Les Durfort, une puissante famille de Guyenne entre le Roi, les clientèles et Dieu
Les ambiguïtés d’un choix
p. 101-114
Texte intégral
1Peu nombreuses étaient les familles du second ordre capables de s’enorgueillir d’un lignage remontant sans le moindre doute au xie siècle. Beaucoup y prétendaient mais une étude généalogique un peu poussée suffirait à montrer les zones d’ombre du passé. Le doute n’est pas permis avec les Durfort, d’autant plus que l’historienne Nicole de Peña a eu l’occasion de lever toutes les incertitudes dans une étude qui fait référence sur leurs origines1. Ils faisaient partie de ce petit nombre de familles qui, par leur ancienneté, la nature de leurs charges, leur puissance économique et leurs relations matrimoniales dominaient le second ordre. Le nom apparaît au xie siècle, en Agenais et en Quercy où se trouvait le lieu de Durfort, au nord-ouest de Montauban, entre Moissac et Lauzerte. D’emblée, ce lignage est foisonnant, ce qui se traduit par une multitude de branches. Les terres sont alors éparpillées en bas-Quercy à Belvèze, dans la vallée du Lot à Pescadores, et surtout dans la vallée de la Garonne à Clermont-Dessus2 ; on note un dernier ensemble de seigneuries à Puycornet et Espanel au nord de Montauban, avec en particulier des droits à Castelnau-Montratier. Une grande partie de leurs revenus provenait en effet des nombreux péages où ils prélevaient des droits, notamment sur les routes de Cahors à Moissac et de Cahors à Montauban pour écouler les laines du Quercy. Preuve du dynamisme du lignage dans la première moitié du xive siècle, cinq branches se sont dégagées : La Chapelle-Boissières, Bajaumont-Castelnoubel, Frespech, Bonac-Deyme et Lacour-Duras. Dans une région disputée par la France et l’Angleterre, elles évolueront en fonction de leurs engagements si bien que, sur seize familles sorties de Clermont-Dessus, depuis le xie siècle, il n’en subsistait plus que quatre à la fin du xve siècle ce qui illustre parfaitement l’étiolement des lignages au fil du temps. La fortune des Duras allait surtout s’incarner dans la branche de Lacour-Duras à la suite d’un mariage avec Gaillard de Goth, frère du pape Clément V. La possession de puissantes forteresses comme Moissaguel et Duras en Agenais ou Villandraut et Blanquefort en Bordelais en fit une des familles les plus disputées entre Français et Anglais. Au début du xvie siècle, ils s’illustrèrent particulièrement en Italie au côté du grand-maître de l’artillerie de France, Galiot de Genouillac. François, le fils de Jean, était compagnon d’armes de Bayard en 1503 dans le royaume de Naples, et en récompense, le Roi lui octroya le droit de tenir quatre foires par an dans sa seigneurie de Blanquefort et un marché hebdomadaire à Villandraut, Pujols et Rauzan. Le 3 septembre 1524, à la veille de repartir en Italie, saisi d’un pressentiment, il couche sur le papier ses dernières volontés « connaissant qu’il n’y a plus chose certaine que la mort et chose plus incertaine que l’heure d’icelle, et aussi considérant que l’état de ce monde n’est que chose vaine et transitoire, que celle du paradis est perpétuelle […] qu’il m’en faut aller au service du Roy de France, mon souverain Seigneur et Maistre3 », il demande à être enterré dans la chapelle de la Madeleine au château de Duras. Cet acte était prémonitoire car le 22 février 1525, deux jours avant Pavie, il allait mourir à la tête de 50 lances. C’est donc une famille au faîte de la gloire et de la puissance qui combattait pour le Roi et pour Dieu qui allait se trouver confrontée à toutes les incertitudes de la Réforme trois décennies plus tard. La question est essentielle car on sait que dans les provinces méridionales, les nobles furent d’efficaces relais dans la diffusion du calvinisme pour toutes les catégories sociales. Une explication par des problèmes économiques ou politiques ne tient pas dans le cas présent, car nous avons affaire à une famille au sommet de la puissance. Il sera, en revanche, intéressant d’étudier les comportements religieux en fonction des différentes branches du lignage des Durfort. Quelle fut l’influence de la branche aînée de Duras sur les branches cadettes ? Comment s’effectua le retour vers la religion catholique au xviie siècle et qu’est-ce que cela révèle de l’évolution de l’idéologie nobiliaire ?
Les Duras face à la Réforme, des choix divergents
Un guerrier de Dieu : Symphorien de Duras4
2Fils de François qui était mort en Italie lors des préparatifs de Pavie, Symphorien, seigneur de Duras avait épousé en janvier 1538 Barbe Cauchon de Maupas, fille d’honneur d’Éléonore de Habsbourg, reine de France de 1530 à 1547. Il était alors au sommet de la puissance puisqu’au moment de son mariage, le roi lui fit une donation de 14 000 livres. Il servit en Italie et Henri II le distingua en le désignant pour être parmi les quatre premiers gentilshommes de sa chambre. Au début des troubles, François II le désigna pour apaiser le Midi. Il répondit alors au souverain : « Je n’épargnerai jamais la vie, la personne, le bien ni autre moyen que je puisse avoir » et il se rendit à Bordeaux pour s’assurer de la fidélité des capitaines de la légion de Guyenne. Deux mois plus tard, il était devenu député des barons du Bordelais pour demander des concessions au Roi tout en le prévenant des préparatifs de guerre des protestants. Après l’échec de la conjuration d’Amboise de mars 1560 et la répression qui s’ensuivit sous la conduite du duc de Guise, le Midi entrait en révolte. Duras avait manifestement basculé sans que l’on en connaisse exactement tous les ressorts. On sait qu’il était depuis longtemps en contact avec le chef du parti réformé, Louis de Condé, frère d’Antoine de Bourbon. Par ailleurs, on connaît aussi les liens qui existaient entre Duras et la famille d’Albret, or le ralliement de Jeanne d’Albret est concomitant. C’est au cours de l’année 1560 qu’elle passe au protestantisme. Jusqu’à cette date, elle s’était montrée particulièrement prudente quant à afficher sa sympathie pour la nouvelle religion. C’est probablement sous l’influence de Théodore de Bèze arrivé à sa cour, à Nérac, en août 1560, qu’elle se convertit. Sa rupture définitive avec le catholicisme devient officielle à Noël. À la même époque, son époux Antoine, qui vit seul à la cour de France à Paris, affiche, sous l’influence du roi qui lui promet la lieutenance générale du royaume, de plus en plus ses préférences pour le catholicisme. Par l’ordonnance du 19 juillet 1561, elle autorise le calvinisme dans son royaume5. Elle entame après la mort d’Antoine, en 1562 une série de mesures visant à implanter la Réforme en Béarn. Il est évident que les liens clientélaires viennent interférer dans les choix religieux. Toute une clientèle, tout un groupe de fidèles recouraient aux armes pour secourir le maître dans ses engagements religieux. S’il était réellement un fidèle, un « dévoué », ce dévouement au sens fort du terme pouvait aller jusqu’à donner sa vie pour le maître en se joignant à son parti.
3En 1562, l’investissement de Duras devint ouvertement militaire quand le prince de Condé lui demanda de coordonner les forces protestantes de Basse-Guyenne. Il voulut s’emparer de Bordeaux avec la complicité d’un lieutenant du gouverneur du château Trompette. Il se replia alors sur les vallées de la Garonne et de la Dordogne. Jeanne d’Albret s’installa au château de Duras durant l’été pour superviser les opérations militaires, ce qui confirme la proximité entre les deux familles. Le château fut placé sous le commandement de Jean de Duras, fils aîné de Symphorien, qui réussit en août à repousser les assauts de Monluc venu à la tête des troupes royales. Cette campagne devait être un été sanglant pour ses conséquences humaines que le capitaine gascon narre longuement dans ses Commentaires. De son propre aveu, il dut malgré lui « user non seulement de rigueur, mais de cruauté ». Accompagné de deux bourreaux, il procéda à de nombreuses exécutions par pendaison. Il sema la terreur chez les huguenots. Selon lui, il s’agissait du seul moyen de faire pression sur l’ennemi et de mettre un terme aux guerres civiles : « On pouvoit cognoistre par là où j’estois passé, car par les arbres, sur les chemins, on en trouvoit les enseignes. Un pendu estonnoit plus que cent tuez. » De grandes atrocités furent commises des deux côtés : Monluc rivalisait de violence avec Symphorien de Duras qui fit tuer 500 habitants à Lauzerte en Quercy, puis à Caylus où il massacra 170 prêtres. Monluc défit Duras et Guy de Montferrand à Targon le 15 juillet. Au lieu de gagner Orléans pour rassembler les forces protestantes comme le lui demandait Condé, Duras préféra marcher sur Montauban pour prendre des canons, puis au château de Mercuès le 24 septembre afin de s’emparer de l’évêque de Cahors. Il fut rejoint par Monluc le 9 octobre et écrasé à Vergt où il perdit 20 drapeaux, 2 000 soldats et une artillerie beaucoup trop lourde selon La Noue :
« Le malheur advint au sieur de Duras, pour deux raisons principales à ce que j’ai ouï-dire. L’une, que pour vouloir trainer deux canons […], il marcha pesamment. L’autre, que pour la commodité de cette artillerie, il s’amusa à battre par le chemin quelques châteaux, il y avait grand butin ; ce qui donna temps à ses ennemis de le ratteindre lesquels étaient puissants en cavalerie et lui faible, le renversèrent incontinent6. »
4Renforcés par des soldats de la Rochefoucauld, les débris de la troupe de Duras finirent par gagner Orléans. Le 12 mars 1563, alors qu’il inspectait les fortifications de la ville, un boulet expédié par les troupes du duc de Guise vint l’écraser. Son corps fut ramené dans la chapelle de la Madeleine à Duras.
5Comment pouvait-on expliquer un tel déchaînement de violence de la part de deux chevaliers qui avaient connu les affrontements plus glorieux des guerres d’Italie ? Duras n’ayant laissé aucun écrit, il est plus facile de cerner les motivations de son grand adversaire Monluc qui l’avait accompagné dix ans plus tôt en Italie. Les exécutions qu’il ordonne sont pour lui une nécessité issue de la gravité du péril que court l’autorité royale. C’est un homme complexe qui a cherché à conquérir l’honneur au fil de l’épée, tout en étant parfaitement conscient des cruautés que cela implique. On peut aussi croiser les motivations religieuses et l’honneur nobiliaire ainsi que l’a tenté Denis Crouzet7. L’adhésion à la Réforme serait le résultat d’une frustration provoquée par la fin des guerres d’Italie. Les guerriers traditionnels se seraient reconvertis dans une stratégie oppositionnelle débouchant sur une guerre civile qui permit de renouer avec le culte de l’honneur et l’économie de prédation. Denis Crouzet a affirmé cette thèse en montrant que l’honneur nobiliaire se confondait avec l’honneur de Dieu. La paix était pour les guerriers « une extraordinaire privation d’être, d’autant plus tragique qu’elle se greffait sur un contexte mental d’angoisse eschatologique ». Les guerres de Religion auraient permis aux nobles d’effectuer un transfert de sacralité, les uns devenant des « soldats du Christ » et les autres des « croisés ». Cette théorie assez fascinante peut fonctionner avec nos deux guerriers mais il faut aussi penser que beaucoup de gentilshommes qui se livrèrent à des exactions et des violences n’avaient pas été militaires auparavant8. L’évolution au sein même de la propre famille des Durfort de Duras prouve néanmoins que les choix étaient complexes.
Les fils de Symphorien : des voies divergentes
6L’engagement religieux des deux fils, Jean et Jacques, semble avoir été bien hésitant. Jean avait protégé seul l’installation de Jeanne d’Albret au château de Duras durant l’été 1562. Le parlement de Bordeaux l’avait même condamné à mort en janvier 1570. Au moment de la Saint-Barthélemy, alors qu’il était à Paris, il échappa au massacre grâce au pardon royal et il revint alors au catholicisme en embrassant la foi du Roi ce qui ne l’empêcha pas de rester, en même temps, chambellan d’Henri de Navarre qui le qualifia d’un « des plus proches que nous tenons à l’entour de notre personne ». Son engagement religieux était pourtant dénué de toute ambiguïté puisque Monluc, l’irréductible adversaire de son père, l’engagea en juillet 1575 pour le siège de la place protestante de Gensac ce qu’il rapporte dans ses Commentaires :
« D’abordée, nous emportâmes le faubourg et les barricades ; messieurs de Duras, de la Marque et de la Devese y allèrent en pourpoint, le coutelas au point et donnèrent jusqu’ aux portes. Ils n’en étaient pas plus sages, car les arquebusades y étaient bon marché : ils le faisaient à l’envi l’un de l’autre et pour montrer qu’ils étaient sans peur9. »
7Jacques, le cadet, sieur de Rauzan, était pour sa part resté protestant et il avait été désigné par les notables du bastion protestant de Casteljaloux comme gouverneur en lieu et place du capitaine Savaillan. Les habitants allaient rapidement regretter leur choix car il voulut prendre les magasins pour payer ses dettes et rendre la ville au roi afin d’en tirer récompense. Les notables durent s’enfuir mais lors de la paix de 1577, la situation bascula car les bannis revinrent et c’est Rauzan qui dut quitter la place.
8En fait, le parcours des frères Duras est très symbolique des valeurs nobiliaires de cette époque troublée. Il confirme que pour eux, à plusieurs reprises, le choix est politique avant que d’être religieux entre le roi de France et le roi de Navarre. Par ailleurs, les valeurs familiales du lignage apparaissent déterminantes dans le maillage des clans. Le duel, si fréquent, était le révélateur de ces liens. Les parents, les frères ou les amis devaient se battre à leur tour près du premier offensé. Les chroniques et les mémoires étaient féconds en exemple de ce genre, les ordonnances royales ne parvenant pas à endiguer cette véritable passion, qui correspondait aux obligations du point d’honneur et au code de l’amitié. Ce recours à la violence se rencontre justement en 1579 chez les deux frères Duras. En 1579, le catholique et le protestant se retrouvent côte-à-côte sur l’esplanade du Gravier à Agen face à Turenne et à son second Jean de Gontaut Biron, baron de Salignac, pour un duel sanglant qui retentira jusqu’à Paris. En tant que gouverneur de Casteljaloux, Rauzan avait souhaité proscrire le retour de son prédécesseur Savaillan. Il avait donc donné l’ordre d’interdire l’entrée de la ville à toute personne de condition. L’ordre fut exécuté à la lettre puisqu’on empêcha Turenne, général des Églises de Guyenne, de rentrer dans la petite cité. Il en voua une haine suprême à Rauzan et se répandit sur lui en différents quolibets qui rendirent l’affrontement au fil de l’épée inévitable. Au cours d’un combat d’une violence inouïe, Gontaut-Biron parvint à désarmer Duras et Rauzan trébucha, mais cinq ou six soldats s’abattirent sur Turenne si bien que le vicomte fut blessé de 17 coups d’épée et laissé pour mort sur le terrain. Il en réchappa par miracle, accusa les Duras d’avoir fomenté un guet-apens et Rauzan d’avoir porté une cotte de maille pour se protéger sous son pourpoint. À partir de là, les clientèles des deux adversaires se regroupèrent, donnant l’impression que les affinités religieuses étaient tout à fait secondaires car la défense de l’honneur nobiliaire primait tout. Le recours à ces réseaux d’amitié était un moyen classique d’affirmer son pouvoir. Sa mobilisation était systématique en cas de conflit avec d’autres factions comme dans la célèbre querelle d’honneur qui opposa à la même époque le duc de Nevers au duc de Montpensier en 158010. Turenne porta l’affaire devant un conseil de la noblesse présidé par le gouverneur du Languedoc, Henri de Montmorency-Damville. Il décréta, le 23 mai 1579 à Agen, que Turenne n’était plus obligé d’appeler les Duras au duel et de se venger par les voies licites mais qu’il pouvait le faire de n’importe quelle manière. Les esprits étaient tellement échauffés dans les deux partis que Catherine de Médicis crut bon de s’en mêler car la situation explosive remettait en cause l’édit de pacification. Le Roi, voulant sauver la politique définie à Nérac, signa une ordonnance le 23 juin, commandant aux gentilshommes qui restaient sous les armes de se retirer dans leurs châteaux « n’ayant à eulx assembler ny accompagner les ungs et les autres des parties ». Il appelait les deux réseaux d’« amis » à se dissoudre. Un accord entre les deux protagonistes fut finalement conclu en février 1580 sous les auspices du roi.
9À partir du début des années 1580, Les destinées de Jean et de Jacques de Duras se séparèrent. Jean rompit ses liens avec Henri de Navarre et il devait décéder en février 1587 à la bataille de Saint-Seurin sur l’Isle sans enfant de son mariage avec Marguerite de Gramont. Trois ans plus tôt, il avait rédigé son testament où il déclarait qu’« il n’avait point fait de péchés dans sa vie plus énormes que celui d’avoir été huguenot, il en demandait pardon à Dieu et implorait sa miséricorde11 ». Jacques devint donc l’héritier du lignage et il assura sa succession en mai 1603 en convolant à l’âge de 56 ans avec Marguerite de Montgomery qui donna naissance à deux fils et lui apporta le comté de Lorges en Orléanais et celui de Montgomery en pays d’Auge. Cette famille descendait de celui qui avait tué accidentellement Henri II en tournoi en 1559 et elle faisait partie des grandes familles de la noblesse protestante, ce qui confirmait son adhésion à la foi réformée. Il se tint néanmoins soigneusement à l’écart des prises d’armes. Il présida en 1617 l’assemblée de Sainte-Foy la Grande avec le duc de la Force mais déclina pour La Rochelle en 1620. Il avait lié son sort entièrement au pouvoir d’Henri IV qui sut récompenser sa fidélité. Il fut fait marquis par lettres patentes en février 1609, conseiller d’État en mars de la même année, puis comte de Rauzan en octobre 1625 avant de décéder l’année suivante en son château de Duras.
Les branches restées fidèles à la religion royale, la noblesse seconde
10Comme toutes les familles qui avaient eu le dynamisme pour donner naissance à plusieurs branches, les Durfort se partagèrent entre les deux confessions. La branche de Bajaumont était alors représentée par François de Bajaumont, sénéchal de l’Agenais et de Gascogne, qui consacra sa vie à essayer d’apaiser les troubles dans sa région. D’Agen à Condom, il se démultipliait pour négocier avec les notables et les faire rentrer dans le giron royal. En octobre 1578, alors que Catherine de Médicis se rendait dans le Midi, elle s’arrêta au château de Bajaumont à Lafox près d’Agen où elle rencontra Henri de Navarre pour le convaincre de restaurer la paix en créant des commissaires dans toutes les villes. Relais du pouvoir, Bajaumont fut chargé de l’application de l’édit de pacification avant de décéder sans descendance en 1585. Il jouait un rôle tout à fait comparable à cette noblesse « seconde » que Laurent Bourquin a mise en évidence en Champagne12. L’utilisation politique et militaire de la noblesse seconde fut particulièrement fructueuse dans les territoires frontaliers du Nord-Est, où les échevins étaient prêts à accepter l’autorité des agents du Roi qui firent de ces villes des bastions de l’autorité royale et en tirèrent récompense. L’action de Bajaumont était exactement dans cet esprit-là.
11La branche de Civrac demeura, elle aussi, dans l’orbite de l’Église romaine. Son auteur, Jean de Durfort, quatrième fils de Jean et Jeanne Angevin, fit en 1520 un procès à sa mère et à sa belle-sœur Catherine de Biron ce qui lui permit de récupérer la baronnie de Civrac qui serait le fleuron d’une très puissante famille deux siècles plus tard. Son fils Jean-Claude servit dans l’armée catholique de Monluc qui dispersa à Targon en 1562 les troupes de son cousin Symphorien de Duras. Deux ans plus tard, il reçut l’ordre de Saint-Michel et disparut en 1579 sans autre fait d’armes majeur. On peut dire que chez les Durfort, la branche aînée subit la tentation de la Réforme alors que certaines branches moins fortunées restèrent fidèles à la religion catholique.
Les Duras sous le régime de l’édit de Nantes ou la conquête d’un destin national
Le mariage comme moyen d’ancrage dans les réseaux protestants
12Comme pour toutes les familles de l’aristocratie européenne, le mariage fut la clé de l’ascension sociale car il pouvait renforcer la situation économique du lignage mais aussi insérer la famille dans un nouveau réseau. À ce niveau, l’union du fils de Jacques de Duras, Guy-Aldonce, avec Élisabeth de La Tour d’Auvergne fut une clé pour faire passer la famille de la noblesse de Guyenne vers la plus haute noblesse du royaume. L’événement se déroula en 1619 alors que le futur n’avait que 14 ans et sa promise 13. On est donc en présence d’un de ces mariages où deux familles concluaient une affaire en liant les destinées de deux très jeunes adolescents car, ici, tout se déroula comme pour une véritable alliance entre deux royaumes. On assistait à un retournement de l’histoire puisqu’Élisabeth était la fille d’Henri duc de Bouillon, prince souverain de Sedan, vicomte de Turenne, maréchal de France et d’Élisabeth de Nassau. Les deux familles qui, quarante années plus tôt, avaient failli mettre la Guyenne à feu et à sang à cause de leurs discordes s’unissaient. La jeune fille apportait 150 000 livres avec ses bijoux et ameublements, 30 000 livres entraient dans la communauté et le gain nuptial représentait une pension annuelle de 7 000 livres en cas de pré-décès du futur. Ce mariage permettait aux Duras d’entrer dans les cercles de la plus haute noblesse française voire européenne. L’union avait également un arrière-plan religieux très fort puisque plusieurs beaux-frères du jeune homme figuraient parmi les chefs du protestantisme français : Henri de La Tour d’Auvergne qui allait bientôt gagner sur les champs de bataille le surnom de « grand Turenne », Frédéric-Maurice de La Tour, François de La Rochefoucauld, Henri de La Trémoille… Ce dernier devait d’ailleurs se convertir au moment du siège de La Rochelle. L’influence de la haute noblesse dans le calvinisme n’allait cesser de se déliter. La Trémoille serait suivi par le duc de Bouillon en 1637, et Turenne attendrait pour sa part 1668. Sans prendre des positions radicales, Guy-Aldonce resta discrètement fidèle à la foi calviniste de ses pères jusqu’à la révocation. Il eut douze enfants dont deux, Jacques-Henri de Duras et Guy Aldonce de Lorges, commencèrent leur service sous les ordres de Turenne avant de devenir à leur tour duc et maréchaux de France.
Les Duras entre fidélité au roi et fidélité aux clientèles nobiliaires
13En ce milieu de siècle, Guy-Aldonce était chez les Duras, le dernier seigneur « baroque » tiraillé entre les valeurs contradictoires qui animaient la haute noblesse. Son premier devoir était de servir son Roi ce qu’il fit en participant à la répression des croquants du Périgord sous les ordres du fils du gouverneur, le duc de la Valette. Celui-ci le recommanda à Richelieu qui lui accorda aussitôt une charge de maréchal de camp. Le système des clientèles éclate une fois de plus comme cause privilégiée de l’ascension de la famille et l’on sait que celle des gouverneurs faisait partie des plus efficaces. Le chef de famille se retira dans ses châteaux de Guyenne mais ses deux fils continuèrent à s’illustrer sur les champs de bataille de la campagne d’Allemagne en s’attirant les félicitations de Mazarin13. Pourtant, en 1649, malgré les interventions du duc d’Épernon, les Duras se rangèrent sous la bannière des frondeurs et particulièrement du Prince de Condé. En janvier, lorsque les Princes prêtèrent serment sur les Évangiles d’exécuter l’arrêt du Parlement déclarant Mazarin perturbateur du repos public et digne du bannissement, le nom de Jacques-Henry de Duras côtoyait ceux du duc de Beaufort, du prince de Conti et du coadjuteur Gondi, futur cardinal de Retz. Leur engagement du côté de la Fronde des Princes se poursuivrait sans atermoiement puisqu’en 1653, lorsque les révoltés se regroupèrent en Guyenne, Guy-Aldonce, le chef de famille, leur prêta son château de Blanquefort. Jacques Henry de Duras fut fait par Condé lieutenant général des armées insurgées mais comme son frère Lorges, ils durent prendre la route de l’exil avec le chef du parti. Ils avaient perdu leur commandement mais ils avaient gardé l’honneur.
14En fait, l’action des Duras est à mettre en perspective avec la complexité d’une période qui fut un véritable bal des trahisons successives puisque rien qu’en 1651, l’illustre Turenne en personne, oncle des Duras, changea de camp comme son frère Bouillon, à plusieurs reprises. Il est très difficile de voir dans cette révolte des Grands une tentative consciente et cohérente de prise du pouvoir. En effet, la crise se situait bien davantage dans la tradition féodale, car la haine du ministre italien était le seul ciment d’un mouvement qui se divisait en de multiples cercles d’influence. Partant de là, la position des Duras était difficile à dégager car ils oscillaient entre le parti royal du duc d’Épernon et celui de Condé, si puissant dans sa base bordelaise. On ne peut pas leur retirer le fait que les liens avec la famille de Condé étaient séculaires puisqu’ils duraient depuis le début des guerres de Religion. Certes, ils durent s’exiler mais on ne peut écrire comme on le lit trop souvent que le retour de Condé et de ses partisans fut une défaite et la Cour une opération de « domestication ». Bien au contraire, comme l’a montré Olivier Chaline14, le vainqueur de Rocroi aspirait au calme et son retour repose sur des compromis avec le souverain. Dès 1660, à son retour en grâce, il retrouva sa Grande Maîtrise de France. À partir de 1658, le grand chambellan était toujours un La Tour d’Auvergne. De même, les frères Duras purent poursuivre sans encombre leur brillante carrière militaire. Jacques-Henri, dès janvier 1657, fut réintégré dans l’armée du Roi comme lieutenant-général. Il devint gouverneur de Franche-Comté en 1674, puis il commanda l’armée d’Allemagne en 1675. Créé Maréchal de France le 30 juillet 1675, il s’illustra tragiquement dans le ravage du Palatinat en 1689. Son frère Guy-Aldonce, duc de Lorges, eut une carrière tout aussi prestigieuse. Maréchal de camp en 1665, il s’illustra pour son humanité lors de la campagne de Hollande en 1672-1673. Après la mort de son oncle Turenne, il ramena les troupes françaises en 1676 sur la rive gauche du Rhin ce qui lui valut de devenir lui aussi maréchal de France, le 21 février 1676. Commandant de l’armée d’Allemagne dans les années 1690, il ravagea également le Palatinat. Tous deux symbolisent un tournant dans les pratiques nobiliaires.
Comment revenir à la religion catholique…
15Beaucoup de grands aristocrates protestants avaient abjuré depuis longtemps quand le doute gagna les frères Duras en ce siècle de réforme tridentine. En réalité, on a un peu l’impression d’une contagion de la conversion dans la haute noblesse, et Turenne, qui avait formé les Duras à l’art de la guerre, joua ici un rôle de déclencheur. En 1668, deux ans après son veuvage d’avec Charlotte de Caumont La Force, il se convertit en effet au catholicisme sur les instances de Bossuet. À la même époque, Lorges s’interrogeait et évoluait avec précaution. Il organisa une controverse entre l’archevêque de Meaux et le pasteur Claude.
16Le duc de Saint-Simon qui épousa Marie-Gabrielle de Lorges, la fille du maréchal-duc, est ici un précieux témoin. Dans ses mémoires, il éclaire les convictions du duc de Lorges et le contexte dans lequel s’effectua progressivement sa conversion :
« Elevé dans le sein des protestants où il était né, et lié de la plus proche parenté et amitié avec leurs principaux personnages, il passa la moitié de sa vie sans se défier qu’ils pussent être trompés, et pratiquant leur religion. Mais, à force de la pratiquer, les réflexions vinrent, puis les doutes. Les préjugés de l’éducation et l’habitude le retenaient ; il était encore maîtrisé par l’autorité de sa mère, qui en était une de l’église protestante, et par celle de M. de Turenne, plus forte qu’aucune ; il était intimement lié d’amitié avec la duchesse de Rohan, l’âme du parti et le reste de ses derniers chefs, et avec ses célèbres filles et son extrême tendresse pour la comtesse de Roye, sa sœur, qui était infiniment attachés à sa religion, le contraignit extrêmement15. »
17Le passage souligne la forte influence du cercle proche du maréchal-duc, particulièrement de sa mère Elisabeth de La Tour d’Auvergne, très connue pour l’austérité de ses mœurs ainsi que celle du plus célèbre militaire de l’armée de Louis XIV. Avec Turenne comme avec Lorges, la force argumentative de Bossuet semble avoir été décisive mais les dérives de la révolution anglaise régicide contribuèrent aussi au détachement des derniers grands aristocrates huguenots. Lorges suivit Turenne à six mois près, et il fut à son tour imité par Duras. À la veille de la révocation de l’édit de Nantes, il ne restait plus que la mère des maréchaux parmi les fidèles de la foi réformée ainsi que sa fille, la comtesse de Roye. Lorges se rapprocha des pères de l’Oratoire, notamment du père de Chevigny, proche de La Rochefoucauld qui l’abritait à Liancourt. Ces conversions de la haute noblesse eurent des conséquences majeures sur la foi réformée car elles furent suivies d’abjurations en série dans la moyenne gentilhommerie provinciale pour laquelle elles avaient valeur d’exemplarité. De même, les conversions de ces seigneurs hauts justiciers entraînaient la suppression du culte dans les Églises de fief. C’était tout un édifice qui s’effondrait et la société protestante se transformait. Les pasteurs y exerceraient une prédominance plus franche et ils donneraient aux préoccupations théologiques la priorité. Le duc de Lorges sut faire preuve de magnanimité avec ses anciens coreligionnaires comme il l’explique le 14 juillet 1689 au secrétaire d’État à la guerre à propos d’une assemblée de nouveaux convertis à Négrepelisse en Languedoc :
« Il est bon que j’aille un peu doucement en pareil cas, étant certain que par ce moyen les coupables n’en seront pas moins punis et qu’un peu plus tost ou un peu plus tard, il n’importe pas au service de Sa Majesté qu’ils le soient, lorsque les affaires de sa majesté ne périclitent pas pour cela et que par ce moyen l’on évite par là de razer les maisons ou les assemblées ne sont pas faites. J’ose assurer Sa Majesté que si depuis que j’ai l’honneur de commander en ce pays-ci, j’avais voulu suivre les avis que l’on m’a donnés. j’aurais fait beaucoup d’injustice16. »
18Il appliquait l’esprit de tolérance qu’il avait pratiqué jusque-là dans ses fonctions militaires.
… ou prendre les routes de l’exil
19Très proche des Duras, le duc de La Force fut l’un des derniers récalcitrants. Louis XIV lui délégua Duras pour le convaincre mais sans succès. Il fut embastillé en 1689 pour refus d’abjuration. Il finit par céder en 1691 et mourut huit ans plus tard. Sa femme, après sa mort, passa en Angleterre, et son frère, le lieutenant-général marquis de Montpouillan, choisit la Hollande.
20Pour ne pas arriver à de telles extrémités, le sixième fils d’Élisabeth de La Tour d’Auvergne, Louis (1641-1709)17, frère du duc de Duras, est passionnant car il illustre parfaitement la mobilité nobiliaire pour raisons religieuses et cette capacité à se réinstaller ailleurs comme nous avons eu l’occasion de le montrer dans un colloque récent18. Il préféra passer la Manche pour prendre du service en Angleterre dans la Navy afin de pouvoir rester protestant19. À 25 ans, il avait intégré la suite du duc d’York, le futur Jacques II qui bien que catholique devait lui assurer une carrière météorique. Dès juin 1667, il fut le capitaine de ses gardes. Le prince lui vendit au début des années 1670 son domaine d’Holdenby dans le Northamptonshire. En janvier 1673, il fut fait pair avec le titre de baron de Duras of Holdenby. À la conférence de Nimègue, il était le représentant de l’Angleterre. Il se maria en 1676 avec Mary Sondes, fille et très riche héritière de Sir George Sondes of Lees Court, un noble du Kent qui, pour l’occasion, fut créé baron de Throwsdey, vicomte Sondes et comte de Feversham. À sa mort, ces titres étaient réversibles sur la tête de son gendre ce qui se produisit effectivement. Mary Sondes mourut un an plus tard d’une fièvre maligne mais la fortune de son époux était définitivement assurée. Il écarta toute idée de retour en France puisqu’en juillet 1676, il cédait à son frère, le maréchal, tous ses droits dans la succession de leurs parents. Il faut se souvenir qu’il n’était qu’un cadet de Gascogne sans fortune ce qui l’avait poussé à tenter l’aventure.
21Vers 1686, Feversham disposait d’un revenu annuel de 8 000 livres sterling. Deux ans plus tard, le nouveau souverain, Jacques II le nomma lord-lieutenant du Kent. Il sera l’un des rares nobles à poursuivre son soutien à Jacques II après le débarquement de Guillaume d’Orange. Jacques II envoya Louis de Duras porter une lettre à Guillaume pour ménager une entrevue. Le stathouder refusa et fit arrêter le messager qui fut relâché 15 jours plus tard sur la demande de la reine douairière épouse de Charles II qui ne pouvait se passer de son chambellan sous le prétexte que nul autre ne jouait mieux au basset. Feversham refusa de gagner la France et notamment la cour de son ancien maître à Saint-Germain-en-Laye. Jusqu’à sa mort en 1709, il n’occupa plus de fonction officielle mais il joua un rôle dans la diplomatie entre les deux pays. Cet exemple confirme cette exceptionnelle capacité nobiliaire à se reconstruire dans un nouveau pays voire à atteindre les sommets de la société. François de Duras avait réemployé les valeurs qui avaient toujours réussi à son lignage : fidélité au prince, insertion dans des réseaux de clientèle au sommet de la société, importance des unions matrimoniales si possible avec les dernières héritières de leur nom.
⁂
22Pour la veille de l’Épiphanie de 1708, les courtisans admis à souper avec le Roi sont moins d’une cinquantaine. Duras et Lorges sont présents tout comme ils font partie des quelques privilégiés qui accompagnent le Roi dans sa retraite semi-privée de Marly. Cette position prouve qu’ils faisaient partie de la haute aristocratie du royaume. En un siècle et demi, les capitaines gascons étaient devenus des maréchaux-ducs dans un royaume qui vivait au rythme des nouvelles de son armée. Le lignage était tellement vigoureux qu’il allait même pouvoir s’enorgueillir de trois branches de puissance équivalente au xviiie siècle : les Duras, les Lorge et les Civrac qui à la fin du siècle rejoindraient leurs prestigieux ainés. Cet épanouissement s’était effectué dans une période de crise religieuse et politique où les choix étaient déterminants. À l’exception de Symphorien de Duras qui avait arpenté les routes de Guyenne à la recherche de catholiques à pendre, ses descendants s’étaient gardé de tous les excès et ils s’étaient orienté vers une religion purement politique. Jamais, les conflits religieux n’ont constitué un frein dans la croissance du lignage car ce qui restait déterminant en dernière analyse, c’était bien de servir le Roi.
Notes de bas de page
1De Peña Nicole, Documents sur la maison de Durfort (xie-xve siècle), Bordeaux, Fédération historique du Sud-Ouest, 2 vol, 1977.
2C’est ce qui explique que le dépôt d’archives ait été versé aux Archives départementales du Lot-et-Garonne. Arch. dép. Lot et-Gar., Fonds 38J.
3Cité par Durand Yves, La maison de Durfort à l’époque moderne, Lussaud, Fontenay-le-Comte, p. 42.
4Arch. dép. Lot-et-Garonne, 38 J 15.
5Levasseur Michel, Histoire des d’Albret et des rois de Navarre, Biarritz, Atlantica, 2006, p. 322.
6Discours politiques et militaires du seigneur de La Noue, 1588, p. 533.
7Crouzet Denis, « Recherches sur la crise de l’aristocratie en France au xvie siècle : les dettes de la maison de Nevers », Histoire, Economie et Société, 1982, no 1, p. 44.
815 % seulement en Beauce selon les calculs de Jean-Marie Constant, « La noblesse protestante en France pendant les guerres de Religion : un ferment d’innovation dans un monde traditionnel », La noblesse en liberté, xvie-xviie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2004, p. 192.
9Monluc, op. cit., p. 533-534.
10Pour ce conflit, voir l’excellente étude d’Ariane Boltanski, Les ducs de Nevers et l’Etat royal. Genèse d’un compromis (1550-1600), Genève, Droz, 2006, p. 231.
11Arch. dép. Lot-et-Garonne, 38 J 16.
12Bourquin Laurent, Noblesse seconde et pouvoir en Champagne aux xvie et xviie siècles, Paris, Publications de la Sorbonne, 1994.
13Durand Yves, op. cit., p. 63. Yves Durand cite notamment ce passage d’une lettre à Turenne : « J’ai une très bonne opinion de votre neveu et scay qu’il a de fort bonnes parties, dont je ne compte pas la moindre celle de se soucier assez peu qu’il fait du séjour de la cour, et d’avoir tant d’impatience de se rendre à l’armée. »
14Chaline Olivier, Le règne de Louis XIV, Paris, Flammarion, p. 288 sq.
15Saint-Simon, Mémoires, présenté par Didier Hallépée, vol. 2 : 1700-1712, Carrefour du net éditions, 2012, p. 460.
16Rapporté par Durand Yves, op. cit., p. 124-125.
17Arch. dép. Lot-et-Garonne, 38 J 17, Louis de Durfort.
18Bourquin Laurent, Chaline Olivier, Figeac Michel et Martin Wrede, Noblesse en exil. Les migrations nobiliaires entre la France et l’Europe (xve-xixe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2021.
19Rambaut Philip, « A study in Misplacel loyalty: Louis de Durfort-Duras, Earl of Feversham (1640-1709) », in Glozier Matthew et Onnekink David (éd.), War, Religion and Service, op. cit, p. 47-58.
Auteur
-
Michel Figeac
Université Bordeaux-Montaigne (CEMMC).
Michel Figeac, professeur d’histoire moderne à l’université Bordeaux-Montaigne (CEMMC), agrégé d’histoire, spécialiste de la noblesse et de l’histoire de la culture matérielle, a beaucoup travaillé sur les correspondances privées et les écrits de l’intime (Anthologie franco-suisse des écrits de l’intime, Paris, H. Champion, 2020). Il a publié aussi bien sur l’histoire locale (Histoire de Bordeaux aux PUR) que sur l’histoire nationale (Les noblesses en France, Paris, Armand Colin, 2013) ou sur les noblesses européennes (Helena Potocka, une princesse au temps des révolutions, Paris, Vendémiaire, 2023).
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