La subjectivation politique face à l’ordre social
Du concept à l’enquête
Comment devient-on sujet politique ? Comment ce processus s’alimente-t-il des conflits sociaux ? Comment les individus se transforment-ils au gré de leur politisation ? Depuis une vingtaine d’années, les sciences sociales explorent ces questions d’un regard nouveau, à l’aide du concept de subjectivation politique. Sociologues, anthropologues, historiens et politistes testent ce concept philosophique sur leurs terrains : des pratiques militantes, religieuses, éducatives, sexuelles, culturelles ou...
Note de l’éditeur
Déborah Cohen, Vincent Gay, Isabelle Matamoros et Federico Tarragoni ont réuni une équipe pluridisciplinaire d’historiens et d’historiennes, de sociologues, de spécialistes des sciences politiques et d’anthropologues français et étrangers mettant au travail la notion de subjectivation politique.
Éditeur : Presses universitaires de Rennes
Lieu d’édition : Rennes
Publication sur OpenEdition Books : 10 juillet 2025
ISBN numérique : 979-10-413-0709-8
DOI : 10.4000/14bez
Collection : Le sens social
Année d’édition : 2025
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-7535-9828-7
Nombre de pages : 194
Federico Tarragoni, Déborah Cohen, Isabelle Matamoros et al.
Introduction. Le pari de la subjectivation politiquePremière partie. Ruptures biographiques et trajectoires de subjectivation
Déborah Cohen
Théroigne de Méricourt : inventer son personnage sur la scène révolutionnaire (1789-1794)Marion Labeÿ
Subjectivation politique d’une « rebelle »Angelica Balabanoff, entre engagements, exils et errances
Deuxième partie. Assignations genrées et subjectivation politique
Ruby Faure
Le paradoxe des « pervers civilisés »(Im)possibles subjectivations queer/trans blanches dans l’Europe impérialiste (1869-1912)
Quentin Petit dit Duhal
S’emparer des symboles institutionnels pour bâtir une subjectivité collective queerGenre et politique dans les œuvres de Michel Journiac
Béatrice Bouillon
Repenser sa place dans l’ordre socialComment la monoparentalité peut contribuer à la subjectivation politique de femmes ordinaires
Troisième partie. Agir collectif et production du commun
Caroline Fayolle
Devenir des « associés libres »La quête d’autonomie ouvrière au sein des associations fraternelles de 1848
François Brasdefer
Faux casseurs et vrais sujetsDéviances, perceptions militantes et rapports de pouvoir imbriqués
Federico Carducci
Les sujets de la paix et du « gouvernement de Dieu »Religion et subjectivation politique en Angola
Déborah Cohen, Vincent Gay, Isabelle Matamoros et al.
Conclusion généraleComment devient-on sujet politique ? Comment ce processus s’alimente-t-il des conflits sociaux ? Comment les individus se transforment-ils au gré de leur politisation ? Depuis une vingtaine d’années, les sciences sociales explorent ces questions d’un regard nouveau, à l’aide du concept de subjectivation politique. Sociologues, anthropologues, historiens et politistes testent ce concept philosophique sur leurs terrains : des pratiques militantes, religieuses, éducatives, sexuelles, culturelles ou économiques sont lues au prisme des processus de subjectivation. Ce livre en constitue la première synthèse scientifique. Il interroge les enquêtes et les sources, les méthodologies et les méthodes de recherche auxquelles ouvre l’analyse de la subjectivation politique. Celle-ci met en jeu une pluralité de processus de désidentification et de réidentification qui invalident la naturalité supposée du sujet (social, politique, racial, sexuel). Les trajectoires de subjectivation politique évoquées au fil du livre concernent des parcours d’individus, de groupes, de collectifs situés en marge des normes dominantes. Qu’elles soient genrées, racisées, religieuses, économiques, militantes ou partisanes, les identités assignées ou revendiquées par ces individus sont minoritaires. En documentant empiriquement leur devenir sujet, les enquêtes réunies ici interrogent toute l’ambivalence des rapports de domination et les possibilités d’émancipation qui se jouent en leur sein. Ce faisant, elles déplacent le regard sur le politique : souvent réduit à sa dimension professionnelle ou institutionnelle, il est appréhendé de manière plus phénoménologique comme horizon de l’agir en commun.
Déborah Cohen (dir.)
Université de Rouen-Normandie.
IdRef : 143410717
Déborah Cohen est maîtresse de conférences HDR à l’université de Rouen-Normandie. Ses travaux portent principalement sur les formes de l’assignation sociale, sur leur intériorisation et/ou les stratégies de résistance qu’elles rencontrent chez les dominés, dans la France du xviiie siècle et en Révolution. Elle est notamment l’autrice de La Nature du peuple. Les formes de l’imaginaire social, xviiie-xxie siècles, Seyssel, Champ Vallon, 2009 et de Peuple, Paris, Anamosa, 2019. Elle vient d’achever une habilitation à diriger des recherches sur les enjeux sociaux et politiques de la dénonciation individuelle au xviiie siècle et en Révolution (1789-1797).
Vincent Gay (dir.)
Université Paris Cité.
IdRef : 20167548X
Vincent Gay est maître de conférences en sociologie à l’université Paris Cité et membre du Laboratoire de changement social et politique. Ses recherches portent sur l’histoire sociale et politique de l’immigration et des mobilisations collectives liées à la cause immigrée. Il est l’auteur de Pour la dignité. Ouvriers immigrés et conflits sociaux dans les années 1980 (Presses universitaires de Lyon, 2021), et coauteur de Des vies pour l’égalité (Syllepse, 2022).
Isabelle Matamoros (dir.)
IdRef : 224727893
Isabelle Matamoros est historienne. Spécialiste du genre, ses travaux s’appuient sur différents registres d’écriture de soi et explorent le rapport des femmes aux savoirs. Elle a notamment publié Féministes en révolution. xixe siècle, Europe-Amérique, dossier de la Revue d’histoire du xixe siècle, no 66, 2023/1 (dir. avec Caroline Fayolle) et Le pouvoir des lectrices. Une histoire de la lecture au xixe siècle, CNRS Éditions, 2025.
Federico Tarragoni (dir.)
Université de Caen Normandie.
IdRef : 172527538
Federico Tarragoni est professeur de sociologie politique à l’université de Caen Normandie et membre junior de l’Institut universitaire de France (IUF). Il a fondé le Centre de recherches interdisciplinaires sur le politique (CRIPOLIS) de l’université Paris Cité. Spécialiste de sociologie politique, ses recherches portent sur le populisme et les mouvements de radicalisation de la démocratie, entre l’Amérique latine et l’Europe. Il a publié L’Énigme révolutionnaire (Prairies ordinaires, 2015), Sociologies de l’individu (La Découverte, 2018), L’Esprit démocratique du populisme (La Découverte, 2019), Émancipation (Anamosa, 2021) et Sociologie du conflit (Armand Colin, 2021). Ses travaux ont été récompensés par le prix Schneider Aguirre basualdo de la Chancellerie des universités de Paris et par le « Prix du jeune sociologue » de l’Association internationale des sociologues de la langue française.
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