Culte de fief et résistance nobiliaire dans l’Ouest de la France
p. 173-186
Texte intégral
1À côté du culte de concession et du culte de possession, des exercices publics définis dans les articles 9, 10 et 11 de l’édit de Nantes1, le culte de fief permet à un seigneur – sous certaines conditions – d’aménager un temple dans son château, de pouvoir y accueillir un pasteur et des fidèles, et d’y faire célébrer le culte. Dans les provinces où les exercices publics sont peu nombreux et les familles dispersées, le culte de fief apparaît essentiel afin de permettre à certaines communautés réformées, trop éloignées d’un exercice public, de participer au culte. C’est justement le cas de nombre de provinces du nord du royaume qui possèdent une faible densité d’Églises réformées, à l’exception de la Normandie. Si la présence nobiliaire est aussi importante, c’est qu’en temps de persécutions, d’interdiction des temples publics et de leur destruction, comme à partir des années 1660, le culte de fief peut être considéré comme un lieu de repli. Naturellement, ce n’est pas dans ces lieux de culte que les communautés sont les plus importantes, ni qu’on y trouve les pasteurs les plus réputés, mais dans quelle mesure le culte de fief ne permet-il pas de suppléer en partie des cultes publics ? Comment le temple est-il intégré au château ? La géographie de ces lieux de culte a-t-elle changé sous le régime de l’édit de Nantes ? Quelle est l’attitude des seigneurs face à la politique royale ? En quoi ces Églises peuvent-elles aussi apparaître comme des lieux de résistance avant ou après la Révocation de l’édit de Nantes ? Autant de questions que nous pouvons nous poser en nous intéressant plus particulièrement à des cultes de fief situés dans les provinces réformées d’Anjou-Touraine-Maine, de Bretagne et de Normandie, voire d’Orléanais-Berry2. En l’absence souvent de registres consistoriaux, les actes des synodes nationaux et provinciaux3, les sources administratives des intendants et les sources judiciaires permettent de connaître tant la localisation de ces Églises de fief que leur statut, mais aussi la description des lieux, et surtout des temples, les rapports avec l’intendant, la nature des procès à l’encontre de ces seigneurs. Trois aspects peuvent donc être retenus, tout d’abord l’application de l’édit de Nantes, puis les difficultés rencontrées par ces Églises, enfin la répression contre le culte de fief et l’attitude des nobles face à cette répression.
2L’exercice du culte de fief est défini par deux articles de l’édit de Nantes4, l’article 7 :
« Nous avons aussy permis à tous seigneurs, gentilzhommes et autres personnes, tant regnicoles que autres, faisans profession de la Religion pretendue reformée, ayans en nostre royaume et pays de nostre obeïssance haulte justice ou plain fief de haubert (comme en Normandie) soit en proprieté ou usufruit, en tout ou par moictié ou pour la troisiesme partie, avoir en telle de leurs maisons desd. haultes justices ou fiefz susd., qu’ilz seront tenuz nommer devant à noz baillys et senechaux, chacun en son destroict, pour leur principal domicille, l’exercice de lad. Religion tant qu’ilz y seront residens, et en leur absence leurs femmes ou bien leur famille ou partie d’icelle […]. »
et l’article 8 :
« Ez maisons des fiefz où ceulx de lad. Religion n’auront lad. haulte justice ou fief de haubert, ne pourront faire led. exercice que pour leur famille tant seullement. N’entendons toutesfois, s’il y survenoit d’autres personnes jusques au nombre de trante outre leur famille, soit à l’occasion des baptesmes, visites de leurs amis ou aultrement, qu’ilz en puissent estre recherchez ; moyennant aussy que lesd. maisons ne soient au dedans des villes, bourgs ou villages appartenans aux seigneurs haultz justiciers catholiques autres que nous, esquelz lesd. seigneurs catholiques ont leurs maisons ; auquel cas ceulx de lad. Religion ne pourront dans lesd. villes, bourgs ou villages faire led. exercice, si ce n’est par permission et congé desd. seigneurs haultz justiciers, et non aultrement. »
3Ces deux articles reprennent un certain nombre de dispositions des édits de pacification antérieurs, que ce soit l’édit d’Amboise de 1563, l’édit de Saint-Germain-en-Laye de 1570, l’édit de Boulogne de 1573 ou l’édit de Poitiers de 15775.
4La lecture des différents articles de l’édit de Nantes pourrait faire croire qu’à exercice de fief correspond un temple dans un château, et à exercice public un lieu de culte construit dans une ville ou un bourg. Or ce n’est pas toujours le cas. Le prêche au château est, en fait, plus répandu qu’on pourrait le croire.
5La plupart des temples des exercices de fief sont, en effet, dans les châteaux. Les descriptions des pièces utilisées sont relativement rares6. Cela peut être une pièce du château ou un pavillon indépendant, plus ou moins intégré à l’ensemble des bâtiments. En 1655, une montrée du château de La Barre, près de Château-Gontier, au nord de l’Anjou, possession de la famille Chivré, mentionne à plusieurs reprises l’existence d’un temple, et ce document permet de l’imaginer dans un pavillon indépendant situé autour de la basse-cour du château7. La montrée précise ainsi : « Reffaire un costé de l’esquallier du temple d’une toize et demye » ou encore « que l’ardoize d’entre le paveillon du temple et la grange au foing est pourye d’environ six piedz par le bas et la fault recoudre ». Mais un inventaire des biens dressé en 1679 ne signale plus aucune salle ou pavillon, et la nature du mobilier ne laisse rien supposer8. Les descriptions de temples dans un château sont donc rares dans les provinces de l’Ouest, mais on peut facilement imaginer que ce soit comparable à celui du château de Brinon dans le Morvan, où le temple est dans un pavillon de la basse-cour : il contient 18 à 20 bancs dont l’un, fermé de tous, est réservé au seigneur du lieu. Au fond de la pièce, se trouve une estrade de bois de chêne élevée de 4 à 5 pieds. Sur cette estrade, 14 sièges pour les anciens du consistoire ont été placés, ainsi qu’une chaire pour le pasteur haute de 8 pieds et deux tables attachées au mur dans lesquelles sont écrits le Décalogue pour l’une, l’oraison dominicale pour l’autre9. À Chamerolles, au nord d’Orléans, le temple constitue une pièce du château. Dans d’autres châteaux, il n’y a tout simplement pas de pièce dédiée pour servir de temple. C’est le cas de l’Église de fief d’Allonnes en Beauce. Cet exercice, supprimé en 1672, se fait ainsi, selon Élie Benoist :
« Elle ne s’assembloit qu’à droit de fief. Le seigneur demeuroit à Emanville qui n’en étoit éloigné que d’une portée de pistolet. Il n’y avoit point de temple, et l’exercice se faisoit seulement dans une chambre de la maison seigneuriale, dont le reste ne servoit qu’à loger un fermier : mais dans cette chambre il y avoit une chaire et des bancs10. »
6Il existe aussi des Églises de fief pour lesquelles le temple est construit dans le parc, à l’écart. Au château de Courtomer, possession de la famille Saint-Simon dans la généralité d’Alençon, le culte se déroule jusqu’au début des années 1620 dans le château, mais en 1622 le marquis fait construire un bâtiment, appelé localement l’habitacle, situé à mi-distance entre le château et le village, qui devait ainsi rapprocher du lieu de culte les familles réformées du village. C’est une construction presque carrée, de 32 pieds sur 35, haute de 24 pieds et de 54 pieds avec la couverture. Il sert de temple jusque dans les années 1660, même si apparemment il doit servir de chapelle funéraire, usage bien peu réformé11.
7Des exercices publics peuvent, semble-t-il, se dérouler à l’intérieur de châteaux. Ils existent plus particulièrement dans de petites communautés qui n’ont souvent pas les moyens financiers de construire un temple ou qui en sont privées sans que le culte public ne soit interdit. C’est le cas à Saint-Aignan, au nord-est du Mans. À certains moments, un culte se déroule uniquement dans le temple du château, à d’autres moments dans celui du château et dans celui du village, avec un même pasteur qui, peut-être, préfère célébrer le culte dans le temple du château12. Dans une enquête effectuée par l’intendant de Tours dans les années 166013, il est précisé que « le marquis de Saint-Aignan et son frère sont du nombre et ont le prêche chez eux ». Cela laisse à penser naturellement que c’est un exercice de fief, même s’il semble qu’il y ait également un temple dans le village ; une autre enquête de l’intendant précise qu’Henri de Clermont a été inhumé « dans le temple de ceux de la RPR de Saint-Aignan » ; enfin, un état des lieux des nobles réformés de 1682 indique clairement cette fois-ci : « Il y a un temple basti dans le bourg de Saint Aignan où le ministre fait sa demeure et où il se fait l’exercice de ladite RPR. » Deux temples coexistent donc probablement. L’exemple de l’Église de Saint-Aignan permet de se rendre compte que ces exercices de fief doivent surmonter un certain nombre de problèmes.
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8Il faut noter que la carte des exercices de fief est très mouvante tout au long du xviie siècle, même s’il n’est pas toujours facile de connaître le statut exact de certains exercices (cartes 1 et 2, p. 185-186). Cela révèle les difficultés auxquelles les Églises de fief sont confrontées. L’exemple de la province d’Anjou-Touraine-Maine est, à cet égard, significatif. Dans le colloque d’Anjou, c’est le cas d’une Église régulièrement mentionnée dans les actes des synodes provinciaux au début du xviie siècle, celle de « Craon, Château-Gontier, les Landelles », sans que l’on sache précisément où le culte est célébré14. D’après un jugement de 1665 du présidial de Château-Gontier, cette Église semble cependant considérée comme un culte de concession, même si Abel Bedé, sieur des Aulnayes, a dû accueillir le culte réformé dans sa demeure, ce qui lui est désormais interdit15. Dans le colloque du Maine, à côté des exercices publics de Bellême, du Mans, de Saint-Aignan et de Château-du-Loir, des exercices de fief ont existé à Poligny (Laval)16, à Lassay, à Pringé, à La Barre, à Mimbré et à Ardenay. Une petite communauté se constitue ainsi dans le village d’Ardenay, près du Mans, autour de Jacques Lanfermat, sieur de Villiers et d’Ardenay17. Toutefois son existence est fragilisée par ses faibles effectifs. Les deux communautés décident de se partager en 1601 le même pasteur qui « servira par prest alternatif de quinzaine en quinzaine a l’eglise du Mans attendant qu’ilz s’en soient pourveus d’un qui leur soit particulierement affecté, et fourniront a communs frais a l’entretien dudit Vigneux18 ». En 1606, une nouvelle répartition des frais est prévue : un tiers pour Ardenay, deux tiers pour Le Mans19. En 1608, les cinq familles réformées d’Ardenay se plaignent de la charge financière qui leur incombe20 ; et quelques années plus tard, elles ne sont plus que deux21. Mais lors du synode provincial de 1679, il est mentionné un certain Pépin, pasteur d’Ardenay, alors que l’Église du Mans dispose d’un autre pasteur22. Quant à l’Église de Pringé, elle dépend de la famille Clermont-Gallerande ; il existe peut-être deux temples et deux pasteurs pour cette communauté à la fin des guerres de Religion, un situé au bourg de Pringé, La Plante puis Le Bloy en étant les ministres, un autre au château de Gallerande desservi à la fin des années 1590 par un certain Serigny23.
9Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces modifications dans la géographie des exercices de fief et permettent de souligner la fragilité de ces Églises : la vente d’une seigneurie, l’héritage d’une terre ou la conversion d’un seigneur qui modifient de nombreuses situations, et la présence ou non d’un pasteur. Plusieurs exemples sont, à cet égard, très significatifs. Ainsi, en 1629, Henri de La Trémouille vend sa baronnie de l’Île-Bouchard au cardinal de Richelieu24. Le culte cesse donc au château, mais jusqu’en 1633, les protestants de cette Église se réunissent dans un temple de la paroisse Saint-Maurice de la ville, ce qui conduit à s’interroger sur le statut exact de ce culte. Richelieu fait fermer le temple en 1633, et un arrêt du Parlement de Paris du 1er avril 1645 interdit définitivement tout culte à l’Île-Bouchard25. Après cette date, c’est chez des familles nobles que les réformés se réunissent désormais, chez les d’Argy jusqu’en 1670, à Puybascle26 chez les Périllau par la suite. L’Église de Chilleurs, au nord d’Orléans, se replie sur le château de Chamerolles en 1638 à la suite de la vente de la terre de Chilleurs à un catholique27. La conversion du seigneur réformé au catholicisme entraîne aussi de la disparition du culte de fief. Même si la communauté réformée cherche à maintenir le culte en le transformant en exercice public, le clergé catholique dénonce facilement ce subterfuge, comme a pu le montrer Jean-Marie Vallez pour une Église réformée normande, celle des Veys recueillie aux quartiers de Géfosse et de Criqueville. C’est, en effet, à Beaumont-le-Richard, au manoir du seigneur que se faisait le culte, comme en témoigne un incident survenu le 15 décembre 1596 : « Quesnel faisant le presche au chateau de Beaumont proche desd. paroisses [Géfosse et Cricqueville], au grenier sur le pressoir, une partie du solier tomba et en blessa plusieurs ; voilà la preuve de l’exercice de fief au chateau de Beaumont », selon le clergé. Les huguenots reconnurent, dans une requête du 22 septembre 1665, que la dame de Beaumont, devenue veuve et passée au catholicisme, les avait forcés à quitter son château. C’est alors qu’ils se replièrent sur Cricqueville où ils s’étaient assemblés jusqu’en 1590, ainsi que sur Géfosse où ils bâtirent un temple28.
10Une des difficultés des Églises de fief est la présence d’un pasteur pour célébrer le culte. C’est devant les synodes provinciaux que les proposants, les étudiants qui terminent leurs études de théologie et qui souhaitent obtenir un ministère, doivent subir différentes épreuves qui leur permettent ou non d’être nommés pasteurs dans telle ou telle Église de la province. Cette même assemblée officialise la nouvelle « vocation » d’un ministre exerçant déjà en Anjou-Touraine-Maine ou venant d’une autre province. Si, d’une façon générale, les synodes provinciaux ont la haute main sur ces nominations, il apparaît que le processus peut être différent dans certains cas. Le choix du pasteur semble tout d’abord celui de l’Église qui souhaite l’accueillir et il existe une entente préalable entre le futur pasteur et le consistoire ou le seigneur dans le cas des Églises de fief, comme c’est le cas en 1649 pour celle de La Barre :
« Le sieur Pierre de La Besse, estudiant en theologie, natif de la ville de Bergerac en Guienne, a comparu en cette compagnie. Lequel a remonstré que dès l’année 1648 au mois de may, il traitta avec monsieur le marquis de La Barre et madame sa femme pour le ministere de l’eglize dudit lieu qui se recueille dans sa maison et en a p[rese]nté l’acte qui contient les conditions dudit traitté, demandant à cette compagnie qu’il lui plaise voulloir procedder à son examen, lecture ayant esté faitte de la lettre dudit sieur marquis adressée à cette compagnie par laquelle il luy faict mesme requete et priere d’examiner ledict de La Besse, et où il sera trouvé capable d’exercer le saint ministere de l’envoyer à ladite eglize, la compagnie après avoir desliberé sur ladite lettre de requete dudict de La Besse et examiné ses tesmoignages, elle a esté d’advis de lui donner texte pour la proposition françoise, ce qui a esté faict pour la rendre samedy prochain29. »
11Certaines limites peuvent être fixées à ce fonctionnement, comme le montre cet article du synode provincial de 1607 qui précise « qu’il ne sera permis aux seigneurs et dames faisans profession de la religion d’avoir un pasteur en leur maison et dresser une eglise particuliere au prejudice des eglises voisines desja dressés30 ».
12Au cours des premières années qui suivent la fin des guerres de Religion, le manque de pasteurs dans la province crée des tensions entre les Églises. Ainsi, celle de Pringé ne peut empêcher le départ pour Angers du pasteur Étienne Le Bloy, et elle doit attendre plusieurs années avant d’en retrouver un. Malgré les protestations du marquis de Clermont et du consistoire, la nomination de Le Bloy à Angers est confirmée par le synode national de Gap31. Ce n’est que le synode provincial de 1605 qui trouve enfin une solution : « La compagnie ordonne que l’eglise d’Angers fera venir a ses frais le sieur Cottiere, proposant stipendié de la province, pour estre examiné et employé en ladite eglise de Pringé ; et cependant oultre la portion des deniers de la liberalité du roy, l’eglise d’Angers et Pringé fourniront par moitie a l’entretien dudit Cottiere32. » Pour de nombreux pasteurs, le ministère dans un culte de fief apparaît souvent comme une première nomination quand on est proposant ; l’objectif est ensuite de rejoindre une Église avec un exercice public, des fidèles plus nombreux et un salaire plus important. Ainsi, le synode provincial de Loudun réuni en 1647 mentionne que :
« Le sieur de Vaux, ministre du saint évangile, s’estant presenté en cette compagnie, a requis employ pour l’exercice de sa charge, et sur les bons tesmoignages qui luy ont esté rendus de plusieurs endroits, il a esté admis pendant son sesjour en ce lieu [La Barre], et a donné toutes sortes de tesmoignages de son zelle, pieté et modestie33. »
13Or, moins de deux ans plus tard, il a quitté cette Église, ce qui explique la nomination de Pierre de La Besse lors du synode provincial de Beaumont-la-Ronce de 1649. Ces difficultés se sont accentuées lors du règne personnel de Louis XIV.
14Une enquête effectuée par l’intendant de Tours dans les années 1660 permet de dresser une géographie des lieux de culte de fief au début du règne personnel de Louis XIV, révélant un certain dynamisme de ces Églises que la législation royale brise au cours des années 1660 et 167034. Dans le colloque d’Anjou, le culte est désormais célébré à Chauvigny chez les Madaillan, dans le Craonnais, mais c’est peut-être un simple quartier de l’Église de Craon-Château-Gontier35. Dans le colloque du Maine, de nouveaux exercices de fief sont apparus. Les protestants de la région de Château-du-Loir se réunissent sur les terres du marquis de La Moussaye, seigneur de Nogent-sur-Loir36, dans le temple de Paimperdu ; ceux du Temple et de Mondoubleau à La Fredonnière ; ceux de Saint-Ouen-de-Mimbré chez le marquis de Langey ; ou ceux de la région de Mayenne au château de l’Isle-du-Gast. Au nord du Maine, le seigneur d’Aillières accueille un exercice de fief37, dans la région de La Flèche celui de Vénevelles, ou au nord du Mans la « dame de Loudon, veuve du sieur de Mervé, cadet du marquis de Clermont » qui organise un culte sur sa terre de Tronchet.
15Parmi toute la législation qui vise à limiter l’exercice du culte réformé à partir des années 1660, plusieurs édits ou déclarations, ou simplement des articles, ont pour cible explicitement les exercices de fief. L’article 2 de la déclaration du 1er février 1669 explique que les seigneurs ne pourront établir aucun exercice sur les terres de leur domaine « s’ils n’étaient engagés avant l’édit de Nantes ou possédés par les descendants en ligne directe ou collatérale de ceux qui en jouissaient lors dudit édit ». L’article 3 de cette même déclaration précise « que dans le lieu où les seigneurs de ladite RPR ayant haute justice font l’exercice d’icelle, il n’y aura aucune marque d’exercice public ». Enfin, par l’article 14, ne peuvent être mis dans les tables des synodes « les lieux où l’exercice public de la Religion a été interdit, ni ceux où il ne se fait que par le privilège du seigneur, et dans son château », recherchant par cette mesure l’invisibilité du culte de fief38. L’arrêt du conseil du 6 novembre 1679 « porte défense à tous seigneurs hauts justiciers d’établir dans leurs terres des officiers autres que catholiques39 ». L’arrêt du conseil du 13 juillet 1682 défend à ceux de la RPR « de faire aucun exercice de leur religion dans leurs fiefs et seigneuries s’ils n’y sont actuellement demeurant40 ». La déclaration du 4 septembre 1684 limite les participants au culte de fief à la famille, les vassaux et les personnes domiciliées sur l’étendue de la haute justice41. Enfin, la déclaration du 13 juillet 1685 explique que les ministres des châteaux et maisons des seigneurs ne pourront exercer plus de trois ans dans un même lieu42.
16Dans le cadre de l’application de cette législation, des cultes de fief, comme pour n’importe quel autre culte, sont visés. Entre 1666 et 1669, l’habitacle, la chapelle funéraire transformée en temple des marquis de Saint-Simon à Courtomer, est contesté par le syndic du diocèse de Sées. Deux commissaires sont nommés, l’intendant d’Alençon Bernard-Hector de Marle43, et le seigneur de Condé, Jacques de Saint-Denis. Ils visitent le château le 4 juin 166944. Les griefs faits au seigneur du lieu sont révélateurs de cette application « à la rigueur » de l’édit de Nantes. Il est rappelé au marquis de Saint-Simon qu’il faut avoir haute justice, ou plein fief de haubert, « par moitié ou par la troisième partie ». Pour le syndic, les lettres d’érection en marquisat étant postérieures à l’édit de Nantes, elles ne peuvent donner cette faculté au marquis de Courtomer. Saint-Simon répond que puisqu’il suffit d’un fief de haubert, il en possède trois qui ont été réunis à son marquisat par lettres royales du 6 avril 1591 et de juin 1603. De même, le marquis « ferait prêcher dans sa maison deux fois la semaine un ministre qui ne réside pas chez lui et qui fait l’exercice ailleurs », ce qui est contre l’arrêt du conseil du 5 octobre 1663 : cet arrêt interdit aux ministres de prêcher hors des lieux de leur résidence, mais le ministre Abel Barbier ne dessert plus qu’à Courtomer. Ensuite, le marquis de Courtomer obligerait « les habitants de tous les lieux circonvoisins de contribuer à l’entretien du ministre contre l’esprit des édits et au préjudice des sujets de Sa Majesté ». Il recevrait aussi aux exercices « toutes sortes de personnes contre la disposition des édits » et désobéirait à l’arrêt du conseil du 5 août 1665 qui interdit l’exercice du culte en l’absence du seigneur. Il est enfin accusé d’avoir fait construire un temple dans le village. Malgré ces différents griefs, le culte est maintenu à Courtomer, les réponses du marquis ayant paru satisfaire l’intendant. Peut-être que sa présence, après la déclaration du 1er février 1669 qui marque un relatif coup d’arrêt à cette vague de persécutions des années 1660, est une autre raison.
17Les exercices de fief apparaissent également comme des lieux de résistance, même si le pouvoir civil et judiciaire cherche progressivement à les supprimer les uns après les autres. Un exemple de cette résistance peut être pris avec l’Église de Saint-Aignan dans le Maine. Contesté une première fois à la fin des années 1660, et face au désaccord entre les commissaires catholique et protestant, le culte peut se poursuivre après la décision de partage prise en 1671 : le marquis de Saint-Aignan, Georges-Henri de Clermont, né en 1653, prouve que la famille détient les droits de haute justice sur ses terres depuis 1563. De nouveau contesté en 1684, le seigneur du lieu se rend à Tours en décembre pour présenter ses titres à l’intendant Nointel45. Il doit, semble-t-il, renoncer à faire célébrer le culte sur ses terres par un arrêt du conseil du 19 mars 168546. Mais des exercices de fief ont été interdits beaucoup plus tôt : dès le mois de mars 1665, le présidial de Château-Gontier supprime le culte réformé au château de La Barre, au château de la Faucille et à Aulnais-Baré, trois exercices de fief de cette région, « à peine de 500 livres d’amende » et à tous les ministres d’y faire aucun prêche ni fonction de la « prétendue religion », seul celui de la Touche-Moreau est épargné47. Cinq ans plus tard, dans la même région, c’est l’exercice de fief de Plessis-Bourel qui est contesté, ainsi que celui de Chauvigny, possession de Philippe de Madaillan. Il est reproché à ce dernier d’avoir fait bâtir un temple dans son château, d’avoir interdit le culte catholique dans une chapelle et d’avoir fait transporter la cloche de la chapelle à Chauvigny où elle aurait servi à sonner les prêches. Le seigneur réussit à prouver que le soi-disant temple est en fait un pavillon utilisé pour la sépulture des membres de sa famille, et que la chapelle n’est qu’un oratoire48. Cette affaire intervient dix ans après une requête adressée au lieutenant général de Château-Gontier par Madeleine Lescuyer,
« disant qu’il y a longtemps qu’elle recherche les occasions de quitter sa religion prétendue réformée pour suivre la religion romaine et s’y faire instruire : que pour y parvenir, elle s’est adressée à quelques prêtres, les a convier de la tirer de la maison du sieur de Chauvigny où il se fait l’exercice de la RPR, et pour exécuter plus facilement son dessein, et qu’il ne vint pas à la connoissance dudit sieur de Chauvigny, elle les convia de l’emmener nuitamment en quelques maisons religieuses où elle peut s’instruire en la religion romaine, ce qu’ils auraient fait et amené en la maison des Dames ursulines de cette ville49 ».
18Le culte de fief peut jouer, un certain temps, un rôle de repli ou de refuge quand les autres lieux d’exercice sont interdits. En 1665, après la suppression du temple de Lindebeuf en Normandie, Isaac Dumont de Bostaquet écrit dans ses Mémoires :
« J’eus le chagrin d’apprendre que notre temple étoit condamné à être démoli, ce qui fut exécuté pendant mon absence. Je ressentis un violent déplaisir de cette injustice ; mais la suite a justifié que toutes les précautions étoient inutiles, que notre perte étoit jurée. Enfin Dieu ayant permis que nous fussions les premiers de notre province à servir d’exemple, je crus pouvoir réparer cette perte en faisant prêcher chez moi, en rassemblant le troupeau qui étoit épars ; j’en fus prié instamment : l’exercice s’étoit fait autrefois au Bostaquet, j’y faisois toujours baptiser mes enfants et prêcher de temps en temps. J’avois de plus La Fontelaye qui, me rendant possesseur de deux moitiés du fief de haubert, me rendoit en droit de recueillir l’arche dans ma maison. Mais pour réussir dans un dessein si pieux, je voulus, premier que rien entreprendre, consulter le consistoire de Rouen, ce qu’ayant approuvé et fortifié des avis de MM. de Grandchamp et de Basnage, avocats fameux, je me préparai à faire en justice les déclarations auxquelles l’Edit de Nantes nous engageoit dans l’article 7, et pour cet effet, […] je me rendis à Longueville où je passai ma déclaration par-devant M. Bontemps, bailli de ce lieu, que j’élisois La Fontelaye pour mon principal domicile, et que mon intention étoit d’y faire prêcher. Comme il étoit fort de mes amis, il m’accorda acte de madite déclaration, avec le consentement du procureur fiscal du lieu. Fort content de ce petit succès, je me rendis à Arques, chez Madame de Tibermont, pour ensuite le lendemain aller à Dieppe faire pareille déclaration par-devant M. d’Hibouville-Galie, qui étoit lieutenant général pour lors et le juge compétent50. »
19En août 1685, dans un Mémoire servant de réponses aux lettres de Monsieur le marquis de Châteauneuf des 14, 18 et 20 juillet 1685, l’intendant de Tours dresse un bilan de l’exercice du culte réformé moins de deux mois avant la révocation de l’édit de Nantes. Concernant les Églises de fief, le culte ne serait célébré à cette date que chez le sieur de Marconnay en Poitou, et le sieur de l’Isle-du-Gast à Lassay dans le Maine51. La législation royale est responsable de cette situation.
⁂
20Pour conclure, il faut insister sur plusieurs points. Tout d’abord, les Églises de fief jouent un rôle essentiel dans la géographie des exercices de l’Ouest du royaume. Même si elles n’accueillent au total que peu de familles, elles permettent la présence réformée là où les exercices publics sont peu nombreux. Cependant, il a été possible de montrer la fragilité de ces exercices de fief. Peu se maintiennent continuellement sous le régime de l’édit de Nantes, et ils sont, comme pour les exercices publics, touchés par une législation répressive. Enfin, contrairement à l’analyse qui est faite sur le comportement de la noblesse à partir des années 1620, l’historiographie insistant beaucoup sur la conversion au catholicisme – certes importante – de membres de la haute noblesse (François de Bonne, duc de Lesdiguières, en 1622, Henri III de La Trémoille en 1628, Gaspard IV de Coligny en mai 1643, Henri de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne, en 1668…), ce n’est en aucune façon une attitude que l’on peut généraliser.
Carte 1.

Carte 2.

Notes de bas de page
1La pratique publique de la confession réformée est autorisée partout où elle était effectivement établie en 1596 et jusqu’en août 1597 (Églises dites de « possession »), et là où le permettaient l’édit de Poitiers, le traité de Nérac et le traité de Fleix et dans les faubourgs de deux villes par bailliage ou sénéchaussée (Églises de concession »). Mais il existe aussi des cas particuliers : un seul lieu par bailliage peut être désigné comme dans les bailliages de Bourges et d’Orléans (article XV des articles particuliers), mais aussi de Sens (article XXX des articles particuliers). Voir à ce sujet Boisson Didier et Daussy Hugues, Les protestants dans la France moderne, Paris 2006 ; Garrisson Janine, L’édit de Nantes et sa Révocation. Histoire d’une intolérance, Paris 1985 ; Labrousse Élisabeth, « Une foi, une loi, un roi ?» La Révocation de l’édit de Nantes, Paris 1985 ; Joutard Philippe, La révocation de l’édit de Nantes ou les faiblesses d’un État, Paris, Gallimard, 2018 ; Cabanel Patrick, Histoire des protestants en France, xvie-xxie siècle, Paris, Fayard, 2012 ; Baubérot Jean et Carbonnier-Burkard Marianne, Histoire des protestants. Une minorité en France (xvie-xxie siècle), Paris, Ellipses, 2016.
2L’importance du culte de fief dans certaines provinces peut être liée à la faiblesse numérique des protestants et à la sur-représentation de la noblesse dans les Églises réformées. Ainsi dans la province synodale d’Orléanais-Berry, le pourcentage de nobles est plus élevé là où il existe plus d’Églises de fiefs, comme en Beauce : les nobles représentent près de 45 % des familles de l’Église de Bondarroy, près de Pithiviers, ou le quart à Dangeau.
3Aymon Jean (éd.), Tous les synodes nationaux des Eglises Reformées de France, La Haye, Charles Delo, 2 volumes, 1710. Boisson Didier (éd.), Actes des synodes provinciaux des Églises réformées d’Anjou-Touraine-Maine (1594-1683), Genève, Droz, 2012.
4L’édit de Nantes et ses antécédents (1562-1598), dir. Bernard Barbiche, 2e éd., 2009 (Éditions en ligne de l’École des chartes [ÉLEC], vol. 5), [http://elec.enc.sorbonne.fr/editsdepacification].
5Ibid. Voir par exemple l’article 1 de l’édit d’Amboise de 1563 : « Que doresnavant tous gentilzhommes qui sont barons, chastellains, haultz justiciers et seigneurs tenans plain fief de haubert et chacun d’eulx puissent vivre en leurs maisons, esquelles ilz habiteront, en liberté de leurs consciences et exercice de la Religion qu’ilz disent reformée avec leurs familles et subjectz, qui librement et sans aucune contraincte s’y vouldront trouver, et les autres gentilzhommes aians fief aussi en leurs maisons, pour eulx et leurs familles tant seulement, moiennant qu’ilz ne soient demeurans es villes, bourgs et villages des seigneurs haultz justiciers autres que nous, ouquel cas ilz ne pourront esd. lieux faire exercice de lad. Religion, si n’est par permission et congé de leursd. seigneurs haultz justiciers et non autrement » (les articles 5 et 6 de l’édit de Saint-Germain-en-Laye, l’article 5 de l’édit de Boulogne de 1573 et les articles 5 et 6 de l’édit de Poitiers de 1577).
6Ainsi Paul de Félice dans son étude Les protestants d’autrefois (4 vol., Paris, 1896-1902), écrit : « En général, s’il n’est pas de fief – car alors il fait partie de la demeure seigneuriale et ne saurait nous arrêter – est dans un enclos » (t. I, p. 6).
7Arch. dép. de la Mayenne, B 2307, f 12. Voir Joubert André, Une famille de seigneurs calvinistes du Haut-Anjou. Les Chivré, marquis de La Barre de Bierné (xvie-xviie siècle), Laval, 1890.
8Arch. dép de la Mayenne, B 2384.
9Guéneau Yves, Protestants du Centre, 1598-1685 (ancienne province synodale d’Orléanais-Berry) : approches d’une minorité, thèse de 3e cycle, Tours, 1982, p. 64-65. C’est en 1612 que les commissaires nommés pour l’application de l’édit de Nantes autorisent Bénigne de Rabutin « à faire enclore l’endroit [où se déroule le culte] et d’y construire tel bâtiment qu’ils trouveront être pour l’exercice de leur dite religion ».
10Benoist Élie, Histoire de l’édit de Nantes contenant les choses les plus remarquables qui se sont passées en France avant & après sa publication, à l’occasion de la diversité des Religions […], t. III, 2e partie, Delt, 1695, p. 278.
11Vérel Charles, « Le marquisat de Courtomer », Bulletin de la Société historique et archéologique de l’Orne, 1909, p. 259-284, 449-473, 483-499 ; 1910, p. 360-377, 488-504 ; 1912, p. 431-462, 575-615. Jean-Antoine de Saint-Simon, baron de Courtomer, puis marquis de Courtomer à partir de 1620, participe activement aux affaires protestantes. Député de la province de Normandie lors des assemblées de Châtellerault (1597), Saumur (1599), Châtellerault (1605), Jargeau (1608), Saumur (1611), Loudun (1619) et La Rochelle (1620), il est aussi commissaire pour l’exécution de l’édit de Nantes en Normandie. Il est tué en 1629 au siège de Bois-le-Duc.
12Arch. dép. de la Sarthe, 111 AC 997, BMS de Saint-Aignan.
13Arch. nat., TT 272.
14Boisson Didier (éd.), Actes des synodes provinciaux d’Anjou-Touraine-Maine (1594-1683), Genève, Droz, 2012. En 1600, au synode provincial tenu à Pringé, cette Église est représentée par Monsieur de La Branchonère, ministre, et monsieur de Montorsier, ancien. Elle n’est pas représentée en mars 1601 au synode provincial de Loudun, mais elle députe de nouveau en juillet 1601 au synode provincial de Saumur, à ceux de Preuilly-sur-Claise en mai 1602, de Baugé en avril 1603, de Vendôme d’avril 1604, de l’Île-Bouchard de mars 1605, de Bellême de mai 1606, de Saumur de juillet 1607… et ainsi sans interruption jusqu’en 1619. En 1623, aucun député ne représente cette communauté. En 1631, le pasteur est « excusé » et l’Église « exhortée de mieux faire à l’advenir » (ibid., p. 301).
15Ibid., p. 16 et p. 333. Les difficultés rencontrées pendant le ministère d’Isaac Guiton au cours des années 1640 sont peut-être responsables d’un éclatement de l’Église, certains quartiers rejoignant par exemple l’Église de La Barre (ibid., p. 333-334).
16Joubert André, Histoire de l’Église réformée de Laval au xviie siècle, Laval, 1899. Le château de Poligny appartient au milieu du siècle à René Duboys de Mesneuf. Puis le culte se réunit dans le château de Terchant appartenant à Claude-Charles Goyon, baron de Marcé, vicomte de Terchant.
17La Bouillerie S. de, « Le temple et le cimetière de l’Église du Mans et l’Église d’Ardenay », Revue du Maine, 1888, p. 49-60.
18Boisson Didier (éd.), Actes des synodes provinciaux d’Anjou-Touraine-Maine…, op. cit., p. 116, synode provincial de Loudun de mars 1601, article 1 des faits particuliers.
19Ibid., p. 177, synode provincial de Bellême de 1606, article 9 des faits particuliers.
20Ibid., p. 200, synode provincial de Preuilly-sur-Claise en 1608, article 36.
21Ibid., p. 330, synode provincial de Loudun de 1647, article 17.
22Ibid. p. 477.
23Ibid., p. 99, synode provincial de L’Île-Bouchard de 1599.
24Henri de La Trémouille a abjuré le protestantisme le 18 juillet 1628 lors du siège de La Rochelle entre les mains de Richelieu.
25Ardouin-Weiss Idelette, « Ministres et fidèles de l’Église réformée de L’Île-Bouchard et de son annexe Chinon aux xvie et xviie siècles », Bulletin de la Société de l’histoire du protestantisme français, t. CXXXVI, 1990/2, p. 161-189.
26Le nom apparaît pour la première fois dans les actes des synodes provinciaux en 1673 (Boisson Didier [éd.], Actes des synodes provinciaux d’Anjou-Touraine-Maine…, op. cit., p. 448, article 64).
27Guéneau Yves, Protestants du Centre…, op. cit., p. 65-66. En 1620, un temple construit illégalement par le seigneur de Chamerolles, Lancelot du Lac, doit être détruit sur ordre du juge d’Orléans.
28Vallez Jean-Marie, « La suppression des temples protestants dans le ressort du diocèse de Bayeux, 1665-1685 », La Vie, la mort, le temps, Paris, 1993, p. 629-642.
29Boisson Didier (éd.), Actes des synodes provinciaux d’Anjou-Touraine-Maine…, op. cit., p. 347, synode provincial de Beaumont-la-Ronce, 1649, article 6.
30Ibid., p. 183, synode provincial de Saumur, 1607, article 9.
31Ibid., p. 143, synode provincial de Baugé, 1603, article 5 des articles particuliers. L’appel est évoqué au synode national de Gap de 1603 (article 12 des appellations) : l’Église de Pringé doit recevoir le sieur Douchez, « lors qu’il sera de retour d’Angleterre », ou tout autre pasteur qui se présenterait avant.
32Ibid., p. 161, synode provincial de l’Île-Bouchard, 1605, article 21.
33Ibid., p. 335, synode provincial de Loudun, article 31.
34Arch. nat., TT 272.
35Boisson Didier (éd.), Actes des synodes provinciaux d’Anjou-Touraine-Maine…, op. cit., p. 435, article 2 du synode provincial de 1673 tenu à Bellême. Lors du synode de 1677, c’est l’Église de Chauvigny qui est indiquée parmi les Églises présentes et elle est représentée par Amaury de Madaillan.
36Correspondance du marquis et de la marquise de La Moussaye (1619-1663), présentée par Jean-Luc Tulot, Paris, H. Champion, 1999.
37Boisson Didier, « Les protestants du Maine au xviie siècle », Les Caillard d’Aillières, 350 ans au service du territoire et du pays, Le Mans, Société historique et archéologique du Maine, 2020, p. 37-51. Aillières Geoffroy d’ et Fougerolle René de, Les Caillard d’Aillières, 1550-2010. Itinéraire d’une famille engagée, Paris, Éditions Lacurne, 2010.
38Pilatte Léon, Edits, déclarations et arrests concernans la Religion P. Réformée, 1662-1751, Paris, 1885, p. 15-17.
39Ibid., p. 44-47.
40Ibid., p. 117-118.
41Ibid., p. 167-169.
42Ibid., p. 216-218.
43Conseiller au Parlement de Paris en 1652, maître des requêtes en 1665, il est nommé intendant d’Alençon en 1666, puis en Auvergne en 1671.
44Arch. nat., TT 242. Verel Charles, « Le marquisat de Courtomer… », art. cité. Voir aussi Daireaux Luc, « Réduire les huguenots ». Protestants et pouvoirs en Normandie au xviie siècle, Paris, H. Champion, 2010, p. 416-423.
45Arch. nat., TT 268.
46Arch. nat. TT 272.
47Bibl. mun. Angers, ms 997.
48Arch. dép. de la Mayenne, B 2698.
49Arch. dép. de la Mayenne, B 2321.
50Dumont de Bostaquet Isaac, Mémoires sur les temps qui ont précédé et suivi la Révocation de l’édit de Nantes, éd. Michel-Edmond Richard, Paris, Mercure de France, 2002, p. 63-65.
51Arch. nat. TT 271.
Auteur
-
Didier Boisson
Université d’Angers (TEMOS, UMR 9016).
Didier Boisson est professeur d’histoire moderne à l’université d’Angers (TEMOS, UMR 9016) et directeur de l’école doctorale Sociétés, Temps, Territoires. Ses recherches portent sur l’histoire du protestantisme aux xviie et xviiie siècles et plus particulièrement sur la publication des actes des synodes provinciaux d’Orléanais-Berry et sur la réception de l’édit de Versailles de 1787.
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