Défendre ses domaines, défendre sa foi
Les positionnements difficiles des La Trémoille pendant les dernières guerres de Religion (1620-1629)
p. 141-154
Texte intégral
1« La noblesse du sang est l’un des plus grands avantages qu’une maison puisse recevoir de la nature, et quand elle se trouve ornée de la vertu, de l’Antiquité, de la possession des grandes charges et dignités de la patrie, des hautes alliances et de la possession de grandes terres, ces cinq conditions la relèvent au-dessus des autres familles1. » Ainsi débute l’un des premiers ouvrages consacrés à la maison de La Trémoille, dédié à Charles-Paris d’Orléans-Longueville, comte de Saint-Paul, descendant par sa mère des La Trémoille2. Si l’auteur explique que cette histoire a été commandée une cinquantaine d’années plus tôt par Claude de La Trémoille, le premier chapitre vantant la piété et les fondations religieuses de la famille tend à effacer son passé huguenot, Sainte-Marthe préférant alors souligner la permanence d’un engagement militaire au service du roi plutôt que les changements confessionnels opérés au sein de la famille afin de dresser la généalogie d’une des plus illustres maisons de France. Claude de La Trémoille est pourtant le premier à entraîner la famille dans la Réforme en 1585, avant que sa sœur Charlotte-Catherine épouse l’un des chefs du parti, Henri de Condé en 1586. Si ses ancêtres s’étaient illustrés dans les armées du roi, l’image qui reste de Claude de La Trémoille est celle d’un rebelle, attaché à la protection de la religion réformée, qui le rend parfois suspect aux yeux du souverain3. Seul Agrippa d’Aubigné semble reconnaître les qualités du 2e duc de Thouars en le présentant dans son Histoire universelle comme fidèle partisan de la cause protestante participant aux négociations de l’édit de Nantes en siégeant et en soutenant l’assemblée de Saumur et de Châtellerault depuis 15974. Son absence remarquée lors du siège d’Amiens, alors que l’assemblée protestante attend toujours un édit garantissant ses libertés, contribue à construire l’image d’un rebelle à l’autorité royale5. L’année de la signature de l’Édit, Claude de La Trémoille épouse Charlotte-Brabantine de Nassau, fille de Guillaume de Nassau et de sa troisième femme, Charlotte de Bourbon-Montpensier. Cette union est favorisée par la belle-mère de la jeune femme, Louise de Coligny, ainsi que par Henri de La Tour d’Auvergne qui a lui-même épousé Élisabeth de Nassau, sœur de Charlotte Brabantine en 1595. La Trémoille s’inscrit ainsi dans une parentèle protestante qui dépasse les frontières du royaume en le liant aux Nassau, mais également à Fréderic IV, prince-électeur du Palatinat6. L’ancrage calviniste des La Trémoille est ainsi renforcé par cette alliance et les liens qu’elle permet de tisser entre de grandes familles protestantes à travers l’Europe. L’entente des époux est confortée par l’attachement de Charlotte Brabantine à la gestion des affaires familiales, mais également par la défense des privilèges des communautés protestantes qui se trouvent dans leurs domaines7. La mort du duc, en 1604, la laisse garante de la protection des biens familiaux et cheffe d’une famille de quatre enfants dont l’aîné, Henri, est seulement âgé de 6 ans.
2Après avoir dressé un portrait succinct de cette famille protestante, cet article propose de revenir sur le rôle de la duchesse et de ses enfants pour la défense du protestantisme et des dispositions de l’édit de Nantes dans les domaines dont ils ont la charge. Cette question devient particulièrement délicate dans les années 1620 lorsque de nouveaux conflits éclatent et que nombre de protestants peinent à se positionner entre lutte ouverte ou soumission au pouvoir royal8. Face aux prises d’armes de la noblesse et des huguenots, il s’agira d’analyser la conduite de la duchesse et de son entourage dans une perspective politique et religieuse. Nous nous demanderons ainsi si, comme a pu le sous-entendre d’Aubigné, le fait qu’une femme soit à la tête des affaires familiales ait pu jouer dans l’attitude des La Trémoille face au pouvoir royal9. Il s’agira également de comprendre les agissements de la duchesse et de ses enfants à l’aune de deux paradigmes : celui de la défense de leurs domaines et de l’héritage paternel, dans une perspective de sauvegarde du patrimoine nobiliaire et celui de la défense d’une religion à laquelle la duchesse est profondément attachée et qui passe par le soutien aux églises et aux assemblées et les intercessions auprès du roi pour la défense des articles de l’Édit.
Un « grand seigneur et grand terrien et hors cela (dit quelqu’un) rien »
3Ainsi s’exprime le chroniqueur Pierre de l’Estoile pour évoquer la personnalité de Claude de La Trémoille10. Si le jugement est sévère, il n’est pas si éloigné de la réalité puisque les La Trémoille sont richement possessionnés, notamment en Poitou avec Thouars, l’ancienne vicomté érigée en duché en 1563 par Charles IX et en pairie par Henri IV en 1595, le duché de Noirmoutier, la principauté de Talmond et le comté d’Olonne11. Par ses différentes alliances, la branche aînée des La Trémoille entre également en possession des baronnies de Sully, de l’Isle-Bouchard et de Craon, des comtés de Taillebourg et de Bénon, et du marquisat de Royan. La mort de Guy XX de Laval, en 1605, leur permet d’acquérir le comté de Laval dans le Maine, et le comté de Montfort et Quintin, la vicomté de Rennes, les baronnies de La Roche-Bernard et de Vitré en Bretagne12. Cette dernière baronnie donne aux La Trémoille le droit de présider l’assemblée de la noblesse aux états de Bretagne, droit que se réservaient jusque-là les Rohan. Des négociations, entreprises notamment par Philippe Duplessis-Mornay, permettent à Henri de Rohan et Henri de La Trémoille de présider alternativement cette assemblée13. Si les La Trémoille sont bien possessionnés et s’imposent à la fois parmi la noblesse bretonne et la noblesse protestante, ils possèdent peu de charges. Contrairement à son beau-frère protestant, Henri de La Tour d’Auvergne, qui est nommé maréchal de France et premier gentilhomme de la chambre du roi, Claude de La Trémoille n’appartient pas à la maison du roi. Les seules distinctions qu’il reçoit sont une compagnie de cinquante puis de cent hommes d’armes de ses ordonnances et l’érection du duché de Thouars en pairie. En dehors de ces quelques marques de distinction, Claude de La Trémoille accomplit peu de missions auprès du souverain. Cet aspect a son importance puisque la correspondance du duc montre qu’il éprouve des difficultés financières et cherche des ressources14. Cela peut expliquer la conduite des Les Trémoille par la suite, notamment vis-à-vis du pouvoir royal : la pairie donne à la famille une assise particulière dans le royaume et il est crucial de protéger sa réputation en se maintenant au service du souverain et en perpétuant une tradition familiale.
4Après la mort de Claude de La Trémoille en 1604, Charlotte Brabantine peut compter sur plusieurs soutiens, notamment celui de son beau-frère et de sa sœur, le duc et la duchesse de Bouillon, de sa belle-mère Louise de Coligny ainsi que de Philippe Duplessis-Mornay qui correspond régulièrement avec elle pour l’informer de l’état des églises réformées et la conseiller sur l’éducation à donner à ses fils15. Sa première mesure en faveur du protestantisme est de tenir ses fils, et notamment l’aîné, éloignés de la cour alors qu’Henri IV souhaite les avoir auprès de lui après la mort de leur père. Elle redoute que cela ne mette en péril leur éducation : l’exemple du jeune Henri II de Condé, confié à des gouverneurs catholiques en 1595 et les conversions obtenues par les prélats royalistes, tel Jacques Davy du Perron, expliquent sans doute son souhait de les maintenir loin de la cour16. Charlotte Brabantine se fait un devoir de respecter le testament paternel qui indique que ses enfants doivent être nourris en la religion réformée et qu’ils ne se marient qu’à des personnes de cette profession17. Henri de La Trémoille est alors envoyé auprès de son oncle à Sedan puis à l’étranger pour faire son grand Tour, ce qui permet à la famille de se protéger des remous politiques et de préserver ses relations avec les souverains lors des prises d’armes du prince de Condé dans les années 1614-161618.
5Lors des premières mobilisations protestantes en 1620, la situation de la famille a changé puisque Henri de La Trémoille est désormais en âge pour exercer des charges et est marié à sa cousine, Marie de La Tour d’Auvergne. Les clauses du testament paternel sont alors respectées, resserrant les liens entre ces grandes familles protestantes. Le frère cadet, Frédéric, né en 1602, n’est toujours pas marié en 1620 et ne possède lui non plus aucune charge à la cour ou auprès du souverain. La correspondance entre la duchesse et ses fils montre que la gestion des biens familiaux se fait de façon quasi-collégiale et que l’obtention de charges auprès du souverain est un souci permanent qui passe, selon elle, par la démonstration d’une fidélité sans faille envers le roi. Cette absence d’emploi aurait pu devenir un motif de révolte et de contestation pour les La Trémoille, cependant la stratégie familiale est de se contenir dans leur devoir afin de conserver les bonnes grâces du souverain. Cela est souvent rappelé dans la correspondance de la duchesse qui partage en cela les vues de Duplessis-Mornay. En 1589, ce dernier conseillait déjà la patience à Claude de La Trémoille précisant que « en ce monde toute choses veullent leur temps et leur progrès, et que le scavoir prendre s’appelle maturité, le vouloir prévenir précipitation ; qui ne peult estre sans aigreur et violence », et que pour être agréable au roi « il ne falloit pas seulement n’estre pas ambitieux, mais lui en oster les apparences19 ». Le gouverneur de Saumur a certainement eu une influence sur la conduite de la famille notamment après la mort du duc, sa correspondance avec la duchesse faisant paraître une volonté commune de paix pour assurer le bien des sujets de la religion. Il faut ajouter à cela le contexte européen qui peut alarmer Charlotte-Brabantine et dont elle est informée par la correspondance entretenue avec ses sœurs, notamment avec Louise-Julienne de Nassau, femme de Frédéric IV, électeur Palatin20.
Les La Trémoille face aux prises d’armes des protestants dans les années 1620
6Suite aux affaires de Béarn et à la réunion d’une assemblée protestante à La Rochelle, l’échange entre les deux sœurs transcrit bien l’inquiétude partagée quant à la position des réformés en France comme en terres d’Empire. Louise-Julienne se plaint alors :
« Le Roy a un très pernissieux conseil que d’aller ainsy à la rigueur, mais ce Grand Dieu en fera bien disposer à sa gloire. Pour moy, je croit que c’est un désire pris que de nous ruyner tous et cependant nous demeurons en beaucoup de chosse aveugle et désunis qui sera nostre ruyne d’un et d’autre côté si ce Grand Dieu n’an disposse autremant qui a nos cœur en sa main. […]. Dieu vous veille bien inspirer et Monsieur vostre fils à faire ce qui est pour l’avancemant de sa gloire et le bien et conservasion de ses Eglise et du sien particulier et veille par sa miséricorde couverir de ses ayles vous et tout ce qui vous est cher, affin quan ces malheur nul mal ne vous puisse arriver21. »
7Cette lettre témoigne à la fois des menaces qui pèsent sur les communautés protestantes mais également de leur division quant à la réponse à apporter aux décisions royales. Si l’Électrice reconnaît que le roi est bien mal conseillé d’être si « rigoureux » avec ses sujets réformés, elle n’encourage pas à prendre les armes, suggérant plutôt à la duchesse de s’en remettre à Dieu. Les revers essuyés par son fils l’Électeur palatin en 1618 expliquent sans doute cette prudence22. L’Électrice mentionne bien les enjeux relatifs à la position des La Trémoille : faire le nécessaire pour l’avancement de la gloire de Dieu et la conservation des Églises mais également protéger « vous et tout ce qui vous est cher ». Cela résume la ligne de conduite des La Trémoille, inspirée par la duchesse qui souhaite à la fois préserver les libertés des protestants et les biens familiaux.
8Les deux objectifs vont en réalité de pair puisque protéger leurs domaines leur permet d’assurer le maintien des communautés protestantes qui y résident. Cette politique n’est pas nouvelle car dès son arrivée en France, Charlotte Brabantine de Nassau s’est attachée à défendre ses coreligionnaires en soutenant financièrement la construction de temples et le recrutement de pasteurs23. Agrippa d’Aubigné dresse pourtant un portrait plutôt sévère de la duchesse de La Trémoille en la décrivant comme « foible, mémorative des maux passez en sa maison, prit le contr-ongle des maximes de son mari, l’exemple de sa belle-mère, et le conseil de du Plessis-Mornay : et lors n’oublia rien pour donner asseurance de ce qu’elle avoit entre les mains ; à quoy elle ploya aisément le tendre courage de son fils aisné24 ». Si l’attitude de la duchesse peut lui être reprochée par d’Aubigné, elle n’est pourtant pas liée à une faiblesse féminine comme il aime à le rappeler mais correspond à celle d’une partie de la noblesse protestante dont la fidélité envers le roi est mise à l’épreuve par les affaires de Béarn et les campagnes militaires qui leur font suite25. La famille, qui était parvenue à se maintenir dans les bonnes grâces du souverain tout en restant attachée à leur religion, se trouve dans une position délicate. Pour la duchesse, la défense des protestants ne doit pas se faire aux dépens du pouvoir royal et il importe de ne pas s’impliquer dans une révolte qui mettrait en péril les possessions familiales. Elle rappelle cela à son fils, Henri de La Trémoille qui assiste d’abord à l’assemblée de la Rochelle fin 1620, mais refuse ensuite le commandement d’un cercle comprenant l’Angoumois, la Saintonge, les Îles de Ré et d’Oléron que lui confiait l’assemblée et se retire à Taillebourg pendant qu’elle même garde Thouars26. En mai 1621, le duc s’emploie surtout à faire accepter au roi de recevoir les députés de la Rochelle et hésite à se rendre auprès de ce dernier lorsqu’il prend la tête d’une armée chargée de rétablir l’autorité royale dans le Sud-Ouest27. Partisan de la paix, Henri de La Trémoille exprime sa crainte qu’une nouvelle guerre civile éclate « que je voudrois estaindre par mon sang et estre si heureux que de l’eespandre pour le service de Sa Majesté que pour m’opposer aus ennemis de mon estat et de ma religion28 ». En parallèle, le roi écrit à la duchesse au sujet du château de Vitré, rappelant qu’il trouve bon qu’elle soit garante de l’obéissance de la ville et qu’il se fasse le moins de changement possible. Cette baronnie de Vitré a son importance puisqu’il s’agit d’une place de sureté protestante où Guyonne de Laval avait introduit la Réforme en 155829. La duchesse soutient la communauté protestante de la ville, en favorisant l’édification d’un temple en 1611-1612, le culte protestant s’exerçant dans la grande halle ou dans le château jusqu’à cette date. Cela n’empêche pas la contre-réforme de gagner du terrain puisque plusieurs établissements, notamment celui du rosaire et des récollets, s’installent dans la ville en 161230. Ce mouvement se poursuit en mai 1621 avec l’établissement des Dominicains qui intervient dans un contexte particulier, celui de la confiscation de la baronnie par les troupes royales. En effet, le 28 mai 1621, César de Vendôme, gouverneur de Bretagne, prend la ville et le château de Vitré, et remplace le gouverneur du château, fidèle des La Trémoille, par Robert Gillot, sieur des Perrières31. Sur les conseils de Duplessis-Mornay, la duchesse s’était pourtant rendue à Saumur au-devant du souverain pour l’assurer de sa fidélité et lui ouvrir les portes de Thouars, mais les atermoiements du duc son fils conduisent finalement Louis XIII à occuper Vitré ainsi que Châtillon-en-Vendelais32. Le 31 mai, lors de l’assemblée des nobles bourgeois et habitants de Vitré, César de Vendôme place les réformés sous la garde et protection des catholiques et défend aux habitants de s’armer et de laisser entrer dans la ville « aucune personne de quelque qualité et condition qu’elles puissent être, s’ils ne sont serviteurs du roi, et particulièrement Monsieur le duc de la Trémouille ni aucun des siens, si premièrement ils n’avoient obtenu lettres de permission de Sa Majesté, sur peine d’être déclaré criminels de lèse-majesté33 ». La prise de Vitré témoigne ainsi des craintes du roi quant à l’attitude des La Trémoille et notamment du jeune duc, mais permet également de s’assurer des points d’attache dans une région où les Rohan sont richement possessionnés. Louis XIII reste méfiant vis-à-vis de ces grands seigneurs protestants qui pourraient rejoindre les Rochelais et le parti de Rohan34. En juin 1621, la duchesse, craignant que son fils ne soit porté à la rébellion, lui écrit pour le retenir en son devoir35.
9Pour éviter toute compromission, Henri de La Trémoille se retire à Sedan auprès de sa belle-famille tandis que sa mère maintient la présence familiale dans leurs terres. Les dispositions de l’édit de Nantes, qui tolèrent le culte chez les seigneurs « pour leur principal domicille, l’exercice de lad. Religion tant qu’ilz y seront residens, et en leur absence leurs femmes ou bien leur famille ou partie d’icelle » peuvent expliquer une certaine répartition des rôles au sein des familles de la noblesse protestante et la résidence des grandes duchesses dans leurs domaines36. Le duc confirme cela, indiquant que la présence de la duchesse sert à maintenir l’Église et les communautés dans leurs domaines mais il craint pour sa sûreté et l’exhorte à fuir si les persécutions contre les protestants se font trop brutales37. Ses appréhensions concernant les communautés réformées sont justifiées car le 25 mai 1622, soit un an après la prise de Vitré par le roi, le ministre Jean Parent, sieur du Préau, est tué d’un coup de carabine par trois habitants de la ville. Les habitants écrivent alors à la duchesse et à son fils pour leur demander d’intervenir auprès du roi afin de leur rendre justice suite à cet assassinat38. Cette lettre témoigne des craintes et des persécutions dont les réformés sont victimes malgré leur volonté d’être fidèles au roi. Il apparaît pourtant qu’au-delà de querelleurs présents dans les deux partis, l’attitude des hommes placés par le roi à Vitré soit plutôt celle d’une bienveillance à l’égard des protestants, comme le souligne également la lettre. Cet appel envoyé à la duchesse révèle son rôle de protectrice mais également d’intermédiaire des communautés auprès du souverain, les grands du parti apparaissant comme des relais indispensables auprès du roi pour garantir l’application de l’édit39.
10Cependant, l’attitude conciliante des La Trémoille est de plus en plus difficile à tenir puisqu’après Vitré, le roi se saisit de Taillebourg, autre place de sûreté leur appartenant. Le 30 avril 1622, il justifie cette confiscation par l’attitude ambiguë de Zacharie Duplessis-Bellay, gouverneur de la place40. Depuis 1619, ce dernier envoie de nombreuses lettres au duc de La Trémoille pour l’encourager à renforcer sa garnison et à retenir les hommes à son service, persuadé qu’il faut fortifier la place pour faire face aux attaques potentielles. Au-delà des divergences de points de vue qui peuvent voir le jour entre la duchesse et ses fils, il leur est parfois difficile de contrôler les gouverneurs locaux qui sentent leur place menacée. La défense des positions de la famille auprès du souverain se double ainsi de la nécessité d’imposer leur autorité et leur ligne de conduite dans leur domaine. Si Charlotte Brabantine rappelle sans cesse à ses fils la nécessité de servir le roi, ces épisodes et les lettres des communautés protestantes peuvent les amener à adopter des attitudes plus belliqueuses. À l’été 1622, un de leurs fidèles à Vitré, La Motte-Chesneau écrit au duc résumant la situation de ses coreligionnaires « estant au millieu d’assassinateurs, et de meurtriers depuis deux ou trois mois, ayant esté tué six ou sept hommes dans vostre ville, de la mort desquels l’on ne peut poursuivre la justice, estant menacé par les coupables de semblable malheur jusques dans vostre audience […] en sorte que si Vostre Grandeur n’a pitié de nous, nous seront contrains de quitter ou de mollir41 ». Les réformés de la ville ont une nouvelle fois recours aux La Trémoille pour les défendre, notamment pour transmettre leurs griefs au souverain. La lettre témoigne de cette nécessité d’obtenir une protection nobiliaire qui garantisse l’exercice de la religion, sans quoi les réformés sont condamnés à fuir ou « mollir ». Pendant les prises d’armes de 1622, les La Trémoille s’en remettent au prince de Condé qui combat aux côtés du roi et ne peut que les inciter à rester fidèles au roi42. Tandis que Henri de La Trémoille et son frère Frédéric restent éloignés de leurs domaines, la duchesse les informe depuis Thouars. Cette dernière rencontre Henri de Schomberg à qui elle fait part des inquiétudes des protestants. Ainsi, elle affirme sa volonté de servir le roi et de conserver la paix dans le royaume, « mais que sy on faisoit un édit d’ôter la liberté de consiance, comme on disoit qu’il avoit esté proposé que ce n’estois pas le moyen de guérir le mal quy est déjà en l’état43 ». Elle lui rappelle également qu’elle et ses enfants ne sont pas mieux traités que les révoltés comme Rohan malgré la soumission dont ils ont fait preuve44. Si elle condamne les agissements de Rohan et espère une paix qui garantisse les droits des réformés, la duchesse renvoie à la décision du roi de leur enlever deux de leurs places fortes. L’attitude pacifiste des La Trémoille ne leur permet toujours pas d’obtenir de récompense et la position de la duchesse est de plus en plus difficile à tenir face aux appels faits notamment par les Rochelais à ses fils. Si ces lettres mettent à jour la stratégie familiale reposant sur le service royal, elles peuvent aussi être lues comme un rappel régulier et nécessaire de la duchesse pour contenir les ardeurs guerrières de ses fils et les empêcher de rejoindre les Rochelais et le parti de Rohan. Quelques mois après la paix de Montpellier, le roi rend les châteaux de Vitré et de Chastillon en Vendelais au duc de La Trémoille45. En confiant à nouveau cette place aux La Trémoille, il apaise les craintes familiales et s’assure leur soutien, le duc se faisant ainsi le garant de l’autorité royale. En juillet 1623, Vitré se prépare à l’arrivée de la duchesse tandis que la paix semble se rétablir dans le royaume. Charlotte-Brabantine continue de soutenir les communautés réformées, en aidant notamment au financement de la construction du temple de Charenton46.
Une famille déchirée mais au service du roi
11Pendant les prises d’armes de 1625-1626, la conduite des La Trémoille est plus assurée, la prise de leurs places en 1622 les ayant sans doute convaincus de se montrer plus fermes quant à la position à adopter. Henri de La Trémoille reçoit enfin une charge : une commission de maréchal de camp de la cavalerie légère au sein de l’armée menée par Charles de Valois, duc d’Angoulême. Mais Frédéric de La Trémoille brouille les positions familiales : déçu de ne profiter d’aucun commandement, il se rend auprès des Rochelais et combat contre les troupes royales. La famille est divisée alors que Charlotte Brabantine a toujours veillé à ce que ses fils ne s’embarquent pas dans des prises d’armes contre le roi. Pour l’inciter à rentrer dans le droit chemin, la duchesse écrit régulièrement à son fils et n’hésite pas à lui couper les vivres. Ainsi, en 1625, elle écrit à Monsieur de La Mazure, « le mescontentement que j’ay receu de mon fils de Laval par son esloigenement de la Court, m’a empesché jusques à cette heure de l’assister d’aucun argent au besoing qu’il en a. Mais à présent que le sieur de La Brétaudière m’a asseurée de l’affection qu’il témoigne au service du Roy et comme il désire & faict tout ce qu’il peult pour le bien de la paix, je luy ay accordé la somme de neuf cents livres affin de l’encourager d’autant plus à la continuation de ses debvoirs47 ».
12En 1627, le roi est logé dans le château de la duchesse à Thouars lors de son voyage pour La Rochelle. C’est l’occasion pour Charlotte Brabantine de témoigner une nouvelle fois de sa fidélité au roi. Elle en fait le récit à sa sœur et précise que cette fois-ci, Henri de La Trémoille devrait obtenir à nouveau une charge, sans doute une compagnie de chevau-légers dans l’armée royale tout comme son jeune frère. Elle précise ainsi : « Que je seray bien ayse de voir servir le Roy. Là on offre une conpagnye de chevaus léger à son frère, mais il en est un peu dégousté48. » L’inquiétude de la duchesse se lit dans ses lignes et est justifiée puisque si Henri de La Trémoille rejoint les armées du roi qui partent assiéger La Rochelle, son frère suit à nouveau le camp opposé. Cette campagne divise définitivement la famille lorsqu’Henri de La Trémoille, en servant dans l’armée royale, rejoint le nombre de ceux qui ont abjuré le protestantisme entre les mains du cardinal de Richelieu49. Le parti perd ainsi l’un de ses grands chefs à la suite de Lesdiguières, et laisse Charlotte Brabantine en position délicate, elle qui a toujours veillé à ce que ses enfants restent attachés à la religion réformée. Conscient de la peine qu’il peut provoquer à sa mère, le duc lui écrit au lendemain de sa conversion : « Et vous supplie très humblement de croire que les raisons humaines n’ont eu nulles part à ma conversion, dont je n’ay autres regret, que celuy que je say, que vous en receuvrés, ny plus grand désir au monde que d’aprendre que vostre santé n’en recoive d’altération50. »
13Dans le discours officiel sur sa conversion, le duc proclame vouloir renouer avec l’héritage familial, affirmant « que la différence de sa religion était le seul point qui le rendait dissemblable de la valeur de ses Ancêtres51 ». S’il s’inscrit ainsi dans la lignée de grands serviteurs de l’État, il met à mal la stratégie familiale tout comme son frère qui prend une direction opposée. Après le siège de La Rochelle, Frédéric de La Trémoille doit s’exiler à Londres alors qu’il est accusé d’avoir aidé les troupes anglaises contre l’armée royale. Charlotte Brabantine tente d’intercéder en sa faveur auprès de Richelieu en lui écrivant : « Faite-moy donc l’honneur et à luy aussy de luy procurer quelque employ quy luy puisse donner moyen de faire voir sa fidélité à l’avenir telle quelle répare la faute extrême laquelle il a comise. Sa jeunesse et l’intersession de son frère et la mienne me font espérer de l’honeur de vostre bien vullense le pardon que nous demendons et celuy de vos commendemens52. » Henri de La Trémoille entre ainsi dans la clientèle du cardinal de Richelieu et sa mère espère que sa faveur lui permettra d’obtenir un pardon pour son jeune frère. Le duc de La Trémoille obtient enfin des charges, notamment celle de maître de camp de la cavalerie légère puis est promu chevalier de l’ordre du Saint-Esprit en 1633. S’il est désormais catholique, l’attachement religieux de Charlotte Brabantine et de sa belle-fille Marie de La Tour d’Auvergne permet tout de même le maintien des communautés protestantes sur leurs domaines. Cependant, la vente d’une partie des terres de la famille pour éponger ses dettes, en 1626, menace une fois de plus ces communautés53. Ainsi, le 18 décembre 1629, Henri de La Trémoille vend la baronnie de l’Île-Bouchard au cardinal de Richelieu. Cette vente est fatale pour les protestants : ils cessent de s’assembler au château et ouvrent un temple dans la paroisse Saint-Maurice ; celui-ci est fermé à son tour en 1633. Si les enfants du couple sont d’abord élevés dans la religion catholique, leur fils aîné rejoint son grand-oncle Frédéric-Henri de Nassau aux Provinces-Unies en 1638 et se convertit au protestantisme en 1640. Sa femme, Émilie de Hesse, princesse de Tarente qui fait sa demeure à Vitré, elle aussi protestante, reçoit l’ordre de la cour de se retirer en Allemagne en 1685.
14L’analyse des engagements des La Trémoille durant les conflits des années 1620-1629 témoigne des difficultés des seigneurs protestants à se positionner pendant la reprise des troubles. En effet, la pacification de la fin du xvie siècle a été déjà coûteuse en hommes, et les réformés avaient obtenu un édit qui, s’il ne satisfaisait pas à toutes leurs demandes, leur permettait d’exercer librement leur religion et d’être reconnus dans le royaume. Face à l’offensive catholique menée par Louis XIII, ils craignent que la rébellion ne leur coûte encore plus cher que la soumission. Le contexte ne joue pas en leur faveur puisque la reprise des persécutions contre les protestants ne se limite pas à la France et sévit notamment dans l’Empire. De plus, Louis XIII ne bénéficie pas des mêmes conseils que son père : la génération des protestants tels que Duplessis-Mornay ou encore Sully vit désormais loin de la cour, où l’entourage du souverain est composé majoritairement de catholiques et où le cardinal de Richelieu parvient à imposer une politique forte notamment vis-à-vis de la noblesse et des protestants54. La correspondance de la duchesse montre bien qu’elle ne jure que par la paix et que même si elle reste très attachée au calvinisme, la défense de ses coreligionnaires doit s’exercer dans le cadre de la fidélité au souverain. Sans cesse, elle rappelle à ses fils la nécessité de conserver les bonnes grâces du roi et d’obtenir des charges pour le servir. Comme nous l’avons vu, celles-ci se font rares au début du xviie siècle et cela peut expliquer les hésitations des fils La Trémoille lors des premières prises d’armes.
15Cette attitude pacifiste n’empêche pas de défendre les églises réformées, et elle est partagée par d’autres nobles et communautés protestantes qui voient dans l’obéissance royale le moyen de garantir leurs droits. On pourrait ainsi croire que les La Trémoille ont souhaité faire passer la préservation de leurs biens et leur avancement avant la défense de leur religion, Henri de La Trémoille allant jusqu’à combattre les protestants à la Rochelle. Or, cela relève plutôt d’un mouvement général qui voit plusieurs grands du parti se convertir et peut également refléter l’enracinement des acquis de l’édit de Nantes parmi les réformés. Si beaucoup savent que les privilèges acquis sont régulièrement menacés par des catholiques, il leur paraît impossible de revenir en arrière et de révoquer l’édit de Nantes. Cela expliquerait sans doute la position pacifiste de nombre de communautés qui croient en la propagande royale et se fient au roi comme garant de la tolérance religieuse et de la sûreté des églises. Cette certitude n’est pas simplement une construction rassurante de la part des réformés, elle est entretenue par le souverain lui-même qui rappelle sans cesse qu’il souhaite garantir l’exercice des deux religions. Ainsi, lorsque le duc de Vendôme prend possession de Vitré, il place les protestants sous la protection des officiers royaux nommés par le souverain. Les réformés doivent alors trouver leur salut dans la protection royale et non dans la rébellion qui ne ferait que durcir les positions royales.
16L’essentiel est donc de préserver des privilèges que beaucoup jugent encore irrévocables. Dans cette optique, la conservation des places de sureté devient inutile puisqu’elle constitue une menace pour le pouvoir royal et une remise en cause de sa capacité à maintenir la paix entre ses sujets. La ligne de conduite des La Trémoille ne peut ainsi seulement s’expliquer par l’autorité d’une femme sur la famille pendant la minorité de ses fils : si Charlotte Brabantine s’attache à respecter les dernières volontés de son mari et à préserver l’héritage familial, elle adopte aussi la tactique d’une partie de la noblesse protestante qui reste au service du souverain. Cette attitude comporte pourtant certains revers, notamment celui des conversions auxquelles la famille n’échappe pas. S’il faut voir ici une action spécifiquement féminine, il s’agit de celle de la défense des communautés protestantes à laquelle se consacre Charlotte Brabantine, tout comme Marie de La Tour d’Auvergne et sa belle-fille Émilie de Hesse, faisant ainsi mentir d’Aubigné car si elles ne sont pas va-t’en guerre, ce sont elles qui ont permis la survie de ces communautés jusqu’à la révocation de l’édit de Nantes.
Notes de bas de page
1Sainte-Marthe Louise de, Histoire généalogique de la maison de La Trémoïlle. Justifiées par chartes d’églises, arrêts du parlement, titres du trésor des chartes, Paris, Simeon Piget, 1668, p. 1-2.
2La mère du comte, Anne-Geneviève de Bourbon-Condé est la fille d’Henri II de Bourbon-Condé, fils d’Henri Ier de Condé et de Charlotte-Catherine de La Trémoille.
3Voir Vissière Laurent, Sans poinct sortir hors de l’orniere : Louis II de La Trémoille (1460-1525), Paris, H. Champion, 2008. Sur la perception de Claude de La Trémoille comme rebelle voir Sully Maximilien de Béthune duc de, Mémoire des sages et royales oeconomies d’estat édité par Michaud Joseph-François et Poujoulat Jean-Joseph-François, Nouvelle collection des mémoires pour servir à l’histoire de France, Paris, 1837, série 2, t. I, p. 252-253 ; Zuber Henri, Recherches sur l’activité politique et diplomatique de Henri de la Tour, vicomte de Turenne, puis duc de Bouillon (1573-1623), École nationale des chartes, positions de thèses, 1982, p 189-200.
4Aubigné Agrippa d’, Histoire universelle, Genève, Droz, 2000, p. 239-240.
5Garrisson Janine, « Les Grands du parti protestant et l’Édit de Nantes », in Grandjean Michel et Roussel Bertrand (dir.), Coexister dans l’intolérance. L’édit de Nantes, Genève, Labor et Fidès, 1998, p. 175-184.
6Louise-Julienne de Nassau, la sœur d’Élisabeth de Nassau et de Charlotte Brabantine, a épousé Frédéric IV du Palatinat en 1593.
7Voir Giraudier Fanny, « Une femme en guerre, Charlotte Brabantine de Nassau et le parti protestant pendant les dernières guerres de Religion », in Charrier-Vozel Marianne, Cousson Agnès et Debrosse Anne, Femmes de guerre xvie-xviiie siècle, Arras, Artois Presses Université, 2022, p. 163-178.
8Tucoo-Chala Pierre, La Vicomté de Béarn et le problème de sa souveraineté : des origines à 1620, Bordeaux, Bière, 1961, p. 126-133 ; voir également Souriac Pierre-Jean, « La double fidélité des places protestantes sous Louis XIII, au roi et au parti », in Chareyre Philippe et Astoul Guy, Le protestantisme et la cité, Montauban, SMERP, 2013, p. 89-107.
9Aubigné Agrippa d’, op. cit., t. X, p. 34.
10L’Estoile Pierre de, Mémoires et journal depuis la mort de Henri III (1589) jusqu’en 1611, éd. J.-F Michaud et J.-J.-F. Poujoulat, op. cit., t. XV, 1857, p. 381.
11AN, X1A 8644, fo 62 (lettres patentes d’août 1595, enregistrées à Paris le 7 décembre 1599).
12Sur les comtes de Laval voir Walsby Malcolm The Counts of Laval: Culture, Patronage and Religion in Fifteenth and Sixteenth-Century France, Ashgate, Aldershot, 2007 et Breton Nicolas, Je les espreuve tous. Itinéraires politiques et engagements religieux des Coligny-Châtillon (mi xve-mi xviie siècle), Genève, Droz, 2020, p. 400-408.
13Collins James B., Classes, Estates and Order in early modern Brittany, Cambridge, Cambridge University Press, 1994, p. 183-184 et Pacault Antoine, « Grands seigneurs de cour et gentilshommes provinciaux en Bretagne entre 1550 et 1650 », in Kerhervé Jean, Noblesses de Bretagne : du Moyen âge à nos jours, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 1999, p. 151-181.
14Jean-Luc Tulot révèle cela dans la présentation de la correspondance du duc qu’il a retranscrite et mise en ligne (Tulot Jean-Luc, Correspondance de Claude de La Trémoille, IIe duc de Thouars [1567-1604], [http://jeanluc.tulot.pagesperso-orange.fr/Claudedlatremoille.pdf] (erreur en 2025), p. 7).
15Mornay Philippe de et Arbaleste de Mornay Charlotte, Mémoires et correspondance de Duplessis-Mornay : pour servir à l’histoire de la réformation et des guerres civiles et religieuses en France, sous les règnes de Charles IX, de Henri III, de Henri IV et de Louis XIII depuis l’an 1571 jusqu’en 1623, Paris, Treuttel et Würtz, 1824, t. X, p. 224 (Philippe Duplessis-Mornay à Charlotte Brabantine de Nassau, Saumur, 10 avril 1608).
16Sur les conversions voir notamment Martysheva Lana, « Du Perron, expert ès conversion », in Greengrass Mark et Martysheva Lana, Jacques Davy du Perron (1556-1618). Figures oubliées d’un passeur de son temps, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2023, p. 89-104.
17Mornay Philippe de et Arbaleste de Mornay Charlotte, op. cit., t. I, p. 438.
18Voir à ce sujet Chevron Caroline, Vie et carrière d’Henri II de Bourbon, prince de Condé, 1588-1646 : exemple de comportement et d’idées politiques au début du xviie siècle, Paris, H. Champion, 2008, p. 172-186 et Le Roux Nicolas, Les guerres de religion 1559-1629, Paris, Belin, 2014, p. 395-404.
19Mornay Philippe, op. cit., t. IV, p. 443.
20AN, 1 AP 337 fo 90 (Louise Juliane de Nassau à Charlotte-Brabantine de Nassau, Lautern, 18 mai 1617).
21AN, 1 AP 338 (Louise-Julienne de Nassau à Charlotte Brabantine de Nassau, Heidelberg, 14 juillet 1621).
22Pursell Brennan C., The winter king: Frederick V of the Palatinate and the coming of the Thirty Year’s War, Aldershot, Ashgate, 2003.
23Luria Keith P., Sacred Boundaries. Religious Coexistence and Conflict in Early-Modern France, Baltimore, The Catholic University of America Press, 2005, p. 219-222.
24Aubigné Agrippa d’, op. cit., t. X, p. 34.
25Souriac Pierre-Jean, art. cité, p. 89-107.
26AN, 1 AP 394 fo 49 (Henri de La Trémoille à Charlotte Brabantine de Nassau, Thouars, 4 mars 1620), 1 AP 393 fo 77 (Henri de La Trémoille à Charlotte Brabantine de Nassau, Taillebourg, 11 mai 1621).
27La Trémoïlle Louis de et Marchegay Paul (éd.), Chartrier de Thouars : documents historiques et généalogiques, Paris, 1877, p. 145.
28AN, 1 AP 393, fo 82 (Henri de La Trémoille à Charlotte-Brabantine de Nassau, Taillebourg, 17 mai 1621).
29Paris-Jallobert Paul, Journal historique de Vitré, ou Documents et notes pour servir à l’histoire de cette ville, Vitré, J. Guays, 1880, p. 17.
30Ibid., p. 69.
31Ibid., p. 82.
32Mornay Philippe de, op. cit., t. II, p. 645 (Duplessis-Mornay à Charlotte Brabantine de Nassau, Saumur, 8 mai 1621).
33Paris-Jallobert Paul, op. cit., p. 83-84.
34Sur Rohan, voir notamment Dewald Jonathan, Status, power, and identity in early modern France: the Rohan family, 1550-1715, Pennsylvanie, The Pennsylvania University Press, 2015.
35AN, 1 AP 331 fo 105 (Charlotte Brabantine de Nassau à Henri de La Trémoille, Thouars, 17 juin 1621).
36Barbiche Bernard (dir.), L’édit de Nantes et ses antécédents, École des chartes, en ligne, [http://elec.enc.sorbonne.fr/editsdepacification/edit_12].
37AN, 1 AP 393, fo 114 (Henri de La Trémoille à Charlotte Brabantine de Nassau, Sedan, 22 février 1622).
38Vaurigaud Benjamin, Essai sur l’histoire des églises réformées de Bretagne, Paris, Joël Cherbuliez, 1870, t. II, p. 161.
39Garrisson Janine, op. cit., p. 175-184.
40La Trémoïlle Louis de et Marchegay Paul (éd.), op. cit., p. 146.
41Vaurigaud Benjamin, op. cit., t. II, pièces justificatives 18.
42AN, 1 AP 331 (Charlotte Brabantine de Nassau à Henri de La Trémoille, Thouars, 13 avril 1622).
43Ibid.
44AN, 1 AP 331 (Charlotte Brabantine de Nassau à Henri de La Trémoille, Saumur, 8 avril 1622).
45Paris-Jallobert Paul, op. cit., p. 87.
46La Trémoïlle Louis de, Les La Trémoïlle pendant cinq siècles, Nantes, E. Grimaud, 1895, t. IV, p. 8.
47AN, 1 AP 332 (Charlotte de Nassau à M. de La Mazure, La Haye, 30 septembre 1625).
48AN, 273 AP 180 (Charlotte Brabantine de Nassau à Élisabeth de Nassau, Thouars, 13 octobre 1627).
49La Trémoïlle Louis de, op. cit., t. IV, p. 86, sur les conversions voir notamment Morgain Stéphane-Marie, « Une grande œuvre théologique de Richelieu : La méthode la plus facile et la plus assurée pour convertir ceux qui se sont séparés de l’Église», Dix-septième siècle, vol. 230, no 1, 2006, p. 131-149 et Souriac Pierre-Jean, « Fidélité et conversion chez les chefs de guerre protestants au début du xviie siècle », in Martin Philippe et Suire Éric, Les Convertis : parcours religieux, parcours politiques, Paris, Classiques Garnier, 2016, p. 23-37.
50AN, 1 AP 394 (Henri de La Trémoille à Charlotte Brabantine de Nassau, Vitré, 19 juillet 1628).
51Suire Éric, « L’argument politique dans les récits de conversion du xviie siècle », in Martin Philippe et Suire Éric (dir.), op. cit., p. 175-189.
52AAE, MD France, 795, fo 59-60 (Charlotte Brabantine de Nassau à Richelieu, Paris, 6 juillet 1629).
53Imbert Hugues (éd.), « Mémoire de Marie de La Tour d’Auvergne, duchesse de La Trémoille », Mémoires de la Société des antiquaires de l’Ouest, t. XXI, 1867, p. 89-129.
54Sur l’entourage catholique et Richelieu, voir notamment Hildesheimer Françoise, Richelieu, Paris, Flammarion, 2004 ; Albis Cécile d’, Richelieu, Paris, Armand Colin, 2012, p. 92-123.
Auteur
-
Fanny Giraudier
LARHRA (UMR 5190).
Fanny Giraudier est agrégée et docteure en histoire moderne, membre associée du LARHRA (UMR 5190). Spécialiste de la noblesse et de la société de cour entre le xvie et le xviie siècle, elle s’intéresse également au rôle des femmes dans les stratégies de défense de l’honneur nobiliaire. Elle a publié plusieurs articles sur les révoltes nobiliaires, le rôle des femmes à la cour et sur les liens entre les Nassau et la noblesse française. Sa thèse remaniée a été publiée en 2025 aux Presses universitaires de Rennes dans la collection « Aulica » sous le titre Sortir des guerres de Religion. Henri IV, les nobles et la cour.
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