Chapitre VII. Le maintien de relations avec la France
p. 177-190
Texte intégral
1Le maintien de relations avec la France peut s’analyser à plusieurs échelles. Ainsi, nombre de sœurs passant quotidiennement la frontière belge pour aller poursuivre leur apostolat dans le Nord de la France changent certes de pays, mais restent à une échelle de déplacement local, de l’ordre de quelques kilomètres. À l’inverse, les élèves français des grands pensionnats font de constants allers-retours entre les deux pays et relient entre elles des régions parfois éloignées. Prenons en compte une nouvelle fois la diversité des communautés concernées. Un monastère contemplatif transféré en Belgique a souvent moins de relations avec la France qu’un grand pensionnat de centaines d’élèves français. Par ailleurs, certains déplacements s’effectuent en sens contraire, de la France vers la Belgique. Des personnalités laïques et ecclésiastiques font par exemple le trajet pour venir manifester leur soutien aux religieux français. À l’instar de la recréation d’écoles à l’étranger, les allées et venues qui vont être analysées peuvent étonner de la part d’exilés. Rappelons que les autorités républicaines n’avaient en fait pas de motifs sérieux de les empêcher. Une fois les congrégations dissoutes, « la République des années Combes […] a bien préservé la liberté1 » des congréganistes eux-mêmes, qui n’ont pas l’interdiction de se déplacer. Néanmoins, et même s’il y eut bon nombre de départs orchestrés, leurs déplacements entre France et Belgique ont été discrets, pour ne pas donner de grain à moudre à leurs adversaires.
Le cas des pensionnats
2Les religieux enseignants maintiennent logiquement des liens avec la France, car ils éduquent essentiellement des élèves français. Les allers-retours d’élèves entre les deux pays ont pu être évoqués le long de la frontière, mais nous avons expliqué qu’ils ne sont en fait pas très nombreux numériquement parlant. Le cas des pensionnats des jésuites et des frères des écoles chrétiennes est autrement plus parlant, en raison du grand nombre d’élèves. Ces déplacements, effectués pour la plupart en train, ont amené les religieux à mettre en place une vraie logistique, notamment en matière de déplacements ferroviaires et les élèves des classes à examen se rendent, sous leur supervision, à Paris pour les passer. Ces déplacements mettent en lumière tout le paradoxe de cet exil. Des jeunes Français préparent à l’étranger des concours et diplômes de la République à laquelle leurs familles peuvent être hostiles, diplômes qu’ils viennent briguer en France, accompagnés de religieux dont les ordres et congrégations ont été interdits et dispersés dans leur pays d’origine.
Les déplacements des élèves
3En termes de chronologie, ces déplacements étudiés durent de l’année d’ouverture des pensionnats à la fin de l’année scolaire 1913-1914, à l’exception du Tuquet qui reçoit des enfants à la rentrée 1914. Ils sont donc variables quant à leurs débuts, Passy fonctionnant à partir de la rentrée d’octobre 19052 mais Antoing dès octobre 19013. Ensuite, ils suivent le calendrier scolaire. Les premiers ont lieu lors de la rentrée d’octobre, les suivants pendant les vacances scolaires intermédiaires4. Enfin, le terme de l’année, qui survient à l’époque à la fin du mois de juillet5, est l’occasion de voir les élèves revenir dans leurs familles pour l’été. Chaque pensionnat a ses propres itinéraires en fonction de son installation et de ses lieux de recrutement. Il s’adapte avec les années, suivant les évolutions, mais le schéma général est le même. À part quelques cas d’enfants amenés par leurs parents, la majorité se rend en Belgique en train sous la supervision des religieux, en empruntant certains lieux de passage obligés, du fait de l’organisation des chemins de fer. La frontière n’est pas fermée pour ces religieux et leurs élèves. Les congréganistes sont interdits d’enseignement s’ils ne sont pas sécularisés en France, mais ils restent individuellement des citoyens français pouvant se déplacer librement.
4Pour illustrer ces déplacements, le cas de Marneffe est très bien documenté. Pour s’y rendre, il faut d’abord emprunter l’un des trains de la compagnie du Nord française reliant Paris à Cologne, et s’arrêter à Huy6. Le trajet dure 5 heures et comporte une douzaine d’arrêts7. Une fois arrivés à Huy, les élèves peuvent se rendre à Marneffe de différentes façons :
« Des trains des compagnies belges desservent les lignes de Huy à Statte et de Statte à Huccorgne. À Paris, on délivre pour Huccorgne des billets d’aller et retour valables cinq jours. Voitures. De Huccorgne à Marneffe. Sur la demande des parents, une voiture du collège est envoyée à la gare. De Huy à Marneffe (12 kilomètres) Landaus à deux chevaux-Souplet-Dreye, place du marché, Huy. Téléphone 51,9 francs plus 1 franc de pourboire. Automobiles. Meunier frères. Rue Wilmotte-Dupont, 6, Huy. Téléphone 293. 14 francs, pourboire compris8. »
5Ces lignes tirées d’une brochure destinée aux familles sont intéressantes à plus d’un titre. Elles renseignent les parents de manière très précise pour organiser les déplacements de leurs enfants. Faciliter la tâche aux familles pour ne pas les perdre est sans doute une autre motivation expliquant ce travail d’information. Dès Paris, principale zone de recrutement de Marneffe, elles peuvent acheter tous les billets nécessaires9. Une fois à Huy, il faut emprunter le réseau belge ou recourir à des transporteurs locaux, proposant plusieurs modes de transports.
6Ce potentiel marché a été très bien identifié par certains responsables des réseaux ferroviaires qui facilitent leur transport, pour fidéliser la clientèle. La compagnie du Nord-belge semble particulièrement concernée et les jésuites correspondent avec son inspecteur général et l’invitent10. Rappelons que c’est une branche de la compagnie du Nord française, qui exploite certaines lignes en Belgique depuis 185311. Ce caractère français et le départ des congrégations de France n’empêchent pourtant pas les affaires. À une époque où les compagnies ne sont pas nationalisées, la SNCF datant de 1937-1938, cela montre que les intérêts de l’État ne sont pas forcément ceux des entreprises. Le nombre d’élèves et la régularité de leurs déplacements convainquent ainsi les responsables de simplifier leurs trajets pour fidéliser cette clientèle. Ainsi, à partir de 1907, cette compagnie met en place un train spécial qui amène dorénavant les élèves de Paris à Huccorgne, sans changement à Statte12. Pour rationaliser les déplacements, il est commun avec celui des élèves de Florennes jusqu’à Charleroi13. Ceux-ci, dont le recrutement est essentiellement frontalier, du Nord à la Lorraine, n’empruntent toutefois pas qu’une seule ligne. Leur origine géographique amène même les jésuites à envoyer des pères depuis les principales gares de départ :
« La rentrée des classes aura lieu le mardi 3 octobre [1911]. Des pères prendront les élèves aux gares suivantes et même au-delà si les parents en font la demande :
– PARIS : Paris, Caen, Tours, Moulins, Dijon.
– NORD : Lille, Amiens, Douai, Valenciennes, Bruxelles.
– EST : Nancy, Verdun, Langres, Reims14. »
7Cette organisation concerne quatorze gares dont certaines sont vraiment éloignées de la Belgique, sans compter la possibilité d’accéder à des demandes éventuelles des parents. Nous pensons que de tels efforts pour rendre les trajets plus simples résultent d’une volonté de tout faire pour assurer un recrutement numériquement suffisant auprès des parents. Côté lasallien, Passy voit ses élèves arriver de Paris en 4 h ½15, et du Nord pour l’essentiel. Le pensionnat dispose de moyens plus importants que les jésuites : « Avant l’arrivée des frères à Passy, il n’y avait pas de gare à Froyennes ; non seulement on créa une gare à Froyennes pour permettre aux élèves français de rejoindre facilement leur pensionnat mais les rails entraient dans la propriété à l’endroit d’un mur oblique dans l’enceinte16. »
8Pareils moyens sont exceptionnels. Ils révèlent que, loin de voir l’arrivée des Français et de leurs élèves comme une menace, les autorités locales ont compris que cette grande installation pouvait constituer un levier de développement local. Bien qu’assez peu ouvert sur l’extérieur, Passy a été construit pour accueillir des centaines d’élèves qui consomment en partie des produits locaux et doivent acheter leurs billets de train. Ils sont 886 inscrits en 1911 et 832 présents17. Comme pour les jésuites, ils bénéficient de trains spéciaux pour leurs déplacements, dès la rentrée 190518. Par ailleurs, les compagnies réservent aussi des tarifs à ces religieux qui remplissent des trains entiers, au moins jusqu’en 191219. Il paraît difficile pour une entreprise de négliger une pareille clientèle, ce qui explique qu’elle lui accorde des avantages. Le fait pour les religieux et leurs élèves de voyager seuls empêche d’éventuels heurts avec les voyageurs et peut maintenir un entre-soi protecteur. Cette logistique a duré des années et ce six fois par an, sans exclure certains échecs, surtout quand les élèves doivent d’abord arriver à la gare du Nord de Paris, pour y prendre le train. Plus ils viennent de loin et doivent emprunter de réseaux de transport et plus les possibilités de problèmes augmentent. Tels élèves de Marneffe ratent leur train à Nantes20. Parfois, c’est un accident qui retarde un train entier : « 6 janvier : Train spécial jusqu’à Huccorgne. Un accident s’étant produit près de Saint-Quentin, nous passons par Laon, Hirson. Une heure de retard à l’arrivée. Les enfants reviennent à pieds [sic] de la gare au collège21 », soit quelques kilomètres de marche. À part ces retards, cette organisation assez complexe semble avoir bien fonctionné, ce qui montre la capacité d’adaptation de ces religieux.
Les venues des parents
9Les parents des élèves sont concernés par ces mouvements réguliers, en particulier au début des années scolaires, quand ils amènent leurs enfants avec leurs affaires. Notons que cette venue semble réservée aux nouveaux élèves à Passy-Froyennes : « Élèves nouveaux. Pour prévenir l’encombrement et faciliter un premier classement, les nouveaux élèves arriveront à Froyennes le mercredi 21 septembre, de préférence dans la matinée par l’un des premiers trains de l’après-midi ; les parents sont invités à les accompagner eux-mêmes au pensionnat22. » Inviter n’est pas obliger, même si le ton laisse clairement entendre que cette présence est fortement recommandée. Bien que les relations entre parents et enfants puissent être empreintes de distance au début du xxe siècle23, il ne paraît pas non plus anormal que les parents accompagnent au moins une fois leur progéniture dans leur pensionnat, ne serait-ce que pour le voir. Pour les vacances intermédiaires, ils vont plutôt les attendre aux gares d’arrivée, car les religieux voyagent avec les enfants24. Pour Passy, hormis ces vacances, il est aussi possible qu’ils viennent dans l’année pour certaines fêtes comme celle des saints-innocents fin décembre. Comme elle coïncide avec le début des congés du jour de l’An, les familles les plus proches peuvent repartir directement avec leurs enfants25. Il ressort de tout ceci que les parents sont globalement absents lors de l’année scolaire, et leurs visites très limitées. La distance joue, mais aussi le fait que ce soit un pensionnat. En effet, il n’est pas un externat plus ouvert. D’ailleurs la date de sortie, 29 décembre, signifie clairement que Noël n’est pas passé en famille. Ce n’est pas illogique car elle n’est alors pas la fête familiale par excellence comme au xxie siècle et certains rituels comme le sapin sont de diffusion récente à l’époque étudiée26.
10Trouve-t-on des différences chez les jésuites ? Il semble que les choses soient proches des lasalliens. Les parents se tiennent au départ et à l’arrivée des trains en France ou amènent leurs enfants pour la rentrée, surtout pour la première27. D’autres peuvent venir en fin d’année pour la distribution des prix, si leur enfant en a obtenu un28. Lors de certaines fêtes comme le carnaval, un passage de leur part peut être possible, comme à Marneffe : « On annonce aux élèves et aux familles que pour le carnaval il sera permis de découcher la nuit du lundi au mardi, on invite les familles à se rendre directement à Bruxelles, Liège ou Namur où on leur conduira leurs enfants dans la matinée du lundi et où on les reprendra dans la soirée du mardi. On recevra cependant à l’hôtellerie les familles qui le préféreraient, jusqu’à concurrence des places libres bien entendu29. » Néanmoins, le verbe inviter revient de la même façon que sous la plume des lasalliens. Il ne semble pas que les jésuites aient souhaité voir souvent les parents durant l’année, comme s’ils étaient plutôt perçus comme une gêne. Une note le laisse sous-entendre : « On pense que l’hôtellerie est un peu trop près du château que celle qui donne dehors, résidence des pères non pas pour le service mais à cause du va-et-vient des parents. Pour éviter toute difficulté, venant de cette proximité et des prescriptions de l’institut, on croit qu’il eût mieux valu l’éloigner et en confier l’administration à des étrangers30. »
11L’idée de va-et-vient doit être nuancée. Les parents ne sont pas en permanence à l’école, et même présents, il reste rare qu’ils soient mêlés à leurs enfants. Nous avons trouvé d’ailleurs l’existence d’un parloir chez les jésuites, pour les rendez-vous, mais qui sert aussi à d’autres personnes, aux visiteurs en général31. D’ailleurs, les visites sont faites par les pères. Les parents ne se promènent pas selon leur bon vouloir dans les lieux32. Leur présence est donc ressentie comme une insistance de la part des religieux, qui l’acceptent quand elle est indispensable mais non sans récriminations33. Hormis la visite des lieux consécutive à l’inscription d’un enfant, ces venues peuvent être liées à des événements religieux importants, des rites de passage. Dans ce cas-là, le caractère spirituel diffère d’une simple visite administrative et les géniteurs sont nombreux. Nous gardons ainsi trace de chiffres précis liés à certains événements comme la première communion des enfants à Florennes. À cette occasion, 162 parents sont présents34. Où logent-ils ? Cela dépend des cas. Les papiers de Florennes conservent des adresses d’hôtels à leur intention35. Il ressort clairement de l’étude des fonds de Marneffe que les pères disposent de l’hôtellerie citée plus haut pour les accueillir, par exemple lorsqu’ils viennent visiter les lieux après une première inscription de leur enfant36. En cas d’affluence, des dortoirs et d’autres salles sont utilisés37. Les pères vont à plusieurs reprises les chercher à la gare en voiture à cheval38. À titre de comparaison, Froyennes dit avoir « à proximité, hôtels et restaurants construits spécialement en vue des familles des élèves39 ». Les moyens de cet ancien pensionnat parisien sont décidément importants et contribuent à modifier l’urbanisme local, même si ces constructions semblent servir avant tout aux visiteurs.
Des excursions et pèlerinages en France
12Les pensionnats jésuites et Passy-Froyennes sont certes des écoles françaises en terre étrangère, qui ne doivent pas se faire trop remarquer et qui vivent en semi-autarcie. Cela ne veut toutefois pas dire qu’ils soient totalement isolés. Outre les visites des parents, d’élèves et religieux venant d’autres collèges d’exil, les religieux organisent des excursions et pèlerinages avec leurs élèves. Une très grande partie est dirigée vers la Belgique, pour visiter ses sites industriels, archéologiques, militaires40. D’autres sorties ont lieu en France, ce qui est une forme de maintien de relations avec le pays d’origine, bien que les élèves ne soient pas laissés en liberté. Toutefois, il ressort de l’étude des archives de ces pensionnats que ces visites en France sont très peu nombreuses. Du moins n’en avons-nous trouvé que quelques-unes, peut-être car toutes n’ont pas été consignées. La raison de ce manque apparent n’est pas clairement donnée. Il y a peut-être une autre explication.
13Nous pensons que c’est pour limiter la présence de ces religieux en habit avec de grands groupes d’élèves sur le territoire de la République. Celle-ci aurait pu passer pour une provocation et mettre en difficulté l’épiscopat belge, hôte des religieux enseignants français. D’ailleurs, même dans les départements réputés catholiques, tout le monde n’apprécie pas les congrégations, comme le prouve cette lettre révélatrice d’un état d’esprit : « Monsieur le préfet du Nord. Des religieuses viennent de s’installer à Leers (Belgique) pour y fonder un pensionnat. Quelques-unes de ces religieuses auront dit-on la mission de se rendre tous les jours à Leers (France) pour s’occuper d’œuvres dites paroissiales et y faire le catéchisme. Dans l’espoir, Monsieur le préfet, que vous vous empresserez d’arrêter ces manœuvres. Nous vous saluons bien sincèrement. Un groupe de républicains41. » On ne sait pas qui sont ces républicains, leur influence et leur nombre, mais ce n’est pas la seule lettre de cet ordre que nous ayons trouvée. Bien qu’elles portent la mention « classer », signe qu’elles n’étaient pas forcément d’un intérêt majeur, nous pouvons supposer qu’elles ont été doublées de récriminations au niveau communal, échelle plus proche que la préfecture. Le retour régulier en France d’élèves avec leurs professeurs n’est sans doute pas souhaitable et aurait pu faire l’objet de plaintes.
14Des cas existent néanmoins, comme celui de la retraite spirituelle de fin d’étude des élèves d’Antoing à Mouvaux (Nord). Emmenée par le père d’Arras, elle a lieu du 20 au 25 mai 1908 avec 41 élèves, dont Charles de Gaulle42. Constatons que cela représente cinq jours en France dans un lieu où se rendent aussi les élèves du Tuquet. En 1907, ils y retrouvent même ceux d’Antoing, cas intéressant de deux populations scolaires se retrouvant depuis la Belgique, dans la même localité en France43. Néanmoins, il s’agit d’un centre de retraites spirituelles des jésuites qui a commencé son activité en 189044, et les retraitants n’ont pas dû avoir beaucoup de relations avec des gens de l’extérieur. Les jésuites en sont pourtant expulsés en 191445, ce qui prouve la difficulté de faire des visites en France. Au-delà de la volonté de ne pas trop se faire remarquer, il faut donc ajouter des décisions des autorités françaises qui limitent peu à peu les possibilités, même s’il existe toujours des contre-exemples46. À l’inverse, des visites depuis la France existent aussi. Ainsi, des jeunes gens du Nord viennent aussi au Tuquet pour des retraites47. Ce contact avec la France reste donc ténu mais fonctionne dans les deux sens pour ce qui est des élèves. Notons d’ailleurs que les religieux exercent une surveillance de tous les instants sur eux, pour ces excursions, mais aussi quand ils les accompagnent passer des examens en France48. Cela est représentatif de leurs façons de faire de l’époque, mais relève aussi d’une volonté d’empêcher les débordements, à la fois pour ne pas prêter le flanc aux critiques et pour rester discrets en France.
Visites de personnalités françaises
15Mis à part les ordres contemplatifs moins mobiles que les autres, les autres religieux se rendent pour plusieurs raisons en France, de l’accompagnement des élèves aux prêches, en passant par la poursuite de leur apostolat. Dans l’autre sens, de France vers la Belgique, les parents d’élèves ne sont pas les seuls à venir les voir. Il y a donc un mouvement double, même s’il ne répond pas aux mêmes logiques selon les personnes concernées. Les congréganistes français voient ainsi venir des supérieurs et d’autres religieux restés en France, mais aussi des hommes politiques et des militaires catholiques français venus leur témoigner leur soutien. La venue d’un visiteur provincial et celle d’un député ne sont donc pas identiques car l’un est un personnage de la hiérarchie congréganiste, et les autres sont des parlementaires ou officiers d’une République qui vient de chasser les religieux49. Qu’ils soient en activité ou en retraite change aussi la nature de leur visite, ainsi que leurs actes. L’arrivée d’un colonel en retraite ne représentant que lui-même n’a pas la même signification que celle d’un parlementaire en exercice, dont l’acte peut être plus mal ressenti en France. Tâchons donc de déterminer qui vient voir les religieux français en Belgique, quand et pour quelle(s) raison(s).
Venues d’hommes politiques et de militaires catholiques
16Tout au long de l’exil des congrégations françaises en Belgique, celles-ci reçoivent la visite d’hommes politiques et de militaires catholiques, venus leur témoigner leur soutien, intervenir lors de cours ou de cérémonies. Ces visites concernent surtout les instituts les plus importants et de vie active. Notons également qu’elles ont un caractère plus privé que proprement officiel, ce qui leur retire une éventuelle portée publique. Cela permet le maintien d’un lien avec la France, mais il ne faut guère y voir plus, bien que certaines saillent plus que d’autres.
17La plupart semblent en effet anecdotiques, ou du moins n’ont pas laissé de grande trace dans les archives. Les diaires des jésuites contiennent par exemple les mentions de toutes les visites reçues, mais nous disons bien des mentions. Leur déroulé n’est quasiment pas décrit. Il y a des visites dépassant pourtant la simple courtoisie. Notons la venue, à Marneffe, du colonel Keller. Saint-Cyrien, c’est un officier d’État-major passé par de nombreuses unités50. Il est une personnalité militaire et catholique très liée au monde de l’enseignement51. Il est aussi bien introduit au Saint-Siège et œuvre pour la défense du catholicisme en France52. En 1912, il vient présenter son œuvre nommée « La Rançon scolaire53 ». Le but, raconte un ancien élève de 3e dans un article sans doute de commande, car publié dans la revue de l’école, est de « libérer de l’école sans Dieu les petits Français. Elle s’adresse aux enfants riches, et leur demande de se cotiser pour payer la rançon de leurs frères pauvres. Les parrains ne se content pas de donner leur argent, ils se tiennent au courant des progrès et des efforts de leurs filleuls d’adoption54 ». Au-delà du caractère clairement catholique et charitable, il s’agit d’une expérience pédagogiquement intéressante car elle associe entre eux des élèves, et non pas un professeur et un enfant. Ces élèves sont de conditions diverses, les plus aisés suivant les plus pauvres, ce qui est certes asymétrique. Encore faut-il que la relation soit sincèrement menée pour qu’elle ait quelque utilité. Nous n’avons pas spécifiquement travaillé sur cette Rançon scolaire, mais il est possible que les donateurs se soient ensuite comportés de manière un peu condescendante vis-à-vis de leurs protégés. Pour Marneffe, le même 3e semble mesuré, même s’il se place du côté de celui qui tient à bout de bras la relation : « À vrai dire il part d’ici plus de lettres qu’il n’en arrive : mais, à notre âge, on goûte assez peu le charme de tenir la correspondance, en règle, pour comprendre que ces petits paysans [leurs “pupilles”] ne soient guère hospitaliers55. » Cette œuvre du colonel Keller n’est pas plus évoquée dans les papiers étudiés, et nous n’avons trouvé trace de sa venue qu’à Marneffe. S’il semble avoir suscité quelques émules, sans que la portée de sa conférence soit facilement mesurable, c’est en tout cas un maintien de relations avec la France.
18Les frères de Passy reçoivent aussi de nombreuses personnalités politiques et militaires, soit pour des visites de courtoisie, de soutien, soit à intervalles réguliers. La séance annuelle de gymnastique est ainsi présidée par des officiers supérieurs ou généraux. Cet usage du sport peut refléter l’intérêt assez moderne que lui porte l’Église, car il permet d’encadrer l’adolescence et de la ramener vers elle56 mais aussi un lien certain avec le monde militaire. En cela, elle ne s’éloigne pas de son époque car les sociétés de gymnastique de la fin du xixe siècle sont connues pour être liées à la préparation militaire57. Il ne s’agit certes pas là de sociétés à proprement parler, car de séances en milieu scolaire, mais d’autres liens avec ces organisations sont soulignés plus bas. On peut y voir aussi une coloration politique. Certains de ces officiers sont ainsi clairement nationalistes, comme le commandant Driant, venu en 191458. Alors député de Meurthe -et-Moselle, il est encore en activité à titre parlementaire59. Sa visite n’est toutefois pas détaillée et fait l’objet d’une simple mention. Il n’est donc pas possible de connaître d’éventuelles réactions de sa part. Certaines sont plus documentées. Les frères reçoivent ainsi par deux fois la visite d’un sénateur en activité, Emmanuel de Las Cases, élu de la Lozère. C’est à première vue intéressant, dans la mesure où il n’est pas en retraite et représente donc une partie de la nation française. Nous savons par ailleurs qu’il est favorable aux religieux, s’étant opposé au Sénat à la loi de 190460. Il a donc eu des prises de paroles publiques en leur faveur, mais ce n’est pourtant pas sur ce plan qu’il convient de mettre ses deux venues à Froyennes. En 1911, il est présent pour un événement interne à l’établissement61, comme en 1914, où il préside la fête de fin d’année. Elle a lieu le 28 juin et y sont aussi présents des anciens élèves et leur famille62. Il y a pu, certes, avoir des discussions, en présence d’un grand nombre de personnes étant donné les effectifs de Froyennes. Mais le sénateur est en terrain conquis. Ajoutons que cet élu est lui-même ancien élève de Passy63, ce qui explique sans doute sa venue. Elle est donc assez anodine, même s’il s’agit d’un parlementaire défendant haut et fort le camp catholique.
19Ces exemples, les plus parlants de tous ceux que nous ayons trouvés64, rejoignent les autres dans le sens où ce sont des visites plutôt privées. Elles n’engagent que les personnes concernées, même si les visiteurs peuvent être des « pointures » du monde politique et militaire, de confession catholique. Si cela montre quand même les liens entre les religieux et les sphères du pouvoir, il ne semble en fait pas qu’élus et personnalités catholiques françaises se soient servis de leur passage en Belgique pour prononcer des argumentaires détaillés contre le gouvernement de la République ou des appels séditieux. Nous croyons que la volonté de ne pas créer de remous pouvant in fine gêner les réfugiés dans un pays hôte n’y est sans doute pas étrangère. Ils témoignent toutefois du maintien de liens avec la France, dans un contexte où l’Église s’est de manière générale rapprochée de l’armée65.
Visites d’ecclésiastiques restés en France
20Outre certains laïcs qui viennent les voir, les religieux français en Belgique reçoivent à plusieurs reprises la visite de provinciaux, de supérieurs de leur institut, voire d’autres religieux restés en France. Le but est surtout spirituel et/ou lié à la hiérarchie : les décideurs veulent voir comment les religieux exilés se portent, leur apporter leur soutien. Dans certains diocèses comme Liège, ces visites paraissent avoir été assez régulières pour plusieurs congrégations66. S’il ne faut pas exclure une certaine méfiance face à l’éloignement des religieux de leur milieu d’origine, c’est plus la volonté de leur venir en aide qui ressort, car l’avenir des ordres et congrégations est en jeu. Les relations internes aux ordres et congrégations jouent à plein, car ce sont surtout des personnes liées à l’institut réfugié en Belgique qui viennent67. Les congrégations de femmes voient aussi venir des confesseurs, des hommes liés à leurs fondations. Par exemple les sœurs du Saint-Sacrement à Bisseghem (diocèse de Bruges, aujourd’hui Bissegem) : « Nous attendons au mois d’octobre la visite de plusieurs religieux de notre Ordre appartenant à la province de Lyon et qui confessaient la communauté ou l’une ou l’autre sœur quand cela était nécessaire68. » Ces sœurs sont des dominicaines, et lorsque la prieure parle de « religieux de notre Ordre », ce sont sans doute des dominicains car une partie de ces hommes sont aussi des prêtres, et peuvent donc confesser. Il s’agit là de religieux déjà connus de ces sœurs. Il reste certes possible qu’ils appartiennent à la province de Lyon mais soient eux aussi réfugiés en Belgique, à l’instar des maisons de formation jésuites de Florennes et d’Enghien qui continuent à relever de la province de Champagne69. La lettre ne le précise toutefois pas, mais heureusement des cas sont bien plus explicites.
21Nous avons ainsi relevé la venue en Belgique de monseigneur Rumeau, évêque d’Angers. Il se rend à Marneffe pour voir les élèves originaires de son diocèse en octobre 1904. Les jésuites le notifient : « Mgr Rumeau, évêque d’Angers vient nous surprendre à 11 heures. Les enfants sont réunis en hâte devant le perron du château. Mgr leur dit quelques mots, accorde un congé et repart de suite70. » Il est clairement venu à l’improviste, sans se faire annoncer. Mauvaise organisation, improvisation de sa part ou volonté de ne pas vivre une visite qu’on aurait préparée à l’avance pour lui plaire ? Le doute est permis, même si nous penchons plutôt pour la première hypothèse. Un autre diaire jésuite laisse entendre qu’il est en fait venu voir des sœurs à Oteppe et en a profité pour passer quelques instants à Marneffe, localité voisine71. L’identité de ces religieuses n’est pas précisée dans la lettre. Peut-être sont-ce les sœurs de Saint-Charles d’Angers, qui y sont présentes depuis 190372. Il savait dans tous les cas que des élèves angevins y étaient présents, sinon il ne serait sans doute pas venu. Cet évêque semble particulièrement attaché à suivre les religieuses originaires de son diocèse, car il est aussi intervenu pour le carmel de Cholet parti à Dixmu(i)de73. Son expérience paraît en tout cas plutôt l’exception que la règle, car nous n’avons pas trouvé trace de dizaines d’évêques venant en Belgique voir leurs anciennes ouailles. Elle n’est pas non plus isolée, car les évêques de Bayeux et de Lille viennent à Passy, respectivement, distribuer des prix en 191374 et simplement visiter en 191475. La présence d’élèves normands et nordistes est à prendre en compte et explique ces déplacements.
22Finalement, les visites dont nous avons trouvé la trace sont plutôt d’ordre interne aux communautés, ou viennent de prélats désireux de maintenir un lien avec des congrégations connues et sans doute appréciées. On imagine en effet mal un évêque venir de très loin en France pour une congrégation qui lui a causé des ennuis. Il n’y a pas de sens politique ou polémique à leur donner. D’autres prélats français viennent en Belgique pour donner des conférences ou s’entretenir avec leurs collègues belges, ce qui peut constituer des moments de rencontre supplémentaires pendant ces voyages dont le but principal est autre76. Notons enfin que bon nombre de religieux maintiennent un lien avec la France en s’y rendant pour des obligations familiales, prêcher ou encadrer des retraites spirituelles. C’est surtout le cas des religieux-prêtres de certains ordres masculins comme les jésuites ou les dominicains. De certains religieux connus aussi, comme Dom Besse qui donne des conférences à la fois en France et en Belgique77. Au-delà de son cas, les diaires des jésuites et les chroniques du Saulchoir de Kain rapportent une partie de ces déplacements qui peuvent mener ces hommes parfois loin du territoire belge78. C’est une autre forme de maintien de relations avec la France, cette fois spirituelles. Les religieux gardent donc un lien avec leur pays d’origine, mais pas de la même façon selon le type de congrégation concerné.
⁂
23Le maintien de relations avec la France est donc un aspect important de la présence des religieux en Belgique. Proches de leur pays d’origine, ils peuvent encore s’y rendre et en faire venir des visiteurs. Leur exil s’en trouve donc atténué et n’a pas le même caractère que ceux qui se sont installés sur un autre continent. C’est peut-être l’un des aspects les plus étonnants de cet exil car ils gardent une grande liberté d’action. Le sens même de ce mot polysémique, peut être questionné dans le cas précis étudié. Il n’est pas incohérent car le caractère de d’éloignement, de contrainte, de dépaysement est réel et ressenti comme tel à l’époque. Toutefois, au-delà de la perception, la Belgique apparaît peut-être plus à l’historien comme un refuge temporaire, même s’il faut garder à l’esprit que beaucoup de maisons ne rentrent pas en France avant des décennies, sans que tous les religieux partis entre 1900 et 1914 aient d’ailleurs vécu ce retour.
Notes de bas de page
1Cabanel Patrick, « Le moment de l’exil », art. cité, p. 114.
2AL, 92E-1 108, La revue continentale, 1908, p. 6.
3AJF, F602, prospectus du collège, sans date précise (après 1910), sans auteur.
4Surtout de Noël et de Pâques. Ces dernières vacances durent en moyenne deux semaines. AL, 92E-1 176, Pensionnat de Passy-Froyennes, vacances de Pâques, 1er avril 1909, sans auteur. C’est la même chose, à quelques jours près, chez les jésuites. AJF, EMa 1, brochure Un collège à la campagne, sans date ni auteur, p. 10.
5Vers le 20, la date exacte différant selon les années et les pensionnats.
6AJF, EMa 1, Collège Saint-Joseph de Marneffe, brochure sans date ni auteur, p. 27.
7Ibid., p. 1 et 28.
8AJF, EMa 2 : Marneffe, collège Saint-Joseph, brochure sans date ni auteur, p. 22.
9D’autres élèves doivent d’abord prendre le train depuis leur région pour aller à Paris, ou arrivent directement à Huy via des villes comme Bruxelles. AJF, EMa 16 : diaire du père ministre, 1909-1919, entrée du 23 avril 1912.
10Ibid., entrée du 14 mai 1911.
11Gille Bernard, « Les archives de la compagnie du chemin de fer du Nord », Revue du Nord, t. 41, no 161, 1959, p. 39, [https://doi.org/10.3406/rnord.1959.2327], consulté le 19 octobre 2023.
12Du moins n’est-il pas indiqué avant. AJF, EMa dossier no 6, diaire du préfet (1903-1912), entrée pour la rentrée d’octobre 1907.
13Ibid.
14AJF, F 984, prospectus de rentrée, 10 septembre 1911, sans auteur.
15AL, 92E 108, prospectus général, frère Auguste, mai 1907.
16Clerbaux-Roels Françoise, Paul Clerbaux, Un architecte du xxe siècle, tapuscrit de décembre 2002, Tournai, bibliothèque du Séminaire de Tournai, p. 12.
17AL, 92E-1 120, Coutumier, entrée du 25 septembre 1911.
18AL, 92E-1 176, circulaire aux parents des élèves de Passy, de Froyennes, frère Auguste-Hubert, 4 septembre 1905.
19Ibid., circulaire pour la sortie des jours gras 1912, 2 févr. 1912.
20AJF, EMa 16 : diaire du père ministre, 1909-1919, entrée du 23 avril 1912.
21Ibid., entrée du 6 janvier 1909.
22AL, 92E-1 176, document de rentrée des classes, 12 août 1910.
23Même si, tout au long du xixe siècle, les enfants des classes aisées ont été de plus en plus choyés de manière générale, notamment à la fin du siècle, chaque famille des années concernées a sa propre attitude et on ne peut généraliser. Armengaud André, « L’attitude de la société à l’égard de l’enfant au xixe siècle », Annales de démographie historique, 1973, p. 304, [https://doi.org/10.3406/adh.1973.1197], consulté le 19 octobre 2023.
24AL, 92E-1 108, prospectus général, frère Auguste-Hubert, mai 1907.
25AL, 92E-1 176, Passy-Froyennes, Éphémérides (1905-1915), entrée au sujet des vacances du jour de l’an, 10 décembre 1910.
26Ce sont les Alsaciens partis dans la « France de l’intérieur » qui diffusent cette coutume après 1871. Roth François, Alsace-Lorraine. Histoire d’un « pays perdu » de 1870 à nos jours, Paris, Tallandier, coll. « Texto », 2016, p. 85.
27AJF, EMa 6, diaire du préfet, entrée du 7 octobre 1903.
28AJF, F 984, prospectus de fin d’année, frère Chauffert, Florennes, le 1er juillet 1914.
29AJF, EMa 16, diaire du père ministre, entrée du 7 février 1909.
30AJF, EMa 3, note sur le collège de Marneffe, sans date ni auteur.
31AJF, EMa 6, diaire du préfet, entrée du 20 juin 1904.
32AJF, EMa 16, diaire du père ministre, entrée du 6 octobre 1909.
33Ibid., entrée du 2 juin 1913.
34AJF, F1001, lettre du père Damade au révérend père provincial, 9 juin 1906.
35AJF, F985, prospectus sans date : « hôtels recommandés ».
36AJF, EMa 15 : diaire du père ministre, 1902-1908, entrée du 11 octobre 1905.
37AJF, EMa 16 : diaire du père ministre, 1909-1919, entrée du 25 mai 1912.
38Ibid.
39AL, 92E-1 108, prospectus général, mai 1907, frère Auguste-Hubert.
40Le 28 juillet 1904, les élèves de Marneffe visitent par exemple Namur. AJF, EMa 6, diaire du préfet 1903-1912, entrée du 28 juillet 1904.
41ADPN, 6V34, lettre anonyme au préfet du Nord, sans date, cachet de la préfecture du Nord du 8 août 1903.
42Murez Jean-Baptiste, « Le général de Gaulle… », art. cité, p. 15.
43AJF, F1100, diaire du ministre, 1901-1914, entrée du 1er juin 1907.
44Lepoutre Guy, « Montée et contestation du modèle paternaliste : l’Association des patrons du Nord – Mouvaux 1884-1894 », Revue du Nord, t. 73, no 290-291, avril-septembre 1991, p. 263, [https://doi.org/10.3406/rnord.1991.4635], consulté le 19 octobre 2023.
45Flageat Marie-Claude, Les jésuites français dans la Grande Guerre, op. cit., p. 48.
46Ainsi, en 1907, les élèves d’Antoing « vont presque tous à Lille à la séance de clôture du congrès catholique ». AJF, F603, diaire du ministre (1902-1913), entrée du 17 novembre 1907.
47AJF, F1100, diaire du ministre (1901-1914), entrée du 19 septembre 1909.
48AJF, F602, lettre-type pour Centrale, sans auteur précisé ni destinataire, 4 juin 1913. Cet aspect est détaillé dans Murez Jean-Baptiste, « L’expérience de la frontière… », art. cité.
49Même s’ils peuvent être contre cette politique anticongréganiste.
50AN, Base de données Léonore, dossier no LH/1396/28 : Prosper Keller, Services-Positions diverses, 14 juillet 1895.
51Il est président de la Société générale d’éducation et d’enseignement. Bonafoux-Verrax Corinne, « Le général de Castelnau au service de la patrie et de la foi », in Olivier Forcade, Éric Duhamel et Philippe Vial (dir.), Militaires en République 1870-1962. Les officiers, le pouvoir et la vie publique en France, Paris, Publications de la Sorbonne, 1999, p. 414.
52Dansette Adrien, Histoire religieuse de la France contemporaine…, op. cit., p. 631.
53AJF, EMa 6, diaire du préfet (1903-1912), entrée du 29 mars 1912.
54AJF, EMa, dossier no 21 : En famille (revue du collège), En famille, no 8, 2 février 1914, p. 18-19.
55Ibid.
56Qui explique notamment l’utilisation future et assez en avance sur son temps du ballon rond dans les patronages. Cholvy Gérard, Christianisme et société…, op. cit., p. 184.
57Houte Arnaud-Dominique, Le triomphe de la République, op. cit., p. 343.
58AL, 92E-1 176, éphéméride du 5 juillet 1914.
59Serman William et Bertaud Jean-Paul, Nouvelle histoire militaire de la France. 1789-1919, Paris, Fayard, 1998, p. 601.
60« Emmanuel de Las Cases », in Jean Jolly (dir.), Dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940, [https://www.senat.fr/senateur-3eme-republique/de_las_cases_emmanuel0855r3.html], consulté le 11 octobre 2023.
61AL, 92E-1 176, éphéméride du 2 avril 1911.
62Ibid., programme de la fête du 28 juin 1914.
63Ibid.
64La remise de médailles commémoratives de 1870 à des frères à Froyennes par le général Canonge ainsi que les autres aspects militaires ont été traités dans deux articles. Murez Jean-Baptiste, « Les religieux français en Belgique et le début de la Première Guerre mondiale », Revue historique des armées, no 305, juillet 2022, p. 19-32, [https://doi.org/10.3917/rha.305.0019], consulté le 19 octobre 2023 ; « Aspects militaires de “l’exil” des religieux français en Belgique », Nuova antologia militare, no 2, fasc. 8, octobre 2021, p. 7-32, [10.36158/9788892952898].
65Rémond René, L’anticléricalisme en France de 1815 à nos jours, Paris, Fayard, 1999, p. 174.
66ADL, fonds Rutten 117, lettre du chanoine Roux à la révérende père Prieure Marie de Saint Dominique Tizart, 2 mars 1923.
67Ainsi, monseigneur Amette, coadjuteur de l’archevêque de Paris qui vient voir les dominicains de Kain est-il aussi tertiaire de cet ordre. ADPF, IV-Kain, Z1, Chroniques du couvent…, t. 1 : 1904-1921, entrée du 17 août 1906.
68ADB, B190, lettre de la prieure du monastère du Saint-Sacrement à Bisseghem à l’évêque de Bruges, 19 septembre 1902.
69Flageat Marie-Claude, Les jésuites français dans la Grande Guerre, op. cit., p. 49. Enghien a été fondée dès 1887. Avon Dominique, Paul Doncœur, s. j., 1880-1961…, op. cit., p. 53.
70AJF, EMa 6, diaire du préfet (1902-1913), entrée du 24 octobre 1904.
71AJF, EMa 15, diaire du père ministre, 1902-1908, entrée du 24 octobre 1904.
72Et c’est la seule communauté française féminine dans cette localité. Wynants Paul, Religieuses…, op. cit., p. 197.
73ADB, B521, lettre de l’évêque d’Angers à celui de Bruges, 14 août 1905.
74AL, 92E-1 176, éphéméride du 16 juillet 1913.
75Ibid., éphéméride du 24 mars 1914.
76En 1911, l’évêque d’Orléans vient ainsi prononcer une conférence sur Jeanne d’Arc à Tournai, à laquelle assistent certains dominicains de Kain, localité toute proche. ADPF, IV-Kain, Z1, Chroniques du couvent…, t. 1 : 1904-1921, entrée du 5 février 1911.
77Il donne des conférences sur la liturgie, l’ordre de Cluny, à Bruxelles et d’autres dans le cadre du carême de 1909. AGR, série I223, papiers Carton de Wiart, dossier no 636, lettres de Dom Besse, lettre de Dom Besse à Juliette Verhaegen, 18 mars 1909.
78Comme à Lisieux ou Orléans pour les dominicains conservant des liens avec la branche féminine de l’ordre. ADPF, IV-Kain Z-1 : Chroniques du couvent…, t. 1 : 1904-1921, entrée du 10 novembre 1904.
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