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    Plan détaillé Texte intégral Le choix de la Belgique Un intérêt avant 1901 Partir ou rester en France ? Les conditions d’une venue en Belgique et leur durcissement progressif Le moment du départ Notes de bas de page

    L’exil des religieux français en Belgique

    Ce livre est recensé par

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    Table des matières

    Chapitre I. Le départ de France des congrégations

    p. 33-54

    Texte intégral Le choix de la Belgique Une proximité géographique Un gouvernement catholique Des éléments de proximité linguistique et culturelle Un intérêt avant 1901 Prescience de congrégations Le cas des assomptionnistes Partir ou rester en France ? Les congrégations ou communautés déterminées à partir rapidement L’espérance de rester en France Un choix après hésitation Les conditions d’une venue en Belgique et leur durcissement progressif Les conditions initiales des évêques Les conditions administratives Des réactions du gouvernement belge et du Saint-Siège Un durcissement progressif Le moment du départ Des départs anticipés de religieux refusant l’autorisation Des départs bien menés de congrégations ayant demandé l’autorisation Des départs brusqués La Belgique en second choix Notes de bas de page

    Texte intégral

    Le choix de la Belgique

    1Si les congrégations ayant fait le choix de quitter la France essaiment dans le monde entier après 1901, la Belgique est le pays qui en a accueilli le nombre le plus important. On remarque tout de suite que quantifier cet exil n’est pas chose aisée. On estime à environ 30 000 le nombre de religieux exilés. Parmi eux, de 10 000 à 13 000 (dont une écrasante majorité de femmes) sont venus en Belgique1, formant au moins 526 communautés en septembre 19072. Ces estimations reposent notamment sur l’étude de l’Annuaire statistique de la Belgique, qui indique le nombre de religieux nés à l’étranger, mais sans indiquer leur provenance3. Il s’agit de plus d’un tiers des personnes concernées et ce chiffre, on le verra, a été très commenté, voire exagéré dans les journaux de l’époque, diversement selon les tendances politiques. Ainsi, le Journal de Charleroi, de gauche et diffusant les idées socialistes4, parle-t-il de 30 000 religieux français en Belgique en mars 19065, chiffre repris quelques jours plus tard par Le Peuple6, moniteur du Parti ouvrier belge, ce qui est très exagéré. Il n’en demeure pas moins que leur nombre reste important, et il convient d’en expliquer les raisons.

    Une proximité géographique

    2Tout d’abord, la Belgique est frontalière de la France. C’est un pays où on peut fuir « au plus près, au plus vite7 » et qui est facile d’accès. Elle est bien reliée à elle, notamment par les chemins de fer. Il y a, en 1914, 40 000 km de voies ferrées en France8 et un réseau de lignes secondaires très développé. C’est également le cas en Belgique où les nombreux chemins de fer vicinaux permettent d’aller facilement d’un point à un autre du territoire9. Cet aspect-là est fondamental et revient dans les correspondances des congrégations étudiées : les religieux, à une époque où la voiture à moteur reste chère font des repérages de terrains en Belgique grâce au train10. De plus, ce dernier permet de transporter les biens des congrégations : objets sacrés, mais aussi du mobilier ainsi que les congréganistes eux-mêmes. Enfin, les pensionnats s’installent à proximité des gares et lignes principales, pour que les allées et venues de leurs élèves soient facilitées. Citons le cas de Passy-Froyennes, fondé par des frères des écoles chrétiennes venus de Paris, Beauvais et Lille et situé près de la frontière11. Ce choix se justifie par l’importance des élèves venus de Paris et de Lille. Ainsi, une grande partie des communautés venues en Belgique sont originaires du Nord de la France et de la région parisienne, régions proches et simples d’accès. Mais cette proximité est loin d’être la seule raison du choix belge. En effet, des congréganistes viennent de toute la France et pas seulement des deux zones évoquées plus haut. On peut par exemple citer le cas du carmel d’Uzès (Gard) : bien qu’accepté à Malte, il écrit à l’évêque de Liège, monseigneur Rutten, pour lui demander l’autorisation de venir dans son diocèse plus facilement atteignable que l’île méditerranéenne. Celle-ci, du fait de son éloignement, cause des inquiétudes aux familles qui craignent que les sœurs ne soient trop loin d’elles12.

    Un gouvernement catholique

    3Il faut chercher d’autres raisons pour expliquer le choix de la Belgique. L’une d’elles est d’ordre politique : le pays est dirigé par un gouvernement catholique homogène de 1884 à 1914. Le contraste est frappant avec son homologue anticlérical français, car on parle de plusieurs décennies de pouvoir ininterrompues et d’une assise solide13. Les congrégations n’y risquent a priori pas de nouvelle expulsion, à moins d’un changement de majorité. De plus, le pays jouit d’une réputation d’hospitalité depuis son indépendance et la Constitution de 183114. Toutefois, si l’on regarde les choses de plus près, on remarque que plusieurs tendances animent le parti catholique, qui connaît de vraies dissensions entre 1884 et 1914 et lutte pour maintenir son unité15. Il est aussi soumis à des menaces extérieures16. Celles-ci, venues notamment des libéraux et des socialistes, se renforcent au tournant du siècle. Une arrivée trop importante de religieux français n’est donc pas souhaitée par les catholiques eux-mêmes, qui craignent une réaction de ces milieux, mais aussi de la République française17. Ces réactions anticipées par le clergé belge arrivent d’ailleurs rapidement. La Belgique n’est ainsi pas une porte ouverte à tous les vents du fait de son gouvernement catholique.

    4La proximité confessionnelle est une autre donnée dont il faut tenir compte. La population belge reste majoritairement catholique à l’époque concernée, notamment dans les campagnes, soutiens du parti catholique. Si la sécularisation y progresse aussi, le gouvernement tente de l’enrayer avec des mesures sociales, mais également avec le maintien des populations rurales dans leur lieu d’habitation pour éviter l’air de la ville, jugé corrupteur18. C’est par exemple l’un des buts des chemins de fer évoqués plus haut : ils permettent aux travailleurs de se rendre en ville, par un système de navettes très efficaces, et donc de ne pas avoir à vivre en milieu urbain19. Or, ces catholiques peuvent être considérés comme de potentiels alliés par les religieux, ce qu’on aura soin de confronter à la réalité du quotidien.

    Des éléments de proximité linguistique et culturelle

    5La langue française va jouer un rôle important de facilitateur dans la vie quotidienne des religieux, alors que le choix d’une destination non francophone aurait pu poser problème. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que le Québec, lui aussi francophone, vient en troisième position après la Belgique et la catholique Espagne dans le choix d’implantation des congrégations, malgré la distance20.

    6Le français est alors majoritaire en Wallonie, bien qu’il reste une forte implantation des dialectes romans et germaniques locaux en milieu rural21. Il l’est aussi à Bruxelles qui se francise depuis le xviiie siècle et a un « modèle de gestion francophone22 ». Seule langue officielle du pays jusqu’en 1898, l’idiome bénéficie encore d’une prééminence certaine dans les domaines politique, militaire ou culturel, car il est celui de la bourgeoisie au pouvoir23. L’élite dirigeante des villes flamandes le parle également, même s’il ne faut pas surestimer sa position en Flandre : 45,4 % des Belges restent unilingues flamands en 1910 et les grandes villes comme Anvers ou Gand ne sont qu’à 8 % francophones à la même date24. La langue française reste clairement évoquée dans certains cas, comme celui des carmélites de Riom (Puy-de-Dôme), venues à Soignies (diocèse de Tournai) : « La Belgique nous parut préférable [à l’Espagne] car on y parlait le français25. » Toutefois, la Belgique n’est pas la France et l’on verra par la suite que l’opinion publique belge, et même le clergé, ne se privent pas de souligner les différences culturelles et de mœurs entre les religieux français et la population belge.

    Un intérêt avant 1901

    Prescience de congrégations

    7Hormis le cas particulier des assomptionnistes, on note que plusieurs congrégations avaient anticipé les difficultés à venir, ce qui tranche avec un grand nombre qui ne croyaient pas à la possibilité d’une fermeture. Les clarisses de Saint-Omer (Pas-de-Calais) prévoient des troubles dès 1900 et se mettent en quête d’un lieu de refuge. Toutefois, il faut attendre 1903 pour que le projet devienne réellement sérieux, et n’aboutisse à leur départ à Malonne (diocèse de Namur) en octobre de cette même année26. D’autres religieux français ont acheté des maisons en Belgique avant le vote de la loi de 1901 (en 1896 ou 1899 par exemple27). Cependant la correspondance conservée, n’indique pas, dans le deuxième cas, si c’est en vue ou non de se ménager un refuge hors de France. La mémoire des expulsions des années 1880, qui peut jouer dans ces préparatifs, diffère d’une congrégation à l’autre. Toutes n’ont pas forcément anticipé d’autres problèmes. Qu’une congrégation croisse et s’étende à l’étranger est aussi un phénomène courant dans la vie religieuse.

    8La presse belge, quant à elle, évoque ces repérages en terre belge comme L’Indépendance belge, le 2 février 1901 avec cet entrefilet cité intégralement : « Des émissaires d’associations religieuses françaises parcourent, depuis plusieurs semaines, les campagnes du Tournaisis où ils font, en vue de l’immigration des religieuses françaises dans notre pays, d’importantes acquisitions de terres et d’immeubles28. » Il s’agit là d’un quotidien national, bien qu’en perte de vitesse depuis la fin du xixe siècle29 et l’information est reprise de manière très proche par la presse régionale dans les jours qui suivent, comme dans le Journal de Charleroi du 4 février de la même année : « Depuis quelque temps des émissaires d’associations religieuses françaises parcourent les campagnes du Tournaisis et y font d’importantes acquisitions de terrains et d’immeubles30. » Lesdits émissaires peuvent être des laïcs proches des congrégations. Toujours est-il que ces premiers repérages ne sont pas passés inaperçus.

    Le cas des assomptionnistes

    9Le cas des assomptionnistes, est intéressant à plus d’un titre. Contrairement aux ordres fondés au Moyen Âge, cette congrégation a une existence plus récente (1850)31. Ses activités sont multiples, mais celle qui conduit à sa dissolution est la presse. En effet les assomptionnistes sont notamment les fondateurs du journal La Croix, revue mensuelle devenue un quotidien en 188332. Or, celui-ci adopte un ton clairement antisémite au moment de l’affaire Dreyfus qui débute en 1894 et le gouvernement l’accuse « d’entretenir l’agitation nationaliste33 », ce qui est jugé sérieux dans une France marquée par le phénomène des ligues, dont celle des Patriotes, menée par Déroulède.

    10La poursuite en justice de la congrégation date de novembre 1899 et la décision rendue à l’issue du procès, qui se déroule de janvier à mars de l’année suivante, est très claire : elle est supprimée le 6 mars 1900. Si quelques frères se sécularisent en apparence pour garder la main sur leurs affaires en France, les autres prennent le chemin de l’exil34. Une partie s’installe en Belgique, où la congrégation est déjà présente. Très peu de temps après, au printemps 190035, un alumnat est fondé à Bure (diocèse de Namur) dans une ferme-château transformée dès avant en maison de séjour pour religieux36. L’évêque de Namur les aide dans leur entreprise et se déclare « heureux de posséder chez lui des persécutés37 ». La même année, la jeunesse assomptionniste française trouve une maison à Louvain38. L’accueil du futur cardinal Mercier, alors directeur d’une maison pour séminaristes, est amical. Il déclare même que ce sont des « victimes39 ». Notons que le ministre de Belgique en France semble assez mal informé puisqu’en juillet 1901, en plein cœur du vote de la loi sur les associations, il affirme : « Qu’[ils] [les assomptionnistes] ont déjà paraît-il, commencé leur mouvement d’émigration vers la Belgique40. » Le sujet n’est sans doute pas encore considéré comme très important car les mouvements massifs vers la Belgique, générés par la loi de 1901, sont encore à venir. Toujours est-il qu’à cette date le phénomène était bien engagé puisque nous sommes déjà plus d’un an après la création de la fondation de Bure.

    Partir ou rester en France ?

    11On a souligné le nombre important de religieux français qui arrivent en Belgique à partir de 1900. Toutefois, cette décision ne va pas forcément de soi et, même pour les congrégations réellement venues, le départ s’effectue généralement en rencontrant de grandes difficultés. Nous disons réellement venues, car le fait d’obtenir l’autorisation de l’évêque du diocèse belge visé ne signifie pas automatiquement que le déplacement s’effectue, certaines congrégations gardant plusieurs fers au feu41. La plupart utilisent finalement cette autorisation et se déplacent, mais pas avec le même état d’esprit. Il peut être celui d’une volonté clairement affichée de partir en Belgique avec l’espoir d’y rester durablement, ou, au contraire, de conserver jusqu’au bout l’espérance de rester en France. Entre ces deux extrêmes, la gamme de nuances est large et il faut garder à l’esprit que certaines congrégations n’agissent pas d’un bloc : des maisons d’une même congrégation partent à l’étranger, alors que d’autres se sécularisent42.

    Les congrégations ou communautés déterminées à partir rapidement

    12D’importants ordres et congrégations enseignantes masculines, certains moines « et les communautés contemplatives féminines optent pour l’exil : elles refusent par principe, de solliciter la reconnaissance étatique43 ». On peut y voir une certaine intransigeance de leur part, qui tranche avec l’attitude des autres44. Le fait que les précédentes lois aient contraint les premières et les moines à l’exil au début des années 1880 rentre à ce sujet en ligne de compte45, et les contemplatifs savent que toute une partie de l’opinion les juge inutiles, voire dangereux pour ce qui est des hommes46. Extrapolant à partir de cette situation précédente et de cette perception, ces ordres et congrégations ne se font pas d’illusions sur leur sort et prennent les devants. Leurs hiérarchies pressentent un refus d’autorisation et préfèrent agir rapidement, pour ne pas avoir à faire leurs malles dans la précipitation, ce que beaucoup connaissent effectivement47. Les jésuites ayant déjà vécu plusieurs autres exils sont ainsi catégoriques. Ce choix radical est clairement assumé dès le départ, ce dont se félicite leur général quelques années après les faits48. Qu’il s’agisse d’un propos privé et pas d’une déclaration publique ajoute un certain crédit à ces paroles, qui ne sont pas une justification de cette décision a posteriori devant les pères. Il s’agit là d’ordres et congrégations partant dès 1901. Ils restent toutefois une minorité et la plupart introduisent une demande d’autorisation49, espérant rester en France.

    13D’autres établissements issus de congrégations enseignantes autorisées et non encore touchées en 1901 décident de partir après le vote de la loi de 1904 (7 juillet) qui interdit l’enseignement aux congréganistes. Examinons par exemple le cas des frères des écoles chrétiennes, qui ne partent pas d’un bloc50. S’il y a des sécularisations, certains établissements décident pourtant de partir très rapidement, pour conserver toute leur liberté. C’est le cas du prestigieux pensionnat de Passy à Paris, dont l’étude constitue un de nos fils conducteurs. Son directeur, le frère Auguste-Hubert, décide donc de le transférer en Belgique dès que la loi de 1904 est promulguée51. Avec l’aide de frères belges, il trouve rapidement le terrain évoqué plus haut à Froyennes et les frères partent le retrouver, même si certains restent en arrière pour maintenir une présence52. Ils sont rejoints par ceux de Lille, qui quittent la ville en plusieurs étapes dès la fin de l’été 1904, ce que note la police française qui vient inspecter les lieux : « Nous apprenons par les plus proches voisins que les frères des écoles chrétiennes installés précédemment dans l’immeuble l’avaient tous quitté, que la plupart d’entre eux, notamment le directeur, étaient allés, il y a moins d’un mois, rejoindre un établissement fondé par eux à Froyennes (Belgique)53 et que les derniers étaient partis définitivement dans la journée de samedi premier octobre courant54. » Dans leur cas, la décision a été prise vite et fermement, ce qu’on ne retrouve pas toujours.

    L’espérance de rester en France

    14Généralement, les correspondances conservées montrent a contrario une réticence au départ ou soulignent l’espérance de rester en France. Des congrégations demandent donc l’autorisation à la République. Ce choix est celui d’une volonté de préserver les fondations, même si bon nombre de congrégations ne se font pas d’illusion sur le résultat. Toutefois, une partie de celles qui préparent leur retraite en Belgique espère ne pas avoir à y aller. Le clergé belge se fait l’écho de cet optimisme, parfois jugé démesuré. C’est le cas du curé de Cock de la commune frontalière de Comines (diocèse de Bruges), séparée de son homologue française du même nom par la Lys55. Deux frères de la doctrine chrétienne, directeurs d’une école de garçons à Comines (France) viennent demander à l’évêque de pouvoir s’installer à Comines (Belgique) avec leur établissement en février 190356. Si l’autorisation épiscopale est finalement refusée à la mi-mars, les négociations semblaient pouvoir aboutir fin février. Même à ce stade, le curé notait toutefois clairement qu’« il est à remarquer que les frères ne s’établiraient chez nous qu’à la toute dernière extrémité. Ils n’ont pas encore acquis d’immeuble. Les messieurs de France versent dans un optimisme incroyable. Ils gardent l’espoir d’un changement dans l’orientation de la politique57 ». Or, pareille orientation était tout simplement impensable avec le ministère Combes, solidement installé en 190358, même si on ne pouvait préjuger de sa durée à l’époque.

    15Toutes ces réticences, tous ces doutes et ces atermoiements sont facilement compréhensibles. Le départ implique de quitter une fondation parfois très ancienne, de s’éloigner de sa famille, de perdre ses repères. Même dans un pays frontalier cette décision implique de grandes dépenses liées aux transports et au logement. Cela signifie aussi, dans le cas des religieux cloîtrés, sortir de la clôture. Pour des congrégations dont c’est le choix de vie, il s’agit d’une épreuve douloureuse, surtout pour les membres les plus âgés qui n’ont pas été dans le siècle depuis des décennies parfois. Par exemple, chez les carmélites, « seules les raisons de santé justifient les sorties de clôture59 » à l’époque considérée.

    Un choix après hésitation

    16La fermeté et la prise de décision rapide ne sont donc pas communes à toutes les congrégations. Comment expliquer ces différences d’une à l’autre ? Tout d’abord, les indécisions de la hiérarchie catholique, romaine comme française, ne font rien pour faciliter la situation. Le pape Léon XIII hésite sur la conduite à suivre et n’interdit ni ne favorise le départ de France60, même s’il se prononce pour la demande d’autorisation61. Il tient à garder de bonnes relations avec la France et rappelle sa politique du Ralliement comme le rôle joué par les congrégations dans l’influence française à l’étranger62. De leur côté, les évêques n’ont pas de réponse coordonnée face au phénomène de départ, car ils ne parlent pas d’une seule voix en l’absence de structure pérenne63. S’il y a des assemblées épiscopales, elles n’ont lieu qu’en 1906 et 1907 – donc après les principaux départs – et sont ensuite suspendues par un Pie X qui trouve les évêques trop conciliants vis-à-vis du gouvernement français64. Quant aux ordres et congrégations, ils sont de taille, d’histoire et de structures très variées et n’agissent pas de la même manière. Face aux lois anticongréganistes, l’ancienneté ne donne pas forcément une réponse très structurée. Ainsi, dans beaucoup d’ordres monastiques d’origine médiévale, les monastères sont très autonomes les uns des autres65. Dans les congrégations féminines, il n’y a pas de coordination à l’époque étudiée, plutôt de la concurrence, ce qui empêche une réponse unifiée66. Enfin, dans les autres ordres et congrégations masculins, les supérieurs n’arrivent pas à trouver de réponse commune non plus, malgré quelques essais de coordination67.

    17L’étude des papiers du maître de l’ordre des dominicains montre ainsi qu’il a hésité quant à la marche à suivre et que ses instructions ont tardé :

    « Depuis la promulgation de la loi du 1er juillet 1901 et de l’arrêté ministériel qui l’accompagne, vous attendez de nous une parole qui vous fasse connaître l’attitude que prendra l’Ordre de Saint-Dominique en face des exigences de cette loi. Nous venons répondre à votre légitime désir. Vous n’aurez pas été surpris, nous l’espérons, du retard apporté à cette communication : la gravité des circonstances, la diversité des avis, les conséquences à prévoir justifient surabondamment ce délai. Nous n’avions d’ailleurs pas attendu ces dernières semaines pour nous préoccuper de ce qui se préparait en France68. »

    18Sa justification finale montre bien la distance prise par cette hiérarchie, souvent éloignée de France, car occupée à gérer l’ordre depuis Rome ou à aller de communauté en communauté69. Cela se traduit par une grande confusion dans les départs de France70. Cette dernière lettre est par exemple datée de la fin août 1901, soit près de deux mois après le vote de la loi.

    19Au niveau d’une communauté, le cas des carmélites de Riom venues à Soignies illustre bien ces indécisions. Si elles refusent de demander l’autorisation, elles hésitent ensuite quant à la conduite à tenir71. Elles oscillent d’abord entre Belgique et Espagne, avant de se prononcer pour la première. Des lettres échangées avec mère Marie Berchmans, du carmel de Rome, permettent de mieux saisir le point de vue romain. Cette religieuse a interrogé des prélats indécis jusqu’à ce que monseigneur Pifferi, le confesseur du pape, affirme « qu’il serait bon, en général, que les Religieux restassent dans leurs communautés jusqu’à ce que la force les mît dehors72 ». Cet avis est d’ailleurs proche de celui du diocèse de Clermont-Ferrand, qui affirme, par la plume de son vicaire général, qu’il « paraît plus sage à monseigneur que vous restiez toutes dans votre monastère en attendant les évènements73 ». Ces avis montrent bien le climat d’indécision qui entoure les départs de l’été 1901. Une partie de la hiérarchie catholique craint le bras de fer avec la République, ou attend qu’elle ait le mauvais rôle en usant de la force. Malgré ces lettres, treize carmélites prennent le chemin de l’exil. Elles expédient leurs affaires à Soignies courant septembre et y parviennent le 1er octobre 1901, en passant par la gare du Nord à Paris74. Cette décision n’est pas approuvée, ni avant, ni après le départ. L’évêque met dans la balance le fait que plusieurs religieuses ne veulent pas quitter la France et finalement quatre restent et rentrent dans leurs familles lorsque les autres partent à Soignies75. Dans une lettre du 31 août, il assimile leur départ à une fuite76. De nombreux acteurs entrent en jeu tout au long du processus et leurs avis divergents n’aident pas à prendre une décision ferme.

    Les conditions d’une venue en Belgique et leur durcissement progressif

    Les conditions initiales des évêques

    20Dès la fin du mois de juillet 1901 les conditions d’une venue en Belgique sont indiquées par l’épiscopat belge, qui réagit par suite de l’arrivée « d’une première vague de religieux français77 » après le vote de la loi. Il lui faut encadrer un mouvement qui s’amplifie et limiter les possibilités de concurrence, sous peine d’un débordement. Les conditions d’une acceptation d’une communauté française sont au nombre de trois : « Ne pas faire de quêtes, […] ne pas ouvrir de chapelle au public et […] ne pas s’occuper d’œuvres d’enseignement ou de charité78. » Les évêques les ont décidées d’un commun accord mais les situations ont par la suite beaucoup varié d’un diocèse à l’autre79. Si l’archevêque de Malines est également primat de Belgique, il n’a en effet qu’une « autorité très réduite80 » sur les autres évêques belges et ne peut imposer totalement une façon de faire.

    21Rapidement connues dans le courant du mois d’août, ces conditions sont reprises dans la presse belge, souvent assorties d’un commentaire. Ainsi Le Peuple note, moqueur :

    « Les prélats auraient consenti à ne s’opposer à l’invasion qu’aux conditions suivantes : “1. Défense de faire des quêtes ; 2. Défense de ne tenir aucun établissement d’instruction ; 3. Défense d’ouvrir une chapelle au public.” Dame, on craint la concurrence. Cela nous fait songer à l’amusante enseigne découverte dans un café excentrique de Strasbourg. Défense de plumer les paysans et les naïfs, la maison s’en charge81. »

    22Or, informées par l’agence de presse Havas, les feuilles françaises reprennent aussi ces informations82, qui sont donc connues des candidats à l’exil. Comme ce cadre est posé de façon précoce et se révèle assez strict, malgré les différences d’application locales, il constitue, selon Christian Sorrel, une des « clés du succès du refuge83 » en Belgique. Il n’a toutefois pas empêché quelques installations sans autorisation.

    Les conditions administratives

    23Sur le plan administratif, venir en Belgique est assez simple. Il ne faut pas être jugé « indésirable » (terme assez vague toutefois), et il suffit de disposer d’un passeport valide et de faire viser celui-ci par l’administration de la Sûreté Publique, qui reste libre « de ne pas apposer le visa et, par conséquent, de refuser à l’étranger l’entrée au pays84 ». Cet organisme a été créé dès 1830 et a été rattaché à la Justice dix ans plus tard ; même s’il manque de moyens, il parvient à récolter des renseignements sur les étrangers en Belgique de manière satisfaisante jusqu’en 191485. Quant aux contrôles, ils ne sont plus faits aux frontières depuis 1860, mais à l’intérieur du pays86. Franchir la limite entre France et Belgique n’est donc pas une opération hasardeuse ou difficile. De plus, Firmin Lentacker rappelle la facilité de déplacement entre France et Belgique : « Le transport n’offrait aucune difficulté puisque les conventions ferroviaires passées de 1869 à 1888 entre la France et la Belgique comportaient régulièrement une clause accordant en réciprocité l’égalité de traitement entre les sujets des deux États87. » Comme nous le verrons, les religieux en exil profitent de cette situation et maintiennent de nombreux liens avec la France, certains y revenant même régulièrement. Faut-il y voir une mansuétude de la part du gouvernement de la République ? Nous pensons plutôt à une tolérance de fait. Une fois les congrégations dispersées en France, leurs membres, s’ils sont en règle vis-à-vis des lois, restent des citoyens français pour l’écrasante majorité, c’est-à-dire des ressortissants d’un pays largement démocratique et qui ne peut pas restreindre à l’infini leurs possibilités d’action et de déplacement. En fait, contrairement aux protestants après la révocation de l’édit de Nantes, les religieux n’ont pas interdiction de partir à l’étranger avec les lois de 1901 et 1904, ce qui explique la possibilité de ces départs88. La poursuite de congréganistes sécularisés fictivement est attestée en France89, mais les personnes que nous étudions entrent dans une autre catégorie. Il est certain que cette présence a suscité des débats très vifs et que la question de la frontière a été posée, mais nous reviendrons amplement sur ces questions centrales.

    24Il en découle pourtant une question matérielle importante : les religieux concernés ont-ils un passeport en règle ? Si cela se conçoit assez simplement pour certains individus dans la force de l’âge et amenés à voyager, comme les jésuites, on peine davantage à l’imaginer pour des petites fondations de femmes cloîtrées retirées du monde et souvent âgées. Même si aucun couvent n’est totalement coupé de l’extérieur, sortir pour aller demander des papiers administratifs à la préfecture, qui peut être loin de l’établissement, n’a pas dû se faire sans mal. On suppose que de tels documents ont été rassemblés, car ces personnes sont bel et bien venues en Belgique. Peut-être ces opérations ont-elles été réalisées par des religieux convers, donc dédiés aux tâches domestiques et séculières, ou avec l’aide de confesseurs voire de laïcs locaux. Hélas, aucun document retrouvé ne soulève pareille question d’ordre assez trivial. Beaucoup de lettres, notamment de congrégations contemplatives, évoquent davantage les problèmes spirituels liés aux départs que les questions purement matérielles.

    Des réactions du gouvernement belge et du Saint-Siège

    25Les trois conditions édictées plus haut sont un canevas, une base sur laquelle s’appuient les évêques, mais suivant la situation de leur diocèse et leur caractère propre, leur observance est plus ou moins stricte. Pourtant, de manière générale, les restrictions à la venue se font plus grandes à partir de 1902, ce qui est lié au nombre de religieux mais également à la situation politique intérieure belge et à la position du Saint-Siège.

    26Dès juin 1901, le gouvernement catholique voit les difficultés que crée la venue massive de congrégations françaises et pressent déjà les possibles problèmes futurs, notamment vis-à-vis de la France. Le ministère des Affaires étrangères demande donc à l’ambassade près le Saint-Siège d’obtenir une réaction du pape, qui tient d’ailleurs au maintien de la majorité parlementaire catholique en Belgique90. Contacté, le secrétaire d’État, le cardinal Rampolla, promet d’agir pour essayer de dissuader l’arrivée des congrégations françaises, d’ailleurs encore peu nombreuses à cette date, mais admet qu’il ne peut leur interdire le départ91. Ainsi, les arrivées massives se poursuivent-elles au cours de l’année 1902 : on comptait au moins 14 communautés françaises en juin 1901, elles sont 180 en décembre 190292. Cela inquiète une partie de la presse mais aussi de la classe politique belge et, le 9 décembre 1902, le député libéral Crombez interpelle le ministre de la Justice Van den Heuvel à ce sujet93.

    Un durcissement progressif

    27L’interpellation de Crombez inquiète le gouvernement belge, dont nous verrons les réactions face à l’arrivée des religieux français ultérieurement. Le sujet est évoqué lors du conseil des ministres du 31 décembre 190294. Il y est décidé d’agir « officieusement auprès du nonce et auprès des évêques [en] représent[ant] notamment la nécessité d’être fort prudent dans l’établissement de nouveaux instituts95 ». Le caractère officieux est une donnée importante : ces tractations ne se déroulent pas à découvert, par crainte d’alimenter les attaques des adversaires du gouvernement. Une phrase barrée dans un projet de réponse du ministre de la Justice à la Chambre, en cas de question précise lors de l’interpellation Crombez, est à cet égard révélatrice : « Le gouvernement n’a pas eu à négocier ni avec le nonce ni avec les évêques96. » Il s’agit d’un projet de réponse, pas d’une déclaration officielle et la phrase est biffée. Mais, au moins un temps, le ministre de la Justice a pensé au mensonge, car il y a bien des négociations. Un mémorandum est ainsi transmis début 1903 au nonce apostolique en Belgique, monseigneur Granito di Belmonte. Il y est demandé clairement de l’aide au Saint-Siège pour limiter l’arrivée future de congrégations, nuisible au point de vue politique (elles exposeraient le gouvernement à d’autres attaques), économique (les religieux concurrenceraient les Belges) et même culturel : « En autorisant de nouvelles communautés à s’établir dans le royaume, on s’expose à porter le trouble dans l’organisation des œuvres charitables, des institutions sociales, des secours spirituels, organisations nées spontanément des circostances [sic] et pour cela même mieux appropriées que toutes autres aux mœurs et aux nécessités économiques et spirituelles des populations97. »

    28Toutefois, ce mémorandum demeure sans effets majeurs, dans la mesure où le Saint-Siège peut déconseiller le départ, mais pas l’interdire formellement98. D’autres ouvertures du gouvernement en direction des évêques belges échouent également au cours de l’année 190399. Dans les faits, le nombre de refus reste encore peu nombreux et les évêques, qui veillent au respect des conditions citées plus haut, se trouvent face à des cas de conscience très épineux. Cette année est même la plus importante de toutes en termes d’arrivées : 193 instituts reçoivent une autorisation et viennent en Belgique100. Finalement, c’est en 1904 que la situation se dénoue, à la fois du côté du gouvernement belge et du Saint-Siège, car le nouveau pape Pie X, élu en août 1903, change la donne. Il agit plus fermement que Léon XIII et renouvelle son personnel en ce sens. On voit ainsi l’arrivée d’un nouveau nonce en Belgique, Antonio Vico, au rôle important et d’un nouveau secrétaire d’État, Merry del Val, polyglotte et intelligent. Soucieux de la question de l’exil, ce dernier est assez clair dans sa lettre du 8 juin 1904 à Vico : « Faites entendre aux différents évêques de limiter pour leurs diocèses respectifs le nombre des maisons religieuses101. » Toutefois, la tâche n’est pas aisée, notamment en raison des réactions diverses des évêques belges face à la question : ils n’agissent pas uniformément102. Néanmoins, ayant finalement pris la mesure de l’ampleur du phénomène, ils décident de refuser de nouvelles arrivées lors de leur assemblée du 19 juillet 1904, ce qui est globalement suivi d’effets, sauf à Tournai où monseigneur Walravens, l’évêque, accueille encore des instituts français pendant plusieurs années. Il est à noter que le nonce craint toujours des difficultés futures à la fin du mois de juillet, au cas où des communautés arriveraient encore en nombre : « J’espère pourtant que le gouvernement n’aura pas de graves difficultés à surmonter de ce côté », écrit-il à Merry del Val103. C’est le signe que cette immigration des religieux français dure longtemps et ne se tarit pas en quelques jours. On remarque en effet des arrivées plus tardives liées aux circonstances. Citons le cas des carmélites de Statte (Huy, diocèse de Liège), réfugiées depuis Compiègne en 1906 seulement. Hélas, les documents relatifs à cette fondation, conservés à Liège, nous renseignent peu sur leur arrivée. On sait néanmoins que la communauté est devenue viable et financièrement indépendante en 1910104. Ces arrivées après 1904 ont plusieurs causes. Elles ont par exemple lieu quand les religieux ont transité par un autre pays, mais aussi quand les maisons en question remplacent d’autres instituts français, notamment s’ils partent dans un autre lieu.

    Le moment du départ

    29Les départs effectifs pour la Belgique ne se produisent pas toujours de la même façon. Il faut prendre en compte l’année considérée et les conditions du départ. Les situations sont variées : anticipation des lois, départ après un refus de demande d’autorisation, religieux presque jetés sur les routes au moment de la fermeture de leur établissement… Les correspondances des responsables des congrégations avec le clergé belge donnent des informations, tout comme la presse et les documents des autorités françaises. Toutefois, le très important nombre de congrégations concerné et le grand éclatement des sources rendent l’édification d’un tableau exhaustif des conditions de départ – comme des autres phénomènes – assez illusoire. Nous chercherons donc à dégager de grandes tendances à partir des exemples les plus concrets.

    Des départs anticipés de religieux refusant l’autorisation

    30Tout d’abord, les congrégations déterminées à ne pas demander l’autorisation vont jusqu’au bout de cette logique. Elles partent avant d’être expulsées. C’est le cas des jésuites qui ne voulaient pas revivre les difficultés du précédent départ105. L’expérience d’un autre exil, qui plus est rapproché, est dans ce cas un bon point de comparaison qui permet de ne pas reproduire le même schéma. Agir ainsi leur permet de conserver une meilleure maîtrise de leurs départs, dans une certaine mesure. À la différence des religieux dispersés par la force, ceux-ci ont potentiellement un temps plus long pour empaqueter et expédier sur leur lieu de refuge une partie de leurs biens mobiliers et pour régler leurs affaires. Nuançons pourtant. Beaucoup de départs de congrégations féminines restent quand même, dans leur déroulement, précipités106. Même si la décision de ne pas demander l’autorisation indique clairement la marche à suivre, la volonté d’aller plus vite que les autorités les amène à se dépêcher de partir avant d’être expulsées.

    31Les maisons frontalières dont le choix s’est porté sur la Belgique sont privilégiées, surtout car beaucoup ont choisi un lieu de transplantation proche de la frontière française, comme les jésuites de Douai107. Après autorisation de l’évêque, ils trouvent refuge à Péruwelz, dans le diocèse de Tournai, ville frontalière à 21 km de Valenciennes et où ils achètent une maison le 15 juillet108. Ils laissent derrière eux le père Créca qui est chargé de veiller sur leur immeuble. Sécularisé, il va habiter chez sa mère, une rentière109. Pendant l’été, ils rassemblent leurs affaires et en expédient une partie en Belgique à la mi-septembre : trois caisses de meubles en voiture ; trois autres avec des objets d’église sont transportées dans la maison d’un brasseur qui leur est dévoué, à Douai, où un domestique recevra les visiteurs de passage110. Dans ce cas-là, le départ a été décidé rapidement par les religieux qui ont eu le temps de rassembler leurs affaires, d’en expédier certaines dans leur nouveau lieu d’accueil tout en gardant une présence, même ténue, dans leur ville d’origine. Toutefois, laisser des membres en arrière les coupe en partie de la communauté à plus ou moins long terme. Cela pose la question de la pertinence de la notion même de communauté, même si ce cas précis est celui de jésuites qui ont très peu de vie communautaire111.

    Des départs bien menés de congrégations ayant demandé l’autorisation

    32En revanche, beaucoup de départs sont plus tardifs, de la part de congrégations qui ont espéré obtenir une demande d’autorisation par exemple. Même si l’autorisation est refusée, certains départs sont bien organisés car du temps a été obtenu en jouant sur les lenteurs des calendriers législatif et administratif à partir de 1901. Il reste possible de prendre de court les autorités avec un peu d’organisation. Avec le refus en bloc des autorisations en 1901 et l’interdiction de tout enseignement en 1904112, la République peut certes procéder à la fermeture des établissements. Toutefois, cette opération s’étale sur plusieurs années. Elle doit nommer des liquidateurs pour mettre sous séquestre, évaluer puis vendre leurs biens. De plus, la loi de 1904 se donne dix ans pour fermer les établissements d’enseignement113, et le fait au fur et à mesure de la montée en capacité d’un substitut laïc. Tant qu’il n’existe pas, garder l’école congréganiste est vu comme un moindre mal. De plus, son application ralentit dès la chute de Combes en 1905, car ses successeurs cherchent l’apaisement114.

    33Ceci explique des départs qui s’étalent sur plusieurs années, au fur et à mesure que les opérations de liquidation sont envisagées et/ou réalisées. Le recours à des prête-noms permet de sauver certains bâtiments des couvents pendant longtemps et parfois les religieux eux-mêmes gagnent les procès115. Certaines congrégations savent utiliser ce temps d’incertitude pour régler leurs affaires et réaliser un départ bien organisé. Celles dont les supérieurs prennent la mesure des événements réagissent en ce sens. En outre, les plus importantes et internationalisées ont déjà des soutiens hors de France. Il leur est donc possible de prendre de vitesse les autorités, comme les sœurs du Sacré-Cœur dont « la vente des biens fonciers, opérée avant la nomination du liquidateur, permet de payer les frais de liquidation […] et dont la mise à l’abri des biens meubles évita de lourds frais d’installation hors de France116 ».

    Des départs brusqués

    34Au contraire, les congrégations qui n’ont pas pris de mesures fermes pour organiser leurs départs doivent s’en aller dans la précipitation quand les arrêtés de fermeture les concernant paraissent. C’est une situation inconfortable qui a plusieurs causes. Certaines congrégations incrédules ne prennent pas vraiment de mesures pour organiser leurs départs, ne croyant pas vraiment à la possibilité d’un exil. C’est notamment le cas des congrégations enseignantes féminines, qui n’avaient pas été inquiétées dans les années 1880 et ne ressentent pas forcément tout de suite le vote de la loi de 1901 comme menaçant117. D’autres diffèrent les prises de décisions, plus par peur des conséquences, ou par manque de moyens financiers. Cet état de pauvreté les empêche de préparer l’achat d’une maison de refuge. Finalement, la liquidation de leurs biens et la nécessité d’utiliser leurs maigres économies dans un départ forcé rendent leur situation pire encore.

    35Il ne s’agit d’ailleurs pas que de petites congrégations diocésaines, mais également d’ordres plus importants comme celui de Sainte-Ursule. L’exemple suffisamment documenté du départ des ursulines de Corbigny (Nièvre) réfugiées à Olsene118 (diocèse de Gand) est assez significatif pour être ici développé. Elles reçoivent un arrêté du ministère de l’Intérieur le 1er juillet 1905, leur demandant de fermer pour le 1er septembre de la même année119. Cela leur laisse donc peu de temps pour s’organiser. Le jour dit, les gendarmes viennent au monastère vérifier s’il a bien été évacué, mais ce n’est pas totalement le cas. En effet les religieuses les plus à même de supporter le voyage vers la Belgique sont bien parties et le pensionnat a été fermé, mais les militaires sont accueillis par trois ursulines qui leur expliquent que le bâtiment est encore occupé par les plus fragiles d’entre elles, et les infirmes qui demandent de l’aide des pouvoirs publics120. Ce cas est loin d’être isolé : les archives départementales françaises consultées conservent ces demandes de secours, d’ailleurs plus d’une fois attribuées, notamment à l’époque de Combes qui assurait n’avoir rien contre les congréganistes eux-mêmes, mais se battait contre l’institution121. Dans le cas précis, les archives départementales de la Nièvre ne donnent pas beaucoup d’informations sur le devenir de ces ursulines. Un rapport préfectoral se contente de noter que « les ursulines de Corbigny ont toutes quitté [la] commune le 4 septembre dernier et que l’établissement est inhabité122 ». Le sujet n’intéresse plus les autorités nivernaises, et il n’est plus documenté. Ces exemples s’insèrent dans cette catégorie de congrégations ayant attendu un arrêté de fermeture et l’application de celui-ci pour effectivement partir.

    36Enfin, d’autres départs ont lieu dans un climat passionnel, bien représentatif de la période et lié à des fermetures d’établissements populaires, comme dans l’archidiocèse de Cambrai où les religieux enseignants sont appréciés de la population123. Il arrive que la sortie de France des religieux soit l’occasion de manifestations, de marques de sympathies ou de plus grands troubles notamment dans le Nord et en Bretagne, régions restées davantage pratiquantes124. Bon nombre de départs sont mis en scène, pour se présenter comme victimes, mais aussi pour montrer aux autorités le soutien des populations croyantes. Dans plusieurs cas, les futurs exilés sont accompagnés à la gare par des groupes de gens compatissants, comme dans les arrondissements de Lille et Dunkerque125. Les sœurs d’Houplines (Nord) sont ainsi escortées à Ploegsteert (diocèse de Bruges) par 600 personnes126. S’il ne faut pas minimiser ces mouvements populaires dans les régions de forte catholicité, remarquons qu’ils touchent plus les zones rurales que les grandes villes, où la pratique religieuse est plus fluctuante127. À Lille même, la police ne note par exemple pas de manifestations particulières, du moins en 1901128.

    La Belgique en second choix

    37À côté des départs ayant pour destination première la Belgique, on trouve le cas de religieux qui sont d’abord allés dans un autre pays avant de la rejoindre. Souvent ils en ont été chassés ou ont décidé de l’abandonner, faute de pouvoir trouver une solution pérenne sur place. C’est le cas des carmélites de Montélimar, qui ont refusé de demander l’autorisation et sont parties en 1902 en Suisse, dans le Valais129. Toutefois, ce dernier pays ne se révèle pas un exil doré : les autorités fédérales de Genève décident, par une stricte application des lois, de limiter de futures arrivées par crainte qu’elles se fassent plus massives et, le 19 août 1902, interdisent de territoire, avec un délai de 90 jours pour régler le départ, douze congrégations, réfugiées dans le Valais et le canton de Vaud130. Ces carmélites décident alors de gagner la Belgique et, dans le diocèse de Namur, un père carme leur trouve un lieu de refuge à Floreffe. Par ailleurs, le lieu est proche de la commune de Marche-en-Famenne où des carmes français se sont déjà réfugiés ; elles y arrivent les 3 et 4 octobre 1902131. D’un côté, il faut considérer que leur situation s’est améliorée rapidement, notamment grâce à des membres de leur ordre. De l’autre, il faut aussi rappeler que l’exil a été d’autant plus difficile que l’arrivée en Belgique a suivi un premier départ, dans un autre pays. Le simple éloignement géographique entre Montélimar (Drôme), la confédération helvétique et la province de Namur n’est pas négligeable.

    38D’autres religieux connaissent pareilles péripéties, comme les rédemptoristes de la province de Paris. La maison-mère et le scolasticat se trouvent à Antony (département de la Seine) et ils possèdent un immeuble boulevard de Ménilmontant, dans Paris132. La demande d’autorisation pour ces établissements est refusée en date du 24 mars 1903 et les rédemptoristes partent à l’étranger133. Ils trouvent tout d’abord refuge en Angleterre, dans la communauté rédemptoriste installée à Bishop Eton, dans la banlieue de Liverpool, depuis 1851134. Leurs archives ne permettent pas de déterminer clairement les causes de leur départ de ce lieu, mais celui-ci est décidé durant l’été 1906135. Les écrits conservés révèlent qu’ils souhaitent établir un noviciat pour continuer à former de nouveaux rédemptoristes pour la province de Paris. De plus, la fondation de Bishop Eton était justement liée à la province belge de cette congrégation136. Les exilés parviennent à prendre contact avec ladite province et à trouver un lieu d’implantation à Essen dans la province d’Anvers et l’archidiocèse de Malines. C’est un rédemptoriste belge, le révérend père Godts qui cède une propriété à la province belge qui la donne à son tour à celle de Paris pour l’établissement d’un studendat. La convention est ainsi rédigée : « Le RP Godts ayant fait don de ses propriétés d’Esschen à la province belge, celle-ci cède gratuitement à la province de Paris l’usage du couvent Saint Gérard afin d’y établir un studendat137 […]. » Nous retrouvons l’aide apportée par d’autres religieux de leur congrégation, qui s’avère déterminante dans de nombreux cas et distingue les plus importantes congrégations des autres.

    ⁂

    39Pour résumer, on peut distinguer trois grands ensembles et modalités. Il y a d’abord une première grande vague d’arrivée de religieux entre 1901 et 1903. Ce sont ceux qui refusent l’autorisation ; qui la demandent mais ne l’obtiennent pas et dont les établissements sont fermés138. Ensuite, une deuxième vague, liée à la loi de 1904 et aux fermetures d’établissements qui se poursuivent, surtout scolaires dans ce cas. Elle amène le chiffre des communautés réfugiées en Belgique à au moins 471 au début de l’année 1905. Dès lors le flot se réduit car les restrictions se font plus grandes, l’espace est déjà bien occupé et les candidats au départ se font moins nombreux. Néanmoins, des communautés continuent d’arriver, à la suite de fermetures plus tardives ou, nous l’avons vu, depuis un pays tiers. En 1907, on parle de 526 communautés et, au total, au moins 728 se sont installées en Belgique139. Les arrivées se sont donc concentrées dans les années 1901-1904, même si elles se sont poursuivies après cette date, parfois de manière assez tardive par rapport au vote des lois.

    Notes de bas de page

    1Cabanel Patrick, « Introduction », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 11-12 ; Dingemans Louis, « Un siècle de développement des instituts religieux masculins en Belgique », in Rapports du Centre de recherches socioreligieuses, Bruxelles, Centre interdiocésain, 1957, p. 6.

    2Cabanel Patrick, « Introduction », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 12. Sofie Leplae donne des chiffres identiques. Leplae Sofie, « La Belgique envahie. L’immigration des religieux français en Belgique 1901-1914 », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 249. Hendrik Moeys propose une estimation médiane, d’au moins 11 250 religieux et religieuses. Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 166.

    3Archives générales du royaume (AGR), Bruxelles, série F1160 : Mouvement de la population et de l’état civil, années 1900-1914, cadre II, Immigration, 1900, non paginé ; Mouvement de la population et de l’état civil, cadre II, Immigration, 1904, non paginé.

    4Van den Dungen Pierre, Milieux de presse et journalistes en Belgique. 1828-1914, Bruxelles, Académie royale de Belgique, Classe des lettres, 2005, p. 227.

    5Journal de Charleroi, 21 mars 1906.

    6Le Peuple, 27 mars 1906.

    7Diaz Delphine, En exil. Les réfugiés en Europe de la fin du xviiie siècle à nos jours, Paris, Gallimard, 2021, p. 144.

    8Caralp Raymonde, « L’évolution de l’exploitation ferroviaire en France », Annales de géographie, t. 60, no 322, 1951, p. 321, [https://doi.org/10.3406/geo.1951.13310], consulté le 19 octobre 2023.

    9Deneckere Gita, Nouvelle histoire de Belgique. 1878-1905. Les turbulences de la Belle Époque, Bruxelles, Le Cri, 2010, p. 15.

    10Il y a moins de 3 000 voitures à moteur en circulation en France en 1900 (mais plus de 107 000 en 1914) et celles-ci restent un bien de « demi-luxe ». Fridenson Patrick, « Une industrie nouvelle : l’automobile en France jusqu’en 1914 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. 19, no 4, 1972, p. 559-560, [https://doi.org/10.3406/rhmc.1972.2235], consulté le 19 octobre 2023.

    11Archives lasalliennes (AL), Lyon, série 92E-1 : pensionnat de Passy, dossier no 108 : Publicité, La revue continentale, 1908, sans date ni auteur, p. 6.

    12Archives diocésaines de Liège (ADL), Liège, fonds Rutten, dossier no 113 : religieuses expulsées de France, lettre collective du carmel d’Uzès à l’évêque de Liège, 19 septembre 1901.

    13Simon Aloïs, Catholicisme et politique. Documents inédits (1832-1909), Bruxelles, facultés universitaires Saint-Louis/Scaldis, 1955, p. 29-30.

    14Sous conditions, et envers ceux qui ne troublent pas l’ordre. Nézer France, La sûreté publique belge face aux Tsiganes étrangers, 1858-1914, Louvain-la-Neuve, Presses universitaires de Louvain, 2011, p. 57. Caestecker Frank, Alien Policy in Belgium, 1840-1940, Gand, université de Gand, 2000, p. 43.

    15Simon Aloïs, Le parti catholique belge…, op. cit., p. 85. Lamberts Emiel, « Les catholiques libéraux en Belgique à l’époque contemporaine », in Jacques Prévotat et Jean Vavasseur-Desperriers (dir.), Les « chrétiens modérés » en France et en Europe. 1870-1960, Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2013, p. 120-121.

    16Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 173.

    17Ibid., p. 175.

    18Dumoulin Michel, Nouvelle histoire de Belgique. 1905-1918. L’entrée dans le xxe siècle, Bruxelles, Le Cri, 2010, p. 51.

    19Deneckere Gita, Nouvelle histoire de Belgique…, op. cit., p. 15.

    20Espagne et Québec accueillent respectivement 3 000 et 2 000 religieux français. Cabanel Patrick, « Introduction », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 12-13.

    21Francard Michel, « Le français en Wallonie », in Daniel Blampain, André Goose, Jean-Marie Klinkenberg et Marc Wilmet (dir.), Le Français en Belgique, Louvain-La-Neuve, Duculot, 1996, p. 231.

    22Von Busekist Astrid, La Belgique. Politique des langues et construction de l’État. De 1780 à nos jours, Paris-Bruxelles, Duculot, 1998, p. 148.

    23Mabille Xavier, « La question linguistique dans l’histoire politique de la Belgique », in Daniel Blampain et al. (dir.), Le Français en Belgique, op. cit., p. 435.

    24Witte Els et Van Velthoven Harry, Les querelles linguistiques en Belgique. Le point de vue historique, Bruxelles, Le Cri, 2011, p. 53.

    25AEM, AEM.02.166, dossier no 19 : Annales du carmel de Soignies, 1901-1987, Annales du carmel de Soignies, 1901-1987, sans auteur, p. 6.

    26Marcélis Anne-Dolorès, Femmes cloîtrées des temps contemporains. Vies et histoires de carmélites et de clarisses en Namurois, 1873-2000, Louvain-la-Neuve, Presses universitaires de Louvain, coll. « Arca-Sillages », 2012, p. 89.

    27Archives diocésaines de Bruges (ADB), Administratie, Documenten betreffende het bisdom, dossier no B190 : Over Franse Kloosters uit Frankrijk verbannen (wet É. Combes), 1901-1904, lettre du curé de Luingne à l’évêque de Bruges, 17 mai 1903.

    28L’indépendance belge, 2 février 1901.

    29Van den Dungen Pierre, Milieux de presse et journalistes en Belgique, op. cit., p. 49 et 117.

    30Le Journal de Charleroi, 4 février 1901.

    31Guissard Lucien, Les assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, Paris, Bayard, 1999, p. 11.

    32Ibid., p. 116.

    33Hilaire Yves-Marie, « Paul Féron-Vrau, directeur de La Croix (1900-1914) », in René Rémond et Émile Poulat (dir.), Cent ans d’histoire de La Croix 1883-1983, Paris, Centurion, 1988, p. 108.

    34Guissard Lucien, Les assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, op. cit., p. 32.

    35La Gazette de Charleroi, 4 mai 1900.

    36Laret-Kayser Arlette, « Bure », in Hervé Hasquin (dir.), Communes de Belgique. Dictionnaire d’histoire et de géographie administrative, vol. 1, Bruxelles, La Renaissance du livre/Crédit communal de Belgique, 1983, p. 261.

    37Le propos est toutefois rapporté. Archives des assomptionnistes, Paris, série RC Revues, Lettres à la dispersion, copie d’une lettre du r[évérend] p[ère] Emmanuel Bailly aux frères de la dispersion, depuis Bure, 28 juillet 1900.

    38Perier-Muzet Jean-Paul, « Tour du monde assomptionniste en 41 pays », Cahiers du bicentenaire d’Alzon, no 1, 2010, p. 37.

    39Cité dans Guissard Lucien, Les assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, op. cit., p. 32.

    40Archives des affaires étrangères de Belgique (AAEB), Bruxelles, série B (Belgique-France), dossier no 81 : Religieux français réfugiés en Belgique à la suite de la loi de 1901. Application de la loi de séparation dans les communes de la frontière belge. Inventaire de l’église de l’Abeele, dépêche d’Auguste Anethan (ministre de Belgique en France) au baron de Favereau (ministre des Affaires étrangères), 11 juilet 1901.

    41Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 158.

    42C’est le cas des frères maristes, enseignants. Lanfrey André, Marcellin Champagnat et les frères maristes. Instituteurs congréganistes au xixe siècle, Paris, éditions Don Bosco, 1999, p. 299.

    43Wynants Paul, « De la restauration à la rénovation. Les religieuses contemplatives en Belgique », in Filles du silence. Moniales en Belgique et Luxembourg du Moyen Âge à nos jours, Bastogne, musée en Piconrue, 1998, p. 76. Certaines par solidarité avec les jésuites et les assomptionnistes. Dufourcq Élisabeth, Les congrégations religieuses féminines hors d’Europe de Richelieu à nos jours, Paris, Librairie de l’Inde, 1993, t. 2, p. 477.

    44Lanfrey André, « De l’école congréganiste à l’école catholique », Revue d’histoire de l’Église de France, vol. 81, 1995, p. 55. Dominique Avon parle même de « climat général de démission des catholiques ». Il souligne aussi le rôle entraînant des jésuites sur les autres maisons religieuses masculines. Avon Dominique, Paul Doncœur, s. j., 1880-1961 : un croisé dans le siècle, Paris, Éditions du Cerf, 2001, p. 40.

    45Hasquenoph Sophie, Histoire des ordres et congrégations religieuses, op. cit., p. 1096-1101.

    46Outre l’antijésuitisme, il y a la crainte anticléricale des moines ligueurs qui comploteraient contre la République. Le contexte de défense républicaine lié à l’affaire Dreyfus et au procès des assomptionnistes est encore très proche. Guissard Lucien, Les assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, op. cit., p. 32.

    47Bord Lucien-Jean, Histoire de l’abbaye Saint-Martin de Ligugé, 361-2001, Paris, Geuthner, 2005, p. 219.

    48Archives de l’Institut catholique de Paris (AICP), Paris, fonds Veuillot, versements non cotés, journal personnel de François Veuillot, entrée du 18 mars 1904.

    49Sorrel Christian, Le catholicisme français…, op. cit., p. 18.

    50Ainsi, le supérieur général des lasalliens est opposé à la sécularisation, mais pas son assistant. Lanfrey André, « De l’école congréganiste… », art. cité, p. 55.

    51Rigault Georges, Le temps de la « sécularisation »…, op. cit., p. 63.

    52On en trouve encore à Paris en 1908. Archives de Paris (ADP), Paris, série DV (fermeture des congrégations, séparation de l’Église et de l’État [1820-1961]), sous-série DV 67 à 76 (fermeture des établissements congréganistes [1871-1961]), dossier no 67, note de l’inspecteur d’académie au directeur des Affaires municipales, 9 décembre 1908.

    53C’est le nom donné, mais la commune précise où le pensionnat est bâti est Ramegnies-Chin.

    54Archives départementales du Nord (ADPN), Lille, sous-série 6V, clergé régulier, dossier 36, Établissements congréganistes autorisés, mais n’existant plus en fait (1904), procès-verbal de constat du commissaire de police du 2e arrondissement de Lille au préfet du Nord, 3 octobre 1904.

    55La séparation remonte à 1713. Depuis 1977, Comines (Belgique) a fusionné avec Warneton. Duvosquel Jean-Marie, « Comines », in Hervé Hasquin (dir.), Communes de Belgique…, vol. 1, op. cit., p. 333.

    56ADB, Handelingen van de bisschoppen en van de vicarissen (sede vacante) en aanverwante registere, Niew Bisdom, dossier no 518 (1903), lettre du vicaire général du diocèse de Bruges au curé de Comines, 9 février 1903.

    57ADB, B190, lettre du curé de Comines à l’évêque de Bruges, 20 février 1903.

    58Merle Gabriel, Émile Combes, op. cit., p. 304.

    59Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile, le monde des religieuses cloîtrées au xxe siècle, Ottignies, Quorum, coll. « Arca-Sillages », 1997, p. 119.

    60Launay Marcel, La papauté à l’aube du xxe siècle, Paris, Éditions du Cerf, 1997, p. 125.

    61Durand Jean-Dominique, « Rome, les congrégations et la France », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 100.

    62Par la suite Pie X se fait plus réservé et des questions d’autorité qui dépassent les congrégations rentrent en jeu. Paisant Chantal, De l’exil aux tranchées, le témoignage des sœurs, Paris, Karthala, 2014, p. 30-31.

    63La majorité des évêques « demeure sur la réserve pour respecter les orientations de Léon XIII attaché au Ralliement ». Sorrel Christian, Le catholicisme français…, op. cit., p. 75.

    64Il faut attendre 1919 pour voir se créer une assemblée des cardinaux et archevêques. Sutter Jacques, « Analyse organigrammatique de l’Église de France », Archives de sociologie des religions, no 31, 1971, p. 102, [https://doi.org/10.3406/assr.1971.2034], consulté le 19 octobre 2023.

    65Cabanel Patrick, « Le moment de l’exil », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 125.

    66Dufourcq Élisabeth, « Les lois anticongréganistes et les congrégations féminines », in Les congrégations religieuses et la société française d’un siècle l’autre, Paris, éditions Don Bosco, 2004, p. 85.

    67Curtis Sarah A., « Persécution et résistance… », art. cité, p. 177. Lanfrey André, « Les Frères enseignants face à la sécularisation, 1880-1914. Division, redéploiement, résistance, crispation », in Les congrégations religieuses et la société française, op. cit., p. 149-150.

    68Archives dominicaines de la province de France (ADPF), série C : maîtres de l’Ordre, dossier no 8 a-b : maître André Frühwirth, lettres encycliques et lettres circulaires, lettre circulaire du 26 août 1901.

    69Fin 1902, alors que d’importantes décisions doivent être prises par les dominicains et que l’expulsion approche, le maître de l’ordre est en Pologne. Ibid., lettre de Réginald Beaudouin au r[évérend] p[ère] provincial de France, 4 octobre 1902.

    70Même si certains instituts ont su profiter du temps gagné par la demande d’autorisation pour chercher un lieu de refuge. Lanfrey André, « Les frères enseignants… », art. cité, p. 150.

    71AEM, 02.166/19, Annales du carmel de Soignies 1901-1987, sans auteur, p. 1.

    72AEM, 02.166/19, dossier no 8 : lettres de Marie Berchmans du carmel de Rome adressées à la prieure au sujet de l’expulsion, 24 juillet-9 septembre 1901, lettre de Marie Berchmans à la prieure des carmélites de Riom, 1er août 1901.

    73Ibid., dossier no 7 : lettres du vicaire général du diocèse de Clermont au sujet du projet de départ des carmélites à l’étranger, lettre du vicaire général de l’évêché de Clermont à la supérieure générale des carmélites de Riom, 31 août 1901.

    74Ibid., dossier no 19, Annales du carmel de Soignies 1901-1987, sans auteur, p. 10-12.

    75Ibid., p. 7.

    76Ibid., dossier no 7, lettre de l’évêque de Clermont à la supérieure générale des carmélites de Riom, 31 août 1901.

    77Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 174.

    78Daniel Yvette, « Quelques aspects politiques, économiques et sociaux… », art. cité, p. 68.

    79La date précise de ces stipulations n’est pas connue mais remonte probablement à l’assemblée des évêques des 22 et 23 juillet 1901. Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 174.

    80Simon Aloïs, Le cardinal Mercier, Bruxelles, La Renaissance du livre, 1960, p. 65.

    81Le Peuple, 18 août 1901.

    82Le Petit Temps, supplément du numéro du dimanche du 19 avril 1903.

    83Sorrel Christian, Le catholicisme français…, op. cit., p. 51.

    84Nézer France, La sûreté publique belge face aux Tsiganes étrangers, 1858-1914, op. cit., p. 59.

    85Ibid., p. 49. Rousseaux Xavier et Somer David, « Pour une histoire de la Sûreté de l’État en Belgique. Essai autour de 175 années de pénombre », in Marc Cools et al., De Staatsveiligheid. Essays over 175 jaar Veiligheid van de Staat. La sûreté. Essais sur les 175 ans de la Sûreté de l’État, Bruxelles, Politeia, 2005, p. 52.

    86Caestecker Frank, Alien Policy in Belgium, 1840-1940, op. cit., p. 49.

    87Lentacker Firmin, La frontière franco-belge, Étude géographique des effets d’une frontière internationale sur la vie des relations, Lille, ministère de l’Éducation nationale et chambre de commerce et d’industrie de Lille-Roubaix-Tourcoing, 1974, p. 267.

    88Cabanel Patrick, « Le moment de l’exil », art. cité, p. 113-114.

    89Lanfrey André, Marcellin Champagnat…, op. cit., p. 300.

    90Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 175.

    91Daniel Yvette, « Quelques aspects politiques, économiques et sociaux… », art. cité, p. 69-70.

    92Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 161.

    93Ibid., p. 176.

    94Daniel Yvette, « Quelques aspects politiques, économiques et sociaux… », art. cité, p. 69.

    95AGR, série T034 : Papiers Van Den Heuvel, Politique intérieure, dossier no 19/2 : Souvenirs de ministères, compte-rendu du conseil des ministres du 31 décembre 1902.

    96Ibid., note du 20 avril 1903 du ministre de la Justice communiquée au ministre des Affaires étrangères.

    97Archivio Apostolico Vaticano (AAV), cité du Vatican, Archives des représentations pontificales, Bruxelles, Indice 1211, dossier no 69 : Nunziatura di Monsignor Granito di Belmonte (1899-1904), copie du mémorandum du gouvernement belge au nonce, 8 janvier 1903.

    98AGR T034, 19/2, lettre confidentielle du baron d’Erp au ministre des Affaires étrangères Favereau, 20 janvier 1903.

    99Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 178.

    100Ibid., p. 160.

    101AAV, Indice 1211, carton no 82 : Archivio di Sua Eccelenza Monsignor Antonio Vico, titolo VII-VIII, lettre du secrétaire d’État Merry del Val au nonce apostolique Antonio Vico, 8 juin 1904. Les informations données au baron d’Erp sont donc vraies, et les annonces suivies d’effet.

    102Ibid., lettre de Merry del Val à Vico, 3 août 1904.

    103Ibid., lettre de Vico à Merry del Val, 26 juillet 1904.

    104ADL, fonds Rutten, dossier no 117, correspondance du vicaire général Laminne, lettre de l’abbé Émile Gelin de Huy à Mgr Herzet, vicaire général du diocèse de Liège, 15 juin 1910.

    105Lacouture Jean, Jésuites, vol. 2, Les revenants, Paris, Le Seuil, 1992, p. 233.

    106Wynants Paul, « De la restauration à la rénovation », in Filles du silence…, op. cit., p. 76.

    107AJF, série F, dossier no 1204 : diaire de Péruwelz, 1901-1921, diaire de Péruwelz, p. 1.

    108Ibid.

    109ADPN, 6V 36, lettre du sous-préfet de Douai au préfet du Nord, 23 septembre 1901.

    110Ibid., 27 septembre 1901.

    111Hasquenoph Sophie, Histoire des ordres et congrégations religieuses, op. cit., p. 687.

    112Qui permet la fermeture des établissements d’enseignement autorisés des congrégations autorisées. Prost Antoine, L’enseignement en France. 1800-1967, Paris, Armand Colin, 1968, p. 207.

    113Sorrel Christian, La République contre les congrégations…, op. cit., p. 107.

    114Delpal Bernard, « L’application des lois… », art. cité, p. 63.

    115Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile…, op. cit., p. 26.

    116Luirard Monique, La société du Sacré-Cœur dans le monde de son temps, 1865-2000, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2009, p. 186.

    117Paisant Chantal, De l’exil aux tranchées…, op. cit., p. 43.

    118Puis à Verviers. Van Keerberghen Marie-Xavier, Ursulines…, op. cit., p. 5.

    119Archives départementales de la Nièvre, Nevers, sous-série 6V : communautés de femmes, dossier no 7 : […] Ursulines de Nevers et Corbigny (1829-1904), rapport du brigadier de gendarmerie Labregère et du gendarme à cheval Boisset au commandant de brigade à cheval de gendarmerie de Corbigny, 14 juillet 1905.

    120Ibid., déclaration des sœurs citée dans le rapport du maréchal des logis Camus et du gendarme à cheval Roy au commandant de brigade à cheval de gendarmerie de Corbigny, 1er septembre 1905.

    121Merle Gabriel, Émile Combes, op. cit., p. 595.

    122Archives départementales de la Nièvre, 6V 7, note du sous-préfet de Clamecy au préfet de la Nièvre, 28 septembre 1905.

    123Byls Henk, Rester catholique en France, op. cit., p. 82.

    124Hasquenoph Sophie, Histoire des ordres et congrégations religieuses, op. cit., p. 1126.

    125Vienne Frédéric (dir.), Histoire du diocèse de Lille et de son territoire du Moyen Âge à nos jours, Eckbolsheim-Strasbourg, Signe, 2012, p. 244.

    126Byls Henk, Rester catholique en France, op. cit., p. 82.

    127Cholvy Gérard et Hilaire Yves-Marie, Histoire religieuse de la France. Géographie, op. cit., p. 139.

    128ADPN, série 6V, dossier no 25 : Établissements congréganistes d’enseignement. Enquête, rapport du commissaire spécial adjoint de Lille, au préfet du Nord, 8 octobre 1901.

    129Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile…, op. cit., p. 23.

    130Python Francis, « Le refuge suisse entre solidarités et animosités confessionnelles et politiques », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 234.

    131Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile…, op. cit., p. 24.

    132ADP, DV 71, État 1924, note sans auteur.

    133Ibid.

    134Boland Samuel J., Dictionary of the Redemptorists, Rome, Collegium S. Alfonsi de Urbe, 1987, p. 40.

    135Archives du Katholiek Documentatie – en Onderzoekscentrum (KADOC), Louvain, Instituts religieux-hommes, rédemptoristes, dossier no BE/942855/981 (rédemptoristes français à Essen [1907-1911]), lettre du révérend père Hermann à un révérend père non précisé, 31 juillet 1906.

    136Boland Samuel J., Dictionary of the Redemptorists, op. cit., p. 40.

    137KADOC, BE/942855/981, « Convention touchant le couvent Saint Gérard à Esschen », 21 juin 1907, sans auteur.

    138Soit 382 communautés. Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 161.

    139Murez Jean-Baptiste, « Les réactions belges à “l’exil” des religieux français en Belgique (1900-1914) », Revue d’histoire de l’Église de France, t. 108, no 260, 2022, p. 129, [https://doi.org/10.1484/J.RHEF.5.131715], consulté le 19 octobre 2023.

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    1Cabanel Patrick, « Introduction », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 11-12 ; Dingemans Louis, « Un siècle de développement des instituts religieux masculins en Belgique », in Rapports du Centre de recherches socioreligieuses, Bruxelles, Centre interdiocésain, 1957, p. 6.

    2Cabanel Patrick, « Introduction », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 12. Sofie Leplae donne des chiffres identiques. Leplae Sofie, « La Belgique envahie. L’immigration des religieux français en Belgique 1901-1914 », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 249. Hendrik Moeys propose une estimation médiane, d’au moins 11 250 religieux et religieuses. Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 166.

    3Archives générales du royaume (AGR), Bruxelles, série F1160 : Mouvement de la population et de l’état civil, années 1900-1914, cadre II, Immigration, 1900, non paginé ; Mouvement de la population et de l’état civil, cadre II, Immigration, 1904, non paginé.

    4Van den Dungen Pierre, Milieux de presse et journalistes en Belgique. 1828-1914, Bruxelles, Académie royale de Belgique, Classe des lettres, 2005, p. 227.

    5Journal de Charleroi, 21 mars 1906.

    6Le Peuple, 27 mars 1906.

    7Diaz Delphine, En exil. Les réfugiés en Europe de la fin du xviiie siècle à nos jours, Paris, Gallimard, 2021, p. 144.

    8Caralp Raymonde, « L’évolution de l’exploitation ferroviaire en France », Annales de géographie, t. 60, no 322, 1951, p. 321, [https://doi.org/10.3406/geo.1951.13310], consulté le 19 octobre 2023.

    9Deneckere Gita, Nouvelle histoire de Belgique. 1878-1905. Les turbulences de la Belle Époque, Bruxelles, Le Cri, 2010, p. 15.

    10Il y a moins de 3 000 voitures à moteur en circulation en France en 1900 (mais plus de 107 000 en 1914) et celles-ci restent un bien de « demi-luxe ». Fridenson Patrick, « Une industrie nouvelle : l’automobile en France jusqu’en 1914 », Revue d’histoire moderne et contemporaine, t. 19, no 4, 1972, p. 559-560, [https://doi.org/10.3406/rhmc.1972.2235], consulté le 19 octobre 2023.

    11Archives lasalliennes (AL), Lyon, série 92E-1 : pensionnat de Passy, dossier no 108 : Publicité, La revue continentale, 1908, sans date ni auteur, p. 6.

    12Archives diocésaines de Liège (ADL), Liège, fonds Rutten, dossier no 113 : religieuses expulsées de France, lettre collective du carmel d’Uzès à l’évêque de Liège, 19 septembre 1901.

    13Simon Aloïs, Catholicisme et politique. Documents inédits (1832-1909), Bruxelles, facultés universitaires Saint-Louis/Scaldis, 1955, p. 29-30.

    14Sous conditions, et envers ceux qui ne troublent pas l’ordre. Nézer France, La sûreté publique belge face aux Tsiganes étrangers, 1858-1914, Louvain-la-Neuve, Presses universitaires de Louvain, 2011, p. 57. Caestecker Frank, Alien Policy in Belgium, 1840-1940, Gand, université de Gand, 2000, p. 43.

    15Simon Aloïs, Le parti catholique belge…, op. cit., p. 85. Lamberts Emiel, « Les catholiques libéraux en Belgique à l’époque contemporaine », in Jacques Prévotat et Jean Vavasseur-Desperriers (dir.), Les « chrétiens modérés » en France et en Europe. 1870-1960, Lille, Presses universitaires du Septentrion, 2013, p. 120-121.

    16Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 173.

    17Ibid., p. 175.

    18Dumoulin Michel, Nouvelle histoire de Belgique. 1905-1918. L’entrée dans le xxe siècle, Bruxelles, Le Cri, 2010, p. 51.

    19Deneckere Gita, Nouvelle histoire de Belgique…, op. cit., p. 15.

    20Espagne et Québec accueillent respectivement 3 000 et 2 000 religieux français. Cabanel Patrick, « Introduction », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 12-13.

    21Francard Michel, « Le français en Wallonie », in Daniel Blampain, André Goose, Jean-Marie Klinkenberg et Marc Wilmet (dir.), Le Français en Belgique, Louvain-La-Neuve, Duculot, 1996, p. 231.

    22Von Busekist Astrid, La Belgique. Politique des langues et construction de l’État. De 1780 à nos jours, Paris-Bruxelles, Duculot, 1998, p. 148.

    23Mabille Xavier, « La question linguistique dans l’histoire politique de la Belgique », in Daniel Blampain et al. (dir.), Le Français en Belgique, op. cit., p. 435.

    24Witte Els et Van Velthoven Harry, Les querelles linguistiques en Belgique. Le point de vue historique, Bruxelles, Le Cri, 2011, p. 53.

    25AEM, AEM.02.166, dossier no 19 : Annales du carmel de Soignies, 1901-1987, Annales du carmel de Soignies, 1901-1987, sans auteur, p. 6.

    26Marcélis Anne-Dolorès, Femmes cloîtrées des temps contemporains. Vies et histoires de carmélites et de clarisses en Namurois, 1873-2000, Louvain-la-Neuve, Presses universitaires de Louvain, coll. « Arca-Sillages », 2012, p. 89.

    27Archives diocésaines de Bruges (ADB), Administratie, Documenten betreffende het bisdom, dossier no B190 : Over Franse Kloosters uit Frankrijk verbannen (wet É. Combes), 1901-1904, lettre du curé de Luingne à l’évêque de Bruges, 17 mai 1903.

    28L’indépendance belge, 2 février 1901.

    29Van den Dungen Pierre, Milieux de presse et journalistes en Belgique, op. cit., p. 49 et 117.

    30Le Journal de Charleroi, 4 février 1901.

    31Guissard Lucien, Les assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, Paris, Bayard, 1999, p. 11.

    32Ibid., p. 116.

    33Hilaire Yves-Marie, « Paul Féron-Vrau, directeur de La Croix (1900-1914) », in René Rémond et Émile Poulat (dir.), Cent ans d’histoire de La Croix 1883-1983, Paris, Centurion, 1988, p. 108.

    34Guissard Lucien, Les assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, op. cit., p. 32.

    35La Gazette de Charleroi, 4 mai 1900.

    36Laret-Kayser Arlette, « Bure », in Hervé Hasquin (dir.), Communes de Belgique. Dictionnaire d’histoire et de géographie administrative, vol. 1, Bruxelles, La Renaissance du livre/Crédit communal de Belgique, 1983, p. 261.

    37Le propos est toutefois rapporté. Archives des assomptionnistes, Paris, série RC Revues, Lettres à la dispersion, copie d’une lettre du r[évérend] p[ère] Emmanuel Bailly aux frères de la dispersion, depuis Bure, 28 juillet 1900.

    38Perier-Muzet Jean-Paul, « Tour du monde assomptionniste en 41 pays », Cahiers du bicentenaire d’Alzon, no 1, 2010, p. 37.

    39Cité dans Guissard Lucien, Les assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, op. cit., p. 32.

    40Archives des affaires étrangères de Belgique (AAEB), Bruxelles, série B (Belgique-France), dossier no 81 : Religieux français réfugiés en Belgique à la suite de la loi de 1901. Application de la loi de séparation dans les communes de la frontière belge. Inventaire de l’église de l’Abeele, dépêche d’Auguste Anethan (ministre de Belgique en France) au baron de Favereau (ministre des Affaires étrangères), 11 juilet 1901.

    41Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 158.

    42C’est le cas des frères maristes, enseignants. Lanfrey André, Marcellin Champagnat et les frères maristes. Instituteurs congréganistes au xixe siècle, Paris, éditions Don Bosco, 1999, p. 299.

    43Wynants Paul, « De la restauration à la rénovation. Les religieuses contemplatives en Belgique », in Filles du silence. Moniales en Belgique et Luxembourg du Moyen Âge à nos jours, Bastogne, musée en Piconrue, 1998, p. 76. Certaines par solidarité avec les jésuites et les assomptionnistes. Dufourcq Élisabeth, Les congrégations religieuses féminines hors d’Europe de Richelieu à nos jours, Paris, Librairie de l’Inde, 1993, t. 2, p. 477.

    44Lanfrey André, « De l’école congréganiste à l’école catholique », Revue d’histoire de l’Église de France, vol. 81, 1995, p. 55. Dominique Avon parle même de « climat général de démission des catholiques ». Il souligne aussi le rôle entraînant des jésuites sur les autres maisons religieuses masculines. Avon Dominique, Paul Doncœur, s. j., 1880-1961 : un croisé dans le siècle, Paris, Éditions du Cerf, 2001, p. 40.

    45Hasquenoph Sophie, Histoire des ordres et congrégations religieuses, op. cit., p. 1096-1101.

    46Outre l’antijésuitisme, il y a la crainte anticléricale des moines ligueurs qui comploteraient contre la République. Le contexte de défense républicaine lié à l’affaire Dreyfus et au procès des assomptionnistes est encore très proche. Guissard Lucien, Les assomptionnistes d’hier à aujourd’hui, op. cit., p. 32.

    47Bord Lucien-Jean, Histoire de l’abbaye Saint-Martin de Ligugé, 361-2001, Paris, Geuthner, 2005, p. 219.

    48Archives de l’Institut catholique de Paris (AICP), Paris, fonds Veuillot, versements non cotés, journal personnel de François Veuillot, entrée du 18 mars 1904.

    49Sorrel Christian, Le catholicisme français…, op. cit., p. 18.

    50Ainsi, le supérieur général des lasalliens est opposé à la sécularisation, mais pas son assistant. Lanfrey André, « De l’école congréganiste… », art. cité, p. 55.

    51Rigault Georges, Le temps de la « sécularisation »…, op. cit., p. 63.

    52On en trouve encore à Paris en 1908. Archives de Paris (ADP), Paris, série DV (fermeture des congrégations, séparation de l’Église et de l’État [1820-1961]), sous-série DV 67 à 76 (fermeture des établissements congréganistes [1871-1961]), dossier no 67, note de l’inspecteur d’académie au directeur des Affaires municipales, 9 décembre 1908.

    53C’est le nom donné, mais la commune précise où le pensionnat est bâti est Ramegnies-Chin.

    54Archives départementales du Nord (ADPN), Lille, sous-série 6V, clergé régulier, dossier 36, Établissements congréganistes autorisés, mais n’existant plus en fait (1904), procès-verbal de constat du commissaire de police du 2e arrondissement de Lille au préfet du Nord, 3 octobre 1904.

    55La séparation remonte à 1713. Depuis 1977, Comines (Belgique) a fusionné avec Warneton. Duvosquel Jean-Marie, « Comines », in Hervé Hasquin (dir.), Communes de Belgique…, vol. 1, op. cit., p. 333.

    56ADB, Handelingen van de bisschoppen en van de vicarissen (sede vacante) en aanverwante registere, Niew Bisdom, dossier no 518 (1903), lettre du vicaire général du diocèse de Bruges au curé de Comines, 9 février 1903.

    57ADB, B190, lettre du curé de Comines à l’évêque de Bruges, 20 février 1903.

    58Merle Gabriel, Émile Combes, op. cit., p. 304.

    59Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile, le monde des religieuses cloîtrées au xxe siècle, Ottignies, Quorum, coll. « Arca-Sillages », 1997, p. 119.

    60Launay Marcel, La papauté à l’aube du xxe siècle, Paris, Éditions du Cerf, 1997, p. 125.

    61Durand Jean-Dominique, « Rome, les congrégations et la France », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 100.

    62Par la suite Pie X se fait plus réservé et des questions d’autorité qui dépassent les congrégations rentrent en jeu. Paisant Chantal, De l’exil aux tranchées, le témoignage des sœurs, Paris, Karthala, 2014, p. 30-31.

    63La majorité des évêques « demeure sur la réserve pour respecter les orientations de Léon XIII attaché au Ralliement ». Sorrel Christian, Le catholicisme français…, op. cit., p. 75.

    64Il faut attendre 1919 pour voir se créer une assemblée des cardinaux et archevêques. Sutter Jacques, « Analyse organigrammatique de l’Église de France », Archives de sociologie des religions, no 31, 1971, p. 102, [https://doi.org/10.3406/assr.1971.2034], consulté le 19 octobre 2023.

    65Cabanel Patrick, « Le moment de l’exil », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 125.

    66Dufourcq Élisabeth, « Les lois anticongréganistes et les congrégations féminines », in Les congrégations religieuses et la société française d’un siècle l’autre, Paris, éditions Don Bosco, 2004, p. 85.

    67Curtis Sarah A., « Persécution et résistance… », art. cité, p. 177. Lanfrey André, « Les Frères enseignants face à la sécularisation, 1880-1914. Division, redéploiement, résistance, crispation », in Les congrégations religieuses et la société française, op. cit., p. 149-150.

    68Archives dominicaines de la province de France (ADPF), série C : maîtres de l’Ordre, dossier no 8 a-b : maître André Frühwirth, lettres encycliques et lettres circulaires, lettre circulaire du 26 août 1901.

    69Fin 1902, alors que d’importantes décisions doivent être prises par les dominicains et que l’expulsion approche, le maître de l’ordre est en Pologne. Ibid., lettre de Réginald Beaudouin au r[évérend] p[ère] provincial de France, 4 octobre 1902.

    70Même si certains instituts ont su profiter du temps gagné par la demande d’autorisation pour chercher un lieu de refuge. Lanfrey André, « Les frères enseignants… », art. cité, p. 150.

    71AEM, 02.166/19, Annales du carmel de Soignies 1901-1987, sans auteur, p. 1.

    72AEM, 02.166/19, dossier no 8 : lettres de Marie Berchmans du carmel de Rome adressées à la prieure au sujet de l’expulsion, 24 juillet-9 septembre 1901, lettre de Marie Berchmans à la prieure des carmélites de Riom, 1er août 1901.

    73Ibid., dossier no 7 : lettres du vicaire général du diocèse de Clermont au sujet du projet de départ des carmélites à l’étranger, lettre du vicaire général de l’évêché de Clermont à la supérieure générale des carmélites de Riom, 31 août 1901.

    74Ibid., dossier no 19, Annales du carmel de Soignies 1901-1987, sans auteur, p. 10-12.

    75Ibid., p. 7.

    76Ibid., dossier no 7, lettre de l’évêque de Clermont à la supérieure générale des carmélites de Riom, 31 août 1901.

    77Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 174.

    78Daniel Yvette, « Quelques aspects politiques, économiques et sociaux… », art. cité, p. 68.

    79La date précise de ces stipulations n’est pas connue mais remonte probablement à l’assemblée des évêques des 22 et 23 juillet 1901. Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 174.

    80Simon Aloïs, Le cardinal Mercier, Bruxelles, La Renaissance du livre, 1960, p. 65.

    81Le Peuple, 18 août 1901.

    82Le Petit Temps, supplément du numéro du dimanche du 19 avril 1903.

    83Sorrel Christian, Le catholicisme français…, op. cit., p. 51.

    84Nézer France, La sûreté publique belge face aux Tsiganes étrangers, 1858-1914, op. cit., p. 59.

    85Ibid., p. 49. Rousseaux Xavier et Somer David, « Pour une histoire de la Sûreté de l’État en Belgique. Essai autour de 175 années de pénombre », in Marc Cools et al., De Staatsveiligheid. Essays over 175 jaar Veiligheid van de Staat. La sûreté. Essais sur les 175 ans de la Sûreté de l’État, Bruxelles, Politeia, 2005, p. 52.

    86Caestecker Frank, Alien Policy in Belgium, 1840-1940, op. cit., p. 49.

    87Lentacker Firmin, La frontière franco-belge, Étude géographique des effets d’une frontière internationale sur la vie des relations, Lille, ministère de l’Éducation nationale et chambre de commerce et d’industrie de Lille-Roubaix-Tourcoing, 1974, p. 267.

    88Cabanel Patrick, « Le moment de l’exil », art. cité, p. 113-114.

    89Lanfrey André, Marcellin Champagnat…, op. cit., p. 300.

    90Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 175.

    91Daniel Yvette, « Quelques aspects politiques, économiques et sociaux… », art. cité, p. 69-70.

    92Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 161.

    93Ibid., p. 176.

    94Daniel Yvette, « Quelques aspects politiques, économiques et sociaux… », art. cité, p. 69.

    95AGR, série T034 : Papiers Van Den Heuvel, Politique intérieure, dossier no 19/2 : Souvenirs de ministères, compte-rendu du conseil des ministres du 31 décembre 1902.

    96Ibid., note du 20 avril 1903 du ministre de la Justice communiquée au ministre des Affaires étrangères.

    97Archivio Apostolico Vaticano (AAV), cité du Vatican, Archives des représentations pontificales, Bruxelles, Indice 1211, dossier no 69 : Nunziatura di Monsignor Granito di Belmonte (1899-1904), copie du mémorandum du gouvernement belge au nonce, 8 janvier 1903.

    98AGR T034, 19/2, lettre confidentielle du baron d’Erp au ministre des Affaires étrangères Favereau, 20 janvier 1903.

    99Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 178.

    100Ibid., p. 160.

    101AAV, Indice 1211, carton no 82 : Archivio di Sua Eccelenza Monsignor Antonio Vico, titolo VII-VIII, lettre du secrétaire d’État Merry del Val au nonce apostolique Antonio Vico, 8 juin 1904. Les informations données au baron d’Erp sont donc vraies, et les annonces suivies d’effet.

    102Ibid., lettre de Merry del Val à Vico, 3 août 1904.

    103Ibid., lettre de Vico à Merry del Val, 26 juillet 1904.

    104ADL, fonds Rutten, dossier no 117, correspondance du vicaire général Laminne, lettre de l’abbé Émile Gelin de Huy à Mgr Herzet, vicaire général du diocèse de Liège, 15 juin 1910.

    105Lacouture Jean, Jésuites, vol. 2, Les revenants, Paris, Le Seuil, 1992, p. 233.

    106Wynants Paul, « De la restauration à la rénovation », in Filles du silence…, op. cit., p. 76.

    107AJF, série F, dossier no 1204 : diaire de Péruwelz, 1901-1921, diaire de Péruwelz, p. 1.

    108Ibid.

    109ADPN, 6V 36, lettre du sous-préfet de Douai au préfet du Nord, 23 septembre 1901.

    110Ibid., 27 septembre 1901.

    111Hasquenoph Sophie, Histoire des ordres et congrégations religieuses, op. cit., p. 687.

    112Qui permet la fermeture des établissements d’enseignement autorisés des congrégations autorisées. Prost Antoine, L’enseignement en France. 1800-1967, Paris, Armand Colin, 1968, p. 207.

    113Sorrel Christian, La République contre les congrégations…, op. cit., p. 107.

    114Delpal Bernard, « L’application des lois… », art. cité, p. 63.

    115Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile…, op. cit., p. 26.

    116Luirard Monique, La société du Sacré-Cœur dans le monde de son temps, 1865-2000, Villeneuve d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2009, p. 186.

    117Paisant Chantal, De l’exil aux tranchées…, op. cit., p. 43.

    118Puis à Verviers. Van Keerberghen Marie-Xavier, Ursulines…, op. cit., p. 5.

    119Archives départementales de la Nièvre, Nevers, sous-série 6V : communautés de femmes, dossier no 7 : […] Ursulines de Nevers et Corbigny (1829-1904), rapport du brigadier de gendarmerie Labregère et du gendarme à cheval Boisset au commandant de brigade à cheval de gendarmerie de Corbigny, 14 juillet 1905.

    120Ibid., déclaration des sœurs citée dans le rapport du maréchal des logis Camus et du gendarme à cheval Roy au commandant de brigade à cheval de gendarmerie de Corbigny, 1er septembre 1905.

    121Merle Gabriel, Émile Combes, op. cit., p. 595.

    122Archives départementales de la Nièvre, 6V 7, note du sous-préfet de Clamecy au préfet de la Nièvre, 28 septembre 1905.

    123Byls Henk, Rester catholique en France, op. cit., p. 82.

    124Hasquenoph Sophie, Histoire des ordres et congrégations religieuses, op. cit., p. 1126.

    125Vienne Frédéric (dir.), Histoire du diocèse de Lille et de son territoire du Moyen Âge à nos jours, Eckbolsheim-Strasbourg, Signe, 2012, p. 244.

    126Byls Henk, Rester catholique en France, op. cit., p. 82.

    127Cholvy Gérard et Hilaire Yves-Marie, Histoire religieuse de la France. Géographie, op. cit., p. 139.

    128ADPN, série 6V, dossier no 25 : Établissements congréganistes d’enseignement. Enquête, rapport du commissaire spécial adjoint de Lille, au préfet du Nord, 8 octobre 1901.

    129Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile…, op. cit., p. 23.

    130Python Francis, « Le refuge suisse entre solidarités et animosités confessionnelles et politiques », in Patrick Cabanel et Jean-Dominique Durand (dir.), Le grand exil des congrégations religieuses françaises, op. cit., p. 234.

    131Marcélis Anne-Dolorès, Sous le voile…, op. cit., p. 24.

    132ADP, DV 71, État 1924, note sans auteur.

    133Ibid.

    134Boland Samuel J., Dictionary of the Redemptorists, Rome, Collegium S. Alfonsi de Urbe, 1987, p. 40.

    135Archives du Katholiek Documentatie – en Onderzoekscentrum (KADOC), Louvain, Instituts religieux-hommes, rédemptoristes, dossier no BE/942855/981 (rédemptoristes français à Essen [1907-1911]), lettre du révérend père Hermann à un révérend père non précisé, 31 juillet 1906.

    136Boland Samuel J., Dictionary of the Redemptorists, op. cit., p. 40.

    137KADOC, BE/942855/981, « Convention touchant le couvent Saint Gérard à Esschen », 21 juin 1907, sans auteur.

    138Soit 382 communautés. Moeys Hendrik, « “L’invasion noire” (1900-1905)… », art. cité, p. 161.

    139Murez Jean-Baptiste, « Les réactions belges à “l’exil” des religieux français en Belgique (1900-1914) », Revue d’histoire de l’Église de France, t. 108, no 260, 2022, p. 129, [https://doi.org/10.1484/J.RHEF.5.131715], consulté le 19 octobre 2023.

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    Murez, J.-B. (2025). Chapitre I. Le départ de France des congrégations. In L’exil des religieux français en Belgique. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/13l0c
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