• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16501 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16501 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • ›
  • Histoire
  • ›
  • Les chanoines de Notre-Dame de Paris au ...
  • ›
  • Première partie. Les chanoines de Notre-...
  • ›
  • Chapitre IV. La carrière des chanoines
  • Presses universitaires de Rennes
  • Presses universitaires de Rennes
    Presses universitaires de Rennes
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Avant de devenir chanoine de Notre-Dame Pendant le canonicat, des fonctions extra-capitulaires Quitter le chapitre Notes de bas de page

    Les chanoines de Notre-Dame de Paris au xviiie siècle

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Chapitre IV. La carrière des chanoines

    p. 189-216

    Texte intégral Avant de devenir chanoine de Notre-Dame Membres d’un autre chapitre Curés dans l’attente d’un canonicat Vicaires généraux de l’archevêque Dans l’enseignement supérieur D’autres fonctions Pendant le canonicat, des fonctions extra-capitulaires À la Cour Conseillers clercs au parlement de Paris À la Sorbonne Censeurs royaux Membres des assemblées générales du clergé Agents généraux du clergé Membres des chambres ecclésiastiques Vicaires généraux de l’archevêque Supérieurs de communautés Membres des officialités Quitter le chapitre Devenir curé Un autre canonicat Accéder à l’épiscopat Vie civile et carrière militaire Notes de bas de page

    Texte intégral

    1Bon nombre de chanoines réalisent l’essentiel de leur carrière au chapitre de Notre-Dame. Mais, sur l’ensemble de la période, on découvre une certaine diversité dans leur parcours. Avant d’obtenir un canonicat, plusieurs ont été membres d’autres chapitres, curés, vicaires généraux tant à Paris qu’en province. Quelques-uns ont assuré un enseignement, d’autres ont été membres d’institutions civiles ou ecclésiastiques. De la même façon, pendant leur canonicat, ils ont pu assumer d’autres fonctions à la Cour, au Parlement, au sein du clergé. Rarement, ils ont quitté le chapitre de Notre-Dame pour intégrer d’autres chapitres ou prendre une cure en charge. Par contre, un nombre significatif d’entre eux sont devenus évêques ce qui conforte le prestige du chapitre de Notre-Dame.

    Avant de devenir chanoine de Notre-Dame

    Membres d’un autre chapitre

    2Avant d’entrer au chapitre de Notre-Dame, plusieurs ecclésiastiques ont fait partie d’un autre chapitre.

    3En 1744, après de longues négociations qui ont permis la fusion du chapitre de Notre-Dame et de celui de Saint-Germain-l’Auxerrois, la majorité des chanoines de Saint-Germain-l’Auxerrois intègre le chapitre de Notre-Dame. Il en est ainsi de : Esprit-Joseph Artaud, Jean-Joseph Baisle, Louis-Charles Baudouin, Jean-Louis Chevalier, Bernard Collot, Toussaint Desfriches, François Le Bourg, André Martin, Henry Prevost. Pierre Delon, sous-diacre, qui avait démissionné en 1743, sera, en 1790, le dernier ancien chanoine de Saint-Germain-l’Auxerrois, devenu membre du chapitre de l’Église métropolitaine. Simon Nigon de Berty, chantre de Saint-Germain-l’Auxerrois, qui démissionne en 1740, lors des débuts des négociations en vue de la fusion, est intégré dans le chapitre de Notre-Dame avec une dignité dont la qualité et le rôle ne sont pas précisés, mais qu’il conserve jusqu’à son décès en 1774. Quatre sont devenus chanoines honoraires de Notre-Dame, Claude Pinguet de Belingan, François de Vienne, Jean Huré et Jacques Savalette, doyen de Saint-Germain-l’Auxerrois jusqu’à 1743. Un seul, Tixier, démissionnaire en 1740, n’est pas appelé à faire partie du chapitre de Notre-Dame. Quatre de ces nouveaux membres du chapitre se sont vu accorder pour leur vie durant, un certain nombre de privilèges, à titre de dédommagement. Ils peuvent nommer à la cure de Saint-Louis-en-l’Île, à plusieurs chapelles et à des canonicats de Saint-Merry et de Saint-Benoît, églises filles de Notre-Dame1.

    4Ces anciens chanoines de Saint-Germain-l’Auxerrois qui intègrent le chapitre de Notre-Dame vont y rester plus de seize ans en moyenne, même si certains font un passage beaucoup plus bref comme André Martin deux ans, Esprit-Joseph Artaud quatre ans, François Le Bourg cinq ans, Bernard Collot six ans. En l’absence d’informations complémentaires, notamment sur leur date de naissance, il est difficile d’avancer une hypothèse sur les motifs de cette disparité.

    5Par ailleurs, précédemment, plusieurs chanoines de Notre-Dame ont fait partie du chapitre de Saint-Germain-l’Auxerrois avant d’intégrer celui de Notre-Dame, comme Jacques Goulard, chanoine de Saint-Germain-l’Auxerrois avant son entrée au chapitre de Notre-Dame en 1713, et Antoine Couet de Sainte-Pleine avant 1732.

    6Les membres du chapitre de Notre-Dame portant le titre de chanoines de Saint-Aignan sont choisis par le chapitre en raison de leurs mérites et des services rendus. Sur 14 chanoines successifs, 12 figurent au rang des bénéficiers du chapitre de l’Église métropolitaine et, à ce titre, perçoivent des revenus. En effet, 4 étaient précédemment chanoines de Saint-Jean-le-Rond et 8 de Saint-Denis-du-Pas. Lors de leur entrée au chapitre de Notre-Dame, ils remettent leur précédent canonicat à la disposition du chapitre. Pour Jean Mignon, entré au chapitre en 1694, et Pierre Nicolle, entré en 1696, la recherche n’a pas été faite2.

    7La durée de leur canonicat est relativement faible, 13,5 ans en moyenne. François Nadal ne reste qu’une seule année avant de décéder ; mais 5 d’entre eux restent plus de vingt ans membres du chapitre métropolitain.

    8Il faut citer aussi les chanoines qui viennent d’autres chapitres parisiens, comme Louis-Jean-François Rivière, membre du chapitre de Saint-Merry, église « fille » de Notre-Dame, Léonard Delamet, doyen du chapitre de Saint-Thomas-du-Louvre, Charles-Louis Dugard et Jean de Chillaud des Fieux, chanoines de Saint-Honoré. Louis Rochereau d’Hauteville, antérieurement chanoine de Saint-Benoît, église « fille » de Notre-Dame, quant à lui, a obtenu un canonicat à Notre-Dame, par permutation en 1713.

    9Mais ce sont les chapitres des autres diocèses qui apparaissent comme une pépinière de chanoines de l’Église métropolitaine de Paris. Plusieurs étaient dignitaires d’un autre chapitre comme Thomas de Bragelongne, doyen de Senlis, Edme Pirot, chantre de Varzy (diocèse d’Auxerre), Lucien Lucas, chancelier de la cathédrale de Beauvais, Nicolas de Luker, scholastique de la cathédrale de Nantes. Cependant, la plupart sont simplement membres de l’un ou l’autre des chapitres, le plus souvent cathédraux, d’Agde, Châlons, Chartres, Dijon, Le Mans, Le Puy, Marseille, Meaux, Montauban, Saint-Brieuc, Saint-Quentin, Toulouse. Cette liste montre bien la diversité géographique du recrutement du chapitre parisien, source de relations personnelles et d’influence réciproque.

    Curés dans l’attente d’un canonicat

    10Avant d’entrer au chapitre de Notre-Dame, ces ecclésiastiques sont parfois titulaires d’une cure, le plus souvent à Paris. Cependant, ils sont peu nombreux, les deux fonctions étant fondamentalement différentes, car les curés ont charge d’âmes, alors que l’essentiel du rôle des chanoines est la fonction orante. On peut établir la liste suivante :

    • Nicolas Petitpied, curé de Saint-Martial, chanoine de 1685 à 1705 ;

    • Léonard Chapelas, curé de Saint-Jacques-de-la-Boucherie en 1663, de Saint-Germain-l’Auxerrois en 1693, chanoine de 1697 à 1702 ;

    • François Vivant, curé de Saint-Leu-Saint-Gilles en 1697, pénitencier de Notre-Dame en 1706, chanoine de 1711 à 1739 ;

    • François Ameline, curé de Chilly (diocèse de Paris), puis de Saint-Pierre-aux-Bœufs, chanoine de 1717 à 1724 ;

    • Philippe Delacoste, curé de Saint-Pierre-des-Arcis en 1701, chanoine de 1718 à 1722 ;

    • Guillaume Delamarre, curé de Saint-Benoît en 1702, pénitencier de l’Église de Paris en 1730, chanoine de 1732 à 1747 ;

    • Blaise Le Blanc d’Ambonne, curé de Saint-Christophe de 1728 à 1747, chanoine de 1746 à 1769 ;

    • Charles-Guillaume-Cardin Morin du Marais, curé d’Andilly (diocèse de Paris), chanoine de 1749 à 1790 ;

    • Jacques de L’Écluse, curé de Saint-Nicolas-des-Champs en 1746, chanoine de 1771 à 1782 ;

    • Joseph de Galard de Saldebru, curé de Sainte-Croix de Beaumont (diocèse de Sarlat), chanoine de 1775 à 1776.

    11Deux chanoines n’ont pas pris possession de leur cure parisienne, Charles-Louis Dugard et Jean-Louis Riquet de Caraman, ayant préféré le canonicat auquel ils venaient d’être nommés. Ces choix sont motivés, sans doute, par un prestige plus grand attaché à la fonction canoniale et la perspective d’une vie moins astreignante, sans compter des revenus substantiels, même si certaines cures sont aussi très convoitées3.

    Vicaires généraux de l’archevêque

    12Les vicaires généraux sont des collaborateurs directs de l’évêque ou de l’archevêque que celui-ci choisit pour l’assister et qui leur délègue certaines missions. Contrairement aux archidiacres, également nommés par l’archevêque, ces ecclésiastiques n’ont pas en charge un secteur géographique déterminé et sont révocables. Leurs fonctions cessent au décès de leur protecteur. Et pendant la vacance du siège, ce qui se produit quatre fois pendant le siècle, le chapitre nomme des vicaires capitulaires pour remplacer ces vicaires généraux et assurer l’administration du diocèse.

    13Sans doute l’archevêque en nommant comme membre du chapitre ces collaborateurs, veut-il leur témoigner son estime, tout comme leur assurer une prébende. Il en est ainsi, par exemple, de Joachim Gilbert, vicaire général en 1700 et chanoine en 1717, de Jacques de L’Écluse, vicaire général en 1758 et chanoine en 1771, de François-Charles Chevreuil, vicaire général en 1778 et chanoine en 1779.

    14D’autres chanoines sont vicaires généraux dans d’autres diocèses comme Aix, Albi, Blois, Lyon, Mâcon, Meaux, Nantes, Narbonne, Rieux, Rouen, Saintes, Toul, Toulouse. Ils sont devenus ensuite membres du chapitre de l’Église métropolitaine de Paris, nomination souvent, considérée comme l’aboutissement d’une carrière.

    Dans l’enseignement supérieur

    15Le recrutement des chanoines de Notre-Dame se fait le plus souvent parmi les gradués. Et ayant reçu une formation plus poussée que la moyenne des ecclésiastiques, plusieurs d’entre eux, au début de leur carrière, participent à l’enseignement.

    16Certains sont professeurs de philosophie. François-Bruno Tandeau est successivement maître au collège de Sainte-Barbe, puis chargé d’une chaire de philosophie au collège du Plessis en 1730 ; il enseigne en Sorbonne avant d’être, en 1739, archidiacre de Brie non prébendé. Jean Duhamel est professeur septénaire de philosophie. Jean-Mathurin Mazéas est professeur au collège de Navarre, chaire « qu’il remplit longtemps avec beaucoup de zèle et de succès. Il est l’ami de ses élèves qui conservent la plupart, un souvenir de ses soins et de ses bontés4 ». Mais il est connu surtout comme mathématicien. Bon pédagogue, son ouvrage intitulé Élémens d’arithmétique, d’algèbre et de géométrie, avec une introduction aux sections coniques est réédité plusieurs fois entre 1758 et 1777.

    17Parmi les chanoines les plus connus, on peut citer Nicolas-Sylvestre Bergier. Curé de Flangebouche (diocèse de Besançon), il devient principal du collège de Besançon, avant d’accéder à un canonicat de Notre-Dame en 1769. Érudit, il publie des ouvrages sur les langues anciennes, et surtout un dictionnaire de théologie, puis connaît une notoriété certaine en raison de son opposition aux philosophes, comme Voltaire.

    18La carrière de Bernard Collot commence également comme professeur au collège du Plessis et se poursuit au collège de Fortet, dont il est le principal pendant de nombreuses années, de 1704 à 1735. Son comportement s’avère discutable, car il refuse l’autorité du chapitre de Notre-Dame. Mais administrateur de talent, il réussit à augmenter les ressources du collège. Cependant, il laisse le collège de Fortet dans un état de profonde décadence aussi bien matérielle que morale, lorsque le chapitre obtient enfin sa condamnation par le Parlement et sa destitution, après un long procès commencé en 1728. Mais ceci ne l’empêche pas de devenir chanoine de Saint-Germain-l’Auxerrois, puis de Notre-Dame, lors de la fusion des deux chapitres à laquelle il s’était opposé auparavant. Ce chanoine avait dès 1751, soit quatre ans avant son décès, offert à la Bibliothèque du roi 93 manuscrits identifiés par la suite comme provenant de la bibliothèque du collège de Fortet5.

    19Jean-Gabriel Petit de Montempuys est recteur de l’Université de Paris en 1715, avant d’être nommé chanoine en 1720.

    20Ambroise Riballier est grand maître et principal du collège Mazarin en 1765. Ce collège ouvert en 1688, réservé à des nobles issus des provinces réunies au royaume par les traités conclus sous le ministère de Mazarin, est plus connu sous le nom de collège des Quatre-Nations.

    21Parmi les autres enseignants, on peut citer Jean-Baptiste Sarasin, professeur de langue hébraïque au Collège de France, et Pierre-Jean Sincholle d’Espinasse, professeur à Perpignan, puis à Toulouse, avant de gagner la capitale.

    D’autres fonctions

    22L’étude des conditions d’accès au canonicat montre que dans la plupart des cas, les futurs chanoines embrassent la carrière ecclésiastique très tôt. Cependant quelques-uns peuvent avoir exercé d’autres activités au sein de la société civile. On peut en donner quelques exemples.

    23Un seul chanoine est un ancien militaire6. Il s’agit de Jacques-Alain de Gontaut, capitaine de dragons, avant d’entrer au chapitre de Notre-Dame, à 43 ans. Sans doute, la tradition familiale, depuis le maréchal de Biron, a pesé sur ce choix initial, sans que l’on puisse connaître les motifs de sa seconde carrière, commencée relativement tard.

    24La carrière de Claude Joly est tout à fait exceptionnelle, car en 1625, à 18 ans, il est bailli de la justice du Temple et lieutenant du prévôt des marchands de Paris, avant de devenir chanoine en 1631, jusqu’à son décès en 1700.

    25Certains chanoines sont avocats au Parlement, comme Claude Ameline, Jean-Jacques Farjonel d’Hauterive avant de devenir conseiller clerc au parlement de Paris ; mais il semble que ces cas soient assez rares7. Ces avocats doivent, notamment, avoir obtenu la licence en droit civil ou en droit canonique auprès d’une faculté du royaume et confesser la foi catholique depuis la révocation de l’édit de Nantes en 1685. Il n’y a pas d’incompatibilité avec la carrière ecclésiastique.

    26Plus fréquemment, ces chanoines ont été auparavant reçus comme conseillers clercs auprès du Parlement de Paris (voir ci-après). Ils sont pourvus de cet office par lettres de provision accordées par le roi. Jean-Jacques Farjonel d’Hauterive, conseiller clerc en juillet 1738, conserve cette fonction en octobre 1738, lors de sa nomination comme chanoine.

    27De la même façon, ces clercs peuvent être conseillers clercs au Châtelet de Paris, comme Nicolas Petitpied, conseiller clerc en 1662, avant de devenir chanoine en 1685, jusqu’en 1705.

    28L’un d’entre eux a rempli des fonctions plus prestigieuses. Le 30 mars 1741, Jean-Louis Riquet de Caraman, alors conseiller clerc au Parlement, reçoit des lettres de provision de maître des requêtes de l’Hôtel pour remplacer Pierre Doublet de Crouÿ décédé8. Il a une double dispense, car il n’a que 27 ans au lieu des 30 ans requis et moins de deux ans de durée d’exercice, au lieu des six ans prévus. Il sert par quartier aux Requêtes de l’Hôtel en janvier, février, mars, et au Conseil privé du roi en avril, mai, juin. Cette fonction est très différente de celle de conseiller clerc au parlement de Paris, même s’il reste magistrat et peut continuer à siéger au Parlement avec voix délibérative. Les maîtres des requêtes de l’Hôtel du roi ont une fonction juridictionnelle, soit en première instance pour les personnes bénéficiant du privilège de committimus, soit en dernier ressort pour les procès renvoyés par le Conseil du roi. Au Conseil privé, ils sont considérés comme des techniciens du droit sur lesquels repose le fonctionnement de l’institution. Jean-Louis Riquet de Caraman cesse ces fonctions en 1749.

    Pendant le canonicat, des fonctions extra-capitulaires

    29Le chapitre de l’Église métropolitaine jouit d’un prestige certain qui rejaillit sur ses membres. Certains sont appelés à la Cour, souvent en raison de relations personnelles, d’autres sont membres du parlement de Paris, d’autres encore font partie de différentes institutions créées au sein de l’Église de France.

    À la Cour

    30Plusieurs chanoines, successivement, sont aumôniers du roi, faisant ainsi partie de la Maison du roi. Le nombre de ces aumôniers a été diminué de façon très sensible par Louis XIII, passant de 252 à 10. Ils servent par quartier, c’est-à-dire qu’ils assurent leur service à la Cour pendant un trimestre. À la charnière du xviie et du xviiie siècle, assurent cette fonction Claude-Philippe Le Clerc du Tremblay, neveu du Père Joseph, Jacques Le Gendre et François-Philippe Morel. Pendant la seconde moitié de la période, ils sont plus nombreux, avec Joseph-Hubert de Vintimille (1742-1744), Léon-François-Ferdinand de Salignac de La Mothe-Fénelon (1768-1771), Marie-Joseph de Galard de Terraube (1766-1774), Bertrand de Beaumont (1774-1789). Ces chanoines sont des membres de branches cadettes de la noblesse de Cour, parfois destinés à l’épiscopat, comme Salignac de La Mothe-Fénelon.

    31Il semble que peu de chanoines aient été choisis comme prédicateurs ordinaires du roi, à l’instar de Jean-Pierre de La Fage, chanoine de Notre-Dame de 1770 à 1790. Le titre apparaît prestigieux ; mais l’influence de ces prédicateurs est plutôt limitée, dans la mesure où ils sont relativement nombreux et ne prêchent donc que rarement devant la Cour. Elle n’est en rien comparable à celle du confesseur du roi qui s’entretient régulièrement avec le monarque.

    32Une autre personnalité de ce monde ecclésiastique remplit un rôle de premier plan. Il s’agit de Pierre Du Cambout de Coislin, chanoine de Notre-Dame de 1647 à 1665. En 1653, il est premier aumônier du roi, avant de devenir évêque et de poursuivre une carrière prestigieuse (voir ci-après).

    33De la même façon, la dauphine dispose d’une maison et d’un aumônier. Aymard-Chrétien-François-Michel de Nicolaÿ est aumônier de la dauphine, Marie-Josèphe de Saxe, en 1745.

    34Nicolas-Sylvestre Bergier, théologien réputé dès son arrivée à Paris, devient aumônier et confesseur du comte et de la comtesse de Provence, Marie-Joséphine de Savoie, de la comtesse d’Artois, Marie-Thérèse de Savoie, de Madame Adélaïde, de Madame Sophie. Mathieu de Reclesne de Lyonne est également aumônier de quartier auprès du comte de Provence.

    35En 1715, le Régent institue sept conseils particuliers destinés à se substituer aux départements des secrétaires d’État, organisation connue sous le titre de Polysynodie. En 1715, il nomme le cardinal de Noailles président du Conseil de conscience, poste que celui-ci remplit jusqu’à sa démission en 1718, après son appel au concile dans l’affaire de la bulle Unigenitus. Fidèle collaborateur du cardinal de Noailles, Antoine Dorsanne devient secrétaire du Conseil de conscience, pendant la même période.

    36Il est certain que cette participation à la vie de la Cour est source de prestige pour les chanoines concernés et aussi pour le chapitre lui-même. Mais il est difficile d’en apprécier les conséquences concrètes.

    Conseillers clercs au parlement de Paris

    37Comme cela a déjà été mentionné, les chanoines appartiennent parfois au parlement de Paris. Au xviiie siècle, le plus souvent, deux membres du chapitre de Notre-Dame au moins siègent au Parlement et près d’une trentaine de cas ont été répertoriés. En effet, il est prévu que des clercs fassent partie des différentes formations de cette institution, douze dans la grand’chambre, la plus ancienne et la plus prestigieuse, huit dans chacune des cinq chambres aux enquêtes. Par contre, les hommes d’Église ne peuvent siéger dans la chambre de la Tournelle criminelle qui peut prononcer des peines afflictives et infamantes et même la peine capitale.

    38Les conditions d’accès à l’office de conseiller au Parlement sont précises : être de religion catholique, de bonne vie et mœurs, âgé de 25 ans pour avoir voix délibérative, et pour les conseillers clercs, avoir reçu les ordres sacrés. Le candidat doit ensuite avoir l’accord d’un conseiller, ou de ses héritiers qui ont le droit de survivance et résignent en sa faveur. À titre de comparaison, en 1695, la charge de président à mortier vaut 350 000 livres, celle de conseiller laïc 100 000 livres et celle de conseiller clerc 90 000 livres. Le 24 avril 1762, Claude-Mathieu Radix acquiert une charge de conseiller clerc pour son fils Jacques-Louis. Il verse donc 40 000 livres aux héritiers de François-Bénigne Du Trousset d’Héricourt auquel son fils succède9. Le candidat doit régler au bureau des parties casuelles, en outre, une taxe de 4 125 livres auxquelles il faut ajouter 1 291 livres pour le marc d’or, droit payé pour le serment fait au roi au moment de l’obtention de provisions, 110 livres pour le droit de sceau et 63 livres pour les honoraires. Le roi accorde ensuite ses lettres de provision, avec, si cela est nécessaire, des dispenses d’âge et d’entrée dans les ordres10.

    39Le conseiller clerc jouit des « honneurs, autorité, prééminence, rang, franchise, liberté, fonctions, privilèges, exemptions, gages, fruits, profits, revenus et émoluments11 ». Les chanoines du chapitre de Notre-Dame, lorsqu’ils sont conseillers clercs, ne sont pas dispensés de l’assistance aux offices religieux. Ils reçoivent régulièrement leur part de gros, mais ne participent aux distributions qu’en raison de leur présence aux offices. Particulièrement, nulle dispense ne leur est accordée pour les offices nocturnes. En ce qui concerne les offices de jour, le chapitre de Notre-Dame ne rétribue que les chanoines jubilés, malgré leur absence. Il faut l’intervention du chancelier Maupeou en 1771, pour que l’ensemble des dispenses soit acquis aux conseillers clercs12.

    40Les lettres de provision, les almanachs royaux et surtout les travaux de François Bluche sur les magistrats du parlement de Paris au xviiie siècle13, permettent d’établir une liste de 27 chanoines qui se sont succédé au Parlement :

    • Gabriel Petit, chanoine en 1660, conseiller clerc au Parlement, décédé en 1701 ;

    • Denis de La Barde, chanoine en 1671, conseiller clerc au Parlement, décédé en 1709 ;

    • François Hennequin, chanoine de 1677 à 1702, conseiller clerc au Parlement, décédé en 1709 ;

    • Charles de La Grange-Trianon, chanoine en 1679, conseiller clerc le 13 mai 1682, membre de la grand’chambre en 1715, décède doyen des conseillers clerc en 1733 ;

    • Guillaume Menguy, chanoine en 1702, conseiller clerc en la 3e chambre des enquêtes le 10 avril 1688, membre de la grand’chambre en 1715, décède en charge en 1728 ;

    • Olivier-François de Fourcy, chanoine en 1685, conseiller clerc en la 3e des enquêtes le 8 juin 1689, conseiller honoraire en 1708, décédé en 1717 ;

    • Léon Rouillé, chanoine en 1685, conseiller clerc en la 1re chambre des enquêtes le 22 août 1691, membre de la grand’chambre en 1719, décède en charge en 1732 ;

    • François-Philippe Morel, chanoine en 1689, conseiller clerc en la 2e chambre des enquêtes le 23 juillet 1692, décédé en 1731 ;

    • Philibert Lorenchet, chanoine en 1685, conseiller clerc en la 1re chambre des enquêtes le 6 mai 1699, membre de la grand’chambre en 1726, décédé en 1746 ;

    • Jean-Baptiste-Nicolas Pajot de Dampierre, chanoine de 1709 à 1739, conseiller clerc en la 5e chambre des enquêtes le 11 juillet 1715, membre de la grand’chambre en 1739, décède en charge en 1757 ;

    • Claude-Jean Macé, chanoine en 1749, conseiller clerc en la 4e chambre des enquêtes le 1er septembre 1724, membre de la grand’chambre en 1736, conseiller honoraire en 1758, décédé en 1772 ;

    • Louis-Valentin de Vougny, chanoine en 1725, conseiller clerc en la 5e chambre des enquêtes le 15 mars 1726, membre de la grand’chambre en 1737, décède en charge en 1754 ;

    • Jean-Thierry Fagnier de Vienne, chanoine de 1738 à 1745, conseiller clerc en la 3e chambre des enquêtes le 21 janvier 1733, conseiller honoraire en 1745, décède en 1769 ;

    • Claude de Tudert, chanoine en 1733, conseiller clerc en la 1re chambre des enquêtes le 2 septembre 1735, membre de la grand’chambre en 1752 jusqu’en 1769, conseiller d’honneur en 1770, décédé en 1779 ;

    • Claude-François Moreau de Nassigny, chanoine en 1736, conseiller clerc en la 1re chambre des enquêtes le 14 février 1738, décède en 1739 ;

    • Jean-Jacques Farjonel d’Hauterive, chanoine en 1738, conseiller clerc en la 1re chambre des enquêtes le 12 août 1738, membre de la grand’chambre en 1758, en charge jusqu’en 1771, puis de 1775 à 1783, décède en 1785 ;

    • Henri-Philippe Chauvelin, chanoine de 1732 à 1743, conseiller clerc en la 3e chambre des enquêtes le 5 décembre 1738, membre de la grand’chambre en 1761, conseiller d’honneur le 20 janvier 1768, décède en 1770 revêtu de cette charge ;

    • Jean-Louis Riquet de Caraman, chanoine de 1748 à 1772, conseiller clerc en la 1re chambre des enquêtes le 18 décembre 1739 jusqu’en 1740 ;

    • Simon Nigon de Berty, chanoine en 1744, conseiller clerc en la 1re chambre des enquêtes le 2 avril 1745, membre de la grand’chambre en 1770, décède en 1774 ;

    • Auguste-Louis Le Febvre de Mesgrigny, chanoine en 1744, conseiller clerc en la 4e chambre des enquêtes le 21 avril 1747, en la 3e chambre des enquêtes en 1757, décédé en 1763 ;

    • Gabriel-François Moreau de Vignoles, chanoine de 1737 à 1759, conseiller clerc en la 2e chambre des enquêtes le 28 avril 1747, en charge jusqu’en 1758, décédé en 1802 ;

    • Jacques-Louis Radix, chanoine en 1756, conseiller clerc en la 3e chambre des enquêtes le 27 mai 1762 jusqu’en 1771, puis de 1775 à 1779, décédé en 1794 ;

    • Nicolas de Luker, chanoine de 1764 à 1773, conseiller clerc au Parlement Maupeou le 15 avril 1771 jusqu’en 1774 ;

    • Jean-Pierre de La Fage, chanoine en 1770, conseiller clerc au Parlement Maupeou le 15 avril 1771, résigne en 1772 ;

    • Jean-Baptiste Desplasses, chanoine en 1766, conseiller clerc au Parlement Maupeou le 20 avril 1771 jusqu’en 1774 ;

    • Bertrand de Beaumont, chanoine en 1769, conseiller clerc au Parlement Maupeou le 13 juin 1771, résigne en 1772 ;

    • Étienne-François-Louis-Honoré Sahuguet d’Amarzit d’Espagnac, chanoine de 1787 à 1790, conseiller clerc en la 1re chambre des enquêtes le 1er mars 1782 jusqu’en 1790.

    41L’origine familiale de ces conseillers clercs est connue dans de nombreux cas. Claude de Tudert appartient à la famille du chancelier Séguier. Henri-Philippe Chauvelin est le neveu de Germain-Louis, garde des Sceaux. Louis-Valentin de Vougny est le fils d’un secrétaire du Conseil d’État, finances et direction. Sept de ces chanoines sont fils de parlementaires de Paris, ou d’un président à mortier du parlement de Bordeaux, ou frère ou neveu d’un conseiller au Parlement. Deux sont réputés issus de famille de parlementaires. Trois pères sont titulaires d’office. L’influence familiale semble donc forte. Une bonne partie d’entre eux appartiennent à la noblesse de robe ; mais seul Charles de La Grange-Trianon est réputé d’une famille « illustre et ancienne dans la robe ».

    42Si le conseiller clerc siège en même temps qu’un proche parent, son père, son frère, son beau-frère, comme c’est le cas pour Claude-François Moreau de Nassigny, l’ensemble de leurs voix n’est compté que pour une seule.

    43Un candidat comme Louis-Valentin de Vougny, âgé seulement de 20 ans, peut obtenir des lettres de dispense.

    44C’est la grand’chambre qui est la plus prestigieuse, compétente en premier et dernier ressort pour presque toutes les causes importantes et prétendant former à elle seule le Parlement. Les chanoines membres d’une des chambres des enquêtes, souhaitent donc y poursuivre leur carrière comme Claude de Tudert, reçu à la première chambre des enquêtes le 2 septembre 1735, devenu membre de la grand’chambre en 1752. Les chanoines ne peuvent siéger à la chambre de la Tournelle qui peut prononcer la peine capitale. Les lettres de provision de Claude-François Moreau de Nassigny prévoient expressément « qu’il n’assistera qu’au jugement des procès criminels auxquels les autres conseillers clercs ont accoutumé d’assister suivant l’usage de la compagnie14 ».

    45Les conseillers clercs sont le plus souvent fidèles au Parlement, mourant en charge, exerçant au moins vingt ans, ou même quarante ans comme Guillaume Menguy. Parmi les procès évoqués devant la grand’chambre entre novembre 1751 et septembre 1758, la plupart sont rapportés par des conseillers clercs. Claude de Tudert figure en quatrième position avec 233 procès15.

    46À différentes reprises, le parlement de Paris est relégué en province. Simon Nigon de Berty dont on a conservé les souvenirs16, est exilé à Angoulême en 1753, avec 21 de ses collègues. Il se déclare ensuite ravi de sa relégation à Vendôme, où il séjourne dans un petit castel : « Si le Parlement souffre, c’est avec gaieté, sentiment qui accompagne assez ordinairement celui de l’innocence. » Il revient à Paris en 1754, quand le Parlement est rappelé dans la capitale. Lors de la réforme voulue par le chancelier Maupeou, à la suite du lit de justice du 7 décembre 1770, les offices de Parlement sont confisqués. Simon Nigon de Berty est une nouvelle fois exilé, cette fois-ci à Prémery en Nivernais, puis à Nemours. Il occupe ses loisirs forcés à l’écriture des « Remarques sur l’Histoire ecclésiastique de M. l’abbé Fleury », des notices historiques, étudie la Pragmatique Sanction et Charles VII qu’il a le mérite de réhabiliter. Il a une attaque en 1773, dans sa propriété de Thiais, et meurt d’émotion en octobre 1774, à l’annonce du rétablissement du parlement de Paris par Louis XVI.

    47Henri-Philippe Chauvelin est l’un des principaux responsables de l’opposition parlementaire. Il est connu, par ailleurs, pour ses critiques à l’égard des jésuites et ses démêlés avec Voltaire.

    48À partir du 15 avril 1771, le chancelier Maupeou désigne de nouveaux conseillers, au rang desquels figurent Bertrand de Beaumont, Jean-Baptiste Desplasses, Jean-Pierre de La Fage et Nicolas de Luker. Mais le parlement de Paris est rétabli en vertu de l’édit de novembre 1774 et les anciens conseillers retrouvent leur charge. Aussi, les conseillers nommés en 1771 deviennent membres du Grand Conseil, institution compétente notamment en matière de bénéfices et de questions touchant les grands ordres religieux, rétabli comme le parlement de Paris. Jean-Baptiste Desplasses est grand rapporteur au Grand Conseil en 1789.

    À la Sorbonne

    49Le lien entre le chapitre de Notre-Dame et la Sorbonne17 est assuré par le chancelier, dignitaire du chapitre qui est également chancelier de l’Université.

    50Mais certains chanoines, à titre personnel, remplissent d’autres fonctions. Ainsi, Pierre-Gervais Lefèvre d’Eaubonne, puis Marie-Joseph de Galard de Terraube, sont prieurs de Sorbonne. Élu chaque année parmi les bacheliers, le prieur est chargé de maintenir l’ordre au sein de la communauté. Il préside les assemblées, met en délibération les solutions aux cas de conscience qui sont décidées à la majorité, préside la soutenance des thèses « sorboniques », tient le registre de délibérations et signe les actes.

    51Plusieurs chanoines, successivement, font « par ordre du roi » fonction de syndic de la faculté de théologie, pour seconder le chancelier. À ce titre, ils sont mêlés aux affaires qui secouent le monde religieux, ainsi Edme Pirot avec le quiétisme, Léonor de Romigny avec la réception de la bulle Unigenitus, et Ambroise Riballier avec les Lumières (voir le chapitre v). Charles Adhenet est bibliothécaire de la Maison et Société de Sorbonne en 1766. Il semble que peu de chanoines aient été professeurs en Sorbonne, à l’exception d’Edme Pirot et de François-Charles Chevreuil.

    Censeurs royaux

    52Au début du xviie siècle, les livres religieux sont soumis à l’approbation préalable de deux docteurs de théologie de Paris, choisis par l’auteur ou par l’imprimeur. En 1623-1624, le Conseil du roi décide d’instituer par brevet quatre censeurs royaux, choisis parmi les docteurs. En 1629, le code Michau précise qu’ils sont nommés par le Chancelier. En 1664, la Sorbonne obtient de choisir ces quatre censeurs. Peu après, elle nomme pour remplir cette mission des docteurs en nombre illimité. Le chancelier Séguier retire à la faculté le droit exclusif de censure et nomme quatre censeurs qui mentionnent leur approbation en tête du livre. Mais ce système soulève des contestations de la part des parlements et de l’Église. Les directeurs de la Librairie, à la Chancellerie, sont amenés à donner des permissions tacites, qui ne protègent nullement les auteurs contre d’éventuelles poursuites du Parlement18.

    53À la charnière du siècle, deux chanoines remplissent cette fonction de censeur. Il s’agit de Pierre Courcier, chanoine de 1679 à 1713, théologal, et d’Edme Pirot, chanoine de 1702 à 1713. Ce dernier fut chargé d’interroger Mme Guyon, mystique française dont les doctrines quiétistes influencent Fénelon. Celui-ci choisit Edme Pirot comme examinateur de son livre : Explication des maximes des saints. Après s’être montré favorable, Edme Pirot suit l’avis de Bossuet et condamne l’ouvrage en 169819. Dans sa critique sur La politique tirée des propres paroles de l’Écriture Sainte de Bossuet, Edme Pirot conteste la place de l’Écriture dans un traité de politique et formule deux critiques touchant le droit de révolte contre le souverain et les rapports entre la puissance royale et la puissance ecclésiastique. Pour Edme Pirot, l’indépendance du pouvoir ecclésiastique ne doit pas porter atteinte au pouvoir royal20.

    54Un autre chanoine et censeur royal, Ambroise Riballier est célèbre pour la censure du Bélisaire, roman épique de Marmontel, en 1767. Voltaire s’attaque à lui en 1768, dans une satire sur Les trois empereurs en Sorbonne, qui « entrent dans l’étable où les docteurs fourés ruminaient saint Thomas et prenaient leurs degrés » et s’étonnent de se voir condamnés comme déistes, athées et impies. Dans l’avertissement de l’édition de Kehl, qui précède ce texte, il est précisé que « Ribalier, syndic de Sorbonne, dont on parle dans cette satire, est un homme de mœurs douces, assez tolérant, qui céda malgré lui dans cette circonstance au délire théologique de ses confrères. Il avait à se faire pardonner sa modération à l’égard des jansénistes ; & pour l’expier, il se mit à persécuter un peu les gens raisonnables21 ».

    55Charles Adhenet, quant à lui, est d’abord bibliothécaire de la Sorbonne en 1766, avant de devenir censeur royal en 1767, puis chanoine de Notre-Dame en 1771.

    56En 1784, l’Almanach royal mentionne trois chanoines de Notre-Dame comme censeurs royaux en matière de théologie, Charles Adhenet, François-Charles Chevreuil et Ambroise Riballier qui décède l’année suivante.

    Membres des assemblées générales du clergé

    57Depuis le Moyen Âge, en contrepartie d’immunités fiscales, le clergé de France a accepté de verser au roi des subsides. Le contrat de Poissy, en 1561, entre le roi et le clergé, prévoit la levée de décimes ordinaires sur les bénéfices ecclésiastiques et les communautés religieuses, destinées à payer les arrérages des rentes constituées sur l’Hôtel de Ville de Paris et à l’amortissement de la dette du clergé. Puis le roi demande un « don gratuit » en 1621 pour financer la lutte contre les huguenots, en 1636 pour la défense du royaume. Son montant ne cesse de croître de 1715 à 1788. En 1780, il s’élève même à 30 millions de livres en raison de la guerre d’Amérique.

    58Le montant est fixé lors des assemblées générales du clergé qui ont lieu tous les cinq ans, avec une alternance entre les « grandes assemblées » composées de quatre députés par province, pour le renouvellement du contrat passé avec le roi, et les « petites assemblées », composées de deux députés seulement par province, pour vérifier les comptes. Pour réunir les fonds promis au roi, le clergé lève alors des décimes extraordinaires, puis recourt à l’emprunt.

    59Les assemblées générales veillent aussi sur les intérêts généraux du clergé, particulièrement pour éviter toute autre imposition et l’appel des clercs devant les parlements. La commission des affaires de religion traite de diverses questions, au cours de la période, touchant les relations avec les protestants et l’application de l’édit de Fontainebleau, la querelle janséniste et la réception de la bulle Unigenitus, le règlement des réguliers.

    60Les élections à l’assemblée générale se font à deux degrés. Dans chaque diocèse, tous les bénéficiers élisent un représentant du second ordre à l’assemblée provinciale. Chacune des 14, puis 18 provinces ecclésiastiques, élit deux ou quatre députés pour former l’assemblée générale du clergé. La majorité des députés du second ordre sont des chanoines, des vicaires généraux ou des abbés commendataires22. Au cours du siècle, plusieurs chanoines de Notre-Dame ont été députés aux assemblées générales du clergé. On peut citer :

    • Jean-Baptiste-Charles Des Friches de Brasseuse de Pressigny en 1705 ;

    • François-Philippe Morel en 1707 ;

    • Bonaventure Bauyn en 1734 ;

    • François Guillot de Montjoye en 1755 ;

    • Bernard-Augustin Aubert de Tourny en 1758 ;

    • Jean-Baptiste-Gabriel Le Corgne de Launay en 1765

    • François-Charles-Antoine de Beaumont d’Autichamp en 1772.

    61Pierre Courcier, quant à lui, est secrétaire de l’assemblée générale du clergé exceptionnelle, convoquée par le roi en 1681-1682, qui définit les libertés de l’Église gallicane, à la suite de l’affaire de la régale. Ce texte est à l’origine de vives tensions dans les relations entre la France, le roi et le clergé d’une part, et Rome d’autre part23.

    Agents généraux du clergé

    62Les assemblées générales du clergé sont convoquées par le roi, par l’intermédiaire des agents généraux du clergé qui sont chargés, en outre, d’assurer le bon déroulement des séances et le suivi des décisions entre les réunions. Deux agents généraux du clergé sont élus par les assemblées provinciales, pour une période de cinq ans entre deux assemblées générales.

    63Parmi les agents généraux du clergé, on peut noter les noms de sept membres du chapitre :

    • Hardouin Fortin de La Hoguette, chanoine de 1665 à 1671, agent général de 1670 à l’assemblée de 1675 qui se tint à Saint-Germain-en-Laye, évêque de Saint-Brieuc en 1675, de Poitiers en 1680, archevêque de Sens en 1685 ;

    • Jacques Desmaretz, agent général de 1680 à 1685, évêque de Riez en 1685, d’Auch en 1713 ;

    • Louis-Balthasar Phélypeaux d’Herbault, chanoine de 1694 à 1713, agent général de 1702 à 1705, évêque de Riez en 1713 ;

    • Charles-Guillaume de Maupeou, chanoine de 1713 à 1720, agent général de 1715 à 1720, nommé évêque de Vannes en 1719 et de Lombez en 1720 ;

    • Aymard-Chrétien-François-Michel de Nicolaÿ, chanoine de 1739 à 1754, agent général de 1745 à 1750, évêque comte de Verdun en 1754 ;

    • Joseph-Jean-Baptiste-Gaspard-Hubert de Coriolis d’Espinouse, chanoine de 1734 à 1762, agent général de 1750 à 1755, promoteur de l’assemblée générale du clergé en 1755 ;

    • César-Guillaume de La Luzerne, chanoine de 1754 à 1770, agent général de 1765 à 1770, évêque duc de Langres en 1770.

    64À la lecture de cette liste, on constate donc que cette fonction élective est le prélude à l’épiscopat, sauf pour Coriolis d’Espinouse.

    65Pour connaître l’action personnelle de ces chanoines, il faudrait dépouiller les rapports qu’ils établissent à l’issue de leur mission de cinq ans, par exemple pour les périodes 1745-1750 et 1765-1770. On voit qu’ils interviennent personnellement dans toutes les grandes questions touchant le clergé, comme Aymard-Chrétien-François-Michel de Nicolaÿ en relation avec l’ambassadeur extraordinaire de Malte en 1746-1750 et César-Guillaume de La Luzerne qui s’attaque aux réquisitoires des parlements au sujet des immunités fiscales du clergé, et particulièrement en 1766 à M. de Castillon, avocat général au Parlement d’Aix24.

    Membres des chambres ecclésiastiques

    66La répartition des subsides dus au roi entre les diocèses est réalisée par les assemblées générales du clergé. Puis les bureaux diocésains des décimes répartissent la taxe du diocèse entre les bénéfices. Une chambre ecclésiastique tranche les litiges relatifs à leur perception, au niveau du diocèse. Les chambres souveraines des décimes reçoivent les appels contre les décisions des bureaux diocésains. Puis les litiges relatifs aux décimes sont tranchés, en dernière instance, par l’assemblée générale du clergé25.

    67La répartition se fait en fonction « d’un département général des décimes » datant de 1516, revu en 1641 et 1646. Puis le chapitre, le 28 mars 1730, déclare ses biens et revenus en application de la décision de l’assemblée générale du clergé du 12 décembre 1726 en vue d’une nouvelle répartition des charges entre les diocèses26. Une nouvelle répartition intervient en 1765, sur la base de déclarations de 1757.

    68Des chanoines de l’Église métropolitaine font partie régulièrement de la chambre ecclésiastique du diocèse de Paris27 :

    • Jean-Baptiste Des Friches de Brasseuse de Pressigny, 1702-1717 ;

    • Jean Vivant, avant 1709-1712 ;

    • Claude-Antoine Chevalier, 1711-1730 ;

    • Guillaume Menguy, 1713-1728 ;

    • Jacques-Alain de Gontaut, 1717-1732

    • Anne-Jacques de La Croix, 1729-1738,

    • Louis-Abraham d’Harcourt-Beuvron, 1733-1750 ;

    • Jean-Cyprien de Saint-Exupéry, 1739-1758 ;

    • Jean-Antoine d’Agoult, 1748-1769 ;

    • Charles-Guillaume Morin du Marais, syndic, 1764-1790 ;

    • Bernard Gauget, greffier, 1759-1769 ;

    • Claude de Tudert, 1769-1779 ;

    • Flotard de Montagu de Beaune, 1781-1790 ;

    • Jean-Baptiste Desplasses, 1785-1790 ;

    69Sont membres de la chambre souveraine du clergé28 :

    • Charles de La Grange-Trianon, avant 1710-1733 ;

    • Philibert Lorenchet, avant 1710-1746 ;

    • Claude de Tudert, 1748-1769 ;

    70Au cours du siècle, on peut citer29 :

    • Diocèse de Paris : Pierre Fumée avant 1710 à 1739, Claude de Tudert de 1740 à 1747, Louis de Corberon de 1748 à 1770, Jean-Antoine-Benoît-Bruno de Malaret de 1772 à 1790 ;

    • Diocèse de Chartres : François Bochart de Saron, avant 1710 à 1725 ;

    • Diocèse de Blois : Augustin-Charles Perrochel, avant 1710 à 1728 ;

    • Diocèse de Boulogne : Hyacinthe Chevalier de 1720 à 1730 ;

    • Diocèse de Châlons : Antoine Dorsanne, avant 1710 à 1728 ;

    • Diocèse de Nevers : Michel de La Roche, avant 1710 à 1724 ;

    • Diocèse de Noyon : Mathurin Brochant de 1711 à 1733.

    71Les membres du chapitre de Notre-Dame peuvent être députés d’un autre diocèse que celui de Paris, à la condition d’y posséder un bénéfice.

    Vicaires généraux de l’archevêque

    72Régulièrement, l’archevêque fait appel à des membres du chapitre pour l’assister dans la gestion du diocèse. Mgr de Beaumont nomme Jean-Baptiste Le Corgne de Launay en 1774. En 1782, Mgr de Juigné nomme François-Charles Chevreuil, Charles-Antoine-Henri Du Valk de Dampierre, Jean-Baptiste Robinault du Bois-Basset, Joseph-Jean-François de La Grange-Gourdon de Floirac, puis en 1783 Jean-Baptiste-Marie de La Bintinaye. La situation de Louis-Aimé de Bourbon est quelque peu différente, car nommé chanoine honoraire en 1783, vicaire général en 1784, il part pour Rome en 1785 et décède en Italie en 1787. En 1790, on en répertorie cinq30. Jean-Antoine-Benoît-Bruno de Malaret est vicaire général de Mgr de Belloy de 1802 à 1805.

    Supérieurs de communautés

    73Plusieurs chanoines assument également la direction spirituelle de communautés religieuses, à Paris ou dans les localités voisines. Il en est ainsi de :

    • Claude Blouin, supérieur de l’hôpital des Enfants-Rouges à Paris qui recueille des orphelins ;

    • Sébastien-Michel Camiaille, supérieur de la confrérie de Saint-Augustin, à Notre Dame (1790) ;

    • Guillaume Delamarre, supérieur des Ursulines d’Argenteuil (1697) ;

    • Joachim Gilbert, supérieur de l’abbaye de Port-Royal et de l’Hôtel-Dieu ;

    • François Hennequin, supérieur de la communauté des ecclésiastiques du Mont-Valérien ;

    • Philippe de La Roche, supérieur du séminaire de la Sainte-Famille à Paris, dit des Trente-Trois ;

    • Pierre-Gervais Lefèvre d’Eaubonne, nommé par le cardinal de Noailles supérieur de plusieurs maisons religieuses pour favoriser leur renouvellement ;

    • Nicolas Parquet, supérieur du collège de Sainte-Barbe.

    74Antoine Dorsanne, Bernard Couët et Nicolas Parquet jusqu’en 1757 se succèdent à l’hôpital des Enfants-Trouvés. Participe à l’administration de l’hôpital de la Miséricorde Louis Courcier, et Philibert Lorenchet à celle de l’hôpital des Quinze-Vingts.

    Membres des officialités

    75Des juridictions ecclésiastiques contentieuses existent dans les diocèses, sous l’autorité de l’évêque ou de l’archevêque, ainsi qu’au niveau des provinces ecclésiastiques. Les officiaux doivent être prêtres, gradués en droit canonique ou en théologie, et français. Les offices des juges ecclésiastiques sont gratuits depuis le premier tiers du xviie siècle. Leurs pouvoirs durent autant que ceux de l’évêque au nom duquel ils exercent la justice, même si l’usage veut qu’ils restent en fonction après la nomination du nouvel évêque31.

    76En principe, le chapitre peut révoquer et remplacer ces juges lors de la vacance du siège. Ainsi, en 1729, au décès du cardinal de Noailles, le chapitre publie un mandement pour nommer et instituer des officiers de l’officialité du diocèse de Paris : « Et comme il n’est pas moins nécessaire que vous soyez informés du choix que nous avons fait de ceux qui doivent exercer en notre nom la jurisdiction contentieuse pendant la vacance du siège archiépiscopal, à ces causes, faisons sçavoir que ledit jour 4 de ce mois, avons nommé et institué Messieurs Bernard Couet official, Artus Timoleon de Barcos vice-régent, Claude Antoine Chevalier promoteur, tous trois chanoines de notre Église et M. A. Ysabeau, avocat au Parlement, greffier de l’officialité32. »

    77Les juges d’Église appliquent le droit canonique, mais aussi les lois civiles. L’édit d’avril 1695 dans son article 34, stipule que la connaissance des causes concernant les sacrements, les vœux de religion, l’office divin, la discipline ecclésiastique et autres de nature purement spirituelle, appartient aux juges d’Église. Les causes bénéficiales dépendent, en grande partie33, des tribunaux laïcs. Au criminel, leur compétence est très limitée, car les procès concernant les clercs lui échappent, si l’accusé encourt une peine afflictive ou infamante.

    78La carrière de ces juges est relativement longue, en moyenne plus de dix ans, comme : Jean-Antoine-Benoît-Bruno de Malaret, promoteur de l’officialité métropolitaine et diocésaine en 1762, official de 1763 à 1768, puis official du chapitre de 1776 à 1779 et de 1782 à 1790 ; Jean-Baptiste Robinault du Bois-Basset, vice-gérent de l’officialité métropolitaine et diocésaine de 1765 à 1768, official métropolitain et diocésain de 1769 à 1776, official métropolitain de 1776 à 1782, puis official du diocèse de 1782 à 1789 ; et surtout Nicolas Regnauld, official métropolitain et diocésain de 1730 à 1761.

    Quitter le chapitre

    79La grande majorité des chanoines termine sa carrière ecclésiastique comme membre du chapitre de Notre-Dame. Mais quelques-uns deviennent titulaires d’une paroisse parisienne et quelques autres accèdent à l’épiscopat.

    Devenir curé

    80Deux chanoines ont poursuivi leur carrière ecclésiastique comme titulaire d’une cure parisienne. Il s’agit tout d’abord de Jean Vivant, chanoine de Notre-Dame de 1698 à 1710. À cette date, âgé de 50 ans, il devient curé de Saint-Merry dont le collateur est le chapitre de Notre-Dame. Selon le pouillé de 1730, le revenu de cette cure est estimé à 5 400 livres dont 500 livres pour la prébende canoniale unie à la cure. On est loin des 20 700 livres de Saint-Sulpice ou des 19 100 livres de Saint-Eustache, à la même époque. Mais il s’agit d’une étape dans la carrière de ce clerc. Après sept années d’exercice, il résigne sa cure en faveur de son neveu Louis Mettra, avant de devenir chanoine doyen de Saint-Germain-l’Auxerrois en 1721, puis de poursuivre sa carrière à Strasbourg34.

    81Le cursus de Nicolas Parquet est différent. Chanoine de 1724 à 1731, il devient curé de Saint-Nicolas-des-Champs jusqu’en 1745. Cette nomination par Mgr de Saint-Albin, archevêque de Cambrai, est faite sans doute à la demande de Mgr de Vintimille, archevêque de Paris. Il s’agit d’une riche cure dont le revenu est estimé, selon le pouillé de 1730, à 12 700 livres. Nicolas Parquet meurt en 1757, à 68 ans, sans avoir eu d’autre bénéfice pendant les douze dernières années de sa vie35.

    82Il est difficile d’apprécier les motifs qui ont conduit ces deux chanoines à quitter le chapitre à 50 ou 42 ans, pour être curé pendant sept ou quatorze ans. Tous deux étaient peut-être attirés par le ministère paroissial, plus dynamique. Mais des raisons financières ont pu les influencer, surtout Nicolas Parquet.

    83Un troisième chanoine quitte le chapitre de façon analogue. Il s’agit de Martial Melon de Pradou qui devient curé de Saint-Germain-en-Laye en 1786 à 49 ans, après douze ans passés au chapitre de Notre-Dame. Il est remplacé par François-Marie Melon de Pradou, son neveu. Il semble que Martial Melon de Pradou se soit rapidement fait apprécier dans ses nouvelles fonctions. Aussi il est élu député aux États généraux en 1789, mais semble peu intervenir lors des séances de l’Assemblée, auxquelles il participe. Il accompagne le roi lors du retour de celui-ci dans la capitale, le 6 octobre 178936.

    Un autre canonicat

    84Cette situation est exceptionnelle, car le prestige du chapitre de Notre-Dame est beaucoup plus important que celui des autres chapitres cathédraux. Cependant, en 1758, après vingt-huit ans de canonicat de l’Église de Paris, Jean-François Denison devient chanoine de Saint-Merry jusqu’à sa mort qui survient en 1759. Louis-Jean-François Rivière, qui le remplace à Notre-Dame, était précédemment chanoine de Saint-Merry. Il y a donc eu permutation.

    85En 1764, quand Olivier-François Urvoy de La Motte quitte le chapitre de Notre-Dame, pour devenir scolastique du chapitre cathédral de Nantes, il permute également avec Nicolas de Luker, chanoine de Nantes, qui le remplace.

    86Joseph de Galard de Saldebru, après onze mois passés au chapitre de Notre-Dame de Paris en 1775-1776, quitte la capitale pour Lectoure où il est grand chantre et vicaire général.

    87Après la Révolution, quelques chanoines sont appelés à faire partie du nouveau chapitre. Mais ils sont peu nombreux, d’autant que l’effectif de ce nouveau chapitre est beaucoup plus restreint, comme cela est précisé dans la conclusion. Et Xiste-Louis-Constant de Roux de Bonneval devient chanoine de Saint-Étienne à Vienne dans la cathédrale autrichienne en 1808 ; mais il s’agit bien évidemment d’un cas exceptionnel, justifié par les événements.

    Accéder à l’épiscopat

    88La poursuite d’une carrière ecclésiastique à la tête d’un diocèse est relativement rare, sans être exceptionnelle. En effet, elle concerne 20 membres du chapitre de Notre-Dame, sur l’ensemble de la période.

    89La nomination des évêques est un acte important dans la mesure où ils constituent « le premier corps du premier ordre de l’État37 ». On peut sans doute reprendre la formule de François Bluche : « En réalité, si, dans “ce grand corps” de l’épiscopat, sur ce point protégé par son recrutement aristocratique, ne régnait pas un arrivisme vulgaire, il y fleurissait en revanche une ambition distinguée38. » Chargé de ce choix, le souverain, en général, privilégie, parmi l’ensemble des prêtres, des membres de la noblesse qui appartiennent déjà à des chapitres cathédraux, détiennent des bénéfices et occupent certaines responsabilités dans l’administration de l’un ou l’autre des diocèses. Le roi adresse un brevet au candidat. Un dossier complet sur sa carrière et ses qualités est établi par la nonciature et transmis au Saint-Siège. L’évêque nommé signe une profession de foi imposée par le concile de Trente. Ensuite, le pape fulmine les bulles qui permettent au futur évêque d’être consacré, puis mis en possession de son évêché. C’est la Chambre des comptes de Paris qui enregistre le serment de fidélité au roi.

    90La liste des chanoines devenus évêques permet de déceler certains critères qui ont pu être déterminants :

    • Hardouin Fortin de La Hoguette, chanoine de 1665 à 1671, évêque de Saint Brieuc en 1675, de Poitiers en 1680, archevêque de Sens en 1685 ;

    • Cyprien-Gabriel Bénard de Rezay, chanoine de 1684 à 1691, évêque d’Angoulême nommé en 1689, sacré en 1692 ;

    • Pierre Du Cambout de Coislin, chanoine de 1647 à 1665, évêque d’Orléans en 1665, cardinal en 1697 ;

    • Jacques Desmaretz, chanoine en 1679, évêque de Riez en 1685, sacré en 1694, archevêque d’Auch en 1713 ;

    • François Bochart de Saron, chanoine honoraire, évêque de Clermont en 1687 ;

    • Louis-Balthasar Phélypeaux d’Herbault, chanoine de 1694 à 1713, évêque de Riez en 1713 ;

    • Charles-Guillaume de Maupeou, chanoine de 1713 à 1720, évêque de Vannes en 1719, de Lombez en 1720 ;

    • Pierre de Pardaillan de Gondrin d’Antin, chanoine de 1710 à 1712, évêque-duc de Langres en 1724 ;

    • Jean Vivant, chanoine de 1698 à 1710, évêque titulaire de Paros et auxiliaire de l’évêque de Strasbourg en 1729 ;

    • Bonaventure Bauyn, chancelier du chapitre de 1728 à 1736, évêque d’Uzès de 1736 à 1779, doyen des évêques de France ;

    • Antoine-René de La Roche de Fontenille, chanoine de 1722 à 1737, évêque de Meaux en 1737 ;

    • Henri-Marie-Bernardin de Rosset de Rocozel de Ceilhes, chanoine de 1733 à 1737, archevêque de Tours en 1750, archevêque de Cambrai, prince du Saint Empire, en 1774 ;

    • Aymard-Chrétien-François-Michel de Nicolaÿ, chanoine de 1739 à 1754, évêque-comte de Verdun en 1754 ;

    • Gabriel-François Moreau de Vignoles, chanoine de 1737 à 1759, évêque de Vence en 1758, de Mâcon en 1763, d’Autun en 1802 ;

    • César-Guillaume de La Luzerne, chanoine de 1754 à 1770, évêque-duc de Langres de 1770 à 1801, puis en 1817, cardinal en 1817 ;

    • Aymard-Claude de Nicolaÿ, chanoine de 1758 à 1771, évêque de Béziers de 1771 à 1801 ;

    • Léon-François-Ferdinand de Salignac de La Mothe-Fénelon, chanoine de 1758 à 1771, évêque de Lombez en 1771 ;

    • Louis-Emmanuel de Cugnac, chanoine de 1755 à 1772, évêque de Lectoure en 1772 ;

    • Marie-Joseph de Galard de Terraube, chanoine de 1761 à 1774, évêque du Puy en 1774 ;

    • Charles-Antoine-Henri Du Valk de Dampierre, chanoine de 1782 à 1790, évêque de Clermont en 1802.

    91La confrontation de différentes dates montre que ces chanoines devenus évêques ont une carrière canoniale assez rapide. Selon les informations partielles concernant 17 chanoines, ils sont pourvus d’une prébende, ou d’une demi-prébende pour deux d’entre eux, à 23 ans et demi, alors que l’âge moyen d’accession au canonicat, pour l’ensemble de la population examinée, est un peu supérieur à 33 ans. Ils quittent le chapitre pour devenir évêque, toujours en moyenne, à 38 ans, au lieu de 55 ans comme l’ensemble des chanoines. La durée moyenne de leur canonicat est de douze ans, au lieu de vingt et un ans en général. Mais ce passage peut être plus bref. Pierre de Pardaillan de Gondrin d’Antin devient évêque-duc de Langres après deux ans de canonicat, Cyprien-Gabriel Bénard de Rezay évêque d’Angoulême, après cinq ans. Hardouin Fortin de La Hoguette et Charles-Guillaume de Maupeou deviennent évêques après six ans passés au chapitre.

    92Devenus évêques à 38 ans, ils le demeurent près de trente ans. Mais Gabriel-François Moreau de Vignoles reste 43 ans à la tête de deux évêchés successifs et Pierre de Pardaillan de Gondrin d’Antin n’occupe ce poste que neuf ans. La grande majorité conserve la qualité d’évêque jusqu’à la mort. Il existe quelques exceptions, pour partie dues à des événements historiques. Léon-François-Ferdinand de Salignac de La Mothe-Fénelon se démet en 1787 et meurt peu après. Les évêchés de Louis-Emmanuel de Cugnac et de Gabriel-François Moreau de Vignoles sont supprimés en 1790. Marie-Joseph de Galard de Terraube refuse de démissionner de son siège en 1801. Seul, César-Guillaume de La Luzerne retrouve son évêché en 1817.

    93On dispose de données comparables pour les chanoines de Bretagne39. Les 19 nouveaux évêques quittent leur compagnie après douze ans et demi de canonicat, chiffre très proche de celui qui est observé à Paris. La durée de leur épiscopat se limite à vingt et un ans, sans que l’on puisse apprécier la raison d’une telle différence.

    94La formation ne paraît pas avoir joué un rôle déterminant, même si 11 sont docteurs en théologie.

    95Si on examine la carrière de ces ecclésiastiques avant leur nomination, on constate qu’ils ont rempli des fonctions importantes. Ainsi, six ont été agents généraux du clergé : Hardouin Fortin de La Hoguette de 1670 à 1675, Jacques Desmaretz de 1680 à 1685, Louis-Balthasar Phélypeaux d’Herbault de 1702 à 1705, Charles-Guillaume de Maupeou de 1715 à 1720, Aymard-Chrétien-François-Michel de Nicolaÿ de 1745 à 1750, César-Guillaume de La Luzerne de 1765 à 1770. Le remplacement d’un agent général du clergé nommé à la tête d’un diocèse est expressément prévu. Lors de son départ, l’assemblée générale du clergé lui offre un cadeau et peut demander la gratuité des bulles de nomination. Seul, Joseph-Jean-Baptiste-Gaspard-Hubert de Coriolis d’Espinouse n’accède pas à l’épiscopat.

    96D’autres sont vicaire général d’un autre diocèse, comme Louis-Emmanuel de Cugnac à Bayeux, Marie-Joseph de Galard de Terraube à Senlis, César-Guillaume de La Luzerne à Narbonne, Antoine-René de La Roche de Fontenille à Amiens, Aymard-Claude de Nicolaÿ à Verdun puis à Reims, Léon-François-Ferdinand de Salignac de La Mothe-Fénelon à Évreux. Henri-Marie-Bernardin de Rosset de Rocozel de Ceilhes est vicaire général de son frère Pierre, en 1746, quand celui-ci devient évêque de Chartres, jusqu’à son épiscopat en 1750. Et Jean Vivant, après avoir quitté son canonicat de Notre-Dame, puis sa cure de Saint-Merry et son décanat de Saint-Germain-l’Auxerrois, est vicaire général et official de Strasbourg, avant de devenir évêque auxiliaire de Strasbourg, avec le titre d’évêque in partibus de Paros.

    97Plusieurs ont fait partie de la Maison du roi, comme Pierre Du Cambout de Coislin, premier aumônier du roi depuis 1653, qui devient en 1665 évêque d’Orléans, en 1697 cardinal et en 1700 grand aumônier de France. Grand dignitaire de la Maison du roi, à ce titre, il dirige la chapelle du roi, organise le service religieux, distribue les aumônes du roi. Il a sous ses ordres le premier aumônier, l’aumônier ordinaire, le confesseur du roi, des chapelains et des clercs. Il célèbre le mariage des princes et des princesses du sang, comme celui d’Élisabeth-Charlotte d’Orléans, nièce de Louis XIV, avec Léopold, duc de Lorraine, en 1698, à Fontainebleau. Considéré comme « familier du roi depuis l’enfance », petit-fils du chancelier Séguier, d’une famille apparentée à Richelieu, il est évident que cet ensemble de relations a eu une influence sur cette carrière exceptionnelle40.

    98Sans pouvoir évoquer de dynasties épiscopales, on peut constater des relations familiales qui peuvent, peut-être, avoir influencé ces carrières. Ainsi, Jacques Desmaretz, frère de Vincent-François, évêque janséniste de Saint-Malo, est sacré par son cousin Jacques-Nicolas Colbert, alors archevêque coadjuteur de Rouen. Henri-Marie-Bernardin de Rosset de Rocozel de Ceilhes est frère de Pierre-Augustin-Bernardin, évêque de Chartres, et petit-neveu du cardinal ministre André-Hercule de Fleury. Pierre Du Cambout de Coislin est l’oncle d’Henri-Charles, évêque de Metz. François Bochart de Saron est le cousin de Guillaume, évêque de Valence. Léon-François-Ferdinand de Salignac de La Mothe-Fénelon est le petit-neveu de l’archevêque de Cambrai.

    99D’autres liens familiaux ont sans doute facilité ces carrières. Les chanoines devenus évêques sont souvent issus de famille noble, ayant plusieurs parlementaires parmi ses membres comme les Nicolaÿ. Pierre de Pardaillan de Gondrin d’Antin est le petit-fils de la marquise de Montespan et fils du duc d’Antin. Pierre Du Cambout de Coislin est le petit-fils du chancelier Séguier, apparenté au cardinal de Richelieu. César-Guillaume de La Luzerne est le petit-fils du président de Lamoignon et neveu de Malesherbes, défenseur de Louis XVI.

    100Dans les chapitres de province, qu’il s’agisse de Guyenne ou de Bretagne, une illustre naissance favorise, certes, l’accès à l’épiscopat, mais ces cas sont plus rares en raison même des origines familiales moins prestigieuses. Il apparaît que la qualité du candidat influe davantage sur le recrutement. Mais, seuls 2 % ou 3 % des chanoines de ces provinces deviennent évêques, proportion faible par rapport aux 7 % des chanoines de Notre-Dame ayant terminé leur carrière à la tête d’un diocèse. Ceci explique, certainement pour partie, le prestige de ce chapitre et le nombre de candidats à chaque canonicat.

    Vie civile et carrière militaire

    101Quelques chanoines abandonnent l’état ecclésiastique. En 1709, Noël-François de Brion, âgé de 35 ans, chanoine depuis 1690, quitte le chapitre et se marie en 1714 avec Marie-Agnès de Pomereu. Deux chanoines s’orientent vers une carrière militaire après leur départ du chapitre : Jules-Adrien de Noailles entre au chapitre à 14 ans, y passe un peu moins de quatre ans, puis prend le parti des armes sous le titre de comte de Noailles, lieutenant de la province d’Auvergne, colonel au régiment de Noailles, et décède prématurément à 20 ans de la petite vérole. Conrad-Alexandre Bochart de Champigny, devenu chanoine à 15 ans, démissionne à 18 ans, devient lieutenant des Gardes françaises et épouse à 34 ans Adélaïde-Catherine-Renée de Bérulle. Tous trois sont de simples clercs. Et on peut penser que leur vocation ecclésiastique était peu affirmée.

    102Pendant la Révolution, Joseph de Galard de Saldebru, chanoine de Notre-Dame en 1775-1776, puis de Lectoure, séjourne à Bordeaux où il est comptable et se marie, avant d’être exécuté le 17 février 1794. Il est le seul à avoir reçu le sacrement de l’ordre. Les événements ont sans doute été déterminants pour entraîner son retour à la vie civile41.

    103Quand on examine la carrière des membres du chapitre de Notre-Dame, on perçoit mieux les raisons de l’importance de cette institution dans le clergé français. Avant leur nomination et surtout pendant leur canonicat, ils sont appelés à remplir d’autres fonctions religieuses, mais aussi dans la société civile. Et une vingtaine poursuit une carrière épiscopale après un passage plus ou moins long au chapitre de Notre-Dame. Mais il ne faut pas oublier que ces ecclésiastiques vivent à l’époque des Lumières, époque marquée par des crises religieuses.

    Notes de bas de page

    1AN, LL 23219, 2 avril 1740, fo 37-41.

    2NDLE. Étaient chanoines de Saint-Jean-le-Rond : Louis Charlot, Simon Cosme, Henri de La Janière et François Vasselin ; La Janière et Vasselin étaient en même temps curés de Saint-Jean-le-Rond, le titre curial étant annexé à un canonicat et prébende. Étaient chanoines de Saint-Denis-du-Pas : Jean-Nicolas André, Jean Chevalier, Charles-Gaspard Defoy, Jacques-Nicolas Duchesne, Antoine d’Enguillaucourt, Pierre Faure, Pierre Pierrot et François Nadal. Il y avait une certaine perméabilité entre les deux communautés de chanoines comme le montre la carrière de François Vasselin : d’abord chanoine de Saint-Denis-du-Pas, il est choisi par le chapitre de Notre-Dame comme curé chanoine de Saint-Jean-le-Rond en 1733, puis enfin comme chanoine de Saint-Aignan en 1738. Jean Mignon était maître de musique et de symphonie à Notre-Dame, Pierre Nicolle chanoine de Saint-Denis-du-Pas.

    3NDLE. À la mort du curé de Sainte-Marguerite, Goy, le 13 janvier 1738 (mois de rigueur), Dugard réclama la cure comme gradué nommé. Il eut plusieurs concurrents ; un procès s’engagea au Châtelet. S’étant fait pourvoir d’un canonicat à Notre-Dame en 1740, Dugard se désista de l’instance pour la cure de Sainte-Marguerite le 1er juillet 1740 (voir Dainville-Barbiche Ségolène de, Devenir curé à Paris, op. cit., p. 191 et 263). Sur l’accession de Riquet de Caraman à un canonicat de Notre-Dame après avoir été pourvu de la cure de Saint-Germain-l’Auxerrois, voir la présentation, p. 26-27.

    4Michaud Louis-Gabriel, Biographie universelle ancienne et moderne, Paris, Desplaces, 2e éd., 1843-1865, t. 27, p. 428.

    5Pellegrin Élisabeth, « Bernard Collot et les manuscrits du collège de Fortet », Bibliothèque de l’École des chartes, 1965, p. 196-199.

    6NDLE. Nous en avons retrouvé un autre : Louis-Sylvestre de La Châtre, qui fut d’abord capitaine de dragons et changea de vocation après avoir tué un adversaire en duel.

    7NDLE. Pour être conseiller clerc ou laïc au parlement de Paris, il fallait obligatoirement être licencié en droit et inscrit comme avocat au Barreau. Mais d’après François Bluche, ces études de droit étaient souvent bâclées ; un étudiant déjà docteur en théologie pouvait facilement obtenir des dispenses de temps d’étude (Bluche François, Les magistrats du parlement de Paris au xviiie siècle, Paris, Economica, 1986, p. 17 et 22-23). Le fait d’être inscrit au Barreau ne signifiait pas qu’on avait exercé la profession d’avocat. Remarquons que l’acte de réception de Farjonel d’Hauterive au chapitre de Notre-Dame le 24 octobre 1738 ne mentionne que son grade de docteur en théologie.

    8AN, V1 329, pièce 21.

    9AN, MC, étude XIV, 374, 24 avril 1762.

    10AN, V1 301, pièce 197, provisions de l’office de conseiller clerc de Claude de Tudert, 16 août 1735.

    11AN, V1 314, pièce 210, provisions de l’office de conseiller clerc de Claude-François Moreau de Nassigny, 17 janvier 1738.

    12Bluche François, Les magistrats du Parlement de Paris au xviiie siècle, op. cit., p. 167.

    13Bluche François, L’origine des magistrats du Parlement de Paris au xviiie siècle. Dictionnaire généalogique, Paris, Patrice du Puy, 2004 (2e éd. revue et augmentée). – NDLE. Pour la période 1771 à 1790, voir Félix Joël, Les magistrats du Parlement de Paris (1771-1790). Dictionnaire biographique et généalogique, Paris, Sedopols, 1990.

    14AN, V1 314, pièce 210.

    15Bluche François, Les magistrats du Parlement de Paris au xviiie siècle, op. cit., p. 215.

    16Lacombe Bernard de, La résistance janséniste et parlementaire au temps de Louis XV : l’abbé Nigon de Berty, 1702-1772, Paris, Société du grand armorial de France, 1948.

    17NDLE. Le terme « Sorbonne » est ambigu. Il désignait non seulement le collège fondé par Robert de Sorbon mais aussi la faculté de théologie de l’université de Paris, tout entière. Les locaux du collège servaient, en effet, de siège à la faculté de théologie de Paris ; celle-ci y tenait ses assemblées délibératives de docteurs. Les titulaires de chaires de théologie y donnaient leurs cours. Le terme de « prieur » correspond à des fonctions exercées au sein du collège de Sorbonne, celui de « syndic » correspond à des fonctions exercées soit auprès du recteur de l’université, soit auprès du doyen de la faculté de théologie.

    18Trenard Louis, « Censure », in François Bluche (dir.), Dictionnaire du Grand Siècle, Paris, Fayard, 1990, p. 288-289 ; Martin Henri-Jean, « Censure », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l’Ancien Régime, op. cit., p. 217-219.

    19Michaud Louis-Gabriel, Biographie universelle ancienne et moderne, op. cit., t. 33, p. 404.

    20Le Brun Jacques, « La Politique de Bossuet : les débats autour de sa publication d’après des documents inédits », in Anne-Élisabeth Spica (dir.), Bossuet à Metz (1652-1659). Les années de formation et leurs prolongements, Berne, Peter Lang, 2005, p. 277-289.

    21Voltaire, « Les trois empereurs en Sorbonne par M. l’abbé Caille », Œuvres complètes, Kehl, Imprimerie de la Société littéraire typographique, t. 14, 1784, p. 196.

    22Blet Pierre, « Assemblées du clergé », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l’Ancien Régime, op. cit., p. 93-96. – NDLE. Outre les assemblées générales ordinaires tous les cinq ans, il y eut beaucoup d’assemblées générales extraordinaires du clergé au xviiie siècle.

    23NDLE. La liste des chanoines de Notre-Dame députés aux assemblées générales du clergé de France peut être établie à partir de la publication suivante : Collection des procès-verbaux des assemblées générales du clergé de France depuis l’année 1560 jusqu’à présent, Paris, Desprez, 1767-1780, 10 vol. La publication s’arrête à l’assemblée générale de 1775 inclusivement. Pour la suite, il faut recourir aux procès-verbaux publiés à l’issue de chacune de ces assemblées ordinaires ou extraordinaires du clergé (la bibliothèque municipale de Lyon en possède une belle collection numérisée). Le procès-verbal de la dernière assemblée générale du clergé de France en 1788 a été publié en 2017 (Procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire du clergé de France, 1788, éd. Gérald Bray, Genève, Droz, 2017).

    24Blet Pierre, « Agents généraux du clergé », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l’Ancien Régime, op. cit., p. 40-42 ; Nicolay abbé de et Breteuil abbé de, Rapport de l’agence contenant les principales affaires du clergé, qui se sont passées depuis l’année 1745 jusqu’en l’année 1750, Paris, Desprez, 1750 ; La Luzerne abbé de et Cicé abbé de, Rapports de l’agence contenant les principales affaires du clergé, qui se sont passées depuis l’année 1765 jusqu’en l’année 1770, Paris, Desprez, 1774.

    25NDLE. En fait, bureaux diocésains et chambres ecclésiastiques diocésaines recouvrent la même juridiction : à l’échelon de chaque diocèse, le bureau diocésain répartissait les décimes entre les bénéficiers et jugeait en première instance les litiges ou les réclamations relatifs aux décimes. À Paris, le bureau diocésain était communément appelé « chambre ecclésiastique ». Les appels des bureaux diocésains étaient jugés par des chambres ecclésiastiques supérieures au nombre de huit au xviiie siècle. Leur ressort ne correspondait pas à celui des provinces ecclésiastiques. La chambre supérieure de Paris était compétente pour les diocèses de Paris, Sens, Orléans, Chartres, Meaux, Auxerre, Blois, Troyes, Reims, Laon, Châlons, Beauvais, Noyon, Soissons, Amiens, Boulogne, Senlis et Nevers. La Chambre ecclésiastique du diocèse de Paris comprenait toujours plusieurs dignitaires ou chanoines du chapitre de Notre-Dame ; ils restaient souvent longtemps en place. La chambre supérieure de Paris, appelée communément au xviiie siècle « Chambre souveraine du clergé de France », comprenait 3 conseillers clercs au Parlement, 18 conseillers commissaires députés (un pour chaque diocèse du ressort de la Chambre) et un promoteur général. Voir Durand de Maillane, Dictionnaire de droit canonique, op. cit., 1761, t. 1, p. 210-215, « Bureaux des décimes » ; Clémencet Suzanne, « Z1p. Chambre ecclésiastique des décimes », in Direction des Archives de France, Guide des recherches dans les fonds judiciaires de l’Ancien Régime, Paris, Imprimerie nationale, 1958, p. 363-367. L’Almanach royal n’indique qu’à partir de 1709 les noms des membres de la chambre ecclésiastique diocésaine de Paris et qu’à partir de 1710 ceux des membres de la chambre supérieure.

    26AN, S 7490, déclarations des biens du chapitre.

    27NDLE. Cette liste permet de constater que les doyens du chapitre se sont succédé ès qualité à la tête des membres de la chambre ecclésiastique du diocèse de Paris jusqu’en 1790.

    28NDLE. Comme conseillers clercs au parlement de Paris.

    29NDLE. Comme députés des diocèses du ressort de la Chambre.

    30NDLE. Voir la présentation, p. 65.

    31Cocatre Philippe, « Officiaux, officialités », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l’Ancien Régime, op. cit., p. 923-925. – NDLE. Il faut distinguer : l’officialité diocésaine à l’échelon du diocèse, l’officialité métropolitaine qui recevait les appels de l’officialité diocésaine de Paris et des officialités des diocèses du ressort de la province ecclésiastique de Paris, et l’officialité du chapitre de Notre-Dame (à ne pas confondre avec l’officialité diocésaine, le siège vacant, dont le personnel était nommé par le chapitre pour le temps de la vacance). Remarquons que Paris n’a pas toujours disposé de deux officialités distinctes : le même personnel servait tour à tour à l’officialité métropolitaine et à l’officialité diocésaine ; ce fut le cas sous l’épiscopat de Mgr de Beaumont jusqu’en 1776, date à laquelle il sépara les deux officialités. D’autre part, chapitre exempt, le chapitre de Notre-Dame avait droit d’avoir une officialité dont la juridiction s’étendait sur ses membres, les bénéficiers et le personnel de Notre-Dame ; voir Brézolles abbé de, Traité de la juridiction ecclésiastique contentieuse, t. 1, Paris, Desprez, 1769, p. 209 ; Alteroche Bernard d’, L’officialité de Paris à la fin de l’Ancien Régime (1780-1790), Paris, L.G.D.J., 1994, p. 15-17.

    32AN, LL 23214, 11 mai 1729, fo 67-68, Mandement de Messieurs les doyen, chanoines et chapitre de l’Église de Paris, pour la nomination et institution des officiers de l’officialité du diocèse de Paris, le siège vacant, Paris, De Lespine et Simon, 1729, 4 p.

    33NDLE. C’était le cas encore au xvie siècle où les juges d’Église pouvaient connaître des causes bénéficiales au pétitoire. Mais depuis le xviie siècle, ils étaient exclus de la connaissance des procès en matière bénéficiale, sauf s’il s’agissait d’opposition à l’union des bénéfices (Alteroche B. d’, L’officialité de Paris à la fin de l’Ancien Régime [1780-1790], op. cit., p. 82-84 ; Dainville-Barbiche Ségolène de, Devenir curé à Paris, op. cit., p. 369).

    34Dainville-Barbiche Ségolène de, Devenir curé à Paris, op. cit., p. 91-93 et 510-511.

    35Ibid., p. 92, 357-358 et 496.

    36Archives parlementaires, op. cit., t. 9, séance du 6 octobre 1789, p. 350.

    37Péronnet Michel, « Évêques », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l’Ancien Régime, op. cit., p. 524-525.

    38Bluche François, Les Français au temps de Louis XVI, Paris, Hachette, 2009, p. 171.

    39Charles Olivier, Chanoines de Bretagne, op. cit., p. 50.

    40NDLE. Maral Alexandre, « Le grand aumônier de France et le diocèse de la Chapelle royale sous Louis XIV », Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158 (2000), p. 475-506.

    41NDLE. Voir la présentation, p. 24-25.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0

    Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Rennes
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    ePub / PDF

    1AN, LL 23219, 2 avril 1740, fo 37-41.

    2NDLE. Étaient chanoines de Saint-Jean-le-Rond : Louis Charlot, Simon Cosme, Henri de La Janière et François Vasselin ; La Janière et Vasselin étaient en même temps curés de Saint-Jean-le-Rond, le titre curial étant annexé à un canonicat et prébende. Étaient chanoines de Saint-Denis-du-Pas : Jean-Nicolas André, Jean Chevalier, Charles-Gaspard Defoy, Jacques-Nicolas Duchesne, Antoine d’Enguillaucourt, Pierre Faure, Pierre Pierrot et François Nadal. Il y avait une certaine perméabilité entre les deux communautés de chanoines comme le montre la carrière de François Vasselin : d’abord chanoine de Saint-Denis-du-Pas, il est choisi par le chapitre de Notre-Dame comme curé chanoine de Saint-Jean-le-Rond en 1733, puis enfin comme chanoine de Saint-Aignan en 1738. Jean Mignon était maître de musique et de symphonie à Notre-Dame, Pierre Nicolle chanoine de Saint-Denis-du-Pas.

    3NDLE. À la mort du curé de Sainte-Marguerite, Goy, le 13 janvier 1738 (mois de rigueur), Dugard réclama la cure comme gradué nommé. Il eut plusieurs concurrents ; un procès s’engagea au Châtelet. S’étant fait pourvoir d’un canonicat à Notre-Dame en 1740, Dugard se désista de l’instance pour la cure de Sainte-Marguerite le 1er juillet 1740 (voir Dainville-Barbiche Ségolène de, Devenir curé à Paris, op. cit., p. 191 et 263). Sur l’accession de Riquet de Caraman à un canonicat de Notre-Dame après avoir été pourvu de la cure de Saint-Germain-l’Auxerrois, voir la présentation, p. 26-27.

    4Michaud Louis-Gabriel, Biographie universelle ancienne et moderne, Paris, Desplaces, 2e éd., 1843-1865, t. 27, p. 428.

    5Pellegrin Élisabeth, « Bernard Collot et les manuscrits du collège de Fortet », Bibliothèque de l’École des chartes, 1965, p. 196-199.

    6NDLE. Nous en avons retrouvé un autre : Louis-Sylvestre de La Châtre, qui fut d’abord capitaine de dragons et changea de vocation après avoir tué un adversaire en duel.

    7NDLE. Pour être conseiller clerc ou laïc au parlement de Paris, il fallait obligatoirement être licencié en droit et inscrit comme avocat au Barreau. Mais d’après François Bluche, ces études de droit étaient souvent bâclées ; un étudiant déjà docteur en théologie pouvait facilement obtenir des dispenses de temps d’étude (Bluche François, Les magistrats du parlement de Paris au xviiie siècle, Paris, Economica, 1986, p. 17 et 22-23). Le fait d’être inscrit au Barreau ne signifiait pas qu’on avait exercé la profession d’avocat. Remarquons que l’acte de réception de Farjonel d’Hauterive au chapitre de Notre-Dame le 24 octobre 1738 ne mentionne que son grade de docteur en théologie.

    8AN, V1 329, pièce 21.

    9AN, MC, étude XIV, 374, 24 avril 1762.

    10AN, V1 301, pièce 197, provisions de l’office de conseiller clerc de Claude de Tudert, 16 août 1735.

    11AN, V1 314, pièce 210, provisions de l’office de conseiller clerc de Claude-François Moreau de Nassigny, 17 janvier 1738.

    12Bluche François, Les magistrats du Parlement de Paris au xviiie siècle, op. cit., p. 167.

    13Bluche François, L’origine des magistrats du Parlement de Paris au xviiie siècle. Dictionnaire généalogique, Paris, Patrice du Puy, 2004 (2e éd. revue et augmentée). – NDLE. Pour la période 1771 à 1790, voir Félix Joël, Les magistrats du Parlement de Paris (1771-1790). Dictionnaire biographique et généalogique, Paris, Sedopols, 1990.

    14AN, V1 314, pièce 210.

    15Bluche François, Les magistrats du Parlement de Paris au xviiie siècle, op. cit., p. 215.

    16Lacombe Bernard de, La résistance janséniste et parlementaire au temps de Louis XV : l’abbé Nigon de Berty, 1702-1772, Paris, Société du grand armorial de France, 1948.

    17NDLE. Le terme « Sorbonne » est ambigu. Il désignait non seulement le collège fondé par Robert de Sorbon mais aussi la faculté de théologie de l’université de Paris, tout entière. Les locaux du collège servaient, en effet, de siège à la faculté de théologie de Paris ; celle-ci y tenait ses assemblées délibératives de docteurs. Les titulaires de chaires de théologie y donnaient leurs cours. Le terme de « prieur » correspond à des fonctions exercées au sein du collège de Sorbonne, celui de « syndic » correspond à des fonctions exercées soit auprès du recteur de l’université, soit auprès du doyen de la faculté de théologie.

    18Trenard Louis, « Censure », in François Bluche (dir.), Dictionnaire du Grand Siècle, Paris, Fayard, 1990, p. 288-289 ; Martin Henri-Jean, « Censure », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l’Ancien Régime, op. cit., p. 217-219.

    19Michaud Louis-Gabriel, Biographie universelle ancienne et moderne, op. cit., t. 33, p. 404.

    20Le Brun Jacques, « La Politique de Bossuet : les débats autour de sa publication d’après des documents inédits », in Anne-Élisabeth Spica (dir.), Bossuet à Metz (1652-1659). Les années de formation et leurs prolongements, Berne, Peter Lang, 2005, p. 277-289.

    21Voltaire, « Les trois empereurs en Sorbonne par M. l’abbé Caille », Œuvres complètes, Kehl, Imprimerie de la Société littéraire typographique, t. 14, 1784, p. 196.

    22Blet Pierre, « Assemblées du clergé », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l’Ancien Régime, op. cit., p. 93-96. – NDLE. Outre les assemblées générales ordinaires tous les cinq ans, il y eut beaucoup d’assemblées générales extraordinaires du clergé au xviiie siècle.

    23NDLE. La liste des chanoines de Notre-Dame députés aux assemblées générales du clergé de France peut être établie à partir de la publication suivante : Collection des procès-verbaux des assemblées générales du clergé de France depuis l’année 1560 jusqu’à présent, Paris, Desprez, 1767-1780, 10 vol. La publication s’arrête à l’assemblée générale de 1775 inclusivement. Pour la suite, il faut recourir aux procès-verbaux publiés à l’issue de chacune de ces assemblées ordinaires ou extraordinaires du clergé (la bibliothèque municipale de Lyon en possède une belle collection numérisée). Le procès-verbal de la dernière assemblée générale du clergé de France en 1788 a été publié en 2017 (Procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire du clergé de France, 1788, éd. Gérald Bray, Genève, Droz, 2017).

    24Blet Pierre, « Agents généraux du clergé », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l’Ancien Régime, op. cit., p. 40-42 ; Nicolay abbé de et Breteuil abbé de, Rapport de l’agence contenant les principales affaires du clergé, qui se sont passées depuis l’année 1745 jusqu’en l’année 1750, Paris, Desprez, 1750 ; La Luzerne abbé de et Cicé abbé de, Rapports de l’agence contenant les principales affaires du clergé, qui se sont passées depuis l’année 1765 jusqu’en l’année 1770, Paris, Desprez, 1774.

    25NDLE. En fait, bureaux diocésains et chambres ecclésiastiques diocésaines recouvrent la même juridiction : à l’échelon de chaque diocèse, le bureau diocésain répartissait les décimes entre les bénéficiers et jugeait en première instance les litiges ou les réclamations relatifs aux décimes. À Paris, le bureau diocésain était communément appelé « chambre ecclésiastique ». Les appels des bureaux diocésains étaient jugés par des chambres ecclésiastiques supérieures au nombre de huit au xviiie siècle. Leur ressort ne correspondait pas à celui des provinces ecclésiastiques. La chambre supérieure de Paris était compétente pour les diocèses de Paris, Sens, Orléans, Chartres, Meaux, Auxerre, Blois, Troyes, Reims, Laon, Châlons, Beauvais, Noyon, Soissons, Amiens, Boulogne, Senlis et Nevers. La Chambre ecclésiastique du diocèse de Paris comprenait toujours plusieurs dignitaires ou chanoines du chapitre de Notre-Dame ; ils restaient souvent longtemps en place. La chambre supérieure de Paris, appelée communément au xviiie siècle « Chambre souveraine du clergé de France », comprenait 3 conseillers clercs au Parlement, 18 conseillers commissaires députés (un pour chaque diocèse du ressort de la Chambre) et un promoteur général. Voir Durand de Maillane, Dictionnaire de droit canonique, op. cit., 1761, t. 1, p. 210-215, « Bureaux des décimes » ; Clémencet Suzanne, « Z1p. Chambre ecclésiastique des décimes », in Direction des Archives de France, Guide des recherches dans les fonds judiciaires de l’Ancien Régime, Paris, Imprimerie nationale, 1958, p. 363-367. L’Almanach royal n’indique qu’à partir de 1709 les noms des membres de la chambre ecclésiastique diocésaine de Paris et qu’à partir de 1710 ceux des membres de la chambre supérieure.

    26AN, S 7490, déclarations des biens du chapitre.

    27NDLE. Cette liste permet de constater que les doyens du chapitre se sont succédé ès qualité à la tête des membres de la chambre ecclésiastique du diocèse de Paris jusqu’en 1790.

    28NDLE. Comme conseillers clercs au parlement de Paris.

    29NDLE. Comme députés des diocèses du ressort de la Chambre.

    30NDLE. Voir la présentation, p. 65.

    31Cocatre Philippe, « Officiaux, officialités », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l’Ancien Régime, op. cit., p. 923-925. – NDLE. Il faut distinguer : l’officialité diocésaine à l’échelon du diocèse, l’officialité métropolitaine qui recevait les appels de l’officialité diocésaine de Paris et des officialités des diocèses du ressort de la province ecclésiastique de Paris, et l’officialité du chapitre de Notre-Dame (à ne pas confondre avec l’officialité diocésaine, le siège vacant, dont le personnel était nommé par le chapitre pour le temps de la vacance). Remarquons que Paris n’a pas toujours disposé de deux officialités distinctes : le même personnel servait tour à tour à l’officialité métropolitaine et à l’officialité diocésaine ; ce fut le cas sous l’épiscopat de Mgr de Beaumont jusqu’en 1776, date à laquelle il sépara les deux officialités. D’autre part, chapitre exempt, le chapitre de Notre-Dame avait droit d’avoir une officialité dont la juridiction s’étendait sur ses membres, les bénéficiers et le personnel de Notre-Dame ; voir Brézolles abbé de, Traité de la juridiction ecclésiastique contentieuse, t. 1, Paris, Desprez, 1769, p. 209 ; Alteroche Bernard d’, L’officialité de Paris à la fin de l’Ancien Régime (1780-1790), Paris, L.G.D.J., 1994, p. 15-17.

    32AN, LL 23214, 11 mai 1729, fo 67-68, Mandement de Messieurs les doyen, chanoines et chapitre de l’Église de Paris, pour la nomination et institution des officiers de l’officialité du diocèse de Paris, le siège vacant, Paris, De Lespine et Simon, 1729, 4 p.

    33NDLE. C’était le cas encore au xvie siècle où les juges d’Église pouvaient connaître des causes bénéficiales au pétitoire. Mais depuis le xviie siècle, ils étaient exclus de la connaissance des procès en matière bénéficiale, sauf s’il s’agissait d’opposition à l’union des bénéfices (Alteroche B. d’, L’officialité de Paris à la fin de l’Ancien Régime [1780-1790], op. cit., p. 82-84 ; Dainville-Barbiche Ségolène de, Devenir curé à Paris, op. cit., p. 369).

    34Dainville-Barbiche Ségolène de, Devenir curé à Paris, op. cit., p. 91-93 et 510-511.

    35Ibid., p. 92, 357-358 et 496.

    36Archives parlementaires, op. cit., t. 9, séance du 6 octobre 1789, p. 350.

    37Péronnet Michel, « Évêques », in Lucien Bély (dir.), Dictionnaire de l’Ancien Régime, op. cit., p. 524-525.

    38Bluche François, Les Français au temps de Louis XVI, Paris, Hachette, 2009, p. 171.

    39Charles Olivier, Chanoines de Bretagne, op. cit., p. 50.

    40NDLE. Maral Alexandre, « Le grand aumônier de France et le diocèse de la Chapelle royale sous Louis XIV », Bibliothèque de l’École des chartes, t. 158 (2000), p. 475-506.

    41NDLE. Voir la présentation, p. 24-25.

    Les chanoines de Notre-Dame de Paris au xviiie siècle

    X Facebook Email

    Les chanoines de Notre-Dame de Paris au xviiie siècle

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Les chanoines de Notre-Dame de Paris au xviiie siècle

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Queinnec, M.-L. (2025). Chapitre IV. La carrière des chanoines. In S. Dainville-Barbiche (éd.), Les chanoines de Notre-Dame de Paris au xviiie siècle. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/141y6
    Queinnec, Marie-Louise. « Chapitre IV. La carrière des chanoines ». In Les chanoines de Notre-Dame de Paris au xviiie siècle, édité par Ségolène Dainville-Barbiche. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2025. doi:10.4000/141y6.
    Queinnec, Marie-Louise. « Chapitre IV. La carrière des chanoines ». Les chanoines de Notre-Dame de Paris au xviiie siècle, édité par Ségolène Dainville-Barbiche, Presses universitaires de Rennes, 2025, https://doi.org/10.4000/141y6.

    Référence numérique du livre

    Format

    Queinnec, M.-L. (2025). Les chanoines de Notre-Dame de Paris au xviiie siècle (S. Dainville-Barbiche, éd.). Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/141z7
    Queinnec, Marie-Louise. Les chanoines de Notre-Dame de Paris au xviiie siècle. édité par Ségolène Dainville-Barbiche. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2025. doi:10.4000/141z7.
    Queinnec, Marie-Louise. Les chanoines de Notre-Dame de Paris au xviiie siècle. édité par Ségolène Dainville-Barbiche, Presses universitaires de Rennes, 2025, https://doi.org/10.4000/141z7.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Rennes

    Presses universitaires de Rennes

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.pur-editions.fr

    Email : pur@univ-rennes2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement