Mythe et fabulation dans la fiction fantastique et merveilleuse de Neil Gaiman
Les œuvres de Neil Gaiman sont souvent qualifiées de postmodernes dans la mesure où elles lient expérimentation et réflexivité à une démarche de fiction populaire qui leur paraît antagoniste. À l’inverse d’une œuvre postmoderniste typique, qui souligne sa mise à nu des mécanismes fabulateurs, les métafictions et parodies de Gaiman restent des fictions fantastiques et merveilleuses où les enjeux fabulateurs (caractérisation, intrigue, émotion, suspens) gardent la place centrale. Ce ne sont donc p...
Note de l’éditeur
Avec le soutien du laboratoire CAS de l’université Toulouse-Jean-Jaurès
Éditeur : Presses universitaires de Rennes
Lieu d’édition : Rennes
Publication sur OpenEdition Books : 11 septembre 2025
ISBN numérique : 979-10-413-0599-5
DOI : 10.4000/14n82
Collection : Univers anglophones
Année d’édition : 2018
ISBN (Édition imprimée) : 978-2-7535-7511-0
Nombre de pages : 252
Les œuvres de Neil Gaiman sont souvent qualifiées de postmodernes dans la mesure où elles lient expérimentation et réflexivité à une démarche de fiction populaire qui leur paraît antagoniste. À l’inverse d’une œuvre postmoderniste typique, qui souligne sa mise à nu des mécanismes fabulateurs, les métafictions et parodies de Gaiman restent des fictions fantastiques et merveilleuses où les enjeux fabulateurs (caractérisation, intrigue, émotion, suspens) gardent la place centrale. Ce ne sont donc pas des œuvres expérimentales mêlées d’éléments de fiction populaire, mais des œuvres de fiction populaire réflexive. Cette posture singulière en fait un terrain fertile pour la réflexion sur les spécificités de la fiction populaire, et sur la place privilégiée qu’y occupe la fabulation (« storytelling »), notion qu’Henri Bergson ou Frank McConnell voient comme le fil rouge entre écriture de fiction et mythopoèse religieuse. Cette dialectique instaurée entre fabulation, mythe et fiction populaire est le cœur thématique de l’œuvre de Gaiman, qui abonde en réécritures de mythes anciens, modernes, religieux, populaires, et en portraits de personnages d’écrivains, de conteurs oraux ou de personae de Gaiman qui, au plus fort de l’intrigue comme aux confins du paratexte, au détour d’une préface ou d’une vignette de bande dessinée, forgent une représentation de la fiction comme mythe, de l’écrivain comme figure mythique du conteur, et de la fabulation comme activité essentielle de l’humanité.
IdRef : 162181477
Docteur de l’université Toulouse-Jean-Jaurès et professeur d’anglais en CPGE au lycée Ozenne. Il a écrit sur Neil Gaiman, Alan Moore et le fantastique et le merveilleux postmodernes pour les revues françaises Otrante et Caliban, les revues américaines Shofar et Studies in the Novel, la revue britannique Studies in Comics. Il a participé au colloque sur Alan Moore de l’université de Northampton en 2010, ainsi qu’aux livres Mountains Figured and Disfigured in the English-Speaking World (2010) et Visualizing Jewish Narrative (2016).
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