Le grand concours des héros
Évolution des critères d’éligibilité héroïque du xviiie au xxie siècle
p. 19-26
Texte intégral
1Les quelques considérations, très générales, qui vont suivre sont à replacer dans le cadre d’une recherche de longue haleine, dont le point de départ s’est situé en l’an 2000, sous la forme d’un article programmatique sur ce que son auteur qualifiait de « politiques symboliques1 » et dont le point d’arrivée devrait être, un quart de siècle plus tard, un ouvrage intitulé Emblème, monument, rituel. Le postulat initial de cette enquête est que toute société humaine se fonde, se refonde et se gouverne par les symboles. Le pouvoir n’existe pas en soi : il s’exerce. Il n’y a pas de pouvoir, rien que des preuves de pouvoir. La notion de politique symbolique est liée à la conjecture que tout pouvoir, qu’il soit économique, politique ou culturel, s’exprime – et, par là même, se conteste – sur trois modes : coercitif, rhétorique et symbolique. Le dernier mode tente d’opérer une synthèse des deux autres dans la mesure où il aménage dans l’espace et le temps des objets qui, comme dans le premier, sont autant d’outils de maîtrise, tout en ayant pour objectif, comme dans le second, l’adhésion des sujets de la symbolisation aux valeurs du symbolisateur.
2Concentrons-nous ici sur le pouvoir politique. Le système symbolique des sociétés politiques modernes fonctionne sur le même triptyque que le système dit communément « religieux » des sociétés antérieures, celui qui à la fois distingue et unit l’emblème – qu’il soit visuel ou sonore –, le monument – épigraphique, sculptural et architectural – et le rituel, à la fois synthèse et dépassement des deux premières instrumentations, dans la perspective bien résumée par John Scheid : « Que faire, c’est croire. » De cette analogie structurelle il ressort que les formes produites peuvent être comparées entre elles et qu’entre elles circulent des modèles dont le principal intérêt réside moins dans la récurrence du même que dans l’infinie variété du singulier.
3Appliquer cette problématique à ce colloque, c’est donc prendre au pied de la lettre la formule du « culte du héros » et privilégier les processus, en tant que productions sociales, l’héroïsation plus encore que le héros. Ce sera ici affaire de monstration, celle d’un être vivant – la plupart du temps humain mais aussi, dans certains cas, animal – socialement produit comme plus humain que les humains, plus vivant que nature. L’héroïsé s’imposera dans l’espace comme supérieur au commun des mortels par ses qualités propres, dans le temps comme doté de pouvoirs post mortem qui ont à voir avec l’exemplarité – il définira un type – en relation avec un système de valeurs – il moralisera la collectivité. La célébration vaudra exposition, la monstration démonstration. Il en découle un cursus honorum des héros, perceptible dans chaque champ symbolique, une hiérarchie des affichages – de l’inscription murale au tombeau en passant par la statue, elle-même hiérarchisée du buste à l’effigie en pied puis à l’effigie à cheval, etc. On s’attachera ici à l’analyse des critères d’éligibilité qui subsument ces hiérarchies et ces répartitions.
Fondation du système héroïque moderne
4Les mutations au sein de l’ordre héroïsant occidental participent pleinement d’une interprétation en termes d’entrée en modernité. L’état prémoderne du système héroïque le fait dépendre d’une transcendance religieuse qui impose ses symboles et ses symbolisations à l’immanence du politique. Dans l’univers chrétien les stratégies funéraires conduisent ainsi les princes et leurs officiers à se faire inhumer dans un espace religieusement consacré. À Saint-Denis comme à Westminster les nécropoles dynastiques – qui, en cas de changement de dynastie sans changement de nécropole, peuvent devenir monarchiques – sont la clé de voûte d’un tel système dont les deux principaux piliers sont le saint et le prince. En Europe occidentale le passage progressif à l’héroïsation moderne se caractérisera par l’affaiblissement du monopole religieux de l’héroïsation au profit d’un fonctionnement sécularisé qui élargit quantitativement et diversifie qualitativement les figures héroïques.
5La redécouverte de l’Antiquité païenne impose une acception du terme lui-même (perceptible, par exemple, en français dans les Hymnes de Ronsard, parus en 1555 et 1556) qui tend à l’émanciper de toute référence religieuse au profit d’une valeur intrinsèque, reconnue par un public. Rien de plus significatif, à cet égard, que l’émergence concrète de ce que notre temps peut caractériser rétroactivement de « héros culturel » et l’on ne sera pas étonné que le branle en soit donné en Italie et dans ce lieu appelé à être magnifié par le Siècle des Lumières, le Panthéon, qui est encore en 1520 celui de Rome. Sauvé de la destruction en 608 par sa métamorphose en temple chrétien il est cette année-là le théâtre – c’est le mot – de l’inhumation – à sa demande – de Raphaël, rejoint en moins d’un siècle par une demi-douzaine d’artistes. Bien entendu on est encore là dans la logique de la distinction par le moyen de l’inhumation en terre consacrée mais ce qui se passe en 1556 à Westminster – donc au sein de la culture protestante – signe un basculement décisif. Cette année-là Geoffrey Chaucer, inhumé dans l’abbaye un siècle et demi plus tôt comme l’officier royal qu’il était socialement, est déplacé dans un monument spécifique qui est désormais dressé en l’honneur d’un poète en voie de transformation en écrivain national, mouvement que confirme, trois ans plus tard, l’inhumation directe d’Edmund Spenser. À cette particularisation de ce qui deviendra le « Coin des poètes » (Poets Corner) s’ajoutera au xviiie siècle ce qui deviendra le « Coin des savants », le rôle pilote de Chaucer étant ici confié à Isaac Newton, inhumé en 1727 sous une pierre tombale dont l’inscription assimile l’esprit du scientifique à l’âme du chrétien (Hic depositum est quod mortale fuit Isaaci Newtoni).
6Comme l’a montré Jean-Claude Bonnet2, il reviendra à la France des Lumières de théoriser la démarche, cristallisée dans la formule du « grand homme ». Des dispositifs inédits se mettent alors en place, de la « visite3 » à la « maison », de l’éloge à la monumentalisation. La galerie des statues (en pied) de grands hommes programmée par le comte d’Angiviller, directeur des Bâtiments du Roi, de 1775 à 1789 érige au final en face de trois hommes d’Église, huit hommes de guerre et quatre magistrats ou ministres, douze écrivains, savants et artistes. L’invention française, appelée à être imitée en plusieurs lieux de la planète, est évidemment le Panthéon civil, initié en 1790 par le marquis de Villette, qui n’est rien moins que l’héritier des mânes de Voltaire, parangon lui-même du grand homme des Lumières, et c’est ce même Voltaire qui, rejoint trois ans plus tard par Rousseau, va s’installer à demeure dans ce temple de la Nation. Le Panthéon, par un renversement significatif, sera en effet ouvert au public, en 1791, comme lieu d’un culte séculier et sa consécration tardive (1806) en temple religieux ne sera, avec le recul, qu’une parenthèse, refermée trois-quarts de siècle plus tard (1881) par la République.
7À partir de ce lieu central – donc très français – et modélisateur peut dès lors se déployer un xixe siècle qualifié par ses contempteurs de droite comme de gauche de « statuomane ». Quand, à l’orée du xxe (1899-1901), les républicains dressent dans la Cour d’honneur de la nouvelle Sorbonne les statues symétriques d’Hugo et Pasteur (faculté des lettres/faculté des sciences, en disposition symétrique, dans le hall, d’Homère et Archimède) la France apparaît, à l’échelle mondiale, comme le pays qui a poussé le plus tôt et le plus loin la religion culturelle – celui qui, à l’initiative de la société civile (souscription publique lancée par un comédien-français) a statufié pour la première fois (1838) un artiste dans un lieu public en la personne du Molière de la fontaine du même nom, à proximité d’un Palais Royal désormais découronné mais devenu siège du théâtre national.
8De tout ce qui précède il ressort que cet élargissement et cette diversification symboliques sont les résultantes de dynamiques qui conjoignent culture et politique. Même si les tenants des anciens régimes monarchiques peuvent jouer sur l’assimilation du martyre monarchique au martyre chrétien (ainsi dans la formule des « chapelles expiatoires » de la Restauration, de Brec’h à Paris), toute une sensibilité romantique est, dès le début du xixe siècle, à l’œuvre dans le culte du génie individuel et du génie collectif dont la génération de Schiller est porteuse et il est remarquable de voir des contemporains par ailleurs élevés dans le cadre de deux cultures nationales si différentes que furent Thomas Carlyle et Auguste Comte produire, chacun de son côté, des panthéons systématiques4, associant héroïcité culturelle et héroïcité politique, Dante et Danton, Moïse et Luther. Une génération avant le Louis II protecteur de Wagner et mécène de Bayreuth son grand-père le roi de Bavière Louis Ier fait édifier entre 1830 et 1847 sur les bords du Danube un Walhalla qui se présente comme un panthéon systématique du génie germanique, construit autour non de tombeaux ou de cénotaphes mais de bustes, de Charles Martel à Schubert, en passant par – et en intégrant – un Érasme ou un Nicolas de Flue.
9La progression intellectuelle du libéralisme et la progression politique de la démocratie, à quoi se résume assez bien le temps qui va du Congrès de Vienne de 1815 au Congrès de Paris de 1919, verra la concrétisation de ces avancées théoriques, dès lors qu’accèdent au pouvoir des dirigeants et des organisations nourris de ces convictions héroïques nouvelles. L’illuminisme franc-maçon, le patriotisme national et le démocratisme social, distincts ou réunis, installent un nouveau système symbolique dont, après les expérimentations de la monarchie de Juillet (inhumation de Napoléon aux Invalides, achèvement de l’Arc de triomphe, réouverture du Panthéon, etc.) et du Second Empire (réaménagement des champs de Mars, héroïsation de Vercingétorix…), la France de la IIIe République se révélera être un remarquable concentré. L’émergence d’un nouvel acteur politique, doté d’une autonomie accrue – l’élu local –, capillarisera le système central sur deux plans : la déclinaison locale des figures héroïques individuelles (homme politique, écrivain, artiste…)5, qui ne lésine désormais plus sur les plaques commémoratives, la toponymie et la statuaire publique, et la démocratisation de l’héroïcité elle-même, qui structure une nouvelle configuration héroïque.
Dynamique du système
10Les révolutions victorieuses – parfois pour un temps limité – des temps modernes se coulent ainsi assez vite dans le moule martyrologique, désormais adapté à celles et ceux qui ont pris les armes pour la « liberté » ou pour la « libération ». Les révolutions française et belge de 1830, les mouvements nationaux d’Europe centrale et orientale dressent des lieux de mémoire solennels aux révolutionnaires armés ou aux seuls morts les armes à la main, décrétés « martyrs6 ». Au xxe siècle le glissement martyrologique atteindra un sommet avec la forme inédite du monument aux morts des guerres de masse. Si, en France comme en Allemagne, l’apogée du mouvement d’intégration nationale avait déjà entraîné l’édification de monuments aux combattants de la Guerre de 1870 – qu’ils soient ou non morts au combat –, l’échelle change totalement du côté français à partir de 1918 avec la systématique capillarisation monumentale jusqu’au niveau communal. Le phénomène est d’une ampleur d’autant plus impressionnante que ce nombre de monuments sans précédent (environ trente-cinq mille, érigés en une dizaine d’années) s’accompagne cette fois d’un changement radical du mode d’héroïsation : l’inscription (au sens concret et symbolique du terme) du prénom et du nom de chaque mort « pour la France », là où, moins d’un siècle plus tôt, l’Arc de triomphe de l’Étoile ne conservait guère mémoire que des officiers généraux. Cette démocratisation de l’héroïque est évidemment à mettre en rapport avec la logique instaurée par le passage progressif des systèmes politiques au suffrage universel. C’est à la France de la Première Guerre mondiale qu’on doit aussi l’invention (1919) du « soldat inconnu », qui somme la pyramide de ce suffrage universel des martyrs d’une figure idéale, quintessenciée, qui les rassemble et les unifie tous.
11Reste que la démocratie, régime de la souveraineté populaire, peut n’être pas libérale. Cette même Grande Guerre aura été aussi, en termes de régime politique, le berceau des deux modèles totalitaires. Le soviétique comme le fasciste ne manqueront pas de recourir au suffrage universel des héros, mais sur un mode fondamentalement militarisé, ici héros du Travail – comme en témoigne, entre autres, la figure stakhanoviste, inventée en 1935, homologique de la version stalinienne du léninisme – là héros du Peuple (Popolo, Volk…), résumé à sa dimension nationale, voire raciale. Élitiste et guerrier le fascisme poussera particulièrement loin l’exaltation sacrificielle du martyre : un patriote génois du xviiie siècle donne son nom au mouvement de jeunesse fondé en 1926 par Mussolini (les Balillas), un SA tué par ses adversaires inspire l’hymne officiel du NSDAP (Horst Wessel Lied) et une biographie héroïque au cinéma du Troisième Reich (Hans Westmar) – dont en 1933 le tout premier film avait de même été consacré à un martyr, cette fois, de la Hitlerjugend (Le jeune hitlérien Quex) –, le régime mussolinien ne manque pas d’ériger plusieurs mémoriaux aux « martyrs de la Révolution fasciste » comme à leurs ancêtres, les garibaldiens « tombés » en 1849, etc.
12La distinction démocratie libérale/démocratie autoritaire/démocratie totalitaire est, au reste, réversible. L’effondrement, en 1945 et en 1989, des deux types totalitaires n’a aucunement anéanti le mouvement héroïsateur, puisque celui-ci, on l’a vu, puisait sa source dans la modernité libérale-nationale. La généralisation, dès le début du xixe siècle, du mouvement national au-delà des limites de l’Europe – et parfois contre elle – n’a fait qu’essaimer à travers le monde les figures et leurs configurations du nouvel héroïsme. Capitale de la première démocratie républicaine moderne, Washington DC – baptisée du nom du premier héros étatsunien – offrira aux regards du monde entier, tout au long de son National Mall, une série sans cesse enrichie de nouveaux modèles de monumentalité héroïque, qu’il s’agisse du héros politique individuel (Washington Monument, Memorials à Grant, Lincoln, Martin Luther King) comme au héros politique collectif (Memorials des vétérans), la figure du soldat inconnu se retrouvera aussi bien à Kiev qu’à Moscou, à Bagdad qu’à New Delhi, les nouveaux états-nations surgis de la Décolonisation – de l’Inde de 1947 à l’Asie centrale de 1991 – parsèmeront leur espace et ponctueront leur temps de lieux de mémoire et de rituels solennels célébrant des héros culturels ou politiques magnifiés, réinvestis ou réinventés pour l’occasion : l’Ouzbékistan, invention soviétique, devenu état souverain, nationalise à son profit aussi bien l’émir turco-mongol Tamerlan que le mathématicien persan Muhammad ibd Musa al-khwarizmi, dont le nom a donné le mot « algorithme » et l’œuvre le mot « algèbre ».
13De leur côté les sociétés démocratiques libérales d’Occident ont poursuivi sur leur lancée en continuant à élargir et à sophistiquer le champ de l’héroïsation. L’élargissement le plus remarquable est passé par l’intégration des problématiques du genre, marquée par le volontarisme qui a conduit les collectivités locales ou les institutions étatiques à introduire des figures féminines, sous-représentées symboliquement comme socialement, dans le champ héroïque. Ainsi le Vietnam War Memorial de Washington, DC, inauguré en 1982, est-il rejoint onze ans plus tard par un Vietnam Women’s Memorial ; ainsi la première femme panthéonisée en France, Marie Curie, ne l’est-elle qu’en 1995, en compagnie de son époux7, ainsi la toponymie récente de la Ville de Paris privilégie-t-elle systématiquement les noms de femmes (sur la ligne de tram 3b Diane Arbus, Ella Fitzgerald, Rosa Parks, Delphine Seyrig…). Une démarche analogue permet l’intégration dans l’espace de la célébration d’une proportion croissante d’étrangers et de nationaux issus de l’immigration, comme en témoigne, là aussi, le Panthéon français qui, dans les années 2020, accueille successivement Joséphine Baker et Missak Manouchian8.
14L’ouverture à de nouveaux critères d’éligibilité se poursuit par ailleurs et, comme tout ce qui précède, témoigne de l’évolution des représentations sociales. Ainsi assiste-t-on à une extension continue des valeurs au nom desquelles la collectivité – généralement nationale – engage un processus héroïsant. Des conjonctures de grande violence physique, interprétées en termes de provocation éthique, conduisent ainsi à célébrer ici les « Justes » de la Seconde Guerre mondiale (un hommage leur est rendu au Panthéon à partir de l’année 2007), là les « combattantes et combattants du SIDA » (toponymie parisienne, 2021). Derrière ces mutations se profile une évolution certaine du statut héroïque, caractérisée par l’affaiblissement continu de deux des piliers traditionnels de l’héroïsation, au profit de l’héroïsme des sociétés civiles. Il s’ensuit que la frontière entre héros et victimes tend aussi à s’affaiblir, comme en témoignèrent les débats en 2006 autour d’une éventuelle panthéonisation du capitaine Dreyfus, figure défendue par l’historien Vincent Duclert au nom de « l’héroïsme des citoyens ordinaires » là où la panthéonisation classique célébrait Émile Zola, et à partir de 2021 autour de plusieurs propositions visant à instituer une journée nationale d’hommage, chaque 17 mars, « aux soignants et aux victimes du Covid-19 ».
15On voit qu’au-delà de la labilité des circonstances un constat s’impose : les critères d’éligibilité héroïque peuvent ne pas avoir cessé d’évoluer, en fonction des valeurs dominantes des époques et des pays, les processus célébratifs, eux, demeurent souvent semblables et s’assignent la même fin, à savoir la transformation du collectif en commun par le moyen de l’émotion et sous la forme du symbole. À cette lumière celui-ci demeure fidèle aux origines antiques que nous rappelle son étymologie : en dernière analyse il s’agit bien, dans tous les sens du mot, d’un signe de reconnaissance.
Notes de bas de page
1Ory Pascal, « L’histoire des politiques symboliques modernes. Un questionnement », Revue d’histoire moderne et contemporaine, no 47, juillet-septembre 2000/3, p. 525-536.
2Bonnet Jean-Claude, Naissance du Panthéon. Essai sur le culte des grands hommes, Paris, Fayard, 1998.
3Nora Olivier, « La visite au grand écrivain », in Pierre Nora, Les Lieux de mémoire, t. II : La Nation, Paris, Gallimard, 1986.
4Carlyle Thomas, On Heroes and Hero Worship and the Heroic in History, 2e éd. Londres, Chapman and Hall, 1842 ; trad. française Les Héros, le culte des héros et l’héroïque dans l’histoire, Armand Colin, 1888 ; Comte Auguste, Calendrier positiviste ou système général de commémoration publique, Paris, L. Mathias, 1849.
5Puisque ce colloque se tient à Rennes on notera au passage que la toponymie comme la statuaire célébrative de cette ville au xixe siècle reflètent très exactement l’évolution des sensibilités culturelles et politiques.
6Dans la suite de la note précédente signalons qu’une « Colonne de Juillet » figure depuis 1835 dans le paysage symbolique rennais, inaugurée cinq années avant la colonne parisienne de la Bastille.
7Témoignage de l’auteur : maire-adjoint de la ville de Chartres à la fin du xxe siècle, il a fait voter par le conseil municipal la transformation d’une rue « Pierre Curie » en rue « Marie et Pierre Curie », assortie d’une ré-inauguration, à l’occasion de la « Journée internationale » du 8 mars.
8Son entrée au Panthéon est programmée pour le 24 février 2024.
Auteur
-
Pascal Ory
Sorbonne (Paris 1).
Pascal Ory est professeur émérite d’histoire contemporaine à la Sorbonne (Paris 1) et membre de l’Académie française. Il est l’auteur d’une cinquantaine d’ouvrages portant sur l’histoire culturelle et l’histoire politique des sociétés modernes, parmi lesquels Qu’est-ce qu’une nation ? Une histoire mondiale (Gallimard, 2020).
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