Les batailles municipales de 1977 en Pays-de-la-Loire
L’Union de la gauche à la conquête d’une région ancrée à droite ?
p. 169-182
Texte intégral
1Au soir du 20 mars 1977, l’Union de la gauche s’impose à la tête des quatre municipalités des chefs-lieux de département composant la région Pays-de-la-Loire : Angers, Nantes, Le Mans, La Roche-sur-Yon basculent à gauche tandis que Laval renouvelle sa confiance aux élus socialistes désignés en 1971.
2La région, pourtant volontiers présentée comme conservatrice, semble donc suivre le mouvement général de basculement à gauche observé au niveau national. Toutefois, ces progrès substantiels invitent également à s’interroger, à un niveau d’analyse plus fin, sur les contours d’un scrutin qui, propice à l’étude des spécificités locales – contextes politiques, sociaux, économiques, thèmes de campagnes, poids des personnalités en présence – permet d’offrir une vision nuancée de ce profond bouleversement politique.
3Au-delà des centres urbains, l’approche locale tend à relativiser le déferlement de cette vague rose dans les départements ligériens, notamment en milieu rural et dans les villes moyennes, où les forces conservatrices, loin d’être totalement défaites parviennent à conserver et asseoir certaines de leurs positions face à la montée de la gauche.
4L’analyse des rapports de forces entre les acteurs en présence apparaît dès lors nécessaire pour comprendre la particularité du paysage politique régional. L’Union de la gauche est en effet loin d’être homogène et si, lorsqu’elles ont pu être constituées, les listes d’union ont bien souvent assuré le succès à leurs signataires, cette alliance n’a pas été exempte de dissensions, en particulier entre socialistes et communistes. Ailleurs, au contraire, la gauche s’est présentée parfois désunie au combat électoral lorsque désaccords, divergences quant à l’acceptation du Programme commun ou encore rivalités personnelles empêchaient l’entente de s’établir. À l’aune des résultats, le scrutin permet ainsi de tenter d’esquisser, outre les modalités de la progression de la gauche dans sa globalité, les bénéfices respectifs retirés à plus long terme par chaque fraction signataire de l’accord.
5Les listes de la majorité ne sont pas en reste, quelle que soit leur situation : qu’elles soient perdantes ou confortées, malmenées dans leurs fiefs, le résultat des élections les amène à repenser leur place sur l’échiquier politique.
6Entre continuité et renouveau, les élections municipales de 1977 apportent ainsi un nouvel éclairage sur la singularité politique de la région Pays-de-la-Loire1.
Les conquêtes de la gauche
Trois succès dès le premier tour
7Dans la région, quatre chefs-lieux de département sur les cinq voient l’union des forces de gauche conquérir les municipalités dès le premier tour. Dans deux d’entre elles, Le Mans et Angers, cette union va largement profiter des difficultés des mairies sortantes de droite.
8La ville du Mans a déjà connu une municipalité socialiste dans l’immédiat après-guerre avec Robert Collet qui, en 1945, prend en main les rênes de la ville. Expérience de courte durée puisque deux ans plus tard, en 1947, Jean-Yves Chapalain, ancien SFIO devenu RPF, remporte les élections avec sa liste avant de se voir ravir le siège de maire, en 1965, par Jacques Maury, MRP. En 1971, nouveau succès pour ce dernier, élu entre-temps sénateur en 1968, reconduit par 54 % des voix2.
9Pourtant, en ce début d’année 1977, la situation du maire sortant apparaît critique, les tensions devenant de plus en plus patentes au sein du conseil municipal, agité par l’opposition grandissante entre J. Maury et son premier adjoint, le député UDR Jacques Chaumont. À la veille des élections, la majorité du conseil semble plus que jamais divisée sur la confiance en les capacités de rassemblement de Jacques Maury en vue de conduire la liste du conseil sortant vers la victoire. Pendant un temps, l’idée de constituer une liste dissidente contre le maire sortant effleure d’ailleurs l’esprit de Jacques Chaumont3.
10Mais, la crainte d’affaiblir la majorité et de faire ainsi le jeu de la gauche qui elle a rapidement fait l’union sur une liste commune portée par Robert Jarry, premier secrétaire de la Fédération communiste de la Sarthe4, a finalement raison des velléités dissidentes de Chaumont qui se range, fin janvier, derrière Maury5.
11Malgré ce ralliement, la campagne à droite se ressent de ces tensions et au soir du premier tour, la gauche parvient à se hisser largement en tête avec 47 % des votants contre 38 % pour la liste du maire sortant. Outre ses divisions internes et la force de la liste de gauche unie, le maire sortant a également dû affronter une liste de divers modérés, dénommée LEMANS, qui avec 19 % des voix a probablement su attirer vers elle une partie de son ancien électorat6.
12Au deuxième tour, l’écart se creuse un peu plus et l’Union de la gauche remporte haut la main la victoire avec 53 % et près de 6 000 voix d’avance. Trente ans après l’avoir perdue, la gauche marque une nette percée et reprend la direction de la capitale sarthoise au profit, cette fois, du Parti communiste incarné par le nouveau maire, Robert Jarry, mandat qu’il détiendra jusqu’en 2001.
13Dans le département voisin du Maine-et-Loire, Angers semble connaître les mêmes dissensions internes au sein de la majorité sortante. La ville est, depuis 1963, dirigée par Jean Turc, étiqueté indépendant, qui doit faire face aux critiques grandissantes de, notamment, deux des conseillers municipaux, les sénateurs centristes Jean Sauvage et Auguste Chupin7.
14Cette opposition va venir retarder d’autant le lancement de la campagne électorale à droite : Jean Turc va en effet tergiverser assez longuement avant de décider de constituer une liste unique majoritaire, hésitation qui va conduire les deux sénateurs à franchir le pas et, soutenus dans cette démarche par une partie du conseil municipal, mettre sur pied leur liste propre, sans Turc. Face à cette fronde, Turc reste un moment dans l’expectative, se déclare candidat le 25 janvier puis, trois semaines plus tard, décide d’abandonner le combat électoral8. Ces péripéties, qui durent plusieurs semaines, révèlent des fractures importantes qui viennent fragiliser la position du désormais leader de la majorité, Auguste Chupin.
15Au contraire, à gauche, l’accord entre les partis en vue d’une campagne commune et de la constitution d’une liste unique est définitivement arrêté le 26 janvier sur la base d’une composition numérique donnant aux socialistes la majorité absolue9. Dès le premier tour, cette liste menée par le socialiste Jean Monnier l’emporte largement avec 50 % des votants contre 39 % à la liste Chupin.
16À La Roche-sur-Yon, l’opposition s’impose également dès le premier tour grâce à une union des gauches sensiblement élargie. Dès juin 1976, les sections locales du Parti communiste proposent en effet aux socialistes de mettre sur pied une liste commune en vue des élections municipales10. La section yonnaise du PS, après plusieurs semaines de réflexion, accepte l’idée d’une liste centrée autour du PS et du PC mais tout en souhaitant également ouvrir cet accord au PSU et à tous ceux qui, d’une manière générale, condamnent la politique giscardienne. Dans un premier temps, le PC marque son désaccord sur une telle éventualité, les communistes ne voulant pas entendre parler de l’admission d’éléments PSU, non signataires du Programme commun. Le désaccord perdure jusqu’à l’automne 197611 avant que les arguments socialistes sur la nécessité d’attirer en particulier les suffrages des chrétiens sociaux ou des sympathisants CDFT pour garantir le maximum de chances de succès à la gauche, n’aient raison des réticences communistes. La liste intégrera donc des membres du PSU dont Jean-François Morineau, chef de file local du parti. Fin décembre 1976, l’accord est finalement conclu sur la base de 17 PS, 10 PC et 6 PSU12.
17Cette union se révèle fructueuse puisqu’elle l’emporte aisément avec 52 % des voix contre 48 % à la liste du maire sortant13. Maire depuis 1961, Paul Caillaud, député giscardien, subit en effet un net recul en cette année 1977, lui qui, six plus tôt, avait encore obtenu près de 60 % des voix.
18Le succès de l’offensive de la gauche unie trouve une partie de son explication dans le dynamisme de la campagne menée : la liste d’abord est jeune, 43 ans de moyenne d’âge, quand celle de Caillaud, malgré l’ouverture à des éléments nouveaux14, paraît par comparaison probablement un peu usée par l’exercice municipal – la liste comprend notamment 16 conseillers sortants dont les 6 adjoints – avec une moyenne d’âge, sensiblement plus élevée, de 54 ans. Surtout, la campagne de la gauche s’est montrée beaucoup plus active : élaboration d’un contrat municipal aux accents novateurs et largement diffusé, organisation de nombreuses réunions de quartiers pour mobiliser et sensibiliser l’électorat15.
Nantes, une victoire arrachée de justesse
19Le chef-lieu de région constitue dans le paysage politique un cas un peu atypique puisqu’en 1977, la mairie sortante, élue dans l’opposition de gauche en 1971, se retrouve désormais liste de la majorité et opposée à une liste d’Union de la gauche16.
20Depuis 1965, la ville est dirigée par André Morice, personnage controversé17 dont la carrière politique, à la fin des années 1970, est déjà entamée de longue date : ancien député radical de 1945 à 1958, plusieurs fois ministre sous la IVe République, André Morice est également sénateur depuis 196518.
21Durant le premier mandat et au début du second, la municipalité se présente comme une alliance, une municipalité de « Troisième force », rassemblant, derrière Morice, le Centre national des indépendants, le Centre républicain – dont André Morice est depuis sa création en 1956 l’un des leaders – et la SFIO, unis par un même programme : antigaullisme et anticommunisme19.
22Néanmoins, le congrès d’Épinay puis le Programme commun et, en 1974, l’élection de Valéry Giscard d’Estaing, viennent rebattre les cartes du jeu politique nantais : si une grande partie de la municipalité, dont Morice, soutient le nouveau président de la République, la gauche du conseil refuse tout appui. Face à cette situation et dans la perspective de la nouvelle stratégie d’Union de la gauche, la section socialiste nantaise invite ses élus au sein de la municipalité à se constituer en groupe d’opposition. Des conseillers PS, seul Alain Chénard choisit de franchir le pas en février 1975 ; les onze autres élus ayant choisi de rallier Morice sont exclus du PS en avril 197520.
23Les élections municipales voient donc s’affronter ce nouvel éventail politique. Trois listes sont en présence : la liste Morice, la liste d’Union de la gauche portée par Alain Chénard et une troisième liste, celle des jobertistes, conduite par l’ophtalmologiste Philippe Sourdille.
24À gauche, l’union se fait sans heurt majeur hormis le fait que les tergiversations du PC, estimant que la part que lui font les socialistes sur la liste est trop faible et espérant obtenir plus de candidats, diffèrent quelque temps la signature de l’accord21.
25La liste Morice quant à elle, dénommée « Nouvel ELAN (Union pour l’expansion et l’avenir de nantes) » tente de ressusciter la formule apolitique qui a permis à André Morice de remporter les élections de 1965 et 1971, basant son argumentaire sur la gestion municipale exclusivement et écartant toute expression d’opinions politiques partisanes. Dans cette optique, la municipalité de Morice, désormais passée dans la majorité présidentielle, s’ouvre aux formations gaullistes et des Républicains indépendants : la liste Nouvel Élan comprend ainsi, outre les dissidents du PS, les indépendants et les démocrates sociaux issus pour partie de la municipalité sortante, sept Républicains indépendants et six RPR. Face à la perspective d’affronter une gauche unie, l’équipe Morice se révèle rapidement soudée pour affronter la compétition électorale.
26De son côté, la liste des jobertistes, conduite par Philippe Sourdille, leader de « Démocratie vivante » à Nantes, connaît bien des avatars avant d’être définitivement constituée. Sa composition a été de nombreuses fois modifiée avant de rassembler, aux côtés de fervents partisans de l’« ailleurs », des gaullistes convaincus opposés à Morice22.
27André Morice va devoir subir les tirs croisés des jobertistes et de la liste d’Union de la gauche qui axent leur campagne respective sur le maire sortant, présenté comme âgé – il est né en 1900 – et jaloux de ses prérogatives municipales23. Surtout, la gauche pointe du doigt l’inconstance du maire sortant qui, élu en 1971 dans l’opposition, a rejoint les rangs de la majorité présidentielle depuis 197424.
28Après une rude campagne, les résultats du premier tour sont très serrés puisque 329 voix seulement séparent la liste Chénard de la liste Morice. Au second tour, tout va donc se jouer sur le report de voix de la liste Sourdille qui, malgré un score honorable (12 %), ne peut pas se maintenir25.
29Pour les deux concurrents, il y a fort à parier que la grande majorité des voix de la liste Sourdille, composées pour l’essentiel d’un électorat de droite, va se reporter sur la liste du maire sortant. Cette supposition de part et d’autre va déterminer la campagne de l’entre-deux-tours. À gauche, les militants et les candidats vont tenter de réduire ce risque en menant une campagne active et notamment en tentant d’aller convaincre les nombreux abstentionnistes (près de 33 %) de se mobiliser pour battre Morice au second tour. Au contraire, la liste du sénateur-maire, persuadée d’un report de voix en sa faveur, se veut nettement moins combative. Cet état d’esprit est également conforté par la prise de position des gaullistes de la liste Sourdille qui, contrairement à leur tête de liste qui se refuse à donner une consigne de vote, décident d’appeler à voter avant tout contre la liste d’Union de la gauche26 (fig. 1).
30Le 20 mars, l’Union de la gauche réussit son pari, de justesse, en battant la liste Morice avec seulement 61 voix d’avance. Manifestement, le porteà-porte de la gauche a porté ses fruits puisque le taux d’abstention baisse de cinq points par rapport au premier tour, au bénéfice manifeste de la liste Chénard. Au contraire, Morice n’a pas profité du report massif des 12 285 voix des électeurs Sourdille puisque sa liste ne progresse que de 9 500 voix entre les deux tours. Au soir du 20 mars, Nantes bascule donc à gauche, réalisant ainsi la prédiction de A. Chénard qui déclarait peu de temps auparavant : « Toutes les préfectures des Pays-de-Loire vont basculer dans notre camp27. »
Laval ou la gauche socialiste confortée
31À Laval, seul chef-lieu de département déjà acquis à la gauche depuis 1971, cette dernière, bien implantée, va se permettre d’aller désunie au combat électoral.
32En 1971, les électeurs lavallois portent à la tête de leur ville la liste d’Action pour un renouveau municipal, de tendance socialiste, conduite par Robert Buron. Ce dernier, ancien député MRP, ancien ministre sous la IVe et au début de la Ve République, a poursuivi une évolution le menant de la démocratie chrétienne vers le socialisme, évolution symbolisée notamment par la fondation, en 1966, du mouvement « Objectif 72 » puis « Objectif socialiste » à partir de novembre 197128. À la suite du décès de Robert Buron en avril 1973, André Pinçon, conseiller municipal, lui succède.
33Rapidement, la perspective d’une liste d’union entre socialistes et communistes est écartée pour les élections municipales de 197729. La majorité municipale sortante justifie son refus en invoquant notamment l’attitude des communistes en 1971, lesquels avaient refusé de figurer sur la liste conduite par Robert Buron malgré ses propositions d’unité. De plus, les critiques répétées des communistes quant à la gestion de la municipalité sortante ne sont sans doute pas pour améliorer les relations avec les socialistes qui, par ailleurs, élus aisément en 1971, ne souhaitent pas brusquer un électorat socialiste modéré en accueillant des communistes dont ils n’ont nullement besoin pour assurer leur succès30.
Figure 1. – Tract diffusé par la liste d’Union de la gauche en vue du 2e tour.

Source : arch. dép. de Loire-Atlantique, 283J5.
34Du côté de la droite, des divergences sur le choix de la tête de liste retardent puis compromettent l’entente. Les rivalités irréconciliables de Pierre Buron, député RPR, et François d’Aubert, auditeur à la Cour des comptes, vont diviser la majorité. Bien que Pierre Buron soit initialement désigné comme tête de liste en janvier 1977, François d’Aubert, refusant de s’incliner, décide de constituer sa liste qu’il présente comme apolitique31. La campagne, du fait de ces divisions, va se révéler difficile pour la liste Buron, contrainte de conduire le combat sur deux fronts à la fois contre la liste d’Aubert et contre la liste de la municipalité sortante32. En revanche, la liste d’Aubert mène une campagne active dont la principale thématique, une gestion municipale apolitique, semble convaincre l’électorat33.
35Au soir du premier tour, d’Aubert devance nettement Buron avec, respectivement, 28 % et 16 %. La liste Pinçon, de son côté, n’est guère ébranlée, engrangeant confortablement 49 %, sans menace aucune de la part d’une liste communiste qui atteint seulement 8 %, deux points de moins qu’en 1971.
36N’ayant pas le nombre de voix requis, P. Buron ne peut maintenir sa liste au second tour dont l’issue, de toute évidence, ne fait guère de doute. La liste socialiste l’emporte haut la main avec 60 % des voix contre 40 % à la liste d’Aubert. Le Parti socialiste confirme donc par cette élection son audience au sein de la population lavalloise et ce, au détriment des communistes.
Une droite qui résiste
37La poussée de la gauche et les victoires notables remportées sur les municipalités de droite sortantes ne signifient pas pour autant la déroute complète, dans la région, du camp de la majorité et, en effet, des fiefs de droite, quoique parfois malmenés, persistent dans les cinq départements.
Des terres imperméables à l’Union de la gauche ?
38Deux exemples significatifs permettent de constater qu’en certaines communes, la droite ne semble nullement menacée par une quelconque Union de la gauche.
39Ainsi, à Château-Gontier, la liste de droite conduite par le démocrate-chrétien Jean Arthuis, aisément élue en 1971, aborde le scrutin en toute quiétude. Au soir du 13 mars, la liste du maire sortant, par une victoire sans appel, démontre que ce dernier a su accroître son audience et conforter sa position : sa liste l’emporte en effet avec 75 % des voix et rafle l’ensemble des 23 sièges. La liste d’Union de la gauche d’Émile Guiard obtient, elle, 862 voix soit 21 %. La longévité politique de Jean Arthuis en Mayenne ne se démentira pas puisqu’il occupera le poste de maire pendant trente ans, jusqu’en 2001 et, outre son mandat de conseiller général de 1976 à 2015, affirmera son ancrage local en devenant sénateur de la Mayenne (1983-1986, 1988-1995 et 1997-2014) puis président du conseil général du département (1992-2014).
40À Sablé-sur-Sarthe, fief gaulliste de Joël Le Theule34, député depuis 1958, maire de la ville depuis 1959, conseiller général du canton de Sablé depuis 1967, le résultat de l’élection ne semble guère laisser de place au doute. La majorité aborde ce scrutin unie derrière Le Theule face à une liste d’Union de la gauche qui ne parviendra pas, tout au long de la campagne, à mettre en difficulté le maire35. Sans surprise la liste de la majorité est largement réélue dès le premier tour, raflant les 27 sièges à pourvoir. Il est intéressant de constater que, à l’inverse de la plupart des listes de droite présentées dans la région, Joël Le Theule voit son résultat progresser par rapport à 1971, passant de 69 % à 75 % en 1977, alors même que six ans plus tôt, la gauche n’avait pas présenté de liste. De son côté, malgré un score honorable au vu de la situation, la liste d’Union de la gauche dépasse péniblement les 20 %.
Une droite menacée mais non vaincue
41Dans d’autres communes, bien que les mairies sortantes de droite parviennent à sauver leurs positions et assurer leur réélection, celle-ci ne se fait pas sans difficulté face à une opposition de gauche bien souvent nouvelle et plus assurée.
42En Loire-Atlantique, le cas de La Baule, tenue depuis 1971 par Olivier Guichard, baron du gaullisme, député RPR depuis 1967, président du Conseil régional depuis 1974, est ainsi instructif puisque, dans cette commune, le mouvement écologiste va venir en renfort de l’Union de la gauche pour malmener le maire sortant.
43Face à une liste d’union menée par le socialiste André Tinière, le camp Guichard aborde, dans un premier temps, le scrutin avec confiance et unité, axant sa campagne sur le danger représenté par une possible entrée des « socialo-communistes » au conseil36. Mais le danger pour O. Guichard va surtout venir de l’apparition d’un troisième acteur, une liste qui, menée par un amiral en retraite Pierre Rebut, se présente comme apolitique et risque de sensiblement mordre sur une partie de son électorat37. Surtout, Pierre Rebut parvient à attirer dans son sillage une partie des écologistes baulois qui acceptent de fusionner avec sa liste en vue du premier tour38. Les campagnes de la gauche et de la liste Rebut vont être axées sur, outre les thèmes nationaux, la gestion municipale jugée désastreuse ainsi que sur des thèmes qui touchent de près la station balnéaire, à savoir l’urbanisme et l’écologie, notamment la sauvegarde du littoral et des marais salants39.
44Au soir du premier tour, bien que la majorité obtienne une confortable avance avec 45 % des voix, elle apparaît nettement mise en difficulté par les 32 % de la liste de gauche et les 21 % de la liste Rebut. Les trois listes devront donc s’affronter à nouveau au scrutin de ballottage. En vue de ce dernier, les six candidats écologistes de la liste Rebut, estimant qu’au regard des résultats du premier tour, ils ne peuvent plus participer à une troisième liste qui, en divisant les forces d’opposition, risque d’assurer le succès du maire sortant, décident de se retirer et appellent à voter pour la liste de gauche40.
45Malgré ces obstacles, la liste Guichard réussit à l’emporter avec 47 % et 26 élus face à l’Union de la gauche qui, avec 36 % des voix, obtient un siège au conseil municipal. Ces élections municipales signent donc un recul, relatif, mais néanmoins notable de la majorité au profit de l’opposition, Union de la gauche, mais également de la liste Rebut qui engrange encore au second tour 16 % des voix.
46Au nord du département, à Châteaubriant, Xavier Hunault doit également affronter une opposition nouvelle. Solidement établi, le maire de la sous-préfecture depuis 1959, également conseiller général et député depuis 1962, voit pour la première fois se dresser face à lui une liste d’Union de la gauche portée par Martine Buron, fille de l’ancien maire de Laval41.
47Alors qu’en 1971, la gauche s’était présentée désunie, fragmentée en une liste PSU et une liste PC, elle parvient à faire l’union six ans plus tard sur la base de 20 socialistes et 7 communistes. Xavier Hunault, non inscrit à l’Assemblée nationale, parvient sans difficulté à constituer une liste renouvelée, 10 nouveaux candidats, favorable à la majorité, mais également ouverte puisque 9 socialistes qui n’ont pas rallié le Programme commun y figurent en bonne place42. La campagne active de la gauche, si elle porte ses fruits en augmentant notablement le score de celle-ci par rapport à 197143, ne parvient cependant pas à ébranler la liste Hunault. Au soir du premier tour, cette dernière obtient ainsi 54 % des voix et 26 élus contre 41 % à la liste Buron. Toutefois, le recul est net par rapport aux précédentes élections municipales et notamment en 1971 où Hunault avait obtenu 63 % des voix.
48Habitué à être élu et réélu dès le premier tour, Xavier Hunault doit donc affronter un scrutin de ballottage pour un siège de conseiller. Le peu d’enjeu lié à ce scrutin fait notamment augmenter le taux d’abstention qui passe de 18 % à 25 % : le 20 mars, sans difficulté, la liste Hunault conquiert le dernier siège en ballottage par 51 % contre 48 % à la liste de gauche.
49L’Union de la gauche a été à Châteaubriant un indéniable facteur de progression qui lui a permis de mettre le maire sortant dans une posture délicate relative44. Si la menace n’a pas abouti, elle permet à la gauche castelbriantaise de compter ses forces, en particulier en vue des législatives de 197845.
L’intérêt de l’Union pour la progression de la gauche
50Globalement, l’union profite indéniablement à la gauche, notamment dans les zones où elle n’est pas assez forte pour battre la droite voire, plus simplement, pour la mettre en ballottage en allant en listes séparées.
51L’exemple du Maine-et-Loire, outre Angers, montre que la gauche progresse dans toutes les villes de plus de 9 000 habitants (notamment, Cholet, Saumur, Avrillé, Trélazé, Les Ponts-de-Cé) par rapport aux présidentielles et la poussée, déjà significative, lors des cantonales de mars 1976. De même, si en 1971, 16 listes d’union étaient recensées, en 1977 on en compte 47.
52Au contraire, la majorité semble partout être moins mobilisée : les partis ou familles diverses composant la majorité présidentielle semblent s’être nettement moins organisés en vue des municipales. Bien souvent, les personnalités, bien implantées dans la vie publique, n’ont pour la plupart pas voulu politiser leurs équipes municipales axant leur campagne sur leur gestion municipale et leurs résultats en la matière, jugés heureux46.
53Ce manque de politisation qui a manifestement nui à la droite face à la mobilisation de la gauche est résumé par Jean Narquin, député RPR, commentant les résultats angevins : « Il aurait fallu transmettre un souffle politique et susciter la motivation des abstentionnistes, la vraie campagne n’a pas eu lieu. Ceci explique la victoire de la gauche qui a su, bien au-delà de la question des trottoirs, donner à l’électorat le rêve et l’idée de l’évasion47. »
54Il faut aussi insister, dans tous les départements, sur le travail militant en profondeur mené par les partis de gauche. La gauche est présente partout, notamment dans les zones urbanisées, sachant se structurer et affirmer sa présence sur le terrain. Contrairement à la droite, la gauche a mené une campagne dynamique, basée sur des idées et une vision renouvelées de la société et de la vie politique, séduisant par là même un nouvel électorat.
55Toutefois, on notera que si la progression de la gauche est notable dans les villes, elle est plus modérée dans les communes rurales où les municipales n’ont pas atteint le degré de politisation des zones plus urbanisées. Ainsi, dans les campagnes où bien souvent les étiquettes politiques sont plus floues et où les hommes publics peuvent donner le sentiment d’être plus proches de leurs électeurs, les listes de droite, dans leur ensemble, résistent mieux à la poussée de la gauche.
56L’analyse doit également porter sur les nouveaux rapports de force existants entre les partenaires de cette union. Dans cette région au tempérament politique plutôt modéré voire conservateur, les communistes, hormis quelques aires géographiques précises, semblent avoir moins d’audience que le PS48. Dans le cas de la Loire-Atlantique où un accord de principe pour la constitution de listes communes a été conclu dès juillet 1976 entre les fédérations départementales PS et PC49, l’union permet certes au PC d’élargir son assise électorale, notamment dans les grandes villes50, néanmoins, dans la majorité des cas, le PS semble nettement prendre l’avantage.
57Ainsi, à Orvault, sur les 27 sièges à pourvoir, si 17 socialistes et 3 communistes sont élus au premier tour, au second tour, les candidats communistes encore en lice pour les 5 sièges restants sont tous battus par les candidats de droite.
58D’ailleurs, ce sentiment de n’être qu’une force d’appoint aux socialistes dans leur conquête du pouvoir n’échappe pas aux responsables du PC en Loire-Atlantique. Dès janvier 1977, lors d’une conférence presse, Maurice Rocher, secrétaire de la fédération communiste de Loire-Atlantique souligne cette inégale représentativité dans les listes d’union51, prémices locales de la fragilisation puis de la décomposition future du Programme commun.
***
59Au total, le scrutin de mars 1977 semble venir poursuivre et confirmer une évolution amorcée quelques années plus tôt et déjà perceptible aux élections cantonales de 1976 : la progression sensible de la gauche lors des scrutins locaux, principalement dans les pôles urbains. En ce sens, la stratégie d’union a été dans la région, et probablement plus qu’ailleurs, un critère déterminant dans ces victoires, en permettant le rassemblement des forces de gauche au profit essentiellement du Parti socialiste. La droite, affaiblie et dans la majorité des cas évincée des municipalités des grandes villes, parvient toutefois à conserver ses positions dans les communes rurales, là où la politisation du scrutin est souvent moindre ou lorsque la personnalité du leader de la droite dépasse les clivages politiques et parvient à s’imposer dans une élection où l’élément local joue à plein.
60Néanmoins, à un an des élections législatives, la gauche ligérienne, fortifiée par ses succès et par la progression sensible de l’Union au niveau national, peut avec optimisme envisager la prochaine échéance électorale et de nouvelles conquêtes politiques.
Notes de bas de page
1Sauf indication contraire, les résultats des élections municipales de 1971 et 1977 cités dans cet article sont tirés de Ouest-France, 15 et 22 mars 1971 et 14 et 21 mars 1977.
2Rosier Michel, « Trois figures sarthoises de la démocratie chrétienne : Jean Letourneau, Jacques Maury, Xavier Mordret », La Vie mancelle, no 255, mars 1987, p. 15-16.
3Rosier Michel, « Les élections municipales des 13 et 20 mars 1977 au Mans », La Vie mancelle, no 209, février 1982, p. 18-24.
4Le Maine-Libre, 16 février 1977. Sur Robert Jarry, voir notamment Couëdel René, « Robert Jarry : profession maire », La Vie mancelle, no 271, novembre 1988, p. 26-28.
5Déclaration commune de Jacques Maury et Jacques Chaumont, Le Maine-Libre, 21 janvier 1977.
6Arch. dép. de Loire-Atlantique (ADLA), 1260 W 69, tract diffusé par la liste LEMANS, s. d. : « Maury et Chaumont ne s’entendent pas. Communistes et socialistes, une alliance dangereuse. Une seule solution, une équipe nouvelle. La liste LEMANS. »
7Voir notamment Guerry Arnaud, Le gaullisme en Anjou de 1958 à 1992, mémoire de maîtrise de droit, université d’Angers, 2000, et Bergh Anne de, Les élections municipales en Maine-et-Loire. Coups de gueule et coups de poing, Paris, Archives et Culture, 2008.
8Le Courrier de l’Ouest, 11 février 1977.
9Balluais Flavie, L’Union de la gauche à Angers (1976-1983), mémoire de maîtrise, université d’Angers, 2001.
10ADLA, 1260 W 70. Sur le communisme en Vendée, voir notamment le fonds Marcel Guintard conservé aux archives départementales de la Vendée sous la cote 148J. Sur le contexte politique notamment, Gérard Alain (dir.), Des curés aux entrepreneurs : la Vendée au xxe siècle, actes du colloque tenu à La Roche-sur-Yon, 24-26 avril 2003, La Roche-sur-Yon, Centre vendéen de recherches historiques, 2004.
11Ouest-France, 21 octobre 1976.
12Ouest-France, 23 décembre 1976.
13En 1971, le total des voix recueillies par la liste PS/PC et celle du PSU s’élevait, au premier tour, à 5 863 voix, soit 40 % des suffrages exprimés.
14La liste Caillaud comprend notamment 7 RPR et 8 CDS contre 2 RPR et 5 CDS en 1971.
15La Vendée socialiste, no 12, mars 1977.
16Pour les coulisses de la campagne, voir l’ouvrage de Bonnemaison Joël, La bataille de Nantes, prélude aux législatives, Les Sables-d’Olonne, Éditions Le Cercle d’or, 1977. Voir également le témoignage d’Alain Chénard dans « 1977 : pour Nantes, l’année du grand tournant ? », Place publique, no 2, mars-avril 2007, p. 134-157.
17Sur la première partie de la vie politique d’André Morice, voir Liaigre Franck, L’étrange ascension d’un maire de Nantes. André Morice, la Collaboration et la Résistance, Paris, Les Éditions de l’Atelier, 2002.
18Archives municipales de Nantes (AMN), 1220W30.
19AMN, 1341W5, élections municipales de 1965 et 1341W6, élections municipales de 1971.
20Guiffan Jean, « De la SFIO au PS en Loire-Atlantique : la disparition de la “Vieille Maison” (1958-2004) », in Christian Bougeard (dir.), Un siècle de socialismes en Bretagne, de la SFIO au PS (1905-2005), actes du colloque international tenu à Brest, 8-10 décembre 2005, Rennes, PUR, 2008, p. 221-236.
21Ouest-France, 22 septembre 1976.
22ADLA, 1043 W 97.
23ADLA, 283 J 5.
24Ouest-France, 27 janvier 1976.
25Ouest-France, 14 mars 1977.
26ADLA, 2032 W 119.
27Ouest-France, 21 mars 1977.
28Salbert Jacques (dir.), La Mayenne des origines à nos jours, Saint-Jean-d’Angély, Éditions Bordessoules, 1984, p. 383-391.
29Ouest-France, 21 septembre 1976. Le principe d’une liste d’union est écarté lors d’une réunion de la section socialiste de Laval, le 20 septembre 1976, à une faible majorité toutefois.
30Cet état d’esprit sera d’ailleurs bien résumé ultérieurement par le maire A. Pinçon : « Il apparaissait que la population rejetait l’Union de la gauche avec les communistes. Nous demandâmes donc au comité directeur du Parti socialiste de ne pas prendre de communistes sur notre liste. Le parti voulut obtenir la certitude que nos affirmations étaient fondées. Une enquête de l’Ifop confirmait la réalité de nos craintes ; elle révéla qu’avec les communistes nous atteindrions seulement un score de 45 % alors qu’en allant seuls à la bataille les socialistes dépasseraient allégrement la barre des 50 %. La chose était claire. Le comité directeur en prit acte et autorisa Laval à être “un cas”… Pour éviter l’échec, il convenait que les communistes ne soient pas avec nous. Dès lors que nous avons gagné et que la gauche a conquis sa place à Laval, j’affirme que la prochaine fois nous irons dans le courant de l’Union de la gauche. » Cité dans Vion Marc, L’Ouest à gauche Sept nouveaux maires socialistes s’expliquent (Angers, Brest, La Roche-sur-Yon, Laval, Nantes, Poitiers, Rennes), Paris, Guy Authier, 1977, p. 139-140.
31Le Courrier de la Mayenne, 20 janvier 1977. Pierre Buron avait été désigné comme tête de liste lors d’une réunion des responsables des partis de la majorité le 12 janvier 1977.
32Pour la présentation des quatre listes en présence aux élections, voir le reportage audiovisuel du 2 mars 1977 conservé et mis en ligne par l’Ina, « Municipales à Laval » [https://www.youtube.com/watch?v=HgMWRckBkRQ].
33À l’automne 1976, François d’Aubert lance ainsi une publication mensuelle, Développer et gérer Laval pour diffuser son programme. Il deviendra maire UDF puis UMP de Laval, de 1995 à 2001.
34Une partie des archives de Joël Le Theule sont conservées aux Archives nationales sous la cote 571 AP.
35Rosier Michel, « L’électorat de Joël Le Theule : la ville de Sablé », La Vie mancelle, no 241, octobre 1985, p. 27-30.
36Presse-Océan, 5 février 1977.
37L’Éclair, 3 septembre 1976.
38L’association pour la protection et l’embellissement du site de La Baule, comptant environ 500 membres, apporte notamment son soutien à P. Rebut, en la personne de Pierre Demozay, son président.
39ADLA, 1043 W 98.
40Ouest-France, 17 mars 1977.
41La Mée socialiste, no 22, novembre 1976-janvier 1977.
42ADLA, 1320 W 513.
43En 1971, les voix cumulées par la liste PSU et la liste PC s’élevaient à 1 870, soit 34 % des voix.
44La Mée socialiste, no 23, mars-avril 1977.
45En 1983, Martine Buron sera élue conseillère municipale avant de devenir maire de Châteaubriant en 1989.
46Sur ce souhait de ne pas politiser les élections, voir l’article du maire de La Baule, Olivier Guichard, intitulé « Le vrai débat municipal » dans lequel il souligne l’importance de « permettre aux listes de gestion municipale de garder leur caractère profondément apolitique », dans Presse-Océan, 5 février 1977.
47Le Roux Vincent, Le comportement politique des électeurs angevins à l’occasion des élections municipales de 1958 à 1983, mémoire de maîtrise d’histoire, université de Nantes, 1985.
48Les communistes revendiquent ainsi le fait d’être « le premier parti de gauche à Montoir [de Bretagne] ». Les Nouvelles de Loire-Atlantique, 15 janvier 1977.
49Ouest-France, 6 juillet 1976.
50En ce sens, le PC qui ne participait qu’à 8 conseils municipaux en 1971 compte, en 1977, dans la composition de 24 assemblées communales sur 221.
51Ouest-France, 6 janvier 1977. M. Rocher estime ainsi qu’à Nantes, les communistes devraient avoir 17 sièges, alors que les socialistes ne leur en proposent que 15 ; à Saint-Nazaire, 13 sièges leur sont dévolus alors que le PC pourrait prétendre à 14 sièges.
Auteur
-
Coralie Billard
Archiviste aux archives départementales de Loire-Atlantique et doctorante en histoire contemporaine à l’université de Nantes. Elle a notamment publié « Le fonds d’archives des Établissements Kuhlmann à Paimbœuf – 210 J (archives départementales) », in Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, tome 152, 2017, p. 13-21 ; « Le parti républicain ligérien au tournant du xxe siècle, une famille politique en quête d’identité », in La vie politique en Loire-Inférieure (1870-1940) : l’apprentissage de la République, actes du colloque universitaire organisé à Nantes les 17 et 18 novembre 2011 publié dans Bulletin de la Société archéologique et historique de Nantes et de Loire-Atlantique, hors-série, 2012, p. 41-56.
Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Un constructeur de la France du xxe siècle
La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)
Pierre Jambard
2008
Ouvriers bretons
Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968
Vincent Porhel
2008
L'intrusion balnéaire
Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)
Johan Vincent
2008
L'individu dans la famille à Rome au ive siècle
D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan
Dominique Lhuillier-Martinetti
2008
L'éveil politique de la Savoie
Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)
Sylvain Milbach
2008
L'évangélisation des Indiens du Mexique
Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)
Éric Roulet
2008
Les miroirs du silence
L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934
Patrick Bourgalais
2008
