Représentations des diuae et des diui
Une mise en scène de la divinisation sur le monnayage d’Auguste aux Antonins
p. 41-56
Texte intégral
1En 14 apr. J.-C., l’âme de l’empereur Auguste, mort depuis peu, rejoint celle de son père adoptif, dans la voûte céleste1. Cette consecratio, actée par le Sénat, sera suivie par de nombreuses autres au fur et à mesure des décennies et des dynasties qui se succéderont sous le Haut-Empire. Ce processus de divinisation des empereurs et des autres membres de la domus Augusta sera favorisé par la flexibilité du polythéisme romain qui accueille continuellement de nouveaux dieux. Ces nouvelles divinités, que l’on nomme diui ou diuae, bénéficient d’un statut hors du commun mais ne sont pas pour autant l’égal d’un deus tels que Jupiter ou Minerve.
2Un passage du Panégyrique de Pline, prononcé au Sénat en 100 apr. J.-C., met la lumière sur ce processus devenu quasi-systématique sous les Flaviens puis sous les Antonins de diviniser son prédécesseur. À cette occasion, Pline le Jeune se montre critique à l’encontre de Tibère, Néron, Titus et Domitien qui souhaitaient surtout, par ce biais, accroître leur prestige. Cet exemple donne la possibilité à Pline par la suite, de présenter Trajan comme le bon prince. Ce dernier demande au Sénat que les honneurs divins soient octroyés à son père adoptif car il « le croyait dieu » selon Pline2. Il met en avant les qualités et les vertus exceptionnelles du nouvel empereur et le rôle d’intermédiaire qu’il doit tenir entre les dieux et les citoyens romains. Si Trajan continue d’exercer le pouvoir de façon vertueuse, à l’image de Jupiter, son âme pourra rejoindre à son tour la sphère céleste et il deviendra immortel3.
3Ce statut se rapproche de celui du héros que l’on peut caractériser en ces termes : il s’agit d’un mortel « qui est supérieur par ses qualités de force, de courage, de vertu, d’intelligence et de beauté physique au commun de l’humanité ; c’est-à-dire un être, qui sans être dieu par ses origines, se rapproche des dieux par sa nature extraordinaire4 ». Les successeurs de Trajan ainsi que certaines femmes de la maison impériale vont bénéficier de ce processus d’héroïsation, que l’on nomme consecratio à Rome car le défunt rejoint le monde des dieux5. L’image de ces nouveaux dieux va s’ancrer dans la vie publique romaine par la multiplicité des représentations en leur honneur. Cela se concrétise par l’érection de statues, l’aménagement d’espaces religieux qui vont leur être consacrés et la frappe de monnaies en leur honneur.
4À partir d’un travail de recensement dans les bases de données monétaires, cette étude vise à analyser les éléments iconographiques les plus significatifs qui appartiennent au registre cosmique et qui contribuent à mettre en scène le processus de divinisation des diui et des diuae dans le numéraire émis à Rome et dans les provinces, à partir d’Auguste et surtout sous les Antonins6. Le choix de cette période s’explique par la possibilité d’exploiter différents cas d’études éclairants sur notre sujet. Les empereurs défunts sont systématiquement divinisés par le Sénat : Nerva est élevé au rang des dieux en 98 apr. J.-C. puis Trajan, Hadrien, Antonin et Marc Aurèle le rejoignent. C’est le cas aussi de certaines femmes de la domus Augusta. Le cas de Faustine l’Aînée, l’épouse d’Antonin le Pieux, est particulièrement intéressant en ce sens7. Par ailleurs, les revers monétaires frappés au cours de cette période du Haut-Empire traitent la question de l’apothéose dans une perspective iconographique riche et variée. Les émissions monétaires concernant le divin Commode ne seront pas prises en compte. Sa divinisation eut lieu bien plus tard sur l’insistance de Septime Sévère et cela malgré la damnatio memoriae votée par le Sénat à l’encontre du dernier des Antonins8.
5Cette étude a donné lieu à la création d’une base de données afin de traiter cet important corpus monétaire9. Celle-ci a permis de croiser les différentes combinaisons d’éléments iconographiques afin d’analyser la mise en scène des diui et les diuae en tant qu’êtres surhumains et de se questionner sur les éléments suivants : comment l’héroïsation des empereurs et des femmes de la famille impériale se traduit-elle dans les représentations monétaires sous les Antonins ? Quels éléments ou motifs iconographiques nous permettent d’identifier ces nouveaux divinisés ?
À l’origine, un cas particulier : l’échec de l’héroïsation de César dans le monnayage
6Un des premiers cas de divinisation d’homme politique romain est celui de Jules César10. Un passage bien connu écrit par Pline l’Ancien dans son Histoire Naturelle fait mention de la comète qui illumina le ciel pendant sept jours alors que les Romains célébraient des jeux organisés en l’honneur des victoires de Jules César par son fils adoptif Octavien en 44 av. J.-C. Pline ne manque pas de souligner l’appropriation de ce phénomène astronomique par le jeune Octavien et son opportunisme11. Il déclara en effet que cette comète était la catastérisation de son défunt père et qu’il avait rejoint le monde des dieux. Le 1er janvier 42 av. J.-C., le triumvirat composé de Lépide, Marc-Antoine et Octavien demande au Sénat d’accorder les honneurs divins à César. Un temple est bâti à l’endroit même où le dictateur avait été incinéré et un flamine est nommé afin d’effectuer les rites et les sacrifices donnés le jour de son anniversaire et les jours commémorant ses victoires12. Il faudra attendre le retour victorieux d’Auguste à Rome en 29 av. J.-C. pour que le temple soit inauguré. Par la suite, Octavien qui est seul à la tête du pouvoir essaie tant bien que mal d’imposer le culte de César, ce qui lui permet de se présenter comme le fils d’un dieu. Les types monétaires dédiés au divin César sont tardifs, ils ne sont frappés qu’en 19-18 av. J.-C. et ils sont peu nombreux (fig. 1 et 2). Neuf fois sur dix, César est représenté avec l’astre au-dessus de sa tête comme si la comète le couronnait13. La comète peut aussi suggérer la divinisation en étant représentée comme l’élément principal au revers, sa chevelure enflammée est alors bien visible. Dans ce cas, c’est la légende monétaire combinée à l’astre qui renvoie à la consecratio de César. Le seul type qui ne présente pas la comète sur une émission dédiée à César est issu d’une émission de restitution émise sous Trajan14. Le nouveau dieu ne sera pas présent dans le monnayage des autres Julio-Claudiens. En interrogeant la base de données réalisée pour cette étude, il est ressorti clairement que la comète devait ceindre la tête de César et seulement la sienne. Ce motif iconographique inédit aurait pu devenir un attribut réemployé dans les représentations monétaires des futurs diui mais il reste une particularité du dictateur. Si le caesaris astrum reste attaché uniquement à la personne de César, c’est qu’il fait évidemment référence à l’apparition du corps céleste pendant les jeux. Mais c’est aussi le résultat d’une tentative de divinisation qui n’a pas fonctionné sur le long terme. Les sources épigraphiques montrent que César n’était pas répertorié sur le Caesareum des Frères Arvales15. Ce qui signifie que les rites et les sacrifices n’étaient plus effectués et que le culte a été peu à peu abandonné. Dès le départ, c’était un acte ambitieux d’Octavien d’utiliser l’apparition de ce corps céleste à des fins idéologiques. Que cela soit chez les Grecs ou les Romains, la comète est souvent considérée comme un mauvais présage16. Le discours développé par Auguste et son entourage a détourné la connotation négative de la comète afin d’y voir à la place la bonne fortune politique d’Octavien, mais cela n’aura pas suffi pour que le diuus Iulius reste un dieu immortel dans le temps long.
Fig. 1. – Denier en argent frappé à Caesaraugusta (RIC I2 Augustus, 37A).

ANS 1941.131.676. Images courtesy of the American Numismatic Society.
Fig. 2. – Denier en argent frappé à Rome (RIC I2 Augustus, 338).

ANS 1937.158.386. Images courtesy of the American Numismatic Society.
7Bien que la divinisation de César puisse être considérée comme éphémère à Rome, le processus qui a été utilisé pour la mettre en place reste un modèle qui a été suivi par les empereurs romains. Le paysage cosmologique qui représente la divinisation impériale commence à se dessiner à partir de là. Sous les Antonins, la représentation de l’apothéose dans l’imagerie monétaire répond à des codes variés qui se sont développés grâce au monnayage antérieur, notamment à partir d’animaux et d’astres. Dans le cadre de cet article, nous ne pouvons analyser précisément la mise en place de ces codes : nous examinerons des éléments iconographiques monétaires qui traduisent le statut surhumain des diui et des diuae issus de la dynastie antonine.
Paon, phénix, aigle : des guides vers l’éternité
8À la lumière des données obtenues, l’oiseau se révèle être le type d’animal le plus présent sur les monnaies ayant pour thématique la consecratio. L’aigle, l’animal de Jupiter, est le volatile que l’on associe le plus aisément à l’apothéose du prince. Hérodien et Dion Cassius ont souligné l’importance de sa fonction lors des funérailles de l’empereur :
« Ensuite, des centurions, désignés par décret du Sénat, prenant des flambeaux, mirent le feu au bûcher ; pendant qu’il se consumait, un aigle, qu’on lâcha, prit son essor, comme s’il emportait au ciel l’âme du prince17. »
« Aussitôt, du faîte du dernier édifice on voit s’élever avec les flammes, comme des créneaux d’une tour, un aigle qui emporte au ciel, suivant l’opinion commune, l’âme de l’empereur ; dès ce moment l’Olympe compte un dieu de plus18. »
9Selon les auteurs, l’oiseau est lâché au pied du bûcher funéraire afin de symboliser l’envol de l’âme. Cette mise en scène a pour objectif de traduire de la façon la plus concrète possible pour les spectateurs, la catastérisation du souverain et de la fixer dans l’imaginaire collectif. Seuls Trajan et Hadrien ne font pas représenter l’aigle sur les revers des numéraires dédiés à leurs pères divinisés respectifs. L’aigle se montre aussi très présent sur des émissions de consecratio dédiées aux diuae19. Lorsqu’il est question d’iconographie monétaire, l’aigle n’est donc pas seulement associé à l’apothéose d’un personnage masculin comme le princeps. C’est pourquoi la diua peut être représentée à l’avers, tandis que le revers dépeint l’aigle associé à un voile étoilé ou au voile de l’Aurore, ce qui traduit l’envol de l’âme jusqu’à la voûte céleste. Ce à quoi s’ajoute le sceptre, l’élément de souveraineté par excellence, qui peut suggérer le rattachement au pouvoir de l’empereur ou bien la demeure divine où réside Jupiter, qui se trouve être le lieu vers lequel la diua se dirige car le sceptre est l’apanage du roi des dieux.
10L’aigle n’est pas le seul de son espèce à pouvoir emmener ces nouvelles divinités dans leur résidence céleste. Sous les Antonins, le bestiaire présent dans le monnayage s’agrandit et le paon et le phénix s’imposent comme un renouvellement iconographique. Le paon, déjà présent sur quelques monnaies émises sous Domitien, devient un élément récurrent dans les types frappés sous Antonin et Marc Aurèle pour Faustine mère et fille20. Il convient de préciser le nombre important de monnaies dédiées à Faustine Ire divinisée, qui s’explique par la découverte de deux trésors monétaires qui ont tendance à fausser nos résultats21. Mais cela nous permet d’avoir un panel de représentations diversifié la concernant. Celle-ci peut être représentée avec des éléments très divers et associée à différentes déesses et personnifications, notamment Aeternitas, ce qui est une innovation typologique monétaire. En ce qui concerne le paon, il est clairement établi par les textes qu’il s’agit d’un oiseau associé à Junon et qui peut être symbolisé par une aigrette ornant le diadème de l’impératrice en iconographie22. L’autre volatile que l’on retrouve pour la première fois sur le numéraire romain est le phénix. Il s’agit d’un animal mythique qui trouve son origine en Orient si l’on en croit la description de Pline l’Ancien23. Tout comme l’aigle, le paon et le phénix sont connus pour être des animaux dit « psychopompes », ils ont pour fonction de guider les âmes des morts dans leur dernière demeure. Le croisement des données a permis de montrer que le paon est le plus souvent représenté au revers avec le sceptre reposant sur un autel tandis que le buste de la diua figure à l’avers.
Fig. 3. – Denier en argent frappé à Rome (RIC III Marcus Aurelius, 745).

ANS 1944.100.49248. Images courtesy of the American Numismatic Society.
11La figure ci-dessus (fig. 3) est un denier émis sous Marc Aurèle en 176-180 apr. J.-C. La légende monétaire de l’avers nous indique que le buste tourné vers la droite représente son épouse, Faustine la Jeune divinisée.
12Au revers, on peut lire la légende CONSECRATIO qui fait référence à l’apothéose de l’impératrice. La combinaison de ces différents éléments soulève plusieurs questionnements. Comme cela a été mentionné précédemment, le paon va être un véhicule de l’âme pour la divine Faustine à l’image du char de Junon24. Il représente un pont entre le monde des mortels et celui des dieux. L’oiseau va permettre d’illustrer la renaissance de l’impératrice à l’image du paon qui est un animal cyclique et saisonnier puisqu’il renaît à chaque printemps par sa mue. De ce fait, il est fortement lié aux saisons25. La renaissance et le bon déroulement des cycles sont des thématiques que l’on retrouve fréquemment dans le discours idéologique impérial. Ils sont synonymes d’abondance et de prospérité. Ce type de discours est souvent lié à la représentation de l’impératrice et de la diua. C’est pourquoi elle peut revêtir les attributs de divinités comme Cérès, déesse de la fertilité. Son image est aussi associée à celle de la personnification de l’éternité, Aeternitas. Cela a d’ailleurs été confirmé à travers le recensement de nos données. Le paon n’est plus uniquement le compagnon de Junon, il devient aussi celui de la diua et symbolise son immortalité. Ce nouvel élément iconographique symbolise aussi l’ouverture à de nouveaux membres de la domus diuina avec des attributs qui leur sont propres26.
Fig. 4. – Aureus frappé à Rome (RIC II Hadrian, 27).

ANS 1944.100.44676. Images courtesy of the American Numismatic Society.
13Qu’en est-il de la représentation du diuus et de son association avec l’oiseau oriental, le phénix ? L’aureus ci-dessus (fig. 4) émis sous Hadrien en 117-118 apr. J.-C., représente au revers le benu, tel qu’il était nommé en Égypte. Il est coiffé du nimbe, tandis que l’avers figure Trajan en tenue militaire portant la couronne laurée. À l’image du paon, le phénix est un animal qui renaît mais de façon différente car cet oiseau-ci triomphe de la mort27. À la fin de sa vie, il va mourir par combustion et renaître des cendres de son prédécesseur, son père. Les différentes sources expliquent que le phénix, sentant sa mort arriver, réalise un nid avec divers aromates dans lequel il va mourir pour renaître. Or, le bûcher funéraire du prince défunt était aussi enrichi d’aromates comme le précise Hérodien28. Sur ce point, l’empereur est semblable au phénix et c’est l’idée qui est suggérée à travers cette monnaie. Indirectement, c’est d’Hadrien dont il est question. La scène du revers renvoie à la renaissance de Trajan. Comme l’explique Pierre Bastien dans son ouvrage traitant des bustes monétaires, « l’empereur régnant montre qu’il est héritier d’un prédécesseur unique, en tant qu’Auguste, il procède essentiellement de lui, il le perpétue, il s’affirme un nouveau lui-même29 ». Il est le seul représentant de son espèce et le seul à régner à l’image du phénix. Il s’agit d’une illustration de son statut surhumain, le princeps est unique et il a un statut unique. L’animal renaît par le feu, à l’image de l’empereur qui se consume sur le bûcher afin de renaître sous la forme d’un diuus et d’être remplacé par son fils. Par conséquent, l’exercice du pouvoir est maintenu30. À l’image du paon, le phénix a, lui aussi, une dimension séculaire, il vit selon des cycles de 509 ans avant de se consumer. Il est aussi lié aux cycles héliaques, ce qui est symbolisé par la présence du nimbe qui orne la tête de l’oiseau au revers. Françoise Lecocq rappelle que le choix d’un animal mythique dans l’imagerie impériale n’est pas nouveau et renforce l’héroïsation de l’empereur : Germanicus avait été représenté en train de chevaucher Pégase sur le Grand Camée de France31. Néanmoins l’emploi de cet animal reste assez marginal dans la représentation de l’empereur divinisé car nous n’avons que des monnaies émises sous Hadrien pour le divin Trajan. Mais il s’agit d’un symbole assez polyvalent car il ne reste pas uniquement l’apanage des diui. Sur certaines monnaies émises sous Antonin et Marc Aurèle pour leurs épouses défuntes, le phénix est présent sur les revers. Il n’en est pas le sujet central, il repose sur un globe, dans la main de la diua ou d’Aeternitas, ce qui n’est pas sans rappeler le type de la Victoire sur le globe. Ces types monétaires nous montrent que l’Empire, dirigé par le prince, est promis à une glorieuse destinée, sans cesse renouvelée et que l’impératrice est fortement associée à ce pouvoir et contribue à ce renouvellement cyclique32.
14La représentation du phénix sous les Antonins permet de renouveler le répertoire iconographique monétaire mais témoigne aussi de l’affection d’Hadrien pour l’Orient et pour ses mythes. Si l’aigle jovien continue de symboliser la consecratio, le paon et le phénix permettent de rendre plus accessible les discours développés dans les textes littéraires. Cependant, il est toujours difficile de savoir si et à quel point, la population qui utilisait quotidiennement la monnaie avait connaissance des mythes orientaux comme celui relatif à l’oiseau égyptien. D’un point de vue purement idéologique, le phénix permet de mettre en lien la naissance, ou la renaissance du nouveau princeps et de rappeler que son prédécesseur a rejoint le monde céleste et que cela annonce le début d’un nouveau cycle, celui de l’âge d’or. En ce qui concerne, Faustine, ainsi représentée, on peut considérer qu’elle revêt une dimension cosmique particulière en étant étroitement associée au sceptre et à l’autel, elle est associée à un pouvoir impérial qui se veut terrestre et céleste. Elle se voit dotée d’un marqueur de divinité qui lui est propre, dans le sens où la représentation du paon associée à sa personne dépeint l’accès à une condition d’immortelle. Enfin et pour finir sur cette question, il est amusant de constater que ces attributs, qui étaient utilisés dans un cadre strictement impérial, vont être victimes d’un « effet de mode » et utilisés dans la sphère privée. Il suffit d’observer les scènes illustrant les sarcophages du iie-ive siècles pour comprendre que le paon et le phénix ont été très largement proposés par les marbriers aux familles en deuil afin que le défunt puisse, lui aussi, être accompagné dans une vie immortelle.
Le motif des sept étoiles sur le monnayage : un lieu de résidence destinée à accueillir les divinisés de la domus Augusta ?
15Une fois leur corps consumé, les âmes des diui et diuae vont être escortées jusque dans la voûte étoilée mais quelle place vont-ils occuper ? Si le Sénat acte la catastérisation de la nouvelle divinité, il ne dit pas quelle place elle doit occuper dans le ciel. Un des éléments présents dans nos données peut nous permettre d’émettre une hypothèse.
16Le motif en question représente sept étoiles que l’on appelle aussi septem triones. Cette appellation fait référence à la constellation de la Grande Ourse qui se compose de sept étoiles. Elle apparaît pour la première fois sur des émissions provinciales de Crète sous Caligula puis sous Claude en l’honneur du diuus Augustus33. Ce motif sera aussi repris par les différents belligérants des guerres civiles en 68-69 apr. J.-C. avec la même légende monétaire de AVG(ustus) DIVI F(ilius)34. Par la suite, cela va devenir une thématique assez récurrente puisqu’elle va réapparaître dans le numéraire des Flaviens, des Antonins (fig. 5) et des Sévères. Ce motif sera toujours mis en lien avec la divinisation d’un membre de la domus Augusta : les impératrices, un enfant mort prématurément ou l’empereur35.
Fig. 5. – As en bronze frappé à Rome (RIC, II Antoninus Pius 1199A).

ANS 1944.100.48979. Images courtesy of the American Numismatic Society.
17Le premier exemple utilisé pour illustrer le propos est un as en bronze émis sous Antonin en 141 apr. J.-C., la divine Faustine est représentée au droit. Au revers nous pouvons voir les sept étoiles avec le croissant de Lune et l’inscription S(enatus) C(onsulto) qui signifie que le Sénat était associé à la frappe de cette dénomination monétaire. Il s’agit d’un type assez classique qui va être frappé à l’occasion de différentes divinisations.
18Comment peut-on imaginer que ces étoiles représentent la constellation de la Grande Ourse ? La Grande Ourse a un rapport particulier avec Diane/Artémis d’une part et Jupiter d’autre part. Pour rappel et selon Ovide, la nymphe préférée d’Artémis, Callisto fille de Lycaon, est violée par Jupiter. Lorsqu’elles se rendent au bain, la déesse se rend compte que la nymphe est enceinte. Artémis, folle de rage, chasse sa suivante et Junon qui souhaite se venger de son mari infidèle la transforme en ourse. Bien plus tard, Arcas le fils de Callisto, prend sa mère en chasse sans connaître son identité. Au moment de la tuer, Jupiter enlève Callisto et Arcas de la Terre et les catastérise. C’est ainsi qu’ils deviennent respectivement la Grande et la Petite Ourse36.
19Les résultats récoltés grâce au travail préliminaire mené sur le corpus monétaire de l’étude montrent que la diua est souvent accompagnée de la torche au revers ou porte le diadème à l’avers, ce qui est une référence au croissant de Lune. On sait que le port de ce diadème est apparu dans l’iconographie avec l’apothéose de l’impératrice Sabine, l’épouse d’Hadrien. Cette parure fait référence à Artémis. La déesse qui porte l’épithète de phosphoros a pour rôle de veiller sur les astres et elle est assimilée à Luna. On peut supposer que l’âme de l’impératrice est destinée en toute logique à rejoindre la zone de la constellation de la Grande Ourse, celle de Callisto la nymphe d’Artémis, ce qui se traduit par le croissant de Lune et les sept étoiles dans le monnayage. Dans un ouvrage collectif récent, un article aborde la question de la souveraineté universelle de la Grande Ourse dans les milieux gréco-égyptiens de l’Empire romain. L’auteur s’appuie sur un passage des Papyrus Grecs Magiques afin de montrer que l’Ourse pourrait être considérée comme étant sous l’influence d’Artémis37. Si l’on se réfère à la traduction présentée par l’auteur, Diane/Artémis est présentée en ces termes : « Ourse, déesse très grande, commandante du ciel, reine du pôle (et) des astres, très élevée, à la belle lumière, élément incorruptible, système du tout, à la lumière vive, harmonie universelle. » On retrouve dans ce passage les qualificatifs qui sont attribués habituellement à la déesse, elle est lumineuse et c’est elle qui assume la responsabilité de veiller sur les astres. Pour finir, il faut souligner que des types monétaires associent les impératrices antonines, présentées au droit, à Diane/Artémis qui occupe le revers. Sur les numéraires en question, la légende monétaire est la suivante : SIDERIBUS RECEPTA. Ce qui signifie qu’elle est « accueillie parmi les étoiles », sous la surveillance de Diane et/ou dans la zone d’influence de cette dernière38.
20D’autres éléments laissent penser que cette zone céleste ne serait pas destinée exclusivement aux diuae, mais aussi aux diui puisque c’est une région qui est aussi rattachée à l’influence de Jupiter. En effet, les astrologues antiques avaient octroyé la zone de l’Ourse au roi des dieux39. On peut supposer que la place du diuus – ancien corégent de Jupiter sur Terre – se trouve dans la zone septentrionale appartenant à Jupiter, celle qui est la plus haute dans le ciel ; à l’image des héros, une place leur est consacrée au sein de la voûte céleste40. Par ailleurs, Pline l’Ancien nous informe que la comète qui est apparue lors des funérailles de César se trouvait dans la zone du Septentrion et qu’elle fut visible pendant sept jours :
« Auguste exprima en ces termes la joie qu’elle lui causait : “Pendant la célébration de mes jeux, on aperçut durant sept jours une comète dans la région du ciel qui est au Septentrion”41. »
21Pline sous-entendait peut-être que l’âme de César devait prendre son repos dans cette région, celle se trouvant sous l’influence du roi des dieux. De plus, la constellation de l’Ourse est une constellation dominante par bien des aspects auxquelles les empereurs pourraient, en toute logique vouloir rattacher leur immortalité astrale et leur puissance. La constellation composée de sept étoiles est une image du cosmos qui se compose de sept planètes. La doctrine stoïcienne considère que la seule chose qui soit éternelle et parfaite, c’est le cosmos. L’Empire et l’exercice du pouvoir par le princeps se doivent d’être à son image. Le chiffre sept qui revient fréquemment semble être un signe de puissance ou d’une destinée prometteuse dans le monde romain et dans les sociétés antiques en général. Suétone précise dans sa biographie qu’Auguste avait sur le corps sept tâches qui avaient la forme de l’Ourse42. On ignore si l’anecdote est vraie, mais l’historien accorde tant d’importance aux présages dans ses écrits qu’on peut vraisemblablement admettre que celui-ci doit être compris comme un signe annonciateur de la bonne fortune d’Auguste, même s’il a été inventé a posteriori. En ce sens, l’Ourse est symbole de pouvoir et d’immortalité. Manilius nous apprend que les membres de la gens des Iulia sont destinés à rejoindre le dieu Quirinus qui siège tout en haut dans le ciel. La zone la plus haute du ciel est le Septentrion comme nous l’avons vu précédemment. Ce texte précise que les héros, qui se rapprochent des dieux par leurs vertus, prendront place dans la Voie Lactée, une zone du ciel inférieure :
« Perhaps the souls of heroes, outstanding men deemed worthy of heaven, freed from the body and released from the globe of Earth, pass hither and, dwelling in a heaven that is their own, live the infinite years of paradise and enjoy celestial bliss. If so, here we honour the line of Aeacus, here the sons of Atreus, and warlike Diomede; the man of Ithaca, too, who by his triumphs on land and sea was nature’s conqueror; the Pylan, renowned for a long life of triple span, and, the other Greek chiefs who fought at Troy Hector, bulnark and glory of the Ilian race together with Aurora’s dusky son and him of the Thundered’s stock who ruled Lycia43. »
« And the Julian who boasted descent from Venus. Augustus has come down from heaven and heaven one day will occupy, guiding its passage through the zodiac with the Thundered at his side; in the assembly of the gods he will behold mighty Quirinus and him whom he himself has dutifully added as a new deity to the powers above, on a higher plane than shines the belt of the Milky Way. There is the gods’abode, and here is theirs, who, peers of the gods in excellence, attain to the nearest heights44. »
22Il ne convient pas d’affirmer quoi que ce soit à propos du lieu de la demeure céleste des diui et des diuae, nous ne pouvons formuler que des hypothèses. Nous comprenons, grâce aux précisions apportées par ce passage, qu’il existait une certaine hiérarchisation des âmes dans la voûte céleste entre les héros et les diui/diuae45. Ce classement est flou mais la zone du ciel était bien destinée à accueillir Auguste, ses proches et les divinisés des dynasties suivantes. Se pourrait-il que, par la suite, cette région soit restée le lieu d’éternité des diui et des diuae chez les penseurs du pouvoir impérial ?
23On ne peut pas nier l’importante récurrence du motif des sept étoiles et les questions de divinisation qu’elle sous-entend. Il apparaît clairement à travers les sources littéraires que la zone septentrionale du ciel est une zone symbolisant la puissance, la perfection et renvoyant à Jupiter et à Artémis. Sur de rares émissions d’Hadrien, son visage apparaît à l’avers alors que les sept étoiles sont au revers avec le croissant lunaire (fig. 6). Il ne s’agit pas, comme dans les exemples précédents, d’émissions monétaires concernant une personne divinisée. On peut penser que le pouvoir impérial et le discours idéologique bien établis à cette époque se traduisaient dans le monnayage par une divinisation annoncée du vivant de l’empereur par ce type d’émissions. Le statut surhumain du prince s’affirme considérablement. En ce sens, le croissant lunaire renvoie à cette immortalité astrale du prince telle qu’elle était considérée par les philosophes pythagoriciens46.
Fig. 6. – Denier en argent frappé à Rome (RIC II2 3 Hadrian, 852).

ANS 1987.26.152. Images courtesy of the American Numismatic Society.
24Il était habile de faire figurer les septem triones sur le monnayage. Elles représentaient la constellation la plus connue pour les habitants de l’Empire. La constellation de la Grande Ourse faisait partie du quotidien des Romains. Leurs yeux étaient davantage tournés vers le ciel que les nôtres, ne serait-ce que pour le travail dans les champs. De plus, le mythe racontant l’origine jovienne de la constellation devait être connu de tous. Ce motif est apparu assez tôt sous le principat de Caligula dans des émissions provinciales et, par la suite, il sera réutilisé sous les Flaviens. Le monnayage traduisait, pour tous, cette éternité dans laquelle les membres divinisés de la domus Augusta étaient fixés grâce la consecratio.
Conclusion
25Cette étude a permis de faire un grand recensement des données monétaires sur la représentation des diui et des diuae et de comprendre, à travers des exemples choisis, quels étaient les motifs qui alimentaient la thématique de la divinisation. On peut retenir que seul le divin César bénéficie d’un attribut qui fait référence à sa propre catastérisation : la comète, jamais réutilisée par la suite. À l’inverse, on retrouve de nombreux schémas qui vont être réemployés à travers différentes émissions monétaires au cours de différents règnes. Sur la période étudiée, le paon apparaît seulement en lien avec la diua, pas le diuus ; contrairement à l’aigle qui fait référence à la consecratio de façon générale, sans prendre en compte le statut de la personne divinisée. Les données issues des émissions monétaires des Antonins nous ont permis de recenser un nombre important de motifs iconographiques traduisant le statut surhumain des membres divinisés de la domus Augusta. Ces données nous éclairent sur la construction d’un discours idéologique façonné par les élites intellectuelles du principat. Les motifs iconographiques présents sur les différents types monétaires ont permis de fixer une imagerie de la divinisation des diui et des diuae dans l’imaginaire collectif romain et témoignent du goût des Romains pour les « choses célestes ». Ce sont des éléments que l’on peut retrouver sur d’autres types de sources iconographiques47. C’est au iie siècle que le phénix a été immortalisé dans la numismatique et associé à l’apothéose des membres de la domus Augusta. Le paon, bien que présent sur quelques émissions flaviennes, devient un attribut récurrent qui accompagne les diuae antonines. Le paon et le phénix sont des animaux qui évoquent la renaissance et qui créent un lien entre le monde terrestre et le monde céleste.
26Nous pouvons aussi penser que les émetteurs des émissions monétaires ont souhaité représenter le lieu de résidence des âmes des divinisés par le motif des septem triones. S’il est clair que la région septentrionale du ciel apparaît comme une zone de puissance et de domination dans la cosmographie antique, il est difficile d’affirmer qu’elle est attribuée aux âmes des diui et des diuae. Comme on l’a vu avec les textes antiques, la hiérarchisation des âmes des héros et des membres de la domus Augusta reste floue. Toujours est-il que ce motif des sept étoiles pourrait illustrer la volonté du pouvoir impérial d’inscrire les membres de la domus Augusta dans la voûte céleste afin qu’ils y demeurent à l’image des héros mythiques. On peut considérer que la création d’une domus diuina a fonctionné et que les diui et les diuae ont bénéficié d’un processus de divinisation efficace qui s’est matérialisé par la création de temples et de cultes en leur honneur dans l’Empire de façon plus ou moins pérenne48. Nous en avons un bon exemple avec les émissions monétaires en l’honneur du divin Nerva, qui ont continué pendant dix ans après sa mort, et avec celles que Marc Aurèle a fait frapper pour Faustine l’Aînée après le décès d’Antonin.
Notes de bas de page
1D. C., 57, 46 ; Suét., Aug. 100.7 ; Tac., Ann., 1,10. – Je remercie les organisatrices, Évelyne Cohen et Anne Gangloff, pour leur invitation ainsi que l’ensemble des participants à ce colloque pour les précieux conseils qu’ils m’ont donnés suite à ma communication. Je tiens à remercier tout particulièrement mes directeurs de thèse, Anne Gangloff et Frédéric Le Blay pour leurs multiples relectures et leurs corrections.
2Plin., Paneg., 11.
3Ibid. 11 ; 73 ; 80.
4Daremberg Charles Victor et Saglio Edmond (dir.), « Héros », DAGR, Paris, 1900, p. 139-155. Sur l’héroïsation et la divinisation dans le monde romain, voir les contributions d’Anne Gangloff et de John Scheid dans ce volume.
5En ce qui concerne la définition et le processus de divinisation à Rome, voir la contribution de John Scheid.
6Les bases de données utilisées sont les suivantes : Coinage of the Roman Republican Online, Online Coins of the Roman Empire et Roman Provincial Coinage Online.
7Hist. Aug., Pius, 6, 7 ; 8, 2 : Un temple en l’honneur de Faustine l’Aînée est érigé sur le forum, des prêtres sont nommés en charge du culte, il s’agit d’une première pour une femme. À la mort d’Antonin, le temple accueille aussi un culte en l’honneur du princeps : il s’agit de la célébration d’un couple de divins. Une fondation alimentaire portant le nom de Faustine est créée afin de venir en aide aux jeunes filles. Des statues en or et en argent de Faustine sont érigées. Par ailleurs, le recensement des données monétaires met en exergue un nombre impressionnant d’émissions en l’honneur de la diua. À ce propos, voir les articles de Mattingly Harold, « The consecration of Faustina the Elder and her daughter », The Harvard Theological Review, no 41, 1948/2, p. 147-151 et de Rowan Clare, « Communicating a consecratio: the deification coinage of Faustina Ist », in Nicholas Holmes (éd.), Proceedings of the XIV International Numismatic Congress, Glasgow, 2009, vol. 1, Glasgow, International Numismatic Council, 2011, p. 991-998.
8À propos de la damantio memoriae de Commode en 193 apr. J.-C. et sa réhabilitation par Septime Sévère (entre 195 et 197 apr. J.-C.) : Benoist Stéphane, Rome, le prince et la cité, Paris, 2005, p. 175-176.
9Ce travail s’inscrit plus globalement dans le cadre de ma thèse qui a pour sujet « Empereurs et cosmographie sous le Haut-Empire d’Auguste à Caracalla (27 av. J.-C.-212 apr. J.-C.) ».
10Liv., 1,16 ; Plu., Rom., 38 : les sources anciennes narrent l’apothéose de Romulus comme le premier romain à devenir un dieu après sa mort, il prend alors le nom de Quirinus. Son temple était situé sur la colline du Quirinal. Sur la divinisation de César, voir la contribution de Christophe Badel dans ce volume.
11Plin., Nat., 2, 23, 4.
12Cic., Phil., 2, 43 ; D.C., 47,18-19.
13Suet., Iul., 88.
14RIC I Augustus, 337-340, 37a, 37b, 38a, 102 ; RPC I, 2139b ; RIC II Traianus, 815.
15Scheid John, « Remarques sur le culte des diui et la consecratio », in Brigitte Boissavit-Camus (éd.), La mort du souverain. Entre Antiquité et haut Moyen-Âge, Paris, Picard, 2003, p. 84.
16Plin., Nat., 2, 22. Voir aussi Ramsey T. John et Licht Lewis, The comet of 44 B.C. and Caesar’s funeral games, Atlanta, Scholars Press, 1997, p. 155.
17D. C., 56, 42 : Κἀκ τούτου δᾷδας ἑκατόνταρχοι, ὥς που τῇ βουλῇ ἐδόκει, λαβόντες ὑφῆψαν αὐτήν· καὶ ἡ μὲν ἀνηλίσκετο, ἀετὸς δέ τις ἐξ αὐτῆς ἀφεθεὶς ἀνίπτατο ὡς καὶ δὴ τὴν ψυχὴν αὐτοῦ ἐς τὸν οὐρανὸν ἀναφέρων, trad. E. Gros.
18Hdn., 4, 2 : Έκ δὲ τοῦ τελευταίου καὶ βραχυτάτου κατασκευάσματος, ὥσπερ ἀπό τινος ἐπάλξεως, ἀετὸς ἀφίεται σὺν τῷ πυρὶ ἀνελευσόμενος ἐς τὸν αἰθέρα, ὃς φέρειν ἀπὸ γῆς ἐς οὐρανὸν τὴν τοῦ βασιλέως ψυχὴν πιστεύεται ὑπὸ Ῥωμαίων· καὶ ἐξ ἐκείνου μετὰ τῶν λοιπῶν θεῶν θρησκεύεται, trad. L. Halevy.
19RIC III Marcus Aurelius, 1700.
20RIC I2 1 Domitian, 150-151, 678-684.
21Rowan Clare, « Communicating a consecratio: the deification coinage of Faustina Ist », art. cité, p. 194 ; Mattingly Harold, « The consecration of Faustina the Elder and her daughter », art. cité.
22Voir Dèmès Raphaël, « Autour du paon et du phénix. Étude d’une iconographie cultuelle et funéraire dans le Bassin méditerranéen (ive-xiie siècles) ». Cette thèse analyse la fonction de ces deux animaux dans l’iconographie impériale [DOI : https://doi.org/10.4000/cem.15911], consulté le 3 février 2023.
23Description du phénix dans les sources romaines : Plin., Nat., 10, 2 ; Ov., Met., 15, 385.
24Ov., Met., 2, 531.
25À propos de la fonction du paon en Asie et en Méditerranée dans une perspective iconographique variée : Tortel Christiane, Sacralisé, diabolisé : le paon dans les religions de l’Asie à la Méditerranée, Paris, Geuthner, 2019.
26Dans les dynasties précédentes, il y a eu des tentatives pour diviniser des épouses, des sœurs ou des fils morts prématurément. On peut citer Domitien qui divinisa son fils mort en bas âge (Mart., Epigr., 4, 3). Mais il s’agissait le plus souvent d’apothéoses effectuées sous le règne d’un « mauvais » prince, dont le culte ne survivait pas à la déchéance du tyran.
27Démès Raphaël, « Autour du paon et du phénix », op. cit., p. 120.
28Hdn, 4, 2.
29Bastien Pierre, Le portrait monétaire des empereurs romains, t. I, Wetteren, Éd. Numismatique romaine, 1992, p. 169.
30Christol Michel, « L’image du phénix sur les revers monétaires au milieu du iiie siècle : une référence à la crise de l’Empire ? », Revue numismatique, 6e série, no 18, 1976, p. 83.
31Lecocq Françoise, « Deux faces du phénix impérial : Trajan et Hadrien sur les aurei de 117/118 apr. J.-C. », in Stéphane Benoist, Alban Gautier, Christine Hoët-van Cauwenberghe et Rémy Poignault (dir.), Mémoires de Trajan, Mémoires d’Hadrien, Villeneuve-d’Ascq, Presses du Septentrion, 2020, p. 64.
32Voir les publications de Françoise Lecocq, spécialiste du mythe du phénix ; Lecocq Françoise, « Inventing the phoenix: a myth in the making through words and images », in Patricia A. Johnston, Attilio Mastrocinque et Sophia Pappaioanou (dir.), Animals in Greek and Roman Religion and Myth, New Castle upon Tyne, Cambridge Scholars Publishing, 2016, p. 467 : selon l’autrice, les émissions du phénix au globe ne célèbrent pas l’éternité d’une personne mais de l’Empire dans son ensemble.
33RPC I Caligula, 963-965 ; RPC I Claudius, 966 ; 968-969.
34RIC I2 Civil Wars, 95.
35RIC I2 1 Domitian, 152.
36Ov., Met., 2, 529-530.
37Andureau Florian, « La Grande Ourse et la souveraineté universelle dans les milieux gréco-égyptiens de l’Empire romain », in Florian Barrière et Caroline Bertonèche (dir.), Poésie et astronomie de l’Antiquité au Romantisme, Grenoble, UGA Éditions, 2020, p. 68.
38RIC III Marcus Aurelius, 1715-1716.
39Gury Françoise, « Septem Triones. Un thème de la prédestination dynastique à Rome », in Michel Molin (éd.), Images et représentation du pouvoir et de l’ordre social dans l’Antiquité. Actes du colloque, Angers, 28-29 mai 1999, Paris, de Boccard, 2001, p. 185.
40Eratosth., Cat., L’Homme à genoux : Jupiter place Hercule parmi les astres pour le récompenser de ses exploits.
41Plin., Nat., 2, 23 : Namque his uerbis in gaudium prodit is: “Ipsis ludorum meorum diebus sidus crinitum per septem dies in regione caeli sub septemtrionibus est conspectum”, trad. J. Beaujeu, CUF.
42Suet., Aug., 80.
43Manil., 1, 758-768 : An fortes animae dignataque nomina caelo / corporibus resoluta suis terraeque remissa / huc migrant ex orbe suumque habitantia caelum / aetherios uiuunt annos mundoque fruuntur ; / atque hic Aeacidas, hic et ueneramur Atridas, / Tydidenque ferum, terraeque marisque triumphis / naturae uictorem Ithacum, Pyliumque senecta / insignem triplici, Danaumque ad Pergama reges, / [castra ducum et caeli uictamque sub Hectore Troiam] / Hectoraque Iliacae gentes columenque decusque / Auroraeque nigrum partum, stirpemque Tonantis rectorem Lyciae, trad. G. P. Goold, The Loeb Classical Library.
44Manil., 1, 798-804 : Venerisque ab origine proles / Iulia? Descendit caelo caelumque replebit, / quot reget, Augustus, socio per signa Tonante, / cernet et in coetu diuum magnumque Quirini / numen et illius, quem diuis addidit ipse, / altius aetherii quam candet circulus orbis. / Illa deis sedes: haec illis proxima diuum / qui uirtute sua similes fastigia tangunt, trad. G. P. Goold, The Loeb Classical Library.
45Hollard Dominique, « De l’océan à la Grande Ourse : une image inédite de la divinisation de Faustine mère sur un médaillon découvert à Chouppes (Vienne) », in Arnaud Clairand et Dominique Hollard (éd.), Numismatique et archéologie en Poitou-Charentes. Actes du colloque de Niort, 7-8 décembre 2007, Paris, SÉNA, 2009, p. 26-28 : l’auteur compare certaines des monnaies évoquées ci-dessus à d’autres sources iconographiques datant du Haut-Empire romain.
46Bastien Pierre, Le portrait monétaire des empereurs romains, op. cit., t. III, p. 683.
47Sur le socle de la colonne d’Antonin le Pieux, on voit la représentation de l’apothéose de Faustine I et d’Antonin (musée du Vatican, Inv. 5115).
48Voir les honneurs particuliers qui ont été octroyés à Faustine l’Aînée et qui ont été mentionnés précédemment.
Auteur
-
Morgane Chaignon
UMR 6566, CReAAH site rennais-LAHM.
Morgane Chaignon prépare depuis 2019 un doctorat d’histoire romaine sur « Empereurs et cosmographie sous le Haut-Empire d’Auguste à Caracalla », sous la direction d’Anne Gangloff et de Frédéric Le Blay. Elle est membre de l’UMR 6566, CReAAH site rennais-LAHM. Elle a travaillé en tant qu’ingénieure d’études dans le cadre de la chaire Jean Monnet FABER (« Transmission et création d’une culture commune européenne : la fabrique des héros », 2021-2024).
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