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    Plan détaillé Texte intégral Un protestant clévois au service du roi de France L’entreprise Beringhen Protestants ou catholiques ? Les persécutions Notes de bas de page Auteur

    La noblesse protestante sous l’édit de Nantes

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    La famille du « gros Allemand » d’Henri IV

    Les Beringhen, protestants et courtisans

    Nicolas Le Roux

    p. 63-82

    Texte intégral Un protestant clévois au service du roi de France L’entreprise Beringhen Protestants ou catholiques ? Les persécutions Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les Beringhen constituent un cas exceptionnel de promotion sociale et d’intégration aux élites du royaume de France sous le régime de l’édit de Nantes. Calviniste d’origine germanique, Pierre de Beringhen s’installa en France pendant les guerres de Religion et devint le premier valet de chambre d’Henri IV. Il parvint à un niveau de fortune remarquable grâce au service du roi, mais aussi en utilisant ses contacts dans le milieu réformé et en investissant dans des domaines très variés. Anobli, marié à une protestante rochelaise, il fut à l’origine d’une lignée qui poursuivit son ascension. Son fils aîné entama une carrière à la cour et finit par se convertir. En revanche, ses autres enfants, tout comme ceux de son cousin Théodore, lui aussi installé en France, restèrent protestants et subirent les persécutions à l’époque de Louis XIV.

    2Approcher le « cas » Beringhen permet de prendre la mesure des mutations socioculturelles qui pouvaient se produire au sein de lignages protestants parfois au cœur, parfois plus en marge, des cercles de l’autorité monarchique1. L’analyse révèle ainsi les possibilités de mobilité socioéconomique, voire de complète transmutation des identités sociales qui existaient au xviie siècle, ainsi que l’attachement de la majorité des membres du lignage à leur communauté religieuse.

    Un protestant clévois au service du roi de France

    3Dans son contrat de mariage, en 1599, Pierre de Beringhen se disait « gentilhomme allemand et clévois ». S’il n’était peut-être pas véritablement gentilhomme, sa famille était en effet originaire du duché de Clèves, plus précisément de Gennep, à la frontière avec les Provinces-Unies. Il est probable qu’il soit né dans les années 1550, ses parents, Pierre de Beringhen et Jeanne de Willick, s’étant mariés en 1541, si l’on en croit les généalogistes royaux2. Il avait un frère vivant encore à Gennep, et deux sœurs établies à Cologne.

    4Sa métamorphose sociale n’entraîna pas de rupture avec sa famille et, toute sa vie, il resta en contact avec le nord de l’Europe. En 1599, il écrivait à son cousin Dirick, alias Théodore, alors établi à Saint-Malo, qu’il avait eu des nouvelles alarmantes de Gennep : « J’ay receu des lettres de mon frere. Tout est chez nous en pauvre estat, les Espagnols y ont esté logez l’année passée tellement que c’est une grande pitié de ce pays là […]. Ce pauvre pays est tourmenté de la peste, guerre et famine3. » Dix ans plus tard, les choses allaient mieux, comme il l’écrivait à son cousin : « J’ay eu des lettres de Guenep et de Colongne, tout le monde se porte là fort bien4. » Sa sœur Anne mourut en 1611. Son autre sœur, qu’il appelle du nom de famille de son mari, Straelen, lui fit part des difficultés que rencontraient « ceux de la religion » car le Magistrat de Cologne les traitait mal et les poussait à l’exil, si bien qu’ils étaient de plus en plus nombreux à s’installer à Mülheim, de l’autre côté du Rhin5. Beringhen se réjouissait des succès militaires de Maurice de Nassau et des déboires du commandant impérial, Bucquoy6. On sait qu’il se rendit à Cologne en 1616 pour voir sa sœur7.

    5Selon Tallemant des Réaux, lui-même protestant originaire de La Rochelle, très négatif dans son appréciation du fonctionnement du royaume et des bouleversements de l’ordre social8, Pierre de Beringhen aurait commencé sa carrière au service d’Henri-Robert Aux-Épaules (1561-1607), seigneur de Sainte-Marie-du-Mont, dans le Cotentin. Ce gentilhomme huguenot combattait aux côtés d’Henri IV, et celui-ci le fit chevalier de Saint-Michel, capitaine de cinquante hommes d’armes, gentilhomme de la Chambre et gouverneur de Rouen9. Henri IV, qui admirait l’éclat des armes de son compagnon, aurait pris à son service le valet qui les entretenait, à savoir Beringhen, à qui il confia le cabinet des Armes. C’est en tout cas ce que rapporte Tallemant des Réaux, qui s’emploie à démontrer l’origine peu prestigieuse des Beringhen10. La date de cette rencontre n’est pas connue, mais Sully rapporte dans ses Mémoires que Pierre de Beringhen était aux côtés du roi lors d’un séjour à Compiègne en 1592, après le siège d’Épernay qui avait eu lieu pendant l’été11.

    6Tallemant des Réaux laisse entendre que Beringhen n’était aucunement gentilhomme. Il a très probablement raison. En 1596, celui-ci s’intitulait en effet « noble homme Pierre de Beringuen, premier varlet de chambre du roy12 ». Il fut certainement anobli peu après. En 1599, il ne se disait en effet plus « noble homme », mais « écuyer » :

    « Pierre de Beringhen, escuier, gentilhomme allemant et clevoys, conseiller du roy, son premier valet de chambre, grand baillif et gouverneur des ville et chasteau d’Estappes, controleur general des mines et minieres de France et commissaire ordinaire des guerres, filz de feu Pierre de Beringhen, escuier, et Jehanne de Willicq, damoiselle13. »

    7L’ascension n’était pas finie car, quelques années plus tard, il se présenterait comme « chevalier ». Ce souci de reconnaissance sociale était partagé par son épouse. Alors qu’elle s’appelait Madeleine Bruneau en 1599, elle était devenue Madeleine de Bruneau à sa mort en 1639.

    8Beringhen partageait sa fonction de premier valet avec Pierre du Halde, Jean d’Armaignac, Jacques de la Motte, dit Saint-Prie, Pierre Sopitte et Adrian Auzere, mais il devint rapidement très proche d’Henri IV, l’accompagnant dans ses déplacements et faisant partie du personnel qui avait accès à sa chambre ou à celle de la reine quand le roi y était. Il bottait et débottait son maître14, et portait régulièrement des lettres pour le compte de celui-ci. Henri IV s’entretenait en privé avec lui, ainsi qu’avec Guillaume Fouquet de La Varenne, son ancien portemanteau qu’il avait fait contrôleur général des Postes, puis gouverneur de La Flèche et d’Angers, et chevalier de Saint-Michel, état auquel Beringhen ne parvint pas. Les deux hommes étaient aux côtés du roi lorsqu’il traitait des affaires les plus importantes. Pierre de L’Estoile rapporte qu’en 1609 Henri IV aurait chargé Beringhen de lui rapporter « tout ce qui se ferait de nouveau, à Paris, bon ou mauvais, et que rien ne lui échappât, s’il pouvait ; principalement pour le regard des jésuites, qu’il désirait de voir tout ce qui s’en ferait et pour et contre15 ». Il accomplit même des missions diplomatiques : le roi l’envoya ainsi en Allemagne et dans les Grisons en 1606, ce dont Beringhen fit part à son cousin. Il se plaignait d’ailleurs de la lourdeur du service qu’on lui imposait : « je suis tellement attaché près la personne du roy que le plus souvent je pers le manger et le dormir ordinaire16 ».

    9Le premier valet de chambre signait de son seul patronyme : « Beringhen17 ». Henri IV lui-même l’appelait ainsi. On conserve trois lettres qui lui furent adressées par le monarque : une en 1597 ; deux en 1607. Le roi lui donnait des instructions très courtes concernant son service. Beringhen était responsable du transfert des meubles de son maître lorsque celui-ci changeait de résidence18. Il était aussi chargé de procurer au roi des serins de Canarie19. Il exécutait également des missions de confiance concernant des transferts de fonds : « Beringhen, Je vous fay ce mot par le neveu de Lomenie pour vous dire que, incontinent que vous l’aurés receu, vous alliés chez mon cousin le duc de Sully et luy dire qu’il vous fasse bailler trois mille six cents livres, comme je luy ay commandé ce matin, afin que vous me les apportiés aussy tost en ce lieu. Bonsoir Beringhen20. » Beringhen fut chargé de porter à Sully 3 000 écus que le roi lui avait accordés en 1594, puis 4 000 autres en 159821.

    10C’est Sully qui prête à Henri IV l’expression « ce gros Allemand » par laquelle le roi, faussement courroucé, l’aurait désigné en 1596. Conformément aux ordres du monarque, Beringhen avait gardé par devers lui les lettres de provision par lesquelles Henri IV faisait entrer Sully au conseil des finances : « Vous trouverez que ce gros Alleman les aura oubliées22. » Sully rapporte aussi que c’est Beringhen que le roi lui aurait envoyé pour le convoquer au Louvre au milieu de la nuit, le 11 mars 1597, afin de l’avertir de la prise d’Amiens par les Espagnols. Sully lui donne à cette occasion du « mon amy ».

    11Les activités de Beringhen ne se limitaient pas au service domestique du monarque. Fort de sa proximité avec Henri IV, il jouait un rôle d’intermédiaire à la cour pour différents solliciteurs, entretenant une correspondance avec des agents diplomatiques français et des seigneurs étrangers. Il écrivit ainsi à l’ambassadeur en Espagne, pour qu’il intervienne en faveur d’un gentilhomme que le monarque entendait le favoriser23. Il recevait des lettres de Jean Decoquerel, secrétaire de l’ambassadeur à Constantinople, puis consul à Alexandrie. Decoquerel lui écrivait en précisant que Beringhen était ordinairement près du roi : « A Monsieur, Monsieur Beringen, premier valet de chambre du Roy, estant ordinairement près sa Majesté24. » Installé en Égypte, Decoquerel cherchait à revenir en France et il comptait sur l’intercession de Beringhen pour que le secrétaire d’État Villeroy le rappelle25. Le consul pensait que Beringhen se trouvait alors à Marseille, où il avait fait envoyer deux « chatepards » domestiqués, peut-être des chats-léopards asiatiques, quelques mois plus tôt, et l’alléchait en lui apprenant qu’il venait de faire écorcher « deux cocodrilles vifs d’extraordinaire longueur » dont il conservait les peaux pour les envoyer au roi. Beringhen s’intéressait effectivement aux affaires orientales. En 1610, il nota la montée sur le trône du nouveau sultan, Moustafa, frère du précédent, Ahmet, qui, pour ne pas être étranglé, avait simulé la folie26.

    12De façon peut-être moins surprenante, Beringhen entretenait des relations avec Justin de Nassau, le fils naturel de Guillaume d’Orange, lieutenant-amiral de Zélande et gouverneur de Breda, qui avait été plusieurs fois ambassadeur en France. Justin de Nassau lui donnait des informations sur les opérations militaires contre les troupes de l’Archiduc, l’assurant de la bonne marche des affaires militaires de Maurice de Nassau au moment du siège d’Ostende. Il le remerciait aussi de l’envoi d’un portrait d’Henri IV et lui demandait celui de la nouvelle reine, Marie de Médicis, déclarant vouloir le servir en toutes les occasions possibles27. En 1603, Justin rencontra l’un des neveux de Beringhen, et déclara attendre des informations sur la situation du duc de Bouillon28. Il se recommandait à Beringhen comme il l’aurait fait avec un grand seigneur et se déclarait son « très affectionné serviteur » en 1601, et son « très affectionné et bien fidelle serviteur » deux ans plus tard.

    13La mort du roi affecta considérablement Beringhen. Il fit part de sa consternation à son cousin Théodore :

    « je ne vous diray rien de ce qui s’est passé depuis vostre depart touchant la mort du roy, mon bon maistre, qui m’est une perte sy grande et indicible qu’il ne m’en pouvoit arriver une plus lamentable, scachant que vous aurez assez appris les particularitez, sinon de vous asseurer que Dieu ayant desployé ses grandes compassions et misericordes sur ce pauvre royaulme en nous frappant d’une main, il nous a quant et quant relevé de l’autre en nous donnant une paix et tranquilité partout plus certaine qu’elle n’estoit du vivant de sa Majesté, car c’est par une deliberation et resolution jurée d’un chacun de mettre toute peyne à la garder et conserver soigneusement, à quoy la royne mere et regente du roy et de l’Estat incline et tout le conseil, avec la disposition des peuples de toutes les villes29 […] ».

    14Le royaume ne sombra pas dans la guerre et Beringhen conserva ses charges. Sous la régence, celui-ci accomplit de nouvelles missions. Il fut ainsi envoyé en Languedoc et Gascogne vers la fin de 161130, et, en 1616, il accomplit un voyage dans le Nord, dont il fit un compte rendu à son cousin tout à son avantage : à Juliers, le gouverneur a fait tirer le canon en son honneur ; à Aix-la-Chapelle et à Liège, les bourgmestres lui ont offert un festin31. Il se disait néanmoins inquiet. En janvier 1611, il fit ainsi à son cousin une description précise des tensions qui secouaient l’Allemagne, d’une part, et la cour de France, d’autre part32. Il avoua aussi que la douleur provoquée par la disparition du roi éclipsait toutes les morts récemment survenues dans sa famille : sa sœur, son beau-frère, sa belle-mère, l’oncle de sa femme… Il s’en remettait finalement au Tout-Puissant : « le bon Dieu veuille nous faire la grace que nous puissions par la grace de son filz estre recognus dignes et capables de la joye eternelle et qu’il a preparée à tous les fidelles33 ». Beringhen continua de vivre dans le souvenir de son maître. Il conservait un portrait d’Henri IV dans son hôtel de la rue Fromenteau, un autre à Armainvilliers, ainsi que deux médailles le représentant : une grande en or, prisée 100 lt., et une en bronze.

    L’entreprise Beringhen

    15Dans une lettre adressée à son cousin en 1607, Beringhen faisait état de sa grande satisfaction devant sa situation : « ayant subjet de louer Dieu la divine bonté de tant de benedictions que je reçois incessament de sa main liberalle34 ». De fait, sa position était enviable. À Paris, il résidait rue de Tournon, dans le faubourg-Saint-Germain, mais il avait acquis une maison rue Fromenteau, tout près du Louvre, dès avril 1598. Il la fit raser pour édifier un hôtel comportant un porche cochère, une cour pavée avec un puits, un corps central et deux ailes en retour35. Par l’arrière de la maison, on pouvait accéder directement à la cour des cuisines du château. Beringhen dut emprunter pour faire cet achat, et il se plaignait à son cousin des « grandz interests » qu’il devait verser pour le remboursement du prêt36. Il put ensuite acheter les seigneuries d’Armainvilliers et de Gretz, mouvantes de la baronnie de Tournan-en-Brie, pour lesquelles il rendit hommage au roi le 20 mai 160837. Pour acquérir cette « belle pièce », selon le mot de sa belle-mère, il aurait dépensé la somme très importante de 30 000 écus38.

    16Outre ses fonctions domestiques, qui par elles-mêmes rapportaient seulement 700 livres tournois, Beringhen cumulait les offices et les charges. Il devint d’abord grand bailli et gouverneur d’Étaples, commissaire ordinaire des guerres, fonction très lucrative, et contrôleur général des mines et minières de France, titres qu’il portait dès 1599, puis temporairement grand maître, surintendant et général réformateur des mines et minières39. Il devint également receveur des consignations (c’est-à-dire chargé de délivrer des quittances pour les sommes dont le dépôt était ordonné par voie de justice) en février 1601, visiteur général et réformateur des poids et mesures en avril 1605, et finalement secrétaire du roi en janvier 160740.

    17Beringhen s’intéressait particulièrement aux technologies. Pendant le siège de La Fère, qui dura de novembre 1595 à mai 1596, il conseilla au roi d’édifier une chaussée pour détourner l’Oise afin d’inonder la ville41. À en croire Sully, Beringhen aurait été inspiré par un Néerlandais de ses amis, mais cette entreprise aurait ralenti considérablement les opérations42. Sully rapporte perfidement que la chaussée se rompit à plusieurs reprises et qu’il ne fut jamais possible de submerger la ville. Celle-ci finit néanmoins par capituler, mais Sully s’en attribue le seul mérite.

    18Beringhen investit dans le commerce, utilisant ses connexions dans le milieu réformé. En janvier 1600, il déclarait avoir « deux assez beaux navires » de 200 tonneaux à La Rochelle et il faisait savoir à son cousin Théodore qu’il avait moyen de « faire là ses affaires43 ». Lui-même venait de se lancer dans le trafic du sel. Le capital lui avait été avancé par Sébastien Bruneau, un protestant d’origine champenoise qui s’était établi à La Rochelle pour échapper aux persécutions44. Ce financier, devenu secrétaire du roi, avait deux héritières, Madeleine et Marie, qui, selon Tallemant des Réaux, reçurent chacune 55 000 écus en succession de leur père45. Beringhen signa un contrat de mariage avec Madeleine à La Rochelle en décembre 159946. Probablement née au début des années 1580, la future épouse devait avoir environ 25 ans de moins que lui. Le contrat précisait que tous les deux faisaient profession de « l’eglise reformée ». La cérémonie nuptiale eut lieu au printemps suivant47. La dot se montait à 8 000 écus, sous la forme d’une rente annuelle de 666 écus 2/3, ce qui témoigne d’un vrai niveau d’aisance de la part de Bruneau. Les témoins étaient deux hommes de loi de La Rochelle et deux officiers de la maison du roi de Navarre. Outre son beau-père, Beringhen comptait sur sa famille pour financer ses affaires. En 1601, il reçut 2 600 écus de son beau-frère de Cologne, ce qu’il jugeait très insuffisant48, et il confia une partie de ses avoirs à son cousin Théodore, alors installé à Saint-Malo.

    19Après le sel, Beringhen s’intéressa aux travaux de bonification des terres menés par le maître des digues du roi, Humphrey Bradley. En juillet 1600, l’ingénieur brabançon lui céda 2 000 arpents de marais asséchés, sans doute pour le rembourser d’un investissement49. Beringhen s’engagea ensuite dans l’assèchement de plusieurs marais situés près de Bordeaux, et les deux hommes restèrent associés, Beringhen louant même une maison à Bradley en 161450. À ce moment, il avait déjà acquis 2 334 journaux (747 hectares) de terres près de Bordeaux pour un montant de 3 200 livres51. Bradley lui céda ensuite ses droits sur les marais de Capestang, en Bas-Languedoc52. À long terme, ces investissements se révélèrent très profitables, et le fils de Pierre, Henri, tira des bénéfices importants de la revente des terres bordelaises.

    20Beringhen entretenait des relations d’affaires avec un petit groupe d’entrepreneurs néerlandais particulièrement actifs. Il s’associa ainsi avec Marc de Comans et son beau-frère François de La Planche pour la construction d’une maison proche de la porte Saint-Bernard à Paris53. Les deux hommes, d’origine brabançonne, avaient été appelés à Paris par Henri IV pour réaliser des tapisseries à la façon de Flandre et ils avaient installé leur atelier dans le faubourg Saint-Marcel, mais ils participaient également aux affaires de dessication menées par Bradley.

    21On lui proposa également de participer à la fondation de « la compagnie qui ce faict au Pays Bas pour le commerce des Indes54 », c’est-à-dire la Vereenigde Oost-Indische Compagnie. Il laissa son cousin Théodore décider s’il jugeait bon de le faire jusqu’à un montant de 1 000 écus. Il suivait également de près l’installation des premiers colons au Canada, sous l’autorité de Pierre Dugua de Mons, mais ne semble pas y avoir participé financièrement55. Preuve de son intérêt pour ces entreprises, il possédait « une carte marine de la cotte de Canada et Floride », qui était conservée à Armainvilliers56.

    22Beringhen investit dans une verrerie en 1607, dans la sériciculture et, à la fin de sa vie, dans l’exploitation de la tourbe57, mais il se consacrait surtout à l’extraction du cuivre et à sa transformation. Il investit ainsi dans une mine située à Chessy, dans les monts du Lyonnais, et dans une batterie de cuivre à Mézières. Cette manufacture avait initialement été fondée par un certain Paul Arnault, originaire de Nancy, qui avait reçu un privilège royal en 1601, mais celui-ci s’était enfui en Allemagne deux ans plus tard. Le privilège fut transféré à Beringhen en 1605, Henri IV soulignant dans ses lettres que son premier valet de chambre portait une grande affection à son service et au bien public58. Le privilège fut renouvelé sous Louis XIII, les lettres royales précisant cette fois que Beringhen avait déboursé des sommes considérables pour faire venir de l’étranger des ouvriers et du matériel59. Aurélien Ruellet a insisté sur la cohérence de ces investissements et sur le rôle central de la métallurgie dans les centres d’intérêt de Beringhen, mais ces affaires n’étaient manifestement pas très rentables. La mine de Chessy, qui employait des Suisses et des Allemands, fut cédée par la veuve de Beringhen au financier protestant parisien Pierre Mérault, et la batterie de Mézières fut vendue elle aussi, pour seulement 2 500 livres, en 162660.

    23Les affaires de Beringhen étaient également celles de sa belle-famille, les Bruneau. Sa belle-mère, Nicole Le Bey, participait aux activités commerciales de Pierre et elle se plaignait d’ailleurs du gouffre financier que constituait la manufacture de cuivre : « La batterie erigée à Mezières est un gozier ferré qui engloutit autant qu’on y peut mettre61. » À la demande de Beringhen, trop occupé pour écrire à son cousin Théodore, elle proposa à celui-ci d’exporter la production de Mézières vers les Provinces-Unies. Quant à Beringhen, il demanda à son cousin de l’approvisionner en soude pour faire fonctionner sa verrerie62, mais il se débarrassa assez rapidement de cette entreprise. « Dieu en soit loué, les plus courtes folies sont les meilleures […] nous avions à faire à des charlatans », s’exclama sa belle-mère à cette occasion63.

    24Les réformés étaient majoritaires dans les partenaires de Beringhen. Pour exploiter les tourbes, il s’associa avec deux huguenots parisiens : Charles de Lamberville et Nicolas Briot. Il était aussi en relations avec Jean Brunel, un protestant d’Anduze qui avait conçu un moulin pouvant servir au travail du métal. Brunel chargea Beringhen de proposer son invention « au pays de Flandre64 ». De fait, celui-ci obtint un privilège des États généraux des Provinces-Unies pour le moulin de Brunel. Il n’y avait cependant pas d’exclusive confessionnelle dans les affaires de Beringhen. L’un de ses associés dans la batterie de cuivre à Mézières, le maître-chaudronnier Gabriel de La Roche, n’était pas protestant.

    25Par ailleurs, Beringhen se livrait à des activités expérimentales. À Armainvilliers se trouvait un cabinet contenant des ustensiles et du matériel de chimie (fourneau, alambics)65. Dans les latrines de la maison parisienne ont été retrouvés des objets témoignant de la pratique d’opérations de distillation et d’affinage des métaux : des creusets, des coupelles contenant des résidus métalliques, des fragments de cornues et de cucurbites en verre66.

    26L’inventaire de la bibliothèque de la maison de la rue Fromenteau révèle la présence d’ouvrages techniques ou savants : Euclide en latin, Le Théâtre d’agriculture d’Olivier de Serres, un « grand herbier » en allemand, les livres de navigation du Hollandais Jan Huyghen van Linschoten67, des atlas et des cartes68, un « livre de figures de toutes sortes d’instrumens de guerre faictz à la main », mais aussi des livres d’histoire récente (« ung livre des sieges et batailles en Flandres et de France en figures »), ou encore des ouvrages de droit, de poésie et un manuscrit du livre de la chasse de Gaston de Foix69. À Armainvilliers étaient conservés des instruments mathématiques et astronomiques : un « fort grand astrolabe » réalisé par le graveur protestant Philippe Danfrie prisé 50 livres tournois, un astrolabe de carton, un compas de proportion, un carré géométrique avec sa boussole et une paire de lunettes d’approche70. Après la mort de son mari, il semble que Madeleine Bruneau se soit adonnée elle aussi aux préparations chimiques. Un recueil de recettes de cosmétiques conservé à Londres lui est même attribué, dans lequel figurent une recette pour « purger les peaux » et des préparations de parfums71.

    Protestants ou catholiques ?

    27Madeleine Bruneau est décrite par Tallemant des Réaux comme une femme « bien faite » et « galante », mais aussi très orgueilleuse, qui voulait faire garder sa place au temple de Charenton par un soldat des Gardes, « car, disoit-elle, il n’y a pas un capitaine dans le Régiment qui ne soit bien aise de m’obliger72 ». Beringhen se montrait très attentif à l’état de sa femme, et se réjouissait de ses grossesses. En 1602, il disait à son cousin Théodore son espoir, après la naissance de deux filles, d’avoir bientôt un garçon : « Ce mot pour vous advertir de nostre bonne disposition de tous, tant de moy que de ma femme et de deux filles, lesquelles Dieu m’a données pour le commencement. J’espère qu’il me donnera aussy des enfans masles affin que le nom de nostre famille ne perisse poinct. Toutesfois le bon plaisir de Dieu soit faict73. » À la veille du troisième accouchement de Madeleine, il s’en remit à Dieu : « Ma femme est quasy à terme d’acoucher. J’espère que Dieu me donnera cette fois un fils s’il m’est salutaire74. »

    28Le couple avait plusieurs « beaux enfants », comme le nota Beringhen en juillet 160675 : Judith (1601-1643), une deuxième fille morte en bas âge (1602-?), Henri (1603-1692), Marguerite (1606-1688) et Maximilien (?-1676). Tous furent élevés dans la foi réformée. Au printemps 1614, sa fille aînée attrapa la petite vérole et Beringhen lui-même tomba malade, tout comme son beau-père, « tellement que nous avons esté comme un hospital », écrivait-il à son cousin76.

    29Pierre de Beringhen mourut en 1619, mais sa veuve lui survécut vingt années. Elle partageait son temps entre l’hôtel de la rue Fromenteau et le château d’Armainvilliers. Son train de vie était très confortable. Elle dormait littéralement sur des sacs d’argent. Dans son cabinet, elle conservait en effet des quantités importantes d’argent monnayé (1 813 lt.), des jetons (60 lt.) et des objets d’argent (486 lt.). Son lit était prisé 500 lt. Dans le cabinet de sa chambre se trouvaient des objets d’argent et de vermeil prisés 5 649 lt. Le carrosse conservé rue Fromenteau était estimé à 300 lt. et les quatre chevaux à 1 200 lt. La salle principale était ornée d’un miroir à cadre d’ébène, d’une tapisserie prisée 1 000 lt. et de plusieurs tableaux aux sujets typiquement néerlandais : Les Quatre éléments, L’Âge d’or, des bouquets, des oranges… Le cabinet était orné de trois tableaux représentant des paysages avec figures, de petits tableaux représentant quatre des sept merveilles du monde, d’un petit Jugement de Salomon.

    30L’hôtel parisien abritait aussi une bibliothèque d’une valeur de 122 lt. L’inventaire révèle le goût des Beringhen, et peut-être plus probablement de Mme de Beringhen, pour la musique. Elle possédait en effet 22 volumes du compositeur protestant Claude Le Jeune77, ainsi qu’un recueil manuscrit de chansons. Le Jeune était le compositeur d’Henri IV et il était enterré au cimetière protestant de la Trinité. Mme de Beringhen s’intéressait manifestement beaucoup aux questions religieuses. En témoigne la présence dans son cabinet, à Armainvilliers, de Sermons et de Commentaires de Calvin, de 49 autres livres de théologie, de recueils de sermons manuscrits, et d’un texte de controverse dû à Pierre Du Moulin78. Les Beringhen connaissaient sans doute fort bien ce dernier, puisqu’il avait été pasteur de Charenton avant son installation à Sedan. L’inventaire mentionne aussi Le Prosélyte évangélique de Gilles Gaillard, futur pasteur d’Orange79. Nombreux aussi étaient les ouvrages de mathématique et de chirurgie, les livres d’histoire, les romans humanistes ou chevaleresques : les Commentaires de César, Amadis de Gaule, le Songe de Poliphile, l’Histoire d’Italie de Guichardin…Un petit portrait d’Henri IV dans un cadre doré ornait la chambre de Mme de Beringhen à Armainvilliers, de même qu’un paysage, sans doute de grandes dimensions car prisé 3 lt., et quatre petits tableaux représentant des « navigations ». Mais dans son cabinet se trouvaient des œuvres de nature différente – La Vierge Marie tenant son fils, ce qu’on ne s’attendrait pas à trouver chez une calviniste convaincue ; deux allégories (La Foi et La Prudence) –, et dans un autre cabinet, un Hercule portant Amour et trois Triomphes de la Foy…

    31Le premier fils du couple, Henri, naquit le 20 octobre 1603. Il fut baptisé au temple protestant d’Ablon le 15 décembre suivant80. Le parrain était Henri IV, ce qui explique le prénom de l’enfant, et la marraine Catherine, duchesse de Bar, la sœur du roi, qui étaient représentés respectivement par Jacques Nompar de Caumont, marquis de La Force, seigneur protestant très proche du roi et capitaine de ses gardes, et par Mme de Brezolles. Henri hérita des seigneuries d’Armainvilliers et de Gretz, ainsi que de la charge de premier valet de chambre, dont son père obtint pour lui la survivance dès 1615, alors qu’on avait proposé de la lui acheter pour 25 000 écus81. Tallemant des Réaux note perfidement que Louis XIII ne voulait pas avoir de premiers valets de chambre qui fussent gentilshommes « car il disoit qu’il vouloit pouvoir les battre, et il ne croyoit pas pouvoir battre un gentilhomme sans se faire tort », et d’ajouter perfidement : « À ce compte, il ne prenoit pas Beringhen pour un gentilhomme82. »

    32Henri de Beringhen fut impliqué dans la conjuration de Chalais en 1626. Cela n’entama pas la confiance que le souverain lui accordait, puisqu’il reçut le titre de grand maréchal de logis en juillet 1630, assorti de 3 000 lt. de gages, puis celui de conseiller du roi en son conseil d’État en septembre suivant83. Lors de la journée des Dupes, Henri de Beringhen était présent aux côtés du roi à Versailles, avec le premier gentilhomme de la Chambre, Mortemart, et le premier écuyer, Saint-Simon84. Il fut poussé à quitter la cour par Richelieu en décembre car le cardinal s’inquiétait du rôle qu’il pouvait jouer dans une cabale orchestrée avec François Vautier, le médecin de Marie de Médicis, et Madeleine du Fargis, la dame d’atours de la reine mère, dont la rumeur voulait qu’il fût l’amant. Henri de Beringhen figure dans la liste des proscrits dressée dans un petit ouvrage dénonçant la terreur exercée par le cardinal85. Vautier fut emprisonné et Mme du Fargis se réfugia aux Pays-Bas espagnols. Quant à Beringhen, il s’installa à La Haye où Frédéric-Henri de Nassau l’accueillit avec son jeune frère, Maximilien, et le marquis de Hauterive, lui aussi très hostile à Richelieu86. Comme Hauterive, Henri servit dans l’armée des Provinces-Unies, devenant colonel de cavalerie et capitaine des chevau-légers de la garde du prince d’Orange, charge suffisamment prestigieuse pour qu’elle soit mentionnée dans l’Estat de la France publié en 164987. Pendant ce temps, ses affaires françaises étaient administrées par Jacques Le Duchat, également procureur de son frère Maximilien et de sa mère, qui logeait dans l’hôtel de la rue de Fromenteau88.

    33Henri, qui était devenu catholique à une date inconnue, fut rappelé en France par Louis XIII peu après la mort de Richelieu. Dans un acte passé en juillet 1643, il s’intitulait « Henry de Beringhen, chevalier, seigneur d’Armainvilliers et Grées, conseiller du roi en ses conseils d’État et privé89 ». Il retrouva son titre de premier valet de chambre, sur la sollicitation d’Anne d’Autriche, assorti de celui de trésorier des menus plaisirs du roi, avant d’être fait premier écuyer de la Petite Écurie en août 1645, après démission du duc de Saint-Simon90. Là encore, c’est la régente qui fit en sorte que Beringhen exerce cette charge de confiance auprès du jeune roi91. Il touchait 3 000 lt. de gages. On sait qu’il fut envoyé en mission à Mantoue en 1656 et qu’il fut reçu dans l’ordre du Saint-Esprit lors de la grande promotion de décembre 1661. Il devint également gouverneur des citadelles de Marseille.

    34À Paris, il logea dans un premier temps rue des Prouvaires, puis s’installa au Petit-Bourbon, à côté du Louvre, dont il reçut la capitainerie en août 1645, là encore après la démission de Saint-Simon92. Désormais bien établi à la cour, Henri de Beringhen put se marier en janvier 1646 avec Anne du Blé d’Uxelles (†1676)93. Celle-ci devait avoir tout au plus une vingtaine d’années, alors que Beringhen avait atteint la quarantaine : comme son père, il avait attendu longtemps avant de se marier. Anne était la fille de Jacques du Blé, marquis d’Uxelles, un militaire bourguignon mort en 1629, et de Claude Phélypeaux, fille du secrétaire d’État Raymond Phélypeaux d’Herbault.

    35La jeune Mme de Beringhen organisait des soirées très fréquentées au Petit-Bourbon94. Beringhen acheta des maisons devant le parterre du palais des Tuileries95, qui furent détruites pour édifier le nouvel hôtel de Beringhen de la rue Saint-Nicaise96. Quant à la maison familiale de la rue Fromenteau, qui abritait les services de la Bouche depuis 1667, elle fut vendue au roi en 1669 pour 60 120 lt. et rasée elle aussi97. Henri investit également dans la terre. Il acheta la seigneurie de Châteauneuf de la Noë, près de Saint-Malo, en 1681, pour 322 550 lt., puis d’autres bien fonciers voisins.

    36Henri mourut en 1692 après avoir mené une vie de bon catholique. Ses trois filles, Anne, Marie-Claire et Marguerite-Françoise devinrent religieuses à l’abbaye bénédictine de Saint-Menoux en Bourbonnais, dont l’abbesse était leur tante maternelle, Marie-Thérèse Constance du Blé d’Uxelles (†1685). En 1673, les Beringhen firent une donation à l’abbaye d’une rente viagère de 1 500 livres tournois pour leurs deux dernières filles98. L’aînée fut ensuite abbesse de Faremoutiers en Brie, où elle succéda à sa tante, qui entre-temps avait quitté Saint-Menoux. Cette dignité resta dans la famille jusqu’en 1743. Le troisième fils, Jacques-Baltazar, fut lui aussi destiné à l’Église, mais il mourut à l’âge de 10 ans en 1667. Les deux premiers fils, Henri II et Jacques-Louis, furent destinés à la carrière militaire. Henri II, qui était colonel du régiment Dauphin-infanterie, mourut lors du siège de Besançon en 1674. Jacques-Louis (1651-1723), qui avait été baptisé à Saint-Germain-l’Auxerrois, entra dans l’ordre de Malte en 1658. À la mort de son aîné, il quitta l’ordre et reçut le commandement d’un régiment de cavalerie. Il obtint également la survivance des charges de son père : il devint gouverneur de la citadelle de Marseille (1679), puis premier écuyer et, comme son père, il fut chevalier du Saint-Esprit (1688). Jacques-Louis compléta les possessions bretonnes de la famille en achetant la seigneurie de Saint-Piat en 1701, et l’ensemble fut érigé en marquisat de Châteauneuf l’année suivante99. Sous la Régence, il fut nommé directeur général des Ponts-et-Chaussées. Grand collectionneur d’estampes, il devint membre honoraire de la Petite-Académie en 1701. Il avait épousé en 1677 Marie-Élisabeth Fare d’Aumont, fille du duc Louis-Marie d’Aumont, premier gentilhomme de la chambre du roi, et de Madeleine Le Tellier.

    Les persécutions

    37Contrairement à son frère aîné, le second fils de Pierre de Beringhen et de Marie Bruneau, Maximilien, resta protestant. Il est fort possible que Sully ait été son parrain. Demeuré célibataire, il fit une carrière militaire aux Provinces-Unies. Parvenant au grade de colonel, il mourut à La Haye en 1676. Ses deux sœurs restèrent elles aussi huguenotes. Judith épousa un gentilhomme protestant, Louis Le Coustellier (v. 1590-1662), seigneur de Saint-Paterne, près d’Alençon, par contrat du 11 octobre 1623. La dot était importante : 47 000 lt. Ils eurent une dizaine d’enfants. Marguerite s’unit à son tour à un protestant en 1628 : il s’agissait de Jacques de Thioult (†1656), chevalier, sieur de la Luzerne et de Vaussieux, non loin de Bayeux. Sa dot était encore plus considérable : 60 000 lt.100. Les quatre enfants du couple – Arthur (1637-1683), Suzanne (1642-?), Anne (1651-?), Anne-Françoise (v. 1653-?) – furent élevés dans la foi réformée.

    38Veuve en 1656, Marguerite de Beringhen fit construire un mausolée familial à Vaussieux101. En juillet 1686, elle fut enfermée au couvent de la Visitation Sainte-Marie de Caen parce qu’elle refusait de se convertir et faisait preuve d’une « opiniastreté extraordinaire », comme le notait le très sévère intendant Gourgues102. Cette vieille dame de 80 ans, pourtant fort malade, alla jusqu’à rédiger une extraordinaire profession de foi réformée le 15 juillet, et une déclaration complémentaire, en septembre, par laquelle elle proclamait ne jamais pouvoir devenir catholique :

    « Je conjure encore une fois mes proches et mes amis que sy, dans le malheur de mourir dans cette maison de la Visitation, on vouloit accuser les derniers moments de ma vie d’avoir changé ce que je viens de confesser et déclarer cy dessus, de la ferme et constante profession de la religion enseignée par Jésus-Christ et par ses apôtres, – ils me fasent la justice de n’en rien croire. Car j’ay cherché en tout le cours de ma vie, tellement cherché à m’instruire de la religion romaine, pour ce que d’elle dépendoient tous les avantages de la vie temporelle, que, l’ayant connue à fonds, j’ay sy bien veu que je n’y pouvois faire mon salut, que rien n’est capable de me faire changer la sainte résolution d’y persister jusques à mon dernier moment. Et je le proteste, déclare et signe encore de ma main, le 5 septembre 1686.
    Beringhen.
    Je prieray ardemment Dieu jusqu’à mon dernier soupir, de mourir de la mort des justes et de finir en lieu où je puisse être assistée de ces fidelles Pasteurs qu’il nous avoit donnez103. »

    39Marguerite finit par être libérée grâce à l’intervention de son frère Henri, et elle put retourner dans sa maison de Caen. Elle y mourut en 1688, sans avoir abjuré. En revanche, sa fille Anne finit par se convertir au bout de deux ans de captivité. Son mari, Louis de Sigouville, était décédé en prison. Les trois autres enfants de Marguerite se réfugièrent à l’étranger : Anne-Françoise aux Provinces-Unies ; Suzanne en Angleterre ; Arthur en Brandebourg104.

    40La seconde branche de la famille Beringhen fut également victime des persécutions. Il s’agit de celle fondée par Théodore (1565-1636), le cousin de Pierre, qui était originaire de Venlo dans le duché de Gueldre. Commerçant et manieur d’argent, il s’établit en Bretagne, d’abord à Saint-Malo, puis à Rennes. Il obtint des lettres de naturalité en 1599, confirmées en 1618105. En 1609, il avait épousé une protestante, Suzanne Grislel (1584-1642), fille d’un apothicaire de Vitré et beaucoup plus jeune que lui. Ils eurent trois enfants : Jean, Marie et Suzanne, tous protestants.

    41En 1638, Marie épousa Jacques Amproux (†1679), seigneur de Lorme, qui était protestant lui aussi. D’abord procureur général aux Eaux et Forêts de Bretagne, il devint ensuite grand audiencier de France et intendant des finances106. Entraîné dans la disgrâce de Fouquet, il fut incarcéré jusqu’en 1666. Sa veuve, toujours protestante, fut enfermée chez les visitandines de la rue du Bac en 1686, puis s’exila. Son frère Jean (1612-1696 ?) quitta Rennes pour Paris où il devint financier. En 1642, il épousa à Charenton une toute jeune protestante, Marie de Menour (1629-1706), fille du défunt Jacques de Menour (v. 1591-1637), commissaire des guerres et intendant des jardins du roi, qui lui apporta une dot de 50 000 lt.107. En 1646, Jean de Beringhen disposait de fonds suffisants pour servir de caution à François-Achille de Lorraine, comte de Romorantin, qui s’était engagé à financer le paiement de troupes devant s’embarquer au port du Texel en Hollande pour aller combattre à Candie108. Il investit ensuite dans la ferme des gabelles, mais sa carrière financière fut brisée par la chambre de Justice de 1661, dont il fut l’une des principales victimes : il dut en effet s’acquitter d’une taxe d’1 million de livres109. Il fit néanmoins confirmer sa noblesse en janvier 1670 en produisant des documents prouvant sa parenté avec l’autre branche des Beringhen, mais Tallemant des Réaux se gausse de ses prétentions nobiliaires. Il réussit malgré tout à acquérir la vicomté de Pléhédel, près de Paimpol, en 1670.

    42Jean de Beringhen et Marie de Menour eurent de très nombreux enfants, tous protestants. La famille habitait place Royale et Pierre Bayle fut un moment le précepteur des enfants110. Certains d’entre eux firent carrière ou se marièrent dans le milieu parlementaire parisien. Le fils aîné, Théodore II, qui avait été baptisé au temple de Charenton le 17 juillet 1644, devint conseiller au parlement de Paris et épousa Élisabeth-Marie Gouyon à l’église réformée de Rennes en janvier 1685111. Marie (1648-1702) épousa François Le Coq (v. 1640-1719), seigneur de Germain et conseiller au parlement de Paris, à Charenton en 1672. Élisabeth (1661-?) se maria avec Pascal Le Coq, le frère cadet de François, également conseiller au parlement de Paris, en 1683. Signe de la respectabilité du lignage, Suzanne (1650-?) réussit une alliance beaucoup plus spectaculaire : elle épousa Jacques Nompar II de Caumont (1632-1699), qui devint duc de La Force en 1678, également à Charenton. Frédéric (1663-1731), quant à lui, fit une carrière militaire, devenant officier de cavalerie, et épousa Louise-Madeleine Guigou (?-1741). Françoise (1656-?) et Adolphe (1666-?) n’étaient pas mariés au moment de la révocation de l’édit de Nantes.

    43Jean de Beringhen, qui était l’un des Anciens du consistoire du temple de Charenton, refusa de se convertir au moment la Révocation. Alors qu’il avait 73 ans, il fut relégué à Limoges sur ordre du roi112, puis envoyé à Montargis avec son épouse, et placé sous la surveillance d’une troupe de dragons vivant à leurs dépens. Il fut ensuite enfermé chez les Pères de la Doctrine chrétienne de Paris, au séminaire de Saint-Magloire, avec son gendre, le duc de La Force, puis au château d’Angoulême. Sa femme, Marie, fut placée à l’abbaye de Gercy près de Paris113, et leurs trois fils furent arrêtés en 1686. Les deux plus jeunes, Frédéric et Adolphe, abjurèrent immédiatement après avoir été embastillés, mais l’aîné, Théodore II, fut relégué à Vézelay, puis à Beaune, et finalement embastillé à son tour. Durant sa captivité, il écrivit de nombreuses lettres qui furent ensuite publiées en Hollande114. Son épouse, Élisabeth-Marie, qui était enfermée dans un couvent, finit par se soumettre en août 1687. Théodore II, désormais enfermé au château de Loches, en fut bouleversé, mais il resta ferme dans sa foi. Finalement, il fut autorité à s’exiler en Hollande, tout comme ses parents, en 1688.

    44Jean et Marie moururent tous les deux à La Haye. Théodore II étant « absent du royaume pour cause de religion », c’est Élisabeth-Marie, restée en France, qui administrait désormais ses affaires115. Marie de Beringhen et son mari, François Le Coq, s’exilèrent en Angleterre, tout comme Élisabeth et Pascal Le Coq. Quant au duc de La Force, il abjura, mais il était redevenu protestant à sa mort en 1699. Sa veuve, Suzanne, fut alors expulsée du royaume.

    ⁂

    45Moins un exemple, les Beringhen constituent un cas-limite en raison de leur singularité : rares étaient les chevaliers du Saint-Esprit à avoir pour père ou grand-père un valet de chambre calviniste ! Le service domestique du prince a constitué un levier pour l’anoblissement et l’enrichissement ; les réseaux protestants ont servi à la diversification des activités et les contacts nord-européens n’ont jamais été oubliés ; le passage aux carrières militaires s’est ensuite fait sans difficulté. Si la conversion fut nécessaire pour parvenir au faîte des honneurs, la plupart des Beringhen, et notamment les femmes, restèrent calvinistes. La révocation de l’édit de Nantes mit fin à la vie en France des rameaux protestants du lignage.

    Notes de bas de page

    1Passeron Jean-Claude et Revel Jacques, « Penser par cas. Raisonner à partir de singularités », in Penser par cas, Paris, Éd. de l’EHESS, 2005, p. 9-44.

    2Bibliothèque nationale de France (BnF), Manuscrits (Ms), Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 8 (contrat de mariage du 23 août 1541).

    3BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 13 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 2 novembre 1599, copie).

    4BnF, Ms, Dossier Bleus (DB) 86 (Beringhen), fo 28 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 4 février 1609, copie).

    5Ibid., fo 31 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 14 février 1612, copie).

    6BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 16 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 17 août 1603, copie).

    7Ibid., fo 19 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, [1616], copie).

    8Descimon Robert, « L’exemplarité sociale des Historiettes de Tallemant des Réaux », in Giavarini Laurence (dir.), Construire l’exemplarité. Pratiques littéraires et discours historiens (xvie-xviiie siècles), Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2008, p. 181-192.

    9Il aurait abjuré avant le roi ; en revanche son épouse, Jeanne de Bours, resta huguenote.

    10Tallemant des Réaux Gédéon, Historiettes, éd. A. Adam, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1960-1961, 2 vol., t. I, p. 609.

    11Sully Maximilien de Béthune, duc de, Les Œconomies royales, éd. D. Buisseret et B. Barbiche, Paris, Société de l’histoire de France, 1970-2019, 4 vol., t. I, p. 333.

    12Archives nationales (AN), Y 135, fo 322 vo (2 août 1596).

    13AN, Y 138, fo 329 vo (contrat de mariage entre Pierre de Beringhen et Madeleine Bruneau, 4 décembre 1599).

    14Sully Maximilien de Béthune, duc de, Mémoires, éd. L.-R. Lefèvre, Paris, Gallimard, 1942, p. 334.

    15L’Estoile Pierre de, Journal de L’Estoile pour le règne de Henri IV, éd. A. Martin, Paris, Gallimard, 1948-1960, 3 vol., t. II, p. 506.

    16BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 27 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 18 juillet 1607, copie).

    17BnF, Ms Fr 16137, fo 322 (Pierre de Beringhen à La Rochepot, Paris, 21 juillet 1601).

    18Berger de Xivrey Jules et al. (éd.), Recueil des lettres missives de Henri IV, Paris, 1843-1876, 9 vol., t. VIII, p. 650 (Henri IV à Beringhen, Beauvais, 5 juin [1597]).

    19Ibid., t. VII, p. 241 (Henri IV à Beringhen, Fontainebleau, 15 mai [1607]).

    20Ibid., t. VII, p. 195 (Henri IV à Beringhen, Fontainebleau, 24 avril [1607]).

    21Sully, Les Œconomies royales, op. cit., t. I, p. 455 et t. II, p. 275.

    22Ibid., t. II, p. 100.

    23BnF, Ms, Fr 16137, fo 322 (Pierre de Beringhen au comte de La Rochepot, Paris, 21 juillet 1601).

    24BnF, Ms, 500 Colbert 11, fo 278 vo (Jean Decoquerel à Pierre Beringhen, Constantinople, 25 avril 1597).

    25BnF, Ms, 500 Colbert 12, fo 1 (Jean Decoquerel à Pierre de Beringhen, Alexandrie, 25 septembre 1600).

    26BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40, fo 19 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 14 février 1617, copie).

    27BnF, Ms, 500 Colbert 12, fo 15 (Justin de Nassau à Pierre de Beringhen, Middelbourg, 21 mars 1601).

    28Ibid., fo 29 (Justin de Nassau à Pierre de Beringhen, Breda, 22 janvier 1603).

    29BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 30 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 29 mai 1610, copie).

    30Ibid., fo 31 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 14 février 1612, copie).

    31BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40, fo 19 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, [1616], copie).

    32BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 30 vo-31 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 12 janvier 1611, copie).

    33Ibid., fo 31 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 20 mai 1611, copie).

    34Ibid., fo 27 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 18 juillet 1607, copie).

    35Bresc-Bautier Geneviève et Trombetta Pierre-Jean, « L’hôtel de Beringhen », in Bresc-Bautier Geneviève (dir.), Archéologie du Grand Louvre. Le quartier du Louvre au xviie siècle, Paris, RMN, 2001, p. 94-106.

    36BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 15 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 11 juillet 1601, copie).

    37Ibid., fo 8.

    38BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 28 (Nicole Le Bey à Théodore de Beringhen, s. l., 29 mai [1608 ?], copie) et fo 29 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 7 avril 1609, copie).

    39Ruellet Aurélien, La Maison de Salomon. Histoire du patronage scientifique et technique en France et en Angleterre au xviie siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016, p. 277 ; Lamé Fleury Ernest J. F., De la législation minérale sous l’ancienne monarchie, Paris, A. Durand, 1857, p. 172 (commission du 26 septembre 1600).

    40Robillard de Beaurepaire Charles (éd.), Cahiers des États de Normandie sous le règne de Henri IV, Rouen, Ch. Métérie, 1880-1882, 2 vol., t. II, p. 306 ; AN, X1A 8645, fo 377-379 (lettres de provision d’Henri IV, Paris, 23 avril 1605 ; arrêt de vérification du Parlement, 18 décembre 1606) ; Tessereau Abraham, Histoire chronologique de la Grande Chancelerie de France, Paris, P. Le Petit, 1676, p. 265 (arrêt du conseil du roi du 27 janvier 1607, en succession de Blaise de Vernaison). Il résigna sa charge de secrétaire en octobre 1613.

    41Aubigné Théodore Agrippa d’, Histoire universelle, éd. A. Thierry, Genève, Droz, 1981-2000, 11 vol., t. IX, p. 93.

    42Sully, Les Œconomies royales, op. cit., t. II, p. 38.

    43BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 14 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 1er janvier 1600, copie).

    44BnF, Ms, DB 86, fo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, [Paris], 11 janvier 1600, copie).

    45Tallemant des Réaux, Historiettes, op. cit., t. I, p. 606.

    46AN, Y 138, fo 329 vo (contrat de mariage entre Pierre de Beringhen et Madeleine Bruneau, La Rochelle, 4 décembre 1599, insinué au Châtelet le 25 janvier 1600).

    47BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 14 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 2 avril 1600, copie).

    48Ibid., fo 15 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 11 juillet janvier 1601, copie).

    49AN, Y 139, fo 111 (transport par Humphrey Bradley, maître des digues du roi, à Pierre de Beringhen, 3 juillet 1600).

    50AN, MC, XXIII, 248 (bail d’une maison rue Neuve-Saint-Lambert à Humphrey Bradley, maître et contrôleur général des digues de France, par Pierre de Beringhen, 4 avril 1614).

    51Morera Raphaël, L’Assèchement des marais en France au xviie siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 228.

    52AN, MC, XIX, 384, fo 190 (27 juillet 1617).

    53AN, MC, XXIV, 112 (18 et 24 juillet 1609).

    54BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 15 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 18 avril 1602, copie).

    55BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 27 (Nicole Le Bey à Théodore de Beringhen, Paris, 31 mars 1604, copie).

    56AN, MC, CXVIII, 1, no 654 (inventaire après-décès de Madeleine de Bruneau, décembre 1639-mars 1640).

    57AN, X1A 8646, fo 19 (privilège de mars 1607 enregistré le 9 juin 1607) ; Laffemas Barthélemy de, Lettres et exemples de la feu Royne mère, comme elle faisoit travailler aux manufactures, et fournissoit aux ouvriers de ses propres deniers [1602], in Cimber L. et Danjou F. (éd.), Archives curieuses de l’histoire de France, 1re s., t. IX, Paris, 1836, p. 128 ; AN, MC, CXVIII, 835 (11 janvier 1619). Ruellet Aurélien, La Maison de Salomon, op. cit., p. 277-279.

    58AN, X1A 8645, fo 304 (privilège accordé à Pierre de Beringhen, Paris, 20 avril 1605, enregistré au Parlement le 22 novembre 1605).

    59AN X1A 8649, fo 2 vo (privilège accordé à Pierre de Beringhen, Paris, 20 mai 1617, enregistré au Parlement en septembre 1617).

    60AN, MC, CXVIII, 847 (cession de la batterie de Mézières, par Madeleine Bruneau, veuve de Pierre de Beringhen, 10 mars 1626). Ruellet Aurélien, La Maison de Salomon, op. cit., p. 281.

    61BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 26 vo (Nicole Le Bey à Théodore de Beringhen, Paris, 31 mars 1604, copie).

    62Ibid., fo 28 ro (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 19 octobre 1607, copie).

    63Ibid., fo 28 ro-vo (Nicole Le Bey à Théodore de Beringhen, 29 mai [1608 ?], copie).

    64AN, MC, XI, 99, fo 266 (26 avril 1617), cité dans Ruellet A., La Maison de Salomon, op. cit., p. 261.

    65AN, MC, CXVIII, 1, nos 820-852 (inventaire après-décès de Madeleine de Bruneau, décembre 1639-10 mars 1640).

    66Bresc-Bautier Geneviève et Trombetta, Pierre-Jean, « L’hôtel de Beringhen », art. cité, p. 104.

    67Linschoten Jan Huyghen van, Histoire de la navigation de Jean Hugues de Linscot […] et de son voyage ès Indes orientales, Amsterdam, H. Laurent, 1610.

    68Un Atlas de Mercator, in-folio, enluminé, prisé fort cher, 18 lt. ; un Theatre des cittés du monde, in-folio, en trois volumes ; un « autre livre de cartes » ; « un livre de cartes en allemand ».

    69AN, MC, CXVIII, 1, nos 475, 442, 444, 446, 458, 461-465, 459, 456.

    70Ibid., nos 650-653, 655.

    71Ruellet Aurélien, La Maison de Salomon, op. cit., p. 282.

    72Tallemant des Réaux, Historiettes, op. cit., t. I, p. 609.

    73BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 15 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 18 avril 1602, copie).

    74Ibid., fo 16 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 17 août 1603, copie).

    75BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 29 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 18 juillet 1609, copie).

    76BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 17 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 17 juin 1614, copie).

    77AN, MC, CXVIII, 1, nos 436-439.

    78Du Moulin Pierre, Nouveauté du papisme, opposée à l’antiquité du vray christianisme. Contre le livre de monsieur le cardinal du Perron, intitulé Replique à la response du Serenissime Roy Jaques I. Roy de la Grand’ Bretagne, Sedan, J. Jannon, 1627.

    79Gaillard Gilles, Le Prosélyte évangélique, livre auquel le vray christianisme est très clairement démontré par la parole de Dieu contre la tradition des hommes, Orange, E. Voisin, 1637.

    80Delaborde Jules, « Copie de fragments des registres de l’état civil des protestants », Bulletin historique et littéraire. Société de l’histoire du protestantisme français, 1872, p. 225.

    81BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40, fo 17 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, 9 mai 1615, copie). Deloche Maximin, « La Chambre de Louis XIII et le cardinal de Richelieu », Revue historique, no 167, 1947, p. 16-45.

    82Tallemant des Réaux, Historiettes, op. cit., t. I, p. 343.

    83BnF, Ms, Fr 7856, p. 1584 ; BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 2 vo.

    84Chevallier Pierre, Louis XIII roi cornélien, Paris, Fayard, 1979, p. 394.

    85Morgues Mathieu de (attr. à), Conversation de Me Guillaume avec la Princesse de Conty, aux Champs Elizées, Paris [i.e. Bruxelles], Jacques Maillet, ruë des Veritez, à l’Enseigne du Cardinal qui trompe, 1631 ; Fernandez-Lacôte Hélène, Les Procès du cardinal de Richelieu. Droit, grâce et politique sous Louis le Juste, Seyssel, Champ Vallon, 2010, p. 59.

    86Aubéry du Maurier Louis, Mémoires pour servir à l’histoire de Hollande et des autres Provinces Unies, Paris, J. Villette, 1680, p. 271.

    87Estat de la France, comme elle estoit gouvernée en l’An MDCXLVIII, s. l., 1649, p. 83.

    88AN, MC, XXIV, 334, fo 53 (20 janvier 1632) et XXIV, 340, fo 270 (3 mars 1634).

    89AN, MC, II, 171 (19 juillet 1643).

    90BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 2 vo.

    91Le parfait Estat de la France, comme elle gouvernée à présent, Paris, C. Besogne, 1656, p. 169.

    92BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 2 vo ; AN, O1, 12, fo 35 vo (1645).

    93Ibid., fo 7 (contrat de mariage, 5 janvier 1646).

    94Mémoires de Mlle de Montpensier, éd. Adolphe Chéruel, Paris, 1858, t. I, p. 332.

    95AN MC, CXXII, 1640, fo 25 (26 août 1649).

    96AN, MC, CXVIII, 75 (20 octobre 1667).

    97AN, MC, XCV, 712 (15 novembre 1669).

    98AN, Y 226, fo 449 vo (29 mai 1673).

    99AD Loire-Atlantique, B 94 (érection en comté de seigneurie du Plessis-Bertrand et du marquisat de Châteauneuf pour Jacques-Louis de Beringhen).

    100AN, Y 168, fo 63 (contrat de mariage entre Jacques de Thioult, chevalier, seigneur de la Luzerne, et Marguerite de Beringhen, 15 février 1628).

    101Petit-Bancquart Véronique, Des âmes à l’épreuve. Le protestantisme nobiliaire bas-normand dans la tourmente (1661-1787, généralité de Caen), thèse de doctorat, université Paris 13, 2017, p. 159.

    102Weiss Nathanaël (éd.), « Au couvent de la Visitation de Caen, à 80 ans : souffrances, mort et déclaration victorieuse de Marguerite de Beringhen de La Luzerne (1686-1688) », Bulletin de la Société de l’histoire du protestantisme français, t. XLV, 1896, p. 529-542 (p. 531).

    103Ibid., p. 541-542.

    104Petit-Bancquart Véronique, Des âmes à l’épreuve, op. cit., p. 811.

    105AD Loire-Atlantique, B 70 (lettres de naturalisation de Théodore de Beringhen, 1618).

    106Dessert Daniel, Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, Paris, Fayard, 1984, p. 521.

    107AN, MC, LIX (7 mars 1642).

    108AN, MC, LXXXIII, 55 (20 décembre 1646).

    109Dessert Daniel, Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, op. cit, p. 531.

    110Douen Orentin, La Révocation de l’édit de Nantes à Paris, Paris, 1894, 3 vol., t. II, p. 34 et suiv.

    111Âgée de 22 ans, elle était la fille de Claude Charles Gouyon, baron de Marcé, vicomte de Truchant, et de Marie d’Appelvoisin.

    112AN, O1, 29, fo 497 et 500.

    113AN, O1, 30, fo 231.

    114Beringhen Théodore de, Cinquante lettres d’exhortation et de consolation sur les souffrances de ces derniers tems & sur quelques autres sujets, La Haye, J. Kitto, 1704. Bernat Chrystel, « Désolation, vocation, exemplarité : les lettres de consolation de Théodore de Beringhen (1686-1700) », Exercices de rhétorique, 9, 2017 (en ligne).

    115AD Loire-Atlantique, B 2116 (aveu au roi pour la vicomté de Fercé en Bretagne).

    Auteur

    • Nicolas Le Roux

      Sorbonne Université.

      Nicolas Le Roux est professeur d’histoire moderne à Sorbonne Université et directeur du Centre Roland-Mousnier (UMR 8596). Ses travaux portent sur la société nobiliaire, la culture de la violence, le pouvoir monarchique et ses contestations. Il a dirigé notamment : Les guerres de Religion. Une histoire de l’Europe au xvie siècle (Passés Composés, 2023). Parmi ses ouvrages : Les guerres de Religion (PUF, « Que sais-je ? », 2023, 3e éd.) ; 1559-1629. Les guerres de Religion (Gallimard, « Folio », 2022) ; Portraits d’un royaume. Henri III, la noblesse et la Ligue (Passés composés, 2020) ; Un régicide au nom de Dieu. L’assassinat d’Henri III (Gallimard, « Folio », 2017).

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    1Passeron Jean-Claude et Revel Jacques, « Penser par cas. Raisonner à partir de singularités », in Penser par cas, Paris, Éd. de l’EHESS, 2005, p. 9-44.

    2Bibliothèque nationale de France (BnF), Manuscrits (Ms), Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 8 (contrat de mariage du 23 août 1541).

    3BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 13 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 2 novembre 1599, copie).

    4BnF, Ms, Dossier Bleus (DB) 86 (Beringhen), fo 28 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 4 février 1609, copie).

    5Ibid., fo 31 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 14 février 1612, copie).

    6BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 16 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 17 août 1603, copie).

    7Ibid., fo 19 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, [1616], copie).

    8Descimon Robert, « L’exemplarité sociale des Historiettes de Tallemant des Réaux », in Giavarini Laurence (dir.), Construire l’exemplarité. Pratiques littéraires et discours historiens (xvie-xviiie siècles), Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2008, p. 181-192.

    9Il aurait abjuré avant le roi ; en revanche son épouse, Jeanne de Bours, resta huguenote.

    10Tallemant des Réaux Gédéon, Historiettes, éd. A. Adam, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1960-1961, 2 vol., t. I, p. 609.

    11Sully Maximilien de Béthune, duc de, Les Œconomies royales, éd. D. Buisseret et B. Barbiche, Paris, Société de l’histoire de France, 1970-2019, 4 vol., t. I, p. 333.

    12Archives nationales (AN), Y 135, fo 322 vo (2 août 1596).

    13AN, Y 138, fo 329 vo (contrat de mariage entre Pierre de Beringhen et Madeleine Bruneau, 4 décembre 1599).

    14Sully Maximilien de Béthune, duc de, Mémoires, éd. L.-R. Lefèvre, Paris, Gallimard, 1942, p. 334.

    15L’Estoile Pierre de, Journal de L’Estoile pour le règne de Henri IV, éd. A. Martin, Paris, Gallimard, 1948-1960, 3 vol., t. II, p. 506.

    16BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 27 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 18 juillet 1607, copie).

    17BnF, Ms Fr 16137, fo 322 (Pierre de Beringhen à La Rochepot, Paris, 21 juillet 1601).

    18Berger de Xivrey Jules et al. (éd.), Recueil des lettres missives de Henri IV, Paris, 1843-1876, 9 vol., t. VIII, p. 650 (Henri IV à Beringhen, Beauvais, 5 juin [1597]).

    19Ibid., t. VII, p. 241 (Henri IV à Beringhen, Fontainebleau, 15 mai [1607]).

    20Ibid., t. VII, p. 195 (Henri IV à Beringhen, Fontainebleau, 24 avril [1607]).

    21Sully, Les Œconomies royales, op. cit., t. I, p. 455 et t. II, p. 275.

    22Ibid., t. II, p. 100.

    23BnF, Ms, Fr 16137, fo 322 (Pierre de Beringhen au comte de La Rochepot, Paris, 21 juillet 1601).

    24BnF, Ms, 500 Colbert 11, fo 278 vo (Jean Decoquerel à Pierre Beringhen, Constantinople, 25 avril 1597).

    25BnF, Ms, 500 Colbert 12, fo 1 (Jean Decoquerel à Pierre de Beringhen, Alexandrie, 25 septembre 1600).

    26BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40, fo 19 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 14 février 1617, copie).

    27BnF, Ms, 500 Colbert 12, fo 15 (Justin de Nassau à Pierre de Beringhen, Middelbourg, 21 mars 1601).

    28Ibid., fo 29 (Justin de Nassau à Pierre de Beringhen, Breda, 22 janvier 1603).

    29BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 30 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 29 mai 1610, copie).

    30Ibid., fo 31 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 14 février 1612, copie).

    31BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40, fo 19 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, [1616], copie).

    32BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 30 vo-31 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 12 janvier 1611, copie).

    33Ibid., fo 31 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 20 mai 1611, copie).

    34Ibid., fo 27 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 18 juillet 1607, copie).

    35Bresc-Bautier Geneviève et Trombetta Pierre-Jean, « L’hôtel de Beringhen », in Bresc-Bautier Geneviève (dir.), Archéologie du Grand Louvre. Le quartier du Louvre au xviie siècle, Paris, RMN, 2001, p. 94-106.

    36BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 15 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 11 juillet 1601, copie).

    37Ibid., fo 8.

    38BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 28 (Nicole Le Bey à Théodore de Beringhen, s. l., 29 mai [1608 ?], copie) et fo 29 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 7 avril 1609, copie).

    39Ruellet Aurélien, La Maison de Salomon. Histoire du patronage scientifique et technique en France et en Angleterre au xviie siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2016, p. 277 ; Lamé Fleury Ernest J. F., De la législation minérale sous l’ancienne monarchie, Paris, A. Durand, 1857, p. 172 (commission du 26 septembre 1600).

    40Robillard de Beaurepaire Charles (éd.), Cahiers des États de Normandie sous le règne de Henri IV, Rouen, Ch. Métérie, 1880-1882, 2 vol., t. II, p. 306 ; AN, X1A 8645, fo 377-379 (lettres de provision d’Henri IV, Paris, 23 avril 1605 ; arrêt de vérification du Parlement, 18 décembre 1606) ; Tessereau Abraham, Histoire chronologique de la Grande Chancelerie de France, Paris, P. Le Petit, 1676, p. 265 (arrêt du conseil du roi du 27 janvier 1607, en succession de Blaise de Vernaison). Il résigna sa charge de secrétaire en octobre 1613.

    41Aubigné Théodore Agrippa d’, Histoire universelle, éd. A. Thierry, Genève, Droz, 1981-2000, 11 vol., t. IX, p. 93.

    42Sully, Les Œconomies royales, op. cit., t. II, p. 38.

    43BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 14 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 1er janvier 1600, copie).

    44BnF, Ms, DB 86, fo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, [Paris], 11 janvier 1600, copie).

    45Tallemant des Réaux, Historiettes, op. cit., t. I, p. 606.

    46AN, Y 138, fo 329 vo (contrat de mariage entre Pierre de Beringhen et Madeleine Bruneau, La Rochelle, 4 décembre 1599, insinué au Châtelet le 25 janvier 1600).

    47BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 14 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 2 avril 1600, copie).

    48Ibid., fo 15 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 11 juillet janvier 1601, copie).

    49AN, Y 139, fo 111 (transport par Humphrey Bradley, maître des digues du roi, à Pierre de Beringhen, 3 juillet 1600).

    50AN, MC, XXIII, 248 (bail d’une maison rue Neuve-Saint-Lambert à Humphrey Bradley, maître et contrôleur général des digues de France, par Pierre de Beringhen, 4 avril 1614).

    51Morera Raphaël, L’Assèchement des marais en France au xviie siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 228.

    52AN, MC, XIX, 384, fo 190 (27 juillet 1617).

    53AN, MC, XXIV, 112 (18 et 24 juillet 1609).

    54BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 15 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 18 avril 1602, copie).

    55BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 27 (Nicole Le Bey à Théodore de Beringhen, Paris, 31 mars 1604, copie).

    56AN, MC, CXVIII, 1, no 654 (inventaire après-décès de Madeleine de Bruneau, décembre 1639-mars 1640).

    57AN, X1A 8646, fo 19 (privilège de mars 1607 enregistré le 9 juin 1607) ; Laffemas Barthélemy de, Lettres et exemples de la feu Royne mère, comme elle faisoit travailler aux manufactures, et fournissoit aux ouvriers de ses propres deniers [1602], in Cimber L. et Danjou F. (éd.), Archives curieuses de l’histoire de France, 1re s., t. IX, Paris, 1836, p. 128 ; AN, MC, CXVIII, 835 (11 janvier 1619). Ruellet Aurélien, La Maison de Salomon, op. cit., p. 277-279.

    58AN, X1A 8645, fo 304 (privilège accordé à Pierre de Beringhen, Paris, 20 avril 1605, enregistré au Parlement le 22 novembre 1605).

    59AN X1A 8649, fo 2 vo (privilège accordé à Pierre de Beringhen, Paris, 20 mai 1617, enregistré au Parlement en septembre 1617).

    60AN, MC, CXVIII, 847 (cession de la batterie de Mézières, par Madeleine Bruneau, veuve de Pierre de Beringhen, 10 mars 1626). Ruellet Aurélien, La Maison de Salomon, op. cit., p. 281.

    61BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 26 vo (Nicole Le Bey à Théodore de Beringhen, Paris, 31 mars 1604, copie).

    62Ibid., fo 28 ro (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 19 octobre 1607, copie).

    63Ibid., fo 28 ro-vo (Nicole Le Bey à Théodore de Beringhen, 29 mai [1608 ?], copie).

    64AN, MC, XI, 99, fo 266 (26 avril 1617), cité dans Ruellet A., La Maison de Salomon, op. cit., p. 261.

    65AN, MC, CXVIII, 1, nos 820-852 (inventaire après-décès de Madeleine de Bruneau, décembre 1639-10 mars 1640).

    66Bresc-Bautier Geneviève et Trombetta, Pierre-Jean, « L’hôtel de Beringhen », art. cité, p. 104.

    67Linschoten Jan Huyghen van, Histoire de la navigation de Jean Hugues de Linscot […] et de son voyage ès Indes orientales, Amsterdam, H. Laurent, 1610.

    68Un Atlas de Mercator, in-folio, enluminé, prisé fort cher, 18 lt. ; un Theatre des cittés du monde, in-folio, en trois volumes ; un « autre livre de cartes » ; « un livre de cartes en allemand ».

    69AN, MC, CXVIII, 1, nos 475, 442, 444, 446, 458, 461-465, 459, 456.

    70Ibid., nos 650-653, 655.

    71Ruellet Aurélien, La Maison de Salomon, op. cit., p. 282.

    72Tallemant des Réaux, Historiettes, op. cit., t. I, p. 609.

    73BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 15 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 18 avril 1602, copie).

    74Ibid., fo 16 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 17 août 1603, copie).

    75BnF, Ms, DB 86 (Beringhen), fo 29 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 18 juillet 1609, copie).

    76BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 17 (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, Paris, 17 juin 1614, copie).

    77AN, MC, CXVIII, 1, nos 436-439.

    78Du Moulin Pierre, Nouveauté du papisme, opposée à l’antiquité du vray christianisme. Contre le livre de monsieur le cardinal du Perron, intitulé Replique à la response du Serenissime Roy Jaques I. Roy de la Grand’ Bretagne, Sedan, J. Jannon, 1627.

    79Gaillard Gilles, Le Prosélyte évangélique, livre auquel le vray christianisme est très clairement démontré par la parole de Dieu contre la tradition des hommes, Orange, E. Voisin, 1637.

    80Delaborde Jules, « Copie de fragments des registres de l’état civil des protestants », Bulletin historique et littéraire. Société de l’histoire du protestantisme français, 1872, p. 225.

    81BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40, fo 17 vo (Pierre de Beringhen à Théodore de Beringhen, 9 mai 1615, copie). Deloche Maximin, « La Chambre de Louis XIII et le cardinal de Richelieu », Revue historique, no 167, 1947, p. 16-45.

    82Tallemant des Réaux, Historiettes, op. cit., t. I, p. 343.

    83BnF, Ms, Fr 7856, p. 1584 ; BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 2 vo.

    84Chevallier Pierre, Louis XIII roi cornélien, Paris, Fayard, 1979, p. 394.

    85Morgues Mathieu de (attr. à), Conversation de Me Guillaume avec la Princesse de Conty, aux Champs Elizées, Paris [i.e. Bruxelles], Jacques Maillet, ruë des Veritez, à l’Enseigne du Cardinal qui trompe, 1631 ; Fernandez-Lacôte Hélène, Les Procès du cardinal de Richelieu. Droit, grâce et politique sous Louis le Juste, Seyssel, Champ Vallon, 2010, p. 59.

    86Aubéry du Maurier Louis, Mémoires pour servir à l’histoire de Hollande et des autres Provinces Unies, Paris, J. Villette, 1680, p. 271.

    87Estat de la France, comme elle estoit gouvernée en l’An MDCXLVIII, s. l., 1649, p. 83.

    88AN, MC, XXIV, 334, fo 53 (20 janvier 1632) et XXIV, 340, fo 270 (3 mars 1634).

    89AN, MC, II, 171 (19 juillet 1643).

    90BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 2 vo.

    91Le parfait Estat de la France, comme elle gouvernée à présent, Paris, C. Besogne, 1656, p. 169.

    92BnF, Ms, Cabinet d’Hozier 40 (Beringhen), fo 2 vo ; AN, O1, 12, fo 35 vo (1645).

    93Ibid., fo 7 (contrat de mariage, 5 janvier 1646).

    94Mémoires de Mlle de Montpensier, éd. Adolphe Chéruel, Paris, 1858, t. I, p. 332.

    95AN MC, CXXII, 1640, fo 25 (26 août 1649).

    96AN, MC, CXVIII, 75 (20 octobre 1667).

    97AN, MC, XCV, 712 (15 novembre 1669).

    98AN, Y 226, fo 449 vo (29 mai 1673).

    99AD Loire-Atlantique, B 94 (érection en comté de seigneurie du Plessis-Bertrand et du marquisat de Châteauneuf pour Jacques-Louis de Beringhen).

    100AN, Y 168, fo 63 (contrat de mariage entre Jacques de Thioult, chevalier, seigneur de la Luzerne, et Marguerite de Beringhen, 15 février 1628).

    101Petit-Bancquart Véronique, Des âmes à l’épreuve. Le protestantisme nobiliaire bas-normand dans la tourmente (1661-1787, généralité de Caen), thèse de doctorat, université Paris 13, 2017, p. 159.

    102Weiss Nathanaël (éd.), « Au couvent de la Visitation de Caen, à 80 ans : souffrances, mort et déclaration victorieuse de Marguerite de Beringhen de La Luzerne (1686-1688) », Bulletin de la Société de l’histoire du protestantisme français, t. XLV, 1896, p. 529-542 (p. 531).

    103Ibid., p. 541-542.

    104Petit-Bancquart Véronique, Des âmes à l’épreuve, op. cit., p. 811.

    105AD Loire-Atlantique, B 70 (lettres de naturalisation de Théodore de Beringhen, 1618).

    106Dessert Daniel, Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, Paris, Fayard, 1984, p. 521.

    107AN, MC, LIX (7 mars 1642).

    108AN, MC, LXXXIII, 55 (20 décembre 1646).

    109Dessert Daniel, Argent, pouvoir et société au Grand Siècle, op. cit, p. 531.

    110Douen Orentin, La Révocation de l’édit de Nantes à Paris, Paris, 1894, 3 vol., t. II, p. 34 et suiv.

    111Âgée de 22 ans, elle était la fille de Claude Charles Gouyon, baron de Marcé, vicomte de Truchant, et de Marie d’Appelvoisin.

    112AN, O1, 29, fo 497 et 500.

    113AN, O1, 30, fo 231.

    114Beringhen Théodore de, Cinquante lettres d’exhortation et de consolation sur les souffrances de ces derniers tems & sur quelques autres sujets, La Haye, J. Kitto, 1704. Bernat Chrystel, « Désolation, vocation, exemplarité : les lettres de consolation de Théodore de Beringhen (1686-1700) », Exercices de rhétorique, 9, 2017 (en ligne).

    115AD Loire-Atlantique, B 2116 (aveu au roi pour la vicomté de Fercé en Bretagne).

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    Le Roux, N. (2025). La famille du « gros Allemand » d’Henri IV. In C. Borello & L. Bourquin (éds.), La noblesse protestante sous l’édit de Nantes. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/1442u
    Le Roux, Nicolas. « La famille du “gros Allemand” d’Henri IV ». In La noblesse protestante sous l’édit de Nantes, édité par Céline Borello et Laurent Bourquin. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2025. doi:10.4000/1442u.
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    Borello, Céline, et Laurent Bourquin, éditeurs. La noblesse protestante sous l’édit de Nantes. Presses universitaires de Rennes, 2025, https://doi.org/10.4000/14441.
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