• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16479 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16479 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • ›
  • Histoire
  • ›
  • Succès et échec de l’héroïsation
  • ›
  • Deuxième partie. Figures et genres de l’...
  • ›
  • César : du héros romain au héros europée...
  • Presses universitaires de Rennes
  • Presses universitaires de Rennes
    Presses universitaires de Rennes
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Rome : héros divin, héros exemplaire ? Moyen Âge et Temps modernes : l’homme aux deux visages Le temps du césarisme : l’apogée du statut héroïque de César (1850-1945) Épilogue : César face aux valeurs européennes Notes de bas de page Auteur

    Succès et échec de l’héroïsation

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    César : du héros romain au héros européen ?

    Christophe Badel

    p. 111-127

    Texte intégral Rome : héros divin, héros exemplaire ? Moyen Âge et Temps modernes : l’homme aux deux visages Le temps du césarisme : l’apogée du statut héroïque de César (1850-1945) Épilogue : César face aux valeurs européennes Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1En ce début du xxie siècle, César est sûrement l’individu le plus célèbre de l’Antiquité romaine, connu même en dehors des milieux cultivés. Comme toute célébrité, celle de César s’avère paradoxale, fondée sur des malentendus. Il apparaît aux yeux de beaucoup comme le premier des empereurs romains, alors qu’il n’a jamais porté ce titre, et sa mort tragique a contribué sans doute plus à sa notoriété que sa glorieuse existence. L’expression « les ides de mars », rappelant son assassinat, a figuré pendant longtemps parmi les références culturelles composant le bagage de l’homme cultivé. La mémoire l’associait au dernier « mot historique » du dictateur – tu quoque mi fili – qu’il n’avait pas dit en latin mais en grec, et on déduisait que Brutus était son fils, ce que la chronologie interdit. Parmi les quatre rois du jeu de carte, le roi de carreau se nomme César, aux côtés de David (pique), Alexandre (trèfle) et Charlemagne (cœur). Autant dire que le nom de ces quatre « souverains » (mais César ne l’était pas officiellement) résume les sources de la culture européenne, synthèse que l’Union européenne a bien du mal à réaliser actuellement.

    2Mais la célébrité suffit-elle à fabriquer un héros ? C’est bien le problème central posé par le statut héroïque de César. À première vue, il entre parfaitement dans le cadre des trois définitions du héros, fournies par les dictionnaires : l’homme exceptionnel divinisé après sa mort (selon le modèle grec), l’homme exceptionnel servant d’exemple, et le principal personnage de romans, pièces ou films. César fut bien divinisé, non seulement après sa mort, mais peut-être même de son vivant, et reçut un culte au moins jusqu’au début du iiie siècle. Il n’est pas contestable qu’il constitua un personnage d’œuvres de fiction depuis les romans du Moyen Âge (Le roman de Jules César au xiiie siècle), jusqu’aux films (Jules César et Cléopâtre de Mankiewicz en 1953 et 1963) et bandes dessinées du xxe siècle (Alix, créée en 1948 par Jacques Martin, ou Astérix, apparue en 1959). Mais le troisième sens, l’homme exemplaire, s’avère plus problématique, du moins si l’on se tient à une lecture positive de l’exemplarité. C’est cette dimension que le présent article entend explorer, en insistant évidemment sur le côté politique, au sens large du terme.

    Rome : héros divin, héros exemplaire ?

    3Des trois sens du mot héros, le premier, de nature religieuse, apparaît le moins contestable dans le contexte romain, même si la divinisation de César a été l’objet de maints débats et l’est d’ailleurs encore.

    4Pratique traditionnelle dans le monde grec, l’héroïsation d’un individu, après sa mort mais aussi de son vivant, était bien connue à Rome depuis qu’elle avait conquis l’Orient au iie siècle. Elle se traduisait par un culte et des honneurs (comme des jeux) comparables à ceux prodigués aux dieux et pouvait, d’une certaine manière, assimiler l’heureux élu à un demi-dieu. Dans les monarchies hellénistiques, les souverains les recevaient de leur vivant et par la suite, les généraux puis gouverneurs romains en furent aussi les bénéficiaires de la part de populations gréco-orientales, qui ne faisaient pas de différence entre leurs maîtres successifs1. Pour le romaniste, la question est de savoir si l’on peut distinguer une tradition romaine spécifique de même nature. Certains historiens ont mis en valeur les cultes familiaux du Genius du père de famille (de son vivant) et des Dieux Mânes, les ancêtres de la famille (après leur mort)2. Dans un cadre proprement romain, on peut noter que certains hommes politiques de la fin de la République, comme les Gracques ou Marius Gratidianus (neveu et lieutenant du chef populaire Marius) ont été l’objet d’un type d’honneur – des offrandes déposées devant leurs statues – comparables à ceux de l’héroïsation3.

    5Membre d’une gens « troyenne », prétendant remonter à la déesse Vénus, César pouvait se targuer d’une ascendance divine, l’une des conditions d’appartenance à la catégorie des demi-dieux dans sa conception primitive. Dès le début de sa carrière, il la mit en valeur et cette exaltation connut son acmé lors de la dictature, lorsqu’il plaça un temple de Vénus Génitrix au cœur de son forum, inauguré en 46 av. J.-C. Concernant les honneurs proprement divins, l’essentiel de notre information provient de l’historien Dion Cassius (de langue grecque), qui rédigea son Histoire romaine au début du iiie siècle, soit deux siècles et demi après les faits. À l’en croire, ils furent accordés de manière progressive, en trois temps. Après la victoire de Thapsus sur les républicains groupés en Afrique autour de Caton, sa statue fut installée dans le temple de Jupiter Capitolin avec une inscription le qualifiant de « demi-dieu », hemitheos (46), puis, après la victoire de Munda sur les fils de Pompée en Espagne, une autre statue fut déposée dans le temple de Quirinus, forme divinisée du roi Romulus, avec la dédicace « au dieu (theos) invincible » (45)4. Mais l’étape essentielle intervint peu de temps avant sa mort au début de l’année 44 : le Sénat lui décerna le titre de Iuppiter Iulius (Zeus Ioulios dans le texte grec) et organisa un culte en son honneur avec un temple (où son culte serait associé à celle de sa Clémence), des jeux quinquennaux et un prêtre, un flamine, assimilé au flamen Dialis, le flamine de Jupiter5. C’est son lieutenant Antoine qui reçut ce sacerdoce.

    6Tardif, le témoignage de Dion Cassius a pu être contesté sur certains points par les historiens modernes, sur la foi de Cicéron, la seule source contemporaine à en parler. L’illustre orateur, quant à lui, nomme César Divus Iulius, peu après sa mort, en septembre 44, ce qui est contradictoire avec le titre fourni par Dion Cassius6. Par ailleurs, le temple, peu documenté, aurait été plutôt un temple de la Clémence, dans lequel une statue de César aurait été déposée7. Plus largement, depuis le grand historien allemand Théodor Mommsen, toute une tradition historiographique estime que la consecratio, terme technique désignant la divinisation, ne fut votée qu’en 42, après la mort de César, qui n’aurait pas porté le titre de Divus Julius de son vivant8. Une telle opinion apparaît toutefois démentie par le témoignage de Cicéron, qui mentionne en même temps le titre et la fonction de flamine9. Quoi qu’il en soit du processus réel et complet de « divinisation », les honneurs rendus à César de son vivant l’assimilent bien à un héros grec, c’est-à-dire un homme exceptionnel méritant un culte en raison de ses mérites10. À cet égard, les termes grecs utilisés par Dion Cassius s’avèrent significatifs : s’il emploie le mot hèmiteos, à savoir « demi-dieu », à propos du texte accompagnant la statue de César placée dans le temple de Jupiter, il choisit le terme hèrôs pour qualifier le dictateur lors de sa description des funérailles d’Auguste11.

    7Le jeu d’équivalence manié par Dion à propos du mot diuus prouve à l’évidence que le futur culte impérial, dont le culte de César jeta les bases, peut être interprété sous l’angle de l’héroïsation (même s’il n’en épuise pas tous les aspects). Le statut de César puis des empereurs divinisés oscille entre celui de héros et celui de demi-dieu, ce qui est à peu près la même chose. Dans le cas de César lui-même, le modèle royal pesa sûrement d’un grand poids, peut-être celui des monarchies hellénistiques, mais sûrement celui des rois albains, ancêtres de Jules César et inspirateurs du premier roi de Rome, Romulus. Non seulement ce dernier fut divinisé après sa mort sous le nom de Quirinus (dans le temple duquel une statue de César fut installée) mais la tenue des rois albano-romains, héritée ensuite par les triomphateurs, imitait celle de Jupiter, dont le souverain était comme une incarnation (dieu auquel César fut assimilé selon Dion et dont le temple du Capitole reçut l’autre statue du dictateur)12.

    8Quelles qu’aient été sa forme et sa nature, le culte du héros César était à peine amorcé lorsqu’il fut assassiné le 15 mars 44 : le temple n’était pas encore construit (s’il avait été vraiment prévu) et le flamine pas encore intronisé. Sa mort ouvrit une année et demie d’incertitude qui a été à l’origine de nombreux débats et de nombreuses hypothèses. Les monnaies frappées par Antoine et ses partisans en 44-43 ne mentionnent ni la divinité de César ni le flaminat attribué au chef césarien13. Si les partisans de la thèse « mommsenienne » y ont vu une preuve de l’absence de consecratio en 44, l’école antagoniste explique ce silence par la politique de conciliation menée par Antoine envers le Sénat puis sa volonté de bloquer le prestige ascendant de son rival Octave, Diui filius. De fait, dès l’été 43, le jeune homme émit, pour payer ses soldats, des deniers présentant les légendes Diui Iuli (autour de la tête de César) et Diui Iuli f(ilius) (autour de la tête d’Octave)14. Sa propagande mit aussi à profit l’apparition d’une comète, survenue pendant les Ludi Victoriae Caesaris en juillet 44, visible dans le ciel pendant sept jours, dont le peuple pensa qu’elle transportait l’âme de César chez les dieux. Cette « étoile julienne » (Sidus iulium) ou « astre de César » (Caesaris astrum) devait devenir le symbole de la divinisation/héroïsation du dictateur sous Auguste15.

    9La réconciliation des chefs césariens et la constitution du second triumvirat à l’automne 43 clôturèrent cette période d’ambiguïté et les partisans de la thèse « mommsenienne » placent au 1er janvier 42 le vote de la loi de consecratio de César. En réalité, Dion Cassius, qui constitue à nouveau la principale source sur le sujet, parle à cette occasion de l’inauguration, c’est-à-dire en termes romains du début de la construction, du temple du Divin César (aedes Diui Iulii)16. Il fut installé à l’est du forum, à l’endroit du bûcher funèbre du dictateur, improvisé par le peuple lors de ses funérailles, et abritait une statue du héros couronnée d’une étoile, le Sidus iulium. Après une nouvelle période de tension avec Antoine, la paix de Brindes permit à Octave de parachever le processus de divinisation/héroïsation de César en le faisant pleinement accepter par Antoine (40). Le triumvir endossa enfin le flaminat du Diuus Iulius et fit frapper une monnaie représentant le Sidus iulium17. Si le temple ne fut terminé et dédicacé qu’en 29, la reconnaissance officielle du statut héroïque de César s’avérait totalement validée.

    10Dès lors, la place de l’ancien dictateur au sein des divinités officielles de la religion romaine ne fut plus remise en cause. Sa divinisation/héroïsation constitua un modèle pour celles d’Auguste puis des empereurs successifs, même si les modalités en furent plus régulières et plus « normées ». C’est dire son importance pour la naissance du culte impérial. Comme pour tous les dieux romains et les empereurs divinisés, une fête annuelle était prévue en son honneur, le 12 juillet, jour de son anniversaire. Un dernier témoignage en est fourni par le calendrier de Doura Europos (Feriale Duranum), datant du règne de l’empereur Sévère Alexandre (222-235). Il énumère la liste des fêtes prévues pour une petite garnison romaine des bords de l’Euphrate, la XXe cohorte des Palmyréniens, incluant les diui (dont César)18. En dépit de ses débuts laborieux, voire chaotiques, la qualité de héros « divin » de César dans le monde romain n’est donc pas contestable.

    11Il s’en faut de beaucoup qu’il en soit de moi-même pour le héros exemplaire. Certes, dans les premières années de sa carrière, Octave exploita à fond la référence césarienne, puisque sa filiation avec le dictateur constituait son seul atout politique. Dans les années quarante, le thème de la vengeance de César lui servit autant à légitimer son action qu’à discréditer celle des autres césariens, accusés de la négliger. Mais, une fois le pouvoir assuré, la vengeance devint plus embarrassante et l’ombre de César se révéla encore plus gênante lorsque Octave, devenu Auguste, prétendit restaurer la res publica. César ne pouvait être un modèle politique pour le princeps, tant il était lié à la dictature et à l’aspiration à la royauté. Pour cette raison, les références à César déclinèrent régulièrement au cours du règne, même si les historiens actuels ne sont pas tous d’accord sur le degré d’effacement du grand homme19. Un fait célèbre l’illustre toutefois : en 42, au moment de la bataille de Philippes, Octave voua un temple à Mars Ultor, le Mars « Vengeur », afin de célébrer son action filiale vengeresse, mais, lorsque quarante ans plus tard, le temple fut enfin dédicacé, Auguste préféra mettre en valeur la revanche du peuple romain sur la défaite de Carrhae, subie face aux Parthes (53) et réparée par la rétrocession des enseignes perdues (20), entreposées dans l’édifice20.

    12Pour la même raison, César ne fut jamais un héros exemplaire, à imiter pour les empereurs romains. Il incarnait trop le modèle de la tyrannie pour des souverains qui se voulaient les simples mandataires de la res publica, d’abord par référence au paradigme augustéen au ier siècle, puis à celui du bon roi, d’origine hellénistique, à partir du iie. Lorsque la figure d’Auguste s’estompa au iie siècle, il fut remplacé comme exemple impérial par Trajan et surtout Marc Aurèle21. Avec le poème épique La Pharsale, composé par Lucain sous le règne de Néron, César entre dans la catégorie des héros « artistiques », mais il campe un héros négatif. C’est son adversaire Pompée, qui incarne le héros exemplaire, alors que César représente le vice, en opposition au vertueux Caton22. Bien plus nuancées, les deux grandes biographies antiques du dictateur, rédigées toutes deux au tournant des ier et iie siècles, par Plutarque (en grec) et Suétone (en latin), ne cachent toutefois rien de ses défauts et n’en font pas un exemple, au sens positif du terme. Dans leur optique, on peut seulement considérer que César est un personnage « exemplaire », au sens où il incarne un type, celui du conquérant pour Plutarque (il est associé à Alexandre), celui de l’empereur pour Suétone (il ouvre la série des biographies impériales)23.

    13Un texte satirique de la fin de l’Antiquité résume bien la vision que les Romains eurent de César tout au long de la période impériale. Il s’agit des Césars de l’empereur Julien, datés des Saturnales (décembre) de l’année 362. L’auteur imagine un concours où les dieux doivent décider qui fut le meilleur des souverains romains. Considéré comme le premier empereur, César ouvre le défilé des candidats, se fait remarquer par sa beauté mais s’attire aussi les plaisanteries de Silène sur son ambition royale (Zeus est prié de faire attention à sa propre royauté)24. Sélectionné parmi les quatre finalistes, avec Auguste, Trajan et Marc Aurèle, fier et insolent, il exalte ses victoires mais aussi sa clémence25. Interrogé sur le but de son existence, il déclare avoir voulu être le premier parmi ses concitoyens, et ne remporte pas le concours, gagné évidemment par Marc Aurèle26. Grand conquérant mais ambitieux avide de pouvoir, tel est le portrait de l’homme retenu par les Romains, qui va marquer la conscience européenne pendant des siècles.

    Moyen Âge et Temps modernes : l’homme aux deux visages

    14À plusieurs siècles de distance, cette dualité triomphe à nouveau lorsque César réapparaît dans les sources médiévales à partir des xiie-xiiie siècles, que ce soient des romans, des traités politiques ou des adaptations d’œuvres latines (comme La Pharsale)27. Il figure dans la liste des neuf preux (une équivalence médiévale possible du héros) mais sa figure pâlit face à celle d’Alexandre et la comparaison entre les deux conquérants tourne en général à son désavantage28. Du reste, dans le domaine romanesque, il ne connait pas le succès d’Alexandre ou d’Arthur et l’on peut parler à cet égard d’échec littéraire, peut-être parce que son personnage est trop historique (il s’agit ici du troisième sens du mot « héros »). Le Roman de Jules César, écrit par Jean de Thuin au xiiie siècle, principale œuvre dont il est le personnage central, n’est connu que par un seul manuscrit29. De manière générale, les auteurs reconnaissent ses qualités militaires mais brocardent son ambition et son orgueil. Il apparaît comme une figure ambiguë, caractérisation qui pourrait aussi bien qualifier son statut à l’époque romaine30.

    15C’est Christine de Pizan, au xive siècle, qui en présente l’image la plus positive dans le cadre de la réflexion médiévale sur le bon prince. Si elle reconnaît son orgueil, elle valorise surtout la multiplicité de ses talents, dans les domaines militaires, humains et culturels. Grand conquérant, il est aussi empreint de bonté et capable de concevoir de vastes projets culturels, ce qui en fait clairement une figure exemplaire31. Si en Angleterre, Geoffroy de Monmouth, dans son Historia regum Britannie (xiie siècle), dresse un portrait négatif d’un conquérant qui n’a pu conquérir l’île, le courant gibelin italien exalte un gouvernant qui s’identifie à la grandeur passée de l’Italie (xive siècle)32. Cet usage politique du dictateur s’amplifie à la fin du Moyen Âge, en raison de sa filiation avec Troie, à une époque où le mythe des origines troyennes de la monarchie française prend son essor. Mais c’est la redécouverte des Commentaires et ses traductions françaises qui lui donnent une nouvelle actualité au xve siècle33. Après une première version, réalisée à la cour de Bourgogne pour Charles le Téméraire (1473), une traduction s’impose, celle de Robert Gaguin, offerte à Charles VIII en 1485. Est-il besoin de préciser que le conquérant de la Gaule est proposé à ces deux princes avides de gloire militaire ?

    16La période moderne va exploiter avec surabondance ce filon d’un César modèle royal mais aussi poser les bases d’un discours critique qui traversera les siècles. La dualité ou l’ambiguïté du dictateur sont plus que jamais à l’ordre du jour. La Renaissance, qui redécouvre Plutarque, aime les grands hommes (concept parent mais distinct du héros), mais guette aussi leurs faiblesses. D’un côté, César est proposé en modèle à François Ier, qui rêve de conquêtes italiennes, ou à Henri IV, qui désire réconcilier les Français après une guerre civile34. Dans la France des xvie-xviie siècles, beaucoup de villes font remonter leur origine au conquérant, ce qui lui confère un statut de héros fondateur, selon un modèle bien connu de l’Antiquité gréco-romaine35.

    17D’un autre côté, les humanistes réprouvent son ambition, qui l’a poussé à rechercher la gloire au prix de la ruine de son pays. Choqué par son autoritarisme, Montaigne reconnaît toutefois sa personnalité géniale, ce qui pourrait être une façon de dépasser ses contradictions, puisque les notions de bien et de mal n’ont plus de sens à ces hauteurs36. Plus positif, Ronsard voit en lui un « homme total », à la fois homme d’État, homme de guerre et homme de lettres, ce qui est une autre façon d’affirmer son génie. Avec le génie, nous croisons un autre concept, parent mais distinct du héros, appelé à un bel avenir. Sa dimension « parareligieuse » le rapproche d’ailleurs du premier sens du terme, le héros divin, et les humanistes sont impressionnés par son épilepsie, considérée en son temps comme l’indice d’un commerce avec le divin37.

    18Mais la véritable nouveauté de la Renaissance réside dans la naissance du « courant républicain », relayé par la réflexion des philosophes au xviiie siècle. Pour Machiavel et Guichardin, nourris des lectures de Tite-Live, admirateurs de la République romaine, César est l’archétype du tyran, l’homme qui a détruit la République, l’antithèse du bon homme politique qui aime les lois de son pays38. Il n’est qu’un Catilina qui a réussi. Même sa clémence est dénigrée, car vue comme une insulte envers la République, et sa douceur n’est qu’une hypocrisie. Aux yeux de Montesquieu, Alexandre était plutôt meilleur car il conquérait pour tout préserver, alors que César le faisait pour tout détruire. Influencés par Lucain, ces penseurs aiment à broder sur l’opposition Caton/César, entre la vertu et le vice, la liberté et la tyrannie. Mais lecteurs de Plutarque, ils ne peuvent nier ni sa gloire militaire ni ses talents littéraires. Dès lors, leur stratégie consiste à trier entre aspects méritoires et critiquables et à faire de César pour l’essentiel un symbole. Ils ne réfèrent plus au « vrai » César mais à l’incarnation d’un concept, la quintessence de la tyrannie, selon un processus d’abstraction comparable à celui du césarisme au xixe siècle.

    19Toutefois, cette « diabolisation » trouve ses limites chez des philosophes qui ont conscience que l’évolution des régimes politiques dépend de facteurs autrement plus profonds que l’action humaine. La chute de la République romaine est le résultat de causes structurelles et cette vérité influence la réflexion de penseurs politiques, de Machiavel aux Pères fondateurs de la constitution américaine, dont la référence première reste la « constitution mixte » de Rome, théorisée par Polybe39. D’une certaine façon, on peut dire qu’ils minorent ainsi l’héroïsation de César, si l’on accepte une interprétation négative du héros. En Angleterre, ces débats possèdent une réelle actualité, puisque c’est la seule nation européenne dotée d’un régime parlementaire, parfois comparé au système républicain aristocratique de Rome. Pour les whigs du xviiie siècle, partisans du parlementarisme, César a instauré sa tyrannie en corrompant la populace40. Mais les tories, soutiens du pouvoir royal, voient les choses autrement : le Sénat opprimait le peuple et César a seulement cherché à le secourir, en résolvant le problème agraire, sans ambition monarchique. Dans le contexte de la guerre d’indépendance américaine, les arguments peuvent toutefois être renversés et César comparé aux whigs radicaux, soutiens des révoltés.

    20À l’extrême fin du xviiie siècle, un seul personnage majeur dépasse cette dualité et assume toutes les facettes de l’exemple césarien : Napoléon Bonaparte41. Au même titre qu’Alexandre, il admire le général mais estime qu’il a eu plus de mérite que le roi macédonien, car ses adversaires étaient plus dangereux. Mais il adhère aussi à l’homme d’État, dont les réformes rappellent les siennes et dont le pouvoir despotique ne le gêne aucunement. À l’image du dictateur, il veut refonder la France comme il a refondé Rome. Curieusement, cette admiration ne s’étend pas aux empereurs romains, qu’il méprise, à commencer par Auguste. Dès le Consulat, ses panégyristes le comparent à César, à l’exemple du Parallèle entre César, Cromwell, Monk et Bonaparte, sans doute commandité par son frère Lucien (1800). Le pamphlet irrita le Premier Consul, car il évoquait prématurément le rétablissement d’une monarchie héréditaire, et Lucien fut renvoyé du ministère de l’Intérieur. Mais le rapprochement n’en restait pas moins pertinent : au soir de sa vie, à Sainte-Hélène, Napoléon rédigea un essai sur la guerre des Gaules, analysant les schémas tactiques de César comme s’il se fut agi d’un général contemporain.

    Le temps du césarisme : l’apogée du statut héroïque de César (1850-1945)

    21En définitive, au début du xixe siècle, les oscillations du jugement sur César ne sortaient pas du cadre défini par ses biographes antiques huit siècles plus tôt. Mais le milieu de ce siècle devait voir un changement de paradigme et faire de César le héros d’un nouveau modèle politique promis à un grand rayonnement, le césarisme. Durant une centaine d’années, de 1850 à 1945, le statut héroïque du dictateur connut son apogée, du moins aux yeux de certains courants politiques et intellectuels. D’une certaine façon, cette acmé fut préparée par le triomphe du romantisme qui exalta la liberté absolue d’un individu prêt à tout risquer pour atteindre sa transcendance, pour saisir « la vie de la vie42 ». Les concepts de génie comme de grand homme connurent des redéfinitions drastiques qui affectèrent la vision de César43. Autant qu’un héros, ce dernier fut aussi considéré comme un grand homme et un génie et les trois concepts se confondirent dans sa seule personne.

    22Apparu vers 1845-1850, simultanément en Allemagne et en France, attribué au pasteur allemand J. F. Böhmer ou au penseur socialiste français Proudhon, le concept de césarisme fut en réalité l’objet d’une première théorisation sous la plume d’un essayiste conservateur Auguste Romieu dans l’Ère des Césars (1850)44. Face au danger représenté par les masses prolétariennes, « les nouveaux barbares », il y prédit l’avènement d’un pouvoir fort, différent des royautés d’Ancien Régime car de nature militaire (comme celui des Césars romains). Par la suite, le développement du phénomène a amené les historiens et politistes actuels à le caractériser par trois critères : le recours au suffrage universel mais sous la forme du plébiscite, l’incarnation du peuple dans le chef, le rejet des corps intermédiaires45. Selon le modèle révolutionnaire, le peuple est conçu comme une totalité, le peuple-un, et selon le modèle bonapartiste, s’incarne dans son chef, l’homme-peuple. Aux yeux de beaucoup, un tel système politique avait le mérite d’assumer l’héritage démocratique tout préservant les principes d’ordre et d’autorité.

    23À la vérité, le césarisme tirait à l’origine plus son nom de la fonction impériale que du conquérant de la Gaule mais le césarisme devait modifier la vision de César autant que César avait inspiré le césarisme. Il est vrai qu’un très grand historien allait apporter sa caution scientifique à cette idéologie, Theodor Mommsen, auteur d’une Histoire romaine (1845) largement traduite et diffusée en Europe (à partir des années 1860)46. Il y décrit un génie politique, fondamentalement démocrate, assumant le pouvoir absolu pour le bien du peuple, dans une volonté de régénération de la nation. Et Mommsen d’insister : ce monarque ne fut jamais un roi, ni un tyran. Il n’avait d’autre but que de réaliser le programme démocratique des Gracques et donna corps à la démocratie romaine par la monarchie. Une telle démonstration représentait du pain béni pour les tenants du césarisme qui prétendaient précisément réconcilier démocratie et pouvoir personnel. Les remarques acides de l’historien sur les sénateurs optimates ou le « pauvre » Cicéron ne pouvaient qu’agréer à ces contempteurs du parlementarisme. L’ironie amère de l’histoire était que Mommsen, libéral hostile à l’autoritarisme de Bismarck, estimait le césarisme inapte à résoudre les problèmes d’une société moderne, alors qu’il voyait l’œuvre de César comme bénéfique pour celle de son temps.

    24Au lendemain même de la parution de l’ouvrage d’Auguste Romieu, l’évolution politique de la France sembla lui donner raison avec le coup d’État du 2 décembre 1851 puis la proclamation du Second Empire. Le bonapartisme fut le premier mouvement politique à être qualifié de césarisme tout comme le Second Empire fut le premier régime à être rangé dans cette catégorie. Précisons d’ailleurs que ce qualificatif fut également utilisé par ses partisans comme par ses contempteurs. En ce qui concerne Napoléon III, ses préoccupations sociales – il se disait même socialiste – cadraient bien avec ce modèle politique d’une « monarchie démocratique » et César lui apparaissait comme l’idéal même de l’homme providentiel (un autre concept distinct mais parent) qu’il prétendait être47. Son intérêt pour l’homme César, et pas seulement le modèle politique, fut illustré par sa rédaction d’une biographie de César, dont le sérieux scientifique n’est d’ailleurs pas contestable (1865). Son admiration pour son héros, dont le destin résonnait comme un écho du sien, l’amenait logiquement à considérer la défaite des Gaulois comme salutaire car elle avait permis l’entrée de la France dans la civilisation48. À ce titre, César était célébré comme un héros civilisateur, schéma idéologique remontant d’ailleurs à l’Antiquité. Après celle de Napoléon Ier, l’identification de Napoléon III avec César diffusa largement une lecture « napoléonienne » du héros, chez ses critiques comme ses admirateurs.

    25Dès lors, César s’imposa comme la référence originelle des mouvements à la fois nationalistes, populistes et autoritaires, que connut l’Europe à la fin du xixe siècle et au début du xxe siècle. La critique de l’État libéral lui conféra une importance de premier plan, même en Grande-Bretagne, foyer du parlementarisme. Dans ce pays, la biographie la plus influente émana de James Anthony Froude (Caesar: a sketch, 1879), qui le présenta comme un leader démocratique luttant contre la corruption du Sénat et restaurant la liberté populaire49. L’ouvrage fut une source d’inspiration pour les « impérialistes sociaux » de l’ère victorienne qui voyaient dans César autant le créateur de l’Empire romain que le réformateur social. Leur vision associait un régime autoritaire et social avec l’impérialisme colonial et César s’imposait comme l’incarnation la plus accomplie d’une telle politique. Marqués par Froude, les colonisateurs britanniques de l’Inde se comparaient régulièrement aux Romains et désiraient imiter les méthodes appliquées par César dans la conquête de la Gaule50. Critique du libéralisme et idéologie impérialiste se sont donc conjuguées pour stimuler l’« apogée victorien » de César51.

    26Outre ces raisons proprement politiques, le climat idéologique plus global de l’époque favorisait l’exaltation du héros César tout en remodelant son image. Le foyer central en était la nouvelle figure du grand homme, incarnation de la nation, capable à lui seul de faire l’histoire. Chez Nietzsche, il était non seulement un génie, mais plus encore un titan, remarquable par sa force intérieure, illustrant les valeurs du guerrier aristocratique face à celles du christianisme, sacerdotales et plébéiennes52. En vérité, il a tout du surhomme, nouveau concept parent et distinct du héros. Pour le philosophe allemand Oswald Spengler, obsédé par Le Déclin de l’Occident (1918-1922), César était un symbole d’unité, de force et de pouvoir, pratiquant la destruction créatrice, le type de dirigeant politique seul capable d’enrayer le déclin de l’Occident53. Dans le cadre italien, une telle vision se colorait d’une teinte raciale, voire raciste, puisqu’il se muait en héros de la race italienne54. Dans la tragédie Jules César de l’écrivain nationaliste et esthète Corradini, son assassinat n’est autre qu’un double parricide, commis sur l’incarnation même de la patrie romano-italienne (1902).

    27Toutefois, il s’en fallait de beaucoup que tous aient partagé cette appréciation positive et César n’était pas plus consensuel que de son vivant, d’autant plus que son personnage n’était plus séparable du césarisme. Les libéraux de toutes tendances le considéraient toujours comme un tyran, en dépit de leur admiration pour ses talents militaires et littéraires, et une lecture « cicéronienne » de l’histoire entretenait toujours la nostalgie pour la République romaine, modèle resté incontournable pour les républicains de la Belle Époque. À l’instar de Charles Maurras, les conservateurs traditionalistes et contre-révolutionnaires se montraient tout aussi critiques envers le césarisme moderne, fossoyeur des libertés capétiennes. Les socialistes se montraient plus partagés, dans la mesure où certains, comme Proudhon, avaient à l’origine pris au sérieux la nature « démocratique » du césarisme55. Par la suite, si les marxistes diabolisaient César, vu sous le prisme « napoléonien », les socialistes « nationaux » pouvaient s’en revendiquer, tel l’Italien Labriola au moment de la conquête de la Libye56.

    28En France même, la figure du héros civilisateur était loin de faire l’unanimité, dans le cadre de la relation dialectique avec son adversaire Vercingétorix. Dès la Restauration, le chef gaulois avait été promu au statut de héros romantique et l’école républicaine le plaça au premier rang du panthéon national. Une telle évolution fut légitimée par le grand historien de la Gaule romaine, Camille Jullian qui, dans son Histoire de la Gaule (1907-1926), dénonçait la conquête romaine comme une tragédie et fustigeait César comme un criminel57.

    29Qu’il soit abordé de façon positive ou négative, il n’en reste pas moins que le concept de césarisme s’était imposé dans la réflexion politique du temps, accompagné à un degré inférieur de comparaisons répétées de tel ou tel homme politique avec César dans le contexte de la polémique politique. Max Weber l’utilisa pour critiquer Bismarck autant que Gramsci pour comprendre l’évolution de l’Italie au lendemain de la Guerre mondiale58. Tout naturellement, il fut utilisé pour interpréter le fascisme puis le nazisme et l’on se souvient de la comparaison fameuse de Mussolini avec « un César de carnaval », faite par l’homme politique français Paul-Boncour. Pour autant, il ne faut pas surestimer la dilection de ces régimes pour César et encore moins son exclusivité. Mussolini regrettait la grandeur romaine et Hitler admirait l’État romain, ces sentiments englobant César, mais sans focalisation particulière59.

    30En réalité, la référence romaine de Mussolini fut non César mais Auguste, dont il fêta le bimillénaire de la naissance avec faste60. Dans les cercles fascistes, l’enjeu essentiel résidait dans le rapport d’Auguste à César, traditionnellement pensé au détriment du premier, dont la prudence était opposée à l’audace césarienne. Avec des nuances diverses, historiens universitaires et journalistes fascistes insistèrent sur la continuité entre les deux hommes, dans un climat général de revalorisation de l’œuvre augustéenne, même si l’italianité de César fut aussi célébrée dans la ligne nationaliste d’avant-guerre. Au plan européen, l’hégémonie allemande pendant la guerre ne profita pas toujours à l’ancien dictateur : en France, le régime de Vichy célébra Vercingétorix comme le premier héros français, alors même que son ministre de l’Éducation le plus connu, l’historien Jérôme Carcopino, avait manifesté son admiration pour César, dans une veine très « mommsenienne », dans un ouvrage alors récent (1936)61.

    Épilogue : César face aux valeurs européennes

    31La fin de la Seconde Guerre mondiale et l’effondrement des fascismes signèrent la fin du césarisme comme modèle politique en Europe. Il avait été déconsidéré par les dictatures de l’entre-deux-guerres et son projet d’une « démocratie » alternative à la démocratie libérale s’était avéré illusoire. Sur le plan proprement conceptuel, il fut rapidement frappé de désuétude dans la mesure où le concept de totalitarisme l’éclipsa pour comprendre et interpréter le fascisme et le nazisme, regroupés dans la même catégorie que le communisme62. Quant au statut héroïque de César, il connut le même déclin pour des raisons également politiques et conceptuelles. Dans le domaine intellectuel, sous l’effet de théories comme le marxisme ou le structuralisme, l’idée du grand homme moteur de l’histoire apparut ridicule, en comparaison des facteurs économiques ou des structures fondamentales, même si une grande partie de l’opinion y restait attachée.

    32Dans le cas précis de César, la recherche historique le détrôna de son rôle de fondateur de l’Empire au profit d’Auguste, devenu le nouveau pivot de l’histoire romaine. Initiée avant-guerre, déjà repérable dans la politique fasciste, cette interprétation s’imposa comme la nouvelle vulgate dans la communauté scientifique. Dès 1939, le livre magistral de Ronald Syme sur l’ascension et le règne d’Auguste avait placé le fils adoptif de César au cœur de la « Révolution romaine63 ». Une interprétation radicale, portée par Christian Meier, en fit un aristocrate comme les autres, dépassé par la situation, incapable de trouver une solution à la « crise sans alternative64 ». Nous sommes loin du César visionnaire de Mommsen, Froude et Carcopino. C’est Auguste qui aurait été le véritable pionnier, l’inventeur d’une nouvelle formule politique.

    33Sur le plan politique, César apparut en totale contradiction avec les valeurs de la nouvelle communauté européenne, créée en 1957. Elle célébrait la paix et la démocratie : ce fut un conquérant et un dictateur. Bien qu’il ait ajouté la Gaule au domaine de Rome, il ne pouvait non plus être considéré comme le précurseur d’une Europe unifiée puisque l’empire romain de son temps excédait déjà de beaucoup ces limites. Il lui était donc difficile de prétendre au statut de « père de l’Europe » à l’image de Charlemagne, son compagnon des jeux de cartes (voici à nouveau un concept parent et distinct à la fois). Certes l’empereur « à la barbe fleurie » avait été aussi un guerrier et un monarque, bien étranger aux valeurs européennes, mais il avait le mérite d’avoir régné sur l’ensemble de l’Europe occidentale, dans un territoire correspondant grossièrement à celui des sept pays créateurs de la CEE. Il n’est donc pas étonnant que le prix international récompensant une personnalité ayant œuvré pour l’Europe, créé dès 1950, se soit appelé « Prix Charlemagne » et non « Prix César ». Il est vrai que les mouvements « nationaux-populistes », très en vogue actuellement, héritiers directs du courant césarien, pourraient se réclamer de lui, mais leur conviction anti-européenne n’aiderait pas César à devenir un héros européen.

    34Cette marginalisation se lit dans les manuels d’histoire européenne, rédigés au cours des années 1990. La Communauté économique européenne se transforma en Union européenne (1992) et certains cercles intellectuels éprouvèrent alors le besoin de construire un récit sur l’histoire de l’Europe, qui participerait à la construction d’une mémoire et d’une identité proprement européennes. Ces synthèses avaient pour ambition d’être les matrices de futurs manuels de l’enseignement secondaire, uniformisés à l’échelle européenne, qui ne virent finalement jamais le jour. En France, Frédéric Delouche fut le principal artisan de ce projet, qui déboucha sur deux ouvrages. Publié sous la direction de Jean-Baptiste Duroselle, le premier, L’Europe, histoire de ses peuples (1990), ne parle pas de César pour lui-même mais toujours de façon allusive à propos des Celtes ou de Napoléon65. Le second, Histoire de l’Europe (1992), composé par douze historiens européens, se présente clairement comme un « euromanuel ». Il mentionne directement César, mais de façon très rapide à l’occasion de la conquête du sud de l’Angleterre et de la Gaule, et le présente ensuite, lors du passage sur l’agonie de la République romaine, comme l’un des généraux qui connurent successivement la gloire militaire et l’assassinat, sur le même plan que Pompée (le texte ne précise pas qu’il fut le vainqueur de la lutte66). De toute façon, pour les deux ouvrages, Auguste est le véritable fondateur de l’Empire romain et son règne occupe la place centrale dans le récit de l’histoire de Rome. Au reste, ils ne font que se conformer au renouvellement de la recherche, ce qui est aussi le cas des manuels français actuels.

    35Dans l’esprit du grand public, en revanche, la mémoire de César reste bien présente et sa perte de sens politique ne lui pas été forcément négative. De fait, la référence à César n’est plus d’actualité dans le champ politique et les politiciens ne se jettent plus l’insulte de « César » à la tête. Lorsque François Mitterrand accusa de Gaulle de perpétuer un « coup d’état permanent » à partir de 1958, il fit allusion au coup d’État du 2 décembre 1851, pas au franchissement du Rubicon. De ce point de vue, César n’est plus prisonnier du césarisme. Il s’ensuit une redéfinition de son image, très sensible dans les œuvres de fiction. Depuis 1945, il a été régulièrement mis en scène dans des romans, films ou bandes dessinées, rarement comme personnage principal, le plus souvent comme un « brillant second », aux côtés de Cléopâtre, Crassus ou Vercingétorix. Dans ces œuvres, la dimension politique du héros, celle du tyran, qui avait tant gêné les générations antérieures, disparaît pratiquement, laissant la place au grand capitaine ou à « l’amant célèbre ». Il peut être peint comme dur, voire cruel, mais figure aussi du côté des « gentils » (c’est l’ami et protecteur d’Alix) ou paraît tellement ridicule qu’il en devient presque sympathique (c’est le cas dans Astérix67).

    36Preux et génie, grand homme et surhomme, homme-peuple et homme providentiel, César fut tout cela à des moments divers de l’histoire de l’Europe. Mais cette riche carrière mémorielle suffit-elle à en faire aujourd’hui un héros européen ? Si l’on se borne à une lecture positive de l’exemplarité, il n’en est rien car il fut toujours un personnage controversé, dont l’ambiguïté constitua un trait dominant. Dans un ouvrage récent sur l’identité européenne, l’historien Olof B. Rader, de nationalité allemande, l’a qualifié de figure tutélaire de l’Europe, dans une comparaison avec Alexandre, qui sent bon son Plutarque68. L’article ouvre une sous-partie sur « Héros et âmes damnées » et considère César comme l’incarnation du héros guerrier charismatique, mais cette nature héroïque est limitée au domaine militaire. À l’unisson de son époque, il aborde la question politique de manière très irénique, soulignant seulement ses qualités d’homme d’État. À ses yeux, les deux conquérants constituent des mythes qui continuent de travailler la mémoire européenne, ce qui n’est pas contestable, en raison même de la définition assez large du concept de mythe. Mais la question reste la même : un mythe fait-il un héros ?

    Notes de bas de page

    1Weinstock Stefan, Divus Julius, Oxford, Clarendon Press, 1971, p. 287-296 ; Gradel Ittai, Emperor Worship and Roman Religion, Oxford, Clarendon Press, 2002, p. 30-44.

    2Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 291-292 (Mânes) ; Gradel Ittai, Emperor Worship, op. cit., p. 32-44 (Genius).

    3Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 295. Sur l’héroïsation et la divinisation dans le monde romain, voir aussi les contributions de Morgane Chaignon, Anne Gangloff et John Scheid dans ce volume.

    4Statue dans le temple de Jupiter (46) : D.C., 43, 14, 6 et 21, 2. Statue dans le temple de Quirinus (45) : D.C., 43, 45, 3.

    5D. C., 45, 6, 4.

    6Cic., Phil., 2, 110.

    7Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 309.

    8Mommsen Theodor, Römisches Staatsrecht, 23, Leipzig/Berlin, S. Hirzel, 1887, p. 756 n. 1. Il a été suivi par le grand historien de la religion romaine, Wissowa Georg, Religion und Kultus der Römer, Munich, Beck, 1912 (1902), p. 342, et cet avis l’emporte généralement. Le principal partisan d’une divinisation de son vivant est Alföldi André, « La divinisation de César dans la politique d’Antoine et d’Octavien entre 44 et 40 avant J.-C. », RN, no 15, 1973, p. 99-128. Il est suivi par la dernière synthèse sur le culte impérial : Gradel Ittai, Emperor Worship, op. cit., p. 54-56. Si l’on fait le point sur les biographies les plus récentes de César, la majorité rejette explicitement la divinisation du vivant ou ne la mentionne pas, non sans contradictions ou incohérences : Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 309 ; Meier Christian, César, Paris, Seuil, 1989 (éd. all. 1982), p. 442-443, 456 ; Le Bohec Yann, César, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1994, p. 121 ; Étienne Robert, Jules César, Paris, Fayard, 1997, p. 269-270 ; Canfora Luciano, César. Le dictateur démocrate, Paris, Flammarion, 2001 (éd. ital. 1998) ; Schmidt Joël, Jules César, Paris, Gallimard, 2005, p. 304-305. Une minorité y adhère : Carcopino Jérôme, Jules César, Paris, Presses universitaires de France, 1936, p. 556-557 ; Badel Christophe, César, Presses universitaires de France, 2019, p. 207. Tout dépend du contenu que l’on met sous les mots « demi-dieu », « héros », « divinisation » ou « héroïsation ».

    9Cic., Phil., 2, 110 : Est ergo flamen, ut Ioui, ut Marti, ut Quirino, sic diuo Iulio M. Antonius.

    10Bien qu’hostile à la théorie de la divinisation du vivant de César, Meier Christian, César, op. cit., p. 456, reconnaît que les honneurs de 44 l’assimilent bien à un héros, ce qui peut paraître contradictoire. De la même façon, Étienne Robert, Jules César, op. cit., p. 269-270, estime que ces honneurs en font un demi-dieu, mais sans organiser de véritable culte !

    11Hèmitheos : D. C., 43, 14, 6. Héros : D. C., 56, 34. Gradel Ittai, Emperor Worship, op. cit., p. 61-69 pense qu’hèmitheos traduisait le latin diuus, ce qui indiquerait que César aurait porté le titre de Diuus Iulius dès 46. Il estime aussi que ce titre aurait été réservé à César vivant, le terme hèrôs s’appliquant seulement après sa mort. La thèse n’est guère convaincante car le titre de diuus désigna par la suite César mort et divinisé puis les empereurs dans la même situation. Il est aussi possible que Dion ait inversé les dédicaces et qu’hemitheos ait été sur la dédicace du temple de Quirinus. Carcopino Jérôme, Jules César, op. cit., p. 556-557, pense que l’expression Zeus Ioulios est l’équivalent de Diuus Iulius, en l’absence de terme grec équivalent pour Diuus. Et que dire du mot theos aussi employé par Dion !

    12Lien de Jupiter avec la royauté : Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 300-305. Le lien avec la royauté est moins évident pour Gradel Ittai, Emperor Worship, op. cit., p. 58-60. Lien de Quirinus avec les Iulii et César : Burkert Walter, « Caesar und Romulus-Quirinus », Historia, no 11, 1962, p. 356-376 ; Porte Danielle, « Quirinus, Auguste, apothéose », Vita Latina, no 132, 1993, p. 18-26 (part. p. 23).

    13Alföldi André, « La divinisation de César », art. cité, p. 112-117.

    14Ibid., p. 117-122.

    15Suet., Iul., 88. Voir la contribution de Morgane Chaignon dans le présent volume.

    16D. C., 55, 10, 2. Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 391-392.

    17Ibid., p. 307. Alföldi André, « La divinisation de César », art. cité, p. 115. Pour les tenants de la thèse « mommsenienne », le flaminat lui avait été accordé par la loi de 42.

    18Fink Robert O., Roman Military Records on Papyrus, Oxford, Oxford University Press, 1971, p. 422-429.

    19Devillers Olivier et Sion-Jenkins Karine (éd.), César sous Auguste, Bordeaux, Ausonius, 2012. Voir spécialement l’introduction : Sion-Jenkis Karine, « Introduction historiographique », p. 11-28.

    20Ov., Fast., 5, 545-734. Auguste a inventé le dieu Mars Ultor pour l’occasion : Amiotti Gabriella, « Augusto e il culto di Marte Ultore », in Marta Sordi (éd.), Responsabilità perdono e vendetta nel mondo antico, Milan, Vita e Pensiero, 1998, p. 167-174.

    21Lyasse Emmanuel, Le Principat et son fondateur. L’utilisation de la référence à Auguste de Tibère à Trajan, Bruxelles, Latomus, 2008.

    22Cette vision n’était pas dénuée d’arrière-pensées politiques : au cours de sa rédaction, Lucain dériva de plus en plus vers l’opposition à Néron et son portrait à charge de César peut être interprété comme une critique de son descendant Néron, spécialement les livres 8 et 9 : Rudich Vasily, Dissidence and Litterature under Nero. The Price of rhetoricization, Londres/New York, Routledge, 1997, p. 111-174.

    23Sur la notion de type dans la biographie antique : Momigliano Arnaldo, The Development of Greek Biography, Cambridge Mass., Harvard University Press, 1971, p. 13.

    24Julien, Césars, 4.

    25Julien, Césars, 20-22.

    26Julien, Césars, 32.

    27Sur le César médiéval : Beer Jeanette, A medieval Caesar, Genève, Librairie Droz, 1976 ; Leeker Joachim, Die Darstellung Cäsars in den romanischen Literaturen des Mittelalters, Francfort-sur-le-Main, Klostermann Verlag, 1986 ; Méniel Bruno et Ribémont Bernard (dir.), La figure de César au Moyen Âge et à la Renaissance. Cahiers de Recherches Médiévales/Journal of Medieval Studies, 13 spécial, 2006 ; id., La figure de César au Moyen Âge et à la Renaissance (II). Cahiers de Recherches Médiévales/Journal of Medieval Studies, 14 spécial, 2007.

    28Méniel Bruno et Ribémont Bernard, « Introduction », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 31-49, part. 34.

    29Croizy-Naquet Catherine, « César et le romanz au xiie siècle », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 164-208.

    30Méniel Bruno et Ribémont Bernard, « Introduction », art. cité, p. 37-38.

    31Ribémont Bernard, « La figure de Jules César chez Christine de Pizan », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 465-544.

    32Leeker Joachim, Die Darstellung Cäsars, op. cit., p. 172-189 ; Mühlethaler Jean-Claude, « Jules César chez Thomas III de Saluces et Eustache Deschamps », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 682-739.

    33Duval Frédéric, « Le Livre des commentaires César sur le fait des batailles de Gaule par Robert Gaguin (1485) ou de l’art de la transposition », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 611-675.

    34Provini Sandra, « Les rois de France sur les traces de César en Italie. La figure de César dans la poésie héroïque du début de la Renaissance (1496-1515 », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 338-394 ; Martin Martial, « Les Vies parallèles de César à la fin du xvie et au début du xviie siècle », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 206-256.

    35Liaroutzos Chantal, « César dans les antiquités de villes au xvie siècle », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 157-204.

    36Boudou Bénédicte et Charpentier Françoise, « La figure de Jules César dans le Discours de la servitude volontaire de La Boétie et dans les Essais de Montaigne », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 676-757.

    37Ménager Daniel, « La Figure de César dans les recueils biographiques de la Renaissance », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 51-103.

    38Vaussard Maurice, De Pétrarque à Mussolini. Évolution du sentiment nationaliste italien, Paris, Armand Colin, 1961, p. 17-18 ; Baehr Peter, Caesarism, charisma and fate. Historical sources and modern resonances in the work of Max Weber, New Brunswick (USA)/Londres, Transactions publishers, 2008, p. 2-3, 15-29.

    39Baehr Peter, Caesarism, charisma and fate, op. cit., p. 28-29.

    40Turner Frank M., « British Politics and the demise of the Roman Republic : 1700-1939 », in id, Contesting Cultural Authority: Essays in Victorian Intellectual Life, Cambridge/New York, Cambridge University Press, 1993, p. 231-261.

    41Boudon Pierre-Olivier, Napoléon, le dernier Romain, Paris, Les Belles Lettres, 2021, p. 19-24.

    42Baehr Peter, Caesarism, charisma and fate, op. cit., p. 30-32.

    43Rosanvallon Pierre, La démocratie inachevée, Paris, Gallimard, 2000, p. 194.

    44Nicolet Claude, La fabrique d’une nation. La France entre Rome et les Germains, Paris, Perrin, 2003, p. 154-160.

    45Rosanvallon Pierre, La démocratie inachevée, op. cit., p. 183-221.

    46Mosse George L., Masses and Man. Nationalist and Fascist Perception of Reality, New York, H. Ferting Inc., 1980, p. 104-108 ; Nicolet Claude, La fabrique d’une nation, op. cit., p. 185-195 ; Baehr Peter, Caesarism, charisma and fate, op. cit., p. 79-81.

    47Nicolet Claude, La fabrique d’une nation, op. cit., p. 161-163 ; Olivier Laurent, César contre Vercingétorix, Paris, Belin, 2019, p. 283-284. Sur le concept d’homme providentiel : Garrigues Jean, Les hommes providentiels. Histoire d’une fascination française, Paris, Seuil, 2012.

    48Olivier Laurent, César contre Vercingétorix, op. cit., p. 326.

    49Turner Frank M., « British Politics and the demise of the Roman Republic », art. cité, p. 231-261.

    50Vasunia Phroze, The Classics and Colonial India, Oxford, Oxford University Press, 2013, p. 119-155, 322, 349. Sur cette identification, voir aussi Hingley Richard, Roman Officers and English gentlemen, Londres/New York, Routledge, 2001.

    51Sur l’apogée victorien de Rome en général : Vance Norman, The Victorians and Ancien Rome, Oxford/Cambridge Mass., Wiley, 1997.

    52Baehr Peter, Caesarism, charisma and fate, op. cit., p. 31-32.

    53Mosse George L., Masses and Man, op. cit., p. 114-118.

    54Vaussard Maurice, De Pétrarque à Mussolini, op. cit., p. 161-162.

    55Mosse George L., Masses and Man, op. cit., p. 104-108.

    56Vaussard Maurice, De Pétrarque à Mussolini, op. cit., p. 186-187. Sur le rapport du césarisme et des socialistes « nationaux » en France : Mosse George L., Masses and Man, op. cit., p. 6-7.

    57Olivier Laurent, César contre Vercingétorix, op. cit., p. 267-279, 329-359.

    58Baehr Peter, « Max Weber and the Avatars of Caesarism », in Peter Baehr et Melvin Richter (éd.), Dictatorship in history and theory: Bonapartism, Caesarism and totalitarianism, Cambridge, Cambridge University Press, 2004, p. 155-174 ; Fontana Benedetto, « The Concept of Caesarism in Gramsci », in Peter Baehr et Melvin Richter (éd.), Dictatorship in history and theory, op. cit., p. 175-195.

    59Chapoutot Johann, Le National-Socialisme et l’Antiquité, Paris, Presses universitaires de France, 2008.

    60Lepore Ettore, « Cesare e Augusto nella storiografia italiana prima e dopo la seconda guerra mondiale », in Ettore Lepore, Tra storia antica e moderna. Saggi di storia della storographia, Naples, Il Mulino, 2021, p. 193-214.

    61Olivier Laurent, César contre Vercingétorix, op. cit., p. 372-381. Sur le Jules César de Carcopino : Nicolet Claude, La fabrique d’une nation, op. cit., p. 203.

    62Le terme fut forgé entre les deux guerres mais il s’imposa comme un concept majeur avec le livre de Hannah Arendt sur Les Origines du totalitarisme (1951).

    63Syme Ronald, The Roman Revolution, Oxford, Oxford University Press, 1939.

    64Meier Christian, César, op. cit.

    65Duroselle Jean-Baptiste (dir.), L’Europe, histoire de ses peuples, Paris, Perrin, 1990, p. 47, 265, 267, 281.

    66Delouche Frédéric (dir.), Histoire de l’Europe, Paris, Hachette, 1992, p. 23, 68, 70-71.

    67On le voit dans le film Astérix et Obélix : Opération Cléopâtre (2002), d’Alain Chabat, l’adaptation de la bande dessinée qui a eu le plus de succès au cinéma. César est certes un tricheur mais ses échecs répétés le rendent grotesque et finalement très humain.

    68Rader Olof B., « Alexandre et César : le pouvoir par les armes », in Thomas Serrier et Étienne François (dir.), Europa. Notre histoire, Paris, Les Arènes, 2017, p. 503-507 = Paris, Flammarion, 2019 (version abrégée), p. 353-356.

    Auteur

    • Christophe Badel

      Université Rennes 2.

      Christophe Badel est professeur d’histoire romaine à l’université Rennes 2, membre du CReAAH-LAHM (UMR 6566). Ses recherches portent sur les structures, les pratiques et les représentations de la société romaine, spécialement la noblesse, l’alimentation et la famille.

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0

    Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de chapitres

    Les nobles victimes des proscriptions impériales

    Christophe Badel

    Chapitre 3. L’empereur romain, un témoin impossible ?

    Christophe Badel

    Les femmes dans les émeutes frumentaires à Rome (ier siècle av. J.-C.-iie siècle apr. J.-C.)

    Christophe Badel

    Pars populi integra : clientèle et régulation sociale chez Tacite

    Christophe Badel

    L’allégorie, une arme de l’opposition politique sous les Césars (ier siècle apr. J.-C.) ?

    Christophe Badel

    La gula de César

    Sur le corps vorace de l’empereur romain

    Christophe Badel

    Introduction. Choix des deux notions : honneur et dignité

    Christophe Badel et Henri Fernoux

    Honneur et vengeance familiale dans la Rome républicaine

    Christophe Badel

    Les cognomina nobiliaires : une caricature ?

    Christophe Badel

    Voir plus de chapitres
    1 / 9

    Les nobles victimes des proscriptions impériales

    Christophe Badel

    Chapitre 3. L’empereur romain, un témoin impossible ?

    Christophe Badel

    Les femmes dans les émeutes frumentaires à Rome (ier siècle av. J.-C.-iie siècle apr. J.-C.)

    Christophe Badel

    Pars populi integra : clientèle et régulation sociale chez Tacite

    Christophe Badel

    L’allégorie, une arme de l’opposition politique sous les Césars (ier siècle apr. J.-C.) ?

    Christophe Badel

    La gula de César

    Sur le corps vorace de l’empereur romain

    Christophe Badel

    Introduction. Choix des deux notions : honneur et dignité

    Christophe Badel et Henri Fernoux

    Honneur et vengeance familiale dans la Rome républicaine

    Christophe Badel

    Les cognomina nobiliaires : une caricature ?

    Christophe Badel

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Rennes
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    ePub / PDF

    1Weinstock Stefan, Divus Julius, Oxford, Clarendon Press, 1971, p. 287-296 ; Gradel Ittai, Emperor Worship and Roman Religion, Oxford, Clarendon Press, 2002, p. 30-44.

    2Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 291-292 (Mânes) ; Gradel Ittai, Emperor Worship, op. cit., p. 32-44 (Genius).

    3Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 295. Sur l’héroïsation et la divinisation dans le monde romain, voir aussi les contributions de Morgane Chaignon, Anne Gangloff et John Scheid dans ce volume.

    4Statue dans le temple de Jupiter (46) : D.C., 43, 14, 6 et 21, 2. Statue dans le temple de Quirinus (45) : D.C., 43, 45, 3.

    5D. C., 45, 6, 4.

    6Cic., Phil., 2, 110.

    7Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 309.

    8Mommsen Theodor, Römisches Staatsrecht, 23, Leipzig/Berlin, S. Hirzel, 1887, p. 756 n. 1. Il a été suivi par le grand historien de la religion romaine, Wissowa Georg, Religion und Kultus der Römer, Munich, Beck, 1912 (1902), p. 342, et cet avis l’emporte généralement. Le principal partisan d’une divinisation de son vivant est Alföldi André, « La divinisation de César dans la politique d’Antoine et d’Octavien entre 44 et 40 avant J.-C. », RN, no 15, 1973, p. 99-128. Il est suivi par la dernière synthèse sur le culte impérial : Gradel Ittai, Emperor Worship, op. cit., p. 54-56. Si l’on fait le point sur les biographies les plus récentes de César, la majorité rejette explicitement la divinisation du vivant ou ne la mentionne pas, non sans contradictions ou incohérences : Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 309 ; Meier Christian, César, Paris, Seuil, 1989 (éd. all. 1982), p. 442-443, 456 ; Le Bohec Yann, César, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1994, p. 121 ; Étienne Robert, Jules César, Paris, Fayard, 1997, p. 269-270 ; Canfora Luciano, César. Le dictateur démocrate, Paris, Flammarion, 2001 (éd. ital. 1998) ; Schmidt Joël, Jules César, Paris, Gallimard, 2005, p. 304-305. Une minorité y adhère : Carcopino Jérôme, Jules César, Paris, Presses universitaires de France, 1936, p. 556-557 ; Badel Christophe, César, Presses universitaires de France, 2019, p. 207. Tout dépend du contenu que l’on met sous les mots « demi-dieu », « héros », « divinisation » ou « héroïsation ».

    9Cic., Phil., 2, 110 : Est ergo flamen, ut Ioui, ut Marti, ut Quirino, sic diuo Iulio M. Antonius.

    10Bien qu’hostile à la théorie de la divinisation du vivant de César, Meier Christian, César, op. cit., p. 456, reconnaît que les honneurs de 44 l’assimilent bien à un héros, ce qui peut paraître contradictoire. De la même façon, Étienne Robert, Jules César, op. cit., p. 269-270, estime que ces honneurs en font un demi-dieu, mais sans organiser de véritable culte !

    11Hèmitheos : D. C., 43, 14, 6. Héros : D. C., 56, 34. Gradel Ittai, Emperor Worship, op. cit., p. 61-69 pense qu’hèmitheos traduisait le latin diuus, ce qui indiquerait que César aurait porté le titre de Diuus Iulius dès 46. Il estime aussi que ce titre aurait été réservé à César vivant, le terme hèrôs s’appliquant seulement après sa mort. La thèse n’est guère convaincante car le titre de diuus désigna par la suite César mort et divinisé puis les empereurs dans la même situation. Il est aussi possible que Dion ait inversé les dédicaces et qu’hemitheos ait été sur la dédicace du temple de Quirinus. Carcopino Jérôme, Jules César, op. cit., p. 556-557, pense que l’expression Zeus Ioulios est l’équivalent de Diuus Iulius, en l’absence de terme grec équivalent pour Diuus. Et que dire du mot theos aussi employé par Dion !

    12Lien de Jupiter avec la royauté : Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 300-305. Le lien avec la royauté est moins évident pour Gradel Ittai, Emperor Worship, op. cit., p. 58-60. Lien de Quirinus avec les Iulii et César : Burkert Walter, « Caesar und Romulus-Quirinus », Historia, no 11, 1962, p. 356-376 ; Porte Danielle, « Quirinus, Auguste, apothéose », Vita Latina, no 132, 1993, p. 18-26 (part. p. 23).

    13Alföldi André, « La divinisation de César », art. cité, p. 112-117.

    14Ibid., p. 117-122.

    15Suet., Iul., 88. Voir la contribution de Morgane Chaignon dans le présent volume.

    16D. C., 55, 10, 2. Weinstock Stefan, Divus Julius, op. cit., p. 391-392.

    17Ibid., p. 307. Alföldi André, « La divinisation de César », art. cité, p. 115. Pour les tenants de la thèse « mommsenienne », le flaminat lui avait été accordé par la loi de 42.

    18Fink Robert O., Roman Military Records on Papyrus, Oxford, Oxford University Press, 1971, p. 422-429.

    19Devillers Olivier et Sion-Jenkins Karine (éd.), César sous Auguste, Bordeaux, Ausonius, 2012. Voir spécialement l’introduction : Sion-Jenkis Karine, « Introduction historiographique », p. 11-28.

    20Ov., Fast., 5, 545-734. Auguste a inventé le dieu Mars Ultor pour l’occasion : Amiotti Gabriella, « Augusto e il culto di Marte Ultore », in Marta Sordi (éd.), Responsabilità perdono e vendetta nel mondo antico, Milan, Vita e Pensiero, 1998, p. 167-174.

    21Lyasse Emmanuel, Le Principat et son fondateur. L’utilisation de la référence à Auguste de Tibère à Trajan, Bruxelles, Latomus, 2008.

    22Cette vision n’était pas dénuée d’arrière-pensées politiques : au cours de sa rédaction, Lucain dériva de plus en plus vers l’opposition à Néron et son portrait à charge de César peut être interprété comme une critique de son descendant Néron, spécialement les livres 8 et 9 : Rudich Vasily, Dissidence and Litterature under Nero. The Price of rhetoricization, Londres/New York, Routledge, 1997, p. 111-174.

    23Sur la notion de type dans la biographie antique : Momigliano Arnaldo, The Development of Greek Biography, Cambridge Mass., Harvard University Press, 1971, p. 13.

    24Julien, Césars, 4.

    25Julien, Césars, 20-22.

    26Julien, Césars, 32.

    27Sur le César médiéval : Beer Jeanette, A medieval Caesar, Genève, Librairie Droz, 1976 ; Leeker Joachim, Die Darstellung Cäsars in den romanischen Literaturen des Mittelalters, Francfort-sur-le-Main, Klostermann Verlag, 1986 ; Méniel Bruno et Ribémont Bernard (dir.), La figure de César au Moyen Âge et à la Renaissance. Cahiers de Recherches Médiévales/Journal of Medieval Studies, 13 spécial, 2006 ; id., La figure de César au Moyen Âge et à la Renaissance (II). Cahiers de Recherches Médiévales/Journal of Medieval Studies, 14 spécial, 2007.

    28Méniel Bruno et Ribémont Bernard, « Introduction », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 31-49, part. 34.

    29Croizy-Naquet Catherine, « César et le romanz au xiie siècle », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 164-208.

    30Méniel Bruno et Ribémont Bernard, « Introduction », art. cité, p. 37-38.

    31Ribémont Bernard, « La figure de Jules César chez Christine de Pizan », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 465-544.

    32Leeker Joachim, Die Darstellung Cäsars, op. cit., p. 172-189 ; Mühlethaler Jean-Claude, « Jules César chez Thomas III de Saluces et Eustache Deschamps », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 682-739.

    33Duval Frédéric, « Le Livre des commentaires César sur le fait des batailles de Gaule par Robert Gaguin (1485) ou de l’art de la transposition », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 611-675.

    34Provini Sandra, « Les rois de France sur les traces de César en Italie. La figure de César dans la poésie héroïque du début de la Renaissance (1496-1515 », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 338-394 ; Martin Martial, « Les Vies parallèles de César à la fin du xvie et au début du xviie siècle », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 206-256.

    35Liaroutzos Chantal, « César dans les antiquités de villes au xvie siècle », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 157-204.

    36Boudou Bénédicte et Charpentier Françoise, « La figure de Jules César dans le Discours de la servitude volontaire de La Boétie et dans les Essais de Montaigne », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 676-757.

    37Ménager Daniel, « La Figure de César dans les recueils biographiques de la Renaissance », in Bruno Méniel et Bernard Ribémont (dir.), La figure de César, op. cit., p. 51-103.

    38Vaussard Maurice, De Pétrarque à Mussolini. Évolution du sentiment nationaliste italien, Paris, Armand Colin, 1961, p. 17-18 ; Baehr Peter, Caesarism, charisma and fate. Historical sources and modern resonances in the work of Max Weber, New Brunswick (USA)/Londres, Transactions publishers, 2008, p. 2-3, 15-29.

    39Baehr Peter, Caesarism, charisma and fate, op. cit., p. 28-29.

    40Turner Frank M., « British Politics and the demise of the Roman Republic : 1700-1939 », in id, Contesting Cultural Authority: Essays in Victorian Intellectual Life, Cambridge/New York, Cambridge University Press, 1993, p. 231-261.

    41Boudon Pierre-Olivier, Napoléon, le dernier Romain, Paris, Les Belles Lettres, 2021, p. 19-24.

    42Baehr Peter, Caesarism, charisma and fate, op. cit., p. 30-32.

    43Rosanvallon Pierre, La démocratie inachevée, Paris, Gallimard, 2000, p. 194.

    44Nicolet Claude, La fabrique d’une nation. La France entre Rome et les Germains, Paris, Perrin, 2003, p. 154-160.

    45Rosanvallon Pierre, La démocratie inachevée, op. cit., p. 183-221.

    46Mosse George L., Masses and Man. Nationalist and Fascist Perception of Reality, New York, H. Ferting Inc., 1980, p. 104-108 ; Nicolet Claude, La fabrique d’une nation, op. cit., p. 185-195 ; Baehr Peter, Caesarism, charisma and fate, op. cit., p. 79-81.

    47Nicolet Claude, La fabrique d’une nation, op. cit., p. 161-163 ; Olivier Laurent, César contre Vercingétorix, Paris, Belin, 2019, p. 283-284. Sur le concept d’homme providentiel : Garrigues Jean, Les hommes providentiels. Histoire d’une fascination française, Paris, Seuil, 2012.

    48Olivier Laurent, César contre Vercingétorix, op. cit., p. 326.

    49Turner Frank M., « British Politics and the demise of the Roman Republic », art. cité, p. 231-261.

    50Vasunia Phroze, The Classics and Colonial India, Oxford, Oxford University Press, 2013, p. 119-155, 322, 349. Sur cette identification, voir aussi Hingley Richard, Roman Officers and English gentlemen, Londres/New York, Routledge, 2001.

    51Sur l’apogée victorien de Rome en général : Vance Norman, The Victorians and Ancien Rome, Oxford/Cambridge Mass., Wiley, 1997.

    52Baehr Peter, Caesarism, charisma and fate, op. cit., p. 31-32.

    53Mosse George L., Masses and Man, op. cit., p. 114-118.

    54Vaussard Maurice, De Pétrarque à Mussolini, op. cit., p. 161-162.

    55Mosse George L., Masses and Man, op. cit., p. 104-108.

    56Vaussard Maurice, De Pétrarque à Mussolini, op. cit., p. 186-187. Sur le rapport du césarisme et des socialistes « nationaux » en France : Mosse George L., Masses and Man, op. cit., p. 6-7.

    57Olivier Laurent, César contre Vercingétorix, op. cit., p. 267-279, 329-359.

    58Baehr Peter, « Max Weber and the Avatars of Caesarism », in Peter Baehr et Melvin Richter (éd.), Dictatorship in history and theory: Bonapartism, Caesarism and totalitarianism, Cambridge, Cambridge University Press, 2004, p. 155-174 ; Fontana Benedetto, « The Concept of Caesarism in Gramsci », in Peter Baehr et Melvin Richter (éd.), Dictatorship in history and theory, op. cit., p. 175-195.

    59Chapoutot Johann, Le National-Socialisme et l’Antiquité, Paris, Presses universitaires de France, 2008.

    60Lepore Ettore, « Cesare e Augusto nella storiografia italiana prima e dopo la seconda guerra mondiale », in Ettore Lepore, Tra storia antica e moderna. Saggi di storia della storographia, Naples, Il Mulino, 2021, p. 193-214.

    61Olivier Laurent, César contre Vercingétorix, op. cit., p. 372-381. Sur le Jules César de Carcopino : Nicolet Claude, La fabrique d’une nation, op. cit., p. 203.

    62Le terme fut forgé entre les deux guerres mais il s’imposa comme un concept majeur avec le livre de Hannah Arendt sur Les Origines du totalitarisme (1951).

    63Syme Ronald, The Roman Revolution, Oxford, Oxford University Press, 1939.

    64Meier Christian, César, op. cit.

    65Duroselle Jean-Baptiste (dir.), L’Europe, histoire de ses peuples, Paris, Perrin, 1990, p. 47, 265, 267, 281.

    66Delouche Frédéric (dir.), Histoire de l’Europe, Paris, Hachette, 1992, p. 23, 68, 70-71.

    67On le voit dans le film Astérix et Obélix : Opération Cléopâtre (2002), d’Alain Chabat, l’adaptation de la bande dessinée qui a eu le plus de succès au cinéma. César est certes un tricheur mais ses échecs répétés le rendent grotesque et finalement très humain.

    68Rader Olof B., « Alexandre et César : le pouvoir par les armes », in Thomas Serrier et Étienne François (dir.), Europa. Notre histoire, Paris, Les Arènes, 2017, p. 503-507 = Paris, Flammarion, 2019 (version abrégée), p. 353-356.

    Succès et échec de l’héroïsation

    X Facebook Email

    Succès et échec de l’héroïsation

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Succès et échec de l’héroïsation

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Badel, C. (2025). César : du héros romain au héros européen ?. In Évelyne Cohen & A. Gangloff (éds.), Succès et échec de l’héroïsation. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/13dm0
    Badel, Christophe. « César : du héros romain au héros européen ? ». In Succès et échec de l’héroïsation, édité par Évelyne Cohen et Anne Gangloff. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2025. doi:10.4000/13dm0.
    Badel, Christophe. « César : du héros romain au héros européen ? ». Succès et échec de l’héroïsation, édité par Évelyne Cohen et Anne Gangloff, Presses universitaires de Rennes, 2025, https://doi.org/10.4000/13dm0.

    Référence numérique du livre

    Format

    Cohen, Évelyne, & Gangloff, A. (éds.). (2025). Succès et échec de l’héroïsation. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/13dq1
    Cohen, Évelyne, et Anne Gangloff, éd. Succès et échec de l’héroïsation. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2025. doi:10.4000/13dq1.
    Cohen, Évelyne, et Anne Gangloff, éditeurs. Succès et échec de l’héroïsation. Presses universitaires de Rennes, 2025, https://doi.org/10.4000/13dq1.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Rennes

    Presses universitaires de Rennes

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.pur-editions.fr

    Email : pur@univ-rennes2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement