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    Plan détaillé Texte intégral De la Marine aux affaires : trajectoire d’un explorateur incontrôlable L’homme de paille du négoce cochinchinois ? L’affaire des poivres Notes de bas de page Auteur

    Histoire du renseignement en situation coloniale

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    Paul Le Faucheur, un pionnier du renseignement économique et commercial au Cambodge (1866-1874)

    Delphine Boissarie

    p. 105-112

    Texte intégral De la Marine aux affaires : trajectoire d’un explorateur incontrôlable L’homme de paille du négoce cochinchinois ? L’affaire des poivres Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1« Je vois avec peine que M. Le Faucheur continue à avoir de l’influence sur le Roi ; employez tous vos moyens pour détruire cette influence. » Voici ce qu’écrit en 1867 l’Amiral de La Grandière, gouverneur de Cochinchine, au résident supérieur du protectorat français du Cambodge1. Qui était donc ce Paul Le Faucheur, dans le collimateur des autorités coloniales cochinchinoises, qui, au demeurant, semble avoir l’oreille du souverain khmer ?

    2Un « coureur d’arroyos2 », comme il se plaisait à être présenté ? L’un de ses bad Frenchmen des marges impériales3, qui s’étaient plongés dans les jungles du Cambodge pour y vivre une vie incertaine, à l’abri des lois françaises ? Un criminel, justiciable pour violences sur autrui, viols et escroquerie ? Ou bien un courageux précurseur, chevalier d’industrie sans licence, à la réputation injustement salie par l’administration coloniale et par de jaloux et timorés concurrents ?

    3Impossible de classer le remuant personnage qui inquiète tant les autorités coloniales françaises, dès 1862, dans un contexte local de conquête des territoires et de tâtonnements colonisateurs. Paul Le Faucheur (1832-1874) devient un ami intime et un conseiller écouté du roi Norodom (1834-1904), qui s’appuie sur lui pour ouvrir le royaume à la modernité. L’homme est connu des historiens spécialistes du Cambodge et de l’Indochine4, mais jusqu’ici personne n’avait songé à l’étudier sous l’angle d’agent de renseignement, a fortiori économique. Il ne manquait finalement plus que cela pour parfaire son profil d’aventurier et mieux comprendre les relations complexes qu’il a contribué à établir – parfois facilité, d’autres fois embrouillé – entre le souverain du Cambodge, l’administration coloniale et le négoce européen de Saïgon.

    4Notre article aura pour objectif de montrer que cet homme trouble, à la fiabilité aléatoire, a contribué à connecter les entreprises françaises de Saïgon au marché khmer. Ses relations avec la maison de commerce Denis Frères, dont il était censé être le « correspondant » auprès du roi du Cambodge, seront étudiées sous cet angle. L’étude s’appuie principalement sur les archives privées du groupe Denis5 et de la famille Denis, ainsi que sur le fonds des Amiraux conservé au Archives nationales d’Outre-mer à Aix-en-Provence6.

    De la Marine aux affaires : trajectoire d’un explorateur incontrôlable

    5Né à Pondichéry en 1832, dans une famille française plutôt bourgeoise, Paul Le Faucheur, comme son frère aîné Alcide, s’engage dans la Marine pour y mener une carrière militaire. Les deux frères débarquent ainsi à Saïgon en 1858, comme membres du corps expéditionnaire. Alcide est sous-lieutenant du 4e de Marine en 1861, lieutenant d’état-major en 1865. Paul, pour sa part, a été cassé de son grade de sergent-fourrier en 1856, pour avoir d’abord dérobé un veau, puis mystérieusement « perdu » vingt-quatre draps de lit. Il reprend néanmoins ses galons en se distinguant dans les combats menés autour de Saïgon. Fin 1859, le jeune sergent-fourrier, affecté au Génie, se trouve rapidement en contact avec les premiers négociants européens de la colonie. Il fréquente en particulier les frères Denis, capitaines au long cours et armateurs originaires de Bordeaux, qui fondent une maison de commerce à Saïgon fin 1862.

    6Pour ces hommes d’affaires, la concurrence des maisons chinoises, britanniques et allemandes est rude, d’autant plus que les importations de la colonie naissante dépendent d’une demande locale étroite, limitée aux achats de l’armée et à ceux de la petite communauté européenne7. Aussi, la moindre information concernant les stocks de la Marine, gérés par les fourriers, leur permet d’anticiper les commandes en vue des adjudications et des marchés de gré à gré proposés par l’administration coloniale cochinchinoise. À cet égard, les discussions informelles entre les frères Denis et Paul Le Faucheur fournissent des indications précieuses8.

    7Né aux Indes, il est plus résistant que ses camarades sous ses latitudes tropicales. Il se fond avec aisance dans la population locale, apprend rapidement le vietnamien et, en 1862, obtient un congé de la Marine, qui lui refuse toujours l’épaulette de sous-lieutenant, pour développer ses propres affaires.

    8Le jeune homme lance une exploitation de granits à Bien-Hoa et une chaufournerie à Saïgon. Choix judicieux qui permettent de fournir l’administration et les colons, au moment où le colonel du Génie Coffyn présente à l’Amiral-gouverneur Bonnard son projet de ville pour une Saïgon de 500 000 âmes.

    9Dans le même temps, les premières parcelles du foncier saïgonais sont vendues aux particuliers et aux entreprises par l’administration. Avec les bénéfices de ces fructueuses affaires, Le Faucheur achète lui aussi des terrains et se fait construire une villa. Ses méthodes de travail font néanmoins froncer les sourcils des administrateurs de la Marine. Dès son retour à la vie civile, l’entrepreneur Le Faucheur se rend hors de la zone de contrôle des autorités coloniales, en territoire vietnamien, pour négocier avec les personnalités locales une livraison de chaux.

    10La Cochinchine étant un front de conquête coloniale, les mandarins s’inquiètent de cette incursion française, même individuelle, qu’ils prennent pour une opération de reconnaissance d’un commandant du Génie de l’armée française. Le Faucheur bénéficie alors d’une garde chargée de surveiller ses déplacements. Cependant, il poursuit ces investigations commerciales, de nuit, pour se procurer les informations souhaitées, et rencontrer les interlocuteurs nécessaires, par le biais d’un prêtre vietnamien catholique. Le rôle d’intermédiaire de la communauté catholique autochtone, venue à Saïgon pour se protéger des persécutions impériales, est notable. La population saïgonaise, évaluée à environ 33 000 habitants à la veille de la conquête, a déserté la ville. Le nouveau noyau de population est formé de Vietnamiens catholiques, peut-être 3 000 chrétiens de Tourane et des régions du Sud9 sur les quelque 7 000 habitants que compte Saïgon en 1862. À bien des égards, les négociants français apparaissent mieux renseignés sur les ressources locales que ne l’est la Marine, qui se plaint, par ailleurs, de devoir acheter à prix d’or les produits dont elle a besoin10.

    11Les hommes d’affaires prennent une nouvelle longueur d’avance sur l’administration coloniale en développant leurs réseaux dans l’intérieur des terres, en particulier au Cambodge. Andrew Spooner, représentant de la maison Renard, y effectue une première reconnaissance commerciale, fin 1862. Pour les négociants français, qui rêvent d’un accès au marché chinois par le Mékong, le royaume du Cambodge devient un enjeu stratégique, d’autant plus qu’une insertion sur le marché khmer permettrait enfin de se doter d’un avantage vis-à-vis des maisons de commerce britanniques et allemandes, bien mieux connectées aux milieux d’affaires de Singapour, Hong Kong ou Shanghai que les maisons françaises. Sitôt le traité de protectorat signé avec le Cambodge, en 1863, Paul Le Faucheur organise à son tour et à ses frais une grande expédition d’exploration commerciale du Mékong, avec l’autorisation du gouverneur de la Cochinchine, deux ans avant l’expédition plus officielle de Ernest Doudart de Lagrée, premier résident du protectorat. Il se retrouve à la tête d’un convoi de soixante personnes qui progresse péniblement jusqu’à Stung-Streng.

    12À ce stade, les affaires de Paul Le Faucheur s’emmêlent. Son convoi est bloqué par les autorités siamoises qui vont jusqu’à opposer une troupe de deux cents hommes armés à l’entêté personnage, qui voulait pousser jusqu’au Laos. Dans un contexte de prise de contrôle du Cambodge, opposant le Siam, soutenu par les Britanniques, aux Français, l’issue de cette entreprise privée de renseignement économique sert de prétexte à un règlement de compte diplomatique entre le Siam et la France, au moment du couronnement de Norodom, nouveau souverain du Cambodge. L’aventure de Le Faucheur prend ici des proportions qui semblent dépasser son auteur. À Saïgon, des rumeurs, que l’intéressé dément avec véhémence, l’accusent d’avoir fait la traite des esclaves pour le compte du roi khmer.

    13Ernest Doudart de Lagrée, chargé par l’Amiral de La Grandière de drainer vers Saïgon les ressources utiles à la colonie naissante, manque à ce moment de relais auprès de la cour khmère. Comme tous les administrateurs du Cambodge de la période, il est entouré d’un personnel vietnamien, coupé des autochtones. Il a pour seul interprète un enfant catholique de 6 ans, Alexis Chhun, à qui il apprend le français. Il décide donc de soutenir l’aventurier, malgré l’avis mitigé de sa hiérarchie. Le Faucheur écrit d’ailleurs, au même moment, aux frères Denis : « Je suis mieux que jamais avec M. de Lagrée et son appui ne me manque jamais11. »

    14En 1865, un peu ruiné par ses mésaventures, il leur demande de vendre ses propriétés de Saïgon pour s’installer définitivement au Cambodge et y lancer une scierie et une chaufournerie. Mais en 1866, Le Faucheur est accusé d’avoir violé une jeune chrétienne vietnamienne par Monseigneur Miche, missionnaire présent dans la péninsule indochinoise depuis 1836, qui avait servi d’intermédiaire entre Norodom et les administrateurs français, au moment de la signature du traité de protectorat. De fait, le petit millier de catholiques du Cambodge est en majorité d’origine vietnamienne. Il semble qu’à ce moment les réseaux catholiques de Paul Le Faucheur se désintègrent, car les missionnaires n’apprécient guère ses manières brutales et l’influence grandissante, donc concurrente, qu’il obtient auprès du roi Norodom. Le résident Pottier, qui a succédé à Doudart de Lagrée, ne cherche plus à utiliser ce pionnier qui sème le scandale, et qui, par ailleurs, est accusé de maltraitance par ses ouvriers. Pottier manœuvre auprès du roi pour obtenir son expulsion du Cambodge. En vain. Le réseau local de Le Faucheur, de catholique et vietnamien est devenu politique et khmer. L’administration coloniale lui reproche alors de biaiser les relations diplomatiques de la France avec Norodom pour le profit des commerçants et pour le sien propre.

    L’homme de paille du négoce cochinchinois ?

    15Comment Le Faucheur est-il devenu le protégé du roi ? Les mauvaises langues de Saïgon s’accordaient pour suggérer que les deux hommes avaient en commun le goût des femmes, de l’opium et des soirées bien arrosées. D’un point de vue plus politique, l’historien Greg Muller a aussi montré le rôle stratégique que le roi accordait à ces bad Frenchmen, pour le renseigner et le conseiller dans ses relations avec la France12. La confiance royale semble ainsi proportionnelle au déficit de popularité de ces Français auprès des pouvoirs coloniaux. À ce titre, l’aventurier obtient bientôt un statut de ministre à la cour khmère. Il écrit fièrement en ce sens : « J’ai toujours été près du Roi. Depuis plusieurs années, je vais tous les jours au Palais. Mes propriétés se trouvent sur le terrain du Palais. J’ai pour voisins les ministres13. » Il finit même par épouser une princesse khmère.

    16Le Faucheur pratique le renseignement économique pour le compte du négoce saïgonais, en particulier pour Émile et Gustave Denis. En tant qu’intermédiaire commercial, il perçoit des commissions. Le roi Norodom et la cour deviennent, par son truchement, les clients quasi exclusifs de Denis Frères, du moins dans les premières années du Protectorat. Les frères Denis sont ainsi les premiers colons à y envoyer des marchandises. Une commande passée par Le Faucheur auprès d’eux, le 20 janvier 1865, montre l’étendue des demandes royales… : « revolvers, poudre, plomb (du gros), capsules, toilerie, quelques pièces de soieries éclatantes ou à petites fleurs, verres, boutons, canifs, liqueurs, cognacs, boîtes de champignon (le Roi les aime beaucoup), objets excentriques pour Sa Majesté, lunettes de presbyte, etc.14 ». Sabres, pompe à vapeur, bijoux et pierreries sont aussi échangés contre des barres d’argent du trésor royal, au profit de la maison saïgonaise. À l’inverse, le statut privilégié de Le Faucheur permet l’accès aux ressources exportables du Cambodge. L’entrepreneur produit de la chaux à Phnom Penh et à Phnom-Coulang, achète le poisson du lac Tonlé Sap et du riz, fait couper du bois aux frontières du Laos, élève du bétail et envoie le tout sur le Mékong, direction Saïgon où Denis Frères est en général chargée de réceptionner la marchandise. Il y a parfois des surprises, comme cette fois où Le Faucheur envoya près de 300 crocodiles à Saïgon pour honorer l’un de ses contrats en viande de boucherie15. Les Denis sont attachés à ce correspondant compétent, qui parle vietnamien et khmer, et crée un contact direct avec les fournisseurs. L’appui officiel du roi Norodom facilite les opérations. Pour Denis Frères, l’extension de ses activités vers l’hinterland cambodgien crée la différence attendue avec la concurrence et soutient la croissance de leur affaire d’import-export.

    L’affaire des poivres

    17Le Faucheur est aussi le premier, si on l’en croit, à se mettre en contact avec les producteurs de poivre de Kampot, région méridionale du royaume. En 1867, il est l’intermédiaire d’une combinaison que le résident Moura, successeur de Pottier, décrit en ces termes au gouverneur de Cochinchine : « Le Roi force les cultivateurs à lui vendre tout leur poivre pour 2 piastres le picul16, tandis que les offres à Kampot sont de 7 à 8 piastres. Il trafique ensuite avec MM. Denis Frères par l’intermédiaire de Le Faucheur. Il revend le poivre 6 piastres le picul à MM. Denis. Quelques propriétaires qui n’ont pas voulu disposer de leur récolte ont été maltraités par le Gouverneur17. » À un moment où les poivres de la péninsule, seul élément sérieux de fret vers l’Europe, s’arrachent entre exportateurs et entrent en franchise en France, les Denis s’assurent un contrat sur près de 2000 piculs de poivres de belle qualité, sur une récolte annuelle de 16 000 à 20 000 piculs18. Le Faucheur est intéressé à 40 % dans l’affaire. Le monarque, néanmoins, ne se croit pas obligé d’honorer la totalité du contrat que son mandarin l’Ochna Ackara Ghenda a signé pour lui avec Le Faucheur sur les récoltes de poivre de 1868.

    18Une rumeur, colportée à Saïgon par un mandarin assure qu’une partie du chargement destiné aux Denis a finalement été expédiée à Singapour. S’estimant floués, les Denis veulent obliger le roi à honorer ses engagements. Le Faucheur, habilement, choisit de soutenir le parti du roi et fait valoir une différence de traduction entre le contrat présenté à Norodom en khmer et le contrat traduit en français pour les frères Denis. Les négociants se brouillent avec Le Faucheur et demandent le soutien des autorités coloniales : « Nous savons qu’il [Le Faucheur] a intérêt à ménager la Cour car il y fait des affaires lucratives. Mais est-ce bien de sa part d’y sacrifier nos intérêts ? Il n’y a donc pas lieu de s’étonner si nous ne voulons plus avoir rien de commun avec M. Le Faucheur19. » Sensible, Moura écrit à l’Amiral : « Il y aurait des volumes à écrire si l’on voulait raconter les méfaits de cet homme. Il a fait la vie bien dure dans le temps au pauvre commandant de Lagrée, il a causé des désagréments continuels à M. Pottier et il continue toujours. Il est fatal aux autres négociants qui redoutent sa langue et l’influence qu’il peut avoir : il contribue pour une large part à faire une mauvaise réputation à nos hommes d’affaires. » Un procès s’esquisse, pour lequel les Denis, sûrs de leur droit, sont résolus à faire comparaître le mandarin, Le Faucheur et tant qu’à faire le roi en personne.

    19L’un des frères Denis, Gustave, est justement président du Tribunal de commerce de Saïgon. « Notre honorabilité est en jeu dans cette affaire et nous ne voulons pas être assimilés à certains aventuriers qui ont quelquefois abusé de leur titre de Français », écrit le représentant de Denis Frères au résident du protectorat20. Cependant, puisqu’il est question de mettre en doute la bonne foi du roi, devant un tribunal saïgonais, l’affaire débouche sur une impasse juridique et diplomatique. L’Amiral est finalement rassuré par la conduite de Le Faucheur : « M. Moura m’a parlé de l’attitude droite que vous avez prise vis-à-vis de MM. Denis Frères en ne soutenant pas leur demande d’indemnité au Roi pour les poivres que sa Majesté n’a pas pu fournir21. » Curieusement, le conflit a permis un rapprochement entre Le Faucheur et l’administration coloniale, au détriment des finances de la maison Denis Frères et de la crédibilité de Norodom lui-même.

    20L’affaire des poivres se dénoue en 1872, par un arrangement à l’amiable conclu en l’absence de Le Faucheur, en voyage en France. Assagi peut-être, l’aventurier qui n’a pas perdu l’amitié du roi, bénéficie en outre d’une certaine reconnaissance comme industriel à l’Exposition de Saïgon en 1874. Lorsqu’il décède la même année à Phnom Penh à 42 ans, il est célébré comme un pionnier des relations commerciales avec le Cambodge qu’il a largement contribué, à sa façon, à connecter aux réseaux français22.

    21D’autres personnages endossent ce rôle d’intermédiaire et d’informateur pour le roi et les négociants européens, comme Bernard Col de Monteiro (1839-1908), métis luso-khmer, catholique, interprète et ministre à la cour du Cambodge, comme également Faraut, franc-maçon impliqué dans la ferme de l’opium khmère, ou comme Thomas Caraman, escroc mythomane que Le Faucheur avait introduit auprès de Norodom. Aucun ne fera preuve au service du souverain, d’autant d’intelligence et de loyauté que Paul Le Faucheur. Privé de son meilleur atout, le roi cède progressivement des parts de son autonomie à l’administration coloniale jusqu’au durcissement plus radical du contrôle de Saïgon sur Phnom Penh en 1884. Du côté du négoce, depuis qu’il a été prouvé que le Mékong n’était pas praticable pour accéder au marché chinois, c’est désormais à partir des années 1870, le Tonkin qui devient le territoire « utile » pour le grand commerce. Les frères Denis n’installeront une agence au Cambodge qu’en 1924.

    Notes de bas de page

    1Révertégat Bruno, « Un coureur d’arroyos : Le Faucheur, colon de la première heure en Cochinchine et au Cambodge (1858-1874) », Bulletin de la Société des études indochinoises, no 40, 1941/3, p. 19.

    2Expression employée par les colons de Cochinchine comme synonyme d’aventurier-explorateur. L’arroyo étant un cours d’eau du delta du Mékong.

    3Muller Greg, Colonial Cambodia’s “Bad Frenchmen” : The rise of French rule and the life of Thomas Caraman, 1840-1887, Abingdon, Routledge, 2006.

    4Denis Étienne, Bordeaux et la Cochinchine sous la Restauration et le Second Empire, s. l., 1965 ; Muller Greg, op. cit. ; Osborne M. E., The French presence in Cochinchina and Cambodia. Rule and Response (1859-1905), Londres, Cornell University Press, 1969 ; Révertégat Bruno, art. cité.

    5Nom actuel de l’ancienne maison de commerce Denis Frères

    6ANOM/INDO/GGI/11828 et/13278 à propos de l’affaire des poivres.

    7591 Européens recensés à Saïgon en 1864. Archives nationales Vietnam centre no 2, Goucoch divers, 3598-3511.

    8Archives Étienne Denis, carton 29, courriers familiaux, années 1860.

    9Taboulet Georges, La Geste française en Indochine, Paris, 1956, p. 456, note 3.

    10Denis Étienne, op. cit., p. 280.

    11Cité par Révertégat Bruno, art. cité, p. 13, p. 11.

    12Muller Gregor, op. cit.

    13Cité par Révertégat Bruno, art. cité, p. 16.

    14Révertégat Bruno, art. cité, p. 8.

    15Le Faucheur Paul, Lettre sur le Cambodge, Paris, Challamel, 1872.

    16Mesure cochinchinoise qui vaut 62,5 kg.

    17Lettre du 1er juin 1869, Révertégat Bruno, art. cité, p. 21.

    18ANOM/INDO/GGI/11828. Cf. Caraman Thomas, Rapport sur le Cambodge, présenté le 24 janvier 1874, au ministère de la Marine et des Colonies, impr. Debons, Paris, 1874, p. 17.

    19CAOM/INDO/GGI/11828. Jame à Moura 4 novembre 1869.

    20CAOM/INDO/GGI/11828. Jame à Moura 15 décembre 1869.

    21Lettre de La Grandière à Le Faucheur, 18 novembre 1869, Révertégat Bruno, art. cité, p. 21-22.

    22BNF, Correspondance de la Société de géographie. Lettre de Henri Viénot annonçant le décès de Paul Le Faucheur à Phnom Penh, 1874.

    Auteur

    • Delphine Boissarie

      Agrégée et docteur en histoire, professeur en classes préparatoires économiques et commerciales scientifiques au lycée Ste-Geneviève, Versailles.

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    1Révertégat Bruno, « Un coureur d’arroyos : Le Faucheur, colon de la première heure en Cochinchine et au Cambodge (1858-1874) », Bulletin de la Société des études indochinoises, no 40, 1941/3, p. 19.

    2Expression employée par les colons de Cochinchine comme synonyme d’aventurier-explorateur. L’arroyo étant un cours d’eau du delta du Mékong.

    3Muller Greg, Colonial Cambodia’s “Bad Frenchmen” : The rise of French rule and the life of Thomas Caraman, 1840-1887, Abingdon, Routledge, 2006.

    4Denis Étienne, Bordeaux et la Cochinchine sous la Restauration et le Second Empire, s. l., 1965 ; Muller Greg, op. cit. ; Osborne M. E., The French presence in Cochinchina and Cambodia. Rule and Response (1859-1905), Londres, Cornell University Press, 1969 ; Révertégat Bruno, art. cité.

    5Nom actuel de l’ancienne maison de commerce Denis Frères

    6ANOM/INDO/GGI/11828 et/13278 à propos de l’affaire des poivres.

    7591 Européens recensés à Saïgon en 1864. Archives nationales Vietnam centre no 2, Goucoch divers, 3598-3511.

    8Archives Étienne Denis, carton 29, courriers familiaux, années 1860.

    9Taboulet Georges, La Geste française en Indochine, Paris, 1956, p. 456, note 3.

    10Denis Étienne, op. cit., p. 280.

    11Cité par Révertégat Bruno, art. cité, p. 13, p. 11.

    12Muller Gregor, op. cit.

    13Cité par Révertégat Bruno, art. cité, p. 16.

    14Révertégat Bruno, art. cité, p. 8.

    15Le Faucheur Paul, Lettre sur le Cambodge, Paris, Challamel, 1872.

    16Mesure cochinchinoise qui vaut 62,5 kg.

    17Lettre du 1er juin 1869, Révertégat Bruno, art. cité, p. 21.

    18ANOM/INDO/GGI/11828. Cf. Caraman Thomas, Rapport sur le Cambodge, présenté le 24 janvier 1874, au ministère de la Marine et des Colonies, impr. Debons, Paris, 1874, p. 17.

    19CAOM/INDO/GGI/11828. Jame à Moura 4 novembre 1869.

    20CAOM/INDO/GGI/11828. Jame à Moura 15 décembre 1869.

    21Lettre de La Grandière à Le Faucheur, 18 novembre 1869, Révertégat Bruno, art. cité, p. 21-22.

    22BNF, Correspondance de la Société de géographie. Lettre de Henri Viénot annonçant le décès de Paul Le Faucheur à Phnom Penh, 1874.

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    Boissarie, D. (2021). Paul Le Faucheur, un pionnier du renseignement économique et commercial au Cambodge (1866-1874). In J.-P. Bat, N. Courtin, & V. Hiribarren (éds.), Histoire du renseignement en situation coloniale. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/136wy
    Boissarie, Delphine. « Paul Le Faucheur, un pionnier du renseignement économique et commercial au Cambodge (1866-1874) ». In Histoire du renseignement en situation coloniale, édité par Jean-Pierre Bat, Nicolas Courtin, et Vincent Hiribarren. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2021. doi:10.4000/136wy.
    Boissarie, Delphine. « Paul Le Faucheur, un pionnier du renseignement économique et commercial au Cambodge (1866-1874) ». Histoire du renseignement en situation coloniale, édité par Jean-Pierre Bat et al., Presses universitaires de Rennes, 2021, https://doi.org/10.4000/136wy.

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    Bat, J.-P., Courtin, N., & Hiribarren, V. (éds.). (2021). Histoire du renseignement en situation coloniale. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/13769
    Bat, Jean-Pierre, Nicolas Courtin, et Vincent Hiribarren, éd. Histoire du renseignement en situation coloniale. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2021. doi:10.4000/13769.
    Bat, Jean-Pierre, et al., éditeurs. Histoire du renseignement en situation coloniale. Presses universitaires de Rennes, 2021, https://doi.org/10.4000/13769.
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