• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16517 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16517 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • ›
  • Enquêtes et documents
  • ›
  • Diplomaties rebelles
  • ›
  • Les ambassadeurs des derniers Valois fac...
  • Presses universitaires de Rennes
  • Presses universitaires de Rennes
    Presses universitaires de Rennes
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Savoir, à tout prix, ce qui se passe Réagir aux missions rebelles Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Diplomaties rebelles

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Les ambassadeurs des derniers Valois face aux missions rebelles

    The Ambassadors of the last Valois Kings and how they deal with Rebel Envoys

    Matthieu Gellard

    p. 137-161

    Résumés

    En s’appuyant sur les correspondances des ambassadeurs résidents des derniers Valois à Londres, Madrid et Rome, la contribution examine la façon dont les envoyés du roi de France (ré)agissent face aux missions rebelles. Les ambassadeurs doivent d’abord tout faire pour être au courant de l’arrivée d’agents rebelles dans le pays où ils se trouvent, aussi bien pour en informer la cour de France que pour ensuite les empêcher d’agir si cela leur est possible. La question de la spécificité de ce travail diplomatique est ensuite posée, la lutte contre les missions rebelles rappelant par certains aspects les tâches habituelles des ambassadeurs (le fameux triptyque représentation, information, négociation).

    Using the correspondences of the last Valois kings’resident ambassadors in London, Madrid and Rome, this contribution considers the ways these royal envoys (re)act to rebel missions. Ambassadors must initially do everything in their power to be aware of the arrival of any rebel agent in the country they reside in, both to inform the French court and, if possible, to frustrate the activities of such agents. The issue of the specificity of such diplomatic activity is then addressed, since their efforts to frustrate rebel missions is redolent of many aspects of the usual tasks assigned to ambassadors (summaried in the famous triptych: representation, information, negotiation).

    Texte intégral Savoir, à tout prix, ce qui se passe Identifier les agents rebelles et l’objectif de leur mission Le cas particulier de Londres Un travail de longue haleine Diplomatie rebelle et négociations des rebelles avec les ambassadeurs étrangers en France : les deux facettes d’une même pièce Réagir aux missions rebelles Faire pression sur les agents rebelles Les protestations officielles Récit contre récit Le recours à des moyens plus définitifs ? Conclusion Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1En contrepoint à la problématique générale de l’ouvrage, cette contribution propose de s’intéresser à la façon dont les ambassadeurs envoyés par les derniers Valois réagissent aux missions rebelles. Ils y sont en effet confrontés en permanence dès les années 1560 et, de façon plus intense, durant la décennie 1580. C’est ce dont rendent compte les dépêches des ambassadeurs à Londres (sur toute la période), Madrid (à partir du milieu des années 1570 et surtout dans les années 1580) et Rome (principalement à partir du milieu des années 1580), examinées ici.

    2En termes de politique étrangère, l’enjeu central pour la cour de France est de limiter l’impact extérieur des événements intérieurs. Cela signifie trois choses : obtenir de l’aide si cela est possible, éviter l’envoi de secours aux révoltés, quels qu’ils soient, et par conséquent empêcher l’ingérence des puissances extérieures dans les affaires françaises, et en particulier contrecarrer tout projet d’intervention directe de tel ou tel voisin. Soit un objectif positif (obtenir quelque chose) et deux objectifs négatifs (empêcher quelque chose).

    3Les huit guerres de Religion successives déterminent donc largement la politique extérieure française entre 1559 et 1589. Elles en limitent aussi les moyens. De ce point de vue, il y a une rupture très nette entre avant et après 1559/1562. Alors que, durant la période dite des guerres d’Italie, la France pouvait se reposer sur sa puissance militaire de façon à garantir le succès de ses ambitions extérieures, ce recours aux armes devient presque impossible hors des frontières après 1562. Il y a certes eu la tentation de refonder l’unité des sujets catholiques et protestants dans une guerre étrangère, mais la Couronne ne franchit jamais vraiment le pas1. À l’exception de la courte guerre franco-anglaise de 1562/1563-15642, la couronne ne se décide jamais à entamer une guerre ouverte et, lorsqu’elle envoie des troupes ou des navires à l’extérieur de ses frontières, les opérations menées n’ont rien à voir avec celles des guerres d’Italie, mais se font toujours dans le cadre de ce que Sully appellera des opérations « en renard ».

    4Dans tous les cas, si de grands projets extérieurs ont été conçus et ont parfois réussi (élection de Henri d’Anjou comme roi de Pologne), ils sont peu nombreux et doivent s’appuyer sur la négociation plus que sur les armes. L’action des ambassadeurs français revêt donc une importance primordiale pour la monarchie, puisqu’ils sont les seuls à pouvoir assurer le succès de ses ambitions européennes, mais aussi parce que leurs réussites ou leurs échecs sont à même d’influencer le cours des guerres civiles. Or, ces mêmes ambassadeurs ne peuvent plus se reposer que sur leurs seuls talents, la menace d’une intervention militaire française ayant perdu de son efficacité et les moyens financiers à leur disposition étant toujours limités. Dernier résident français à Madrid pour la période étudiée, Pierre de Ségusson, sr de Longlée, souligne bien ce manque de moyens : « Faulte de moyens en ces charges icy faict trouver la porte fermée partout, et ne fault pas penser penetrer guieres advant sans donner ; ce qui me sert d’excuse à mon très grand regret, de ne pouvoir fere davantaige que je ne fais3. »

    5Conscients de la faiblesse du roi très chrétien, ses voisins n’ont cependant rien oublié de ce qu’a pu être et pourrait redevenir sa puissance. Ainsi, Philippe II a semble-t-il craint une guerre ouverte contre la France et fait beaucoup pour l’éviter. Pierre de Ségusson rend par exemple compte d’une séance commune du conseil d’État et du conseil de la Guerre espagnols au début de l’année 1583 sur la question de savoir s’il faut déclarer la guerre à Henri III ou non. Une partie des conseillers, à commencer par le cardinal de Granvelle, soutiennent qu’« il ne fault point alleguer la paix entre France et Hespaigne, car ce que l’on a veu et que l’on voit n’est aultre chose que la guerre ». Les autres, au contraire, craignent que déclarer la guerre « ce sera reunir ce qui est divisé en France, et que, contre ung estranger, les François seront toujours d’accord ». Longlée de conclure des revirements incessants des Espagnols sur la question d’une déclaration de guerre : « J’ay remarqué icy que leurs deliberations changent fort aisement selon l’estat où sont toutes choses en France, car c’est le contrepoids de leur monarchie […]. Une réunion entre les subjects de Vre Maté fera tousjours tenir la main à la bride à ces gens icy4. »

    6Bien entendu, une puissance voisine sera soit une alliée (plus ou moins fiable), soit une ennemie (plus ou moins déclarée), et durant le second xvie siècle cette dichotomie se calque en très large partie sur les différences confessionnelles. Les événements intérieurs prédisposent donc différemment les voisins. Pour faire simple : Philippe II et le pape se félicitent à chaque déclaration de guerre et risquent de mal prendre la fin des opérations militaires, tandis qu’Élisabeth Ire et les princes allemands se réjouissent à chaque édit de pacification après avoir été mécontentés par la reprise des hostilités contre les huguenots. Une grande partie du travail diplomatique consiste donc à présenter sous le meilleur jour possible les événements français et à rendre acceptables les décisions de la monarchie, décisions sur lesquelles elle n’a parfois qu’une prise limitée.

    7Il est évidemment impossible de tenir le même discours à tout le monde et il faut même dire le contraire à Londres de ce qui est dit à Madrid puisque ce qui plaît à Élisabeth Ire déplaît à Philippe II. La chose est rendue difficile par la nature des événements eux-mêmes : un édit de pacification reste un édit de pacification, difficile de le faire passer pour autre chose auprès du pape ou du Roi Catholique. Elle est même presque impossible du fait des dépêches envoyées à leur maître par les ambassadeurs espagnols, pontificaux ou anglais. Toutefois, la cour de France peut encore garder une certaine maîtrise sur celles-ci – ou une illusion de maîtrise – car ces dépêches des ambassadeurs étrangers résidant en France sont en partie le reflet des audiences qu’ils ont avec Catherine de Médicis et ses fils.

    8Dans ce cadre d’action déjà extrêmement contraint, l’arrivée de missions rebelles constitue un défi supplémentaire. Ces missions ne peuvent en effet qu’avoir plus ou moins le même type d’objectifs que la diplomatie française, mais diamétralement inversés : obtenir de l’aide en hommes ou en argent, entraîner peut-être le prince étranger dans une expédition armée sur le territoire français, voire empêcher un soutien à la monarchie, même si tendanciellement les missions rebelles se dirigent plutôt là où elles sont sûres de rencontrer une oreille complaisante et des interlocuteurs peu à même d’aider les Valois. Les deux diplomates, l’officiel et le rebelle, sont donc en compétition avec des objectifs exactement symétriques et opposés, leur succès dépendant de leur capacité à imposer leur récit. Desservis par leur manque de légitimité, les agents rebelles sont par contre aidés par le fait qu’ils se trouvent a priori en terrain favorable ; légitimes car incarnation à l’étranger de la dignité du roi de France, les ambassadeurs officiels cherchent quant à eux à contrôler les informations qui viennent de France et à imposer la version officielle de la Couronne dans une capitale où on se défie de celle-ci et où on pourrait plutôt avoir tendance à croire la version opposée.

    9Durant les guerres de Religion, les ambassadeurs français ont donc régulièrement dû lutter pied à pied avec des agents envoyés par les huguenots, puis par les Malcontents et enfin par les ligueurs. L’Angleterre, la Suisse, l’Allemagne et bientôt les Pays-Bas révoltés accueillent très vite des agents du prince de Condé ; la diplomatie du duc d’Alençon est quant à elle transconfessionnelle et il envoie des agents aussi bien auprès de princes protestants que de princes catholiques ; la ligue enfin concentre ses efforts sur le monarque espagnol, le pape et le duc de Savoie, même si d’autres princes, en particulier italiens, ont pu être les destinataires de missions. Au-delà des spécificités et des instructions précises des agents rebelles, les enjeux sont à peu près toujours les mêmes pour les ambassadeurs français : savoir quelles missions arrivent dans la capitale ou le royaume dans lequel ils sont en poste et ce qui se négocie, d’une part, tenter de faire échouer ces missions, d’autre part.

    Savoir, à tout prix, ce qui se passe

    Identifier les agents rebelles et l’objectif de leur mission

    10Les ambassadeurs français doivent bien entendu se tenir aux aguets pour être au courant de l’arrivée d’une mission rebelle dans la capitale où ils résident. Parfois, l’arrivée d’agents rebelles est annoncée par la cour de France5. Sinon, il revient aux ambassadeurs d’avoir mis en place un système d’information suffisamment efficace. Paul de Foix, ambassadeur résident de 1562 à 1566 à Londres, prend ainsi des mesures préventives et peut-être permanentes, du moins pendant la première guerre civile :

    « Je n’ay peu descouvrir qu’il soit venu de France aulcun messaiger par deça pour pratiquer en auclune chose la Royne d’Angleterre, encores que je y aye faict soigneusement prandre garde, mesme la maison de ceulx esquelz je pensoys qu’ilz prandroient addresse par deça, comme le Conte de Bedfor et secretaire Cicile6. »

    11Dans tous les cas, il n’est jamais facile, bien entendu, d’identifier les agents et l’objet de leur mission. Dans sa dépêche du 20 août 1585, Longlée explique par exemple qu’il n’a pas été capable d’identifier deux agents de Montmorency qui négocient à Madrid : « il n’a point esté en ma puissance de les descouvrir ny sçavoir leur nom ». Il peut toutefois rendre compte de suppositions sur le contenu de leur négociation « Ilz negotient avec le cardinal de Granvelle : et ce que j’ay peu apprendre de leurs affaires, c’est que l’on conjecture, selon quelzques propoz qui ont esté tenuz, qu’ils demandoient de l’argent pour ledict duc [de Montmorency]7. »

    12La difficulté vient de ce que, bien entendu, la plupart des agents rebelles cherchent à se faire discrets. Voici par exemple ce que Michel de Castelnau, sr de Mauvissière, ambassadeur en Angleterre de 1575 à 1585, écrit d’un des envoyés du duc d’Anjou, le sr d’Alferan : « Le dict Alferan est encores retourné et passa la mer, il y a aujourd’huy huict jours, et s’est caché de moy, pensant que je n’eusse congnoissance de sa venue, et a monstré de craindre que je le sache. Il est logé en ung petit cabaret d’un Flamand, d’où il ne bouge, s’il ne va trouver la dicte royne d’Angleterre. Il se dict Espaignol et faict nommer Francher (Francès) Fernando8. » Logement incognito, nom d’emprunt, déplacements limités, le plus souvent de nuit9, les agents rebelles font souvent tout pour rester cachés10. Le souverain qui les accueille a lui aussi tout intérêt à ce que la mission rebelle reste secrète. Ainsi, Paul de Foix rapporte les ordres donnés par Élisabeth ou ses conseillers pour que le séjour à Londres du vidame de Chartres en 1562 ne s’ébruite pas : « Maligny arriva lundi – icy et a esté logé en la maison du concierge de Greenwich où il a esté tenu fort secretement, ayant esté enioint au concierge sur peyne de la vie de n’en dire rien avec charge de prendre prisonniers ceulx qui s’en verront de luy si estoient arrivez de France11. » Même si cela incrimine davantage la puissance étrangère, loger directement les agents rebelles dans une résidence royale présente évidemment certains avantages en termes de discrétion :

    « Lesd. de Maligny et de La Haye, ajoute Paul de Foix dans une dépêche ultérieure, sont logez au chasteau de Grenwiche où est la Royne d’Angleterre, et s’y tiennent caichez, de sorte qu’ilz ne se sont jamais laissé veoir en public, et vont trouver lad. dame par galleries et lieux couvertz, afin de n’estre recongneuz ny veuz de personne12. »

    13S’ils se savent repérés, les agents rebelles peuvent cesser ces petits jeux, comme l’explique Jean de Vivonne, baron de Saint-Gouard, ambassadeur à Rome de 1585 à 1589 : « Ilz ont tenu cet homme [le jésuite Claude Mathieu, agent de la Ligue] clos et couvert tant qu’ilz ont peu mais que quand ilz ont veu que l’on scavoit qu’il estoit icy, ilz l’ont laissé negocier au veu et sceu de tout le monde13. » D’autres agents peuvent aussi avoir intérêt à donner de la visibilité à leur mission et à diffuser l’idée d’une réussite totale de leurs négociations. À l’été 1562, les envoyés huguenots à Londres laissent ainsi courir le bruit de leur succès :

    « Ilz monstrent estre contenz et satisfaictz de la Royne d’Angleterre, laquelle à ce qu’ilz se sont laissez entendre, leur a promis trois choses, l’une de leur aider de vivres et munitions de guerre tant qu’il leur en fauldra, l’autre de les secourir de quelque somme d’argent, la troisiesme de bailler passeport à tous ceulx qui vouldront aller à leur aide de leur gré ou volunté, tant Angloys, que d’estrangiers françoys et flamens demourant en ce pays. »

    14Paul de Foix cependant n’est pas dupe et sait bien que ces déclarations font partie du jeu diplomatique. Il informe donc la cour qu’il ne peut les confirmer, même si cela le met dans une position inconfortable : « de tout ce dessus je n’en ay claire ny certaine asseurance et vous supplie treshumblment, en considerant la difficulté de descouvrir tels affaires, prendre à gré la diligence que je y emploie avec la fidelité qui se peut desirer d’un treshumble subiect14 ».

    15Enfin, les possessions des voisins de la France sont vastes et tout ne se négocie pas forcément dans les capitales, ce qui exige des ambassadeurs d’avoir des informateurs partout. Longlée explique que l’essentiel des négociations avec Damville se fait à Barcelone :

    « Sire, le passaige d’Hespaigne en Languedoc et toute la communication des affayres de ce costé-là est à Barcelone ; et le vice-roy despesche et reçoit les commandements de deça et y envoie les advis qui luy viennent. Si Vre Maté m’en donnoit le moyen, je tiendrois là un homme pour trente escus par mois, qui y serviroit bien, et me semble qu’il y seroit tres utile en ce temps icy, car ledict duc de Montmorency ne sçauroit despescher icy que l’on ne vienne au vice-roy à Barcelonne15. »

    16Le résident français finit effectivement par envoyer un homme dans la capitale catalane, ce qui lui permet de s’assurer qu’une partie de l’argent envoyé en Italie par Barcelone est destiné à Damville16. De même, après avoir reçu un avis de Cologne lui indiquant que Jean de Nassau, Jean-Casimir, le fils de l’électeur palatin, Condé et plusieurs Français doivent se réunir à Siegen, dans le comté de Nassau, Claude de Mondoucet, baron de Monteaux, ambassadeur français à Bruxelles de 1571 à 1578, y envoie un agent : « J’ay envoié argent à ung personnaige pour s’i transporter afin de descouvrir, s’il est possible, ce qu’ilz concluront et le faire entendre à Vostre Maté17. » Michel de Castelnau quant à lui continue de faire surveiller un des agents de Condé même après son départ de Londres pour les Pays-Bas : « Je l’ai faict garder de près, depuys qu’il est party d’icy, jusques en Hollande, pour sçavoir touzjours de ses nouvelles18. »

    Le cas particulier de Londres

    17Dès le début des années 1560, il existe à Londres un refuge huguenot, ce qui crée un contexte très particulier pour l’ambassadeur français comme pour les missions rebelles19. Ainsi, dans un seul avis d’août 1562, l’ambassadeur Paul de Foix ne dénombre pas moins de cinq personnages arrivés en Angleterre : le vidame de Chartres, un gentilhomme et une demoiselle venus de Caen avertir la reine d’Angleterre de la situation en Normandie, un certain Leuuard qui était au siège de Rouen dont il vient rendre compte à Cecil et un personnage non identifié qui arrive de Dieppe pour remercie la reine d’Angleterre de ses offres de secours20… Des situations similaires ou approchantes ont pu exister en Allemagne, aux Provinces-Unies ou en Suisse, mais cette contribution s’est focalisée sur Londres, Madrid et Rome. Dans les années 1580 et 1590, cette dernière capitale présente probablement une situation assez proche de Londres avec un pullulement d’agents ligueurs et la présence de cardinaux proches des Guise. L’ambassadeur français, Jean de Vivonne, témoigne ainsi qu’il est bien seul à plaider la cause du roi :

    « Je ne doute à la verité que l’intention du pape ne soit tres bonne pour s’employer à composer ces affaires toutesfois entouré de gens et ministres qui me sont tous suspects et souffrir que tous parlent et se monstrent à bouche ouverte partisans de ceulx qui se sont ainsi desbandez, et là-dessus ouyr les cardinaulx de Vaudemont et de Sens parler si demesurement en faveur de leur tant desordonnée entreprinse21. »

    18Avec le délitement de la Ligue dans les années 1590, Madrid a aussi pu ressembler, dans une certaine mesure, à la Londres du second xvie siècle22.

    19Dans la capitale anglaise, la situation est donc particulièrement compliquée pour les ambassadeurs français dès 1562. Lors des guerres civiles, les huguenots présents en Angleterre font évidemment pression sur Élisabeth Ire et ses conseillers pour qu’ils soutiennent leurs coreligionnaires en France23. Ainsi, Paul de Foix informe la cour que Nicolas des Gallars, sr de Saule, ministre de l’Église française de Londres de 1560 à 1563, négocie avec Cecil à l’été 156224. Les huguenots possèdent en outre des agents permanents à Londres, à commencer par le plus célèbre d’entre eux, le cardinal de Châtillon présent en Angleterre à partir de 1568 et presque jusqu’à à sa mort en 157125. Ambassadeur à Londres de 1568 à 1575, Bertrand de Salignac, sr de La Mothe-Fénelon évoque en 1569 le remplacement de l’un de ces agents. Dans une de ses dépêches, alors qu’il donne des détails sur le départ de huguenots vers La Rochelle, il écrit : « Le conseiller Cavaignes est de la partie, au lieu duquel j’entendz que le Sr. Du Doict demeurera, icy, agent26. » Les dépêches de La Mothe-Fénelon font ensuite apparaître un autre de ces agents, Jean de Ferrières, sr de Maligny, vidame de Chartres, un des négociateurs du traité d’Hampton Court, qui passe ensuite en Allemagne27.

    20Malgré ce contexte difficile, l’ambassadeur est parfois capable de créer des liens avec certains des huguenots. Il recommande ainsi un certain capitaine Franchot à la cour :

    « Dire à la dicte Dame [Catherine de Médicis] que le cappitaine Franchot monstre se porter, icy, comme serviteur du Roy, et mect peyne d’estre utille en tout ce qu’il peult au service de Leurs Majestez, ayant, à ce qu’il dict, aucuns moyens d’entendre assés les entreprinses que ceulx cy vouldroient fère contre la France, et qu’encor qu’il soit de la novelle religion, il procurera néantmoins toujours le bien et la grandeur du Roy, et la conservation de son estat et authorité, dont supplie Leurs Majestez luy continuer sa pencion par les mains du dict Sr. de La Mothe, affin qu’ilz ne monstrent avoir oublyé son long et fidelle service, estant mesmement par deçà avec congé et licence de Leurs Majestez28. »

    21Impossible cependant de savoir comment la collaboration entre les deux hommes s’est nouée : est-ce Franchot qui a proposé ses services à Salignac, est-ce l’ambassadeur français qui l’a retourné ou ce dernier a-t-il introduit un homme à lui parmi les huguenots présents à Londres ? La correspondance diplomatique n’en dit rien.

    Un travail de longue haleine

    22Trop ou pas assez d’informations, dans tous les cas l’ambassadeur français doit faire la part des choses et tenter d’informer la cour le plus précisément possible. Il mobilise pour cela son réseau habituel de contacts, d’« amy[s] secret[s]29 » et d’espions. Ce réseau est donc décisif, à la fois pour être informé de l’arrivée d’une mission rebelle, mais aussi pour en suivre les négociations. Dans ses dépêches, Pierre de Ségusson mentionne plusieurs fois des espions de façon plus ou moins explicite. Pero Rondella, visiblement recruté par le prédécesseur de Longlée, le baron de Saint-Gouard, revient ainsi plusieurs fois dans ses dépêches, Pierre de Ségusson mentionnant son utilité mais s’en méfiant également30. Fournir des informations à un ambassadeur étranger n’est toutefois pas sans risque. Ainsi, Rondella est arrêté31, puis exécuté. Longlée rassure alors Villeroy : la France n’est pas impliquée32.

    23Les contacts de l’ambassadeur peuvent aussi être plus officiels. À Rome, à Madrid ou à Londres, les ambassadeurs français disposent d’alliés parmi les membres des élites locales, voire à la cour. Malgré son relatif isolement et les relations compliquées entre la France et l’Espagne durant sa résidence, Longlée dispose ainsi de quelques soutiens dans l’entourage ou l’administration du souverain catholique. Alors que celui-ci renvoie les ambassadeurs à Madrid après les Cortés de Monzón, Pierre de Ségusson explique qu’« ung homme de qualité, qui suivoit ledict Roy en son voiage de Vallence33 » continue à lui transmettre des informations. Le résident semble en outre bien introduit auprès des autres ambassadeurs. Il explique d’ailleurs qu’une partie des informations qu’il tient sur le soutien espagnol à Montmorency lui a été livrée par un ambassadeur (d’une puissance alliée très probablement : vénitien ? anglais ?) « avec lequel j’ay bonne correspondance34 ».

    24À l’inverse, il n’est pas rare que les agents rebelles profitent de leur présence dans une capitale européenne pour négocier avec des ambassadeurs tiers. Saint-Gouard lorsqu’il rend compte des négociations du duc de Nevers à Rome explique que le duc fait aussi prendre des contacts avec l’ambassadeur espagnol :

    « J’oubliois à dire à vostre majesté que le lendemain de mon audience monsieur de Nevers l’eut aussy, lequel n’en fust pas plutost hors qu’il appella ung nommé le sieur Scipion Gonzague, sien parent avec lequel il communicqua fort longtemps et puis ledict Scipion dans ung coche inconneu s’en alla trouver l’ambassadeur d’Espaigne où il demeura plus de deux heures à scavoir si ce n’estoit pas pour luy communiquer ce qui avoit esté traicté35. »

    25De façon plus étonnante, Longlée explique que les négociations entre les Espagnols, d’une part, et les huguenots, d’autre part, passent en partie par un envoyé anglais, Henry Killigrew, qui s’est d’abord fait passer pour un allemand mais que Longlée finit par réussir à identifier, même si c’est avec retard36. Quant à Duras, envoyé plusieurs fois en Espagne par la Ligue et/ou par Marguerite de Valois, il y négocie aussi avec le nonce37, ce dont Longlée informe la cour de France. Dans la marge de sa lettre, Villeroy note donc « Escrire à Rome » ; la lettre cependant ne se retrouve pas dans la correspondance de Henri III38 et il n’est pas possible de savoir si le secrétaire d’État comptait uniquement demander à l’ambassadeur à Rome de s’informer ou s’il souhaitait lui ordonner de se plaindre auprès du pape.

    26Même une fois les agents rebelles partis, les ambassadeurs continuent de tout faire pour essayer de découvrir ce qu’ils ont pu négocier. Après le départ d’Angleterre des envoyés du prince de Condé, Paul de Foix écrit ainsi « j’espere qu’apres leur partement je pourrray mieulx descouvrir leurs dessaings et mectray peine d’en avoir le plus que je pourray de certaineté pour en informer vostre maiesté39. » De même, le 12 avril 1584, Longlée écrit par exemple à Villeroy à propos d’un agent venu en Espagne à l’été 1583 :

    « J’adjouste que le petit Allemans nommé Hallard […] a la façon d’un homme bien nourri, honneste, propre, asses délicat, qui parle fort bien latin ; il estoit au siege de Brouaige et congnoist les seigneurs de France comme moy. Je ne me puis contenter de ne sçavoir autre chose de sa négotiation ; mais, soit qu’elle soit vraie ou inventée de sa teste, il est certain qu’il a négotié icy de la part de quelques seigneurs de France. […] Je recherche encore tous les jours m’esclaircir de luy, mais je ne puis en venir à bout. Un secretaire du cardinal de Granvelle dict que, asseurerement, il négocioit pour ces seigneurs de France40. »

    27Dans ce cas, le travail d’identification de l’agent rebelle est de longue haleine car Longlée y revient près de trois ans plus tard, le 15 mars 1586 : il rappelle alors au roi le passage à Madrid de cet agent et annonce victorieux qu’il en sait désormais plus grâce à

    « ung gentilhomme polonnois qui a residé auprès de ce Roy [Philippe II] fort longtemps pour les affaires de madame l’infante de Pologne, avec lequel j’ay eu tres estroicte amitié, s’estant embarqué y a deux mois pour passer à Genes, d’où il m’a escrit par lettres du mois dernier que, sejournant là quelques jours, il y a rencontré le gentilhomme qui se disoit Alemans à Madrid ».

    28Le Polonais ayant éventé son faux accent allemand, l’agent rebelle se dit alors Écossais et prétend être le frère bâtard du roi d’Écosse et s’appeler Jean Stuart, ce dont Longlée n’est pas dupe : « j’ay jugé que cest homme icy ne debvoit estre non plus Escossois qu’Alleman […], mais surtout tres bon François ». Plutôt que de le décrire par écrit, Longlée envoie en France un homme à lui qui a déjà vu l’agent à Madrid, de façon à l’identifier à Paris et à permettre à Villeroy de l’arrêter s’il le juge nécessaire41.

    Diplomatie rebelle et négociations des rebelles avec les ambassadeurs étrangers en France : les deux facettes d’une même pièce

    29Lorsque les huguenots, les Malcontents ou les ligueurs négocient avec un pouvoir étranger, une partie de ces négociations a lieu par l’intermédiaire de missions rebelles et l’autre partie a lieu en France, auprès du nonce, de l’ambassadeur anglais, espagnol ou autre. Il est d’ailleurs probable que les négociations s’ouvrent le plus souvent par des contacts en France avec l’ambassadeur étranger. Bertrand de Salignac informe ainsi la cour de France d’une mission prochaine, la cour d’Angleterre ayant donné son accord à celle-ci après qu’elle lui a été proposée par son ambassadeur en France :

    « Au surplus, ce que le dict Sr. de La Mothe a peu entendre de particullier touchant l’entreprinse, qu’on luy a dict que ceulx cy avoient sur Callais, est que l’ambassadeur d’Angleterre, résidant en France, a escript qu’il avoit eu communicquation avec un certain personnaige de delà, qui offroit de fère prendre Callais dans quatorze jours, toutes les foys que la Royne d’Angleterre le vouldroit entreprendre, et qu’il se constitueroit prisonnier ez mains de la dicte Dame jusques après l’exécution ; ce que ayant esté mis en délibéation icy, l’on a arresté qu’on feroit venir l’homme, et semble que susdict ambassadeur luy ayt desjà advancé quelque argent42. »

    30Une fois les négociations ouvertes, elles continuent par les deux canaux, la puissance étrangère pouvant tout à fait envoyer en France des agents officieux, qui vont chercher à être aussi discrets que les agents rebelles, ou bien des ambassadeurs extraordinaires porteurs d’une mission officielle de façade. Les ambassadeurs français à l’étranger en sont donc souvent réduits à renvoyer la cour à la surveillance de ce qui se passe au plus près d’elle, « dans le cueur de la France43 » comme l’écrit Longlée. Après la journée des Barricades, ce dernier écrit aussi : « Je n’ay point descouvert qu’il soit venu icy personne pour la maison de Guise depuis l’esmotion de Paris, à quoy j’ay toutesfois prins garde d’assez prez, et croy que leurs negotiations se feront par l’entremise de don Bernardino de Mandoce [Mendoza, ambassadeur espagnol en France]44. »

    31Cependant, même lorsque les négociations ont lieu sur le territoire français, l’ambassadeur peut tenter de les percer, par exemple, lorsqu’il est géographiquement mieux en position de le faire que la cour. C’est ce que tente d’accomplir Longlée dans le cas des négociations entre Henri de Navarre et Philippe II :

    « le vice-roy de Navarre traicte avec ledict roi de Navarre par voie du vicomte de Chaulx, et d’un sien beau-frère ; et lui a envoyé un secretaire que le Roy Cath. tient à Pampelune auprès de luy ; et le cardinal de Granvelle est celuy qui conduict ces pratiques-là et toutes autres semblables. Je mettray peine d’en descouvrir ce que je pourray45 ».

    32L’ambassadeur peut aussi être en mesure d’identifier les agents étrangers qui opèrent en France et alimentent ces négociations avec les huguenots, les Malcontents ou les ligueurs. Sans être d’abord très précis, La Mothe-Fénelon écrit ainsi à Catherine de Médicis et Charles IX de prendre garde :

    « Il y a ung certain personnaige prez de Leurs Majestez et de Monseigneur, qui escript assés souvent au secrétaire Cecille par aultre voye que celle de Mr Norrys [ambassadeur anglais en France de 1566 à 1570], et naguières luy a envoyé deux lettres, lesquelles le Sr Espinolla et Fortivy luy ont baillées, par où il s’esforce merveilleusement de broiller les matières par deçà, et aigrir ceste princesse, et la mettre en grande deffiance du Roy ; mais le plus souvant il luy représente des motz et des propos, qu’il dict que Monsieur a tenuz contre elle, tant en sa chambre que en ses repas ».

    33Dans la même dépêche, l’ambassadeur dévoile la source de son information : « ung Anglois, qui a communication des dictes lettres, lequel n’ayme pas beaucoup la France, mais ne vouldroit pourtant que la guerre se print entre les deux royaumes, m’en a faict toucher assez expressement ung mot, affin que j’advertisse Leurs Majestez, mesmement Monsieur, de fère observer qui peult estre celluy qui faict ung si mauvais office près d’eult ». Finalement, La Mothe-Fénelon donne des détails utiles sur cet informateur de la cour anglaise : « il ne se soubscript guières aux lettres, seulement il s’est une foys soubsigné Emanuel. Il y a en son cachet ung lyon rampant, et compose assés souvent ses lettres, partie en itallien, partie en françoys et partie en latin46 ».

    Réagir aux missions rebelles

    Faire pression sur les agents rebelles

    34Une fois l’agent rebelle arrivé, il convient d’avoir un œil sur lui et d’en apprendre le plus possible sur ses agissements, voire de le gêner ou même de le bloquer dans ses négociations. Une partie des agents rebelles cherchant à rester discrets et, dans l’idéal, à passer complètement inaperçus, une des stratégies consiste donc à les exposer au maximum, ce qui est aussi un moyen de faire pression sur le prince qui les reçoit. Ainsi, Longlée ne se prive-t-il pas de signifier à deux agents qui cherchent à rester incognito qu’ils sont découverts :

    « Sire, le douziesme de ce mois, je fuz adverty que monsieur de Duras47 et le baron de Jacques de Larboust estoient passez à deux lieues d’icy et qu’ilz alloient à Monson, où est le Roy Cath.. Le lendemain, j’esclaircy cest advis et trouvay que, ledict douziesme, ilz y estoient arrivez à dix heures du soir et qu’ilz pensoient l’ung et l’autre n’avoir esté descouvertz de personne et qu’on ne sçauroit jamais leur nom. Le quatorziesme, je les envoyay visiter l’ung et l’autre et leur offriz les moyens que j’aurois de les servir icy […]. Ilz respondirent fort honestement qu’ilz desiroient n’estre point congneuz ni nommez, d’autant qu’ilz venoient pour essayer à recouvrer quelques chevaulx de ce pays. »

    35L’effet de ces premières tentatives reste limité puisque le même jour à neuf heures du soir, Duras a une audience avec Philippe II, puis un entretien avec son secrétaire, Juan de Idiáquez. Longlée renvoie donc quelqu’un à Duras qui reparle des chevaux et prétexte aussi un pèlerinage : « et monstra ne prendre pas trop de plaisir aux visites que je luy envoiois faire. Depuis, il s’est trouvé mal ou il a feint de l’estre, et n’a point sorty de son logis, si ce n’a esté fort nuict48 ». Longlée se fait alors un malin plaisir de divulguer les noms des deux agents ligueurs, en particulier auprès des autres ambassadeurs présents en Espagne.

    36Il peut aussi arriver que les ambassadeurs tentent de raisonner ou d’infléchir les agents rebelles. Alors qu’il n’avait eu aucun contact avec les huguenots présents à Londres et s’en était tenu le plus éloigné possible au début de sa mission et pendant la troisième guerre de Religion, La Mothe-Fénelon essaie, à la demande de la cour de France, de garder le contact avec eux pendant la quatrième guerre civile. L’objectif est bien de les influencer pour qu’ils n’aident pas leurs coreligionnaires, mais les huguenots réfugiés dans la capitale anglaise refusent pour la plupart de fréquenter l’ambassadeur. Après la Saint-Barthélemy, La Mothe-Fénelon écrit ainsi :

    « j’avoys prié monsieur le Vidame de Chartres et le jeune Pardaillan, et le Sr Du Plessis, et quelques autres Françoys, de ceulx qui sont fuitifz, de venir prendre leur dîner en mon logis, affin de leur faire entendre l’intention de Vostre Majesté ; mais, pour creinte qu’ilz ne donnassent quelque souspeçon d’eulx aux Angloys, s’ilz y venoient, et pour quelque opinyon, qu’on a imprimé au dict vidame, que Vostre Majesté le vouloit faire tuer, fût par poyson ou aultrement, ilz se sont toutz excusez, ormis le jeune Pardaillan, lequel à grande difficulté a voulu manger une foys avecques moy49 ».

    37De même, lorsque Charles de Montmorency, sr de Méru, se réfugie à Londres suite à l’arrestation de son frère aîné, le maréchal de Montmorency, et avec une mission probable de son autre frère, le maréchal de Damville, qui a pris les armes contre le roi et s’est allié aux protestants du Languedoc, il demande d’abord à voir l’ambassadeur mais en est visiblement dissuadé par son entourage50. La Mothe-Fénelon réussit tout de même à le rencontrer quelques semaines après :

    « j’ai trouvé moyen de parler à luy, en lieu escarté, aux champs, parce qu’il n’a ozé venir en mon logis, et, non seulement je luy ay dict, mais je luy ay baillé à lyre ce que me commandiez luy fère entendre par la vostre, du xxviije du passé ; et y ay adjouxté toutes les meilleures raysons et persuasions que j’ay peu, pour l’induyre à se bien disposer vers ce que luy commandiez, lequel a monstré qu’il sentoit une grande consolation de la bonne opinion qu’il vous plaist avoir de luy51 ».

    38L’ambassadeur revient plusieurs fois à la charge, en vain visiblement puisque le sr de Méru reste plusieurs mois en Angleterre où il négocie avec Élisabeth Ire et ses conseillers, et ne part qu’en juin 1575 pour l’Allemagne. Il doit alors rejoindre le prince de Condé avec de quoi lever 2 000 reîtres, a-t-on dit à l’ambassadeur. L’agent a pourtant assuré celui-ci « qu’il avoit desir et esperance de la paix ». De fait, La Mothe-Fénelon incline à penser qu’Élisabeth Ire n’a rien accordé à ses solliciteurs ou bien peu et qu’elle se souvient de l’avertissement qu’il lui avait adressé au nom du roi de France l’année précédente au cas où des troupes allemandes pénétreraient en France, chose dont Henri III la tiendrait responsable. La Mothe-Fénelon engage alors son crédit : « Et je vous supplye, Sire, de ne donner trop de foy à ceulx qui vous cellèbrent la facilité de la dicte Dame à bailler son argent contre vous, ny à vous rompre le traicté [de Blois de 1572] ; mais bien à ceulx qui la font libéralle de bonnes parolles et de promesses vers ung chascung52. » Toutefois, quelques semaines plus tard, il doit bien avouer qu’il ne sait trop quelle somme Méru a pu emporter53. Alors que l’ambassadeur français lui demande des comptes, Élisabeth Ire quant à elle proteste évidemment des bonnes intentions de Méru dont elle dit qu’auprès de Condé en Allemagne, « il se rendroit plus ministre de paix que de querelle54 ».

    Les protestations officielles

    39Le recours naturel des ambassadeurs confrontés à une mission rebelle est en effet de se plaindre au prince auprès duquel ils résident. De ce point de vue, Longlée paraît bien démuni. Même s’il s’entretient relativement régulièrement avec les ministres espagnols, il n’a que peu d’audiences avec Philippe II lui-même, en partie parce qu’il n’a pas le rang d’ambassadeur, en partie du fait des relations tendues entre les deux couronnes. Ces audiences paraissent en outre très formelles. Il en est donc parfois réduit à expliquer que des tentatives pour protester officiellement contre des négociations secrètes pourraient être contre-productives car tous les partis risquent de nier : « de sorte, Sire, conclut-il, que j’ay mieux aimé dissimuler et observer ce que je pourrois55 ». Est-ce une manière pour le résident d’excuser son impuissance ou faut-il souscrire à son analyse ? Toujours est-il que lorsque Duras revient à Monzón, cette fois Longlée proteste officiellement. Voici la façon dont il rend compte à Henri III de ce qu’il a écrit à Philippe II :

    « Vre Maté, ayant entendu le voyage du sieur Duras, son subject, devers sa Maté Cath. au mois d’aoust dernier, sans qu’il eust charge, commandement ne licence de Vre Maté, elle m’avoit ordonné de fere plainte qu’il eust esté ouy et honoré comme il a esté, puisqu’il venoit de telle sorte ; attendu que ce sont choses qui directement contreviennent à la bonne paix et amitié qui est entre Vos Matés ; que j’eusse differé ce commandement à cause de l’indisposition de Sa Maté, n’eust esté que j’avois veu le retour dudict sieur de Duras par deça de la mesme sorte qu’auparavant ; ce qui me faisoit supplier très humblement Sa Maté vouloir commander qu’il ne fust aucunement ouy ne admis à traicter avec elle, ses ministres rejectant quelque sorte de proposition qu’il peust fere, comme le semblable a tousjours esté faict par Vre Maté56. »

    40De même, Paul de Foix, ambassadeur ordinaire, et le maréchal de Vieilleville, ambassadeur extraordinaire à Londres, incluent les missions des agents de Condé parmi les motifs de brouille qui risquent d’amener une guerre entre l’Angleterre et la France. C’est ce dont témoigne le compterendu qu’ils font d’une audience avec la reine d’Angleterre : « Par après, monsr de Vieilleville luy [Élisabeth Ire] dist que de revocquer son ambassadeur, avoir receu en ce pays le vidasme de Chartres, avoir envoié Me Meautis à Orleans, faire amast de gens de guerre et equipper les vaisseaulx de mer, donnoyt argument à plusieurs de penser qu’elle eust volunté de favoriser à ceulx d’Orleans et entrer en guerre contre le Roy57. »

    41Les réponses obtenues sont évidemment presque toujours les mêmes : « A quoy lad. dame, ajoute Paul de Foix, respondit que […] du vidasme de Chartres, qu’elle ne l’avoit jamais veu ny ne scavoit qu’il eust esté en son royaume58. » Il arrive aussi que la cour étrangère proteste de l’impossibilité de ne pas recevoir un envoyé. Alors qu’il proteste contre les menées de Charles de Méru et des ministres huguenots à la cour de Londres, les Anglais répondent à La Mothe-Fénelon

    « quand aulx ministres, qu’on ne pouvoit, en Dieu et conscience, refuzer d’ouyr ce qu’ils trouvoient nécessayre d’estre dict et remonstré, ou bien proposé, pour la déffance de leur relygion, qu’ilz avoient commune avec cest estat, et qu’à cella je m’y oposeroys en vain ; mais quand à l’aultre [Méru], que je n’avoys à me plaindre de faveur qu’on luy fit, car l’on n’avoit encores veu ny ouy parolle de luy, qui ne fût sellon l’honneur et dignitié de Vostre Majesté, et pour le repos de vostre royaulme ; et ne se cognoissoit rien en luy qui sentît la rébellion, car, quand il en monstreroit le moindre signe du monde, il ne trouveroit plus tel visage, en ceste princesse, ny aulx siens, comme il avoit faict, ny n’auroit plus aucun accez à eulx59 ».

    42La réponse anglaise énonce donc clairement que recevoir un agent rebelle est incompatible avec l’amitié entre deux États. Elle n’est pas pour autant très engageante et relève d’une protestation de principe. L’ambassadeur sait en outre très bien que les Anglais peuvent avoir une conception toute particulière de ce qui est utile au repos du royaume de France, comme par exemple de se saisir du Havre et de Dieppe pour les conserver à Charles IX, comme ils l’ont fait en 1562…

    43L’objectif pour l’ambassadeur n’est de toutes façons pas de faire avouer au souverain étranger qu’il négocie avec des agents rebelles, mais de mettre sur lui la pression la plus forte possible. En réponse aux protestations de Longlée citées plus haut, le secrétaire de Philippe II Idiáquez l’assure que Duras ne sera pas reçu. Le résident n’est pas dupe mais croit tout de même détecter une certaine gêne chez son interlocuteur, preuve peut-être que ses démarches ne sont pas complètement inutiles. :

    « le secretaire d’Idiaques […] vouloit me fere entendre qu’il ne sçavoit s’il [Duras] estoit encor par deça, et qu’il ne pensoit pas qu’il fust à Monson, où, le soir d’auparavant, il demoura une heure et demie avec luy ! […] Je remarqué, au parler dudict d’Idiaquez, une craincte, la parole peu asseurrée et foible60 ».

    44Pour donner de la force à ses protestations, l’ambassadeur peut aussi tenter de mobiliser les soutiens de la France à la cour. Encore faut-il qu’ils existent, ce qui en Espagne n’est pas évident après la mort d’Élisabeth de Valois. Entre 1582 et 1590, Longlée paraît ainsi bien isolé. L’ambassadeur peut tout de même se tourner vers le corps diplomatique : les ambassadeurs résidents représentant un prince allié à la France peuvent en effet appuyer ses protestations. Longlée mentionne ainsi que les discussions espagnoles avec Montmorency susciteraient l’indignation d’une partie du corps diplomatique : « Sire, ces intelligences-là sont assez descouvertes parmi ceulx qui ont charge d’affaires, et, à la vérité, trouvées indignes de ce qui est deu à une bonne paix et fraternelle amitié61. »

    45Mettre le souverain étranger au pied du mur est toutefois d’une efficacité souvent assez limitée, la France étant enlisée dans une crise intérieure dont ses voisins peuvent tirer un sentiment de relative impunité. En outre, quand Longlée reproche à Philippe II de recevoir Duras et argue du fait que jamais Henri III n’accepterait de semblables démarches de sujets du Roi Catholique62, personne n’est dupe car tout le monde sait bien que ces missions rebelles font partie du jeu des puissances.

    Récit contre récit

    46Un autre levier d’action pour les ambassadeurs est d’imposer le récit de la monarchie française sur les guerres civiles face à celui que les agents rebelles tentent d’en faire. Il s’agit pour une part de lutter contre les campagnes de désinformation menées par les adversaires de la France en un temps où les rumeurs vont bon train63. Dès le début de son ambassade, La Mothe-Fénelon doit ainsi faire face aux tentatives huguenotes de minorer la victoire royale de Jazeneuil. Le 17 novembre 1568, le duc d’Anjou a en effet battu le prince de Condé et la nouvelle en arrive rapidement en Angleterre. L’ambassadeur en rend compte dans une dépêche du 5 décembre. Il écrit aussi que les huguenots présents à Londres, à l’initiative en particulier de l’agent résident, le conseiller Cavagnes, « amoindrissent tant qu’ilz peuvent la dicte victoire, publians que ce n’est qu’ung rencontre où n’y a heu que cinq ou six cens hommes de pied desfaictz d’ung chascun costé64 ». Heureusement, La Mothe-Fénelon reçoit peu après des lettres de la cour de France qui l’informent de la victoire du duc d’Anjou ainsi que d’une victoire en Lorraine du duc d’Aumale, ce qui lui permet d’aller rétablir la vérité auprès d’Élisabeth Ire : « Je les [les victoires] ay représentées à ceste Royne en la mesme vérité de voz lettres, non du tout semblable à plusieurs autres récitz que je sçay qu’on luy en avoit faict65. » Toutefois, c’est un combat perpétuel : la même chose se reproduit en effet lors des victoires royales de Jarnac et de Moncontour. Aux lendemains de Jarnac, l’ambassadeur se trouve dans une situation plus difficile encore car la lettre de la cour qui doit lui permettre d’annoncer officiellement la victoire des troupes royales tarde énormément, ce qui laisse le temps aux bruits de circuler, instillant par exemple l’idée que Condé n’a pas été tué ou même que la bataille n’a pas eu lieu66.

    47La lutte que mènent les ambassadeurs se situe en outre sur le terrain de l’interprétation à donner aux événements, comme en témoignent les dépêches de Saint-Gouard qui se trouve à Rome lorsqu’y arrivent les bruits relatifs aux premières prises d’armes ligueuses. La dépêche qu’il écrit au roi le 17 juin 1585 montre bien la confrontation des interprétations. Saint-Gouard y rend compte d’une audience au cours de laquelle il adjure le Souverain Pontife de bien comprendre ce qui se passe en France : « Je luy feis response que je ne pouvois douter que ses intentions ne fussent tres sainctes mais que je supliois sa saincteté qu’elle ne se persuadast de pouvoir faire chose au fait duquel il se traictoit que premierement elle ne se fust resolue de croire que ces colliguez estoient des rebelles et la trompoient de luy faire dire qu’ilz estoient meuz de la religion67. » De leur côté, les agents de la Ligue, à commencer par les cardinaux de Sens et de Vaudémont, cherchent en effet à présenter les agissements des Guise sous le meilleur jour de façon à obtenir du pape son entrée dans la Ligue et une bulle en leur faveur. La position de Saint-Gouard est de ce point de vue assez classique : de manière générale, la monarchie essaie en effet de faire admettre aux puissances voisines que les révoltés, huguenots ou ligueurs, sont d’abord et avant tout des sujets rebelles, que tous les autres princes doivent condamner, et non des coreligionnaires agissant pour des motifs confessionnels68.

    Le recours à des moyens plus définitifs ?

    48Assez logiquement, il n’est pas rare que l’animosité entre les agents et les ambassadeurs soit des plus vives comme en rend compte Saint-Gouard : « Monsieur de Vaudemont et de Sens me veulent ung mal de mort et ne se peuvent fonder que sur ce que je suis tres fidele subject et serviteur de vostre majesté, mais sur ceste foy je veulx mourir ne recognoissant rien au monde qu’elle69. » Pour autant, les ambassadeurs ont-ils parfois recours à des mesures extrêmes ? Certains d’entre eux ont-ils par exemple pu chercher à se débarrasser purement et simplement des agents rebelles ? Longlée décrit ainsi à Henri III les intentions que les Espagnols et Duras lui prêtent : « le Roy Cath. feit advertir ledict sieur de Duraz qu’il print garde à luy et qu’il avoit advis que j’avois des genz apostez en la montagne pour le saccager, et faict commandement à ung gentilhomme arragonnois appellé Anthonio Labattu de le fere conduire et bien accompagner jusques à ce qu’il fust hors d’Espagne70 ». Force est de constater que le résident ne dément pas. Faut-il pour autant penser qu’il en est venu à de telles extrémités ? Impossible de le dire.

    49Cela révèle toutefois que l’abîme de difficultés dans lequel se trouvent les ambassadeurs français pour savoir à quoi s’en tenir sur les missions rebelles a son pendant du côté de ces dernières. Les agents rebelles doivent en effet chercher à savoir ce que sait l’ambassadeur : est-il au courant de leur mission ? De leurs négociations ? Les sources montrent ainsi la crainte permanente des ambassadeurs rebelles. Le 5 décembre 1583, Michel de Castelnau écrit par exemple que plusieurs compagnons du sr de Ségur, envoyé du prince de Condé, le tiennent responsable d’une tentative pour les éliminer, cette peur étant récurrente chez les agents rebelles : « Aulcuns de sa compagnie se sont plaincts qu’après la bonne chère, que je leur avois faicte en ceste ville, j’avoir dressé une ambuscade sur la mer pour les atrapper par les Espaignolz et que j’avais basty ceste praticque avec l’ambassadeur d’Espaigne par deçà71. » Là encore l’ambassadeur ne dément rien. Toutefois, la suite de la dépêche montre des mesures beaucoup moins définitives puisque l’ambassadeur français évoque seulement la possibilité d’une arrestation des agents rebelles dans un port français.

    50S’il n’est pas à même de gêner ou de faire cesser les négociations dans son pays de résidence, par les informations qu’il pourra réunir sur elles, l’ambassadeur peut par contre espérer que la cour de France prenne le relais en arrêtant les agents rebelles lors de leur retour dans le royaume. Saint-Gouard préconise ainsi de faire arrêter le duc de Nevers et le cardinal de Vaudémont à leur retour en France : « Si vostre majesté vouloit donner ordre de les faire attraper et l’ung et l’aultre à leur retour, il ne seroit, ce croy je, pas malaisé et seroit tres bien employé pour leur apprendre a estre plus sages. » Conscient de l’importance des personnages dont il préconise l’arrestation, il s’en excuse : « J’ay un regret qui ne se peult dire d’estre contraint d’en parler si librement à vostre majesté mais je suis si jaloux de ce qui la touche, que si je venois à y manquer, j’estimerois faire trahison à son service, dont plustost que mon ame peust estre capable, je m’en voudrois moy mesme priver. » Il a cependant donné précédemment de très nombreux éléments sur les propos tenus par ces deux grands personnages, insistant par exemple sur le fait que le duc de Nevers « ne se contente pas de parler mal [non seul] lement des affaires de vostre majesté mais qu’il est si meschant que de s’attaquer à sa personne propre taxant calomnieusement de pusillanimité et d’incapacité au gouvernement72 ».

    Conclusion

    51Au terme de cette contribution, il est possible de questionner la spécificité du travail diplomatique fourni par les représentants français dans les capitales européennes lorsqu’il s’agit de contrer les menées d’une mission rebelle. Chercher à disposer d’informations précises sur ce qui se dit et se fait dans la cour où ils résident, tenter d’imposer la version monarchique des événements intérieurs français et œuvrer à faire prévaloir le point de vue et les intérêts de leur maître, mener une sorte de lutte à distance avec l’alter ego étranger en poste en France, tout cela ressemble au travail que les ambassadeurs conduisent au quotidien dans le cadre des relations interétatiques. Les argumentaires utilisés pour protester auprès des princes étrangers lorsqu’ils reçoivent des agents rebelles et acceptent de négocier avec eux sont cependant spécifiques. Suggérés par la cour ou construits par les ambassadeurs eux-mêmes73, ces argumentaires s’appuient sur l’impossibilité pour des princes alliés de recevoir des missions rebelles74.

    52Le travail des ambassadeurs est en outre modifié par le fait que les agents rebelles sont la plupart du temps français, c’est-à-dire des sujets du même roi qu’eux. Rebelles un jour, ils ne le sont plus le lendemain une fois la paix revenue en France. Les ambassadeurs doivent donc parfois collaborer avec les agents qu’ils combattaient auparavant. Ainsi, Bertrand de Salignac entame une collaboration avec le cardinal de Châtillon, véritable ambassadeur des huguenots à Londres durant la deuxième et la troisième guerres civiles, une fois celles-ci achevées. Jusqu’à la mort du cardinal le 21 mars 1571, les deux hommes travaillent à éclaircir les intentions anglaises sur le projet de mariage entre Élisabeth Ire et le duc d’Anjou75. La confiance doit cependant être rétablie et lors d’une des premières rencontres entre les deux hommes, l’ambassadeur se méfie : « je l’ay sondé de plusieurs endroictz pour voir s’il y avoit nulle aultre fin et prétention en luy que celle qu’il monstroit en aparance ; mais toutz ses propos sont revenuz à la considération de la grandeur que ce seroit pour Monsieur, et combien elle accroistroit celle du Roy et de sa couronne, et ravalleroit d’aultant celle d’Espaigne76 ». L’ambassadeur peut aussi espérer convaincre les agents rebelles de revenir à l’obéissance. L’exemple de ce capitaine Franchot qui fournit à La Mothe-Fénelon des informations prouve que l’ambassadeur peut trouver des soutiens jusque dans les milieux rebelles.

    53Le fait que les agents rebelles soient français offre en outre des moyens d’actions plus importants contre eux, si ce n’est sur l’instant, du moins à terme. L’identification des agents rebelles et l’envoi de descriptions physiques précises en France pour procéder à leur arrestation trouve certes son pendant dans des descriptions du même type que les ambassadeurs fournissent des agents étrangers négociant contre les intérêts français. Le 28 mai 1569, Bertrand de Salignac envoie ainsi la description d’un agent du duc de Deux-Ponts qui doit passer en France en utilisant un passeport au nom de Bonhomme : « il est homme de moyenne taille, assez replet, la barbe espaisse, non de tout noyre, le teint bon et vermeille, habillé à l’alemande, ung manteau noir à bizette d’argent et ung gros chapeau de soye vellu ». L’ambassadeur signale en outre qu’il a fait passer l’avis aux gouverneurs de Dieppe et de Calais même s’il soupçonne que l’agent pourrait plutôt se rendre à La Rochelle77. Voilà qui ressemble beaucoup au travail d’identification mené par Longlée sur plusieurs années évoqué précédemment. Cependant, les agents rebelles étant le plus souvent français, il se peut par contre qu’ils soient déjà connus de la monarchie. Il y a en outre de fortes chances qu’ils retournent ensuite en France où ils pourront être arrêtés sans provoquer d’incident diplomatique. Cet exemple met bien en exergue un aspect de la fonction de l’ambassadeur observable à d’autres occasions, mais qui apparaît ici avec une acuité maximale : il est un relai par lequel le roi tente d’exercer sa souveraineté sur ses sujets à une échelle extraterritoriale. En ce sens, les réactions monarchiques aux diplomaties rebelles sont aussi un laboratoire de l’exercice de la souveraineté hors des frontières.

    54Il faut enfin remarquer que la présence de Français négociant pour le compte de princes rebelles dans la capitale où ils résident n’a rien de très confortable pour les ambassadeurs. Durant toute leur mission à l’étranger, loin de leur maître, un des enjeux pour eux est de le rassurer sur leur fidélité. Ils n’hésitent donc pas à accabler les agents rebelles. La façon dont Saint-Gouard s’excuse auprès de Henri III de recommander l’arrestation du duc de Nevers et du cardinal de Vaudémont le prouvait bien. Michel de Mauvissière se montre quant à lui soucieux de rapporter en détail les propos qu’il a tenus à un intermédiaire venu plaider auprès de lui la cause du sr de Ségur, un des envoyés de Condé :

    « J’ay respondu à celuy qui m’a dict cela, quasy comme de sa part, que je ne me donneroy peyne qu’il me vinst veoir ou non, davantage que je ne pouvois praticquer avec ung François ny homme, quel qu’il fust, mal affectionné à Vostre Majesté, et que, [si] c’estoict ung de vos subjectz, qu’il le démonstrast [par] effect, debvoir et en bonne vollonté, et que, sy j’avois veu et trouvé quelque chose en luy et en qui que ce feust contre vostre service, non seulement j’en advertirois Vos Majestés, mais que je metterois à touttes heures la vye pour l’empescher, et que, à la fin, s’il avoict la maulvaise grace de Vostre Majesté, le Roy qui fust jamais le plus juste et de meilleur vollonté envers tous ses subjectz, qu’il en seroit la cause et non pas moy78. »

    55De tels propos sont évidemment autant adressés à Charles IX et à sa mère qu’à l’intermédiaire et à Ségur lui-même. Saint-Gouard se retrouve quant à lui dans une situation qui aurait pu être plus inconfortable encore, puisqu’un agent des Guise lui fait des avances :

    « Ledict secretaire [Jean de Piles] m’a apporté des lettres de messieurs les ducs de Guise et du Maine, lesquels j’envoye à vostre majesté, ne voulant pour rien du monde avoir avecques eux, tandis qu’ilz seront separez d’avec elle, aucune sorte d’intelligence qui ne luy soit descouverte et manifeste, les propos que je tins à cedict secretaire dont monsieur de Guise me remercie furent que le rencontrant à six ou sept postes d’icy, qui s’en alloit comme je venois, je luy dis que je la priois de faire entendre de ma part à monsieur de Guise et à monsieur le cardinal son maistre qu’il couvoit de fort mauvais bruits de leur soulevation et que comme j’avois apris à servir vostre majesté en l’escole de leur pere je ne pouvois manquer de les advertir qu’ilz eussent par tous moyens à les esteindre et assopir de bonne heure affin de ne perdre tout à un coup et si legerement la reputation que leurs predecesseurs leur avoyent laissée et qu’ilz avoient jusques icy si bien entretenue d’estre fidelles serviteurs de vostre couronne ledict secretaire ne m’a poinct encore parlé de ce qu’il demande aussy n’arriva il qu’hier, quand il le m’aura fait entendre, j’en donnerai advis à vostre majesté, que s’il luy plaist me mandera là dessus sa volonté et jusques là elle se peult asseurer qu’ilz n’auront poinct de vallet en moy79. »

    56Si la lutte que les ambassadeurs français mènent contre les agents rebelles présente un certain nombre de ressemblances avec leurs tâches habituelles, elle est également souvent assez similaire à leur action à l’égard des missions paraétatiques de manière générale, comme le prouvent les missions envoyées par le duc d’Alençon devenu duc d’Anjou après la paix de Beaulieu. C’est ce dont témoignent par exemple les deux missions de Claude du Bourg en Espagne en 1576. L’envoyé, frère du conseiller au parlement de Paris brûlé pour hérésie en 1559 Anne du Bourg, était une sorte d’aventurier : il s’était fait passer pour le représentant officiel de Charles IX auprès du sultan ottoman en 1569 et avait même négocié un traité avantageux au nez et à la barbe de l’ambassadeur français, Guillaume de Grantrye, sr de Grandchamp80. Il arrive en Espagne en 1576 avec l’espoir d’obtenir pour le duc d’Anjou une couronne ou la main d’une infante. Il est porteur d’une lettre du duc à Philippe II en date du 29 avril. Son premier voyage est donc sans conteste une mission rebelle. Saint-Gouard fait alors tout ce qu’il peut pour que Du Bourg ne soit pas reçu, protestant par avance en audience, mais Philippe II répond qu’il ne peut pas ne pas recevoir un envoyé du frère du roi de France81. Lorsque Du Bourg revient en Espagne à l’été de la même année, le duc s’est réconcilié avec son frère et la mission n’a donc plus rien de rebelle. Toutefois, l’ambassadeur agit de la même manière et fait tout pour que Du Bourg ne soit pas reçu. Il se montre tellement insistant que Philippe II finit même par l’éviter82. Dans les deux cas, la cour d’Espagne est loin d’être à l’aise avec ces missions. Après avoir éconduit Du Bourg avec une chaîne en or et de vagues promesses lors de sa première mission, les Espagnols tentent de le retenir à Barcelone lorsqu’il revient quelques semaines plus tard, mais rien n’y fait et finalement Philippe II se résout à le recevoir de nouveau en audience. Il tente ensuite de le faire partir avec une lettre tout aussi vague que la première, mais Du Bourg, insatisfait, refuse de quitter la péninsule pendant plusieurs semaines. Il se réfugie à Tolède, espionné par les agents de Saint-Gouard, mais doit finir par repartir. Du Bourg passe ensuite au service du roi de Navarre et revient en Espagne pour le compte de ce dernier, après un passage en Savoie et à Gênes. Les Espagnols ne le laissent cette fois pas aller plus loin que Barcelone. Diplomatie rebelle ou diplomatie paraétatique, les frontières entre ces différentes activités sont donc le plus souvent extrêmement poreuses.

    Notes de bas de page

    1Gellard Matthieu, « “Entreprendre une guerre dehors pour entretenir la paix dedans”. Les partisans d’une guerre ouverte contre l’Espagne pendant les guerres de Religion », in Éric Schnakenbourg (dir.), Les Entrées en guerre à l’époque moderne, xvie-xviiie siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2018, p. 79-100.

    2Mac Caffrey Wallace T., « The Newhaven expedition, 1562-1563 », The Historical Journal, no 40, 1997/1, p. 1-21 ; Heap William, Elizabeth’s French Wars. English Interventions in the French Wars of Religion, 1562-1598, Londres, Unicorn, 2019 ; Gellard Matthieu, « Les mésaventures de deux ambassadeurs anglais pendant la première guerre de Religion en France », in Lucien Bély et Géraud Poumarède (dir.), L’Incident diplomatique, xvie-xviiie siècle, Paris, A. Pédone, 2010, p. 45-66.

    3Longlée à Henri III, 5 juin 1588, éd. Albert Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée, résident de France en Espagne (1582-1590), Paris, Plon, 1912, p. 380.

    4Longlée à Henri III, 29 février 1583, ibid., p. 27, 28 et 30.

    5Longlée à Henri III, 28 octobre 1585, ibid., p. 191. Voir aussi Longlée à Henri III, 3 avril 1586, Madrid, ibid., p. 243-244.

    6Paul de Foix à Catherine de Médicis, 21 mai 1562, éd. David Potter, The Letters of Paul de Foix, French Ambassador at the Court of Elisabeth I, 1562-1566, Londres, Cambridge University Press, 2019, p. 45.

    7Longlée à Henri III, 20 août 1585, ibid., p. 170. Sur les liens entre Montmorency et Philippe II, voir Davies Joan M., « The Duc de Montmorency, Philip II and the House of Savoy : a Neglected Aspect of the Sixteenth-Century French Civil Wars », The English Historical Review, vol. 105, no 417 (octobre 1990), p. 870-892 ; id., « Neither Politique Nor Patriot ? Henri, Duc de Montmorency and Philip II, 1582-1589 », The Historical Journal, no 34, 1991/3, p. 539-566.

    8Mauvissière à Henri III, 5 décembre 1583, Adolphe Cheruel, Marie Stuart et Catherine de Médicis. Étude historique sur les relations de la France et de l’Écosse dans la seconde moitié du xvie siècle, Paris, Hachette, 1858, p. 281.

    9Voir par exemple Paul de Foix à Catherine de Médicis, 27 juillet 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 89.

    10Sur les pratiques de clandestinité, voir les différentes contributions dans Daussy Hugues, Foa Jérémie et Roberts Penny (dir.), Réseaux et pratiques de la clandestinité au temps des guerres de Religion, à paraître chez Peter Lang et en particulier Micallef Fabrice, « “Un secret inextricable” ? Clandestinité, relations extérieures et surveillance à l’époque de la Ligue (années 1580-1590) ». Voir aussi Aprile Sylvie et Retaillaud-Bajac Emmanuelle (dir.), Clandestinités urbaines. Les citadins et les territoires du secret (xvie-xxe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008.

    11Rapport de Paul de Foix d’août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 102.

    12Paul de Foix à Catherine de Médicis, 25 août 1562, ibid., p. 109.

    13Vivonne à Henri III, 16 juin 1585, éd. Giovanni Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome et autres agents. Tomes VII et VIII. 1584-1588, première partie, master 2 d’histoire sous la direction de Philippe Martin, Université Lumière Lyon 2, 2016, p. 105.

    14Paul de Foix à Catherine de Médicis, 25 août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 109.

    15Longlée à Henri III, 21 avril 1584, éd. A. Mousset (éd.), Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 58. Voir aussi la lettre du 10 juin à Henri III où Longlée explique qu’il a reçu des lettres de Victoria, Pampelune et Saragosse au sujet des négociations avec Navarre, ibid., p. 81.

    16Longlée à Henri III, 14 juillet 1584, ibid., p. 96.

    17Mondoucet à Henri III, 14 octobre 1574, éd. Louis-François Didier, Lettres et Négociations de Claude de Mondoucet, résident de France aux Pays-Bas, 1571-1574, Paris, E. Leroux, 1892, t. II p. 333.

    18Mauvissière à Henri III, 5 décembre 1583, A. Cheruel, Marie Stuart et Catherine de Médicis…, op. cit., p. 278.

    19Cottret Bernard, Terre d’exil. L’Angleterre et ses réfugiés français et wallons de la Réforme à la Révocation de l’Édit de Nantes, 1550-1700, Paris, Aubier, 1985.

    20Rapport de Paul de Foix d’août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 102.

    21Saint-Gouard à Henri III, 7 juin 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 100.

    22Micallef Fabrice, « Serviteurs ou affronteurs ? Les diplomates d’Henri IV face à la nébuleuse des exilés et des espions (1598-1610) », in Jérémie Foa, Matthieu Gellard et Bertrand Haan (dir.), Servir le prince en temps de guerre civile dans l’Europe des xvie-xviie siècles, à paraître.

    23Hanotin Pierre, Une ambassade au temps des guerres de Religion. Bertrand de Salignac de La Mothe-Fénelon en Angleterre (1568-1575), maîtrise d’histoire sous la direction d’Alain Tallon, université Paris IV, 2004, p. 150-153.

    24Rapport de Paul de Foix d’août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 102.

    25Atkinson Ernest G., « The Cardinal of Châtillon in England, 1568-1571 », Proceedings of the Huguenot Society of London, t. 3, 1888-1891, p. 172285 ; Breton, Nicolas, Je les espreuve tous. Itinéraires politiques et engagements religieux des Coligny-Châtillon (mi xve-mi xviie siècle), Genève, Droz, 2020.

    26La Mothe-Fénelon à Charles IX, 22 août 1569, éd. Charles Purton Cooper et Alexandre Teulet Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénelon, ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575, Paris et Londres, Impr. de Panckoucke, 1838, t. II, p. 167.

    27Bastard d’Estang Léon de, Vie de Jean de Ferrières, vidame de Chartres, seigneur de Maligny, Auxerre, Perriquet et Rouillé, 1838, p. 252, donne une lettre du prince de Condé à Cecil du 3 juin 1574 qui accrédite le vidame de Chartres.

    28« Aultre mémoire au dict srde la Croix pour dire a part à la royne », éd. C. Purton Cooper et A. Teuler, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénelon…, op. cit., p. 107.

    29Jean de Vivonne à Henri III, 17 juin 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 108.

    30Longlée à Villeroy, 29 février 1584, éd. A. Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 35 (ou 1er mai 1584, ibid., p. 65).

    31Longlée à Henri III, 7 juillet 1584, ibid., p. 92-93.

    32Longlée à Villeroy, 20 septembre 1585, ibid., p. 177.

    33Longlée à Henri III, 8 janvier 1586, ibid., p. 214.

    34Longlée à Henri III, 1er avril 1584, ibid., p. 50.

    35Saint-Gouard à Henri III, 16 juin 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 108.

    36Longlée à Henri III, 16 mai 1584, éd. A. Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 71-72.

    37Longlée à Henri III, 12 novembre 1585, ibid., p. 197.

    38Boucher Jacqueline, Champion Pierre et Francois, Michel (éd.). Lettres de Henri III, roi de France, Paris, Société de l’histoire de France, 2012, t. VII.

    39Paul de Foix à Catherine de Médicis, 25 août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 110.

    40Longlée à Villeroy, 12 avril 1584, éd. A. Mouset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 54.

    41Longlée à Henri III, 15 mars 1586, ibid., p. 238-239. Sur le sujet, voir Groebner Valentin, Who are you ? Identification, Deception and Surveillance in Early Modern Europe, New York, Zone Books, 2007.

    42Mémoire baillé au dict sieur de La Croix, éd. C. Purton Cooper et A. Teulet Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénelon…, op. cit., t. I, p. 99-100.

    43Longlée à Henri III, 14 avril 1585, éd. A. Mouset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 125.

    44Longlée à Henri III, 2 juillet 1588, ibid., p. 385.

    45Longlée à Henri III, 1er avril 1584, ibid., p. 51.

    46Mémoire de La Mother-Fénelon du 5 septembre 1570 au sr de Vassal de ce qu’il « dira d’abondant, a part, a leurs majestez », éd. C. Purton Cooper et A. Teulet, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac…, op. cit., t. III, p. 301.

    47Sur cet agent de Marguerite de Valois, voir en particulier Brunet Serge, « De l’espagnol dedans le ventre ! ». Les catholiques du Sud-Ouest de la France face à la Réforme (vers 1540-1589), Paris, Champion, 2007.

    48Longlée à Henri III, 20 août 1585, éd. A. Mouset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 168.

    49La Mothe-Fénelon à Henri III, 29 novembre 1572, éd. C. Purton Cooper et A. Teulet Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac…, op. cit., t. 5, p. 212.

    50« Mémoire à la royne », 10 septembre 1574, ibid., t. 6, p. 233.

    51« Advis à part à la royne », 24 octobre 1574, ibid., p. 269.

    52La Mothe-Fénelon à Henri III, 1er juillet 1575, ibid., p. 456.

    53La Mothe-Fénelon à Henri III, 13 août 1575, ibid., p. 491.

    54La Mothe-Fénelon à Henri III, 13 juillet 1575, ibid., p. 471.

    55Longlée à Henri III, 20 août 1585, éd. A. Mouset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 170.

    56La dernière phrase évoque à mots couverts les missions envoyées en France par les révoltés flamands et le propos pourrait être largement contesté par Philippe II… Longlée à Henri III, 28 octobre 1585, ibid., p. 189.

    57Mémoire de Messieurs de Vieilleville et de Foix, 11 août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 96.

    58Ibid., p. 96-97.

    59La Mothe-Fénelon à Henri III, 27 novembre 1574, éd. C. Purton Cooper et A. Teulet, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac…, op. cit., t. VI, p. 301.

    60Longlée à Henri III, 12 novembre 1585, éd. A. Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 194 et 197.

    61Longlée à Henri III, 1er avril 1584, ibid., p. 50.

    62Longlée à Henri III, 28 octobre 1585, éd. A. Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 189.

    63Foa Jérémie et Mellet, Paul-Alexis (dir.), Le Bruit des armes. Mises en formes et désinformations en Europe pendant les guerres de Religion (1560-1610), Paris, Champion, 2012.

    64La Mothe-Fénelon à Charles IX, 5 décembre 1568, éd. C. Purton Cooper et A. Teulet, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac…, op. cit., t. I, p. 26. Sur les interventions de Cavagnes en ce sens, voir la dépêche suivante du 10 décembre 1568, ibid., p. 37.

    65Ibid., p. 36.

    66Gellard Matthieu, Une reine épistolaire. Lettres et pouvoirs au temps de Catherine de Médicis, Paris, Classiques Garnier, 2015, p. 458-460.

    67Saint-Gouard à Henri III, 17 juin 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 109.

    68Gellard M., Une reine épistlaire…, op. cit., chapitre 6.

    69Saint-Gouard à Henri III, 2 juillet 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 114. Quelques jours avant, l’ambassadeur expliquait que « Le cardinal de Vaudemont me tourne l’espaulle quand il me voit et fuit de me rencontrer mais que ce soit pour me juger tres fidelle serviteur de vostre majesté ». Saint-Gouard explique en effet que ledit Vaudémont est manipulé par le cardinal de Sens et que sinon il serait resté fidèle… La vue de l’ambassadeur lui procurerait donc des cas de conscience. Saint-Gouard à Henri III, 16 juin 1585, ibid., p. 107.

    70Longlée à Henri III, 8 janvier 1586, éd. A. Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 194 et 197, p. 215-216.

    71Mauvissière à Henri III, 5 décembre 1583, A. Cheruel, Marie Stuart et Catherine de Médicis…, op. cit., p. 278.

    72Saint-Gouard à Henri III, 7 juin 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 101.

    73Sur le cadrage par la cour des propos tenus par ses ambassadeurs en audience et sur la marge de manœuvre de ceux-ci, voir Gellard M. Une reine épistolaire…, op. cit., chapitre 6.

    74Longlée à Henri III, 28 octobre 1585, éd. A. Mouset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 189, cité plus haut (note 56) et La Mothe-Fénelon à Henri III, 27 novembre 1574, éd. C. Purton Cooper et A. Teulet Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac…, op. cit., t. 6, p. 301 cité plus haut (note 59).

    75Gellard M., Une reine épistolaire…, op. cit., p. 526-538.

    76La Mothe-Fénelon à Catherine de Médicis, 23 janvier 1571, éd. C. Purton-Cooper et A. Teulet, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénelon…, op. cit., t. III, p. 448.

    77La Mothe-Fénelon à Charles IX, 28 mai 1569, éd. C. Purton-Cooper et A. Teulet, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénelon…, op. cit., t. I, p. 417.

    78Mauvissière à Henri III, 14 octobe 1584, éd. A. Cheruel, Marie Stuart et Catherine de Médicis…, op. cit., p. 332.

    79Saint-Gouard à Henri III, 2 juillet 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 115.

    80Voir ses lettres dans éd. Ernest Charriere, Négociations de la France dans le Levant, ou Correspondances, mémoires et actes diplomatiques des ambassadeurs de France à Constantinople et des ambassadeurs, envoyés ou résidents à divers titres à Venise, Raguse, Rome, Malte et Jérusalem, en Turquie, Perse, Géorgie, Crimée, Syrie, Égypte, etc., et dans les États de Tunis, d’Alger et de Maroc, Paris, Imprimerie nationale, 1884, t. III, p. 63-80 et 99-100.

    81Bremond D’Ars Guy, Le Père de Mme de Rambouillet. Jean de Vivonne, sa vie et ses ambassades, près de Philippe II et à la cour de Rome, Paris, Plon, 1853, p. 81 et 83.

    82Ibid., p. 85, note 6.

    Auteur

    • Matthieu Gellard
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0

    Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    La France et la Russie

    La France et la Russie

    Regards diplomatiques (xviie-xxie siècle)

    Laurent Jalabert (dir.)

    2012

    S’adapter à la mer

    S’adapter à la mer

    L’homme, la mer et le littoral du Moyen Âge à nos jours

    Frédérique Laget et Alexis Vrignon (dir.)

    2014

    Figures et expressions du pouvoir dans l'Antiquité

    Figures et expressions du pouvoir dans l'Antiquité

    Hommage à Jean-René Jannot

    Thierry Piel (dir.)

    2009

    Relations internationales et stratégie

    Relations internationales et stratégie

    De la guerre froide à la guerre contre le terrorisme

    Frédéric Bozo (dir.)

    2005

    Dialogue militaire entre Anciens et Modernes

    Dialogue militaire entre Anciens et Modernes

    Jean-Pierre Bois (dir.)

    2004

    La France face aux crises et aux conflits des périphéries européennes et atlantiques du xviie au xxe siècle

    La France face aux crises et aux conflits des périphéries européennes et atlantiques du xviie au xxe siècle

    Éric Schnakenbourg et Frédéric Dessberg (dir.)

    2010

    La migration européenne aux Amériques

    La migration européenne aux Amériques

    Pour un dialogue entre histoire et littérature

    Didier Poton, Micéala Symington et Laurent Vidal (dir.)

    2012

    Guerres et paix en Afrique noire et à Madagascar

    Guerres et paix en Afrique noire et à Madagascar

    xixe et xxe siècles

    Alain Tirefort (dir.)

    2006

    Mouvements paysans face à la politique agricole commune et à la mondialisation (1957-2011)

    Mouvements paysans face à la politique agricole commune et à la mondialisation (1957-2011)

    Laurent Jalabert et Christophe Patillon (dir.)

    2013

    Sécurité européenne : frontières, glacis et zones d'influence

    Sécurité européenne : frontières, glacis et zones d'influence

    De l'Europe des alliances à l'Europe des blocs (fin xixe siècle-milieu xxe siècle)

    Frédéric Dessberg et Frédéric Thébault (dir.)

    2007

    Du Brésil à l'Atlantique

    Du Brésil à l'Atlantique

    Essais pour une histoire des échanges culturels internationaux. Mélanges offerts à Guy Martinière

    Laurent Vidal et Didier Poton (dir.)

    2014

    Économie et société dans la France de l'Ouest Atlantique

    Économie et société dans la France de l'Ouest Atlantique

    Du Moyen Âge aux Temps modernes

    Guy Saupin et Jean-Luc Sarrazin (dir.)

    2004

    Voir plus de livres
    1 / 12
    La France et la Russie

    La France et la Russie

    Regards diplomatiques (xviie-xxie siècle)

    Laurent Jalabert (dir.)

    2012

    S’adapter à la mer

    S’adapter à la mer

    L’homme, la mer et le littoral du Moyen Âge à nos jours

    Frédérique Laget et Alexis Vrignon (dir.)

    2014

    Figures et expressions du pouvoir dans l'Antiquité

    Figures et expressions du pouvoir dans l'Antiquité

    Hommage à Jean-René Jannot

    Thierry Piel (dir.)

    2009

    Relations internationales et stratégie

    Relations internationales et stratégie

    De la guerre froide à la guerre contre le terrorisme

    Frédéric Bozo (dir.)

    2005

    Dialogue militaire entre Anciens et Modernes

    Dialogue militaire entre Anciens et Modernes

    Jean-Pierre Bois (dir.)

    2004

    La France face aux crises et aux conflits des périphéries européennes et atlantiques du xviie au xxe siècle

    La France face aux crises et aux conflits des périphéries européennes et atlantiques du xviie au xxe siècle

    Éric Schnakenbourg et Frédéric Dessberg (dir.)

    2010

    La migration européenne aux Amériques

    La migration européenne aux Amériques

    Pour un dialogue entre histoire et littérature

    Didier Poton, Micéala Symington et Laurent Vidal (dir.)

    2012

    Guerres et paix en Afrique noire et à Madagascar

    Guerres et paix en Afrique noire et à Madagascar

    xixe et xxe siècles

    Alain Tirefort (dir.)

    2006

    Mouvements paysans face à la politique agricole commune et à la mondialisation (1957-2011)

    Mouvements paysans face à la politique agricole commune et à la mondialisation (1957-2011)

    Laurent Jalabert et Christophe Patillon (dir.)

    2013

    Sécurité européenne : frontières, glacis et zones d'influence

    Sécurité européenne : frontières, glacis et zones d'influence

    De l'Europe des alliances à l'Europe des blocs (fin xixe siècle-milieu xxe siècle)

    Frédéric Dessberg et Frédéric Thébault (dir.)

    2007

    Du Brésil à l'Atlantique

    Du Brésil à l'Atlantique

    Essais pour une histoire des échanges culturels internationaux. Mélanges offerts à Guy Martinière

    Laurent Vidal et Didier Poton (dir.)

    2014

    Économie et société dans la France de l'Ouest Atlantique

    Économie et société dans la France de l'Ouest Atlantique

    Du Moyen Âge aux Temps modernes

    Guy Saupin et Jean-Luc Sarrazin (dir.)

    2004

    Voir plus de chapitres

    Introduction. Politique du service

    Matthieu Gellard, Bertrand Haan et Jérémie Foa

    Introduction

    Matthieu Gellard et Fabrice Micallef

    « Entreprendre une guerre dehors pour entretenir la paix dedans »

    Les partisans d’une guerre ouverte contre l’Espagne pendant les guerres de Religion

    Matthieu Gellard

    L’œil à tout

    Catherine de Médicis en mouvements

    Jérémie Foa et Matthieu Gellard

    Voir plus de chapitres
    1 / 4

    Introduction. Politique du service

    Matthieu Gellard, Bertrand Haan et Jérémie Foa

    Introduction

    Matthieu Gellard et Fabrice Micallef

    « Entreprendre une guerre dehors pour entretenir la paix dedans »

    Les partisans d’une guerre ouverte contre l’Espagne pendant les guerres de Religion

    Matthieu Gellard

    L’œil à tout

    Catherine de Médicis en mouvements

    Jérémie Foa et Matthieu Gellard

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Rennes
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    ePub / PDF

    1Gellard Matthieu, « “Entreprendre une guerre dehors pour entretenir la paix dedans”. Les partisans d’une guerre ouverte contre l’Espagne pendant les guerres de Religion », in Éric Schnakenbourg (dir.), Les Entrées en guerre à l’époque moderne, xvie-xviiie siècles, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2018, p. 79-100.

    2Mac Caffrey Wallace T., « The Newhaven expedition, 1562-1563 », The Historical Journal, no 40, 1997/1, p. 1-21 ; Heap William, Elizabeth’s French Wars. English Interventions in the French Wars of Religion, 1562-1598, Londres, Unicorn, 2019 ; Gellard Matthieu, « Les mésaventures de deux ambassadeurs anglais pendant la première guerre de Religion en France », in Lucien Bély et Géraud Poumarède (dir.), L’Incident diplomatique, xvie-xviiie siècle, Paris, A. Pédone, 2010, p. 45-66.

    3Longlée à Henri III, 5 juin 1588, éd. Albert Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée, résident de France en Espagne (1582-1590), Paris, Plon, 1912, p. 380.

    4Longlée à Henri III, 29 février 1583, ibid., p. 27, 28 et 30.

    5Longlée à Henri III, 28 octobre 1585, ibid., p. 191. Voir aussi Longlée à Henri III, 3 avril 1586, Madrid, ibid., p. 243-244.

    6Paul de Foix à Catherine de Médicis, 21 mai 1562, éd. David Potter, The Letters of Paul de Foix, French Ambassador at the Court of Elisabeth I, 1562-1566, Londres, Cambridge University Press, 2019, p. 45.

    7Longlée à Henri III, 20 août 1585, ibid., p. 170. Sur les liens entre Montmorency et Philippe II, voir Davies Joan M., « The Duc de Montmorency, Philip II and the House of Savoy : a Neglected Aspect of the Sixteenth-Century French Civil Wars », The English Historical Review, vol. 105, no 417 (octobre 1990), p. 870-892 ; id., « Neither Politique Nor Patriot ? Henri, Duc de Montmorency and Philip II, 1582-1589 », The Historical Journal, no 34, 1991/3, p. 539-566.

    8Mauvissière à Henri III, 5 décembre 1583, Adolphe Cheruel, Marie Stuart et Catherine de Médicis. Étude historique sur les relations de la France et de l’Écosse dans la seconde moitié du xvie siècle, Paris, Hachette, 1858, p. 281.

    9Voir par exemple Paul de Foix à Catherine de Médicis, 27 juillet 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 89.

    10Sur les pratiques de clandestinité, voir les différentes contributions dans Daussy Hugues, Foa Jérémie et Roberts Penny (dir.), Réseaux et pratiques de la clandestinité au temps des guerres de Religion, à paraître chez Peter Lang et en particulier Micallef Fabrice, « “Un secret inextricable” ? Clandestinité, relations extérieures et surveillance à l’époque de la Ligue (années 1580-1590) ». Voir aussi Aprile Sylvie et Retaillaud-Bajac Emmanuelle (dir.), Clandestinités urbaines. Les citadins et les territoires du secret (xvie-xxe siècles), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008.

    11Rapport de Paul de Foix d’août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 102.

    12Paul de Foix à Catherine de Médicis, 25 août 1562, ibid., p. 109.

    13Vivonne à Henri III, 16 juin 1585, éd. Giovanni Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome et autres agents. Tomes VII et VIII. 1584-1588, première partie, master 2 d’histoire sous la direction de Philippe Martin, Université Lumière Lyon 2, 2016, p. 105.

    14Paul de Foix à Catherine de Médicis, 25 août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 109.

    15Longlée à Henri III, 21 avril 1584, éd. A. Mousset (éd.), Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 58. Voir aussi la lettre du 10 juin à Henri III où Longlée explique qu’il a reçu des lettres de Victoria, Pampelune et Saragosse au sujet des négociations avec Navarre, ibid., p. 81.

    16Longlée à Henri III, 14 juillet 1584, ibid., p. 96.

    17Mondoucet à Henri III, 14 octobre 1574, éd. Louis-François Didier, Lettres et Négociations de Claude de Mondoucet, résident de France aux Pays-Bas, 1571-1574, Paris, E. Leroux, 1892, t. II p. 333.

    18Mauvissière à Henri III, 5 décembre 1583, A. Cheruel, Marie Stuart et Catherine de Médicis…, op. cit., p. 278.

    19Cottret Bernard, Terre d’exil. L’Angleterre et ses réfugiés français et wallons de la Réforme à la Révocation de l’Édit de Nantes, 1550-1700, Paris, Aubier, 1985.

    20Rapport de Paul de Foix d’août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 102.

    21Saint-Gouard à Henri III, 7 juin 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 100.

    22Micallef Fabrice, « Serviteurs ou affronteurs ? Les diplomates d’Henri IV face à la nébuleuse des exilés et des espions (1598-1610) », in Jérémie Foa, Matthieu Gellard et Bertrand Haan (dir.), Servir le prince en temps de guerre civile dans l’Europe des xvie-xviie siècles, à paraître.

    23Hanotin Pierre, Une ambassade au temps des guerres de Religion. Bertrand de Salignac de La Mothe-Fénelon en Angleterre (1568-1575), maîtrise d’histoire sous la direction d’Alain Tallon, université Paris IV, 2004, p. 150-153.

    24Rapport de Paul de Foix d’août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 102.

    25Atkinson Ernest G., « The Cardinal of Châtillon in England, 1568-1571 », Proceedings of the Huguenot Society of London, t. 3, 1888-1891, p. 172285 ; Breton, Nicolas, Je les espreuve tous. Itinéraires politiques et engagements religieux des Coligny-Châtillon (mi xve-mi xviie siècle), Genève, Droz, 2020.

    26La Mothe-Fénelon à Charles IX, 22 août 1569, éd. Charles Purton Cooper et Alexandre Teulet Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénelon, ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575, Paris et Londres, Impr. de Panckoucke, 1838, t. II, p. 167.

    27Bastard d’Estang Léon de, Vie de Jean de Ferrières, vidame de Chartres, seigneur de Maligny, Auxerre, Perriquet et Rouillé, 1838, p. 252, donne une lettre du prince de Condé à Cecil du 3 juin 1574 qui accrédite le vidame de Chartres.

    28« Aultre mémoire au dict srde la Croix pour dire a part à la royne », éd. C. Purton Cooper et A. Teuler, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénelon…, op. cit., p. 107.

    29Jean de Vivonne à Henri III, 17 juin 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 108.

    30Longlée à Villeroy, 29 février 1584, éd. A. Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 35 (ou 1er mai 1584, ibid., p. 65).

    31Longlée à Henri III, 7 juillet 1584, ibid., p. 92-93.

    32Longlée à Villeroy, 20 septembre 1585, ibid., p. 177.

    33Longlée à Henri III, 8 janvier 1586, ibid., p. 214.

    34Longlée à Henri III, 1er avril 1584, ibid., p. 50.

    35Saint-Gouard à Henri III, 16 juin 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 108.

    36Longlée à Henri III, 16 mai 1584, éd. A. Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 71-72.

    37Longlée à Henri III, 12 novembre 1585, ibid., p. 197.

    38Boucher Jacqueline, Champion Pierre et Francois, Michel (éd.). Lettres de Henri III, roi de France, Paris, Société de l’histoire de France, 2012, t. VII.

    39Paul de Foix à Catherine de Médicis, 25 août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 110.

    40Longlée à Villeroy, 12 avril 1584, éd. A. Mouset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 54.

    41Longlée à Henri III, 15 mars 1586, ibid., p. 238-239. Sur le sujet, voir Groebner Valentin, Who are you ? Identification, Deception and Surveillance in Early Modern Europe, New York, Zone Books, 2007.

    42Mémoire baillé au dict sieur de La Croix, éd. C. Purton Cooper et A. Teulet Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénelon…, op. cit., t. I, p. 99-100.

    43Longlée à Henri III, 14 avril 1585, éd. A. Mouset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 125.

    44Longlée à Henri III, 2 juillet 1588, ibid., p. 385.

    45Longlée à Henri III, 1er avril 1584, ibid., p. 51.

    46Mémoire de La Mother-Fénelon du 5 septembre 1570 au sr de Vassal de ce qu’il « dira d’abondant, a part, a leurs majestez », éd. C. Purton Cooper et A. Teulet, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac…, op. cit., t. III, p. 301.

    47Sur cet agent de Marguerite de Valois, voir en particulier Brunet Serge, « De l’espagnol dedans le ventre ! ». Les catholiques du Sud-Ouest de la France face à la Réforme (vers 1540-1589), Paris, Champion, 2007.

    48Longlée à Henri III, 20 août 1585, éd. A. Mouset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 168.

    49La Mothe-Fénelon à Henri III, 29 novembre 1572, éd. C. Purton Cooper et A. Teulet Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac…, op. cit., t. 5, p. 212.

    50« Mémoire à la royne », 10 septembre 1574, ibid., t. 6, p. 233.

    51« Advis à part à la royne », 24 octobre 1574, ibid., p. 269.

    52La Mothe-Fénelon à Henri III, 1er juillet 1575, ibid., p. 456.

    53La Mothe-Fénelon à Henri III, 13 août 1575, ibid., p. 491.

    54La Mothe-Fénelon à Henri III, 13 juillet 1575, ibid., p. 471.

    55Longlée à Henri III, 20 août 1585, éd. A. Mouset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 170.

    56La dernière phrase évoque à mots couverts les missions envoyées en France par les révoltés flamands et le propos pourrait être largement contesté par Philippe II… Longlée à Henri III, 28 octobre 1585, ibid., p. 189.

    57Mémoire de Messieurs de Vieilleville et de Foix, 11 août 1562, éd. D. Potter, The Letters of Paul de Foix…, op. cit., p. 96.

    58Ibid., p. 96-97.

    59La Mothe-Fénelon à Henri III, 27 novembre 1574, éd. C. Purton Cooper et A. Teulet, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac…, op. cit., t. VI, p. 301.

    60Longlée à Henri III, 12 novembre 1585, éd. A. Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 194 et 197.

    61Longlée à Henri III, 1er avril 1584, ibid., p. 50.

    62Longlée à Henri III, 28 octobre 1585, éd. A. Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 189.

    63Foa Jérémie et Mellet, Paul-Alexis (dir.), Le Bruit des armes. Mises en formes et désinformations en Europe pendant les guerres de Religion (1560-1610), Paris, Champion, 2012.

    64La Mothe-Fénelon à Charles IX, 5 décembre 1568, éd. C. Purton Cooper et A. Teulet, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac…, op. cit., t. I, p. 26. Sur les interventions de Cavagnes en ce sens, voir la dépêche suivante du 10 décembre 1568, ibid., p. 37.

    65Ibid., p. 36.

    66Gellard Matthieu, Une reine épistolaire. Lettres et pouvoirs au temps de Catherine de Médicis, Paris, Classiques Garnier, 2015, p. 458-460.

    67Saint-Gouard à Henri III, 17 juin 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 109.

    68Gellard M., Une reine épistlaire…, op. cit., chapitre 6.

    69Saint-Gouard à Henri III, 2 juillet 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 114. Quelques jours avant, l’ambassadeur expliquait que « Le cardinal de Vaudemont me tourne l’espaulle quand il me voit et fuit de me rencontrer mais que ce soit pour me juger tres fidelle serviteur de vostre majesté ». Saint-Gouard explique en effet que ledit Vaudémont est manipulé par le cardinal de Sens et que sinon il serait resté fidèle… La vue de l’ambassadeur lui procurerait donc des cas de conscience. Saint-Gouard à Henri III, 16 juin 1585, ibid., p. 107.

    70Longlée à Henri III, 8 janvier 1586, éd. A. Mousset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 194 et 197, p. 215-216.

    71Mauvissière à Henri III, 5 décembre 1583, A. Cheruel, Marie Stuart et Catherine de Médicis…, op. cit., p. 278.

    72Saint-Gouard à Henri III, 7 juin 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 101.

    73Sur le cadrage par la cour des propos tenus par ses ambassadeurs en audience et sur la marge de manœuvre de ceux-ci, voir Gellard M. Une reine épistolaire…, op. cit., chapitre 6.

    74Longlée à Henri III, 28 octobre 1585, éd. A. Mouset, Dépêches diplomatiques de M. de Longlée…, op. cit., p. 189, cité plus haut (note 56) et La Mothe-Fénelon à Henri III, 27 novembre 1574, éd. C. Purton Cooper et A. Teulet Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac…, op. cit., t. 6, p. 301 cité plus haut (note 59).

    75Gellard M., Une reine épistolaire…, op. cit., p. 526-538.

    76La Mothe-Fénelon à Catherine de Médicis, 23 janvier 1571, éd. C. Purton-Cooper et A. Teulet, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénelon…, op. cit., t. III, p. 448.

    77La Mothe-Fénelon à Charles IX, 28 mai 1569, éd. C. Purton-Cooper et A. Teulet, Correspondance diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénelon…, op. cit., t. I, p. 417.

    78Mauvissière à Henri III, 14 octobe 1584, éd. A. Cheruel, Marie Stuart et Catherine de Médicis…, op. cit., p. 332.

    79Saint-Gouard à Henri III, 2 juillet 1585, éd. G. Anticona, Les Lettres des ambassadeurs à Rome…, op. cit., p. 115.

    80Voir ses lettres dans éd. Ernest Charriere, Négociations de la France dans le Levant, ou Correspondances, mémoires et actes diplomatiques des ambassadeurs de France à Constantinople et des ambassadeurs, envoyés ou résidents à divers titres à Venise, Raguse, Rome, Malte et Jérusalem, en Turquie, Perse, Géorgie, Crimée, Syrie, Égypte, etc., et dans les États de Tunis, d’Alger et de Maroc, Paris, Imprimerie nationale, 1884, t. III, p. 63-80 et 99-100.

    81Bremond D’Ars Guy, Le Père de Mme de Rambouillet. Jean de Vivonne, sa vie et ses ambassades, près de Philippe II et à la cour de Rome, Paris, Plon, 1853, p. 81 et 83.

    82Ibid., p. 85, note 6.

    Diplomaties rebelles

    X Facebook Email

    Diplomaties rebelles

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Diplomaties rebelles

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Gellard, M. (2022). Les ambassadeurs des derniers Valois face aux missions rebelles. In M. Gellard & F. Micaleff (éds.), Diplomaties rebelles. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/13vxg
    Gellard, Matthieu. « Les ambassadeurs des derniers Valois face aux missions rebelles ». In Diplomaties rebelles, édité par Matthieu Gellard et Fabrice Micaleff. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2022. doi:10.4000/13vxg.
    Gellard, Matthieu. « Les ambassadeurs des derniers Valois face aux missions rebelles ». Diplomaties rebelles, édité par Matthieu Gellard et Fabrice Micaleff, Presses universitaires de Rennes, 2022, https://doi.org/10.4000/13vxg.

    Référence numérique du livre

    Format

    Gellard, M., & Micaleff, F. (éds.). (2022). Diplomaties rebelles. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/13vzn
    Gellard, Matthieu, et Fabrice Micaleff, éd. Diplomaties rebelles. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2022. doi:10.4000/13vzn.
    Gellard, Matthieu, et Fabrice Micaleff, éditeurs. Diplomaties rebelles. Presses universitaires de Rennes, 2022, https://doi.org/10.4000/13vzn.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Rennes

    Presses universitaires de Rennes

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.pur-editions.fr

    Email : pur@univ-rennes2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement