Des grands « grandement desirez » ou « traîtres et mercenaires » ?
La noblesse protestante à l’épreuve des transformations du parti huguenot durant le premier xviie siècle
p. 221-234
Texte intégral
« Quant aux Grands du parti, grandement desirez, et qui pour quelque temps empecherent les confusions, ce fut par eux qu’elles naquirent, lesquels s’estans contentés un temps de faire branler les affaires des Reformez selon leurs esperances, craintes et mescontentemens, en fin par le branle les mirent en terre1. »
1Dans ces quelques mots, extraits du supplément de son Histoire universelle, consacré au soulèvement réformé de 1621-16222, Agrippa d’Aubigné, comme à son habitude, ne se limite pas à un simple récit des événements mais propose un outil interprétatif de l’histoire immédiate qu’il invite son lecteur à adopter. Ancrée dans une mémoire partagée, celle du rôle joué par les grands réformés français dans les guerres du xvie siècle et l’obtention de l’édit de Nantes, qui justifie qu’ils soient au retour des tensions « grandement desirez », cette lecture défend que la nouvelle génération de la haute noblesse, confrontée à la mort d’Henri IV et aux soulèvements des années 1620, serait incapable se montrer digne de la vocation qu’elle avait reçue en héritage. En cause, une culture politique porteuse de pratiques spécifiques, qui consiste à entretenir le « branle » des « affaires » « selon leurs esperances, craintes et mescontentemens », c’est-à-dire à se servir de l’instabilité politique pour défendre sa place et son influence auprès du monarque, dans l’espoir de capter sa faveur3. Pour d’Aubigné, qui reprend ici la distinction qu’il avait établie en 1612 dans son pamphlet Le Caducée ou l’Ange de Paix entre les « fermes » et les « prudents », les représentants de la haute noblesse auraient été en somme aveuglés par les pratiques sociales propres à leur rang, axées sur la recherche de l’honneur et l’acceptation de pensions pensées comme des représentations de leur proximité avec le souverain4. Aveuglés par leur ambition sociale qui en faisait des « Trahistres, Mercenaires, Perfides et Corrumpus5 », dans une dégradation qui se propagerait à leur action politique, ils se seraient dès lors rendus incapables de concilier la recherche de leurs intérêts propres avec la défense de la Cause, et jouer le rôle historique que leur assignait leur place au sein de la communauté réformée.
2Il ne s’agit pas de revenir ici sur la façon dont l’herméneutique albinéenne de l’histoire a inspiré la façon dont celle du parti réformé du premier xviie siècle a été écrite, en particulier pour ce qui concerne le rôle conféré à la division dans sa chute6. Pour autant, ce passage témoigne de la réelle difficulté, y compris pour les acteurs de la période, à penser la compatibilité entre la culture politique nobiliaire et le service de la Cause protestante. Il est vrai que le parti réformé est confronté à de fortes transformations qui visent à adapter cette structure politico-militaire, dont les fondements étaient largement empiriques, aux enjeux de la paix négociée et du régime de coexistence religieuse qui découlent de l’édit de Nantes. Les assemblées générales, composées de représentants des trois ordres nommés à l’échelle des provinces ecclésiastiques et qui s’assemblent à huit reprises entre 1598 et 1622, cherchent alors à se poser comme les moteurs de l’action politique du parti, dans une perspective qui n’est plus axée sur le combat militaire mais sur la formulation de doléances pour assurer l’exécution des acquis de l’édit, et la désignation de représentants, en particulier les députés généraux, qui ont pour tâche de défendre ces doléances à la cour7. Cette mutation de la pratique politique se couple à la mise en place de cadres formels, issus d’une série de règlements censés garantir la légitimité des actions du parti, au sein desquels les nobles réformés n’auraient jamais véritablement trouvé leur place : James Valone affirme ainsi que la noblesse se serait trouvée progressivement marginalisée au sein de ces assemblées, jusqu’à celle de La Rochelle entre 1620 et 1622 qu’il présente comme le triomphe des « deux classes inférieures8 », c’est-à-dire le tiers état et les pasteurs.
3On est donc bien tenté de souscrire à l’affirmation mise par d’Aubigné dans la bouche de son « prudent » dans le Caducée selon laquelle il y aurait au sein du parti « une merveilleuse tention contre l’otorité des grands9 ». Cependant, le texte de d’Aubigné, comme la lecture qui en découle, ne laissent pas d’être ambigus : ce passage de l’Histoire universelle est, en effet, animé d’un engagement évident en faveur des Rohan, le duc et son frère Soubise, qui cherchent alors à s’imposer comme les chefs du parti, y apparaissant comme les seuls qui « [demeureraient] recommandables à leur party, pour n’avoir pas trempé aux corruptions10 ». Cette critique des pratiques politiques nobiliaires, de plus en plus courante à l’âge baroque11, correspond en réalité à une figure de discours, employée au service de l’un de ceux qu’il dénonce en le présentant comme le seul à même de concilier la défense de la Cause et celle de son nom.
4On se rend alors compte que l’analyse des mutations du rôle politique de la noblesse sous le « régime de l’édit de Nantes » relève moins d’une crise sociale que d’une mutation de leur action politique. Être noble et protestant impliquerait une adaptabilité de sa propre pratique politique, à même de répondre aux nouveaux enjeux et aux nouveaux cadres posés par le régime de l’édit : en postulant l’existence d’une crise de l’engagement politique nobiliaire et en alertant sur la menace d’une division entre acteurs aux projets contradictoires, les sources témoignent dès lors de cette entreprise de reconfiguration de la politique réformée. À travers l’étude des évolutions et des tensions dans la relation entre les différents pôles sociaux, que ce soit sur le plan institutionnel ou sur celui des engagements locaux et nationaux, on entreprendra donc d’élucider la façon dont les acteurs politiques, en particulier nobiliaires, ont cherché à s’approprier les nouveaux enjeux de leur action politique au sein du parti, dans une interrogation constante sur ses moteurs et sa caractérisation.
Repenser la place de la noblesse dans les institutions du parti
5Affirmer que les nobles seraient poussés hors des institutions du parti après l’édit de Nantes serait une erreur. Ceux-ci ne disparaissent, en effet, jamais des assemblées politiques. Tous les règlements qui en émanent insistent sur l’importance de députer, en proportion égales, des députés des trois ordres ; dans la lignée de ce qui se pratiquait au xvie siècle, les trois fonctions principales au sein de l’assemblée, soit sa présidence, sa vice-présidence et son secrétariat, sont confiées respectivement à un noble d’épée, un pasteur et un robin. De même, le règlement de Sainte-Foy, en 1601, réserve explicitement la nomination des deux députés généraux à un noble d’épée et un robin12 ; le règlement précise même que, dans l’hypothèse où le roi refuserait la nomination des deux députés, c’est le noble d’épée qui devrait être présenté comme le représentant des réformés13.
6Pour autant, le rôle institutionnel occupé par la noblesse connaît bien une série de transformations, en particulier si on le compare avec les prérogatives très larges dont jouissaient les nobles dans les règlements de 1594 et 1596, qui avaient servi de cadre aux assemblées réunies pour la négociation de l’édit14. En 1601, l’assemblée de Sainte-Foy arrête en effet que « dorénavant ès assemblées politiques, tant provinciales, que Générales, qui se font pour le Bien des Eglises, il n’y aura personne qui ait autorité de présider, s’il n’y est élu par le suffrage des convoqués15 ». De même, dans son règlement pour les conseils provinciaux, tout en précisant que « les Provinces donneront aux Conseils […] le rang à la noblesse qu’elle mérite, l’employant aux affaires le plus qu’il se pourra », l’élection du président doit désormais avoir lieu « d’un commun consentement des choisis16 ». À l’assemblée de Châtellerault en 1605, cette idée est renforcée, l’assemblée statuant que désormais, « nul de quelque qualité qu’il puisse être, fors les députés ayant légitime vocation » ne pourra prétendre à participer ni, surtout, à présider, « qui ne soit député et elu à la pluralité des voix et suffrages17 ». Cette mesure est reprise à la fin de l’assemblée, pour les assemblées tenues à l’échelle provinciale, puis confirmée à Jargeau en 160818. Là où les règlements de 1594 et 1596 supposaient que les nobles devaient occuper naturellement, du fait de leur rang et de leur statut social, un rôle éminent au sein des institutions du parti, ceux des années 1600 s’attachent donc à les ramener au statut de députés soumis aux mêmes règles que ceux des deux autres ordres.
7On peut, bien sûr, trouver des causes politiques à cet abaissement : contrairement aux années 1560, le parti n’a, par exemple, plus de figure naturelle pour exercer le rôle de protecteur des Églises, à l’image de celui qu’avaient rempli les princes de sang Condé ou Henri de Navarre, dont le rang contribuait à légitimer le rôle du parti. Si Bouillon, prince souverain de Sedan et lié à la famille d’Orange-Nassau, a pu prétendre un temps jouer ce rôle, il est disqualifié par sa volonté de faire usage des assemblées pour assurer sa propre défense après la conjuration de Biron19 ; les autres figures du parti, à l’image de Rohan, Châtillon, La Force ou Lesdiguières, malgré leur implantation locale, n’ont ni le rang ni l’influence nécessaire pour s’imposer sans débat. La limitation du rôle de la noblesse dans les règlements débute cependant avant la conjuration de Biron : il semble donc qu’il faille y voir aussi une volonté de transformation de la place des réformés au sein du royaume, permise par l’apport juridique représenté par le régime de l’édit de Nantes qui s’établit après 1598. La masse de sources produites, ainsi que l’irruption de nouvelles pratiques, comme le recours massif et réfléchi aux cahiers de doléances comme outils politiques, ou la mise en place d’un système d’archivage sous l’égide des secrétaires de l’assemblée, puis des députés généraux, laisse entendre une volonté de faire évoluer les assemblées politiques, d’organes de négociation et de combat militaire, en instances représentatives des réformés en tant que corps. Dans un projet qui consiste à poser l’édit comme la source de privilèges dont elles se rendraient les expertes, les assemblées se pensent comme des organes de dialogue avec le roi servant à discuter et à organiser l’application des acquis de l’édit20.
8On voit alors un peu mieux se dessiner la façon dont le parti pense le rôle de la noblesse et de ses pratiques politiques au sein d’un système politique nouvelle mouture inclus au sein du volet politico-juridique du régime de l’édit de Nantes. Sans rejeter formellement les pratiques du « devoir de révolte », celles-ci sont repoussées dans le domaine de « l’extraordinaire », comme le souligne Claude de La Trémoille qui, présent en personne le 15 mars 1600 devant l’assemblée générale de Saumur, lui offre ses services, et plus généralement ceux des « seigneurs et principaux de la Religion », en l’invitant à, « selon les occurrences », « [appeler] extraordinairement ceux qui nous pourront aider et fortifier du conseil et advis21 ». Cette logique est appliquée tout au long des années 1610, au cours desquelles, sans renoncer à leur prétention de défendre le « corps » des réformés, les assemblées générales redonnent aux nobles, par le biais de leurs règlements généraux, la conduite des armées réformées et des places de sûreté : c’est le cas avec le système des assemblées de cercle du règlement de 1611, qui permet aux « provinces offensées » d’entrer en « communication » avec les provinces voisines en cas d’infraction à l’édit22, ou du règlement de La Rochelle de 1621 qui découpe le royaume en « departements » militaires, placés chacun sous la direction d’un « chef general » issu de la haute noblesse23. Mais dans chacun de ces cas, les décisions militaires sont théoriquement soumises aux institutions du parti, qui restent en place et sont censées offrir une direction aux mouvements des troupes.
9Les assemblées, dans leur projet de se poser comme représentatives, semblent donc s’inscrire dans une transformation plus large, qu’Olivier Christin relève au tournant des xvie et xviie siècles, où une conception naturelle de la représentation, portée par les grands et fondée sur la naissance, le rang ou l’influence politique, est substituée par une conception institutionnelle, reçue par le biais de formalités et incarnée par des représentants24. Désormais, l’action politique de la noblesse est lue au prisme du respect de ces formalités et de la volonté marquée par les acteurs politiques nobles de respecter l’union du parti, et donc de ne pas mettre les institutions partisanes au service de leurs ambitions ou de leurs intérêts personnels. En 1612, alors qu’une assemblée de cercle est convoquée à La Rochelle à la demande de la province de Saintonge, le pasteur Jacques Merlin invite les réformés de la ville à se fier à Rohan moins au nom de « son extraction » ou de « sa dignité » qu’en vertu de son respect affiché des formalités mises en place par les institutions du parti à l’échelle locale. À ceux qui, « mesme sans mauvais dessein, [avaient] voulu maintenir que le fait de Rohan estoit un fait particulier dont ceste ville ni autre ne devoit se mesler », Merlin répond donc que
« ledit sieur duc, considéré relativement aux églises, pour l’affection singulière de laquelle il est porté au service de Dieu et au bien des églises, […], veu que le synode national de Privas a approuvé ses actions […], veu encore que ledit sieur s’est employé toujours pour le bien d’icelles, à toutes occasions qui se sont présentées, quelle apparence d’abandonner un tel seigneur25 ? »
Des nobles « mutins » et à l’« humeur de belette » : quel sens pour les critiques de la noblesse ?
10C’est dans ce contexte d’une tentative de reconfiguration profonde des pratiques politiques du parti huguenot que prennent place les critiques récurrentes à l’égard de la noblesse. Plusieurs textes anonymes, conservés dans la série TT des Archives nationales, probablement rédigés pour le compte des agents royaux dans le contexte troublé de l’assemblée de Saumur en 1611 et de la préparation, entre 1613 et 1615, de celle de Grenoble26, reprennent ces attaques. Mais celles-ci valent moins pour leur critique sociale de la noblesse que pour la façon dont elles offrent aux auteurs de ces textes un moyen de réaffirmer indirectement leur attachement au nouveau type d’engagement prôné par le parti. Dans un texte de 1614, qui relate l’assemblée de Saintonge réunie à Saint-Jean-d’Angély, les « factieux » sont accusés par l’auteur du texte, sans doute un pasteur, de chercher un « pretexte de justifier leur remuement » en dénaturant et en détournant les formalités de nomination aux assemblées « pour briguer la nomination […] afin d’avoir personnes deputées disposées à leur humeur27 ». Reprenant une accusation maintes fois répétée à cette période, il reproche à Rohan de se servir de son proche et lieutenant en Saintonge, Daniel Durant de Hautefontaine, pour sillonner la province et pousser à ces nominations ; ce faisant, il attaquerait « ceux qui sont fidelles au service de leurs Majestez », quelle que soit leur appartenance sociale, qu’il s’agisse de nobles fidèles au roi28 ou de pasteurs29. L’attaque de Léonor de Chabot de Jarnac, président de l’assemblée de Sainte-Foy en 1601, irait également dans le sens d’une remise en cause des formalités du parti. Dans un autre texte, qui relate cette fois les tensions en Basse Guyenne, et qui fut sans doute rédigé à la suite de l’assemblée de cercle de Casteljaloux en 1613, l’auteur, dont on a du mal à saisir la fonction (s’agit-il d’un agent du roi ?) va plus loin, puisqu’il affirme que le lieutenant-général de Bergerac, à qui il propose de publier un acte qui désavoue les menées des « factieux », est terrorisé à l’idée d’agir :
« Ayant leu le tout, il reste long temps sans dire mot et perplex puis me dit en sursault : Je suis perdu, on ne me le pardonnera jamais : les Mutins me feront assassiner (il les nomma) et Mons. de la F[orce] fayra le pis qu’il pourra contre moy30. »
11Ces différents exemples pourraient nous pousser à considérer que la haute noblesse réformée, au premier rang de laquelle se trouve Rohan ou La Force, refuse de se soumettre aux formalités nouvelles imposées par les institutions du parti. À l’inverse, elle se montrerait incapable d’abandonner ses pratiques fondées sur le clientélisme, et chercherait à dénaturer le processus de représentation tant pour renforcer son implantation locale que pour relancer la culture du « devoir de révolte ». Cependant, une telle lecture négligerait d’autres sources qui soulignent, à l’inverse, un certain attachement des « mutins » au respect des formalités imposées par le parti. Rohan, par exemple, a beau chercher à remplir artificiellement les assemblées provinciales de partisans, il ne renonce pas à la désignation par suffrages. Le texte souligne ainsi qu’il « donna des billetz à plusieurs pour la nomination de ceux qu’il desiroit & estoient portez à ceux de la mesme faction31 » ; bien que cela ait été fait par détournement des suffrages, l’assemblée de Saintonge nomme donc bien des députés pour se rendre à l’assemblée générale de Grenoble. De même, en Guyenne, alors que les assemblées qui cherchent à faire triompher la cause du roi sont blâmées, un « grand » marque son attachement aux décisions de l’assemblée générale qui s’était tenue à Saumur, précisément au nom de la vertu qu’il prête à ceux que la province y a députés : « [Il] demanda le nom des Deputes de leur Province en l’assemblée de Saumur et ayant ouy nommer que les Sieurs de Luzignan et Manial en estoint les leurs hault loua fort, leur jurant que ces deux estoint meilleurs Huguenots que tous les autres32. »
12Ce qui se joue semble moins être la remise en cause de la noblesse en tant que catégorie sociale dotée de ses propres pratiques politiques, que la façon dont celle-ci cherche à profiter de la situation de tension politique pour monopoliser les institutions du parti et s’y placer au centre. On assiste alors à une multiplication de discours au sein desquels les acteurs politiques issus de la haute noblesse cherchent à rendre légitime leur prise de contrôle des institutions au nom de leur attachement profond à la Cause réformée. Dans chaque cas, il s’agit de montrer qu’ils sont prêts à concilier engagement confessionnel et défense de leur honneur nobiliaire ; ainsi, dans le Caducée, d’Aubigné fait-il de Rohan un réformé exemplaire qui oppose les honneurs pécuniaires et terrestres à l’honneur véritable :
« Quand j’eusse esté abandonné de tout le monde j’ay esperé de Dieu de ne m’abandoner moy mesme. Il n’y a aussy nule prosperitté qui me peust empescher d’aller à bras avancez au devant de ceux qui m’ont donné de quoy me plaindre ausy tost qu’ils me feront veoir autre desseing. S’il ne tient qu’à ce que j’ay de bien et d’honeurs j’exposeray tout pour avoir leur amitié : mais de l’honeur et du bien du party c’est de quoy je ne trafique point33. »
13De même, à Saint-Jean-d’Angély, ce sont les « les fabricateurs du chef pretendu de M. de R[ohan] [qui] l’apellent Judas Machabee34 » : comparant le duc au chef de la révolte biblique des Macchabées, outre leur usage de la langue de Canaan, les « fabricateurs » de Rohan l’incluent dans un discours zélé en vogue au sein du parti, repris par le député robin Étienne Maniald en Guyenne pour légitimer la tenue de l’assemblée de Casteljaloux, celui-ci ayant fait circuler un mémoire où il affirmait que le parti n’avait voulu qu’« empescher le mal » dont ils étaient victimes et « qu’ils ne s’en vouloient vanger autrement qu’en faisant cognoistre au monde qu’ils avoient leur corps et leur ame à l’espreuve des coups de pistolles et de pistolets35 ».
14Il apparaît alors que ces mémoires et enquêtes menées pour le compte du pouvoir royal, sont, comme les écrits de d’Aubigné, inclus au sein d’une production polémique, et diffusés pour défendre un certain positionnement politique. Ils font toutefois apparaître, en la dénonçant, la version baroque de la pratique nobiliaire du maniement des discours : la haute noblesse ne cherche pas à s’inscrire hors des institutions du parti, mais déconstruit et reconstruit constamment les modalités de son inclusion en leur sein pour y légitimer leur action. Un passage du mémoire de Guyenne le résume éloquemment, en dénonçant la malléabilité et l’adaptabilité des discours des « mutins » qui « [feraient] paroistre une humeur de belette qui n’ayme pas la Chauve Souris, ou parce qu’elle est oyseau, ou parce qu’elle est Rat36 ». Il est alors logique qu’ils cherchent à y formuler un contre-discours, qui propose un ordre socio-politique concurrent, compatible avec l’obéissance au roi et fondé non sur la supériorité de noblesse, mais sur l’union entre les différents pôles du parti : aux rohanistes qui « cerch[ent] de nouvelles procedures & nouveaux moyens » après avoir échoué, à Saumur, à « disposer du corps des Eglises pour troubler l’Estat », l’auteur du mémoire de Saintonge écrit que « les serviteurs du Roy maintiennent qu’un chef entre nous est un Monstre : Car Dieu nous ayant donné un Roy pour chef, tout autre nous doit estre en horreur & detestation. C’est la resolution de sa Noblesse assemblée dernierement à Jarnac & de sa plus grande partie des Pasteurs37 ».
Une réappropriation des institutions par la noblesse
15Cette dernière mention d’une union, certes de circonstance, entre nobles et pasteurs, réaffirme que la cible de ces textes n’est pas la noblesse en tant que catégorie sociale. Cependant, la méfiance manifestée dans ces sources face à des discours qui défendent l’adéquation entre stratégies sociales de la noblesse et service de la Cause nous pousse à nous pencher sur ce que les nobles du parti ont fait des institutions au sein desquelles ils s’étaient inclus. Là encore, les mémoires anonymes livrent quelques informations, qui mettent en évidence que les nobles, tout en respectant les formalités du parti, parviennent à manœuvrer pour s’en affranchir. Ainsi, à Saint-Jean, le mémoire expose la « brigue » des rohanistes, qui se manifesterait par l’octroi de la députation à des nobles très jeunes, au mépris des règlements : « Il y avoit force personnes qui n’avoient jamais sorti de l’aire […]. Le jeune La Roche Chalais aagé de 16 à 17 ans, S. Surin de 18. S. Egurin & ainsi quantité d’autres tout contre l’ordre eclesiastique & politique qui porte qu’on n’y peut estre receu qu’à l’âge de 25 ans38. »
16Pour l’auteur du mémoire, cela permet à Rohan de contourner les contraintes de la représentativité et de « leur [donner] leur leçon par escrit » ; mais on peut également lire ce genre de pratique comme une manière de contourner une interdiction qui peut être problématique sur le plan social, en l’occurrence l’âge imposé par l’ordre politique du parti ou une position de cadet de noblesse39. Elle reflète, de même, une volonté de ces jeunes nobles de s’offrir à la fois une première entreprise politique et l’occasion de s’inclure dans une clientèle. Cet aspect se retrouve d’ailleurs à plusieurs niveaux : le fait qu’un personnage comme Henri de Candale, fils du duc d’Épernon, se convertisse au protestantisme dans le contexte de l’assemblée générale de Nîmes en 1616, et surtout sa soumission, au moins affichée, aux cadres de l’assemblée, qui lui permet de conduire des troupes en son nom dans les Cévennes40, peuvent apparaître comme une manière de se libérer d’une tutelle paternelle encombrante et de jouir d’une marge de manœuvre renouvelée grâce à ses nouveaux engagements41.
17Un autre exemple peut être trouvé dans la remise en cause de l’obligation imposée par le parti que les gouverneurs des places de sûreté aient une attestation de leur colloque : l’auteur du mémoire affirme que les « mutins » veulent que cela « se [fasse] en synode & que celui qui aspire à cette charge s’y trouve en personne ». Le but de cette manœuvre est explicitement évoqué : « Ce qu’ilz font parce que leurs brigues sont fort puissantes, & pour empescher les serviteurs du Roy leur donnent achopement […] Le Roy y doit aporter raiglement, autrement il n’y aura que les factieux, les renieurs de deptes, les faux monoyeurs & les Criminels qui seront pourveus42. »
18Il s’agit, en réalité, de lutter contre le contrôle du parti sur le réseau de places de sûreté à l’aide des institutions ecclésiastiques43, aussi compris comme un frein à une stratégie sociale et d’inclusion dans une clientèle. En effet, elle empêche la mobilité (en raison de la nécessité d’avoir une attestation de son propre colloque, pour rendre la brigue plus difficile) et la possibilité pour les grands d’en influencer le recrutement. Les institutions du parti, tout en étant prises au sérieux, ne doivent pas empêcher les nobles de continuer à exercer leurs stratégies d’ascension sociale, en gérant ou en s’incluant au sein d’une clientèle. Dans une même perspective, les Saintongeais loyalistes révèlent, en le présentant comme une hypocrisie, le fait que les « zelez », tout en attaquant les « pensions desquelles leurs Majestez gratifient plusieurs gentilshommes », ne renoncent pas à l’usage politique de ces sommes qu’ils emploient pour financer leurs pratiques politiques : « Par ce moyen ilz en veulent frustrer les serviteurs du Roy & en gratifier leurs adherans & recompenser leurs complices44. »
19L’inclusion des nobles au sein des institutions du parti ne laisse donc pas de côté les aspects sociaux de l’identité nobiliaire, en particulier les stratégies d’ascension sociale et de défense de l’honneur. Il semble que les nobles réformés les aient compris comme un cadre contraint, spécifique à leur engagement confessionnel et qu’il leur était nécessaire d’appréhender pour exister socialement, en adéquation avec la culture de leur ordre. Une famille citée dans le mémoire de la Basse Guyenne, en la personne de Jacques de Pons, sieur de La Case, allie stratégie sociale, adaptabilité et recours constant aux discours justificatifs. Issu d’une famille originaire de Saintonge, mais implanté en Basse Guyenne, La Case hérite de l’engagement politique de son père, Pontus de Pons, lieutenant en Quercy et en Languedoc pour le roi de Navarre. Contrairement à son père, cependant, il entame une carrière politique au sein des assemblées générales, puisque, député de la Basse Guyenne, il est désigné pour être représentant des Églises à la cour en 1598, après avoir participé à la négociation de l’édit. Il doit vraisemblablement sa position au sein du parti à sa proximité avec Bouillon. Congédié en 1599, il est nommé président de l’assemblée générale de Châtellerault en 1605, et candidat à la députation générale. Député à Saumur en 1611, il est également commissaire à l’exécution de l’édit. Accusé de corruption, La Case change cependant de stratégie sociale, conscient à la fois de la fragilisation de sa place au sein des assemblées, qui voient d’un mauvais œil son attachement bouillonniste, et de la position de plus en plus précaire de ces dernières dans les institutions du royaume : en 1616, il semble, comme son père, avoir tourné son engagement du côté militaire, étant devenu gouverneur de Castillon, sans perdre son inclusion clientélaire, puisque la place appartient à Bouillon45. Son fils, Jean-Jacques de Pons, est implanté quant à lui en Saintonge. Il semble que son père ait envisagé de lui transmettre son mode d’engagement politique, car il est député pour sa province à Saumur en 1611 ; en 1619, il est cependant gouverneur de Pons, toujours en se plaçant dans le sillage des assemblées générales de Loudun et de La Rochelle. Il s’en distancie par la suite, en cherchant à s’inclure dans la clientèle de Rohan, d’abord en participant au siège de Montauban, puis en tentant, sans succès, d’y jouer le rôle de lieutenant du duc en 1625. La criminalisation du soutien aux entreprises rohanistes par le roi, et le risque social qu’il représente désormais, accélèrent sans doute le retrait de La Case de l’engagement partisan ; mais le Verbal qu’il rédige dans une perspective apologétique ne renonce pas à l’usage des cadres éprouvés de la rhétorique réformée, puisqu’il cherche à convaincre que sa soumission au roi est avant tout dictée par son attachement et sa volonté de défendre sa foi46.
20L’exemple des La Case indique qu’en définitive, si spécificité de l’engagement confessionnel noble et réformé il y a au début du xviie siècle, celle-ci est avant tout pensée au prisme de sa construction continuelle. L’action politique des nobles réformés du premier xviie siècle est bel et bien vécue sur le double mode de la spécificité du cadre posé par le régime de l’édit de Nantes et une adaptabilité nécessaire à celui-ci : tout en étant conscients du crédit et de la légitimité que leur confère leur inclusion dans les formalités du parti, que ce soit aux yeux de leurs coreligionnaires ou en se positionnant dans un modèle politique plus large de relation avec le souverain, les nobles posent toujours la question de la façon dont s’opère cette inclusion, de manière à ne pas lui sacrifier les valeurs sociales portées par l’action politique du second ordre.
21Cette étude montre que la compréhension de l’action politique des nobles réformés aux lendemains de l’édit de Nantes ne peut se résumer à savoir s’ils se sont cantonnés à la dimension « extraordinaire » qu’avaient imaginée pour eux les institutions du parti. L’importance des nobles, tant dans la stratégie que dans l’imaginaire politique réformé, oblige ces derniers à constamment repenser leur inclusion au sein d’un parti huguenot sous le régime de l’édit de Nantes, qui se pense comme une instance de représentation, à même de discuter avec le roi le maintien des acquis de l’édit compris comme des privilèges. La résolution de cette interrogation passe par des modes qui s’éloignent de « l’autonomisation de la raison politique47 » : en réaffirmant continuellement la conjonction entre la sincérité de leur foi et celle de leur engagement politique, les nobles réformés font de celui-ci un combat polémique constant qui a pour effet de déplacer en permanence les cadres institutionnels au sein desquels s’inscrit leur action. Derrière les remises en cause ponctuelles des « mutins » se trouvent alors posées d’autres questions, comme celle de la place occupée dans le nouveau système par les officiers ou les robins, qui cherchent à imposer une culture juridique et surtout une forme de rapport politique alternatif avec le roi.
22Finalement, ce n’est pas tant la division au sein du parti que les événements et, en particulier, la dégradation des relations des réformés avec le pouvoir royal dans les années 1610, qui tranchent la question. Dès l’assemblée de Saumur en 1611, la haute noblesse réinvestit en masse le domaine des assemblées politiques, et partage avec elles la tâche de représenter les communautés auprès du roi. Elle s’impose progressivement comme seule interlocutrice, qu’il s’agisse de négocier la levée de l’assemblée de Loudun en 1620, par le biais de Lesdiguières et Châtillon, et, surtout, la paix de Montpellier de 1622 par le biais de Rohan. Les assemblées, en particulier celle de La Rochelle, convoquée entre 1620 et 1622, ne parviennent plus à incarner à la fois la volonté de dialogue juridique avec le roi et la prise en charge de l’opposition armée à celui-ci. Ce retour du « devoir de révolte », dans sa version confessionnelle, bénéficie à Rohan, qui devient le garant de l’application de la paix dans le croissant huguenot, quand les assemblées générales, criminalisées et discréditées, ne se réunissent plus après 1622. Les institutions politiques du parti ne disparaissent pas pour autant ; mais elles sont désormais locales et, surtout, dédiées au financement des soulèvements, comme c’est le cas de l’assemblée provinciale des Cévennes, qui se tient à Alès en mars 162848. C’est, en définitive, le triomphe d’un discours qui fait de Rohan un « grand grandement desiré », héros de la foi et soldat accompli, seul digne de mobiliser à son profit les cadres d’un parti menacé par les « trahistres et mercenaires ».
Notes de bas de page
1Aubigné Théodore Agrippa d’, Histoire universelle, éd. André Thierry, t. X, Genève, Droz, 1999, p. 32.
2Pour une histoire du parti réformé entre 1598 et 1629, on peut consulter Boisson Didier et Daussy Hugues, Les Protestants dans la France moderne, Paris, Belin, 2006, p. 160-169 ; Hubac Jean, La Paix d’Alès (27 juin 1629) : la fin du parti huguenot ?, Paris, Éd. de Paris, 2010 ; Cabanel Patrick, « Sur la pente : l’étranglement d’une minorité », Histoire des protestants en France, xvie-xxie siècle, Paris, Fayard, 2012, p. 507-538.
3Ce maniement du désordre est décrit par Jouanna Arlette, Le Devoir de Révolte. La Noblesse française et la gestation de l’État moderne (1559-1661), Paris, Fayard, 1989.
4Kettering Sharon, Patrons, Brokers and Clients in Seventeenth-Century France, Oxford, Oxford University Press, 1986 ; Le Roux Nicolas, La Faveur du roi. Favoris et courtisans à la cour des derniers Valois, Seyssel, Champ Vallon, 2000.
5Aubigné Théodore Agrippa d’, Le Caducée, ou l’Ange de paix, dans Œuvres complètes, t. II : Écrits politiques, éd. Jean-Raymond Fanlo, Paris, H. Champion, 2007, p. 278.
6Je me permets de renvoyer à Aracil Adrien, « Les “fermes” et les “prudents”. Réflexions sur une tradition dans l’historiographie des protestants français du premier xviie siècle », Enquêtes, no 4, 2019, [https://ed188.hypotheses.org/revue-enquetes].
7Sur les assemblées politiques réformées, Anquez Léonce, Histoire des assemblées politiques des réformés de France (1573-1622), Paris, A. Durand, 1859 ; Valone James S., Huguenots Politics, 1601-1622, Lewiston, The Edwin Meller Press, 1994 ; Daussy Hugues et Greengrass Mark, « La fin des institutions politico-militaires (1598-1629) », in Chareyre Philippe et Daussy Hugues (dir.), La France huguenote. Histoire institutionnelle d’une minorité religieuse (xvie-xviiie siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2024, p. 273-292.
8Valone J., op. cit., p. 195.
9Aubigné Théodore Agrippa d’, Le Caducée, op. cit., p. 276.
10Aubigné Théodore Agrippa d’, Histoire universelle, loc. cit.
11Constant Jean-Marie, La Folle liberté des baroques, Paris, Perrin, 2007 ; Griffejoen-Cavatorta Constance, Noblesse et Franchise. La valeur de liberté dans les écrits des aristocrates au Grand Siècle, Paris, Classiques Garnier, 2018.
12BnF, NAF 23490, p. 29.
13Ibid., p. 46-47.
14Ces règlements sont détaillés par Anquez Léonce, op. cit., p. 62, 67, et Garrisson Janine, « Les grands du parti protestant et l’édit de Nantes », in Grandjean Michel et Roussel Bernard (dir.), Coexister dans l’intolérance. L’Édit de Nantes (1598), Genève, Labor et Fides, 1998, p. 175-186, en particulier p. 177.
15BnF, NAF 23490, p. 23.
16Ibid., « Règlement pour les conseils », p. 48.
17Ibid., p. 92.
18Ibid., p. 141.
19C’est lui que cible d’Aubigné dans le Caducée et dans le texte de l’Histoire universelle cité en exergue. Pour le rôle de Bouillon dans la conjuration et ses suites, voir Giraudier Fanny, « La rébellion du duc de Bouillon, de la querelle nobiliaire à l’affaire d’État (1602-1606) », Revue d’histoire du protestantisme, no 3, 2017, p. 339-356 ; Marchand Romain, Henri de La Tour (1555-1623). Affirmation politique, service du roi et révolte, Paris, Classiques Garnier, 2020, p. 367-389.
20Sur cet aspect, je me permets de renvoyer à Aracil Adrien, « Des “Republiques” pour des “brouillons de Republiquains” ? Les rôles des assemblées politiques dans la définition d’une communauté politique réformée dans la France du premier xviie siècle », in Comensoli Antonini Lorenzo et Mellet Paul-Alexis (dir.), « La représentation des communautés protestantes face aux pouvoirs politiques (xvie-xviie siècles)/The Representation of Protestant Communities vis-à-vis the Political Powers (16th-17th Centuries) », Renaissance & Réforme/Renaissance & Reformation, no 46/1, 2023, p. 49-77.
21BnF, ms. fr. 15816, fo 12 ro-vo.
22« Reglement general dressé en l’assemblée générale des Eglises Reformées de France, tenue à Saumur en l’an mil six cens onze… », publié à la suite des Memoires du duc de Rohan, s. l., 1646, t. IV, p. 42.
23Bibl. Mazarine, ms. 2611, fo 52 vo-53 ro.
24Christin Olivier, Vox Populi. Une histoire du vote avant le suffrage universel, Paris, Seuil, 2014, p. 257.
25Merlin Jacques, Diaire de Jacques Merlin…, éd. Charles Dangibeaud, Archives historiques de la Saintonge et de l’Aunis, V, 1878, p. 63-380, ici p. 170-171.
26Sur cette période, outre les ouvrages déjà cités, voir Herman Arthur L., The Saumur Assembly, 1611: Huguenot Political Belief and Action in the Age of Marie de Medici, thèse d’histoire, Baltimore, Johns Hopkins University, 1984 ; Fanlo Jean-Raymond, « De l’assemblée de Saumur (1611) au synode de Privas (1613). Introduction », in Aubigné A. d’, Œuvres complètes, op. cit., p. 246-254.
27Archives nationales, série TT [désormais AN TT] 270, fo 94 ro.
28« Ils ont fait paroistre leur animosité contre M. de Jarnac ayant assigné la prochaine assemblee proivincialle qui devoit estre à Jarnac à Verneuil » (ibid., fo 96 vo).
29« On y a tellement forcé les libres suffrages que quelques Pasteurs ne voulant consentir à la brigue ont esté menacez iusques à leur dire avec jurements execrables si vous ne le faites il y en aura de jetez par dessus les murailles » (ibid.).
30AN TT 245, fo 1011.
31AN TT 270, fo 95 ro.
32AN TT 245, fo 1015.
33Aubigné Théodore Agrippa d’, Le Caducée, op. cit., p. 307.
34AN TT 270, fo 98 ro.
35AN TT 245, fo 1015 ro.
36Ibid., fo 1011.
37AN TT 270, ms. cit., fo 94.
38ibid., fo 96 ro.
39Plusieurs membres importants de la clientèle de Rohan dans les années 1620 sont dans ce cas, notamment Saint-André de Montbrun, cadet d’une famille du Dauphiné sur lequel Rohan s’appuie pour établir sa domination dans Montauban après le siège de 1621 (Bibl. Mazarine, ms. 2613, fo 167 vo). Voir aussi Dewald Jonathan, Status, Power and Identity in Early Modern France. The Rohan Family 1550-1715, University Park, The Pennsylvania State University Press, 2015, p. 163-194.
40Bibl. Mazarine, ms. 2609, fo 208 ro, fo 211 ro.
41Sur les grands dans le contexte de cette assemblée, voir Daussy Hugues, « Le parti huguenot à l’épreuve de la révolte de Condé (1615-1616) », in Boisson Didier et Bury Emmanuel, Dix-Septième Siècle, no 293, 2021, « Entre institutionnalisation, répression et Refuge : le protestantisme français au xviie siècle (1598-1685) », p. 209-220.
42AN TT 270, fo 96 ro-vo.
43Souriac Pierre-Jean, « Fidélité et conversion chez les chefs de guerre protestants au début du xviie siècle », in Martin Philippe et Suire Éric (dir.), Les Convertis : parcours spirituels, parcours politiques, t. I : Période moderne, Paris, Classiques Garnier, 2016, p. 23-37.
44AN TT 270, fo 96 ro.
45Bibl. Mazarine, ms. 2609, fo 278 vo.
46Je poursuis ici des analyses menées dans Aracil Adrien, « Révolte et désobéissance dans la France du premier xviie siècle. Le marquis de La Case, huguenot saintongeais, face aux guerres de Rohan, en 1625 », Revue historique, no 693, 2020/1, p. 167-191, et dans ma thèse de doctorat, « Histoire d’une liberté dans la France moderne. Protestants, politique et monarchie (vers 1598-vers 1629) », thèse d’histoire, dir. Denis Crouzet, Sorbonne Université, 2022, p. 451-455.
47Christin Olivier, La Paix de Religion. L’autonomisation de la raison politique au xvie siècle, Paris, Seuil, 1997.
48Bibl. Mazarine, ms. 2619, fo 217 ro-238 ro.
Auteur
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Adrien Aracil
Centre Roland-Mousnier (Sorbonne Université, UMR 8596).
Adrien Aracil est agrégé d’histoire et docteur en histoire moderne, membre associé du Centre Roland-Mousnier (Sorbonne Université, UMR 8596). Auteur de plusieurs articles consacrés à l’étude des pratiques et des discours politiques de la première modernité, il a soutenu en 2022 à Sorbonne Université, sous la direction de Denis Crouzet, une thèse intitulée Histoire d’une liberté dans la France moderne. Protestants, politique et monarchie (vers 1598-vers 1629), dont une version remaniée est parue en 2025 aux éditions Classiques Garnier.
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