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    Plan détaillé Texte intégral ◆ La succession au siège archiépiscopal de Paris (1929-2005) ◆ Ad intra : l’archevêque de Paris, son diocèse et l’Église ◆ Ad extra : l’archevêque de Paris « dans le monde de ce temps » ◆ Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Jean-Marie Lustiger

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    De Verdier à Lustiger : les archevêques de Paris

    Xavier Boniface

    p. 97-108

    Texte intégral ◆ La succession au siège archiépiscopal de Paris (1929-2005) Un portrait collectif des archevêques de Paris Le cardinal Lustiger et ses prédécesseurs L’archevêque au regard de la mémoire et de l’histoire ◆ Ad intra : l’archevêque de Paris, son diocèse et l’Église L’archevêque et son Église diocésaine L’archevêque et l’Église de France L’archevêque et l’Église universelle ◆ Ad extra : l’archevêque de Paris « dans le monde de ce temps » L’archevêque et les pouvoirs publics L’archevêque et les médias L’archevêque et la société civile ◆ Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1« Nous sommes les continuateurs d’une longue histoire », affirme Mgr Lustiger en 1981 à ses prêtres, en faisant référence à « tout ce qui a été espéré, entrepris, accompli » depuis le cardinal Verdier, que les clercs les plus âgés ont connu. Ces réalités restent « présentes actuellement dans les choix et […] dans l’expérience humaine qui sont les nôtres », selon Mgr Lustiger, qui se pose pleinement ainsi comme archevêque de Paris. Pour mettre en perspective l’esprit, l’œuvre et la portée de son épiscopat parisien, il convient donc de le comparer avec celui de ses prédécesseurs les plus proches, ceux dont il a été le contemporain. Il paraît ainsi judicieux de remonter, comme lui, jusqu’au cardinal Verdier, nommé au temps de la nonciature de Mgr Maglione (1926-1936), qui a contribué à un large et durable renouvellement des responsables de l’Église en France après la crise d’Action française. Bien sûr, de tels rapprochements, s’ils peuvent s’avérer éclairants dans leur profondeur historique, doivent néanmoins tenir compte de la conjoncture propre à chaque épiscopat. Ils invitent néanmoins à se demander si le cardinal Lustiger, en tant qu’archevêque de Paris, s’inscrit dans la continuité – au moins relative – de ses prédécesseurs, ou bien s’il s’en distingue fondamentalement par ses orientations pastorales et théologiques, par sa manière de gouverner ou par ses relations avec ses diocésains, son clergé et les autres évêques. C’est donc le ministère, la charge et la fonction d’un archevêque de Paris au xxe siècle qu’il s’agit d’examiner1.

    ◆ La succession au siège archiépiscopal de Paris (1929-2005)

    Un portrait collectif des archevêques de Paris

    2En trois quarts de siècle (1929-2005), six archevêques – les cardinaux Verdier, Suhard, Feltin, Veuillot, Marty et Lustiger – se sont succédé à Paris2. Au-delà de leurs personnalités, on peut tenter d’esquisser, sinon un profil, du moins une typologie de ces prélats. Pour trois d’entre eux, Paris est leur troisième siège épiscopal (quatrième pour Feltin), et leur nomination intervient alors qu’ils sont évêques depuis au moins 12 ans (22 pour Feltin). En revanche, pour Mgr Veuillot et Mgr Lustiger, une seule expérience diocésaine de courte durée (deux ans), à Angers et Orléans, a précédé l’arrivée à Paris – mais Mgr Veuillot a d’abord été coadjuteur pendant cinq ans. Quant à Verdier, il n’avait jamais été évêque auparavant. Les transferts de Mgr Suhard et de Mgr Marty, venus tous deux de Reims, font suite au décès assez subit du titulaire.

    3L’épiscopat parisien arrive au terme de leur parcours ecclésiastique, d’où des nominations autour de 65 ans, sauf pour Mgr Veuillot et Mgr Lustiger, promus vers 55 ans. La durée de l’épiscopat à Paris tend à s’allonger : une décennie pour Verdier et Suhard, une quinzaine d’années pour Feltin et Marty, et près d’un quart de siècle pour Lustiger. Toutefois, si cet allongement permet de mettre en œuvre des orientations et d’imprimer sa marque, il n’est pas une condition nécessaire pour lancer des initiatives. Resté neuf ans en fonction seulement, Mgr Suhard a pourtant stimulé un profond renouveau pastoral.

    4La moitié des cardinaux connaissaient peu la capitale avant leur arrivée, sauf Mgr Verdier, déjà membre du conseil de vigilance du diocèse, Mgr Veuillot et surtout Mgr Lustiger, qui étaient des prêtres parisiens. Ce sont en majorité, sauf les deux derniers, des provinciaux, et même des ruraux. En cela, ils ressemblent à une partie de leurs diocésains, qui ne sont pas natifs de la capitale. Ces hommes n’ont pas toujours une grande expérience d’apostolat de terrain : ils ont été longtemps professeurs de séminaires (Verdier et Suhard, voire Veuillot) ou ont exercé des fonctions curiales (Veuillot). Seuls ont été curés de paroisse Feltin et Marty, à la campagne, et Lustiger, en ville. Les mêmes se sont également occupés de jeunes, à travers aumôneries ou mouvements d’Action catholique.

    Le cardinal Lustiger et ses prédécesseurs

    5Le cardinal Lustiger a évoqué à plusieurs reprises ses prédécesseurs, à l’occasion d’interviews ou d’anniversaires. Mais au-delà de propos de circonstance leur témoignant de son respect, il affirme aussi ses affinités. Il précise d’ailleurs que « ce ne sont pas les hommes qui sont importants, mais ce qu’ils ont représenté comme point de cristallisation des choix de l’Église3 ».

    6De Mgr Verdier, il retient surtout les « chantiers du cardinal », soulignant son intuition de répondre aux besoins religieux d’une population en expansion, notamment en banlieue. Mais c’est finalement plus l’œuvre que l’homme que met en avant Mgr Lustiger, qui assume aussi cet héritage en bâtissant des églises. C’est pour lui « un devoir impérieux – auquel, comme successeur du cardinal Verdier, [il] ne [peut se] dérober – d’appeler à l’aide pour le très grand projet urbain de la Plaine Saint-Denis4 ».

    7Il se montre plus disert sur le cardinal Suhard, « homme d’une profondeur théologique et spirituelle évidente », qu’il a connu lorsqu’il était séminariste, et dont les lettres pastorales « étaient d’avance accordées à Vatican II5 ». En mai 1999, il s’est rendu en pèlerinage dans son village natal de Brains-sur-les-Marches, comprenant mieux ainsi la découverte, par son prédécesseur, de la déchristianisation alors qu’il venait d’un pays de chrétienté. Il voit en lui « un passeur du sens de Dieu » qui a eu « la perspicacité » d’« identifier la plupart des problèmes de notre temps […] au moment où ils commençaient à poindre », mais qui n’a « pas pris sur lui la responsabilité des moyens. Il s’est contenté de faire confiance à des gens ». En même temps, Suhard « était plus sensible à l’évolution sociale qu’à la dimension politique6 ». Le cardinal Lustiger n’a pas éludé la question de son éviction par De Gaulle au Te Deum du 26 août 1944. Lors du 40e anniversaire de la Libération, il écrit que la guerre

    « fut un drame entre Français. Ce fut aussi un drame pour les chrétiens divisés. Ce fut au plus haut point un drame de conscience pour l’épiscopat français. Et nul n’en porta plus douloureusement le poids que […] le cardinal Suhard7 ».

    8Pour « attester que l’Église ne [fuit] pas » devant la commémoration de la Libération de Paris, Mgr Lustiger obtient la création en 2002 d’une messe de fondation à cette intention.

    9Sur Feltin, il s’exprime peu, hormis pour rappeler qu’il est « d’abord pour [lui] l’archevêque qui [l’a] appelé au sacerdoce ». « Sa foi profonde et sereine, son courage lucide, son sens des personnes » ont continué ensuite « de baliser le chemin » de Mgr Lustiger en tant que « berger » du même « peuple de Paris8 ». Sans doute ces propos limités s’expliquent-ils par le fait que le jeune prêtre a eu peu à faire avec son archevêque, dont l’épiscopat n’a pas eu, au moins dans la mémoire collective catholique, des aspects particulièrement saillants.

    10En revanche, une grande proximité unissait l’abbé Lustiger à Mgr Veuillot, qu’il connaissait depuis 1942. Celui-ci était alors son professeur de philosophie et son directeur spirituel au petit séminaire de Conflans. Mgr Lustiger a gardé de lui un souvenir profond. Sa dernière entrevue avec lui l’a tellement bouleversé qu’il ne s’est rappelé ensuite que de sa tonalité et non du contenu. Il a rappelé plusieurs fois la « relation très confiante de respect et d’amitié » qui les unissait : « Spirituellement, il est l’un des hommes envers qui j’ai un devoir filial de respect et d’amour9. » Sa mort prématurée l’a beaucoup affecté : elle a été pour lui « une énigme et une déconcertante contradiction au lendemain du concile ». Mgr Lustiger a voulu y voir néanmoins comme un accomplissement : « Cette indissoluble connexion du Christ et de l’Église » vécue par Mgr Veuillot s’est « achevée dans la manière dont Dieu lui a demandé d’avoir part à la Passion du Christ pour accomplir son service d’Église10 ». Par ailleurs, Mgr Lustiger a associé à plusieurs reprises la mémoire de Mgr Robert Frossard (1909-1988), auxiliaire de Paris à partir de 1966, à celle du cardinal défunt.

    11Les relations avec le cardinal Marty sont plus complexes. Si Mgr Lustiger lui rend publiquement hommage plusieurs fois, il ne le suit pas dans sa pastorale réformiste et écarte ses collaborateurs les plus proches. Lors de sa nomination à Paris, il affirme néanmoins que son prédécesseur

    « a été pour moi un père et je dois dire un ami. On se comprend très bien avec le cardinal Marty et je crois qu’on se comprend d’autant mieux qu’on ne se dit pas grand-chose […]. J’ai été frappé toujours de la confiance qu’il me faisait. Et moi de mon côté j’ai toujours admiré sa solidité dans la période […] difficile qu’il a traversée pour l’Église11 ».

    12En 1991, Mgr Lustiger confie aussi que « retrouver à Paris le cardinal Marty, pour lui succéder, fut pour [lui] une épreuve : celle des fils lorsque leur père leur met la main à la charrue12 ». Il salue donc l’homme et le pasteur plus que ses orientations ; il s’inscrit ainsi dans une continuité et une mémoire.

    L’archevêque au regard de la mémoire et de l’histoire

    13Que reste-t-il des archevêques dans la mémoire collective et dans celle des catholiques ? On peut le mesurer à travers quelques exemples. Paris garde, par le biais de noms d’artères, le souvenir des cardinaux Verdier (square) et Lustiger (Petit pont). Est-ce à dire que les autres ont moins marqué les Parisiens ? Certains archevêques ont néanmoins des rues à leur nom ailleurs que dans la capitale, dans leurs communes de naissance ou dans les villes par lesquelles ils sont passés. Il existe à Millau un boulevard et à Montpellier une place cardinal Marty. Le cardinal Verdier a sa statue dans son village natal, à Lacroix-Barrez (Aveyron), et une rue à Alger. Des rejeux de mémoire peuvent se produire aussi. Si l’opinion retient surtout du cardinal Suhard l’absoute donnée à Philippe Henriot et son exclusion du Te Deum de la Libération, les catholiques se souviennent davantage de ses engagements missionnaires13. Son archiépiscopat parisien a parfois suscité dans la capitale un retentissement critique à l’égard de ses positions politiques, mais il n’en a pas été de même ailleurs. Laval, où il a été professeur de séminaire, et Reims, où il a été l’archevêque, ont chacune donné son nom à une rue – à Laval, c’est celle de l’évêché. À Renazé (Mayenne), la paroisse s’appelle même « Sainte Thérèse et cardinal Suhard ». Quant à Bordeaux, elle a sa rue du cardinal Feltin.

    14La place de ces archevêques dans l’histoire religieuse de la France contemporaine peut être évaluée à travers le recensement des biographies dont ils ont fait l’objet : huit pour Lustiger – dont plusieurs revues et ouvrages collectifs, parfois issus de colloques –, six pour Marty, trois pour Suhard et Verdier. Feltin n’a pas encore eu son biographe, malgré son long épiscopat. Toutefois, ce dénombrement a aussi ses limites, puisque des cardinaux peuvent être mentionnés dans des ouvrages plus généraux, évoquant leurs engagements, comme Verdier dans les travaux sur les églises du xxe siècle, ou Suhard dans ceux portant sur l’histoire du renouveau missionnaire des années 1940. Cette historiographie témoigne aussi à sa manière du rôle des archevêques ad intra.

    ◆ Ad intra : l’archevêque de Paris, son diocèse et l’Église

    L’archevêque et son Église diocésaine

    15Les trois fonctions d’un évêque, selon Lumen gentium, sont l’enseignement, la sanctification des fidèles et le gouvernement. Le cardinal Lustiger a expliqué quelle était la part de ces différentes fonctions dans l’exercice de son épiscopat, lui qui a été, selon la formule de sœur Jacqueline d’Ussel, « bâtisseur de l’Église de Paris, porteur d’une vision d’ensemble de sa mission épiscopale14 ».

    16Les archevêques successifs ont des préoccupations finalement récurrentes. La première est de répondre aux besoins religieux de leurs diocésains, ce qui les amène à ériger de nouvelles paroisses et à bâtir des églises. C’était déjà le cas au xixe siècle, mais la croissante très forte de la population, notamment dans la proche banlieue, augmente les besoins, d’où l’œuvre des Chantiers du cardinal, créée en 1931 et poursuivie jusqu’à nos jours. En revanche, les conceptions diffèrent en matière paroissiale. Mgr Feltin et Mgr Veuillot touchent peu à cette organisation territoriale. En revanche, le cardinal Marty confie à certaines d’entre elles des responsabilités spécifiques, en fonction de leurs sensibilités culturelles. En 1975, Saint-Merri anime un « centre pastoral des Halles-Beaubourg ». Saint-Leu-Saint-Gilles s’occupe des gens de la rue. Le cardinal Lustiger en revient à une conception plus classique de la paroisse en insistant sur sa proximité avec le peuple15.

    17En parallèle, ce sont le recrutement et la formation du clergé qui préoccupent les archevêques. Il faut des prêtres pour encadrer les nouvelles paroisses. On connaît la formule du cardinal Marty en 1978 : « J’embauche ! » Le cardinal Verdier, sulpicien, ancien supérieur de séminaire, le cardinal Suhard, longtemps professeur de séminaire, mais aussi tous leurs successeurs ont privilégié une pastorale des vocations. Il s’agissait en même temps d’améliorer la formation des futurs prêtres. Verdier a voulu que davantage d’entre eux aient accès à un enseignement universitaire, notamment à l’Institut catholique. On sait les réalisations du cardinal Lustiger en la matière, avec la maison Saint-Augustin et le studium puis faculté Notre-Dame. Cette priorité n’exclut pas le fait que les archevêques, absorbés par de multiples charges à la tête de leur immense diocèse, rencontrent directement assez peu leurs très nombreux prêtres (quelque 1 200 jusque dans les années 1960). Mgr Feltin – c’est sans doute aussi le cas de ses prédécesseurs – n’entretient que des « rapports solennels et lointains » avec son clergé, qui se limitent pour l’essentiel à sa conférence lors des retraites pastorales, aux vœux du Nouvel An et au synode diocésain décennal, réuni jusqu’en 195616. En revanche, le cardinal Marty tient à rencontrer chaque séminariste deux fois par an – il est vrai qu’ils ne sont plus que quelques dizaines dans les années 1970.

    18L’importance de la mission, à replacer dans son contexte historique et pastoral, est une autre priorité des archevêques qui prennent conscience de la déchristianisation. Le nom du cardinal Suhard se détache à cet égard, avec les missions de France (1941) et de Paris (1943) ou sa lettre pastorale Essor ou déclin de l’Église (1947). Mgr Verdier contribue à promouvoir la jeune Action catholique naissante, à laquelle Mgr Feltin et Mgr Marty sont également attachés. Quant à Mgr Lustiger, témoin de la crise des mouvements dans les années 1950-1960, il prend ses distances avec cette forme d’apostolat. Il accompagne ou soutient d’autres initiatives pastorales s’inscrivant dans la « nouvelle évangélisation », comme les Journées mondiales de la jeunesse.

    19On pourrait ajouter à ces éléments de gouvernement le souci temporel de l’équilibre financier, peut-être plus fragile avant la création des nouveaux diocèses, même s’il y a ensuite des formes de péréquation avec ces derniers.

    L’archevêque et l’Église de France

    20L’archevêque de Paris occupe une place éminente dans l’Église de France, car son diocèse, le plus important par la taille, est aussi celui de la capitale. En outre, son titulaire reçoit la dignité cardinalice. Sa position tient à la fois du registre institutionnel, symbolique et personnel.

    21Son archidiocèse a néanmoins un périmètre qui est restreint aux limites de la capitale à partir de 1966, avec l’érection des nouveaux diocèses de Créteil, Saint-Denis et Nanterre sur les territoires des doyennés parisiens de banlieue. Cette réforme initiée par le cardinal Feltin et Mgr Veuillot, et qui fait suite à la création de nouveaux départements, est justifiée, du point de vue pastoral, par la forte urbanisation et l’augmentation de la population. Le cardinal Feltin a expliqué par la suite que cette division a permis « à l’évêque d’être plus près de ses prêtres et des laïcs. Moi, j’avais toujours à courir en banlieue et j’en oubliais quelquefois les arrondissements de Paris17 ». Ces nouveaux diocèses, ainsi que quatre autres constitués à partir de celui de Versailles, forment, avec celui de la capitale, la zone apostolique de Paris. Cela signifie que l’archevêque doit collaborer avec ses voisins immédiats, dans un contexte ecclésial conciliaire promouvant la collégialité épiscopale. Des structures rapprochent les diocèses, à l’image du Service interdiocésain des travailleurs immigrés institué dès 1964 à l’initiative des abbés Pézeril et Mossand.

    22Au siège métropolitain de Paris s’ajoutent, pour son titulaire, d’autres charges connexes. Il est chancelier de l’Institut catholique depuis sa fondation en 1875. Il est aussi depuis 1954 ordinaire des catholiques de rite oriental résidant en France et n’ayant pas leur propre évêque (les Arméniens, les Maronites et les Ukrainiens ne sont pas concernés) : cette responsabilité est déléguée à un vicaire général. Les cardinaux Verdier, Suhard et Feltin ont également été vicaires aux armées, de manière exceptionnelle pour les deux premiers (1939-1940 puis 1944-1949) et de façon pérenne pour le second (à partir de 1949), même s’ils se sont parfois déchargés de cette fonction sur un évêque auxiliaire (Mgr Audrain en 1939-1940, Mgr Badré de 1964 à 1967). Le vicariat a pris son autonomie lorsque Mgr Veuillot a voulu en être déchargé. L’archevêque de Paris est également le métropolitain de la province ecclésiastique de Paris. Le cardinal Suhard a par ailleurs été prélat de la mission de France, qu’il a contribué à fonder, mais cette fonction ne dépend pas canoniquement de l’archevêque de Paris. Mgr Feltin préfère d’ailleurs la laisser à un autre évêque résidentiel, en l’occurrence le cardinal Liénart. Il préside en revanche Pax Christi, ce qui n’est pas sans contradiction avec sa mission de vicaire aux armées. En l’absence d’instances ecclésiales nationales, plusieurs responsables de services ou de mouvements d’Église sont aussi rattachés canoniquement au siège archiépiscopal de Paris avant Vatican II : dépendent de lui plusieurs évêques auxiliaires spécifiques, comme Mgr Courbe, secrétaire général de l’Action catholique (1943), ou Mgr Villot, secrétaire général de l’épiscopat français (1954).

    23L’Église de France – ou plutôt l’épiscopat français – s’est progressivement constituée au cours du siècle. Les archevêques de Paris sont membres de droit de l’Assemblée des cardinaux et archevêques, instituée en 1919. En 1964 est créée la conférence épiscopale de France, dont le cardinal Marty assure la présidence de 1969 à 1975. Il faudra attendre 2007 pour qu’un archevêque de Paris retrouve cette charge, à laquelle le cardinal Lustiger n’a pas été élu, faute de majorité pour le soutenir – il n’en a pas non plus été vice-président.

    24L’influence de l’archevêque de Paris sur l’Église de France s’estime enfin à travers les nominations d’évêques auxquelles il a pu contribuer, à commencer par ses auxiliaires, mais aussi d’autres prélats issus du clergé de la capitale, choisis souvent parmi ses proches collaborateurs. De 1959 à 2008, trente prêtres parisiens ont accédé à l’épiscopat. Le fait que l’archevêque soit consécrateur peut signifier une proximité avec les nouveaux promus : Mgr Lustiger l’a été 23 fois, Mgr Feltin 20 fois – mais sur 40 ans d’épiscopat – et Mgr Marty 10 fois18.

    L’archevêque et l’Église universelle

    25Le siège archiépiscopal de Paris étant cardinalice, son titulaire occupe une place éminente dans la catholicité : son rôle et son ministère ne se limitent pas à son seul diocèse. Très vite, les archevêques se sont ouverts à une dimension internationale. Plusieurs d’entre eux ont été désignés comme légats du pape. Mgr Verdier se rend ainsi au congrès des catholiques de Tchécoslovaquie en 1935, puis à l’inauguration de la basilique de Dakar en 1936. Le développement des transports favorise les déplacements et les échanges. À l’inverse, la guerre et ses suites ne permettent pas au cardinal Suhard de se tourner vers des champs d’action internationaux. Mgr Feltin se rend en Allemagne pour des tournées de confirmation, puis en Algérie, mais il effectue ces déplacements en tant que vicaire aux armées. Au cours de son épiscopat parisien, Mgr Lustiger effectue 112 voyages à l’étranger, dont les trois quarts en Europe (Italie, Allemagne et Pologne surtout), sans compter les réunions à Rome19.

    26L’universalité passe d’abord et surtout par Rome. Or, par leur formation et leur parcours, les archevêques parisiens sont peu romains, à l’exception de Mgr Suhard, ancien élève du séminaire français (1896-1899), et de Mgr Veuillot, qui a travaillé à la secrétairerie d’État dans les années 1950. Néanmoins, le label romain n’est peutêtre pas toujours bien perçu dans les années 1950-1960 lorsqu’accède à l’épiscopat une génération de prêtres formés à l’époque où le séminaire de Santa Chiara était dirigé par Henri Le Floch, très lié à l’Action française. Tous les prélats de 1929 à 1981 sont suffisamment proches, connus ou appréciés de la curie pour être promus à Paris.

    27Mgrs Feltin, Veuillot et Marty participent au concile Vatican II. En tant que cardinaux, plusieurs archevêques prennent aussi part à des conclaves (un pour Verdier et Lustiger, deux pour Feltin et Marty). Ils rencontrent régulièrement le pape, non seulement dans le cadre formel des visites ad limina, mais aussi dans diverses réunions ou médiations. Ils siègent dans plusieurs congrégations et conseils au Vatican et participent aux consistoires convoqués par le pape. Les liens sont également personnels. Verdier est sacré par Pie XI lui-même, dans la chapelle Sixtine. Mgr Feltin a connu le futur Jean XXIII lors de sa nonciature parisienne, mais leurs relations ont parfois été tendues, notamment lors de la condamnation des prêtres-ouvriers. L’archevêque a également fait partie de la délégation de cardinaux français qui a rencontré Pie XII sur ce dossier. Proche de Paul VI, Mgr Marty a collaboré avec les futurs Jean-Paul Ier et Jean-Paul II lors de synodes à Rome dans les années 1970. Quant à Mgr Lustiger, c’est une véritable amitié qui le lie à Jean-Paul II.

    28À Paris, l’archevêque est enfin un interlocuteur privilégié du nonce apostolique, mais davantage pour les affaires de France que pour celles de Rome. Ce fut en revanche moins fréquemment le cas pour le cardinal Suhard pendant la guerre, puisque Mgr Valerio Valeri se trouvait à l’époque à Vichy. Mais à Paris, l’archevêque est aussi en contact avec le monde, ad extra.

    ◆ Ad extra : l’archevêque de Paris « dans le monde de ce temps »

    L’archevêque et les pouvoirs publics

    29La proximité du siège archiépiscopal de Paris avec le gouvernement amène son titulaire à établir des relations, au moins officieuses sinon toujours officielles, avec les représentants des pouvoirs publics, malgré la séparation des Églises et de l’État. Ces rapports traduisent l’apaisement entre le religieux et le politique à partir des années 1930. L’anticléricalisme officiel perd de son intensité après la Grande Guerre, tandis que l’Église se rallie définitivement à la République, à la suite de la condamnation pontificale de l’Action française en 1926 puis avec la participation des démocrates-chrétiens aux affaires après 1945. Le fait que la droite soit au pouvoir de 1958 à 1981 favorise sans doute aussi les relations avec l’Église. Les archevêques font en outre preuve de modération politique et défendent la ligne de l’apaisement en temps de crise. Dans son « appel de Montmartre » du 7 juin 1936, en plein Front populaire, le cardinal Verdier invite à « la paix sociale […] et à sacrifier nos rancœurs, nos préférences politiques ou sociales, et dans une certaine mesure nos intérêts eux-mêmes20 ». En mai 1968, Mgr Marty rencontre les étudiants puis, à leur demande, les CRS blessés dans les affrontements.

    30Les archevêques entretiennent parfois des rapports de proximité avec les chefs de l’État. Malgré son soutien passé à Vichy, le cardinal Feltin noue des relations cordiales avec de Gaulle. Selon Le Nouvel Observateur, des « affinités certaines » rapprochent Mgr Veuillot et le général21. Plus amicales sont les accointances entre Mgr Marty et le président Pompidou, originaire d’un Cantal dont le premier avait été l’évêque. Les deux hommes se retrouvent sept fois en tête à tête. Mgr Lustiger, qui se définit comme « l’évêque de l’Élysée », rencontre à plusieurs reprises François Mitterrand président de la République22. Les autres élus ne sont pas oubliés. Mgr Feltin institue en 1949 à Sainte-Clotilde une messe de rentrée des assemblées parlementaires, en remerciement, semble-t-il, du soutien du MRP pour son transfert à Paris. Il admet que « le pluralisme politique des chrétiens est dans l’ordre des choses » et reconnaît prudemment l’importance des partis politiques dans la recherche du bien commun, contre le discours traditionnel appelant à surmonter les divisions partisanes23. Un « groupe de spiritualité des assemblées parlementaires », auquel s’intéressent les archevêques, se constitue également sous la IVe République. Peu après son départ en retraite, le cardinal Marty l’accompagne en pèlerinage à Rome24. Puis Mgr Lustiger crée en 1995 avec l’abbé Maillard de la Morandais un secrétariat pastoral d’études politiques.

    31Les pouvoirs publics sont eux-mêmes à l’initiative de rencontres, de signes d’ouverture ou de gestes honorifiques. L’archevêque est invité aux vœux présidentiels ainsi qu’au défilé du 14 juillet dans une tribune officielle, sans doute en héritage du vicariat aux armées. Mais le cardinal Marty et ses successeurs s’abstiennent de s’y rendre pour ne pas cautionner les ventes ou l’usage des armes.

    32La modération n’exclut pas des oppositions clairement exprimées contre certaines mesures législatives ou décisions politiques. En 1973, avec la conférence épiscopale, Mgr Marty critique le commerce des armes auquel se livre la France. Deux jours après la promulgation de la loi Veil (1975), il déclare à la télévision que « l’avortement est objectivement un mal25 ». Le cardinal Lustiger participe à la manifestation du 26 juin 1984 contre le projet de service public unifié et laïque d’enseignement. Plus symboliquement, il s’abstient en 1989 d’assister au transfert des cendres de l’abbé Grégoire au Panthéon pour ne pas cautionner un prêtre qui n’avait pas abjuré son serment à la constitution civile du clergé.

    L’archevêque et les médias

    33Les archevêques de Paris utilisent largement les media, qu’ils soient confessionnels ou pas, pour faire connaître des orientations pastorales et contribuer à l’évangélisation. À l’ère de la communication de masse, ils comprennent l’importance de ces moyens modernes, auxquels ils s’adaptent. Mais il y a aussi l’intérêt des journalistes pour des personnalités d’Église qui acceptent de se prêter au jeu des interviews. Certains prélats manifestent parfois un sens de la communication, comme Mgr Marty qui sait à l’occasion accentuer devant les micros son accent du Rouergue. Il est aussi l’un des premiers évêques à disposer d’un attaché de presse dans les années 197026.

    34La presse écrite reste un vecteur privilégié de communication, à commencer par celle qui est interne à l’institution, comme la Semaine religieuse de Paris, devenue Présence et dialogue, un bulletin commun aux huit diocèses de la région parisienne (1969-1985). En novembre 1983 Paris Notre-Dame voit le jour dans la capitale. La presse généraliste n’est pas ignorée des archevêques : Mgr Marty s’exprime aussi bien dans Le Monde et Le Figaro que dans une presse catholique qui reste indépendante de l’archevêché, comme en témoigne la liberté d’expression de La Vie, Le Pèlerin ou La Croix.

    35Le cardinal Verdier est le premier archevêque à parler à la TSF – pour présenter ses chantiers ou, comme en 1937, appeler les fidèles à participer à un emprunt –, après que le père Lhande a expérimenté les prédications radiophoniques dès les années 1920. L’archevêque préside d’ailleurs en mars 1936 une cérémonie consacrant Notre-Dame de Bonne Nouvelle comme sainte patronne des personnels de la radio. C’est aussi l’époque où le pape commence à parler sur les ondes. Puis, en 1966, Mgr Veuillot participe à l’émission télévisée « Face à face », durant laquelle il est interrogé par plusieurs personnes. C’est lui qui, fils de journaliste, semble avoir cherché le contact avec la presse27. Ses successeurs interviennent assez souvent à la télévision.

    36Mesurant l’importance des media modernes, Mgr Lustiger soutient les créations de Radio Notre-Dame en 1981 – alors que les radios privées se libéralisent –, puis de la chaîne de télévision KTO en 1999.

    L’archevêque et la société civile

    37Par ses fonctions, l’archevêque est en contact avec ce que l’on appelle la société civile de manière informelle, les responsables économiques, les intellectuels, les artistes et les milieux associatifs, très présents dans la capitale. Une telle ouverture semble avoir été progressive : pendant longtemps, les archevêques se sont d’abord occupés de leurs diocésains, dans la logique ecclésiale de la societas perfectas, ainsi que des « masses » à conquérir. Mais après 1945 surtout, et plus encore à partir de Vatican II, ils ont cherché à se tourner vers le « monde de ce temps », à des fins de connaissance réciproque et, in fine, d’évangélisation. Ces contacts sont souvent informels et reposent sur des intermédiaires, à commencer par des catholiques éminents de cette société civile. L’archevêque peut ainsi s’appuyer sur les membres du Centre français du patronat chrétien et du Centre catholique des intellectuels français. Aumônier de la Sorbonne pendant près de 15 ans, Mgr Lustiger a gardé des relations avec certains d’entre eux, dont quelques-uns sont devenus des intellectuels de renom. Des prêtres parisiens concourent également à établir des liens. Des rencontres se font discrètement lors d’invitations à l’archevêché, pour un dîner par exemple.

    38La reconnaissance de la société civile vient en retour : l’Académie française, qui compte traditionnellement un ecclésiastique dans ses rangs, élit Jean-Marie Lustiger en juin 1995. Il est le premier archevêque de Paris à y entrer au xxe siècle. C’est d’ailleurs moins du fait de sa fonction que de son titre cardinalice et de son rayonnement qu’il devient académicien. La Légion d’honneur conférée à l’archevêque de Paris entre également dans ce processus de reconnaissance symbolique. Presque tous les prélats l’ont reçue, parfois d’ailleurs avant d’accéder au siège parisien pour les plus anciens. C’est de Gaulle qui remet au cardinal Feltin, déjà titulaire de plusieurs grades dans l’Ordre national, les insignes de grand officier de la Légion d’honneur en 1967. Cette distinction est une manière d’honorer l’Église, mais aussi le rôle de l’archevêque. Ainsi, l’ambassadeur près le Saint-Siège demande la promotion de Verdier comme officier avant le congrès catholique de Prague de juin 1935. Selon lui, « le rayonnement extérieur de la France bénéficie du prestige et du mérite du cardinal », chevalier depuis 1930, avec sa participation à diverses rencontres internationales28. En revanche, le cardinal Lustiger aurait refusé la distinction (en réalité, il a refusé la proposition d’être nommé dans l’Ordre national).

    ◆ Conclusion

    39Ses origines, sa personnalité, son histoire, la durée de son épiscopat, ses orientations pastorales, spirituelles et intellectuelles distinguent à l’évidence le cardinal Lustiger de ses prédécesseurs. Mais il partage avec chacun d’eux plusieurs caractéristiques épiscopales. Il est un bâtisseur comme Verdier, un missionnaire comme Suhard, un intellectuel comme Veuillot, un administrateur comme celui-ci et comme Feltin, un pasteur de terrain comme Marty.

    40Cela permet d’esquisser ce qu’est un archevêque de Paris au xxe siècle. Il est non seulement à la tête du plus gros diocèse de France en nombre d’habitants et de l’archidiocèse de la capitale, en relation avec les plus hautes autorités de l’État, mais il aussi joue un rôle important dans l’Église de France, dont il apparaît parfois comme un porte-parole officieux. La médiatisation aidant, l’archevêque personnalise l’institution ecclésiale de plus en plus au cours du siècle : cela peut passer pour un paradoxe, alors que l’Église met en avant, à partir du concile, la collégialité épiscopale. Mais n’est-ce pas l’un des traits du cardinal Lustiger que d’être un « signe de contradiction29 » ?

    Notes de bas de page

    1Je tiens à remercier, pour leurs conseils et leur aide, Philippe Laborde et Mgr Matthieu Rougé.

    2Voir notices dans Le Moigne Frédéric et Dauzet Dominique-Marie (dir.), Dictionnaire des évêques français au xxe siècle, Paris, Éditions du Cerf, 2010, et dans l’encyclopédie Catholicisme, hier, aujourd’hui, demain, Paris, Letouzey et Ané, 1948-2000, 15 vol.

    3« Monseigneur Lustiger parle aux prêtres de Paris », Présence et dialogue, no 308 5 décembre 1981.

    4Les chantiers du cardinal, no 155, septembre 2001, p. 4.

    5Institut Jean-Marie Lustiger (IJML), « Perspectives sur l’assemblée diocésaine du 25 mai 2002 », aux séminaristes, mercredi saint 27 mars, p. 3.

    6IJML, conférence de presse (transcription), 50e anniversaire de la mort du cardinal Suhard, Brains-sur-les-Marches/cathédrale de Laval, 28 mai 1999.

    7« Homélie du cardinal Lustiger pour la messe du 40e anniversaire de la Libération de Paris », Paris Notre Dame, 31 août 1984.

    8Annonciade. Message marial, no 106, avril 1983.

    9Lustiger Jean-Marie, Le Choix de Dieu. Entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, Paris, Éditions de Fallois, 1987, p. 64 et p. 247.

    10IJML, « 20e anniversaire de la mort du cardinal Pierre Veuillot », homélie du cardinal Jean-Marie Lustiger, chapelle de l’hôpital Saint-Joseph, 15 février 1988.

    11« 12 heures sur FR 3 », 2 février 1981, repris dans La Vie diocésaine, Orléans, 22 février 1981, p. 55.

    12Cardinal Lustiger, « Il a su ouvrir pour nous des chemins de paix », in Daniel Escoulen (dir.), François Marty évêque en France, Rodez, Éditions du Rouergue, 1991, p. 360.

    13Tranvouez Yvon, Catholiques d’abord. Approches du mouvement catholique en France (xixe-xxe siècle), Paris, Éditions ouvrières, 1988, p. 135.

    14Ussel Jacqueline d’, « Jean-Marie Lustiger : le courage prophétique », Communio, t. XXXIII, no 3, mai-juin 2008, p. 43-44.

    15Dumont Robert (dir.), La France, pays de mission ? suivi de La religion est perdue à Paris. Textes et interrogations pour aujourd’hui, Paris, Karthala, 2014, p. 23-24.

    16Perrin Luc, Paris à l’heure de Vatican II, Paris, Éditions de l’Atelier, 1997, p. 78-80.

    17Cité dans Marty François cardinal, Chronique vécue de l’Église en France. Entretiens avec Jean Bourdarias, Paris, Le Centurion, 1980, p. 286.

    18Lavergnat Jean, « Nominations et consécrations d’évêques en France 1959-2008. Observations », Socio-logos, 4/2009, [http://socio-logos.revues.org/2327], consulté le 15 mai 2022.

    19« Les voyages du cardinal Lustiger. Liste des voyages depuis 1981 », Église catholique de Paris, [https://www.paris.catholique.fr/les-voyages-du-cardinal-lustiger.html], consulté le 15 mai 2022.

    20Cité par Boisard Pierre, Le cardinal Verdier, archevêque de Paris 1864-1940, Paris, Flammarion, 1946, p. 140.

    21Le Nouvel Observateur, 17 novembre 1965.

    22Tincq Henri, Jean-Marie Lustiger, le cardinal prophète, Paris, Grasset, 2012, p. 255.

    23Ducerf Laurent, « Les évêques et les partis politiques », in Frédéric Le Moigne et Christian Sorrel (dir.), Les évêques français de la séparation au pontificat de Jean-Paul II, actes du colloque de Lyon (18-19 novembre 2010), Paris, Éditions du Cerf, 2013, p. 276.

    24Landron Olivier, Le cardinal Marty, 1904-1994. La force tranquille, Paris, Éditions du Cerf, 2017, p. 306.

    25Ibid., p. 219.

    26Ibid., p. 278.

    27Benoist Jacques, « Projet d’article présentant la famille et la vie du cardinal Pierre Veuillot », [http://jacquesbenoist.free.fr/pdf/veuillot.pdf], consulté le 15 mai 2022.

    28Archives nationales, LH/2687/3, dossier du cardinal Verdier (base Leonore, consultée le 2 octobre 2017), lettre de Charles Roux, ambassadeur près le Saint-Siège, à Pierre Laval, ministre des Affaires étrangères, 17 mai 1935. La promotion n’intervient que le 30 juillet, un mois après le congrès.

    29Huguet Marie-Thérèse, « Qu’est-ce qui donne d’être juif ? », Nova et Vetera, janvier-février-mars 2008, p. 83.

    Auteur

    • Xavier Boniface

      Université de Picardie Jules Vernes

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    L'appel du texte

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    2021

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    Préface

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    1Je tiens à remercier, pour leurs conseils et leur aide, Philippe Laborde et Mgr Matthieu Rougé.

    2Voir notices dans Le Moigne Frédéric et Dauzet Dominique-Marie (dir.), Dictionnaire des évêques français au xxe siècle, Paris, Éditions du Cerf, 2010, et dans l’encyclopédie Catholicisme, hier, aujourd’hui, demain, Paris, Letouzey et Ané, 1948-2000, 15 vol.

    3« Monseigneur Lustiger parle aux prêtres de Paris », Présence et dialogue, no 308 5 décembre 1981.

    4Les chantiers du cardinal, no 155, septembre 2001, p. 4.

    5Institut Jean-Marie Lustiger (IJML), « Perspectives sur l’assemblée diocésaine du 25 mai 2002 », aux séminaristes, mercredi saint 27 mars, p. 3.

    6IJML, conférence de presse (transcription), 50e anniversaire de la mort du cardinal Suhard, Brains-sur-les-Marches/cathédrale de Laval, 28 mai 1999.

    7« Homélie du cardinal Lustiger pour la messe du 40e anniversaire de la Libération de Paris », Paris Notre Dame, 31 août 1984.

    8Annonciade. Message marial, no 106, avril 1983.

    9Lustiger Jean-Marie, Le Choix de Dieu. Entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, Paris, Éditions de Fallois, 1987, p. 64 et p. 247.

    10IJML, « 20e anniversaire de la mort du cardinal Pierre Veuillot », homélie du cardinal Jean-Marie Lustiger, chapelle de l’hôpital Saint-Joseph, 15 février 1988.

    11« 12 heures sur FR 3 », 2 février 1981, repris dans La Vie diocésaine, Orléans, 22 février 1981, p. 55.

    12Cardinal Lustiger, « Il a su ouvrir pour nous des chemins de paix », in Daniel Escoulen (dir.), François Marty évêque en France, Rodez, Éditions du Rouergue, 1991, p. 360.

    13Tranvouez Yvon, Catholiques d’abord. Approches du mouvement catholique en France (xixe-xxe siècle), Paris, Éditions ouvrières, 1988, p. 135.

    14Ussel Jacqueline d’, « Jean-Marie Lustiger : le courage prophétique », Communio, t. XXXIII, no 3, mai-juin 2008, p. 43-44.

    15Dumont Robert (dir.), La France, pays de mission ? suivi de La religion est perdue à Paris. Textes et interrogations pour aujourd’hui, Paris, Karthala, 2014, p. 23-24.

    16Perrin Luc, Paris à l’heure de Vatican II, Paris, Éditions de l’Atelier, 1997, p. 78-80.

    17Cité dans Marty François cardinal, Chronique vécue de l’Église en France. Entretiens avec Jean Bourdarias, Paris, Le Centurion, 1980, p. 286.

    18Lavergnat Jean, « Nominations et consécrations d’évêques en France 1959-2008. Observations », Socio-logos, 4/2009, [http://socio-logos.revues.org/2327], consulté le 15 mai 2022.

    19« Les voyages du cardinal Lustiger. Liste des voyages depuis 1981 », Église catholique de Paris, [https://www.paris.catholique.fr/les-voyages-du-cardinal-lustiger.html], consulté le 15 mai 2022.

    20Cité par Boisard Pierre, Le cardinal Verdier, archevêque de Paris 1864-1940, Paris, Flammarion, 1946, p. 140.

    21Le Nouvel Observateur, 17 novembre 1965.

    22Tincq Henri, Jean-Marie Lustiger, le cardinal prophète, Paris, Grasset, 2012, p. 255.

    23Ducerf Laurent, « Les évêques et les partis politiques », in Frédéric Le Moigne et Christian Sorrel (dir.), Les évêques français de la séparation au pontificat de Jean-Paul II, actes du colloque de Lyon (18-19 novembre 2010), Paris, Éditions du Cerf, 2013, p. 276.

    24Landron Olivier, Le cardinal Marty, 1904-1994. La force tranquille, Paris, Éditions du Cerf, 2017, p. 306.

    25Ibid., p. 219.

    26Ibid., p. 278.

    27Benoist Jacques, « Projet d’article présentant la famille et la vie du cardinal Pierre Veuillot », [http://jacquesbenoist.free.fr/pdf/veuillot.pdf], consulté le 15 mai 2022.

    28Archives nationales, LH/2687/3, dossier du cardinal Verdier (base Leonore, consultée le 2 octobre 2017), lettre de Charles Roux, ambassadeur près le Saint-Siège, à Pierre Laval, ministre des Affaires étrangères, 17 mai 1935. La promotion n’intervient que le 30 juillet, un mois après le congrès.

    29Huguet Marie-Thérèse, « Qu’est-ce qui donne d’être juif ? », Nova et Vetera, janvier-février-mars 2008, p. 83.

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    Boniface, X. (2022). De Verdier à Lustiger : les archevêques de Paris. In D. Pelletier & B. Pellistrandi (éds.), Jean-Marie Lustiger. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14td4
    Boniface, Xavier. « De Verdier à Lustiger : les archevêques de Paris ». In Jean-Marie Lustiger, édité par Denis Pelletier et Benoît Pellistrandi. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2022. doi:10.4000/14td4.
    Boniface, Xavier. « De Verdier à Lustiger : les archevêques de Paris ». Jean-Marie Lustiger, édité par Denis Pelletier et Benoît Pellistrandi, Presses universitaires de Rennes, 2022, https://doi.org/10.4000/14td4.

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    Pelletier, D., & Pellistrandi, B. (éds.). (2022). Jean-Marie Lustiger. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14tk7
    Pelletier, Denis, et Benoît Pellistrandi, éd. Jean-Marie Lustiger. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2022. doi:10.4000/14tk7.
    Pelletier, Denis, et Benoît Pellistrandi, éditeurs. Jean-Marie Lustiger. Presses universitaires de Rennes, 2022, https://doi.org/10.4000/14tk7.
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