Être noble, magistrat et protestant à la chambre de l’Édit de Guyenne au xviie siècle
p. 51-62
Texte intégral
« Afin que la justice soit rendue et administrée à nos sujets sans aucune suspicion, haine ou faveur, comme étant un des principaux moyens pour les maintenir en paix et concorde, avons ordonné et ordonnons qu’en notre cour de parlement de Paris sera établie une chambre composée d’un président et seize conseillers dudit parlement, laquelle sera appelée et intitulée la Chambre de l’Édit et connaîtra non seulement des causes et procès de ceux de ladite religion prétendue réformée qui seront dans l’étendue de ladite cour, mais aussi des ressorts de nos parlements de Normandie et Bretagne, selon la juridiction qui lui sera ci-après attribuée par ce présent Édit et ce, jusqu’à tant qu’en chacun desdits parlements ait été établie une chambre pour rendre la justice sur les lieux1. »
1C’est ainsi qu’en son article XXX, l’édit de Nantes donne naissance à la chambre de l’Édit du parlement de Paris, bientôt suivie d’institutions similaires dans les parlements de province. Il ne s’agit certes pas des premières chambres judiciaires instituées pour les protestants, comme en témoigne l’édit de Beaulieu-lès-Roches2, mais elles eurent pour caractéristique de présenter une relative pérennité et stabilité.
2En l’espèce, le parlement de Bordeaux s’avère un cas d’étude particulièrement intéressant : il fut doté de « sa » chambre mi-partie3, qui fut l’une de celles qui respecta le mieux l’esprit de l’Édit. Elle fut en effet véritablement mi-partie, composée d’un président et de six conseillers protestants, et d’autant de magistrats catholiques tirés du sein du parlement de Guyenne. Or, si cette configuration se retrouve en Languedoc et Dauphiné, on soulignera qu’il n’en va pas de même à Paris ou à Rouen4, où l’on ne compte qu’un seul juge protestant contre respectivement 16 et 12 magistrats catholiques. La chambre de l’Édit de Guyenne présente, de plus, une certaine pérennité puisqu’elle fonctionna jusqu’en août 1679, alors que son homologue de Castres5 fut incorporée en 1662, tandis qu’un édit de janvier 1669 supprimait les cours parisienne et rouennaise. En outre, si la chambre de l’Édit de Guyenne est incorporée au parlement en 1679, ce n’est qu’en 1685 que les conseillers protestants sont priés de se défaire de leur charge sous trois mois6.
3Il est donc possible d’étudier, dans le cas bordelais, un corpus d’individus certes restreint mais malgré tout suffisant pour comprendre ce que signifie être noble, magistrat et protestant à la chambre de l’Édit de Guyenne. Bien malheureusement, les archives émanant de l’institution sont particulièrement lacunaires, mais l’historien peut, avec les registres secrets du parlement, cerner quelques habitudes de travail et un certain nombre de tensions entre les deux institutions, tandis que l’on conserve par ailleurs les entrées en charge. Mais c’est bien chez les notaires bordelais, ou en compulsant certains fonds de famille, que l’on recense le plus d’informations.
4Fort de ces documents, il est alors possible de dresser un portrait de groupe des juges de la chambre de l’Édit de Guyenne, pour ensuite comprendre s’il s’agissait de magistrats comme les autres, avant de les appréhender au prisme du service du Roi.
Qui sont les magistrats de la chambre de l’Édit de Guyenne ?
Noblesse oblige ?
5Tout comme leurs homologues catholiques, ces magistrats sont généralement déjà nobles lorsqu’ils accèdent à la fonction7, mais d’une noblesse le plus souvent récente. On compte, parmi ces robins, des familles s’étant illustrées dans l’épée et le service armé du Roi. Ainsi les Rabar, dans un recueil généalogique, énumèrent neuf degrés de filiation8. Ils revendiquent pour ascendants des gentilshommes allemands officiers de guerre, mais ils se sont surtout investis auprès d’Henri IV qui, en récompense, accorda à Jacques de Rabar, troisième du nom, sa charge de conseiller9. Les Duvigier, pour leur part, peuvent faire état, dans leur lignage, d’un maître de camp, de brigadiers des armées, de maréchaux de camp ainsi que de gouverneurs de ville10. D’autres s’agrégèrent sans doute discrètement à la noblesse, par la possession d’un fief noble, comme les d’Augeard, propriétaires de la seigneurie éponyme depuis 1400. Quelques-uns, enfin, sont de noblesse toute récente, comme Jean de Lacoste, sieur de La Grace, qui demande en 1639 l’enregistrement de ses lettres de noblesse11.
Un milieu social assez similaire
6S’ils sont nobles, ces juges sont aussi aisés, voire riches. On peut examiner les quelques indices dont on dispose pour établir des niveaux de fortune. Les apports au mariage montrent que les magistrats protestants font indéniablement partie des élites, même si les montants semblent un peu inférieurs à ce que l’on constate au même moment pour les autres magistrats12. Lorsque le conseiller Alexandre de Rabar se marie en 166113, son épouse Anne Gasc lui apporte une dot de 75 000 lt., mais son cas constitue une exception. En 1667, Daniel de Vincens14 épouse Marguerite de Belrieu, fille d’un conseiller, dotée 30 000 lt., et la sœur de la demoiselle, qui se prénomme aussi Marguerite, épouse Éléazard de Luxe15 en lui apportant 40 000 lt. Chez les Vivans de Launay, le conseiller Jean16 épouse en 1656 une jeune femme dotée 30 000 lt., et son frère, lorsqu’il convole en 1672, reçoit 30 000 lt. pour ses droits paternels et maternels17.
7Par ailleurs, les magistrats protestants sont propriétaires de terres et seigneuries. Les Belrieu ont la seigneurie de Virazeil en Lot-et-Garonne et celle de Tiregand, vers Bergerac. Les Rabar sont seigneurs de la Bauze, près de Sainte-Foy la Grande. Les Gachon possèdent la maison noble de Corbiac, dans la sénéchaussée de Bazas, tandis que les Vivans sont seigneurs de Launay, à Soussac en Périgord, et les Duvigier sont barons de La Mongie, à Saint-Martin près de Bergerac. L’évocation de ces quelques lieux renvoie, bien sûr, à des territoires où le protestantisme est fort bien implanté, et l’on songera que les Charron, seigneurs de Laubonnière, habitent la province d’Aunis, tandis que les Lacoste ont des liens étroits avec Marennes18 et des biens à Sainte-Foy la Grande. Il n’en demeure pas moins que les juges de la chambre de l’Édit ont souvent un domicile à Bordeaux. Henri de Gachon réside rue du Chapelet, mais il possède aussi une grande maison dans la très prisée rue du Mirail, consistant en deux corps de logis et un jardin. Daniel de Vincens est seigneur de Baudes en Bourgès et Cubzaguais, tient un bourdieu à Caudéran, et il apporte dans la corbeille de mariage une résidence cours du Chapeau Rouge, paroisse Puypaulin.
8Les quelques inventaires après décès retrouvés témoignent d’un cadre de vie agréable qui ne départ pas par rapport aux autres magistrats. La maison de Daniel de Vincens19, rue du Chapeau Rouge, compte quinze pièces réparties sur deux étages, outre deux caves, un grenier et une écurie où attend un carrosse complet presque neuf, doublé d’escarlatine à franges de soie, tiré par deux juments à poil gris pommelé. Arnaud de Bacalan, qui réside paroisse Saint-Christoly, dispose d’une demeure de douze pièces, dont une salle haute et une basse, sept chambres et le cabinet du défunt, qui constitue son espace de travail20. Les murs sont ornés de tapisseries en plusieurs pièces, et le magistrat possède une belle argenterie armoriée.
9Cette fortune personnelle permet de faire l’acquisition d’une charge coûteuse. Rares sont les montants qui nous sont parvenus, d’autant que ces offices se transmettent souvent de père en fils, mais on sait par exemple que la charge d’avocat général21 à la chambre de l’Édit est vendue en 1666 pour 60 000 lt., et à nouveau cédée pour la même somme deux ans plus tard22.
Un métier de famille
10On ne peut que constater une rapide patrimonialisation de la fonction parlementaire. Malgré le caractère récent de la chambre de l’Édit, des lignages se sont déjà mis en place, et en cela, les magistrats de la RPR ne différaient pas de leurs homologues catholiques. Les 12 entrées en charge conservées pour la période 1623-1673 donnent à connaître 16 individus, mais seulement 9 patronymes. Trois Duvigier ont accédé à la cour durant ce laps de temps, et les Charron, Rabar, d’Augeard, Gachon et Belrieu ont chacun deux représentants du nom. Sur les 12 entrées en charge, 6 sont des successions père/fils. Cette entrée par les patronymes peut être complétée par une étude des dispenses de parenté, qui révèlent un niveau d’alliance encore supérieur. Lorsque Jean Charron entre à la cour en 1641, il succède certes à son père, mais rejoint son oncle maternel, Jacques d’Augeard23. Lorsque Jean de Gachon se présente pour enregistrement en 1654, sa nomination pose problème car il doit siéger à la cour avec son oncle maternel, l’avocat général de Bacalan ; il est donc prié de rapporter les dispenses requises24. Si l’on complète encore l’étude par les contrats de mariage, on repère une union entre les Charron et les Duvigier25. Mais ce sont sans doute les cédules évocatoires qui révèlent le mieux l’intrication des liens familiaux pouvant exister à un moment donné. « Acte qu’on faisait signifier à sa partie adverse pour lui déclarer qu’on entendait se pourvoir au conseil, afin d’être renvoyé à un autre parlement », la cédule évocatoire intervient lorsqu’une des parties du procès estime que son adversaire a trop de liens avec la cour pour que le procès soit équitable. En décembre 1644, Raphaël de la Chaussade, écuyer, sieur de Lavau, est en prison en raison d’un procès qui l’oppose à Marie de Sacriste, veuve d’André de Bacalan26. Il demande le renvoi de sa cause vers une autre cour, à l’exception de celle du Languedoc, en indiquant que l’avocat général, Arnaud de Bacalan, est frère du défunt André ; que le conseiller de Gachon est un beau-frère ; que le conseiller de Morin est un cousin germain ; sont aussi apparentés, à des degrés divers, M. de Ségur, les présidents Charron, de Gourgues et Salomon.
11Enfin cette logique de patrimonialisation dynastique s’éprouve aussi dans les stratagèmes mis en œuvre pour conserver les offices au sein des familles, en dépit des difficultés. On évoquera ici le cas de la famille de Vincens27. En 1668, Marguerite de Belrieu de Virazeil, veuve de l’avocat général à la chambre de l’Édit Daniel de Vincens, agit pour elle-même et son fils Josué. Une lecture rapide de l’acte de vente laisse à penser que la dame se dessaisit de la charge de son défunt mari au profit d’Éléazar de Luxe, baron de Capian. Au demeurant, l’homme n’est pas un étranger, puisqu’il s’agit de son beau-frère. Si un premier contrat est conclu pour une vente à 60 000 lt. le 16 novembre, des actes ultérieurs donnent une vision plus complexe de l’opération. De fait, deux jours plus tard, la dame vend le même office à Jean Dutour, et obtient le lendemain d’Éléazar de Luxe sa résignation en blanc et deux contrats de vente, qu’elle fait envoyer à Paris, via le secrétaire du défunt avocat général. Le sieur Dutour doit obtenir les provisions de l’office, mais ne peut prétendre à aucun droit sur celui-ci ni en toucher les gages. L’homme sert en réalité de prête-nom, et ce jusqu’au 17 mars 1670. À cette date, Éléazar de Luxe manifeste à nouveau son intérêt ; il souhaite finalement traiter de l’office, mais pour seulement 46 000 lt., une offre qu’il garantit pour huit jours, au terme desquels il entend la retirer. Le 27 mars, Jean Dutour présente sa résignation, prétextant de son âge – il est septuagénaire – et remet l’office. La transaction est conclue pour une somme moindre, mais avec cette clause spécifique : si Éléazar de Luxe souhaite revendre l’office, il est tenu d’en donner la préférence à Josué de Vincens, le fils du défunt avocat général. On l’aura compris, cette manipulation un peu complexe a pour but de mobiliser tous les expédients possibles pour conserver au sein de la famille un office que le fils ne peut encore exercer, en raison de son jeune âge.
12Ainsi, les magistrats protestants adoptent-ils rapidement les mêmes comportements que leurs collègues catholiques, ce qui n’est pas au demeurant une spécificité bordelaise, puisqu’à la chambre de l’Édit de Languedoc, sur les 54 mutations, 22 furent des transmissions héréditaires, majoritairement patrilinéaires (15 cas). Treize familles y tiennent à la cour entre deux et quatre offices, regroupant ainsi 37 des 64 magistrats28. Ces conformités de comportement permettent-elle une bonne entente et une acceptation mutuelle ?
Les magistrats de la chambre de l’Édit, des parlementaires comme les autres ?
Deux corps distincts
13Dans bien des parlements, la création des chambres de l’Édit suscita des récriminations, et ne fut acceptée qu’après résistances et tergiversations. Il en demeura une acrimonie dont les magistrats protestants firent longuement les frais29. On leur contesta tout d’abord la qualité de magistrat du parlement. Ainsi, lorsque le Roi nomma par lettres patentes de juin 1600 les magistrats protestants, la cour n’accepta d’enregistrer les textes qu’à la condition que les impétrants fussent qualifiés de « conseiller en la cour et chambre de l’Édit » sans que pour cela ils fussent censés appartenir au corps du parlement30. De même, quand les récipiendaires protestants se présentèrent en 1601 pour prêter serment, le parlement les en dispensa comme ayant déjà prêté serment devant le Chancelier31 ; ils ne furent pas inscrits sur le tableau. De fait, alors qu’un magistrat catholique était pleinement membre de la cour et n’allait siéger que quelque temps à la chambre de l’Édit, un protestant était attaché à la seule chambre mi-partie ; il ne participait donc pas à la vie judiciaire de la cour, aux délibérations des chambres assemblées, etc.
14Cette dissymétrie dans le sentiment d’appartenance était, en outre, accrue par une pratique qui trahissait l’esprit initial de l’Édit. Il était en effet prévu, par l’article 42, que les magistrats catholiques seraient maintenus le plus longtemps possible dans leur service, afin de développer un attachement envers cette institution. La continuité des relations devait également favoriser une habitude de travail, voire une entente. Dans la pratique, l’alternance s’imposa, semblable à ce qui se pratiquait pour la Tournelle. Le parlement dressait chaque année une liste des officiers susceptibles d’aller servir en la chambre de l’Édit, liste envoyée au Roi qui la ratifiait ou la modifiait. Les nominations intervenaient alors en juillet et en août32. Or les magistrats étaient fort réticents à embrasser cette fonction, malgré une compensation financière non négligeable33, car ce service les éloignait de Bordeaux.
15En effet, la séparation entre les deux cours fut marquée dès l’origine par le fait que la chambre de l’Édit fut établie le 22 mars 1601 à Nérac34, ville protestante et ancienne résidence des rois de Navarre, tandis que le parlement siégeait à Bordeaux. Ce n’est que pendant les troubles de la Fronde, de 1648 à 1652, que les deux cours furent réunies à Bordeaux, partageant ensuite leur exil à Agen puis La Réole. En 1654, le Parlement regagna Bordeaux tandis que la chambre de l’Édit retournait à Nérac. Les troubles de 1675 et la répression qui s’ensuivit signifièrent de nouvelles translations pour les deux cours, qui restèrent séparées : le corps du parlement partit à Condom puis Marmande avant de s’installer en 1678 à La Réole35, tandis que la chambre était envoyée à Saint-Macaire. Si, en 1690, les magistrats retrouvèrent l’Ombrière, la chambre, elle, avait été supprimée.
Des rapports difficiles
16Non seulement le parlement et la chambre formaient deux corps distincts, mais le parlement entendait, en outre, que la chambre lui fût subordonnée. Selon le parlement, la chambre mi-partie était une simple émanation de la cour ; à ce titre, elle ne pouvait donc engager quelque action autonome, ni prétendre à une existence propre. La chambre de l’Édit ne l’entendait bien sûr pas ainsi et prenait à l’occasion des initiatives, entrant alors en conflit avec la compagnie-mère. Le voyage de Louis XIV et de sa cour en 165936 est, à ce titre, instructif. Se rendant dans le sud de son royaume, le souverain fit étape à Bordeaux. L’arrivée de Mazarin, qui le précédait, fut l’occasion d’un premier affrontement. Le parlement délibéra d’envoyer une députation, dont il exclut d’éventuels représentants de la chambre de l’Édit. Aussi la chambre décida-t-elle d’envoyer une délégation séparée. Messieurs contre-attaquèrent, s’appuyant sur l’usage et notamment sur ce qui s’était pratiqué l’année précédente lors de la venue du prince de Conti. Précédent contre précédent, la chambre de l’Édit rétorqua qu’elle en avait usé ainsi en 1650 pour aller saluer le Roi, ou encore le gouverneur, la cour étant séante à Agen. Les deux références ne sont pas neutres, les conseillers de la chambre de l’Édit rappelant plus ou moins subtilement d’une part leur fidélité au Roi durant les heures noires de la Fronde – alors que la cour elle-même avait refusé d’aller le saluer – d’autre part l’exil agenais, conséquence de l’indiscipline parlementaire… Néanmoins, la chambre n’obtint pas permission de députer, et il en alla de même à l’arrivée de Louis XIV.
17Cet affrontement se retrouve dans les rapports de travail, que révèlent parfois les registres secrets. En 1661, le parlement adresse au Roi des remontrances afin que le plus ancien des conseillers catholiques préside le président huguenot, « pour le bien de la religion37 ». Mais c’est aussi chez le notaire que l’on peut trouver la trace des multiples vexations dont font l’objet les magistrats protestants. Suivons ici la procédure de Charles d’Augeard. En janvier 1660, il déclare devant notaire qu’ayant obtenu du Roi ses lettres pour être président en la chambre de l’Édit, il s’est présenté au conseiller Dusault pour les faire enregistrer. Or celui-ci se dérobe sous divers prétextes, retardant l’installation. D’Augeard arrive donc, accompagné de témoins, chez Dusault, pour présenter lettres de provision, dispenses d’âge et arrêt du conseil stipulant qu’il doit être installé par les conseillers de la chambre, nonobstant toute opposition. Le 17 janvier, d’Augeard déclare que Dusault l’a renvoyé en le traitant d’insolent. Il demande donc à ce qu’un autre conseiller catholique de la chambre de l’Édit, Jean-Luc du Mirat, rapporte l’affaire devant la cour, ce qu’il fait, mais les conseillers protestants se retirent sans délibérer sur l’affaire. En attendant, d’Augeard a confié les papiers requis pour l’installation au conseiller Dusault, et celui-ci, malgré les demandes réitérées du magistrat, ne les restitue pas38… L’affaire révèle ainsi que si les tensions persistent entre catholiques et protestants, on aurait tort de considérer que les magistrats de la RPR forment un front uni. De fait, quelques années plus tard, le même Charles d’Augeard, devenu président, a maille à partir avec ses collègues. Un certain Canteloup, « suscité par messieurs les conseillers de la RPR servant en lad. chambre de l’Édit de Guyenne, a fait procéder par saisie sur son office », une procédure dont d’Augeard demande la cassation, déclarant que Canteloup n’est qu’un prête-nom, les autres conseillers « étant les véritables auteurs de cette procédure tortionnaire », allant même jusqu’à faire bourse commune pour les frais du procès, dont d’Augeard demande le dépaysement39.
Le magistrat protestant et le service du Roi
Bons serviteurs du Roi, bons magistrats ?
18Tout comme leurs homologues catholiques, les magistrats de la RPR peuvent s’illustrer au service du Roi et voir leurs mérites reconnus. Le souverain se montre, en particulier, très sensible à la fidélité de ses magistrats protestants pendant les périodes de troubles. Les lettres de noblesse de Jean de Lacoste, enregistrées en 1639, soulignent ainsi son rôle dans la conservation de la ville de Sainte-Foy lors de la révolte des Croquants en pays d’Agenais et Périgord40. Mais c’est tout particulièrement la fidélité lors de la Fronde que le souverain récompense. Ainsi salue-t-on, dans les lettres patentes accordées à son successeur, la mémoire de Jean Charron, « conseiller en ladite chambre [de l’Édit] depuis de longues années aux honneurs et réputation qu’en plusieurs […] occasions même durant l’émotion des troubles suscités en notre province de Guyenne où il a rendu des témoignages effectifs de l’affection qu’il a pour nous servir41 ». De même, on met en exergue l’engagement des Rabar, et en particulier celui de Pierre et Alexandre, « fidèles durant les derniers mouvements, ayant servi les ducs d’Épernon et de Candale, et réduisant à l’obéissance La Réole, Monségur et Saint-Macaire et Bazas42 ».
19Qu’en est-il de leur application au travail ? Les indices manquent pour affermir notre propos, mais les bibliothèques conservées peuvent être un indicateur. On possède l’inventaire de celles des avocats généraux de Bacalan et de Vincens, dans les années 1660, qui font état de très belles collections, au sein desquelles le droit tient une place notable, sans qu’on puisse la préciser. Le descriptif de la bibliothèque de Daniel de Vincens43 n’est guère précis, procédant par lots, mais permet d’établir que le magistrat possède 369 volumes, dont 58 in-folio « de divers auteurs de droit, ordonnances royaux, histoires saintes », plus 36 volumes in-quarto de droit ou divers auteurs, « tant saints que profanes, propres à l’exercice de la charge dudit défunt » plus trois autres in-quarto de recueils d’arrêts, règlements notables et antiquités romaines. Plusieurs indices permettent, en outre, d’inférer qu’il s’agit d’une collection qu’il a personnellement constituée : on note, en effet, qu’au moins 158 volumes sont dits neufs ou presque neufs, ou reliés à neuf, et couverts de veau, et ce caractère de nouveauté s’applique en particulier aux lots comprenant des ouvrages de droit. Les exemplaires qualifiés de vieux et/ou couverts de parchemin sont au nombre de 180. Le descriptif nous apprend enfin que le magistrat semble pouvoir lire en français, latin, grec, hébreu ou italien. La collection de Bacalan44 témoigne aussi de l’orientation professionnelle de la bibliothèque, puisque, sur les 114 titres pour 150 volumes, 53 titres sont consacrés au droit.
20Dès lors, les plaintes retrouvées sont à prendre avec précaution. Si la chambre ne disparaît qu’en 1679, elle avait vu auparavant sa structure profondément altérée ; or, pour justifier ces modifications, on avait incriminé les juges. Ainsi, selon les lettres patentes de 1665, les magistrats protestants n’étaient guère assidus au service ; on prétexte que leur fréquente absence retardait les procès et que pour y remédier, il fallait renoncer à la parité, dès lors qu’il y avait moins de quatre magistrats protestants.
Après la suppression : continuer à servir ?
21Lorsqu’en 1679, après 65 ans d’existence, la chambre de l’Édit de Guyenne est supprimée, siègent encore sept magistrats protestants : le président d’Augeard, de Vivans de Launay, Morin, Gachon, Rabar, Belrieu de Virazeil et Duvigier. Deux options s’offrent à eux : s’exiler ou abjurer. Le conseiller Belrieu de Virazeil fait le choix courageux du départ et quitte donc la région pour Dublin, mais la plupart, à l’instar de leurs collègues de la chambre de l’Édit de Languedoc45, optent pour l’abjuration. Sur le plan professionnel, cette solution leur permet de conserver l’office et de continuer à exercer en rejoignant les bancs du palais de l’Ombrière, c’est-à-dire le corps de la cour. L’intégration est cependant difficile, et la suspicion reste de mise. Les nouveaux convertis sont, par exemple, exclus de la chambre des vacations et ne peuvent être juges dans des procès où les protestants sont impliqués. Il n’est donc pas étonnant de voir les démissions se succéder dans les années qui suivent. Henri de Gachon quitte la cour en 168446, Jean Morin en avril 168647. Bordeaux n’est pas un cas particulier : en Languedoc, sur quinze offices rattachés, seuls quatre sont ensuite transmis à un membre de la famille48. Mais le Roi accorde beaucoup de prix et fait une large publicité à ces conversions car l’influence de ces hommes sur leurs coreligionnaires est indéniable49. À cet égard, on peut considérer le cas du sieur Morin. Dès les années 1660, les notes secrètes adressées à Colbert et rédigées par l’intendant en dressent le portrait d’un huguenot convaincu. Le sieur Morin est « de la RPR, bon juge, […] passionné pour sa religion, dont l’autorité empêche beaucoup de conversions dans les terres qui en dépendent50 ». Aussi son abjuration est-elle considérée comme une victoire, d’autant que le magistrat parvient à convaincre son épouse, enfermée dans un couvent d’Agen ; l’évêque d’Agen lui adresse d’ailleurs des louanges publiques. Pour autant, la monarchie ne facilite pas toujours le chemin pour ces magistrats. Ainsi, lorsque Belrieu fils, à la différence de son père, fait le choix de rester et souhaite reprendre la charge familiale, l’office initialement supprimé est rétabli pour lui, mais à condition de s’acquitter de 50 000 livres ; il s’agit donc en réalité d’un achat51. De fait, la monarchie peut se montrer suspicieuse à bon droit. Le président d’Augeard, après une conversion de façade, meurt ainsi en refusant de recevoir les sacrements, ce qui vaut au premier président Lecomte de Latresne de vertes remarques de la part du chancelier : « C’est une chose digne de votre attention que de prendre garde aux sujets nouveaux convertis qui veulent entrer dans des charges dans les compagnies inférieures et dans les hôtels de ville, dont la mauvaise conversion et le méchant exemple de la plupart d’entre eux sont très préjudiciables au bien de la justice52. »
⁂
22Les magistrats protestants furent-ils des parlementaires comme les autres ? La présente étude conduirait à répondre par l’affirmative. De fait, les points de convergence sont nombreux : formation de dynastie, patrimonialisation de l’office, aisance financière, qualités intellectuelles… Des distorsions peuvent, certes, apparaître entre les deux groupes mais le caractère étroit du corpus considéré ne doit pas conduire à les surinterpréter. Il faut aussi prendre garde à d’éventuels biais d’analyse. De fait, à chercher les signes de querelles entre catholiques et protestants, on parvient toujours à en identifier, d’autant que le conflit produit des sources. Il ne faut pas pour autant surévaluer la dimension confessionnelle. À bien des égards, l’attitude du parlement vis-à-vis de la chambre de l’Édit n’est pas sans rappeler ses agissements à l’égard de la cour des Aides. Dès lors, les pistes ouvertes ici mériteraient d’être explorées plus méthodiquement, tant il est vrai que jusqu’à ce jour, les chambres de l’Édit et leurs magistrats n’ont guère retenu l’attention des historiens.
Notes de bas de page
1Édit de Nantes, texte disponible en ligne, [http://www.dhnet.org.br/direitos/anthist/marcos/edito_nantes/texto_fr_edit_nantes.pdf] (erreur en 2025).
2Birnstiel Eckart, « Les chambres mi-parties : les cadres institutionnels d’une juridiction spéciale (1576-1679) », in Poumarède Jacques et Thomas Jack (dir.), Les Parlements de Province, pouvoirs, justice et société du xve au xviiie siècle, Toulouse, Framespa, 1996, p. 121-140.
3Le pouvoir royal n’avait créé que quatre puis cinq chambres mi-parties, alors que l’on dénombrait huit parlements. La chambre de l’Édit de Grenoble avait ainsi autorité sur les ressorts des parlements de Dauphiné et de Provence, tandis que les protestants du parlement de Bourgogne pouvaient choisir entre les cours de Paris ou de Grenoble. De plus, la chambre de l’Édit de Paris exerçait son autorité sur le ressort parisien ainsi que sur les parlements de Normandie et Bretagne, jusqu’à la création, pour le ressort normand, d’une chambre à Rouen en 1599. Pour une présentation détaillée de la composition de chacune, on se référera à Mousnier Roland, Les Institutions de la France sous la monarchie absolue, Paris, PUF, 1974, en particulier p. 872-874.
4La chambre de l’Édit de Rouen est créée en 1599. L’édit de création est notamment conservé à la Bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme français, in-8o, 12 668. Sur le sujet, voir Daireaux Luc, « Le parlement de Normandie et l’édit de Nantes : une bataille de dix ans (1599-1610) », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, no 122-3, 2015, p. 77-87.
5Sur la chambre de l’Édit de Languedoc, voir Capot Stéphane, Justice et Religion en Languedoc au temps de l’Édit de Nantes. La Chambre de l’Édit de Castres (1579-1679), Paris, École des chartes, 1998.
6Bibliothèque municipale de Bordeaux (désormais BMBx), D 32591/46, Arrest du conseil d’Etat du Roy, qui ordonne aux conseillers de la Religion Prétendue Réformée du Parlement de Guyenne, de se déffaire de leurs charges dans trois mois, Versailles, 3 août 1685, s. l. n. d.
7Pour une approche succincte des origines de ces magistrats, on pourra consulter Coyne Paul Louis, Dictionnaire des familles protestantes de Bordeaux au xviie siècle, dactyl. On peut y ajouter, sur les Bacalan, Campagne Maurice, Histoire des Bacalan du xve au xxe siècle, Bergerac, Imprimerie générale du Sud-Ouest, 1905 ; Faugerolle Romain, Une famille de parlementaires bordelais au siècle des Lumières : la famille de Joseph de Bacalan, TER dactyl., université Bordeaux 3, 2011-2012.
8Pour une analyse détaillée des prétentions généalogiques des Rabar, voir Fronty Marie, La noblesse protestante bordelaise au service du Roi. Entre robe et épée : les Rabar au Grand Siècle, TER dactyl., université Bordeaux 3, 2007-2008, Archives départementales de la Gironde (désormais AD 33), 2E 2382, liasse B, 1684, recueil généalogique.
9Il est sur ce point intéressant de souligner que la famille continua à s’investir fortement dans le service armé tout au long du xviie siècle.
10Meller Pierre, Armorial du Bordelais. Sénéchaussées de Bordeaux, Bazas et Libourne, Paris, H. Champion, 1906, t. II, p. 80.
11AD 33, 4J 852, dossier de famille Lacoste.
12Pour resituer ces magistrats par rapport à leurs homologues catholiques, nous renvoyons à Le Mao Caroline, Les Fortunes de Thémis. Vies des magistrats du Parlement de Bordeaux au temps de Louis XIV, Pessac, FHSO, 2006.
13AD 33, 2E 2382A, contrat de mariage du 17 mai 1661.
14AD 33, Insinuation 1655, fo 9, 12 septembre 1657, contrat de mariage.
15AD 33, 3E 7627, fo 74, 22 mai 1667, contrat de mariage.
16AD 33, 3E 6884, fo 765, 04 janvier 1656.
17AD 33, 3E 6600, fo 387, 30 mars 1672, acte.
18AD 33, 4J 852, dossier de famille Lacoste.
19AD 33, 3E 7628, fo 749, 26 août 1668, inventaire de Daniel Vincens, avocat général à la chambre de l’Édit de Guyenne.
20AD 33, 3E 9172, 24 décembre 1665, inventaire après décès d’Arnaud de Bacalan, avocat général à la chambre de l’Édit de Guyenne.
21AD 33, 3E 7626, fo 589, 03 septembre 1666, vente d’office par Louis Duvigier à Daniel Vincens.
22Pour une mise en perspective quant au prix des charges, nous renvoyons à Le Mao Caroline, Parlement et parlementaires. Bordeaux au Grand Siècle, Seyssel, Champ Vallon, 2007.
23AD 33, C 3832, fo 8, 02 septembre 1641, lettres patentes d’entrée en charge de Jean Charron, conseiller en la chambre de l’Édit de Guyenne.
24Registres secrets du parlement de Bordeaux, 12 décembre 1654.
25AD 33, 3E 15269, fo 768, 14 février 1668, mariage entre Jean de Charron, fils de Jean, président en la chambre de l’Édit, et Marie Duvigier, fille de Jacques, conseiller en la même chambre.
26AD 33, 3E 15244, fo 1143, 15 décembre 1644, cédule évocatoire.
27La transaction s’avère assez complexe et fait l’objet de plusieurs actes. AD 33, 3E 7628, fo 776, 16 novembre 1668 : vente de l’office de Daniel de Vincens, par Marguerite de Belrieu, sa veuve, à Éléazar de Luxe, baron de Capian, pour 60 000 lt ; id., fo 782, le 18 novembre 1668 : Marguerite de Belrieu vend le même office aux mêmes conditions à Jean Dutour, avocat au Parlement de Bordeaux, habitant Nérac ; le 19, elle donne au secrétaire du feu sieur de Vincens, les pièces requises pour aller négocier à Paris, soit la résignation en blanc d’Éléazar de Luxe et les deux contrats de vente. AD 33, 3E 7630, fo 374, 19 novembre 1668 : Marguerite de Belrieu remet la procuration ad resignandum à un nommé Jean Dutour, pour qu’il obtienne les provisions de l’office ; Dutour n’a pas à faire l’avance des frais et ne pourra prétendre aucun droit sur l’office, ni en toucher les gages ; il sert seulement de prête-nom pour sa conservation. AD 33, 3E 7630, fo 350, 17 mars 1670 : Éléazar de Luxe veut bien finalement traiter de l’office, mais pour 46 000 lt., une offre qu’il garantit durant huit jours, au terme desquels il la retirera ; on apprend par le même document que le frère de Daniel de Vincens a des prétentions sur le prix de l’office. AD 33, 3E 7630, fo 57, 27 mars 1670 : résignation de Jean Dutour en faveur d’Éléazar de Luxe, prétextant son âge (il est septuagénaire). L’office est finalement cédé pour 46 000 lt.
28Capot Stéphane, « Les magistrats de la chambre de l’Édit de Languedoc (1579-1679) », Annales du Midi, t. CVIII, no 213, janvier-mars 1996, p. 63-88.
29Sur cette thématique, voir notamment Barbiche Bernard, « L’édit de Nantes et son enregistrement : genèse et publication d’une loi royale », in Mironneau Paul et Pébay-Clottes Isabelle (dir.), Paix des armes. Paix des âmes, Paris, Société Henri IV et Imprimerie nationale, 2000, p. 251-260.
30Propos emprunté à Mousnier Roland, op. cit., p. 874. Voir aussi Cruzeau Étienne de, Chronique, Bordeaux, Gounouilhou, 1881, en date du 07 juillet1599 et Archives de Bordeaux Métropole (désormais ABxM), Registres secrets, 22 juillet 1600.
31ABxM, Registres secrets, 03 février 1601. Les magistrats protestants prêtaient serment devant le chancelier.
32Nomination à la chambre de l’Édit : AD 33, 1 B 27, fo 108, 27 juillet 1655 ; 1 B 27, fo 151, 04 août 1656 ; 1 B 28, 15 juillet 1659, et ABxM, Registres secrets, 17 août 1654 et 24 juillet 1658.
33Coste Laurent, Un seigneur de l’Entre-deux-Mers sous la Fronde. Livre de raison de François-Arthus Lecomte, Bordeaux, SAHLC, 1997. Nous avons procédé à un relevé des droits perçus par le président François-Arthus Lecomte de Latresne. La compensation était de trois écus par jour pour un président à mortier, soit un revenu total de 2 430 livres, mais il est fort probable que la somme était moindre pour un conseiller.
34La chambre de l’Édit de Nérac a, en outre, été transférée par Louis XIII à Agen en 1616 puis encore en 1622.
35ABxM, fonds Latresne, ms. 25, fo 307, 5 mai 1678, lettre de Phélyppeaux de Pontchartrain au premier président au parlement de Bordeaux.
36Sur ce sujet, voir Poumarède Géraud (dir.), Le voyage de Louis XIV dans le sud du royaume (1659-1660), numéro spécial de la Revue historique de Bordeaux et du Département de la Gironde, 2016, et en particulier, Le Mao Caroline, « Le voyage de Louis XIV à Bordeaux en 1659 : une paix retrouvée ? Le monarque face au parlement frondeur », p. 159-169.
37ABxM, Registres secrets, 14 novembre 1661.
38AD 33, 3E 7620, fo 700, 08 janvier 1660 ; id, fo 706, 17 janvier 1660 ; id., fo 710, 19 janvier 1660 ; id., fo 716, 23 janvier 1660.
39AD 33, fo 602, 12 septembre 1666.
40AD 33, 4J 852, dossier de famille Lacoste.
41AD 33, C 3835, fo 3b, 16 juillet 1654, lettres patentes d’entrée en charge de Jacques d’Augeard, conseiller en la chambre de l’Édit de Guyenne.
42AD 33, C 3836, fo 83, 20 juillet 1658, lettres patentes d’entrée en charge d’Alexandre de Rabar, conseiller en la chambre de l’Édit de Guyenne.
43AD 33, 3E 7628, fo 749, 26 octobre 1668, inventaire de Daniel Vincens, avocat général à la chambre de l’Édit de Guyenne.
44AD 33, 3E 9172, 24 décembre 1665, inventaire après décès d’Arnaud de Bacalan, avocat général à la chambre de l’Édit de Guyenne.
45Capot Stéphane, art. cité.
46AD 33, C 3851, fo 88, 17 août 1684, sortie de charge de Henri de Gachon, démissionnaire.
47AD 33, C 3852, fo 20, 26 avril 1686, entrée en charge de Jean-Joseph Guyonnet de Monbalen, succédant à Jean de Morin, démissionnaire.
48Capot Stéphane, art. cité, p. 63-88.
49Nous avons eu l’occasion d’évoquer ailleurs le cas de Duvigier, protestant converti qui pourchasse ses anciens coreligionnaires, ce qui lui vaut de devenir procureur général au parlement de Bordeaux. Voir Le Mao Caroline, « Les Secrets d’une nomination : devenir Procureur Général ou Premier Président à l’époque moderne », in Le Mao Caroline (dir.), Hommes et gens du Roi dans les parlements de France à l’époque moderne, Pessac, MSHA, 2011, p. 97-109.
50Depping Georges Bernard (éd.), Correspondance administrative sous le règne de Louis XIV…, t. II, Paris, Imprimerie nationale, 1851, p. 126-129, notes secrètes sur les magistrats du Parlement de Bordeaux.
51AD 33, C 3853, fo 51 vo, 27 juin 1689, entrée en charge de Charles de Belrieu de Virazeil, qui succède à son père, Jacques.
52ABxM, ms. 724, fo 226, 25 novembre 1697, lettre du chancelier au premier président Latresne.
Auteur
-
Caroline Le Mao
Université Bordeaux Montaigne (CEMMC).
Caroline Le Mao, professeure d’histoire moderne à l’université Bordeaux Montaigne (CEMMC), est l’auteur d’une thèse sur le parlement de Bordeaux et ses magistrats au temps de Louis XIV. Elle a publié plusieurs ouvrages sur le sujet, dont Parlement et parlementaires. Bordeaux au Grand Siècle (Champ Vallon, 2007) et Les Fortunes de Thémis. Vies des magistrats du Parlement de Bordeaux au temps de Louis XIV (FHSO, 2006).
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