Les Caumont de La Force
Grandeur et déclin institutionnel d’un lignage au cœur des mutations du régime de l’édit de Nantes
p. 247-260
Texte intégral
« Quelques-uns, il est vrai, dans la foule des morts,
Du fer des assassins trompèrent les efforts.
De Caumont, jeune enfant, l’étonnante aventure
Ira de bouche en bouche à la race future.
[…]
Tandis qu’en ses fureurs l’homicide est trompé.
D’aucun coup, d’aucun trait, Caumont ne fut
frappé ;
Un invisible bras, armé pour sa défense,
Aux mains des meurtriers dérobait son enfance ;
Son père, à ses côtés, sous mille coups mourant,
Le couvrait tout entier de son corps expirant ;
Et du peuple et du roi trompant la barbarie,
Une seconde fois il lui donna la vie1. »
1Tels sont les vers de La Henriade de Voltaire qui évoquent la survie miraculeuse de Jacques Nompar de Caumont de La Force lors du massacre de la Saint-Barthélemy, au cours duquel son père et son frère furent assassinés. Le jeune La Force avait alors 14 ans et il ne rendit l’âme que 80 ans plus tard, après un parcours d’une longévité et d’une densité exceptionnelles au service de l’État, non sans attacher une importance primordiale aux intérêts de la Réforme au sein du royaume de France, que l’édit de Nantes avait vocation à assurer. Les origines tragiques de l’investissement militaire et politique du lignage expliquent sa défense acharnée de la cause protestante, à laquelle participèrent ses fils, tout en veillant à ne pas agir de façon déraisonnée vis-à-vis de l’État.
2Cependant, l’érosion progressive du lignage et surtout l’évolution de la monarchie française au cours du règne personnel de Louis XIV mirent à mal la puissance des La Force, qui, une fois les grandes figures déclinantes puis disparues, furent dans l’incapacité d’exercer un contrepoids efficace face au processus qui aboutit à la révocation de l’édit de Nantes. La famille fut durement touchée. Comment le lignage des Caumont de La Force était-il parvenu à jouer ce jeu d’équilibriste entre la foi et la fidélité à la monarchie, non sans oublier d’en obtenir des avantages nécessaires au maintien de leur puissance ? Pourquoi leur stratégie nobiliaire et confessionnelle perdit-elle progressivement son appui essentiel sur la permanence de la guerre ?
Servir le roi malgré les tempêtes
La faveur des compagnons d’armes et l’implantation institutionnelle des protestants
3Jacques Nompar de Caumont de La Force bénéficia d’une faveur liée à sa proximité avec Henri IV, qu’il avait suivi dès son évasion de la Cour en 1576. Il devint son capitaine des gardes du corps après le décès d’Henri III. Ce fut à ce titre qu’il fut présent dans le carrosse royal lorsque Ravaillac commit son régicide.
4Henri IV avait maintenu sa confiance envers les gentilshommes protestants qui avaient soutenu son « saut périlleux ». Ces fidèles protestants furent progressivement intégrés aux grands offices de la Couronne. Outre le vicomte de Turenne, devenu maréchal de France dès 1592, Sully fut revêtu de l’office de grand maître de l’artillerie en 1599, tandis que Lesdiguières reçut également le bâton en 1609. Il était su que La Force devait être lui aussi élevé au maréchalat le 17 mai 1610, à l’ouverture de la guerre prévue contre l’Espagne. S’il n’en est pas fait mention dans ses provisions de maréchal de France en 16222, le fait est souligné en 1637 dans ses lettres patentes de duc et pair, en affirmant que « peu avant sa mort, [Henri IV] l’avoit désigné à la charge de maréchal de France3 ». Fontenay-Mareuil corrobore ces propos dans ses Mémoires4, ainsi que Bassompierre dans les siens5.
5Le roi reconnaissait l’importance militaire du personnage, à une époque où il fallait encore compter sur des chefs qui pouvaient s’appuyer sur leur famille et leur clientèle pour commander et ordonner à l’armée. Un tel projet n’avait pas manqué de développer les soupçons autour d’une abjuration insincère d’Henri IV en 1593, puisque le serment du sacre impliquait de lutter contre l’hérésie, fût-ce par la douceur.
La fidélité face aux parentèles et compagnons en révolte
6Cependant, nous remarquons que Jacques Nompar de Caumont de La Force n’avait pas obtenu la même ascension que ses coreligionnaires. Nous pouvons l’expliquer par le fait qu’après l’édit de Nantes, La Force fut lié malgré lui à des conjurations ourdies ou dans lesquelles s’impliquaient d’anciens compagnons d’armes ou des parents par alliance.
7La Force était le gendre du défunt maréchal de Biron, qui avait contribué à son sauvetage en 1572. Il était donc le beau-frère de l’autre maréchal de Biron, exécuté à la Bastille en 1602 pour avoir trempé dans un complot avec l’Espagne, dans lequel s’était impliqué le maréchal de Bouillon. Henri IV avait sollicité La Force pour raisonner l’intrigant, en vain. Une fois l’arrestation accomplie et l’exécution prévue, les proches du condamné s’approchèrent du roi à Fontainebleau et l’implorèrent de le gracier. La Force était à leur tête. Sa harangue, au cours de laquelle il offrit même « de servir de caution pour Monsieur de Biron, et pour cet effet proposa tous ses enfants en otage » fut vaine. Henri IV n’en aurait pas moins eu quelque appréhension d’un mécontentement. Fut-ce pour cette raison que ce dernier lui proposa une première fois l’office de maréchal ? La Force déclina l’offre car c’était « chose malséante en pareille occurrence6 ».
8La Force n’en était pas moins surveillé au regard des agissements de sa parentèle. En effet, le 15 juillet 1605, le roi lui ordonna de se porter en Périgord. Cette inaction forcée survint à la suite de nouvelles alarmantes concernant une nouvelle tentative de soulèvement par Bouillon (qui aboutit au voyage à Sedan de 1606) et l’attitude d’un autre de ses beaux-frères, Armand de Gontaut-Biron, seigneur de Chef-Boutonne, frère du maréchal exécuté trois ans auparavant, et soupçonné d’avoir eu la tentation d’entrer en rébellion dans un esprit de vengeance avec l’aide des Espagnols. Ni les protestants rassemblés à Bergerac, ni Chef-Boutonne, « parce que sa mère lui avoit donné des avis contraires » selon De Thou7, ne se soulevèrent. Avant la venue du duc d’Épernon puis d’Henri IV en Limousin au mois d’octobre 1605 pour calmer les velléités de révolte, La Force joua un rôle mêlant intercession et réaction contre les gentilshommes prêts à la révolte. Dès le 20 octobre 1605, La Force put expliquer à son épouse avoir « fort parlé au roi de Messieurs de Biron et de Chefboutonne », ajoutant avoir satisfait le roi « pour ce qui regarde [son] frère, le baron de Chefboutonne et tout est accommodé », mais perçu de l’aigreur contre Jean de Gontaut-Biron, frère aîné de la marquise de La Force. Il avait confirmé sa fidélité et son aptitude à contribuer au maintien de ses coreligionnaires et de sa parentèle dans l’obéissance.
Un intermédiaire étatique et confessionnel
9La Force assurait un rôle d’intermédiaire étatique et confessionnel. La confiance dont il jouissait était suffisamment importante pour que le roi lui confiât le gouvernement et la lieutenance générale du Béarn, sans lui conférer toutefois un quelconque titre de vice-roi de Navarre8. La Force conservait les possessions souveraines personnelles d’Henri IV et y garantissait l’exercice du seul culte protestant, de la même manière qu’il le faisait dans le bastion protestant de Bergerac, en Guyenne, place dont il était aussi le gouverneur.
10Ses fonctions contribuaient à faire de la Navarre et Béarn un territoire servant de soupape diplomatique entre le royaume de France et celui d’Espagne. Nous pouvons le percevoir à travers les échanges avec les Morisques. Dès 1602, certains parmi eux avaient noué des contacts avec La Force, dans l’espoir d’un soutien en vue d’un soulèvement général. Si Henri IV n’avait aucun intérêt raisonnable à rallumer la guerre contre l’Espagne, achevée en 1598 non sans difficultés, il n’en étudia pas moins l’idée, propice à une guerre fourrée préparant la guerre ouverte, une fois le royaume de France présumé prêt. Les visites secrètes d’émissaires auprès des Morisques durèrent jusqu’en 1605, lorsque l’un d’entre eux, Paschal de Saint-Estève, présenté par Bassompierre comme « le secrétaire de Monsieur de La Force9 », fut arrêté, torturé puis pendu à Saragosse au mois de septembre. Le risque de guerre était important. Le 11 juillet 1605, ne sachant pas encore ce qui était advenu de Saint-Estève, le secrétaire d’État Villeroy écrivit à La Force afin de l’instruire sur la conduite à adopter. Villeroy croyait encore à ce moment-là en la possibilité d’un piège espagnol pour compromettre la France : « Nous ne voyons et entendons point aussi qu’ils aient rien innové en Aragon, ni ailleurs contre ceux pour lesquels ledit Saint-Estève disoit porter parole ; par où je conclus, ou qu’ils n’ont découvert ses pratiques, ou qu’ils le dissimulent pour mieux les avérer, de quoi seul le temps nous éclaircira10. » Les contacts avec les Morisques furent plus discrets, mais pas interrompus, puisque l’idée d’un soulèvement était encore prise en considération à l’orée de la guerre avortée de 1610.
11Le régicide commis par Ravaillac renversa la situation, et La Force dut jouer un autre rôle, à savoir celui d’assurer la reconnaissance du jeune Louis XIII comme roi de France et de Navarre. Il rassembla le maire et les consuls de Bergerac afin de leur faire prêter le serment de fidélité au roi et à la régente. Notons toutefois qu’il ne le fut prêté qu’« appres avoir iceux exortés d’icelluy entretenir en paix, union et concorde soubs l’observation des édits de pacification, ce qu’ils nous ont tous promis et asseuré de faire11 ». Les accusations de mauvais gouvernement de la part de Marie de Médicis, accrues par l’influence de Concini, furent d’autant plus exprimées qu’elle voulait réimplanter le catholicisme en Navarre et Béarn. Le mariage entre son fils et l’infante Anne d’Autriche fut considéré comme contraire à la politique du défunt Henri IV. Bien que mécontent de Marie de Médicis, La Force tergiversait dans la conduite à tenir. Il ne souhaitait pas paraître rebelle à la dynastie qu’il avait contribué à placer sur le trône.
12Si le marquis de La Force restait attaché à sa foi et avait conscience du symbole qu’il incarnait, ses actions de révolte étaient néanmoins fortement liées à des mécontentements provoqués par des bouleversements au sein de la Cour. Il subissait la concurrence d’Antoine II de Gramont (père du maréchal du même nom), qui ambitionnait le gouvernement de Béarn et qui, ainsi, aurait pu y réimplanter le catholicisme, ainsi qu’en Navarre. Cette rivalité est à prendre en compte lorsqu’on aborde la question de l’adhésion, du moins temporaire, de La Force à la révolte du prince de Condé en 1615. Les menaces sur sa position institutionnelle et la pression exercée par ses coreligionnaires quant à la dimension mémorielle qu’il incarnait le plaçaient dans une situation délicate. Agrippa d’Aubigné l’interpella dans Les Tragiques en l’accusant d’être un renégat, alors que le drame originel de la Saint-Barthélemy le baignait perpétuellement du sang de son père et de son frère :
« Ton sein est pour jamais teinct du sang de tes proches,
Dieu t’a sauvé par grâce, ou bien c’est pour reproches :
Grace en mettant pour luy l’esprit qui t’a remis,
Reproche en te faisant serf de tes ennemis12. »
13Fut-ce durant cette période de crise que Jacques de La Force consigna (ou dicta ?) son récit de la Saint-Barthélemy ? Ce témoignage ne semble pas avoir circulé sous le manteau13. Il n’était peut-être pas question pour La Force d’exploiter d’une quelconque façon son témoignage pour sensibiliser et galvaniser les jeunes protestants, ainsi que voulait le faire d’Aubigné. La narration d’apparence laconique laisse place par moments à des remontées vives du souvenir, de nature évidemment traumatique. Néanmoins, il sut combiner son souci de conserver son gouvernement et la cause réformée, ainsi lorsqu’il obtint le soutien du parlement de Pau, qu’il convainquit que l’entrée de Gramont en Béarn était synonyme de rétablissement du catholicisme et donc d’un recul irréversible du protestantisme14.
Choisir la raison d’État et employer la foi à son service (1615-1638)
La cause de la foi et le devoir de révolte
14Comment à la fois maintenir sa loyauté à une dynastie dont il avait soutenu l’avènement et défendre l’assurance confessionnelle qui était l’un des fondements majeurs de sa fidélité ? Le coup de majesté de Louis XIII du 24 avril 1617 fut un tournant. Luynes en tira profit au détriment de Montpouillan, l’un des fils de La Force, apprécié du roi, donc concurrent potentiel dans la quête de sa faveur. La prise d’influence de Luynes sur le roi fut la cause essentielle de la disgrâce progressive de l’ensemble des La Force :
« Néanmoins le sieur de Luynes, sans esguard qu’il estoit la seule cause de sa fortune, commence bientost après à procurer sa disgrace et à le voulloir esloigner d’auprès de la persone de Sa Majesté, d’autant que le sieur de Monpaullan possédoit entièrement ses bonnes grâces, auxquelles le sieur de Luynes ne voullut point avoir de conpagnon. J’oseray mesme dire qu’il redouttoit l’esprit et le courage du sieur de Monpaullan, beaucoup plus fort et plus puissant que le sien. »
15La rébellion du lignage avait pour cause première l’influence de Luynes sur le roi au détriment de Montpouillan, qui joua un rôle dans la mise à l’écart de La Force en Navarre et Béarn, où le culte catholique fut réinstauré, ce qui impliquait la désignation d’un gouverneur de la même confession : « Cecy sera remarquable que le commencemant de la disgrâce arrivée à la maison de La Force, le sieur de Monpaullan en aura esté la cause et le sieur de La Force le prétexte de la siene et la Religion le subject de l’une et de l’auttre15. » Le marquis de La Force et ses fils étaient donc poussés vers la révolte à la suite des avanies progressives subies par leur lignage. L’édit de Pau d’octobre 1620 qui réunissait la Navarre et le Béarn à la Couronne de France rétablissait le culte catholique dans ces territoires. La Force ayant perdu sa position, il entra en rébellion, tout en ayant conscience qu’il entraînait dans la disgrâce ses fils, y compris Montpouillan. Il fut déclaré criminel de lèse-majesté. Malgré l’engagement dans la révolte au nom de la défense de la foi, l’impératif de recouvrer les honneurs perdus ou d’obtenir une compensation plus ou moins équitable resta prégnant. Il était indispensable de montrer sa valeur militaire, tant auprès du parti protestant que pour monnayer son accommodement à venir. Si la défense de Montauban lui fournit un titre de gloire dans la défense de la cause protestante, le décès de Montpouillan à Tonneins ne manqua pas d’affecter sa stratégie visant à replacer son lignage au sein des institutions, en dépit de l’évidente satisfaction que pouvait lui apporter le décès de Luynes, bref connétable de France.
16L’accommodement de Gaspard III de Châtillon lui avait permis, le 21 février 1622, de devenir maréchal de France, moins de deux ans après avoir obtenu un brevet promettant ladite charge16. La Force occupa alors Sainte-Foy, bicoque qui ne pouvait tenir un long siège, mais qui restait une monnaie d’échange satisfaisante. Le 14 mai 1622, il rendit la place au roi en obtenant l’office de maréchal de France et 200 000 écus, en compensation des pertes subies depuis 162017. La Force avait privilégié son élévation personnelle et le rétablissement institutionnel de son lignage au détriment d’une cause dont, aux yeux des protestants les plus intransigeants, le sang paternel et fraternel aurait dû faire de lui le symbole ou l’un des plus grands défenseurs.
La foi au service de la remontée en puissance française en Europe
17La politique de Richelieu, qui sut habilement rassembler les protestants révoltés autour du roi pour l’aider à la remontée en puissance contre les Habsbourg, offrit au maréchal de La Force vieillissant une importance militaire qu’il n’avait jamais eue auparavant. La guerre fourrée opérée jusqu’en 1635, avec son lot d’interventions dans des conflits régionaux, le plaça parmi les généraux essentiels du dispositif français. Sa correspondance souligne le rôle d’intermédiaire qu’il jouait auprès de princes protestants qui étaient autant d’alliés contre les Habsbourg d’Espagne et du Saint-Empire. Les formules employées attestent de la place accordée à la confession du maréchal de La Force dans les relations établies au nom du roi de France. Lorsqu’il se trouva en Lorraine en 1631 et 1632, il eut des échanges avec différents princes protestants, disposés à s’allier à la France mais aussi souhaitant s’assurer que l’armée du roi de France n’allait pas vivre sur leur territoire. Le 28 janvier 1632, le comte de Nassau lui disait être « naturellement porté au respect et à l’entretien des personnes de piété et de meritte entre lesquelles [il savait qu’il possédait] les premiers rangs18 ». Le 14 février suivant, le duc de Deux-Ponts lui écrivit pour lui demander d’épargner ses États et ses sujets, ravagés par la guerre. Pour mieux l’apitoyer, il ouvrit sa lettre en évoquant leur confession commune. « La conformité de Religion (en laquelle vostre foy, zele, et constance vous mettent en exemple à nostre fierté), nous unit d’un lien indissoluble », lui confia ce prince19.
18La guerre fourrée du royaume de France versa progressivement vers la guerre ouverte. Les opérations de Lorraine de 1633 et 1634 aboutirent au secours de plusieurs places outre-Rhin contre les Impériaux comme Heidelberg et Philippsbourg. Le chancelier suédois Oxenstiern, qui poursuivait la politique du défunt Gustave-Adolphe, échangea avec La Force, en prévision de la coordination entre Français et Suédois. Dans l’optique de la remontée en puissance française, le maréchal de La Force conservait tout son intérêt pour Louis XIII et Richelieu.
Consolider le rang du lignage et s’exclure des institutions militaires ?
19La puissance des La Force n’était envisageable que par l’exercice d’un grand office de la Couronne ou le revêtement d’une dignité leur offrant une préséance vis-à-vis de la majorité de la noblesse du royaume. Encore fallait-il qu’il y eût hérédité. Son fils aîné, Armand, avait secondé efficacement son père aux armées. Cependant, Louis XIII était réticent à l’idée de lui conférer le maréchalat. Or, en 1636, il joua un rôle notable lors de la crise de Corbie. Alors que La Capelle avait été prise le 8 juillet et avant que Le Catelet ne capitulât le 25 suivant, des dispositions avaient été prises, notamment du côté de Laon, dont le relief constituait un important verrou sur la route de Paris. Nommé commandant dans les villes de Reims et de Laon, Armand ordonna la restauration et le renforcement des fortifications de la seconde en mobilisant plus de trois cents paysans au détriment des bourgeois « dont la corvée n’est qu’amusette mettant les paysans en désordre ». Il avait pris des dispositions logistiques ayant pour seul but la rapidité et l’efficacité des travaux à mener20, en dépit des difficultés suscitées par Antoine de Loménie de La Ville-aux-Clercs, secrétaire d’État de la Maison du roi à qui avait été attribuée l’Île-de-France parmi les provinces dévolues à son département pour la transmission et l’explicitation des actes royaux. Les dispositions prises par Armand Nompar de Caumont de La Force furent d’autant plus louées qu’elles soulignaient l’incurie du gouverneur de Corbie qui capitula le 15 août suivant, provoquant le fameux appel de l’arrière-ban autour du roi. Armand participa à la reprise de la place, qui ouvrit ses portes en novembre 1636.
20Comment le récompenser ? Il était maréchal de camp depuis 1625 et le grade de lieutenant général des armées du roi ne commença à être conféré qu’à partir de 1638. Devait-on le laisser stagner en dépit de son action méritoire ? Aucun protestant n’avait été élevé au maréchalat depuis les accommodements de Châtillon et de La Force. Fallait-il accorder pareille promotion au risque de pérenniser un parti protestant parmi les grands officiers de la Couronne ? Son frère Henri était alors également loué pour les services militaires rendus. Ne pouvait-il pas revendiquer également le maréchalat ? C’était contraire à l’œuvre royale de sape de la puissance de lignages au sein des institutions.
21Toutefois, il fallait éviter un mécontentement dans un contexte militaire difficile. Louis XIII fit « proposer d’ériger dès à présent la terre de La Force en duché-pairie, ou de bailler l’estat de mareschal de France au marquis de La Force, après le décès du père, voulant qu’ils fassent eslection ou de l’un ou de l’autre21 ». Le maréchal et Armand optèrent pour le duché-pairie, la justification étant donnée dans les lettres de duc et pair datées de juillet 1637 : « luy [au maréchal] donner en son âge avancé [79 ans] des titres d’honneur et de dignité qu’il puisse transmettre à ses successeurs22 ». Cette élévation fut extrêmement bien reçue par les protestants, y compris par le duc de Rohan qui lui envoya une lettre de félicitations.
22Cependant, cet engagement impliquait « qu’ils ne prétendront jamais aux estats de mareschal de France23 ». C’était synonyme de mise à l’écart du commandement des armées, de plus en plus confiés aux seuls princes maréchaux de France. Le maréchal de La Force se retira en 1638, suivi par son fils cadet, le marquis de Castelnau, qui venait d’accéder au grade de maréchal de camp mais qui semblait inadapté à une guerre autre que civile et provinciale24. Armand, en revanche, fut malheureux par négligence ou mésestimation de la situation. Il échoua, en effet, à défendre contre les Espagnols les lignes du prince de Condé pendant le siège de Fontarabie. Le désastre l’avait profondément marqué, ayant perdu ses équipages et, au regard de la dispersion (débandade ?) des troupes vaincues devant Fontarabie, Armand, qui se sentait responsable, jugeait, dans une lettre du 17 septembre 1638 au prince de Condé, qu’il n’était plus utile et craignait même que les débris de l’armée fussent poursuivis et attaqués à Saint-Jean-de-Luz :
« Ce corps n’est pas si considérable qu’au plus un maréchal de camp ne suffise pour le commander, et si je ne le crois pas capable de garder ce lieu en l’état qu’il est et que les troupes sont, je supplie très humblement Votre Altesse [le prince de Condé], si quelqu’un de ces messieurs [les autres maréchaux de camp avec qui il roulait ?] est en état de pouvoir venir ici, de l’y envoyer, et me permettre de m’aller rafraîchir, et me pourvoir de force choses qui me sont nécessaires, ayant entièrement perdu tout mon équipage25. »
23Le marquis de La Force se découragea probablement au mauvais moment et renvoya une posture fragile à la Cour. Il n’en fut pas moins fait lieutenant général des armées du roi en 1641, alors qu’il se trouvait encore sous les ordres de Condé en Guyenne, sans qu’aucune action notable eût lieu. La fragilité qu’il exprima à la suite de l’échec de Fontarabie l’avait déclassé, alors que, sexagénaire, il était dépassé par une jeune génération qui avait appris essentiellement le métier pendant les opérations récentes de la guerre de Trente ans, y compris parmi les protestants. Les La Force laissaient la place à une nouvelle génération, celle de Gassion et de Turenne.
Du déclin curial et militaire à la division forcée
Le devoir de révolte pour compenser le déclin institutionnel : un échec ?
24La tentation de la révolte n’était jamais loin. L’étoile des La Force pâlissait au moment où surgissait de nouveau le spectre de la révolte nobiliaire, perceptible depuis les agissements douteux du comte de Soissons pendant la reprise de Corbie. Les changements opérés au sein du commandement par Louis XIII et Richelieu pouvaient l’encourager. Or Armand de La Force ne répondit pas aux approches du comte de Soissons, ni du baron de Soubise exilé depuis son échec à La Rochelle. Armand s’en ouvrit même à Richelieu. Cette attitude explique probablement son élévation au grade de lieutenant général des armées du roi.
25Au moment de son agonie, Louis XIII appela à son chevet les maréchaux de Châtillon et de La Force afin de les exhorter une dernière fois, mais en vain, à abjurer le protestantisme26. Leur influence avait déjà commencé à décliner. Le maréchal de Châtillon avait terni ses dernières années de service par des échecs notables comme le siège de Saint-Omer en 1638 et la défaite de La Marfée en 1641, imputables en grande partie à des erreurs qu’il avait personnellement commises. Il mourut en 1646, trois ans après que son fils, Gaspard IV, eut abjuré le protestantisme27.
26Le maréchal de La Force s’était retiré dans son château, en Guyenne, conscient que son crédit avait diminué28. Son lignage se jeta pleinement dans la Fronde des princes dans cette province, où elle prit la forme d’une contestation contre son gouverneur, le duc d’Épernon, qui avait repris sa place après un intermède au cours duquel le père du Grand Condé l’avait supplanté. Le vieux La Force soutint la ville de Bordeaux avec ses fils Armand et Henri, qu’on annonçait « suivis de 6 000 hommes, levés dans les Cévennes et à Montauban29 ». Le 1er octobre 1650, une déclaration au nom de Louis XIV accorda « amnistie générale et plénière […] aux habitants de Bordeaux ainsi qu’au maréchal de La Force et à ses enfants30 ». Il est intéressant de relever que leur soutien à la Fronde fut initialement présenté comme ayant été motivé par une querelle entre le lieutenant général de Bergerac et le parlement de Bordeaux (crise locale qui devient plus large). Dans une lettre du 17 décembre 1650, Armand écrivit que ledit lieutenant général « avoit offencé le parlement, le droit de justice, le deu de sa charge, prejudice à nos amis lesquels nous assistons à la capture des consuls, et [qu’il prenait] pour affront31 ». Cette réaction à l’échelle locale maintenait évidemment l’autorité morale d’un lignage qui ne pesait plus à la Cour et qui ne demandait qu’à retrouver de l’importance. Rédigée la même année, la minute d’une lettre à Mazarin souligne à quel point Armand de La Force déplorait la perte de faveur qu’il avait ressentie au cours des années de la Régence synchrones de la conclusion de la guerre de Trente Ans : « Mais me ressouvenant d’un côté des bontés que la reine m’a daigné témoigner autrefois, et considérant de l’autre ce qui s’est passé depuis plusieurs années de sa régence à mon désavantage et à l’avancement d’une infinité de personnes qui n’avoient pas été plus attachées à son service32. » En se repliant en Guyenne, si le lignage des La Force pouvait encore espérer déstabiliser l’autorité de la régente et Mazarin, il ne pesait pas autant que Turenne, qui, plus animé par son désir de « princerie étrangère » que par une défense des intérêts protestants, avait fait le choix de se tourner vers les Espagnols. La posture adoptée par les La Force était-elle devenue anachronique ?
Un lignage divisé
27Le lignage des La Force connaissait des tourments internes, même si, affirme Tallemant des Réaux dans ses Historiettes, « le mareschal pouvoit compter en filz et en petit-filz plus de vingt-quatre enfans », chiffre quelque peu surestimé, dans la mesure où il semble avoir aussi compté ceux qui avaient été tués lors d’opérations militaires du vivant du vieux maréchal.
28Armand de La Force avait perdu son fils précocement. Il n’avait plus qu’une fille, qui était destinée à épouser le maréchal de Turenne, mais les commandements exercés à la fin de la guerre de Trente Ans et les épisodes frondeurs avaient retardé l’union. Il était dans l’incapacité de transmettre à sa progéniture le titre de duc de La Force, si bien que son frère Castelnau lui fit de nombreuses difficultés, notamment des procès « que le marquis [Armand], depuis la mort de son père, a tous gaignez33 ».
29Castelnau avait rallié le parti de Condé en Guyenne. En mai 1651, ce dernier en était devenu le gouverneur et il arriva à Bordeaux en septembre. Castelnau pensait qu’en le soutenant, son contentieux avec son frère aîné tournerait en sa faveur. Il convainquit son père nonagénaire de se déclarer pour Condé qui, en difficulté face au comte d’Harcourt (qui était alors encore fidèle au gouvernement royal), se réfugia à Bergerac, où commandait Castelnau. La figure tutélaire du vieux maréchal, qui se prétendait toujours prompt à servir, avait convaincu les habitants de la place.
30À l’opposé, Armand choisit de ne pas suivre son père et son frère dans cette entreprise condéenne. Fraîchement retourné dans le giron royal, Turenne, dit La Rochefoucauld dans ses Mémoires, « refusait de se joindre à ceux de Monsieur le Prince […] et […] le marquis de La Force demeurait uni avec M. de Turenne34 ». Il en fut récompensé. Le maréchal de La Force mourut le 10 mai 1652 à l’âge de 94 ans, après avoir, dit Tallemant des Réaux, regretté d’avoir suivi son fils Castelnau dans sa rébellion35. Le 24 août suivant, Armand fut revêtu de l’office de maréchal de France, en contradiction avec l’engagement de 1637. Le 22 septembre, Mazarin, alors retiré de la Cour, évoqua à Lionne « une approbation générale » à la nouvelle de cette élévation, survenue à l’âge de 72 ans, détail qui ne manqua pas d’être souligné36. Il n’était pas question de menace de révolte protestante, mais il y avait bien officiellement l’expression d’une gratitude envers Armand de La Force, si nous suivons La Gazette de France, qui rapporte la nouvelle de l’élévation de la façon suivante : « Les grands services du duc de La Force et ceux que l’on espère encore de lui, à l’imitation de ses ancestres qui ont si dignement servi l’Estat, ayans obligé le roy de lui donner le baston de mareschal de France. Le 29 du passé, il en presta ici le serment entre les mains de Sa Majesté37. » Bergerac ouvrit ses portes aux troupes royales au printemps 1653. Castelnau était réduit à être un simple noble révolté de province, qui ne pesait plus dans le jeu étatique. Retiré des armées depuis 15 ans, ayant vu son fils Montpouillan arrêté et enfermé à Blaye au mois d’avril 1653, il fut poussé à une soumission pour laquelle il avait une marge de manœuvre négligeable. Son lignage était pourtant destiné à incarner l’avenir des La Force. Son obstination dans la rébellion, conséquence d’une vision politique et militaire anachronique, mit fin à tout espoir de réémergence militaire à l’échelle de l’État.
Un lignage brisé dans son essence ?
31Armand était parvenu à recueillir l’ensemble des dignités revêtues par son père. Cependant, il avait conscience qu’il ne pouvait transmettre le duché-pairie. Sa fille avait finalement épousé Turenne en 1651. L’union fut sans postérité. Son gendre incarna la défense militaire de l’État, tout en professant la foi protestante. Seulement, au cours de la décennie 1660, Turenne suivit le chemin qu’avait précédemment emprunté son frère, le duc de Bouillon, vers le catholicisme. Il attendit la disparition de son épouse, intransigeante dans ses convictions religieuses, qui survint en 1666, pour demander à être instruit et ainsi abjurer deux ans plus tard. Le dernier maréchal de La Force n’avait plus de possibilité d’incarner la défense de cette foi dont son lignage restait l’un des symboles mémoriels les plus importants. Il mourut en décembre 1675, âgé de 95 ans, dans son château de La Force. Son frère Henri lui succéda mais il le suivit dans la tombe en janvier 1678, à presque 96 ans, dans le même lieu.
32Le duché-pairie de La Force échut au petit-fils d’Henri, Jacques Nompar II, né en 1632. Il était fils de Jacques, qui était l’aîné des enfants d’Henri, et qui avait été tué au siège de La Mothe en 1634. L’effacement militaire du lignage était acté. Le fils cadet d’Henri, Montpouillan, qui l’avait suivi dans la Fronde, avait atteint après sa soumission le grade de lieutenant général des armées du roi en 1655. Ce fut la fin de sa carrière en tant qu’officier général, avant que ses régiments d’infanterie et de cavalerie fussent licenciés, respectivement en 1656 et en 1660. Jacques Nompar II ne se distingua pas aux armées.
33Tant lui que son oncle Montpouillan restèrent attachés à la foi protestante. Seule la révocation de l’édit de Nantes et surtout l’action étatique pour réprimer ceux qui refusaient d’abjurer brisèrent ce qui constituait l’essence du lignage des La Force. Montpouillan quitta le royaume dès 1685 pour se réfugier dans les Provinces-Unies, auprès de l’ennemi juré de Louis XIV, Guillaume d’Orange. Celui-ci le nomma gentilhomme de sa chambre, lieutenant général des armées de Hollande et gouverneur de la ville de Naarden. Il reçut des lettres de naturalité en 1692 et mourut neuf ans plus tard, à l’âge de 86 ans.
34Son neveu Jacques Nompar II eut une fin de vie plus tragique. Alors qu’il était embastillé, son épouse (issue de la famille de Beringhen) parvint à s’enfuir en Angleterre. Leurs enfants furent enlevés et placés chez les Jésuites en janvier 1686, auprès de qui ils abjurèrent trois mois plus tard. Jacques Nompar II fut envoyé dans un monastère où il fut lui-même forcé d’abjurer. Libéré, il mourut en 1699 mais, sur son lit de mort, exprima son attachement au protestantisme. Son fils aîné, Henri-Jacques, œuvra avec zèle contre les protestants dans le sud-ouest du royaume. Il ne rehaussa pas l’ancien prestige de sa famille pour autant. Il n’obtint pas de gouvernement et mena une carrière militaire assez terne, sans dépasser la commission de colonel. Figure mondaine, il participa aux fêtes de Sceaux et fut l’un des membres de l’ordre de la Mouche à miel. Même s’il connut un apogée en étant élu à l’Académie française en 1715 puis en intégrant le Conseil de Régence en 1718, Henri Jacques Nompar de Caumont de La Force altéra sa réputation en soutenant l’agiotage dans le contexte du système de Law et en s’enrichissant d’une manière jugée d’autant plus indécente que la misère dans laquelle vivait sa mère en Angleterre était connue. Il avait trivialisé voire avili le nom de La Force, désormais vidé de toute force politique et religieuse.
⁂
35Marquée par le massacre originel, la famille de La Force fut le principal soutien de la politique royale telle qu’incarnée par Henri IV. La foi protestante en était l’un des fondements de cet esprit de service. Cependant, Jacques Nompar de Caumont de La Force eut le souci permanent de s’élever, au même titre que d’autres compagnons d’armes d’Henri IV ou d’autres serviteurs plus récents dans leur fidélité au roi. Les récompenses et la promotion de sa famille éteignaient en lui tout esprit rebelle. Il pratiquait un « devoir de révolte » plus ordinaire que celui d’autres gentilshommes protestants, plus attachés politiquement à la défense de leur foi. Tant que l’État apportait les récompenses ambitionnées, il servait sans défaillir, nonobstant les coups portés aux garanties apportées par l’édit de Nantes aux protestants à la suite des guerres de la décennie 1620, conclues par la paix d’Alès.
36Le retour du royaume de France sur le théâtre militaire européen impliqua le rassemblement autour de l’État aussi bien pour les catholiques que pour les protestants, qui connurent un répit confessionnel, même si Louis XIII désirait la conversion de ses sujets réformés. Nous pouvons situer l’apogée des La Force dans la décennie 1630, période durant laquelle ils furent présents à l’armée au service du roi et par ailleurs synonyme d’élévation au duché-pairie. La période charnière, entre la fin de la décennie 1630 et le début de l’année 1640, amorça pourtant le déclin de la puissance militaire des La Force au sein de l’État. L’âge avait naturellement joué un rôle, avec un maréchal octogénaire et des fils sexagénaires, mais leurs compétences dans le commandement n’étaient désormais plus en adéquation avec les évolutions militaires survenues dans un court délai. Les généraux désormais employés par l’État n’étaient plus ces chefs de parti ou ces commandants dont la pratique militaire était moulée dans le carcan de la guerre civile, avec des défenses de places à caractère plutôt local ou des levées militaires issues de leur clientèle, selon un modèle dont voulait désormais se détourner l’État tant bien que mal. Celui-ci n’y parvint qu’après l’épisode frondeur et la prise en main sans partage de l’administration militaire par le roi, aidé de Le Tellier et de Louvois.
37L’extrême longévité de Jacques Nompar de Caumont de La Force et de ses deux fils permit au lignage d’embrasser un siècle entier d’histoire de l’État et d’histoire du protestantisme. Pour briser cette incarnation, il fallut user d’une violence symbolique extrême, de l’exil, d’une séparation et d’une conversion forcées, qui aboutirent à la persécution de protestants au début du xviiie siècle par un duc de La Force dont le trisaïeul avait miraculeusement survécu à la Saint-Barthélemy.
Notes de bas de page
1Voltaire, La Henriade, Paris, Classiques Garnier, 2022, p. 165.
2A.N., O/1/4, fo 114 vo-116 ro.
3Anselme de Sainte-Marie, père (différents continuateurs), Histoire généalogique et chronologique de la Maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne et de la Maison du roy et des anciens barons du royaume, Paris, Par la Compagnie des Libraires, 1728, IV, p. 464.
4Du Val de Fontenay-Mareuil François, Mémoires de messire Du Val, marquis de Fontenay-Mareuil, in Collection complète des Mémoires relatifs à l’histoire de France, Paris, Foucault, 1826, L, p. 536.
5Bassompierre François de, Journal de ma vie, Paris, Renouard, Société de l’histoire de France, 1873, III, p. 54.
6Nompar de Caumont de La Force Jacques, Mémoires authentiques de Jacques Nompar de Caumont, duc de La Force, maréchal de France, et de ses deux fils les marquis de Montpouillan et de Castelnaut [sic], Paris, Charpenier, 1843, I, p. 149-153.
7Thou Jacques-Auguste de, Histoire universelle, Londres, 1734, XIV, p. 438.
8Chareyre Philippe, Adot Lerga Álvaro et Harai Dénes, « Gouverner en l’absence », in Les Alter ego des souverains, Pau, Presses de l’université de Pau et des pays de l’Adour, 2021, p. 447.
9Bassompierre François de, op. cit., I, p. 297.
10A.N., 353AP/20, pièce 26.
11A.N., 353AP/19, dossier 1.
12Aubigné Agrippa d’, Les Tragiques, Paris, H. Champion, 1995, I, p. 530.
13A.N., 353AP/20, pièce 4. Une version imprimée parut dans Le Mercure de France en 1765.
14Nompar de Caumont de La Force Auguste, Le Maréchal de La Force. Un serviteur de sept rois (1558-1652), Paris, Plon, 1950, p. 171.
15A.N., 353AP/20, pièce 97. Il s’agit d’un premier jet de la partie des Mémoires du marquis de Castelnaut, publiés dans le quatrième tome des Mémoires authentiques, consacrée aux années 1621 et 1622.
16Châtillon avait reçu un brevet à la date du 6 juin 1620 (Le Féron Jean, poursuivi par Godefroy Denis, Histoire des connestables, chanceliers et gardes des sceaux, mareschaux, admiraux […] depuis leur origine avec leurs armes et blasons, Paris, Imprimerie royale, 1658, p. 103).
17Deuxiesme tome de la Rebellion excitée en France par les rebelles de la Religion pretendue Reformée, Paris, Petit-Pas, 1623, p. 291.
18A.N., 353AP/19, dossier 2.
19A.N., 353AP/19, dossier 2.
20Matton Auguste, Inventaire sommaire des Archives communales antérieures à 1790. Ville de Laon, Laon, Cortillot, 1885, p. 99.
21BnF, Châtre de Cangé, Rés. F160, fo 181 ro.
22Anselme de Sainte-Marie, père (différents continuateurs), Histoire généalogique et chronologique…, op. cit., IV, p. 463-464.
23BnF, Châtre de Cangé, Rés. F160, fo 181 ro.
24Tallemant des Réaux Gédéon, Historiettes, Paris, Gallimard, 1960, I, p. 100.
25A.N., 353AP/21.
26Hildesheimer Françoise, La Double mort du roi Louis XIII, Paris, Flammarion, 2007, p. 203-204.
27Voir plus haut l’article de Nicolas Breton : « Gaspard III de Châtillon, un contre-exemple d’exemplarité ».
28Le Gendre Louis, Nouvelle Histoire de France depuis le commencement de la monarchie jusques à la mort de Louis XIII, Paris, Robustel, 1728, III, p. 158.
29Feillet Alphonse, La Misère au temps de la Fronde et de Saint Vincent de Paul, Paris, Didier, 1865, p. 268.
30Archives municipales de Bordeaux. Livre des privilèges, Bordeaux, Gounouilhou, 1878, II, p. 361.
31A.N., 353AP/21.
32A.N., 353AP/21.
33Tallemant des Réaux Gédéon, Historiettes, op. cit., I, p. 105.
34La Rochefoucauld François de, Mémoires, in Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1964, p. 157.
35Tallemant des Réaux Gédéon, Historiettes, op. cit., I, p. 105-106.
36Lettres du cardinal Mazarin pendant son ministère, publiées par Adolphe Chéruel, Paris, Imprimerie nationale, 1889, V, p. 273.
37Gazette de France, no 10, 1652, p. 873.
Auteur
-
Fadi El Hage
Archives nationales.
Fadi El Hage, docteur en histoire, est chargé d’études documentaires aux Archives nationales et chercheur-associé au Centre Jean-Mabillon (École nationale des chartes/PSL). Il a récemment publié La Guerre de Succession de France. Henri IV devait-il être roi ? (Passés Composés, 2023) et Une occasion manquée. La réédition de l’Histoire de Polybe commentée par Folard (1753) (Classiques Garnier, 2023).
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