Préambule. L’avant-radio nocturne et la radio nocturne avant 1945
p. 29-39
Texte intégral
« La chance de la radio a été de débuter dans une extraordinaire atmosphère poétique1. »
Pierre Descaves
Pour le télégraphe aérien, la nuit est un obstacle
1Pendant la Révolution française, Claude Chappe, abbé de Provins, invente le télégraphe aérien, dont la fiabilité est démontrée en 17932. Autrement appelée télégraphe optique ou télégraphe Chappe, cette invention constituera le premier réseau de télécommunication d’envergure nationale. Claude Chappe baptise lui-même son système télégraphe, du grec têlé, loin, et graphein, écrire. Les messages codés sont transmis visuellement, par l’intermédiaire de relais situés sur des hauteurs et équipés de grands bras mobiles actionnés à l’aide de poulies. Durant la période révolutionnaire, cette invention permet d’augmenter considérablement la vitesse de transmission des informations. La première ligne télégraphique Paris-Lille, opérationnelle dès 1794, permet de transmettre un message en six heures. D’abord utilisé à des fins militaires, le télégraphe aérien se développe et son réseau s’étoffe progressivement sur le territoire mais ce moyen de communication souffre d’une faiblesse importante : puisqu’il est visuel, il ne peut pas être utilisé la nuit ou en cas de mauvais temps. Le télégraphe électrique, développé à partir des années 1830, fonctionne quant à lui jour et nuit, palliant les faiblesses du système optique. En 1844, la première ligne télégraphique électrique est installée entre Rouen et Paris. Les 534 lignes de télégraphe aérien qui couvrent alors le territoire français sont rapidement délaissées au profit du télégraphe électrique, dont le brevet a été déposé par Samuel Morse en 1842. D’abord instrument du gouvernement sur lequel s’exerce un monopole, le télégraphe électrique est mis à disposition du public à partir de 1851, passant d’un statut d’une « communication d’État » à une « communication du marché3 ».
2Si la nuit a constitué un obstacle à la transmission d’informations avec le télégraphe Chappe, cet espace-temps deviendra au contraire le moment idéal à la diffusion de messages, avec la télégraphie électrique puis surtout avec la télégraphie sans fil.
De la découverte des ondes hertziennes à la nuit de Noël 1906
3La radio est une invention collective, fruit de découvertes et d’inventions successives d’individus de nationalités diverses4. En 1865, l’Écossais James Clerk Maxwell développe la théorie de l’électromagnétisme, avançant l’existence d’ondes pouvant être émises par certains circuits électriques et se propageant à la vitesse de la lumière5. En 1887, le physicien allemand Heinrich Rudolf Hertz confirme cette théorie en mettant en évidence les ondes électromagnétiques, qui seront alors baptisées ondes hertziennes6. Afin de capter ces ondes, le Français Edouard Branly invente un récepteur, « cohéreur », en 1890, puis le Russe Alexander Popov met au point une antenne qui permettra des liaisons à grande distance. À partir de ces différents travaux et découvertes, le jeune Italien Guglielmo Marconi, étudiant à l’université de Bologne, expérimente les premières liaisons hertziennes, avec des messages transmis en code morse. En 1895, il réussit une émission sur plus de trois kilomètres : c’est la naissance officielle de la télégraphie sans fil. D’autres ingénieurs expérimentent alors des émissions hertziennes, dont le Français Eugène Ducretet, mais c’est Marconi qui va le plus loin. En 1899, il réalise la première liaison transmanche sur une distance de 46 kilomètres, puis, en 1901, il réussit la première transmission télégraphique sans fil transatlantique entre la Cornouailles et Terre Neuve.
4Jusqu’ici, toutes les transmissions s’effectuent en langage morse. Le Canadien Reginald Aubrey Fessenden a l’idée d’utiliser cette technologie pour transmettre aussi de la voix humaine. Le 24 décembre 1906, il réalise la première émission radio de voix et de musique, à partir de Brant Rock dans le Massachusetts7. Son programme comprend un discours, un enregistrement du Largo de Haendel, le morceau Douce nuit qu’il interprète lui-même au violon en direct, la lecture d’un passage de la Bible ainsi que des vœux de Noël8. Le 31 décembre au soir, il réitère l’expérience9. Dans les deux cas, il demande aux auditeurs qui le reçoivent de lui écrire, ce qui lui permet de découvrir que ses émissions ont été entendues à plusieurs centaines de kilomètres de distance, par des opérateurs radio sur des bateaux le long de la côte Est des États-Unis. En effet, l’une des premières applications de la radio a lieu dans la marine, qui utilise cette technologie pour envoyer des signaux de détresse. Ici, l’émission de Noël aurait été captée jusqu’à Norfolk en Virginie, et celle de la Saint-Sylvestre jusqu’aux Caraïbes10. Il est intéressant de noter que ces deux premières expériences d’émission radio de voix humaines ont eu lieu le soir, lors des fêtes de fin d’année. S’adressant aux opérateurs radio travaillant sur les bateaux, les émissions pionnières de Fessenden ont donc contribué à leur tenir compagnie et à apporter un peu de chaleur et de distraction à ces hommes en mer, loin de leur famille. Deux ans plus tard, en 1908, le chercheur américain Lee de Forest réussit plusieurs tentatives de transmission radio de voix humaines en France, depuis la tour Eiffel11.
Les premiers « écouteurs » nocturnes
5Au début du xxe siècle, les premiers radio-amateurs, pionniers de l’écoute radiophonique, sont des noctambules, pour les besoins de leur passion. Ils profitent en effet de l’atmosphère nocturne pour brancher leur poste de TSF. Quand vient la nuit, ils grimpent sur des points hauts pour capter des messages radio. Avant la Première Guerre mondiale, Daniel Berthelot, futur délégué de l’académie des sciences, monte sur les hauteurs de Meudon pour profiter du « silence absolu » de la nuit :
« Aucun des mille bruits de Paris ne monte jusqu’à la tour solitaire ; mais vers neuf heures et demie, chaque soir, on y entend les voix de la nuit12. »
6Équipé d’un casque téléphonique, il passe des nuits à manipuler son récepteur et capte des appels de Barcelone, Poldhu en Cornouailles, ou encore Norddeich, à l’embouchure de l’Elbe.
« Du nord au sud, de l’ouest à l’est, les voix nocturnes se croisent et se répondent. Perpétuellement, l’espace est sillonné par ces ondes invisibles qui, sur la face endormie de la terre, se suivent à quelques kilomètres les unes des autres, pareilles aux rides concentriques qu’engendre la pierre jetée dans l’eau morte d’un étang13. »
7La nuit est en fait le moment propice pour écouter la radio et réussir à capter un maximum de fréquences, car les ondes hertziennes se propagent mieux dans le noir. D’abord, les bruits de la journée qui parasitent l’atmosphère14, notamment le brouillage industriel, disparaissent, les ondes sont donc plus claires. Par ailleurs, les propriétés physiques nocturnes de l’ionosphère – région de la haute atmosphère – permettent aux ondes courtes de se propager beaucoup plus loin lorsqu’il fait nuit15. À l’inverse du télégraphe aérien, la radio constitue donc un médium idéal pour la nuit. Dès les débuts de la TSF, les radioamateurs officient la nuit en ondes courtes pour exploiter au mieux ce phénomène naturel. Dans un ouvrage consacré à l’histoire de la TSF, Robert Champeix évoque l’émotion de ces premiers auditeurs nocturnes :
« On imagine mal […] l’enthousiasme que suscita dans toutes les couches de la population la radiodiffusion naissante. […] On avait l’impression d’être un initié, de participer à la découverte scientifique : on passait pour un “type” très fort quand on annonçait à ses amis : “hier soir, j’ai pris Berlin, ou Vienne, ou Motala en Suède”. La consécration, on l’obtenait lorsqu’on pouvait se vanter d’avoir “pris” l’Amérique, pour s’être relevé à trois heures du matin, et, par une nuit exceptionnellement dénuée de parasites atmosphériques, avoir entendu une voix lointaine parlant anglais… […] Pendant des jours, des semaines, des mois, tous les instants de loisirs, une grande partie des nuits étaient consacrés à écouter, le casque aux oreilles, tout ce que l’antenne consentait à ramasser16. »
8À ses débuts, la radio des amateurs passionnés constitue donc une occupation essentiellement nocturne. Pour ces auditeurs solitaires, manipulant les boutons de leur récepteur qu’ils ont eux-mêmes fabriqué, casque sur les oreilles, l’écoute nocturne constitue sans aucun doute une expérience passionnante qui leur donne l’impression d’entrer en relation avec le reste du monde. Sensation d’être privilégiés, d’être la seule personne à l’écoute de ces voix du monde, de ces langues étrangères qu’ils ne comprennent peut-être pas, mais derrière lesquelles, ils le savent, se cache un autre être humain.
Les voix mystérieuses de la nuit
9En France, le décret du 7 février 1903 permet aux particuliers d’établir et d’exploiter, après autorisation, « des postes télégraphiques destinés à l’usage de correspondance d’intérêt privé ». Tout en autorisant certaines stations radioélectriques privées, l’administration française défend son monopole et exerce officiellement un contrôle sur l’utilisation des ondes radios. La TSF est d’abord utilisée largement par les pouvoirs publics, tandis que les radioamateurs demeurent très rares jusqu’en 1914. La Première Guerre mondiale accélère la diffusion de cette technique, utilisée par toutes les puissances belligérantes du conflit. Au sortir de la guerre, des milliers de soldats ayant été initiés à la TSF se muent en sans-filistes potentiels, capables de bricoler pour eux-mêmes des postes récepteurs17. Il n’existe pas véritablement de technique pour contrôler l’existence de postes non autorisés et les contrevenants au décret de 1903 existent18. Par ailleurs, il n’y a alors pas vraiment de distinction entre l’émetteur et le récepteur de TSF. Chaque écouteur doté d’un appareil de réception peut devenir à son tour émetteur, car les pièces qui composent les dispositifs sont identiques, et certains postes ont les deux fonctions19. Ces radio-amateurs mystérieux et anonymes, ancêtres des pirates des années 1970, profitent de la nuit pour s’exprimer sur les ondes. Un article de 1926 relate une anecdote radiophonique nocturne :
« Le 4 février 1923 à 22 h 30, les auditeurs franciliens branchés sur la longueur d’ondes de 225 mètres eurent la surprise d’entendre une voix mystérieuse et solennelle qui s’exprimait ainsi : “Allo. Allo. Ici le poste inconnu dont les ondes invisibles planent maintenant sur vos pensées. Ma voix domine votre ville qui m’écoute et va, par-delà les frontières, exprimer des idées que vous ne pouvez arrêter. Je puis, si la guerre éclate, vous haïr sans crainte. Je puis semer l’inquiétude dans vos âmes, brouiller vos messages et obscurcir l’horizon de votre destinée. Adieu pour aujourd’hui, je suis le poste inconnu, cherchez-moi20.” »
10La voix mystérieuse qui s’exprime ici joue avec les codes de la nuit et de l’angoisse, s’inscrivant dans un contexte de peur – la peur suscitée alors par l’apparition de cette nouvelle technologie, cet instrument de communication révolutionnaire permettant de faire pénétrer pour la première fois des voix extérieures dans l’intimité des foyers. Bien avant Orwell et son 1984, avant l’usage de propagande des ondes radios par le gouvernement nazi en Allemagne notamment21, ce radiophile français anonyme du début du xxe siècle envisage la possibilité éventuelle de contrôler les pensées des hommes – ou du moins d’influer sur celles-ci –, par l’intermédiaire de l’outil radiophonique. S’il semble imaginer le pire dans l’usage de cet outil de communication, l’auteur de ce « poste inconnu » s’amuse sans doute ironiquement de cette possibilité nouvelle de s’exprimer librement à une multitude inconnue, et de tester le pouvoir de la voix.
11Il faut rappeler qu’au moment où cette voix s’exprime, la France est équipée de stations de radios autorisées qui proposent des émissions régulières depuis à peine plus d’un an, la station publique de la Tour Eiffel émettant quotidiennement depuis fin décembre 1921, tandis que la station privée Radiola est entrée en fonction en novembre 192222. La radio tend à ne plus être qu’un passe-temps réservé à un groupe de bricoleurs passionnés, explorateurs des ondes et de la nuit, même si l’évolution est lente23. Désormais, il est possible de se munir d’un poste récepteur chez soi pour se brancher sur la fréquence d’une station autorisée afin de recevoir des programmes construits, des informations variées et des divertissements. Parfois, au hasard d’un réglage du poste ou d’une errance volontaire, les auditeurs tombent sur des postes inconnus et des voix mystérieuses comme celle-ci, l’impact sur leur esprit pouvant être alors particulièrement important, surtout lorsque le locuteur s’adresse directement et personnellement à celui qui l’écoute : « vos pensées », « votre ville », « votre destinée ». L’interpellation « cherchez-moi » qui clôt cette brève émission est provocatrice, puisque l’auteur sait bien qu’on ne le trouvera pas. Il y a dans cette expérience une forte sensation d’intimité entre l’émetteur et le récepteur, caractéristique propre, on le verra, à la radio nocturne.
Une réflexion pionnière autour de la nécessité d’une radio émettant 24 heures sur 24
12En 1930, l’homme de radio Robert Petitot-Cartellier24 publie une tribune dans laquelle il explique son souhait d’établir une concertation entre les différents responsables des grilles de programmes des stations radiophoniques publiques et privées25, notamment dans le but d’envisager la mise en place d’un poste qui émettrait en continu, 24 heures sur 24 :
« Il est à désirer […] que soit gravé au fronton du futur organisme de coordination des efforts français en matière radiophonique, le principe suivant : “Tout auditeur français doit pouvoir entendre un poste français à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit.” Ceci ne veut pas dire que chaque poste français doive marcher sans arrêt. Une possibilité permanente d’écoute, dira-t-on, de jour, passe encore, mais la nuit, folie pure !!!
Et cependant, la nuit, combien est-il de travailleurs, de voyageurs, de vieillards, de malades qui ne dorment pas et pour lesquels la nuit est souvent bien longue ! Et, de même, à chaque quart d’heure de l’extrême matinée, une fraction de la grande masse ne s’éveille-t-elle pas au son traditionnel et toujours désagréable du réveil-matin, alors qu’il serait si facile et si simple de remplacer l’écoute de cet instrument brutal et barbare par celle d’une émission, fût-elle simplement de musique enregistrée ? Est-il rationnel que les divers postes émetteurs, fonctionnant tous aux mêmes heures, mettent […] les auditeurs dans la situation de l’âne de Buridan, alors qu’aux autres heures tous ces mêmes postes, se taisant avec un ensemble parfait, mettent l’auditeur dans l’impossibilité d’écouter quoi que ce soit26 ? »
13Il est intéressant de constater l’émergence, dès 1930, de cette réflexion autour d’une radio qui émettrait toute la nuit pour tenir compagnie aux personnes qui en ont besoin. Dans cette période des prémices de la radiodiffusion, Petitot-Cartellier envisage déjà l’existence d’une radio nocturne de service, destinée aux plus démunis, aux solitaires de la nuit pour lesquels peu de possibilités de soutien et de réconfort existent alors. En écrivant « la nuit, folie pure ! ! ! », il fait part de l’opinion partagée par la société de l’époque (« la nuit est faite pour dormir ») et essaie de démontrer au contraire le caractère sensible de l’espace-temps nocturne : ceux qui ne peuvent pas dormir la nuit ont d’autant plus besoin que des voix s’adressent à eux. Non seulement il imagine une radio nocturne d’accompagnement, mais il pose aussi les bases d’une invention qui sera créée et commercialisée plus de vingt ans plus tard : le radio-réveil27. Sa réflexion n’a pas été suivie, il faudra attendre le milieu des années cinquante pour que des émissions de langue française s’adressent la nuit aux Français de métropole.
14Dès 1922, des postes de radio publics et privés proposent des émissions régulières. Les programmes sont généralement interrompus plusieurs heures au cours de la journée, notamment l’après-midi, et tout au long de la nuit, à partir d’environ 23 heures. Au fil des années, les émissions ont tendance à s’étendre à l’ensemble de la journée tandis que les interruptions diurnes diminuent, mais, au moins jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les programmes du soir et du début de la nuit s’arrêtent toujours aux alentours de minuit, voire plus tôt. Malgré cela, la radiodiffusion permet à l’auditeur d’être chez lui et ailleurs à la fois ; d’entendre les voix du lointain sans bouger de son fauteuil, comme l’explique bien l’historien André Rauch :
« Dès les années 1920, [la radio] inaugure dans la vie quotidienne des voyages imaginaires et catapulte les auditeurs hors de leur cadre de vie. […] Le lieu du spectacle perd ses limites physiques. Le spectateur devenu auditeur “assiste” à un enjeu dont il est physiquement éloigné. La scène lui échappe, mais il écoute une “émission” qui le détourne en imagination du lieu qu’il occupe […] : l’éloignement imaginaire devient privilège. Il comble à l’envi ce que, sans la radio, l’auditeur français ne “vivrait” jamais. Il fait de l’écoute un instant qui suspend le temps vécu et permet d’inscrire sa présence dans la relativité, d’être chez soi tout en assistant à un événement qui se déroule, par exemple, outre-Atlantique. Sorte d’ubiquité qui vaut exotisme28. »
Les émissions nocturnes en ondes courtes, la nuit du décalage horaire
15Des émissions radiophoniques nocturnes particulières voient le jour sur une nouvelle station de radio créée en 1938 – Paris-Mondial, qui émet en ondes courtes à destination et l’étranger. Si cette station est l’héritière du Poste colonial, lancé en 1931 et qui avait pour vocation d’émettre dans l’ensemble de l’empire colonial français, Paris-Mondial émet plus largement à l’échelle internationale : la radio est devenue un outil de la diplomatie.
16Agnès Capri, comédienne et chanteuse à la tête d’un cabaret parisien, se souvient de son expérience de nuits passées en tête-à-tête avec le micro :
« J’aime la radio intime et nocturne : les émissions que [je faisais] à Paris-Mondial avant la guerre – à deux heures du matin, seule devant un micro, – qui m’attirait. Je lisais les poètes : Éluard, Cocteau, Supervielle, Laforgue, Apollinaire. Je ne savais pas si l’on m’écoutait, si même quelqu’un surveillait l’émission : j’étais heureuse avec mes amis. Quelquefois, j’interrogeais un inconnu qui passait très vite dans un couloir, il me disait : “C’était pour le Canada… c’était pour l’Afrique du Sud.”
Une fois, tard dans la nuit, j’ai chanté toutes les chansons de Prévert que je préférais […]. Jamais je n’avais aussi bien chanté, aussi librement.
“Je serais étonné que quelqu’un ait entendu cette émission !” me dit ensuite le monsieur qui vivait derrière la cloison de verre : “peut-être le Japon29…” »
17Si des programmes radiophoniques sont effectivement diffusés la nuit en direct durant l’entre-deux-guerres, ils ne sont, en revanche, pas destinés à un public noctambule, mais à un public diurne vivant à l’étranger. Canada, Afrique du Sud, Japon… autant de pays susceptibles de recevoir les ondes courtes de l’émetteur de Paris-Mondial. Malgré un contexte de réception diurne, ces programmes nocturnes semblent bien différents des programmes radiophoniques traditionnels de la journée. Agnès Capri évoque en effet une atmosphère particulière de production. En émettant la nuit, celui qui s’exprime à l’antenne développe un rapport au micro et à l’auditeur différent du temps de la radio de jour. Le micro « attire » ici Agnès Capri, tandis qu’elle ne sait « même pas » si on l’écoute, ni dans quelle partie du monde. Pourtant, elle aime tout particulièrement ces instants-là, qui apparaissent privilégiés et se présentent comme le cadre d’une liberté plus grande. Peut-être que personne ne surveille l’émission, et le technicien, « de l’autre côté de la paroi de verre », apparaît lointain, en retrait, laissant toute la place à Agnès Capri pour s’exprimer, chanter les poètes qu’elle préfère, ce qui la rend « heureuse ». Ainsi la radio nocturne paraît-elle être, dès ses origines, le cadre d’une liberté plus grande accordée à celui qui fait la radio.
18Il sera souvent question de Jean Cocteau dans les premiers chapitres de cet ouvrage, car celui-ci écoute beaucoup la radio, tout particulièrement la nuit. Mais avant d’être à l’écoute des programmes, Cocteau participe à la radio en tant que professionnel, du côté de la fabrication : il collabore à Radio Luxembourg dans les années 1930. Il y travaille notamment la nuit pour concevoir des émissions élaborées, des « conserves sonores », selon ses propres mots. Il garde des souvenirs frappants de ces nuits de travail et évoque la magie de cette fabrication radiophonique :
« Nous avons passé d’étonnantes nuits autour d’elle [la radio, cette “grande femme de silence aux colliers d’onde”]. L’heure ne comptait plus. Séparés par des vitres, les uns entendant ce que les autres n’entendaient pas, notre travail ressemblait à une partie de cache-cache entre fantômes.
[…] Songez au travail de ces horlogers de l’invisible, de ces spécialistes d’un monde inconnu où le temps et l’espace, non seulement n’existent pas, mais s’embrouillent, se chevauchent, obéissent à des règles nouvelles30. »
19Jean Cocteau est ainsi fasciné par ce monde sonore qui joue avec les sons et les magnifie. S’il travaille la nuit, dans ce temps de l’entre-deux, il ne conçoit toutefois pas une radio de direct, mais au contraire des émissions élaborées, enregistrées à l’avance, qui auront vocation à être diffusées le jour.
Les émissions de nuit durant la Seconde Guerre mondiale, la nuit de la clandestinité
20En 1939, les Français sont équipés de 5,2 millions de postes récepteurs31. En septembre 1939, la mobilisation a réduit les effectifs des professionnels de radio en France de 684 à 297 personnes. Les collaborateurs allemands et autrichiens des émissions étrangères du réseau français, notamment de Paris-Mondial, sont internés dans un camp32. Pendant la drôle de guerre, Paris-Mondial continue d’émettre et prend même une importance toute stratégique. Elle a besoin de nouvelles recrues, dont Jean Thévenot fait partie. Il y travaille surtout la nuit.
« Ce travail […] me [prenait] surtout le soir et la nuit, du fait du décalage horaire avec les pays lointains pour lesquels nous émettions. […]
C’était donc la drôle de guerre. Le climat de Paris Mondial était, avant la lettre, très décontracté. Trop, parfois. Je garde encore le souvenir scandalisé d’un opérateur voulant me démontrer la souplesse d’emploi des tout neufs tourne-disques de son studio et s’amusant, en émission, à accélérer un disque, à le ralentir et à l’arrêter au beau milieu de sa course…
Climat décontracté dans un décor impressionnant. En prévision de la guerre, et, précisément, de la nécessité où l’on pourrait se trouver d’enterrer la radio si l’on voulait qu’elle continuât de se manifester dans les airs, l’immeuble des PTT avait été profondément enraciné. Les studios se trouvaient au deuxième sous-sol et, pour y accéder […] il fallait longuement marcher dans un dédale de couloirs mal éclairés. Je me rappelle y avoir trouvé, une nuit, un speaker étranger assis par terre, pleurant, la tête dans les mains : il s’était perdu, l’heure de son émission était passée… Une drôle de guerre est faite aussi de conscience professionnelle civile et de larmes dérisoires33. »
21Si l’auteur ici a plutôt tendance à dénoncer le climat décontracté et les libertés que semble permettre cette radio nocturne, le « souvenir scandalisé » de cet opérateur jouant avec les possibilités techniques des nouveaux tourne-disques montre bien que durant la nuit, la marge de manœuvre laissée à celui qui fait la radio est plus grande, même en temps de guerre. L’exemple de ce speaker pleurant dans les couloirs mal éclairés illustre par ailleurs l’idée d’une atmosphère intime entre celui qui parle au micro et le média radio. Peut-être ne se serait-il pas laissé aller à pleurer ainsi durant la journée, mais la nuit a tendance à décupler la puissance des émotions. Plus encore, l’arrivée de la guerre a obligé la station Paris-Mondial à se cacher, à se dissimuler sous terre, rendant la radio moins visible. La radio la nuit ne serait-elle pas une radio de l’entre-deux, de l’interdit ou de la clandestinité ?
22Durant la « drôle de guerre », sur cinq millions d’hommes mobilisés, trois millions vivent en cantonnement. Pour ces soldats, la radio joue le rôle de compagnon quotidien dont ils espèrent des informations, de la distraction et du soutien moral. Sur la ligne Maginot, il est uniquement possible de capter les stations publiques de la radiodiffusion nationale et Radio Luxembourg34. Or les stations nationales ont considérablement réduit leur temps d’émission et le décret du 1er septembre 1939 a transféré à l’administration de la radiodiffusion nationale tout le personnel, les biens et les fonds que géraient jusqu’ici ensemble les PTT et les représentants élus d’auditeurs35. Cette décision est justifiée par la nécessité « de mettre à la disposition du gouvernement, dans les circonstances graves, un puissant instrument de défense morale36 ». À partir de là s’exerce sur les chaînes de la radiodiffusion nationale une censure stricte37, tandis que les programmes ne répondent pas suffisamment aux attentes des auditeurs en termes d’information et de divertissement – des observateurs parlent d’un divorce entre la radio et son public38. Aussi les soldats français et les Français en général commencent-ils à écouter la BBC britannique, Radio Rome, ou Radio Sottens, une station suisse romande. Le service d’empire en ondes courtes de la British Broadcasting Company développe considérablement ses programmes tout au long de la Seconde Guerre mondiale. En décembre 1939, la BBC diffuse des émissions en neuf langues ; en février 1945 elle émettra en quarante-cinq langues différentes. Dans ce contexte, un service français de la BBC est créé39.
23Le 14 juin 1940, les Allemands entrent dans Paris. Le 16, le maréchal Pétain prend la présidence du conseil. Deux jours plus tard, le 18, le général de Gaulle lance sur les ondes de la BBC son appel à la Résistance. Si les sources se contredisent concernant l’heure de cet appel, l’historienne spécialiste de la question Aurélie Luneau estime que « tous [les] éléments permettent de penser que l’appel du 18 juin se passa sur les ondes à 22 heures, heure anglaise40 », soit 23 heures heure française. Le lendemain, la BBC accorde à la Radiodiffusion nationale une émission quotidienne d’un quart d’heure à un moment de grande écoute, entre 20 h 30 et 20 h 45, émission qui vient s’ajouter aux six bulletins déjà proposés aux Français. Parallèlement, l’armistice du 22 juin prévoit l’arrêt total des émetteurs de radios sur le sol français à partir du 25 juin à minuit et demi41. Les émissions ne reprendront que le 5 juillet 1940, avec deux stations : Radio Paris contrôlée par les Allemands, et Radio Vichy contrôlée par le régime de Pétain. Ces deux chaînes arrêtent leurs programmes à minuit, mais, pour des questions d’émetteurs, elles sont obligées de cesser leurs émissions à grande puissance dès 19 h 15. C’est une chance pour Radio Londres, car la tombée de la nuit coïncide avec les émissions les plus importantes du service français de la BBC. En France occupée, il est toutefois devenu illégal d’écouter ces émissions en public :
« Ceux qui écouteront en public des émissions de TSF non allemande, ou qui colporteront des nouvelles radiodiffusées hostiles à l’Allemagne sont passibles de peines de prison, travaux forcés, ou même de mort42. »
24En dépit de cette interdiction et de la volonté allemande de brouiller les programmes de la BBC, une partie grandissante des Français se branche à l’écoute des programmes de la radio anglaise. Tandis qu’elle n’est que très peu écoutée au moment de l’appel du général de Gaulle, son audience croît progressivement, au fil des mois. Comme l’écrit Jean-Louis Crémieux-Brilhac, « l’écoute de la BBC devient […] une réalité habituelle, une drogue pour certains43 », surtout dans certaines régions – à Paris, en Bretagne et dans le Nord –, comme en attestent de multiples témoignages.
25Les Français ferment fenêtres et rideaux pour « prendre Londres » en cachette44. Les programmes de la BBC se multiplient dans la journée tandis que l’émission phare du soir Les Français parlent aux Français s’allonge : passant très vite d’un quart d’heure à une demi-heure dès la fin du mois de juin 1940 (20 h 30-21 heures), elle est ensuite décalée plus tard dans la soirée, entre 21 h 30 et 22 heures, à partir de janvier 194245. Ces ondes deviennent le réseau de communication sur lequel les speakers diffusent chaque soir, à l’orée de la nuit, les « messages personnels » des résistants, des messages codés à la dimension poétique (« la lune est pleine d’éléphants verts46 », par exemple)47. Sur le territoire français, des radios clandestines se créent progressivement, qui émettent à Londres afin de transmettre télégrammes et messages et recevoir des informations d’Angleterre48. Souhaitant éradiquer ces réseaux clandestins de résistance, les Allemands travaillent pour peaufiner leurs techniques de brouillage, qu’ils réussissent à rendre plus efficaces. Radio Londres contre-attaque. Jacques Borel, l’animateur de Courrier de France, qui délivre des conseils pratiques, annonce en mars 1942 la création d’un nouveau programme nocturne qui sera diffusé en morse :
« Nous avons décidé de vous transmettre de brefs bulletins d’information en signes de télégraphe morse. Une émission quotidienne de quinze minutes aura lieu pour la France toutes les nuits à 3 heures du matin (heure française), à partir de la nuit de dimanche à lundi et sera répétée aussitôt terminée, soit à 3 h 15. […] Nous croyons que beaucoup d’entre vous qui connaissent le morse et qui, en raison de leurs travaux nocturnes ou de leurs loisirs, pourront prendre ces émissions, auront intérêt à les faire circuler autour d’eux. […] Le bulletin contiendra les faits les plus importants de la journée49. »
26La nuit est donc utilisée comme le temps radiophonique de la clandestinité et de la Résistance. S’exprimer la nuit, qui plus est en morse, témoigne de la volonté de continuer à informer les auditeurs en dépit du brouillage intensifié par les Allemands. Se replier à trois heures du matin au cœur de la nuit, c’est transgresser encore plus l’interdit.
27L’automne 1942 marque un tournant décisif de la guerre. Le 8 novembre 1942, dans la nuit, l’opération Torch est lancée : 600 navires alliés débarquent en Algérie et au Maroc, ce qui sera la base de départ pour la Libération de la France. À 21 h 25, le général de Gaulle prononce un discours radiodiffusé adressé aux Français d’Afrique du Nord pour leur annoncer ce débarquement et les inviter à se lever pour aider les alliés. Puis, toute la nuit, à partir de 2 h 15, des voix se succèdent à l’antenne pour donner des informations sur cette opération. Des messages de Roosevelt et Eisenhower sont diffusés pour expliquer le déroulement des événements et donner des consignes aux Français d’Afrique du Nord50.
28Lors du débarquement allié en Normandie, près de deux ans plus tard, la radio jouera encore un rôle primordial. Le 5 juin 1944 à 21 h 15, plus de deux cents messages d’alerte sont diffusés sur Radio Londres à destination des groupes résistants, messages qui déclenchent les plans pour le sabotage des communications destiné à ralentir la progression des Allemands vers la Normandie, à la suite desquels le débarquement peut commencer51.
*
29Ce rapide panorama de la question de la radio nocturne avant 1945 a permis de mettre en évidence plusieurs éléments qui reviendront dans la suite de ce travail : les dimensions de mystère, de clandestinité, d’accompagnement, d’angoisse ou encore de liberté. Pour l’heure, cette radio nocturne demeure de l’ordre de l’exceptionnel, même si germe déjà l’idée d’une radio de nuit qui tiendrait compagnie à ceux qui ne dorment pas durant les heures noires.
Notes de bas de page
1Pierre Descaves, Quand la radio s’appelait Tour Eiffel, Paris, La Table ronde, 1963, p. 7.
2Christian Brochand, Histoire générale de la radio et de la télévision en France, t. I : 1921-1944, Comité d’histoire de la radiodiffusion, Paris, La Documentation française, 1994, p. 29.
3Patrice Flichy, Une histoire de la communication moderne, Paris, La Découverte, 1997, p. 15-79.
4David S. Landes, L’Europe technicienne ou le Prométhée libéré, Paris, Gallimard, 1975, p. 580.
5Christian Brochand, t. I, op. cit., p. 35.
6René Duval, Histoire de la radio en France, op. cit., p. 17.
7Jean-François Remonté, Les Années Radio, Paris, L’Arpenteur, p. 7.
8Alvin F. Harlow, Old Wires and New Waves, New York, Appleton-Century, 1936, p. 455.
9Erik Barnouw, A history of broadcasting in the United States, vol. 1, Oxford, Oxford University Press, 1966, p. 20.
10Helen Fessenden, Builder of Tomorrow, New York City, Coward McCann, 1940, p. 153-154.
11Cécile Méadel, Histoire de la radio des années trente, Paris, Anthropos Economica/INA, 1994, p. 186.
12Daniel Berthelot, « Les ondes invisibles », Le Temps, 25 octobre 1922, cité par Thierry Lefebvre, « Éloge du poste inconnu. La TSF avant la normalisation », in Frédéric Lambert (dir.), Figures de l’anonymat : médias et société, Paris, L’Harmattan, 2001, p. 111.
13Ibid.
14Sur le « paysage auditif » du début du xxe siècle, voir Emily Thompson, The soundscape of modernity : architectural acoustics and the culture of listening in American, 1900-1933, Cambridge, MA, MIT Press, 2003.
15Bernard Demoulin, « Quelques aspects de la propagation des ondes radioélectriques », Territoire en mouvement Revue de géographie et aménagement, [12 | 2012, [http://tem.revues.org/1447], consulté le 6 juillet 2015.
16Robert Champeix, Simple histoire de la T.S.F., de la radiodiffusion et de la télévision, Paris, Éditions L’indispensable, 1966, p. 39-40.
17Cécile Méadel, Histoire de la radio des années trente, op. cit., p. 186.
18Thierry Lefebvre, « Éloge du poste inconnu », art. cité, p. 114.
19Cécile Méadel, Histoire de la radio des années trente, op. cit., p. 188.
20La Science et la Vie, t. XXIX, no 105, mars 1926, p. 209, cité par Thierry Lefebvre, « Éloge du poste inconnu… », art. cité, p. 114.
21Clyde R. Miller, « Radio and Propaganda », art. cité, 1941.
22Christian Brochand, t. I, op. cit., p. 48-49.
23René Duval, op. cit., p. 32-33.
24Ancien avocat, il est l’un des fondateurs du journal parlé sur Paris-PTT, où il officie sous le nom de Microvox. Il devient en 1930 directeur de la nouvelle station Strasbourg-PTT.
25Un secteur radiophonique d’État et un secteur privé coexisteront jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.
26Robert Petitot-Cartellier, L’Antenne, no 375, 1er juin 1930, p. 3.
27Hervé Glevarec (dir.), Histoire de la radio. Ouvrez grand vos oreilles !, Milan, Silvana Editoriale, 2012, p. 126.
28André Rauch, « Les usages du temps libre », in Jean-Pierre Rioux et Jean-François Sirinelli, La Culture de masse en France de la Belle époque à aujourd’hui, Paris, Fayard, 2002, p. 365.
29Agnès Capri, « Radio Nocturne », in La Chambre d’écho, cahier du club d’essai de la radiodiffusion française, Paris, 1947, p. 48.
30Radio Magazine, no 784, 23 octobre 1938, p. 23.
31Fabrice d’Almeida et Christian Delporte, Histoire des médias en France, de la Grande Guerre à nos jours, Paris, Flammarion, 2003, p. 76.
32Aurélie Luneau, Radio Londres 1940-1944, Paris, Tempus, 2010, p. 23.
33Jean Thévenot, 30 ans d’antenne. Ma radio et ma télé des années 50, Paris, L’Harmattan, 2009, p. 39.
34Aurélie Luneau, Radio Londres, op. cit., p. 24.
35René Duval, op. cit., p. 322.
36Journal officiel du 7 septembre 1939.
37René Duval, op. cit., p. 322.
38Ibid.
39Aurélie Luneau, Radio Londres, op. cit., p. 22.
40Ibid., p. 40.
41Ibid., p. 47.
42Ordonnance du 10 juillet 1940.
43Jean-Louis Crémieux-Brilhac, « Le Rôle de la radio, 1940-1944 », Espoir, no 66, 1989.
44Le Monde, 12 juillet 1946.
45Jean-Louis Crémieux-Brilhac (dir.), Les Voix de la liberté, Ici Londres, t. II, Paris, La Documentation française, 1975, p. 24.
46Dominique Decèze, La Lune est pleine d’éléphants verts : histoire de messages de Radio Londres à la Résistance française (1942-1944), Paris, Seghers, 1979.
47Jean-Louis Crémieux-Brilhac (dir.), Les Voix de la liberté, op. cit., p. 65.
48Christian Brochand, t. I, op. cit., p. 609-610.
49Scripts BBC, IHTP, Cachan, cité par Aurélie Luneau, Radio Londres, op. cit., p. 190.
50Jean-Louis Crémieux-Brilhac (dir.), Les Voix de la liberté, t. III, op. cit., p. 1-4.
51Aurélie Luneau, Radio Londres, op. cit., p. 304. Voir aussi Jacques Pessis, Radio Londres, la guerre en direct, Paris, Albin Michel, 2014.
Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.
Un constructeur de la France du xxe siècle
La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)
Pierre Jambard
2008
Ouvriers bretons
Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968
Vincent Porhel
2008
L'intrusion balnéaire
Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)
Johan Vincent
2008
L'individu dans la famille à Rome au ive siècle
D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan
Dominique Lhuillier-Martinetti
2008
L'éveil politique de la Savoie
Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)
Sylvain Milbach
2008
L'évangélisation des Indiens du Mexique
Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)
Éric Roulet
2008
Les miroirs du silence
L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934
Patrick Bourgalais
2008
