• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16478 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16478 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • ›
  • Histoire
  • ›
  • Lieux de mémoire en Centre-Val de Loire
  • ›
  • Première partie. Lieux
  • ›
  • L’exemple emblématique du TGV Atlantique...
  • Presses universitaires de Rennes
  • Presses universitaires de Rennes
    Presses universitaires de Rennes
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral De l’établissement d’un tracé : mémoire et savoir Éléments de compréhension Remise en cause et bien-fondé de la politique TGV Une occasion manquée parmi d’autres Auteur

    Lieux de mémoire en Centre-Val de Loire

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    L’exemple emblématique du TGV Atlantique

    Joël Mirloup

    p. 45-52

    Texte intégral De l’établissement d’un tracé : mémoire et savoir Éléments de compréhension Culte du record Incompétences Inconséquences politiques Remise en cause et bien-fondé de la politique TGV Une occasion manquée parmi d’autres Auteur

    Texte intégral

    1La politique « TGV » de la France est aujourd’hui sujet de polémique, voire de rejet. Il n’en a pas toujours été ainsi, notamment lors de l’expérimentation des premiers prototypes, dès la fin des années 1960, puis de l’ouverture des premières lignes, celle reliant Paris à Lyon (1981), puis celle dite du TGV Atlantique (1990) qui nous occupe présentement. Que s’est-il passé alors ?

    2Afin de respecter au mieux l’esprit du colloque dont est issu ce livre et d’atténuer le côté technocratique de cette communication, nous l’avons placée sous le signe des occasions manquées, d’où l’intitulé de ce chapitre.

    De l’établissement d’un tracé : mémoire et savoir

    3La mémoire… Qui a un souvenir clair des conditions dans lesquelles le TGV Atlantique n’a pas desservi l’essentiel d’une région plus grande que la Belgique, dont sa capitale… Ou de celles dans lesquelles le projet de TGV dit en « Y renversé », desservant Orléans, le Berry et le Massif central, a avorté ? Qui conserve en mémoire les conditions qui ont présidé au retrait des projets de train rapide pendulaire dit POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse), ou de Beauvilliers, troisième aéroport parisien, aux portes de l’aire urbaine orléanaise ? Qui se souvient du contexte déplorable ayant abouti à l’abandon de l’A60 déjà partiellement construite au profit de l’A19 ? La liste n’est pas exhaustive.

    4Le savoir… Le savoir dans la mesure où la mémoire des occasions manquées est d’autant plus défaillante qu’au départ ce savoir a fait défaut : par incompétence des acteurs, jeu éventuellement ambiguë de ces acteurs (euphémisme), par indifférence ou désinformation du grand public.

    5Cette réflexion liminaire pourrait n’être qu’intellectuelle si cette série d’occasions manquées ne contribuait à expliquer aujourd’hui une progression du taux de chômage d’Orléans beaucoup plus forte que dans la quasi-totalité des grandes agglomérations françaises. Nous sommes là dans le concret, et allons y rester avec cette LGV Atlantique (Ligne à Grande Vitesse), car sans LGV il n’y a pas de TGV, sinon un simulacre de TGV.

    6Comme le montrent les cartes réunies ici, la LGV Atlantique ignore le Val de Loire moyen – sensiblement plus d’un million d’habitants aujourd’hui – et rejoint directement Tours où elle sera bloquée pendant 25 ans (carte 1). Or, initialement, le tracé retenu desservait Orléans et Blois, ce qu’illustre la carte no 2 (tracé A), sans nuire au tracé de la branche occidentale desservant Le Mans (tracé B). Enfin le tracé D, en forme d’uchronie, montre comment on aurait pu très rapidement relier Bourges à la LGV Atlantique, sauver le Berry de la catastrophe et économiser 200 km sur le futur POCL qui, de facto, aurait desservi Orléans.

    Carte 1. – Le TGV « Atlantique » début 2015.

    Trait double : réseau LGV effectivement adapté à la grande vitesse (TGV stricto sensu) ; trait simple : réseau traditionnel emprunté par des rames TGV à vitesse réduite ; trait discontinu : segment ignoré du Paris-Bordeaux traditionnel (par Orléans).

    Source : Claude Soulié et Jean Tricoire, Le grand livre du TGV, Paris, La Vie du Rail, 2002, p. 6.

    Carte 2. – Les alternatives au tracé existant.

    Trait double continu : tracé retenu ; traits doubles discontinus : tracé initialement envisagé et projets complémentaires ; trait simple : ligne Paris-Orléans-Tours préexistante.

    Source du fond de carte : Claude Soulié et Jean Tricoire, op. cit., p. 71.

    Éléments de compréhension

    7Comment en est-on arrivé là ? Il convient de se replonger dans l’ambiance de l’après 1962. La France, désormais en paix, commence à s’occuper d’elle-même et tente de profiter au maximum de la fin des Trente Glorieuses. Significativement, la Datar est créée en 1963. C’est l’époque où l’on glorifie le paquebot France, la DS19, la Caravelle (tous trois lancés quelques années avant) ; plus tard ce seront le Concorde, puis Ariane, l’aérotrain mais aussi le métro aérien, dont les prototypes ont tous deux été construits près d’Orléans avant qu’ils n’avortent ; ce seront la sidérurgie sur l’eau à Dunkerque et Fos, et bien sûr le nucléaire civil après avoir été militaire.

    Culte du record

    8Syndrome commun à tout cela : un certain culte du record, pas forcément de mauvais aloi, contrastant avec une SNCF vieillissante, voyant son trafic voyageurs diminuer, nombre de ses lignes supprimées, et, corrélativement, les grèves se multiplier. D’où l’idée, inspirée par le Shinkansen japonais déjà en place, de frapper un grand coup, d’entrer dans la modernité pour relancer la fréquentation, redonner une perspective mobilisatrice aux cheminots et leur faire un peu oublier les réformes qui s’imposaient. Ce fut le TGV.

    9Le concept, il est vrai, était très séduisant et présenté à l’envi par la SNCF comme proche de celui de l’avion moyen courrier : adaptation à des distances de plusieurs centaines de kilomètres, très grande vitesse, avec des records successifs hypermédiatisés. À cet égard, la SNCF n’a jamais caché que la LGV Atlantique avait notamment vocation à battre des records, et de fait elle lui a permis d’atteindre 515 km/h en mai 1990, juste avant la mise en service. Or, pour les atteindre, il fallait des tracés les plus directs possible, évitant des gares intermédiaires au profit des grandes villes périphériques. Malheureusement ce culte du record, poussé à l’extrême, portait en germe un certain nombre d’aberrations aménagementales, dont le tracé qui nous occupe.

    Incompétences

    10Ce culte du record ne fut pas la seule explication de l’actuel tracé : le terme d’incompétence a été ci-avant utilisé. Non point, s’agissant de la SNCF, d’une incompétence technique, mais d’une ignorance au plus haut niveau des réalités démo-économiques des régions françaises de l’époque et des aménagements qui s’imposaient. Ainsi l’auteur de cette communication, détaché de son université à la Datar (1983-1987), et localement auprès de plusieurs préfets de Région pour diriger l’Organisme d’Aménagement de la région Centre, s’est-il retrouvé face à deux missions contradictoires :

    • d’un côté parfaire le projet d’aménagement dit de la Métropole-Jardin, ratifié par le gouvernement via la Datar, dans une vision d’intégration de l’axe Orléans-Blois-Tours (déjà…) sur le plan des fonctions supérieures : Recherche, Universités, Haute-technologie, CHR-CHU (déjà…), mais aussi de l’Environnement et des Transports, avec une LGV qui évidemment devait desservir cette Métropole-Jardin dont on a tant parlé à l’époque ;

    • d’autre part, et en parfaite contradiction avec ce qui précède, mener des études lourdes sur les incidences socio-économiques négatives d’un TGV Atlantique non encore construit, du fait de la non-desserte de l’essentiel de cette région. On s’est en effet aperçu qu’aucune étude socio-démo-économique n’avait été menée avant la fixation définitive du tracé.

    11On pourrait en sourire – à la française – si les conversations avec tel ou tel cadre majeur de la SNCF, au demeurant sympathique, n’avaient révélé une méconnaissance surprenante de cette région sur des points essentiels :

    • au plan démo-économique, le million d’habitants de la Métropole-Jardin n’était absolument pas perçu, et Orléans, même taille que Montpellier, Rennes, ou Tours, était considérée comme deux fois plus petite, belle endormie en bord de Loire… alors que son taux de croissance la situait dans le trio de tête du pays ; que son potentiel industriel la plaçait au premier rang d’une région Centre qui avait déjà dépassé la Lorraine, sans parler du potentiel en Sièges Sociaux de niveau national ou européen qui était parfaitement méconnu ;

    • au plan aménagemental, non seulement l’opération Métropole-Jardin était ignorée, mais l’attente en matière de TGV était incomprise, la SNCF répétant inlassablement « Orléans est déjà à une heure de Paris ». Or cela fait maintenant 30 ans qu’aussi inlassablement nous répétons que l’intérêt du TGV, notamment pour Orléans, n’est évidemment pas de gagner quelques minutes pour joindre Paris en payant plus cher, mais de pouvoir éviter Paris pour se rendre à Lille, Londres, Amsterdam ou Francfort sans perdre un temps considérable entre Austerlitz et la gare du Nord ; ou pour se rendre à Roissy et dans le reste du monde sans partir cinq ou six heures avant le décollage. Ce que les entreprises vivent difficilement aujourd’hui.

    12On oublie que nombre de ces entreprises avaient choisi Orléans, dans les années 1960-1970, parce qu’elle était à l’époque la ville de province la mieux reliée non seulement à Paris mais au reste du monde par aéroport interposé, tout étant relatif. En ignorant Orléans, le plan TGV annonçait son déclassement, puisqu’une foule de villes desservies par TGV allaient se retrouver elles aussi à une heure de Paris, ou à guère plus de deux heures ; avec surtout l’avantage d’être branchées directement sur le réseau TGV européen, sur Roissy et le monde, sans rupture de charge et de temps, grâce à ce qu’on appelle l’interconnexion TGV péri-parisienne. Celle-ci existe déjà pour aller directement de Marseille à Roissy, ou à Lille et au-delà.

    13On est au cœur de la problématique, avec le risque prévisible que les entreprises orléanaises ne soient tentées encore plus de se délocaliser, et que les investisseurs attendus n’aillent voir ailleurs. D’autant que ces entreprises, principalement issues de capitaux étrangers et non pas de la décentralisation industrielle parisienne comme on le croit, sont particulièrement soucieuses d’avoir des rapports outre frontière, avec leur siège social ou d’autres établissements du même groupe, avec leurs sous-traitants ou donneurs d’ordre, avec leurs clients.

    Inconséquences politiques

    14Incompétence certes, mais aussi inconséquence, voire pire, côté politique :

    • comment comprendre qu’au dernier moment Vendôme – 20 000 habitants – récupéra une gare TGV refusée à Orléans (220 000 habitants à l’époque ; 300 000 aujourd’hui ; 430 000 pour l’aire urbaine), mettant à mal l’argument de la proximité parisienne et du temps perdu par un arrêt intermédiaire ?

    • comment ne pas s’interroger sur un tracé éliminant Orléans, à un moment où le Conseil régional était présidé par un proche du maire de Tours ?

    • comment comprendre que la Datar ait dû s’exécuter en contradiction totale avec sa politique d’aménagement du Bassin parisien, dont la Métropole-Jardin était l’aspect le plus emblématique ?

    • comment comprendre, sans faire du TGV un omnibus, qu’ait été balayée la possibilité de faire s’arrêter dans une gare intermédiaire d’importance quelques-unes des 40 rames TGV circulant dans les deux sens, quelques autres dans une autre ? Plus de la moitié de ces rames reliant directement la grande ville périphérique sans perte de temps.

    15Il pourrait apparaître vain d’aller plus loin sur ce terrain, s’agissant du passé, si la stratégie « TGV » de la SNCF n’était aujourd’hui remise en cause, avec ce que cela peut impliquer pour les villes et régions non encore desservies.

    Remise en cause et bien-fondé de la politique TGV

    16Dans ce nouveau contexte, il est légitime de se poser trois questions :

    • ne surestime-t-on pas le rôle du TGV au plan économique ? Oui et non. Oui, dans la mesure où l’arrivée du TGV ne saurait faire de miracles lorsque la conjoncture est très défavorable et si d’autres conditions ne sont pas réunies localement. Ainsi Tours n’a pas réellement profité du TGV pendant 20 ans. Non, dans la mesure où l’absence de TGV a toute chance d’être rédhibitoire à terme aux plans économique et de l’emploi. Même au temps des pistes caravanières, il n’est guère d’exemple d’une ville qui n’ait périclité à partir du moment où elle s’est retrouvée – pour diverses raisons – à l’écart des grands axes de circulation ;

    • la très grande vitesse est-elle si indispensable ? L’auteur de cette communication ne le croit pas et parle parfois de la Trop Grande Vitesse en place de la Très Grande Vitesse. En fait, si améliorer la vitesse semble légitime, la connexion des villes et régions urbaines d’importance, telles Orléans et le Val de Loire moyen, doit être prioritaire ; de même que l’interconnexion TGV péri-parisienne permettant de ne pas perdre à Paris le temps gagné pour y parvenir. Ce sera d’ailleurs le cas pour les Bordelais tant qu’elle ne sera pas achevée, et on en est loin ; elle ne l’est, comme indiqué précédemment, que pour les TGV faisant Marseille-Lyon-Lille ;

    • la troisième question renvoie à l’actuelle mise en cause du TGV en général par ceux qui autrefois en furent les fervents partisans, au prétexte que le TGV expliquerait le délabrement du réseau traditionnel car trop coûteux. Coûteux, il l’est, mais pas dans les proportions affichées. Et surtout ce délabrement a bien d’autres explications, souvent plus anciennes que le TGV, appelant d’autres solutions que d’abandonner la grande vitesse. En fait, renoncer à des lignes nouvelles, ou imaginer un réseau qui aurait pu être sans TGV, est inconcevable au sens strict du mot. La question n’est donc pas d’être pour ou contre.

    17En effet, le réseau traditionnel actuel, même ultra-modernisé à grand coût, n’est pas en capacité de répondre aux trois attentes suivantes :

    • développer et parfaire le dispositif TER, à juste titre ;

    • ressuciter le fret ferroviaire tué entre autres par le poids lourd, là aussi à juste titre et pour des raisons environnementales ;

    • développer et accueillir le trafic « grandes lignes », faute de le reporter sur un réseau TGV.

    18Il est mécaniquement impossible de répondre à ces trois attentes sans paralyser le réseau, précipiter sa dégradation, relativiser la sécurité. Le nombre de sillons, c’est-à-dire le nombre maximum de trains pouvant circuler par 24 heures sur une ligne est évidemment limité, et l’on est déjà bien souvent à saturation ; par ailleurs ces trois catégories de trains vont à des vitesses très différentes, s’arrêtant souvent pour certains, peu pour d’autres.

    19Ainsi la création de nouvelles lignes apparaît-elle incontournable si l’on veut maintenir, voire améliorer notre système ferroviaire ; et plus globalement, si l’on ne veut pas ajouter une cause supplémentaire au déclin économique du pays. Pour autant, il n’est pas plus raisonnable de continuer à jouer la carte de la Trop Grande Vitesse pour gagner un quart d’heure ici ou là. On peut construire des lignes nouvelles moins coûteuses pour du matériel moins coûteux y compris en maintenance – et cerise sur le gâteau – consommant encore moins d’énergie.

    Une occasion manquée parmi d’autres

    20Nous élargirons le propos – en nous limitant à la Très Grande Vitesse et à la région Centre-Val de Loire – avec quelques autres de ces occasions manquées, malmenées par notre mémoire, et dès le départ hypothéquées par un savoir défaillant ou un vouloir ambigu.

    21Les études sur les incidences gravement négatives du non-passage du TGV Atlantique dans notre région ont contribué à l’émergence d’un projet de LGV dite en « Y » renversé : un tronc commun Paris-Orléans-Vierzon ; une branche vers Châteauroux-Limoges-Toulouse ; une autre vers Bourges-Clermont-Ferrand. On balaye large pour rentabiliser l’opération en concentrant le trafic sur Vierzon-Paris. Orléans est desservie, le Berry et le Massif central sont désenclavés. Beaucoup de bruit, d’études, de promesses, de vraies-fausses participations. Sollicité, nous acceptons de collaborer, sans conviction… et le projet fut effectivement abandonné. Il en fut de même avec le fameux POLT, train pendulaire Paris-Orléans-Limoges-Toulouse, sur ligne traditionnelle, qui revient périodiquement en surface et suppose de très coûteux travaux sur une infrastructure vieillie, pour une augmentation de vitesse assez limitée.

    22Enfin l’histoire se répète avec la LGV dite POCL (Paris-Orléans-Clermont-Lyon), nous ramenant 30 ans en arrière, avec un effet-mémoire étrangement occulté. Le parallélisme est pourtant saisissant. Il y a 3 ou 4 ans, la SNCF propose un doublement de la LGV Paris-Lyon promise à saturation. L’auteur de la présente analyse est alors rapporteur général au CESER, assemblée régionale menant des études prises en compte ou non par les élus du conseil régional. Très vite, avec quelques autres, il soutient l’idée – à partir d’une pré-étude – d’un TGV Paris-Lyon passant par Orléans, Bourges, Nevers.

    23L’idée fait politiquement son chemin, quoique difficilement. Une association pluri-régionale se met en place. À reculons, RFF propose trois tracés : l’un à l’est de la Loire, l’autre à l’ouest correspondant à nos propositions, et un tracé médian (sous-entendu celui de RFF) passant par le Loiret oriental et le Sancerrois. De nombreuses études sont menées par RFF, la SNCF, les conseils régionaux, communautés d’agglomérations, CCI… et une consultation grandiose est organisée. Elle aboutit à un consensus général des responsables politiques de tous bords pour le tracé ouest.

    24La décision semblait acquise jusqu’à l’annonce, longtemps après, d’une nouvelle consultation – comme si la précédente n’avait pas eu lieu – misant sur la lassitude et la démobilisation. Une « consultation » accompagnée du débauchage de certains élus et d’une instrumentalisation de nombre d’environnementalistes laissant croire que la Sologne des Étangs, celle réduite à quelques communes, était gravement menacée. Verdict : le tracé médian, celui de RFF, est retenu. Sauf intervention du gouvernement, Orléans et Bourges ne seront reliées à la LGV que par de très longues et hypothétiques bretelles (50 km des confins de la Seine-et-Marne à Orléans). Le conseil régional du Centre, considérant qu’il a été abusé, annonce qu’il se retire du plan de financement. Il sera bien obligé d’y revenir, sinon ces bretelles ne seront pas construites.

    *

    25Ainsi, comme pour le TGV Atlantique, Orléans et la région Centre-Val de Loire se trouvent à nouveau écartés. Qu’en est-il de la mémoire et des leçons de l’Histoire ? Trente ans après, mêmes grandes manœuvres d’origines diverses, mêmes argumentations fallacieuses. Comme ses prédécesseurs, le directeur général de RFF en poste justifie sa position par le fait qu’Orléans est déjà à une heure de Paris. Et une fois de plus il faut répéter que là n’est pas la question puisqu’il s’agit d’éviter Paris et d’être relié directement au réseau TGV européen, et aux aéroports péri-parisiens par TGV interposé. Mémoire… mais aussi falsification du savoir. Telle est la conclusion à laquelle on parvient sans être pour pourtant un fanatique de ce que nous avons appelé la Trop Grande Vitesse.

    Auteur

    • Joël Mirloup

      Professeur émérite de géographie-aménagement, ancien doyen de la faculté des lettres de l’université d’Orléans

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0

    Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons - Attribution - Pas d'Utilisation Commerciale - Pas de Modification 4.0 International - CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Rennes
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    • lcdpu.fr
    ePub / PDF

    Lieux de mémoire en Centre-Val de Loire

    X Facebook Email

    Lieux de mémoire en Centre-Val de Loire

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Lieux de mémoire en Centre-Val de Loire

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Mirloup, J. (2021). L’exemple emblématique du TGV Atlantique. In P. Allorant, W. Badier, A. Borrell, & J. Garrigues (éds.), Lieux de mémoire en Centre-Val de Loire. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/13718
    Mirloup, Joël. « L’exemple emblématique du TGV Atlantique ». In Lieux de mémoire en Centre-Val de Loire, édité par Pierre Allorant, Walter Badier, Alexandre Borrell, et Jean Garrigues. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2021. doi:10.4000/13718.
    Mirloup, Joël. « L’exemple emblématique du TGV Atlantique ». Lieux de mémoire en Centre-Val de Loire, édité par Pierre Allorant et al., Presses universitaires de Rennes, 2021, https://doi.org/10.4000/13718.

    Référence numérique du livre

    Format

    Allorant, P., Badier, W., Borrell, A., & Garrigues, J. (éds.). (2021). Lieux de mémoire en Centre-Val de Loire. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/13767
    Allorant, Pierre, Walter Badier, Alexandre Borrell, et Jean Garrigues, éd. Lieux de mémoire en Centre-Val de Loire. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2021. doi:10.4000/13767.
    Allorant, Pierre, et al., éditeurs. Lieux de mémoire en Centre-Val de Loire. Presses universitaires de Rennes, 2021, https://doi.org/10.4000/13767.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Rennes

    Presses universitaires de Rennes

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.pur-editions.fr

    Email : pur@univ-rennes2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement