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    Plan détaillé Texte intégral Une floraison de listes Des verts en campagne Bilan d’une campagne Notes de bas de page Auteur

    Les élections municipales de 1977

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    1977 ou la naissance de l’écologie politique ?

    Alexis Vrignon

    p. 89-102

    Texte intégral Une floraison de listes Géographie et typologie des listes Des listes écologistes diverses sur le plan social et politique Des verts en campagne Un programme en phase avec l’agenda politique du moment La liste parisienne, laboratoire de l’écologie politique Bilan d’une campagne Panorama des résultats électoraux Qui sont les électeurs écologistes ? Un deuxième tour perdu Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Les élections municipales de 1977 apparaissent comme une victoire de l’Union de la gauche qui, au soir du second tour, contrôle 155 villes de plus de 30 000 habitants sur les 221 que compte alors le pays. Arithmétiquement peu contestable, cette victoire s’inscrit par ailleurs dans une dynamique électorale plus large compte tenu de la poussée de la gauche lors des cantonales de 19761. Pour autant, les spécificités de cette élection, à la fois locale mais dont les enjeux sont nationaux, le mode de scrutin par liste et le coût maîtrisé de la campagne, expliquent que d’autres forces politiques peuvent trouver un grand intérêt à concourir et considérer leur score comme un relatif succès. C’est notamment le cas des écologistes.

    2Dans une période où aucune organisation ne détient de monopole légitime sur l’expression de l’écologie politique, cette tendance est marquée par un éclatement qui rend difficilement envisageable tout recensement proprement exhaustif des listes et des candidatures se revendiquant comme écologistes sur des listes amies. Néanmoins, selon notre propre décompte, qui s’appuie sur le relevé systématique des candidatures évoquées dans Le Monde, La Gueule Ouverte et Le Sauvage, les écologistes présentent des listes complètes dans 70 villes dont le profil peut varier, depuis les grandes villes universitaires de province (Lille, Lyon, Toulouse) jusqu’aux communes aisées de la banlieue parisienne (Montmorency, Triel-sur-Seine) en passant par de petits villages (Erdeven, Largizen) et bien sûr Paris.

    3Au-delà du nombre de listes, le résultat obtenu par certaines d’entre elles dans un contexte pourtant propice à la bipolarisation est impressionnant (plus de 10 % à Paris et à Strasbourg, 9 % à Grenoble, 30 % à Forcalquier, 23 % à La Celle Saint-Cloud). Néanmoins, à quelques exceptions près dans de petites communes, le succès électoral n’est pas au rendez-vous au deuxième tour.

    4Il est communément admis que l’élection présidentielle de 1974 marque la naissance de l’écologie politique en France au travers de la candidature de René Dumont2. Dans l’immédiat, cette aventure, inattendue et improvisée, ne conduit pourtant pas à la formation d’un mouvement structuré et cohérent tant les assises organisées en juin, dans la foulée de l’élection présidentielle, aboutissent au constat de profonds désaccords entre les différentes sensibilités.

    5Or, dans ce processus de construction progression de l’écologie politique en France, les élections municipales de 1977 constituent une étape cruciale. En saisir la pleine mesure implique de varier les échelles d’analyse géographiques et chronologiques. Pour éclairer ce processus, j’évoquerai d’abord la phase de constitution des listes avant d’analyser les points saillants de la campagne pour enfin dresser un panorama des résultats de cette élection et de ses suites immédiates.

    Une floraison de listes

    6Dans tout groupe politique, la phase de constitution d’une liste est un moment délicat où, au travers du choix et de l’ordre des candidats, donc de l’équilibre des courants et des personnalités se joue une certaine représentation du groupe et de son identité.

    7À ces contraintes classiques – et sans doute incontournables – s’ajoutent d’autres caractéristiques propres à la nébuleuse des mouvements écologistes pour aboutir à une floraison de listes dont la géographie et la composition politique reflètent l’hétérogénéité de cette force politique émergente.

    Géographie et typologie des listes

    8Si une part de hasard préside nécessairement à la constitution d’une liste écologiste, celle-ci suppose néanmoins un espace politique spécifique pour permettre son éclosion (un combat prioritaire à mener, un adversaire à abattre) ainsi que des forces vives militantes en nombre suffisant pour constituer une liste complète, ce qui est loin d’être toujours aisé. L’analyse des 70 listes présentées à travers la France permet d’en dresser une typologie.

    9Au-delà du cas spécifique de Paris, il est frappant de constater la surreprésentation des villes de la région parisienne : 33 villes (soit 47 % de l’ensemble) relèvent de cette catégorie. Dans leur très grande majorité, il s’agit de communes proches de Paris, situées au sud ou à l’ouest de la capitale. Plutôt aisées, sorties transformées de la grande phase d’urbanisation que connaît la France dans les années soixante, ces communes se sont reconverties vers une économie de service dans un contexte de forte croissance démographique. Parmi ces nouveaux arrivants, une majorité d’entre eux sont appelés à travailler sur Paris, faisant alors face à un allongement des temps de trajet3.

    10Les listes écologistes sont également très présentes dans les grandes métropoles qui ont bénéficié à partir des années soixante des programmes de décentralisation orchestrés par la DATAR. Il s’agit en l’occurrence de Marseille, Nice, Lyon, Strasbourg, Lille, Toulouse et Rennes4, villes universitaires, peuplées dans lesquelles d’importantes opérations urbanistiques ont pu susciter des polémiques. À ces métropoles, il faut ajouter des villes certes moins peuplées mais qui n’en regroupent pas moins d’importantes fonctions administratives et économiques (Limoges, Clermont-Ferrand, Tours, Toulon).

    11Ainsi, à l’encontre des clichés de l’époque prompts à voir dans les militants écologistes des nostalgiques d’une ruralité disparue tentés par le retour à la terre, il faut souligner que 66 % des listes écologistes apparaissent dans des villes de plus de 20 000 habitants. D’une manière générale, ces villes ont connu une forte augmentation de leur population sur la période 1968-1975 durant laquelle 46 villes sur 70 (soit 66 % de l’ensemble) voient leur population augmenter de 10 % ou plus. Santeny (Val-de-Marne) passe ainsi de 774 habitants en 1968 à 2 242 en 1975.

    12À l’autre extrémité du spectre communal, des listes apparaissent dans des villages et de petites villes (fortes de plus de 2 000 habitants agglomérés) : c’est par exemple le cas d’Étel dans le Morbihan, de Petite-Pierre (Bas-Rhin) ou encore de Biederthal (Haut-Rhin). La présence de ces listes s’explique en premier lieu par l’existence dans les environs d’un conflit autour de la construction d’une centrale nucléaire (Fessenheim dans le cas alsacien, Erdeven pour la Bretagne) qui permet de mobiliser et de constituer une liste cohérente malgré l’étroitesse des forces vives militantes. À bien des égards, cette typologie suggère donc que les listes écologistes apparaissent à l’issue d’une période de profonds bouleversements urbanistiques et démographiques5. Comme nous allons le voir, en ce crépuscule des trente glorieuses, les listes écologistes visent à faire entendre une autre voix.

    Des listes écologistes diverses sur le plan social et politique

    13Faute d’organisation au sein de la nébuleuse écologiste disposant d’une légitimité suffisante pour coordonner le processus de constitution des listes, celles-ci s’édifient en fonction de facteurs avant tout locaux6. Au sein des groupes écologistes prédomine l’idée que les enjeux locaux doivent s’imposer absolument face à des considérations nationales, abstraites et loin du terrain. Le rejet, au moins rhétorique, de la conquête du pouvoir qui ne servirait que les ambitions de tel ou tel leader amplifie cette tendance. Dès lors, au-delà de l’étiquette « écologiste » désormais accolée par les médias à l’ensemble des tendances se présentant aux élections en ayant l’intention de transformer les rapports de l’homme à la nature, les listes reflètent la diversité des cultures écologiques qui caractérisent la nébuleuse de cette époque.

    14Dans les villes petites et moyennes, les listes se constituent selon une logique affinitaire autant que politique. Ainsi, à Lons-le-Saunier (Jura), dont la population s’élève alors à 20 000 habitants, 27 personnes constituent la liste écologiste dont 8 éducateurs et animateurs et 7 étudiants, la moyenne d’âge de l’ensemble des candidats se situant à 21 ans7. À l’évidence, quelques militants ont été les architectes de la liste et ont sollicité leur réseau de connaissance pour la constituer, ce qui n’est pas étonnant pour un ensemble de mouvements très récents.

    15Dans des villes plus importantes, des accords entre organisations prévalent selon des configurations qui varient selon la vision dominante de l’insertion de l’écologisme dans le champ électoral. À Lille8 comme à Rennes ou Toulouse9, une stratégie d’alliance avec le PSU prévaut dans un contexte où les groupes locaux des Amis de la Terre sont relativement influents. La liste lyonnaise rassemble des écologistes, des défenseurs de l’environnement et une partie de l’extrême gauche10. Sa charte est en effet approuvée par le Mouvement écologique, les Amis de la Terre de Lyon, le PSU et le Comité de défense des sites lyonnais.

    16À Belfort, en revanche, sous l’influence des écologistes alsaciens, les militants locaux s’efforcent de constituer une liste centrée sur les seuls écologistes11. Celle-ci s’édifie autour du Nature et Vie, de l’Association belfortaine de protection de la nature – l’une des composantes du Mouvement écologique – et du MAN (Mouvement pour une alternative non violente), créé en 1976, qui se propose de donner un contenu politique à la démarche de la non-violence. Dans ce dernier cas, la liste belfortaine participe d’un processus d’affirmation chez les militants d’une identité spécifique, distincte des listes de droite ou d’Union de la gauche qui évoquent elles aussi les enjeux environnementaux.

    17Dans les villes résidentielles aisées de la région parisienne, les listes regroupent avant tout des défenseurs de l’environnement dont le capital politique repose sur l’action de leurs animateurs au sein d’associations de protection du cadre de vie et qui reflètent des inquiétudes sourdes face à une transformation de la forme et du tissu social de la commune. Ces listes adoptent un positionnement spécifique qui mêle modération, mise en avant d’une compétence gestionnaire et apolitisme dans la mesure où les clivages politiques ne sont pas considérés pertinents à l’échelle municipale où devrait prévaloir une action consensuelle, rationnelle voire technicienne. Ainsi, à Chatenay-Malabry (Hauts-de-Seine), l’Association de sauvegarde des espaces verts et du cadre de vie présente une liste dite « apolitique » intitulée Mieux vivre à Chatenay dont l’objectif est de faire échouer un certain nombre de projets d’urbanisme, notamment la mise en œuvre d’une zone d’aménagement concerté12. De même, le tract de La Celle-Saint-Cloud précise bien que la liste est « indépendante des partis politiques ». Malgré cette modération et cette concentration sur les problèmes locaux, il faut remarquer que les candidats de cette liste mettent en cause un « modèle économique périmé », rejoignant ainsi des analyses écologistes plus radicales. Cet apolitisme communal n’est donc pas systématique. La liste Montmorency-Avenir regroupe autour de Jean-Claude Masclet certains membres du conseil municipal sortant (divers droite) et les fondateurs de l’Association pour la sauvegarde de Montmorency et de ses abords, principale association locale de défense de l’environnement13. Elle est soutenue par le CDS et le Parti radical mais sa campagne se concentre cependant sur le rejet de la politique d’urbanisme de la municipalité élue en 1971.

    18Du fait du poids démographique, du nombre de militants résidant sur place et de l’importance politique de Paris dans cette élection municipale (où la capitale élit pour la première fois un maire depuis le début de la IIIe République), la liste écologiste bénéficie inévitablement d’une attention particulière. Très vite, l’association Paris-Écologie est mise en place par les Amis de la Terre de Paris, le Mouvement écologique et le Bureau de liaison des associations de défense de l’environnement animé notamment par Jean-Claude Delarue. Ce comité de coordination n’est en rien un organe de sélection des candidatures qui reposent sur l’initiative individuelle ou celle de groupes locaux. Deux profils de militants semblent prédominer. Paris-Écologie compte d’une part dans ses rangs des militants de défense du cadre de vie comme « Geneviève » (son nom de famille n’est pas mentionné), qui a rejoint SOS-Paris depuis 1974 pour protéger les vieux quartiers de la capitale contre les opérations de rénovation urbaine14. Figurent également sur la liste des membres de Protection et Renouveau ou des comités de lutte contre la radiale Vercingétorix. Dans leur grande majorité, ces militants se déclarent peu politisés, soit qu’ils votent parfois à droite, parfois à gauche, ne se reconnaissant pas dans les clivages partisans, soit qu’ils se disent apolitiques, préférant mettre en avant leur action sur le terrain15. D’autre part, Paris-Écologie attire des militants venus de l’extrême gauche, ayant rallié l’écologisme à la faveur de la lutte antinucléaire et réticents à l’égard des grands partis de gauche. Jean-Jacques Porchez est quant à lui un ancien « pied-rouge » qui milite au PCF pendant Mai 68 puis dans des groupes marxistes-léninistes dont il s’éloigne au début des années 1970 avant de s’intéresser à l’écologie à la faveur de la candidature de Brice Lalonde lors d’une élection législative partielle dans la troisième circonscription de Paris en novembre 197616.

    19À première vue, la configuration politique semble peu favorable aux écologistes à l’approche de ces élections municipales. Leurs listes sont peu nombreuses et adoptent des positionnements politiques très variables d’une liste à l’autre. Aucune organisation nationale n’est en mesure de coordonner l’ensemble et d’autres enjeux politiques nationaux sont susceptibles de prédominer. Pour autant, comme nous allons le voir, ces listes recueillent un écho non négligeable dans la campagne.

    Des verts en campagne

    20Deux points paraissent essentiels pour comprendre l’importance de cette campagne municipale pour les écologistes. Le premier consiste à relever que les propositions des écologistes, bien que différentes dans les détails, relèvent dans l’ensemble d’une même logique qui se trouve être en phase avec certains des enjeux de cette campagne. Le second est que la liste parisienne apparaît comme un laboratoire des futures pratiques de l’écologie politique en termes de gestion des conflits internes

    Un programme en phase avec l’agenda politique du moment

    21Par nature, les municipales sont propices à la prégnance d’enjeux liés à l’aménagement local et au cadre de vie ; cette tendance est particulièrement accusée en 1977 tant les questions liées à la décentralisation et à l’affirmation de la démocratie locale17 sont à l’agenda18 par les pouvoirs publics et de l’ensemble de la classe politique, à gauche comme à droite.

    22De fait, si certaines municipalités s’étaient saisies dès le début des années soixante-dix des questions environnementales – on pense à Grenoble19 ou à La Rochelle20 – les élections municipales de 1977 paraissent marquer un changement d’échelle dans ce processus. Dans un contexte où les élections s’annoncent incertaines, l’électorat écologiste, dont on peine alors à évaluer l’importance et l’affiliation, devient stratégique. C’est ainsi que de nombreux candidats, de tous bords politiques, formulent des propositions liées au cadre de vie ; à Paris, marquée par la compétition interne à la droite, Jacques Chirac propose que des commissions extra-municipales composées pour partie de responsables d’associations soient consultées sur les questions liées au cadre de vie cependant que Michel d’Ornano met en avant deux de ses têtes de listes impliquées dans les questions environnementales : Philippe Saint-Marc, auteur du remarqué Socialisation de la nature, et Monique Cazeaux, ancienne responsable du secteur Environnement au PS21. De son côté, Georges Sarre, candidat du PS, formule différentes propositions pour limiter la place de la voiture dans la ville. Une semblable surenchère est observable à Lille où Pierre Mauroy (PS) est opposé à Norbert Segard (majorité)22. Ce dernier appelle ainsi à la création à Lille d’un institut universitaire d’écologie sur le modèle de celui créé par Jean-Marie Pelt à Metz.

    23Ces controverses et ses propositions conduisent à placer les débats sur un terrain où les écologistes bénéficient a priori d’une légitimité spécifique, beaucoup plus grande que si les enjeux s’étaient concentrés, par exemple, sur les questions macro-économiques23. Dans la perspective des municipales, tant le Mouvement Écologique que les Amis de la Terre ont développés des réflexions dans des textes programmatiques. Ainsi, la Charte de Saint-Omer, proposée par les Amis de la Terre, s’inspire des réflexions du philosophe américain Murray Bookchin et se réclame des expériences autogestionnaires menées à Louviers (Eure) et Coupvray (Seine-et-Marne) durant les années soixante-dix24.

    24Tous insistent sur le renforcement du pouvoir d’agir des citoyens dans le cadre de la commune :

    « Là où nous pouvons encore décider, s’il est encore possible de retrouver dans un lieu public ce sentiment de propriété collective, alors il sera sans doute également possible de reconnaître dans l’air, dans l’eau, dans la nature vierge et le bocage verdoyant le sens du patrimoine collectif, qui est nôtre, comme une immense maison sans portes ni fenêtres où les saccageurs sont entrés, nous privant de notre bien-être. Ensemble, mettons-les dehors et laissons la nature reconquérir ses droits25. »

    25Les militants ont donc des positions bien affirmées sur l’avenir de la commune et surtout sur la place des citoyens au sein de celle-ci. Il s’agit en effet de leur conférer des pouvoirs importants s’apparentant à une démarche de démocratie participative. Les écologistes préconisent d’établir des commissions extramunicipales et d’étendre les prérogatives des associations, marquant une volonté d’encourager la société civile face à une démocratie représentative mise en accusation26.

    26Si de telles propositions sont centrales pour la plupart des listes, il faut néanmoins souligner que dans les cas où les écologistes sont alliés au PSU (Lille, Lyon, Grenoble ou encore Toulouse), l’accent est également mis sur le thème des inégalités sociales dans le cadre des villes27.

    La liste parisienne, laboratoire de l’écologie politique

    27Il n’est pas inhabituel qu’une campagne électorale soit émaillée de nombreux incidents et péripéties qui font le sel de ce genre d’événement. Une telle dimension est démultipliée lors d’un scrutin municipal du fait de la présence d’une liste par commune. Dans ces conditions, il est impossible – et sans doute peu utile – dans le cadre de ce travail de résumer l’ensemble de la campagne. À l’inverse, certains débats autour de la liste parisienne sont dignes d’intérêt dans la mesure où ils apparaissent comme un épisode fondateur dans l’invention de procédures capables de gérer et de réguler la diversité dans une entité politique commune.

    28De fait, les relations entre les deux composantes de Paris-Écologie ne semblent pas toujours avoir été faciles. Laurent Samuel, journaliste et membre des Amis de la Terre de Paris, évoque « le mélange [parfois] détonnant, l’équilibre difficile à trouver entre les écologistes radicaux soixante-huitards et les calmes défenseurs verts de l’environnement28 ». Ainsi, dans le 15e arrondissement, aucune association écologiste ou de défense du cadre de vie n’est véritablement implantée avant les élections29. Dès lors, il semble qu’il y ait eu une compétition pour mener la liste écologiste entre Hubert Peuch, l’un des animateurs du comité antinucléaire dans la capitale, et Laure Schneiter, soutenue par Jean-Claude Delarue, venue de la défense du cadre de vie30. C’est finalement cette dernière qui s’impose mais la personne – anonyme – qui rédige le compte rendu de la campagne dénonce le fait qu’elle ait mené une « campagne de droite » marquée par une lettre d’appel de fonds à des professions libérales et par l’intervention des milieux giscardiens. Dans le 19e arrondissement, le groupe Paris-Écologie s’est constitué à partir de l’ancien comité antinucléaire. Très marqué à gauche, il conteste rapidement la démarche de Paris-Écologie dont il dénonce les « ambiguïtés politiques congénitales31 » et l’orientation électoraliste, tournée vers la promotion de quelques leaders32.

    29Ces difficultés sont à l’origine d’un ensemble de procédures destinées à réguler ces conflits au sein de Paris-Écologie. À l’origine, les groupes d’arrondissement les plus radicaux obtiennent que les décisions au sein de Paris Écologie soient prises par une AG souveraine et sans secrétariat. Dans les faits, ce mode d’organisation se révèle rapidement peu efficace car aucun organe n’a été prévu pour préparer les assemblées générales, déterminer un ordre du jour ou définir les règles de prise de parole33. Par ailleurs, dans la mesure où ces réunions sont ouvertes à toutes les personnes intéressées qui disposent alors, en vertu de leur seule présence, du droit de vote, la paralysie menace rapidement cette instance. Un compromis est donc mis en œuvre : l’accès aux réunions reste libre mais seuls les représentants des comités sont autorisés à prendre part au vote.

    30En dépit de ses dysfonctionnements, la mise en avant de l’assemblée générale comme arène de discussion de politique générale permet de satisfaire la revendication à la prise de parole libre de chacun, particulièrement forte dans les années soixante-dix34. Elle constitue à ce titre un exutoire qui permet au collectif de maintenir une fragile unité, fût-ce en constatant la diversité des positions qui le traverse.

    31La question des prises de position pour le second tour constitue un autre sujet de discorde. Les militants venus de la défense du cadre de vie se montrent particulièrement sensibles au refus de s’insérer dans les clivages politiques classiques cependant que les comités les plus à gauche exigent que Paris-Écologie condamne la politique menée par la droite, qui domine alors le Conseil de Paris35. Dans cette perspective, la mise en avant du refus de se désister au nom du respect de la liberté de vote de chaque électeur qui permet à la fois d’affirmer la spécificité de l’écologisme mais aussi de maintenir l’unité du collectif36. Ainsi, contrairement aux attaques d’une partie de la gauche, notamment du PSU, le refus du désistement ne s’explique pas par une « immaturité politique » qui rendrait les écologistes incapables de choisir entre la gauche et la droite37, mais par une nécessité de réguler les positions politiques divergentes au sein des cartels électoraux.

    32Cette campagne – dont on ne peut rendre compte en détail – est parfois difficile mais les listes écologistes font moins face à un procès en légitimité que l’on peut observer lors d’autres élections. Les spécificités du scrutin et des questions mises sur l’agenda permettent au contraire aux militants de développer des propositions spécifiques tout en associant, parfois au sein d’une même liste, des cultures écologiques différentes.

    Bilan d’une campagne

    33Dans un contexte de poussée électorale de la gauche, qui conquiert trente-deux villes de plus de trente mille habitants à la majorité dès le premier tour, les résultats obtenus par les écologistes sont dans l’ensemble conformes aux prévisions et constituent donc un succès incontestable.

    Panorama des résultats électoraux

    34Paris-Écologie rassemble ainsi 10,83 % des suffrages tandis que « Grenoble-Écologie. Pour autogérer la cité », avec ses 9,13 %, empêche la réélection d’Hubert Dubedout (PS) au premier tour38. À La Celle Saint-Cloud (Yvelines), la liste « Réforme de la gestion municipale et protection du cadre de vie » menée par Georges Bodu recueille près de 23 % des voix39. À Triel-sur-Seine (Yvelines), à l’issue du second tour, les candidats de la liste écologiste arrivent en tête et Jean Musigmann devient maire40.

    35Comme le relève Jean-Claude Delarue, les listes associant les militants écologistes au PSU, dont le programme insiste davantage sur la question des inégalités, réalisent généralement des scores moins importants que celles ayant avant tout insisté sur la nécessité d’un autre type de gestion municipale41. On note aussi de bons résultats dans des villes où des listes des GAM s’étaient illustrées à la fin des années 1960 et au début des années 1970 (Chambéry, 19,5 %).

    36Il faut également souligner les scores parfois importants réalisés par les listes antinucléaires dans les communes concernées par des projets d’implantation de centrale. À Étel, commune située à huit kilomètre de Belz, Michel Le Corvec, président du CRIN d’Erdeven, principale organisation fédérant l’opposition au projet de centrale, est élu à la tête d’une liste d’alliance entre les écologistes, les opposants à la centrale et le PS sur la base d’un programme antinucléaire, revendiquant une autre gestion municipale favorisant la participation des citoyens42.

    Qui sont les électeurs écologistes ?

    37Compte tenu de ce qui précède, des variations dans la composition sociopolitique de leur électorat sont inévitables et il est possible d’en livrer ici une rapide typologie.

    38Marc Ambroise-Rendu, journaliste au Monde, évoque une enquête approfondie menée sur trente-neuf bureaux de vote du 13e arrondissement43 de Paris, particulièrement marqué par l’industrie jusque dans les années cinquante et qui connaît à partir de la décennie suivante un processus de rénovation urbaine, l’urbanisme de barres et de dalles conduisant à l’arrivée des classes moyennes44. Dans cet arrondissement, les dix bureaux de vote où les écologistes ont réalisé leurs meilleurs scores – supérieurs à 14 % – sont également ceux où l’Union de la gauche obtient des résultats inférieurs à sa moyenne dans l’arrondissement, la participation électorale y est plus forte et l’habitat est caractérisé par des immeubles récents, abritant une population relativement aisée45. La situation est diamétralement opposée dans les quartiers HLM peuplés par les classes populaires ce qui suggère qu’à Paris, les thèmes écologistes séduisent avant tout les classes moyennes et les abstentionnistes peu désireux de voter en faveur de l’Union de la gauche.

    39Le profil particulier des électeurs écologistes en Île-de-France est bien perçu par les militants des Amis de la Terre de Paris qui s’inquiètent de ce que l’écologisme devienne un « centrisme d’opposition46 ». Une telle situation risque de conduire à la multiplication des candidatures « verdâtres » et la récupération des idées écologistes par les autres candidats : selon eux, la nébuleuse doit parvenir à radicaliser son discours sans pour autant abandonner les thèmes environnementaux qui sont au fondement de son identité.

    Un deuxième tour perdu

    40À l’issue du premier tour de scrutin, les écologistes sont confrontés à la question de leur positionnement à l’égard des candidats du second tour, sujet délicat susceptible de remettre en cause la fragile entente entre des militants aux cultures politiques variées. Sur ce point, les querelles qui suivent le premier tour expriment a posteriori la fragilité du consensus qui a présidé à la formation de certaines listes.

    41À Issy-les-Moulineaux, le chef de file des écologistes appelle à voter pour Raymond Menand (Mouvement démocrate socialiste de France) alors que d’autres membres de sa liste se prononcent en faveur de son concurrent communiste Guy Ducoloné47. À Paris, Brice Lalonde rappelle qu’il considère la majorité sortante comme responsable du saccage de Paris, sans qu’aucun des deux programmes restés en lice ne prennent en compte les points soulevés par les écologistes48. Il fait donc le choix d’une formule sibylline, constatant que les écologistes parisiens penchent à gauche mais ne tombent pas à gauche49. Cette prise de position ne satisfait pas les comités les plus engagés à gauche. Paris-Écologie XIXe rédige et diffuse une « adresse aux travailleurs » où ils appellent à tout faire pour battre la liste de droite, en rappelant qu’à leurs yeux l’écologie et la société autogestionnaire sont incompatibles avec le capitalisme50. Cette motion est imprimée sous forme d’affiches que le PCF se charge de coller dans l’arrondissement51, dessinant une stratégie d’alliance différente de la majorité des comités Paris-Écologie.

    42Ces conflits plus ou moins larvés expliquent probablement pourquoi les écologistes parisiens ne parviennent pas à conserver une influence que leur score aurait laissé présager. Conformément à ses engagements, Jacques Chirac met en effet en place des commissions d’arrondissement pour permettre une participation plus profonde des citoyens à la gestion municipale. Les écologistes de Paris-Écologie sont conviés à y participer, ce qui constitue une première pour ces associations52. Cependant, le fait que ces commissions soient composées pour un tiers d’élus et un autre tiers de fonctionnaires et que la fixation de l’ordre du jour reste une prérogative du maire sont deux décisions qui déçoivent rapidement les écologistes parisiens qui se montrent incapables de décider s’ils doivent démissionner en bloc pour créer l’événement ou siéger quelques mois pour tenter d’influer sur certains problèmes fondamentaux.

    43À Lille, les écologistes parviennent à valoriser leur score d’une manière beaucoup plus satisfaisante. Ils sont donc en mesure, à l’issue du premier tour des municipales, d’obtenir l’engagement de Pierre Mauroy de créer une Maison de la nature et de l’environnement53. Cet accord se noue sans que les écologistes ne s’engagent à appeler explicitement à voter en faveur du candidat socialiste. Dans le cas lillois, la participation des écologistes aux élections n’est qu’une facette d’une stratégie plus vaste et cohérente d’institutionnalisation de l’écologisme dans le cadre d’une relation de coopération conflictuelle avec la gauche.

    ***

    44Le succès des écologistes aux élections municipales s’explique donc par la conjonction d’une sensibilité de l’opinion publique aux enjeux liés à l’urbanisme et à la qualité de la vie et de l’actualité des thèmes de décentralisation évoqués dans leurs programmes. À l’occasion de ces élections municipales, le processus d’intégration des écologistes au champ politique s’approfondit car, pour la première fois, ce courant politique est identifié comme tel par les médias et les acteurs politiques. Cependant, cette étiquette écologiste ne doit pas occulter la très grande diversité des cultures écologiques qui se côtoient et collaborent parfois sans unité véritable. À ce titre, les municipales, en tant que scrutin de liste, ont permis la cohabitation de sensibilité différente plus que leur intégration. Ainsi, les municipales de 1977 constituent une étape dans le processus d’émergence de l’écologie politique en France mais aussi dans le reste de l’Europe. Ces résultats, perçus à l’étranger comme un succès, constituent un événement déterminant dans l’implication électorale de mouvements similaires en Angleterre et en République fédérale d’Allemagne, conférant à Brice Lalonde une légitimité suffisante pour convaincre ses homologues européens de proposer des listes pour les européennes de 197954.

    Notes de bas de page

    1Becker Jean-Jacques, Nouvelle Histoire de la France contemporaine, t. 19 : Crises et alternances (1974-2000), Paris, Seuil, 2000, p. 120.

    2Sur ce point comme sur l’ensemble de l’histoire de l’écologie politique en France, nous nous permettons de renvoyer à notre livre, La naissance de l’écologie politique en France. Une nébuleuse au cœur des années 68, Rennes, PUR, 2017.

    3Gordon D. A., « L’économie morale des banlieusards. Aux origines de la “crise des transports” dans la France des années 1970 », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2015, vol. 128, no 4, p. 119-131.

    4En revanche, il n’y a pas de liste écologiste présentée à Nantes ou encore à Bordeaux.

    5La surface urbanisée double entre 1962 et 1968 sur l’ensemble du territoire et le nombre d’urbains augmente de 9,7 points sur la période 1962-1972. Busquet Grégory, Idéologie urbaine et pensée politique dans la France de la période 1958-1981, thèse en urbanisme et aménagement, université Paris XII-Val de Marne, 2007, p. 94 sq.

    6Dans ce cadre, l’action des structures à dimension nationale telles que les Amis de la Terre ou le Mouvement écologique se concentrent sur une réflexion doctrinale sur laquelle nous reviendrons par la suite.

    7Musée du Vivant (MV), fonds Les Verts, municipales 1977, candidats de Lons-Écologie, s. d. (c. mars 1977). Le musée du Vivant dépend d’AgroParisTech et conserve une partie des archives des Verts et des mouvements écologistes des années 1970.

    8Archives nationales (Pierrefitte-sur-Seine), fonds des Amis de la Terre, 20050521/29. « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la MNE sans avoir jamais osé le demander… » par Michel Pascal, permanent MNE et Amis de la Terre de Lille, s. d. (1981).

    9Entretien avec Yves Cochet, 17 février 2012.

    10MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », profession de foi « Lyon-Écologie. Pour autogérer la cité », s. d. (c. 1977).

    11MV, fonds Les Verts, carton « Relations avec la mouvance », « Une liste électorale à Belfort », s. d. (c. mars 1977).

    12Simonnet Dominique, « Banlieue-écologie », Le Sauvage, no 39, mars 1977, p. 50.

    13Ibid.

    14MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », coupure de presse, « Ah vous êtes de la bande à Dumont », par Claire Brière, Libération, 22 février 1977, in Voyage à l’intérieur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 16.

    15Candidate dans le 6e arrondissement. Cf. « Paris 6e », Le Sauvage, no 39, mars 1977, p. 23.

    16« Paris 14e », Le Sauvage, no 39, mars 1977, p. 36.

    17Ces réflexions se traduisent notamment par la mise en place de la commission Guichard dont le rapport est rendu en septembre 1976. Celle-ci souligne la nécessité d’un transfert de compétences vers les collectivités locales tout en appelant à s’appuyer sur un maillage d’une centaine de communautés de communes ayant vocation à prendre en charge les compétences dont l’État voudrait se dessaisir. Voir Guillaume Pierre et Sylvie, Réformes et réformisme dans la France contemporaine, Paris, Armand Colin, 2012, p. 161.

    18Hassenteufel Patrick, « Les processus de mise sur agenda : sélection et construction des problèmes publics », Informations sociales, 2010/1, no 157, p. 50.

    19Sibille Josselin, Grenoble : les municipalités Dubedout face à l’environnement (1965-1983), mémoire de master en histoire, université de Grenoble, 2011, p. 44 sq.

    20Passalacqua Arnaud et Huré Maxime, « Un changement de braquet dans l’action municipale des années 1970 ? L’expérience des vélos en libre-service de La Rochelle et la transformation de l’action publique urbaine », Histoire urbaine, 2015/1, no 42, p. 123 sq.

    21Celle-ci est candidate dans le 14e arrondissement aux côtés de Jean-Claude Colli, membre du Parti radical et délégué aux énergies nouvelles nouvellement nommé par Valéry Giscard d’Estaing. Voir « M. d’Ornano présente son programme sur l’environnement dans la capitale », Le Monde, 11 février 1977, p. 8.

    22« Élections municipales. Lille », La Gueule ouverte, no 148, 9 mars 1977, p. 20.

    23Dulong Delphine, « Quand l’économie devient politique. La conversion de la compétence économique en compétence politique sous la Ve République », Politix, 1996/9, no 35, p. 122 sq.

    24« Communes : le temps de l’autogestion », Le Courrier de la Baleine, no 26-27, s. d., p. 30 sq.

    25« Options écologiques générales », Le Courrier de la Baleine, no 26-27, s. d. (c. février 1977), p. 17.

    26« Bilan des assises du mouvement écologique (Mulhouse, les 30-31 octobre et 1er novembre) », Action écologique, no 7, décembre 1976, p. 3.

    27Delarue Jean-Claude, « La grande famille des écologistes », Le Monde, 20-21 mars 1977, p. 5.

    28Samuel Laurent, « La campagne dans le 6e arrondissement », La Gueule ouverte, no 146, 23 février 1977, p. 11.

    29MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », « Chronologie de la campagne dans le XVe », in Voyage à l’intérieur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 53.

    30Ibid.

    31Ibid.

    32MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », « Paris-Écologie XIXe », in Voyage à l’intérieur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 89.

    33Ibid. Porchez Jean-Jacques, « Paris-Écologie central », in Voyage à l’intérieur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 46.

    34Gobille Boris, Mai 68, Paris, La Découverte, 2008, p. 74.

    35MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », Prosper « Chronique de la campagne dans le XVIIIe », in Voyage à l’intérieur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 74.

    36Simonnet Dominique, « Paris-Écologie, ne quittez-pas ! », La Gueule ouverte, no 146, 23 février 1977, p. 9.

    37Vadrot Claude-Marie, « Un chat est un chat », La Gueule ouverte, no 206, 19 avril 1978, p. 11.

    38« Grenoble : les écologistes risquent de placer le PS derrière le PC au premier tour des législatives », Le Monde, 18 mars 1977, p. 11.

    39Ambroise-Rendu Marc, « M. Brice Lalonde : nous présenterons un programme et des candidats aux législatives », Le Monde, 19 mars 1977, p. 10.

    40AN, fonds ministère de l’Environnement, 19810273/1. Presse-environnement, no 230, 25 mars 1977.

    41Ibid.

    42Simon Gilles, « Le pouvoir municipal saisi par l’écologie politique : les cas comparés d’Étel et de Plogoff à la fin des années 1970 », in Bougeard Christian et alii (dir.), L’Ouest dans les années 68, Rennes, PUR, 2012, p. 241.

    43Ambroise-Rendu Marc, « M. Brice Lalonde : nous présenterons un programme et des candidats aux législatives », Le Monde, 19 mars 1977, p. 10.

    44Raulin Anne, « Utopies locales et laboratoire social : l’exemple du 13e arrondissement de Paris », L’année sociologique, 2008/1, vol. 58, p. 48-49.

    45Ambroise-Rendu Marc, « M. Brice Lalonde : nous présenterons un programme et des candidats aux législatives », Le Monde, 19 mars 1977, p. 10.

    46Danam Françoise, Samuel Laurent et Simonnet Dominique, « L’écologie, une idée qui fait son chemin », La Gueule ouverte, no 149, 16 mars 1977, p. 2.

    47« À Issy-les-Moulineaux », Le Monde, 21 mars 1977, p. 5.

    48AN, fonds ministère de l’Environnement, 19810273/1. Presse-Environnement, no 229, 18 mars 1977.

    49Ibid.

    50MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », « Paris-Écologie XIXe », Voyage au cœur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 95.

    51Ibid., p. 96.

    52MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », compte rendu de réunion de Paris-Écologie, 7 mai 1977.

    53Ibid.

    54Etopia, fonds Jean Liénard, liasse Europe. Jean Liénard, « L’internationale écologiste est née », Feuille de chou, no 2, octobre 1977.

    Auteur

    • Alexis Vrignon

      Agrégé et docteur en histoire. Il est professeur dans l’enseignement secondaire et chargé de cours à l’université de Nantes. Ses travaux de recherche portent sur l’histoire de l’écologie politique et sur les enjeux politiques des choix énergétiques dans la seconde moitié du xxe siècle. Il a coordonné aux côtés d’Anne-Claude Ambroise-Rendu et d’Anna Trespeuch-Berthelot un ouvrage collectif consacré à l’histoire des conflits environnementaux paru en 2018 aux Presses universitaires de Limoges.

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    L’agrobiologie face à la modernisation agricole

    Nature et Progrès, de 1964 au début des années 1980

    Alexis Vrignon

    L’écologie politique dans le midi de la France depuis les années soixante-dix

    Alexis Vrignon

    Introduction générale. Pouvoir·s et environnement : une relation étroite et paradoxale

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    Conclusion. Pouvoir·s et environnement

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    1Becker Jean-Jacques, Nouvelle Histoire de la France contemporaine, t. 19 : Crises et alternances (1974-2000), Paris, Seuil, 2000, p. 120.

    2Sur ce point comme sur l’ensemble de l’histoire de l’écologie politique en France, nous nous permettons de renvoyer à notre livre, La naissance de l’écologie politique en France. Une nébuleuse au cœur des années 68, Rennes, PUR, 2017.

    3Gordon D. A., « L’économie morale des banlieusards. Aux origines de la “crise des transports” dans la France des années 1970 », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2015, vol. 128, no 4, p. 119-131.

    4En revanche, il n’y a pas de liste écologiste présentée à Nantes ou encore à Bordeaux.

    5La surface urbanisée double entre 1962 et 1968 sur l’ensemble du territoire et le nombre d’urbains augmente de 9,7 points sur la période 1962-1972. Busquet Grégory, Idéologie urbaine et pensée politique dans la France de la période 1958-1981, thèse en urbanisme et aménagement, université Paris XII-Val de Marne, 2007, p. 94 sq.

    6Dans ce cadre, l’action des structures à dimension nationale telles que les Amis de la Terre ou le Mouvement écologique se concentrent sur une réflexion doctrinale sur laquelle nous reviendrons par la suite.

    7Musée du Vivant (MV), fonds Les Verts, municipales 1977, candidats de Lons-Écologie, s. d. (c. mars 1977). Le musée du Vivant dépend d’AgroParisTech et conserve une partie des archives des Verts et des mouvements écologistes des années 1970.

    8Archives nationales (Pierrefitte-sur-Seine), fonds des Amis de la Terre, 20050521/29. « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la MNE sans avoir jamais osé le demander… » par Michel Pascal, permanent MNE et Amis de la Terre de Lille, s. d. (1981).

    9Entretien avec Yves Cochet, 17 février 2012.

    10MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », profession de foi « Lyon-Écologie. Pour autogérer la cité », s. d. (c. 1977).

    11MV, fonds Les Verts, carton « Relations avec la mouvance », « Une liste électorale à Belfort », s. d. (c. mars 1977).

    12Simonnet Dominique, « Banlieue-écologie », Le Sauvage, no 39, mars 1977, p. 50.

    13Ibid.

    14MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », coupure de presse, « Ah vous êtes de la bande à Dumont », par Claire Brière, Libération, 22 février 1977, in Voyage à l’intérieur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 16.

    15Candidate dans le 6e arrondissement. Cf. « Paris 6e », Le Sauvage, no 39, mars 1977, p. 23.

    16« Paris 14e », Le Sauvage, no 39, mars 1977, p. 36.

    17Ces réflexions se traduisent notamment par la mise en place de la commission Guichard dont le rapport est rendu en septembre 1976. Celle-ci souligne la nécessité d’un transfert de compétences vers les collectivités locales tout en appelant à s’appuyer sur un maillage d’une centaine de communautés de communes ayant vocation à prendre en charge les compétences dont l’État voudrait se dessaisir. Voir Guillaume Pierre et Sylvie, Réformes et réformisme dans la France contemporaine, Paris, Armand Colin, 2012, p. 161.

    18Hassenteufel Patrick, « Les processus de mise sur agenda : sélection et construction des problèmes publics », Informations sociales, 2010/1, no 157, p. 50.

    19Sibille Josselin, Grenoble : les municipalités Dubedout face à l’environnement (1965-1983), mémoire de master en histoire, université de Grenoble, 2011, p. 44 sq.

    20Passalacqua Arnaud et Huré Maxime, « Un changement de braquet dans l’action municipale des années 1970 ? L’expérience des vélos en libre-service de La Rochelle et la transformation de l’action publique urbaine », Histoire urbaine, 2015/1, no 42, p. 123 sq.

    21Celle-ci est candidate dans le 14e arrondissement aux côtés de Jean-Claude Colli, membre du Parti radical et délégué aux énergies nouvelles nouvellement nommé par Valéry Giscard d’Estaing. Voir « M. d’Ornano présente son programme sur l’environnement dans la capitale », Le Monde, 11 février 1977, p. 8.

    22« Élections municipales. Lille », La Gueule ouverte, no 148, 9 mars 1977, p. 20.

    23Dulong Delphine, « Quand l’économie devient politique. La conversion de la compétence économique en compétence politique sous la Ve République », Politix, 1996/9, no 35, p. 122 sq.

    24« Communes : le temps de l’autogestion », Le Courrier de la Baleine, no 26-27, s. d., p. 30 sq.

    25« Options écologiques générales », Le Courrier de la Baleine, no 26-27, s. d. (c. février 1977), p. 17.

    26« Bilan des assises du mouvement écologique (Mulhouse, les 30-31 octobre et 1er novembre) », Action écologique, no 7, décembre 1976, p. 3.

    27Delarue Jean-Claude, « La grande famille des écologistes », Le Monde, 20-21 mars 1977, p. 5.

    28Samuel Laurent, « La campagne dans le 6e arrondissement », La Gueule ouverte, no 146, 23 février 1977, p. 11.

    29MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », « Chronologie de la campagne dans le XVe », in Voyage à l’intérieur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 53.

    30Ibid.

    31Ibid.

    32MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », « Paris-Écologie XIXe », in Voyage à l’intérieur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 89.

    33Ibid. Porchez Jean-Jacques, « Paris-Écologie central », in Voyage à l’intérieur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 46.

    34Gobille Boris, Mai 68, Paris, La Découverte, 2008, p. 74.

    35MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », Prosper « Chronique de la campagne dans le XVIIIe », in Voyage à l’intérieur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 74.

    36Simonnet Dominique, « Paris-Écologie, ne quittez-pas ! », La Gueule ouverte, no 146, 23 février 1977, p. 9.

    37Vadrot Claude-Marie, « Un chat est un chat », La Gueule ouverte, no 206, 19 avril 1978, p. 11.

    38« Grenoble : les écologistes risquent de placer le PS derrière le PC au premier tour des législatives », Le Monde, 18 mars 1977, p. 11.

    39Ambroise-Rendu Marc, « M. Brice Lalonde : nous présenterons un programme et des candidats aux législatives », Le Monde, 19 mars 1977, p. 10.

    40AN, fonds ministère de l’Environnement, 19810273/1. Presse-environnement, no 230, 25 mars 1977.

    41Ibid.

    42Simon Gilles, « Le pouvoir municipal saisi par l’écologie politique : les cas comparés d’Étel et de Plogoff à la fin des années 1970 », in Bougeard Christian et alii (dir.), L’Ouest dans les années 68, Rennes, PUR, 2012, p. 241.

    43Ambroise-Rendu Marc, « M. Brice Lalonde : nous présenterons un programme et des candidats aux législatives », Le Monde, 19 mars 1977, p. 10.

    44Raulin Anne, « Utopies locales et laboratoire social : l’exemple du 13e arrondissement de Paris », L’année sociologique, 2008/1, vol. 58, p. 48-49.

    45Ambroise-Rendu Marc, « M. Brice Lalonde : nous présenterons un programme et des candidats aux législatives », Le Monde, 19 mars 1977, p. 10.

    46Danam Françoise, Samuel Laurent et Simonnet Dominique, « L’écologie, une idée qui fait son chemin », La Gueule ouverte, no 149, 16 mars 1977, p. 2.

    47« À Issy-les-Moulineaux », Le Monde, 21 mars 1977, p. 5.

    48AN, fonds ministère de l’Environnement, 19810273/1. Presse-Environnement, no 229, 18 mars 1977.

    49Ibid.

    50MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », « Paris-Écologie XIXe », Voyage au cœur de Paris-Écologie, mars 1977, p. 95.

    51Ibid., p. 96.

    52MV, fonds Les Verts, carton « Municipales 1977 », compte rendu de réunion de Paris-Écologie, 7 mai 1977.

    53Ibid.

    54Etopia, fonds Jean Liénard, liasse Europe. Jean Liénard, « L’internationale écologiste est née », Feuille de chou, no 2, octobre 1977.

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    Vrignon, A. (2020). 1977 ou la naissance de l’écologie politique ?. In M. Boisdron & M. Catala (éds.), Les élections municipales de 1977. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/13zjz
    Vrignon, Alexis. « 1977 ou la naissance de l’écologie politique ? ». In Les élections municipales de 1977, édité par Matthieu Boisdron et Michel Catala. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2020. doi:10.4000/13zjz.
    Vrignon, Alexis. « 1977 ou la naissance de l’écologie politique ? ». Les élections municipales de 1977, édité par Matthieu Boisdron et Michel Catala, Presses universitaires de Rennes, 2020, https://doi.org/10.4000/13zjz.

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    Boisdron, M., & Catala, M. (éds.). (2020). Les élections municipales de 1977. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/13zlu
    Boisdron, Matthieu, et Michel Catala, éd. Les élections municipales de 1977. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2020. doi:10.4000/13zlu.
    Boisdron, Matthieu, et Michel Catala, éditeurs. Les élections municipales de 1977. Presses universitaires de Rennes, 2020, https://doi.org/10.4000/13zlu.
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