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    Plan détaillé Texte intégral ◆ La promesse d’un livre ◆ Un livre débat ◆ L’invention d’une figure de référence Notes de bas de page Auteur

    Jean-Marie Lustiger

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La promesse d’une recomposition du rapport entre judaïsme et catholicisme

    Frédéric Gugelot

    p. 275-285

    Texte intégral ◆ La promesse d’un livre ◆ Un livre débat ◆ L’invention d’une figure de référence Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1René Samuel Sirat devient en 1980 le premier séfarade grand rabbin de France avant qu’en 1987 lui succède un autre séfarade, Joseph Sitruk. Une blague surgit alors dans la presse juive : « Pourquoi le grand rabbin de France est-il séfarade ? Parce que l’archevêque de Paris est ashkénaze1. » Avec son génie habituel, l’humour juif rend bien la singularité de cette situation où entre 1981 et 2007, deux des principales figures religieuses de Paris étaient d’origine juive. Ce qui aurait pu être un élément supplémentaire de méfiance entre les deux religions devient un facteur de rapprochement. Ce « moment2 » Lustiger de l’histoire des relations entre le judaïsme et le catholicisme entremêle le destin personnel de Lustiger et la revitalisation de la mémoire de la Shoah, le carmel d’Auschwitz, la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv, les repentances, les enjeux sont multiples et croisent le destin si particulier de ce juif, converti au catholicisme en pleine débâcle, devenu prêtre, évêque puis archevêque et cardinal. L’extermination des juifs d’Europe interpelle la conscience chrétienne et s’inscrit durablement dans le nouveau regard sur le peuple juif que l’Église élabore dans la deuxième moitié du xxe siècle. Le destin personnel de Lustiger s’y entremêle.

    2Parue en novembre 2002, La Promesse, un livre « sur le mystère d’Israël, l’antisémitisme et la crise de la foi chrétienne3 », cristallise cette recomposition.

    ◆ La promesse d’un livre

    3La connaissance du cheminement de converti de Jean-Marie Lustiger est tardive, elle émerge de façon publique avec l’interview dans Le Nouvel Observateur du jeune évêque d’Orléans en 1980 à la suite de l’attentat de la rue Copernic4. Dès ce texte, il lie antisémitisme et rejet de l’élection d’Israël. Par deux fois, en 1980-1981, quand il devient archevêque de Paris, puis en 1987, lors de la parution du Choix de Dieu, Jean-Marie Lustiger revendique sa judéité :

    « À mes yeux devenir chrétien ne signifie pas renier la condition juive. Ni de près ni de loin. Je ne l’ai pas fuie quand il y avait l’étoile jaune et les camps de concentration ; je ne vois pas pourquoi on me l’arracherait aujourd’hui5. »

    4Il reprend à plusieurs reprises l’expression : « C’est comme si les crucifix s’étaient mis à porter l’étoile jaune6. » La promotion de Lustiger comme évêque puis archevêque fait de cette revendication d’une affiliation – identité cumulée, la chrétienne réalisant l’autre, la juive – un enjeu et donc de lui une figure symbolique7. Cette position entraîne de vives réactions d’illustres figures de la déportation et de grands rabbins français tel René-Samuel Sirat, le 5 avril 1981 : « On ne saurait sans abus de langage parler de religion judéo-chrétienne. On est juif ou on est chrétien8. » D’autant que depuis le début des années 1980, la priorité du Consistoire central de France n’est plus de représenter la judaïcité française trop diverse mais de proposer une conception normée du judaïsme9. La parution en décembre 1987 du Choix de Dieu suivie de deux émissions de télévision en janvier 1988 relance le débat. C’est alors Élie Wiesel qui répond à Mgr Lustiger :

    « Comment ne pas lui rappeler ce qu’il doit savoir, notamment que, aux yeux de la tradition rabbinique, un homme ne peut être à la fois juif et chrétien. […] En Espagne, en Pologne, en Ukraine, en France, en Allemagne, pendant les croisades et durant les pogromes, nos ancêtres voyaient dans la chrétienté une religion hostile, étrangère, ennemie. […] Non, un juif ne pouvait embrasser la croix sans, en même temps, se séparer de son peuple10. »

    5La tradition et le passé de persécution justifient la frontière entre les deux religions au moment où le surinvestissement dans la mémoire devient un « devoir sacré » (Azria) de la condition juive. Pour Raphaël Drai, dans sa Lettre ouverte au cardinal Lustiger, parue en 1989, la promotion de Mgr Lustiger au cardinalat participerait, au même titre que la béatification de Maximilien Kolbe, de sœur Bénédicte de la Sainte Croix et d’Édith Stein11 et la construction du carmel d’Auschwitz12, d’une politique catholique « d’anéantissement » du judaïsme. La conjonction de ces événements donne à une partie du judaïsme le sentiment qu’il s’agit d’une tentative de « christianisation » de la Shoah.

    6La suite du pontificat de Jean-Paul II change la donne. En 1986, la visite du pape à la synagogue de Rome, la reconnaissance de l’État d’Israël par le Vatican en 1993 et la déclaration de repentance de l’Église de France le 30 septembre 1997 puis le voyage de Jean-Paul II à Jérusalem en 2000 sont le contexte de ces recompositions. Une indéniable intensification des relations entre les deux religions est alors perceptible. Lustiger, dont la proximité avec le Pape est réelle, joue un rôle essentiel dans la volonté de régénérer les relations judéo-chrétiennes. Le discours du cardinal le 30 octobre 2005 à Vienne, intitulé « Nos frères aînés », reprenant une citation de Jean-Paul II, marque bien la fin de l’idée de substitution. Aucun mot ne distille le moindre doute sur l’affiliation de Mgr Lustiger au christianisme et sur l’abandon de l’idée que l’Église a repris le flambeau du judaïsme. Or, dès 1992, il est à l’origine de la constitution d’une équipe d’historiens dirigée par Jean Dujardin qui rédige un dossier sur Isabelle la catholique pour entraver sa béatification13. En 1996, sa collaboratrice, Nicole Parichon, constitue un dossier de textes de Jean-Marie Lustiger sur le judaïsme qui aboutit à un projet d’ouvrage. Une petite équipe se constitue, qui joint à Jean Duchesne le jésuite Albert Chapelle, « censeur14 » des écrits du cardinal, le futur Mgr d’Ornellas et le futur éditeur de « Silence et parole » Marc Larivé15. La première étape est donc une sélection des textes collectés. Certains sont conservés, d’autres non. Ainsi une conférence du 9 janvier 1996 à l’Institut d’études théologiques de Bruxelles intitulée « Peuple de Dieu et salut des nations16 », d’abord sélectionnée, n’est-elle pas retenue au final.

    7Le premier texte du livre est ancien, puisqu’il date de 1979. Dans son compte rendu, Le Monde est « surpris », il parle même de « mystère […] d’une publication vingt-trois ans après une telle méditation17 ». En effet, ce texte inconnu jusque-là est la transcription d’interventions auprès de religieuses qui avaient enregistré les séances. Les réelles réticences et les inquiétudes de Lustiger sont expliquées dans « l’avertissement » du livre :

    « La foi pleinement partagée permettait la confiance réciproque […] j’ai partagé librement ma méditation. Car j’étais assuré qu’elle était entendue avec bienveillance et qu’elle pouvait porter du fruit, dans le secret de Dieu, pour l’Église, puisqu’elle était déposée dans le silence de la prière de cette communauté18. »

    8Son entourage l’encourage néanmoins. Le père Jean Dujardin, ancien secrétaire du comité épiscopal pour les relations avec le judaïsme, rappelle surtout sa finalité prédicative : « Il ne s’agit pas d’un cours de théologie […] il s’agit avant tout d’une démarche de foi presque mystique19. » Le père Chapelle défend la valeur du texte dans un fax le 25 septembre 2002 : « C’est un don fait à l’Église20. »

    9Une première version du titre s’intitule « Ton nom sera Israël » ou « On ne t’appellera plus Jacob mais Israël », illustrée par un tableau du combat de Jacob et de l’ange21. Le « cardinal ne veut pas de la couverture proposée ni du titre »22. Le premier titre qui figure sur un brouillon de la main de Lustiger est La fin de la nuit, inspiré par « les yeux devant la foi de la nuit pour méditer sur ta promesse » du psaume 119 (verset 148). Une remarque manuscrite explicite la volonté de glisser une « allusion à La Nuit d’Élie Wiesel ». Toutes les variations s’articulent autour de cette citation, « Sur ta promesse » ou « La fin des ténèbres » avant que le mot « promesse » soit cerclé d’un trait. La photo de couverture, celle de Jean-Paul II au mur des Lamentations, le 26 mars 2000, est un choix du cardinal. Elle démontre que Lustiger a conscience du changement de contexte qui rend possible la publication du texte de 1979. Le lancement du petit livre blanc est réussi. Le premier tirage est de 3 000 exemplaires. En 2002 et 2003, les ventes sont de 21 900 sur un tirage de 30 000, un véritable succès23.

    ◆ Un livre débat

    10L’ouvrage apparaît comme un « ensemble très dense de méditations et d’observations24 ». Les recenseurs s’accordent sur la difficulté d’aborder la lecture de ces quelque 222 pages : « Certaines pages […] sont d’un accès assez difficile à l’entendement ordinaire25. » Des extraits et des réactions sont publiés dans des hebdomadaires comme L’Express et Le Nouvel Observateur du 14-20 novembre 2002. Les sous-titres de ces extraits dégagent les enjeux du débat : « Auschwitz fait partie de la souffrance du Christ », « Le mystère d’Israël au centre de la foi chrétienne », « De l’antisémitisme chrétien » et « L’attente26 ». L’Express relaie la controverse sur douze pages dès son numéro du 5 décembre sous le titre « Juifs et chrétiens. Pourquoi Lustiger dérange ». L’ampleur de la réception, la qualité des auteurs prouvent la prise de conscience de l’enjeu de l’ouvrage et l’autorité intellectuelle et morale de Lustiger.

    11« La Promesse est de nature à remettre d’aplomb la théologie et la pensée chrétiennes […] concernant le peuple juif27 », écrit un lecteur de l’Express. La méditation est devenue leçon. Christian Makarian le définit comme « un témoignage émouvant arraché à un destin unique, qui nous plonge dans une réflexion exigeante28 ». Il ajoute : « Lustiger extrait de sa double culture une foi inouïe, bouleversante, qui vient déranger dans leurs antiques certitudes aussi bien le judaïsme que le monde catholique29. »

    12Dominique de la Motte résume le livre en une phrase : « L’Ancien Testament n’est pas “périmé” par le Christ, mais rendu accessible aux païens30. » L’importance accordée à l’Ancien Testament est un des apports essentiels du livre. Quant à l’essayiste Gérard Leclerc, il explique que « ces entretiens spirituels […] constituent pour tout chrétien un enseignement qui englobe la totalité de la foi. En effet, pour se mettre à l’école du Christ, il faut d’une certaine façon devenir juif soi-même, selon la modalité la plus forte du judaïsme, l’élection31 ». Les païens pouvaient accéder à l’alliance entre Dieu et Israël par l’entremise du Messie, lui-même juif, « celui en qui les païens précisément accèdent aux biens qui étaient jusqu’alors la part spécifique d’Israël32 ».

    13Dujardin note que « le cardinal emploie de façon presque constante les expressions bibliques et néo-testamentaires d’“accomplir” et d’“accomplissement”33 ». Même si la Shoah n’est pas directement au cœur de l’ouvrage, elle « influence incontestablement la théologie et la vision de l’histoire de Jean-Marie Lustiger et sa compréhension du mystère d’Israël34 ». Lustiger prend en compte, au-delà de son histoire personnelle, la place prescriptive d’Auschwitz dans la pensée mondiale comme forme du « mal radical35 ». Il affirme lui-même : « La Shoah a atteint le peuple juif dans son corps […] mais elle a atteint les chrétiens dans leurs âmes36. »

    14Mgr Lustiger a parfaitement conscience du choc que le livre peut produire : « Certains passages […] pourront paraître excessifs ou parfois déconcertants à des lecteurs juifs, et certains passages […] déconcertants ou parfois excessifs à des lecteurs catholiques37. » Deux thèmes font débat : le pagano-chrétien et l’interprétation chrétienne de la Shoah38. Derrière les relations entre le judaïsme et le catholicisme, c’est aussi une interprétation de la « crise catholique » que nous livre Lustiger. Les pagano-chrétiens sont fautifs du rejet de l’élection et de la grâce donnée par Dieu. « La négation des racines juives est liée à l’idolâtrie39. » Le refoulement de la « racine juive », par mépris ou par jalousie, a conduit selon lui à l’athéisme ou au néo-paganisme. Le livre témoigne du projet lustigérien pour qui la promesse chrétienne n’est pas encore « accomplie ». Le dynamisme du croyant et du clerc puise certainement une partie de son assurance dans cette vision où « il s’agit de penser l’accomplissement comme un temps à vivre40 ». C’est une des racines de la volonté de réaffirmation, de ressaisie confessante du catholicisme, portée par Lustiger sous Jean-Paul II41.

    15Du côté chrétien, à côté du silence protestant, il faut noter des réactions néo-maurrassiennes, des interrogations cléricales et laïques. Dans L’Homme nouveau, Philippe Alexandre résume les reproches : « La polémique a été forte du côté chrétien parce que le livre du cardinal Lustiger engage la nature même de l’Église et son rôle […] dans l’économie du salut42. » Que Lustiger renvoie l’accusation de déicide vers les « pagano-chrétiens », c’est-à-dire les chrétiens qui ne sont pas issus du judaïsme, est insupportable pour une partie des recenseurs : « Si l’on a osé parler de déicide à propos d’Israël et du Christ, il faudrait parler de déicide à propos des peuples dits chrétiens d’Occident et du sort qu’ils ont réservé au peuple juif43. » Un long texte signé A. B.-G. s’interroge sur l’orthodoxie des propositions lustigériennes : « J.-M. Lustiger se livre à des exégèses originales, certes, mais sans doute respectueusement sujettes à caution44. » Le cardinal remettrait en cause la responsabilité d’Israël dans la mort du Christ et ferait totalement abstraction « des prises de position tant des grands docteurs de l’Église que du Magistère45 », saint Thomas et saint Augustin sont alors cités. L’absence de ces deux références est un argument contre le cardinal : « La Promesse paraît en bien des aspects celle d’une terra incognita à la théologie catholique46 ! » Pour contrer ces accusations, Lustiger mobilise le père dominicain Jean-Miguel Garrigues. Celui-ci rédige un texte, essentiel pour la réception catholique du livre, qui paraît de façon stratégique dans la Revue thomiste :

    « En revisitant le Commentaire de l’Épître aux Romains de saint Thomas et en le questionnant à partir des lumières de l’Église d’aujourd’hui, anticipées en partie par Jean-Marie Lustiger dans le premier des textes (de 1979) repris dans La Promesse, nous avons pu constater une fois de plus que le développement de la doctrine catholique dans la tradition de l’Église n’est qu’une explicitation et une mise en valeur d’un dépôt qui s’y trouvait déjà. Toutes ces lumières, qui permettent aux gentils dans l’Église de reconnaître les juifs, qu’ils soient chrétiens ou non, comme leurs “frères aînés”, faisaient déjà partie pour saint Thomas du patrimoine de la foi […] cette doctrine était déjà pour lui traditionnelle. Elle ne pouvait pas ne pas être traditionnelle puisqu’elle se trouve déjà explicitement contenue dans le texte paulinien reçu comme inspiré par Dieu47. »

    16Les propositions de Lustiger s’inscrivent donc dans la tradition, tant de Paul que de Thomas, et sont incontestables. Garrigues est encore mobilisé pour réagir face à un autre texte sévère, celui d’André Paul, spécialiste du judaïsme ancien : « Ils (les catholiques) auraient pu être surpris en lisant l’ouvrage par l’accumulation d’anachronisme ou d’erreurs historiques, la récurrence d’amalgames conceptuels et d’omissions doctrinales48. » Il ajoute : « Le propos du cardinal de Paris débouche sur la proclamation univoque d’un exclusivisme judaïque aux justifications sionistes, condition nécessaire de la purification salvatrice49. » Mais cette fois-ci, le père Garrigues propose à Mgr Lustiger de ne pas répondre50. La force de la position de Lustiger repose sur le soutien du pape et aussi sur son inscription dans la filiation de Nostra Aetate. L’obtention du prix du même nom, le 20 octobre 1998, avec le grand rabbin de Paris René-Samuel Sirat, le grand adversaire lors du débat sur la revendication de la judéité, montre l’évolution des positions.

    17Les réactions du côté juif sont aussi partagées, parfois très vives comme celle du rabbin Josy Eisenberg : « Ce qui me choque dans le livre […], c’est qu’il semble considérer que la Shoah est un remake de la crucifixion51. » Il ajoute dans Information juive : « Monsieur le cardinal, acceptez l’idée qu’en dépit de notre commune filiation, notre histoire et tout particulièrement notre histoire du salut, ne vous appartient pas52. » Il précise même : « Si un vrai chrétien est nécessairement un peu, voire beaucoup, juif, un juif n’a nullement besoin de devenir chrétien pour s’accomplir53. » L’abbé Alain René Arbez répond dans le numéro de février 2003 : « Je souhaite […] que mes frères juifs ne me disent pas à tout bout de champ qu’ils peuvent très bien se passer de nous les chrétiens54. » Le père Dujardin acte les différences entre les deux religions :

    « Juifs et chrétiens ont, du fait du mystère de la croix et de la résurrection, un rapport différent avec la souffrance et la mort. […] Le chrétien regarde toute souffrance, quelle qu’elle soit, à la lumière de sa foi dans le Christ mort et ressuscité. C’est cela et uniquement cela qui lui permet de l’affronter55. »

    18Le poète juif Claude Vigée prend la défense de l’ouvrage en multipliant les articles, dans La Croix (3 décembre 2002), Esprit (mars-avril 2003) et dans France catholique où il écrit : « Lustiger montre qu’on ne peut pas – sous peine de détruire le noyau même du christianisme – rejeter l’élection d’Israël56. » La réception dans le monde juif est à la fois accueillante et critique. Pourtant plusieurs recenseurs insistent pour faire du livre une « nouvelle étape dans le dialogue57 » judéo-chrétien. L’ouvrage ne crée pas de nouvelles ruptures. Sa réception démontre donc qu’à la différence du débat autour de la revendication de judéité dix ans plus tôt, l’apaisement est certain, la reconnaissance réelle. Le contexte a profondément changé.

    ◆ L’invention d’une figure de référence

    19Converti d’origine juive, dont la mère est morte à Auschwitz, cette singularité pour un clerc devenu cardinal le transforme en symbole58. Un journal n’hésite pas à rappeler au moment de la parution que le cardinal fit partie de la liste des papabili et qu’un journaliste lui demanda alors : « Si vous êtes élu pape, vous prendrez le nom d’Aaron Ier59 ? » Converti, « le mot est étrange60 » selon Lustiger qui ajoute : « Les convertis ne sont plus des “bêtes curieuses”, en raison non seulement de leur nombre croissant, mais aussi de la situation de la foi dans notre société61. » Bernard Dupuy, expert de la commission romaine pour les relations avec le judaïsme, note : « Nous entendons la voix d’un témoin exceptionnel donné à notre temps pour qui la promesse faite aux juifs doit devenir un jour la promesse pour les nations62. » Claude Vigée salue « la fidélité au judaïsme du cardinal » : « Lui seul pouvait faire cela. Les autres pouvaient imaginer un rapprochement avec le judaïsme. Lui propose des retrouvailles avec Israël63 ! » Ce « juif catholique » est « un juif accompli dans son espérance messianique », ce « qui donne paradoxalement à la parole de Jean-Marie-Aron Lustiger une portée universelle pour l’Église64 ? », ajoute Jean-Miguel Garrigues. L’essayiste juif Gérard Israël le définit ainsi : « Jean-Marie Lustiger apparaît comme un chrétien des origines, presque comme un membre de l’Église primitive de Jérusalem, au ier siècle, presque comme un fervent disciple de Jacques, que l’Évangile qualifie de “frère du Seigneur65”. » La singularité du parcours de Lustiger fonde donc aux yeux des recenseurs la légitimité de son intervention. L’essayiste catholique Gérard Leclerc précise :

    « La nomination de Jean-Marie Lustiger comme archevêque de Paris, en 1981, n’était nullement un événement anodin […] le choix de Jean-Paul II s’inscrivait dans une perspective providentielle. Celle où les retrouvailles de l’Église avec la tradition de l’Ancien Testament parvenaient à un moment révélateur, au sens fort du terme66. »

    20C’est que derrière le cardinal se profile la figure du Pape lui-même, ce que confirme la couverture de l’ouvrage. « Deux hommes, dans l’Église catholique, auront particulièrement contribué au déverrouillage d’une question bimillénaire, les relations judéo-chrétiennes : Jean-Paul II et le cardinal Lustiger, le pape polonais et l’archevêque de Paris67. » De nombreux lecteurs, critiques et recenseurs dressent d’ailleurs le parallèle entre les deux hommes68. « Jean-Paul II a poussé l’Église catholique romaine tout entière sur le chemin qu’explorait à l’époque le père Lustiger69 », ajoute Alain Duhamel. Si l’ouvrage est très personnel, sa résonance est aussi à la hauteur de la relation forte entre le cardinal et le pape. Les deux hommes apparaissent inséparables dans tous les articles.

    21« Lui qui aurait pu craindre d’être un frein au dialogue réussira à le faire avancer d’une manière inespérée, d’autant plus qu’il sera soutenu par Jean-Paul II70. » C’est un autre enjeu du livre, comment une situation qui aurait pu être un obstacle au rapprochement entre catholicisme et judaïsme put devenir une des formes du contact entre les deux religions. Mais si Lustiger promeut l’idée de leurs deux vocations spécifiques, il défend celle de leur solidarité dans l’économie du salut. La Promesse se conclut donc sur l’intervention à Washington le 8 mai 2002, devant le Comité juif américain, s’opposant à « une représentation conflictuelle, voire binaire de la situation mondiale71 », rejet de la thèse du « choc des civilisations » formulée par Samuel Huntington. À l’occasion de l’anniversaire de la déclaration Nostra Aetate, le cardinal Lustiger revendique l’idée d’une civilisation « judéo-chrétienne » qu’il résume en deux points : « Juifs et chrétiens exercent ensemble une responsabilité à l’égard de la civilisation et de l’ensemble des hommes » et « juifs et chrétiens portent ensemble la charge de la révélation biblique ». Il souligne plus loin que « l’urgence de l’appel reçu aux origines oblige les frères séparés, le frère aîné et le puîné, à répondre chacun pour sa part à la mission qui lui est assignée72 ». Si le grand rabbin de Rome, Riccardo di Segni, boycotte la cérémonie de commémoration à cause du choix du cardinal Lustiger, des membres importants de la communauté juive française prennent sa défense, dont, les 6 et 7 novembre 2005, le président du CRIF, Roger Cukierman, qui veut « rendre hommage à l’Église de France qui, par le passé, a initié les voies du dialogue73 ». Le livre devient l’un des fondements du renouvellement des relations entre le judaïsme et le catholicisme. La figure de Jean-Marie Lustiger y acquiert une autre dimension. Cette « parole conjointement et inévitablement personnelle et cosmique, théologique et anthropologique, historique et éternelle74 » fait d’Aron Jean-Marie cardinal Lustiger un « apôtre et prophète75 ». Le livre se dévoile ainsi comme l’« avènement d’une parole prophétique76 ».

    22Au-delà de la première réception s’élabore ainsi une figure d’apôtre prophétique, et La Promesse devient dans le catholicisme français un ouvrage essentiel sur les relations avec le judaïsme. Des événements amplifient le positionnement du cardinal, invité dans de multiples lieux ou forums sur ce thème. Les voyages, dont ceux à Jérusalem et à Auschwitz, tout particulièrement en 2005, lorsque Lustiger représente le Pape malade lors du soixantième anniversaire de la libération du camp, assurent aussi cette reconnaissance. Même ses funérailles participent de la construction d’une figure référence. Son arrière-petit-cousin Jonas Moses-Lustiger lit le psaume 113, « Louange à Yahvé Dieu des humbles », en hébreu puis en français, et dépose de la terre recueillie au monastère Saint-Georges Kosiba, près de Jéricho, et au jardin situé au sommet du Mont des Oliviers, terre portée au Mur des Lamentations, au Calvaire et au Saint-Sépulcre à la demande du cardinal. Un kaddish en araméen, langue du Christ, est alors récité. La plaque apposée dans la cathédrale de Paris exprime bien cette complexité :

    « Je suis né juif. J’ai reçu le nom de mon grand-père paternel, Aron. Devenu chrétien par la foi et le baptême, je suis demeuré juif comme le demeuraient les apôtres. J’ai pour saints patrons Aron le grand prêtre, saint Jean l’apôtre, sainte Marie pleine de grâce. Nommé 139e archevêque de Paris par Sa Sainteté le pape Jean-Paul II, j’ai été intronisé dans cette cathédrale le 27 février 1981, puis j’y ai exercé tout mon ministère. Passants, priez pour moi » (Aron Jean-Marie cardinal Lustiger, archevêque de Paris77).

    23Le jardin d’Abu Gosh, des livres, des colloques dont celui des 19 et 20 octobre 2014 au Collège des Bernardins, témoignent de la postérité du petit livre. Il apparaît ainsi comme une étape de la dissociation du christianisme d’avec l’antijudaïsme et l’antisémitisme. « En effet, l’avenir des relations entre juifs et chrétiens ne suppose pas seulement qu’on apure le passé : il engage la conception de l’Église et de sa tâche dans le monde de ce temps78. » Le livre démontre que la repentance ne suffit pas : il faut aussi changer les bases théologiques des relations entre les deux religions. La Promesse n’a pas encore tenu toutes ses promesses mais le livre a participé du « ré-ancrage » d’Israël dans la conscience chrétienne, selon la formule utilisée par Lustiger pour Édith Stein79.

    Notes de bas de page

    1Baroukh Elie et Lemberg David, 5 000 ans d’humour juif. De Deauville à Jérusalem, Éditions générales FIRST, 1995, p. 57.

    2Fourcade Michel, « Le moment Lustiger », Nova et Vetera, no 3, juillet-septembre 2011, p. 267-296.

    3Tincq Henri, « Fils de l’ancienne et de la nouvelle alliance », Le Monde, 15 novembre 2002, p. vii.

    4Avec des réactions antisémites telle celle-ci : « Vraiment, ces juifs savent se placer ! » Gallifet Charles, « De la retraite du Bec-Hellouin à la rédaction de La Promesse », Revue théologique des Bernardins, horssérie, mars 2015, p. 39 ; Lustiger Jean-Marie, « Les juifs et nous chrétiens », Le Nouvel Observateur, 18 octobre 1980 ; Gallifet Charles, L’Alliance, Paris, Presses de la Renaissance, 2010, p. 13-19.

    5Lustiger Jean-Marie, Osez croire, osez vivre, Paris, Gallimard, 1986 (1983), p. 107.

    6Ibid., p. 101 et Lustiger Jean-Marie, Le Choix de Dieu, Paris, Éditions de Fallois, 1987, p. 13.

    7Gugelot Frédéric, « Un marranisme inversé ? La revendication de la judéité par les convertis au catholicisme », in Jacques Ehrenfreud et Jean-Philippe Schreiber (dir.), Les marranismes. De la religiosité cachée à la société ouverte, Paris, Demopolis, 2014, p. 213-228.

    8Potin Jean, La Croix, 11 avril 1981.

    9Tank Sébastien, Conversion au judaïsme et institutionnalité juive, thèse de doctorat, Paris, EHESS, 2003, p. 513.

    10Le Monde, 4 décembre 1987.

    11Voir la réaction du rabbin Daniel Farhi : « L’Église propose en exemple l’itinéraire d’une croyante qui, venant d’une religion qui a refusé le message de Jésus, trouve son accomplissement dans la foi chrétienne […]. Elle n’est pas morte en tant que martyre de la foi chrétienne mais en tant que juive. […] Ce n’est pas à l’Église d’interpréter la Shoah, surtout après tant de siècles de contentieux avec la communauté juive », La Croix, 13 octobre 1998.

    12Delpal Bernard, « Les croix d’Auschwitz : un contentieux renouvelé entre juifs et chrétiens », in Annette Becker, Danièle Delmaire et Frédéric Gugelot (dir.), Juifs et chrétiens : entre ignorance, hostilité et rapprochement (1898-1998), Lille, université Charles-de-Gaulle-Lille 3, 2002, p. 211-228.

    13Dujardin Jean, Mémorial Lustiger, 23 octobre 2013, p. 12.

    14Lustiger Jean-Marie, « Note du 14 mai 2003 », fonds Lustiger. Je remercie vivement Philippe Laborde et l’Institut Lustiger.

    15« On passe sans plus tarder à la réalisation » ; lettre de J. Duchesne à A. Chapelle, 4 février 2002, fonds Lustiger.

    16Institut J.-M. Lustiger : On Christians and Jews en 1998 et L’Alliance en 2010.

    17Tincq Henri, art. cité, p. vii.

    18Lustiger Jean-Marie, « Avertissement », in La Promesse, Paris, Parole et silence, 2002, p. 6-7.

    19Dujardin Jean, Sens, no 5, 2003, p. 251.

    20Fax du P. Chapelle pour le cardinal, 25 septembre 2002.

    21Mail de Mgr d’Ornellas à Anne Barral pour le cardinal du 27 septembre 2002, 15 h 08. Voir Ornellas Pierre d’(Mgr), « À la lumière du livre du cardinal Lustiger : La Promesse », Sens, juin 2004, p. 316-322.

    22Réponse d’A. Barral à Mgr d’Ornellas du 27 septembre 2002, 16 h 50.

    23Nombre de ventes pour l’édition française : 2002 : 19 700, 2003 : 2 200, 2004 : 300, 2005 : 300, 2006 : 800, 2007 : 1 500. Depuis 2008, entre 110 et 200/an. Soit au total ventes nettes : 26 000.

    24Bazin G., « La promesse », Convergences, journal paroissial de Saint-Honoré d’Eylau, no 53, mars 2003, p. 14.

    25Druon Maurice, « La mémoire et la foi », Le Figaro, 25 novembre 2002.

    26Lustiger Jean-Marie, « Le mystère d’Israël », Le Nouvel Observateur, 14-20 novembre 2002, p. 118-119.

    27Courriel de F. Leclercq, L’Express, no 2691.

    28Makarian Christian, « Juifs et chrétiens. Pourquoi Lustiger dérange », L’Express, 5 décembre 2002, p. 88.

    29Ibid., p. 88.

    30Motte Dominique de la, « La Promesse », Amitiés, no 38, juin 2003, p. 11. Le chapitre ix de La Promesse est intitulé : « Jésus crucifié, Messie d’Israël : salut pour tous ».

    31Leclerc Gérard, « L’unique Israël de Dieu », Le Figaro, 9 décembre 2002.

    32Pelletier Anne-Marie, « Sur le temps de “l’accomplissement” », Revue théologique des Bernardins (hors-série, mars 2015), p. 98. Laetitia Calmeyn parle « d’interprétations quelque peu originales, voire très audacieuses, de l’auteur », Calmeyn Laetitia, « La Promesse, de génération en génération », Revue théologique des Bernardins (hors-série, mars 2015), p. 21.

    33Dujardin Jean, op. cit., p. 253. Une centaine d’occurrences selon Pelletier Anne-Marie, art. cité, p. 92.

    34Vernet Thierry, « La place de la Shoah dans la pensée du cardinal Lustiger », Revue théologique des Bernardins, hors-série, mars 2015, p. 160.

    35Trimbur Dominique, « Faire de la théologie après Auschwitz ( ?) », in Dominique Avon et Michel Fourcade (dir.), Un nouvel âge de la théologie ? 1965-1980, Paris, Karthala, 2009, p. 317-333.

    36Conférence de Sao Paolo, 1985, inLustiger Jean-Marie, L’Alliance, op. cit., p. 90.

    37Lustiger Jean-Marie, La Promesse, op. cit., p. 10.

    38« Si une théologie chrétienne ne peut pas inscrire dans sa vision de la rédemption, du mystère de la croix, qu’Auschwitz aussi fait partie de la souffrance du Christ, alors on est en pleine absurdité », ibid., p. 72.

    39Calmeyn Laetitia, art. cité, p. 24.

    40Pelletier Anne-Marie, art. cité, p. 101.

    41Dumons Bruno et Gugelot Frédéric (dir.), Catholicisme et identité, Paris, Karthala, 2017.

    42Alexandre Philippe, « Pourquoi une telle polémique ? », L’Homme nouveau, no 1295, 2 février 2003, p. 10.

    43Lustiger Jean-Marie, La Promesse, op. cit., p. 75.

    44A. B.-G., « L’étrange théologie du cardinal Lustiger », Reconquête, no 207, avril 2004, p. 20.

    45Ibid., p. 21.

    46Ibid., p. 23.

    47Garrigues Jean-Miguel, « Les prérogatives inaliénables du peuple juif selon saint Thomas commentant saint Paul. À propos de La Promesse par le cardinal J.-M. Lustiger », Revue thomiste, janvier-mars 2003, p. 156-157. Faire appel à Garrigues est logique tant leurs positions sont proches, voir Garrigues Jean-Miguel, L’Unique Israël de Dieu. Approches chrétiennes du Mystère d’Israël, Paris, Criterion, 1987.

    48Paul André, « La Promesse entre judaïsme et christianisme », Catholica, no 82, hiver 2003-2004, p. 110.

    49Ibid., p. 114.

    50Lettre de J.-M. Garrigues à J.-M. Lustiger du 20 janvier 2004, Institut Lustiger.

    51Eisenberg Josy, Le Parisien Dimanche, 22 décembre 2002, p. 10.

    52Eisenberg Josy, « Laissez-nous vivre ! », Information juive, no 224, janvier 2003, p. 4.

    53Ibid., p. 5.

    54Arbez Alain René, « Après la lettre du rabbin au cardinal », Informations juives, no 225, février 2003, p. 29.

    55Dujardin Jean, op. cit., p. 255.

    56Vigée Claude, « Le courage du cardinal », France catholique, no 2857, 22 novembre 2002, p. 10.

    57Dujardin Jean, op. cit., p. 257.

    58« Fils d’Israël et frère du Messie, devenu prêtre et évêque », Arnaud Jean-Baptiste, « Le Messie d’Israël dans la prédication de Jean-Marie Lustiger », Revue théologique des Bernardins, hors-série, mars 2015, p. 127.

    59Baverel Philippe, « Mgr Lustiger rêve toujours d’une Église judéo-chrétienne », Le Parisien dimanche, 22 décembre 2002, p. 10.

    60Lustiger Jean-Marie, « La grâce des convertis », Paris-Notre-Dame, 11 août 1994, p. 6.

    61Ibid.

    62Dupuy B., « Le Christ ne fait ombrage à personne », L’Express, 5 décembre 2002, p. 100.

    63Vigée Claude, art. cité, p. 9.

    64Garrigues Jean-Miguel, art. cité, p. 145.

    65Israël Gérard, « La messianité de Jésus est au cœur de la divergence », L’Express, 5 décembre 2002, p. 95. Claude Vigée dit la même chose : « L’Église de Jean-Marie Lustiger, c’est celle de Jacques ! », Vigée Claude, art. cité, p. 10. Voir Delmaire Danielle, « La communauté catholique d’expression hébraïque en Israël », Revue d’histoire de la Shoah, no 192, janvier-juin 2010, p. 237-287.

    66Leclerc Gérard, « L’unique Israël de Dieu », La France catholique, no 2860, 13 décembre 2002, p. 14.

    67Poulat Émile, « La question juive et l’Église catholique », La Pensée, no 327, juillet-septembre 2001, p. 106. Au-delà du fait que la mère de Lustiger et Jean-Paul II sont nés dans des villages situés à moins de 30 km d’Auschwitz.

    68« Ce serait oublier qu’un catholique polonais suivit le même chemin, au même moment. Cet homme venu de l’Est, c’est Jean-Paul II », Rondeau Daniel, Journal de lectures (1999-2006), Paris, Éditions Transbordeurs, 2007, p. 386.

    69Duhamel Alain, « La Promesse de Jean-Marie Lustiger », Le Point, no 1578, 13 décembre 2002, p. 54.

    70Vernet Thierry, « Comment se transmet la Promesse ? », Paris Notre-Dame, 16 octobre 2014.

    71« Que signifie, dans le choc des cultures, la rencontre des chrétiens et des juifs ? », La Promesse, op. cit., p. 203-218.

    72Lustiger Jean-Marie, « L’œuvre assignée aux juifs et aux chrétiens », Le Monde, 28 octobre 2005.

    73Cukierman Roger, « Quarante années qui ont tout changé », Le Monde, 6 et 7 novembre 2005.

    74Sales Michel, « Préface », in Corps de l’Église, Paris, Parole et silence, 2010, p. 6.

    75Guggenheim Antoine, « Aron Jean-Marie cardinal Lustiger, “apôtre et prophète” (Eph. 3,5) », Nouvelle revue théologique, t. 130, no 1, janvier-mars 2008, p. 26-43.

    76Arnaud Jean-Baptiste, art. cité, p. 123.

    77Texte rédigé par Jean-Marie Lustiger pour la plaque commémorative de la cathédrale Notre Dame de Paris, juillet 2007.

    78Poulat Émile, op. cit., p. 107.

    79« La Promesse reste toujours à tenir, même si l’évolution du langage théologique à propos d’Israël est indéniable », Lefert Jérôme, « Au seuil d’un autre langage : La Promesse et la tradition juive », Revue théologique des Bernardins, op. cit., p. 81.

    Auteur

    • Frédéric Gugelot

      Université de Reims

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    Chrétiens de Chine

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    2016

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    Les espaces du catholicisme français contemporain

    Territoires et identités communautaires en tension

    Vincent Herbinet

    2021

    Fin du franco-judaïsme ?

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    Quelle place pour les Juifs dans une France multiculturelle ?

    Martine Cohen

    2022

    Conversions à l'islam

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    Unions et séparations

    Amélie Puzenat

    2015

    Relations islamo-chrétiennes en Méditerranée

    Relations islamo-chrétiennes en Méditerranée

    Entre dialogue et crispation

    Rémi Caucanas

    2015

    Quand le religieux fait conflit

    Quand le religieux fait conflit

    Désaccords, négociations ou arrangements

    Anne-Sophie Lamine (dir.)

    2014

    La droite catholique aux États-Unis

    La droite catholique aux États-Unis

    De la guerre froide aux années 2000

    Blandine Chelini-Pont

    2013

    L'appel du texte

    L'appel du texte

    Sociologie du savoir bibliste

    Pierre Lassave

    2011

    Corps et religions

    Corps et religions

    Panorama international

    Brigitte Feuillet-Liger et Aurélien Rissel (dir.)

    2021

    Des dieux et des fonctionnaires

    Des dieux et des fonctionnaires

    Religions et laïcités face au défi de la construction européenne

    Bérengère Massignon

    2007

    Pluralisme religieux et citoyenneté

    Pluralisme religieux et citoyenneté

    Micheline Milot, Philippe Portier et Jean-Paul Willaime (dir.)

    2010

    La modernité contre la religion ?

    La modernité contre la religion ?

    Pour une nouvelle approche de la laïcité

    Jacqueline Lagrée et Philippe Portier (dir.)

    2010

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    Frédéric Gugelot

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    Préface

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    1Baroukh Elie et Lemberg David, 5 000 ans d’humour juif. De Deauville à Jérusalem, Éditions générales FIRST, 1995, p. 57.

    2Fourcade Michel, « Le moment Lustiger », Nova et Vetera, no 3, juillet-septembre 2011, p. 267-296.

    3Tincq Henri, « Fils de l’ancienne et de la nouvelle alliance », Le Monde, 15 novembre 2002, p. vii.

    4Avec des réactions antisémites telle celle-ci : « Vraiment, ces juifs savent se placer ! » Gallifet Charles, « De la retraite du Bec-Hellouin à la rédaction de La Promesse », Revue théologique des Bernardins, horssérie, mars 2015, p. 39 ; Lustiger Jean-Marie, « Les juifs et nous chrétiens », Le Nouvel Observateur, 18 octobre 1980 ; Gallifet Charles, L’Alliance, Paris, Presses de la Renaissance, 2010, p. 13-19.

    5Lustiger Jean-Marie, Osez croire, osez vivre, Paris, Gallimard, 1986 (1983), p. 107.

    6Ibid., p. 101 et Lustiger Jean-Marie, Le Choix de Dieu, Paris, Éditions de Fallois, 1987, p. 13.

    7Gugelot Frédéric, « Un marranisme inversé ? La revendication de la judéité par les convertis au catholicisme », in Jacques Ehrenfreud et Jean-Philippe Schreiber (dir.), Les marranismes. De la religiosité cachée à la société ouverte, Paris, Demopolis, 2014, p. 213-228.

    8Potin Jean, La Croix, 11 avril 1981.

    9Tank Sébastien, Conversion au judaïsme et institutionnalité juive, thèse de doctorat, Paris, EHESS, 2003, p. 513.

    10Le Monde, 4 décembre 1987.

    11Voir la réaction du rabbin Daniel Farhi : « L’Église propose en exemple l’itinéraire d’une croyante qui, venant d’une religion qui a refusé le message de Jésus, trouve son accomplissement dans la foi chrétienne […]. Elle n’est pas morte en tant que martyre de la foi chrétienne mais en tant que juive. […] Ce n’est pas à l’Église d’interpréter la Shoah, surtout après tant de siècles de contentieux avec la communauté juive », La Croix, 13 octobre 1998.

    12Delpal Bernard, « Les croix d’Auschwitz : un contentieux renouvelé entre juifs et chrétiens », in Annette Becker, Danièle Delmaire et Frédéric Gugelot (dir.), Juifs et chrétiens : entre ignorance, hostilité et rapprochement (1898-1998), Lille, université Charles-de-Gaulle-Lille 3, 2002, p. 211-228.

    13Dujardin Jean, Mémorial Lustiger, 23 octobre 2013, p. 12.

    14Lustiger Jean-Marie, « Note du 14 mai 2003 », fonds Lustiger. Je remercie vivement Philippe Laborde et l’Institut Lustiger.

    15« On passe sans plus tarder à la réalisation » ; lettre de J. Duchesne à A. Chapelle, 4 février 2002, fonds Lustiger.

    16Institut J.-M. Lustiger : On Christians and Jews en 1998 et L’Alliance en 2010.

    17Tincq Henri, art. cité, p. vii.

    18Lustiger Jean-Marie, « Avertissement », in La Promesse, Paris, Parole et silence, 2002, p. 6-7.

    19Dujardin Jean, Sens, no 5, 2003, p. 251.

    20Fax du P. Chapelle pour le cardinal, 25 septembre 2002.

    21Mail de Mgr d’Ornellas à Anne Barral pour le cardinal du 27 septembre 2002, 15 h 08. Voir Ornellas Pierre d’(Mgr), « À la lumière du livre du cardinal Lustiger : La Promesse », Sens, juin 2004, p. 316-322.

    22Réponse d’A. Barral à Mgr d’Ornellas du 27 septembre 2002, 16 h 50.

    23Nombre de ventes pour l’édition française : 2002 : 19 700, 2003 : 2 200, 2004 : 300, 2005 : 300, 2006 : 800, 2007 : 1 500. Depuis 2008, entre 110 et 200/an. Soit au total ventes nettes : 26 000.

    24Bazin G., « La promesse », Convergences, journal paroissial de Saint-Honoré d’Eylau, no 53, mars 2003, p. 14.

    25Druon Maurice, « La mémoire et la foi », Le Figaro, 25 novembre 2002.

    26Lustiger Jean-Marie, « Le mystère d’Israël », Le Nouvel Observateur, 14-20 novembre 2002, p. 118-119.

    27Courriel de F. Leclercq, L’Express, no 2691.

    28Makarian Christian, « Juifs et chrétiens. Pourquoi Lustiger dérange », L’Express, 5 décembre 2002, p. 88.

    29Ibid., p. 88.

    30Motte Dominique de la, « La Promesse », Amitiés, no 38, juin 2003, p. 11. Le chapitre ix de La Promesse est intitulé : « Jésus crucifié, Messie d’Israël : salut pour tous ».

    31Leclerc Gérard, « L’unique Israël de Dieu », Le Figaro, 9 décembre 2002.

    32Pelletier Anne-Marie, « Sur le temps de “l’accomplissement” », Revue théologique des Bernardins (hors-série, mars 2015), p. 98. Laetitia Calmeyn parle « d’interprétations quelque peu originales, voire très audacieuses, de l’auteur », Calmeyn Laetitia, « La Promesse, de génération en génération », Revue théologique des Bernardins (hors-série, mars 2015), p. 21.

    33Dujardin Jean, op. cit., p. 253. Une centaine d’occurrences selon Pelletier Anne-Marie, art. cité, p. 92.

    34Vernet Thierry, « La place de la Shoah dans la pensée du cardinal Lustiger », Revue théologique des Bernardins, hors-série, mars 2015, p. 160.

    35Trimbur Dominique, « Faire de la théologie après Auschwitz ( ?) », in Dominique Avon et Michel Fourcade (dir.), Un nouvel âge de la théologie ? 1965-1980, Paris, Karthala, 2009, p. 317-333.

    36Conférence de Sao Paolo, 1985, inLustiger Jean-Marie, L’Alliance, op. cit., p. 90.

    37Lustiger Jean-Marie, La Promesse, op. cit., p. 10.

    38« Si une théologie chrétienne ne peut pas inscrire dans sa vision de la rédemption, du mystère de la croix, qu’Auschwitz aussi fait partie de la souffrance du Christ, alors on est en pleine absurdité », ibid., p. 72.

    39Calmeyn Laetitia, art. cité, p. 24.

    40Pelletier Anne-Marie, art. cité, p. 101.

    41Dumons Bruno et Gugelot Frédéric (dir.), Catholicisme et identité, Paris, Karthala, 2017.

    42Alexandre Philippe, « Pourquoi une telle polémique ? », L’Homme nouveau, no 1295, 2 février 2003, p. 10.

    43Lustiger Jean-Marie, La Promesse, op. cit., p. 75.

    44A. B.-G., « L’étrange théologie du cardinal Lustiger », Reconquête, no 207, avril 2004, p. 20.

    45Ibid., p. 21.

    46Ibid., p. 23.

    47Garrigues Jean-Miguel, « Les prérogatives inaliénables du peuple juif selon saint Thomas commentant saint Paul. À propos de La Promesse par le cardinal J.-M. Lustiger », Revue thomiste, janvier-mars 2003, p. 156-157. Faire appel à Garrigues est logique tant leurs positions sont proches, voir Garrigues Jean-Miguel, L’Unique Israël de Dieu. Approches chrétiennes du Mystère d’Israël, Paris, Criterion, 1987.

    48Paul André, « La Promesse entre judaïsme et christianisme », Catholica, no 82, hiver 2003-2004, p. 110.

    49Ibid., p. 114.

    50Lettre de J.-M. Garrigues à J.-M. Lustiger du 20 janvier 2004, Institut Lustiger.

    51Eisenberg Josy, Le Parisien Dimanche, 22 décembre 2002, p. 10.

    52Eisenberg Josy, « Laissez-nous vivre ! », Information juive, no 224, janvier 2003, p. 4.

    53Ibid., p. 5.

    54Arbez Alain René, « Après la lettre du rabbin au cardinal », Informations juives, no 225, février 2003, p. 29.

    55Dujardin Jean, op. cit., p. 255.

    56Vigée Claude, « Le courage du cardinal », France catholique, no 2857, 22 novembre 2002, p. 10.

    57Dujardin Jean, op. cit., p. 257.

    58« Fils d’Israël et frère du Messie, devenu prêtre et évêque », Arnaud Jean-Baptiste, « Le Messie d’Israël dans la prédication de Jean-Marie Lustiger », Revue théologique des Bernardins, hors-série, mars 2015, p. 127.

    59Baverel Philippe, « Mgr Lustiger rêve toujours d’une Église judéo-chrétienne », Le Parisien dimanche, 22 décembre 2002, p. 10.

    60Lustiger Jean-Marie, « La grâce des convertis », Paris-Notre-Dame, 11 août 1994, p. 6.

    61Ibid.

    62Dupuy B., « Le Christ ne fait ombrage à personne », L’Express, 5 décembre 2002, p. 100.

    63Vigée Claude, art. cité, p. 9.

    64Garrigues Jean-Miguel, art. cité, p. 145.

    65Israël Gérard, « La messianité de Jésus est au cœur de la divergence », L’Express, 5 décembre 2002, p. 95. Claude Vigée dit la même chose : « L’Église de Jean-Marie Lustiger, c’est celle de Jacques ! », Vigée Claude, art. cité, p. 10. Voir Delmaire Danielle, « La communauté catholique d’expression hébraïque en Israël », Revue d’histoire de la Shoah, no 192, janvier-juin 2010, p. 237-287.

    66Leclerc Gérard, « L’unique Israël de Dieu », La France catholique, no 2860, 13 décembre 2002, p. 14.

    67Poulat Émile, « La question juive et l’Église catholique », La Pensée, no 327, juillet-septembre 2001, p. 106. Au-delà du fait que la mère de Lustiger et Jean-Paul II sont nés dans des villages situés à moins de 30 km d’Auschwitz.

    68« Ce serait oublier qu’un catholique polonais suivit le même chemin, au même moment. Cet homme venu de l’Est, c’est Jean-Paul II », Rondeau Daniel, Journal de lectures (1999-2006), Paris, Éditions Transbordeurs, 2007, p. 386.

    69Duhamel Alain, « La Promesse de Jean-Marie Lustiger », Le Point, no 1578, 13 décembre 2002, p. 54.

    70Vernet Thierry, « Comment se transmet la Promesse ? », Paris Notre-Dame, 16 octobre 2014.

    71« Que signifie, dans le choc des cultures, la rencontre des chrétiens et des juifs ? », La Promesse, op. cit., p. 203-218.

    72Lustiger Jean-Marie, « L’œuvre assignée aux juifs et aux chrétiens », Le Monde, 28 octobre 2005.

    73Cukierman Roger, « Quarante années qui ont tout changé », Le Monde, 6 et 7 novembre 2005.

    74Sales Michel, « Préface », in Corps de l’Église, Paris, Parole et silence, 2010, p. 6.

    75Guggenheim Antoine, « Aron Jean-Marie cardinal Lustiger, “apôtre et prophète” (Eph. 3,5) », Nouvelle revue théologique, t. 130, no 1, janvier-mars 2008, p. 26-43.

    76Arnaud Jean-Baptiste, art. cité, p. 123.

    77Texte rédigé par Jean-Marie Lustiger pour la plaque commémorative de la cathédrale Notre Dame de Paris, juillet 2007.

    78Poulat Émile, op. cit., p. 107.

    79« La Promesse reste toujours à tenir, même si l’évolution du langage théologique à propos d’Israël est indéniable », Lefert Jérôme, « Au seuil d’un autre langage : La Promesse et la tradition juive », Revue théologique des Bernardins, op. cit., p. 81.

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