• Contenu principal
  • Menu
OpenEdition Books
  • Accueil
  • Catalogue de 16501 livres
  • Éditeurs
  • Auteurs
  • Facebook
  • X
  • Partager
    • Facebook

    • X

    • Accueil
    • Catalogue de 16501 livres
    • Éditeurs
    • Auteurs
  • Ressources numériques en sciences humaines et sociales

    • OpenEdition
  • Nos plateformes

    • OpenEdition Books
    • OpenEdition Journals
    • Hypothèses
    • Calenda
  • Bibliothèques

    • OpenEdition Freemium
  • Suivez-nous

  • Lettre d’information
OpenEdition Search

Redirection vers OpenEdition Search.

À quel endroit ?
  • Presses universitaires de Rennes
  • ›
  • Histoire
  • ›
  • Servir le prince en temps de guerre civi...
  • ›
  • Quatrième partie. Dans l’incertitude des...
  • ›
  • Maintenir la paix dans le Sud-Ouest en 1...
  • Presses universitaires de Rennes
  • Presses universitaires de Rennes
    Presses universitaires de Rennes
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Liens vers le livre
    Informations sur la couverture
    Table des matières
    Formats de lecture

    Plan

    Plan détaillé Texte intégral Le recours à la commission militaire pour faire appliquer la loi Le sénéchal de Toulouse : entre magistrat et homme de guerre Le service impossible Notes de bas de page Auteur

    Servir le prince en temps de guerre civile

    Ce livre est recensé par

    Précédent Suivant
    Table des matières

    Maintenir la paix dans le Sud-Ouest en 1561-1562

    Un service du roi voué à l’échec ?

    Pierre-Jean Souriac

    p. 257-274

    Texte intégral Le recours à la commission militaire pour faire appliquer la loi Nommer des commissaires Trois commissaires en région toulousaine Guyenne et Languedoc Le sénéchal de Toulouse : entre magistrat et homme de guerre Un noble méridional de la robe à l’épée La proximité des milieux modérés et réformés La fonction de sénéchal Le service impossible Conflictualité méridionale L’action d’un sénéchal L’intransigeance catholique Notes de bas de page Auteur

    Texte intégral

    1Dans les premières années de la décennie 1560, l’autorité monarchique chercha à éviter la guerre civile que la conflictualité croissante entre catholiques et protestants semblait annoncer. Elle ne ménagea pas ses efforts afin d’organiser une coexistence confessionnelle pour laquelle l’Édit de Janvier 1562 fut un des jalons les plus visibles. Cette politique a échoué à court terme puisque le royaume s’embrasait au cours du printemps suivant. Cet échec originel de la politique de coexistence pose ainsi la question du service du prince au regard des choix religieux et partisans des sujets du roi dans ces années cruciales. À l’échelle des villes et des provinces, les relais royaux ont failli ou du moins l’autorité souveraine n’a pas réussi à constituer un groupe de fidèles suffisamment fort pour imposer ses choix. Les passions personnelles, l’intransigeance confessionnelle, les rapports de force entre factions rivales auraient fragilisé les efforts d’entente et de règlement juridique des tensions confessionnelles engagés par le roi. Pour comprendre cet échec, la présente communication propose de s’intéresser à un sénéchal de Toulouse, Bernard de Vabres, baron de Castelnau-d’Estrétefonds (v. 1536-1580), nommé en 1561 pour maintenir l’ordre dans la région toulousaine et soupçonné d’accointances huguenotes par le très intransigeant parlement de Toulouse en mai 1562. Il fait partie de ces hommes du roi envoyés dans leur province pour tenter de calmer les ardeurs belliqueuses et trouver une voie de compromis. Dès le début des affrontements à Toulouse où il résidait, le 12 mai 1562, il fut dépassé par la prise d’armes protestante et ne suivit pas la réaction catholique qui dans les rues de Toulouse conduisit à des affrontements particulièrement violents. Il fut pour cela accusé de trahison et traîné devant les juges du parlement. Cette procédure judiciaire, dont on possède une partie des pièces1, permet de suivre le parcours de ce serviteur du roi : de sa nomination au titre de sénéchal à sa défense acharnée contre ses accusateurs pour sauver sa tête, il revient sur ses choix, il écoute des témoins à charge s’acharner contre lui, il constate à quel point sa mission pacificatrice était inconciliable avec les attentes de ses administrés. Il s’agira de comprendre le contexte général de sa mission, à savoir l’usage de délégations provinciales sur des ressorts géographiques réduits, les espoirs mis en lui, et les points de blocage qui l’empêchèrent de réussir dans sa mission.

    Le recours à la commission militaire pour faire appliquer la loi

    Nommer des commissaires

    2Pour faire face à la conflictualité qui est apparue au sein des campagnes et des villes du royaume de France au tournant de la décennie 1560, un des recours de la régente fut l’envoi d’hommes de guerre dotés de commissions spécifiques pour tenter de désarmer les partis en train de se constituer. Jérémie Foa a bien montré que le commissaire, comme outil de pacification, s’inventa progressivement entre l’été 1561 et le mois de juin 1563, entre le moment où le gouvernement fit le choix d’opter pour une solution de coexistence et l’application de la paix d’Amboise qui achevait la première guerre de Religion2. Ces commissions pouvaient être adressées aux lieutenants royaux déjà présents en province, comme Charles de Coucy seigneur de Burie en Guyenne. Elles pouvaient aussi créer de nouveaux représentants royaux, pour la plupart des juristes, qui secondaient les hommes de guerre envoyés pour réprimer tout acte de sédition. Quelle que soit sa forme, entre 1561 et 1562, se développe une intense activité institutionnelle autour des procédures de pacification par le biais de représentants royaux envoyés en province, du moins dans le Midi. Ces commissaires étaient souhaités par les populations locales, catholiques ou protestants selon les régions, nobles et magistrats municipaux, car ils devaient pallier les carences des instances judiciaires locales trop impliquées dans les rapports de force confessionnels de leur plat pays. Faire venir des hommes nouveaux, investis d’un pouvoir judiciaire ou de commandement nouveau, était un moyen de créer une sorte d’appel d’air dans des sociétés locales percluses par les conflits internes et où les garants de l’ordre avaient glissé vers des positions partisanes. Dans ces régions françaises peu favorables aux changements, c’est bien pour tenter d’instiller un regard neuf et une légitimité nouvelle que les gouvernants ont eu recours à des envois de commissaires.

    3À l’été 1561, leur mission n’était pas d’organiser la coexistence entre catholiques et protestants, mais bien de faire respecter la loi pour éviter le basculement dans la guerre civile. En 1561-1562, avant donc l’Édit de janvier 1562, ces nominations, sur le plan légal, constituèrent un ensemble de textes pris entre mars 1560 et juillet 1561 qui visaient non pas à reconnaître les réformés, mais à arrêter leur poursuite et surtout interdire les rassemblements et le port d’armes qui risquaient à tout moment de faire basculer une réunion de prière en émeute. Le texte de référence était l’édit du 30 juillet 1561 qui interdisait toute assemblée, même privée, mais autorisait les réformés à présenter des requêtes au prince, et donc implicitement affirmait l’existence d’une communauté confessionnelle singulière dans le royaume3.

    Trois commissaires en région toulousaine

    4Pour la région toulousaine, ce choix s’est traduit très concrètement par la définition de ressorts d’intervention politique nouveaux et donc une nouvelle appréhension du territoire. Trois territoires ont été identifiés, la région d’Albi, la région de Castres et la place toulousaine, trois zones de frontières confessionnelles et pour cela particulièrement conflictuelles. Furent nommés trois nobles des environs pour rétablir l’ordre et faire appliquer les édits. Dans la ville d’Albi et son plat pays, Catherine de Médicis envoya son évêque, Laurent de Strozzi, pour résider au palais épiscopal de La Berbie et surveiller les assemblées illicites. Il reçut le titre de lieutenant général, charge renouvelée en juin 1562 après le déclenchement des guerres4. Dans la ville voisine de Castres dominée depuis 1560 par une notabilité acquise à la Réforme, fut envoyé François de Voisins baron d’Ambres. Il reçut sa commission le 6 août 1561 et était à pied d’œuvre dans Lavaur, à 40 km de Castres, dès la fin du mois5. Le même jour, le baron d’Ambres, Antoine de Lomagne vicomte de Terride recevait une commission identique pour se rendre à Toulouse et surveiller dans la ville et ses environs la tenue des assemblées illicites. Lui aussi était à Toulouse le 31 août suivant, signe de sa diligence et de son obéissance aux souhaits de la reine6. Ambres et Terride étaient deux chefs de guerre qui s’étaient illustrés sur les théâtres italiens et s’étaient taillé une bonne réputation. Le premier avait déjà participé à la campagne dauphinoise de 1536 et continua à servir son souverain par la suite7. Le second, lieutenant de la compagnie de Galiot de Genouillac à ses débuts, fut dès 1549 gouverneur de Pignerol, charge qu’il occupa jusqu’en 1560 et son retour en France8. Les deux étaient donc des capitaines, ayant commandé ou commandant une compagnie d’ordonnance, envoyés dans deux secteurs sensibles de la confrontation confessionnelle : la région castraise dont les consuls avaient ouvertement fait le choix du calvinisme, la ville de Toulouse dans laquelle l’Église réformée était en train de structurer pasteurs et consistoires dans tout son plat pays.

    5Leur mission était purement répressive, leur but étant de faire appliquer un édit qui empêchait les attroupements et le port d’armes. Ils n’étaient pas des conciliateurs, ni des juristes chargés d’envisager des solutions de coexistence. En revanche, ils avaient pour mission de traiter à égalité les rassemblements catholiques et ceux protestants. C’est dans ce traitement égalitaire que semble s’être joué leur échec, comme on le voit dans deux lettres envoyés à Catherine de Médicis, le 29 août 1561 pour le baron d’Ambres, le 8 septembre 1561 pour le vicomte de Terride. Le premier faisait état d’un peuple en grande émotion car « la plus part tenant le party du ministre avec les armes, estant soustenu tant par aulcuns de la noblesse que des aultres esglises qu’ilz appellent reformees des environs en nombre infini9 ». Pour Terride, son rôle était de « faire garder l’edict par vous faict sur les esmotions, seditions et assemblées publicques et privées contre la relligion gardée et observée en ce ce royaulme, sur la prohibition des harquebouzes10 ».

    6Plus intéressante était la logique territoriale dont témoignait leur commission. Le gouvernement royal créait ici des circonscriptions qui s’affranchissaient des cadres traditionnels, pour le cas du Midi, sénéchaussée, ressort des parlements de Bordeaux et Toulouse, gouvernement. Terride était envoyé à Toulouse et ses environs, probablement la sénéchaussée, mais sans être sénéchal. Ambres était envoyé dans deux diocèses civils du Languedoc, celui de Castres et celui de Lavaur, division de la généralité dont l’attribution était en théorie strictement fiscale. Strozzi était envoyé en Albigeois, probablement aussi dans le diocèse civil d’Albi. Le cadre territorial de ces délégations montre un véritable pragmatisme des dirigeants qui identifiaient d’abord le lieu d’affrontement avant de mobiliser les ressources institutionnelles. Cela permettait aussi à ces hommes de guerre de se présenter comme des hommes nouveaux même s’ils étaient déjà bien connus dans ces contrées. En transgressant l’ordre institutionnel provincial, ils n’entraient pas dans les rapports d’autorité traditionnels, ils créaient des interstices entre le droit et l’action qui leur était demandée, et cet interstice leur permettait d’agir rapidement avant d’être rattrapés par les procédures et ceux qui voulaient les faire appliquer. Ce démembrement territorial autour des pays fut par la suite privilégié par les gouvernants pour nommer des gouvernements militaires à l’échelle des pays : ces nominations inauguraient en fait une pratique qui allait caractériser la guerre civile11.

    7Ces missions échouèrent puisque ces commissaires n’ont pas empêché l’embrasement général du printemps 1562. C’est d’autant plus vrai que ces capitaines ne surent pas s’affranchir de leur appartenance partisane et se sont tous trois révélés comme de redoutables chefs catholiques. L’évêque d’Albi, Laurent de Strozzi, signa un traité d’association, forme de ligue, à Toulouse en mars 1563 pour s’engager à combattre l’hérésie et servir le roi jusqu’à la mort12. Terride signa aussi cette ligue, mais son engagement catholique était suffisamment connu à l’automne 1561 pour paralyser son action de représentant du roi. Les capitouls de Toulouse gagné à la cause modérée refusèrent de le recevoir au nom des privilèges municipaux qui dispensaient la ville de gouverneur et de garnison. Le parlement et le clergé cherchant à favoriser la cause catholique au contraire, militèrent pour son arrivée dans la cité13. Le baron d’Ambres enfin ne put lui aussi entrer dans Castres aux mains de magistrats protestants en raison de la défiance qu’il leur inspirait14. Par la suite on le retrouva à la tête de troupes catholiques15. Ces commandants aux compétences extraordinaires et nommés pour éviter les attroupements et les ports d’armes comprirent leur mission comme un outil de répression face aux assemblées calvinistes et n’hésitèrent pas alors à faire basculer la région dans la guerre civile en prêtant leur épée aux premiers mouvements catholiques radicaux.

    Guyenne et Languedoc

    8Malgré l’échec de ces délégations locales, Catherine de Médicis renouvela l’expérience en décembre suivant, 1561. Cette fois-ci, elle ne s’appuya pas sur ces petits ressorts mais sur des provinces entières. Ces nominations sont déjà bien connues. Blaise de Monluc fut envoyé par lettre patente du 10 décembre 1561 en Guyenne « pour courir sus aux uns et aux autres qui prendroient armes16 ». Selon lui, il aurait d’abord refusé une telle charge, puis aurait cédé aux demandes pressantes de la régente et d’Antoine de Bourbon. Côté languedocien, c’est Antoine de Crussol qui fut désigné, le même jour et avec la même mission17. L’un et l’autre furent affublés de commissaires issus du monde judiciaire pour les aider dans l’administration de la justice contre les séditieux18. L’un comme l’autre furent plus sensibles à poursuivre tant les assemblées catholiques que protestants, mais tout comme leurs trois devanciers, ils sont aussi connus pour les choix intransigeants qu’ils firent lors du déclenchement des conflits civils. Faut-il encore présenter Monluc et le portrait qu’il fit de lui-même dans ses Commentaires ? Pour Antoine de Crussol, on le suit dès le printemps 1561 dans le milieu réformé, que ce soit pour transmettre des doléances ou tenter d’autoriser un pasteur à la cour en marge du colloque de Poissy19. Par la suite, Monluc signa la première ligue toulousaine de 1563 déjà évoquée et Crussol accepta le commandement des troupes huguenotes en Bas-Languedoc lors d’une assemblée tenue à Nîmes le 2 novembre 156220.

    9En l’espace de quelques mois, la cour tenta par ces expériences méridionales de préserver la paix civile grâce à des délégations extraordinaires confiées à des hommes de guerre non pas pour trancher la question religieuse mais combattre les assemblées illicites. Ces représentants du roi cherchèrent à faire leur travail, mais force est de constater qu’ils ne surent pas s’extraire des enjeux confessionnels et partisans de leur province. Ils échouèrent dans leur mission puisque les guerres de Religion commencèrent. Cet échec cependant ne joua pas contre eux puisqu’ils continuèrent leur carrière par la suite. Le parcours de Bernard de Vabres ne peut se comprendre sans le situer dans ce processus politique de délégations conjoncturelles vers les provinces, délégations justifiées par la menace de guerres civiles. Il fit partie de ce milieu nobiliaire mobilisé par la cour, mais pour sa part en se voyant investi d’une charge traditionnelle, celle de sénéchal de Toulouse.

    Le sénéchal de Toulouse : entre magistrat et homme de guerre

    Un noble méridional de la robe à l’épée

    10Bernard de Vabres, baron de Castelnau-d’Estrétefonds, est né vers 1536 dans la région toulousaine et a probablement grandi dans le récent château familial de Castelnau-d’Estrétefonds après l’achat de la seigneurie par son père en 1537. On n’en sait pas beaucoup plus ni sur sa naissance ni sur son éducation. Il appartient au milieu de la noblesse de robe, son grand-père et son père ayant appartenu au parlement de Toulouse. Son grand-père, Claude de Vabre (mort en 1518), seigneur d’Avèze et Beaufort, fut licencié en droit, avocat au parlement de Toulouse, puis en 1515 acheta un office de conseiller au parlement de Toulouse. Son père, Michel de Vabres (mort en 1546), baron de Roquette et baron de Castelnau-d’Estrétefonds fut pour sa part conseiller au parlement de Toulouse à partir de 1518. Propriétaire d’une maison dans Toulouse, il se trouvait inscrit sur le matricule noble de la ville et était donc assujetti pour sa propriété toulousaine au ban et à l’arrière-ban. Si leur réseau n’est pas connu en détail, c’est dans le milieu de la robe toulousaine qu’il semble avoir été le plus dense. Le jeune Bernard ne suivit pas cependant une carrière juridique et préféra le métier des armes. Il partit tenter une carrière militaire et ne confirma donc pas son lignage dans le milieu des officiers toulousains. Il vendit ses biens sur Toulouse, du moins n’y logea plus, et s’installa dans le château de Castelnau-d’Estrétefonds dont il participa à l’achèvement. Le 5 avril 1557, il faisait une donation de l’ensemble de ses biens à sa mère en raison d’un départ pour la Picardie et la guerre21 et lors de ce voyage, il se fit remarquer par une altercation avec un autre noble à Romorantin, ce qui lui valut un emprisonnement et une amende22.

    La proximité des milieux modérés et réformés

    11Encore mineur à la mort de son père, il eut comme tuteur légal à la fin des années 1550 un autre noble de robe important, Michel Du Faur, seigneur de Saint-Jory, président au parlement de Toulouse, dont les frères étaient liés au milieu des juristes parisiens autour du chancelier Michel de L’Hospital23. Juge ordinaire de Toulouse en 1531, il était juge mage de la sénéchaussée en 1535, conseiller au Grand Conseil et président au parlement de Toulouse à partir de 1556. Il fut également mainteneur des jeux floraux de la ville puis chancelier, ce qui le rattachait au groupe des lettrés toulousains de la Renaissance. Il appartenait au cercle de Jean de Boissonné dans les années 1530, donc au milieu de cet humanisme juridique dont était porteuse l’université de Toulouse. Michel de Saint-Jory, malgré son rang de président, fut soupçonné de favoriser les insurgés protestants dès le 13 mai 1562 et fut interdit de palais par le groupe le plus intransigeant des officiers. Il reçut le soutien de Catherine de Médicis et de Blaise de Monluc et évita les poursuites. Mais en octobre 1568, de peur de représailles, il dut s’enfuir de Toulouse avec sa famille et trouva refuge chez son frère à Auch. L’année suivante le parlement le privait de son office, le collège du Gai-Sçavoir lui retirait sa charge de chancelier. Il ne fut réintégré dans ses biens et fonctions que suite à la pacification de 1570, et encore difficilement. Son frère aîné, Pierre Du Faur, avait lui aussi été conseiller au parlement de Toulouse et président d’une de ses chambres. Il fut le père du célèbre Guy Du Faur de Pibrac, auteur des Quatrains, aussi conseiller et diplomate pour le roi. Il avait été formé par Cujas à l’université de Toulouse, juge mage de la sénéchaussée en 1557, député de la sénéchaussée aux États Généraux d’Orléans en 1560 et ambassadeur du roi à Rome lors de la dernière session du concile de Trente. En dehors de sa carrière juridique, sa renommée vint de sa vie de poète de cour qui lui permit de rester dans l’entourage des princes jusqu’à la fin de ses jours. Guy avait obtenu l’églantine des jeux floraux toulousains en 1543, puis fut élu « mainteneur » en 1558. Un autre frère, Jacques Du Faur (1511-1571), était abbé de la Chaise-Dieu en 1533, abbé du Faget, prieur du prieuré Saint-Germier à Muret et un temps vicaire général de l’archevêque de Toulouse. Comme il avait une formation de juriste, il fut également conseiller au parlement de Paris et président à cette même cour.

    12Si Bernard de Vabres fréquentait le milieu modéré du parlement de Toulouse, il avait également des contacts étroits avec celui des réformés. Sa propre sœur, Antoinette (morte après 1600), avait épousé en 1549 un Antoine de Lautrec, alors parfaitement catholique24. Il se convertit cependant en 1552, gagna Genève avec sa femme et, dit-on, une parente de sa femme, une autre sœur de Bernard, peut-être Guillemette de Vabres, religieuse à l’abbaye de Prouille à côté de Fanjeaux et dont on perd la trace à cette date. Si Antoine de Lautrec ne revint plus dans la région, le parlement l’ayant condamné par contumace et brûlé en effigie en 1555, sa femme et ses enfants y revinrent, témoignant en cela du maintien des solidarités familiales malgré le différend religieux. À côté de ce beau-frère huguenot, il fréquenta également un des fils de Michel de Saint-Jory, Charles, seigneur de Lasserre, qui pour sa part fut ouvertement réformé et participa aux guerres de Religion. De même, les adversaires de Vabres lui reprochèrent ses amitiés avec Antoine de Rapin (mort en 1569) et Pierre Doulx seigneur d’Ondes. Ces deux nobles du plat pays toulousain étaient d’authentiques huguenots qui se battirent au service de leur cause à Montauban et dans ses environs dès 1562. Or le seigneur d’Ondes était apparenté à Gausilde Doulx, mère de Guy Du Faur de Pibrac et donc belle-sœur de Michel de Saint-Jory, une nouvelle fois dans l’entourage direct des seigneurs de Castelnau. Ils habitaient à proximité de la résidence du sénéchal et pouvaient relever de ses fréquentations.

    13Cette conjonction d’indices dresse un portrait de Bernard de Vabres à la croisée des milieux catholiques modérés et protestants. Elle plaide en faveur d’une certaine bienveillance du sénéchal à l’égard du calvinisme, ou tout le moins un respect des choix individuels faits par ses proches.

    La fonction de sénéchal

    14L’institution du sénéchal – bailli pour les provinces du nord du royaume – remonte au xiie siècle et la fonction s’était généralisée au royaume dès le xiiie siècle25. À l’origine il s’agissait de représentants du roi à la tête d’une Cour de Justice provinciale. Leur diffusion à l’ensemble du royaume et la soumission de ces cours à la loi royale participèrent des premiers efforts de centralisation entrepris par la monarchie capétienne. Dès cette date, les sénéchaux appartenaient à la haute noblesse, souvent d’épée, et avaient un rôle prépondérant sur les gentilshommes de leur ressort. Au xvie siècle, les compétences du sénéchal avaient considérablement évolué : progressivement, les sénéchaux avaient perdu leur fonction judiciaire malgré la conservation du titre ; ils ne siégeaient plus dans leur tribunal comme juges tout en pouvant assister aux audiences26. Face à une justice de plus en plus complexe, ce noble d’épée avait cédé la place à des lieutenants qui jugeaient les affaires à sa place, mais toujours en son nom. La cour du sénéchal comptait alors un lieutenant général, le juge mage, magistrat de robe longue qui présidait en l’absence du sénéchal, un lieutenant criminel et un lieutenant particulier. Si le sénéchal résidait à la sénéchaussée, il ne participait que rarement aux séances, et encore sans voix délibérative.

    15En revanche, le sénéchal avait conservé certaines prérogatives militaires héritées du Moyen Âge. Il convoquait le ban et l’arrière-ban quand le roi le lui demandait : il transmettait le jour et le lieu de la convocation, et il était en charge de la « montre » du ban, c’est-à-dire de sa revue. C’est ce que fit Bernard de Vabres début mai 1562, appelant à Toulouse une bonne part de la noblesse du plat pays. Autre fonction héritée, il se devait de prêter main-forte aux officiers du roi pour faire appliquer une décision de justice ou pour maintenir l’ordre. C’est à ce titre que Bernard de Vabres fut dépêché par le parlement et par les lieutenants généraux du roi dans le plat pays toulousain comme à Grenade afin de faire cesser les agitations. C’est à ce titre qu’ensuite il permit aux officiers du parlement de mener leur procédure et s’effaça devant leurs décisions. De la même manière, il se rendit dans le palais du parlement à plusieurs reprises début mai 1562 pour recevoir ses instructions des officiers royaux et agir en conséquence. Ainsi, si en temps de paix le sénéchal n’avait plus qu’une fonction honorifique et sans enjeux, dès que la situation menaçait de basculer dans le désordre, ses compétences militaires le faisaient revenir sur le devant de la scène.

    16Entre septembre 1561 et mai 1562, Bernard de Vabres fut un homme exposé car le roi, comme les instances locales, attendaient de lui qu’il utilise son pouvoir sur le ban et son droit d’intervention militaire au profit de l’ordre public. Le problème est que si Catherine de Médicis concevait un ordre public fondé sur la modération et l’encadrement juridique du protestantisme, les intransigeants toulousains le concevaient comme relevant du combat contre l’hérétique. De fait, le sénéchal était entre deux feux et sa fonction le plaçait dans une situation très inconfortable. Après Bernard de Vabres, les sénéchaux qui occupèrent le poste toulousain furent d’authentiques catholiques, acceptés par le milieu parlementaire et pour cela plus en accord avec une politique intransigeante.

    17La question est alors de savoir si le choix de Bernard de Vabres à ce poste relève d’un hasard ou d’une stratégie politique. Le milieu auquel il appartenait était connu. Son procès nous apprend qu’il était présent à la cour en décembre 1561 avant de revenir sur Toulouse. Il profita probablement de la protection des Du Faur pour obtenir cette charge qui lui permettait de changer de catégorie nobiliaire, du moins de quitter strictement le monde de la robe. La nomination au poste de sénéchal se fit le 15 avril 1561 et fut enregistrée par le parlement de Toulouse le 20 mai27. Il était à pied d’œuvre dès le printemps 1561. Il succédait à François de Chabannes comte de Saignes, nobles du Limousin qui ne semble pas avoir été très présent à Toulouse durant l’exercice de sa fonction28. Cette nomination se fit six mois avant celles des trois capitaines vus précédemment utilisés comme commissaires : si sa fonction de sénéchal le rapprochait d’une compétence militaire, ses liens et sa famille lui donnaient un profil d’homme de loi. On peut retrouver ici la réflexion de Jérémie Foa sur les inventions de la couronne pour sa représentation entre 1561 et 1562, à savoir un recours à des commissaires, hommes de loi, en appui des chefs de guerre, hommes de l’exécution décisionnelle29. C’était un moyen pour la régente de transcender les justices locales, de dépasser les intérêts régionaux. Avec Vabres, ce fut l’occasion d’investir une fonction régionale devenue floue par un personnage modéré, à la fois magistrat et homme de guerre.

    Le service impossible

    18On connaît l’action de Bernard de Vabres essentiellement par le procès qui s’est ouvert à son encontre à partir de la mi-mai 1562. Jugé par le parlement de Toulouse pour trahison et complicité avec les huguenots séditieux, ces pièces nous permettent de mesurer le jugement que les catholiques intransigeants ont eu sur la conduite d’un modéré et la façon dont ce dernier s’est défendu30.

    Conflictualité méridionale

    19Deux affaires méridionales sont passées par le filtre de la justice toulousaine, des événements dans lesquels le sénéchal prit une part officielle, celle de représentant du roi prêtant main-forte aux autorités supérieures. La première affaire concerne une petite ville de l’ouest toulousain, Grenade, et nous renseigne sur la montée des tensions confessionnelles entre l’été et l’hiver 156131. En août 1561, le sénéchal s’était déjà rendu dans la place suite à des rumeurs de sédition. Il entreprit pour l’essentiel de confisquer quelques armes32. Il revint une seconde fois en ville le 13 octobre 1561 à la demande de certains habitants de Grenade. Les consuls avaient procédé à l’arrestation de treize personnes soupçonnées d’hérésie et cette arrestation avait entraîné un rassemblement de catholiques prêts à se faire justice eux-mêmes et donc dangereux pour l’ordre public. Arrivé en ville, le sénéchal fit élargir les suspects et continua à ordonner des confiscations d’armes. Sa venue provoqua des remous et il fut inquiété car jugé trop clément avec les réformés. Certains habitants de Grenade, soucieux de chasser les protestants de leur ville et mécontents des décisions du sénéchal, s’unirent dans un syndicat le 30 octobre visant à lancer une procédure au parlement pour que des mesures plus énergiques soient prises33.

    20La tension en ville était alors à son comble. L’événement majeur fut un massacre perpétré à l’encontre des protestants. Selon les récits de témoins auditionnés lors du procès de Vabres, le 7 novembre une assemblée réformée avait été découverte dans une maison particulière, ce qui avait provoqué un rassemblement catholique et l’appel du tocsin. Un culte domestique, ou plutôt une assemblée de prière car il ne semble pas qu’il y ait eu de pasteur, semble avoir rassemblé une vingtaine de Grenadins jusque-là très discrets. Les assaillants trouvèrent deux livres qui accusèrent immédiatement cette assemblée religionnaire : la bible traduite en français et les psaumes versifiés en français par Clément Marot. À lire les dépositions, l’historien a le sentiment d’avoir sous les yeux un archétype de l’assemblée réformée. Les consuls tentèrent de circonvenir la violence en empêchant plusieurs fidèles qui assistaient aux vêpres dans l’église de la ville d’en sortir. Ils étaient alors dans leur rôle de garant de l’ordre public. D’autres, et notamment trois prêtres nommément incriminés, jouèrent aux boutefeux. Ils appelèrent les catholiques, réussirent à sonner les cloches de l’église et à ameuter la foule. La maison en question fut prise d’assaut et plusieurs de ses occupants massacrés. Ceci explique que Bernard de Vabres revint une troisième fois à Grenade, cette fois-ci le 10 novembre, à la demande du lieutenant général de Guyenne, Charles de Coucy seigneur de Burie (1492-1580). Burie avait mission d’empêcher les débordements de violence et dès l’annonce de massacres à Grenade, il demanda au sénéchal de s’y rendre. Vabres tenta d’apaiser le tout : il fit saisir les armes encore en circulation et les fit consigner chez lui à Castelnau ; il établit une garnison et chercha à récupérer les clefs de la ville ; il lança une instruction contre les meneurs de ces agitations34.

    21La situation toulousaine est plus linéaire et surtout bien plus connue : une montée progressive des tensions jusqu’à l’explosion finale lors de l’émeute urbaine inaugurale des guerres de Religion dans cette partie du royaume35. À partir de l’Édit de Janvier, un lieu de culte réformé se tenait devant une des portes de la ville et attirait bon nombre de Toulousains convertis ou curieux du prêche du pasteur. Comme ailleurs dans le royaume, ces assemblées protestantes, tout comme celles des catholiques, commencèrent dès cette époque à être protégées par des gens armés. Des levées de troupes se firent plus ou moins publiquement et la ville s’engagea sur les chemins de l’affrontement. Les autorités municipales et le parlement tentèrent de trouver des arrangements, notamment en organisant une assemblée extraordinaire au couvent des Augustins le 13 avril 1562, mais cela ne suffit pas à éviter le pire36. À l’échelle du royaume, le roi convoqua le ban et l’arrière-ban, ce qui se traduisit dans la sénéchaussée par un appel de la noblesse du plat pays à se rassembler en ville le 10 mai 1562. Et c’est ainsi qu’arriva à Toulouse une centaine d’hobereaux du plat pays, en armes, et pour la plupart catholiques. Ceci ne fit qu’ajouter à la tension ambiante. Les événements toulousains virent émerger un front confessionnel au sein même de la ville : d’un côté un milieu catholique intransigeant autour du parlement et du clergé, de l’autre, un milieu modéré et protestant autour de l’hôtel de ville. En toile de fond de cette opposition, l’application de la loi, de la politique de modération et de coexistence engagée par la régente Catherine de Médicis, et son application par les autorités locales.

    L’action d’un sénéchal

    22Conformément à ses convictions, conformément aussi aux orientations politiques du roi, il chercha à adopter une position modérée dans la répression, préservant l’ordre public sans réprimer trop férocement les assemblées clandestines et sans pour autant cesser de dialoguer avec les autorités provinciales les plus ouvertement hostiles à la politique de coexistence. Il fut ici pleinement dans le service du prince, mais un service inconciliable avec les intransigeances locales.

    23Face aux tensions urbaines, la procédure judiciaire à l’encontre de Bernard de Vabres montre combien il agissait dans le respect du cadre institutionnel et de sa place dans la hiérarchie institutionnelle. Nommé par le roi sur son ressort, la sénéchaussée de Toulouse, il prenait ses ordres de ses représentants les plus élevés, les juges du parlement de Toulouse. Il fut d’un légalisme sans faille, du moins dans ce qu’il laisse transparaître au fil de ses propos lors de ses interrogatoires, comme s’il n’avait pris aucune initiative sans en référer aux officiers. Pour répondre à sa mission, il ne cessa de se déplacer entre mars et avril. Il était à Castelnaudary le 1er avril. Ne pouvant pénétrer dans la ville, il rentra à Toulouse le 2 où il trouva close la porte Saint-Michel en raison d’une émeute liée à des obsèques de l’épouse d’un protestant. Dans les jours qui suivirent, il resta à Toulouse et fréquenta les prêches du pasteur, officiellement pour les surveiller, peut-être aussi par intérêt. Il consulta les capitouls à la maison de ville et les officiers du parlement dans leur palais et ne cessa de faire des allers-retours entre le Capitole et le Salin, lieu du siège du parlement. Il participa aux décisions de maintien de l’ordre et tint son rôle de chef de la noblesse lors des différentes discussions sur la situation toulousaine. Fin avril et début mai 1562, il retourna dans le plat pays toulousain pour empêcher les levées de troupes qui se faisaient en contradiction avec les édits royaux et chercha à interdire les rassemblements armés. Tout cela sur ordre du parlement. Il revint à Toulouse le 8 mai et reprit son ballet entre la sénéchaussée, le palais du parlement et l’hôtel de ville. Il se présente ici comme un homme de terrain, à la fois dans la négociation et dans l’action sur les lieux de sédition.

    24Lors de l’affaire de Grenade, avant l’Édit de Janvier, le sénéchal avait déjà usé de cette présence physique en venant directement sur les lieux. Il prêtait main-forte aux instances judiciaires et ne cherchait pas l’affrontement, mais la solution par le droit. Il avait cherché à désarmer les populations par des confiscations d’armes et leur rétention dans son propre château. Il mena une enquêter sur place, jugea du sort des prisonniers, la première fois par un élargissement immédiat, la seconde par un transfert au parlement de Toulouse. Lui-même ne jugea pas, il n’en avait pas la compétence, en revanche il prenait le droit de traduire ou non devant la justice. Il chercha aussi à mettre en sécurité la petite ville pour éviter qu’un nouveau massacre ne se reproduise, et ce en faisant entrer une garnison. Il s’est alors appuyé sur son réseau de relations personnelles : la garnison était composée de nobles et amis du plat pays, où il y avait autant de catholiques que de protestants. C’est la raison pour laquelle il fut accusé d’avoir installé une garnison calviniste dans Grenade, certains soldats ayant tiré un coup d’arquebuse sur une statue de la Vierge située à l’entrée de la ville.

    25En revanche, face aux combats toulousains quelque mois après, il ne sut pas réagir. Il avait fait son travail en convoquant le ban et en organisant la montre générale de la noblesse de la sénéchaussée37. La montre fut faite au 11 mai et c’est Bernard de Vabres lui-même qui assura la revue des hommes, en robe et sans armes, de 12 h à 18 h. On était alors la veille de la prise d’armes protestante : la nuit même, l’hôtel de ville allait passer entre leurs mains. Il n’est pas impossible que ces démonstrations de force de la noblesse catholique les aient incités à agir. Au matin, lorsque la ville de Toulouse se réveilla en apprenant que les protestants avaient pris l’hôtel de ville, le sénéchal ne sut pas prendre d’initiative militaire. Les nobles catholiques venus la veille pour la montre se tournèrent tous vers le parlement et il fut littéralement abandonné de ses troupes et donc privé de tout moyen d’action. Manquait-il d’autorité ou inspirait-il de la méfiance car trop modéré ? Le procès n’en dit rien. En revanche, il devint très vite un homme menacé puis poursuivi. En résidence à la sénéchaussée dans la partie catholique de la ville, il s’est très vite senti menacé. Des rumeurs lui furent rapportées comme quoi il était accusé de collusion avec les insurgés. Certains protestants criaient que le sénéchal était avec eux et des catholiques appelaient à sa mort. Il prit peur pour sa vie et quitta la sénéchaussée pour se réfugier à la Trésorerie, place du Salin, en face du palais du parlement. Il ne semble pas avoir combattu du côté catholique, pas plus que du côté protestant, et se retrouva dans le collimateur du parlement dès les protestants expulsés de Toulouse. Selon les pièces du procès, il fut arrêté à la Trésorerie le 20 mai et conduit à la Conciergerie du Palais juste en face. Commença alors son information judiciaire.

    26Le procès révèle toute l’ambiguïté d’un personnage à cheval sur les frontières confessionnelles. Lors de la procédure, plusieurs témoins vinrent attester de sa participation aux prêches du pasteur, jusqu’à s’agenouiller et donner des signes d’adhésion. Il s’en défendit en disant qu’il ne faisait que son devoir, mais cette participation sans distance jeta le trouble. Il est possible que Bernard de Vabres ait appartenu à ces « chrétiens entre deux chaires » décrit par Thierry Wanegffelen, dotés d’une foi sincère mais refusant les radicalités doctrinales de Rome ou Genève, écoutant les pasteurs tout en restant bons catholiques38. C’est du moins la ligne de défense qu’il choisit.

    L’intransigeance catholique

    27Les pièces de procédure nous permettent de suivre le combat judiciaire qu’eut à mener le sénéchal pour justifier sa conduite. Les reproches qui lui furent adressés portaient sur sa politique confessionnelle, son action en tant que chef de la noblesse, sa discrétion lors des combats. Face à Bernard de Vabres, vint témoigner le milieu des catholiques intransigeants toulousains. On y trouve les conseillers du parlement qui dirigeaient la procédure, à savoir les plus intransigeants. Les nobles du ban, les catholiques, vinrent également témoigner et furent probablement les plus compatissants à l’égard d’un sénéchal qu’ils avaient abandonné. Les citadins de Grenade et Toulouse venus témoigner furent mobilisés essentiellement comme témoins à charge contre le baron de Castelnau. Ils révèlent tous les arguments de la suspicion : des rencontres nocturnes avec le pasteur, le recours à des soldats protestants, l’assistance à des prêches, une mansuétude trop grande contre les réformés. Face à de tels témoignages, Bernard de Vabres dut sa survie à sa pugnacité procédurière et au respect des règles judiciaires par ses adversaires. Au moment où il était enfermé dans la Conciergerie, entre le printemps et la fin de l’été 1562, le parlement de Toulouse jugea, condamna et fit exécuter près de 1 000 accusés convaincus de sédition39. Il savait que ses juges cherchaient à pratiquer une véritable purge. Il dut aussi sa survie à la faiblesse des accusations dont la plupart était simplement fondée sur des rumeurs. Enfin, sa condition et sa proximité avec le milieu curial dut atténuer également l’ardeur des officiers.

    28Le dossier ne fournit pas l’acte qui éteignit la procédure et libéra le sénéchal de ses poursuites. Les pièces ne vont pas au-delà de l’été 1562, ce qui semblerait indiquer une suspension de l’affaire à la fin du mois d’août. À noter qu’en tant que sénéchal, il publia encore une ordonnance le 31 août 1562, preuve qu’il était revenu dans ses fonctions. Il résilia sa charge de sénéchal en faveur de Pierre de Saint-Lary, seigneur de Bellegarde, par provision du roi du 14 janvier 156340. Cette résiliation fut le fait de Blaise de Monluc qui souhaitait laisser un proche à Toulouse après les émeutes. Bellegarde était alors le lieutenant de sa compagnie d’ordonnance et pour cela un homme de confiance. Dans la correspondance entre Catherine de Médicis et Monluc, on suit le travail du lieutenant général de Guyenne qui réussit à écarter un premier candidat, François de Peyrusse, comte d’Escars, qui réussit à obtenir la résiliation de Bernard de Vabres, et le transfert de la charge à son protégé41. Par ce transfert, le service du roi changeait de nature. Bernard de Vabres avait incarné une politique de coexistence alors en plein essor en 1561. Son milieu, son intégration au monde militaire, ses liens avec les modérés toulousains l’avaient propulsé vers une fonction qui représentait pour lui une véritable promotion sociale. Le basculement de Toulouse dans la guerre civile, la prise en main durable de la ville par le milieu des catholiques intransigeants, conduisit la cour à revoir sa politique. Blaise de Monluc était alors devenu un des hommes forts de la région, et tout en ayant une responsabilité sur la Guyenne, il intervint dans la capitale du Languedoc en y installant un de ses proches. Bénéficiant de la confiance de Catherine de Médicis, il mettait en place un défenseur de la cause catholique, pour cela accepté par les Toulousains, tout en assurant au roi un relais fiable dans la ville. L’intransigeance avait pris le dessus, et la priorité était alors de placer des hommes sûrs.

    ⁂

    29Qu’advint-il de Bernard de Vabres suite à ces poursuites. Le dossier judiciaire donne copie d’une lettre patente de Charles IX retirant la procédure des mains du parlement pour la placer entre celles des commissaires d’application de l’Édit de paix, mais la copie est incomplète et ne donne ni la date ni le nom des commissaires42. Il est probable qu’il bénéficia de l’amnistie pour fait d’armes accordée par la paix d’Amboise (19 mars 1563) et qu’à ce titre l’affaire fut sortie du parlement pour être mise entre les mains des commissaires d’application de la paix et suite à cela éteinte43. Ainsi, il semble qu’il n’ait donc pas été jugé. Après ces événements, il disparut de la scène politique locale : il n’exerça plus de délégation royale, il se rendit de temps à autre aux sessions des États de Languedoc en tant que baron de la province, et ne prit plus part d’un côté ou de l’autre aux affrontements. Le service du prince et sa mise en échec sonnèrent le glas d’une carrière qui paraissait prometteuse pour ce jeune noble toulousain.

    Notes de bas de page

    1 Pour l’édition intégrale de ces pièces, voir Le Pottier Jean (dir.), Violences religieuses à Grenade et à Toulouse. L’affaire Bernard de Vabres, 1561-1562, Toulouse, Les Amis des Archives de la Haute-Garonne, 2017.

    2 Foa Jérémie, Le Tombeau de la paix. Une histoire des édits de pacification (1560-1572), Limoges, PULIM, 2015, p. 59.

    3 Lecler Joseph, Histoire de la tolérance au siècle de la Réforme, Paris, Aubier, 1955, t. 2, p. 48.

    4 Arch. dép. Haute-Garonne, B 1906, fo 57 : renouvellement de la provision de lieutenant général en faveur de Louis de Strozzi – 1er juin 1562.

    5 Bibliothèque nationale de France (désormais BnF), fr 15875, fo 166 ro : lettre du baron d’Ambres à Catherine de Médicis – 29 août 1561.

    6 Arch. dép. Haute-Garonne, B 54, fo 798-802 : remontrance des capitouls au Parlement sur la nomination de Terride – 1er septembre 1561.

    7 Monluc Blaise de, Commentaires, Paris, Gallimard, coll. « La Pléiade », 1964, p. 74.

    8 BnF, PO 1735 : papiers de la famille de Lomagne.

    9 BnF, fr 15875, fo 166 ro : lettre du baron d’Ambres à Catherine de Médicis – 29 août 1561.

    10 BnF, fr 15875, fo 225 ro : lettre du vicomte de Terride à Catherine de Médicis – 8 septembre 1561.

    11 Pour cette question voir Souriac Pierre-Jean, Une guerre civile. Affrontements politiques et militaires en Midi toulousain, Seyssel, Champ Vallon, 2008.

    12 Arch. mun. Toulouse, AA 18/110, p. 145-146 : Traité d’association du 2 mars 1563. Texte donné également dans La Popelinière Lancelot de, L’Histoire de France, La Rochelle, Abraham, 1581, fo 315.

    13 Sur le sujet, voir Souriac Pierre-Jean, « Puissance publique et guerre civile : les échecs du baron de Terride en pays toulousain au temps des guerres de Religion », in Fabienne Bock, Geneviève Bührer-Thierry et Stéphanie Alexandre (dir.), L’Échec en politique, objet d’histoire, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 21-22.

    14 Gaches Jacques, Mémoires de Jacques Gaches sur les guerres de Religion à Castres et dans le Languedoc (1555-1610), éd. Charles Pradel, Paris, Sandoz et Fischbacher, 1879, p. 26.

    15 À titre d’exemple : gouverneur pour le roi dans le diocèse de Castres et Lavaur au cours de la 4e guerre de Religion (arch. dép. Tarn, C1013, fo 60 ro).

    16 Monluc B. de, Commentaires, op. cit., p. 474-475.

    17 De Vic Dom Claude et Vaissète Dom Joseph, Histoire générale de Languedoc, Toulouse, Privat (reprint Claude Tchou pour la Bibliothèque des Introuvables, 2004, t. XI, p. 369). Sur cette nomination voir aussi Monluc B. de, Commentaires, op. cit., p. 475.

    18 Foa J., Le Tombeau…, op. cit., p. 62.

    19 Daussy Hugues, Le Parti huguenot. Chronique d’une désillusion (1557-1572), Genève, Droz, 2015, p. 223 et 270.

    20 De Vic Dom C. et Vaissète Dom J., Histoire générale…, op. cit., t. XI, p. 425.

    21 Navelle A., Familles nobles…, op. cit., t. X, p. 160. Il avait fait une donation identique le 14 août 1556 pour un voyage en cour. Cette donation de 1557 est révoquée le 27 avril 1560, probablement à son retour.

    22 Ibid., p. 160 : Condamnation à 100 sous d’amende dans une procédure contre Jean de Lesbay seigneur de Serigny [12 juillet 1558]. Procès au Parlement de Paris et transaction avec Lesbay auquel il verse 90 écus or pour réparation d’injures, dommages et intérêts [27 décembre 1565].

    23 Sur la famille Du Faur, voir la récente introduction de Lauris Pétris à la réédition de Du Faur de Pibrac Guy, Les quatrains. Les plaisirs de la vie rustique et autres poésies, Genève, Droz, 2004, p. 3-6.

    24 Szapiro Elie, « L’entourage d’Antoine de Lautrec et les débuts de la Réforme à Toulouse », Annales du Midi, t. 77, no 73, 1965, p. 341-344.

    25 Sur cette institution, voir Tixier Octave, Essai sur les baillis et sénéchaux royaux, Orléans, Morand, 1898 ; Doucet Roger, Les Institutions de la France au xvie siècle, Paris, Picard, 1948, t. 1, chap. x : « Bailliages et sénéchaussées, présidiaux ».

    26 Bernard de Vabres dans ses interrogatoires revendique le fait d’avoir siégé dans son tribunal. Il le pouvait, mais n’avait pas voix délibérative lors du jugement.

    27 Arch. dép. Haute-Garonne, B 1906, fo 9 vo et suivants : réception au Parlement de Toulouse de Bernard de Vabres dans l’office de sénéchal de Toulouse, avec les capitaineries de Buzet, Puycelsi, Thurie et Monthose sur résignation de François de Chabannes, seigneur de Saignes – 20 mai 1561 (les lettres patentes du roi accordant les charges susdites ont été données à Fontainebleau le 15 avril 1561).

    28 Arch. dép. Haute-Garonne, B 1905, fo 241 vo-242 ro : nomination de François de Chabannes seigneur de Saignes en succession de son père Joachim de Chabannes baron de Curton, le 7 septembre 1559 (enregistrement le 19 janvier 1560).

    29 Foa J., Le Tombeau…, op. cit., p. 56.

    30 Les lignes qui suivent s’appuient sur l’analyse complète des pièces du procès et nous renvoyons à leur publication citée au-dessus.

    31 Galabert Firmin, « La réforme à Grenade-sur-Garonne », Revue historique de Toulouse, janvier 1921, p. 11-40 ; idem, Les guerres protestantes autour de Verdun-sur-Garonne (1560-1580), Compte-rendu du 4e congrès scientifique international des catholiques, Fribourg, 16-20 mars 1897.

    32 Procès-verbaux du 16 et 17 août 1561 (Le Pottier J., Violences…, op. cit., p. 267-274).

    33 Ibid., p. 285-288.

    34 Ibid., p. 293-294 : conduite de Bernard de Vabres du 10 novembre au 12 novembre 1561 ; p. 334-340 : inventaire des armes prises à Grenade en novembre 1561, leur restitution en juillet 1562.

    35 Sur ces événements voir Greengrass Mark, « The anatomy of religious riot in Toulouse in may 1562 », Journal d’Histoire ecclésiastique, 1983, no 34, p. 367-391 ; Davies Joan, « Persecution and protestantism : Toulouse, 1562-1575 », The Historical Journal, vol. XXII, 1979, p. 31-51 ; Souriac Pierre-Jean, « Les “urgeans” affaires de la ville. Défendre Toulouse durant la première guerre de religion, 1562-1563 », Revue d’histoire urbaine, no 3, juin 2001, p. 39-65 ; Mailles Thierry, « Les relations politiques entre le Parlement de Toulouse et les capitouls, de 1540 environ à 1572 », in Jacques Poumarède et Jack Thomas, Les Parlements de Province, pouvoirs, justice et société du xve au xviiie siècle, Toulouse, Framespa, 1996, p. 511 ; Viala André, Le Parlement de Toulouse et l’Administration royale laïque, 1420-1525 environ, Albi, impr. des Orphelins apprentis, 1953, 2 vol., p. 15 ; Schneider Robert A., Public life in Toulouse, 1463-1789. From municipal republic to cosmopolitan city, New York, Columbia University Press, 1989. Concernant les sources de ces évènements : Bosquet Georges, Histoire de M. G. Bosquet sur les troubles advenus en la ville de Toulouse l’An 1562, Toulouse, R. Colomiez, 1595 (d’une traduction latine d’une édition de 1563) ; La Popelinière Lancelot de, L’Histoire de France, op. cit., fo 311 vo-312 ro ; « Relation de l’émeute arrivée à Toulouse », in Louis Cimber et Félix Danjou (éd.), Archives curieuses de l’histoire de France depuis Louis XI jusqu’à Louis XVIII, Paris, Beauvais, 1835, t. IV, p. 345-356.

    36 Le Pottier J., Violences…, op. cit., p. 350-351 : Acte de la cour de parlement sur la délibération tenue aux Augustins le 13 avril 1562.

    37 Sur la convocation du ban : BnF, F46822 (19) : convocation du ban et arrière ban – 12 avril 1562. Sur la convocation toulousaine : Arch. mun. Toulouse, BB 104, p. 530-531 : convocation du ban et arrière ban – 20 avril 1562.

    38 Wanegffelen Thierry, Ni Rome ni Genève. Des fidèles entre deux chaires en France au xvie siècle, Paris, Champion, 1997.

    39 Arch. mun. Toulouse, AA 14/1 : liste des personnes dont le Parlement de Toulouse a ordonné l’arrestation et fait saisir les biens du 25 mai au 17 décembre 1562.

    40 Arch. dép. Haute-Garonne, B 1906, fo 83 ro : enregistrement au Parlement de Toulouse de la provision nommant Pierre de Saint-Lary de Bellegarde sénéchal de Toulouse – 18 février 1563 [provision du 14 janvier 1563].

    41 Monluc Blaise de, Commentaires et lettres de Blaise de Monluc, maréchal de France, édition revue sur les manuscrits et publiée avec les variantes pour la Société de l’Histoire de France par M. Alphonse de Ruble, Paris, veuve de J. Renouard, 1864-1872, t. 4, lettre no 54, p. 142-146 ; t. 4, lettre no 68, p. 185-190.

    42 Le Pottier J., Violences…, op. cit., p. 373-374.

    43 Pour la paix d’Amboise, voir son édition par l’École des chartes sous la direction de Bernard Barbiche, [http://elec.enc.sorbonne.fr/editsdepacification/html/edit_02.html], consulté le 26 août 2022.

    Auteur

    • Pierre-Jean Souriac
      Pierre-Jean Souriac, maître de conférences HDR à l’université Jean Moulin-Lyon 3 et chercheur au LARHRA, travaille sur les rapports politiques et militaires des catholiques et des protestants au cours des conflits religieux (v. 1560-v. 1630). Sa thèse, Une guerre civile. Affrontements politiques et religieux en Midi toulousain (1562-1596), Seyssel, Champ Vallon, 2009, portait sur l’effort de guerre dans le Midi et la mobilisation des sociétés locales pour résister à 40 ans de guerres civiles. Depuis il a recentré ses travaux sur le parti protestant et prépare l’édition de son mémoire inédit d’HDR sur les places de sûreté accordées aux huguenots dans les édits de pacification.
    Précédent Suivant
    Table des matières

    Le texte seul est utilisable sous licence Licence OpenEdition Books. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont « Tous droits réservés », sauf mention contraire.

    Voir plus de livres
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de livres
    1 / 12
    Paysans des Alpes

    Paysans des Alpes

    Les communautés montagnardes au Moyen Âge

    Nicolas Carrier et Fabrice Mouthon

    2010

    Pérégrin d’Opole

    Pérégrin d’Opole

    Un prédicateur dominicain à l'apogée de la chrétienté médiévale

    Hervé Martin

    2008

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Prêtres de Bretagne au xixe siècle

    Samuel Gicquel

    2008

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    Un constructeur de la France du xxe siècle

    La Société Auxiliaire d'Entreprises (SAE) et la naissance de la grande entreprise française de bâtiment (1924-1974)

    Pierre Jambard

    2008

    Ouvriers bretons

    Ouvriers bretons

    Conflits d'usines, conflits identitaires en Bretagne dans les années 1968

    Vincent Porhel

    2008

    L'intrusion balnéaire

    L'intrusion balnéaire

    Les populations littorales bretonnes et vendéennes face au tourisme (1800-1945)

    Johan Vincent

    2008

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    L'individu dans la famille à Rome au ive siècle

    D'après l'œuvre d'Ambroise de Milan

    Dominique Lhuillier-Martinetti

    2008

    L'éveil politique de la Savoie

    L'éveil politique de la Savoie

    Conflits ordinaires et rivalités nouvelles (1848-1853)

    Sylvain Milbach

    2008

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    L'évangélisation des Indiens du Mexique

    Impact et réalité de la conquête spirituelle (xvie siècle)

    Éric Roulet

    2008

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    L'étranger en Bretagne au Moyen Âge

    Présence, attitudes, perceptions

    Laurence Moal

    2008

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Les saints bretons entre légendes et histoire

    Le glaive à deux tranchants

    Bernard Merdrignac

    2008

    Les miroirs du silence

    Les miroirs du silence

    L'éducation des jeunes sourds dans l'Ouest, 1800-1934

    Patrick Bourgalais

    2008

    Voir plus de chapitres

    L’engagement militaire des campagnes toulousaines durant les guerres de Religion

    Pierre-Jean Souriac

    Du corps à corps au combat fictif. Quand les catholiques toulousains affrontaient leurs homologues protestants

    Pierre-Jean Souriac

    Les premiers lieux de cultes calvinistes dans le temps du récit historique

    Pierre-Jean Souriac

    Noblesse protestante et patrimoine militaire entre 1600 et 1630

    Pierre-Jean Souriac

    Voir plus de chapitres
    1 / 4

    L’engagement militaire des campagnes toulousaines durant les guerres de Religion

    Pierre-Jean Souriac

    Du corps à corps au combat fictif. Quand les catholiques toulousains affrontaient leurs homologues protestants

    Pierre-Jean Souriac

    Les premiers lieux de cultes calvinistes dans le temps du récit historique

    Pierre-Jean Souriac

    Noblesse protestante et patrimoine militaire entre 1600 et 1630

    Pierre-Jean Souriac

    Accès ouvert

    Accès ouvert freemium

    ePub

    PDF

    PDF du chapitre

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque

    Acheter

    Édition imprimée

    Presses universitaires de Rennes
    • amazon.fr
    • decitre.fr
    • mollat.com
    • leslibraires.fr
    • placedeslibraires.fr
    ePub / PDF

    1 Pour l’édition intégrale de ces pièces, voir Le Pottier Jean (dir.), Violences religieuses à Grenade et à Toulouse. L’affaire Bernard de Vabres, 1561-1562, Toulouse, Les Amis des Archives de la Haute-Garonne, 2017.

    2 Foa Jérémie, Le Tombeau de la paix. Une histoire des édits de pacification (1560-1572), Limoges, PULIM, 2015, p. 59.

    3 Lecler Joseph, Histoire de la tolérance au siècle de la Réforme, Paris, Aubier, 1955, t. 2, p. 48.

    4 Arch. dép. Haute-Garonne, B 1906, fo 57 : renouvellement de la provision de lieutenant général en faveur de Louis de Strozzi – 1er juin 1562.

    5 Bibliothèque nationale de France (désormais BnF), fr 15875, fo 166 ro : lettre du baron d’Ambres à Catherine de Médicis – 29 août 1561.

    6 Arch. dép. Haute-Garonne, B 54, fo 798-802 : remontrance des capitouls au Parlement sur la nomination de Terride – 1er septembre 1561.

    7 Monluc Blaise de, Commentaires, Paris, Gallimard, coll. « La Pléiade », 1964, p. 74.

    8 BnF, PO 1735 : papiers de la famille de Lomagne.

    9 BnF, fr 15875, fo 166 ro : lettre du baron d’Ambres à Catherine de Médicis – 29 août 1561.

    10 BnF, fr 15875, fo 225 ro : lettre du vicomte de Terride à Catherine de Médicis – 8 septembre 1561.

    11 Pour cette question voir Souriac Pierre-Jean, Une guerre civile. Affrontements politiques et militaires en Midi toulousain, Seyssel, Champ Vallon, 2008.

    12 Arch. mun. Toulouse, AA 18/110, p. 145-146 : Traité d’association du 2 mars 1563. Texte donné également dans La Popelinière Lancelot de, L’Histoire de France, La Rochelle, Abraham, 1581, fo 315.

    13 Sur le sujet, voir Souriac Pierre-Jean, « Puissance publique et guerre civile : les échecs du baron de Terride en pays toulousain au temps des guerres de Religion », in Fabienne Bock, Geneviève Bührer-Thierry et Stéphanie Alexandre (dir.), L’Échec en politique, objet d’histoire, Paris, L’Harmattan, 2008, p. 21-22.

    14 Gaches Jacques, Mémoires de Jacques Gaches sur les guerres de Religion à Castres et dans le Languedoc (1555-1610), éd. Charles Pradel, Paris, Sandoz et Fischbacher, 1879, p. 26.

    15 À titre d’exemple : gouverneur pour le roi dans le diocèse de Castres et Lavaur au cours de la 4e guerre de Religion (arch. dép. Tarn, C1013, fo 60 ro).

    16 Monluc B. de, Commentaires, op. cit., p. 474-475.

    17 De Vic Dom Claude et Vaissète Dom Joseph, Histoire générale de Languedoc, Toulouse, Privat (reprint Claude Tchou pour la Bibliothèque des Introuvables, 2004, t. XI, p. 369). Sur cette nomination voir aussi Monluc B. de, Commentaires, op. cit., p. 475.

    18 Foa J., Le Tombeau…, op. cit., p. 62.

    19 Daussy Hugues, Le Parti huguenot. Chronique d’une désillusion (1557-1572), Genève, Droz, 2015, p. 223 et 270.

    20 De Vic Dom C. et Vaissète Dom J., Histoire générale…, op. cit., t. XI, p. 425.

    21 Navelle A., Familles nobles…, op. cit., t. X, p. 160. Il avait fait une donation identique le 14 août 1556 pour un voyage en cour. Cette donation de 1557 est révoquée le 27 avril 1560, probablement à son retour.

    22 Ibid., p. 160 : Condamnation à 100 sous d’amende dans une procédure contre Jean de Lesbay seigneur de Serigny [12 juillet 1558]. Procès au Parlement de Paris et transaction avec Lesbay auquel il verse 90 écus or pour réparation d’injures, dommages et intérêts [27 décembre 1565].

    23 Sur la famille Du Faur, voir la récente introduction de Lauris Pétris à la réédition de Du Faur de Pibrac Guy, Les quatrains. Les plaisirs de la vie rustique et autres poésies, Genève, Droz, 2004, p. 3-6.

    24 Szapiro Elie, « L’entourage d’Antoine de Lautrec et les débuts de la Réforme à Toulouse », Annales du Midi, t. 77, no 73, 1965, p. 341-344.

    25 Sur cette institution, voir Tixier Octave, Essai sur les baillis et sénéchaux royaux, Orléans, Morand, 1898 ; Doucet Roger, Les Institutions de la France au xvie siècle, Paris, Picard, 1948, t. 1, chap. x : « Bailliages et sénéchaussées, présidiaux ».

    26 Bernard de Vabres dans ses interrogatoires revendique le fait d’avoir siégé dans son tribunal. Il le pouvait, mais n’avait pas voix délibérative lors du jugement.

    27 Arch. dép. Haute-Garonne, B 1906, fo 9 vo et suivants : réception au Parlement de Toulouse de Bernard de Vabres dans l’office de sénéchal de Toulouse, avec les capitaineries de Buzet, Puycelsi, Thurie et Monthose sur résignation de François de Chabannes, seigneur de Saignes – 20 mai 1561 (les lettres patentes du roi accordant les charges susdites ont été données à Fontainebleau le 15 avril 1561).

    28 Arch. dép. Haute-Garonne, B 1905, fo 241 vo-242 ro : nomination de François de Chabannes seigneur de Saignes en succession de son père Joachim de Chabannes baron de Curton, le 7 septembre 1559 (enregistrement le 19 janvier 1560).

    29 Foa J., Le Tombeau…, op. cit., p. 56.

    30 Les lignes qui suivent s’appuient sur l’analyse complète des pièces du procès et nous renvoyons à leur publication citée au-dessus.

    31 Galabert Firmin, « La réforme à Grenade-sur-Garonne », Revue historique de Toulouse, janvier 1921, p. 11-40 ; idem, Les guerres protestantes autour de Verdun-sur-Garonne (1560-1580), Compte-rendu du 4e congrès scientifique international des catholiques, Fribourg, 16-20 mars 1897.

    32 Procès-verbaux du 16 et 17 août 1561 (Le Pottier J., Violences…, op. cit., p. 267-274).

    33 Ibid., p. 285-288.

    34 Ibid., p. 293-294 : conduite de Bernard de Vabres du 10 novembre au 12 novembre 1561 ; p. 334-340 : inventaire des armes prises à Grenade en novembre 1561, leur restitution en juillet 1562.

    35 Sur ces événements voir Greengrass Mark, « The anatomy of religious riot in Toulouse in may 1562 », Journal d’Histoire ecclésiastique, 1983, no 34, p. 367-391 ; Davies Joan, « Persecution and protestantism : Toulouse, 1562-1575 », The Historical Journal, vol. XXII, 1979, p. 31-51 ; Souriac Pierre-Jean, « Les “urgeans” affaires de la ville. Défendre Toulouse durant la première guerre de religion, 1562-1563 », Revue d’histoire urbaine, no 3, juin 2001, p. 39-65 ; Mailles Thierry, « Les relations politiques entre le Parlement de Toulouse et les capitouls, de 1540 environ à 1572 », in Jacques Poumarède et Jack Thomas, Les Parlements de Province, pouvoirs, justice et société du xve au xviiie siècle, Toulouse, Framespa, 1996, p. 511 ; Viala André, Le Parlement de Toulouse et l’Administration royale laïque, 1420-1525 environ, Albi, impr. des Orphelins apprentis, 1953, 2 vol., p. 15 ; Schneider Robert A., Public life in Toulouse, 1463-1789. From municipal republic to cosmopolitan city, New York, Columbia University Press, 1989. Concernant les sources de ces évènements : Bosquet Georges, Histoire de M. G. Bosquet sur les troubles advenus en la ville de Toulouse l’An 1562, Toulouse, R. Colomiez, 1595 (d’une traduction latine d’une édition de 1563) ; La Popelinière Lancelot de, L’Histoire de France, op. cit., fo 311 vo-312 ro ; « Relation de l’émeute arrivée à Toulouse », in Louis Cimber et Félix Danjou (éd.), Archives curieuses de l’histoire de France depuis Louis XI jusqu’à Louis XVIII, Paris, Beauvais, 1835, t. IV, p. 345-356.

    36 Le Pottier J., Violences…, op. cit., p. 350-351 : Acte de la cour de parlement sur la délibération tenue aux Augustins le 13 avril 1562.

    37 Sur la convocation du ban : BnF, F46822 (19) : convocation du ban et arrière ban – 12 avril 1562. Sur la convocation toulousaine : Arch. mun. Toulouse, BB 104, p. 530-531 : convocation du ban et arrière ban – 20 avril 1562.

    38 Wanegffelen Thierry, Ni Rome ni Genève. Des fidèles entre deux chaires en France au xvie siècle, Paris, Champion, 1997.

    39 Arch. mun. Toulouse, AA 14/1 : liste des personnes dont le Parlement de Toulouse a ordonné l’arrestation et fait saisir les biens du 25 mai au 17 décembre 1562.

    40 Arch. dép. Haute-Garonne, B 1906, fo 83 ro : enregistrement au Parlement de Toulouse de la provision nommant Pierre de Saint-Lary de Bellegarde sénéchal de Toulouse – 18 février 1563 [provision du 14 janvier 1563].

    41 Monluc Blaise de, Commentaires et lettres de Blaise de Monluc, maréchal de France, édition revue sur les manuscrits et publiée avec les variantes pour la Société de l’Histoire de France par M. Alphonse de Ruble, Paris, veuve de J. Renouard, 1864-1872, t. 4, lettre no 54, p. 142-146 ; t. 4, lettre no 68, p. 185-190.

    42 Le Pottier J., Violences…, op. cit., p. 373-374.

    43 Pour la paix d’Amboise, voir son édition par l’École des chartes sous la direction de Bernard Barbiche, [http://elec.enc.sorbonne.fr/editsdepacification/html/edit_02.html], consulté le 26 août 2022.

    Servir le prince en temps de guerre civile

    X Facebook Email

    Servir le prince en temps de guerre civile

    Ce livre est diffusé en accès ouvert freemium. L’accès à la lecture en ligne est disponible. L’accès aux versions PDF et ePub est réservé aux bibliothèques l’ayant acquis. Vous pouvez vous connecter à votre bibliothèque à l’adresse suivante : https://freemium.openedition.org/oebooks

    Suggérer l’acquisition à votre bibliothèque Acheter ce livre aux formats PDF et ePub

    Si vous avez des questions, vous pouvez nous écrire à access[at]openedition.org

    Servir le prince en temps de guerre civile

    Vérifiez si votre bibliothèque a déjà acquis ce livre : authentifiez-vous à OpenEdition Freemium for Books.

    Vous pouvez suggérer à votre bibliothèque d’acquérir un ou plusieurs livres publiés sur OpenEdition Books. N’hésitez pas à lui indiquer nos coordonnées : access[at]openedition.org

    Vous pouvez également nous indiquer, à l’aide du formulaire suivant, les coordonnées de votre bibliothèque afin que nous la contactions pour lui suggérer l’achat de ce livre. Les champs suivis de (*) sont obligatoires.

    Veuillez, s’il vous plaît, remplir tous les champs.

    La syntaxe de l’email est incorrecte.

    Référence numérique du chapitre

    Format

    Souriac, P.-J. (2024). Maintenir la paix dans le Sud-Ouest en 1561-1562. In M. Gellard, B. Haan, & J. Foa (éds.), Servir le prince en temps de guerre civile. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.194373
    Souriac, Pierre-Jean. « Maintenir la paix dans le Sud-Ouest en 1561-1562 ». In Servir le prince en temps de guerre civile, édité par Matthieu Gellard, Bertrand Haan, et Jérémie Foa. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2024. doi:10.4000/books.pur.194373.
    Souriac, Pierre-Jean. « Maintenir la paix dans le Sud-Ouest en 1561-1562 ». Servir le prince en temps de guerre civile, édité par Matthieu Gellard et al., Presses universitaires de Rennes, 2024, https://doi.org/10.4000/books.pur.194373.

    Référence numérique du livre

    Format

    Gellard, M., Haan, B., & Foa, J. (éds.). (2024). Servir le prince en temps de guerre civile. Rennes: Presses universitaires de Rennes. https://doi.org/10.4000/books.pur.194271
    Gellard, Matthieu, Bertrand Haan, et Jérémie Foa, éd. Servir le prince en temps de guerre civile. Rennes: Presses universitaires de Rennes, 2024. doi:10.4000/books.pur.194271.
    Gellard, Matthieu, et al., éditeurs. Servir le prince en temps de guerre civile. Presses universitaires de Rennes, 2024, https://doi.org/10.4000/books.pur.194271.
    Compatible avec Zotero Zotero

    1 / 3

    Presses universitaires de Rennes

    Presses universitaires de Rennes

    • Mentions légales
    • Plan du site
    • Se connecter

    Suivez-nous

    • Flux RSS

    URL : http://www.pur-editions.fr

    Email : pur@univ-rennes2.fr

    OpenEdition
    • Candidater à OpenEdition Books
    • Connaître le programme OpenEdition Freemium
    • Commander des livres
    • S’abonner à la lettre d’OpenEdition
    • CGU d’OpenEdition Books
    • Accessibilité : partiellement conforme
    • Données personnelles
    • Gestion des cookies
    • Système de signalement