Genre et première Résistance au prisme de la répression orchestrée en « zone rattachée » Nord-Pas-de-Calais (été 1940-été 1941)
p. 137-150
Texte intégral
1Après le tableau d’ensemble sur le Nord-Pas-de-Calais dressé par Laurent Thiery – celui d’une législation et d’une pratique répressives spécifiques à la « zone rattachée », qui se distingue avant tout par sa clémence relative comme par une certaine autonomie par rapport à la répression exercée à l’échelle du MilitärBefehlshaber in Belgien und Nordfrankreich (MBB) –, cette contribution se propose d’introduire une perspective de genre. D’une part en portant la focale sur les femmes réprimées, donc en faisant du genre une variable essentielle à la compréhension de la répression orchestrée. D’autre part, en interrogeant ce que les archives de la répression peuvent nous apprendre des premières résistances déclinées au féminin.
2Dans quelle mesure, et en quoi, le genre influence-t-il les premières résistances ? Autrement dit, comment le genre s’invite-t-il dans la Résistance pionnière ? Une seconde question, sous-jacente à celle-ci, porte sur les apports et les limites de la répression comme miroir d’un non-consentement féminin, spécialement pour la période très brève qui court de l’été 1940 à l’été 1941.
3La réflexion envisagée ici chemine sur des terrains peu balisés : celui d’une activité résistante pionnière, ou d’une première Résistance, moins documentée que celle qui se déploie à l’époque de la structuration, la remarque valant particulièrement pour les résistantes dont l’histoire est un chantier ouvert de manière plus récente ; celui d’une répression pour laquelle les sources, plurielles, abondent, mais dont l’approche comparée, spécialement s’agissant des femmes1, est encore balbutiante. Ce sont donc essentiellement des questions que le propos qui suit entend soulever. En premier lieu, celle du genre de la répression, autrement dit de l’incidence du genre dans la répression subie, question parfois tranchée rapidement par la négative au regard des violences commises à l’encontre des femmes. Dans un second temps, le propos s’attachera à interroger le rôle et la place des femmes dans une activité résistante précoce, l’aide aux soldats anglais, pour laquelle la « zone rattachée » constitue un laboratoire spécifique et privilégié. Enfin, le propos reviendra sur les apports essentiels de la répression comme révélateur de l’activité résistante féminine et interrogera la possibilité de dégager, pour la première Résistance, des marqueurs de l’engagement résistant féminin.
Interroger le genre de la répression
4Avant même de questionner ce que la répression peut nous apprendre de la première résistance féminine, il importe d’interroger le genre de la répression. Autrement dit, de questionner le prisme utilisé, de prendre la mesure de sa propre perméabilité au genre, pour ne pas courir le risque de prêter au phénomène éclairé ce qui tiendrait au projecteur.
Fig. 1. – Affiche annonçant la condamnation de Blanche Joséphine Paugan, 21 octobre 1940.

5Dans la « zone rattachée » au commandement militaire allemand de Bruxelles, la répression qui frappe immédiatement les femmes, de même que la prononciation de la peine capitale à leur encontre, semblent de prime abord signaler l’indifférence au sexe de la répression. Le 21 octobre 1940, une affiche2 informe ainsi la population de la condamnation à mort d’une femme pour avoir commis un acte de sabotage. La répression judiciaire frappe par son immédiateté : un mois sépare la date du jugement (17 septembre 1940) de celle des actes perpétrés (le 16 août 1940). Surtout, elle est d’une rigueur exemplaire : la peine de mort est prononcée par le tribunal de la FK d’Arras, à l’encontre d’une femme – par ailleurs âgée –, sans prise en compte de circonstances atténuantes, et cette peine est confirmée par le commandement militaire de Bruxelles. En portant à la connaissance de la population le caractère définitif du jugement, la puissance occupante indique son caractère exécutoire, et donc l’invite à envisager l’exécution prochaine, ici d’une femme, comme on aurait mis à mort un homme3, l’important n’étant pas l’individu mais l’acte perpétré : « tout nouvel acte de sabotage entraînera immédiatement la même peine ». Dès le début de l’occupation, l’occupant affiche donc, au premier sens du terme, l’indifférence au sexe de la répression implacable qu’il entend mener.
6Cette indifférence tient à la nature de l’acte reproché à Blanche Joséphine Paugam (et non Paugan comme indiqué par erreur sur l’affiche) : le sabotage, par le fait d’avoir coupé des lignes téléphoniques. Le fait est fréquent comme l’a rappelé Laurent Thiery. S’agissant de Blanche Joséphine Paugam, il est perpétré par quelqu’un qui mesure pleinement l’importance de son geste et celle des télécommunications pour l’occupant (elle est l’épouse d’un radio télégraphiste) et qui le revendique fièrement face au tribunal militaire : « J’en ai coupé 36, j’en aurais coupé plus encore si j’avais pu le faire4 » affirme-t-elle. On a donc affaire à une femme qui ne nie pas et ne tente pas non plus de minimiser son acte. Surtout, cet acte a reçu la qualification d’acte de franc-tireur (Verbrechens der Freischärlerei dans le texte en allemand), pour lequel la KSSVO (ordonnance pénale spéciale de guerre) ne prévoit que la peine capitale. Soulignons enfin que, dans le Nord-Pas-de-Calais fraîchement envahi, les troupes d’occupation sont imprégnées de représentations héritées de 1914-1918 dominées par la figure honnie du franc-tireur, lequel a parfois été une femme, comme en témoigne l’exemple bien connu – aujourd’hui comme en 1940 – d’Émilienne Moreau5.
7À l’inverse de la situation qui vaut pour MilitärBefehlshaber in Frankreich (MBF), la législation répressive adoptée dans la « zone rattachée » ne se départira pas6 de cette absence de distinction femmes/hommes initiée dans le contexte de l’immédiate après-invasion. La condamnation à la peine capitale quel que soit le sexe de l’individu, soit l’absence de mansuétude fondée sur une considération de genre, doit exprimer l’exemplarité de la répression, le sort réservé aux femmes pouvant ainsi être considéré comme un marqueur de la rigueur répressive.
8Cependant, Blanche Joséphine Paugam n’est pas exécutée mais déportée en janvier 1941, en prison d’abord, puis en camp7 – situation qui prévaudra pour les femmes condamnées à la peine capitale. Plus généralement, la répression orchestrée dans la « zone rattachée » se départit de l’indifférence affichée comme de la rigueur extrême annoncée. Pour les mêmes actes, les peines prononcées par les tribunaux à l’encontre des femmes sont généralement plus légères que celles prononcées à l’encontre des hommes. Le jugement prononcé le 15 février 1941 par la FK 678 d’Arras à l’encontre de Marius Crépin et de son épouse Marie, accusés à Maroeuil (62) de détention d’armes en est un exemple. Alors que de nombreuses armes ont été trouvées à leur domicile (des mines anglaises, des armes de poing, des fusils de guerre…), la peine capitale n’est pas retenue à leur endroit, le doute subsistant sur le fait qu’ils aient conservé ces armes « dans l’intention à une date ultérieure de vouloir les utiliser activement contre les forces allemandes ». La peine de réclusion prononcée à leur encontre est nettement différente, respectivement 10 ans pour lui et 3 ans pour elle, le tribunal ayant pris en considération la présence de 7 enfants au bénéfice de la femme8.
9On peut voir dans cette clémence relative tant la traduction d’un système de représentations patriarcal – l’épouse bénéficiant de la situation de gardienne de la famille qui lui est dévolue – que l’ombre portée de 1914-1918. La première longue occupation de la Belgique et du Nord de la France a en effet été le théâtre d’une répression inégalement respectueuse de la traditionnelle ligne de partage entre les sexes – on songe spécialement aux exécutions de Gabrielle Petit ou d’Edith Cavell9 – et de ce fait génératrice de « cicatrices rouges10 », que l’occupant doit se garder de raviver. En 1940 et 1941, la mansuétude à l’encontre des femmes vise donc aussi la préservation des relations occupants/occupés, elle-même essentielle à l’instauration et au maintien de l’ordre allemand. Dans cette perspective, le préfet du Nord Fernand Carles est un acteur essentiel. Dans le contexte de l’invasion, il s’est en effet engagé à faire de la défense des femmes l’un des enjeux majeurs de sa fidélité à son poste. Il écrit alors à ses administrés : « Confiance quoi qu’il arrive. Je reste et je resterai avec vous avec ma Femme, dont le devoir est de partager le sort de vos Femmes […] pour vous ravitailler, pour vous aider, pour vous soutenir11. »
10L’exemple de la « zone rattachée » incite donc à la prudence lorsqu’il s’agit d’apprécier le genre de la répression. Afficher une indifférence au sexe comme le fait ici l’occupant, c’est se départir de la clémence attendue et donc marquer l’entrée dans une violence hors-norme. Pour autant, afficher une indifférence au sexe ne signifie pas mettre en œuvre une répression indifférente au sexe… Le maintien de l’ordre allemand, la préservation des relations occupants/occupés, la prégnance du système patriarcal, font que la répression, finalement et contre tout effet d’annonce, est ici pour l’essentiel respectueuse d’une ligne de partage traditionnelle entre les sexes.
L’aide aux soldats anglais : les femmes en première ligne
11Dans la « zone rattachée », le soutien apporté immédiatement aux soldats anglais par la population occupée constitue la première forme de résistance révélée par la répression. C’est dire tout à la fois l’importance prise par ce soutien – ce qui ne saurait surprendre dans un territoire sur le sol duquel nombre de soldats anglais (environ 4 000) sont restés après l’opération Dynamo12 – et celle que lui confère l’occupant. La répression judiciaire qui s’abat sur les individus impliqués dans ce type d’affaires révèle le rôle exceptionnel joué par les femmes : elles représentent en effet la moitié des individus poursuivis13.
12Cette présence inédite des femmes dans la population poursuivie a-t-elle partie liée avec la mansuétude qui caractérise la répression judiciaire menée à l’échelle régionale de l’OFK 670 ? La propension des juges à faire de la compassion le ressort majeur du soutien apporté aux soldats anglais, – le sentiment de compassion, voire de pitié, étant spécialement attribué aux femmes14 – va dans ce sens. Pour autant, la clémence (toute relative) qui prévaut dans le prétoire, fondée sur la mise en avant d’une motivation humanitaire, ne doit pas être interprétée comme une altération du jugement de l’occupant sur la nature, et la motivation, des actes perpétrés. La dimension politique du soutien apporté à l’ennemi – aider le soldat anglais, c’est permettre la continuation de la guerre – est, au contraire, bien perçue par l’occupant. C’est sur cette mécanique complexe, qui conjugue des logiques a priori divergentes, que nous souhaitons nous arrêter, en prenant appui sur l’exemple d’une manifestation qui, au terme de notre période, éclaire tant le sens donné à leur action par les pionniers de l’aide apportée au soldat ennemi que le regard que l’occupant porte sur cette première Résistance.
13Le 14 juillet 1941 a en effet lieu à Wattrelos (Nord) une manifestation qui se distingue de toutes celles qui, sur le territoire régional, vont répondre à la campagne engagée depuis Londres en faveur d’une « journée tricolore » et/ou aux mots d’ordre d’agitation communiste15. Toutes ont en commun de braver l’interdit, par le regroupement autour du drapeau français, le dépôt éventuel de gerbes, le fait d’arborer les couleurs nationales, éventuellement le déploiement de banderoles… Dans toutes, la présence de femmes, en nombre conséquent, est soulignée par les services de la police française. La spécificité de la manifestation qui se déroule à Wattrelos tient d’abord à son cadre. La procession16 conduit en effet entre 500 et 600 personnes17 au cimetière du Crétinier, précisément au carré militaire où sont inhumés les 31 soldats anglais tombés lors des combats de mai 1940. Leurs tombes sont fleuries, un drapeau anglais placé près des tombes, des plaques déposées, La Marseillaise et le God Save The Queen entonnés. Le choix du sanctuaire comme celui de l’action, l’hommage rendu aux soldats de 1940 un an après que les armes se sont tues, disent clairement la dimension politique et guerrière du soutien apporté depuis, et sans discontinuer, aux Anglais. Manifestation-procession autorisant l’affirmation du groupe autour de valeurs communes, la manifestation du Crétinier se donne à voir comme une manifestation-pétition.
14Et ce d’autant plus qu’elle est une démonstration de force que ses auteurs choisissent de fixer dans le temps par quelques photographies. L’une montre seulement le drapeau anglais planté au milieu du carré militaire, d’autres sont consacrées aux protagonistes, hommes d’une part, femmes et enfants de l’autre, prenant la pose en arrière des tombes fleuries, endimanchés, le sourire aux lèvres18. Le fait que les femmes ne se mêlent pas aux hommes sur ces clichés met en exergue le rôle qui est le leur, tant dans cette manifestation – les femmes sont traditionnellement seulement spectatrices dans les manifestations patriotiques – que dans le soutien apporté aux soldats anglais depuis l’été 1940. Actrices à l’égal des hommes, sinon avant eux, elles sont comme eux fixées pour la postérité.
15Au-delà de la désobéissance, la manifestation du Crétinier relève du défi. L’occupant ne s’y trompe pas qui fait procéder à de nombreuses arrestations dans les jours qui suivent l’événement. Les condamnations prononcées, si elles sont parfois légères (quelques mois d’emprisonnement), témoignent dans l’ensemble d’une rigueur inaccoutumée dans le cas de la répression de manifestations. Ainsi de celles qui frappent un chaudronnier à la SNCF, Marcel Vanelslander, une tenancière de café roubaisienne, Coralie Alvoet-Tesse, un électricien à la Lainière de Roubaix, Gustave Wagon, une ouvrière en filature, Madeleine Seadick, respectivement condamnés à des peines de travaux forcés de 5, 4, 3 ans et demi, et 3 ans19. Signe de l’autonomie dans l’action dont les femmes arrêtées sont créditées, les peines prononcées ne distinguent pas nettement entre les sexes.
Fig. 2. – Photographie de la manifestation au cimetière du Crétinier.

Coll. musée de la Résistance de Bondues.
16La rigueur singulière et similaire qui frappe les participants et participantes à la manifestation tient précisément au lien d’évidence entre cette manifestation et le soutien apporté aux soldats anglais, par le biais d’une aide active, depuis l’été 1940. Haut placé dans l’échelle de la gravité par l’occupant, objet d’une législation précoce et spécifique au ressort de l’OFK 67020, ce soutien, non seulement n’est pas éradiqué par la répression dont il est l’objet, mais s’enracine dans le temps. Or, dans ce soutien, les femmes occupent une place spécifique par son immédiateté, ce dont témoigne la répression immédiate dont elles sont l’objet. Dès le 2 septembre 1940, une ménagère de Lille, Mariette Roels-Duflot, est condamnée à une peine de huit années de travaux forcés pour hébergement clandestin de deux soldats anglais. Sa fille Lucienne, arrêtée avec elle, est condamnée à quatre ans. Elles sont toutes deux déportées en Allemagne le 16 novembre 194021. Les premières femmes déportées du Nord et depuis le Nord le sont toutes pour hébergement de soldat anglais, qui sera la première cause de déportation des femmes du Nord pour l’ensemble de la période.
17Ces femmes qui portent dès l’été 1940 assistance au soldat anglais agissent de manière individuelle et/ou sont sollicitées pour ce faire : Jules Lamy, un habitant d’Aix-les-Orchies (Nord) constitue ainsi un petit groupe – dit « de la Forêt » (la forêt de Marchiennes) – de femmes ménagères ou cultivatrices pour collecter des vivres et abriter les soldats cachés dans la forêt le temps nécessaire à leur convoyage. Elles sont plusieurs à être arrêtées dès l’automne 1940, telle Germaine Cochez, dont l’arrestation « pour question intéressant des soldats anglais22 », puis l’internement à la prison de Loos, met un terme à cette première activité résistante23. D’autres femmes sont quant à elles partie prenante, à parts égales semble-t-il avec leurs homologues masculins, dans la création de groupes initialement informels voués à l’activité d’hébergement et d’évasion. Ainsi de Flore Hennion, nièce de Jean-Baptiste Lebas et épouse de Joseph Dubar, un industriel à l’origine du groupe Dubar (matrice du futur groupe Caviar, lequel va se rattacher au réseau belge Zéro-France) qui rassemble des couples roubaisiens à l’instar de Joseph et Irène Verbert, qui tiennent le café de l’Univers dans lequel se réunit le groupe ou de Marius et Émilienne Berrodier24, fleuristes, en charge de l’hébergement. L’itinéraire de Flore Hennion-Dubar est exemplaire de la rigueur qui frappe les pionnières et pionniers de ces premiers embryons d’une résistance en construction : arrêtée le 21 mai 1941 en même temps que son oncle, déportée NN le 2 septembre 1941, elle connaît un parcours carcéral, puis concentrationnaire, qui s’achève à Bergen-Belsen où elle décède le 10 avril 194525.
18En première ligne dans le soutien apporté aux soldats anglais, comme dans la répression qui tente de l’endiguer, les femmes occupent une place privilégiée dans les demandes d’intervention dont est saisi le préfet du Nord, directement ou par le biais de son épouse dont on a dit plus haut le rôle peu convenu que le préfet du Nord lui assigne, à ses côtés, dans la protection de la population occupée. Dans les affaires d’aide apportée aux soldats anglais, l’engagement du préfet est patent : après enquête de police, il intercède auprès des autorités occupantes et ce avec quelque succès. On peut ainsi supposer que la libération avant terme de Coralie Alvoet-Tesse résulte de son intervention26. Dans le cas de Madeleine Tranet, impliquée dans l’organisation de la manifestation du cimetière du Crétinier – employée de mairie, elle a apporté des drapeaux jusqu’au cimetière –, la suspension de peine qui lui est accordée par les juges de la FK 678 est directement imputable à l’action du préfet27. Enfin, son intervention auprès des autorités occupantes se solde, dans le cas de Madeleine Seadick, par une reprise du procès par le tribunal de guerre qui casse le jugement précédent28. Ces brèches dans le système répressif sont rendues possibles par la conjugaison de deux facteurs intimement liés. D’un côté, la démarche, jugée opportune par le préfet, est effectuée en faveur d’individus dont les enquêtes de la police française attestent la réserve politique, la moralité29, et le rôle essentiel dans la cellule familiale ; de l’autre, la démarche retient, éventuellement, l’attention de la puissance occupante, précisément parce qu’elle est effectuée au bénéfice d’individus dont l’engagement politique ne fait pas des opposants et au nom de la préservation de la famille. Ainsi, l’argument mis en avant par le préfet du Nord pour soutenir la demande d’indulgence en faveur de Gustave Wagon est celui de la situation faite à son épouse, et donc à la famille, par son incarcération : « Depuis cette arrestation, Madame Wagon est obligée d’élever seule ses 7 enfants, dont seul l’aîné travaille, les autres étant encore écoliers. En raison de la situation de Madame Wagon et des bons renseignements recueillis sur le détenu […] », écrit-il au chef de l’administration militaire30. La libération de Gustave Wagon montre que l’argument a été entendu31. Cette convergence de vues autour des représentations de la famille et du rôle que la femme est censée y tenir soutient une dynamique d’échanges entre pouvoir occupant et pouvoir occupé à porter au crédit de la thèse d’une répression infléchie par des considérations liées au genre.
La répression, miroir d’un non-consentement (spécifiquement) féminin ?
19Ce qui précède incite à interroger le miroir qu’est la répression pour approcher les premières résistances dans une perspective de genre. Que nous donne à voir la répression de la Résistance pionnière ? Et, dans ce tableau, est-il possible de distinguer des marqueurs d’un non-consentement qui serait spécifiquement féminin ?
20Évoquer ici le non-consentement plutôt que la Résistance, c’est chercher à retrouver la pluralité des comportements adoptés qui, dès l’été 1940, traduisent des formes d’insoumission à l’ordre allemand dont le devenir n’est encore ni écrit, ni tracé. Pour ce faire, le recours à l’arrestation, première pierre de l’édifice répressif, reflet du regard porté par l’occupant sur ce qui lui semble contrevenir à l’ordre qu’il entend imposer, nous semble pertinent. S’intéresser à l’arrestation permet en effet d’ouvrir largement le spectre des actes délictuels comme celui de la population saisie dans la nasse du filet répressif. Pour la « zone rattachée », spécialement pour le département du Nord, le fichier central des arrestations opérées sur l’ordre de l’occupant, établi à l’initiative du préfet du Nord, représente un outil de travail d’une grande richesse. Très lacunaire pour la première année d’occupation, il rassemble, écrites par des plumes françaises, des données transmises, souvent de manière parcellaire, par les autorités allemandes32. Malgré ces réserves, l’exploitation de ce fichier fournit un certain nombre d’éléments qui permettent d’apprécier le non-consentement féminin.
21Le poids des femmes dans la population réprimée, de l’ordre de 11 % pour les années 1940-1944, est nettement supérieur pour la première année d’occupation (de l’ordre de 22 %). Autant que la traduction d’une plus forte implication relative des femmes dans les premières oppositions manifestées à l’occupant, ce constat peut signaler une plus grande visibilité de l’action des femmes à l’heure où le refus est encore très ponctuel et le plus souvent individuel. Surtout, cette forte présence relative des femmes dans la population arrêtée sur ordre de l’occupant ne marque pas de rupture avec la part qui est la leur dans la population délictuelle depuis l’entrée en guerre et plus encore depuis l’invasion. Le poids des femmes dans la population déférée auprès du tribunal correctionnel de Lille atteint 17 % au début de l’année 1940, franchit ensuite le seuil de 23 % en mai 1940, pour s’établir à un niveau avoisinant 31 % à compter de l’été 194033. Tout se passe comme si l’entrée en guerre d’abord, l’invasion ensuite, avaient favorisé un franchissement des normes, les femmes effectuant alors une percée inédite dans le champ de la transgression de l’ordre social, et donc de l’ordre genré.
22Au-delà de l’approche globale, l’exploitation du fichier central permet, pour l’ensemble de la période, de mesurer la part respective occupée par les femmes et par les hommes pour chaque motif d’arrestation relevant de l’opposition manifeste à l’ordre allemand, qu’il s’agisse d’infractions mineures à l’ordre allemand, de rébellion par rapport à cet ordre ou encore d’actes de nature à nuire à l’occupant34.
Fig. 3. – Répartition des arrestations individuelles 1940-1944.

23La faiblesse des données recueillies pour la période été 1940-été 1941 ne permet pas une analyse comparée hommes/femmes pour chaque type d’acte d’opposition à l’ordre allemand du type de celle qui est réalisée pour la période 1940-1944. Pour autant, la seule mise en regard du tableau qui vaut pour l’ensemble de la période avec les faits réprimés lors de cette première année est instructive. En mettant en lumière le primat, sinon le monopole, des femmes dans l’aide apportée à l’ennemi et dans l’hébergement, elle soutient l’hypothèse selon laquelle l’aide apportée au soldat anglais, lorsqu’elle n’a pas été d’emblée réprimée comme c’est le cas pour nombre des pionnières, a formé la matrice d’une résistance féminine spécifique, inscrite au cœur du foyer, essentielle à la mise à couvert de la Résistance. Le soutien apporté d’emblée au soldat anglais, héraut du combat contre l’occupant, s’est en effet ouvert ensuite à d’autres, chefs des mouvements de résistance, opérateurs radios, résistants pourchassés… En témoigne, parmi d’autres, l’exemple de Jeanne Alice Gadenne-Jourdain, qui apporte dès l’été 1940 son soutien aux prisonniers de guerre comme aux soldats anglais, aide ensuite un officier agent de l’Organisation Civile et Militaire (OCM), ouvre sa porte à des aviateurs américains tombés sur le sol français en 1943 – dont elle indique qu’ils ont été « envoyés à son domicile par une américaine qui l’avait connue en 1940 et lui avait amené des Anglais » –, devient parallèlement agent de renseignement de l’OCM, tous éléments consignés dans le rapport d’activité déposé pour l’obtention de la médaille de la Résistance35. Témoignage de l’inscription de la résistance pionnière dans la durée, l’exemple de cette résistante met aussi en évidence les limites d’une approche de la première résistance par les seules archives de la répression, spécialement dans le cas d’une répression tardive. Dans les archives de la répression dont nous disposons, l’arrestation de cette résistante en septembre 1943 passe totalement sous silence sa première résistance pour ne retenir que la présence de deux postes de TSF trouvés à son domicile lors de son arrestation par le SicherheitsDienst (SD) de La Madeleine36.
24Outre la mise à couvert des ennemis désignés de l’occupant, la répression qui frappe les femmes montre que l’attitude jugée anti-allemande, par la manifestation, l’outrage aux forces d’occupation, le refus de collaborer – motifs d’arrestation pour lesquels les femmes occupent une place significative sur l’ensemble de la période – forme une marque initiale du non-consentement féminin. Cette spécificité a sans doute partie liée avec la proximité, sinon la promiscuité, qu’impose aux femmes la présence de l’occupant, dans l’espace public, mais aussi au cœur du foyer. Jeanne Destombe, une cultivatrice de Bondues (Nord), témoigne dans son Journal de guerre de ce face-à-face insupportable initié avec l’invasion comme de la résistance qu’elle tente de lui opposer dans l’espace privé37. Arrêtée le 9 septembre 1940 pour audition de la radio anglaise38, elle est condamnée par le tribunal de la FK 679 à six mois de prison pour outrages envers l’armée allemande, audition de la radio anglaise, et pour ne pas avoir délivré à la Kommandantur la plus proche des tracts ennemis jetés par avion39. Ces motifs de condamnation éclairent la spécificité de la situation faite aux femmes dans le contexte de l’occupation et du face-à-face obligé occupant/occupé, entre injonction au silence et impératif de collaboration, cette double injonction jouant dans le sens de l’effacement de la frontière entre espace public et espace privé, l’ordre allemand s’imposant dans le domicile. Ainsi, pour avoir dans une conversation avec des soldats allemands logeant chez elle « malmené le chancelier du Reich et fait l’éloge de de Gaulle40 », une commerçante d’Hazebrouck subit la « visite domiciliaire41 » de la Feldgendarmerie. Audition de la radio de Londres, photographie de de Gaulle présente sous le poste de TSF, port de la croix de Lorraine sur le vêtement de sa fille, sont constatés. Condamnée à une peine de 10 mois d’emprisonnement, la commerçante plaide sa cause auprès du préfet du Nord : elle a été écrouée, dit-elle, « pour la photo de de Gaulle, la croix de Lorraine, la radio sur Londres et des critiques dites en plaisantant à des officiers allemands qui logeaient chez moi42 ». Sa fille, dans un courrier adressé au Maréchal Pétain, évoque à l’identique « des plaisanteries […] que l’on a mal interprété et exagéré43 ». L’argument de la légèreté – utilisé aussi à propos de la Croix de Lorraine, « portée sans arrière-pensées […] en ce moment très mode44 » – échoue à convaincre. Pour le commissaire de police en charge de l’enquête devant statuer sur l’opportunité d’une intervention, la commerçante « n’est pas digne d’intérêt45 ». Non que son attitude politique soit en cause : elle n’a « aucune activité gaulliste et ne présentait aucun danger au point de vue dissidence46 ». Sa liberté de mœurs – « sa jeunesse fut assez agitée, son enfant naturel en est un souvenir vivant…47 » –, surtout sa liberté de ton – « la dispute, la médisance, la calomnie, constituent l’ambiance où elle se plaît à vivre. Bavarde avec volubilité, elle est l’auteur de ses propres malheurs48 » – suffisent, seules, à la discréditer.
25Si elle met en lumière une attitude frondeuse qui ne constitue pas en soi un acte résistant, au sens que l’historien peut seul conférer au terme49, la répression de l’outrage évoquée ici apporte un éclairage tant sur la nébuleuse des refus opposés à l’ordre allemand que sur le regard que l’occupant porte sur eux, sur ce qu’il estime relever d’une attitude « anti-allemande », traduction de l’ordre qu’il entend imposer.
Conclusion
26La répression orchestrée par les Allemands dès la mise en place de l’occupation du territoire, donc très précocement s’agissant de la « zone rattachée » où l’administration militaire de l’OFK 670 s’installe dès la mi-juin 1940, frappe d’emblée les premiers gestes de refus, de gravité inégale, qu’elle contribue ainsi à révéler. Introduire une perspective de genre permet d’abord de donner une visibilité à la participation précoce des femmes à cette « expression sociale du refus50 ». Si l’analyse ne permet pas de corroborer, chiffres à l’appui, l’intuition énoncée dès 1946 par Elizabeth Terrenoire selon laquelle, dans cette « réaction immédiate [qu’est, à l’origine, la Résistance], les femmes furent sans doute plus nombreuses que les hommes51 », elle souligne la précocité de l’engagement féminin dans une résistance qui réside dans le soutien apporté aux soldats anglais, que Claire Andrieu qualifie, précisément pour tenir compte des risques encourus, de « guerre asymétrique par des civils contre une occupation52 ». La manifestation du Crétinier du 14 juillet 1941 témoigne symboliquement de ce combat mené, sans armes, contre l’occupant. La répression qui suit cette manifestation, comme celle qui, dès septembre 1940, conduit à la déportation des femmes ayant dès l’abord ouvert la porte du foyer aux soldats anglais, montre que les femmes sont bien les « volontaires d’une atroce agonie », pour reprendre l’expression de Malraux53. L’approche de la première Résistance féminine à l’aune de la répression endurée le souligne : l’autonomie est bien l’un des marqueurs majeurs de l’engagement féminin avec la précocité et la réactivité.
Bibliographie
Lacour-Astol Catherine, Le genre de la Résistance. La Résistance féminine dans le Nord de la France, Paris, Presses de Sciences Po, 2015.
Thiery Laurent, La répression allemande dans le Nord de la France 1940-1944, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2013.
Vandenbussche Robert, La Résistance dans le Nord-Pas-de-Calais, Clermont-Ferrand, De Borée, 2012.
Notes de bas de page
1Si les avancées de la recherche permettent de dresser un tableau de la pluralité des pratiques répressives à l’échelle nationale, et donc de soutenir une approche comparée des territoires, les travaux intègrent peu, et avec des méthodologies différentes, la perspective de genre. En particulier, l’élaboration de corpus féminins et masculins, essentielle à l’analyse des spécificités éventuellement liées au genre, fait le plus souvent défaut.
2AN, 72 AJ/837, Collection d’affiches du CH2GM, Affiche émanant des autorités allemandes concernant la condamnation à mort pour sabotage de lignes téléphoniques de Mme Paugan. Texte en français et en allemand. Le texte comporte une faute au nom de la condamnée, qui est Mme Paugam.
3L’ouvrier agricole Étienne Achavanne, condamné à mort à Rouen le 28 juin 1940 pour sabotage des lignes de communication, est fusillé le 6 juillet 1940.
4Paugam, Blanche-Joséphine (née Lefebvre), notice Maitron établie par Claude Pennetier, [https://maitron.fr/spip.php?article168922].
5Émilienne Moreau n’a pas hésité à faire le coup de feu contre l’ennemi lors des combats de 1915 à Loos-en-Gohelle. [https://www.ordredelaliberation.fr/fr/compagnons/emilienne-moreau-evrard].
6À quelques très rares exceptions près, dont aucune ne concerne la période 1940-1941.
7Déportée en janvier 1941 vers Aix la Chapelle, elle poursuit un parcours initialement carcéral (Lübeck, Cottbus) puis est transférée à Ravensbrück, à Mauthausen, enfin à Bergen-Belsen où elle décède en avril 1945. Livre-Mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression et, dans certains cas, par mesure de persécution, liste I.3, les départs vers les prisons de Belgique et du Reich, janvier-mai 1941, [http://www.bddm.org/liv/details.php?id=I.3.#PAUGAM/LEFEBVRE].
8Gericht der FK 678, St.L.225/40, Urteil wegen unerlaubten Waffenbesitzes, 5 février 1941, Arras, TA 1061 58, BAVCC, Caen. Cet exemple nous a aimablement été communiqué par Laurent Thiery que nous remercions ici.
9Sur la mémoire des fusillées de 14-18, voir spécialement Schaepdrijver Sophie de, « Gabrielle Petit, héroïne de la Grande Guerre : histoire et mémoire d’une ambition », Revue du Nord, vol. 404-405, no 1-2, 2014, p. 347-374.
10Becker Annette, Les cicatrices rouges, 14-18. France et Belgique occupées, Paris, Fayard, 2010.
11ADN, 1W 1114, Appel du préfet Carles à la population du Nord, 24 mai 1940.
12Vandenbussche Robert, La Résistance dans le Nord-Pas-de-Calais, Clermont-Ferrand, De Borée, 2012, p. 51.
13Thiery Laurent, La répression allemande dans le Nord de la France 1940-1944, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2013, p. 114.
14Thiery Laurent, op. cit., p. 115.
15Condette Jean-François, « Affirmer la force des mouvements clandestins. Usages résistants des fêtes et commémorations dans le Nord (1940-1944) », in Vandenbussche Robert, La clandestinité en Belgique et en zone interdite (1940-1944), Villeneuve-d’Ascq, IRHiS-CEGES, 2009, p. 9-49.
16Nous reprenons la typologie des manifestations établie par Danielle Tartakowsky, mise à profit déjà par Jean-François Condette dans l’article cité.
17ADN, 1W 675, Rapport du commissaire de police spéciale de Lille au préfet du Nord, 17 juillet 1941.
18Conservés au musée de la Résistance de Bondues sous les cotes 2010.0.164, 2012.4.400, 2012.4.403, ces clichés sont visibles en ligne sur le portail « Mémoire 14-45 », [https://www.memoire14-45.eu/].
19ADN, 1W 1876, 1877, 1878, 1880, arrestations par les Allemands.
20Lacour-Astol Catherine, Le genre de la Résistance. La Résistance féminine dans le Nord de la France, Paris, Presses de Sciences Po, 2015, p. 128-136.
21ODAC/SD Nord, CVR 212.
22ADN, 1W 1855, arrestations par les allemands.
23ONAC/SD Nord, CVR 1183.
24ADN, 1W 1850, arrestations par les allemands.
25Livre-Mémorial, liste I. 14, les départs pour Bruxelles (Saint-Gilles) en septembre 1941.
26ADN, 1W 1877, arrestations par les Allemands. Coralie Alvoet-Tesse est libérée de la prison de Gütersloh le 8 mars 1944, soit bien avant le terme de sa peine. Livre-Mémorial, liste I. 140, les départs pour Bruxelles (St Gilles) en septembre 1943.
27ADN, 1W 452, Interventions du préfet. Dossier Tranet Madeleine.
28ADN, Cabinet du Préfet, 1W 1876, arrestations par les Allemands, dossier Madeleine Seadick.
29Un certificat de bonnes vie et mœurs établi par la mairie de Roubaix est ainsi versé au dossier de Coralie Alvoet-Tesse [1W 1877]. L’engagement de Madeleine Tranet en faveur des œuvres de la paroisse du Christ-Roi (Wattrelos) est mis en avant dans le rapport de police la concernant [1W 452]. Gustave Wagon est, aux dires du commissaire de police, « de conduite et de moralité parfaites », il « élève convenablement sa nombreuse famille ». [1W 1880, rapport du commissaire de police de Wattrelos au préfet du Nord, 16 janvier 1943].
30ADN, 1W 1880, courrier du préfet du Nord au chef de l’administration militaire de l’OFK 670, 9 février 1943.
31Ibid., Courrier du chef de l’administration militaire de l’OFK 670 au préfet du Nord, 8 mars 1943.
32ADN, 1W 1848-1880, arrestations par les Allemands. Fichiers et dossiers des personnes arrêtées.
33ADN, 1083W 1, 2, 3, 4 et 5, Tribunal correctionnel de Lille, jugements correctionnels 1940, 1941.
34Typologie établie par l’auteure.
35ADN, Cabinet du préfet, 170W 71063, dossier de proposition pour la médaille de la Résistance, Jeanne, Alice Gadenne-Jourdain, rapport d’activité.
36ADN, 1W 1866, arrestations par les Allemands, dossier Jeanne Alice Gadenne-Jourdain.
37Journal de guerre de Jeanne Destombe, dactylographié par Naze Francis, musée de la Résistance de Bondues.
38ADN, 1W 1840, arrestations par les Allemands.
39Article du Grand Echo du Nord de la France du 2 octobre 1940, cité par NAZE Francis, Journal de Guerre de Jeanne Destombe, op. cit.
40ADN, 1W 1859, rapport du commissaire d’Hazebrouck au sous-préfet de Dunkerque, 16 octobre 1941.
41Ibid.
42Ibid., courrier de l’intéressée au préfet du Nord, 18 décembre 1941.
43Ibid., courrier de la fille D. au Maréchal Pétain, 12 septembre 1941.
44Ibid.
45ADN, 1W 1859, rapport du commissaire d’Hazebrouck au sous-préfet de Dunkerque, 16 octobre 1941.
46Ibid.
47Ibid.
48Ibid.
49Laborie Pierre, « Qu’est-ce-que la Résistance », in Marcot François (dir.), Dictionnaire historique de la Résistance, Paris, Robert Laffont, 2006, p. 29-38.
50Ibid., p. 38.
51Terrenoire Elizabeth, Les femmes dans la Résistance. Combattantes sans uniforme, Paris, Bloud et Gay, 1946, p. 8.
52Andrieu Claire, Tombés du ciel. Le sort des pilotes abattus en Europe 1939-1945, Paris, Tallandier/ministère des Armées, 2021, p. 39.
53Malraux André, Discours à la cathédrale de Chartres lors de la célébration du 30e anniversaire de la libération des camps de déportation, [https://malraux.org/d1975-05-10-discours-de-chartres/].
Auteur
-
Catherine Lacour-Astol
IA-IPR académie de Grenoble.
Catherine Lacour-Astol est docteure en histoire, IA-IPR académie de Grenoble.
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