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La production scientifique sur le règne de Louis IX après le Saint Louis de Jacques Le Goff : une approche quantitative
p. 53-70
Texte intégral
1Avec son Saint Louis, Jacques Le Goff a indéniablement bousculé notre manière de concevoir le genre biographique. Mais quel impact eut cette monumentale recherche, marathon scientifique d’une quinzaine d’années, sur celles menées sur le règne de Louis IX après sa parution en 1996 ? Les auteurs de ce volume dévoileront d’un point de vue qualitatif les renouvellements qu’ils ont, pour leur part, apportés à la question, mais avant cela, j’aimerais procéder de manière plus quantitative et tenter d’embrasser, autant que faire se peut, l’ensemble de la production scientifique ludovicienne de ce dernier quart de siècle. Pour ce faire, j’ai constitué et interrogé une base de données rassemblant les centaines d’ouvrages et d’articles recensés par la base Brepolis Medieval and Early Modern Bibliography et les Regesta Imperii depuis 1996. Sans y inclure 2022, mais avec le report du colloque, ce sont donc vingt-six années de recherche sur Louis IX, et non plus vingt-cinq, que nous allons parcourir ici à grandes foulées.
2Deux mots sur la méthode retenue sont nécessaires. Brepolis Medieval and Early Modern Bibliography a été consultée en premier lieu, car elle présente l’intérêt de pouvoir interroger plusieurs bases bibliographiques de première importance à la fois, notamment l’International Medieval Bibliography, qui recense des milliers d’articles issus de revues ou d’ouvrages collectifs et la Bibliographie de Civilisation Médiévale, qui traite des monographies1. Brepolis a de plus vocation à couvrir un très long Moyen Âge, à la fois occidental et oriental, tel qu’abordé par des disciplines aussi diverses que l’histoire, l’art, la littérature, le droit ou la médecine, et présente le grand intérêt de recenser des titres dans toutes les langues. Son principal défaut est de demander un gros travail de nettoyage des résultats obtenus, car la collecte des informations est semi-automatique et donc parfois fautive. D’où l’intérêt de croiser Brepolis avec la base Opac des Regesta imperii qui est enrichie manuellement par des membres de l’équipe des Regesta imperii et par des spécialistes : les erreurs y sont extrêmement rares2. Opac enrichit également avantageusement Brepolis – très complète pour les publications anglo-saxonnes – car elle est extrêmement exhaustive sur celles en langue allemande. Il est à noter enfin que dans l’une et l’autre base, la recherche « Saint Louis » n’apporte que peu de titres supplémentaires pertinents par rapport à la recherche « Louis IX », car cette dernière fait sortir non seulement les productions comportant dans leur titre « Louis IX », mais également celles qui le contiennent dans leurs mots clés.
3La recension a enfin été complétée empiriquement à l’aide du fichier central des thèses, des bibliographies individuelles envoyées par les différents intervenants du colloque et par mes propres connaissances. Malgré ces efforts, elle n’est pas exhaustive, mais la base de données ainsi constituée comporte tout de même 423 articles ou monographies dont le sujet principal est Louis IX ou son règne3. En optant pour une démarche intentionnellement bibliométrique, nous nous demanderons, grâce à cet outil, quel a été l’impact réel du Saint Louis de Jacques Le Goff sur la production sancto-ludovicienne et ce qui, chez Louis IX, a retenu l’attention des chercheurs depuis ce grand livre.
Quel impact du Saint Louis de Jacques Le Goff sur la production scientifique sur Louis IX ?
Avant et après le Saint Louis de Jacques Le Goff, quelques données quantitatives
4À tout seigneur, tout honneur, évoquons rapidement la question pour Jacques Le Goff lui-même. À la question posée en 1996 par Laurence Moulinier et Odile Redon « Écrirez-vous encore sur Saint Louis ? », l’historien répond « Non mais j’en parle encore4 ». De fait, s’il consacra treize articles au roi saint avant la parution de sa grande œuvre, on ne compte plus que six productions après 1996 : deux collectifs, deux articles parus dans des collectifs et deux articles de revue5, dont un article aux Annales en 2001 qui porte en fait sur Joinville, car il répond, dans le même numéro, à l’article de Christopher Lucken6, qui en attaquait son interprétation « comme source “vraie” pour un “vrai” Saint Louis7 ». Sur les 134 productions de Jacques Le Goff recensées par Opac, c’est donc peu. Sans doute estima-t-il, à juste titre, qu’après cette somme de près de 1 000 pages, qui lui avait coûté qui plus est quinze années d’efforts, il avait épuisé le sujet.
5Quel effet, à présent, du Saint Louis sur les études portant sur le roi de France ? On l’a dit tantôt, j’ai été en mesure de recenser, pour la tranche chronologique 1996-2021, 423 articles et monographies portant sur Louis IX ou sur son règne. Or si l’on fait de même pour la tranche 1970-1996, comparable car équivalente en temps et marquée elle-aussi par une commémoration nationale, l’année Saint Louis de 1970, on obtient 238 titres, soit 44 % de moins8. Bien entendu, il est impossible d’imputer tel quel à Jacques Le Goff ce boom des études sancto-ludoviciennes depuis 1996, mais on peut déjà confirmer, pour l’heure, que son volumineux Saint Louis n’a pas tué la recherche sur Louis IX. Sans idée exacte de la production globale en histoire médiévale dans le monde ces cinquante dernières années, on ne peut guère aller plus loin, même si, dans le cas précis de Louis IX, on peut peut-être évoquer, en France, une forme de blocage lié à un autre monstre sacré du règne, Louis Carolus-Barré, qui régna en maître – et jusqu’à sa mort en 1993 – sur ce pré carré9 et sur un certain nombre de fonds, comme celui des actes de Louis IX, qu’il avait reçu la charge d’éditer pour l’Académie des inscriptions et belles-lettres10.
Le rythme de la production sancto-ludovicienne depuis 1996
6Depuis le Saint Louis de Jacques Le Goff, on recense en moyenne 16 productions ludoviciennes au sens large par an, qu’il s’agisse d’articles ou de monographies. La médiane est fixée à 14,5. Sur le graphique qui suit, les années de production « normales » apparaissent donc en gris foncé, les pics en noir et les années de tassement en gris clair.
Figure 1. – Rythme annuel de la production ludovicienne, 1996-2022.

Graphique Marie Dejoux.
7Je crois que l’on peut imputer le tassement des années 1999-2002 à la parution du Saint Louis de Jacques Le Goff, qui a peut-être temporairement dissuadé les chercheurs d’écrire sur le roi de France, le léger effet retard s’expliquant par les délais ordinaires de publication des ouvrages universitaires. Si l’année 2001 fait exception, c’est principalement parce que le comptage est faussé par la prise en compte de plusieurs articles antérieurs de William Chester Jordan, reparus à cette date dans le recueil Ideology and Royal Power in Medieval France11.
8Les années 2003-2013 marquent quant à elles la reprise d’un rythme de croisière avant l’explosion due aux célébrations nationales des huit cents ans de la naissance de Louis, en 201412. J’ai rattaché l’année 2017 à ce cycle des commémorations, car paraissent cette année-là les actes du colloque The Capetian Century, organisé en 2014 par William Chester Jordan et Jenna Philipps pour le double anniversaire de la naissance de Louis IX et de la bataille de Bouvines13. S’y ajoutent ceux du colloque Saint Louis en Normandie. Hommage à Jacques Le Goff, organisé à Cerisy-la-Salle en 2016 comme clôture des célébrations nationales, et pour fêter les vingt ans du Saint Louis14. Cette chronologie légèrement décalée permet d’ailleurs à Élisabeth Lalou d’y faire le bilan de l’année Saint Louis de 201415 qui a donné lieu à huit expositions, dont la grande exposition organisée par Pierre-Yves Le Pogam à la Conciergerie, celle de Jean-François Moufflet à Poissy, celle d’Étienne Vacquet à Angers, celle du laboratoire Ausonius à Lamontjoie, qui ont toutes quatre donné lieu à la publication de catalogues d’exposition16. Cinq colloques internationaux, dont les actes ont été publiés pour trois d’entre eux17, se sont en outre tenus. Plus encore que le Saint Louis de Jacques Le Goff en son temps, ces commémorations semblent avoir asséché – temporairement espérons-le – le vivier sancto-ludovicien.
Anatomie de la production scientifique sur Louis IX depuis Jacques Le Goff
La production sancto-ludovicienne : esquisse d’approche comparée
9Avant d’entrer plus en profondeur dans la production scientifique consacrée à Saint Louis et à son règne depuis 1996, il n’est pas inutile de la remettre en perspective en la comparant au traitement réservé à d’autres personnages. Par commodité et pour éviter le fastidieux travail de nettoyage exigé par Brepolis, on recourra ici au seul Opac, si bien que le volume de publication pour Louis IX passe de 423 à 203 titres. Dans le graphique qui suit, Louis IX est comparé avec d’autres « grands » Capétiens et à deux autres « grandes » figures médiévales : Charlemagne et Jeanne d’Arc.
Figure 2. – Nombre de parutions recensées par Opac sur plusieurs personnages, dont Louis IX, depuis 1996.

Graphique Marie Dejoux.
10D’un point de vue strictement quantitatif, Saint Louis, c’est deux fois plus de parutions scientifiques que son grand-père, une fois et demie plus que son petit-fils, mais trois fois moins que Jeanne d’Arc et huit fois moins que Charlemagne. Un grand roi capétien, mais pas une superstar en somme.
Depuis 1996, une production faite avant tout d’articles
11Après leur rythme de production, penchons-nous à présent sur la nature des 423 productions portant au sens large sur Louis IX et qui sont parues depuis 1996.
Figure 3. – Type de productions sur Louis IX et son règne depuis 1996.

Graphique Marie Dejoux.
12Comme le montre ce graphique, on compte en majorité des articles, au premier rang desquels arrivent des communications données dans le cadre de colloques, ce qui reflète à la fois le poids des commémorations déjà évoquées, mais également l’activité classique de publication des enseignants-chercheurs en sciences humaines. Pour ce qui est des 141 articles parus dans des revues, il faut noter que l’écrasante majorité l’a été dans des revues à comité de lecture, ce qui constitue un gage de sérieux scientifique, mais ce qui révèle peut-être aussi un biais des bases bibliographiques consultées, qui ne dépouillent pas l’ensemble des revues locales.
13La base recense également 50 monographies, parmi lesquelles on ne trouve presque plus, comme on pouvait s’y attendre, de biographies de Louis IX. Entre 1960 et 1985, par exemple, quatre biographies savantes lui avaient été consacrées : celles de Jacques Levron en 1969, de Jean Richard et de Gérard Sivéry en 1983 et celle de Régine Pernoud en 198518. Depuis celle de Jacques Le Goff, on n’en compte plus que deux, quand, à titre de comparaison, Jeanne d’Arc peut s’enorgueillir de compter une quinzaine de portraits universitaires depuis 199619. Sans surprise, le seul à oser se relancer rapidement est un congénère et un bon connaisseur du règne, Gérard Sivéry (né en 1925), qui livre un Louis IX : le roi saint chez Tallandier en 200220. Cette biographie, destinée à un large public, prend le contre-pied exact de celle de Jacques Le Goff, tant la forme est classique et tant elle laisse de place à des analyses psychologisantes ou anecdotiques. Il faut ensuite attendre quinze ans pour qu’une approche biographique soit retentée avec le Saint Louis, chez Ellipse, de Sophie Delmas, spécialiste des ordres mendiants au xiiie siècle21. Moins qu’à la vie du monarque, cette dernière entend avant tout s’attacher à ce que Jacques Le Goff décrivait comme « un vaste et beau programme » : reconstituer l’histoire de la mémoire de ce roi, depuis sa canonisation en 1297 jusqu’à nos jours. Que l’on écrive avec ou contre Jacques Le Goff, il paraît impossible pour ses biographes universitaires de s’affranchir de son Saint Louis.
14En revanche, si l’on fait un pas de côté en s’intéressant aux biographies grand public du monarque, l’effet paralysant du Saint Louis de Jacques Le Goff est bien moindre : Gallica, le moteur de recherche de la BnF, permet de sonder le dépôt légal et d’en recenser une quinzaine, du Saint Louis de Gérard Bordonove, paru en 2003 chez J’ai lu22 (resucée de son Saint Louis, roi éternel édité à plusieurs reprises23) au Saint Louis de Joël Blanchard pour Le Figaro24, sans oublier le très contestable Roman de Saint Louis de l’homme politique nationaliste Philippe de Villiers, paru opportunément à l’heure des commémorations de 2014, où Saint Louis devient un exemple à suivre en ce qu’il n’aurait pas hésité à porter la lutte contre les djihadistes sur leurs propres terres25… La récupération de Louis IX prend fort heureusement une tournure moins idéologique dans la majorité de ces ouvrages, puisqu’une dizaine se destine à la jeunesse – certes parfois catholique – dont quelques bandes dessinées26. Portraits historiques plus que scientifiques, tradition d’extrême droite et ambition d’instruire ou d’édifier la jeunesse, il n’y a là rien de bien original, puisqu’il s’agit des trois orientations principales prises par les Vies grand public de Louis IX, telles qu’identifiées depuis le xixe siècle dans ma thèse de doctorat27.
15Plus neuve fut l’entreprise initiée en 2017 par l’équipe de L’Histoire mondiale de la France pour réinsérer Saint Louis dans le monde et sortir son règne d’un cadre étroitement national28. Parmi les dates retenues par le collectif de chercheurs, on trouve l’année 1270, celle de la mort du roi à Carthage qui devient, au contraire et sous la plume de Yann Potin, celle de la naissance de Saint Louis29. Cette date marquerait en effet selon lui le point de départ d’une transfiguration multiple, la mort outre-mer faisant tour à tour du roi un saint pour sa lignée et une figure protectrice de la conquête coloniale française à partir de l’époque moderne, tout en donnant naissance, aussi, à une mémoire inversée, car africaine du monarque : le ridâfrans (roi de France) et le Sanluwîs (Saint Louis) des auteurs médiévaux orientaux30. Un numéro de la revue grand public L’Histoire vient utilement en 2020 nourrir cette histoire mondiale de Saint Louis en proposant de le réinscrire dans la géopolitique de son temps, dont il aurait bien été le grand arbitre en Occident, mais, à l’instar des autres souverains chrétiens, un simple et malchanceux « figurant » du point de vue de l’histoire islamique et mongole31.
16Mais revenons-en aux monographies scientifiques recensées par notre base de données. Parmi les 50 ouvrages consacrés à Louis IX et à son règne, outre les catalogues d’exposition déjà mentionnés et cinq volumes d’actes de colloque32, souvent publiés, comme eux, dans le cadre des commémorations de 2014, on trouve 37 monographies au sens strict du terme. Vingt-cinq sont centrées sur Louis IX, son action, son image ou sa postérité ; douze abordent une période plus large ou déplacent l’approche biographique du roi vers des personnages proches de ce dernier (Pierre de la Broce, Philippe de Cahors, Isabelle de France, Guibert de Tournai, Guillaume de Saint-Pathus)33.
17Autre preuve de vitalité de la recherche sur le règne de Louis IX, au moins onze doctorats comportant son nom dans leur titre ont été soutenus depuis le Saint Louis de 1996. Celles-ci ne figurant pas, contrairement aux monographies, dans la bibliographie synthétique donnée à la fin de l’ouvrage, en voici la liste :
Allirot Anne-Hélène, Filiae regis francorum : princesses royales, mémoire de Saint Louis et conscience dynastique (de 1270 à la fin du xive siècle), thèse d’histoire, dir. Colette Beaune, université de Nanterre, 2007 (publiée en 2010).
Chung-Apley Jane Geein, The Illustrated Vie et miracles de saint Louis of Guillaume de Saint-Pathus (Paris, BN, Ms. Fr. 5716), thèse d’histoire de l’art, dir. Elizabeth Sears, université du Michigan, 1998.
Collings Andrew Jeffrey, The King Cannot Be Everywhere: Royal Governance and Local Society in the Reign of Louis IX, thèse d’histoire, dir. William Chester Jordan, université de Princeton, 2018.
Dejoux Marie, Gouverner par l’enquête au xiiie siècle : les restitutions de Louis IX (1247-1270), thèse d’histoire, dir. Laurent Feller, université Paris 1, 2012 (publiée en 2014).
Horler-Underwood Tom, The Querimoniae normannorum (1247): Land, Politics and Society in 13th Century Normandy, thèse d’histoire, dir. Daniel Power, université de Swansea, 2013.
McCannon Afrodesia Egyptia, Reading Subversion in the Vie de Saint Louis, thèse de littérature, dir. Howard Bloch, université de Berkeley, 1998.
Moufflet Jean-François, Le gouvernement de Saint Louis au quotidien : le pouvoir au miroir des actes, thèse d’histoire, dir. Olivier Mattéoni, université Paris 1, 2024.
Pelissié du Rausas Amicie, De guerre, de trêve, de paix : les relations franco-anglaises de la bataille de Taillebourg au traité de Paris (années 1240 – années 1260), thèse d’histoire, dir. Martin Aurell et David Carpenter, université de Poitiers, 2020.
Rudy-Gervais Darla, Wordly Saintliness: A Study of Jean de Joinville’s Vie de Saint Louis, thèse de philosophie, dir. Karl Uitti, Princeton University, 2005.
Schmiegel Sindy, Gerechtigkeitspflege und herrscherliche Sakralität unter Friedrich II und Ludwig IX. Herrschaftsauffassungen des 13 Jahrhunderts, thèse de philosophie, dir. Franz-Reiner Erkens, université de Passau, 2007.
Teboulbi Amel, Étude du monnayage de Saint Louis par analyses élémentaires, thèse d’histoire, dir. Marc Bompaire, université d’Orléans, 2010.
18Le décompte est nécessairement imprécis hors de France, puisqu’on ne peut pas compléter Brepolis et Opac en consultant le Fichier central des thèses (FCT), mais on arrive à la répartition suivante : une thèse soutenue en Allemagne en philosophie, cinq dans des pays anglosaxons (quatre aux États-Unis, une en Grande-Bretagne), parmi lesquelles une thèse d’histoire de l’art, une de littérature, une de philosophie et deux d’histoire, et cinq en France, toutes d’histoire. À titre de comparaison, durant la même période, le FCT donne huit thèses soutenues sur Jeanne d’Arc et quatre en préparation, dont, étonnamment, une seule d’histoire. Louis IX est-il avant tout un objet de recherche pour les historiens ?
Quel Saint Louis depuis Jacques Le Goff ?
Saint Louis, un objet de recherche historien ? International ? Masculin ?
19Plus de 80 % des publications recensées dans notre base de données sont des productions historiques, même si Louis IX n’est pas l’apanage des historiens34.
Figure 4. – Productions ludoviciennes par champ disciplinaire.

Graphique Marie Dejoux.
20Les historiens de l’art se sont par exemple beaucoup intéressés à l’image de Louis IX (8 productions scientifiques), au psautier dit de saint Louis (6) à ses reliquaires (4), à sa statuaire et à celle de son temps (3) ou encore à ses habits (2). Les recherches en littérature se sont avant tout concentrées sur Joinville et sa Vie de Saint Louis (19 productions scientifiques sur 29).
21Brepolis et Opac, en référençant systématiquement la langue dans laquelle chacune des productions recensées a été rédigée, permettent également d’entrevoir le rayonnement scientifique de Louis IX à l’échelle internationale en ce dernier quart de siècle.
Tableau 1. – Productions ludoviciennes par langue de publication.
Langue | Nombre de productions scientifiques |
Français | 242 |
Anglais | 132 |
Allemand | 23 |
Polonais | 9 |
Italien | 5 |
Néerlandais | 4 |
Espagnol | 2 |
Japonais | 2 |
Russe | 2 |
Hongrois | 2 |
Tchèque | 1 |
22Le tableau ci-dessus atteste certes, une prépondérance des parutions en français, mais avec tout de même 43 % de publications en langue étrangère et neuf idiomes représentés, on peut véritablement considérer le règne de Louis IX comme un objet de recherche international. Parmi les productions en anglais, qui comptent pour près du tiers du total, on recense bien entendu des auteurs britanniques, mais également des auteurs venus des quatre coins du globe, et qui utilisent la langue de Shakespeare comme véhicule universel. On trouve aussi une proportion importante d’auteurs américains, qui rappelle la vigueur des Capetian Studies aux États-Unis, telles que fondées par Charles H. Haskins (1870-1937), puis emmenées par Joseph R. Strayer (1904-1987), John W. Baldwin (1929-2015), Elizabeth A. R. Brown (1932-2024), William C. Jordan (né en 1948) et aujourd’hui par Sean L. Field, Cecilia M. Gaposchkin, Anne E. Lester ou Rowan Dorin.
23De fait, le portrait de la recherche portant sur Louis IX depuis 1996 ne serait pas complet si on ne se tournait pas vers les acteurs de celle-ci : les chercheurs. Or l’identité de ceux-ci permet de faire un constat : les études menées sur le règne de Louis IX le sont en grande partie par des hommes (64 % des auteurs) et le déséquilibre s’accroît encore dès lors que les publications sont françaises, comme le montre le tableau suivant.
Tableau 2. – Productions féminines et langues des productions.
Langue française | Langue anglaise | Langue allemande | |
Nombre de productions féminines | 91 (37 %) | 54 (40 %) | 11 (48 %) |
Nombre d’autrices | 52 (30 %) | 33 (42 %) | 8 (40 %) |
24Or on dispose aisément, pour la France, de chiffres récents sur la proportion de femmes dans les sciences humaines et sociales : 54,6 % de femmes parmi les doctorants35, 48 % parmi les titulaires en poste à l’université en 2020-202136. La forte dissymétrie observée dans les études sancto-ludoviciennes (30/70 %) ne peut donc pas être mise intégralement sur le compte d’un déséquilibre plus vaste, qui traverserait les SHS dans leur ensemble. Elle s’explique peut-être, en revanche, par une forme de prestige qui pourrait être attachée à l’étude d’une figure célèbre et marquante du roman national et, plus largement, par la position cardinale qu’occupe à l’heure actuelle l’histoire politique, et donc celle des rois, dans les études médiévales.
Quel Saint Louis après Jacques Le Goff ?
De l’individu Saint Louis à ses proches ?
25Saint Louis n’est tout d’abord pas nécessairement étudié seul, mais se trouve associé, dans un tiers des cas ou presque, à d’autres personnages dans le titre des 423 parutions recensées. Voici la liste des personnages qui sont accolés à son nom :
Alphonse de Poitiers ;
André de Longjumeau ;
Charlemagne ;
Charles Ier d’Anjou ;
Charles V ;
Charles VI ;
Christine de Pizan ;
Clément IV ;
Constantin ;
Édouard le Confesseur ;
Étienne Boileau ;
Frédéric II ;
Gilles de Tyr ;
Godefroi de Bouillon ;
Guibert de Tournai ;
Guillaume de Rubrouck ;
Guillaume de Saint-Pathus ;
Henri III ;
Henri d’Avranches ;
Héraclius ;
Hulagu ;
Isabelle de France ;
Jeanne de Navarre ;
Joinville ;
Juifs ;
Le Goff ;
Louis Blanc ;
Louis XI ;
Louis XIII ;
Méir ben Siméon ;
Mongols ;
Olafr Haraldsson ;
Papes ;
Philippe Auguste ;
Philippe d’Artois ;
Philippe de Cahors ;
Philippe III ;
Philippe IV/le Bel ;
Pierre d’Alençon ;
Pierre de la Broce ;
Princesses de sang ;
Raoul Grosparmi ;
Robert de Sorbon ;
Roi d’Angleterre ;
Saint François ;
Simon de Nesle ;
Thomas Becket ;
Vincent de Beauvais.
26Le personnage le plus souvent cité aux côtés de Louis IX est, de manière écrasante, Joinville qui représente à lui seul 40 % des cas de cocitation.
Figure 5. – Personnages cocités dans les titres.

Graphique Marie Dejoux.
27Certes, ce dernier apparaît assez nécessairement dès lors que le titre de l’article ou de l’ouvrage cite en toutes lettres sa « vie de Saint Louis ». Mais le fait que cette source soit devenue une source de premier ordre pour les études sur le règne de Louis IX est peut-être un legs de Jacques Le Goff, qui en avait fait le témoin le plus fiable sur le roi, réputation qu’il était loin d’avoir auparavant. L’édition de la Vie de Saint Louis par Jacques Monfrin en 1995 et son inscription au programme de l’agrégation de lettres en 1997-1998 ont sans doute, davantage encore, contribué au saut de productions scientifiques que l’on observe37 : entre 1996 et 2021, Opac recense près de 90 productions scientifiques sur le sire de Joinville, contre une petite trentaine entre 1970 et 1996.
28Parmi les autres personnages partageant la tête d’affiche avec Louis IX, on trouve bien entendu ensuite d’autres rois de France, puisque plusieurs études s’étendent à d’autres règnes ou traitent de sa postérité sous ces derniers (15 %). Le règne de Saint Louis est également comparé à celui d’autres souverains contemporains : Frédéric II, Henri III et Clément IV (10 %), ce qui était l’un des regrets de Jacques Le Goff, celui de ne pas avoir « confronté Saint Louis et Frédéric II, Saint Louis et saint François, et regardé du côté de l’Angleterre et de l’Italie38 ». L’étude des personnages co-cités permet également de mettre en lumière, après son Saint Louis, un déplacement à mon sens significatif de l’historiographie qui, de la personne de Louis IX, redirige son intérêt vers son entourage familial et de gouvernement. Blanche de Castille, Alphonse de Poitiers, Robert d’Artois, Charles d’Anjou, Isabelle de France et Marguerite de Provence ont fait l’objet d’un intérêt renouvelé ces vingt-cinq dernières années39. Quant à l’entourage de gouvernement, s’il sort peu à peu de l’ombre grâce à des études individuelles consacrées à certains de ses membres (de Philippe de Cahors à Pierre de la Broce40) ou à quelques groupes bien spécifiques (personnel de l’Hôtel, enquêteurs, juges du Parlement41), il reste encore un angle mort du règne.
Quelles grandes approches de Saint Louis depuis Le Goff ?
29La typologie retenue ici pour catégoriser les parutions sera nécessairement grossière : en règle générale pour le Moyen Âge, mais plus encore concernant le règne de Louis IX, tracer une limite entre religieux et politique peut paraître bien artificiel. J’ai tout de même tâché de ventiler les 423 productions scientifiques recensées entre cinq grandes catégories (fig. 6).
30Dans l’« approche gouvernementale » ont été classées des études d’histoire politique, institutionnelle ou d’histoire de la justice. J’y ai placé aussi les travaux sur les juifs et la politique antijuive de Louis IX. Dans l’« approche spirituelle », on trouve à la fois des études sur l’Église au temps de ce dernier et sur les rapports que le monarque entretenait avec celle-ci, mais également des œuvres sur sa sainteté et son culte. L’« approche militaire » recense les productions qui ont trait à la guerre et, surtout ici, aux croisades. Concernant l’« approche économique, sociale et culturelle », il faut noter qu’on compte fort peu de travaux sur l’économie au temps de Saint Louis depuis les recherches de Gérard Sivéry, mais davantage sur la société et sur les arts sous son règne. Enfin l’« approche biographique » regroupe les quelques portraits de Louis IX ou de membres de son entourage familial et de gouvernement, ainsi que quelques parutions sur l’art de la biographie après le Saint Louis de Jacques Le Goff.
Figure 6. – Type d’approche du roi, du règne.

Graphique Marie Dejoux.
31Depuis cet ouvrage et comme le montre le graphique, Louis IX a essentiellement été étudié comme un roi (33 %), chrétien au point d’avoir été saint (27 %), et un peu moins comme un croisé (21 %). Il faut également noter que, tendanciellement, l’approche gouvernementale se renforce et s’accélère : après comptage, 68 % des productions sur le gouvernement sont parues ces treize dernières années (médiane de la distribution), quand le rythme de production sur le saint et sur le croisé est resté stable sur toute la période envisagée. Cette évolution est bien entendu le reflet de grandes tendances qui ont traversé le champ historique dans son ensemble : déprise de l’histoire économique et sociale à la Labrousse (incarnée ici par Gérard Sivéry), acmé avec Le Goff de la Nouvelle Histoire et, partant, de l’histoire des mentalités et de sa mue progressive en histoire culturelle, puis grand retour de l’histoire du politique combinée à la Pragmatische Schriftlichkeit. Toutefois, ce basculement général se double à mon sens, et dans ce cas précis, d’un positionnement plus ou moins conscient et assumé face au Saint Louis de Jacques Le Goff. Puisque ce dernier avait privilégié l’individu Saint Louis et la manne exceptionnelle constituée par la dizaine de vies hagiographiques rédigées par ses contemporains, une partie de l’historiographie s’est tournée, dans le but d’écrire l’histoire de son gouvernement et comme l’avait déjà fait William Chester Jordan, vers une documentation moins narrative et parfois plus abrupte : actes de chancellerie, comptabilités, enquêtes, registres du Parlement, etc.42, parfois croisés avec lesdites sources narratives. Le roi est dès lors réapparu derrière la figure savamment construite du saint. Cette dernière a également été prise à bras-le-corps par une autre partie de l’historiographie qui elle-aussi a opéré un déplacement depuis la vie même du monarque vers le culte de saint Louis, trop rapidement survolé par Jacques Le Goff43. D’autres ont continué, dans la tradition de Jean Richard notamment, à labourer des sillons qui avaient peu intéressé le chef de file des Annales : la guerre, la croisade ou la diplomatie européenne et orientale44.
⁂
32Concluons brièvement ce tour d’horizon très quantitatif de la production sancto-ludovicienne depuis ce qu’il faut bien considérer comme l’un des livres marquants du xxe siècle : le Saint Louis de Jacques Le Goff. Tout d’abord, si la figure de proue de la Nouvelle Histoire n’a pas détourné les historiens de l’étude de son siècle et de son règne, on note qu’il les a durablement découragés de se lancer à nouveau dans une approche biographique de sa vie. Est-ce pour cela que cette approche s’est au contraire développée pour des membres de son entourage curial et familial ? Ce n’est pas exclu. Les historiens semblent également avoir reporté leur attention vers des sources délaissées par Jacques Le Goff, comme les sources de gouvernement et les sources liturgiques, et partant, à investir d’autres champs comme l’histoire politique, institutionnelle, judiciaire et géopolitique, ou comme l’étude du culte de saint Louis. Jacques Le Goff a enfin peut-être également donné un coup de pouce à la notoriété de Joinville en lui prêtant un crédit neuf, avec l’édition de sa Vie de saint Louis par Jacques Monfrin, bien sûr.
33Il ne faut pas exagérer en effet l’ombre portée par Jacques Le Goff. La mort de Carolus-Barré en France, ou la parution aux États-Unis du Louis IX and the Challenge of the Crusade de William Chester Jordan45, eurent également d’importants effets d’entraînement de part et d’autre de l’Atlantique. D’un point de vue purement quantitatif en outre, on a pu constater que plus que le Saint Louis de Jacques Le Goff, ce furent les commémorations de 2014 et leur lot de commandes et de subventions publiques, qui ont considérablement dopé le volume de publications, avant de l’assécher plus durablement que cette biographie. Car même si Louis IX n’est ni Jeanne d’Arc ni Charlemagne, sa commémoration périodique confirme la stature du personnage non seulement dans le roman national français, mais également dans le paysage de la recherche internationale. Est-ce cette cardinalité (même relative) et ce prestige de Louis IX qui expliquent qu’il soit encore si peu étudié par des femmes, en France tout du moins ?
34On le voit, l’approche quantitative des choses soulève beaucoup de questions et ne résout pas tout, tant s’en faut. Les contributions rassemblées dans ce volume dévoileront, en leur donnant plus de chair, quelques chemins empruntés par l’historiographie ludovicienne depuis le Saint Louis de Jacques Le Goff.
Notes de bas de page
1Brepolis permet d’interroger aussi la base International Bibliography of Humanism and Renaissance. Pour une présentation détaillée et scientifique de l’ensemble de ces ressources, [http://www.menestrel.fr/?IBH], consulté le 5 septembre 2023.
2Quand on entre « Louis IX » dans Opac, les titres qui sortent portent tous sur ce dernier, alors que l’on recense beaucoup d’erreurs pour la même recherche dans Brepolis : plusieurs titres traitent de Louis XI, de Louis le Pieux, voire portent de très loin sur le règne de Louis IX.
3Parmi elles, 60 % sont strictement centrées sur Louis IX et son règne. Les 40 % restants sont des productions embrassant un temps plus long, mais donnant une place importante à son règne, ainsi que des œuvres qui citent Louis IX dans leur titre, mais mettent en vedette un autre personnage (comme Joinville par exemple) ou portent sur la construction de son image après sa mort. La bibliographie synthétique donnée à la fin du volume reprend pour partie cette base de données constituée pour le colloque de mars 2022.
4Moulinier Laurence et Redon Odile, « Entretien avec Jacques Le Goff », art. cité, p. 100.
5Les deux collectifs : Le Goff Jacques et alii, Le sacre royal à l’époque de Saint Louis, Paris, Gallimard, 2001 ; Dédéyan Gérard et Le Goff Jacques (dir.), La Méditerranée au temps de Saint Louis, op. cit. Les deux articles dans des collectifs : Le Goff Jacques, « Saint Louis et les juifs », in Gilbert Dahan (dir.), Le brûlement du Talmud à Paris, 1242-1244, Paris, Cerf, 1999, p. 39-46 ; « Saint Louis et la parole royale », in Jean Dufournet et Laurence Harf (dir.), Le Prince et son historien. La vie de Saint Louis de Joinville, Paris, Unichamp, 1997, p. 7-21. Les deux articles de revue : Le Goff Jacques, « Saint Louis », art. cité ; « Mon ami le saint roi », Annales HSS, 2001, no 56-2, p. 469-477.
6Lucken Christopher, « L’Évangile du roi », art. cité.
7Le Goff Jacques, « Mon ami le saint roi », art. cité, p. 445.
8Bien sûr, ces chiffres sont indicatifs, car la recension des productions parues entre 1970 et 1996 est moins exhaustive, étant donné qu’Opac et Brepolis n’ont pas été complétés, comme pour la tranche 1996-2021, par des ajouts personnels. Mais cela ne joue toutefois qu’à la marge.
9Si l’on se place d’un point de vue purement quantitatif dans la tranche 1970-1996, Louis Carolus-Barré est l’auteur qui publie le plus sur Louis IX (16 publications), suivi de Le Goff (14), de Jean Richard (11). Gérard Sivéry par exemple, n’a pour cette période que deux publications sur le roi saint à son actif.
10Le fonds Carolus-Barré est aujourd’hui conservé à la bibliothèque de l’Institut. Il s’agit d’un ensemble colossal de transcriptions dactylographiées, effectuées par ce dernier, ses prédécesseurs et leurs collaborateurs. Je renvoie sur ce thème à ma contribution et celle de Gaël Chenard dans ce volume.
11Jordan William Chester, Ideology and Royal Power in Medieval France : Kingship, Crusades and the Jews, Aldershot-Burlington, Ashgate, 2001. Sept articles y sont consacrés au règne de Louis IX.
12Vingt-deux pour cent des parutions sur Louis IX entre 1996 et 2021 ont été publiées dans les années 2014, 2015 et 2017. Les commémorations de 1970 représentaient quant à elles environ le tiers des publications sur Louis IX entre 1970 et 1996.
13Jordan William Chester et Phillips Jenna R. (dir.), The Capetian Century, 1214 to 1314, Turnhout, Brepols, 2017.
14Auzel Jean-Baptiste et Moufflet Jean-François, Saint Louis en Normandie. Hommage à Jacques Le Goff, Saint-Lô, conseil départemental de la Manche, 2017.
15Lalou Élisabeth, « Bilan des travaux historiographiques autour de Saint Louis et du xiiie siècle », in Saint Louis en Normandie, op. cit., p. 7-12.
16Le Pogam Pierre-Yves, Saint Louis, op. cit. ; Moufflet Jean-François, Sous le sceau du roi : Saint Louis, de Poissy à Tunis, 1214-1270, Paris, Mare et Martin, 2014 ; Vacquet Étienne (dir.), Saint Louis et l’Anjou, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014 ; Petit-Aupert Catherine, Jean-Courret Ezéchiel et Cartron Isabelle (dir.), Une bastide pour le roi autour des reliques de Saint Louis à Lamontjoie, Bordeaux, Ausonius, 2014.
17En plus des actes des colloques The Capetian Century et Saint Louis en Normandie, il faut citer ceux du colloque tenu au MAHJ à l’automne 2014 : Salmona Pierre et Sibon Juliette (dir.), Saint Louis et les juifs, op. cit.
18Levron Jacques, Saint Louis ou l’apogée du Moyen Âge, Paris, Perrin, 1969 ; Richard Jean, Saint Louis, op. cit. ; Pernoud Régine, Saint Louis et le crépuscule de la féodalité, Paris, Albin Michel, 1985.
19D’après Opac.
20Sivéry Gérard, Louis IX : le roi saint, Paris, Tallandier, 2002.
21Delmas Sophie, Saint Louis, Paris, Ellipse, 2017.
22Bordonove Gérard, Saint Louis, Paris, J’ai lu, 2003.
23Id., Saint Louis, roi éternel, Paris, Pygmalion, 1984, réédité en 1988, 2006 et 2013.
24Brepolis et Opac font sortir la biographie de Georges Bordonove qui ne peut être considérée comme une biographie scientifique et ce Saint Louis rédigé par Joël Blanchard, qui est en fait un fascicule accompagnant un livre-CD de la collection « Les grandes figures de la spiritualité chrétienne » dirigée par l’acteur Michael Lonsdale pour Le Figaro. Ce n’est pas le cas des biographies grand public suivantes : Girbea Catalina, Saint Louis : le spectre et la croix, Paris, 2012, Garnier, ou Saint Louis : 1226-1270, le roi chevalier présenté par Le Monde pour Hachette en 2020.
25Villiers Philippe de, Le Roman de Saint Louis, Paris, Albin Michel, 2013, qui a reçu le prix Jean Ferré 2013, attribué par la radio d’extrême droite Radio Courtoisie.
26Sous forme d’albums : Feix Sébatien, Saint-Louis : la couronne et la croix, Paris, Tequi, 1999 ; Glénat Isabelle, Le chevalier, le roi, le saint : Louis IX de France, Paris, Tequi, 2010 ; Vial-Andru Mauricette, Saint Louis, le roi chevalier, Paris, Tequi, 2010 ; Grossetête Charlotte et Costa Violaine, Saint Louis : roi chevalier au temps des croisades, Paris, Mame, 2018 ; Pichard Marie-Noëlle et Teuf Anne, Sur les pas de Saint Louis, un roi guidé par sa foi, Montrouge, Bayard, 2018. Sous forme de BD : Goux Christian et Koch Louis-Bernard, Avec Saint Louis, Paris, Éditions du triomphe, 2010 ; Joly Dominique et Heitz Bruno, Saint Louis et le Moyen Âge, Bruxelles, Casterman, 2013 ; Pichard Marie-Noëlle, Saint Louis, Sainte Claire, Paris, Bayard, 1999. Valérie Theis et Étienne Anheim ont apporté leur concours à Mariolle Mathieu et alii, Saint Louis, Paris, Glénat, 2015.
27Dejoux Marie, Gouverner par l’enquête au xiiie siècle, op. cit., p. 90 sq.
28Boucheron Patrick (dir.), Histoire mondiale de la France, op. cit.
29Potin Yann, « 1270. Saint Louis naît à Carthage », art. cité.
30Ce thème avait déjà donné lieu en 2003 à un substantiel article de Yann Potin, « Saint Louis l’Africain », art. cité.
31L’Histoire, « Saint Louis et le monde. Géopolitique d’un roi chrétien », no 478, décembre 2020. Le numéro rassemble les contributions de Julien Loiseau et de Yann Potin sur l’insertion de Louis IX dans la géopolitique du monde musulman de l’époque, celle de Marie Favereau, sur ses tentatives d’alliance avec les Mongols, celle de William Chester Jordan sur les convertis de l’islam, celle de David Carpenter sur le traité de Paris, celle de Lindy Grant sur l’entente ibérique capétienne et une conclusion de Patrick Boucheron sur Saint Louis « homme-monde ».
32En plus des actes de colloques liés aux commémorations de 2014, déjà cités, et du colloque La Méditerranée au temps de Saint Louis, déjà mentionné, ajoutons Dufournet Jean et Harf Laurence (dir.), Le prince et son historien, op. cit.
33Ces approches biographiques ont été retenues dans la base car elles comportent Louis IX dans leur titre ou elles ont vocation à éclairer, par le biais d’autres personnages, le règne de Louis IX. C’est pourquoi, par exemple, la biographie rédigée par Lindy Grant sur Blanche de Castille ou la synthèse sur l’administration d’Alphonse de Poitiers dressée par Gaël Chenard n’y figurent pas.
34344 productions d’histoire, 43 d’histoire de l’art, 29 de littérature, 6 d’histoire du droit, une de musicologie et une d’économie.
35Chiffres de l’Insee, [https://www.insee.fr/fr/statistiques/6047727?sommaire=6047805#consulter], consulté le 12 février 2022.
36Chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, [https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/vers-l-egalite-femmes-hommes-chiffres-cles-84053], consulté le 12 février 2022.
37Que Jacques Berlioz soit remercié, ici, pour cette double suggestion.
38Moulinier Laurence et Redon Odile, « Entretien », art. cité, p. 91.
39Voir l’introduction.
40Idem.
41Moufflet Jean-François, Autour de l’Hôtel, op. cit. ; Dejoux Marie, Les enquêtes, op. cit., p. 138-148 ; Forcadet Pierre-Anne, « Les premiers juges de la Cour du roi au xiiie siècle », Revue historique de droit français et étranger, no 94, 2016, p. 189-273.
42Voir dans ce volume la contribution que j’ai rédigée avec Gaël Chenard.
43Voir dans ce volume l’article de Cecilia Gaposchkin sur ce thème.
44Les crusade studies sont un champ de recherche identifié en tant que tel dans les pays anglo-saxons. Parmi ses représentants ayant consacré plusieurs études à Louis IX des vingt-cinq dernières années, James M. Powell, Michael Lower, Cecilia M. Gaposchkin, Thomas M. Madden.
45Jordan William Chester, Louis IX and the Challenge of the Crusade, op. cit.
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