, Mémoires d’un chef de la Résistance, Paris, Éd. du Félin, 2021 (édition établie par Bruno Leroux).

    14Voir ma contribution « Jean Moulin et la Résistance de zone Sud », Histoire et Défense. Les cahiers de Montpellier, 2001, « Jean Moulin enfant du Languedoc et de la Provence », p. 33-51.

    15Rapport sur son arrestation par le commissaire de police de Nice, 13 janvier 1941 (Arch. dép. Alpes-Maritimes 616 W 0239 et museedelaresistanceenligne.org). Il avait été signalé le 30 novembre 1940 (AD BdR 76 W 117). Voir aussi Douzou Laurent, La désobéissance. Histoire du mouvement Libération-Sud, Paris, Éd. Odile Jacob, 1995, p. 37 sqq.

    16Sur Havard, syndicaliste CFTC, voir notice du Dictionnaire Maitron Mouvement ouvrier 1919-1939 par Jacques Girault et mon article « Catholiques varois et Résistance », Provence historique, janvier-juin 1992, p. 421-436.

    17Il a été rédigé entre Sainte-Maxime et Marseille, été-automne 1940. Il est signalé à Saint-Raphaël en mai 1941 (Arch. dép. Var 1 W 79). Voir ma thèse, op. cit., p. 72 et ma correspondance à ce sujet avec Cordier Daniel, Jean Moulin, l’inconnu du Panthéon, Paris, Jean-Claude Lattès, 1993, t. 3, annexes, p. 1290 sqq.

    18ADV 3 Z 4 33, Police spéciale, 26 avril 1941. Par contrecoup le général Cochet va être assigné à résidence à Vals-les-Bains.

    19Broussine Georges, L’évadé de la France libre, Paris, Tallandier, 2000, p. 53.

    20Celui-ci, directeur de la Banque ottomane de Marseille, se sépare du groupe vers juillet 1941 (entre autres témoignages, Frenay Henri, La nuit finira, Paris, Robert Laffont, 1973, p. 117).

    21Danon-Boileau Henri, Journal de guerre d’un obstiné, Paris, Odile Jacob, 2015, p. 80.

    22Outre le témoignage de Fry Varian, « Livrer sur demande… », Quand les artistes, les dissidents et les Juifs fuyaient les nazis (Marseille, 1940-1941), Marseille, Agone, 2008, voir Benedite Daniel, Un chemin vers la liberté sous l’Occupation. De Varian Fry au débarquement en Méditerranée, Paris, Éditions du Félin, 2017.

    23AD BdR 1 W 630. Cet officier, Louis Ploix, avait pris une identité polonaise. Les autres passagers étaient polonais (9), belges (7), allemands (4) plus un Italien. Sur les Allemands tirés du camp du Vernet par le comité Fry, voir Bénédite Daniel, Un chemin vers la liberté… op. cit., p. 96-97.

    24Bénédite Daniel, op. cit., p. 98 sq.

    25AD BdR 76 W 117 2, rapport à la direction générale, 14 novembre 1940 et Mencherini Robert, Résistance… op. cit., p. 48.

    26AD BdR 76 W 117 2, rapport au commissaire central, 23 septembre 1940.

    27AD BdR 76 W 117 cité par Mencherini Robert, Résistance… op. cit., p. 37. Le fils de cet industriel est en Angleterre. Il possède un relais à Oran.

    28Dentz refuse d’aider le général polonais Kleeberg dans l’exfiltration des militaires polonais et le menace (Richards, Brooks, Flotilles secrètes, Le Touvet, MDV, 2001, p. 507), mais Marseille reste pour les Polonais « le centre évident » des départs par mer.

    29AD BdR 75 W 117, Police d’État de Nice, 9 octobre 1940, lettre d’Alexis Scarella, 20 ans, à ses parents. Parti avec un camarade, il est passé auparavant par Sète et Nîmes.

    30Rapport au préfet du 8 avril 1941, cité par Mencherini Robert, Résistance… op. cit., p. 166.

    31ADV 1 W 79, Police spéciale, 17 mars 1941.

    32Voir le témoignage de Poirier Jacques, La girafe a un long cou…, Périgueux, Fanlac, 1992, p. 23-24 : alors lycéen, il projette de partir avec trois amis avec une vedette repérée dans le port de Cannes, avant de renoncer, tandis que son père et des officiers de l’armée de l’Air lorgnent sur un hydravion de l’étang de Berre avant de renoncer eux aussi.

    33Bénouville Guillain de, Le sacrifice du matin, Paris, Robert Laffont, 1945, p. 78.

    34AD BdR 8 W 22, interrogatoire 25 avril1941. Le personnage possède des contacts sérieux. Burgass avoue avoir fait aussi du renseignement. Il projetait également de créer des groupes d’action. Il mourra en prison. Voir notice de Mencherini Robert dans le Maitron des fusillés en ligne et sa Résistance…, op. cit., p. 58-59.

    35Bénouville Guillain de, op. cit., p. 81 sqq. Il a été caché dans le Gouverneur-Général Grévy avec un groupe de Belges et d’Espagnols. De Camaret est arrêté peu après à Oran.

    36AD BdR, 1 W 1337 (attendus du jugement) et, surtout, 1 W 2869 (procédure).

    37À défaut d’avoir pu consulter le dossier de justice militaire au SHD du Blanc, j’utilise celui des ADV 2 W 4 qui contient les premiers interrogatoires des inculpés.

    38René Hardy précise dans Derniers mots (Paris, Fayard, 1984, p. 156-157) qu’il était mandaté – par qui ? – pour faire la liaison entre Vichy et Londres. Les documents codés émanaient de responsables militaires de Vichy pour le général de Larminat.

    39Hardy René, op. cit., p. 156-157.

    40Le plus lourdement condamné est le marin responsable de l’embarquement.

    41SHD antenne de Toulon, registres 90 160 à 90 162. Ils couvrent les incarcérations du 24 juin 1940 au 13 juillet 1942, soit 1 603 dont 740 ne relèvent pas de délits commis par des marins, des salariés de l’arsenal ou des fournisseurs (vols et détournements, désertions, coups, etc.).

    42Sur un total de 738, tout délits confondus.

    43Inculpés pour activité ou propagande communiste ou atteinte à la sûreté extérieure de l’État.

    44Sur son arrestation à Cerbère le 26 avril 1941, voir Richards Brooks, op. cit., p. 523.

    45Bénouville Guillain de, op. cit., p. 100.

    46Le registre est renseigné de façon aléatoire. Le lieu de naissance est indiqué pour 81, le lieu de résidence pour 78, l’âge pour 67 et la profession pour 117.

    47On notera la présence de sept agriculteurs, mais cinq militaires seulement.

    48La police spéciale soupçonne un Alsacien de participer à une filière permettant à ces étudiants de partir en Tunisie (AD BdR 76 W 117, 30 janvier 1941).

    49Voir les souvenirs de Danon Henri, déjà cités et ceux de Broussine Georges, op. cit.

    50« Demande pour être admise en Angleterre » (AD BdR 8 W 22 Affaire Robert Burgass). Voir Mencherini Robert, « Simone Weil à Marseille et la “Demande pour être admise en Angleterre” », Cahiers Simone Weil, t. XVII, no 4, décembre 1994, p. 327-362.

    51Fleuriot condamné à deux ans de prison sera un agent « occasionnel » du réseau (ADV 1970 W 55, dossier CVR). Durrmeyer, condamné à un an, n’a pas suivi son frère aîné, Michel, futur Compagnon de la Libération à titre posthume, qui passera en Afrique du Nord en novembre 1942, avec Yves, le cadet de la fratrie, qui a fourni à Fleuriot deux des armes saisies sur le bateau, mais qui n’a pas été inculpé.

    52Cordier Daniel, La Victoire en pleurant. Alias Caracalla 1943-1946, Paris, Gallimard-Témoins, 2021, p. 185.

    La Résistance pionnière en France au prisme des archives de la répression

    X Facebook Email

    La Résistance pionnière en France au prisme des archives de la répression

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    La Résistance pionnière en France au prisme des archives de la répression

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Guillon, J.-M. (2025). Que faire ? Partir ? Rester ?. In G. Eismann & F. Grenard (éds.), La Résistance pionnière en France au prisme des archives de la répression. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14bea
    Guillon, Jean-Marie. « Que faire ? Partir ? Rester ? ». In La Résistance pionnière en France au prisme des archives de la répression, édité par Gaël Eismann et Fabrice Grenard. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2025. doi:10.4000/14bea.
    Guillon, Jean-Marie. « Que faire ? Partir ? Rester ? ». La Résistance pionnière en France au prisme des archives de la répression, édité par Gaël Eismann et Fabrice Grenard, Presses universitaires de Rennes, 2025, https://doi.org/10.4000/14bea.

    Référence numérique du livre

    Format

    Eismann, G., & Grenard, F. (éds.). (2025). La Résistance pionnière en France au prisme des archives de la répression. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14bf0
    Eismann, Gaël, et Fabrice Grenard, éd. La Résistance pionnière en France au prisme des archives de la répression. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2025. doi:10.4000/14bf0.
    Eismann, Gaël, et Fabrice Grenard, éditeurs. La Résistance pionnière en France au prisme des archives de la répression. Presses universitaires de Rennes, 2025, https://doi.org/10.4000/14bf0.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Rennes

    Presses universitaires de Rennes

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.pur-editions.fr

    Email : pur@univ-rennes2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement