Surveiller et réprimer les premières formes de résistance dans un territoire frontalier divisé
Le cas de la Franche-Comté (1940-1941)
p. 151-166
Texte intégral
1Comme de nombreuses régions, la Franche-Comté a de longue date fait l’objet d’études diverses sur l’histoire de l’Occupation et de la Résistance : une abondante bibliographie permet ainsi de couvrir l’ensemble des quatre départements qui la composent (Doubs, Haute-Saône, Jura et Territoire de Belfort)1. Il n’existe cependant pas de synthèse régionale ; une telle lacune s’explique pour partie par la situation d’extrême éclatement géographique que créent l’armistice et l’Occupation2. Délaissée par la recherche depuis quelques décennies – d’importantes monographies régionales publiées dans les années 1970 et 1980 ont servi de laboratoire à des analyses plus larges sur les événements et les phénomènes du dernier conflit mondial3 – l’échelle territoriale offre pourtant un terrain d’observation probant pour appréhender les moyens, les objectifs et les adaptations à l’œuvre dans la répression des premières formes de résistance.
Occupation et reconfiguration territoriale
2Les troupes allemandes envahissent la Franche-Comté entre le 15 et le 24 juin 1940, sa capitale Besançon est occupée à partir du 16 juin. L’armistice signé le 22 juin crée alors une réalité géographique formée d’entités et de micro-situations singulières. La région est partagée entre une zone occupée située en zone interdite/réservée et couvrant l’essentiel de son territoire, et une zone non occupée dans la partie sud du département du Jura. Traversée par la ligne de démarcation, la Franche-Comté possède également une frontière avec la Suisse qui longe les départements du Doubs, du Jura et du Territoire de Belfort, lui-même limitrophe du Reich (Alsace annexée). Cet éclatement imposé par la guerre et l’Occupation entraîne une reconfiguration territoriale qui tend à polariser la région autour de lieux et de points stratégiques où se développent toutes sortes d’activités illégales, comme les passages clandestins massifs d’une zone à une autre. Dès le mois de décembre 1940, les autorités allemandes le déplorent : « le franchissement non autorisé de la ligne de démarcation a lieu sur une vaste étendue, malgré les jugements du tribunal de guerre4 ».
3L’administration militaire allemande qui s’installe en juin 1940 dans la partie occupée du territoire franc-comtois dépend du Militärbefehlshaber in Frankreich (MBF). En 1940 et 1941, il s’agit de deux Feldkommandanturen (FK), celle de Vesoul (FK 551) et surtout celle de Besançon (FK 560), rattachées l’une et l’autre au Bezirk C de Dijon. La Feldkommandantur 560 de Besançon, dotée d’un tribunal militaire, contrôle le département du Doubs, le Territoire de Belfort, la partie occupée du Jura et le pays de Gex. Il existe à l’échelon local plusieurs Kreiskommandanturen (KK), dont celles de Dole (KK 552) et de Belfort (KK 554). Enfin, si le gouvernement de Vichy conserve son administration, les préfets et les sous-préfets, la police et la gendarmerie collaborent étroitement avec les occupants allemands. Au sud de la ligne de démarcation, dans le Jura non occupé, c’est à Lons-le-Saunier que l’administration vichyssoise exerce son autorité. La Franche-Comté présente ainsi aux premiers temps de l’Occupation des situations très contrastées.
Archives de la répression : biais et représentations
4Au risque d’avancer une évidence, il n’est pas inutile de rappeler que les archives dites de la répression traduisent, comme n’importe quel autre document, une vision du monde et des représentations construites des phénomènes qu’elles tentent d’appréhender. Si elles permettent de compenser certaines lacunes ou de percevoir des aspects de la Résistance que d’autres sources ne montrent pas forcément, elles ne sont pour autant ni plus ni moins objectives ou subjectives5.
5La présente étude s’appuie essentiellement sur la série W des archives publiques des quatre départements de la région Franche-Comté (Doubs, Jura, Haute-Saône et Territoire de Belfort). Le dépouillement des documents produits et conservés par les cabinets des différents préfets entre juin 1940 et la fin de 1941 ou le début de 1942 apporte ici une vision d’ensemble de la période considérée. Ces sources sont aujourd’hui bien connues des historiens, utilisées notamment pour analyser l’état de l’opinion sous Vichy et l’Occupation6. Outre les rapports mensuels des préfets, ont également été consultés les statistiques des « menées antinationales7 », des rapports de police (en particulier ceux, très complets, du Territoire de Belfort), les interventions du préfet de la Haute-Saône au sujet des arrestations opérées par les Allemands et les diverses correspondances entre les préfets et les autorités allemandes (Feldkommandantur ou Kreiskommandantur). Si le contenu des rapports mensuels des préfets répond logiquement aux attentes du régime de Vichy et aux codes convenus de la langue administrative, il arrive que leurs auteurs laissent transparaître, dans ces premiers mois de l’Occupation, quelques traits de leur personnalité. Jacques Henry, préfet de la Haute-Saône de juillet 1940 au 14 juin 1941 et Marcel Picot, préfet du Territoire de Belfort du 1er juin 1940 au 4 janvier 1942, sont tous les deux des anciens combattants de la Grande Guerre. On le verra, cette expérience et le patriotisme qui lui reste attaché expliquent en partie l’expression de réticences ou d’une certaine mauvaise humeur à l’égard du comportement des forces d’occupation. Ce n’est pas le cas du préfet du Doubs, René Linarès, en poste du 20 août 1940 au 27 mars 1943, par ailleurs plus jeune que ses collègues. Dans la partie non occupée du Jura deux préfets se succèdent : Alfred Golliard8, rapidement révoqué le 17 septembre 1940, puis Eugène Bosc jusqu’au 15 juillet 1943.
6Les premières formes de résistance sont donc appréhendées à travers le prisme des préoccupations de l’administration vichyssoise et de ses relations avec les autorités d’occupation. Il s’agit donc ici d’utiliser les archives de la répression moins pour inventorier l’ensemble des actions subversives – si tant est qu’il soit possible de le faire – que pour saisir les représentations à l’œuvre dans la perception du danger et d’un ennemi potentiel. Le choix de s’intéresser aux biais à travers lesquels sont surveillés et réprimés les actes de désobéissance suppose de tenir compte de multiples facteurs : évolution de la guerre, hiérarchie des priorités, poids de l’idéologie, personnalités des préfets ou des divers responsables des forces de l’ordre, situation des départements, relations entre les autorités vichystes et allemandes, exigences et pressions de l’occupant. Autant de variables structurelles et conjoncturelles, tantôt idéologiques ou tantôt pragmatiques, qui entrent en jeu dans la surveillance et la répression des débuts de la Résistance.
7Deux aspects marquent la première année de l’Occupation, du moins telle qu’elle ressort des documents administratifs étudiés. La relation est d’abord très étroite entre surveillance de l’opinion et relevé des gestes, actes ou faits jugés subversifs par les autorités. Par ailleurs, à l’échelle d’un commissariat de police ou d’une gendarmerie, il existe une certaine confusion et une réelle difficulté à distinguer clairement ce qui relève de la délinquance de droit commun d’actes que l’on peut considérer comme relevant d’une forme de résistance. Policiers et gendarmes avancent parfois au jugé, à l’aveugle, tâtonnent bien souvent : si la Résistance s’invente alors, il s’agit aussi pour les forces de l’ordre de bousculer les habitudes de pensées de l’avant-guerre et de parvenir à cerner le caractère inédit de ce qu’elles sont amenées à réprimer.
8Les lignes qui suivent sont prospectives et proposent quelques hypothèses. Elles reviennent d’abord sur les conséquences du caractère particulièrement pesant et intrusif de l’occupation allemande pour la majeure partie de la région. Dans ce contexte et avec leurs propres priorités, les autorités françaises s’attachent à désigner, nommer, recenser et mesurer la multitude d’actes subversifs ou dissidents, tandis que la répression allemande s’inscrit dans une véritable logique de guerre.
Le poids écrasant de l’occupation allemande
9Dès les premières semaines, les conditions d’installation des occupants ainsi que les contraintes multiples imposées fixent rapidement les traits de l’état d’esprit des populations, tel que le décrivent les préfets dans leurs rapports. Par ailleurs, l’immixtion et la forte intrusion des Allemands dans les affaires administratives heurtent particulièrement des hauts-fonctionnaires qui, dans le cas du Territoire de Belfort et de la Haute-Saône, ne masquent pas leur agacement, comme le montrent ces quelques exemples :
« Il ne vous échappera pas qu’il ne s’agit plus, au moins dans cette région, d’une occupation militaire, mais d’une véritable administration, attentive à toutes questions d’ordre économique, industriel, commercial, agricole et même politique. À ce point de vue est à souligner l’ordre récent supprimant pour les journaux le droit de censure des préfets et leur interdisant, ainsi qu’aux maires, toute action sur la presse9. »
« Je suis saisi d’une quantité considérable de demandes de renseignements et de statistiques portant sur les objets les plus divers. Je joins, en annexe, l’énumération des rapports périodiques les plus marquants qui me sont demandés, et dont la production nécessite une longue préparation et cause une grande perte de temps10. »
« Si la correction extérieure demeure, je constate cependant une tendance croissante à une immixtion dans l’administration, non seulement pour ce qui concerne son fonctionnement, mais aussi pour ce qui a trait au personnel chargé de l’exercer. […] C’est ainsi que la Kreiskommandantur de Gray a recensé les étudiants de l’Université de Paris, originaires de la circonscription et les astreint à se présenter chaque jour aux autorités de Police11. »
10Ces deux préfets acceptent difficilement la subordination aux occupants et leur perte de souveraineté, en particulier pour les fonctions de surveillance et de contrôle de la population. La rétention d’informations de la part des Allemands, notamment en ce qui concerne le sort réservé à des personnes arrêtées ou condamnées, les irrite tout autant :
« De nombreuses arrestations sont effectuées, pour infractions aux ordonnances et se traduisent ensuite par des condamnations. Il m’est extrêmement difficile de connaître les noms des personnes arrêtées, les surveillants-chefs des 2 maisons d’arrêt [Lure et Vesoul] n’ayant pas à tenir de registre d’écrou, et l’incarcération étant effectuée dans un quartier spécial, gardé par des soldats allemands. Il en est de même pour les condamnés. Je ne suis donc avisé et très irrégulièrement que par les Maires ou par les familles et j’entreprends chaque fois des démarches en vue de la libération, sauf s’il s’agit délits de droit commun12. »
11Au-delà de la question des atteintes à leurs prérogatives administratives, les préfets des départements de la zone interdite relayent sans détour ni prudence particulière les inquiétudes et le mécontentement des habitants. Dans ces premiers temps de l’Occupation, la franchise et une certaine empathie peuvent surprendre sous leur plume ; elles expriment cependant un patriotisme et des sentiments anti-allemands ancrés de longue date, particulièrement dans le Territoire de Belfort voisin du Reich. Dans les trois départements occupés, la crainte d’une annexion, attisée par l’expulsion à l’automne 1940 des Alsaciens-Lorrains, se prolonge plusieurs mois jusqu’en 1941 :
« Les populations du Territoire, qui sont de langue française, restent profondément attachées à la France. Elles sont anxieuses devant l’avenir et redoutent l’annexion. Elles attendent dans l’angoisse la confirmation de l’espoir qui subsiste, de demeurer françaises13. »
« La détermination de la zone interdite donne lieu aux hypothèses les plus variées, mais en général pessimistes : annexion, État tampon, protectorat de longue durée14. »
« On est anxieux sur le sort du Département, en raison de sa situation de “zone interdite”. La crainte d’une annexion de la Franche-Comté se généralise, et je dois lutter contre cet état d’esprit qui engendre un regrettable découragement. Parallèlement à ce découragement, apparaissent des poussées de nervosité15. »
12De même les entraves quotidiennes, les réquisitions et les prélèvements de toute sorte, ajoutés aux diverses vexations et parfois aux brutalités, suscitent rapidement le rejet de l’occupant allemand que les habitants associent à celui de la politique de collaboration. Le préfet de la Haute-Saône en rend compte à nouveau à la toute fin de l’année 1940 sans aucune réserve :
« L’idée de collaboration est en très sérieux recul, du fait de la façon extrêmement brutale dont les nouveaux occupants se sont installés. […] Les troupes s’installent dans les maisons sans tenir compte des possibilités matérielles de logement. Elles se montrent très exigeantes vis-à-vis des municipalités et des habitants, et déclarent avec complaisance “que ce n’est qu’un commencement”. De nombreux habitants ont été arrêtés sous des accusations injustes, puis relâchés quelques jours après sans même avoir été interrogés. Nous nous trouvons ainsi ramenés aux journées de Juin, lors de l’invasion. Encore, à cette époque, les troupes avaient-elles l’excuse des combats, et l’armistice n’était-il pas signé16… »
13Si l’expression de ces sentiments hostiles à l’Occupation jalonne précocement les rapports mensuels rédigés par les préfets des trois départements occupés – avec, on l’aura compris, une forme de compréhension pour le sort subi des habitants – la situation est logiquement très différente dans la partie non occupée du Jura. Ces préoccupations liées à la présence de l’occupant allemand, prégnantes en zone occupée, sont totalement absentes des bilans sur l’état de l’opinion établis par le préfet installé à Lons-le-Saunier. Dans ces contextes différenciés, comment les autorités vichyssoises évaluent-elles les éléments et les formes de dissidence ?
Qualifier les actes subversifs
14Pour Vichy, quelques obsessions guident la surveillance et la répression des gestes jugés hostiles ou susceptibles de nuire à la sécurité, pour l’essentiel désignés comme des « menées antinationales ». Il s’agit particulièrement de traquer tous les faits soupçonnés d’inspiration gaulliste, communiste ou témoignant d’une sympathie pour les Britanniques. De même, sont systématiquement recensés les propos, les gestes et les comportements injurieux à l’égard de Pétain ou des Allemands. Autant d’éléments qui relèvent des idées, de l’opinion et de leurs formes publiques d’expression. Si le préfet du Territoire de Belfort évoque en avril 1941 des « attitudes de résistances individuelles17 », la notion même de « résistance » est totalement absente du champ lexical des rapports des préfets. De fait, comme le montre le relevé du vocabulaire utilisé de juin 1940 à la fin de l’année 1941, il s’agit avant tout de tenter de cerner, par les mots, la réalité des formes de dissidence le plus souvent en lien étroit avec l’analyse de l’état de l’opinion. Rien d’étonnant à ce que l’on retrouve les expressions des diverses circulaires du ministère de l’Intérieur : « propos séditieux », « injures », « menées anti-nationales » ou leurs variantes « communistes » ou « gaullistes ». Enfin, dans cette première année de l’Occupation, la mention d’actes relevant de la lutte armée reste rare, si ce n’est celle à travers les petits sabotages ou la détention d’armes.
Fig. 1. – Relevé du vocabulaire des rapports des préfets.

15L’observation de la situation à une plus grande échelle, celle par exemple d’une gendarmerie ou d’un commissariat de police, révèle une certaine difficulté à saisir les intentions réelles et le potentiel danger des actes décrits dans les rapports. Ainsi des « menées anti-nationales », objets d’instructions ministérielles répétées, et dont les rapports des forces de l’ordre locales ne parviennent pas encore à cerner précisément les limites. Le constat du commandant de la section de gendarmerie du Territoire de Belfort établi le 7 décembre 1940 est, à cet égard, particulièrement révélateur :
« J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que les Brigades de Gendarmerie du Territoire n’ont eu à réprimer aucun fait de menées anti-nationales. Toutefois, un acte de propagande anti-nationale a été constaté à DELLE. Il s’agissait en l’espèce d’une inscription “Vive de Gaulle” exécutée à l’aide de timbre en caoutchouc18. »
16Même recherche de définition pour le commissaire spécial de la police de Belfort à propos du mot d’ordre lancé par le général de Gaulle pour le 1er janvier 1941 à la radio de Londres, « manifestations » dont les motivations s’inscrivent dans le rejet de la collaboration et des contraintes de l’Occupation :
« Le jour du Premier Janvier, la circulation fut presque nulle de 15 heures à 16 heures, suivant la demande de l’ex-général. Pourtant ces manifestations contraires à l’esprit de collaboration prôné par le gouvernement français ne peuvent être considérées comme des menées anti-nationales. À ce sujet, nombreux sont ceux qui se plaignent des restrictions imposées par les Autorités occupantes notamment en ce qui concerne la correspondance avec nos prisonniers ou avec la zone libre. De même, les nombreuses restrictions imposées pour le chauffage et la nourriture sont en partie les raisons de l’opposition à une politique de rapprochement franco-allemand19. »
17Le rejet par une bonne partie de la population de l’Occupation et de la collaboration, ajouté à un patriotisme ancré, rebat les cartes et rend parfois difficilement saisissables les diverses formes de désobéissance. Pour les forces de l’ordre et les autorités locales vichyssoises, il s’agit de saisir les limites de l’illégalité et de parvenir à circonscrire ce qui relève de la dissidence plus aboutie de simples gestes d’humeur, d’en saisir la portée et le sens, encore à l’été 1941 :
« En résumé, l’activité anti-nationale au cours du mois de Juillet s’est bornée comme ces derniers mois à un certain nombre d’actes isolés, sans coordination bien établie ni démonstration effective20. »
Recenser et mesurer la dissidence
18Le recensement comparatif des actes subversifs signalés et déclarés dans les rapports mensuels des préfets des quatre départements révèle d’abord la place importante de la contre-propagande (tracts, inscriptions, manifestations, outrages représentent 51 %) et celle, non négligeable, des formes primitives de lutte armée (détentions d’armes, petits sabotages représentent 27 %). De même, on retrouve logiquement des disparités certaines entre zone occupée et zone non occupée ainsi qu’un décalage temporel : précocité en Haute-Saône, dans le Territoire de Belfort et dans le Doubs, apparition plus tardive dans la partie sud du Jura (février 1941). Par ailleurs, la situation singulière de la région, traversée par la ligne de démarcation, explique une forte activité clandestine de passages et d’aide à l’évasion (19 %).
Fig. 2. – Nombre d’actes subversifs déclarés par les préfets dans les quatre départements de la Franche-Comté entre juillet 1940 et mai 1942 (en valeur absolue).

Fig. 3. – Catégories des actes subversifs déclarés par les préfets dans les quatre départements de la Franche-Comté (juillet 1940-mai 1942).

19Enfin, la comparaison des catégories d’actes subversifs ou des premières formes de résistance relevés dans le Doubs (zone occupée) avec celles de la partie sud du Jura (zone non occupée), montre bien une différence fondamentale – et somme toute assez évidente – dans les intentions, les cibles et les objectifs. La présence de l’occupant allemand – et a contrario son absence – se traduit par la présence ou l’absence de faits à caractère armé. Ce sont précisément ces actions (petits sabotages, détention d’armes, rixes) que surveillent particulièrement les Allemands : leur logique répressive n’est pas la même que celle de Vichy. Au-delà de la question des prérogatives – la sécurité est avant tout l’affaire des Allemands – on peut s’interroger sur la forme d’aveuglement que représente la priorité accordée par Vichy à la lutte contre les « menées » gaullistes et contre les communistes (internement administratif préventif). Dans cette première année de l’Occupation, Vichy et les autorités allemandes n’ont pas exactement les mêmes priorités.
Fig. 4. – Catégories d’actes subversifs déclarés dans les rapports des préfets du Doubs (zone occupée/zone interdite) et du Jura Sud (zone non occupée) entre juillet 1940 et mai 1942.

La répression du côté des Allemands : une logique de guerre
20À cet égard, les dossiers conservés des échanges portant sur un certain nombre d’arrestations effectuées par les Allemands, et pour lesquelles le préfet de la Haute-Saône tente des recours auprès de l’occupant, sont très éclairants21. Pour la période de l’automne 1940 au début de l’année 1942, une cinquantaine d’arrestations concerne soit des personnes à titre individuel soit des groupes (jusqu’à 14 personnes). Le préfet fait mener par ses services (police, prison, administration) des enquêtes pour obtenir des renseignements, appuyer éventuellement une demande de libération ou une clémence. Les principaux motifs d’arrestation révèlent une représentation du danger distincte de celle de Vichy – et par conséquent une spécificité des actes dissidents réprimés par les Allemands. Il s’agit pour l’essentiel des faits suivants : insultes, rixes, hostilité publique contre des Allemands ; détention d’armes ; expression publique de sentiments patriotiques pro-britanniques ; franchissement dans un sens ou un autre de la ligne de démarcation qui concerne de nombreux militaires démobilisés ; organisation de filières d’évasion de prisonniers de guerre ; affaires de « francs-tireurs » qui remontent à mai-juin 1940, avant l’armistice. En voici quelques exemples significatifs :
Insulte
« Ce fonctionnaire [Paul Midot, agent de police auxiliaire] se serait exclamé, en réponse à une personne qui demandait au boucher des tripes à la mode de Caen : “Des tripes ! mais il y a le Capitaine Tripp à la Kreiskommandantur qui en a !”. Il aurait ajouté “Il y a aussi le Major Paul, oui, Paul Midot comme moi”. Puis, parlant des Allemands en général, il aurait mis en parallèle Napoléon et Hitler en disant : “Le grand Napoléon et le petit Hitler”22. »
Détention d’armes
« À mon grand regret, je ne vois actuellement pas la possibilité de transmettre favorablement votre demande tendant à faire bénéficier M. Louis Delunsch, condamné le 19 août 1941 à 2 ans et 6 mois de prison pour détention illicite d’armes (un fusil de guerre transformé, un fusil de chasse, un revolver à barillet) d’une remise de peine ou d’une libération immédiate. Le Président du Tribunal Reichardt, Lieutenant-Colonel Feldkommandant23. »
Anglophilie
« Hier soir, vers 18 h, mademoiselle Giraux se promenait dans la rue Commandant Girardot en compagnie de ses camarades Melles Bon et Collet, lorsqu’elle fut interpellée par deux gendarmes allemands au sujet d’un insigne qu’elle portait. Après lui avoir retiré l’insigne, qui consistait en un médaillon renfermant la photo de ses parents et surmontés de deux petits drapeaux, l’un aux couleurs françaises, l’autre aux couleurs anglaises, ils lui disent qu’elle devrait se présenter le lendemain à la Kreiskommandantur pour le retirer. Mais, vers 18 h 30, un gendarme se présenta chez elle et la pria de se rendre immédiatement à la Kreiskommandantur. Elle obtempéra aussitôt. […] Depuis, Mlle Giraux n’est toujours pas rentrée24. »
21Quelques affaires perdurent au-delà de la période considérée (1940-1941) : enquêtes, arrestations successives et jugements rythment une plus longue temporalité qui nécessite de parcourir certains dossiers jusqu’en 1943 ou 1944. C’est le cas notamment du démantèlement d’une filière d’évasion de prisonniers de guerre organisée précocement à Vesoul à la fin de 1940 autour du trésorier local de la Croix-Rouge française, le capitaine Granspacher. Il est en effet arrêté une première fois en janvier 1941 ainsi que 14 employés de la préfecture soupçonnés de fournir des cachets pour la fabrication de faux-papiers. Non informé par les autorités allemandes des raisons de ces arrestations, le préfet demande au commissaire de police de Vesoul de se renseigner :
« On lui reprocherait d’avoir établi une carte d’identité, sous un faux nom, à un prisonnier du camp de Vesoul et d’avoir ainsi cherché à faciliter son évasion. Cette carte porterait un cachet de la Préfecture de la Haute-Saône et votre signature aurait été imitée25. »
22Libéré par la suite, le capitaine Granspacher est à nouveau arrêté le 25 septembre 1941 avec deux autres membres de sa famille, puis déporté le 18 mars 1943 à Trèves26. Il meurt en déportation au camp de concentration de Gross Rosen le 20 octobre 194427.
23Un autre type d’actions mobilise sur la longue durée les services du préfet et témoigne surtout de l’acharnement des Allemands à les régler : il s’agit d’affaires de « francs-tireurs » qui précédent l’armistice et remontent à la campagne de France de mai et juin 194028. En Haute-Saône, petit département rural de 212 000 habitants en 1936, trois affaires suscitent de nombreux échanges, courriers, enquêtes et demandes de renseignement où entrent en jeu jugement rétroactif, questions de droit et logiques répressives de temps de guerre. La première se passe à Étuz en mai 1940 : quatre habitants, alors membres désignés d’une équipe formée par la gendarmerie de Marnay pour faire partie du corps des « gardes territoriaux », interpellent rudement des aviateurs allemands abattus. Quelques mois plus tard, le 21 septembre 1940, ils sont arrêtés par les occupants pour « s’être portés en armes en direction de l’avion29 ». Emprisonné jusqu’au 31 août 1941, l’un d’entre eux sera par la suite déporté (rentré) à Dachau. Dans sa correspondance avec le commandant de la Feldkommandantur de Vesoul, le préfet de la Haute-Saône invoque les décrets de la IIIe République (décret du 17 mai 1940) et sa propre circulaire préfectorale aux maires (circulaire du 21 mai 1940) ainsi que l’état de guerre antérieur à la signature de l’armistice pour tenter de préserver ses administrés arrêtés :
« Ces circulaires n’ont rien de secret puisqu’elles ont été envoyées dans toutes les Mairies. Les Maires les ont donc appliquées et, à leur tour, les habitants ont obéi aux Maires30. »
24La seconde affaire date du 1er juin 1940 : à l’issue d’un combat aérien au-dessus d’Héricourt, dans le nord-est du département, un aviateur allemand tombe sur l’usine Schwob. Des habitants procèdent à l’arrestation de cet aviateur « descendu en parachute après la destruction de son appareil31 ». Arrêtées en juillet, septembre et décembre 1940 par les autorités allemandes, cinq personnes sont internées à la prison de Lure en attente d’un procès. L’affaire est jugée une première fois en décembre 1941 par le Tribunal militaire allemand de Vesoul, avec des acquittements. Renvoyée auprès du Tribunal de l’Armée de l’air de Stuttgart, elle est jugée à nouveau le 2 juin 1942 (acquittements et peines de prison).
25La troisième affaire de « francs-tireurs » remonte au 15 juin 1940 : un militaire motocycliste allemand ayant perdu son unité à Soing s’introduit dans la ferme de deux cultivateurs qu’il menace. Les deux habitants ne sont pas armés. Ils se précipitent sur le motocycliste, lui portent des coups et l’assomment mortellement avec la crosse de son fusil. Le fusil, la moto et le cadavre sont alors jetés dans la Saône. Quelque temps après, le cadavre remonte à la surface : repêché, il est enterré avec la complicité du maire et de l’éclusier. En mars 1941, à l’issue d’une enquête, les gendarmes allemands de la Feldkommandantur 551 de Vesoul retrouvent le cadavre, la moto et le fusil32. Quatre personnes sont arrêtées le 29 mars, « à la suite d’un crime commis en juin 194033 ». Le tribunal militaire allemand de Vesoul, réuni en conseil de guerre le 26 avril 1941, condamne à mort deux habitants de Soing, Mongin et Létang. Dans les jours qui suivent, le préfet s’appuie sur le mémoire de recours en grâce rédigé par l’avocat commis d’office venu d’Épinal, Maître Vandal, pour plaider auprès des Allemands la légitime défense en contexte de conflit :
« De toute manière, et d’un point de vue purement juridique, l’absence de préméditation, l’absence d’armes d’aucune sorte chez les condamnés s’oppose formellement à la qualification donnée à leur acte, à savoir de s’être comportés comme des francs-tireurs.
Lorsqu’on se place non à l’époque actuelle [26 avril 1941], mais au moment où les faits se sont passés, et dans l’ambiance, il est humainement impossible d’exiger que Mongin ait agi autrement qu’il ne l’a fait.
Je suis convaincu que regardant les faits tels qu’ils se sont passés dans cette atmosphère du mois de juin, laissant de côté l’acte de franc-tireur qui, en aucun cas, ne s’est produit34… »
26L’argument juridique reste irrecevable pour les Allemands. Le jugement allemand conteste ce droit et considère que les deux habitants auraient dû s’enfuir et demander l’aide de l’armée régulière française. Mongin et Létang sont donc considérés comme « francs-tireurs », alors qu’ils n’étaient pas armés et que leur acte ne relevait d’aucune intention meurtrière délibérée. Aucune marge de manœuvre n’est ici possible et cette impasse révèle l’écart entre la logique répressive de l’occupant et l’impuissance des autorités de Vichy – et singulièrement du préfet. Le 14 mai 1941 à 6 h du matin, Mongin et Létang sont exécutés à Vesoul. Le même jour, le préfet de la Haute-Saône écrit au ministre de l’Intérieur :
« D’après les renseignements que j’ai pu officieusement recueillir, nos deux compatriotes ont fait preuve d’une attitude très courageuse, refusant de se laisser lier les mains et bander les yeux. […] L’annonce de cette double exécution a causé en ville une profonde consternation35. »
27Que retenir de ces trois affaires de « francs-tireurs » antérieures à la signature de l’armistice le 22 juin 1940 et à l’occupation allemande – et qui ne relèvent pas d’actions de résistance à proprement parler ? La question est largement débattue dans l’article que propose Claire Andrieu dans ce volume36. Il est possible simplement ici d’émettre l’hypothèse d’un décalage politique et géostratégique entre Vichy et les Allemands. Les occupants se situent toujours dans une logique de guerre qui relie les combats de 1940 à la situation d’occupation territoriale. C’est donc sans aucun complexe qu’ils outrepassent la convention de La Haye pour exercer plusieurs mois après la répression judiciaire d’actes de « francs-tireurs » datant de mai et de juin 1940. L’objectif, dissuasif, vise en particulier à maintenir la sécurité de leurs troupes. Pour Vichy, l’armistice constitue une rupture fondatrice, un point de bascule qui crée l’illusion d’une situation de non-guerre : tout ce qui lui est antérieur – et particulièrement mai et juin 1940 – relève d’une autre période, d’un autre temps, celui d’une guerre qui est censée ne plus être. L’incompréhension est profonde.
Conclusion
28Dans les premiers temps de l’Occupation, si la Franche-Comté présente une situation qui concentre les éléments connus de l’ensemble des zones occupées et non occupées, elle se distingue par quelques singularités. En Haute-Saône, dans le Territoire de Belfort et dans le Doubs, le statut de zone réservée/interdite et la proximité avec le Reich (Alsace) créent dans la population une inquiétude durable quant au sort à venir de ces territoires par la crainte répétée d’une annexion. Par ailleurs, dans ces mêmes départements et tout particulièrement dans le Territoire de Belfort, un sentiment anti-allemand se développe de manière précoce, lié à la fois à son histoire récente et aux réalités très contraignantes, parfois brutales, de l’occupation allemande. Enfin, les premières formes de résistance réprimées sont étroitement liées à la situation géostratégique de la région : passages de la ligne de démarcation et de la frontière, filières d’évasion de prisonniers de guerre, un Frontstalag étant notamment installé à Vesoul. Le caractère plus tardif des actes de désobéissance dans la partie sud du Jura – dont la nature reste essentiellement politique – interroge aussi sur les limites chronologiques de la « résistance pionnière » : 1941 en zone occupée, 1942 en zone non occupée ?
29Au-delà du cas particulier de la région, ce parcours rapide des archives produites par les préfets des quatre départements permet de percevoir des logiques et des temporalités différentes dans la manière d’envisager la répression des formes de dissidence entre 1940 et 1941. Pour Vichy, le prisme idéologique et souvent zélé de l’antigaullisme et de l’anticommunisme l’emporte dans la répression. Il peut aveugler, créer des angles morts, dévier le regard et empêcher tout simplement de voir – ou même d’imaginer – des formes nouvelles de désobéissance. Il explique aussi une difficulté à comprendre les priorités répressives de l’occupant. Pour les Allemands, la temporalité reste celle d’une guerre qui a commencé en 1939 et qui, en dépit de l’armistice, se prolonge avec l’occupation des territoires. La notion juridique de « franc-tireur » remonte loin, aux expériences des guerres de 1870 et de 1914-191837. Les gestes et les actes visés par la répression relèvent essentiellement de la « lutte armée » et de ce qui peut nuire à l’armée allemande et à sa sécurité. Dans cet esprit, les habitants ordinaires sont d’abord perçus comme des dangers. Pour les occupants, le territoire ennemi reste un milieu hostile auquel s’applique une logique de guerre.
Bibliographie
Grandhay Jean-Claude, La Haute-Saône dans la Seconde Guerre mondiale, Conflandey, Maé-Erti Éditeurs, 2004.
Marandin Jean-Pierre, Résistances 1940-1945, Besançon, Cêtre, 2005.
Robert André, Jura. 1940-1944. Territoires de Résistance, Pontarlier, Éditions du Belvédère, 2014.
Marcot François, La Résistance dans le Jura. 1940-1944, Besançon, Cêtre, 1985.
Marcot François, Les voix de la Résistance. Tracts et journaux clandestins francs-comtois, 1940-1944, Besançon, Cêtre, 1989.
Vacelet Marie-Antoinette, Le Territoire de Belfort dans la tourmente (1939-1944), Besançon, Cêtre, 2005.
Notes de bas de page
1L’approche départementale ou locale a toujours été privilégiée et elle inspire l’essentiel des travaux sur le sujet. Parmi-ceux-ci, mentionnons les études de Jean-Claude Grandhay pour la Haute-Saône, Marie-Antoinette Vacelet pour le Territoire de Belfort, Jean-Pierre Marandin pour le pays de Montbéliard (Doubs) et François Marcot pour les départements du Doubs et du Jura.
2Interrogé sur cette absence de synthèse, François Marcot, qui avait initialement l’intention de l’écrire, m’a expliqué qu’elle était en partie liée à la dissémination territoriale provoquée par l’Occupation… et à l’évolution de ses préoccupations scientifiques (entretien du 27 avril 2020). L’exposition permanente du musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon présentée entre 1982 et 2020 constitue sans doute l’un des rares récits historiques d’ensemble de cette histoire.
3Sur la place et le rôle de la monographie locale dans les questionnements scientifiques, je renvoie à la réflexion proposée par Guillon Jean-Marie, « Trente ans de recherches sur l’histoire des années 1939-1945 en Provence », in Cahiers de la Méditerranée, no 103, décembre 2021 « Écrire la Méditerranée. Perspectives historiographiques », p. 273-291.
4Rapport du 14 décembre 1940, Feldkommandantur 560 de Besançon au Bezirk C de Dijon, AN AJ 40 946.
5Pour reprendre l’idée de François Marcot : « Ajoutons […] que l’on ne saurait s’abriter derrière la nature des archives disponibles pour définir la Résistance, et en ce domaine comme en tout autre, il ne saurait y avoir de tyrannie des archives et de documents qui parleraient tout seuls. Si l’histoire est faite à partir de sources, elle est écrite par les historiens, responsables des concepts qu’ils utilisent. Ce n’est ni à la police française ou allemande, ni à l’administration ou aux offices des anciens combattants, ni aux associations de dire qui est résistant et qui ne l’est pas. C’est aux historiens », « Pour une sociologie de la Résistance : intentionnalité et fonctionnalité », in Le Mouvement social, no 180, juillet-septembre 1997, p. 41.
6Laborie Pierre, L’opinion française sous Vichy, Paris, Seuil, 1990.
7Circulaire no 35 467 du 9 novembre 1940, ministère de l’Intérieur, État français.
8Barbier Jean-Claude, La République jusqu’à la mort. Alfred Golliard, préfet, résistant, déporté, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, 2019.
9Le préfet du Territoire de Belfort, 25 septembre 1940. Archives départementales du territoire de Belfort (AD90), 99 W 138.
10Le préfet de la Haute-Saône, 12 novembre 1940. Archives départementales de la Haute-Saône (AD 70), 40 W 12.
11Le préfet de la Haute-Saône, 13 décembre 1940. AD 70 40 W 12.
12Le préfet de la Haute-Saône, 12 novembre 1940. AD 70 40 W 12.
13Le préfet du territoire de Belfort, 17 juillet 1940. AD 90 99 W 138.
14Le préfet du Territoire de Belfort, 25 septembre 1940. AD 90 99 W 138.
15Le préfet de la Haute-Saône, le 31 mai 1941. AD 70 40 W 8.
16Le préfet de la Haute-Saône, 30 décembre 1940. AD 70 40 W 12.
17Le préfet du Territoire de Belfort, 30 avril 1941. AD 90 99 W 138.
18Le Capitaine Brepson, Commandant de la Section de Belfort, Gendarmerie du TB à Monsieur le Préfet, 7 décembre 1940. AD 90 99 W 331-335.
19Le Commissaire Spécial à Monsieur le Préfet du département de Belfort, 6 janvier 1941. AD 90 99 W 331-335.
20Le Préfet du Territoire de Belfort à Monsieur le Secrétaire d’État à l’Intérieur, le 12 août 1941. AD 90 99 W 331-335.
21Arrestations opérées par les autorités allemandes (1940-1944), Archives départementales de la Haute-Saône, AD 70 27 W 45, 27 W 51, 44 W 2.
22Le Commissaire Spécial à Monsieur le Préfet de la Haute-Saône, Vesoul, le 6 janvier 1942, Arrestations effectuées par les autorités allemandes (1941-1944), AD 70 27 W 45.
23Réponse du Président du Tribunal militaire de la Feldkommandantur 560 au Préfet de la Haute-Saône au sujet de Louis Delunsh, mécanicien SNCF arrêté le 7 août 1941 pour détention d’armes, le 30 janvier 1942, AD 70 27 W 45.
24Le commissaire de police de Vesoul à Monsieur le Préfet, 19 février 1941, AD 70 27 W 45.
25Ibid., 16 janvier 1941, AD 70 27 W 51.
26AD 70 27 W 45.
27Livre mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression, Fondation pour la mémoire de la déportation, Éditions Tirésias, 2004.
28Sur le sujet, nous renvoyons à Andrieu Claire, « La répression des francs-tireurs de la République », in Tombés du ciel. Le sort des pilotes abattus en Europe. 1939-1945, Tallandier/ministère des Armées, 2021, p. 71-112.
29Le préfet de la Haute-Saône au Feldkommandant 551, 23 septembre 1940, AD 70 27 W 51.
30Le préfet de la Haute-Saône au commandant de la Feldkommandantur 551, 23 septembre 1940, AD 70 27 W 51.
31Le préfet de la Haute-Saône au commandant de la Feldkommandantur 516, 3 juillet 1941, AD 70 27 W 51.
32Rapport du Commissaire spécial de Police de Vesoul au préfet, le 30 mars 1941, AD 70 44 W 2.
33Rapport du Commissaire spécial de Police de Vesoul au préfet, le 30 mars 1941, AD 70 44 W 2.
34Mémoire de Maître Vandal, avocat à Épinal, 26 avril 1941, AD 70 44 W 2.
35Le Préfet au ministre de l’Intérieur, 14 mai 1941, AD 70 27 W 51.
36Andrieu Claire, « La première Résistance, une mobilisation nouvelle et pionnière ? L’exemple de la réception par les civils des aviateurs tombés en France, 1940-1944 ».
37Pour approfondir cette question, voir notamment Eismann Gaël, « La norme à l’épreuve de l’idéologie : le franc-tireur en droit allemand et la figure du terroriste judéo-bolchevique dans les prétoires militaires allemands en France pendant la Seconde Guerre mondiale », Histoire Politique (en ligne), 45|2021, mis en ligne le 1er octobre 2021, consulté le 11 octobre 2022, [http://journals.openedition.org/histoirepolitique/1874] ; DOI : [https://doi.org/10.4000/histoirepolitique.1874].
Auteur
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Cécile Vast
Cécile Vast est docteure en histoire, professeur agrégée d’histoire-géographie.
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