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    Plan détaillé Texte intégral La supervision des évêques belges Les curés belges et les religieux français Une acculturation des religieux français ? Notes de bas de page

    L’exil des religieux français en Belgique

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre X. L’Église et les religieux français en Belgique

    p. 239-262

    Texte intégral La supervision des évêques belges Interdictions et sujets de mécontentements La perception au quotidien Les curés belges et les religieux français Des curés majoritairement satisfaits Des critiques négatives Une acculturation des religieux français ? Des cultures différentes au quotidien Des communautés franco-belges Notes de bas de page

    Texte intégral

    1Comment l’Église réagit-elle à la présence des religieux français en Belgique ? La question doit être modulée en plusieurs parties, dans le sens où le mot « Église » recouvre des acteurs bien différents. Il s’agit surtout là de l’institution religieuse en Belgique, des ecclésiastiques qui la composent, pas des croyants au sens large. Les évêques et curés belges sont les premiers et les plus concernés : les prélats autorisent ou non les religieux à venir dans leur diocèse, les curés les côtoient au quotidien. Comment cette relation s’est-elle déroulée ? Faut-il croire que « les évêques belges sont très sévères1 » ? Autant de points importants auxquels il faut à présent apporter une réponse. Derrière les aspects spirituels se trouvent aussi des problèmes bien plus matériels liés aux biens des religieux. Les étudier permet aussi de mieux connaître leur situation mobilière et immobilière. Leurs liens avec le clergé local doivent aussi être examinés, ainsi que leur insertion dans les communautés belges et les structures diocésaines locales. Ce faisant, y a-t-il eu une acculturation de ces religieux d’origine française ? Certains ordres qui arrivent en Belgique y sont connus, mais d’autres n’y sont pas familiers, car ils en sont absents depuis longtemps ou n’y ont tout simplement jamais été représentés auparavant2.

    La supervision des évêques belges

    2Procédons en allant du haut vers le bas de la pyramide catholique3. Non pas que les prélats soient plus importants que les curés, mais parce que ce sont les évêques belges qui ont donné ou non l’autorisation aux congrégations de s’installer dans leur diocèse. Les supérieurs français ont dû leur écrire, les informer de leurs choix à venir, dans certains cas avec des recommandations des curés. Toutefois, les évêques doivent gérer leur propre clergé, confirmer les croyants et réaliser d’autres tâches diocésaines habituelles. Quelle est donc leur supervision au quotidien ? Une fois passée l’autorisation initiale, quels liens entretiennent-ils avec les congrégations françaises et leurs membres ? Outre leurs propres déplacements, ils ont connaissance de la vie des communautés par les curés, dont les lettres se trouvent dans les archives diocésaines étudiées. Nous disposons aussi de quelques fonds de visiteurs des communautés4. Leur étude permet de suivre leurs interventions et les demandes des religieux.

    Interdictions et sujets de mécontentements

    3Tout d’abord, on remarque que les évêques ne se contentent pas d’accorder ou non des autorisations, ils en rappellent très souvent les termes au moment de les donner. Ensuite, une fois les religieux arrivés, cela ne veut pas dire qu’ils ne s’occupent plus du respect des conditions qu’ils ont édictées. Nous avons cité ponctuellement des interventions de monseigneur Waffelaert, et il faut y revenir de manière plus précise. Le choix plus particulier de ce diocèse est rendu possible par un état exceptionnellement bon des fonds conservés5. L’étude précise des correspondances de l’année 1903, importantes en termes de restriction des autorisations, permet de saisir le nombre de refus d’autorisation, mais aussi quelles sont ses interventions au sujet des règles.

    4Les mois d’avril et de mai sont les plus concernés. Le cadre chronologique est celui d’après l’intervention Crombez du 17 mars, dans un diocèse où l’évêque fait tout pour ne pas provoquer de remous politiques6. En avril, il y a en moyenne presque une lettre par jour concernant les religieux français, ce qui est beaucoup. L’évêque ou son vicaire général rappelle dans dix lettres les interdictions aux congrégations qu’il autorise, à savoir ne pas quêter, ne pas avoir de chapelle publique, ne pas avoir d’élèves belges mais aussi, à cette date, ne pas s’installer dans la partie frontalière du diocèse. Il refuse aussi douze demandes d’autorisations pendant ce mois. Cet évêque demande également des précisions, intervient après des manquements aux règles au moins huit fois dans cette première partie de l’année 1903. Il fait demander des explications quant à des comportements jugés inopportuns, comme à ces filles de l’Enfant Jésus de Lille ayant acheté un immeuble à un ecclésiastique belge : « C’est par un simple oubli je suppose, que vous n’aurez point songé à prévenir sa Grandeur de vos intentions avant de faire l’acquisition de cet immeuble appartenant à M. le vicaire du Tuquet7. » Le ton est là très poli, et laisse entendre à la possibilité d’un oubli pour ménager une porte de sortie honorable, mais dans d’autres cas la hiérarchie est plus ferme.

    5L’étude de ces quelques mois permet donc de voir que l’évêque de Bruges suit d’assez près la situation. Il fait rappeler les règles lors de beaucoup d’autorisations, fait notifier ses refus, généralement motivés, et demande des explications lorsqu’un curé lui transmet ce qui apparaît comme problématique à ses yeux. Une quinzaine de lettres et notes échangées entre lui, Rembry et les jésuites de la province de Champagne couvrant presque toute la période étudiée confirme cette attitude dénotée dans les archives diocésaines8 : il entend que ses conditions soient respectées9. Les hommes de la compagnie de Jésus doivent se justifier avec de longs mémoires dont on peine hélas à savoir s’ils ont été envoyés10. Toutefois, son cas est celui du prélat le plus attentif à ce que les congrégations ne causent pas de remous, surtout les enseignants les plus visibles et nombreux comme les jésuites. Il ne saurait préjuger de l’attitude des autres évêques sur lesquels il faut revenir.

    6La façon de procéder de monseigneur Goossens à Malines est assez proche de celle de monseigneur Waffelaert, c’est-à-dire limiter les autorisations. De plus, lorsqu’il permet à une congrégation de venir, il rappelle généralement les règles. Ce rappel est plus visible pour les années 1903 et 1904 que pour les autres11. Il veille également, spécificité de ce diocèse, à demander aux congrégations candidates une lettre d’approbation de leur évêque12, sûrement pour pouvoir « filtrer » les congrégations et n’accepter que les plus recommandées. Procéder ainsi permet de restreindre le risque d’attirer des problèmes dans son diocèse. Cette même supervision précise s’étend aux choix du lieu de refuge, car le cardinal-archevêque interdit aux congrégations de s’installer dans des bâtiments immodestes qui contreviendraient à l’idéal de pauvreté13. Accueillir, oui, mais pas dans n’importe quelles conditions, et pour ne pas prêter le flanc aux critiques des libéraux. Une phrase de sa part citée par Yvette Daniel illustre bien son état d’esprit : « la Belgique est heureuse de donner l’hospitalité, mais là doit se borner son assistance14 », et se confirme à travers les décisions prises. Il accorde des dispenses aux règles dans quelques cas les premières années, dispenses généralement individuelles. Ensuite, aussitôt que les requêtes peuvent créer des difficultés politico-diplomatiques, elles sont refusées. C’est particulièrement le cas pour les demandes d’enseigner à des élèves belges, même quand l’appui de la noblesse est présent. À une comtesse s’entremettant pour lui demander la faveur pour des religieuses françaises établies à Anvers d’enseigner à des jeunes Belges, il répond par exemple : « L’octroi de la faveur que vous sollicitez, madame, ferait l’objet de critiques fondées15. » Il s’agit de critiques libérales, et ce prélat ne souhaite également pas faire concurrence aux Belges eux-mêmes.

    7Son successeur Mercier, à la tête de l’épiscopat belge à partir de 1906, conscient de l’importance de maintenir le gouvernement catholique en place a aussi suivi cette limitation des arrivées16. Pour ce qui est du suivi et du rappel des interdictions, il arrive à l’archiépiscopat après les premières années de l’installation des religieux. Les difficultés liées à leurs déplacements et à leur installation ont en grande partie été réglées et causent moins de cas où son intervention serait nécessaire. Les lettres étudiées, surtout datées de 1906 et de 1908, et de la main de son vicaire général, montrent pourtant qu’il continue à suivre les communautés installées dans son archidiocèse et demande ponctuellement si elles se conforment bien aux règles17. Toutefois, même dans ces diocèses plus « sourcilleux », « le respect des conditions posées ne fut pas toujours contrôlé18 ». Sans doute faut-il aussi y voir le fait que les curés n’ont pas que les religieux français comme ouailles et ne peuvent se démultiplier.

    8Ce fut encore moins le cas dans les autres diocèses concernés, même s’il ne faut pas en conclure à une absence totale de contrôle. À Liège, la mort en 1901 de monseigneur Doutreloux qui avait témoigné une « sympathie sans mélange19 » aux religieux expulsés complique un temps la supervision20. Par la suite, monseigneur Rutten se fait plus mesuré. D’un côté, il limite les arrivées, mais de l’autre il se montre bienveillant pour les communautés qu’il a autorisées et qui s’installent dans son diocèse. Les lettres de l’époque qui lui sont adressées21, comme les archives des congrégations et sources imprimées, l’attestent. Défenseur des communautés exilées, l’avocat français Joseph Thirion, dans un livre de 1903, affirme à cet égard que « l’évêque de Liège de son côté, assura les proscrits d’une bienveillance qui ne s’est jamais démentie22 ». Les autres fonds le rejoignent : il reçoit moins de communautés que d’autres diocèses mais les reçoit bien. Cela ne l’empêche pas de rappeler les conditions d’accueil, mais en les assortissant généralement de phrases effectivement bienveillantes, comme aux jésuites venant à Marneffe : « J’autorise bien volontiers votre établissement dans le diocèse de Liège, à Marneffe près de Huy, aux conditions que vous avez-vous-même indiquées à savoir : que, si vous ouvrez un collège, celui-ci ne recevra que des enfants français exclusivement. Je prie Dieu de sauver la France de la terrible épreuve qu’elle traverse et de vous adoucir l’amertume de l’exil23. » Cela diffère de simples notifications d’acceptation, qui peuvent être plus sèches, et rejoint d’autres prises de position de sa part, cette fois publiques. L’analyse de ces paroles permet d’avancer une explication : il semble qu’il a réellement été ému du sort réservé aux religieux français, réprouvant la politique anticléricale du gouvernement de la République.

    9D’après un programme de fêtes du juvénat et noviciat des jésuites d’Arlon, son collègue de Namur est très accueillant pour les religieux exilés, « qui parlent d’un évêque si bienveillant aux religieux, si hospitalier pour les proscrits de France24 ». Il semble bien que ce point de vue ne soit pas trop exagéré car monseigneur Heylen est l’un des évêques qui posèrent le moins de conditions aux religieux français. Il ne craint même pas la « menace de la concurrence entre couvents25 ». Le fait qu’il soit lui-même un religieux joue certainement, ainsi qu’une volonté de venir en aide réelle. Cette bienveillance a été notée par tous les historiens qui se sont penchés précédemment sur la question et nous nous inscrivons à leur suite dans cette opinion. De fait, les dossiers des archives diocésaines de Namur ne permettent pas de trouver autant de rappels d’interdictions qu’à Bruges ou Malines. Ses interventions sont d’un autre ordre, cherchant plutôt à connaître les congrégations réfugiées et à régler les conflits à l’amiable.

    10Ailleurs, les lacunes très grandes de plusieurs fonds diocésains (Tournai, Gand) limitent fortement notre connaissance de la supervision de Messeigneurs Walravens et Stillemans. On peut les approcher via quelques documents sauvegardés et les fonds des congrégations elles-mêmes qui citent les évêques. Ce qui subsiste des lettres envoyées au chanoine visiteur Louis Stimart, pour Tournai, laisse entendre que monseigneur Walravens accède à la plupart des demandes des congrégations26. Les documents internes des jésuites d’Antoing indiquent aussi une telle attitude de sa part27 et ceux des dominicains de Kain notent également sa bonne disposition à leur égard28. Tout ceci rejoint le caractère bienveillant de l’évêque de Tournai envers les religieux français en général, déjà remarqué. Lui aussi souhaite venir en aide aux proscrits et apprécie leur « renfort » dans son diocèse. Il sait cependant intervenir lorsqu’il le juge nécessaire et ne semble pas totalement laxiste non plus.

    La perception au quotidien

    11Une fois l’installation autorisée et effectuée, les religieux français passent sous l’autorité de l’évêque belge du diocèse d’accueil, avec de nombreuses nuances. Globalement, les Français se plient plutôt à cette nouvelle réalité, non sans difficultés et heurts évoqués à plusieurs reprises. De leur côté, les évêques leur accordent une certaine attention. Elle varie, comme les perceptions qu’ils ont d’eux, d’un diocèse à l’autre. En fait, cette perception recouvre largement l’attitude des évêques que nous avons décrite : ceux enclins à les autoriser sont les plus chaleureux à leur endroit (Gand, Tournai, Namur), et les autres les plus distants (Bruges, Malines29), avec une position intermédiaire à Liège. Les extrêmes vont de celui de Bruges à celui de Tournai. Dans le premier diocèse, ils ne sont pas totalement considérés comme relevant complètement de son autorité. À un curé français se plaignant de la concurrence scolaire d’une religieuse réfugiée en Belgique, l’évêque fait répondre par son vicaire général Houtave : « Le différend dont il s’agit dans votre lettre, survenu entre vous et une religieuse française, relève bien plutôt de sa Grandeur Mgr l’Évêque de Cambrai. Sa qualité de réfugiée en Belgique ne met pas suffisamment cette religieuse sous l’autorité et l’obédience de Mgr l’Évêque de Bruges, et ne donne pas à celui-ci la connaissance voulue des règles, us et coutumes des communautés françaises pour qu’il puisse accepter le rôle d’arbitre30. » La réponse éclaire très bien les choix décrits de monseigneur Waffelaert : il renvoie l’affaire à son collègue de Cambrai au motif qu’il n’a pas assez de connaissance et d’autorité sur la religieuse française… alors qu’il ne se prive pas de leur rappeler les règles à respecter. La lettre date pourtant de 1908, donc après plusieurs années d’installation. Si c’est une manière de se défausser de ce problème, cela rejoint aussi son attitude générale vis-à-vis des congrégations exilées et sa volonté constante de demander aux Français de s’installer de manière provisoire dans son diocèse. Il ne considère pas vraiment ces religieux exilés comme ses ouailles mais comme des hôtes temporaires, parfois plus ou moins encombrants.

    12À Tournai, c’est tout l’inverse. C’est un diocèse où monseigneur Walravens « aidait toutes les communautés en détresse qui faisaient appel à sa bonté31 ». La Semaine religieuse du diocèse de Tournai les voit même comme « exilés mais non étrangers parmi nous32 ». C’est un point de vue très différent de celui de monseigneur Waffelaert. Les religieux ne sont pas considérés comme des extérieurs. C’est certes un écrit, mais dans la mesure où l’évêque a un regard sur cette publication très liée au diocèse, nous pouvons raisonnablement penser qu’elle exprime une façon de penser qu’il ne renierait pas. Elle rejoint d’ailleurs tout ce que nous avons dit de lui précédemment, et sa gestion au quotidien, marquée par une importante proximité avec les religieux, également invités auprès de lui33.

    13Quant à lui, l’évêque de Namur est encore une fois marqué par une approche similaire. Les religieux masculins soulignent la bonne perception qu’il a d’eux et sa bienveillance à leur égard34, comme les religieuses35. Cela est à replacer dans un contexte plus large : le caractère frontalier de son diocèse fait qu’il est déjà habitué à faire appel à des sœurs françaises36. Il connaît donc déjà en partie ces religieux français, dont l’origine principale est justement frontalière, et se déplace personnellement pour les voir. Ainsi, il vient tous les ans de 1905 à 1914 au noviciat jésuite de Florennes pour ordonner les nouveaux prêtres, ce qui est logique car c’est une de ses attributions37. Toutefois, rien ne l’obligeait à venir en personne pour poser la première pierre du couvent des clarisses de Saint-Omer réfugiées à Malonne38. Monseigneur Heylen a donc une bonne perception de ces religieux réfugiés dans son diocèse, qui se traduit par une certaine proximité, voire chaleur.

    14Dans tous les cas, les Français réfugiés restent une catégorie particulière de congréganistes. Ils viennent d’un autre pays, ont des façons de faire différentes de leurs homologues belges et certaines prises de position des plus intransigeants peuvent être craintes. La perception qu’en ont les évêques, en partie fondée sur des représentations, ne peut donc être tout à fait la même que celle des communautés belges de leur diocèse, présentes parfois depuis des siècles. Si leurs homologues françaises s’intègrent pour la plupart, la majorité espère rentrer en France à une date plus ou moins proche, inconnue à l’époque, mais attendue. Les évêques le savent, voire l’espèrent à Bruges, et ne peuvent donc agir avec eux de la même façon qu’avec leurs communautés habituelles. Les mots et expressions pour les désigner le montrent bien, durant toute la période considérée, et le point de vue de la Semaine religieuse du diocèse de Tournai est assez exceptionnel. Hors de cette circonscription, on parle souvent d’eux comme de « proscrits39 » venus se réfugier en Belgique les premières années de l’exil, notamment à Bruges40. Ailleurs, ce sont des « victimes innocentes de la rage de leurs persécuteurs [qui] sont réduites aujourd’hui à manger le pain amer de l’exil41 ». Il s’agit de paroles de l’évêque de Liège en 1907. Fait intéressant, monseigneur Rutten utilise exactement la même façon de les désigner quatre ans plus tard42, signe que son point de vue n’a pas changé entre-temps. Dans ces deux prises de position publiques, il prend clairement parti pour les religieux exilés, énonçant que « quand la lutte est ardente, il n’est plus permis de rester spectateur indifférent et inerte43 ». Notons que le fait qu’il en ait accueilli certains le range justement hors de la catégorie des simples spectateurs. Toutefois, ils restent désignés comme des étrangers en exil. C’est pourtant un texte destiné à être diffusé et qui les défend. Sa position « intermédiaire » est bien résumée par une lettre confidentielle de Dom Besse :

    « L’évêché de Liège n’entend pas nous claquemurer et tolérer simplement notre présence. Mgr Doutreloux avait beaucoup fait pour nous obtenir que le gouvernement ouvrît les portes de la Belgique aux expulsés. Son digne successeur partage ses sentiments. Inutile de vous dire que l’administration diocésaine entre dans ses vues. On verrait évidemment d’un mauvais œil les religieux français s’immiscer d’une manière indiscrète dans les œuvres ou le ministère, mais on compte bien leur laisser la possibilité de faire autour d’eux tout le bien qu’ils pourront, à la condition toutefois de se montrer sages dans l’usage de cette liberté44. »

    15On retrouve toujours cette peur d’une immixtion dans les affaires religieuses belges. L’interdiction de s’en mêler permet toutefois aux religieux français une certaine liberté.

    16Les déclarations publiques comme celle de monseigneur Rutten sont rares dans les fonds conservés, sans doute par crainte de trop clairement prendre position en faveur de ces religieux et de mettre ainsi en péril le gouvernement catholique. Les liens que les évêques entretiennent avec les religieux exilés se présentent plutôt sous la forme de visites, de cérémonies, de bénédictions. Ce ne sont d’ailleurs pas seulement – ou pas du tout – des manifestations de soutien, car de telles visites entrent dans les attributions normales d’un évêque envers les communautés de son diocèse, comme les confirmations45, l’ordination des religieux devenant également prêtres46 ou les bénédictions d’édifices. Ainsi, quand le vicaire général du diocèse de Bruges demande aux Dames de la Charité de Nevers réfugiées à Dottignies de l’avertir quand leur chapelle sera prête pour qu’elle soit bénie47, il n’y a rien que de très normal. D’ailleurs, cette bénédiction est déléguée par l’évêque au curé de Dottignies ; monseigneur Waffelaert ne prévoit pas de se déplacer48, ce qui paraît compréhensible pour un village situé à 65 km de Bruges. Leur qualité de réfugiées n’entre pas vraiment en ligne de compte.

    17La distance est d’ailleurs un important facteur d’explication de la fréquence des visites. L’attitude de l’évêque n’est pas la seule donnée à considérer. Il est ainsi frappant de constater que l’évêque de Tournai semble bien plus présent physiquement auprès des communautés que les autres. Le bon accueil qu’il fait aux religieux n’explique pas tout, le fait que sa ville épiscopale soit le lieu de refuge d’au moins 25 communautés, et que la campagne environnante en soit remplie également n’y est pas non plus étranger. Il est tout simplement géographiquement plus proche des religieux exilés que monseigneur Waffelaert ne l’est des parties francophones saturées de son diocèse. Cette proximité explique que monseigneur Walravens, déjà enclin à venir en aide aux religieux français, se soit déplacé assez souvent pour les voir. Prenons l’exemple des lasalliens installés à Froyennes. Il vient bénir leur chapelle le 8 décembre 190649, a des paroles sympathiques pour eux à la rentrée 190750 et revient en 1914 pour les 75 ans de cette école. Non content d’être présent, il préside même la première journée d’anniversaire, le 21 juin51. Non seulement il ne se fait pas représenter mais c’est même lui qui est à la tête des cérémonies du 21 juin 1914, neuf ans après l’arrivée des frères à Froyennes. Cela prouve une certaine proximité avec ces religieux enseignants. Il avait dû retirer certaines autorisations pour des écoles en avril 190352, mais surtout en raison de pressions sur les évêques. Si l’étymologie de ce dernier mot renvoie à son rôle de surveillant, il serait caricatural de le réduire à cela. Les évêques belges soutiennent les congrégations exilées plus d’une fois, viennent les voir, président à certaines cérémonies. Ils le font certes avec plus ou moins d’envie, mais les religieux français n’ont pas été ostracisés en Belgique.

    18Dans tous les cas, le contrôle des évêques se relâche avec le temps. Les premiers moments sont ceux de l’établissement, du manque de repères des religieux français. Après quelques années, ils ont réglé la plupart des problèmes liés à leur installation et les arrivées se font moindres. La supervision de l’évêque passe donc d’une canalisation d’un flux massif à des tâches plus quotidiennes : la gestion de la clôture, des pouvoirs à accorder, des problèmes financiers ou de recrutement. Dans les dernières années de notre étude (1910-1914), les religieux sont souvent présents depuis dix ans voire plus en Belgique. Ils se sont progressivement intégrés et ont compris les usages locaux, bien qu’il reste des arrivées plus tardives. Il est frappant de constater que les dossiers spécifiques sur ces religieux conservés dans les archives diocésaines regroupent surtout des documents des années 1901-1904. Ils ont été classés comme tels. Cela ne veut pas dire que leur présence n’est plus évoquée par la suite, mais elle l’est de manière moins importante. Une forme de routine s’est installée, avec des nuances qui peuvent demeurer dans l’attitude à leur endroit suivant les diocèses, comme nous l’avons décrit précédemment.

    Les curés belges et les religieux français

    19Le rôle des curés belges est lui aussi important dans cette histoire de l’immigration des religieux français en Belgique. Si c’est l’évêque qui accorde en dernier ressort l’autorisation ou non d’installation, il peut s’aider de lettres envoyées par les curés de son diocèse. C’est surtout vrai dans celui de Bruges et l’archidiocèse, dont les archevêques demandent leur avis aux curés avant de leur envoyer une communauté53. Le peu de lettres retrouvées ailleurs n’amène pas à penser que ce soit vraiment le cas dans les autres diocèses. L’attitude des évêques Waffelaert et Goossens (puis Mercier) se répercute le long de la chaîne hiérarchique et montre leur souci de suivi assez précis de cette arrivée des religieux français. Après l’installation des Français, plus d’une fois facilitée par eux, les curés belges informent les évêques des agissements des religieux exilés54. Ils n’hésitent pas à tenir informées leurs hiérarchies des manquements avérés aux règles établies et normalement acceptées par des Français qui les connaissent55. Leur rôle n’est évidemment pas limité à celui de rapporter leurs faits et gestes. Ils accompagnent spirituellement et matériellement les religieux français et la majorité en est plutôt satisfaite. La perception de leur vision de l’immigration des congréganistes français en Belgique se fonde sur leurs lettres contenues dans les archives diocésaines. L’étude, non exhaustive, a porté sur un peu moins de 80 lettres. Les réponses des évêques et de leurs seconds sont souvent présentes, mais renseignent seulement indirectement. Cela permet de donner une première vision d’ensemble. Il faut convenir que certains fonds (Bruges, Namur) en contiennent bien plus que d’autres (Liège), que la perte d’archives limite aussi les documents disponibles (Tournai, Gand). Enfin, toutes les questions relatives aux religieux français n’ont pas forcément fait l’objet d’un courrier.

    Des curés majoritairement satisfaits

    20Le classement des lettres du corpus étudié a permis de déceler un a priori généralement positif des curés belges allant accueillir les communautés françaises. Ils s’attendent à recevoir des religieux et religieuses fervents qui vont leur apporter un soutien dans leurs propres affaires, à condition qu’ils respectent les règles. Ce préjugé positif est d’ailleurs surtout valable pour les religieux non enseignants. Ces derniers, du fait des controverses qu’ils peuvent générer sont moins bien vus, sauf cas particulier. Évoquées précédemment, les religieuses garde-malades semblent particulièrement attendues et appréciées. Leur venue répond à un vrai besoin et, comme elles ne sont pas enseignantes, elles suscitent moins de polémiques. Le curé-doyen de Schaerbeek est très clair à ce sujet :

    « Des religieuses françaises du diocèse de Saint-Flour désirent vivement s’établir dans ma paroisse. Elles ne donneraient pas l’enseignement, se contenteraient d’aller soigner les malades à domicile, aussi bien les pauvres que les riches, feraient en général ce que je leur voudrais indiquer. Elles ont trouvé une maison à leur convenance, 30 rue Van Bolt. Le quartier est excentrique56, privé de tout établissement religieux. Je pense que leur séjour, tout en n’excitant pas l’attention du public, y serait utile57. »

    21L’avantage est certain pour cet ecclésiastique : ces religieuses ne vont pas créer de concurrence, elles iraient occuper un désert spirituel et auraient une utilité, tout en lui obéissant. Il faut dire qu’il s’agit de Schaerbeek, une commune d’une région bruxelloise où l’hôpital est très largement aux mains de l’Église à l’époque étudiée58. Les infirmières laïques manquent et les religieuses jouent un rôle important dans le retour des malades à la religion, dans une agglomération globalement libérale et socialiste59. Cela explique que les lettres des curés de cette zone voient le renfort français d’un bon œil, comme il l’est dans les lieux manquant de contemplatifs ou politiquement peu proches du parti catholique.

    22C’est le cas du curé de Dixmude (aujourd’hui Dixmuide) qui attend avec impatience l’arrivée de carmélites d’Angers : « Moi j’attends nos carmélites et j’espère qu’elles prieront beaucoup pour la pauvre ville de Dixmude. De 3 à 400 de mes paroissiens60 ne feront pas leurs Pâques, malgré mes efforts. Il faut que Dieu remue cette terre depuis de longues années peu ou pas cultivée. La presse impie fait ici un mal immense61. » Cet écrit du 6 avril 1903 est très important et témoigne du poids des représentations et de l’évolution parfois brutale et rapide des perceptions. Le curé dit « nos carmélites » comme si elles n’étaient déjà plus étrangères, mais comme faisant partie des communautés de sa ville. Or, cet homme a totalement changé d’avis en quelques jours, car le 1er avril il écrivait : « On me dit si peu de bien des carmélites françaises qui comptent s’installer à Dixmude le 25 mai prochain, que je commence à prendre peur. Une petite ville mauvaise comme Dixmude n’a nul besoin d’une communauté religieuse où tout va à l’abandon et où les ressources font complément défaut. […] Il paraît que monseigneur de Namur ne serait pas mécontent de se débarrasser de cette communauté62. » Après prise de renseignement auprès du doyen de Dinant (diocèse de Namur), il s’avère que les rumeurs sont fausses et que ces sœurs sont bien appréciées dans le diocèse de monseigneur Heylen. Elles sont parties non parce qu’elles y étaient indésirables, mais parce que l’immeuble qu’elles occupaient était vendu63. On passe donc d’un préjugé très négatif à un autre très positif, fondé sur le témoignage d’un curé belge qui les apprécie, ce qui prouve aussi qu’ils communiquent entre eux au sujet des religieux français qu’ils hébergent.

    23Ainsi, il faut confronter ces lettres écrites avant l’arrivée des religieux à celles écrites après : comment évolue une représentation initiale plutôt positive ? Globalement, elle l’est demeurée. Les curés sont assez satisfaits de la présence des Français, surtout quand ils viennent combler un besoin : reprendre une école en déshérence, s’insérer dans des structures hospitalières en demande, apporter un volet contemplatif dans un endroit qui en est dépourvu. Ou encore contrebalancer un esprit communal jugé par eux trop anticlérical. Tout ceci montre que ces religieux sont, plus ou moins consciemment, intégrés dans le paysage religieux belge et greffés aux combats quotidiens des curés des paroisses concernés. Bien entendu, la perception au jour le jour change d’un lieu à l’autre, allant d’un franc enthousiasme à un intérêt un peu plus froid. Le Curé de Comines (Belgique) tient par exemple à bien s’entendre avec les religieux français sécularisés qui ont installé une école pour les enfants de Comines (France), car ses propres œuvres sont en partie financées par des fonds venus de France64. Il agit surtout par réalisme. Finalement qui a l’avantage ? Les curés sur les religieux français ou l’inverse65 ? Tout dépend de la congrégation, du diocèse et du lieu. Les instituts les mieux structurés, les plus nombreux et arrivant dans un diocèse où l’évêque leur est favorable ont moins besoin des curés que les plus petits cherchant leur aide pour s’installer et reprendre leurs activités. De plus, quand l’évêque est plus circonspect et s’appuie davantage sur les curés, faire valoir leur autorité et être en position dominante est plus simple pour ces derniers.

    Des critiques négatives

    24Seule une douzaine de lettres du corpus étudié fait état de critiques clairement négatives de la part des curés belges. C’est peu, même s’il y en a sûrement d’autres et s’ils n’ont sans doute pas exposé aux évêques tous les griefs mineurs. Considérons aussi le fait que les curés ont pu aller voir directement les communautés qui pouvaient leur causer des problèmes, pour les régler avec elles. Ceux-ci n’ont donc pas forcément été retranscrits. Il ressort des cas étudiés que les curés belges se plaignent surtout des congrégations qui ont agi à leur insu, soit lors de l’achat ou de l’aménagement d’un bâtiment, soit en matière scolaire ou encore en organisant des quêtes publiques. Il est d’ailleurs significatif que trois quarts des plaintes étudiées émanent de curés du diocèse de Bruges, puisque monseigneur Waffelaert tient à être renseigné. Elles proviennent notamment des zones frontalières qui concentrent réellement les problèmes. Quelques-unes se retrouvent pour Namur et Malines. Les réponses des évêques sont généralement conservées, ainsi que certaines lettres des religieux posant un problème à leurs yeux et qui se justifient. Ceci prouve une nouvelle fois le suivi épiscopal et le rôle important des curés (et surtout des doyens pour Malines et Bruges) pour « veiller au grain66 ». Convenons que le plus grand degré de latitude laissé dans les diocèses de Namur et Tournai limite le nombre de critiques disponibles.

    25Quand des critiques sont émises, elles paraissent avérées. Les curés les transmettent à leurs évêques et demandent généralement des instructions. La correspondance conservée permet de voir un règlement des affaires, souvent après intervention des prélats. Exposons un cas assez représentatif pour voir le cheminement d’une plainte et sa résolution. À Comines (diocèse de Bruges), durant l’été 1903, le curé avertit l’évêque des agissements de sœurs se croyant au-dessus de son autorité :

    « Je dois vous faire remarquer que les sœurs se sont adressées directement au bourgmestre sans me prévenir. Elles se sont adressées à lui également sans me prévenir afin de lui demander l’autorisation d’une loterie privée avec placement de lots dans les familles pour couvrir en partir les frais d’un bâtiment qu’elles construisent dans leur propriété en vue d’y loger des sœurs en plus. Ces sœurs se disent et se tiennent indépendantes du clergé paroissial. En tout et pour tout elles recourent à l’autorité civile et négligent tout simplement l’autorité ecclésiastique67. »

    26Peut-être agissent-elles ainsi car l’autorité ecclésiastique est justement plus stricte dans ce diocèse ? S’adresser au bourgmestre permettrait peut-être de la contourner et de régler des difficiles questions financières. Les sœurs en question, qui viennent d’Orléans68 réagissent après que la plainte a été émise. Elles disent avoir agi « par pure ignorance des coutumes nationales [belges]69 », ce qui est rapide car une autre lettre affirme qu’elles possèdent une maison en Belgique depuis plusieurs années et sont appréciées à Comines où une partie semble déjà présente70. Elles ont donc dû avoir une certaine connaissance des us et coutumes locaux.

    27La supérieure générale adresse une longue lettre d’excuse à l’évêque depuis Orléans71 et laisse entendre que certaines de ses religieuses ont pris à distance des initiatives malheureuses72. Le curé, dont l’autorité est réaffirmée, se trouve donc face à des sœurs en partie livrées à elles-mêmes, dont la tête pensante est en France, ce qui complique leur prise de décision. Cela explique sa réaction finale, mélange d’autorité et de commisération :

    « La leçon donnée aux sœurs françaises par le refus de V[otre] G[randeur] à leur demande faite par l’entremise de M. le Bourgmestre de Comines a été dure mais aura un excellent résultat. […] Les sœurs restent chez elles. Elles ne seront plus indépendantes. Elles m’ont supplié de faire une démarche personnelle auprès de VG. Je ne pouvais refuser la demande, je l’ai acceptée. Je crois qu’il y aura moyen à arrangement. Ce moyen, je me permettrai de le soumettre à l’appréciation de VG. Du consentement de VG elles ont leur propriété à Comines depuis sept ans. Elles y rendent des services appréciables. Elles méritent considération. Elles ne peuvent pas mourir de faim. Les vivres leurs sont coupés de France73. »

    28Cet exemple rejoint les autres étudiés. Les curés, lorsqu’ils se plaignent, ne souhaitent pas d’empiètement sur leur autorité, d’agissements sans en être avertis. Ils craignent la possible concurrence des religieux exilés. Néanmoins, ils peinent à ne pas considérer leur situation comme difficile, ce qui les incite à leur venir en aide s’ils respectent les règles. L’affirmation de la supérieure générale quant à la méconnaissance des usages locaux, réelle ou affirmée, renvoie toutefois à un point important : que connaissent les religieux exilés de la Belgique en y arrivant ? S’acculturent-ils une fois sur place ?

    Une acculturation des religieux français ?

    29La question de l’acculturation ou non des religieux français installés en Belgique doit trouver des réponses, à la suite de l’interrogation légitime de Hendrik Moeys : « Les religieux restés en Belgique formèrent-ils un groupe “marginal” au sein du paysage religieux belge ou s’inscrivirent-ils à terme dans la culture belge74 ? » Nous y avons déjà répondu en partie en évoquant une volonté assez généralisée de se suffire à soi-même, en parlant de l’obligation d’enseigner à des élèves français, en revenant sur le maintien des liens avec la France. Ces divers éléments militeraient pour une réponse négative, mais sont contrebalancés par d’autres. Comment, par exemple, ne pas prendre en compte l’arrivée de postulantes belges dans les communautés religieuses cloîtrées ? C’est un apport qui n’est pas français. Quand bien même une volonté d’autarcie est affichée, elle n’empêche pas tous les contacts. De plus, à la suite de dissensions avec la France, d’autres communautés font le choix de la séparation avec ce pays et restent en Belgique dès la période étudiée. Enfin, même les communautés revenues en France en 1914 ont passé un temps plus ou moins long en Belgique et ont été au contact de laïcs et religieux belges, de spiritualités comme de réalités très temporelles locales. Bien sûr, parler d’acculturation revient à parler de mentalités, qui échappent en bonne partie aux sources écrites. Il n’est pourtant pas impossible de détecter des télescopages de cultures différentes, qui peuvent aussi créer des souffrances, et des changements de comportements, même dans l’intervalle chronologique étudié.

    Des cultures différentes au quotidien

    30L’un des rédemptoristes français réfugiés à Essen écrit : « Auriez-vous la bonté de dire au frère Procureur qu’il veuille bien voir dans un magasin de vêtements ecclésiastiques s’il n’y a pas moyen d’avoir un chapeau de prêtre, forme française, pour une tête de 0.57 de tour ? C’est pour le frère Polycarpe qui n’a que son chapeau anglais : ce qui m’ennuie quand il faut sortir. Je crois qu’il en trouvera à Bruxelles. À Anvers : pas moyen. S’il n’y en avait pas, n’y en aurait-il pays un vieux, forme belge, à la maison, qui lui servirait pendant que j’en demande un à Lille75 ? » Ces phrases peuvent paraître anodines : pourquoi vouloir remuer ciel et terre pour un chapeau ? En fait, elles sont révélatrices d’un point important. L’arrivée des religieux en Belgique est celle de Français en très grande majorité, donc porteurs de façons de faire différentes de leur pays d’accueil. Ici, sortir avec un « chapeau anglais » (ces rédemptoristes sont passés par l’Angleterre) gêne, car il peut induire en erreur ceux qui le voient quant à la provenance des religieux. Ne risque-t-on pas de les prendre pour des Anglais ? Se fixer sur un accessoire vestimentaire se rattachant au pays d’origine permet de ne pas oublier celui-ci et de montrer son caractère français. C’est peut-être surestimer les capacités de reconnaissance des différents chapeaux ecclésiastiques des laïcs locaux, mais le fait que ce religieux veuille aller jusqu’à Bruxelles et Lille pour mettre fin à l’équivoque possible prouve le malaise généré par ce simple couvre-chef, révélateur d’un état d’esprit.

    31Ne nous attardons pas sur ce fait somme toute mineur. À quel point les différences entre religieux belges et français sont-elles réelles et se résorbent-elles, le cas échéant ? Peut-on suivre le mémorandum envoyé par le gouvernement catholique au Saint-Siège en janvier 1903, notamment ce qu’il dit des différences culturelles ? Il affirme que « beaucoup de congrégations françaises ont des habitudes, des idées, des procédés différant de ceux des congrégations belges […] Ces dissemblances résultent du caractère propre des deux nations76 ». Il y a une part de vérité. Les religieux français arrivant en Belgique conservent autant que possible leur organisation existante, afin de se raccrocher à ce qu’ils connaissent et obéissent en cela à leur hiérarchie. Or celle-ci ne peut être exactement la même qu’en Belgique. De plus, ils arrivent de toute la France, pays plus étendu que la Belgique, et où les identités régionales sont encore très marquées au début du xxe siècle77. Enfin, le clergé n’est pas le même d’une région à l’autre, suivant son rapport à la chrétienté, aux langues régionales, à l’urbanité et la ruralité78. Nul doute que les religieux venant du Sud de la France, de la région parisienne ou de la façade atlantique aient eu de vraies différences dans leur parler, leur spiritualité avec les Belges.

    32Les habitudes alimentaires, elles aussi, sont concernées, comme la boisson : « L’eau rougie79 a été remplacée par la bière, bière du Nord à laquelle les palais parisiens se sont vite habitués80. » Cette phrase, tirée d’un bulletin des anciens élèves de Passy-Froyennes, peut prêter à sourire, car elle renvoie à des poncifs sur la consommation de bière en Belgique plutôt que de vin81 et paraît anecdotique. La question des boissons revient pourtant dans de nombreuses archives, la littérature de fiction82, et a déjà été notée par les chercheurs. Anne-Dolorès Marcélis explique à ce sujet que « les carmélites françaises, accoutumées au vin, ont quelques difficultés à s’adapter à la boisson du pays d’exil, la bière83 ». Difficulté ne veut pas dire impossibilité. Nous avons noté qu’elles se mettent à en produire, et d’autres congrégations adoptent également cette boisson comme les jésuites, à la fois pour eux, leurs élèves et leurs novices84. C’est certes un point de détail, mais à relier à un tableau d’ensemble faisant état de différences culturelles initiales qui se sont en parties résorbées par la suite. L’adaptation des religieux à leurs nouvelles conditions de vie est réelle pour la plupart : modification des habitudes alimentaires, adaptation aux façons de faire du clergé local, avec un temps d’habituation plus ou moins long suivant les communautés. Nous avons bien sûr trouvé des exemples contraires de religieux belges soulignant les différences entre congrégations françaises et belges, mais sans vraiment les décrire. Ainsi, la supérieure des ursulines de Saint-Trond (diocèse de Liège, aujourd’hui Sint-Truiden), parlant de ses consœurs de Montauban, déclare à l’évêque de Liège que « les usages, les manières et toute la vie des religieuses françaises sont si différentes des nôtres85 », sans donner plus de précisions. Nul doute qu’elle n’a en fait pas besoin de les décrire à un contemporain qui imagine bien quels sont les contrastes dans la vie de prière, la langue et le quotidien entre des sœurs de cette ville flamande et celles du Tarn-et-Garonne. Il reste toutefois difficile de percevoir la part des stéréotypes de part et d’autre, car les idées reçues vont dans les deux sens.

    33Toutefois, il ne faudrait pas trop forcer le trait des différences, et oublier que les nombreux religieux du Nord ou des Ardennes ont eu beaucoup moins de difficultés à s’adapter à leur vie en Belgique. Sans parler de potentielles origines familiales, ils sont plus proches culturellement de leur pays d’accueil avant même leur départ. À trop parler d’influence française, on en oublierait en effet presque que la Belgique a exercé son propre ascendant culturel sur les départements français frontaliers86. C’est notamment le cas dans le domaine religieux et « le catholicisme du Nord [de la France] est imprégné par les mentalités et les traditions des pays voisins87 » à la fin du xixe siècle et au début du xxe. Les congrégations frontalières ou ayant déjà des maisons en Belgique, comme les sœurs de la Sainte-Union du Nord88 ne sont pas à mettre sur le même plan que celles venues du Midi où l’évêque de Montpellier soutient l’usage de l’occitan89. Reste que, y compris pour les premières, il ne s’agit pas du même pays, et les usages linguistiques le rappellent. L’utilisation du flamand recule fortement dans les campagnes catholiques des Flandres françaises de l’époque étudiée90 alors qu’il est vivace de l’autre côté de la frontière, et que le monde rural du Sud de la Belgique reste majoritairement wallonophone à la fin du xixe siècle91. Même ces congrégations-là ont donc, elles aussi, des différences avec les Belges : les Flandres françaises ne sont pas la Flandre belge et le département du Nord n’est pas la Wallonie.

    Des communautés franco-belges

    34Ainsi, dans quelle mesure peut-on parler d’intégration dans l’Église de Belgique des religieux français ? Au-delà de rares cas de séparation totale avec la France92, que signifie une « communauté franco-belge » ? Une phrase lapidaire tirée d’un document des services consulaires français au sujet des religieux accueillis dans les communautés belges a attiré notre attention : « Ceux des religieux [français] qui ont eu à accepter l’hospitalité de leurs collègues belges ne paraissent pas en être très enchantés. Il y a rivalité au moins latente93. » Elle laisse entendre que les religieux français ne souhaitent pas vraiment être accueillis dans les communautés belges, et que ces dernières n’en sont pas nécessairement ravies non plus. L’agent consulaire parle de rivalité, à laquelle on peut ajouter les différences culturelles et sans doute les problèmes matériels liés à l’installation. Toutefois, peut-on englober tous les réfugiés français dans ce cas de figure ? Cette phrase est révélatrice d’un état esprit, mais nous ne pensons pas que les choses aient été si tranchées. La question de l’accueil dans des communautés belges, et de la transformation lente de certaines communautés françaises en structures transnationales mérite d’être précisée.

    35Une première série de remarques doit d’abord permettre faire de la part des choses concernant certaines données. Tout d’abord, il faut distinguer entre hébergement temporaire d’une communauté constituée par une autre, et accueil de religieux français de manière permanente au sein de communautés belges. Les premières sont secourues momentanément, le temps qu’elles retrouvent un abri, mais n’éclatent pas et n’ont pas pour vocation de fusionner. C’est le cas des carmélites de Saint-Omer (Pas-de-Calais). Elles sont accueillies par les sœurs de la Providence de Champion qui les logent un temps dans leur monastère de Ciney fin 190194. Ce sont deux congrégations très différentes, les premières contemplatives et les secondes enseignantes, qui ne sauraient se mêler. D’ailleurs, ces carmélites rentrent en France en 191995. Le second cas de figure est plus durable, et fonctionne entre religieux d’un même ordre, d’une même congrégation. Il n’est pas simple de suivre la trace de ces religieux français accueillis de manière dispersée dans des communautés belges, suivant les possibilités. Pister individuellement ces « 28 [frères aspirants lasalliens] incorporés dans le district de Belgique-Nord, et ces 34 incorporés dans le district de Belgique-sud96 » paraît difficilement réalisable pour une unique congrégation, et plus encore pour toutes. D’ailleurs, le résultat ne serait pas forcément fructueux. Ainsi, en parcourant des états nominatifs des frères des écoles chrétiennes belges de Florennes, nous avons bien remarqué des noms à consonance française arrivant dans les années étudiées97. Toutefois, ce n’est pas un indicateur suffisant, et la provenance de ces frères n’est pas indiquée98. Il y a plus d’informations dans les états des communautés conservés à Rome, mais les interpréter est difficile et chronophage99. Ces réserves évoquées, il est néanmoins possible d’avancer des éléments de réponse plus généraux.

    36De manière globale, le fait de se réfugier dans un diocèse où l’évêque est accueillant et a une bonne perception des exilés facilite une intégration dans les communautés d’accueil. Parler la même langue joue également. D’autre part, les communautés originaires des zones frontalières sont moins étrangères à la Belgique que celles venues de plus loin. Elles ont donc moins de difficultés à se couler dans le moule belge. C’est d’autant plus vrai quand il s’agit de congrégations originaires de Belgique, qui se sont installées dans les départements français limitrophes et ont déjà des membres belges en France. C’est le cas des sœurs récollectines de Merville (Nord), dont la maison-mère est à Tournai et dont la supérieure est Belge100. Généralement, l’appartenance à un même ordre, une même congrégation ou famille spirituelle joue, au moins jusqu’à un certain point. Outre les frères des écoles chrétiennes, nous avons déjà noté les liens entre clarisses, ursulines et autres carmélites françaises et belges. La conjonction de ces trois données se retrouve même pour les sœurs de la doctrine chrétienne réfugiées dans le Luxembourg belge. Elles sont d’origine frontalière, ont déjà fondé des maisons en Belgique où elles peuvent en grande partie se retirer, et se présentent dans un diocèse où monseigneur Heylen a de bonnes dispositions envers les exilés. Tout ceci fait que bon nombre de leurs maisons en Belgique prennent clairement un caractère franco-belge, renforcé par les naturalisations de certaines d’entre elles101. Il s’agit toutefois d’un cas d’école. Nous pensons plutôt que l’accueil des Français dans les maisons belges des communautés internationales est resté plus individuel, de petits groupes. Les pensionnats des grands ordres et congrégations aux larges ramifications comme les frères des écoles chrétiennes ou les jésuites ne sont pas toujours très bien vus par leurs confrères belges, qui craignent la concurrence102. L’aide fournie est donc limitée. Il y a une différence entre accueillir des novices répartis dans plusieurs maisons et voir arriver de grandes écoles bien structurées. Cela n’empêche pas plusieurs frères belges d’aider les Français dans certaines circonstances. Le cas d’Erquelinnes est édifiant : quelques lasalliens belges se font compter dans le personnel de l’école pour aider à ce qu’elle réponde aux conditions d’adoption du gouvernement belge103. Ce n’est pas illogique. À une mauvaise volonté initiale succède la potentialité de voir cette école intégrer les structures lasalliennes belges et ne plus être française. Elle explique cette aide, en partie intéressée.

    37Dans certains cas, la mésentente est encore plus flagrante. Les rédemptoristes français accueillis par leurs frères belges à Essen deviennent indésirables, sans que les fonds, très lacunaires entre 1907 et 1910, ne permettent de déterminer précisément pourquoi. Il semble que des pratiques différentes au quotidien aient joué, et qu’ils aient eu des heurts somme toute mineurs avec le jardinier laïc au sujet des cultures104. C’est en fait surtout à propos de leur studendat que les frictions se cristallisent. Il gêne certains rédemptoristes belges, dont le père Godts, qui avait pourtant accueilli les Français. Un noviciat belge, sans doute en relation avec la maison de formation des Français à Essen écrit à ce sujet : « Nous sommes douloureusement affectés de l’affront qui vient de vous être infligé par des personnes, par des confrères de qui l’on pouvait attendre des procédés tout autres. Ce qui vous afflige le plus dites-vous, c’est l’offense de Dieu, la mauvaise éducation donnée à des jeunes gens, et le scandale qui se répand dans l’honnête population d’Esschen. Nous voulons combler du voile de la charité les excès de ces deux hommes105. » Ce sont des mots très couverts. Quelle est la « mauvaise éducation donnée à des jeunes gens » ? Le reproche est-il centré sur les méthodes pédagogiques des Français ? Il ne semble pas, car la suite de la phrase parle de « scandale ». Quel est-il ? Il est aussi possible que ce soit une affaire mineure montée en épingle, car un autre noviciat prend la défense des Français106 et sous-entend une autre piste qui rejoindrait plusieurs cas, c’est-à-dire la crainte que ces religieux ne fassent concurrence aux Belges en matière de recrutement. En arrière-plan saille la volonté de récupérer la maison qu’ils occupent pour la province rédemptoriste belge107. Les pressions, du fait de Godts lui-même, conduisent finalement les rédemptoristes français à partir pour les Pays-Bas en 1911. Ils s’installent dans le Limbourg, à Valkenburg, le 15 mars108. La réaction d’un interlocuteur non identifié de Godts est éloquente : « Bien cher frère, Je vous félicite de tout cœur pour la bonne nouvelle que vous m’annoncez. Enfin vous serez débarrassés de ces Français109. » Ce n’est peut-être pas tellement le fait qu’ils soient Français qu’occupants d’un espace convoité qui est important, mais le mot est là et le ton de la phrase assez dur.

    38Ce cas, et les heurts précédents, prouvent que les congrégations les plus internationalisées, ayant leurs propres structures et provinces en Belgique, ne s’entendent pas toujours bien avec leurs confrères français110. Chacun a ses propres affaires, déjà bien développées, et ses propres canaux de diffusion. C’est d’autant plus vrai que l’institut religieux est développé et ancien. Il est à cet égard significatif que les dominicains réfugiés à Kain, malgré la haute tenue intellectuelle de leur monastère du Saulchoir, se soient largement tenus à l’écart du mouvement liturgique belge de Dom Lambert Beauduin111. De la même manière, certaines communautés très anciennes réfugiées en Belgique comme les bénédictins de Ligugé conservent leurs traditions et leur caractère français très affirmé. Leurs productions érudites en attestent. Ainsi la revue Mabillon, éditée à partir de 1905 grâce aux efforts de Dom Besse, a alors un programme « essentiellement apologétique112 », visant à justifier leur existence et leurs actions dans un contexte de lutte anticongréganiste. A contrario, les assomptionnistes réfugiés à l’étranger intègrent progressivement des locaux à leurs communautés de refuge113. Or, cette congrégation date de 1850 et est peu internationalisée en 1900 : elle ne fait donc pas face à des communautés anciennes, créées hors du pays d’origine et devenues autonomes114. Un cas « extrême » est même fourni avec les Salésiens : en 1907, il y a plus de Salésiens français que belges en Belgique (cinquante contre quarante-trois)115. Des cadres français peuplent leurs écoles, maisons de formation en Belgique et exercent de fait une très grande influence jusque dans les années 1930116. Il s’agit dans ce cas d’une congrégation d’origine italienne, aux effectifs peu nombreux et d’origine récente en Belgique, où l’arrivée française joue un rôle déterminant du fait du nombre et d’une plus grande ancienneté117.

    39Toutefois, au-delà d’individus et de cas particuliers, le caractère franco-belge des maisons de refuge des religieux français est limité. Il y a d’autres éléments à prendre en compte. Cette question de la création de communautés franco-belges rejoint en partie celle de l’acculturation des religieux français. Or, la remarque faite à propos de la temporalité vaut également ici. Notre cadre chronologique ne permet pas de trancher de manière trop abrupte, car ce sont des phénomènes longs et qui s’interrompent pour les religieux rentrés en 1914 ou au sortir de la Grande Guerre. Quand il y eut caractère franco-belge, il est resté limité dans leurs cas. L’étude des communautés françaises restées dans les décennies 1920 et 1930 devrait permettre de vérifier leur degré d’acculturation avec le temps.

    ⁂

    40À ce stade, il est possible de dresser un premier bilan de la relation entre les religieux français et l’Église belge qui les accueille. Celle-ci est complexe, mouvante et diffère selon les lieux et les personnes évoquées. Des cas d’hostilité très marquée côtoient des relations d’aide beaucoup plus cordiales, qui dépendent aussi des conflits entre personnes. De manière globale, les ecclésiastiques belges ont plutôt aidé les Français qu’ils ne les ont gênés au quotidien. La position délicate des évêques de Belgique ne les a pas empêchés de venir en aide à des personnes le plus souvent démunies par un départ stressant et ruineux. De plus, beaucoup de curés ont aidé les communautés à se reloger et à reprendre une vie spirituelle la plus normale possible. Si les religieux français restent un peu marginaux dans le paysage catholique belge, les comportements à leur égard se normalisent peu à peu et ils finissent par être une donnée non négligeable. Il reste à analyser leurs relations avec les habitants des villes dans lesquelles ils se sont installés.

    Notes de bas de page

    1AICP, versements non cotés, journal personnel de François Veuillot, entrée du 3 décembre 1903.

    2Wynants Paul, « De la restauration à la rénovation… », in Filles du silence…, op. cit., p. 75.

    3L’implication du Saint-Siège au quotidien, assez minime, n’a pas été détaillée ici.

    4ADL, fonds Rutten 112 : institution d’un visiteur diocésain en 1902 – correspondance. AET, sous- série I/6 : visiteurs des communautés religieuses, dossier no 5 : Chanoines Oscar Buisseret et Louis Stimart (1905-1922) et 6-7 : Chanoine Louis Stimart (1911-1912). L’expression « visiteur diocésain » pour Liège rappelle que les ordres les plus importants ont leurs propres visiteurs.

    5ADB, B518 et suivantes.

    6Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 175.

    7ADB, B518, lettre du vicaire général du diocèse de Bruges à la supérieure générale des filles de l’Enfant Jésus de Lille, 17 janvier 1903.

    8AJF, F1109 : Correspondance des recteurs avec l’évêque et le provincial. 1903-1914. Lettres du général, 1907-1912.

    9Ibid., lettre de l’évêque de Bruges au père provincial de Champagne Heinrich, 27 avril 1907.

    10Ibid., Considérations à exposer à Mgr l’Évêque de Bruges, sans date ni auteur.

    11AAM, Congrégations et ordres religieux…, dossier no 56.

    12Ibid., lettre du vicaire général de l’archidiocèse de Malines à la révérende mère Prieure du carmel de Saint-Germain-en-Laye, 21 novembre 1903.

    13Ibid., lettre du cardinal-archevêque de Malines à l’Abbesse des clarisses de Paris, 15 août 1901.

    14Cité dans Daniel Yvette, « Quelques aspects politiques, économiques et sociaux… », art. cité, p. 75.

    15AAM, fonds Goossens 135, réponse le 6 octobre de la main du cardinal-archevêque de Malines sur une lettre de la comtesse de Villermont.

    16Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 180.

    17Comme le 5 mai 1908 où le vicaire général s’enquiert d’irrégularités à propos d’ursulines installées dans son archidiocèse. AAM, Congrégations et ordres religieux…, dossier no 56, lettre du vicaire général de l’archidiocèse de Malines à un curé indéterminé, 5 mai 1908.

    18Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 174.

    19Guissard Lucien, Les assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, op. cit., p. 32.

    20Ibid.

    21Les mots « bienveillance » et « bienveillant » reviennent une douzaine de fois dans le carton no 113, le mot « bonté » une demi-douzaine de fois. Ce sont certes des lettres de remerciements, mais elles se rejoignent. ADL, fonds Rutten 113.

    22Thirion Joseph, En exil : les congrégations françaises hors de France, op. cit., p. 94.

    23AJF, EMa 3, lettre de l’évêque de Liège au révérend père provincial de Paris, 28 juin 1902.

    24AJF, F105, Programmes de fêtes : Arlon 9 novembre 1902.

    25Marcélis Anne-Dolorès, Femmes cloîtrées…, op. cit., p. 90.

    26Ainsi les carmélites d’Aix sont autorisées par lui à racheter leur monastère mis en vente en France. AET, I/6/6-I/6/7, lettre de sœur Marie de l’immaculée conception, au chanoine visiteur Stimart, 30 septembre 1911.

    27AJF, F1204, diaire de Péruwelz, 1901-1921.

    28L’évêque venu procéder à des ordinations répond à un toast « qu’il est fier et heureux d’avoir ordonné de nouveaux prêtres, favorisé la fondation qu’il estime une source de bénédiction pour son diocèse et pour toute la Belgique ». ADPF, IV-Kain Z-1 : Chroniques du couvent…, t. 1 : 1904-1921, entrée du 27 décembre 1904. Le fait que Kain soit proche de Tournai explique aussi qu’il soit resté après ces ordinations.

    29Une demi-douzaine de lettres de 1907 et 1908 laisse toutefois entendre que Mercier apprécie particulièrement les sœurs hospitalières. Sans doute car celles-ci viennent combler un besoin en la matière.

    30ADB, B526, lettre du vicaire général Houtave au curé de Beugnies, 7 janvier 1908.

    31Van Keerberghen Marie-Xavier, Ursulines…, op. cit., p. 241.

    32Semaine religieuse du diocèse de Tournai, no 41, 11 octobre 1902, p. 642.

    33Ibid., no 2, 6 janvier 1906, p. 21.

    34AJF, F182 : noviciat de Florennes, diaire du père ministre (1905-1914), entrée du 12 août 1905.

    35Wynants Paul, Religieuses…, op. cit., p. 251.

    36Wynants Paul, « L’influence des congrégations… », art. cité, p. 189.

    37D’autres ordinations ont été relevées dans d’autres diocèses. C’est ainsi l’évêque de Tournai qui ordonne Paul Doncœur, le 25 août 1912. Avon Dominique, Paul Doncœur, s. j., 1880-1961…, op. cit., p. 54.

    38Le 30 avril 1905. Marcélis Anne-Dolorès, Femmes cloîtrées…, op. cit., p. 93.

    39C’est d’ailleurs le mot employé par Vermeersch dans son article : « La bienvenue aux proscrits ». Vermeersch Arthur, « La bienvenue aux proscrits », art. cité.

    40ADB, B520-521, lettre du vicaire général Rembry à l’évêque d’Angers, 19 août 1905.

    41ADL, fonds Rutten, Acta Episcopalia Rutten, vol. I., 1901-1914, 1907, mandement de Carême pour l’an de grâce 1907, p. 10-11.

    42Ibid., lettre pastorale et mandement de carême pour l’an de grâce 1911, p. 9.

    43Ibid., p. 12.

    44AICP, fonds Veuillot, L’Univers. Correspondance, A 29, lettre de Dom Besse à Auguste Roussel, sans date.

    45Rutten vient par exemple voir les jésuites de Marneffe pour donner la confirmation à leurs élèves. AJF, EMa 16, diaire du père ministre, 1909-1919, entrée du 11 juin 1909.

    46Les chroniques de Kain rapportent ainsi régulièrement les ordinations de leurs membres par Walravens. ADPF, IV-Kain, Z1, Chroniques du couvent…, t. 1 : 1904-1921.

    47ADB, B518, lettre du vicaire général Rembry à la supérieure générale des Dames de la Charité de Nevers, 10 mars 1903.

    48Ibid.

    49Un religieux éducateur…, op. cit., p. 347.

    50AL, 92E-1 242, Le Très Cher frère Auguste, 1845-1908, opuscule de 38 pages rédigé par la société amicale des anciens élèves du pensionnat de Passy en 1908, p. 28.

    51Souvenir annuel…, p. 35.

    52Daniel Yvette, « Quelques aspects politiques, économiques et sociaux… », art. cité, p. 78.

    53Ibid., p. 74.

    54Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 174.

    55Ibid., p. 160.

    56Dans le sens « en dehors du centre ».

    57AAM, congrégations et…, dossier no 56, lettre du curé-doyen de Saint-Servais à Schaerbeek au cardinal-archevêque de Malines, 30 avril 1903.

    58Jacques Catherine, « Bruxelles : un bastion libéral, franc-maçon et… féministe ? », Archives de sciences sociales des religions, no 165, janvier-mars 2014, [http://journals.openedition.org/assr/25747], § 2, consulté le 11 octobre 2023.

    59Ibid., § 9.

    603 884 habitants en 1910. Dalle Dieudonné, « Dixmude », in Hervé Hasquin (dir.), Communes de Belgique…, vol. 3, op. cit., p. 1926.

    61ADB, B190, lettre du curé-doyen de Dixmude au vicaire général du diocèse de Bruges, 6 avril 1903.

    62Ibid., lettre du curé-doyen de Dixmude à l’évêque de Bruges, 1er avril 1903.

    63Ibid., lettre du curé-doyen de Dixmude au vicaire général du diocèse de Bruges, 6 avril 1903.

    64ADB, B190, lettre du curé de Comines à l’évêque de Bruges, 10 février 1903.

    65Cette question d’importance est rappelée par Anne-Dolorès Marcélis de manière plus générale au sujet des religieuses féminines et nous l’étendons à tous les religieux français. Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile…, op. cit., p. 122.

    66Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 174.

    67ADB, B190, lettre du curé de Comines à l’évêque de Bruges, 27 juillet 1903.

    68Ce sont les gardiennes adoratrices de l’Eucharistie, dites « sœurs de Saint-Aignan ». Enseignantes, soignantes, elles ont été fondées à Orléans en 1853. Elles restent à Comines jusqu’en 1917, date à laquelle leur établissement est détruit. Elles se réfugient à Bruxelles en 1919. Wynants Paul, Religieuses…, op. cit., p. 113.

    69ADB, B190, lettre de la supérieure générale des gardiennes adoratrices de l’Eucharistie, dites sœurs de Saint Aignan, depuis Orléans, à l’évêque de Bruges, 20 août 1903.

    70Ibid., lettre du curé de Comines à l’évêque de Bruges, 12 août 1903.

    71Ibid., lettre de la supérieure générale des gardiennes adoratrices de l’Eucharistie, dites sœurs de Saint Aignan, depuis Orléans, à l’évêque de Bruges, 20 août 1903.

    72Ibid.

    73ADB, B190, lettre du curé de Comines à l’évêque de Bruges, 12 août 1903.

    74Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 185.

    75KADOC, BE/942855/981, lettre du frère Gillet à un révérend père non précisé, sans date précise (entre 1907 et 1911).

    76AAV, Indice 1211, copie du mémorandum du gouvernement belge au nonce apostolique en Belgique, 8 janvier 1903.

    77Grenouilleau Olivier, Nos petites patries. Identités régionales et État central, en France, des origines à nos jours, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 2019, 288 p.

    78Cholvy Gérard et Hilaire Yves-Marie, Histoire religieuse de la France. Géographie, op. cit., p. 135-166.

    79Sans doute du vin rouge coupé d’eau.

    80Bulletin de la société amicale des anciens élèves du Pensionnat de Passy, no 181, janvier 1906, p. 39.

    81Ils ne sont pas totalement faux : 221 litres de bière sont consommés par an, sur les 235 litres d’alcool bus en moyenne par habitant. Reuss Conrad, « L’évolution de la consommation de boissons alcoolisées en Belgique 1900-1958 », Bulletin de l’Institut de recherches économiques et sociales, no 2, 1960, p. 90 et 113.

    82Huysmans Joris-Karl, L’Oblat, Paris, Stock, 1903, p. 409.

    83Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile…, op. cit., p. 105.

    84Le scolasticat de philosophie réfugié à Marneffe en 1902-1903 en fait par exemple sa boisson ordinaire. AJF, EMa 3, note manuscrite du révérend père Maurice de Vallois sur le scolasticat de philosophie, sans date.

    85ADL, fonds Rutten 113, lettre de la supérieure des ursulines de Saint-Trond à l’évêque de Liège, 13 décembre 1903.

    86Ménager Bernard, « Une région frontière à l’heure de la paix armée », in Yves-Marie Hilaire (dir.), Histoire du Nord-Pas-de-Calais, Toulouse, Privat, 1982, p. 37.

    87Ibid.

    88Ibid., p. 33.

    89Cholvy Gérard et Hilaire Yves-Marie, Histoire religieuse de la France. Géographie, op. cit., p. 165.

    90Ménager Bernard, « Une région frontière… », art. cité, p. 35-36.

    91Francard Michel, « Le français en Wallonie », art. cité, p. 231.

    92Les trois cas retrouvés ne permettent pas de trancher de manière définitive.

    93APDCC, lettre confidentielle de l’agent consulaire de France à Gand au consul général de France à Anvers, 19 mai 1905.

    94Wynants Paul, Les sœurs de la Providence de Champion…, op. cit., p. 50.

    95Wynants Paul, Religieuses…, op. cit., p. 48.

    96Rigault Georges, Le temps de la « sécularisation »…, op. cit., p. 66.

    97KADOC, Instituts religieux-hommes, frères des écoles chrétiennes, Les communautés et écoles du district de Belgique-sud, Florennes, dossier no 718 : État nominatif et statistique (1907-1968).

    98Ibid.

    99Archives de la maison généralice des FEC, série GC : Communautés. États Jaunes. Historiques ; Personnel de l’institut – État nominatif et statistique – Étranger.

    100ADPN, 6V 36, lettre du sous-préfet d’Hazebrouck au préfet du Nord, 24 septembre 1901.

    101Wynants Paul, « Le refuge luxembourgeois… », art. cité, p. 269.

    102Alors que l’essentiel des élèves est français.

    103AL, 33-23, Historique 1910-1924, manuscrit, non paginé, non daté, sans auteur.

    104KADOC, BE/942855/981, lettre au révérend père Godts, expéditeur inconnu, 20 octobre 1910.

    105Ibid., lettre du noviciat de Beauplateau à Godts, 22 octobre 1910.

    106Ibid., lettre du maître des novices des rédemptoristes de Saint-Trond (aujourd’hui Sint-Truiden) à Godts, 28 octobre 1910.

    107Ibid., lettre du révérend père van Ruymbeke à Godts, 28 novembre 1910.

    108Beco Jean, « Les rédemptoristes français dans la tourmente des années 1880-1903 », in Spicilegium historicum Congregationis Ssmi Redemptoris, no 58, 2010, p. 80.

    109KADOC, BE/942855/981, lettre au révérend père Godts, expéditeur inconnu, 20 octobre 1910.

    110Surtout au moment de l’arrivée. Après plusieurs années et une normalisation, on trouve des mentions plus cordiales comme à Marneffe. AJF, EMa 16, diaire du père ministre (1909-1919), entrée du 16 septembre 1907.

    111Pétot Patrick, « La RPST et le mouvement liturgique », Revue des sciences philosophiques et théologiques, t. 92, no 3, 2008, p. 666-673.

    112Hurel Daniel-Odon, « L’historiographie du monachisme de l’époque moderne, en France et en Belgique, au xxe siècle », Revue d’histoire de l’Église de France, no 217, 2000, p. 594.

    113Blenner-Michel Séverine, « Entre tradition et… », art. cité, § 5.

    114Ibid.

    115Delacroix Henri, « Les cinq étapes de l’implantation des Salésiens en Belgique », art. cité, p. 216.

    116Ibid., p. 213-218.

    117La première maison salésienne est créée à Liège en 1890. Les Salésiens sont donc d’origine très récente en Belgique quand survient l’arrivée des Français. Ibid., p. 197.

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    1AICP, versements non cotés, journal personnel de François Veuillot, entrée du 3 décembre 1903.

    2Wynants Paul, « De la restauration à la rénovation… », in Filles du silence…, op. cit., p. 75.

    3L’implication du Saint-Siège au quotidien, assez minime, n’a pas été détaillée ici.

    4ADL, fonds Rutten 112 : institution d’un visiteur diocésain en 1902 – correspondance. AET, sous- série I/6 : visiteurs des communautés religieuses, dossier no 5 : Chanoines Oscar Buisseret et Louis Stimart (1905-1922) et 6-7 : Chanoine Louis Stimart (1911-1912). L’expression « visiteur diocésain » pour Liège rappelle que les ordres les plus importants ont leurs propres visiteurs.

    5ADB, B518 et suivantes.

    6Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 175.

    7ADB, B518, lettre du vicaire général du diocèse de Bruges à la supérieure générale des filles de l’Enfant Jésus de Lille, 17 janvier 1903.

    8AJF, F1109 : Correspondance des recteurs avec l’évêque et le provincial. 1903-1914. Lettres du général, 1907-1912.

    9Ibid., lettre de l’évêque de Bruges au père provincial de Champagne Heinrich, 27 avril 1907.

    10Ibid., Considérations à exposer à Mgr l’Évêque de Bruges, sans date ni auteur.

    11AAM, Congrégations et ordres religieux…, dossier no 56.

    12Ibid., lettre du vicaire général de l’archidiocèse de Malines à la révérende mère Prieure du carmel de Saint-Germain-en-Laye, 21 novembre 1903.

    13Ibid., lettre du cardinal-archevêque de Malines à l’Abbesse des clarisses de Paris, 15 août 1901.

    14Cité dans Daniel Yvette, « Quelques aspects politiques, économiques et sociaux… », art. cité, p. 75.

    15AAM, fonds Goossens 135, réponse le 6 octobre de la main du cardinal-archevêque de Malines sur une lettre de la comtesse de Villermont.

    16Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 180.

    17Comme le 5 mai 1908 où le vicaire général s’enquiert d’irrégularités à propos d’ursulines installées dans son archidiocèse. AAM, Congrégations et ordres religieux…, dossier no 56, lettre du vicaire général de l’archidiocèse de Malines à un curé indéterminé, 5 mai 1908.

    18Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 174.

    19Guissard Lucien, Les assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, op. cit., p. 32.

    20Ibid.

    21Les mots « bienveillance » et « bienveillant » reviennent une douzaine de fois dans le carton no 113, le mot « bonté » une demi-douzaine de fois. Ce sont certes des lettres de remerciements, mais elles se rejoignent. ADL, fonds Rutten 113.

    22Thirion Joseph, En exil : les congrégations françaises hors de France, op. cit., p. 94.

    23AJF, EMa 3, lettre de l’évêque de Liège au révérend père provincial de Paris, 28 juin 1902.

    24AJF, F105, Programmes de fêtes : Arlon 9 novembre 1902.

    25Marcélis Anne-Dolorès, Femmes cloîtrées…, op. cit., p. 90.

    26Ainsi les carmélites d’Aix sont autorisées par lui à racheter leur monastère mis en vente en France. AET, I/6/6-I/6/7, lettre de sœur Marie de l’immaculée conception, au chanoine visiteur Stimart, 30 septembre 1911.

    27AJF, F1204, diaire de Péruwelz, 1901-1921.

    28L’évêque venu procéder à des ordinations répond à un toast « qu’il est fier et heureux d’avoir ordonné de nouveaux prêtres, favorisé la fondation qu’il estime une source de bénédiction pour son diocèse et pour toute la Belgique ». ADPF, IV-Kain Z-1 : Chroniques du couvent…, t. 1 : 1904-1921, entrée du 27 décembre 1904. Le fait que Kain soit proche de Tournai explique aussi qu’il soit resté après ces ordinations.

    29Une demi-douzaine de lettres de 1907 et 1908 laisse toutefois entendre que Mercier apprécie particulièrement les sœurs hospitalières. Sans doute car celles-ci viennent combler un besoin en la matière.

    30ADB, B526, lettre du vicaire général Houtave au curé de Beugnies, 7 janvier 1908.

    31Van Keerberghen Marie-Xavier, Ursulines…, op. cit., p. 241.

    32Semaine religieuse du diocèse de Tournai, no 41, 11 octobre 1902, p. 642.

    33Ibid., no 2, 6 janvier 1906, p. 21.

    34AJF, F182 : noviciat de Florennes, diaire du père ministre (1905-1914), entrée du 12 août 1905.

    35Wynants Paul, Religieuses…, op. cit., p. 251.

    36Wynants Paul, « L’influence des congrégations… », art. cité, p. 189.

    37D’autres ordinations ont été relevées dans d’autres diocèses. C’est ainsi l’évêque de Tournai qui ordonne Paul Doncœur, le 25 août 1912. Avon Dominique, Paul Doncœur, s. j., 1880-1961…, op. cit., p. 54.

    38Le 30 avril 1905. Marcélis Anne-Dolorès, Femmes cloîtrées…, op. cit., p. 93.

    39C’est d’ailleurs le mot employé par Vermeersch dans son article : « La bienvenue aux proscrits ». Vermeersch Arthur, « La bienvenue aux proscrits », art. cité.

    40ADB, B520-521, lettre du vicaire général Rembry à l’évêque d’Angers, 19 août 1905.

    41ADL, fonds Rutten, Acta Episcopalia Rutten, vol. I., 1901-1914, 1907, mandement de Carême pour l’an de grâce 1907, p. 10-11.

    42Ibid., lettre pastorale et mandement de carême pour l’an de grâce 1911, p. 9.

    43Ibid., p. 12.

    44AICP, fonds Veuillot, L’Univers. Correspondance, A 29, lettre de Dom Besse à Auguste Roussel, sans date.

    45Rutten vient par exemple voir les jésuites de Marneffe pour donner la confirmation à leurs élèves. AJF, EMa 16, diaire du père ministre, 1909-1919, entrée du 11 juin 1909.

    46Les chroniques de Kain rapportent ainsi régulièrement les ordinations de leurs membres par Walravens. ADPF, IV-Kain, Z1, Chroniques du couvent…, t. 1 : 1904-1921.

    47ADB, B518, lettre du vicaire général Rembry à la supérieure générale des Dames de la Charité de Nevers, 10 mars 1903.

    48Ibid.

    49Un religieux éducateur…, op. cit., p. 347.

    50AL, 92E-1 242, Le Très Cher frère Auguste, 1845-1908, opuscule de 38 pages rédigé par la société amicale des anciens élèves du pensionnat de Passy en 1908, p. 28.

    51Souvenir annuel…, p. 35.

    52Daniel Yvette, « Quelques aspects politiques, économiques et sociaux… », art. cité, p. 78.

    53Ibid., p. 74.

    54Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 174.

    55Ibid., p. 160.

    56Dans le sens « en dehors du centre ».

    57AAM, congrégations et…, dossier no 56, lettre du curé-doyen de Saint-Servais à Schaerbeek au cardinal-archevêque de Malines, 30 avril 1903.

    58Jacques Catherine, « Bruxelles : un bastion libéral, franc-maçon et… féministe ? », Archives de sciences sociales des religions, no 165, janvier-mars 2014, [http://journals.openedition.org/assr/25747], § 2, consulté le 11 octobre 2023.

    59Ibid., § 9.

    603 884 habitants en 1910. Dalle Dieudonné, « Dixmude », in Hervé Hasquin (dir.), Communes de Belgique…, vol. 3, op. cit., p. 1926.

    61ADB, B190, lettre du curé-doyen de Dixmude au vicaire général du diocèse de Bruges, 6 avril 1903.

    62Ibid., lettre du curé-doyen de Dixmude à l’évêque de Bruges, 1er avril 1903.

    63Ibid., lettre du curé-doyen de Dixmude au vicaire général du diocèse de Bruges, 6 avril 1903.

    64ADB, B190, lettre du curé de Comines à l’évêque de Bruges, 10 février 1903.

    65Cette question d’importance est rappelée par Anne-Dolorès Marcélis de manière plus générale au sujet des religieuses féminines et nous l’étendons à tous les religieux français. Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile…, op. cit., p. 122.

    66Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 174.

    67ADB, B190, lettre du curé de Comines à l’évêque de Bruges, 27 juillet 1903.

    68Ce sont les gardiennes adoratrices de l’Eucharistie, dites « sœurs de Saint-Aignan ». Enseignantes, soignantes, elles ont été fondées à Orléans en 1853. Elles restent à Comines jusqu’en 1917, date à laquelle leur établissement est détruit. Elles se réfugient à Bruxelles en 1919. Wynants Paul, Religieuses…, op. cit., p. 113.

    69ADB, B190, lettre de la supérieure générale des gardiennes adoratrices de l’Eucharistie, dites sœurs de Saint Aignan, depuis Orléans, à l’évêque de Bruges, 20 août 1903.

    70Ibid., lettre du curé de Comines à l’évêque de Bruges, 12 août 1903.

    71Ibid., lettre de la supérieure générale des gardiennes adoratrices de l’Eucharistie, dites sœurs de Saint Aignan, depuis Orléans, à l’évêque de Bruges, 20 août 1903.

    72Ibid.

    73ADB, B190, lettre du curé de Comines à l’évêque de Bruges, 12 août 1903.

    74Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 185.

    75KADOC, BE/942855/981, lettre du frère Gillet à un révérend père non précisé, sans date précise (entre 1907 et 1911).

    76AAV, Indice 1211, copie du mémorandum du gouvernement belge au nonce apostolique en Belgique, 8 janvier 1903.

    77Grenouilleau Olivier, Nos petites patries. Identités régionales et État central, en France, des origines à nos jours, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 2019, 288 p.

    78Cholvy Gérard et Hilaire Yves-Marie, Histoire religieuse de la France. Géographie, op. cit., p. 135-166.

    79Sans doute du vin rouge coupé d’eau.

    80Bulletin de la société amicale des anciens élèves du Pensionnat de Passy, no 181, janvier 1906, p. 39.

    81Ils ne sont pas totalement faux : 221 litres de bière sont consommés par an, sur les 235 litres d’alcool bus en moyenne par habitant. Reuss Conrad, « L’évolution de la consommation de boissons alcoolisées en Belgique 1900-1958 », Bulletin de l’Institut de recherches économiques et sociales, no 2, 1960, p. 90 et 113.

    82Huysmans Joris-Karl, L’Oblat, Paris, Stock, 1903, p. 409.

    83Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile…, op. cit., p. 105.

    84Le scolasticat de philosophie réfugié à Marneffe en 1902-1903 en fait par exemple sa boisson ordinaire. AJF, EMa 3, note manuscrite du révérend père Maurice de Vallois sur le scolasticat de philosophie, sans date.

    85ADL, fonds Rutten 113, lettre de la supérieure des ursulines de Saint-Trond à l’évêque de Liège, 13 décembre 1903.

    86Ménager Bernard, « Une région frontière à l’heure de la paix armée », in Yves-Marie Hilaire (dir.), Histoire du Nord-Pas-de-Calais, Toulouse, Privat, 1982, p. 37.

    87Ibid.

    88Ibid., p. 33.

    89Cholvy Gérard et Hilaire Yves-Marie, Histoire religieuse de la France. Géographie, op. cit., p. 165.

    90Ménager Bernard, « Une région frontière… », art. cité, p. 35-36.

    91Francard Michel, « Le français en Wallonie », art. cité, p. 231.

    92Les trois cas retrouvés ne permettent pas de trancher de manière définitive.

    93APDCC, lettre confidentielle de l’agent consulaire de France à Gand au consul général de France à Anvers, 19 mai 1905.

    94Wynants Paul, Les sœurs de la Providence de Champion…, op. cit., p. 50.

    95Wynants Paul, Religieuses…, op. cit., p. 48.

    96Rigault Georges, Le temps de la « sécularisation »…, op. cit., p. 66.

    97KADOC, Instituts religieux-hommes, frères des écoles chrétiennes, Les communautés et écoles du district de Belgique-sud, Florennes, dossier no 718 : État nominatif et statistique (1907-1968).

    98Ibid.

    99Archives de la maison généralice des FEC, série GC : Communautés. États Jaunes. Historiques ; Personnel de l’institut – État nominatif et statistique – Étranger.

    100ADPN, 6V 36, lettre du sous-préfet d’Hazebrouck au préfet du Nord, 24 septembre 1901.

    101Wynants Paul, « Le refuge luxembourgeois… », art. cité, p. 269.

    102Alors que l’essentiel des élèves est français.

    103AL, 33-23, Historique 1910-1924, manuscrit, non paginé, non daté, sans auteur.

    104KADOC, BE/942855/981, lettre au révérend père Godts, expéditeur inconnu, 20 octobre 1910.

    105Ibid., lettre du noviciat de Beauplateau à Godts, 22 octobre 1910.

    106Ibid., lettre du maître des novices des rédemptoristes de Saint-Trond (aujourd’hui Sint-Truiden) à Godts, 28 octobre 1910.

    107Ibid., lettre du révérend père van Ruymbeke à Godts, 28 novembre 1910.

    108Beco Jean, « Les rédemptoristes français dans la tourmente des années 1880-1903 », in Spicilegium historicum Congregationis Ssmi Redemptoris, no 58, 2010, p. 80.

    109KADOC, BE/942855/981, lettre au révérend père Godts, expéditeur inconnu, 20 octobre 1910.

    110Surtout au moment de l’arrivée. Après plusieurs années et une normalisation, on trouve des mentions plus cordiales comme à Marneffe. AJF, EMa 16, diaire du père ministre (1909-1919), entrée du 16 septembre 1907.

    111Pétot Patrick, « La RPST et le mouvement liturgique », Revue des sciences philosophiques et théologiques, t. 92, no 3, 2008, p. 666-673.

    112Hurel Daniel-Odon, « L’historiographie du monachisme de l’époque moderne, en France et en Belgique, au xxe siècle », Revue d’histoire de l’Église de France, no 217, 2000, p. 594.

    113Blenner-Michel Séverine, « Entre tradition et… », art. cité, § 5.

    114Ibid.

    115Delacroix Henri, « Les cinq étapes de l’implantation des Salésiens en Belgique », art. cité, p. 216.

    116Ibid., p. 213-218.

    117La première maison salésienne est créée à Liège en 1890. Les Salésiens sont donc d’origine très récente en Belgique quand survient l’arrivée des Français. Ibid., p. 197.

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