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    Plan détaillé Texte intégral Panoplies militaires du vêtement professionnel civil à la fin du xixe et au xxe siècle De la tête aux pieds habillés du jargon militaire Des effets militaires pour discipliner des corps civils Notes de bas de page Auteur

    Un adieu aux armes

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Les formes, les couleurs et les mots empruntés à l’uniforme militaire pour les vêtements professionnels civils en France fin xixe siècle-xxe siècle

    Jérémie Brucker

    p. 139-153

    Texte intégral Panoplies militaires du vêtement professionnel civil à la fin du xixe et au xxe siècle Les emprunts aux formes vestimentaires de pandore De la tête aux pieds habillés du jargon militaire Déteintes militaires sur les uniformes civils Des effets militaires pour discipliner des corps civils Uniformiser les individus Hiérarchiser les personnels Revêtir des valeurs, endosser des responsabilités De fil en aiguille, « civiliser » les emprunts militaires Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1En novembre 1919, le directeur de la Compagnie des chemins de fer de l’Est prend des dispositions pour modifier le contrat conclu l’année précédente avec Leconge & Willmann, un tailleur parisien. Pour fabriquer les uniformes en drap destinés aux cheminots, l’habilleur n’est exceptionnellement pas tenu d’utiliser des fibres textiles neuves et peut employer du tissu militaire reteint pour la livraison de 19201. D’ordinaire, les bons de commande fixent strictement les quantités et la qualité des tissus ainsi que les volumes textiles à fournir et les tarifs.

    2En 1919, les conditions sont cependant exceptionnelles. La sortie de la Première Guerre mondiale et les difficultés d’approvisionnement en matières premières justifient la réutilisation des stocks militaires. Mais au-delà des causes conjoncturelles, l’emploi de ces tissus est aussi révélateur de la porosité existante entre les sphères civiles et militaires dans le monde de la fabrication textile. Les circuits empruntés par les confectionneurs de vêtements militaires et civils ne sont pas exclusifs. En témoigne l’exemple de Leconge & Willmann. Fournisseur principal de vêtements de la Compagnie des chemins de fer de l’Est depuis 1905, ce tailleur fait partie de ces entrepreneurs agréés auxquels les compagnies de chemin de fer français confient leurs marchés d’habillement depuis le dernier tiers du xixe siècle pour coiffer certaines catégories d’agents. Ces fabricants sont souvent présents sur plusieurs segments du marché de l’habillement civil et militaire, ils œuvrent tout autant pour vêtir les cheminots ou les employés municipaux que pour habiller les gendarmes. À la fin du xixe siècle et dans la première moitié du xxe siècle, les mondes civils et militaires, distincts en apparence par leurs fonctions, sont en réalité plus intimement liés par les effets vestimentaires.

    Figure 1. – Portrait de deux hommes dont l’un est en uniforme.

    Bibliothèque nationale de France, EI-13 (968).

    3Les fabricants de vêtements professionnels civils s’inspirent en effet à de nombreuses reprises de l’uniforme militaire pour tailler les tenues des employés de certaines entreprises ou réemploient les formes et certaines couleurs de l’armée pour leurs standards civils. Il s’agit de cerner et d’historiciser ces emprunts pour comprendre leur apparition, leur maintien ou leur disparition. La permanence, la réintroduction ou la disparition des formes militaires dans les tenues professionnelles civiles sont-elles des effets de mode ? Sont-elles de simples recyclages des formes vestimentaires militaires ou des emprunts revisités pour le style des tenues des agents postaux et celles des cheminots ? À quels autres impératifs politiques et sociaux, économiques et culturels répondent-ils ?

    4Dans les années 1870 et 1880, la construction d’un espace national semble coïncider avec les débuts d’une uniformisation du vêtement, dans les monopoles d’État par exemple, lorsque la IIIe République renouvelle les vestiaires des grands corps d’État. Les tenues adoptées sont redessinées, renouvelées ou créées à partir des répertoires uniformologiques militaires. Les vêtements, leurs photographies et les représentations iconographiques tout comme les catalogues de vêtements professionnels et les archives de quelques entreprises sont une source importante pour analyser ces évolutions et les formes, les tissus, les couleurs, les mots ou les accessoires empruntés au vestiaire militaire. Ces éléments permettent de saisir les différents contextes qui ont pu inciter les dirigeants d’entreprise et les employés à rechercher et/ou à accepter le port d’un vêtement de travail aux allures militaires.

    Panoplies militaires du vêtement professionnel civil à la fin du xixe et au xxe siècle

    5La lecture des catalogues de vêtements professionnels tout comme celle des règlements intérieurs d’entreprise révèlent les nombreuses références aux uniformes militaires utilisées pour l’habillement professionnel civil. De la tête aux pieds, des tissus aux mots, les textes et les images montrent des travailleurs revêtus de parements et de formes vestimentaires aux allures militaires au cours d’un long premier xxe siècle, des années 1870 à la Seconde Guerre mondiale.

    Les emprunts aux formes vestimentaires de pandore

    6Les silhouettes de plusieurs catégories de travailleurs civils sont, au xixe siècle, dessinées par des formes vestimentaires empruntées aux vestiaires militaires. En témoignent les lignes et les formes des vêtements portés par exemple par les cuisiniers, par certains cheminots et par les postiers au xixe siècle.

    7Le vêtement le plus directement inspiré du vestiaire militaire couvre la partie haute du corps des travailleurs civils. La veste du cuisinier, l’habit du contrôleur et la tunique du facteur de ville reflètent ainsi les transferts vestimentaires du soldat à l’employé. Dès les années 1820-1830, les fabricants de vêtements tout comme les décideurs dans les entreprises peuvent être influencés par l’uniforme militaire pour déterminer les formes des tenues professionnelles civiles. Ainsi, la veste du cuisinier fermée d’une double rangée de boutons et d’un col droit prend ses formes au xixe siècle, promue par le cuisinier de Talleyrand, Marc-Antoine Carême, dans les années 18202. Cette tenue se fixe au xixe siècle et maintient le corps du travailleur par des formes héritées des uniformes militaires. Les boutonnières rappellent les systèmes de fermeture des vestes napoléoniennes. Le col droit puis le plastron utilisé dans la deuxième partie du xixe siècle donnent au corps et à l’apparence des professionnels une certaine rigueur empruntée au militaire et à sa tenue. Les initiatives privées peuvent donc être à l’origine des emprunts comme le suggère l’exemple de la veste du cuisinier3.

    8Les tenues militaires ont également donné leurs lignes aux uniformes des employés de grandes institutions comme celles des postes et des compagnies de chemin de fer, à l’initiative de l’État ou des administrateurs des grandes entreprises.

    9À la ville, les facteurs des postes portent un uniforme et font partie de ces quelques catégories d’employés habillés d’un uniforme dès la monarchie de Juillet. Dans les années 1830, les facteurs de ville endossent un habit de drap composé d’un col droit et fermé sur le devant par neuf boutons. Cet habit frac est ensuite remplacé sous le Second Empire par une tunique dont l’usage est encore attesté au xxe siècle comme le montrent les représentations de l’aquarelliste Adheimer Kermabon en 1889 et les Bulletins mensuels des postes des années 1900. Ces modifications vestimentaires sont en fait calquées sur les réformes militaires : l’habit est remplacé par la tunique pour la plupart des militaires à partir de la fin des années 1840 à cause de l’adoption d’un nouveau type de fusil nécessitant une adaptation de l’uniforme. Cette tunique dolman est une veste ajustée, avec une fermeture droite de 7 ou 9 boutons sur la poitrine4, plus courte que l’habit et plus pratique pour les mouvements du corps.

    Figure 2. – Uniforme de capitaine du service du Trésor et Postes.

    Collection AntikCostume.

    10À la campagne, le facteur rural ne porte qu’une blouse dans la première moitié du xixe siècle. Ce n’est qu’à partir de 1890 que l’administration postale lui fournit un veston-vareuse5. Ce vêtement est d’abord éprouvé dans la sphère militaire avec le remplacement de la veste par la vareuse à partir de la fin des années 1870 car cet habit est plus pratique pour assurer les manœuvres grâce à une couverture beaucoup plus ample des corps. Les lignes de la vareuse du facteur de 1895 épousent ainsi celles du vêtement éponyme des militaires sans grade.

    11Ces formes vestimentaires militaires sont également introduites dans les vestiaires des compagnies de chemin de fer. Sur la ligne Paris-Orléans, les contrôleurs portent toujours en 1875 un habit-veste en drap, c’est-à-dire en tissu de laine épais et résistant, dessiné dans les années 1840 sur les modèles militaires de l’époque. Des réformes en matière d’habillement interviennent dans les premières décennies de la IIIe République. Ainsi, l’ingénieur en chef de l’exploitation ferroviaire du Nord propose en 1889 un renouvellement des tenues de certaines catégories de personnels, comme celle des conducteurs de train6. Leurs uniformes, inchangés depuis le milieu du xixe siècle, ne sont plus adaptés et ne sont pas pratiques pour le service. Parmi les modèles proposés, on trouve une vareuse cintrée, en drap et fermée de deux rangées de cinq boutons, avec un col rabattu comme le sont les capotes militaires sous le Second Empire. Les autres modèles de l’époque sont pour la plupart équipés d’un col officier avec des boutons de faux-col. Ce type de tour de cou reste la forme militaire la plus visible dans le vestiaire civil, à l’instar du képi qui remplace parfois la casquette, employée dans de nombreux secteurs professionnels. Aux Postes par exemple, les facteurs ruraux le reçoivent en 1886 après l’avoir unanimement demandé à leur direction7. À cette époque, cette coiffure rigide de forme cylindrique à fond plat était généralisée dans de nombreux corps de l’armée.

    12Les formes empruntées aux uniformes militaires sont donc nombreuses et souvent pérennes. Inspirées de la tenue la plus décontractée de toutes celles qu’un militaire doit porter, qu’il s’agisse de la tenue du matin ou de la tenue de jour, ces formes vestimentaires traversent les décennies, parfois sans grands changements, indiquant la grande permanence de l’influence militaire dans la composition du vestiaire professionnel civil.

    De la tête aux pieds habillés du jargon militaire

    13Sarrau, képi, calot, cape, capote, vareuse, col officier… : le vocabulaire militaire habille les travailleurs civils dans les grandes entreprises du xixe siècle et parfois même jusqu’au milieu du xxe siècle. Empruntés à l’univers militaire ou généralisés dans leurs usages par les services des armées, ces mots « militarisent » les tenues et l’habillage ou le déshabillage des travailleurs.

    14Le facteur est ainsi doté d’une capote. Ce grand manteau ample et lourd, spécialement employé dans l’armée à partir de 1832, couvre l’employé des postes en tournée et le protège des intempéries. À partir de 1859, le facteur rural doit porter un pantalon d’été en treillis gris8. Après de nombreuses réclamations et le constat de la faible résistance à l’usure et aux salissures du pantalon en toile bleue, l’administration postale emprunte aux militaires la toile qui sert aux soldats pour leurs tenues de corvées.

    15Les mots pour désigner les habits de travail évoluent ensuite à des rythmes variés, avec des décalages temporels entre sphères militaire et civile. À partir de 1861, le ministre des Finances de Napoléon III habille le facteur de la tunique dolman, mot désormais courant dans le vocabulaire militaire. Il le coiffe aussi d’un képi pour remplacer le chapeau noir verni de type parisien jusqu’alors porté. Le nom de cet accessoire vestimentaire n’est définitivement fixé qu’en 1874 lorsque le ministère de la Guerre fait officiellement appeler le bonnet de police avec visière « képi ». La note ministérielle ne fait qu’entériner un mot dont l’usage est manifeste dans les casernes. Ce képi évolue dans ses formes et fait rentrer dans le jargon professionnel civil de nouveaux vocables empruntés aux militaires. En 1878, le képi des facteurs en cuir bouilli est remplacé par un képi en drap souple9. Le calot de ce képi est garni d’une soutache écarlate et d’un nœud hongrois. Les employés des postes n’emploient pas nécessairement les bons mots pour désigner ces éléments vestimentaires, mais ceux-ci sont omniprésents dans les textes réglementaires et dans les catalogues de vêtements professionnels et révèlent l’influence du monde militaire dans les mondes du travail civil.

    16Les mots de la promotion sont aussi empruntés au monde militaire : le galon, signe distinctif d’un rang ou d’une fonction dans l’armée, entre dans l’organisation des postes et des sociétés ferroviaires. Les passepoils font leur apparition dans la vie de ceux qui intègrent les Postes et les compagnies ferroviaires. Les tenues quotidiennes utilisées dans les espaces domestiques par des personnels majoritairement originaires du monde rural ignorent ces liserés et ces bandes étroites de tissus de couleurs différentes utilisées pour former une garniture sur les coutures, notamment sur les pantalons.

    17Les mots circulent donc de la caserne au bureau de poste ou à la gare. Certains sont cependant en usage pour les civils avant de passer dans le jargon militaire et d’entrer dans les vestiaires professionnels. Ainsi, porteurs de la vareuse dans les années 1890, les facteurs emploient un vocable entré dans le jargon militaire au début des années 1870 pour désigner cette veste très ample destinée à protéger les vêtements. La vareuse est à l’origine une chemise en grosse toile portée par les travailleurs dans les îles à sucre françaises. À la fin du xviiie siècle, elle devient une blouse courte en grosse toile pour protéger les vêtements des marins. La vareuse désigne aussi un petit pardessus féminin depuis le milieu du xixe siècle, mais c’est bien au sens de veste d’uniforme militaire que le mot est employé dans les services des postes.

    18S’habiller pour travailler implique donc d’employer des mots d’origine ou d’usage militaires. Cet univers marqué par le lexique est aussi imprégné par les gammes chromatiques militaires.

    Déteintes militaires sur les uniformes civils

    19Des années 1880 aux années 1960, on peut voir que la gamme chromatique teintant les habits portés en entreprise correspond avant tout à un ensemble de couleurs réglementaires très proches des couleurs militaires. Les uniformes civils s’inscrivent dans un long processus de construction de la couleur d’entreprise qui remonte au xixe siècle, une couleur fabriquée à partir de l’habit militaire, masculin.

    20Si le facteur porte la couleur bleu de roi sous la monarchie de Juillet et la IIe République, comme les soldats de l’infanterie, la réforme de 1861 lui impose le vert foncé10. Le vert de chrome, nouveau colorant de synthèse de la fin des années 1850, reprend les caractéristiques d’une couleur qui recouvre les Dragons depuis le xviiie siècle tout en identifiant les facteurs au régime impérial dont le vert est la couleur officielle. La réforme militaire de 1868 fait disparaître ce vert au profit de la tunique bleue chez les Dragons, comme le bleu foncé employé après 1860 à l’issue des guerres d’Italie pour l’infanterie. Ce glissement chromatique intervient dans la sphère civile avec les républicains en 1882. Le bleu foncé remplace alors le vert qui n’était plus en usage dans l’armée.

    21D’autres couleurs trouvent leur qualification ou leur existence dans la sphère militaire et déteignent sur les vêtements civils. Le rouge garance, utilisé pour les pantalons des fantassins de l’infanterie à partir de 1829, pour des raisons tant techniques qu’économiques, n’a pas la même visibilité dans les vêtements professionnels civils mais cette couleur est utilisée pour la passementerie. Ainsi, la soutache garnissant les képis des facteurs à partir de 1878 est rouge écarlate à une époque où le colorant chimique, l’alizarine, remplace le colorant naturel, la garance. Au début du xxe siècle, le kaki entre aussi dans la panoplie des cheminots à cause des circonstances de la guerre. La Compagnie des chemins de fer de l’Est accepte ainsi que Leconge & Willmann reteigne le tissu militaire pour les hommes, mais garde la couleur kaki pour les blouses des femmes, par souci d’économie, certainement pas par fantaisie et probablement parce que la tenue des employées a moins de valeur que l’uniforme masculin.

    22Enfin, les textes réglementaires des anciennes compagnies nomment et qualifient certains vêtements avec des noms de « couleurs militaires ». Ainsi, dans son règlement de 1875, la Compagnie des chemins de fer de Paris-Orléans habille certains corps de métier avec du drap bleu de soldat. Cette couleur est militaire uniquement par métonymie et par glissement sémantique des effectifs nombreux et visibles – les soldats – à la matière qui les recouvre, le bleu. Les dirigeants de la Compagnie affirment alors explicitement que cette couleur est choisie car elle est employée par l’armée. L’apparence que renvoient les agents par la couleur de leur tenue fait l’objet d’une attention particulière à partir des années 1870-1880 dans les anciennes compagnies de chemin de fer, comme à l’armée. En effet, les agents doivent acheter eux-mêmes leur tenue, contrairement aux militaires, ce qui entraine des variations de couleur. Pour les éviter, les administrateurs du réseau ferré de Paris-Orléans confient le marché de l’habillement à un seul fournisseur, le tailleur parisien Collin, pour tout le réseau à partir de 1875. Les avantages recherchés sont d’obtenir plus de régularité dans la tenue uniforme des employés. Le tailleur doit fournir des effets d’uniforme en étoffes de bonne qualité et d’un teint solide qui ne doit pas varier des modèles-types que le couturier remet au bureau de contrôle de la Compagnie.

    23Ainsi, l’étude des liens entre les vestiaires professionnels civils et militaires montre qu’ils sont autant formels, chromatiques que lexicaux. Les pièces d’habillement sont, à des degrés divers, plus ou moins fortement inspirées des tenues militaires. Les couvre-chefs utilisés aux postes et dans les compagnies de chemin de fer semblent être les objets les plus militarisés du vestiaire civil : ils portent à la fois le nom – le képi –, les couleurs et épousent les formes des couvre-chefs militaires.

    Des effets militaires pour discipliner des corps civils

    24La tenue inspirée des formes militaires et imposée aux travailleurs répond à un ensemble d’exigences pensées par des dirigeants d’entreprise pour « disciplinariser » les employés. Centres de l’ordre et de la rigueur, les casernes et leurs codes vestimentaires sont pris pour modèles.

    Uniformiser les individus

    25Les formes choisies par les entrepreneurs et les fabricants de vêtements ainsi que les méthodes employées pour la prise des tailles des salarié·e·s contribuent à uniformiser les individus et à imposer des normes vestimentaires plus ou moins contraignantes pour les silhouettes. Par le vêtement de travail, les décideurs entendent normaliser les corps et les discipliner. Pour pouvoir habiller des effectifs de plus en plus nombreux, les administrateurs des postes et ceux des chemins de fer observent l’institution qui a su habiller des effectifs pléthoriques au xixe siècle : l’armée. Dans cette situation, la sphère militaire constitue un réservoir d’idées, de méthodes et d’expériences applicables aux conditions de fabrication des tenues civiles.

    26C’est sous la IIIe République que le vêtement commence à être imposé à des effectifs de plus en plus larges à la Poste même si cette administration n’impose pas d’emblée des tenues complètement uniformes pour tous, à l’instar des compagnies ferroviaires, certains étant simplement coiffés. Ceci explique une relative uniformisation des personnels assortie d’une certaine diversité vestimentaire avec les bas de pantalons. À partir de 1883, l’administration postale décide cependant d’imposer une tenue à tous les sous-agents masculins, c’est-à-dire aux personnels affectés au traitement du courrier. Cette décision implique de pouvoir habiller uniformément les facteurs et de faire appel à des tailleurs expérimentés. Si tous ne le sont pas, ils sont souvent les mêmes que les fournisseurs des armées. Ainsi, la liste des tailleurs chargés des retouches pour ajuster des vêtements standardisés aux corps montre qu’ils relèvent tous de la Société générale de fournitures militaires, ces professionnels du textile étant déjà habitués à travailler avec une institution exigeante pour l’apparence de ses recrues11.

    27Ce processus d’uniformisation vestimentaire engagé se poursuit au cours des décennies suivantes avec l’adoption de modes de gestion très rationnels. Avec la réforme de 1893, l’administration des postes modifie ses panoplies vestimentaires pour réduire les inégalités entre les différents métiers postaux12. Ces vêtements, fournis gratuitement, portent au revers une empreinte indélébile indiquant le numéro de matricule de l’agent. Avec les vêtements imposés, l’administration postale fait perdre aux individus leur identité personnelle, comme dans les rangs militaires, pour créer un nouvel ordre social et pour former un corps professionnel unifié. Ces mesures ont aussi pour effet d’empêcher les agents de porter n’importe quel autre vêtement ou de se vêtir avec de vieilles tenues dans le but de vendre les habits neufs donnés par l’administration postale. Les administrateurs des postes cherchent ainsi à transformer l’apparence des agents et à faire disparaître les éléments d’identification personnels pour qu’une reconnaissance de la profession soit rendue possible avec des signes uniformologiques, comme à l’armée. Dans le monde ferroviaire, les motivations sont les mêmes et s’expliquent d’autant plus que les administrateurs présents dans les organes de direction sont sensibles à la chose militaire, soit par leur formation, soit par leur parcours. Il s’agit alors d’être de la Compagnie, d’être cheminot alors qu’on appartient à des corporations différentes. Il s’agit de créer un esprit cheminot comme on peut créer un esprit de corps chez les militaires avec le vêtement même lorsque les effectifs de certains corps de métier sont peu importants. Une enquête sur les conditions de travail des cheminots en 1896 est à cet égard éclairante13. 28 726 agents ouvriers travaillent à la Compagnie des chemins de fer du Nord pour un effectif total de 39 391 travailleurs et travailleuses. 8 111 agents sont affectés au service de l’Exploitation. Parmi eux, 1 067 sont conducteurs de train et seulement 62 sont contrôleurs. Les mesures prises pour imposer un uniforme à cette fonction tendent à montrer que certaines catégories de personnels sont plus visibles que d’autres et que l’uniforme cache des différenciations internes importantes.

    28En s’inspirant de l’organisation militaire, les entrepreneurs font du vêtement un objet permettant de traiter les personnels non pas comme des individus mais comme les parties d’un tout dans le but de montrer à l’ensemble de la société l’organisation rationnelle de leur entreprise ou de leur administration. La SNCF emprunte même la lyre au chef de musique militaire attaché à un régiment et l’appose en bouton sur la casquette du chef de musique de la société ferroviaire. Celle-ci forme alors un corps mis au travail dans le but unique d’assurer un service public et d’être reconnu comme le personnel d’une entreprise.

    Hiérarchiser les personnels

    29Les couleurs et les accessoires empruntés aux militaires et utilisés dans les entreprises permettent de distinguer et de hiérarchiser les individus. On peut donc déterminer des régimes de visibilité des corps au travail. Les boutons, les broderies et les galons hiérarchisent les personnels des Postes et des compagnies ferroviaires, puis ceux de la SNCF, avec des fils d’or et d’argent qui révèlent les grades des salariés tout comme le font leurs insignes. Dans le monde du rail, les vêtements distinguent trois grandes catégories de personnels : les cheminots vêtus d’un vêtement de travail (comme les agents chargés des manœuvres, des signaux et des aiguilles ou encore certains personnels féminins), ceux astreints au port de l’uniforme complet (comme les chefs de gare de la 4e à la 6e classe, les contrôleurs de gare ou les garçons de bureau par exemple) et les personnels uniquement coiffés d’une casquette (comme les chefs de gare de 2e et 3e classe ou les hommes d’équipe par exemple). Ces trois grandes catégories distinguées par le vêtement sont reprises par la SNCF et permettent de saisir les hiérarchies au sein des entreprises ferroviaires. On a donc une apparente uniformité pour les personnes extérieures au service, comme chez les militaires, mais avec de nombreux signes distinctifs à l’intérieur des entreprises.

    Figure 3. – Casquette d’été de la SNCF, chef de manœuvres principal, années 1950.

    Collection particulière, Didier Buisson.

    30Cette hiérarchisation du personnel avec le vêtement est en effet renforcée par la distribution des insignes et des galons qui représentent les signes visibles de la promotion des employés.

    31Prendre du galon est une fierté pour les cheminots, ce qui se manifeste d’abord dans l’apparence vestimentaire. Le déroulement de la carrière des personnels cheminots astreints à l’uniforme est construit sur le modèle militaire. Les agents des anciennes compagnies de chemin de fer et les agents de la SNCF cherchent à obtenir des étoiles d’argent puis d’autres en or, des barrettes ou des liserés, des vêtements passepoilés d’une autre couleur pour montrer leur ascension au sein de l’entreprise. Si la forme de la casquette signale le niveau de responsabilité de l’agent de la SNCF, ce sont la jugulaire et les étoiles qui déterminent le métier et le grade des cheminots. À la SNCF, la jugulaire est en fait une fausse jugulaire. Il s’agit d’un galon d’or ou d’argent fixé au-dessus de la visière, comme pour les coiffes militaires. La jugulaire noire avec un liseré d’or est acquise par les chefs et les sous-chefs de gare, les agents des trains sont porteurs d’une jugulaire noire avec un liseré d’argent. Les étoiles brodées sur les casquettes complètent cette hiérarchisation : les étoiles rouges sont attribuées aux agents non gradés contrairement aux étoiles en argent et en or réservées aux personnels promus. Ces différenciations remplacent la passementerie utilisée dans les anciennes compagnies de chemin de fer. Les formes végétales – chêne, laurier – étaient alors privilégiées pour valoriser les agents du rail. Après 1937, des galons facilement identifiables hiérarchisent les individus au sein de l’entreprise.

    32Les effets empruntés aux militaires permettent ainsi aux administrateurs civils d’imposer une gestion rigoureuse et rationnelle de leurs effectifs.

    Revêtir des valeurs, endosser des responsabilités

    33Les formes, les mots et les couleurs choisis par les administrateurs des Postes et des sociétés ferroviaires pour habiller leurs personnels sont empruntés aux militaires pour discipliner leurs agents. Avec cette codification vestimentaire, les chefs d’entreprise cherchent à montrer à leurs agents qu’en revêtant l’uniforme, comme à l’armée, ils doivent porter les couleurs de l’entreprise et adhérer à ses valeurs.

    34Les administrateurs des Postes et des compagnies de chemin de fer semblent vouloir inculquer des valeurs viriles et militaires à leurs travailleurs pour les intégrer à la culture d’entreprise et montrer au reste de la société tout le sérieux et toute la rigueur de l’institution pour laquelle ils travaillent. Il faut en effet, par les vêtements professionnels, que les usagers et le public accordent crédit à l’entreprise. Les administrateurs définissent ainsi une discipline très stricte dans le règlement puisque les agents ont des charges importantes. Les postiers ont, par exemple, la responsabilité de transporter des fonds et de gérer les livrets de la Caisse nationale d’épargne. Les cheminots doivent faire face au développement du réseau ferroviaire et assumer les risques techniques de ce moyen de transport introduit dans de nombreuses contrées avec le plan Freycinet de 1879.

    35Ainsi, un contrôle strict des tailles et de la conformité des vêtements est mis en place pour maîtriser l’apparence des personnels. Il est confié au receveur des Postes jusqu’à la Première Guerre mondiale, puis à l’adjudicateur de l’habillement postal jusqu’en 1952. Dans le monde ferroviaire, cette charge revient à l’habilleur des compagnies de chemin de fer puis à celui de la SNCF. Ces contrôleurs sont chargés d’ajuster les tenues aux corps contraints d’effectuer des tâches professionnelles. L’identité visuelle des compagnies intéresse les directeurs des personnels des entreprises ferroviaires à la fin du xixe siècle et devient un enjeu disciplinaire dans le premier tiers du xxe siècle. Comme à l’armée, les Postes et les anciennes compagnies de chemin de fer mettent en place une revue – en théorie régulière – pour inspecter l’état des tenues et faire respecter l’uniformisation du personnel. À la compagnie de Paris-Orléans, les déchirures et les rapiéçages apparents ne sont pas autorisés. En 1875, la visite et l’inspection des tenues ont lieu les jeudis et les dimanches, le jour où les hommes doivent changer de linge. Le plus méritant perçoit une prime d’un franc pour le mois alors qu’une amende du même montant est infligée aux plus négligents. En réalité, les manquements sont nombreux. Dans les années 1920-1930, les procès-verbaux successifs des conférences des ingénieurs de l’exploitation des chemins de fer déplorent l’image que les personnels renvoient avec leur tenue, négligée dans de nombreux cas. La question de la reconnaissance de l’entreprise est en jeu, ce qui explique cette exigence disciplinaire pour une hygiène et une apparence vestimentaire irréprochables14. Cette gestion militaire de l’habillement et de son apparence correspond aussi aux mesures prises pour que le travail soit bien assuré. À la Poste, l’emploi de facteur était souvent réservé aux anciens militaires depuis la fin du xixe siècle. Jugés plus obéissants et plus fidèles, les individus ayant servi dans l’armée sont recrutés en priorité, puis exclusivement à partir de la loi du 21 mars 1905 même si l’administration a dû, par la suite, recruter des civils15.

    36Ainsi, inspirés par l’organisation militaire, les administrateurs des Postes et du monde ferroviaire ont cherché à imposer une tenue qui exige l’obéissance et la docilité, l’ordre et l’exemplarité, pour construire les appartenances et les apparences d’une société disciplinée sur le modèle militaire.

    De fil en aiguille, « civiliser » les emprunts militaires

    37Les emprunts militaires sont manifestes dans le monde du travail mais les décideurs les adaptent aux exigences de la société civile et aux mutations du marché de l’emploi au xxe siècle (fig. 4).

    38Si les couleurs et les formes copiées sur les uniformes militaires peuvent discipliner les individus et les contraindre à l’obéissance, elles sont finalement considérées comme étant trop explicitement connotées. Les administrateurs des Postes comme ceux des compagnies ferroviaires cherchent à inventer une image de marque à partir de ces emprunts en réinterprétant le code vestimentaire militaire dans le sens d’une autorité moins martiale et plus appropriée à la mission effective de leurs employé · e · s. Les décideurs mettent alors en place une visibilité « parlante » de ce service grâce au vêtement professionnel en débarrassant le vêtement d’inspiration militaire de tous les éléments jugés inutiles. En 1874, le médecin Georges Morache critique déjà toutes les fioritures attachées à la tenue militaire et propose la suppression des « couleurs vives, des brandebourgs, galons, cordons, plumets et autres appendices dont on s’explique difficilement l’avantage16 ». La sphère civile tend à épurer ces tenues d’inspiration militaire. Au service postal comme à la SNCF, il y a peu à peu une mise au « civil » du vocabulaire, le képi redevient ainsi casquette en 1962 à la Poste, les galons sont maintenus plus longtemps mais ils deviennent plus un décor dans les années 1980 qu’un puissant signe de différenciation avant de disparaître en 1984 à la Poste et en 1992 à la SNCF. Les formes vestimentaires s’assouplissent, tant dans leurs lignes qu’avec les matériaux et l’introduction des fibres synthétiques, telle que l’élasthanne. Les institutions postales et ferroviaires cherchent également à créer une couleur d’entreprise, spécifique. Le bleu de soldat et les autres couleurs dites militaires sont remplacées par le bleu et le jaune La Poste ou par les couleurs de la SNCF dites « historiques » : il s’agit essentiellement d’un glissement sémantique avec des nuances chromatiques pour ne plus confondre les vêtements de ces entreprises avec ceux qui ont pour un temps été plongés dans le même bain tinctorial.

    Figure 4. – Mise en forme d’un képi, selon toute vraisemblance dans un atelier de l’intendance militaire (1917).

    Bibliothèque nationale de France, EI-13 (575).

    39D’une certaine manière, ces emprunts permettent aussi la promotion de l’élégance virile dans des entreprises où le travail majoritairement masculin est valorisé. Les hommes passés par l’armée et contraints à porter l’uniforme peuvent retrouver une tenue imposée sur leur lieu de travail, avec des formes dessinant les silhouettes et conférant du prestige. Avec la féminisation du travail et l’ouverture des métiers aux femmes, les administrateurs des Postes et du monde ferroviaire doivent féminiser les formes et les couleurs masculines importées des casernes. En 1956, le bleu foncé est ainsi devenu clair pour les blouses des employées de la distribution postale. Ces blouses sont agrémentées de passepoils rouges au col et aux poches. La même année, l’administration postale distribue aux postières un béret du type utilisé pour les auxiliaires féminines de l’armée de terre en remplacement de leur casquette. Cette mesure est prise à contre-pied du mouvement général de mise au civil des formes militaires empruntées pour les hommes, avant d’être supprimée six ans plus tard.

    40Les influences civiles, tout au long du xxe siècle, ne laissent finalement au domaine militaire que quelques vestiges dans le monde du travail. Les couturiers peuvent, très tôt au xxe siècle, mettre la main sur les vêtements militaires pour les simplifier à l’instar de Paul Poiret lorsqu’il place un simple boutonnage sur la capote des soldats. Ces boutonnages sont ensuite repris pour confectionner des fermetures de vêtements professionnels civils plus confortables et moins coûteuses à produire. Les passepoils rouges ou bleus des pantalons sont conservés pour que les employés ne puissent pas utiliser ces vêtements en dehors du service. L’un des rares vestiges militaires à avoir traversé le siècle, encore observable dans certains milieux professionnels comme à la SNCF, reste l’uniforme. Cette appellation a selon les périodes disparu pour laisser place aux mots « costume », « tenue » ou « habit de travail ». L’uniforme en tant que tel n’est plus qu’un mot pour désigner des pièces d’habillement proposées aux agents, qui leur permettent de choisir des combinaisons vestimentaires très variées au point de donner la possibilité aux entreprises d’organiser des défilés de mode dès la fin des années 1980 pour exposer leur nouvelle collection de vêtements de travail.

    ***

    41Les uniformes militaires sont donc des modèles et des sources d’inspiration pour les entrepreneurs qui cherchent à habiller leurs travailleurs et à les uniformiser. Avec les débuts de la IIIe République, les dirigeants entreprennent une uniformisation de l’apparence des personnels de certains corps professionnels civils. Ils peuvent, avec le vêtement, transformer des individus en personnel d’entreprise et faire de cet objet un puissant outil d’organisation interne et externe. Ces emprunts militaires sont alors maintenus par la rigidité des tissus employés, par l’activité des fabricants de vêtements qui sont à la fois des fournisseurs des entreprises civiles et des secteurs militaires mais aussi par les règlements des entreprises. Mais les formes vestimentaires militaires utilisées dans le monde professionnel civil sont mises à l’épreuve de deux guerres mondiales puis à la volonté de démilitariser la société civile avec les mutations qui transforment profondément le monde du travail au xxe siècle. Ces formes sont en effet confrontées à la réalité de la féminisation du salariat, en contradiction avec les apparences viriles véhiculées par l’uniforme militaire. Inspirés par le monde militaire, les travailleurs civils renouvèlent profondément l’uniforme pour en faire un vêtement professionnel, pratique et fonctionnel, s’adaptant plus aux corps, en évitant de les contraindre. Après l’adoption de la rigueur militaire, immuable, les entreprises cherchent à montrer, à travers les tenues professionnelles, qu’elles peuvent suivre leur temps et s’adapter aux mutations de la société.

    Notes de bas de page

    1Archives nationales du monde du travail (ANMT) : 13 AQ 2554, réunion du conseil d’administration du 13 novembre 1919.

    2Carême Marc-Antoine, Le maître d’hôtel français, ou parallèle de la cuisine ancienne et moderne, Paris, Imprimerie Firmin Didot, tome 2, 1822.

    3Brucker Jérémie, « En toques ! L’apparence des cuisinier·e·s, entre pratiques et représentations en France (fin xixe-xxe siècle) », dans Quellier Florent (coord.), « Les cuisinier·e·s en Europe du Moyen Âge à nos jours », Food and History, Londres, Brepols Publishers, novembre 2018, no 15/1-2, p. 291-312.

    4Bibliothèque Forney : RES CC, thème vêtements de travail anciens, catalogue des uniformes Leconge & Willmann, 1905.

    5Bibliothèque historique des postes et des télécommunications (BHPT), Bulletin mensuel des postes (BMP), no 4, 23 décembre 1889, p. 308.

    6Décision ministérielle du 22 juin 1886, ANMT, 48 AQ 3479.

    7BHPT, TB15p, juillet 1886, p 391.

    8BHPT, BMP, modification dans le costume des facteurs ruraux, no 44, avril 1859, p. 137.

    9BHPT, BMP, no 2, juin 1878, p. 115.

    10BHPT, BMP, no 75, novembre 1861, p. 397.

    11BHPT, BMP, no 11, novembre 1882, p. 639.

    12BHPT, BMP, no 8, août 1892, p. 841 et suiv.

    13ANMT, 202 AQ 1177, note sur les conditions de travail du personnel ouvrier de la Compagnie des chemins de fer du Nord, 1er janvier 1897.

    14ANMT, 202 AQ 1177.

    15Schepens Nadège, « Emplois réservés et spécificités postales », dans Bette Peggy et alii, « Les postes dans la guerre, 1914-1918 », Les Cahiers pour l’histoire de La Poste, no 17 (rééd. du no 3), 2014, p. 119-120.

    16Morache Georges Dr, « Hygiène militaire », Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Paris, G. Masson, Asselin et Cie, 3e série, t. 8, 1874, p. 46.

    Auteur

    • Jérémie Brucker

      Doctorant à l’université d’Angers. Sa thèse, effectuée sous la direction de Christine Bard, porte sur l’histoire du vêtement professionnel de 1880 à nos jours.

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    1Archives nationales du monde du travail (ANMT) : 13 AQ 2554, réunion du conseil d’administration du 13 novembre 1919.

    2Carême Marc-Antoine, Le maître d’hôtel français, ou parallèle de la cuisine ancienne et moderne, Paris, Imprimerie Firmin Didot, tome 2, 1822.

    3Brucker Jérémie, « En toques ! L’apparence des cuisinier·e·s, entre pratiques et représentations en France (fin xixe-xxe siècle) », dans Quellier Florent (coord.), « Les cuisinier·e·s en Europe du Moyen Âge à nos jours », Food and History, Londres, Brepols Publishers, novembre 2018, no 15/1-2, p. 291-312.

    4Bibliothèque Forney : RES CC, thème vêtements de travail anciens, catalogue des uniformes Leconge & Willmann, 1905.

    5Bibliothèque historique des postes et des télécommunications (BHPT), Bulletin mensuel des postes (BMP), no 4, 23 décembre 1889, p. 308.

    6Décision ministérielle du 22 juin 1886, ANMT, 48 AQ 3479.

    7BHPT, TB15p, juillet 1886, p 391.

    8BHPT, BMP, modification dans le costume des facteurs ruraux, no 44, avril 1859, p. 137.

    9BHPT, BMP, no 2, juin 1878, p. 115.

    10BHPT, BMP, no 75, novembre 1861, p. 397.

    11BHPT, BMP, no 11, novembre 1882, p. 639.

    12BHPT, BMP, no 8, août 1892, p. 841 et suiv.

    13ANMT, 202 AQ 1177, note sur les conditions de travail du personnel ouvrier de la Compagnie des chemins de fer du Nord, 1er janvier 1897.

    14ANMT, 202 AQ 1177.

    15Schepens Nadège, « Emplois réservés et spécificités postales », dans Bette Peggy et alii, « Les postes dans la guerre, 1914-1918 », Les Cahiers pour l’histoire de La Poste, no 17 (rééd. du no 3), 2014, p. 119-120.

    16Morache Georges Dr, « Hygiène militaire », Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, Paris, G. Masson, Asselin et Cie, 3e série, t. 8, 1874, p. 46.

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    Brucker, J. (2019). Les formes, les couleurs et les mots empruntés à l’uniforme militaire pour les vêtements professionnels civils en France fin xixe siècle-xxe siècle. In P. Harismendy & E. Le Gall (éds.), Un adieu aux armes. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/148uv
    Brucker, Jérémie. « Les formes, les couleurs et les mots empruntés à l’uniforme militaire pour les vêtements professionnels civils en France fin xixe siècle-xxe siècle ». In Un adieu aux armes, édité par Patrick Harismendy et Erwan Le Gall. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2019. doi:10.4000/148uv.
    Brucker, Jérémie. « Les formes, les couleurs et les mots empruntés à l’uniforme militaire pour les vêtements professionnels civils en France fin xixe siècle-xxe siècle ». Un adieu aux armes, édité par Patrick Harismendy et Erwan Le Gall, Presses universitaires de Rennes, 2019, https://doi.org/10.4000/148uv.

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    Harismendy, P., & Le Gall, E. (éds.). (2019). Un adieu aux armes. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/148yb
    Harismendy, Patrick, et Erwan Le Gall, éd. Un adieu aux armes. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2019. doi:10.4000/148yb.
    Harismendy, Patrick, et Erwan Le Gall, éditeurs. Un adieu aux armes. Presses universitaires de Rennes, 2019, https://doi.org/10.4000/148yb.
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