Résumés
p. 233-235
Texte intégral
1
« Le statut des rebelles dans les écrits sur l’ambassadeur au début de l’époque moderne »
Dante
Fedele
2Cet article s’attache à étudier la manière dont la doctrine juridique des ambassades au début de l’époque moderne envisagea le statut et les activités diplomatiques des rebelles. Après avoir abordé les problèmes de la rébellion et du droit d’ambassade, l’analyse se concentre sur le droit d’ambassade des rebelles pour montrer que la littérature sur l’ambassadeur s’est intéressée aux activités de dialogue entre un prince et ses sujets révoltés, ou bien entre les partis d’une guerre civile (deux situations qui furent nettement distinguées), plutôt qu’au problème des relations établies par ces acteurs avec des étrangers.
3
« D’une diplomatie rebelle à une diplomatie royale : les balbutiements de la politique internationale huguenote pendant les premières guerres civiles »
Hugues
Daussy
4Durant les années 1560, les huguenots requièrent le secours des puissances protestantes de Suisse, d’Allemagne et d’Angleterre. On observe dès 1560-1561 le déploiement d’une diplomatie dissidente, qui a pour but d’obtenir un soutien politique. Mais avec le début de la première guerre de Religion, ces mobilisations se muent en une diplomatie rebelle, dont l’objectif est de demander aux gouvernements étrangers une aide financière et militaire dans l’affrontement avec les armées royales. Cherchant progressivement à gagner en respectabilité et en efficacité sur la scène internationale, les chefs réformés tentent de donner à leurs démarches les apparences formelles de la légalité. À partir de 1569, les émissaires huguenots peuvent se prévaloir de l’accréditation d’une princesse souveraine, Jeanne d’Albret, reine de Navarre, ce qui tend à transformer la diplomatie rebelle en diplomatie royale.
5
« Mener la révolte d’ici et d’ailleurs : Henri de Condé et la mobilisation malaisée des Malcontents, 1574-1576 »
Mark
Greengrass
6La révolte d’Henri de Bourbon-Condé en 1574-1576 n’a pas reçu des historiens l’attention qu’elle mérite. Cet article porte essentiellement sur les agents qui se mettaient à la disposition du jeune prince, élu protecteur des huguenots, afin de mobiliser des appuis étrangers pour la cause protestante et « malcontente ». Avec des moyens insuffisants, divisés par leurs allégeances confessionnelles et leurs stratégies divergentes, ils agissaient dans des circonstances parfois très dangereuses. Ils bénéficiaient cependant de la couverture offerte par la permission du roi d’assembler des députés et de dresser des remontrances pour parvenir à une pacification. Avec l’échec de ces négociations avec Henri III, Condé bascula de la posture de « rebelle loyal » à celle de « rebelle guerrier ».
7
« François d’Alençon et la diplomatie malcontente : les horizons italiens d’un prince rebelle en 1575 »
Lana
Martysheva
8Cet article interroge un cas particulier pour l’étude des diplomaties rebelles : la figure du frère du roi de France, de plus héritier présomptif de la couronne. Il suit l’action de François d’Alençon auprès de princes de la péninsule italienne (moins connue que ses liens avec les protestants), après sa fuite de la cour en 1575, ainsi que la riposte d’Henri III. Le rang du rebelle, le caractère équivoque de son discours confessionnel et la particularité de sa place sur la scène internationale éclairent une diplomatie rebelle ambiguë, non pas autonome, mais en marge de la diplomatie royale, même à un moment de révolte ouverte.
9
« Une “incompatibilité d’estre pour et contre” Henri III : la diplomatie biface d’Henri de Navarre au début des années 1580 »
Dénes
Harai
10Au début des années 1580, Henri de Bourbon, roi de Navarre, négocie simultanément avec Philippe II, le souverain espagnol, et Henri III, roi de France, à l’époque où ces deux monarques s’opposent dans une guerre couverte. En raison de l’emplacement stratégique de ses possessions souveraines (Basse-Navarre et Béarn) et de son important patrimoine en France et en Flandres, le roi de Navarre était potentiellement un allié utile pour l’un comme pour l’autre dans une éventuelle guerre ouverte. Cependant, le Béarnais était aussi un sujet du roi de France et les contacts de ce prince au statut mixte avec Philippe II le rendaient suspect de fomenter une révolte contre Henri III alors que la paix du royaume était bien fragile. Les velléités de guerre du roi de Navarre contre Philippe II troublaient également les affaires françaises puisqu’Henri III ne voulait pas s’engager dans une guerre ouverte contre son puissant voisin. Ce chapitre apporte un nouvel éclairage sur ces négociations aussi parallèles que contradictoires qui, tout en gardant encore des zones d’ombre, permettent de mieux connaître la diplomatie biface, tantôt rebelle, tantôt proche de la rébellion, d’un prince des frontières.
11
« Les ambassadeurs des derniers Valois face aux missions rebelles »
Matthieu
Gellard
12En s’appuyant sur les correspondances des ambassadeurs résidents des derniers Valois à Londres, Madrid et Rome, la contribution examine la façon dont les envoyés du roi de France (ré)agissent face aux missions rebelles. Les ambassadeurs doivent d’abord tout faire pour être au courant de l’arrivée d’agents rebelles dans le pays où ils se trouvent, aussi bien pour en informer la cour de France que pour ensuite les empêcher d’agir si cela leur est possible. La question de la spécificité de ce travail diplomatique est ensuite posée, la lutte contre les missions rebelles rappelant par certains aspects les tâches habituelles des ambassadeurs (le fameux triptyque représentation, information, négociation).
13
« Une nébuleuse diplomatique. Les agents ligueurs en Espagne et en Italie (1589-1598) »
Fabrice
Micallef
14La diplomatie de la Ligue ne se limite pas aux démarches internationales initiées par le duc de Mayenne. Municipalités, institutions provinciales et nobles locaux envoient des émissaires en Italie et en Espagne pour requérir l’aide des puissances catholiques. Mis à part le représentant de Mayenne auprès des papes, ces agents ligueurs ne cherchent pas à se voir reconnaître un statut diplomatique. Ils subissent par ailleurs les conséquences de leur faible légitimité politique, négociant souvent dans des conditions difficiles, sur le plan symbolique et matériel, sauf quand les puissances sollicitées trouvent leur intérêt à faire preuve de complaisance.
15
« La rébellion comme outil de légitimation de la diplomatie française dans l’Empire ? (années 1590-années 1620) »
Camille
Descenclos
16Alors que la rébellion constitue théoriquement un facteur de délégitimation de l’action diplomatique, l’immédiate légitimité politique et institutionnelle accordée par les princes protestants de l’Empire en 1589 aux agents navarrais, anciens rebelles, ne manque d’étonner. Pour résoudre cet apparent paradoxe, cette contribution s’efforce de distinguer l’esprit et les moyens de l’action diplomatique française à partir de 1589 afin de mesurer la part de l’héritage navarrais dans la diplomatie henricienne et, inversement, l’appropriation des usages et discours de la diplomatie royale par d’anciens agents rebelles. Par là, il s’agit notamment de questionner l’usage fait de la rébellion (passée, présente ou suspectée) à des fins de légitimation ou de délégitimation d’un discours, d’une posture ou même d’un acteur politique.
17
« “Nos huguenots ont icy cabale puissante” : les huguenots, l’Angleterre et les Provinces-Unies (1621-1622) »
Michel
De Waele
18Le mois de mai 1621 voit les conflits armés reprendre entre le roi de France et certains de ses sujets protestants. Ces derniers considèrent que la menace qui plane sur eux s’inscrit dans un vaste complot international visant à éradiquer le protestantisme du continent. Après avoir cherché en vain à désamorcer cette crise par la voie de la négociation, les huguenots rassemblés à La Rochelle envoient des députés en Angleterre et aux Provinces-Unies afin de demander aux autorités armes et soldats qui pourraient les aider à combattre les forces royales. Si leurs députés sont reçus en audience par Jacques Ier, le prince d’Orange, Maurice de Nassau, refuse de les rencontrer officiellement et de donner ainsi une certaine légitimité à leurs actions. Ce refus n’empêche pas le déploiement d’une diplomatie informelle que les ambassadeurs de Louis XIII, malgré leurs efforts, n’arrivent pas à court-circuiter.
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