Introduction
p. 7-16
Texte intégral
1« Semblables aux premiers habitants de la terre, on bâtissoit et l’on se marioit sans voir les nues prêtes à crever pour inonder la terre que nous habitions. » Isaac Dumont de Bostaquet, qui écrit ses mémoires en exil au début des années 1690, se livre à cette réflexion alors qu’il s’apprête à raconter la révocation de l’édit de Nantes1. Au moment d’évoquer les événements qui, peu à peu, l’ont poussé à quitter la France, le mémorialiste semble regretter la fausse sécurité qu’il ressentait à l’époque, l’assimilant à l’aveuglement de l’humanité avant le Déluge. Il n’était sans doute pas le seul. En 1685, l’édit avait presqu’un siècle d’existence, et les nobles s’étaient habitués, malgré ses restrictions successives, à vivre dans un cadre légal, certes imparfait, mais qui avait le mérite d’exister. Les mémoires de Dumont de Bostaquet en témoignent : né en 1632, il y raconte les campagnes militaires de sa jeunesse dans le nord-est du royaume, ses émois amoureux et son premier mariage, les achats de parcelles qui lui ont permis d’arrondir ses domaines, son veuvage et son remariage, les naissances et les deuils qui l’ont frappé tour à tour… tous événements qui auraient aussi bien pu être racontés par un gentilhomme catholique et qui font partie des topoi du for privé2.
Des nobles comme les autres ?
2Les nobles protestants n’ont, en effet, rien d’exceptionnel, et si certains le sont, ce n’est pas nécessairement en raison de leur foi. Comme Isaac Dumont de Bostaquet, ils s’inscrivent, pour la plupart, dans une identité nobiliaire qui transcende les cultures religieuses. Elle permet à des lignages cousins, à des voisins, à des obligés, de préserver leurs relations sociales en dépit de leurs divergences confessionnelles. Et elle conduit l’historien de la noblesse protestante à énoncer son questionnement dans un cadre plus général : celui de la noblesse française du xviie siècle, dont les mutations ont concerné les protestants tout autant que les catholiques. Même si nous cherchons toujours à discerner ou à comprendre le huguenot derrière le noble, nous ne pouvons nous contenter d’écrire une histoire de la différence, au risque de perdre de vue des enjeux communs à tous les acteurs, quelle que soit leur confession.
3De même, nous devons, plus que jamais, nous garder de toute téléologie. Bien sûr – c’est le propre de notre métier – nous connaissons « la fin de l’histoire » : chacune des étapes de l’application de l’édit de Nantes et des conflits qui, peu à peu, ont dégradé les relations entre le roi de France et la communauté réformée, depuis les révoltes des années 1620 jusqu’aux dragonnades des années 1680 et la révocation de 16853. Certes, la noblesse a joué un rôle central dans les révoltes nobiliaires du premier tiers du siècle, en particulier en Languedoc4. Elle a aussi particulièrement souffert de l’application de l’édit « à la rigueur », qui a posé de redoutables problèmes aux communautés rurales dont elle pouvait défendre les intérêts auprès des intendants. Les nobles protestants qui souhaitaient faire carrière ont également subi de fortes pressions pour se convertir5. Cependant, la révocation de 1685 n’était pas inscrite dans l’édit de 1598, même si ses failles et sa logique intrinsèque offraient à Louis XIV tous les biais nécessaires pour revenir sur les décisions de son grand-père. Isaac Dumont de Bostaquet, qui écrit ses mémoires quelques années après la révocation, ne cherche pas à relire ses souvenirs en les passant au crible de la répression louis-quatorzienne. Ce qu’il analyse comme son aveuglement est davantage dû au fait que les nobles protestants ont pu croire, envers et contre tout, à la solidité et à la pérennité du régime de l’édit.
4Nous devons ainsi replacer les intérêts, les itinéraires et les postures de la noblesse protestante dans un cadre plus large : celui de la communauté réformée et celui de la noblesse dans leur ensemble. C’est particulièrement vrai sur le plan politique : les soulèvements des nobles protestants derrière Rohan et Soubise, au cours des années 1620, s’inscrivent dans un contexte rébellionnaire multiforme, marqué par les prises d’armes nobiliaires de la régence, les conjurations des années Richelieu et de fortes velléités d’autonomie urbaine6. De même, si les aristocrates protestants connaissent parfois des difficultés à lever des troupes et à mobiliser leurs réseaux, c’est le cas de toute la haute noblesse révoltée, qui rencontre des réticences accrues de la part de ses affidés pour la suivre dans son « devoir de révolte7 ». Les petits nobles campagnards, dont les parents et les grands-parents avaient pu s’investir dans les conflits religieux de la seconde moitié du xvie siècle, sont désormais soucieux avant tout de leur sécurité collective et de la préservation de leurs domaines. Les prises d’armes des grands ne sont pas forcément leur combat, et peuvent même aller à l’encontre de leurs intérêts. En témoigne l’assemblée nobiliaire de 1651, qui se réunit à Paris en dehors de la tutelle des Grands et qui émet des revendications fort éloignées de ce que réclament les frondeurs8. À la même époque et sans le moindre paradoxe, la noblesse réformée s’intègre de mieux en mieux dans le régime de la faveur et du service patiemment construit par les Bourbons9 : elle participe aux conflits contre les Habsbourg, s’engage dans les troupes royales, exerce des responsabilités locales bien identifiées et correctement rémunérées. Elle contribue donc activement à la construction de l’État royal absolutiste et à son effort de guerre10.
5Les nobles protestants auraient-ils pu échapper à ce mouvement en raison de leur confession ? Certainement pas, et l’itinéraire de Dumont de Bostaquet pendant sa jeunesse en témoigne. Il fait un peu la guerre dans les troupes royales puis revient sur ses terres pour se marier et prendre en main le domaine familial : il s’agit d’un parcours somme toute classique, pour un catholique comme pour un protestant. Son identité religieuse semble modérée, et transparaît surtout dans son éducation – il est envoyé par sa mère à l’académie de Saumur, et non dans un collège jésuite – et parce qu’il accomplit un voyage aux Provinces-Unies pour récupérer un héritage. Dumont de Bostaquet n’est pas un révolté.
6Il choisit pourtant de s’exiler en 1685. Il tente l’aventure une première fois par la mer, mais est arrêté et recommence, cette fois par voie de terre, pour enfin réussir. Il sait que ses biens seront confisqués et sans doute vendus. Il n’ignore pas que son acte constitue un crime de lèse-majesté et qu’il contrevient directement à l’interdiction de l’exil sous peine des galères. Il est enfin conscient de rompre avec un passé d’accommodement envers les petites et les grandes tracasseries de l’administration royale. Sous sa plume, la révocation de l’édit de Nantes apparaît comme un événement déclencheur qui percute la trajectoire d’un noble « ordinaire » et le conduit sur les chemins de la révolte : non pas une rébellion collective, comme celles qui étaient menées par les Grands une génération plus tôt, mais un refus individuel, la conviction intime qu’un seuil a été franchi11.
Des enjeux spécifiques
7L’itinéraire de Dumont de Bostaquet montre que la noblesse protestante est mue par des enjeux spécifiques. La conversion d’Henri IV au catholicisme, en 1593, puis l’interruption d’une interminable séquence de quatre décennies de guerres civiles en 1598, ont eu d’importantes conséquences sur son comportement. Son unité constamment affichée, qui avait fait la force du parti huguenot12, s’est progressivement fissurée. L’édit de Nantes, qui a fait l’objet, dès sa signature, d’une appréciation fortement nuancée au sein de la minorité réformée, n’a pas peu contribué à la formation de lignes de failles qui ne sont pas immédiatement apparues au grand jour. Aussi longtemps que l’autorité du premier Bourbon a pu nourrir un sentiment de sécurité chez les huguenots, l’expression de ces dissensions est demeurée discrète13. Mais après l’assassinat d’Henri IV, l’inquiétude éprouvée face aux incertitudes d’une politique royale conduite par Marie de Médicis et son entourage catholique favorable à l’alliance avec les Habsbourg a mis un terme à ce silence et permis l’expression d’une angoisse jusqu’alors contenue14. Entre les partisans d’un refus absolu de tout comportement assimilable à de la désobéissance, considéré comme illégitime ou trop risqué, et les promoteurs d’une stratégie plus offensive destinée à prévenir un déclin jugé inévitable, la rupture s’est affirmée, engendrant l’éclatement de la noblesse huguenote en deux groupes aux contours bien dessinés. Et dans cette dissociation, c’est également un phénomène générationnel qui s’est exprimé. Les vétérans des guerres de Religion, qui avaient formé le fer de lance du parti lors des derniers troubles, se sont majoritairement exprimés en faveur d’une prudente réserve, à l’image de Sully et Duplessis-Mornay, alors que les plus jeunes, qui n’avaient que peu enduré les guerres, se sont regroupés autour du duc de Rohan et de son frère Soubise15. La défaite militaire finale enregistrée face aux efforts déployés par Richelieu, qui finit par avoir raison de la résistance protestante, met fin à cette division, anéantissant toute capacité d’action militaire du côté réformé et bridant considérablement le champ de leur intervention politique.
8La fin du règne de Louis XIII a vu se produire une mutation considérable dans la composition du monde nobiliaire huguenot. Peu à peu, ce sont les membres de deux générations successives, composées d’acteurs ou de témoins des guerres, qui se sont éteints ou convertis au catholicisme. Mornay et Bouillon en 1623, Aubigné en 1630, Sully en 1641, quittent ainsi définitivement la scène, pour ne citer que quelques exemples, alors que Lesdiguières se convertit en 1622 avant de mourir lui aussi, quatre ans plus tard. Rohan et Soubise disparaissent à leur tour, à la charnière des décennies 1630-1640. Seul l’inusable duc de La Force réussit à traverser le règne tout en demeurant ferme dans sa foi réformée. Il meurt en 1652, à l’âge canonique de 93 ans, récompensé pour sa fidélité au roi par une avalanche d’honneurs. Sa lignée figure d’ailleurs parmi les rares familles de la grande noblesse dont les membres choisissent de rester protestants jusqu’à la Révocation. Avec l’extinction ou la conversion des figures emblématiques précédemment citées, la minorité réformée se trouve, en effet, privée de porte-paroles dans les strates les plus élevées du second ordre16. En 1668, le maréchal de Turenne, fils du duc de Bouillon, est probablement le dernier grand personnage à se convertir, suivi de près par ses neveux de Durfort et par Henri-Charles de La Trémoille, prince de Tarente17. Ce phénomène de conversion, qui touche fortement la grande noblesse, a des conséquences sur la population protestante dans son ensemble, car lorsque le seigneur se convertit, c’est un protecteur et un intercesseur que perdent la communauté et son pasteur. Le renoncement des seigneurs protestants à la foi de leurs ancêtres a donc été un vecteur central de la Contre-Réforme, tout autant cause et conséquence de la reconquête catholique.
9Ce mouvement de reflux peut être considéré comme le négatif de celui des années 1600, au cours desquelles la noblesse protestante avait apporté son soutien à la mise en œuvre de l’édit de Nantes. Les cultes de fief avaient notamment permis la structuration d’un solide réseau d’églises locales, y compris dans des régions où le protestantisme était minoritaire. Désormais, les abjurations agissent à l’opposé car elles font disparaître ces mêmes cultes de fief et obligent les fidèles à parcourir des distances considérables pour se retrouver18. Les conversions nobiliaires dégradent aussi, peu à peu, les relais qui permettaient aux églises de dialoguer avec le pouvoir. C’est particulièrement net dans les régions où les protestants étaient minoritaires et où les nobles se posaient traditionnellement comme les principaux protecteurs des communautés19. Les conséquences de ces abjurations sont donc à la fois politiques et religieuses.
10Numériquement affaiblie et privée de véritables figures de proue, l’aristocratie protestante perd de sa puissance, bien que certains de ses membres les plus éminents comptent parmi l’élite de la noblesse provinciale. À cause de cet affaiblissement et de la disparition des institutions politiques huguenotes en 1629, c’est toute l’activité conduite par ce groupe au service des Églises réformées qui se trouve affectée. Si l’on excepte le cas très particulier des services rendus par les députés généraux20, dont le nombre passe de deux à un seul en 1644, il n’est plus réellement d’action d’envergure accomplie par les membres de cette noblesse huguenote au cours des cinquante dernières années du régime de l’édit de Nantes. Comment les gentilshommes protestants auraient-ils encore pu jouer un rôle après la disparition des assemblées politiques qu’ils avaient longtemps utilisées afin de communiquer avec le roi ? À partir de 1593, elles avaient accueilli les membres les plus éminents de l’aristocratie huguenote et servi de porte-voix à la minorité réformée. Au terme de chaque session, des députés, au nombre desquels figurait invariablement un gentilhomme, étaient chargés de se rendre auprès du monarque afin de porter des doléances. Après 1629, il n’y a plus d’assemblées politiques et ce sont les institutions ecclésiastiques qui deviennent les seuls organes représentatifs de la minorité huguenote, susceptibles de porter un message en son nom. Au cours des guerres de Religion, la noblesse d’épée huguenote avait lutté afin d’écarter les ministres de la Parole d’une sphère qu’ils entendaient se réserver, mais ils n’y étaient jamais vraiment parvenus. Désormais, cette aristocratie réformée, progressivement dépouillée de ses figures les plus emblématiques, ne peut même plus prétendre exercer seule l’interface avec le pouvoir royal, et doit se résoudre, de plus ou moins bonne grâce, à s’effacer devant le corps pastoral qui prend le relais.
11Au-delà de l’activité politique légale, les nobles persistent dans des actions de résistance plus virulentes. Ainsi, ceux qui ont décidé de fuir ou d’entrer en clandestinité sont animés par un « devoir de résistance » tout à fait singulier. Cependant, on ne va généralement pas jusqu’à prendre les armes : pour ceux qui restent, il s’agit d’une résistance passive qui s’exprime avant tout dans la protection apportée aux fidèles, dans un contexte de réduction toujours plus poussée de la liberté de culte, fondée sur l’application d’une législation royale de plus en plus offensive21. L’action armée demeure ainsi l’exception, car rejeter une décision de Louis XIV dans les années 1680, au moment où le péril de révocation se fait pressant, est un acte d’une profonde radicalité susceptible d’accélérer encore un processus de suppression programmé.
La foi à l’épreuve du service royal
12L’édit de Nantes a, pourtant, initialement fourni aux nobles des outils qui leur ont permis de renforcer leur domination sociale, notamment l’officialisation des cultes de fief, si importants pour de nombreuses communautés réformées. Il a également créé des charges et des responsabilités nouvelles où la noblesse a pu jouer un rôle fondamental, en particulier pour appliquer le texte sur le terrain et résoudre d’éventuels conflits interconfessionnels. Les nobles protestants qui peuplent ce livre ne sont donc pas forcément des révoltés : ce sont des commissaires royaux qui ont cherché des lieux de culte acceptables par tous ; des magistrats qui ont cohabité, vaille que vaille avec leurs confrères catholiques au sein des chambres mi-parties ; des députés généraux qui ont tenté de préserver le dialogue avec Versailles ; des courtisans qui ont fait carrière dans l’entourage royal et, parfois, réalisé de belles fortunes. Cet ouvrage étudie la coopération tout autant que la résistance, l’accommodement tout autant que la rébellion.
13En effet, la noblesse du xviie siècle peut être un relais tout autant qu’un obstacle à l’absolutisme, chez les protestants comme chez les catholiques. Le rapport de la noblesse réformée au souverain est donc un enjeu central, et se révèle de plus en plus complexe au fil du temps. D’une part et de façon générale, les relations entre le roi et les nobles évoluent profondément au cours du Grand Siècle : anoblissement par les offices et ventes massives de lettres de noblesse, attractivité de la cour de Versailles, réformes militaires de Louvois, grandes enquêtes de Colbert… Comment les protestants auraient-ils pu y échapper ? D’autre part, même si la noblesse réformée obtient une large liberté de culte grâce à l’édit de Nantes, elle se heurte à la méfiance, voire à une franche animosité au sommet de l’État dès le ministériat de Richelieu. Pour reprendre l’expression de Janine Garrisson, le régime de l’édit est bien « l’histoire d’une intolérance » car il soumet la noblesse à une double pression : la dynamique politique de l’absolutisme et la dynamique religieuse de la Contre-Réforme. En d’autres termes, étudier les trajectoires des nobles protestants, c’est finalement se demander s’il est encore possible pour eux de faire carrière sous Louis XIV.
14L’étude des résistances – leur légitimité, leur nature, leur efficacité – doit se comprendre à l’aune de ce contexte tragique, dans lequel les nobles protestants sont confrontés, dès les années 1660, à une mauvaise alternative : soit abjurer pour retrouver le chemin de la faveur royale, soit persister au risque de perdre l’honneur que représente le service du prince. Cet ouvrage reprend ainsi à nouveaux frais la question des prises d’armes nobiliaires, qui ont profondément marqué les régions du « croissant réformé » et influé sur la politique royale au cours du premier tiers du xviie siècle. Elles mobilisaient du monde, mais relevaient de la lèse-majesté et ont finalement échoué à faire plier la Couronne. En outre, elles se sont déroulées à une époque où les petits nobles commençaient à s’émanciper des Grands. Les clientèles aristocratiques perdant une part de leur potentiel mobilisateur, peut-on mesurer et interpréter plus spécifiquement ce phénomène chez les protestants ? Nous avons cherché à y répondre de plusieurs façons, par des études biographiques, des approches familiales ou des portraits de groupe. Notons toutefois que nous n’avons délibérément pas abordé le thème de l’exil nobiliaire après la Révocation, dont les problématiques, les sources et les modalités sont spécifiques22.
15Ce livre, qui fait appel à des spécialistes de la noblesse et du protestantisme, entend ainsi questionner tout autant l’identité religieuse des nobles que leurs comportements socio-politiques. Ce croisement, familier aux historiens des guerres de Religion du second xvie siècle, nous semble tout aussi approprié au contexte de l’édit de Nantes, car il permet de comprendre pourquoi la foi religieuse des gentilhommes protestants n’a pas résisté, sur la durée, devant les exigences croissantes du service royal. Après un chapitre liminaire consacré à la place occupée par ce sujet dans la bibliothèque de la Société de l’histoire du protestantisme, nous avons défini trois grandes parties : le service du roi, source d’honneurs et de faveurs, mais aussi de contraintes et de renoncements ; la défense de la foi qui s’inscrit souvent dans un cadre territorial identitaire ; enfin le déclin du parti, où l’on comprendra pourquoi et comment la puissance militaire de la noblesse protestante s’est étiolée au fil du siècle. La conclusion, qui confronte les regards d’un historien de la noblesse et d’une historienne du protestantisme, proposera enfin de nouvelles pistes de recherches pour l’avenir.
Notes de bas de page
1Mémoires d’Isaac Dumont de Bostaquet, gentilhomme normand, sur les temps qui ont précédé et suivi la révocation de l’édit de Nantes, sur le refuge et les expéditions de Guillaume III en Angleterre et en Irlande, éd. Michel Richard, Paris, Mercure de France, 1968, p. 94.
2Bardet Jean-Pierre, Mouysset Sylvie et Ruggiu François-Joseph, « Car c’est moy que je peins ». Écritures de soi, individu et liens sociaux (Europe, xve-xxe siècle), Toulouse, Presses universitaires du Midi, 2010.
3Labrousse Élisabeth, « Une foi, une loi, un roi ? » La révocation de l’édit de Nantes, Paris/Genève, Payot/Labor et Fides, 1985 ; Garrisson Janine, L’édit de Nantes et sa Révocation. Histoire d’une intolérance, Paris, Le Seuil, 1985 ; Grandjean Michel et Roussel Bernard (dir.), Coexister dans l’intolérance : l’édit de Nantes, Bulletin de la Société de l’histoire du protestantisme français, vol. 144, janvier-juin 1998.
4Garrisson Janine, « Les grands du parti protestant et l’édit de Nantes », in Grandjean Michel et Roussel Bernard (dir.), Coexister dans l’intolérance…, op. cit., p. 175-186.
5Boisson Didier et Daussy Hugues, Les protestants dans la France moderne, Paris, Belin, 2006, chapitre vii.
6Pour une présentation synthétique inscrivant les révoltes nobiliaires dans ce contexte rébellionnaire, voir Aubert Gauthier, Révoltes et répressions dans la France moderne, Paris, Armand Colin, 2015.
7Jouanna Arlette, Le devoir de révolte. La noblesse française et la gestation de l’État moderne, 1559-1661, Paris, Fayard, 1989 et Daussy Hugues, « Le parti huguenot à l’épreuve de la révolte de Condé (1615-1616) », Dix-Septième siècle, 2021/4 (no 293), p. 209-220.
8Lassaigne Jean-Dominique, Les assemblées de noblesse en France aux xvie et xviie siècles, Paris, Cujas, 1965.
9Bourquin Laurent, « La noblesse française et la Couronne (xve-xviie siècle) », La construction de l’État monarchique en France de 1370 à 1715, Bulletin de l’Association des historiens modernistes des universités françaises, Sorbonne université Presses, 2022, p. 11-36.
10Les maréchaux de France huguenots ont fait l’objet d’une attention particulière depuis une vingtaine d’années : Drévillon Hervé, « L’héroïsme à l’épreuve de l’absolutisme. L’exemple du maréchal de Gassion (1609-1647) », Politix, 2002, no 58, p. 15-38 ; El Hage Fadi, « Les nominations de maréchaux de France protestants et l’évolution politique de la monarchie française à l’époque moderne (xviie-xviiie siècle) », Bulletin de la Société de l’histoire du protestantisme français, vol. 158, 2012, p. 685-702 ; Breton Nicolas, Je les espreuve tous. Itinéraires politiques et engagements religieux des Coligny-Châtillon (mi xve-mi xviie siècle), Genève, Droz, 2020.
11Pour appréhender ce mécanisme de la désobéissance : Borello Céline, « L’exil religieux entre contraintes communautaires et choix individuels. Quelques itinéraires de la noblesse huguenote (xviie-xviiie siècles) », in Bourquin Laurent, Chaline Olivier, Figeac Michel et Wrede Martin (dir.), Noblesses en exil. Les migrations nobiliaires entre la France et l’Europe (xve-xixe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2021, p. 55-65.
12Daussy Hugues, Le parti huguenot. Chronique d’une désillusion (1557-1572), Genève, Droz, 2014.
13À l’exception notable, dans les premières années du xviie siècle, d’Henri de La Tour d’Auvergne : Giraudier Fanny, « La rébellion du duc de Bouillon, de la querelle nobiliaire à l’affaire d’État (1602-1606) », Revue d’histoire du protestantisme, juillet-août-septembre 2017, vol. 2, no 3, p. 339-356 et Marchand Romain, Henri de La Tour (1555-1623). Affirmation politique, service du roi et révolte, Paris, Classiques Garnier, 2020.
14Sur l’inquiétude suscitée dans le royaume par l’assassinat d’Henri IV, voir Cassan Michel, La grande peur de 1610. Les Français et l’assassinat d’Henri IV, Seyssel, Champ Vallon, 2010. Sur le retentissement de la politique pro-espagnole de la régente : Dubost Jean-François, Marie de Médicis, la reine dévoilée, Paris, Payot, 2009, chapitre xix.
15Deyon Pierre et Solange, Henri de Rohan, huguenot de plume et d’épée (1579-1638), Paris, Perrin, 2000 ; Dewald Jonathan, La famille Rohan, 1550-1715 : statut, pouvoir et identité dans la France du début de l’époque moderne, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2025 (2015 pour l’édition américaine).
16Souriac Pierre-Jean, « Fidélité et conversion chez les chefs de guerre protestants au début du xviie siècle », in Martin Philippe et Suire Éric (dir.), Les Convertis : parcours religieux, parcours politiques, Paris, Classiques Garnier, 2016, p. 23-37.
17Rosa Susan, « “Il était possible aussi que cette conversion fût sincère”: Turenne’s Conversion in Context », French Historical Studies, 18 (1994), p. 632-633 ; « The Conversion to Catholicism of the Prince de Tarente, 1670 », Historical Reflections/Réflexions historiques, 21 (1995), p. 57-75.
18Pour une étude précise, dans un cadre régional, des étapes de cette déstructuration : Daireaux Luc, « Réduire les huguenots ». Protestants et pouvoirs en Normandie au xviie siècle, Paris, H. Champion, 2010.
19Krumenacker Yves, « Les nobles, protecteurs du peuple protestant en France (1598-1685) », in Mercier Franck et Boltanski Ariane (dir.), Le salut par les armes. Noblesse et défense de l’orthodoxie, xiiie-xviie siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011, p. 195-208.
20Deyon Solange, Du loyalisme au refus : les protestants français et leur député général entre la Fronde et la Révocation, Villeneuve-d’Ascq, Publications de l’université de Lille, 1976.
21Les postures de la noblesse réformée face à l’application de l’Édit à la rigueur ont notamment été étudiées en Normandie dans deux thèses restées inédites : Le Touzé Isabelle, Suivre Dieu, servir le roi. La noblesse protestante bas-normande, de 1520 au lendemain de la Révocation de l’édit de Nantes, université du Maine, 2012 ; Petit-Bancquart Véronique, Des âmes à l’épreuve. Le protestantisme nobiliaire bas-normand dans la tourmente (1661-1787, généralité de Caen), université Paris 13, 2017.
22Bourquin Laurent, Chaline Olivier, Figeac Michel et Wrede Martin, Noblesses en exil. Les migrations nobiliaires entre la France et l’Europe (xve-xixe siècle), op. cit.
Auteurs
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Laurent Bourquin
Université du Mans (TEMOS, UMR 9016).
Laurent Bourquin est professeur d’histoire moderne à l’université du Mans (TEMOS, UMR 9016). Ses recherches sur la noblesse répondent à des problématiques socio-politiques (noblesse seconde, autorité locale, relations avec l’État royal, anoblissement, militarisation) et socio-culturelles (droit successoral, densités nobiliaires, culture noble, éducation, mémoire).
-
Hugues Daussy
Université de Franche-Comté (Centre Lucien-Febvre).
Hugues Daussy est spécialiste de l’histoire politique du protestantisme aux xvie et xviie siècles. Il est professeur d’histoire moderne à l’université de Franche-Comté (Centre Lucien-Febvre), membre honoraire de l’Institut universitaire de France, président de la Société Henri IV et vice-président de l’université de Franche-Comté.
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