• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16501 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16501 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • ›
  • Sciences des religions
  • ›
  • La droite catholique aux États-Unis
  • ›
  • Troisième partie. Naissance de l’extrême...
  • ›
  • Chapitre I. Vatican II et l’emergence de...
  • Presses universitaires de Rennes
  • Presses universitaires de Rennes
    Presses universitaires de Rennes
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral ♦ Le virage à gauche des libéraux catholiques ♦ La difficile posture des fusionnistes ♦ La formation de l’extrême droite catholique Notes de bas de page

    La droite catholique aux États-Unis

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Chapitre I. Vatican II et l’emergence des extrêmes catholiques (1965-1972)

    p. 163-184

    Texte intégral ♦ Le virage à gauche des libéraux catholiques L’Église peuple de Dieu Le clergé en révolution Les médias émancipés La fronde universitaire Le militantisme anti-Vietnam ♦ La difficile posture des fusionnistes La critique du concile La critique du nouveau gauchisme catholique Front commun des conservateurs chrétiens ♦ La formation de l’extrême droite catholique L’Amérique, ennemie de la Foi Le Vietnam, une guerre impie Vatican II ou le suicide de l’Église catholique Notes de bas de page

    Texte intégral

    1Les fusionnistes catholiques sont pris en tenaille comme les autres catholiques, dans des conflits et des ruptures internes que provoque le concile Vatican II en pleine époque de contestation générationnelle. De même que les dénominations protestantes, dans le passé se sont divisées, du fondamentalisme à l’ultra-libéralisme, le catholicisme américain se fragmente au moins en quatre tendances à partir de 1965. Le panorama du protestantisme américain établi par Robert Wuthnow1 est applicable aux catholiques après 1965. En 1969, le constat d’une pluralisation catholique est devenu tellement patent qu’un symposium, Spectrum of Catholic Attitudes2, cherche à en réunir toutes les tendances pour tenter de retrouver l’unité perdue : les intégristes sont représentés par Walter Matt, les plus avant-gardistes par Leslie Dewart, les libéraux de gauche par Daniel Callahan et les conservateurs par William Buckley. Leur discussion, autour de la naissance virginale de Jésus, du paradis et de l’enfer, de l’infaillibilité pontificale, du divorce et du remariage, entre autres, est une immense dispute, et pour l’analyste, un instantané saisissant. Buckley écrira après coup que la définition de l’Église donnée par ses détracteurs était tellement incroyable, qu’il fallait un acte de charité tout aussi incroyable pour les considérer encore comme des catholiques3. Bien évidemment les libéraux pensent la même chose de lui et des autres anti-réformistes.

    2Les fusionnistes politiques n’ont pas été les gagnants de cette fragmentation. Le balancier interne du monde catholique se déplace alors vers plus de libertarisme politique, ecclésial et spirituel. Il devient anti-capitaliste et tiers-mondiste et épouse l’émergence de la Nouvelle Gauche. Les attaques des conservateurs face à la frange gauchiste catholique en progression semblent sans portée, eux qui se moquaient du conformisme de leurs coreligionnaires et cherchaient à en susciter l’esprit critique4 ! De même, les fusionnistes sont débordés sur leur droite. Une voix plus véhémente encore que la leur, celle de la revue Triumph, se fait entendre, prophète d’une minorité défensive, qui transforme la cause catholique en cause politique pure. La fronde ultra est provoquée essentiellement par la question de la contraception – à laquelle les conservateurs ne trouvent pas de vrais empêchements – et, de manière plus inattendue, par la guerre du Vietnam que Brent Bozell dénonce comme une guerre impie. Pour cette branche radicale, la National Review est dans la compromission en restant à l’intérieur du jeu politique, et dans l’erreur en n’adoptant pas clairement la rectitude qu’on attendrait d’elle dans la réception du magistère en matière de contraception. Les catholiques radicaux de droite emmenés par Bozell et Wilhelmsen opposent au siècle leur fidéisme moral intransigeant, transformé en combat politique. Ils prennent le contre-pied de la libération des mœurs et font de celle-ci la cible de leur nouvelle guerre politique. Ils en oublient même la grande cause anti-communiste.

    ♦ Le virage à gauche des libéraux catholiques

    3Le concile Vatican II a été suivi de près par les catholiques américains. L’intention de Jean XXIII et des participants du concile était de faire une « mise à jour » (aggiornamento) de l’Église universelle, afin de la rendre plus solide face au monde moderne, en réduisant sa rigidité administrative, sa lenteur et sa culture défensive. Paul VI qui succède à Jean XXIII, en 1963, en partage la vision. Durant les quatre longues sessions d’automne, des conflits se développent. Deux groupes se font face, le parti de la Curie, qui représente la bureaucratie du Saint-Siège ou les « conservateurs », et cherche à empêcher les modifications. Le parti de la réforme, relativement faible en nombre d’évêques mais puissant par la qualité de ses théologiens et de ses connections avec les médias. Ce concile, prévu pour être tenu en sessions secrètes et en latin, devient une attraction médiatique sans précédent. Par médias séculiers et catholiques interposés, les débats internes sont connus et plusieurs documents se retrouvent sous les feux de l’actualité5.

    L’Église peuple de Dieu

    4Les textes promulgués par le concile posent de nouvelles balises dans le catholicisme mondial. La plus controversée sur le moment et bien après, est la Déclaration sur la liberté religieuse, Dignitatis Humanae, où le parti de la réforme a suivi les avis de John Courtney Murray6. Abandonnant une longue tradition de certitude distinctive, le document change de vocabulaire : les protestants ne sont plus considérés comme des hérétiques, mais comme des frères séparés. La foi y est reconnue comme un don, auquel l’homme a le droit de ne pas répondre. L’implication de cette déclaration, aussi bien sur le rapprochement œcuménique que sur la pratique spirituelle, est déterminante et immédiate. Un second texte, la Constitution pastorale Gaudium et Spes, sur la condition de l’Église dans le monde moderne, met l’accent sur une Église « Peuple de Dieu », plutôt que sur une institution sacrée, hiérarchique et séparant ses clercs consacrés de la masse des laïcs profanes, quand bien même elle le reste. Le renversement de perspective s’avère vertigineux. Couplée à une déclaration sur la vocation des laïcs, Gaudium et Spes donne aux « simples baptisés » une dignité qu’ils n’avaient jamais eue jusqu’alors. Elle leur fournit des arguments contre l’autorité a priori incontestable du magistère en particulier pour les questions nouvelles. La discussion autour de la contraception chimique et la très mauvaise réception de l’encyclique Humanae Vitae de 1968 sur le sujet, constituent le premier signe tangible de leur mise à distance.

    5Des réformes présentes dans les textes sous forme de possibilités, engendrent bientôt des mutations massives. Celle de la liturgie est la plus marquante. Elle permet des initiatives pastorales, la participation des fidèles et surtout, après des siècles de latin – la mémoire même d’une diversité linguistique dans la liturgie ayant disparu – l’usage de la langue locale. L’autorisation ravit ceux qui comprennent enfin ce qu’ils entendent7, mais elle horrifie les personnes habituées à être portées par un rituel issu de la nuit des temps – en fait le rituel n’était pas si ancien – dans lequel la langue latine est vénérable au point de s’imposer comme langue liturgique à tous les catholiques, y compris les plus récents et les plus éloignés qui soient de l’histoire romaine, comme les Américains. Les conservateurs font partie du groupe des pratiquants « choqués ». Gary Wills, enthousiaste envers le Concile, décrit néanmoins le déplaisir que provoque en lui le spectacle de la nouvelle messe, « corps galvanisé aux prises à une étrange danse, chose vivante blanchie et paralysée par des accès de mort périodiques8 ». William Buckley ressent l’usage de l’anglais durant la messe avec « le même sentiment d’outrage que l’on ressentirait si l’on entrait dans la cathédrale de Chartres et que les vitraux aient été remplacés par des images pop art d’un Christ faisant un sit-in ou luttant contre les caïds des bouges du Milwaukee9 ». Michael Lawrence, autre conservateur sceptique, se souvient de la fin des années 1960 comme d’une période « d’idioties flagrantes » dans la liturgie, que Paul VI sans les approuver, est lent à condamner10.

    6Autre nouveauté du concile, la collégialité, notamment conciliaire est « remise à l’honneur ». Elle concurrence quatre siècles de suprématie pontificale et trouve son expression médiatique dans l’invitation que fait Paul VI, aux primats des Églises orthodoxes, et aux responsables des Églises protestantes, à assister aux sessions. À la fin des années 1960, l’expression « esprit du concile » est utilisée en boucle dans les forums de discussion catholique américains, comme quelque chose de plus vaste que les textes et les sessions elles-mêmes. En signifiant que le catholicisme doit être changé pour tenir la route dans un monde en pleine expansion, cette expression « a relevé un sale petit secret de la manière la plus symbolique – écrit Gary Wills – celui que l’Église change [de toute façon]11 ». À partir de 1965, beaucoup de catholiques américains, ayant compris une leçon que les Pères du concile n’avaient pas l’intention de leur donner, proposent volontiers, puis exigent la prise en compte de leur propre projet pour faire changer l’Église, d’autant que leur vieux fond américaniste n’a pas disparu12. L’idée se répand que la nouvelle définition de l’Église relègue l’institution au profit du laïcat et donne à tous les champions du modern impulse une légitimité inattaquable de leur point de vue : celle de leur loyauté à l’esprit du concile, au moment où leurs chefs en manquent.

    7La vraie révolution de ce concile est, pour la première fois dans l’histoire, la mise de côté du langage de l’autorité et l’appel à la participation du laïcat. Les catholiques américains ont rebondi sur ces constats. Ils réalisent subitement que l’Église n’a aucun pouvoir de répression sur eux. L’appartenance et l’obéissance y ont toujours été obtenues par un consentement collectif et un besoin de conformité. Aucune sanction pénale n’a jamais existé pour les indifférents, les tièdes et les non pratiquants. Aucune loi civile n’a jamais encadré les contraintes canoniques du mariage. Une fois que la possibilité de critique est pensée, qu’elle est en quelque sorte devenue licite, un nombre croissant d’entre eux se sent mécontent de son Église. Tandis qu’en Europe, la tendance est de transformer son mécontentement éventuel en indifférence, les catholiques américains choisissent l’engagement pour le changement. La gauche catholique, ecclésiale comme politique, porte devant elle cet objectif, changer l’Église catholique de l’intérieur, selon l’esprit du concile et le rôle dévolu au laïcat. Soudainement, il apparaît à des catholiques laïcs qu’ils peuvent se considérer comme des « victimes » de leur Église, psychologiquement si ce n’est physiquement13.

    Le clergé en révolution

    8Les défections cléricales ou religieuses se multiplient brutalement. Après des décennies de croissance soutenue et l’ouverture de maisons de formation et de séminaires par centaines, les ordres religieux et les diocèses se trouvent les uns après les autres, manquer de vocations14. Le clergé restant est sensible à la contestation, particulièrement le jeune clergé éduqué dans l’atmosphère du concile. Un exemple parmi d’autres, celui du père William DuBay. Doté d’une paroisse noire recouvrant le quartier de Watts, il s’indigne de ce que le cardinal archevêque de Los Angeles refuse de jouer un rôle actif dans le mouvement pour les droits civils. Il organise des piquets devant la chancellerie, écrit au pape, demande que l’archevêque soit privé de son siège pour « abus d’autorité » et « malveillance massive. » Le cardinal change le prêtre de paroisse. Quelques mois plus tard, DuBay fait une conférence de presse pour annoncer qu’il crée un syndicat, l’American Federation of Priests, qu’il affilie à l’AFL-CIO. Les médias catholiques libéraux arrivent à s’en scandaliser et même Commonweal, sympathique à la cause raciale de DuBay, déplore un tel affront15. Ces médias ne sont pas plus bienveillants envers le livre qu’il publie, The Human Church en 1966. Il y décrète désuète la Tradition et fustige l’épiscopat pour son autoritarisme et sa pratique de la répression psychologique. DuBay est finalement suspendu en 1967. Il se marie à une divorcée et part vivre dans une communauté. Juste après sa réduction à l’état laïc, le père Brendan Nagle, un de ses collaborateurs à l’American Federation of Priest, fonde Adelphos, une fédération d’anciens prêtres. La fédération ne marche pas, mais des centaines d’associations locales de prêtres ayant quitté le sacerdoce se constituent.

    9Autre grand chambardement, la contestation du célibat des prêtres. Elle devient une antienne contestataire. Le père James Kanavaugh, déjà auteur de « I am a Priest and I Want to Get Married » pour le Saturday Evening Post, écrit un livre engagé, contre « le système », A Modern Priest Looks at His Outdated Church (1967). Il quitte la prêtrise et se marie. Les critiques ne sont plus faites dans le langage intra-catholique. Elles utilisent la psycho-analyse, la sociologie, la science politique et vont plus loin encore que les antiennes traditionnelles des derniers anti-catholiques américains, comme Paul Blanshard. Charles Meconis a compté symboliquement que sur la cinquantaine de prêtres qui constituent le cœur médiatique de la gauche catholique, plus de la moitié d’entre eux quitte l’institution pendant son engagement activiste et au moins 14 se marient16. Le mariage ne signifie pas automatiquement l’abandon de la prêtrise. Philip Berrigan, le charismatique leader de la lutte catholique contre la guerre du Vietnam, se marie secrètement avec Elizabeth McAlister, sœur du Sacré-Cœur de Marie, en 1969. Ce mariage sera découvert par une indiscrétion lors de son procès en 1972, après l’affaire dite des Harrisburg Seven17.

    10Les cas de DuBay et de Kavanaugh trouvent, comme toutes les situations sempblables, un écho assez favorable dans la presse américaine, ce que les catholiques conservateurs ne cessent de dénoncer18. Mais c’est un fait, les figures de rebelles, particulièrement de rebelles religieux, ont toujours un bon écho dans l’opinion publique américaine, ce qu’explique le sociologue Laurence Moore19. De sorte que Vatican II tout d’abord, le concile réformateur, puis ses thuriféraires contestataires ont beaucoup de succès aux États-Unis. Les articles portraiturent l’Église comme un Goliath granitique, insensible, hostile à ceux qui se posent comme des solitaires lucides qui osent protester. Ces derniers reçoivent la noble étiquette d’outsiders, et les figures d’autorité, comme celle du cardinal McCarthy de Los Angeles, sont décrites comme des instruments réactionnaires de répression. L’étiquette « tyrannique » qui colle à l’institution catholique dans la culture populaire américaine réapparaît dans les journaux. Face à de jeunes David, beaux, frondeurs et légitimes, les évêques deviennent des caricatures de méchants à qui peu de médias font grâce20.

    Les médias émancipés

    11Vatican II est aussi l’occasion d’un virage corrélatif de la presse catholique grand public vers la gauche. Ainsi, depuis le début des années 1960, le journal de Kansas City, The National Catholic Reporter, édité par Robert Hoyt, devient réceptif aux jeunes catholiques de progrès comme Michael Novak, John Leo, Rosemary Ruether. Il se fait l’avocat de la démocratisation cléricale, demande un plus grand engagement contre le racisme, la pauvreté, la guerre, et pour l’ouverture aux autres chrétiens. Le magazine Ramparts, fondé par le milliardaire converti Edward M. Keating (1926-2003), commence comme un journal de culture humaniste, se proposant dans sa première édition d’être une vitrine pour les écrivains créatifs et un forum pour les catholiques américains cultivés. Keating veut « refléter les principes positifs de la civilisation hellénistico-chrétienne, qui a formé et soutenu notre civilisation, depuis les deux cents ans passés et dont nous avons toujours besoin pour nous guider dans un âge devenant de plus en plus séculier, sauvage et inquiétant21 ». Le premier numéro, avec des articles de Gabriel Marcel et de l’écrivain J. D. Salinger, est conforme à ces principes. Mais rapidement, Keating change de cap. Il critique la lenteur des réformes et la domination cléricale dans l’Église américaine. Dans The Scandal of Silence (1965), il utilise l’approche psychologique des DuBay-Kavanaugh22. Avant la fin du concile, Ramparts fait entrer des non-catholiques dans son comité éditorial et commence à se spécialiser dans le journalisme d’investigation, enchaînant les révélations sur les coups de la CIA et du FBI et publiant des histoires sensationnelles sur la mort de Kennedy. Entre 1965 et 1966, la guerre du Vietnam devient son cheval de bataille, avec la défense de la légalisation de la contraception. À l’arrivée du nouvel éditeur, Robert Scheer, le journal perd son identité catholique et devient le fer de lance officiel de la contreculture de gauche et de la mouvance anti-guerre. En 1968, il publie le journal de Che Guevara avec une introduction de Fidel Castro23. Ramparts est presque une caricature de l’évolution de la traditionnelle tendance libérale en tendance gauchiste au sein du catholicisme américain.

    La fronde universitaire

    12Autre haut lieu de contestation, les universités catholiques. Le corps enseignant, moins professionnalisé que celui des grandes universités, prêtres, religieux et laïcs ensemble, réclame plus de liberté académique, la sécurité de l’emploi, la parité de salaire et de meilleures conditions de travail. Rien de bien révolutionnaire. Mais, après des années de tension, une grève éclate à l’université Saint-John de New York au début de 1966, sur les campus du Queens et de Brooklyn. St Johns a alors le plus grand campus catholique du monde, avec une communauté de prêtres lazaristes sous-représentés face au vaste corps enseignant et un important personnel d’administration, tous laïcs. À l’origine de la grève, certains professeurs se plaignent de leur salaire et de leurs mauvaises conditions de travail. Ils en ont assez d’être astreints aussi à la surveillance, y compris vestimentaire, de leurs étudiants. Une trentaine d’entre eux est renvoyée assez brutalement après des réclamations répétées, ce qui provoque la grève et la colère connexe des éducateurs et des syndicats à l’extérieur de l’université. Les têtes du mouvement, Rosemary Lauer et le père Peter O’Reilly, multiplient les conférences de presse et en appellent à des soutiens puissants, comme Michaël Harrington, Richard Hofstadter ou Irving Howe, trois figures de la gauche intellectuelle new-yorkaise. Ils proposent d’expulser les lazaristes de l’enceinte universitaire24. Les conservateurs de la National Review conspuent l’ensemble des réclamations25. Mais l’affaire se conclut l’année suivante par un rapport favorable aux grévistes d’un groupe de médiation dirigé par le président de l’université Notre-Dame et la signature de la Land O’Lakes Declaration, affirmant que l’autonomie institutionnelle et la liberté académique sont des conditions essentielles pour la vie de toutes les universités, catholiques comprises26. Le compromis n’empêche pas que d’autres conflits graves éclatent ailleurs, comme celui qui oppose Charles Curran (né en 1934) et Mary Daly (1928-2010) à leur université. Curran n’est pas titularisé comme professeur à la Catholic University of America, université pontificale, malgré l’unanime faveur de son département et du sénat académique. La raison en est sa démonstration théologique de la licéité de la contraception chimique. L’affaire provoque un scandale parmi les étudiants et les professeurs. Après bien des indignations médiatiques, Curran obtient sa titularisation27. Quant à Mary Daly, professeur assistante de théologie au Boston College, son livre, The Church and the Second Sex (1968), lui coûte sa titularisation, avec comme résultat, grèves, pétitions, démonstrations et honneurs de la télévision. Pointée du doigt, l’administration du Boston College finit par la titulariser. Après cet épisode, Mary Daly entame une critique féministe de plus en plus radicale et se positionne « hors Église » comme « féministe radicale lesbienne28 » – elle refuse les étudiants de sexe masculin à ses cours – quand bien même elle continue à enseigner au Boston College jusqu’en 199929.

    Le militantisme anti-Vietnam

    13Le Vietnam est le point le plus spectaculaire et le plus convergent du militantisme catholique de gauche. Le patriotisme d’antan des catholiques ne résiste pas longtemps à l’ambiguïté du conflit et de ses motivations. Avant 1965, seul le Catholic Worker Movement de Dorothy Day, quelques pacifistes comme Gordon Zahn, ou anarchistes comme Ammon Hennacy, ont des positions obstinément anti-guerre, refusant depuis toujours de servir le pays avec une arme ou de coopérer à une défense nucléaire civile30. Après l’encyclique Pacem in terris de Jean XXIII (1963), véritable récapitulatif de l’enseignement pontifical sur les moyens et les conditions de la paix, la résistance pacifiste de Dorothy Day devient exemplaire. Le mélange de son attitude et du texte de l’encyclique fonde soudainement la désobéissance civile non-violente et permet une posture catholique hostile au conflit. Des proportions de plus en plus grandes de catholiques américains s’indignent de la situation. Un événement paroxystique vient donner le coup d’envoi d’une véritable rébellion, avec l’immolation d’un jeune militant des Catholic Workers, Roger LaPorte, le 9 novembre 1965, en signe de protestation anti-guerre, à l’image des moines bouddhistes s’immolant par le feu pour protester contre Ngo Dihn Diem en 1963. D’autres Catholic Workers brûlent leurs cartes d’enrôlement et forment le noyau dur des contestataires, prêts à l’action directe et à la surenchère médiatique. La revue Ramparts les soutient et dénonce le bon docteur Dooley, saint thurifèraire de la cause vietnamienne, comme un imposteur. Elle dénonce la population catholique vietnamienne et la décrit comme minoritaire, parasite, distinguée par le colonialisme français. Pour Ramparts, les États-Unis se battent du mauvais côté31.

    14Il n’est pas possible d’évoquer ce mouvement catholique anti-guerre sans s’attarder sur les figures des frères Berrigan, Daniel, jésuite (né en 1921) et Philip, joséphite (1923-2002). Daniel, poète et éditeur d’un magazine missionnaire jésuite, est l’un des premiers à considérer la guerre non comme un combat Est-Ouest mais comme un combat Nord-Sud. Il déclare que la figure du cardinal Mindszenty, héros hongrois des conservateurs anti-communistes, est un anachronisme et que les clercs devraient plutôt ressembler aux prêtres ouvriers français32. Il interprète la guerre du Vietnam, non comme un secours envers les catholiques victimes de persécuteurs communistes, mais comme l’expression de l’impérialisme blanc américain trônant sur le reste de la terre. Avec le révérend libéral luthérien Richard John Neuhaus, le journaliste Michael Novak – deux futurs leaders du conservatisme catholique post-sixties – et le rabbin libéral Abraham Heschel, il cofonde l’association Clergy concerned about Vietnam, premier groupe œcuménique et anti-guerre. Daniel Berrigan est alors expédié par ses supérieurs au Mexique et sa « déportation » provoque un mouvement massif de pétitions et de protestations publiques, dont une paraît en pleine page du New York Times le 12 décembre 1965. Pendant ce temps, son frère, déjà connu pour sa lutte en faveur des droits civils – son ordre a été fondé en 1871 à destination des noirs catholiques – décide de faire des célébrations anti-guerre. Il se rend à Washington pour prier avec un groupe de religieuses et de séminaristes, devant le domicile du secrétaire à la Défense Robert McNamara. À une autre occasion en octobre 1967, son groupe, le Baltimore Four, verse quelques gouttes de son propre sang mélangé à des litres de sang animal, sur les listes d’enrôlement de la ville. L’action fait un scandale épouvantable. Pendant son procès, Philip est rejoint par son frère Daniel. Ensemble, ils mettent le feu, avec des bombes artisanales au napalm, à d’autres piles de listes d’enrôlement dans la banlieue de Baltimore à Catonville, en mai 1968, action connue sous le nom de East Coast Conspiracy to Save Lives. L’action est répétée par d’autres militants et dans d’autres lieux symboliques jusqu’à la fin de la guerre. Daniel et Philip Berrigan passent ensuite à la clandestinité pour éviter la prison sous la charge de vandalisme. Ils ne réapparaissent, à la barbe du FBI, qu’au cours de manifestations ciblées, sans que leur présence ait été annoncée. Ils se transforment en héros. Daniel finit par être arrêté en 1970, après avoir réussi à publier un article incendiaire dans le New York Times et à passer dans une émission grand public. Il fait de toute cette histoire une pièce de théâtre fréquemment jouée dans les années 1970, The Trial of Catonville Nine33.

    15C’est aussi à l’occasion du militantisme anti-guerre que se fait remarquer Michael Novak, journaliste déjà célèbre de la gauche catholique. Né en 1933 au sein d’une famille slovaque pratiquante du comté rural de Johnstown en Pennsylvanie, il passe sept ans de sa jeune vie au séminaire, avec l’intention de devenir prêtre. Il le quitte en 1960, à vingt-six ans, juste avant son ordination. Il entame un doctorat en philosophie à Harvard mais, travaillant et militant par ailleurs, il n’arrive pas à le conclure même en se réinscrivant à Stanford où il trouve un travail de répétiteur. Il commence sa carrière en couvrant pour Time magazine le concile Vatican II. Il en tire son premier livre, The Open Church, en 1964. Novak s’y montre un chaud partisan des réformes et de l’ouverture catholique au monde et à l’oecuménisme. Il propose une lecture historique du concile entre les tenants orthodoxes an-historiques dans la ligne de la Contre-Réforme et de Vatican I et les réformateurs dont il est un partisan. Sa grande idée est que la théologie catholique et ses méthodes doivent changer et le peuvent grâce aux avancées archéologiques, anthropologiques et exégétiques des soixante-dix dernières années. Elle est capable de traduire autrement le sens du temps et de l’histoire contemporaine34.

    16La première tentative de Novak pour appliquer la théologie qu’il espère, fondée sur l’expérience plutôt que sur des syllogismes abstraits, est son livre sur le mariage The Experience of Marriage (1964), basé sur des entretiens avec treize couples mariés qui ont eu plus d’enfants qu’ils n’en souhaitaient. Dans ce travail, il refuse une réflexion sur le contrôle des naissances à partir d’un point de vue biologique, où l’acte sexuel serait intrinsèquement procréatif, mais cherche, par l’expérience de la vie des couples, à affirmer la plus grande valeur du témoignage des laïcs mariés par rapport à la théologie morale « théorique » et déductive. Le livre, qui ne prend pas partie sur la contraception chimique, fait sensation. Pendant un temps, Novak est interdit de conférences dans les collèges catholiques et les maisons religieuses et y gagne sa réputation de Jeune Turc gauchiste. Garry Wills critique sa théologie de confession vraie comme sentimentale, tout en admettant – il avait ouvert la brèche critique avec sa propre relativisation de l’autorité des encycliques, à l’occasion de la publication de Mater et Magistra – que la théologie morale sur la sexualité a besoin d’une sérieuse révision35. Novak se lance alors dans la rhétorique de la Nouvelle Frontière, adaptée du programme démocrate, pour applaudir et souhaiter dans l’Église les transformations liturgiques, l’usage de l’anglais, le rapprochement œcuménique. Il affirme que la réforme protestante a emporté avec elle la dimension prophétique du christianisme en laissant au catholicisme sa dimension liturgique répétitive. Il conseille aux jeunes catholiques de lire Reinhold Niebuhr, « le meilleur théologien pour approcher la tradition historique d’Aristote et de Thomas d’Aquin et éviter les incompréhensions douloureuses de la scolastique latine et de la théologie morale légaliste, au profit d’une sagesse biblique concrète, pragmatique et fondée sur l’expérience36 ». En somme, il croit en l’avenir d’un catholicisme renouvelé. Tout dépend « des prophètes qui saisiraient la gouvernance des mains des bureaucrates37 ».

    17Du point de vue politique, Novak est hérissé par la « bonne conscience » de ses concitoyens. Il dénonce l’insondable médiocrité de leur existence, qui empêche le pays de se réaliser spirituellement. Novak méprise, à l’instar de Russell Kirk, le matérialisme grossier de ses concitoyens. Il ne voit que « des yeux vides regardant la télévision et buvant de la bière. Les yeux fatigués des hommes dans les rames de train, les yeux efficaces du professeur et du manager, les yeux apparemment sincères du politicien38 ». Submergé « d’angoisse » par ce spectacle, il se lamente sur les souffrances et les sacrifices des générations passées, pour aboutir à son contemporain débile, réalisant son accomplissement en regardant, une canette en main, un jeu télévisé avec trente millions d’autres imbéciles, et croyant de manière folle que son pays est « libre, brave et juste39 ! ». L’Amérique fait face à une véritable déroute morale et esthétique, qui laisse la Révolution de 1776 inachevée, ayant seulement augmenté le potentiel de liberté humaine sans aucun mode d’emploi40. Il faut une nouvelle révolution ! Une révolution religieuse, incluant l’éducation comme une conversion, qui finirait l’ère protestante, rationaliste et pragmatique et signerait le nouvel âge de l’histoire religieuse des États-Unis41. Une fois ce nouvel âge commencé, les droits et devoirs collectifs et individuels se tisseraient dans toutes les sphères de la société. Le socialisme s’établirait dans l’économie. En même temps, l’élargissement exponentiel de la « conscience révolutionnaire » de l’Américain ordinaire unifierait et ennoblirait la nation42 !

    18Faisant écho aux auteurs de la révolution sexuelle, Novak, l’ancien séminariste, prophétise que la révolution à venir permettrait des améliorations notables de l’expérience sexuelle humaine. À l’inverse de la société qui tolère la violence et les meurtres par douzaines dans les films présentés à la télévision, mais censure impitoyablement toute manifestation de sexualité, l’Amérique du futur doit reconnaître que « caresser les seins d’une femme est plus moral que de battre un homme avec une barre de fer et lui faire l’amour moins sale que de plonger un couteau dans le corps d’un homme encore et encore43 ». Une société chrétienne ne pourrait plus réprimer « les instincts vitaux et sacrés et concevoir Dieu comme un Œil transcendant, omniscient, qui détecte chaque violation des tabous sexuels ». La société postrévolutionnaire américaine cesserait d’adorer les idoles de l’inhibition, de la répression et de la honte et commencerait à traiter le sexe comme une expression spontanée de l’amour divin44.

    19Cette vision paradisiaque de l’ordre postrévolutionnaire est remisée chez Novak par le spectacle de l’actualité, l’écart entre les prétentions américaines et leur mise en pratique qu’il trouve pitoyable. Sur le Vietnam, il devient un des meneurs de l’université Stanford où il a été recruté. Influencé par Niebhur, il se voit comme un libéral qui défend le besoin de dépasser la vision manichéenne des relations internationales, au moyen d’un solide bon sens. Cette conviction l’entraîne à répudier la guerre. En 1966, il cofonde avec l’écrivain protestant Robert McAfee Brown, et aussi les Neuhaus, Berrigan et Heschel – ce fameux Clergy Concerned about Vietnam, plus tard Clergy and Layty – et il collabore à un manifeste, avec Brown et Heschel, intitulé Vietnam : Crisis of Conscience, dans lequel, comme voix catholique de résistance à la guerre, il rejette la justification de l’anti-communisme. Il dénonce les États-Unis comme un pays hors-la-loi qui refuse d’appliquer les accords de Genève et agit comme un persécuteur impérialiste. Cette attitude, aucun Américain ne devrait la supporter en conscience, à la lumière du message des prophètes ou de l’Évangile de Jésus de Nazareth45. Visitant le Vietnam en 1967, il écrit des articles aussi saisissants que ceux de Wills sur les ghettos noirs. Il relate l’amer contraste entre les destructions occasionnées par les armes américaines et la bonne volonté des ingénieurs agricoles, médecins et enseignants pour tenter de reconstruire le pays. Par-delà la rhétorique militante, l’approche de Novak est à cette époque personnaliste. Il refuse d’accepter la référence aux valeurs les plus hautes, quand les actes accomplis bafouent la dignité des êtres humains réellement vivants. Il qualifie la guerre américaine au Vietnam de « mal à une échelle jamais connue dans l’histoire46 ».

    ♦ La difficile posture des fusionnistes

    La critique du concile

    20Face à cette nouvelle mouvance où Novak se fait connaître, aussi rapide en croissance qu’inattendue en virulence, les fusionnistes catholiques réagissent. Ils pensent que Vatican II est responsable de cette déferlante. Quand le concile s’est ouvert, ils étaient optimistes sur les chances de l’Église catholique de renforcer sa présence dans le monde. Mais avant la fin du concile, leur opinion change, hormis celle de Gary Wills qui voit dans les ruptures à venir une « brèche dans la croûte ». Pour lui, Vatican II a institué de vraies réformes conservatrices, au sens où il comprend la conservation, « l’acte de préserver. Le souci de ne pas laisser périr, la continuation, la protection47 ». Cette évaluation positive et indépendante, n’est pas celle de ses amis qui sont horrifiés. Un numéro de la National Review intitule sa couverture « What, in the name of God is Going On In the Catholic Church ? ». Avec son habituelle ardeur pro-catholique, Will Herberg critique au vitriol des publications comme celle de Daniel Callahan, Honesty in the Church ou de nouvelles revues comme Ramparts – « incitation anti-cléricale hargneuse et gauchiste » – avant de déclarer que la vocation de l’Église n’est pas de s’adapter aux temps changeants mais plutôt de « se tenir ferme et résolue pour la vérité éternelle sur Dieu, l’homme et le monde48 ». Thomas Molnar de son côté se désole que l’accent mis sur le renoncement et la part sacrificielle de l’être humain, laquelle a toujours eu soif de signes visibles, comme le célibat, la chasteté et la pauvreté, ait été mis de côté par le concile49. Et Brent Bozell, avertit que la crise est pire que tout, parce que, cette fois-ci, les mécontents catholiques prennent leurs normes non d’une déviance dans leur Église, mais « de miroirs internes mis en place par les ennemis du christianisme50 ».

    La critique du nouveau gauchisme catholique

    21L’un des détracteurs les plus virulents et argumentés de ce combat anti-gauche est Jeffrey Hart. Professeur d’anglais au Dartmouth College, senior editor de la National Review, il est une plume de Nixon. Il se convertit en 1967, en pleine crise catholique. Son catholicisme est un choix intellectuel, en prolongement de l’étude de Newman, Chesterton et de la tradition catholique anglo-saxonne. Il a une grande admiration pour le rôle de l’Église catholique dans l’histoire américaine et souhaite la défendre contre les dérives dont il la considère atteinte51. Patrick Allitt montre comment, en 1968, peu de temps après sa conversion, il est invité à présenter son point de vue dans le libéral National Catholic Reporter, qui s’essaie à la main tendue au nom du pluralisme catholique. Il dit haïr « les éditoriaux du NCR sur la théologie de la libération et saint Che Guevara », mais il entend profiter de la tribune, tant que la revue lui est ouverte. Il se moque alors de la mondanité des libéraux catholiques, leur rappelant que les modes passent et qu’il ne sert à rien de courir après des papillons éphémères. Hart est remercié assez rapidement et sa dernière contribution est un modèle du genre :

    « L’Église américaine est représentée dans le National Catholic Reporter dans toute sa flaccidité intellectuelle, son manque fondamental de sérieux, son moralisme solennel et rempli de clichés. Le style de l’ensemble est immanquablement bas. Le moralisme est celui d’un opprimé irrité mais impotent… Qu’une telle feuille misérable puisse avoir le moindre succès est un témoignage pathétique de la condition de la culture catholique américaine52. »

    Front commun des conservateurs chrétiens

    22Finalement, ce que les conservateurs tirent encore une fois comme conclusion de l’émergence radicale dans le libéralisme catholique, c’est qu’il existe un front commun possible avec les autres « conservateurs » protestants et juifs, selon les intuitions de Will Herberg, parce que ceux-ci devaient souffrir pareillement qu’eux de la folie de l’époque. Un mois après la fin du concile, la National Review ouvre ses colonnes au rédacteur du journal évangélique Christianity Today, fondé en 1956 par Billy Graham. Harold O. Brown s’y lamente que les libéraux protestants, Paul Tillich en tête, ne mentionnent même plus la Bible et vont chercher leur inspiration dans l’esprit du temps53. Dans les années suivantes, la National Review attaque la « gauche » protestante aussi durement que la gauche catholique et invite Max Geltman, journaliste juif dénonçant l’antisémitisme de la mouvance gauchiste comme de la population noire54 à donner son opinion sur les procès des protestataires catholiques contre la guerre du Vietnam55. Face aux troubles de ces années, beaucoup de conservateurs catholiques ont peu hésité à mettre de côté les différences de religion pour l’avantage d’une alliance pratique mais aussi affective, avec tous les adversaires de la sécularisation religieuse. Ils font face à la même logique de regroupement affinitaire que les « libéraux » et les radical left catholiques, protestants et juifs contre la guerre du Vietnam. Les divisions religieuses s’affaiblissent avec les années contestataires et des factions inter-religieuses se forment, en fonction de la sensibilité religieuse, libérale ou orthodoxe. Les réseaux affinitaires entre conservateurs religieux donnent une puissance décuplée aux conservateurs politiques, une fois qu’ils les ont solidement captés et qu’ils ont fait taire les anti-œcuménistes de leur bord.

    ♦ La formation de l’extrême droite catholique

    23Pour l’heure, le regroupement intellectuel des fusionnistes se trouve au bord de la scission. Il doit composer avec le réveil de jusqu’au-boutistes qui s’avèrent aussi radicaux que les nouveaux gauchistes de leur Église. Les ultras puisent leur radicalisme tout autant dans leur rejet du libéralisme politique et sexuel de la société américaine, que dans leur position hostile aux réformes du concile, balançant entre intransigeantisme, traditionalisme et intégrisme. Les bouleversements de l’Église américaine n’ont pas fait que provoquer l’avènement d’une extrême gauche puissante contre laquelle les conservateurs se déchaînent. Ils ont donné également naissance à plusieurs courants hostiles aux changements, anti-réformistes ou traditionalistes56.

    24Les États-Unis connaissent un petit réveil intégriste, initié par le père Gommar De Pauw, d’origine belge et professeur au Mount St. Mary’s Seminary, dans le Maryland. Il dénonce les textes de Vatican II comme des textes protestants. Menacé de suspension par son évêque, le cardinal Shehan de Baltimore, il se place sous la protection du cardinal Alfredo Ottaviani, secrétaire du Saint-Office, et se trouve transféré dans un diocèse italien. De là, il continue – par médias interposés – à mener la fronde contre la réforme liturgique et la « nouvelle » ecclésiologie de Vatican II dans son pays. De Pauw n’est pas seul dans son genre. Walter Matt de Saint-Paul, Minnesota, quitte son poste de rédacteur de la revue The Wanderer, fondée en 1867, de langue allemande et propriété de sa famille depuis 1897. Fier de son opposition à toutes les formes du libéralisme, selon la ligne du Syllabus, l’éditeur avait jusque-là continué la tradition du Wanderer qui combinait l’orthodoxie théologique, le laisser-faire économique et le populisme agrarien. Il a été un adversaire farouche du modernisme, de l’américanisme – déviance du clergé irlandais ! – et finalement des réformes introduites par Vatican II. Il n’a pas non plus été en reste dans ses critiques du socialisme, du New Deal, de l’administration Kennedy et de la politique libérale progressiste en général57. La position de Matt est encore plus radicalement « orthodoxe ». Il cherche à reconstituer le troupeau des vrais catholiques, ce « peuple de Dieu » lâché par ses Pères conciliaires en rase campagne et il fonde un nouveau journal, The Remnant, pour rassembler ses troupes. Watt propose de « réparer le saccage » par la pénitence, la prière et l’engagement total en Jésus, sûr de barrer, par ces moyens, la déferlante matérialiste, séculariste et athée dans l’Église. Plus tard, les intégristes américains, dispersés en mouvements locaux, trouveront en Mgr Lefebvre, leur figure de rassemblement, mais sur le moment, ils lisent du théologien Dietrich von Hildebrand, Trojan Horse in the City of God (1967) qui leur recommande le bon sens laïc (sic) face au chaos clérical et intellectuel58.

    25Peu d’intellectuels catholiques conservateurs se sentent concernés par l’intégrisme, quoiqu’ils aient, d’après Patrick Allitt, souvent jeté leurs regards vers lui et vu le basculement dans le schisme avec bienveillance. De même, ils ne fréquentent pas les groupes fidéistes comme les Catholic United for the Faith, constitués par un converti, Lyman Stebbins. Ces groupes se promettent de rester strictement orthodoxes et de diffuser le magistère – et non ses déformations – afin de contrer le danger le plus imminent qui menacerait désormais l’Église, celui de l’apostasie interne. Moins vindicatifs, les conservateurs apprécient néanmoins l’idée de Walter Matt sur les restants (remnants) du catholicisme, ces courageux préservateurs d’un idéal abandonné par tous et qui le maintiennent précieusement. Buckley voit une complète correspondance entre la remnant attitude de Matt et la certitude d’Ortega y Gasset ou de son premier mentor Albert Jay Nock : seuls les défenseurs de la civilisation chrétienne arriveront à se garder des forces titanesques de la modernité59.

    L’Amérique, ennemie de la Foi

    26D’autres pensent également être les vrais gardiens du catholicisme. La frange extrême qui s’excipe du conservatisme catholique politique est particulièrement atteinte par ce syndrome. Même si elle n’est pas arrivée à sa dissidence par le seul truchement d’une opposition au concile ou à ses résultats selon elle désastreux dans le catholicisme, cette opposition est majeure dans leur orientation politique. Les catholiques radicaux de droite doivent leur naissance aux ruminations politiques de Brent Bozell, qui a fini l’écriture de The Warren Revolution dans un grand doute sur la vraie nature de la Constitution américaine. Alors qu’il y a démontré son tempérament chrétien et a pourfendu la neutralité a-religieuse selon lui inventée par des Juges fédéraux, séparatistes et inconscients, il se demande si, finalement, la nature de la Constitution de son pays n’est pas, contrairement aux allégations construites par les réinventeurs catholiques du conservatisme et donc aussi par lui-même, substantiellement libérale60. Peut-être sont-ce les Trilling et autres Schlesinger qui sont dans le vrai ? Si tel est le cas, il faut repenser de fond en comble la nature du combat intellectuel et politique à mener et dénoncer la nature de l’Amérique elle-même, pour la transformer.

    27Brent Bozell convainc quelques proches dès 1964, du besoin d’un journal entièrement inspiré par un conservatisme catholique, qui ne pratiquerait pas comme la National Review, une balance fusionniste à la Meyer, un coup libérale, un coup conservatrice traditionaliste61. Ce projet donne naissance à la revue Triumph qui paraît début 1966. Bozell, mais aussi Neil McCaffrey, Frederick Wilhelsem, Garry Potter, John Wisner et Michael Lawrence, n’ont jamais apprécié les résidus libertariens de la National Review. Ils sont également dérangés par l’orientation de plus en plus politicienne de William Buckley, après la campagne de Goldwater, dont pourtant Bozell a écrit le livre-programme. Ils veulent diffuser un autre modèle, intégralement catholique, dont ils se font fort de rapprocher l’Amérique, trop proche des Lumières sécularistes. Et ce modèle, la petite équipe le cherche en Espagne.

    28L’Espagne est en effet le mirage fantasmatique des Bozell et Wilhelmsen. C’est le pays où la Chrétienté comme système organique serait encore existante62. Bozell et sa femme y ont passé deux ans avec leurs enfants entre 1961 et 1963, encouragés, selon leur témoignage, par Willmore Kendal et Frederick Wilhelmsen. Les Bozell ont apprécié l’atmosphère à leur goût hautement catholique du pays, sans en sentir la férule63. Frederick Wilhelmsen (1923-1996) pour sa part, est encore plus enthousiaste. Ce philosophe de formation va être l’âme principale de la revue Triumph. Il a obtenu son doctorat à l’université Complutense, à Madrid, et a enseigné entre 1961 et 1965 à mi-temps à l’université de Navarre à Pampelune dépendante de l’Opus Dei64. Auparavant, dans les années 1950, il s’est distingué, en tant qu’enseignant à l’université Santa Clara de Californie, par ses articles enflammés en faveur de la résistance hongroise, démonstration de la foi catholique défiant le dragon soviétique athée. Il a même tenté d’organiser un corps de volontaires pour aider les rebelles hongrois, entreprise que le département d’État a vite fait tourner court. Il a argumenté, comme Bozell, la licéité de l’arme atomique contre l’URSS65. Dans le courant des années 1950, il a rédigé une méditation sur Hilaire Belloc66 et la dimension historique de tous les actes humains. Il a publié également une réflexion sur la philosophie de l’être et de l’acte, d’après sa lecture d’Etienne Gilson67. De l’historien du christianisme Christopher Dawson, il a récupéré la certitude que le christianisme n’est pas seulement une religion, mais le principal agent de la formation de la culture occidentale. De Chesterton, il a retenu que les explications naturalistes sur l’homme et le monde faisaient violence à l’homme comme au monde. Grâce à Voegelin, il considère le libéralisme et le communisme comme les deux visages de la même hérésie gnostique. Il cherche à retrouver dans la philosophie classique toute sa correspondance avec la loi naturelle68. Et comme Voegelin et Molnar, Wilhelmsen critique l’épistémologie contemporaine qui dénie l’idée même d’une connaissance objective, marotte des newtoniens et de la philosophie des Lumières69. Le détachement intellectuel, aux yeux de Wilhelmsen n’est qu’un leurre cachant une conception mécaniciste de l’être humain70.

    29Wilhelmsen est le principal adepte du mythe de l’Amérique comme dernière Chrétienté, dans le courant politique traditionaliste des années 1950. Le Moyen Âge lui semble un temps de clarté lumineuse et de brillance intellectuelle, sous la gouvernance bienveillante de l’Église catholique. La Réforme, la Renaissance, la Révolution française, et la révolution industrielle sont autant de désastres successifs, conduisant le monde à un grand péril, annulant le sens du mystère, la révérence à l’être et à la contemplation de Dieu. L’industrialisation, facilitée par une sorte de suppression théorique de l’organique et du qualitatif, a favorisé une concentration de l’esprit sur le quantitatif lequel manipule, répète, projette. Désormais, les êtres humains vivent dans une réalité appauvrie, brutalement imposée à eux par des technologues prométhéens. Les hommes ne sont plus intéressés par l’existence ou la richesse du monde, mais seulement par la manière dont le monde peut être techniquement transformé : « Aujourd’hui, les choses sont comprises exclusivement si elles sont quantifiables. La conséquence est une imposition à la Procuste de la rationalité sur le monde plutôt que l’intelligibilité du monde71. »

    30C’est pourquoi il admire l’Espagne. Ce pays est pour lui un contre modèle de l’univers rationalisé et inhumain auquel les États-Unis ont donné naissance. Wilhelmsen conspue chez ses compatriotes, l’impiété, le matérialisme et l’aliénation. De ce point de vue, il n’est pas patriote, ni républicain, il professe un monarchisme improbable72, comme synthèse de toutes ses idées. La force de la monarchie, écrit-il, est son attelage avec la famille, base de la société. Les exigences de gouvernement y rencontrent les liens de sang, plus profonds et primitifs qu’aucun système contractuel ou constitutionnel ne pourrait jamais donner73. Wilhelmsen pense que l’Espagne a seule défait les deux plus grands ennemis du christianisme, l’Islam au temps de la Reconquista, et le communisme, au moment de la guerre civile74 : « Le croissant, le marteau et la faucille, ultimement ont le même ennemi commun, la croix du Christ, et cette civilisation qui a pris racine et a fleuri à partir du bois du Golgotha75. »

    31À son exemple, la revue Triumph, entraîne dans son sillage un groupe de catholiques hispanophiles qui perdure le temps de son existence (1966-1975), la Society for a Christian Commonwealth. Cette société organise des séminaires d’été pour étudiants à l’Escurial, censé être le centre symbolique de la Chrétienté traditionnelle. Franco est considéré comme le sauveur de l’Espagne dans la guerre civile, quand bien même le cœur de ces hispanophiles bat pour les carlistes, et qu’ils critiquent le général de ne pas avoir rendu le trône à Don Javier76. Quand à la fin des années 1960, les adeptes de la Chrétienté éternelle se mettent à pratiquer comme les gauchistes catholiques, l’action musclée directe, ils se surnomment eux-mêmes Los Hijos de Tormenta (les fils du Tonnerre), habillés avec les bérets rouges de la milice carliste, armés de croix en bois et de rosaires, et chantant « Viva Christo Rey », quand la police les arrête ou les disperse77. Cette posture distingue le militantisme des ultras des catholiques conservateurs. Dans leur mirage médiéval et monarchiste, ils en viennent à rejeter l’Amérique, ce que jamais les conservateurs n’ont fait. Triumph critique l’Amérique d’une manière véhémente. Six ans plus tôt, Bozell regardait encore son pays comme l’instrument choisi par Dieu pour préserver l’Ouest et la Chrétienté. Il déclare en 1970 qu’il est en guerre contre cette nation ennemie de la religion : « Si elle veut se protéger elle-même et si elle veut respecter son divin mandat d’enseigner tous les peuples, l’Église catholique en Amérique doit casser le traité de paix, elle doit reconnaître franchement qu’un état de guerre existe entre elle-même et l’ordre politique américain78. »

    32Dans une longue et passionnée réprimande aux conservateurs, Bozell clame que même si la démocratie américaine est à l’agonie, peu de citoyens se tourneront vers le nouveau conservatisme de ses anciens amis pour trouver le salut. La raison en est qu’eux, les conservateurs fusionnistes, sont tournés vers l’intérêt économique au lieu de se calquer sur la critique morale et religieuse. Ils sont prêts à s’entendre avec les sécularistes sur l’idée que la société peut être organisée sans Dieu79. Au lieu de se voir eux-mêmes comme les guides d’une nation à relever, les éditeurs de Triumph disent représenter la Tribu chrétienne, surnageant dans une culture qui ne l’est plus, une culture qui a quitté ses vieilles amarres et dérive sur des mers anarchiques80. Ce refus de l’engagement politique est quand même de courte durée. Finalement, les catholiques ultras ont retrouvé la position de George Dunne, ce jésuite qui dénonçait au tout début des années 1960, le fait que la civilisation occidentale n’avait plus rien d’une incarnation du christianisme. Au début des années 1970, la Tribu chrétienne cherche à la périphérie de son monde une nouvelle inspiration. Wilhelmsen collabore avec Janet Bret à deux livres, fondés sur la théorie télévisuelle de Marshall McLuhan. Il y expose la fin de la modernité, l’avènement de la post-modernité, la retribalisation du monde, le chaos des nations, le retour de l’ignorance, la fin de toutes les vieilles conventions. C’est dans ce monde terrible que la Tribu chrétienne doit trouver son chemin81.

    33Mais la posture anti-américaine est difficile à accepter pour beaucoup de lecteurs et de penseurs, proches pourtant de la revue. Le journal Triumph au plus fort de sa forme compte 30 000 abonnés. L’axe Espagne/modèle parfait de Chrétienté versus États-Unis/modèle anti-chrétien choque les meilleures volontés et le journal finit par péricliter. Plusieurs plumes de la revue, Russell Kirk, John Luckas, Jeffrey Hart, Thomas Molnar, émettent des réserves de plus en plus grandes sur sa ligne éditoriale. Ils anticipent sa chute à cause de ses opinions trop « anti-américaines » et de son délire hispanisant. Les échanges de courrier entre auteurs témoignent du malaise interne. John Davenport est bien d’accord pour dénoncer la mise par terre de l’Église catholique et de la société américaine, mais pas au point de « souhaiter l’avènement du Moyen Âge aux États-Unis » ! Gerhart Niemeyer, professeur de science politique à Notre-Dame est aussi très sensible à la thèse de Bozell sur l’intenable réalisation d’un ordre politique purement centré sur l’homme, mais il refuse le prix de l’antiaméricanisme. Jeffrey Hart admet (comme Buckley) que « dans son paradigme, le conservatisme est chrétien et catholique », mais il ajoute que sur la terre, il ne peut pas être aussi pur82. Un lecteur témoigne : « Quand je suis en train de lire votre journal, je suis des vôtres… quand je vais au travail, que je m’arrête pour prendre une bière, et que je pagaie avec mes enfants pour aller pêcher la truite, eh bien, je ne suis pas sûr que toutes ces choses soient aussi anti-chrétiennes que vous le dites. » Sûrement, ledit lecteur était prêt à admettre la confusion et le déboussolement du géant américain à ce moment de son histoire, mais pas au point de déclarer la guerre à son pays tant chéri, en mémoire des Douglas MacArthur, Whittaker Chambers et Brent Bozell d’antan83.

    Le Vietnam, une guerre impie

    34La déroute prévisible de la revue Triumph ne doit pas cacher, qu’une fois transformé son antiaméricanisme suicidaire en accusation criante de l’état peccamineux dans lequel le pays s’est plongé et dont il doit sortir, le substrat dénonciateur qu’elle contient nourrit la vindicte conservatrice populiste de la décennie suivante. C’est en effet le caractère contestataire de l’extrême droite catholique, si proche du caractère contestataire de son extrême gauche dans sa critique de l’Amérique, qui va survivre largement à la disparition de la revue et à ses lubies. Allitt souligne que toute l’histoire de Triumph présente des parallèles remarquables avec le mouvement radical catholique de gauche. Les deux groupes sont mécontents de l’Église catholique, les uns parce que le changement est trop rapide, les autres trop lent. Les deux mouvements sont horrifiés par la guerre du Vietnam, les uns parce qu’ils voient les Vietnamiens, y compris communistes, comme des résistants à l’impérialisme et donc des représentants du message chrétien de libération et d’espoir, les autres parce que les deux camps en présence au Vietnam se valent dans l’antichristianisme. Les deux groupes comprennent l’importance de l’action médiatique forte et les deux fustigent tout ce qui n’est pas de leur bord, avec véhémence et fréquence. Les deux se sentent étrangers à leur nation et à leur Église. Les deux vont avoir leurs héros rebelles qui se retrouvent derrière les barreaux, à l’exemple des militants des droits civils quelques années plus tôt.

    35C’est ainsi que la première contestation des catholiques ultras est celle du Vietnam. À partir de l’assassinat de Diem en 1963, les futurs membres de Triumph deviennent très sceptiques. Ce n’est pas tant parce que la guerre au Vietnam offense la morale humaine qu’elle est condamnable – ce que défendent les libéraux de gauche – que parce qu’elle a cessé d’avoir un but spirituel. La guerre ne peut plus apparaître comme une défense des catholiques vietnamiens84. L’équipe éditoriale est très claire dans son premier billet de 1966 : « Nous soutenons la guerre pourvu que ce soit une guerre digne d’un sacrifice chrétien. Mais ce n’est pas une guerre chrétienne, si nos soldats sont juste là à mourir pour l’installation de la branche Asie du Sud Est du H. E. W.85. » Seule une guerre faite pour extirper le communisme et faire avancer l’ordre chrétien pouvait gagner leur assentiment86. Le refus se transforme vite en dénonciation, quand des rumeurs commencent à circuler sur l’utilisation d’armes chimiques et biologiques et même de l’arme atomique. Pour Bozell, qui cherche à appliquer de manière intégrale la morale catholique dans l’ordre politique, de telles pratiques sont horribles, quand bien même il a, avec Wilhelmsen quelques années plus tôt, admis la licéité d’un bombardement nucléaire préventif sur l’Union soviétique. La morale de la guerre juste, telle que Bozell la présente, enseigne, entre autres choses, l’immunité des civils dans les combats militaires. Il est clair pour lui que les Vietnamiens, pris en tenaille par les troupes américaines et les guérillas, meurent en grand nombre et sans défense. Quand Burnham justifie dans la National Review l’usage des armes chimiques pour éliminer l’ennemi après l’offense du Têt, Bozell décide de ne plus y écrire et de quitter le comité éditorial. Triumph dénonce ensuite la guerre du Vietnam d’une manière de plus en plus virulente : les États-Unis n’appliquent aucun principe moral comme l’immunité des populations civiles, la poursuite d’une proportionnalité justifiée entre le bien recherché et le mal provoqué, l’espoir raisonnable de succès. La guerre vietnamienne se transforme en erreur exemplaire, commise par un régime pourri, la démocratie libérale, aussi corrompue que le communisme. La révolte contre Dieu qui caractérise l’Amérique rend sa mission dans le Sud-Est asiatique illégitime.

    36Au début des années 1970, quelques commentateurs de Triumph finissent même par défendre la position sans compromission contre cette guerre des Berrigan frères. Parmi eux se distingue John Wisner, qui parle du sujet avec autorité, pour avoir été décoré comme vétéran de la Seconde Guerre mondiale, parachuté en Normandie la veille du débarquement, combattant durant la bataille des Ardennes et également la bataille du Rhin en mars 1945. Ayant survécu à la guerre, il décide « d’assumer le joug doux et aisé du Christ87 » et se convertit au catholicisme en 1954. Il rejoint Bozell après le concile et oriente Triumph dans sa posture intégrale. La condamnation par Triumph de l’immoralité sans solution de la guerre du Vietnam est en grande partie la sienne.

    Vatican II ou le suicide de l’Église catholique

    37Un autre trait de la contestation ultra – qui rejoint et nourrit son extrémisme politique – est son intransigeantisme ecclésial. Si l’équipe de Triumph ne bascule pas directement dans l’intégrisme, c’est davantage en résistance à la facilité de cette bascule, qu’en témoignage de fidélité à l’Église conciliaire. Les catholiques ultras se voient comme les derniers chevaliers qui restent purs (remnants). C’est pourquoi, au commencement de Triumph, l’équipe de la National Review est assez bienveillante. Aux premiers numéros, avant que cette revue ne dérive dans ses prétentions antirépublicaines, ceux de la National Review en font de grands compliments. La revue Triumph fait en quelque sorte le travail que les conservateurs, focalisés sur leur combat politique contre la Nouvelle Gauche en général, n’ont pas le temps de faire contre la Nouvelle Gauche au sein de l’Église américaine. La National Review se félicite ainsi du langage militant de Triumph, dont les éditeurs sont « éloquents et instruits » et l’esprit « rafraîchissant, en contraste de l’œcuménisme fanatique et dévitalisant de ces dernières années88 ». Jeffrey Hart écrit que le ton de Triumph est exactement ce dont on avait besoin comme antidote à la perspective gauche-libérale de Commonweal et America89.

    38Il est vrai que le militantisme anti-réformiste de Triumph est de tous les instants. Wilhelmsen se demande à la fin du concile pourquoi, si le catholicisme est vrai, il faut le changer90. Il énumère tous les arguments avancés pour la réforme et la transformation de l’Église et il les retourne. Le célibat clérical est une mortification ? En effet, c’est une mortification de soi, bénéfique pour le renoncement et la libération intérieure. De même, l’autorité de l’Église est plus nécessaire que la liberté académique dans les universités catholiques dont les gauchistes rebattent les oreilles de tout un chacun. Les auteurs de la nouvelle revue font face à un dilemme évident. Ils se disent loyaux catholiques mais leur opinion sur Paul VI est négative. Le pape ne semble pas prêt à sévir contre les expériences radicales. Aux États-Unis, le clergé est en passe de basculer dans l’anarchie et le pape ne bouge pas. L’engagement de prêtres et d’évêques dans des causes raciales, urbaines et militaires est devenu tel, que ces derniers sont incapables d’avoir une parole distincte et spécifique qui les différencie des autres91. Comment ensuite avoir la moindre crédibilité spirituelle dans le monde si l’Église s’engage dans des combats d’un tout autre ordre ? « Dans les matières séculières, l’Église est comme une immigrée, Elle ne peut rien être d’autre qu’une néophyte honteuse, incapable de parler anglais sans exciter la dérision des natifs92. »

    39Wilhelmsen écrit que l’Église, forte et autoritaire, a conduit un combat victorieux contre le communisme et la barbarie moderne. Mais, juste quand les catholiques traditionalistes comme lui pensent que l’ennemi est sur le point de se rendre, les défenseurs de l’Église ouvrent les portes et invitent les forces du sécularisme à occuper la Cité de Dieu93 ! John Wisner renchérit dans la perspective tragique : les catholiques sont en train de dégringoler une pente qui a conduit le protestantisme à la catastrophe. L’idée d’une Amérique protestante a – d’après lui échoué – dans le procès du Singe en 1925. Alors que le scientisme a trouvé face à lui un puritanisme vulnérable parce qu’ouvert à la modernité, l’Église catholique a résisté admirablement et gagné de nombreuses conversions. Tragiquement, depuis le « second Concile du Vatican, les évêques américains [ont] choisi de suivre les Protestants dans la défaite… Comme les Protestants avant eux, ils ont cherché à embrasser la culture séculière-libérale environnante, elle-même vision dégénérée de la culture chrétienne, au prix inestimable de l’éternelle vérité94 ». Le concile Vatican II a pris « la décision d’abandonner la civilisation chrétienne », décision symbolisée par le renoncement au latin, paré ici des vertus thaumaturges des langues sacrées… La fin de la civilisation chrétienne ne signifie pas la fin de la vérité chrétienne certes, mais la perte de tous ses supports fait que la préservation de la vérité est plus difficile.

    40Dernier grand sujet d’inquiétude, l’avènement de la théologie de la libération en Amérique latine comme signe de la dérive conciliaire. Pour Thomas Molnar, parcourant le monde et envoyant ses articles à Triumph, les Église du Brésil, d’Argentine, du Vietnam, de France et d’Irlande mutent sous les innovations et perdent leurs fidèles. À Medellin, en Colombie, les évêques du continent se réunissent pour cautionner les thèmes de cette théologie avec son option préférentielle pour les pauvres. Or, selon Molnar, cette théologie n’est qu’une variante de l’idéologie marxiste. Les jésuites, anciens remparts du conservatisme en Amérique latine, commencent à s’y radicaliser et le pape, faisant peu d’efforts pour arrêter ces changements, laisse se développer ce nouveau cancer95. Les adversaires de la théologie de la libération, à peine celle-ci apparue, sont fermement en place aux États-Unis.

    Notes de bas de page

    1Robert Wuthnow, The Restructuring of American Religion : Society and Faith Since World War II, Princeton, Princeton University Press, 1988, p. 71-99.

    2Robert Campbell (éd.), Spectrum of Catholic Attitudes, op. cit., 191 p., cité par Patrick Allitt, Catholics Intellectuals…, p. 134.

    3« The Agony of Pope Paul VI », in The Governor Lisleth, p. 296.

    4Sur un panorama des changements de l’Église américaine, voir l’étude synthétique de James P. McCartin, « The Waning of the Catholic Other and Catholicism in American Life after 1965 », Revue Française d’Études Américaines, n° 95, février 2003, p. 7-29.

    5Dans l’abondante littérature autour de l’histoire de Vatican II, retenons de Philippe Bordeyne, « Vatican II, un concile dans l’Histoire », Études, 2005/12, t. CDIII, p. 649-658.

    6Dominique Gonnet, La liberté religieuse à Vatican II. La contribution de John Courtney Murray, Cerf, 1994 (réédition), 410 p.

    7Un sondage Lou Harris de 1967 montre que 71 % des catholiques américains apprécient la nouvelle liturgie vernaculaire. Cité par Patrick Allitt, Catholic Intellectuals…, p. 130.

    8Gary Wills, « Cloak and Crozier : Another Anomaly », National Catholic Reporter, 31 mars 1965, p. 8, ibid.

    9William F. Buckley, The Jeweler’s Eye, New York, Putnam, 1968, p. 324, cité par Patrick Allitt, ibid.

    10Patrick Allitt, Catholic Intellectuals…, p. 124.

    11Gary Wills, Bare Ruined Choirs : Doubts, Prophecy and Radical Religion, Garden City, New York, Doubleday, 1972, p. 21.

    12Thèse de R. Scott Appleby, spécialiste de l’histoire du modernisme théologique aux Etats-Unis – cf son Church And Age Unite, The Modernist Impulse in American Catholicism, Notre-Dame, University of Notre-Dame Press, 1992 – in « The Triumph of Americanism, Common Ground for U. S Catholics in The Twentieh Century », in Being Right, Conservatives Catholics in America, Mary Jo Weaver et R. Scott Appleby (éd.), Indianapolis, Indiana University Press, 1995, p. 37-52.

    13Sur l’esprit de la gauche catholique, voir de Mary-Jo Weaver, What’s Left ? Liberal American Catholics, Bloomington, Indiana University Press, 1999 et précisément la contribution de Mary Ann Hindsale et John Boyle, « Academic Theology : Why We are Not What You Where ? », p. 111-135.

    14Andrew Greeley, The American Catholic : A Social Portrait, New York, Basic, 1977, p. 152-163.

    15« Father DuBay’s Union », Commonweal, 11 mars 1966, p. 654.

    16Charles Meconis, With Clumsy Grace : The American Catholic Left, 1961-1975, op. cit., p. 95.

    17Ibid., p. 93.

    18Charles Rice, Authority and Rebellion : The Case for Orthodoxy in the Catholic Church, Garden City, NY, Doubleday, 1971.

    19R. Laurence Moore, Religious Outsiders and the Making of Americans, New York, Oxford University Press, 1986, 272 p. ; Patrick Allitt, Catholic Intellectuals…, p. 124-126.

    20George Kelly, The Battle for The American Church, Garden City, NY, Doubleday, 1979, 513 p.

    21Ramparts, n° 1, mai 1962, p. 3. Évolution rapportée par Patrick Allitt, op. cit., p. 127.

    22Patrick Allitt, op. cit., p. 128.

    23« The Diary of Che Guevara », Ramparts, 27 juillet 1968, tout le volume.

    24New York Times, articles de John Leo, des 7 mars, 30 avril 1965, 3 janvier, 10 janvier 1966 ; Commonweal, articles de John Leo des 28 janvier et 24 juin 1966.

    25« In the Vulgate », National Review, 24 janvier 1966, p. 58-60. Russell Kirk, « Academic Disorder at St John’s », National Review, 8 février 1966 ; Patrick Allitt, op. cit., p. 128-130.

    26Jay P. Dolan, The American Catholic Experience, op. cit., p. 444.

    27« This Time, Catholic University », Commonweal, 5 mai 1967, p. 187-191.

    28Son ouvrage le plus connu reste en 1983 Beyond God The Father : Towards a Philosophy of Women’s Liberation, Beacon Press.

    29Patrick Allitt, Catholic Intellectuals and Conservative Politics, p. 130.

    30James T. Fisher, The Catholic Counter-Culture in America, 1933-1962, op. cit., p. 251-252. Voir également de William A. Au, The Cross, The Flag and the Bomb : American Catholics Debate War and Peace, 1960-1983, Westport, Connecticut, Greenwood, p. 107-135.

    31Robert Scheer, « Hang Down Your Head, Tom Dooley », Ramparts, 3, janvier-février 1965, p. 23-28. Sur ce militantisme, Patrick Allitt, Catholic Intellectuals…, p. 137-139.

    32Francine DuPlessix Gray, Divine Disobedience : Profiles in Catholic Radicalism, New York, Knopf, 1970, p. 67-78.

    33La militance des frères Berrigan est décrite par Charles A. Meconis, With Clumsy Grace, The American Catholic Left (1961-1975), The Seabury Press, 1979, p. 14-65. Daniel Berrigan a également laissé une biographie, To Dwell in Peace ; An Autobiography, San Francisco, Harper and Row, 1987. Enfin, de Murray Polner et Jim O’Grady, Disarmed and Dangerous : The Radical Life and Times of Daniel and Philip Berrigan, New York, Basic Books, 1997 et Westview Press Inc., 1998, 464 p.

    34Michael Novak, The Open Church : Vatican II, acte II, p. 11. Sur Novak, les renseignements qui suivent sont tirés de Patrick Allitt, op. cit., p. 252-261.

    35Gary Wills, « True Confession », National Catholic Reporter, 18 août 1965, p. 8.

    36Michael Novak, « Niebuhr on Man and Society : Equanimity after Polemics », National Catholic Reporter, 23 février 1966, p. 9.

    37Michael Novak, A New Generation : American and Catholic, New York, Herder and Herder, 1964, p. 249.

    38Michael Novak, A Theology for Radical Politics (compilation d’articles), New York, Herder & Herder, 1969, p. 17.

    39Ibid., p. 28.

    40Ibid., p. 29.

    41Ibid., p. 92-93.

    42Ibid., p. 72.

    43Ibid., p. 103.

    44Ibid., p. 104.

    45Michael Novak, Abraham Heschel, Robert McAfee Brown, Vietnam, Crisis of Conscience, New York, Herder and Herder/Association Press, 1967, p. 25-30 ; Patrick Allitt, op. cit., p. 260.

    46Michael Novak, A. Theology for Radical Politics, 1969, p. 23.

    47Garry Wills, « On the Present Positions of Catholics », National Review, 4 mai 1965, p. 375-377.

    48Will Herberg, « Open Season on the Church ? », National Review, 4 mai 1965, p. 363-364.

    49Thomas Molnar, « The Ideology of Aggiornamento », ibid., p. 365-366.

    50Brent Bozell, « Who is Accommodating to What ? », ibid., p. 374, cité par Patrick Allitt, op. cit., p. 133.

    51Interview de Jeffrey Hart par Patrick Allitt, in Catholic Intellectuals, p. 135.

    52Jeffrey Hart, « A Relief to Server with Wretched Hate Sheet », National Catholic Reporter, 23 avril 1969, p. 20, cité par Allitt, Catholic Intellectuals, p. 136.

    53H. O. Brown, « The Protestant Deformation », National Review, 1er juin 1965, p. 464-466.

    54Max Geltman, The Confrontation : Black Power, Antisemitism and the Myth of Integration, Prentice Hall, 1970, 239 p.

    55Max Geltman, « The Jewish Affirmation », National Review, 4 octobre 1966, p. 977-983.

    56Robert Campbell, Spectrum of Catholic Attitudes, op. cit., 1969, introduction ; Patrick Allitt, op. cit., p. 130-132.

    57Pat Buchanan y a écrit régulièrement comme Joseph Sobran, que nous aurons l’occasion de retrouver. Son tirage actuel est de 35 000 exemplaires selon les références données par John H. Hass, « Conservative Catholic Periodicals », in R. Scott Appleby, Being Right, op. cit., p. 337-344.

    58Cette description est tirée de William D. Dinges, « We are What You Were ; Roman Catholic Traditionalism in America », in R. Scott Appleby (éd.), Being Right, op. cit., p. 241-270.

    59Selon John Judis, William F. Buckley Jr, Patron Saint of the Conservatives, p. 44-48 et 213-218.

    60Brent Bozell, « The Death of the Constitution », Triumph, 3, février 1968, p. 10-14 ; Patrick Allitt, p. 140-144.

    61Sur le débat Bozell-Meyer à propos du fusionnisme, voir de George Nash, The Conservative Intellectual Movement in America Since 1945, p. 154-185. La revue a compté dans ses auteurs, Christopher Dawson, Jeffrey Hart, Russell Kirk, Gerhart Niemeyer, Rousas John Rushdoony et Warren Carroll, fondateur du Christendom College.

    62Rêve décrit par Frederick Wilhemsen, « The Conservative Vision », Commonweal, 24 juin 1955, p. 295-299.

    63Interview de Bozell et de sa femme par Patrick Allitt, citée in Allitt, Catholic Intellectuals, p. 144-145.

    64Ici il faut considérer les attaches possibles entre Willmore Kendall, Frederick Wilhelmsen, Brent Bozell à l’Opus Dei, présent aux États-Unis depuis 1949, qui expliquerait leur présence dans l’Espagne franquiste des années 1960.

    65Frederick Wilhelmsen, « Towards a Theology of Survival », National Review, 12 janvier 1965, p. 17-19.

    66Frederick Wilhelmsen, Hillaire Belloc : No Alienated Man, New York, Sheed and Ward, 1953.

    67Frederick Wilhelmsen, The Metaphysics of Love, New York, Sheed and Ward, 1962.

    68Frederick Wihlelmsen, « Classical Political Theory and the Western Mind » (commentaire sur le livre de Leo Strauss, What is Classical Philosophy ?), in Commonweal 73, n° 6, 4 novembre 1960, p. 152-154.

    69Eric Voegelin, The New Science of Politics, Chicago, University of Chicago Press, 1952.

    70Frederick Wilhelmsen, « review of Voegelin’s book, Israël and Revelation », Modern Age, printemps 1959, p. 182-189.

    71Frederick Wilhelmsen, « The Death of Analysis », Triumph 4, octobre 1969, p. 24.

    72James Lehrberger, O. Cist, « Christendom’s Troubadour : Frederick Wilhelmsen », The Intercollegiate Review, printemps 1996, p. 61-65.

    73Patrick Allitt, Catholic Intellectuals, p. 145. Sur Wihelmsen et sa dérive hispanophile, p. 146-148.

    74L’Islam ennemi du christianisme, devient le thème remplaçant la cause anti-communiste dans le milieu des conservateurs catholiques des années 1990-2000.

    75Frederick Wilhelmsen, « The Future of Catholic Spain », Triumph, 10, juin 1975, p. 11.

    76Editorial, « The Reign in Spain », Triumph, 4, février 1969, p. 8.

    77Patrick Allitt, Catholic Intellectuals, p. 144.

    78Editorial, « The Silent Church », Triumph, 5, janvier 1970, p. 42.

    79Brent Bozell, « Letter to Yourselves », Triumph, 4, mars 1969, p. 11-14 et II, avril 1969, p. 11-13.

    80Brent Bozell, « The Confessional Tribe », Triumph, 5, juillet 1970.

    81Frederick Wilhelmsen et Janet Bret, The War in Man ; Media and Machines, Athens, University of Georgia Press, 1970 ; Telepolitics, Montreal, Tundra, 1972.

    82Réactions à l’article « Letter to Yourselves », Triumph, 4, juin 1969, p. 17-18.

    83James Fitzpatrick, « Dear Triumph, Do You Really Mean It ? », Triumph, 7, janvier 1972, p. 14-16.

    84John Wisner, « Vietnam Imbroglio », Triumph, 1, octobre 1966, p. 37.

    85Sigle de l’US Department of Health, Education and Welfare c’est-à-dire le secrétariat pour la Santé, l’Éducation et les Affaires sociales.

    86Editorial, « The War », Triumph, 1, septembre 1966, p. 3 ; Patrick Allitt, p. 151-152.

    87Lettre de John Wisner à Patrick Allitt, 3 mars 1991, in Catholic Intellectuals and Conservative Politics, p. 152.

    88Editorial, « At Least : A Conservative Catholic Magazine ! », National Review, 6 septembre 1966, p. 870-871.

    89Interview de Hart, Patrick Allitt, Catholic Intellectuals., p. 151.

    90« Catholicism is Right, So why Change it ? », Saturday Evening Post, 15 juillet 1967, p. 10-12.

    91Editorial, « The Automn of the Church », Triumph, 3, juin 1968, p. 10.

    92Editorial, Triumph, 1, décembre 1966, p. 10.

    93Frederick Wilhelsem, « The Church is Right., So Why Change It ? », Saturday Evening Post, 15 juillet 1967, p. 10.

    94Ibid.

    95Thomas Molnar, « Iglesia y Revolucion », Triumph, 3, juin 1968, p. 15-18. Sur la pensée de Thomas Molnar, voir l’étude de Patrick Allitt, « Thomas Molnar and the Disenchatment of Intellectual Life », in Catholic Intellectuals and Conservative Politics in America, p. 222-242.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0

    Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Chrétiens de Chine

    Chrétiens de Chine

    Affiliations et conversions au xxie siècle

    Pierre Vendassi

    2016

    Les espaces du catholicisme français contemporain

    Les espaces du catholicisme français contemporain

    Territoires et identités communautaires en tension

    Vincent Herbinet

    2021

    Fin du franco-judaïsme ?

    Fin du franco-judaïsme ?

    Quelle place pour les Juifs dans une France multiculturelle ?

    Martine Cohen

    2022

    Conversions à l'islam

    Conversions à l'islam

    Unions et séparations

    Amélie Puzenat

    2015

    Relations islamo-chrétiennes en Méditerranée

    Relations islamo-chrétiennes en Méditerranée

    Entre dialogue et crispation

    Rémi Caucanas

    2015

    Quand le religieux fait conflit

    Quand le religieux fait conflit

    Désaccords, négociations ou arrangements

    Anne-Sophie Lamine (dir.)

    2014

    La droite catholique aux États-Unis

    La droite catholique aux États-Unis

    De la guerre froide aux années 2000

    Blandine Chelini-Pont

    2013

    L'appel du texte

    L'appel du texte

    Sociologie du savoir bibliste

    Pierre Lassave

    2011

    Corps et religions

    Corps et religions

    Panorama international

    Brigitte Feuillet-Liger et Aurélien Rissel (dir.)

    2021

    Des dieux et des fonctionnaires

    Des dieux et des fonctionnaires

    Religions et laïcités face au défi de la construction européenne

    Bérengère Massignon

    2007

    Pluralisme religieux et citoyenneté

    Pluralisme religieux et citoyenneté

    Micheline Milot, Philippe Portier et Jean-Paul Willaime (dir.)

    2010

    La modernité contre la religion ?

    La modernité contre la religion ?

    Pour une nouvelle approche de la laïcité

    Jacqueline Lagrée et Philippe Portier (dir.)

    2010

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Chrétiens de Chine

    Chrétiens de Chine

    Affiliations et conversions au xxie siècle

    Pierre Vendassi

    2016

    Les espaces du catholicisme français contemporain

    Les espaces du catholicisme français contemporain

    Territoires et identités communautaires en tension

    Vincent Herbinet

    2021

    Fin du franco-judaïsme ?

    Fin du franco-judaïsme ?

    Quelle place pour les Juifs dans une France multiculturelle ?

    Martine Cohen

    2022

    Conversions à l'islam

    Conversions à l'islam

    Unions et séparations

    Amélie Puzenat

    2015

    Relations islamo-chrétiennes en Méditerranée

    Relations islamo-chrétiennes en Méditerranée

    Entre dialogue et crispation

    Rémi Caucanas

    2015

    Quand le religieux fait conflit

    Quand le religieux fait conflit

    Désaccords, négociations ou arrangements

    Anne-Sophie Lamine (dir.)

    2014

    La droite catholique aux États-Unis

    La droite catholique aux États-Unis

    De la guerre froide aux années 2000

    Blandine Chelini-Pont

    2013

    L'appel du texte

    L'appel du texte

    Sociologie du savoir bibliste

    Pierre Lassave

    2011

    Corps et religions

    Corps et religions

    Panorama international

    Brigitte Feuillet-Liger et Aurélien Rissel (dir.)

    2021

    Des dieux et des fonctionnaires

    Des dieux et des fonctionnaires

    Religions et laïcités face au défi de la construction européenne

    Bérengère Massignon

    2007

    Pluralisme religieux et citoyenneté

    Pluralisme religieux et citoyenneté

    Micheline Milot, Philippe Portier et Jean-Paul Willaime (dir.)

    2010

    La modernité contre la religion ?

    La modernité contre la religion ?

    Pour une nouvelle approche de la laïcité

    Jacqueline Lagrée et Philippe Portier (dir.)

    2010

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Rennes
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    1Robert Wuthnow, The Restructuring of American Religion : Society and Faith Since World War II, Princeton, Princeton University Press, 1988, p. 71-99.

    2Robert Campbell (éd.), Spectrum of Catholic Attitudes, op. cit., 191 p., cité par Patrick Allitt, Catholics Intellectuals…, p. 134.

    3« The Agony of Pope Paul VI », in The Governor Lisleth, p. 296.

    4Sur un panorama des changements de l’Église américaine, voir l’étude synthétique de James P. McCartin, « The Waning of the Catholic Other and Catholicism in American Life after 1965 », Revue Française d’Études Américaines, n° 95, février 2003, p. 7-29.

    5Dans l’abondante littérature autour de l’histoire de Vatican II, retenons de Philippe Bordeyne, « Vatican II, un concile dans l’Histoire », Études, 2005/12, t. CDIII, p. 649-658.

    6Dominique Gonnet, La liberté religieuse à Vatican II. La contribution de John Courtney Murray, Cerf, 1994 (réédition), 410 p.

    7Un sondage Lou Harris de 1967 montre que 71 % des catholiques américains apprécient la nouvelle liturgie vernaculaire. Cité par Patrick Allitt, Catholic Intellectuals…, p. 130.

    8Gary Wills, « Cloak and Crozier : Another Anomaly », National Catholic Reporter, 31 mars 1965, p. 8, ibid.

    9William F. Buckley, The Jeweler’s Eye, New York, Putnam, 1968, p. 324, cité par Patrick Allitt, ibid.

    10Patrick Allitt, Catholic Intellectuals…, p. 124.

    11Gary Wills, Bare Ruined Choirs : Doubts, Prophecy and Radical Religion, Garden City, New York, Doubleday, 1972, p. 21.

    12Thèse de R. Scott Appleby, spécialiste de l’histoire du modernisme théologique aux Etats-Unis – cf son Church And Age Unite, The Modernist Impulse in American Catholicism, Notre-Dame, University of Notre-Dame Press, 1992 – in « The Triumph of Americanism, Common Ground for U. S Catholics in The Twentieh Century », in Being Right, Conservatives Catholics in America, Mary Jo Weaver et R. Scott Appleby (éd.), Indianapolis, Indiana University Press, 1995, p. 37-52.

    13Sur l’esprit de la gauche catholique, voir de Mary-Jo Weaver, What’s Left ? Liberal American Catholics, Bloomington, Indiana University Press, 1999 et précisément la contribution de Mary Ann Hindsale et John Boyle, « Academic Theology : Why We are Not What You Where ? », p. 111-135.

    14Andrew Greeley, The American Catholic : A Social Portrait, New York, Basic, 1977, p. 152-163.

    15« Father DuBay’s Union », Commonweal, 11 mars 1966, p. 654.

    16Charles Meconis, With Clumsy Grace : The American Catholic Left, 1961-1975, op. cit., p. 95.

    17Ibid., p. 93.

    18Charles Rice, Authority and Rebellion : The Case for Orthodoxy in the Catholic Church, Garden City, NY, Doubleday, 1971.

    19R. Laurence Moore, Religious Outsiders and the Making of Americans, New York, Oxford University Press, 1986, 272 p. ; Patrick Allitt, Catholic Intellectuals…, p. 124-126.

    20George Kelly, The Battle for The American Church, Garden City, NY, Doubleday, 1979, 513 p.

    21Ramparts, n° 1, mai 1962, p. 3. Évolution rapportée par Patrick Allitt, op. cit., p. 127.

    22Patrick Allitt, op. cit., p. 128.

    23« The Diary of Che Guevara », Ramparts, 27 juillet 1968, tout le volume.

    24New York Times, articles de John Leo, des 7 mars, 30 avril 1965, 3 janvier, 10 janvier 1966 ; Commonweal, articles de John Leo des 28 janvier et 24 juin 1966.

    25« In the Vulgate », National Review, 24 janvier 1966, p. 58-60. Russell Kirk, « Academic Disorder at St John’s », National Review, 8 février 1966 ; Patrick Allitt, op. cit., p. 128-130.

    26Jay P. Dolan, The American Catholic Experience, op. cit., p. 444.

    27« This Time, Catholic University », Commonweal, 5 mai 1967, p. 187-191.

    28Son ouvrage le plus connu reste en 1983 Beyond God The Father : Towards a Philosophy of Women’s Liberation, Beacon Press.

    29Patrick Allitt, Catholic Intellectuals and Conservative Politics, p. 130.

    30James T. Fisher, The Catholic Counter-Culture in America, 1933-1962, op. cit., p. 251-252. Voir également de William A. Au, The Cross, The Flag and the Bomb : American Catholics Debate War and Peace, 1960-1983, Westport, Connecticut, Greenwood, p. 107-135.

    31Robert Scheer, « Hang Down Your Head, Tom Dooley », Ramparts, 3, janvier-février 1965, p. 23-28. Sur ce militantisme, Patrick Allitt, Catholic Intellectuals…, p. 137-139.

    32Francine DuPlessix Gray, Divine Disobedience : Profiles in Catholic Radicalism, New York, Knopf, 1970, p. 67-78.

    33La militance des frères Berrigan est décrite par Charles A. Meconis, With Clumsy Grace, The American Catholic Left (1961-1975), The Seabury Press, 1979, p. 14-65. Daniel Berrigan a également laissé une biographie, To Dwell in Peace ; An Autobiography, San Francisco, Harper and Row, 1987. Enfin, de Murray Polner et Jim O’Grady, Disarmed and Dangerous : The Radical Life and Times of Daniel and Philip Berrigan, New York, Basic Books, 1997 et Westview Press Inc., 1998, 464 p.

    34Michael Novak, The Open Church : Vatican II, acte II, p. 11. Sur Novak, les renseignements qui suivent sont tirés de Patrick Allitt, op. cit., p. 252-261.

    35Gary Wills, « True Confession », National Catholic Reporter, 18 août 1965, p. 8.

    36Michael Novak, « Niebuhr on Man and Society : Equanimity after Polemics », National Catholic Reporter, 23 février 1966, p. 9.

    37Michael Novak, A New Generation : American and Catholic, New York, Herder and Herder, 1964, p. 249.

    38Michael Novak, A Theology for Radical Politics (compilation d’articles), New York, Herder & Herder, 1969, p. 17.

    39Ibid., p. 28.

    40Ibid., p. 29.

    41Ibid., p. 92-93.

    42Ibid., p. 72.

    43Ibid., p. 103.

    44Ibid., p. 104.

    45Michael Novak, Abraham Heschel, Robert McAfee Brown, Vietnam, Crisis of Conscience, New York, Herder and Herder/Association Press, 1967, p. 25-30 ; Patrick Allitt, op. cit., p. 260.

    46Michael Novak, A. Theology for Radical Politics, 1969, p. 23.

    47Garry Wills, « On the Present Positions of Catholics », National Review, 4 mai 1965, p. 375-377.

    48Will Herberg, « Open Season on the Church ? », National Review, 4 mai 1965, p. 363-364.

    49Thomas Molnar, « The Ideology of Aggiornamento », ibid., p. 365-366.

    50Brent Bozell, « Who is Accommodating to What ? », ibid., p. 374, cité par Patrick Allitt, op. cit., p. 133.

    51Interview de Jeffrey Hart par Patrick Allitt, in Catholic Intellectuals, p. 135.

    52Jeffrey Hart, « A Relief to Server with Wretched Hate Sheet », National Catholic Reporter, 23 avril 1969, p. 20, cité par Allitt, Catholic Intellectuals, p. 136.

    53H. O. Brown, « The Protestant Deformation », National Review, 1er juin 1965, p. 464-466.

    54Max Geltman, The Confrontation : Black Power, Antisemitism and the Myth of Integration, Prentice Hall, 1970, 239 p.

    55Max Geltman, « The Jewish Affirmation », National Review, 4 octobre 1966, p. 977-983.

    56Robert Campbell, Spectrum of Catholic Attitudes, op. cit., 1969, introduction ; Patrick Allitt, op. cit., p. 130-132.

    57Pat Buchanan y a écrit régulièrement comme Joseph Sobran, que nous aurons l’occasion de retrouver. Son tirage actuel est de 35 000 exemplaires selon les références données par John H. Hass, « Conservative Catholic Periodicals », in R. Scott Appleby, Being Right, op. cit., p. 337-344.

    58Cette description est tirée de William D. Dinges, « We are What You Were ; Roman Catholic Traditionalism in America », in R. Scott Appleby (éd.), Being Right, op. cit., p. 241-270.

    59Selon John Judis, William F. Buckley Jr, Patron Saint of the Conservatives, p. 44-48 et 213-218.

    60Brent Bozell, « The Death of the Constitution », Triumph, 3, février 1968, p. 10-14 ; Patrick Allitt, p. 140-144.

    61Sur le débat Bozell-Meyer à propos du fusionnisme, voir de George Nash, The Conservative Intellectual Movement in America Since 1945, p. 154-185. La revue a compté dans ses auteurs, Christopher Dawson, Jeffrey Hart, Russell Kirk, Gerhart Niemeyer, Rousas John Rushdoony et Warren Carroll, fondateur du Christendom College.

    62Rêve décrit par Frederick Wilhemsen, « The Conservative Vision », Commonweal, 24 juin 1955, p. 295-299.

    63Interview de Bozell et de sa femme par Patrick Allitt, citée in Allitt, Catholic Intellectuals, p. 144-145.

    64Ici il faut considérer les attaches possibles entre Willmore Kendall, Frederick Wilhelmsen, Brent Bozell à l’Opus Dei, présent aux États-Unis depuis 1949, qui expliquerait leur présence dans l’Espagne franquiste des années 1960.

    65Frederick Wilhelmsen, « Towards a Theology of Survival », National Review, 12 janvier 1965, p. 17-19.

    66Frederick Wilhelmsen, Hillaire Belloc : No Alienated Man, New York, Sheed and Ward, 1953.

    67Frederick Wilhelmsen, The Metaphysics of Love, New York, Sheed and Ward, 1962.

    68Frederick Wihlelmsen, « Classical Political Theory and the Western Mind » (commentaire sur le livre de Leo Strauss, What is Classical Philosophy ?), in Commonweal 73, n° 6, 4 novembre 1960, p. 152-154.

    69Eric Voegelin, The New Science of Politics, Chicago, University of Chicago Press, 1952.

    70Frederick Wilhelmsen, « review of Voegelin’s book, Israël and Revelation », Modern Age, printemps 1959, p. 182-189.

    71Frederick Wilhelmsen, « The Death of Analysis », Triumph 4, octobre 1969, p. 24.

    72James Lehrberger, O. Cist, « Christendom’s Troubadour : Frederick Wilhelmsen », The Intercollegiate Review, printemps 1996, p. 61-65.

    73Patrick Allitt, Catholic Intellectuals, p. 145. Sur Wihelmsen et sa dérive hispanophile, p. 146-148.

    74L’Islam ennemi du christianisme, devient le thème remplaçant la cause anti-communiste dans le milieu des conservateurs catholiques des années 1990-2000.

    75Frederick Wilhelmsen, « The Future of Catholic Spain », Triumph, 10, juin 1975, p. 11.

    76Editorial, « The Reign in Spain », Triumph, 4, février 1969, p. 8.

    77Patrick Allitt, Catholic Intellectuals, p. 144.

    78Editorial, « The Silent Church », Triumph, 5, janvier 1970, p. 42.

    79Brent Bozell, « Letter to Yourselves », Triumph, 4, mars 1969, p. 11-14 et II, avril 1969, p. 11-13.

    80Brent Bozell, « The Confessional Tribe », Triumph, 5, juillet 1970.

    81Frederick Wilhelmsen et Janet Bret, The War in Man ; Media and Machines, Athens, University of Georgia Press, 1970 ; Telepolitics, Montreal, Tundra, 1972.

    82Réactions à l’article « Letter to Yourselves », Triumph, 4, juin 1969, p. 17-18.

    83James Fitzpatrick, « Dear Triumph, Do You Really Mean It ? », Triumph, 7, janvier 1972, p. 14-16.

    84John Wisner, « Vietnam Imbroglio », Triumph, 1, octobre 1966, p. 37.

    85Sigle de l’US Department of Health, Education and Welfare c’est-à-dire le secrétariat pour la Santé, l’Éducation et les Affaires sociales.

    86Editorial, « The War », Triumph, 1, septembre 1966, p. 3 ; Patrick Allitt, p. 151-152.

    87Lettre de John Wisner à Patrick Allitt, 3 mars 1991, in Catholic Intellectuals and Conservative Politics, p. 152.

    88Editorial, « At Least : A Conservative Catholic Magazine ! », National Review, 6 septembre 1966, p. 870-871.

    89Interview de Hart, Patrick Allitt, Catholic Intellectuals., p. 151.

    90« Catholicism is Right, So why Change it ? », Saturday Evening Post, 15 juillet 1967, p. 10-12.

    91Editorial, « The Automn of the Church », Triumph, 3, juin 1968, p. 10.

    92Editorial, Triumph, 1, décembre 1966, p. 10.

    93Frederick Wilhelsem, « The Church is Right., So Why Change It ? », Saturday Evening Post, 15 juillet 1967, p. 10.

    94Ibid.

    95Thomas Molnar, « Iglesia y Revolucion », Triumph, 3, juin 1968, p. 15-18. Sur la pensée de Thomas Molnar, voir l’étude de Patrick Allitt, « Thomas Molnar and the Disenchatment of Intellectual Life », in Catholic Intellectuals and Conservative Politics in America, p. 222-242.

    La droite catholique aux États-Unis

    X Facebook Email

    La droite catholique aux États-Unis

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    La droite catholique aux États-Unis

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Chelini-Pont, B. (2013). Chapitre I. Vatican II et l’emergence des extrêmes catholiques (1965-1972). In La droite catholique aux États-Unis. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14syq
    Chelini-Pont, Blandine. « Chapitre I. Vatican II et l’emergence des extrêmes catholiques (1965-1972) ». In La droite catholique aux États-Unis. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2013. doi:10.4000/14syq.
    Chelini-Pont, Blandine. « Chapitre I. Vatican II et l’emergence des extrêmes catholiques (1965-1972) ». La droite catholique aux États-Unis, Presses universitaires de Rennes, 2013, https://doi.org/10.4000/14syq.

    Référence numérique du livre

    Format

    Chelini-Pont, B. (2013). La droite catholique aux États-Unis. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/14tdj
    Chelini-Pont, Blandine. La droite catholique aux États-Unis. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2013. doi:10.4000/14tdj.
    Chelini-Pont, Blandine. La droite catholique aux États-Unis. Presses universitaires de Rennes, 2013, https://doi.org/10.4000/14tdj.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Rennes

    Presses universitaires de Rennes

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.pur-editions.fr

    Email : pur@univ-rennes2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement